Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"De l'Etre au Devenir" - mars 2018

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

Le 01/03/2018

De Maurice de Gandillac :

"(…) Dieu s'adresse aux hommes par la médiation des poètes (…)"

*

Si l'on veut bien retourner au sens premier du mot "philosophie", on retrouve "l'amitié de la sagesse". L'amitié qui est l'amour intellectuel, Philia, et non l'amour tout court pour lequel trois autres mots grecs se proposent : Eros (l'amour charnel), Storguê (l'amour émotionnel) et Agapê (l'amour spirituel).

Amitié intellectuelle de la sagesse, donc …

Mais "sagesse" ? Il faut la comprendre comme l'ensemble des voies d'accès et des voies d'usage de la Connaissance - au sens gnosique et non forcément encyclopédique du terme.

Philosophie : amour intellectuel de la Connaissance et de ses voies …

De là, alors, l'arborescence de ses déclinaisons :

  • Métaphysique :
    • Onto-téléologie (le Réel) :
      • Cosmologie (la réalité et la cohérence du Réel) :
        • Ousiologie (la Matière)
        • Biologie (la Vie)
        • Noologie (l'Esprit)
      • Anthropologie (la réalité et la cohérence de l'homme) :
        • Ecologie (l'économie humaine)
        • Ethologie (l'action humaine)
        • Politologie (l'organisation humaine)
      • Gnoséologie (la Connaissance) :
        • Epistémologie (la pertinence de la Connaissance)
        • Axiologie (les critères de pertinence de la Connaissance)

On comprend vite qu'en amont de toute philosophie, donc à la racine de toute métaphysique, il y a une "théosophie" à la fois mystique et anagogique, une connexion mystérique de l'esprit humain avec la cohérence holistique du Réel, un accès direct et inspiré à la Certitude ultime, indicible et ineffable, informulée et informulable dont tout le reste découlera.

Pour moi, cette certitude ultime est :

 

"Le Réel est Un, Vivant et Intentionnel".

 

Donc, à la racine ultime de toute pensée, il y a une théosophie mystique et anagogique (souvent inconsciente et/ou implicite) qui, ensuite, se déclinera selon trois axes :

  • L'axe de la métaphysique (sa rationalisation philosophique : décliner la théosophie ultime).
  • L'axe de la spiritualité (sa processualisation ésotérique : remonter à la théosophie ultime).
  • L'axe de la religion (sa dogmatisation exotérique : partager la théosophie ultime).

 

*

 

La contre-réforme catholique de 1545 à 1563, lors du long concile de Trente, est largeement l'œuvre des Jésuites qui veulent combattre à mort l'émergence du luthérianisme (1530), de l'anglicanisme (1534) et du calvinisme (1544).

Lors de ce concile absurde, le catholicisme, pour la deuxième fois de son existence, quitte le christianisme évangélique et mystique (la première dérive provoqua sa sortie progressive de l'orthodoxie chrétienne originelle entre 484 et 1054, date du grand schisme d'orient) et fonde une voie construite sur une théologie dogmatique et un catéchisme extrêmement rigides, militaires, totalitaires et rationalistes.

Au sein de ce  catholicisme desséché et décharné, bondieusard et formel, le jansénisme et le quiétisme tentèrent un retour, vers un christianisme évangélique et mystique, mais en vain. C'est en ce sens qu'il faut comprendre l'idée de Blaise Pascal d'une "Apologie du Christianisme", abandonnée sous forme de fragments épars, rassemblés et intitulés "Pensées".

C'est dans le même sens qu'il faut voir, plus tard, la tentative romantique de René de Châteaubriand dans son œuvre intitulée : "Génie du Christianisme".

 

*

 

Entre le 4ème siècle avant l'ère vulgaire jusqu'au 4ème siècle après, Alexandrie fut l'athanor des grandes révolutions spirituelles et philosophiques de tout l'occident.

C'est là que naîtront l'alchimisme de Marie la Juive, la traduction biblique grecque des Septante, le judéo-hellénisme de Philon le Juif, la monisme de Plotin et Porphyre, le kabbalisme du Séphèr Yètzirah, le gnosticisme des Evangiles dits apocryphes, le christisme des Pères du désert (contre le paulinisme et son romanisme), le monachisme des premiers solitaires chrétiens, anachorètes et cénobites, stylites et ermites, etc …

Dès l'origine, c'est là que s'enracinent les grands contre-courants tant de l'hellénisme (le néoplatonisme moniste face au matérialisme épicurien et sceptique), du judaïsme (le kabbalisme ésotérique face au rabbinisme babylonien) et du christianisme (l'orthodoxie mystique face au catholicisme dogmatique).

 

*

 

Au 17ème siècle, en marge des grandes querelles religieuses, le monisme prend trois allures magnifiques : celle de Spinoza (le "Deus sive Natura"), celle de Malebranche (le "Dic cur tu tibi lumen non es") et celle de Leibniz (la "Monadologie").

 

*

 

Le livre de la Genèse (1;26-27) délivre un bien curieux message, toujours mal traduit et souvent mal compris …

 

"Et Il dira : 'Dieux, nous ferons de l'humain dans notre image et comme notre ressemblance' (…).

Et il ensemença des dieux avec l'humain dans son image,

dans une image des dieux, Il ensemença avec lui, [du] mâle et [du] femelle,

Il ensemença avec eux."

 

Une fois n'est pas coutume : la Parole et l'Acte divergent : l'humain ne sera pas comme la ressemblance des dieux, mais seulement dans l'image des dieux. Toute la théologie chrétienne arguant de la ressemblance (similitude) de l'homme avec Dieu s'effondre d'un coup et, avec elle, l'orgueil platonico-cartésien qui aurait fait de l'homme une créature "au-dessus" de la création ….

Le "Il" évoqué ici est le Logos impersonnel, le moteur du Réel qui est seul à l'œuvre dans tout le premier chapitre du livre de la Genèse (par la suite, un des Elohim nommé YHWH prendra son relais pour s'occuper, plus en particulier de l'humain en général jusqu'à la catastrophe diluvienne, puis, plus spécifiquement, après cet échec, de la Maison d'Israël …

Le Logos impersonnel ensemence d'abord "les déités liées à l'humain" dans Son image à Lui ; chacun d'eux possède alors sa propre image en plus de la Sienne.

L'ensemble de toutes ces images, le Sienne et la leur, constitue le "notre image" évoquée dans la Parole.

Dans cette image commune devenue "nôtre", Il peut ensuite ensemencer l'humain selon les deux modalités mâle et femelle.

Cela fait, Il peut finalement "ensemencer avec eux" c'est-à-dire établir une Alliance active avec l'humain pour engendrer une humanité conforme à sa vocation (ce qui ratera jusqu'à ce que, après le Déluge, une Alliance spécifique pourra être enclenchée avec Abraham).

Il y a donc, si l'on ose dire, trois étages d'ensemencement : celui des déités, celui de l'humain (avec ses déités) en tant qu'étants, et celui (avec l'humain) d'une humanité en marche.

 

Mais il reste à clarifier deux notions : celle d'une "déité" et celle d'une "image".

Le mot Elohim est un mystère : il indique un masculin pluriel, dont le singulier serait Eloh : "déité" (un mot neutre, en somme), qui viendrait du mot El qui signifie "dieu" (mâle) et dont le féminin, Elah, écrit de même façon, signifie "déesse" (femelle).

Dans tout le récit de la Genèse, le Logos s'adresse aux déités déjà engendrées et Il en engendre de nouvelle à chaque étape dans une structure gigogne complexe. Ce processus commença dès la première étape de l'émanation :

 

"Dans un commencement, Il ensemença des déités avec le ciel et avec le territoire".

 

Mais que sont ces "déités" ? Ce sont des intentions, des desseins, des idées, des concepts, des plans, des vues, des projets.

A chaque étape de l'émanation, le Logos convoque ses projets déjà établis et, à partir de là, Il engendre de nouveaux projets qui seront autant de sous-projets en harmonie avec les antécédents.

 

Et voilà que s'éclaire la notion d'image … Par "Image", il faut entendre la grande Vision divine, le grand Désir divin, la grande Intention divine … dont tous les projets particuliers découleront en cascade, comme dans une arborescence.

Dans ce cas, "ensemencer" prend le sens précis d'une inoculation du grand Projet divin, global et cosmique, au cœur d'une nouvelle déité particulière dédiée à une nouvelle catégorie d'étants, afin que celle-ci puisse décliner ce Projet cosmique en autant de sous-projets spécifiques que nécessaire.

 

Essayons de traduire tout ceci dans un langage contemporain plus clair …

Le Principe ultime, moteur du Réel, (le "Il" ou Logos) met en œuvre une vision globale de sa vocation cosmique (son "image"). Pour ce faire, il déclenche des vagues de projets successifs (les "déités"), de plus en plus particuliers, qui, chacun, développent à leur tour une vision de leur contribution à la vocation cosmique globale ; cette vision devient leur propre vocation particulière. Chaque projet engendre alors, par émergence, des étants qui mettent en œuvre ces projets spécifiques et tentent  de les accomplir en faisant leur, ces vocations plus précises. Et ainsi de suite, tout au long d'une vaste arborescence gigogne.

 

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Les quatre raisons majeures pour lesquelles je refuse d'intervenir en "TEDx" :

  1. Le TEDx est du fast-food américain pour esprit paresseux : l'emballage est beau, le goût est surfait et artificiel, mais la nourriture est indigeste, obésifiante (du gras et du sucre) et peu nutritive.
  2. Une esprit vraiment sérieux ne peut en aucun cas apprendre quoique ce soit pendant un spectacle ou sur une vidéo : seuls les livres que l'on lit et rumine, et les notes que l'on prend et que l'on travaille, nourrissent réellement.
  3. Pour les amateurs de vidéos, il y en a déjà des dizaines de moi sur YouTube ou autres, dans tous les formats possibles.
  4. Les interventions TEDx sont gratuites mais impliquent des coûts en temps, en énergie et en frais pour l'orateur ; donc le système ne profite financièrement qu'à FaceBook par le trafic généré.

 

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Le 02/03/2018

 

La seule transition énergétique qui vaille, c'est de diviser par trois toutes les consommations.

Je rappelle que les énergies renouvelables, cela n'existe pas : pour rendre l'énergie solaire utilisable, il FAUT consommer (détruire, donc) beaucoup de ressources NON renouvelables.

 

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Le 03/03/2018

 

Noces de Lumière, sous la houppah, avec deux kiddoushim et sept bérakhot … Deux alliances d'Alliance … Une verre cassé … et Mazel tov !

 

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Le 04/03/2018

 

"Les Québécois parlent français, pensent anglais et rêvent américain" …

Parfaitement exact !

 

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Le 05/05/2018

 

Michel Serres a commis, en 1980, il y a déjà 38 ans, un petit livre délicieux intitulé : "Le Parasite" …

L'unilatéralisme du parasitisme est la négation du bilatéralisme de la réciprocité, fondement de la paix sociétale (ne parlons pas encore d'harmonie).

Le parasite nie cette paix et cette harmonie - dont il n'a rien à fiche -, il est là pour exploiter le système à son seul profit … qui a le pomper jusqu'à l'en faire crever .

 

Des exemples ? Le lierre, le gui,  la sangsue, l'amibe, la tique, le poux, le ténia, les souris, les loirs, les rats, la tumeur cancéreuse, les syndicats "ouvriers", les fonctionnaires, les administrations bureaucratiques - cfr. Michel Crozier -, le fisc, les Etats, les bouffeurs d'assistanats, les mendiants, les tire-laine, les pickpockets, les maîtres-chanteurs, les kidnappeurs, les rançonneurs, les terroristes, les chômeurs professionnels, les faux "cas sociaux", les grévistes, les idéologues socialo-gauchistes, les menteurs, les voleurs, les plagiaires, les faussaires, les imposteurs, les manipulateurs, les prometteurs, les banquiers, les boursicoteurs, etc …

 

Tous ont une caractéristique profonde : sans rien produire de réel, ils vivent éhontément aux crochets de ceux qui produisent.

Les parasites s'organisent entre eux, en cascades arborescentes infinies : les parasites, les parasites de parasites, les parasites des parasites de parasites ….

L'homme n'est-il pas, tout en amont de toutes ces cascades, un parasites radical qui vit éhontément au crochet de la Nature qu'il pille, saccage, malmène, torture, déchire, salit, pompe et tue à petit feu (voire à grand feu depuis quelques décennies) ? Nietzsche prétendait que les hommes sont les poux de la Nature !

 

Le parasite dépend totalement de son hôte qui est aussi, souvent, sa future victime. Ce n'est pas le cas, par exemple, des coprophages ou des charognards qui, quoique vivant des vivants, ne vivent pas contre eux.

C'est la grande différence à faire entre un immigrant réellement demandeur d'emploi (qui vient produire) et un immigrant seulement demandeur d'asile ou d'aide (qui vient parasiter). Nous ne sommes de loin plus assez riches (ni naïfs) pour accueillir cette seconde catégorie qui appartient au peuple des parasites patentés.

 

Un parasite est un convive qui n'a pas été invité au banquet de la famille, mais qui s'y invite, de force ou de ruse, en jouant parfois sur la "mauvaise conscience" ou la "pitié" de l'hôte … Le parasite vit au dépens de son hôte et ne lui apporte rien ou, alors, plus subtilement, il lui fournit, gratuitement et sans effort, de la "bonne conscience", de la satisfaction de soi, une distraction, du vent d'amuseur, du spectacle dérisoire, des bricolages inventifs ou festifs, bref : des pitreries qui, le plus souvent, ne sont ni souhaitées, ni souhaitables.

 

Tous les individus qui viennent ici pour travailler, s'intégrer, s'européaniser, sans aides ni assistanats, sont bienvenus en probation, pourvu qu'ils produisent immédiatement ; quant aux autres : ouste, dehors, quelle que soit la teinte de leur peau ou la couleur de leurs yeux !

La charité angélique des chrétiens et la solidarité humaniste des socialo-gauchistes sont des luxes somptuaires que l'Europe ne pourra plus jamais se permettre : les temps d'abondance sont irréversiblement révolus.

 

Michel Serres a raison d'y insister : un parasite chasse l'autre … La casserole qui tombe par terre à grand fracas dans la cuisine, chasse illico tous les lérots ou souris qui fouinaient par là.

Quel parasite nouveau pourrait réussir à faire fuir tous ces clandestins dont le pillage de l'Europe est devenu le rêve d'eldorado ?

 

*

 

En parlant d'Emmanuel Macron, André Perrin écrit :

 

"Né de l’épuisement des grands récits gaullistes et communistes, son libéralisme emprunte en même temps à la droite et à la gauche."

 

Et de continuer disant qu'il faut … :

 

" … à reconnaître l’exceptionnelle qualité intellectuelle du vainqueur des élections de 2017 et à voir dans ces dernières, non pas une simple péripétie où la contingence aurait tenu le premier rôle, mais un mouvement de fond qui mérite le nom de révolution."

 

Révolution ? Oui, peut-être, mais alors au sens copernicien tout à l'opposé des fumisteries de 1789, de 1848, de 1870, de 1917, etc …

Ce qu'il faut retenir, c'est que l'arrivée de Macron, de Trudeau, de di Maio, … signe la fin des soi-disant "grands récits" qui est l'autre nom des idéologies totalisantes qui ont sévit de 1792 à aujourd'hui : la monarchisme, le républicanisme, le bourgeoisisme, et tous les socialismes : militariste avec Bonaparte, antisémite avec Jaurès, archaïque avec Blum, anticlérical avec Ferry (Jules, pas le mignon), , paternaliste avec De Gaulle ou Chirac, communiste avec Thorez, populiste avec les Le Pen, somptuaire avec Mitterrand, débile avec Hollande … autant de fables socialistes !

Bref …

 

C'est le "grand récit" du Progrès qui est enfin jeté aux orties.

On sait, aujourd'hui, que le Progrès matériel tue la Vie et que le Progrès technologique tue l'Esprit.

On sait aujourd'hui que les Progrès matériels et technologiques sont la cause d'une immense régression intellectuelle, éthique, culturelle et spirituelle.

 

*

 

Vu d'ici, France-Télévision m'écœure plus qu'autre chose, dégoulinante d'idéologie socialo-gauchiste, de mauvaise foi, de courte-vue, de sensationnalisme populiste, de voyeurisme abject et, surtout, de parti-pris victimolâtrique obscène …

Il faut cesser de financer toute cette merde journalistique avec les impôts des contribuables.

Si un organe de presse n'est pas financièrement viable par ses seuls abonnements, revenus d'annonces ou donations mécénales, c'est qu'il doit disparaître. Ainsi procède la loi darwinienne.

Que disparaissent enfin tous ces médias socialo-gauchistes qui n'intéressent personne, qui vivent de perfusions publiques, qui alimentent des haines idéologiques dépassées, des clivages archaïques, des faux débats et des vrais mensonges. Il est temps que tout cela passe à la trappe : dehors L'Obs, Libé, L'Humanité, les Inrockuptibles, Mediapart, France Télévision, Radio France, et toutes la kyrielles des torchons régionaux, organes relevant d'idéologies et de partis morts depuis longtemps.

 

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* *

 

Le 06/03/2018

 

Le livre des Psaumes (11) pose cette terrible question, tellement d'actualité :

 

"Quand les fondements sont renversés,

Que peut faire le Juste ?"

 

La réponse est pourtant claire : puisque le paradigme "d'avant" s'effondre et qu'un nouveau paradigme est en émergence, le Juste doit résolument et clairement opter pour la construction de ce nouveau paradigme - pour autant qu'il en comprenne les linéaments - et abandonner l'ancien paradigme à son sort … quel qu'en soit le prix, notamment en misères et vies humaines.

