Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"De l'Etre au Devenir" - Novembre 2017

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

Le 01/11/2017

Du Gaon Saadia :

"Notre peuple existe par l'unique vertu de la Torah"

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La problématique de la prospective en matière de travail humain dans un monde postindustriel et définanciarisé, débarrassé du salariat, où travail et rémunération seront probablement disjoints du fait d'une forme d'allocation universelle, est bouillante d'actualité. Tous les métiers qui reposent sur du mécanique, du programmatique et de l'algorithmique vont être pris en charge par des "robots", ce qui impliquera une humanité à deux vitesses : ceux devenus inutiles (85%) et ceux qui auront su développer les capacités intellectuelles et manuelles non réductibles à des algorithmes numérisables (et que j'appelle les "virtuoses").

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Le 02/11/2017

De Grégory Woimbée :

"Au fond, la Terreur s'est acharnée sur des adversaires qui n'existaient pas, sur des fantômes, mais en tuant des individus bien réels."

Et il en est toujours ainsi. Tout terrorisme et tout révolutionnarisme s'inventent un ennemi imaginaire sans lequel ils ne pourraient exister et qu'ils "voient" partout autour d'eux dans une hallucination meurtrière permanente. De même, ils s'inventent un "peuple" imaginaire au nom duquel et grâce auquel ils croient se légitimer, mais qui n'existe pas plus que l'ennemi à combattre.
Cette dualisation fantasmagorique et idéalisante du Réel est le symptôme affligeant de la dégénérescence idéologique, qui dessine l'inexorable pente sanglante des totalitarismes.

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Le 03/11/2017

Dans les milieux "artistiques" où les mensurations tiennent lieu de talent, faut-il s'étonner que la sexualité joue le grand rôle ?

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C'est curieux cette fâcheuse habitude du Grand Orient de France (et de ses absurdes satellites) de se prendre pour une obédience maçonnique …

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Le TedX est du fast-food intellectuel ; c'est rapide, pauvre en nutriment, riche en goûts artificiels ; ça donne l'illusion de nourrir, mais ça intoxique les neurones.

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De Quentin Périnel :

" La promesse d'une technologie qui nous ferait 'gagner du temps' n'a pas été tenue : la technologie n'est utilisée que pour nous faire aller encore plus vite, jusqu'à en perdre la notion du temps. "

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De Barbara Lefebvre :

" La judéophobie est un élément de l'inconscient collectif musulman, un marqueur culturel identitaire (…). L'antisémitisme est un phénomène qui a une réalité historique, sociale, culturelle. Un individu croit qu'en accusant les juifs de tous les maux de la terre ou de tous ses maux à lui, il trouve la réponse à ses problèmes, ses doutes, ses interrogations. Mais il n'a pas choisi le sujet juif au hasard, il a baigné dans une culture de préjugés qui a mis les juifs à cette place d'accusés éternels. Il faut être aveugle et sourd pour ne pas voir combien l'animosité antijuive irrigue les sociétés arabes contemporaines. (…) Le Coran médinois et les hadiths n'ont de cesse de présenter les juifs comme des menteurs et des comploteurs visant à atteindre spirituellement voire physiquement le prophète de l'islam. L'extermination de la tribu juive de l'oasis de Khaybar en 628, premier acte de guerre de Mohamed et ses troupes, est la réponse au prétendu complot juif.."

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De Spinder :

"Als de waarheid in het midden ligt,
wil iemand mij dan vertellen waar het midden ligt ?"

Si la vérité est au milieu, quelqu'un me révèlera-t-il où est le milieu ?

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04/11/2017

Comprendre l'intention d'un processus, c'est deviner au service de quoi évolue réellement ce processus.
Comme tout processus, il évolue aussi à son propre service (individuation) c'est-à-dire au service de son propre accomplissement. Mais pas seulement.
Si tel était le cas, la pression antagonique de son milieu et les tensions qui en résulteraient, auraient tôt fait de l'écraser.
L'individuation et l'intégration pures sont létales pour le processus.
Beaucoup se contentent d'un compromis plus ou moins équilibré (homéostatique) entre ces deux tensions (l'une néguentropique, l'autre entropique). Mais la troisième voie est la plus intéressante : celle de la sublimation par laquelle le processus s'accomplit lui-même au service d'une logique qui lui est extérieure.

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La notion de "service" pointe aussi vers les notion d'utilité et de contribution.

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Le 05/11/2017

La "révolution" est une religion !
C'est la religion des gauchismes, ceux des salons comme ceux des rues ou, plutôt (car la rue n'est jamais à gauche, elle va là d'où viennent le pain et les jeux), ceux des universités.
La "révolution" est un mythe, toujours sanglant et sanguinaire, toujours idéalisant et idéologique, toujours violent et totalitaire.
Le révolutionnarisme est une mythologie absurde qui n'a que du sang sur les mains et que des échecs et de la misère pire qu'avant, dans les faits. Mais il se fiche des faits et il oublie tout, toujours, partout, … pour toujours recommencer ses infectes phraséologies creuses qui excitent les plus bas instincts et les plus fangeuses émotivités dans des esprits faibles, fragiles, immatures et stupides.
Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de révolutions heureuses.
Une nation qui fonde son identité première dans une révolution (France, Russie, Chine, Cuba, …) est une nation vide et incohérente, superficielle et instable, névrotique et inefficace.
Une révolution est, par essence, pusillanime, chaotique, psychopathologique, transitoire et malsaine ; on ne peut jamais rien fonder sur de tels mortels sables mouvants.

Ainsi, la France ne sortira de son marasme bureaucratique et fonctionnaire, inefficient et "assistanisant", anti-entrepreneurial et antiéconomique qu'en faisant, une bonne fois pour toutes, table rase de ses phantasmes de 1789, 1792 et 1848.
Dans son essence profonde, ce que l'on appelle "la France" est toujours monarchique et parisienne, hiérarchique et centralisée, courtisane et dispendieuse ; cette France-là n'est pas une nation ou un peuple, elle est un Etat parisien (établi par les Bourbons et, spécialement, par Richelieu contre les provinces autonomes et perpétué par la Terreur robespierrienne, la tyrannie napoléonienne, etc … jusqu'à nos jours), un Etat parisien qui a assujetti, contre leur gré, des régions qu'il épuise à coups d'impôts et de lois.

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Il faut déconstruire les Etats (tous les Etats modernes sont des fictions artificielles et idéologiques) et donner une totale autonomie aux communautés régionales définies comme entités socioéconomiques historiquement et culturellement identifiables et stables, fédérées à l'échelle continentale.

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Chaque humain ou projet ou entreprise ou région ou continent est aujourd'hui confronté à cinq questions :
1.    Impact et réponse au défi écologique (la pénurie des matières premières et des énergies)
2.    Impact et réponse au défi technologique (la révolution numérique et algorithmique)
3.    Impact et réponse au défi organique (l'accélération de la complexification et la nécessité de travailler en réseaux collaboratifs)
4.    Impact et réponse au défi économique (la fin du modèle masse/prix et l'émergence du modèle virtuosité/valeur).
5.    Impact et réponse au défi éthique (au service de quoi se met-on ?).