C'est le syndrome de Noé : sauver ce qui peut l'être, permettre à la Vie et à l'Esprit de redémarrer … et laisser la vieille humanité se noyer dans les eaux du Déluge qu'elle a elle-même suscitées.

Ce Déluge fait de toutes les putréfactions humaines est là : himalayas de déchets, marées de pollutions, successions de pandémies et d'épizooties, résistantes mutantes aux médications antibiotiques, empoisonnements généralisés par l'agroalimentaire et ses grands distributeurs, profondes intoxications alimentaires, alcooliques ou psychotoxiques, irréversibles dérèglements climatiques, Déforestations et désertifications accélérées, pénuries de toutes les ressources, délabrements intellectuels, éthiques, culturels et spirituels, dégradations des cerveaux, crétinisations audiovisuelles, obésités diabétiques, esclavages numériques, …

 

*

 

Du théologien (naguère ?) catholique François Brune :

 

" Aujourd'hui, la version occidentale du christianisme[1] s'est vidée de son contenu théologique et spirituel. Il n'en reste plus qu'un idéal d'amour universel pour lequel on n'a même pas besoin de Dieu."

 

Si le christianisme orthodoxe s'appelle "orthodoxe", ce n'est ni un hasard, ni un non-sens.

 

*

 

En oubliant la vieille traduction de ALH par "dieu, déesse, déité", et en reprenant la racine AL dans sa signification de : "vers, pour", la meilleure traduction du mot hébreu pluriel Elohim est "projets, desseins, intentions, destins … donc vocations".

La vocation, c'est ce qui appelle de l'intérieur à assumer son destin et à élaborer des projets pour accomplir l'intention de vie qui habite dans l'âme ; la vocation invite à aller "vers" et "pour" autre chose que ce qui est déjà advenu ; la vocation, c'est cette voix divine et ténue, toute intérieure, qui appelle chaque chose et chaque être à "devenir ce qu'il est déjà" et à aller au bout de lui-même au sein du grand accomplissement du Divin dans le Réel.

Les Elohim sont ces vocations.

Les dix vocations (Séphirot) universelles sont la Connaissance (la Couronne), la Sagesse, l'Intelligence, la Bonté, la Fécondité, la Beauté, la Gloire, la Victoire, le Fondement et la Réalité (le Royaume).

 

Voici ce que cela donne pour la traduction littérale du premier chapitre du livre de la Genèse en utilisant l'idée des "projets" comme formulation des vocations …

 

  1. Dans un commencement, Il engendra des projets avec le ciel et avec la territoire.
  2. Et le territoire devint vide et consternant, une ténèbre sur les faces de l'abîme et un souffle de projets palpitant sur les faces de l'eau.
  3. Et Il dira [ses] projets : "Il adviendra une Lumière" et une Lumière adviendra.
  4. Et il verra des projets avec la Lumière : comme [c'est] bon ; et il séparera des projets entre la Lumière et entre la ténèbre.
  5. Et Il appellera des projets pour la Lumière du jour et pour la ténèbre, il avait nommé la nuit ; et il adviendra un soir et il adviendra un matin : jour Un.
  6. Et il dira [ses] projets : "Il adviendra un espace parmi l'eau et il adviendra une séparation entre l'eau pour l'eau".
  7. Et Il fera des projets avec l'espace et Il séparera entre l'eau qui [est] au-dessous pour l'espace et entre l'eau qui [est] au-dessus pour l'espace, et il adviendra ainsi.
  8. Et Il appellera des projets pour l'espace du ciel, et il adviendra un soir et il adviendra un matin : jour second.
  9. Et Il dira des projets : "Se rassemblera l'eau qui [est] au-dessous du ciel vers un endroit unique et apparaîtra le sec", et il adviendra ainsi.
  10. Et Il appellera des projets pour le sec du territoire et, pour l'amas de l'eau, il avait appelé les mers. Et il verra des projets : comme [c'est] bon.
  11. Et Il dira des projets : "Verdira le territoire d'une verdure d'herbe grenant de la graine, d'arbre à fruit faisant fruit selon lui-même qui [a] sa graine en lui, sur le territoire" et il adviendra ainsi.
  12. Et verdira le territoire d'une verdure d'herbe grenant graine selon elle-même et d'arbre faisant fruit qui [a] sa graine en lui selon lui-même, et Il verra des projets : comme [c'est] bon.
  13. Et il adviendra un soir et un adviendra un matin : jour troisième.
  14. Et Il dira [ses] projets : "Il adviendra des luminaires dans l'espace du ciel pour la séparation entre le jour et entre la nuit et ils adviendront pour des signes et pour des saisons et pour les jours et pour les années.
  15. Et ils adviendront pour luminaires dans l'espace du ciel et pour illuminer le territoire", et il adviendra ainsi.
  16. Et Il fera des projets pour les deux grands luminaires : avec l'illumination du grand pour la souveraineté du jour et avec l'illumination du petit pour la souveraineté de la nuit et avec les étoiles.
  17. Et Il leur donna des projets dans l'espace du ciel pour illuminer le territoire.
  18. Et pour régner dans le jour et dans la nuit et dans la séparation entre la lumière et entre la ténèbre, et Il verra des projets : comme [c'est] bon.
  19. Et il adviendra un soir et il adviendra un matin : jour quatrième.
  20. Et Il dira [ses] projets : "L'eau grouillera d'un grouillement d'âme vivante et d'oiseau oiselant au-dessus du territoire au-dessus des faces de l'espace du ciel".
  21. Et Il engendrera des projets avec les grands dragons et avec toute âme de la Vie des pullulements qui peuplent la mer selon eux-mêmes, et avec tout oiseau ailé selon lui-même, et Il verra des projets : comme [c'est] bon.
  22. Et Il bénira avec eux des projets pour dire: "Fructifiez et multipliez et emplissez avec l'eau dans les mers et l'oiseau multipliera dans le territoire".
  23. Et il adviendra un soir et il adviendra un matin : jour cinquième.
  24. Et Il dira [ses] projets : "Emergera du territoire une âme de Vie selon elle-même : bétail et rampant et vivant de territoire selon lui-même" et il adviendra ainsi.
  25. Et Il fera des projets avec la vie du territoire selon elle-même et avec le bétail selon lui-même et avec tout rampant de l'humus selon lui-même, et Il verra des projets : comme [c'est] bon.
  26. Et il dira [ses] projets : "Nous ferons un humain dans notre image comme notre ressemblance et il descendra dans le poisson de la mer et dans l'oiseau du ciel et dans le bétail et dans tout le territoire et dans tout le rampant sur le territoire".
  27. Et Il engendrera des projets avec l'humain dans son image, dans l'image des projets Il engendra avec lui mâle et femelle, et ensemble Il engendra avec eux.
  28. Et Il bénira avec eux des projets et il dira pour eux [ses] projets : "Fructifiez et multipliez et emplissez avec le territoire et conservez-le et descendez dans le poisson de la mer et dans l'oiseau du ciel et dans tout vivant rampant sur le territoire".
  29. Et Il dira [ses] projets : "Voici, j'ai donné pour vous avec toute herbe grenant graine qui [est] sur les faces de tout le territoire, et avec tout l'arbre qui, en lui,  [a] fruit d'arbre grenant graine, pour vous deviendra pour nourriture.
  30. Et pour tout vivant du territoire et pour tout oiseau du ciel et pour tout rampant sur le territoire qui en lui [a] une âme de Vie, [seront] avec toute verdure d'herbe pour nourriture" et il adviendra ainsi.
  31. Et Il verra des projets avec tout ce qu'Il avait fait et voici : [c'est] très bon et il adviendra un soir et il adviendra un matin : jour sixième.
  32. Et s'accompliront le ciel et le territoire et toute leur armée.
  33. Et Il accomplira [ses] projets au jour septième de son œuvre qu'Il avait faite et Il reposera au jour septième de toute son œuvre qu'Il avait faite.
  34. Et Il bénira [ses] projets avec le jour septième et Il sanctifiera avec lui car en lui [est le] repos de toute son œuvre qu'Il engendra des projets à faire.

 

Tout a pris sens naturellement, sans pirouettes grammaticales ni entourloupes syntaxiques ; le texte est devenu limpide.

 

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YHWH est l'équivalent d'un participe futur pour le verbe "devenir, advenir" (HYH) : "ce qui est en train d'advenir" ou, mieux, "ce qui fait advenir". Il faut insister sur l'essence impersonnelle de ce participe futur qui est purement processuel, et bannir la personnalisation par : "celui qui fait advenir".

En somme, YHWH est le moteur, le générateur, le stimulateur, l'incitateur, le promoteur, l'instigateur, le meneur, le régisseur des projets et vocations cosmiques …

YHWH est l'Âme du Réel qu'il anime de tous ces projets que sont les Elohim.

La bonne traduction de l'expression biblique : YHWH Elohim, est : "l'Âme des vocations/projets".

 

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La traduction de YHWH Elohim par "Âme des Vocations" donne des résultats remarquables …

 

Psaume 18;32 :

 

"Car qui [est] une Vocation à l'exception de l'Âme ?

Et qui [est] rocher bienveillant de nos Vocations ?"

 

Et aussi (Deut.:6;4-5) :

 

"Entends, Israël,

L'Âme de nos Vocations

[Cette] Âme est Une".

 

Et encore (Ex.:20;2-3) :

 

"Moi-même, Je suis l'Âme de tes Vocations qui t'ai fait sortir du territoire des bornés, de la maison des esclaves.

Il n'adviendra pas pour toi d'autres Vocations au-dessus de ma face."

 

Ou, enfin (Ex.:3;14) :

 

"Et Il dira [ses] Vocations à Moshéh :

'Je deviendrai ce que je deviendrai',

et Il dira : 'Ainsi tu diras aux enfants d'Israël :

'Je deviendrai' m'a envoyé pour vous."

 

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* *

 

Le 07/03/2018

 

D' Edgar Pisani :

 

"Rien n'est gratuit, interrogez-vous pour savoir ce que ça coûte et qui paie."

 

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Ce que nous promet le big-data ? La fin de la personne humaine autonome et de la vie privée ; l'esclavage généralisé aux systèmes collectifs totalitaires, pilotés par une oligarchie technologue.

 

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L'étatisme conduit à une prolifération de lois et de normes qui renforcent le gigantisme et les corporatismes au profit du financiarisme.

 

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La France cultive aujourd'hui 400.000 normes, soit plus que la somme de tous les autres pays européens …

La France, ataviquement, est allergique au libéralisme et hypnotisée par le social-étatisme ; c'est cela qui la tue.

 

*

 

Il faut repenser fondamentalement les activités humaines contre l'économie spéculative financiarisée du revenu à court terme et pour l'économie entrepreneuriale écologique du patrimoine à long terme.

 

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D'un anonyme sur la Toile :

 

" Partant du principe que la SNCF, dans son ensemble salarial et syndical, ne se considère pas comme une entreprise, avec des contraintes économiques et financières, une clientèle à satisfaire et ce depuis des lustres, aucune raison logique que cela ne finisse pas en quenouille."

 

*

 

Un philosophe, s'il veut être clair et compris, doit bannir toute tentation littéraire car, sinon, il risque de diluer le fond dans de la forme.

C'est malheureusement le cas de ce brillant esprit, si bon orateur, qu'est Michel Serres : Michel Serres si lumineux lorsqu'il parle et si obscur - et lassant et compliqué - quand il écrit.

 

*

 

En fait, la littérature n'a aucun intérêt.

Elle est médiane entre la philosophie (les concepts) et la poésie (les émotions).

Elle fait des récits (qui se veulent parfois poétiques) et raconte des histoires (souvent totalement vides, sans consistance de fond).

Elle est bâtarde, faite de fond trop faible et de forme trop artificielle.

Elle se veut peinture de l'humain … mais l'humain n'a aucun intérêt. CQFD.

 

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La seule poésie qui vaille, est mystique.

Le reste n'est que sensiblerie et sentimentalisme.

 

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De Michel Serres (in : "Le Parasite") :

 

"Il n'y a pas de système sans parasite."

 

Ce parasitage est toujours l'autre côté, la face obscure du système, quel qu'il soit. Son expression spécifique est une propriété émergente du système lui-même, mais son principe est universel. Dès que qu'un système peut être parasité, il le sera.

Et, bizarrement, la vocation primordiale de tout parasite est de sucer son hôte jusqu'à ce que mort s'ensuive.

 

Un exemple contemporain flagrant est donné par la Toile, aujourd'hui totalement parasitée par les GAFA et leurs émules. Ce qui, naguère, était un réseau dense - et gratuit - d'échange d'informations et de canaux de transactions, est aujourd'hui la victime d'un data-business basé exclusivement sur le piratage, la prise d'otage, la rançon, le vol et le recel.

 

A petite dose, le parasite stimule et renforce l'immunité de l'hôte ; il le renforce. Mais à forte dose, il devient létal. Nietzsche disait : "Ce qui ne me tue pas, me renforce".

 

C'est notamment le cas pour l'immigration hétérogène ou les déviances sexuelles vis-à-vis d'une société, d'une culture, d'une morale.

La mixité, le brassage des genres et des coutumes, des religions et des mœurs est un grand bien, mais à petites doses. Tout cela ravigote une culture qui, sinon, risquerait peut-être de se scléroser, de s'affaiblir et de s'appauvrir. Mais à trop forte dose, cela tue. C'est cela que nous disent, bien maladroitement et parfois si haineusement, les populismes : un peu : oui, plus : non !

 

Chaque système possède une indispensable idiosyncrasie, une vitale identité qui le fondent et que les parasitismes tendent à détruire.

 

Ainsi, aussi, d'une langue : par exemple, la mode insupportable du "franglais", snobinard et ridicule, dans certains milieux, surtout parisiens, atteint une cote d'alerte telle que les enfants de ces polichinelles linguistiques deviennent incapables de parler et d'écrire leur langue naguère maternelle - ni aucune autre.

Même phénomène, chez les énarques et bureaucrates, quant à l'abus de sigles et d'acronymes.

 

Bref : le parasitisme est universel et doit être, sinon combattu, du moins jugulé, sous toutes ses formes et par tous les moyens.

 

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Aucun système n'est parfait.

La perfection, c'est la mort.

La vie, pour vivre, doit être imparfaite : c'est le secret du taï-chi-tu.

Voilà l'autre version du second principe de la thermodynamique.

 

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De Michel Serres, encore :

 

"(…) les rationalistes de la génération qui me précède ont avec la raison le même rapport que des bigots vieillis entretiennent avec la vertu. C'était de la morale beaucoup plus que de la recherche, de la stratégie sociale plus qu'intellectuelle."

 

Ce rationalisme - qui n'était en fait que la négation radicale de tout intuitionnisme - était une religion dogmatique et stérile, née avec Descartes, systématisée par Kant et encensée par Comte.

Ce rationalisme aboutit, évidemment, à la négation de toute connaissance intuitive et donc de toute métaphysique (fille aînée, toujours, d'une théosophie).

 

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De Nicolas Malebranche :

 

"Non, je ne vous conduirai point dans une terre étrangère ; mais je vous apprendrai peut-être que vous êtes étranger vous-même dans votre propre pays. Je vous apprendrai que ce monde que vous habitez, n'est point tel que vous le croyez, parce qu'effectivement il n'est pas tel que vous le voyez ou que vous le sentez. "

 

N'est-ce pas l'ambition de toute démarche spirituelle, mystique et initiatique ?

 

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La sensibilité et les autres facultés ne visent pas la vérité, mais bien l'utilité.

Le monde réel les intéresse bien moins que la survie. Mais il appert que la vérité peut, parfois, être utile et efficace. C'est là la chance et le chemin de la pensée.

 

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De Nicolas Malebranche, encore :

 

"(…) le stupide et le bel esprit sont également fermés à la vérité. Il y a seulement cette différence, qu'ordinairement le stupide la respecte, et que le bel esprit la méprise."

 

Traduisons en langue d'aujourd'hui : l'ignare et le pédant …

 

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Du chant II des "Gathas" de Zarathoustra à Ahura Mazda (principe créateur de l'existence intelligente et de la sagesse ; dieu de la vie et de la sagesse) :

 

"Il n'y a aucune autorité dans le monde qui puisse supprimer l'injuste."

 

Les Gathas ne parlent pas de "vérité", mais bien de "pensée juste". La "vérité" indiquerait un objet irréel, fantasmagorique, mythique, alors que la "pensée juste" désigne un processus réel de justesse : penser juste, mener avec justesse - donc avec rigueur et cohérence - sa pensée du presque inconnu vers le mieux connu.

La vocation de "l'âme du monde" est d'atteindre la joie par le chemin de la maîtrise de soi et de la sérénité. Ce chemin est celui du Bien (le justesse et la vie) contre celui du Mal (le mensonge et la non-vie), que l'homme choisit en toute liberté pour être conduit soit vers la Lumière de la joie, soit vers les Ténèbres des regrets.

 

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La pyramide est certes la plus simple des architectures, mais non la seule.

Pourquoi faudrait-il qu'un système de pensée fût nécessairement axiomatique c'est-à-dire pyramidal, more geometrico ?

C'est la cohérence et l'harmonie de l'ensemble qu'il faut jauger et non seulement le fait qu'il existe un et un seul point nodal suprême.

A la pyramide pharaonique ou à la "barre" corbuséenne, les deux architectures les plus rudimentaires et les plus mortelles qui soient, ce sont celles de l'abbaye romane ou de la cathédrale gothique qu'il faut opposer et que je revendique pour miennes.

Mon œuvre est ainsi construite, plus romane et moins gothique, plus simple et moins compliquée, plus épurée et moins imagière ; ce qui n'empêche nullement, aux points les plus hauts, la prééminence de clochers pointus, quasi-pyramidaux, d'allure axiomatique.

Il faut éviter cette "confusion qui consiste à identifier pensée cohérente (rigoureuse, systématique) et pensée déductive, alors que la première contient la dernière comme cas singulier" (Michel Serres, in : "Le système de Leibniz" - PUF - 1968).

 

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Réversibilité : avec le compas et l'équerre, il est facile de tracer le double et la moitié d'un angle.

Irréversibilité : avec les mêmes instruments, il est aisé de tracer le triple d'un angle, mais impossible d'en tracer le tiers !

La complexité, toujours, surgit avec le ternaire.

 

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Le 08/03/2018 (Journée internationale de la Femme)

 

Adam (Adam : "l'humain") et Eve ('Hawah : "la vivante") eurent trois fils qui, chacun, symbolisent une voie d'humanité.

 

L'aîné est Caïn dont le nom hébreu Qayn signifie "celui qui se lamente". Lui et ses descendants ont inventé l'agriculture, les villes, les instruments de musique (le harpe et la lyre dit la Bible) et la métallurgie (les instruments de cuivre et de fer) (Gen.:4:17-23). Qayn est la voie de la Technique.

 

Le puiné est Abel dont le nom hébreu Hèvèl signifie "buée, vapeur", mais aussi "vanité" … Ce mot est repris au début du livre de l'Ecclésiaste dans le verset si connu : "Vanité des vanités, tout est vanité". D'Abel il est dit peu de chose sauf que : "Abel deviendra un ami de l'ovin" (Gen.:4:2). Abel est la voie de la Nature.

 

Le benjamin est Seth dont le nom hébreu Shèt signifie "fondement, base". De Seth lui-même, il n'est rien dit, mais sa descendance passe par trois personnages cruciaux.

D'abord, 'Enosh, fils de Seth (Gen.:4;26), dont le nom signifie "homme" et dont il est dit : "(…) alors on commença à invoquer au nom de YHWH".

Ensuite, Hénokh (Gen.:5:24) dont le nom signifie "éducation" et dont il est dit : "'Hénokh procédait avec les déités (…)".

Enfin, Noé dont le nom hébreu, Noa'h, signifie le "calme", qui sauva la Vie lors du Déluge et qui fut le père de la "nouvelle humanité" (Gen.:6-9). C'est avec lui que fut conclue le première Alliance entre l'humain et le Divin (Gen.:9;9-17), en attendant la deuxième Alliance avec Abraham et la troisième Alliance avec Moïse.

Seth est la voie du Sacerdoce.

 

Ainsi, ce vieux récit de la genèse indique les trois voies possibles d'accomplissement de l'humanité : la voie de la Nature qui est une impasse mortelle (l'homme n'est au service de rien et se laisse vivre au gré des jours), la voie de la Technique (celle aujourd'hui encore triomphante) qui conduit à l'anéantissement par le Déluge (l'homme n'est au service que de lui-même et ne cesse de se lamenter de cette "imperfection" du monde qu'il veut changer), et la voie du Sacerdoce qui conduit à l'Alliance c'est-à-dire à l'épanouissement de l'humain au sein du Divin (l'homme se met au service de Dieu et consacre sa vie à cette Vie et à cet Esprit qui le dépassent infiniment).

Cette tripartition de l'humanité est éternelle : la masse qui se laisse aller, l'élite technocratique (démagogique) qui cherche le pouvoir et l'élite sacerdotale (aristocratique) qui cherche la plénitude.

 

A remarquer qu'après le Déluge, les trois fils de Noé reproduisent la même tripartition : Cham ('Ham : "le chaud") prend la voie de la Nature, Japhet (Yèphèt : "le naïf") prend la voie de la Technique et Sem (Shèm : "le nom" ou "celui qui est là") prend la voie du Sacerdoce qui mènera, via Abraham, Isaac, Jacob, Moïse et Lévy à la Maison d'Israël.

 

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Le 09/03/2018

 

Ce qui m'intéresse, c'est cette facette de la mutation paradigmatique que nous vivons, qui est l'indispensable basculement depuis l'extériorité (le changement du monde au travers des idéologies religieuses et politiques) vers l'intériorité (la transfiguration de l'homme par une réelle élévation spirituelle). Le monde n'a pas à être changé : il est et il obéit à ses propres lois auxquelles l'homme est soumis comme le reste. En revanche, c'est l'homme qui doit se changer pour retrouver sa juste place dans le cosmos, au service de ce qui le dépasse infiniment.

 

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En amont et en-dessous de toutes les religions dogmatiques, il y a un fond de spiritualité mystique. C'est là qu'il faut aller voir.

 

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Les activités humaines peuvent être regardées du double point de vue de l'extériorité (ce qui englobe chacun) ou de l'intériorité (ce qui forge chacun), et du double point de vue institutionnel (le statut) ou vocationnel (la raison d'être). Le croisement de ce double regard permet de clarifier quatre notions essentielles :

 

 

Extériorité

Intériorité

Institutionnel

la Société

Sociétalisme

l'Individu

Individualisme

Vocationnel

la Communauté

Communalisme

la Personne

Personnalisme

 

En sens, il ne faut pas être grand clerc pour voir que la modernité s'était construite sur des fondements institutionnels (la souveraineté des Etats et les droits de l'Homme), alors que le monde qui vient se construira sur des fondements vocationnels.

 

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Nos institutions actuelles sont toutes construites sur un modèle pyramidal, hiérarchique, procédural, bureaucratique et technocratique, c'est-à-dire dans le cadre du mécanicisme propre à la modernité.

Les institutions à venir se construiront dans le cadre d'un organicisme encore à inventer.

De plus, les fondements du fonctionnement de ces institutions actuelles relèvent encore du christianisme et font encore la part belle à des valeurs comme la solidarité, l'amour du prochain, la charité, la pitié, le sacrifice, la morale, la dualité, le péché, etc … Ce cadre axiologique est, lui aussi, en train de disparaître à toute vitesse et sera remplacé par un tout nouveau cadre axiologique construit non lus sur l'horizontalité religieuse, mais sur la verticalité mystique.

 

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Les vieilles maisons rurales comme les anciens châteaux, temples, monastères, relevaient d'une édification progressive, génération après génération, selon les besoins.

Ces édifices sont une mémoire incarnée ce qui fait leur charme : ils ont une âme !

Alors que les édifices modernes sont des constructions mono-générationnelles, sans mémoire et sans âme, sans charme, purement utilitaires et fonctionnels.

La modernité a éradiqué la durée longue et le traditionnel, au profit de l'instantané et de l'individuel. C'est une lourde perte !

 

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Dieu est en toute chose et toute chose est en Dieu.

Dieu est en-deçà du monde et au-delà du monde, mais pas dans un ailleurs que le monde.

 

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Galilée et Descartes ont fondé la modernité sur deux axiomes catastrophiques : celui de la mathématicité du monde et celui de la séparation du sujet et de l'objet.

Kant enfonça le clou en théorisant et en absolutisant la Dignité humaine.

Comte paracheva le cataclysme en fondant la religion du Progrès.

 

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De mon complice Olivier Frérot (in : "Contribuer à l'émergence d'une société neuve et vive") :

 

"(…) la coercition et l'obéissance de sont pas consubstantielles aux liens de société, les lois devant être au service des solidarités et des libertés, et non l'inverse."

 

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Les institutions humaines d'une époque ne font que refléter l'axiologie de cette époque. Que vienne à se transformer cette axiologie et toutes les institutions s'effondrent d'elles-mêmes (non sans résistances souvent cataclysmiques). C'est exactement cela que nous vivons aujourd'hui, avec l'effondrement des religions et des idéologies, donc des Eglises et des Etats.

 

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Le 10/03/2018

 

Le technocentrisme est mort. Et s'il ne l'est pas, il faut l'achever au plus vite.

La Nature n'est pas au service de l'humain, mais, au contraire, l'humain doit se mettre au service de la Vie et de l'Esprit c'est-à-dire de la Nature intégrale et de la Connaissance pure.

 

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Le non-agir taoïste est la seule alternative à l'effervescence et à l'agitation, aussi stériles que destructrices, dont la modernité occidentale se gave.

 

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D'Eschyle dans le chœur d'Agamemnon :

 

"To paqei maqoV"

 

Apprendre dans la douleur …

 

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Il n'y a pas d'Être, il n'y a que du Devenir.

Il n'y a pas d'objets, il n'y a que des processus.

Il n'y a pas de faits, il n'y a que des accomplissements.

Il n'y a pas de plans, il n'y a que des recettes.

Il n'y a pas de structures, il n'y a que des logiques.

Il n'y a pas de causes, il n'y a que des vocations.

Etc …

 

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Rien n'est jamais identique à lui-même.

Rien n'est jamais ni égal à rien, ni l'égal de rien.

 

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La logique aristotélicienne est une logique ontologique, une logique de l'Être.

Si A alors A.

Si A alors non-non-A.

Si X alors A ou non-A.

Mais …

Rien n'est jamais identique à rien, pas même à lui-même.

Tout est toujours tout et son contraire à la fois.

Rien n'est binaire, tout est ternaire.

Les trois principes d'identité, de non-contradiction et du tiers-exclu sont simplement indécidables. Donc tout ce qui est construit sur eux est incertain.

 

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La Vie et l'Esprit traversent l'existence de chaque humain qui les manifeste, sans jamais en être propriétaire. L'humain - comme tout ce qui existe - n'est qu'ustensile au service de la Vie et de l'Esprit tout au-delà de l'humanité. Sa vie, son esprit sont des fictions, des illusions existentielles, des épiphénomènes apparents, des pièges tendus par l'ego contre le Réel.

 

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Il faut éradiquer le : cogito ergo sum, et le remplacer par : est cogitando ergo est exsistendo.

 

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L'angoisse existentielle (source de l'existentialisme originaire d'un Kierkegaard, d'un Buber, d'un Levinas, par exemple, avant les fumisteries sartriennes) naît de la séparation entre l'intériorité et l'extériorité, elle naît lorsqu'on vit "hors sol", sans plus de connexion avec le Réel.

Ainsi, bien sûr, de l'angoisse de la solitude et de l'incommunicabilité. Ainsi aussi de l'angoisse de la mort qui vient de l'hypertrophie de la personnalité égotique et de l'atrophie de l'impersonnalité cosmique.

 

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D'Ernst Mach :

 

"Le moi ne peut en aucun cas être sauvé."

 

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Le Réel est Un.

Voilà le seul et grand credo qui va (doit) féconder l'avenir.

Il est vital de bannir tous les dualismes.

Car cet Un est, tout à la fois, unitaire et ternaire, mais jamais binaire.

Cela, toutes les mystiques le savent depuis bien longtemps … mais les masses populaires sont incapables de le comprendre et demandent cette dualité que lui offrent les idéologies et les religions et qui fonde l'esprit partisan.

Il faut une haute et une autre intelligence pour assumer cette indispensable dynamique dialectique ou, plutôt, trialectique.

 

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Le métissage généralisé (tant désiré par la postmodernité socialo-gauchiste), comme le syncrétisme religieux, est un appauvrissement, une uniformisation qui fait triomphé l'entropie c'est-à-dire, à la fois, la mort et l'indifférence.

Le principe d'identité, de pureté et de séparation, omniprésent dans la Bible hébraïque (le principe de la Kashrout) et dans la tradition juive (la pratique de la Kashrout), met en garde contre cette utopie puérile et cette négligence coupable qui éliminent les idiosyncrasies (essentiellement ethniques et culturelles, régionales et continentales, mais non nationale - les Etats-Nations sont des inventions artificielles et récentes) au profit d'un universalisme nivelant et d'un égalitarisme mortifère.

La richesse, en tout, émerge des différences et de l'affirmation de ces différences non pas "contre" l'autre, mais "face" à l'autre.

L'altérité est indispensable pour réussir une unité supérieure qui ne soit pas une uniformité inférieure.

 

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Les idéologies financiaro-capitaliste et socialo-gauchiste sont les deux faces opposées de la même vision débile (et moderne) de l'homme comme objet à la fois économique (agent productif et consommateur) et politique (agent électoral et partisan).

Il n'y a plus là aucune place pour la spiritualité authentique : on y met l'accessoire (l'extériorité économique et sociale) en lieu et place de l'essentiel (l'intériorité anagogique et mystique).

 

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Il est terrible de confondre métaphysique et ontologie. L'ontologie n'est que la métaphysique de l'Être (qui fonde le christianisme et l'islamisme) c'est-à-dire une métaphysique de la théologie et de l'ousiologie, qui s'oppose, en tout, à la métaphysique du Devenir (qui fonde le judaïsme et le taoïsme) c'est-à-dire à la métaphysique de la généalogie et de la téléologie.

 

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De Confucius :

 

"Le sage est calme et serein. L'homme de peu est toujours accablé de soucis."

 

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Il y a trois catégories d'humains.

Il y a ceux qui sont ma famille et mon monde parce qu'ils se savent et se sentent au service de la Vie et de l'Esprit … et que rien d'autre n'importe ; parce qu'ils sont en communion avec tout ce qui existe, avec tout ce qui vit, avec tout ce qui pense vraiment.

Puis, il y a les autres, répartis en deux catégories : les barbares et les cyniques.

Les barbares qui constituent la masse des crétins, ignares et brutaux, largement majoritaire. Les cyniques qui forment les cohortes de ces démagogues qui ne vivent que pour conquérir un dérisoire pouvoir économique, politique ou noétique, sur cette masse acéphale qui les plébiscite.

Tous ceux-là ne sont au service que d'eux-mêmes, collectivement ou individuellement, et ne respectent rien … sauf ce dont ils ont peur ; ils ne servent pas la Vie mais l'exploitent à leur profit, ils ne servent pas l'Esprit mais font de ses sous-produits technico-idéologico-religieux des armes pour asservir, pour piller, pour saccager directement (pour les barbares) et indirectement (pour les cyniques).

Ces humains-là - mais sont-ils humains, même s'ils forment une écrasante majorité ? - n'ont, à mes yeux, aucune dignité, aucun droit, aucune valeur.

Ce sont des parasites de la Vie et de l'Esprit. Qu'ils crèvent !

 

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Comme le dit si bien Olivier Frérot, pour la sagesse biblique, nous sommes des "corps animés" alors que pour la philosophie idéaliste grecque (Pythagore, Platon et consorts) nous sommes des "âmes incarnées".

L'âme hébraïque, la nishamah (Gen.:2;7), meurt avec le corps qu'elle vivifie (ce sont les âmes cosmique, Roua'h, et vitale, Néphèsh, qui sont immortelles parce qu'impersonnelles). Il n'y a là aucun "autre monde", aucun "au-delà", qui serait supérieur à ce monde-ci et où l'âme enfin libérée de sa prison matérielle, pourrait retrouver son hypothétique état originel et pur.

 

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Cette fascination, actuellement de mode, pour le collectif est proprement sidérante. A en croire les bobos, le tout est toujours plus que la somme de ses parties, ce que dément formellement la théorie des systèmes complexes qui montre que le tout n'est plus que la somme de ses parties que dans les très rares cas néguentropiques d'émergence positive ; dans tous les autres cas - l'immense majorité -, le tout est moins que la somme de ses parties par simple application du second principe de la thermodynamique.

Pour s'en convaincre, il suffit de considérer la banalité du quotidien : la rencontre avec un autre humain inconnu n'aboutit, le plus souvent, au mieux, qu'à une indifférence plus ou moins polie et, au pis, qu'à une franche antipathie ; les cas où se nouent une réelle amitié ou un amour authentique sont rarissimes. Contrairement à ce que le psittacisme ânonne depuis Aristote, l'homme n'est pas un animal social ! La socialité fut un mal nécessaire pour pallier les faiblesses constitutives de cet individu humain mal fichu face au monde sauvage ; elle est de moins en moins utile !