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Le 06/11/2017

Des frères Wachowski :

"La Matrice est universelle. Elle est omniprésente. Elle est avec nous ici, en ce moment même. Tu la vois chaque fois que tu regardes par la fenêtre, ou lorsque tu allumes la télévision. Tu ressens sa présence, quand tu pars au travail, quand tu vas à l’église, ou quand tu paies tes factures. Elle est le monde, qu’on superpose à ton regard pour t’empêcher de voir la vérité."

L'incroyable philosophie (très juive et biblique) du film australo-américain (1999) "Matrix" des frères Wachowski (devenus des "sœurs") pose une typologie humaine remarquable et particulièrement en phase avec le monde actuel.
D'abord, il y a deux mondes humains : la Matrice (la pilule rouge) et Sion (la pilule bleue).
La Matrice est le monde illusoire et virtuel du panem et circenses, de la "vie" apparente, totalement artificielle et virtuelle …
Sion (Tzion est la colline où s'érigea le Temple de Jérusalem) est le monde du Réel dont les valeurs essentielles sont la foi, la frugalité, l'intériorité, l'authenticité, la lucidité, etc …
Dans la Matrice, il existe deux populations : les "Gardiens" qui sont chargés de la pérennité du système (ils haïssent l'humain et ne jurent que par des algorithmes) et les "Zombies" qui ne sont que des piles à produire de l'énergie mais dont le mental est pris en charge par la technologie logicielles pour leur faire croire qu'ils "vivent" par pure simulation …
Du côté de Sion, il y a aussi deux populations, à savoir : les "Voyants" du monde réel qui vivent hors de la Matrice, dans leur domaine parfois assiégé ; et les "Interfaceurs" qui - comme à bord du Nebuchadnezzar, commandé par Morphéüs secondé par Trinity, etc … et où arrive Néo - assurent la connexion entre les deux mondes humains.
La population du camp "Sion" est évidemment infiniment plus minoritaire que celle du camp "Matrice" …
Tout cela est le reflet réel - et génial - de la réalité de notre monde d'aujourd'hui.
Traduisons …
Il y a les masses (les Zombies) hypnotisées par les promesses et rêves de confort, de facilité, de "panem et circenses", vivant totalement "hors sol" dans des mondes dénaturés et artificiels, selon des normes fictives et absurdes où les performances quantitatives et les connexions numériques l'emportent sur tout le reste.
Il y a les démagogues (les Gardiens) politiques et économiques qui tirent profit des masses par un jeu de promesses et de lois (des carottes et des bâtons).
Il y a les mystiques (les Voyants) qui se sont retirés de ces jeux stériles pour se consacrer au service de la Vie et de l'Esprit.
Et il y a les prophètes (les Interfaceurs) qui s'échinent à "prêcher" et à sauver ce qui pourrait d'être par la force de la parole, des livres ou de l'action désintéressée.
Le monde humain n'est plus unitaire (s'il l'a jamais été). Il y a, à présent, deux humanités parallèles comme, jadis, il y eut des "neanderthalensis" et des "sapiens". Un seuil a été franchi … par une minorité.

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L'humanisme met l'homme au service de l'homme. Soit. Mais au service de quel homme ? L'homme individuel ou l'homme collectif (la société, l'humanité) ? L'homme réel ou l'homme "idéal" (idéologique) ?

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Il faut distinguer deux démarches de vie radicalement différentes et souvent antagoniques. La première est mécanique et logique, la seconde est organique et anagogique.
Pour la première, le point de départ est le statut actuel à partir duquel on se définit un but (et des objectifs), on s'approvisionne en stocks, on calcule un itinéraire (étapes, échéances, optimisations) afin d'optimiser les performances d'un parcours programmé, soumis à des impératifs quantitatifs.
Pour la seconde, le point de départ est une identité profonde (la mémoire de vie) à partir de laquelle on décide de consacrer au "service" d'une cause qui nous dépasse et on opte pour des règles de vie (une éthique), en suite de quoi on se met en route en improvisant le "bon chemin" au fur et à mesure, et en s'approvisionnant selon les opportunités.

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De mon ami Jean-Eudes Tesson :

"(…) trois grandes tentations de la nature humaine, celle de la toute-puissance, celle de l’indifférenciation et celle d’un monde sans faille."

Parlons franc : humanisme, égalitarisme et idéalisme ! Les trois grands fléaux de notre époque.

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Le 07/11/2017 : Naissance de ma petite-fille Charly

Sans du tout ni nier, ni excuser, ni mitiger cette infection majeure que sont les viols, tentatives de viols, indécences, attouchements non désirés, harcèlements sexuels, lubricités maladives et toutes les autres boues freudiennes, il semble évident que ces matières délicates sont devenues un fond de commerce pour "artistes" ratées et autres starlettes en manque de publicité (voire d'argent).
"Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose", disait Talleyrand (qui y connaissait un bout).
Ces femmes méprisables prêtes à toutes les médisances et calomnies pour quelques minutes de notoriété médiatique … ou quelque chèque, nuisent infiniment à la cause du combat pour la dignité de la femme dans notre monde où la galanterie se meurt et où la goujaterie triomphe.

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Le 08/11/2017

Les précurseurs …
Galilée : 1564-1642
Hobbes : 1588-1679
Kepler : 1571-1630
Descartes : 1596-1650

Les génies …
Fermat : 1601-1665
Pascal : 1623-1662
Bossuet : 1627-1704
Huygens : 1629-1695
Spinoza : 1632-1677
Locke : 1632-1704
Newton : 1642-1727
Leibniz : 1646-1716

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La science mécanique est cette part de la physique qui tente de modéliser l'évolution de l'état cinétique d'un système sous la pression des influences de son milieu ("gradient des potentiels de force" ou "tenseur local gij de l'espace-temps" ce qui revient, au fond, au même).
Selon le formalisme utilisé pour décrire l'état cinétique d'un système, on obtiendra une "mécanique" newtonienne, relativiste ou quantique.
L'erreur colossale de la physique moderne a été de croire que tout l'état réel d'un système pourrait être réduit à son seul état cinétique (le grand rêve de Boltzmann, par exemple).
Le fait de laisser croire que toute évolution n'est que spatiale (ou spatiotemporelle, si l'on préfère) est terriblement réducteur et simpliste.
Le référentiel de représentation des états d'un système est infiniment plus riche que les seules trois dimensions de l'espace métrique (qui est une construction psychique liée à la prépondérance, chez l'humain, des sens de la vue et de l'ouïe).
Le passage de l'espace cinétique au référentiel des états (métrique, morphique et harmonique conjoints) est une révolution qu'entama timidement le formalisme quantique et que parachève la physique des processus complexes.
La physique est en train d'échapper au dogme mécanique c'est-à-dire au carcan cinétique : le mouvement n'est pas le seul changement des choses. Très loin s'en faut !