 

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Le 11/03/2018

 

Le christianisme est basé sur une série de croyances qui le discréditent totalement et que bien des chrétiens contemporains ont de plus en plus de mal à gober :

 

  • Les Evangiles seraient la relation historiographique exacte des faits, gestes et miracles thaumaturgiques de Jésus. Cette position est indéfendable sur les deux points essentiels. D'abord, les Evangiles ont été écrits en grec, par des non Juifs, et tard (pour les synoptiques de la mouvance paulinienne : Marc vers 70, Matthieu vers 80, Luc vers 90 et pour le mystique de la mouvance alexandrine, celui de Jean : après 100 ; quant aux Evangiles dits "apocryphes" …). Ensuite, en retournant à la source des sources, c'est-à-dire l'Evangile de Marc, on constate que la vie "publique" de Jésus se réduit à une seule année et consiste en paraboles morales (souvent un peu infantiles à tendance socialo-gauchiste), en guérisons miraculeuses (apologies légendaires à visée hagiographique dans le pur style oriental de l'époque) et en le récit de la passion (qui est le fondement même de la foi chrétienne du "sacrifice" de Jésus devenu Christ, en vue de la rédemption des "péchés" de l'humanité). Seul ce dernier point à une réelle portée spirituelle par la riche symbolique qu'il déploie (mais, insistons-y : ce récit n'a rien d'historique et n'est que l'amplification poétique et symbolique du supplice, par les Romains, d'un révolté subversif comme il y en eu beaucoup en Judée entre -45 et 70).
  • Les miracles faits par Jésus ou en son nom seraient la preuve de sa divinité. Le surnaturel a toujours été considéré comme la "preuve" d'une relation particulière au Divin puisque Dieu, créateur de la Nature, est "évidemment" au-dessus de la Nature et omnipotent, donc capable de contrevenir aux lois qu'il a lui-même imposées à ladite Nature. On comprend immédiatement que cette position est intenable : pourquoi un Dieu omniscient, omnipotent et parfait imposerait-il des lois qu'il s'amuserait à défaire ou à contourner selon son bon plaisir. Ce serait l'aveu même de son imperfection et de ses ignorances. Depuis toujours, surtout en orient, le merveilleux fait merveille ; il émerveille les masses ignorantes, il fait rêver les rêveurs, il émaille les récits fabuleux pour sortir les esprits faibles de la vraie réalité du monde réel. Le surnaturel et le paranormal ont toujours fait leurs choux gras de la crédulité des esprits faibles et des intelligences débiles. Tous ces récits miraculeux, thaumaturgiques, surnaturels et paranormaux n'ont aucune portée spirituelle et ne poursuivent que l'édification des masses crédules. Disons-le tout net : dans le Réel, il n'y pas de miracles.
  • Le christianisme serait la religion révélée par Jésus-Christ aux Juifs qui l'auraient refusée. Disons les choses abruptement : Jésus ne fut pas chrétien. Il fut un Juif rebelle, plus politique que religieux, plus idéologue que mystique. Le véritable inventeur du christianisme fut Saül de Tarse mieux connu sous son pseudonyme latin : Paulus. Les "apôtres" cités dans les Evangiles n'étaient que les frères et sœurs, et les partisans des classes inférieures du rebelle Jésus. Sa mort cassa la dynamique (sa résurrection est un mythe qui fut inventé bien plus tard). Son frère de sang, Jacques, tenta bien de sauver le message de son frère au sein d'un tout petit cénacle (les judéo-chrétiens, c'est-à-dire les Juifs convaincus par la prédication de Jésus qui restaient totalement juifs, mais suivaient, en plus, les enseignements de leur idole). Ce petit cénacle (qui passa totalement inaperçu) croyait, dur comme fer, à la libération de la Judée et à la défaite imminente de Rome. Leur espoir fut anéanti par la destruction de Jérusalem en 70 et par la diaspora juive qui s'ensuivit. Mais, entretemps, il y eut Paul, un Juif renégat, collaborateur des Romains, farouchement antisémite (comme ces autres Juifs renégats que furent Marx ou Freud) qui, dit-on, sur le "chemin de Damas", eut la révélation de sa mission : transformer le message juif de Jésus, le rebelle un peu zélote, en un message universel de libération des classes défavorisées au sein de l'Empire romain. Paulus devint "l'apôtre des Gentils" (les Gentils, ce sont les membres des gentes c'est-à-dire des nations non juives au sein de l'Empire romain - le mot hébreu est Goyim). Cette "mission" paulinienne fut âprement démentie et combattue par les disciples de Jésus ; mais la catastrophe de 70 dissémina ce petit groupe qui disparût presque totalement de la scène, laissant à Paul les coudées franches pour fonder sa religion "universelle" (catholique, donc, selon le sens de ce mot en grec). La rupture entre christianisme et judaïsme fut consommée et l'antijudaïsme paulinien put s'en donner à cœur-joie. C'est dans cette mouvance paulinienne que furent rédigés les trois "Evangiles synoptiques" et les "Actes des Apôtres" à la suite et dans le droit fil des "Epîtres" de Paul (qui sont, du moins pour les quelques lettres authentiques, les textes les plus anciens du canon biblique chrétien). Face à ce paulinisme qui se répandit vite dans les classes inférieures de l'Empire romain, il resta un îlot anti-paulinien à Alexandrie où un tout autre christianisme se développa, avec ses propres Evangiles que l'on dit aujourd'hui "apocryphes" et qui sont connus comme ceux de Thomas, de Philippe, de Marie, etc … et qui continuèrent à être véhiculés par les Coptes, les Nestoriens, les Syriaques, etc … et qui, bien évidemment, furent déclarés hérétiques par la mouvance paulinienne triomphante. L'Evangile dit de Jean est le témoin d'une tentative tardive de réconciliation (de récupération ?) de la mouvance alexandrine par le courant paulinien. Quant au livre de l'Apocalypse, c'est sans doute le plus extraordinaire faux du canon chrétien car, tous les exégèses sérieux en sont d'accord, ce texte est une récupération (un plagiat, dirait-on aujourd'hui) d'un texte issu de la grande tradition apocalyptique juive des deux siècles qui ont précédé l'ère dite chrétienne, mais refaçonné à la sauce chrétienne par l'ajout de quelques allusions aux sept Eglises, etc …
  • Jésus serait un "rabbi" particulièrement versé dans les études juives et qui en remontrerait aux docteurs de la Loi. A remarquer, d'abord, que le mot hébreu rabbi signifie "mon maître" (au sens de maître d'école) et que l'institution rabbinique, au sens actuel, est strictement pharisienne et synagogale, bien postérieure à la destruction du Temple en 70. De plus, les Evangiles montrent clairement à quel point les "idées" théologiques qu'ils prêtent à Jésus, sont puériles et ignorantes de la tradition et de la science juives. A lire les textes, on voit que Jésus est un exalté juif issu des classes populaires et pharisiennes (le pharisaïsme était une dissidence hérétique du judaïsme, opposée aux sadducéens qui étaient l'élite religieuse et théologique, dépositaire de l'orthodoxie lévitique). Mais Jésus se rebelle aussi contre le pharisaïsme, poussé par Jean-le-Baptiste, dissident essénien (cfr. le baptême qui est le rite essénien central, traduisant l'obsession essénienne de la "pureté").
  • La rédemption par le Christ serait la réponse théologique au "péché originel" qu'elle n'efface pas (sinon le baptême ne serait plus nécessaire), mais qu'elle promet l'effacer lors de la parousie. La notion de "péché originel" est une pure invention d'Augustin d'Hippone, un berbère romanisé, incapable de lire l'hébreu et le grec, qui a interprété, à sa sauce et au mépris des textes originels, le récit de la Genèse (chapitre 2 à 5). Dans ce texte fondateur, il n'est question ni de péché, ni de faute, ni de désobéissance, mais bien d'initiation de l'Humain (Adam) par la Vie (Eve ou 'Hawah) qui lui fait mangé, poussée par le serpent-devin envoyé par Dieu, du fruit de l'arbre de la Vie et non de celui de la Connaissance.
  • Face au Dieu trine, il y aurait le Diable ("celui qui divise", en grec), le Satan ("l'obstacle", en hébreu), le Lucifer ("celui qui apporte la lumière", en latin), bref un "autre Dieu", maître du Mal, contre lequel le Dieu du Bien serait notoirement impuissant. On comprend qu'une telle théologie est issue du manichéisme perse et est incompatible avec le monothéisme déclaré du christianisme. On comprend aussi que s'installe, là, un dualisme ontique issu du platonisme (dont Augustin d'Hippone fut le thuriféraire chrétien au travers des traductions latines de Platon) opposant le monde vil et peccamineux de la matière et de la chair, au monde parfait et idéel de la divinité et des âmes pures (le monde des Idées de Platon, théologisé par les penseurs chrétiens du haut moyen-âge).
  • Dieu, dans son infinie bonté, offrirait sa Grâce à ceux qu'il choisit. L'idée est simple (même simpliste) : les hommes sont incapables d'atteindre leur "Salut" sans un coup de pouce divin appelé "grâce efficace" (encore une invention augustinienne) que Dieu réserve à ceux qu'il choisit. Les théologiens se sont farouchement opposés sur les critères de ce choix divin. En gros deux écoles se font la guerre : celle qui lie la grâce aux actes libres (c'est la position jésuite, par exemple, qui lie grâce et mérite personnel) et celle qui lie la grâce à une prédestination c'est-à-dire à une décision intemporelle liée à une âme particulière depuis l'origine des temps (c'est la position calviniste, par exemple). Dans les deux cas, Dieu se révèle particulièrement injuste et cruel - ce qui est virulemment contradictoire avec la pétition de principe de la justice, de la pitié, de la miséricorde et de la bonté divines. Le cas de la prédestination est évident : pourquoi celui-ci et non celui-là ? Quel arbitraire ! L'autre cas (la grâce divine au mérite) l'est moins, mais s'éclaire en considérant que, si le coup de pouce est réservé à ceux qui le mérite, les plus faibles n'ont, eux, aucune chance de sauver leur âme, ce qui est la négation la plus absolue de la "loi d'amour" et de la "miséricorde" divines. Thomas d'Aquin a eu beaucoup de mal avec tout cela car la conclusion logique est claire : Dieu ne veut pas le "salut" de tous les hommes, mais de quelques élus seulement … Un Dieu omniscient et omnipotent peut-il être aussi injuste et cruel ? Pour être conséquent, c'est toute la théologie de la grâce qu'il faut rejeter en bloc (ce que firent, par exemple, Grégoire de Nysse ou Origène et, à leur suite, toute l'Eglise orthodoxe).
  • Le Dieu chrétien serait trine. Pendant des siècles, l'idée trinitaire a été discutée et disputée sans discontinuer (et cette disputation n'est toujours pas terminée aujourd'hui). Elle est à l'origine d'un nombre incalculable de conciles et de synodes, d'hérésies et de contre-hérésies, d'anathèmes et d'excommunication, et, pour finir, du grand schisme entre l'Eglise orthodoxe et de l'Eglise catholique dissidente. De quoi s'agit-il ? Tout part de l'affirmation paulinienne que l'homme Jésus est "aussi" Dieu. La théologie juive (pour autant que l'on puisse parler ainsi puisque la tradition juive est la moins théologique qui soit) avait clairement et étanchement distingué et séparé le plan divin cosmique et le plan humain mondain. L'orthodoxie lévitique et sadducéenne a clairement éradiqué les idée de vie après la mort, d'âme personnelle immortelle, de résurrection des morts, d'un quelconque au-delà, etc … La seule idée du Salut dans l'orthodoxie juive originelle était liée à une métanoïa collective et en la réalisation, dans ce monde-ci, de l'Alliance entre le Divin et l'humain. Cette foi fondait l'espérance messianique qui n'a rien à voir avec la "venue d'un Messie humain sauveur du monde", mais qui a tout à voir avec un période à venir de l'histoire (les temps messianique) où la Maison d'Israël et, très accessoirement, l'humanité entière accèderont à un niveau très supérieur de gnose, de sagesse, de spiritualité et de pureté. Mais revenons au problème de l'homme-dieu car c'est là où tout se noue. Presque toutes les autres traditions spirituelles et religieuses se reconnaissent dans un homme particulièrement saint qu'elles posent comme leur fondateur : Moïse pour le judaïsme, Mu'hammad pour l'islamisme, Siddhârta Gautama Sâkyamuni pour le bouddhisme, Lao-Tseu pour le taoïsme, Shankara pour le védantisme, Zarathoustra pour le mazdéisme, etc … Dans tous ces cas, ce fondateur est considéré comme un homme purement humain, ayant eu une destinée purement humaine et mort de mort humaine. Seul le christianisme a voulu faire de son fondateur un Dieu. Mais le souci fut que la place était déjà prise par le Dieu que le christianisme avait volé au judaïsme en le renommant : YHWH, le dieu tutélaire de la Maison d'Israël, un dieu parmi les nombreux Elohim des temps bibliques, était devenu le Dieu unique et absolu, créateur du ciel et de la terre. Comment concilier le Jésus-Dieu et ce Dieu-créateur ? Comment préserver le monothéisme du christianisme et ce dualisme naissant ? Il fallut inventer un lien fort, unitif, entre ces deux Dieux pour qu'il n'en fasse plus qu'un. On en inventa donc un troisième : l'Esprit-Saint, indispensable unificateur entre le Dieu-Père et le Dieu-Fils. Trois hypostases du Dieu unique, dirent certains ; trois personnes dans le Dieu unique, rétorquèrent d'autres. Il fallut alors aborder et résoudre deux problèmes théologiques majeurs. Le premier : comment concilier trois dieux en un seul Dieu ? Ce n'est pas le problème le plus difficile car toutes les autres traditions spirituelles ont toujours bien compris que le ternaire était indispensable pour rendre compte de la dynamique cosmique : le Ternaire (EynSof-YHWH-Shékinah) juif, la Trimurti (Brahma-Vishnou-Shiva) hindoue, la Triade (Tao-Yin-Yang) chinoise, la Triskèle (--) celte, et tant d'autres … montraient la voie ; l'Eglise orthodoxe, au contraire de la catholique, l'a parfaitement comprise. Le second problème était de loin le plus ardu : comment concilier, en Jésus, l'homme et le Dieu ? comment envisager la naissance d'un homme-dieu du ventre de sa mère terrestre et de la semence de son père terrestre ? comment expliquer la rédemption par la souffrance et la mort d'un Dieu qui, par essence, ne souffre ni ne meurt ? Il eut été clairvoyant et logique de renoncer à la divinité de Jésus-Christ et, à l'instar des autres traditions, d'en faire un homme exceptionnel, un prophète hors du commun, un esprit et un cœur d'une élévation prodigieuse … Mais rien n'y fit. L'Eglise s'obstina dans ce qui était déjà et est toujours la plus grande impasse théologique jamais concevable. Trêve donc de billevesées : Jésus fut un homme et rien qu'un homme, humain, trop humain, qui mourut crucifié par les Romains et qui ne ressuscita pas autrement que spirituellement et symboliquement dans le cœur, l'esprit et l'âme de ses disciples. Tout le fatras surnaturel (naissance virginale, père putatif, miracles, guérisons, transfiguration, résurrection, ascension, assomption, …) que l'on y a surajouté n'apporte rien ni à sa révélation morale, ni à sa puissance spirituelle, ni à la profondeur de ce message éternel qu'est la "bonne nouvelle". Tout au contraire, ce surnaturel merveilleux de contes pour enfants, les décrédibilise.
  • Le monde d'ici bas serait le royaume du Mal. Le monde céleste qui est le lieu de Dieu et du Divin, est aussi le lieu de la divine Perfection éternelle et immuable. Notre monde humain étant visiblement imparfait, il ne peut qu'être distinct, non en degré, mais en nature, du monde divin. Ainsi s'installe un dualisme ontique incontournable. Et puisque Dieu, dans la formulation platonicienne, est le souverain Bien absolu, il faut en déduire que notre monde humain, de chair et de sang, de larmes et de douleurs, est, forcément, le royaume du Mal … malgré qu'il aurait été créé de toutes pièces par ce Dieu absolument parfait, sublimation du Bien absolu. Comment un Dieu absolument parfait, omniscient et omnipotent, en est-il arrivé à créé un monde rongé par la Mal, la souffrance et la mort ? On voit poindre, encore une fois, une impasse théologique totale. Pour s'en sortir, à leur "bonne" habitude, les Pères de l'Eglise ont inventé. Il ont inventé la fable du Paradis terrestre, de la faute d'Eve et de la punition, tout cela au travers d'une interprétation fiévreusement fallacieuse et mensongère du texte hébreu (qui parle seulement d'une sortie initiatique de l'animalité innocente et de la prise de conscience de la réalité du Réel). Mais cela ne pouvait suffire car, si Dieu est omniscient, il devait évidemment savoir que l'humain succomberait à la tentation et fauterait, et qu'il faudrait le punir. Comment donc concilier ce machiavélisme cruel avec l'absolue bonté divine ? Ou bien Dieu est omniscient et il n'est pas bon (il est même sadique) ; ou bien Dieu est bon et il n'est pas omniscient (il est même un peu con) ! Pour sortir de cette impasse et rendre compte, en même temps, de l'infinie bonté divine et du Mal qui imprègne le monde, on inventa le Diable … et l'on eut bien du mal car soit Dieu a tout créé et il a donc aussi créé le Diable (retour au sadisme et à la cruauté de Dieu … ou à son incapacité de prévoir que parmi les anges qu'il a créés, il y en aurait un qui se prendrait un délire d'orgueil tel qu'il se révolterait contre Dieu, sachant que ce Dieu n'aurait pas la puissance de l'anéantir illico). Il fallait donc créé un Diable qui soit l'égal de Dieu, face à Dieu, contre Dieu ; Mal absolu contre Bien absolu. Nous sommes bien, là, dans la perspective manichéenne que reprirent, au sein du christianisme diverses "hérésies" dont celle des hussites, des vaudois et des cathares. On le voit bien, pour la deuxième fois, le monothéisme est mis à mal, il est même impossible de le concilier avec la théologie chrétienne pour une raison simple : cette théologie est ontologiquement dualiste, déchirée entre le monde de la perfection divine et celui de la misère humaine, entre Dieu et le Diable. La seule issue à ces impasses théologiques et l'affirmation d'un monisme radical : le monde divin et le monde humain ne forment qu'un seul monde qui est le Réel-Un, et ce Réel-Un est le processus d'accomplissement du Divin qui, puisqu'inachevé (à jamais inachevé, d'ailleurs) inclut des imperfections que l'homme appelle le "Mal" parce qu'il en souffre lorsqu'il ne les accepte pas. Ni le "Mal", ni le Diable n'existent ; ce sont des chimères, des phantasmes, des contes pour enfants. Le Réel-Un évolue vers toujours plus de divinité réalisée dans un processus évolutif qui ressemble à la vision qu'en eurent les grands mystiques, d'Eckart de Hochheim à Pierre Teilhard de Chardin. Ce que nous appelons le Mal ou le Diable n'est jamais que notre regard puéril et capricieux sur les imperfections d'un Réel-Un divin qui s'accomplit à travers tout ce qui existe, nous compris. Dieu n'est ni parfait, ni omniscient, ni omnipotent, ni immuable … ni bon, ni juste, ni miséricordieux, ni aimant, ni aucun de ces anthropomorphismes ridicules. Dieu est le Réel-Un en marche ! Dieu est vivant ! Et l'homme est à son service malgré qu'il lui soit inconnaissable.
  • Le péché marquerait l'âme lorsqu'on succombe à la tentation du Mal. Le discours catéchiste donne l'image d'une âme blanche et pure que le péché souillerait partiellement ou totalement, et qui ne pourrait retrouver sa puerté que par un acte de contrition et un sacrement de pardon. En cas de négligence au long de sa vie, le pécheur invétéré aurait un dernier recours : l'extrême-onction qui effacerait tous les péché d'un coup, mais nécessiterait un passage plus ou moins long dans le purgatoire avant de gagner le paradis. Le péché est au centre non seulement de la théologie, mais aussi de l'idéologie chrétienne qui repose tout entière sur l'idée d'un retour de l'âme personnelle incarnée, mais éternelle, dans le monde céleste et divin après avoir traversé cette vallée de larmes et de péchés qu'est le monde d'ici-bas. L'âme immortelle vient du monde céleste, elle s'incarne dans un corps nouveau-né, elle traverse les tentations et épreuves du monde terrestre, matériel et charnel, avant d'en être délivrée par la mort afin de retourner, enfin, dans le monde céleste où elle jouira, moyennant certaines conditions de pureté, d'une béatitude éternelle. On peut se demander ce qui a pris à ce Dieu bon et parfait du monde céleste, de jouer cruellement avec les âmes qu'il a lui-même créées, qui vivent auprès de lui sinon en lui, Pourquoi donc les envoyer dans l'enfer terrestre ? Pourquoi ces épreuves ? Pourquoi les jeter au monde, les y faire souffrir, les y torturer, pour les récupérer, in extremis, dans sa demeure céleste ? Et encore, si l'épreuve rate, malgré les disproportions entre faute et punition, quelques peccadilles temporaires terrestres provoqueraient une damnation éternelle et d'incessantes tortures horribles au pays des démons et des diables infernaux. Il a fallu, depuis, inventer le purgatoire pour sortir du dilemme et les limbes pour permettre aux gentils non-baptisés d'éviter d'infernales punitions imméritées. Ce discours, même exprimé caricaturalement comme ici, n'est plus recevable. Libre à d'aucuns de croire en une vie éternelle après la mort, une vie spirituelle et immatérielle dans un autre référentiel ; libre à eux, aussi, de croire ou non que les bienfaisances et malfaisances réalisées au cours de la vie terrestre puissent influer sur l'accès ou sur le niveau de la béatitude post-mortem. Ces croyances sont aussi vieilles que l'homme de Néanderthal qui commença à inhumer ses morts en position fœtale, avec des armes, des bijoux et de la nourriture. Le scandale de la mort personnelle est une des grandes questions que nous pose la vie et chacun tente d'y répondre comme il veut ou comme il peut. Mais l'heure n'est plus aux mythologies grandiloquentes et aux mises en scène grotesques. Il suffit de regarder les tableaux infernaux d'un Jérôme Bosch pour comprendre que tout cela relève de délires psychotiques. Théologiquement, tout ce qui existe, participe du Divin et l'existence reflète cette participation dans un Réel-Un en évolution, en accomplissement. L'âme et le corps sont une seule et même entité : la dualité n'a pas plus de place dans la personne humaine que dans le monde réel. Tout est à la fois immortel et éternel, éphémère et variable. Le Réel est un processus en devenir et tout ce qui y existe a la même réalité que les vagues à la surface de l'océan.
  • Jésus serait réellement présent, par transsubstantiation, dans l'eucharistie. Là, évidemment, on sombre dans l'absurde (catholique car ce concept est absent des christianismes protestant et orthodoxe). Non pas que le rite et les symboles qu'il porte, soient absurdes, bien au contraire. Mais bien que l'adverbe "réellement" soit simplement risible. Rien n'est jamais réel dans un rite, quel qu'il soit. Un rite est une figuration symbolique et initiatique qui met en œuvre des signes, des allégories, des signifiants sans signifié. La messe catholique ou orthodoxe, et l'office protestant (comme la liturgie synagogale juive) est une rituélie initiatique qui offre d'immenses symboles à la méditation du croyant, invité à leur donner une signification pour lui et, ce faisant, à raffermir sa foi en l'approfondissant, en l'incarnant, en la sublimant.
  • La passion du Christ-Dieu serait un événement historique réel. Non ! Tout y est invention sauf le fait qu'un Juif rebelle nommé Jésus a été crucifié (comme des milliers d'autres, non pas avec des clous, mais avec des liens assurant une mort lente et atroce par étouffement). Condamné pour sédition par les autorités romaines, il est mort et il est resté bien mort, à l'immense stupeur de ses partisans. La passion du Christ depuis le jardin des oliviers jusqu'à son apparition aux disciples d'Emmaüs, est une pure fiction inventée quelques décennies après les événements. Cette fiction est extraordinairement riche, fourmillante de symboles. Tout y est symbole et le tout fait une œuvre de génie, du même tonneau que la Bible hébraïque, que la Bhâgavat Gita ou que l'épopée de Gilgamesh. L'anhistoricité des faits n'a aucune importance. Ce qui est important, c'est ce que nous dit cette fabuleuse histoire, ce qu'elle nous enseigne sur la vie et la mort, sur la souffrance et la joie, sur le rapport au Divin et à l'humain, sur le rapport à la Vie et à l'Esprit.
  • La fin des temps serait marquée par la Parousie et le Jugement dernier. Cette idée est juive : elle parle de la fin des temps de souffrance et de la métanoïa du monde des hommes par la réalisation finale et définitive de l'Alliance, aux temps messianiques. Soit. Mais cette idée de Salut collectif final est totalement et irréductiblement contradictoire avec la théologie du Salut individuel permanent. De deux choses l'une : ou bien l'âme, dès qu'elle quitte le corps défunt, est jugée et envoyée qui au paradis, qui en enfer, qui au purgatoire ou dans les limbes, et il n'est nul besoin de revenir sur tout cela pour un Jugement dernier ; ou bien, il ne se passe rien au moment de la mort et tout se dénouera d'un coup au temps de la Parousie c'est-à-dire du retour en gloire du Christ dans le monde des hommes. L'un exclut l'autre. Nouvelle impasse. Comment donner raison, en même temps, à la mouvance paulinienne (romaine) et à la mouvance apocalyptique (alexandrine) ? C'est impossible.
  • Tout péché devrait être expié avant d'être pardonné. Cette théologie (issue de Tertullien) de l'expiation est typiquement catholique et inconnue de l'orthodoxie. Le péché doit s'y laver dans la souffrance. Cette théologie de la vengeance divine pose un Dieu sadique du ressentiment, de la rancœur, de la punition, de la torture. Faut-il souligner la totale incompatibilité entre cette image de Dieu et celle qui fait de lui le parangon de la bonté, de la magnanimité, de l'indulgence, de la clémence, de la miséricorde ? Pour être précis, les rédacteurs des Evangiles synoptiques ont tout inventé pour "coller" au livre du prophète d'Isaïe (notamment les chapitres 52 et 53 qui exposent le sacrifice et l'expiation du "messager" de YHWH) qui semble avoir été leur seule vraie référence biblique. Tout se passe comme si Dieu jouissait des souffrances expiatrices de son "Fils" et des hommes, en monnaie d'échange du pardon de leurs péchés. Cette théologie est proprement insupportable ! C'est toute la problématique de la rédemption qui est ici sur la sellette. Rédimer de quoi ? Sauver de quoi ? Il n'y a jamais eu de péché ni originel, ni mortel, ni véniel. Il y a eu des méfaits et des crimes d'hommes contre des hommes, contre la Vie et l'Esprit ; il y a eu de la barbarie ; il y a eu de la bêtise, de l'ignorance, de la mécréance ; il y a eu des erreurs, des mensonges, des faussetés, des contre-vérités. Mais tout cela ne concerne que les hommes entre eux et autour d'eux ; cela ne concerne pas Dieu qui s'abaisserait en s'y intéressant. Que les hommes soient de fieffés crétins l'indiffère. La relation entre Dieu et les hommes est un mouvement qui monte des hommes vers Dieu et non un avilissement de Dieu qui descendrait vers les hommes (la théologie de l'incarnation est proprement soit absurde, soit évidente : tout ce qui existe est en Dieu, par Dieu, pour Dieu et le manifeste). Dieu n'a que faire des trop nombreux "péchés" des hommes ; libre à eux de s'enliser dans leur fange, Dieu n'en a que faire. Pour le dire autrement, le "Salut" des hommes consiste en leur montée mystique et anagogique vers le Divin. Le signe de ce Salut est la joie vécue intensément dans ce monde-ci, ici et maintenant, sans attendre une fantasmagorique "vie" après la mort. Il n'y a ni aucune récompense ni aucune punition autres que celles de réussir ou de rater sa propre vie, au service de la Vie et de l'Esprit, au service du Divin.
  • L'homme Jésus serait le Christ-Messie. Une totale confusion s'est installée autour de ces mots Christ (grec) ou Messie (hébreu) qui ne sont en fait qu'un seul : ils signifient "oint", c'est-à-dire béni d'huile sacrée comme le furent tous les rois, grands prêtres et prophètes d'Israël. Cette onction est un rite juif et rien d'autre, rite que Jésus, plébéien profane et inculte, n'a évidemment jamais formellement reçu. Mais le sens du mot a évolué et le christianisme en a fait un synonyme de "sauveur divin". L'idée de Christ y est devenue très proche de celle de divinisation de l'homme, une idée initiatique, celle du Maître parfait, de l'Homme parfaitement accompli, du mystique ayant atteint un état permanent d'union avec le Divin. Le Christ établit un pont parfait et achevé qui relie le plan humain au plan divin. Le Christ est ce pont même. Le Christ n'est ni un homme, ni un Dieu, il est une idée, un concept dont on peut considérer Jésus comme une des multiples incarnations. Le Christ est une idée éternelle, consubstantielle au Divin et à l'humain dans l'unité absolue du Réel-Un. L'homme est en Dieu, par Dieu, pour Dieu, mais il ne le sait pas ; c'est par le Christ que l'homme peut en prendre conscience et en assumer les conséquences c'est-à-dire quitter le monde des apparences et des illusions, franchir la porte de l'initiation spirituelle et mystique, et se mettre au service de ce qui le dépasse infiniment. Pour le dire autrement, le Christ est devenu l'expression chrétienne de la voie initiatique et mystique qu'ont suivie tous les grands sages et tous les grands saints de toutes les traditions spirituelles ayant atteint, au bout de leur difficile périple, la béatitude absolue de l'union avec le Divin. L'imitation de Jésus-Christ est donc la voie chrétienne de la divinisation de l'homme, de l'unio mystica, de l'initiation totale et parfaite : "Dieu s'est fait homme afin que l'homme devienne Dieu". Dieu ne s'est pas "fait homme" ; Dieu est déjà là, depuis toujours, au fond de chaque homme qu'il a fait émerger de lui-même. Tout ce qui existe est émanation et manifestation du Divin, du Réel-Un : une vague sur l'océan. On ne devient pas une vague ; on l'est par nature. En revanche, une vague n'existe pas par elle-même, elle n'a aucune consistance, elle n'est que mouvement temporaire et phénoménal. Pour prendre consistance c'est-à-dire sens et valeur, elle doit sortir de sa forme provisoire et prendre conscience de l'océan dont elle n'est qu'une manifestation particulière. C'est cette prise de conscience et ses conséquence qui constituent le fond de l'initiation spirituelle qui, en christianisme, prend le nom de "Christ" dont les Evangiles, surtout, retracent toutes les étapes et tous les symboles donnés à "imitation".

 

De tout ce qui précède, il appert que le christianisme, surtout sous sa forme catholique, s'il s'entête à proférer les énormités relevées ci-dessus, est condamné à disparaître. Notre époque a soif d'une spiritualité authentique, adogmatique, dénuée de fables et de contes, de merveilleux et de miracles, de surnaturel et de paranormal. Qu'importe l'historicité des récits fondateurs pourvu qu'ils soient spirituellement sublimes et que tout cherchant puisse y trouver une nourriture spirituelle de bon aloi. La foi n'a nul besoin de preuves ; l'évidence lui suffit. Ce sont les théologiens qui tuent la foi. La métaphysique consolide l'intuition spirituelle, mais elle ne la forge ni ne la suscite.

 

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Le 08/03/2018

 

D'Emmanuel Faber, PDG de Danone :

 

"Fondamentalement, nous avons assisté à une financiarisation de l’économie qui a fait de la maximisation du profit une finalité. Or le rôle de la finance, c’est de nourrir l’économie et l’économie doit être au service de la société. Une entreprise n’existe que parce qu’elle a une utilité sociale. Quand elle n’en a plus, les actionnaires peuvent bien faire ce qu’ils veulent, l’entreprise meurt. Il faut modifier le code génétique des entreprises en désignant un autre objectif que le partage du profit entre associés. C’est un enjeu de réconciliation de l’économie avec la société française ....’’

 

L'économie industrielle, atteinte de gigantisme depuis les années 1950, s'est logiquement transformée en économie financiarisée et spéculative à la fin des années 1980 ; il est maintenant (2010-2020) urgent que cette économie financiarisée s'effondre et laisse la place à une économie entrepreneuriale fondée sur des tissus denses de petites entreprises virtuoses convenablement numérisées.

 

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Une belle énigme physique est toujours intacte : celle du secret de la stabilité nucléaire des noyaux dont le nombre de protons ou de neutrons est, respectivement : 2, 8, 20, 28, 50, et 82. Si un noyau possède des protons et des neutrons dont le nombre est, pour chacun, un nombre magique, ce noyau est doublement '"magique" et stable comme l'oxygène 16 (8 protons et 8 neutrons).

Du point de vue des protons, cette série correspond à : hélium, oxygène, calcium, nickel et plomb.

De plus, on constate immédiatement une anomalie dans cette suite progressive : le 20 devrait plutôt être 16 pour que la progression soit harmonieuse.

 

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Le 13/03/2018

 

Macron, en France, tente la réforme la plus difficile qui soit : à la fois, sortir des assistanats et sortir des corporatismes et des privilèges et avantages qui les accompagnent.

 

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Le nationalisme est né à la fin du 19ème siècle.

Avant, l'idée de Nation était inexistante.

 

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Le Nobel d'économie en 1976, Milton Friedman (conseiller économique de Ronald Reagan jusqu'en 1988) et son école de Chicago (portés par la "culture" américaine du "first of all, make money") ont théorisé, légitimé et propulsé la financiarisation de l'économie. Ils ont mis l'économie au service de la finance c'est-à-dire des profits, des dividendes, de la spéculation et de la capitalisation boursières.

Une fois de plus, il faut tempêter : ce financiarisme n'a rien à voir avec le libéralisme qui, lui, refuse seulement de mettre l'économie au service de l'Etat.

Et revient la sempiternelle question irrésolue : au service de quoi l'économie (en général, au niveau "macro") et l'entreprise (en particulier, au niveau "micro") doivent-ils être mis ?

Autrement, cette demande revient à fonder une axiologie et une éthique économiques.

Tout système économique repose sur six ressources qui doivent être dûment et justement rémunérées si l'on veut atteindre une certaine pérennité : la ressource matérielle (matières, matériaux, énergies, fluides, matériels fournis en amont), la ressource financière (capital, dettes et les risques y afférents), la ressources commerciale (clients, prospects, renommée, image, visibilité, notoriété), la ressource humaine (talents, compétences, engagements, courage), la ressource informationnelle (accès aux données et informations contextuelles ou ) et le ressource technologique (systèmes mécaniques et numériques d'appui à la production et à l'optimisation).

Mais, en arrière-fond de ces ressources immédiates, il existe deux ressources "médiates" qui doivent aussi être rémunérées : la Nature (qui fournit les ressources primaires) et la Société (qui fournit des infrastructures : des réseaux de communication, des systèmes éducatifs et de recherche, des systèmes de santé ; et qui garantit la paix intérieure et extérieure nécessaire pour que l'économie puisse produire de la richesse (pas seulement financière) en toute sérénité).

Il y a donc huit sources à rémunérer équitablement, et non une seule comme le préconisent les idéologies simplistes comme le sont le socialisme (l'Etat), le mercantilisme (le Marché), le gauchisme (les "Travailleurs"), le financiarisme (les Financeurs), le numérisme (le Data-Business), le technologisme (les Inventeurs-Ingénieurs), l'écologisme (la Nature), etc.

Il y a enfin une neuvième et dernière ressource qu'il faut nourrir à longueur de temps : la Joie intérieure … c'est-à-dire la capacité, pour chacun des membres du système, qu'il soit macro- ou microéconomique, d'y trouver du plaisir, de la fierté, de l'accomplissement personnel, du lien communautaire, de l'enthousiasme et de la passion.

A tout cela, il faut encore ajouter la "poire pour la soif", la "liasse sous le matelas", bref : la "réserve" pour faire face aux coups durs …

Face à ces dix dimensions, toute aussi nécessaire les unes que les autres, il faut sortir impérativement du OU exclusif et opter pour le ET inclusif. Il ne s'agit pas de faire des choix ou de privilégier ceci ou cela ; il s'agit de mettre en place un système vivant d'équité optimisée.