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Pourquoi je refuse le téléphone (sauf dans les cas d'extrême urgence, c'est-à-dire quasiment jamais) ?
D'abord parce que le silence et la déconnexion seront les grands luxes à venir.
Ensuite parce que les paroles s'envolent et que les écrits restent.
Enfin parce que le bavardage est stérile et les logorrhées fastidieuses.

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Le téléphone n'est jamais un instrument d'efficacité ; il est toujours un instrument de paresse … ou de tentative de dominance.

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Si, lorsqu'on prétend que quelque chose est rationnel, on exprime par là que ce quelque chose s'inscrit dans une cohérence réelle intrinsèque qui en fait un "tout" plutôt qu'un "tas", alors j'adhère (comme Hegel : "Ce qui est réel est rationnel, etc …").
Si par là, on entend que ce quelque chose obéit aux règles de la logique aristotélicienne, alors je récuse et m'insurge (comme Pascal : "Descartes inutile et incertain").
Le concept philosophique de rationalisme est, dès lors, ambigu car il charrie avec lui ces deux sens dont l'amalgame aboutirait à cette bêtise : serait cohérent ce qui serait logique au sens aristotélicien (avec les trois principes faux d'identité, de non-contradiction et de tiers-exclu).
L'ambiguïté est encore renforcée par le fait que lorsqu'on dit que quelque chose est "logique", on peut aussi signifier que ce quelque chose obéit à un principe d'ordre, à un Logos qui n'est pas forcément réductible à la logique aristotélicienne (qui, au fond, ne s'applique qu'à la rhétorique humaine) ou à quelque logique axiomatique et formelle que ce soit.
En clair, le mot "logique", dans son acception large, pointe vers tous les principes d'ordre et de cohérence que l'on trouve dans le Réel ou que l'on peut imaginer ; parmi toutes ces logiques de cohérence et d'ordre, certaines sont linéaires (si … alors …, si cause … alors effet …, etc …) et il faut prendre garde de ne pas restreindre l'idée de logique (Logos, cohérence, ordre) aux seules logiques linéaires, aristotéliciennes ou non.
Moyennant cette précaution, alors et seulement alors, on peut affirmer que ce qui est rationnel est logique.
Dans la plupart des cas, le Logos qui préside à cette logique et à cette rationalité nous est proprement inconnu … et parfois, inconnaissable.

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Ne jamais réagir par émotion. Les émotions ne comprennent rien ; elles ne font que de l'empathie égotique, parfois légitime mais jamais adéquate.
Spinoza écrivit, par trois fois :

"Ne pas se moquer, ne pas se lamenter, ne pas détester, mais comprendre."

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Le futile tue !

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A l'époque de Spinoza, les Pays-bas sont gouvernés par des républicains (Jan de Witt) qui pratiquent le libéralisme, la décentralisation, le pacifisme et le fédéralisme (des sept provinces autonomes), tout à l'opposé de leurs adversaires politiques, les orangistes (soutenus par les calvinistes) qui, à l'instar de la France catholique de Louis XIV, aspirent à une Hollande centralisée, forte, conquérante et monarchiste (sur le modèle anglais).
Et Spinoza de s'interroger avec sidération sur ce simple fait que les masses sont nettement plus favorables aux orangistes qui les asservissent qu'aux républicains qui les libèrent.
Rien n'a changé !
Les masses préfèrent toujours la sécurité apparente à la liberté responsable.
C'est le pitoyable principe du triomphe inéluctable de la "servitude volontaire".

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Tout système de pensée peut conduire aussi bien à l'asservissement qu'à la libération.
Ainsi de la spiritualité qui peut s'avilir en religion ou se sublimer en mystique.
Ou de la doctrine qui peut se pervertir en idéologie ou s'élever en éthique.
Ou de la science qui peut s'enliser en technologie ou s'épanouir en cosmosophie.

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La clé de voûte de toute la Torah est le principe de pureté.
Dix purifications …
1.    La purification du regard par la lucidité.
2.    La purification de la parole par la véridicité.
3.    La purification de l'action par la justesse.
4.    La purification de la foi par le fidélité.
5.    La purification du corps par l'adéquation.
6.    La purification du cœur par la piété.
7.    La purification de l'esprit par l'étude.
8.    La purification de l'âme par l'Alliance.
9.    La purification de l'espace par le Tabernacle.
10.    La purification du temps par les célébrations.

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Le ternaire juif : Eyn-Sof (l'Un absolu), YHWH (le Logos transcendant) et la Shékinah ( la Présence immanente) …
Le livre de la Torah parle de YHWH.
Le livre de la Nature parle de la Shékinah (et de ses Elohim, ses puissances).
Le livre de l'Âme parle de l'Eyn-Sof.

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Il est plus qu'énervant de constater que nombre de "penseurs", croyants ou non, s'obstinent à ne voir dans la religiosité qu'une quête de principes pour fonder une "vie sociale harmonieuse".
Bon sang, la spiritualité ne peut se réduire à n'être qu'une éthique humaine ou une idéologie sociale … ces aspects n'en sont que des sous-produits très secondaires … assez évidents et rudimentaires, d'ailleurs.
La spiritualité vise bien moins les relations entre les parties que la relation de chaque partie au Tout.
Le cœur d'une spiritualité authentique est bien plus dans la verticalité que dans l'horizontalité.
Sur les dix Paroles du Sinaï, ce sont les cinq premières qui sont essentielles. Les cinq suivantes sont utiles mais non fondatrices. Autrement dit, l'éthique est une conséquence de la métaphysique, et non l'inverse.

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L'entreprise n'est au service d'aucune de ses parties prenantes ; elle doit être au service de son projet.