La grande question qui reste est celle-ci : qui va décider des clés de répartition ? Il y a deux réponses possibles : l'Etat par la Loi collective (l'étatisme avec ses diverses variantes idéologiques) ou chaque système  par son éthique propre (le libéralisme).

Partout où l'étatisme a sévi, partout ce fut catastrophique pour une raison simple : la propension naturelle de tout étatisme est le totalitarisme c'est-à-dire la mécanisation de l'économie et, donc, son blocage face à des mondes complexes.

L'option libérale est donc la seule possible … tout en sachant qu'il y aura des tricheurs, des menteurs, des voyous, des arnaqueurs, etc. … mais moins qu'en politique où les courses aux pouvoirs sont bien plus terribles et sans foi ni loi !

 

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La Culture est un sous-produit de la Nature. La Nature a engendré la Culture. Celle-ci est un instrument de meilleure survie au service de l'espèce qui la secrète.

Les idées viennent du corps, de ses sensations. La psychologie est un sous-produit de la physiologie. Et une physiologie déficiente a de fortes probabilités d'engendrer une psychologie déficiente, à tous les niveaux, notamment hormonal et sexuel.

La psychologie est au service de la physiologie. Et, plus généralement, la Culture est au service de la survie, c'est-à-dire de la Nature ; ce constat ruine radicalement toutes les revendications de la mouvance LGTB qui regroupe des personnes ayant quitté la logique naturelle pour s'enfermer dans une logique artificielle contre-nature. C'est leur droit, mais qu'elles cessent d'emmerder les gens normaux avec leurs délires.

De même, la Nature précède la Culture ce qui ruine radicalement les pseudo-théories du genre de Simone de Beauvoir à Judith Butler et les autres, qui tentent de faire de la Culture (les croyances, les comportements) un domaine séparé de la Nature, n'ayant aucun compte à rendre à celle-ci (on retrouve là l'idée platonicienne et cartésienne de la radicale séparation de l'âme, siège de la Culture, et du corps, siège de la Nature)

La Nature a inventé génialement la reproduction sexuée et en a commandé des comportements différenciés de la part de la femelle et de la part du mâle, qui ne peuvent pas jouer le même rôle ni entre eux, ni envers la progéniture. C'est la reproduction sexuée qui implique la différenciation des rôles sociétaux du mâle et de la femelle ; différenciation comportementale qui sera très variable d'une espèce à l'autre.

 

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Le 14/03/2018

 

Aujourd'hui, dans presque tous les pays développés, de la Chine au Pérou et de la Russie à l'Alaska, il n'y a plus le choix qu'entre trois factions :

  • Les caciques qui sont issus de l'establishment politique et partisan de la tradition idéologique ancienne qui, partout, l'un après l'autre, ont été balayé de la scène politique (Hillary Clinton, Cameron, Renzi, Hollande, Hamon, Fillon, Wauquiez, Juppé, Aubry, Merkel, May, …).
  • Les nostalgiques (parfois appelés "populistes" même lorsque ce nom est inapproprié) qui rêvent d'un "c'était mieux avant du temps où …" et qui prônent le repli sur soi et le rejet de l'autre en appelant à la rescousse une pureté ou une identité qui n'ont jamais existé mais qui rassurent les esprits faibles et les paumés de tous bords (Trump, Poutine, Farage et son Brexit, Erdogan, AfD, Grillo, les salafistes, Le Pen, Mélenchon, Philippot, les pitres polonais et autrichiens).
  • Les pionniers qui viennent du monde réel, qui savent que nous changeons de paradigme et qui veulent tenter de réformer le système sociétal et continental sur le fond, en évacuant les idéologies archaïques (socialo-gauchisme, communisme, conservatisme, bourgeoisisme, révolutionnarisme, syndicalisme, boboïsme, …) ; leur défi est de faire s'effondrer tous les bureaucratismes fonctionnaires, tous les assistanats et autres voies de parasitisme sociétal, et tous les corporatismes avec leur cortège de privilèges et avantages de toutes natures (on trouve sur cette voie les Macron, di Maio, Tsípras (dans sa nouvelle mouture libérale), Trudo, Narendra Modi, des Scandinaves, des Islandais, des Hollandais, et plein de jeunes couteaux non encore exposés aux feux de la rampe).

Quand le château s'effondre, il n'y a que trois scénarii : on continue de le détruire et croyant aux miracles de la technologie, on arrête tout et on s'enferme dans les ruines en pleurant les rêves de splendeur, ou on part et on va construire une autre temple ailleurs.

 

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L'Europe, quel que soit le paramètre considéré, est, de loin, la plus grande puissance mondiale. Mais, encore aujourd'hui,  on s'obstine à comparer, aux performances des autres continents américains, russe, indien ou chinois, ces ridicules lambeaux européens qui sont ces Etats-nations fabriqués par le 19ème siècle dont aucun ne fait le poids.

Tant l'Allemagne que la France ou l'Italie, que l'Espagne ou l'Angleterre, pris isolément, ne sont rien et s'offrent en victime à la puissance montante des autres Empires continentaux.

Il est urgentissime que l'Europe devienne un Empire continental à son tour et que les souverainismes désuets en soient éradiquées une bonne fois pour toute.

Cela fait plus de dix ans que je clame que la mondialisation - qui fut en fait une tentative d'américanisation du monde - s'est soldée par un échec foudroyant lors de la grosse crise financière de 2007-2008.

Depuis, le monde des hommes est en voie de continentalisation. L'universalisme mondialiste est mort, le différentialisme socio-économico-culturel est aujourd'hui le moteur de la construction du monde de demain.

Le continent noir africain n'est pas et ne sera pas un Empire ; il est déjà hors jeu. La glacis musulman n'est qu'une mosaïque de factions ennemies qui tiendra plus ou moins ensemble tant qu'il y aura du pétrole ; après, il s'effondrera, d'ici 50 ans, sans doute.

L'Amérique du sud est aussi une mosaïque, plus ou moins sous la coupe des USA, avec un Brésil délirant qui s'enfonce dans tous les vices, un nord qui vit de trafics de drogue et un sud qui s'appauvrit.

Il ne reste que quatre pôles vivants (la Russie et le glacis musulman sont des épiphénomènes qui ne tiennent que par leurs réserves d'hydrocarbures) : les USA (qui englobent le Canada, et l'Océanie qu'ils le veuillent ou non), la Chine au sens très large de tout l'extrême orient, Japon compris, l'Inde au sens large aussi,… et, enfin, l'Europe qui doit assumer l'idée simple qu'elle doit devenir un Empire continental au-delà de ses susceptibilités souverainistes archaïques. Sinon, l'Europe va s'africaniser, dans tous les sens du terme !

 

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De Michel Onfray à propos de la limpidité de style d'Henri Bergson et de la critique antisémite qu'en fait Alain (Emile Chartier) ;

 

"Il est le dernier représentant de la ligne claire de la philosophie française avant que Sartre ne l'abîme en laissant croire qu'on est d'autant plus philosophe qu'on donne l'impression d'être traduit de l'allemand."

 

Je constate que mon ami Michel a autant de mépris pour Sartre que moi-même. C'est réjouissant.

Comme il est réjouissant qu'il écrive, comme je le fais moi-même depuis longtemps  :

 

"(…) le petit caporal qui promet du sang et des larmes pour réaliser un IIIème Reich national et … socialiste. On a tendance à oublier que le national-socialisme est aussi un socialisme !"

 

Comme le fascisme italien, d'ailleurs, ou les communismes léniniste, stalinien, maoïste, gaulliste, chavezien ou castriste.

 

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Lorsque Hegel parle du "peuple de l'Esprit", il parle des Juifs (qu'il n'aimait guère). On accepte néanmoins le compliment …

 

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Toute Nation est potentiellement animée par trois puissances universelles : la puissance politique (qui organise, légifère, norme, gouverne), économique qui travaille, produit, vend, fabrique, enrichit, replète) et noétique (qui cherche sens et valeur, qui cherche à comprendre, à instruire, à découvrir).

Mais l'idiosyncrasie nationale tend souvent à hypertrophier l'une de ces puissances au détriment des deux autres : la puissance politique est largement dominante en France, en Allemagne d'avant 1945, en Espagne jusqu'à Franco, dans l'Eglise catholique ou en Russie ; quant à la puissance économique, elle triomphe en Angleterre, en Hollande, en Scandinavie, en Grèce ou aux Etats-Unis.

Ayant été interdite, depuis longtemps, de toute puissance politique, la Maison d'Israël a, pour survivre parmi les Nations, dû exceller par sa puissance économique (le commerce, l'industrie, la banque) et par sa puissance noétique (l'étude, la connaissance, la science, la recherche).

Il ne faut sans doute pas aller chercher beaucoup plus loin l'origine profonde de l'antisémitisme quasi atavique de certains pays : les nations ayant hypertrophié leur puissance politique par l'écrasement ou l'asservissement du pouvoir économique (étatisme, socialisme, antilibéralisme) et du pouvoir noétique (laïcisme, positivisme, technologisme), ne pouvaient que haïr une communauté qui ne survivait qu'en excellant dans l'exercice de ces deux puissances honnies … mais utiles sinon nécessaires. D'où les ambiguïtés et hypocrisies des antisémitismes.

Juif haï mais toléré par ces antisémites qui prétendent tous avoir de bons amis juifs …

 

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La guerre est une affaire politique parce que la puissance politique, par essence et par propension, a besoin de (dé)montrer son pouvoir et sa force en s'inventant des ennemis à combattre, ou des territoires à conquérir, ou des peuples à sauver.

La paix est une affaire économique et noétique car le commerce et la science ont besoin de paix, de calme, de tranquillité, de sérénité.

Plus monte la puissance politique, plus monte avec elle la puissance militaire.

Guerre et tyrannie vont de pair !

 

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L'armée nazie a perdu la guerre le 2 février 1943 à Stalingrad

Cela permet à Michel Onfray cet élan de lucidité :

 

"C'est donc à partir de 1943 que les résistants de la vingt-cinquième heure se manifestent. Les résistants en peau de lapin n'ont pas manqué en France : de François Mitterrand (résistant le 28 mai 1943, peu de temps après avoir reçu la francisque des mains du Maréchal …) à Marguerite Duras (résistante chez Mitterrand, après avoir travaillé pour Vichy à la distribution du papier réquisitionné), de Sartre (résistant dans un réseau fantôme, après avoir écrit dans un journal collaborationniste jusqu'en 1944), à Simone de Beauvoir (résistante chez Sartre, après avoir été chroniqueuse à Radio-Vichy en mai 1944), de Claudel (auteur d'un poème intitulé "Paroles au Maréchal" daté du 10 mai 1941, puis d'un autre poème ayant pour titre "Au général De Gaulle" daté du 23 décembre 1944, tous les deux publiés dans Le Figaro) à Paul Valéry (qui célèbre le retour de Pétain à Paris à l'été 1944 dans un texte resté fameux (…)"

 

Enfin, une voix pour dire la vérité sur ces salauds ! Sans parler de l'infâme scribouilleur Céline ou des Pagnol, Fernandel, Guitry, Chevalier, Piaf, Arletty et tant d'autres …

Et comme Michel Onfray semble, aujourd'hui, fasciné par De Gaulle et l'appel du 18 juin, j'aime à lui communiquer ce qu'en dit Michel Serres :

 

"Je ne connais personne qui ait entendu vraiment

le fameux appel gaullien du 18 juin."

 

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Dionysos …

Celui qui est deux-fois-né comme tout initié authentique.

Le Dieu personnel, parfait et immuable, lointain et étranger est mort. Et bien mort !

Le deux-fois-né peut renaître, encore. Ressusciter, plutôt. Avec le Grand Pan, le "grand Tout", dont Dionysos est, à la fois, la Vie et l'Esprit.

Le divin Dionysos est le Divin absolu, le Réel et sa réalité, le Tout de ce qui existe et vit.

 

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Lorsque l'espace était obstacle et tout déplacement lent, tout se centralisait, se concentrait, se polarisait.

Maintenant l'espace n'est plus un obstacle : fin des villes, fin des Etats, fin des hypermarchés, fin des immeubles de bureaux, etc.

 

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Dans son : "C'était mieux avant !", Michel Serres met d'opportuns et judicieux points sur les i. Oui, ce dernier demi siècle a réalisé des progrès remarquables sur bien des points utiles : l'hygiène de vie, la pénibilité du travail des hommes et des femmes, la vitesse des déplacements, la médecine antibiotique, palliative ou intensive, l'accès à l'information et au savoir, la baisse des morts violentes domestiques, professionnelles, militaires ou criminelles, etc.

Tout cela est vrai, Michel, mais tu compares des pommes et des poires, tu compares ton enfance pauvre dans les gravières et fermes gasconnes, entre 1930 et 1950, et la vie de la Petite Poucette, ton arrière-petite-fille bourgeoise d'aujourd'hui.

De plus, Michel, le prix à payer pour ces "progrès" est impressionnant - et c'est peu dire - car, outre une régression assez générale des niveaux culturels, éthiques, intellectuels et spirituels, deux fléaux se sont abattus un peu partout sur notre quotidienneté : le bruit et la laideur.

Le bruit omniprésent des moteurs et des haut-parleurs; la laideur hideuse des immeubles à étages, des panneaux publicitaires et autres néons, des tags, des monceaux de poubelles, des échangeurs d'autoroutes, du béton et du bitume, des panneaux de toutes sortes, … et la laideur des gens grimés, tatoués, percés, cloutés, teints, aux vêtements déchirés, râpés, dépareillés, rapiécés …

Sans oublier un troisième fléau insidieux : le stress avec son cortège d'énervements, d'agressivités, d'effervescences, d'inefficacités, etc.

Sans oublier, non plus, la catastrophe mondiale, irréversible et tragique d'un saccage éhonté du patrimoine naturel de la Terre, d'un pillage désastreux qui s'est emballé depuis les années 1970.

Je connais ton inoxydable optimisme et ton inénarrable foi au progrès technique, mais je crains qu'ils ne t'aveuglent …

Il n'est de progrès qu'intérieur et spirituel … et là, on est de plus en plus loin du compte !

 

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Nietzsche poète :

 

Le vie est un miroir,

Se reconnaître en lui …

 

En toi est la liberté, en toi est la vie …

 

Et qui me voit me connaît

Qui me connaît me nomme

Le seigneur sans patrie.

 

Fais la montée car toute chose s'efforce vers la lumière !

 

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Le 19/03/2018

 

De Gérald Bronner :

 

"Loin de développer notre esprit critique, Internet nous rend plus crédules aux croyances irrationnelles. Les mécanismes latents qui fonctionnent depuis l’homme préhistorique - la vigilance aux risques, la peur du danger - sont réactivés à la puissance au carré sur Internet. Or, sur ce marché dérégulé de l’information, les filtres des 'gatekeepers' censés opérer le tri entre le vrai et le faux et entre le bien et le mal n’agissent plus. Un terreau propice au développement d’interprétations du réel éloignées de la pensée méthodique et du bon sens rationnel à l’instar des théories complotistes, du précautionnisme - qui nous fait mal évaluer les risques - et du radicalisme extrémiste... Se met ainsi petit à petit en place une sorte de dangereuse démagogie cognitive non régulée dans les domaines les plus divers : politique, sanitaire, environnemental, géopolitique. Il n’est pas trop tard. La bataille pour la raison n’est pas perdue !"

 

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En chacun, il y a de la vérité, il y a de la certitude, il y a de la conviction, il y a du doute et il y a de la foi. Mais surtout, par-dessus tout et avant tout, il y a de la Vie.

 

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L'histoire des hommes est parcourue de cycles : les paradigmes se suivent, mais ne se ressemblent pas. Ils se télescopent en de turbulentes et dangereuses périodes de transition de l'un à l'autre - appelées parfois "crises" - où le vieux paradigme finissant s'effondre sous la poussée du jeune paradigme émergeant. Nous vivons une telle période qui enterre la modernité au profit d'une nouvelle aventure d'un demi millénaire.

Mais en-deçà de ces cycles paradigmatiques, existe-t-il un fond immuable ou, à tout le moins, en évolution lente ? Y a-t-il un moteur immanent qui fonde la logique profonde de chaque processus humain ? Car il existe plusieurs processus humains parallèles correspondant aux quatre expressions génétiques du phénomène humain au-delà de l'animalité : le monde africain, le monde indien, le monde asiate et le monde européen.

Il ne faut pas croire en une humanité "une et indivisible" … En matières humaines, l'universalisme, sous toutes ses formes, est une faute de la pensée. Rien n'est universel en l'homme.

 

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La Sacralité est le pont qui relie la Profanité/Mondanité/Humanité à la Divinité.

Ce pont est étroit et n'est pas ouvert ; il est filtrant et ne laisse passer que les âmes pures.

 

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Quand donc l'Union Européenne comprendra-t-elle que ses vrais ennemis sont les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite et leurs satellites ; alors que ses alliés d'avenir sont la Chine, la Russie et l'Iran.

Les alliances géopolitiques ne doivent pas être soumises à des considérations idéologiques (démocratie ou pas, par exemple), mais bien à des considérations économiques et écologiques. L'éthique est le plus que l'Union Européenne doit apporter à ses relations.

 

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Le 20/03/2018

 

La globalisation des problèmes ne fait que commencer.

La mondialisation des modèles a échoué et n'est plus d'actualité.

Divers chemins locaux s'ouvrent pour résoudre les problèmes communs.

 

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La démocratie est à la fois un ensemble de règles de vie, une méthode d'attribution et de contrôle des pouvoirs et un modèle de fonctionnement sociétal.