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Le 09/11/2017

La funeste voie du laïcisme procède d'une confusion radicale entre spiritualité intérieure et idéologie extérieure, entre mystique personnelle et religion mondaine.
Le problème n'est pas de séparer l'Eglise et l'Etat : ce sont deux idéologies comme les autres.
Le problème est d'interdire à l'Etat de s'immiscer dans les dimensions spirituelles et religieuses, idéologiques et militantes tant que celles-ci ressortissent de la sphère intérieure ou, du moins privée, et ne perturbent en rien la quiétude et la neutralité de l'espace public.
Prenons deux exemples …
D'un côté : une grandiose célébration chrétienne dominicale dans Notre-Dame de Paris sous la forme d'une grande Messe chantée, réservée aux catholiques et à leurs invités, qui se terminent, après le ite missa est, par le retour en paix de chacun chez soi ; cela ressortit pleinement de la sphère privée, ne nuit en rien à quiconque et ne regarde en rien ni l'Etat, ni la Laïcité : il s'agit d'une pure manifestation religieuse communautaire pacifique et sans nuisance extérieure.
De l'autre : une manifestation urbaine de la CGT avec grève des transports en commun, blocages des rues et avenues, au nom de leur idéologie surannée et débile, dans la fureur et la violence militantes, avec dégâts collatéraux, salissures, graffitis, collages intempestifs, bagarres, injures, etc … ; voilà bien un envahissement de l'espace public par une minorité psychotique, aveuglée par ses croyances et superstitions idéologico-religieuses que les lois sur la laïcité vont tolérer alors qu'elle manifeste l'immixtion violente d'une foi religieuse ultra minoritaire en plein cœur neutre de la sphère publique.
L'occupation des rues de la ville par la CGT pendant des heures pour protester contre un dispositif social est laïquement tolérable … Alors que l'occupation des mêmes rues de la ville par des musulmans pour y faire leurs prières sera considéré comme une intolérable atteinte aux valeurs de la laïcité.
Or, ces deux cas sont aussi intolérables l'un que l'autre, et doivent être interdis et punis au nom du simple fait que l'espace public doit être et rester totalement neutre vis-à-vis des croyances privées.
On veut interdire les signes extérieurs d'appartenances religieuses : voile, kippa, burkini, … mais pourquoi pas aussi les soutanes des prêtres traditionnalistes, ou les uniformes monacaux … C'est absurde ! Mais, en revanche, on tolère les drapeaux rouges, les faucilles et marteaux, les tee-shirts "Che-Guevara", les déguisements rastafariens, etc …
On a raison de combattre toutes les résurgences de l'idéologie nazie au nom de la démocratie et des droits de l'homme ; mais alors pourquoi ne mène-t-on pas le même combat contre toutes les résurgences marxistes, communistes, maoïstes, trotskistes, guévaristes et gauchistes qui ont faire mourir dix fois plus d'êtres humains que le nazisme  sur la même période ?
On l'a compris, l'idée de laïcité ne pourra être crédible qui si elle se définit comme la défense de la neutralité de l'espace public contre tous les envahissements, contre toutes les attaques et atteintes au nom de croyances idéologiques et religieuses quelles qu'elles soient.
Mais la laïcité restera risible tant qu'elle se cantonnera, comme elle le fait encore à présent, dans un combat d'arrière-garde contre les religions chrétiennes (surtout catholiques) au nom d'un anticléricalisme suranné, d'un athéisme militant (l'athéisme étant une religion et une idéologie comme les autres), d'un matérialisme débilitant et d'une anti-religion obsessionnelle.

Pour le dire tout autrement : la "laïcité", si l'on veut encore user de ce mot-là, établit la séparation nette entre espace public et espace privé, et vise la protection de l'espace public contre les intrusions de l'espace privé, mais aussi, la protection de l'espace privé contre les envahissements de l'espace public.

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Vieillir, ce n'est pas changer d'âge ; vieillir, c'est accumuler tous les âges précédents. Être âgé, ce n'est pas être vieux ; être vieux, c'est croupir dans un âge inadéquat et révolu ; c'est rester un vieil enfant sans dépasser l'enfance ; c'est rester un vieil adolescent sans dépasser l'adolescence, etc …

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Le 10/11/2017

Il ne faut jamais être au service de personne, mais il faut se mettre au service d'une Œuvre à accomplir.

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Les quatre catégories de Matrix revisitées …
Du côté de Sion : les Passeurs et les Libérés …
Du côté de la Matrice : les Esclaves et les Cerbères …

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Je n'appartiens nullement à cette génération ou de cette race qui veut à tout prix "rencontrer, discuter, partager, échanger, débattre, etc …".
Que l'on soit ou non d'accord avec mes thèses m'indiffère éperdument.
Pardonnez-moi d'être franc.

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Je ne travaille pas pour les humains …

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L'homme n'est pas un animal social ; c'est un animal peureux.

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De Spinoza :

"Ce qu'on ne peut interdire, il faut le permettre (…)."

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Pour croire en la démocratie, il faudrait d'abord croire que la majorité des humains soit capable de comprendre le monde tel qu'il est et de l'assumer tel qu'il va.
Ce prérequis est manifestement faux ! Dont acte !

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La démocratie est une impasse. L'autocratie (la dictature monarchique) et l'idéocratie (la dictature idéologique) sont totalitaires. La technocratie (la dictature technologique ou algorithmique) aussi. L'aristocratie est une piste, mais aléatoire puisque cooptative.
Il ne resterait que la théocratie c'est-à-dire, pratiquement (le Divin restant singulièrement étranger aux affaires humaines), la hiérocratie qui est la gouvernance par les sages, les mystiques et les spirituels qui ont mis leur existence au service du Divin, de la Vie et de l'Esprit, bien au-delà des appétits et des faiblesses humains.

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La liberté s'oppose à la contrainte, mais non à la nécessité.

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Le 11/11/2017

Contre le ludisme ambiant …
Désolé de devoir le confesser, mais je prends le Divin, l'Univers, la Vie et l'Esprit très au sérieux. Je refuse de gaspiller mon temps en futilités, en frivolités, en amusettes. J'ai les "vacances" (dont l'étymologie pointe vers le "vide") en horreur.
Je pense et je crois très profondément que l'existence humaine ne prend sens et valeur qu'au service d'une cause supérieure à l'homme ; que la vie est courte et que chaque seconde doit être intensément et profondément vécue aux fins de lui donner toujours plus de sens et de valeur, aux fins de l'enrichir sans trêve.
Toute perte de temps, tout gaspillage de temps, tout amusement, tout divertissement sont des diversions, des perversions, des "péchés mortels".

Or, comme toujours dans les périodes de totale décadence paradigmatique, le ludique s'impose aujourd'hui dans toutes les dimensions de la vie : "s'amuser" passe avant "construire". La génération Y est ludique par essence.

Un premier exemple … L'utilisation première du numérique est ludique : des jeux vidéos ou autres, des photos et "selfies" (moches et ridicules) sur Instagram, de la musique (populaire) écoutée en boucle pour s'abrutir les neurones, des bavardages stériles et débiles par courriels, sur les forums ou par SMS, du voyeurisme et de l'exhibitionnisme sans intérêt sur Fesse-Bouc ou autre Twitter, …
L'usage proprement téléphonique des téléphones portables pèse moins de 20% de leur utilisation. Tout le reste est du pur ludique. Apple l'a parfaitement compris qui laisse le numérique productif à Microsoft pour se cantonner (avec ses copains GAFA) dans le numérique ludique, stérile mais rémunérateur.

Un second exemple : le ludisme relationnel.
Il est de mode, dans beaucoup de milieux, de succomber aux discours des apprentis-sorciers en "psychologie" et de devoir perdre son temps en jeux relationnels : se parler en confiance, partager, se tenir les mains, dire "je te vois", se confesser publiquement, se caresser physiquement ou mentalement, dialoguer, partager, cultiver cette boue primaire que l'on appelle l'émotionnel (l'émotion est le degré zéro de la sensibilité, l'extase mystique en étant le degré sublime et ultime), etc …
Un ami m'a refilé une belle locution qui exprime parfaitement ce ludisme relationnel qui prévaut aujourd'hui dans toutes les rencontres de groupes et que j'abhorre viscéralement : il parle de "psycho-papouilles" !

Il faut jouer ; le jeu est au centre de tout. La vie est un jeu. Tout est jeu. Et jouer de tout, c'est s'amuser de tout … Il faut s'amuser. "Have fun". Mais "fun" n'est ni "happiness", ni "joyfulness", c'est juste du "pleasure" immédiat, évanescent, superficiel, sans aucune consistance.
Le verbe "amuser" a une étymologie … amusante : "amuser" c'est muser mais pas tout à fait - comme araser, c'est raser, mais pas tout à fait …
Et "muser", c'est errer, vagabonder, vaguer … S'amuser, c'est divaguer …
Chrétien de Troyes en donnait cette définition parfaite : amuser, c'est " repaître de vaines espérances, abuser (dans le sens de tromper)".
S'amuser, c'est se leurrer, se tromper soi-même, s'abuser en se détournant de sa vraie vie, de sa vraie vocation

La critique que je fais du ludisme ambiant amène certains à me faire procès de puritanisme …. Curieux !
Ainsi, dire que l'existence humaine ne prend sens et valeur qu'au service d'une cause supérieure à l'homme, équivaut, pour certains esprits, à un rigorisme moral proche du calvinisme, avec lequel cela se confondrait … Mensonge !
Le puritanisme est bien l'antonyme de l'hédonisme, certes, et j'accepte volontiers que l'on m'en affuble en ce sens, mais, comme toujours, il y a confusion entre hédonisme (qui est l'esclavage aux plaisirs) et eudémonisme (qui est la recherche de la joie).
Si je suis puritain, alors il s'agit d'un puritanisme joyeux, éthique mais amoral, aux antipodes du calvinisme puritain.

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D'Alexandre Devecchio dans le Figaro :

" La montée en puissance d'un antisémitisme arabo-musulman en France sur fond d'antennes paraboliques et d'islamisation des banlieues."

Et c'est bien peu dire  … !

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Les journalistes ne sont pas là pour entendre les réponses, mais bien pour poser LEURS questions.

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Le 11 novembre … Célébration de la fin de la première grande boucherie mondiale.
Je pense à mon grand-père maternel, Guillaume, que je n'ai jamais connu. Sous-officier de cavalerie. Huit chevrons de front. Quelques jours après le 11 novembre 1918, il rencontre Marthe et l'épouse. De leur union naîtront Jacob et Rachel, ma mère.

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Le 12/11/2017

Quelques citations de mon ami Matthieu Ricard, glanées par un autre ami, Luc Simonet, fondateur de la Ligue des Optimistes :

"L'humilité ne consiste pas à se considérer comme inférieur, mais à être affranchi de l'importance de soi."

" Parfois, il avait l'impression de ne faire qu'un avec ce qui l'entourait - l'herbe humide, les branches agitées par le vent, les falaises multicolores, les insectes qui courent sur la terre brune, les martinets qui fendent le ciel avec des cris perçants. Il se fondait alors dans le monde et l'embrassait tout en le respirant."

"Souviens-toi qu'il existe deux types de fous: ceux qui ne savent pas qu'ils vont mourir, ceux qui oublient qu'ils sont en vie."

"C'est dans la simplicité que l'on trouve la sérénité intérieure."

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Mon ancêtre Rabbi Yéhoudah Halévy  (1079-1141), né à Tudèle et médecin à Tolède, ami fidèle d'Abraham ibn Ezra (un poète, astrologue et mystique), et mort à Jérusalem.
Il fut savant, philosophe, poète et mystique. Sur tous ces points, je suis son héritier.
En précurseur du sionisme moderne, Yéhoudah ha-Lévy rêvait des noces de Sion (la terre) et d'Israël (le peuple) au fil de poèmes rassemblés dans "Les Sionides".
Son livre phare, "Le Kuzari", portait le titre initial de : "Livre de l'argumentation pour la défense de la religion méprisée" et relate une "dispute" entre aristotélisme, christianisme, islamisme et judaïsme devant le roi des Khazars aux fins de choisir le meilleure religion pour son peuple. Le judaïsme triompha et - fait authentique - le peuple des Khazars (établi au 7ème siècle en Ciscaucasie, le long de la mer Caspienne) se convertit collectivement.
Voici les doctrines exposées :
    Par l'aristotélicien : Dieu est l'immuable perfection et la raison seule en permet la connaissance …
    Par le chrétien : Dieu est éternel et créateur, sujet aux mêmes sentiments que les hommes, incarné en tant que Messie dans le corps de Jésus pour sublimer la Loi des Juifs …
    Par le musulman : Dieu est un et éternel, pure abstraction n'ayant rien de commun avec sa création, et le Coran est sa parole miraculeuse, universelle, parfaite, immuable et définitive …
    Par le rabbin juif : Dieu est impersonnel, moteur ultime de l'histoire des mondes et des hommes, et la Maison d'Israël le nomme YHWH  …

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Libérer la pensée consiste à passer de "participer de la pensée cosmique" (intellect passif) à "participer à la pensée cosmique" (intellect actif).

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Exode : 20;2 …

"Moi-même [je suis] YHWH de tes dieux qui t'ai fait sortir
du domaine  des bornés , de la maison des esclaves (…)".

YHWH est le dieu de la Maison d'Israël qui se définit lui-même comme "libérateur" à la fois de toutes les limites et de tous les esclavages.

Le Judaïsme est une ascèse de la libération par la pureté (cfr. 07/11).

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Le problème n'est pas d'atteindre la liberté, mais bien de se libérer en sortant de tous les esclavages.
Passer des servitudes au service … c'est-à-dire au culte, à la dévotion, à la piété.

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Le système éducatif américain éduque (sociabilise), mais n'enseigne ni n'instruit. On n'y apprend pas à penser mais seulement à appliquer.

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Dans le Kuzari, Yéhoudah ha-Lévy définit le Prophète comme celui qui possède la "vision intérieure" et la "vue spirituelle" par les yeux de l'âme, qui voit le Réel par-delà les phénomènes et qui "voit tous les hommes comme des aveugles qu'il guide en leur indiquant le chemin". Mais en réalité, les hommes aveugles n'écoutent pas les Prophètes et préfèrent leur cécité à la réalité.
Le voie des Prophètes est la voie anagogique qui va bien au-delà de la voie logique des philosophes et de la voie analogique des hiérophantes .
Il dit encore que si le monde est un organisme vivant, alors "Dieu serait le souffle du monde, son âme, son intellect et sa vie. (…) L'ordre du monde s'épand de Dieu." … Profession de foi panenthéiste !

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D'Elisabeth Lévy :

" (…) la puissance de la religion victimaire qui est en train de s'imposer. Il suffit que quelqu'un se déclare victime pour que l'esprit critique soit interdit."

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Le 14/11/2017

La question n'est pas de savoir si vous êtes libre ; la question est de savoir si vous êtes libérable.

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Liberté et sécurité sont inconciliables.
Qui veut la sécurité aliène sa liberté.

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Je réclame l'inaliénable droit à l'insolidarité radicale avec le genre humain.

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Aujourd'hui, publication du manifeste signé par 15.364 scientifiques dont beaucoup de prix Nobel et intitulé : "World Scientists’ Warning to Humanity" …

L'écologie est introuvable chez ceux qui n'ont toujours pas compris que, du point de vue des ressources, nous sommes dans une logique de pénurie accélérée.
Mais il y a plus grave que la bêtise ignorante : il y a l'idéologie (qui est de l'imbécillité maladive).
Le pire anti-écologisme est à gauche, chez ces socialistes de tous bords et de toutes tendances qui continuent à défendre l'humanisme et à mettre l'homme (et ses caprices débiles et infantiles) au centre du dispositif.
Tant que l'homme ne comprendra pas qu'il doit être au service de la Nature, de la Vie et de l'Esprit, et qu'il n'est maître de rien, ni détenteur de quelque droit que ce soit (il n'y a pas de "droits de l'homme", il n'y a que des "devoirs de l'homme"), l'homme doit être regardé et traité comme ennemi !

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La dignité humaine commence par le refus de croire l'homme au-dessus de quoique ce soit.
La dignité humaine consiste à placer l'homme à sa juste minuscule place dans ce vaste processus cosmique qui engendre la Vie et l'Esprit.
Le dignité humaine s'affirme en mettant l'homme au service de la Vie et de l'Esprit cosmiques.
Tous ceux qui ne partagent pas ces trois moments conjointement, ne sont pas dignes d'être considérés comme humains ; ce sont des parasites !

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A propos de Tesla et de cet imposteur escroc d'Elon Musk …
Aout 2016 : le titre a gagné 760 % en cinq ans... alors que la société n'a jamais dégagé le moindre dollar de bénéfice depuis sa création.
Nov. 2017 : Tesla enregistre des pertes abyssales, son titre s’effondre en bourse
Elon Musk, aujourd'hui multimilliardaire et entrepreneur à succès aux frais du contribuable (capitaliste de connivence) profite de subventions et d’argent publics pour développer des idées qui n’apporteront probablement aucun bénéfice au contribuable.
Le niveau totalement délirant de valorisation de ces entreprises, qui perdent des sommes extravagantes des années après leur lancement semble un signe d’exubérance caractérisé des marchés financiers. Et tout le monde sait comment se terminent en général ces coups de folie des marchés, à défaut de savoir quand cela pourrait avoir lieu.

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De Dmitri Orlov à propos du bide de son dernier livre /

" La leçon est : ne tentez pas de retirer leurs jouets aux gens ou de leur faire ressentir qu’il est mauvais de vouloir jouer avec eux "

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Le 15/11/2017

La dialectique actuelle entre le niveau "macro" et global, et le niveau "micro" et local, est cruciale. Dans une progression bottom-up, telle que celle qui prévaut à l'heure actuelle, il faut toujours se rappeler que le global est la résultante des évolutions locales.
Tous les territoires ou régions non métropolitains sont mieux placés que les dinosaures atteint de gigantisme pour :
•    S'inscrire dans une logique continentale d'autonomie régionale et maîtriser les fonctionnements en réseaux collaboratifs ;
•    Développer un néo-artisanat basé sur la virtuosité et les patrimoines immatériels afin de sortir de la logique financiaro-industrielle de l'économie de masse et de prix ;
•    Instruire un art de vivre et une éthique frugaux à l'opposé du cynisme, de l'individualisme et du matérialiste modernistes ;
•    Comprendre que l'algorithmie (et non les gadgets californiens) sera (est déjà) le moteur de la révolution numérique et s'y inscrire ;
•    Dépasser l'humanisme en mettant l'homme au service de la Vie et de l'Esprit dans un renouveau spirituel laïc.

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La libération par la pureté.

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Est beau ce qui est à la fois utile, simple et efficient.
Le reste n'est que joli.
Esthétique de l'utilité, de la simplicité et de l'efficience.
Esthétique zen …

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Le 16/11/2017

S'Antoine de Saint-Exupéry :

"Seule compte la démarche, c'est elle qui dure et non le but."

Et aussi :

"L'homme ne construit qu'à l'intérieur."

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Le 18/11/2017

Sénèque est un philosophe trop peu (re)lu de nos jours car son stoïcisme puritain est à l'opposé de ce piètre ludisme/hédonisme nombriliste qui englue nos sociétés.

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Tout le discours physicien classique se base sur l'hypothèse implicite que ce qui existe est le fruit d'un assemblage mécanique, ce qui est faux. Une émergence n'est jamais réductible à un assemblage ; ce ne sont pas les parties qui forment le Tout, mais bien le Tout qui forge ses formes que nous prenons pour des parties. Un atome n'est pas un assemblage de protons, neutrons et électrons : l'atome est une ensemble unitaire et unique, sans parties distinctes, qui forme un tout organisé, mais où aucune "partie" n'est distinguable. Ce n'est que lorsqu'on fait exploser cet atome que les débris provoqués se reforment très rapidement pour redonner les "éléments" de niveau inférieur que nous reconnaissons, a posteriori, comme semblables à ceux qui, en fusionnant, donnèrent l'atome en question avant son explosion.

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Puritanisme n'est pas pudibonderie. Le puritanisme est l'exact opposé philosophique de l'hédonisme et prétend - comme je le fais - que l'existence humaine ne prend sens et valeur qu'au service d'un principe qui la dépasse infiniment.

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Le 19/11/2017

Dans la Torah (Deut.:33;1), seul Moïse est appelé - une seule fois - 'Ish ha-Elohim : "homme des dieux". Il est 'Ish, c'est-à-dire non pas un "humain" au sens générique ('Adam), mais une personne singulière ('Ish), une individualité unique.
Et cette personne singulière est intégralement dédiée aux dieux, c'est-à-dire au Divin ('Eyn-Sof) dans toutes ses manifestations et puissances ('Elohim).
Ailleurs dans le Bible, le prophète Elie (1 Rois 17-19) sera également nommé ainsi. Son nom hébreu, théophore en plein, est El-Yah-hou : "Dieu est Yah  lui-même" …
Être un "homme des dieux", c'est être plus qu'un Prophète et bien plus qu'un hiérophante (ce qu'est la tribu de Lévy à laquelle Moïse et son frère Aaron appartiennent).
L'homme du Divin n'est plus humain ; il a atteint la cosmicité, l'absoluité, l'unité pure du Un-sans-partie : il voudrait ne plus rien avoir à faire avec les humains, ne plus devoir leur parler (il a "la langue lourde"), n'avoir plus aucune mission à leur égard. C'est ainsi que Moïse se présente, face au buisson ardent, dans sa tentative désespérée de refus de la mission qui lui est confiée : libérer le peuple élu de l'esclavage et le mener sur la Terre de la Promesse (cfr. le terrible troisième chapitre du livre de l'Exode).
On retrouve là la différence que fait le bouddhisme mahayana entre un bouddha (l'éveillé absolu qui a quitté l'humanité) et un bodhisattva (l'éveillé individuel qui retourne vers l'humanité afin d'y promouvoir l'éveil collectif).
En ce sens, tout Prophète est un bodhisattva, dont la mission est d'éveiller le peuple élu afin qu'il remplisse, face aux Nations, son devoir de célébration du Divin et de sacralisation de la Vie et de l'Esprit.
En amont de tout prophétisme, il y a les "hommes du Divin", les initiés accomplis ; ceux qu'en hébreu, sans doute, on pourrait ou devrait appeler les Qadoshim, les Saints. La racine QDSh renvoie toujours à la sainteté et au sacré. Le Qidoush est le rituel de sanctification et de sacralisation, notamment celles du Shabbat, par la Lumière, le Vin et le Pain au Sel.
Moïse est un Saint que le Divin (YHWH) oblige à jouer au Prophète secondé par un Hiérophante (Aaron) auprès du Roi (Pharaon). Ainsi sont mises en place et en scène les cinq fonctions spirituelles  : la Divinité, la Sainteté, la Prophétie, la Hiérophanie et la Royauté. Les quatre dernières doivent être au service de la première qui leur donne sens et valeur. Et ces quatre fonctions au service du Divin se différencient clairement les unes des autres : la Sainteté est l'aboutissement final de toute démarche spirituelle et initiatique (Moïse meurt à l'humanité, au haut du mont Nébo, sa tâche accomplie, enlevé de parmi les hommes dans un "baiser divin"), la Prophétie est la capacité à entendre le Divin et à en traduire la Parole pour les hommes initiés ; la Hiérophanie est le travail de sacralisation et de célébration qui vise à mettre les humains au contact du Divin au travers des rites et des sacrifices (ce qui rend sacré) ; et la Royauté est le pouvoir théocratique d'instaurer une éthique spirituelle en terme d'une Loi de l'Esprit qui puisse élever la vie profane vers le Divin.
Autrement dit : l'Accomplissement, la Parole, le Rite et la Loi au service du Divin.
Dès lors qu'une de ces fonction spirituelle dérape et sort du service divin, elle devient dangereuse pour les hommes car la tyrannie n'est alors plus très loin sous forme extatique, idéologique, religieuse ou politique.

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Le 20/11/2017

Ruptures et gouvernance …
1.    Rupture écologique : le passage d'une logique d'abondance en ressources à une logique de pénurie en ressources impose une globalisation des problématiques (raretés, migrations, guerres d'appropriation, pollutions, pandémies, épizooties, dérèglement climatique, …). Cela implique une GOUVERNANCE globale dans les deux sens de "gouvernance mondiale" des problèmes et de "gouvernance intégrée ou systémique" au sein de chaque organisation.
2.    Rupture technologique : le passage des technologies mécaniques aux technologies numériques et algorithmiques. La puissance algorithmique des logiciels humains associée à la puissance de calcul des ordinateurs induit une capacité à optimiser les décisions, donc la GOUVERNANCE, sans plus devoir passer par les archaïsmes démocratiques qui, partout, ont débouché sur des pratiques démagogiques de la plus vile médiocrité.
3.    Rupture organique : le passage des organisations pyramidales aux organisations en réseau collaboratif est dû au fait de l'incroyable complexification du monde (nombre d'acteurs et densité et vitesse des interactions entre eux) ; il implique des GOUVERNANCES basées non plus sur la subordination verticale, mais bien sur la subsidiarité et la solidarité horizontale, dans le cadre d'une fédération des énergies et de petites entités autonomes, au sein d'un projet collectif noble.
4.    Rupture économique : le passage du modèle financiaro-industriel basé sur la taille (masse) et le prix (bas) à des modèles basés sur le néo-artisanat, sur la haute valeur d'usage des produits et des services, et sur la prééminence des ressources immatérielles, implique des GOUVERNANCES non plus par la force du pouvoir qui se détient, mais par la virtuosité de l'autorité qui se reconnait.
5.    Rupture éthique : les temps où l'homme était au seul service de l'homme s'achèvent dans le saccage intégral de la planète aux seules fins de satisfaire ses caprices puérils. L'humanisme doit être dépassé. L'homme doit comprendre qu'il n'a de sens et de valeur qu'au service de ce qui le dépasse infiniment. La GOUVERNANCE, ainsi, doit mettre les hommes au service de la Vie et de l'Esprit par-delà cet "humain, trop humain".

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De Jean-François Mattei, ex-président de la Croix-Rouge, ex-ministre de la santé :

" C'est la fragilité et la faiblesse qui créent le lien social. Dans une société où il n'y a que des forts, il n'y a pas de solidarité, et donc pas d'humanité."

Rarement, j'ai lu une telle ânerie idéologique : les forts seraient forcément méchants et égotiques, et les faibles seraient forcément gentils et altruistes. Foutaise !

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Tous les humains ne sont pas égaux. Tous les humains sont différents. Et ce sont ces différences qu'il faut affirmer et cultiver contre l'uniformisation égalitariste.

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La circoncision parachève, ôte une imperfection : elle libère.
La circoncision symbolise la libération.
Celle du prépuce figure la libération de l'élan de Vie.
Celle des lèvres, la libération de la Parole.
Celle du cœur, la libération de la Foi.

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Relevé par mon ami François Introvigne …

"Un peu d’étymologie...
La réforme de l’orthographe imposée prévoit de simplifier la langue française.
Ainsi, le 'ph' de 'pharmacie' sera remplacé par un 'f' pour donner 'farmacie' ; 'orthographe' s’écrira 'ortografe' et 'analphabète' deviendra 'analfabète'.
Or, chaque mot prend son sens dans ses racines : ainsi, le mot 'analphabète' est issu des deux premières lettres de l’alphabet Grec, 'alpha' et 'beta' précédées du préfixe 'a' privatif qui lui donnent son sens originel, à savoir :
'qui ne connaît pas les lettres', donc qui ne sait ni lire, ni écrire.
Si désormais on écrit 'analfabète', c’est totalement différent, et il faut revoir l’étymologie du mot ; et par conséquent, son sens.
Car 'analfabète' est issu de :
- 'anal' : qui a rapport à l’anus,
- 'fa' : la quatrième note de la gamme,
- 'bète' : personne un peu sotte.
Un 'analfabète' est donc un con qui fait de la musique avec son trou de balle !
A ne pas confondre avec 'les trous du c...' qui pondent 'des réformes débiles ' !
Ai-je bien résumé le problème ?"

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Rien n'est infini. Tout est continu. Tout est fractal.

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Le 21/11/2017

La démocratie au suffrage universel est la tyrannie des plus nombreux donc, statistiquement, des plus crétins puisque toute société humaine est malheureusement composée de 85% de gens ignares, acéphales et fonctionnant exclusivement au panem et circenses (McDo et Foot pour parler "actuel"). De plus, depuis la fin du 19ème siècle, la démocratie en Europe, en devenant, au fil des décennies, une démocratie au suffrage universel, s'est concomitamment muée en démagogie généralisée portée par un effroyable cocktail de cynisme, d'arrivisme, de court-termisme, de carriérisme et de césarisme.
Derrière la notion de citoyenneté que l'on évoque comme une idole antique, se cache une insidieuse idéologie gauchisante totalement obsolète. Regardons bien l'évolution politique des pays d'Europe (et d'ailleurs), le socialisme et le gauchisme ont été évacués - fort heureusement - à peu près partout.
On a fini par comprendre que le socialisme communiste de Lénine et Staline, le socialisme populaire de Mao ou Pol-Pot, le socialisme national d'Hitler, le socialisme fasciste de Mussolini, le socialisme césariste de Mitterrand et le socialisme écolo de Cécile Duflot ne sont, en fait, que des resucées plus ou moins dévastatrices de la même idéologie délétère, d'une même aspiration au totalitarisme plus ou moins insidieux. Il est temps que l'on comprenne que l'égalitarisme est une calamité : tous les humains ne sont pas égaux ; tous les humains sont différents ; et ce sont ces différences qu'il faut affirmer et cultiver contre l'uniformisation égalitariste.
Certains osent revendiquer des "outils démocratiques plus contraignants" … Ne trouve-t-on pas que nos systèmes politiques sont déjà assez dictatoriaux comme ça ?
Certains veulent un pouvoir politique plus conforme à leurs "idéaux" (du 18ème siècle) mais peuvent-ils entendre que ces "idéaux" sont calamiteux, ont été la source de tous les drames du 20ème siècle et n'intéressent plus personne ?
Le problème n'est pas de transformer le pouvoir politique, mais de le réduire à la portion congrue, de dépolitiser enfin nos sociétés et nos modes de vie, de combattre l'Etat national sous toutes ses formes, pour rendre leur autonomie aux vraies communautés de vie, fédérées à l'échelle continentale.
Le défi majeur du 21ème siècle est de développer l'autonomie et la responsabilité individuelles, et de cesser tous les assistanats.

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Comme tous les 550 ans en moyenne, nous vivons une bifurcation historique c'est-à-dire un changement de paradigme. Comme à la Renaissance. Aujourd'hui, ce n'est pas la féodalité qui s'éteint, mais bien la modernité ; celle de Descartes et Galilée, celle des "Lumières", celle des idéologies sociales. Cinq ruptures irréversibles remodèlent le monde : la pénurie généralisée en ressources, la montée du numérique, les organisations en réseau, la chute de l'économie financiaro-industrielle et la fin de cet humanisme où l'homme se prenait pour la mesure de toute chose.

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La Modernité est le contraire de la Traditionnalité ; elle cherche la rupture, la plus totale possible, avec la Tradition c'est-à-dire avec les hérédités et les héritages.

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L'ignorance n'est jamais une excuse.

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Il nous faut beaucoup moins de démocratie et plus du tout de suffrage universel. Il faut que cesse la dictature démagogique de cette majorité de crétins qui ne comprend rien aux problèmes réels, qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez et qui ne connaît que son intérêt matériel immédiat.
S'il faut une République (une res publica) que ce soit une République aristocratique (au sens étymologique) gouvernée par des Sages cooptés, jugés non par l'opinion, mais sur leurs résultats concrets par rapport à un contrat de gouvernance.

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La Modernité a voulu "émanciper" l'homme de toutes ses Traditions sociales, culturelles, économiques, religieuses, … Son rêve a été, depuis le départ, de fabriquer un "homme nouveau", désaliéné et libéré, sans racines ni traditions, un homme "hors-sol", maître de sa vie et de la Nature.
L'idée, en soi, n'est pas mauvaise, d'un point de vue strictement théorique. Mais elle ne tient pas compte d'un fait d'expérience : les humains, très majoritairement, ne veulent surtout pas être libres, autonomes, responsables, entrepreneurs et inventeurs de leur existence. Ils en sont, d'ailleurs, pour la plupart, totalement incapables.
La "servitude volontaire" est leur plus profonde aspiration. Ce n'est pas la liberté qu'ils veulent, mais la sécurité.
De ce fait, pendant plus de cinq siècles, la Modernité, au nom de sa chère "émancipation", n'a eu de cesse, dans ses combats contre les Traditions, de devoir inventé de nouvelles sécurisations pour remplacer les anciennes qu'elle faisait voler en éclats. Elle n'a donc réussi qu'à remplacer les tyrannies traditionnelles par des tyrannies modernes … au nom de la liberté.
Elle a remplacé, par exemple, les traditions religieuses par des idéologies tout aussi religieuses, même si le Divin en a été évacué. Elle a remplacé le servage par le salariat, ce qui revient strictement au même. Elle a remplacé les nobles par des démagogues. Etc …
Maintenant, la Modernité s'effondre du fait de ses propres inextricables contradictions et il est essentiel d'acter la grande leçon que l'échec total du christianisme et de son succédané laïque, le socialisme, a donnée au monde …
Les humains ne veulent qu'une seule liberté : celle de choisir leur sécurité.
Ils ne veulent pas se libérer ; ils veulent se sécuriser.
L'homme est un animal sécuritaire et non pas un animal libertaire !

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Notre époque est saturée de mensonges idéologiques … ce sont eux que l'on nomme "la bien-pensance".
Quatorze exemples :
    La démocratie est le meilleur système politique.
    Les hommes sont égaux.
    Les races, les ethnies et les cultures sont égales.
    Les hommes aspirent à la liberté.
    La religiosité et la spiritualité sont obsolètes.
    La dignité humaine est absolue.
    Le Divin est une idée dépassée.
    La technologie vise le progrès.
    L'Etat et le Marché sont les meilleurs régulateurs.
    L'argent rend heureux.
    La science est objective.
    Le but de l'existence est le plaisir.
    L'homme a des droits irréfragables.
    L'homme est la mesure de toute chose.
    Etc …

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Le 22/11/2017

La pluridisciplinarité est indispensable dès lors que l'on aborde l'étude d'un système complexe car chaque discipline possède ses propres grilles de lecture et "voit" des structures ou des interactions que les autres ne "voient" pas nécessairement.
De plus, la philosophie, outre sa propre vision du système concerné, permet aussi de jeter un regard critique sur le travail des autres disciplines à l'œuvre et de leur proposer une discussion épistémologique sur la valeur et la qualité de leurs méthodes, de leurs langages, de leurs logiques, etc …
Les choses vont en sciences comme en arts ; mettez un peintre, un sculpteur et un  musicien au milieu d'une forêt, il est évident qu'ils ne "verront" pas les mêmes choses, que leurs sensibilités seront attirées par des éléments ou des événements très différents malgré que la forêt où ils sont, soit un seul et même système vivant.
Si, maintenant, vous adjoignez à nos artistes un botaniste, un biologiste, une physicien des systèmes et un philosophe, vous enrichissez d'autant les regards portés et les perceptions complémentaires qui en seront retirées.

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Nous vivons au cœur d'une "guerre des paradigmes". La Modernité s'achève et, avec elle, s'étiolent l'humanisme du 16ème siècle, le rationalisme du 17ème, le criticisme du 18ème (et, avec lui, les "idéaux" des "Lumières"), le scientisme du 19ème et le nihilisme du 20ème. Ces différentes composantes de la Modernité, quelque remarquable qu'elles puissent avoir été, sont aujourd'hui à bout de souffle et incapables de rencontrer l'incroyable montée en complexité de notre monde. Nous ne sommes plus dans un monde de juxtaposition quasi mécanique des individus, des communautés, des entreprises, des nations, … qui trouvaient leur "juste place" au sein de pyramides hiérarchiques rigides et codifiées. Le monde d'aujourd'hui est intriqué, organique, réticulaire où l'immatériel triomphe