La démocratie n'est pas un but, un objectif, une finalité !

La démocratie n'est ni idiosyncratique, ni naturelle, ni incontournable.

Aujourd'hui, la démocratie au suffrage universel est, partout, devenue une démagogie clientéliste, électoraliste, court-termiste, bureaucratique et social-étatiste.

Aujourd'hui, bien des pays sont gouvernés par des "tyrans" (Poutine, Xi Ji-Ping, Erdogan) qui sont adulés et plébiscités par leurs ouailles.

Peu importe la manière dont les pouvoirs sont attribués et contrôlés pourvu que la gouvernance soit exercée par des hommes intègres, efficaces, compétents au service du bien commun et du long-terme, et non de leurs intérêts personnels et du court-terme.

 

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Le fonctionnariat, comme tous les chancres bureaucratiques, est une tumeur cancéreuse qui se développe au détriment du corps qu'elle habite, jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Les parasitismes, favorisés ou organisés par l'Etat (et par les "associations" bien-pensantes) au travers de tous les assistanats, tant pour nationaux que pour migrants, constituent une inoculation virale particulièrement contagieuse ; ils rongent tous les tissus et tous les organes dont ils finissent par bloquer le fonctionnement. Il ne reste alors qu'un grand corps malade et anémié, dont toute la sève vitale a été sucée.

Oui, les sociétés humaines, comme les corps vivants, ont leurs maladies, leurs hygiènes et leurs traitements, parfois lourds et chirurgicaux.

 

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Le 21/03/2018

 

De Stephen Hawking :

 

"My goal is simple. It is a complete understanding of the universe,

why it is as it is and why it exists at all."

 

"Mon but est simple. Il est [d'avoir] une compréhension complète de l'univers, pourquoi il est comme il est et pourquoi il existe au fond."

 

C'est ce que, bien avant Hawking, disaient déjà Aristote, Newton ou Einstein avec son : "Je veux connaître la pensée de Dieu ; tout le reste n'est que détails". C'est ce que vise n'importe quel chercheur authentique en physique fondamentale ou -expression que je préfère - en physique profonde.

 

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De Carlo Rovelli :

 

"la mythologie hindoue représente le fleuve cosmique par l'image divine d'un Shiva dansant : sa danse règle la marche de l'univers ; elle est l'écoulement du temps."

 

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La substance cosmique est l'accumulation des formes (la Matière) engendrées par l'activité cosmique (la Vie). Cette activité est périphérique, à la surface et autour du corps substantiel (comme, sur Terre, la biosphère se développe à la surface et autour de la lithosphère). Cette activité engendre deux grandeurs conventionnelles qui la caractérisent dans le langage des hommes : le temps qui en mesure sa durée ou son rythme, et l'énergie qui mesure son intensité ou son amplitude.

De plus, la substance et l'activité cosmiques sont cohérentes et organisées dans une économie globale qui relève de la loi cosmique (l'Esprit) qui est la loi de l'accomplissement, de l'encombrement et de la complexification extrêmes et que mesure, dans le langage des hommes, une troisième grandeur conventionnelle que l'on appelle la néguentropie.

 

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La vitesse d'écoulement du temps dépend directement de l'intensité du champ gravitationnel ; plus celle-ci est grande, plus le temps d'écoule lentement.

On vieillit plus vite en haute montagne qu'en basse plaine.

Pour le dire autrement, le temps s'écoule d'autant plus lentement que la densité de masse ambiante est intense, c'est-à-dire que la déformation locale de l'espace-temps est importante.

Comme tout ce qui existe, vise à vieillir plus lentement, tout a tendance à aller vers les zone à haute densité d'activité, donc d'énergie, donc de masse.

Tout cherche, ainsi, à disposer de plus de temps en allant vers les zones où le temps s'écoule plus lentement.

Autrement dit, encore, plus on se rapproche d'une zone à haute activité, plus il faut de temps pour absorber celle-ci.

 

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Le seul fragment d'Anaximandre qui nous soit connu :

 

"Les choses se transforment les unes dans les autres selon la nécessité

et se rendent justice selon l'ordre du temps."

 

Par "justice", il faut entendre "équilibre" ou "harmonie" ou "homéostasie" dont la mise en place requiert de la durée …

Avec celle d'Héraclite d'Ephèse, voici la première formulation pertinente de la théorie des processus complexes. Anaximandre : l'inventeur de l'Apeiron, le sans-limite …

 

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En troph : en transformation … Entropie …

 

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L'économique doit être privé.

Le politique doit être public.

Le noétique doit être surhumain.

 

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Le 22/03/2018

 

Au service de quoi l'homme peut-il ou doit-il se mettre pour trouver sens et valeur ? Sempiternelle question.

On a essayer la Cité et l'Empire : fiasco. On a essayé le Dieu personnel et l'Eglise : fiasco. On a essayé l'Humanité et le Moi : fiasco.

Que reste-t-il ? L'évidence : la Vie et l'Esprit.

 

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Le projet grandit l'homme.

L'homme avilit le projet.

 

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Que les Africains, noirs ou maghrébins, soient majoritairement indolents, parasites ou machistes, ne doit pas être une raison d'ostracisme. Les Français sont bien râleurs, les Allemands, trop disciplinés, les Hollandais, roublards, les Suisses, intellectuellement neutres, les Italiens, bavards, les Espagnols et les Corses, susceptibles, les Belges, bonasses …

L'important est de bien connaître et reconnaître les différences et les différends.

Quant à moi, le parasitisme et le machisme m'insupportent, qu'ils soient africains ou non !

 

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La continentalisation que nous vivons n'est pas (encore) politique (le politique suit l'histoire, elle ne la fait jamais) ; elle est surtout économique, technologique et, surtout, noétique.

 

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Le /03/2018

 

Avec la découverte et la légitimation de l'épigénétique, se termine le règne sans partage de cette ineptie appelée par Crick le "dogme génétique"  (qui reposa sur une fausse analogie entre le génome et un logiciel informatique). La biologie sort enfin du carcan mécaniciste et entre enfin dans le domaine des sciences de la complexité.

Enfin est connu et reconnu, en biologie et ailleurs, le processus de "transmission des caractères acquis" déjà découvert et exprimé par Weismann.

Le génétique et l'épigénétique ne concernent pas seulement les animaux et les plantes ; ils concernent tout système complexe, quelle qu'en soit la nature.

 

La génétique concerne son patrimoine mémoriel, transmis au fil du temps, au long des filiations.

L'épigénétique concerne son rapport à son écosystème dont les évolutions induisent, dans la réalité du système lui-même, des comportements ou organisations nouvelles, par activations et désactivations de certaines parties du patrimoine mémoriel (génétique) accumulé ; ces modifications structurelles du patrimoine mémoriel s'inscrivent dans cette mémoire même et, partant, deviennent alors transmissibles et donc … génétiques.

 

Plus généralement encore, tout système complexe évolue dans un quadrilatère existentiel composé d'un patrimoine mémoriel (le génétique, l'identité, l'idiosyncrasie, la mémoire, …), d'une intention vocationnelle (la volonté, la finalité, …), d'un corpus structurel (l'axiologie, les modèles, les méthodes, les règles internes, …) et d'un habitus écologique (l'épigénétique, la sensibilité, la puissance, l'adaptabilité, l'agilité, …).

Le champ d'interaction de ces quatre dimensions existentielles, est appelé la "conscience" du système : c'est le lieu du management d'une entreprise, de la gouvernance d'une communauté, de la conscience proprement dite d'un esprit, de la bonne santé d'un corps, du gouvernement d'une nation, bref : de la régulation globale d'un processus vivant.

 

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Le 24/03/2018

 

Léon Chestov écrit ceci : "L'essence de la vérité, c'est sa stabilité et son invariabilité". La vérité devrait donc être une chose morte, inerte, définitive et parfaite - donc parfaitement achevée.

Je ne le pense pas : la vérité est vivante, elle est un processus en marche. Ce qui est vrai, ici et maintenant, ne le sera plus ailleurs et plus tard.

Cette Vérité immuable qu'appelle Chestov, est bien une Idée platonicienne, à écrire avec une majuscule : une Vérité hors d'atteinte, si elle existe, ou fantasmatique (donc dangereuse), si elle n'existe pas ; une Vérité hors du Réel, hors de portée de l'humain.

A mes yeux, la seule vérité qui vaille, mesure le degré de cohérence du corpus noologique et gnoséologique. Et cette cohérence évolue et vit, croissant en périodes de génie, décroissant en périodes de barbarie.

Il n'y a pas de vérité tout court ; toute vérité est vérité de quelque chose, à un moment donné, elle exprime la cohérence de ce quelque chose à cet instant.

La connaissance humaine est plus ou moins vraie selon qu'elle est plus ou moins cohérente avec elle-même et avec le Réel, selon deux critères, donc, l'un intrinsèque, l'autre extrinsèque.

 

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De Tertullien parlant de sa foi chrétienne :

 

"Crucifixus est Dei filius ; non pudet quia pudendum est. Et mortus est Dei filius ; prorsus credibile est, quia ineptum est. Et sepultus ressurexit ; certum est, quia impossibile est."

 

"Le fils de Dieu est crucifié ; ce n'est pas infâme puisque c'est infâmant.

Et le fils de Dieu est mort ; au fond, c'est crédible puisque c'est inepte.

Et inhumé, il ressuscita ; c'est certain puisque c'est impossible."

 

Evidemment, avec des raisonnements comme ceux-là, on peut aller très loin …

 

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La catéchisme est le support pédagogique de la catéchèse qui forme les catéchumènes …

Les mots sont précis … venus du verbe grec katacew : "verser, répandre, épancher". Un baptême sous un flot de mots, en somme, qui précède celui de l'eau.

 

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Contre Descartes, Pascal nous apprend le doute radical. Il rejette toutes les certitudes humaines comme autant de colifichets futiles. Un doute abyssal qui n'a rien à voir avec ce "doute méthodique" si vite comblé, chez Descartes, par des sophismes benêts.

Un doute absolu que Pascal offre comme seul chemin mystique vers ce qui est au-delà de toute certitude : l'évidence.

Et cette évidence pascalienne n'est pas chrétienne puisqu'elle est au-delà de toutes les religions, au fond du fond de chaque religion, de chaque spiritualité.

 

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Selon Matthieu (10;34) et Luc (12;49) :

 

"Je suis venu apporter la guerre."

"Je suis venu apporter le fer et le feu."

 

Qu'y aurait-il donc à détruire dans cette violence ? Que faut-il détruire en l'homme pour qu'il se sacralise et se divinise ? Ce que Descartes a appelé "Je" dans son stupide : "Je pense donc Je suis".

Il faut, de force, faire sortir d'homme de l'humain … vers le Surhumain dirait Nietzsche, vers le Divin dirait Pascal, vers l'Absolu dirait Aristote, vers le Un dirait Shankara, vers le Tao dirait Lao-Tseu, vers le Réel radical, aussi.

Tant que l'homme restera dans l'humain, il restera inhumain !

C'est cette guerre-là, de fer et de feu, qu'il faut apporter dans le monde.

Il faut mettre l'homme au service de ce qui le dépasse infiniment. Il faut abattre l'anthropocentrisme et l'humanisme, ces narcissismes nombrilistes.

L'homme ne prend sens et valeur qu'au-dessus de lui, très au-dessus de lui, au service de la Vie et de l'Esprit dans le Réel.

 

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J'admets, avec Chestov, que les philosophies (les mystiques, faudrait-il écrire) de Pascal et de Nietzsche sont étrangement proches, semblables, similaires …

Tous deux placent l'essentiel tout au-dessus de l'humain et de ses certitudes puériles, dans le Surhumain ou le Divin, ce qui revient au même.

L'humain, trop humain, est sans intérêt. Ses "œuvres" sont dérisoires quand elles ne sont pas funestes et barbares.

 

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La grande question chrétienne est : par quel chemin le salut arrive-t-il, par la prédestination, par les actes, par la foi, par le mérite, par le sacrifice, par la souffrance, par la prière, par la liturgie, par les sacrements, par hasard, … ?

Toutes ces réponses et d'autres, et toutes leurs combinaisons ont été évoquées, mais sans qu'un consensus unanime, jamais, n'ait émergé.

Peut-être, alors, est-ce la question qui est absurde. Et peut-être qu'au centre de cette question, ce soit l'idée de "salut" qui n'ait aucun sens.

De quoi, bon sang, faudrait-il être sauvé ?

Il n'y a rien ni personne à sauver. Il n'y a rien de quoi il faudrait être sauvé.

Il y a seulement partout de la Joie à construire par l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit. Ceux qui ne le comprennent pas et ceux qui font le contraire, se condamnent eux-mêmes à mener une vie de merde.

C'est leur problème. C'est leur responsabilité. Il n'y a personne à sauver.

Le paradis ou l'enfer, c'est ici et maintenant.

 

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Je suis de plus en plus persuadé que la notion de rationalité et celle de cohérence sont synonymiques.

Est rationnel, ce qui est cohérent. Et le Réel est cohérent, donc rationnel.

Mais il faut alors se méfier de confondre, comme beaucoup, la rationalité et la logicité. La logique aristotélicienne n'est jamais qu'une manière simplette, parmi beaucoup d'autres, d'engendrer de la cohérence.

 

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Il est curieux que le daimon grec, qui signifie "génie", soit devenu le très négatif "démon" chrétien.

 

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Ce que la rationalité rejette doit-il être absolument et radicalement rejeté ? Autrement dit : la raison est-elle bien la dernière instance suprême du plausible et de l'admissible ? Je le crois à la condition que l'on parle bien de cohérence rationnelle et non de raison logique …

Que le Réel soit totalement et globalement cohérent me paraît indéniable (même si cette cohérence ontique nous échappe parfois et puisse prendre des tours créatifs et originaux, tout-à-fait stupéfiants et ébouriffants).

Dans ce sillage, il est essentiel que la connaissance humaine de ce Réel doive tendre "asymptotiquement" vers la même cohérence, tant en nature qu'en degré.

Chemin noologique faisant, des incohérences peuvent (doivent) surgir dans la connaissance humaine. Et là, sourd le dilemme : ou bien ces incohérences cognitives sont interprétées comme la "preuve" de l'incohérence intrinsèque du Réel, ou bien elles sont le signe d'une obligation de revoir et transformer le modèle de cohérence c'est-à-dire, en somme, le paradigme noologique ambiant.

Je rejette radicalement la première branche de l'alternative et maintiens haut et ferme que le Réel est intrinsèquement cohérent car, sinon, toutes nos gesticulations scientifiques ou spirituelles n'ont plus aucun sens.

Quant à la deuxième branche, elle oblige, parfois, à des révisions douloureuses comme nous en vivons une profonde de nos jours, tant en sciences qu'en économie ou en politique, voire du point de vue métaphysique, spirituel et religieux (l'occident est acculé à abandonner son dualisme ontique, théiste et surnaturaliste, pour migrer vers un monisme spiritualiste et naturaliste).

C'est aux paradigmes humains à s'adapter au Réel, et non l'inverse ![2]

 

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Le 25/03/2018

 

D'Isaac Newton :

 

"Whence arises all that order and beauty we see in the world ?"

 

"They who search after the Philosopher's Stone [are] by their own rules obliged to a strict and religious life."

 

"Nature is pleased with simplicity. And nature is no dummy."

 

"I was like a boy playing on the sea-shore, and diverting myself now and then finding a smoother pebble or a prettier shell than ordinary, whilst the great ocean of truth lay all undiscovered before me."

 

Traduction :

 

D'où émergent tout cet ordre et cette beauté que nous voyons dans le monde ?

 

Ceux qui cherchent la Pierre Philosophale s'obligent, de par leurs propres règles, à une vie stricte et religieuse.

 

La Nature se complaît en simplicité. Et la Nature n'est pas une facticité.

 

J'étais comme un gamin jouant sur la plage,  et s'amusant, çà et là, à trouver un galet plus lisse ou un coquillage plus joli que d'ordinaire, pendant que l'immense océan de vérité gisait tout inconnu devant moi.

 

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Dans le Réel, ni le zéro, ni l'infini n'existe.

Rien n'y est nul. Rien n'y est infini.

 

 

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Trop souvent, on confond la mesure et la chose.

Ainsi la "valeur" d'une chose est exprimée par une mesure qui s'appelle son "prix". Mais le prix de la chose et sa valeur de cette chose ne racontent pas la même histoire (le premier parle d'une transaction de transfert de propriété, l'autre parle d'utilité ou de plaisir).

De plus, ce prix est le produit d'un montant affiché et d'une unité monétaire qui varient, tous deux, continuellement.

 

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L'univers n'a pas de présent, mais chaque point de l'univers a son présent. Et pour ce dernier, tous les autres points de l'univers sont dans le passé.

Cela paraîtra un paradoxe tant que l'on ne verra pas que la notion de "maintenant" est une mesure qui dépend de l'étalon du mesureur : mon présent est un instant de mon temps à moi … et chaque "moi" de l'univers a le sien. Tous ces temps propres sont coordonnés et sont en cohérence les uns avec les autres, mais ils ne sont pas identiques.

 

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Toutes les comptabilités du monde sont fausses car 123 Euros, c'est 123 (le montant affiché du jour) fois 1 Euro (l'unité à sa valeur du jour). Or, les comptabilités ne tiennent jamais compte des fluctuations continues de la valeur des unités monétaires. Un Euro est et reste un Euro que ce soit sur la facture du 5 avril ou celle du 17 novembre.

La théorie de la relativité est aussi vraie en physique qu'en économie, mais les comptabilités en sont toujours au paradigme galiléen.

 

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Mon état de vie ici et maintenant n'est pas influencé par tous les événements du passé et n'influencera pas tous les événements du futur. Je suis à la pointe de deux cônes d'influences, l'un venant du passé, l'autre allant vers l'avenir. Hors de ces cônes, rien ne me touche.

Philosophiquement, il faut aussi comprendre que mon présent n'est touché par le présent d'aucun autre être : mon présent n'est présent que pour moi. Je ne suis relié à certains autres que par leur passé.

L'infinie solitude du présent …

 

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Lors de la tuerie de Trèbes, le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame s'est héroïquement proposé comme otage contre la libération de civils. Il a été abattu par une crapule salafiste et est mort de ses blessures.

Il était Franc-maçon, membre de la Grande Loge de France. Paix à ses cendres !

La Franc-maçonnerie est l'antithèse de la barbarie, quelle qu'elle soit.

 

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Etymologiquement, "heur" dérive du latin augurium.

Avoir du bonheur ou du malheur, c'est avoir la bonne ou mauvaise chance de vivre sous un bon ou un mauvais augure, donc de vivre sous une influence bénéfique ou maléfique.

Être heureux ne dépend pas de nous ; le bonheur vient du dehors, sans raison apparente, comme un coup de chance, comme un coup du sort.

Et on comprend mieux le cri de Nietzsche : "Qu'importe mon bonheur …".

Les stoïciens ou Pascal ne disaient pas autre chose.

Seule la Joie importe !

 

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Dans la discussion sur le vraie nature du temps, Aristote (temps relatif comme mesure de l'activité, comme le pense Leibniz) a évidemment raison face à Newton (temps absolu d'inspiration platonicienne et idéaliste).

 

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L'enfer, c'est les autres, vomissait Sartre.

Erreur totale, une fois de plus …

L'enfer, c'est soi-même : chacun, par sa fermeture au Réel, s'enferme dans une chambre de torture : "Pourquoi le Réel ne satisfait-il pas immédiatement tous mes caprices ?".

Peut-être, tout simplement, parce que le Réel se fiche, comme d'une guigne, de tes caprices et ne t'a fait émerger du néant que pour que tu le serves !

 

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Lu sur la Toile, écrit d'une main innocente et peu savante …

"Du latin acacia, lui-même issu du grec akakia : 'innocence, simplicité' … la branche d'acacia est l'emblème de la Franc-maçonnerie. Il symbolise 'l'amour de Dieu'."

 

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Ce qui ne cesse de m'époustoufler, c'est cette idée, récurrente chez beaucoup de philosophes depuis Pythagore, que les énoncés mathématiques constituent le parangon des idées absolument vraies, preuve absolue et définitive d'un monde des Idées parfaites qui ne serait pas soumis aux aléas de ce monde-ci, variable, instable et vivant.

Cette idée est absurde. La vérité mathématique est purement conventionnelle. Les mathématiques sont un langage constituant une vaste tautologie fermée (comme tout langage) avec son lexique conceptuel (nombres, figures, fonctions, matrices, vecteurs, ensembles, … et tous les autres "objets" qu'elle utilise) et sa syntaxe logique (égalité, opérations, opérateurs, démonstrations, …).

Le "miracle" galiléen (le fait que le Réel soit mathématisable et qu'il y ait, donc, une étrange adéquation entre le Réel et un langage conventionnel humain) n'en est pas un ; en fait, les sciences ne s'occupent que des aspects du Réel qui sont quantifiables (ce qui n'est pas toujours le cas, loin s'en faut) et qui sont suffisamment - mais approximativement - conservatifs pour pouvoir faire l'objet d'une équation contenant un signe "égal". Tout le reste n'est qu'une question d'astuces souvent géniales et d'inventions et de conventions ad hoc. Il n'y a aucun miracle là-dedans. Les sciences ne (re)connaissent que le quantifiable conservatif et elles ignorent tout le reste : le "bruit", les fuites et les pertes, les non-conservativités, les chaos, les émergences, les non-linéarités, le qualitatif, l'holistique, etc.

Le seul vrai miracle est que le Réel soit profondément cohérent, donc rationnellement exprimable, et que cette cohérence induise, inévitablement, dans certaines conditions, des quasi conservativités (la plus simplette des cohérences est l'invariabilité, la stabilité, l'inactivité).

 

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Le 26/03/2018

 

La manière la plus simple de définir la Modernité, c'est de l'opposer radicalement, dans toutes les directions et dimensions, à la Tradition.

Est moderne ce qui n'est pas traditionnel.

La modernité dénie toute valeur à ce qui est traditionnel, c'est-à-dire à ce qui est mémoriel. La modernité récuse toute mémoire ; elle veut tout (ré)inventé. Être moderne, c'est être à la mode, c'est-à-dire refuser l'intemporel, le perpétué, le transmis, c'est refuser les héritages…

 

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L'élitaire s'oppose au populaire.

Le populaire s'oppose à l'élitaire.

Il est indispensable de choisir son camp car aucun compromis n'est possible.

 

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De Roger McNamee, actionnaire de Facebook :

 

"Facebook fait appel à votre cerveau reptilien : avant tout la peur et la colère ... et avec les smartphones, ils vous tiennent à tout moment."

 

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L'entreprise est devenue la communauté de vie la plus stable et la plus pérenne, bien plus que les familles de plus en plus recomposées et que les quartiers ou villages, de plus en plus volatiles. D'ailleurs, 60 % des Français pensent que les entreprises ont aujourd’hui un rôle plus important que les gouvernements dans la création d’un avenir meilleur.

 

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La meilleure traduction française du mot hébreu Qabalah est, sans doute, simplement, "Tradition". La Kabbale est la Tradition ésotérique et mystique juive.

 

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La Sophia perennis ou, encore, la Prisca theologia, autrement dit la Tradition primordiale (définies diversement par René Guénon ou Raymond Abélio) relèvent toutes de la "mystique de l'Un" et des métaphysiques monistes : le fond de cette mystique est que l'homme est partie intégrante du Tout-Un et que la démarche spirituelle (initiatique ou non) tend à rétablir la fusion entre le plan humain et le plan divin dans une Unio mystica radicale.

Cette métaphysique est à la fois la plus ancienne (et remonte aux temps où l'homme vivait dans, avec et de la Nature et développait des spiritualités animistes ou chamaniques) et la plus nouvelle (puisqu'elle répond à la rupture en cours tant avec les dualismes monothéistes qu'avec l'humanisme moderne).

 

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Raymond Abellio établit : "les fondements de sa philosophie gnostique [et] des repères symboliques lui permettant de mieux comprendre le présent et le devenir des choses : l’existence d’une unité primordiale voilée reposant sur une interdépendance universelle ; le principe de similitude ; la non-dualité ; l’existence d’une influence spirituelle ; la valeur qualitative des nombres ; le précepte selon lequel il faut voir de la positivité et du sens en toute chose ; la conception du véritable savoir à la fois comme doctrine et comme praxis ; la désignation du monde contemporain comme 'âge noir' ou 'fin de cycle' ; la possible construction d’une Arche (intérieure)."

 

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Dans le Réel, il n'y a pas un seul "lieu" où il n'y ait rien ; partout il y a au moins de la lumière venus des autres contrées de l'espace. Le vide n'existe pas. Rien n'est jamais égal à zéro (comme rien n'est jamais infini) !

 

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Ce n'est pas la chose (le temps, l'espace, l'énergie, …) qui est quantisée, mais sa mesure. Le Réel est continu, absolument continu ; mais c'est sa mesure qui est discrétisée du fait de la finitude des instruments de mesure et de leur précision.

La continuité intrinsèque du Réel est indispensable pour en assurer la cohérence car, si le Réel est fait de granules séparées, rien ne pourrait, entre elles, garantir une quelconque cohérence.

Le formalisme quantique décrit la représentation empirico-mathématique de la manifestation du Réel (elle est donc foncièrement phénoménologique), mais non le Réel lui-même (elle n'a rien d'ontologique ou de nouménologique).

Le quantisme est le nouvel avatar de l'atomisme, lui-même déguisement récurrent du phantasme idéaliste de l'Être contre le Devenir.

De même, le probabilisme quantique porte sur la probabilité du résultat d'une mesure, mais non sur la réalité du comportement intrinsèque. Le nœud de toutes ces erreurs de raisonnement est la croyance en l'existence d'objets (points matériels, particules, etc …) là où il n'existe qu'un continuum de champ adoptant des formes en transformations permanentes : il n'existe aucun assemblage de rien car, par exemple, un atome n'est pas "composé" de protons, neutrons et électrons puisqu'il est une forme globale très structurée et organisée à l'intérieur de laquelle il n'existe rien d'autre qu'elle-même (les neutrons, protons et électrons existaient avant de constituer l'atome, n'existent plus dans l'atome et se reconstituent si l'on explose l'atome).

 

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Le 28/03/2018

 

Le début de la Sagesse consiste à anticiper, pour toute situation, le pire des cas possibles.

Ainsi, il ne peut qu'y avoir soit de bonnes nouvelles, soit de grandes surprises.

 

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Le discernement philosophique prend deux acceptions complémentaires, mais de portée inégale. Le discernement est : "Faculté qui est donnée à l'esprit ou qu'il a acquise par l'expérience, d'apprécier les choses selon leur nature et à leur juste valeur, d'en juger avec bon sens et clarté". Mais il est aussi : "Aptitude à discerner (dans un événement, chez une personne, etc.) ce qui ressortit à l'esprit de Dieu ou à l'esprit du monde".

Cette seconde définition est plus intéressante puisqu'elle fait la part entre le divin et l'humain, entre l'universel et le mondain, entre l'absolu et le relatif, entre l'éternel et l'éphémère, entre l'intemporel et l'événementiel, entre le téléologique et le phénoménologique, entre le nécessaire et le superflu, entre l'essentiel et l'accessoire, entre le cosmique et le comique.

 

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La démocratie est une méthode, pas un but.

 

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Toute communauté humaine doit régler et harmoniser cinq problématiques : celle de son identité (histoire, culture, patrimoines), celle de sa vocation (téléologie, intention, volonté), celle de son territoire (ressources, paix, infrastructures), celle de ses modèles (règles, méthodes, croyances) et celle de son activité (transformations, productions, transmissions).

 

La fonction politique est  habituellement liée à la gouvernance des territoires et la fonction économique à celle des activités. Depuis bien longtemps, ces deux fonctions engendrent des institutions et pouvoirs en lutte les uns contre les autres selon des schémas idéologiques variés (sur un spectre large allant de l'étatisme totalitaire au libéralisme libertaire).

 

Quant à la fonction noétique liée aux modèles, règles, méthodes, savoirs, croyances et codes, elle a souvent été éparpillée entre les institutions religieuses, juridiques, universitaires ou scientifiques en concurrence les unes avec les autres. Le plus souvent, aussi, les pouvoirs politiques ont cherché à mettre la main sur les institutions noétiques qui, selon les moyens dont elles disposaient, ont plus ou moins résisté au fil des siècles.

 

Les fonctions téléologique (vocation, finalité) et ontologique (culture, identité) - sans laquelle aucune institution politique, économique ou noétique ne peut prendre ni sens, ni valeur - sont d'autant plus absentes ou floues ou ignorées ou négligées, que la communauté concernée est de grande taille ; ce vide permet aux institutions opérationnelles de s'octroyer toutes sortes de pouvoirs d'autant plus factices et artificiels que les fonctions fondatrices (ontologique et téléologique) sont absentes.

 

De telles communautés, sans identité profonde ni vocation noble, sont condamnées à tourner en rond, et leurs institutions et pouvoirs, à s'auto-légitimer dans le vide, en faisant de leurs moyens (la démocratie, les savoirs, les codes juridiques, …) ou missions (la paix sociale et militaire, le bien commun, la richesse, …) des fins en soi.

Quelle que soit leur puissance apparente, ces communautés-là - proprement "déboussolées" - sont à la merci de communautés peut-être plus petites ou plus faibles, mais déterminées à affirmer, voire à imposer, leur identité tranchée ou leur vocation forte.

 

C'est, par exemple, ce qui se passe en Europe avec le salafisme djihadiste qui proclame un islam pur et dur comme identité et le djihad terroriste comme vocation. Les abrutis qui se convertissent ou se radicalisent, sont des esprits faibles en quête d'une identité et d'une vocation fortes qu'ils sont incapables de se construire par eux-mêmes, mais qui deviennent plus précieuses que leur propre vie minable et paumée.

 

Dans le même registre, la déliquescence irréversible des partis politiques traditionnels, à droite comme à gauche (socialisme, communisme, bourgeoisisme, conservatisme, …), vient du fait qu'ils parlent de "pouvoir" à une population qui demande du sens et des valeurs, une identité et une vocation collectives. Et voilà grande ouverte la porte pour l'arrivée de nouvelles mouvances axées soit sur l'identité et le passé (les populismes nationalistes - Le Pen ou Mélenchon en France … et Trump, Brexit, Poutine, Erdogan, …), soit sur la vocation et le futur (refonder la paix et la prospérité sociales - Macron et "En Marche", en France).

 

C'est encore la cause profonde de la perte de puissance de la construction européenne qui s'enlise dans des structures institutionnelles (pyramidales et procédurales) et des rapports de pouvoirs (entre la Commission et les Etats membres), alors que les Européens attendent un projet fédérateur commun qui puisse rassembler et galvaniser les énergies … contre des institutions nationales obsolètes. Ces délitements sont pain béni pour les puissances montantes comme la Chine, l'Inde ou la Russie qui, elles, n'ont aucun état d'âme face à nos faiblesses et n'ont pas l'ombre d'une hésitation quant à leur identité culturelle et à leur vocation continentale.

 

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Il est piquant de constater que lorsque vous vous opposez vigoureusement au marxisme, aux gauchismes, aux communismes et plus généralement, au socialisme sous toutes ses formes, on vous traite de fasciste … alors que le fascisme mussolinien, comme le nazisme hitlérien, est un socialisme comme les autres, plongeant ses racines pourries dans l'anti-libéralisme, l'anti-capitalisme,  l'anti-élitarisme, l'anti-aristocratisme, l'anti-méritocratisme, etc …

 

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Est pur, selon Jankélévitch, ce qui est sans mélange, sans hybridation, sans rien d'autre ni de plus que soi. Une pureté absolue est donc un non-sens dans la simple mesure où tout ce qui existe est issu d'hybridations et de mélanges de composants de niveaux inférieurs sur l'échelle des grandeurs ou des complexités.

En revanche, et malgré Jankélévitch, l'idée de pureté fait sens au plan spirituel et personnel : la pureté, alors, c'est tendre à devenir purement soi-même, dans une totale fidélité à sa propre vocation intrinsèque, sans mélanges ni hybridations avec les intentions extérieures (celles que autres nous prêtent, nous infligent ou nous suggèrent).

Rester soi-même pour devenir soi-même.

La pureté, en conséquence, devient une forme superlative d'autonomie au sens profond de ce terme : elle affirme la supériorité absolue et définitive de l'intériorité sur l'extériorité.

 

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Avec Mandelstram, victime du stalinisme, apôtre de l'acméisme, poète juif russe, je m'interroge toujours sur cette forme d'écriture et de pensée que l'on nomme "poésie". Dans mon "Eloge du Romantisme", j'ai évoqué longuement l'impérieuse nécessité, à notre époque, d'une re-sacralisation et d'une re-poétisation de sa nature et de la Nature, de sa vie et de la Vie, de son esprit et de l'Esprit.

Il s'agit d'aller à l'essentiel, au plus court, sans pédagogie, dans un culte inébranlable de la concision et de la simplicité … Suggestion sans explicitations. Ebauche sans détails. Esquisse sans fioritures. Légèreté sans lourdeurs.

 

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Dieu est ça dont je suis !

Dieu est ça dont je vis !

 

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Le 30/032018

 

A force de vouloir rester connecté aux autres, on finit par se déconnecter de soi-même.

 

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Qu'un homme, déjà, puisse être socialo-gauchiste, relève de la maladie mentale gravissime, mais qu'une femme puisse l'être relève du démoniaque satanique.

La preuve : Ségolène Royal, Najat Belkacem, Anne Hidalgo, Cécile Duflot, Christiane Taubira, … et autres monstruosités aussi calamiteuses que maléfiques.

 

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Cela fait quelques années que je clame que les GAFA sont les maladies infantiles de l'ère numérique et que ces gros dinosaures financiaro-industriels à l'américaine vont disparaître comme les autres.

Pour FaceBook et ses satellites, c'est en très bonne voie.

 

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Le 31/03/2018

 

De Luc B. :

"Ce que l’on appelle ‘big-data’ est en fait essentiellement du ‘fat-data’, c’est à dire des données en infini surplus qui mangent du temps de calcul, de l’énergie et de l’argent."

 

Donc deux champs d'application des logiciels algorithmiques, des réseaux de (pseudo)neurones artificiels et des systèmes auto-apprenants : l'étude des processus complexes (la simulation) et les ciblages statistiques (le fat-data imbécile). Seul le premier est crédible et utile ; le second n'est que dangereux.

 

On parle toujours des victimes du harcèlement, sexuel ou autre, mais on oublie toujours les victimes du non-harcèlement … celles et ceux qui n'attirent jamais rien ni personne.

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[1] Donc, explicitement, le catholicisme latin, l'anglicanisme britannique et les protestantismes germaniques.

[2] N'en déplaise à des imposteurs comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir ou Judith Butler …

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Le Tome 17 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement)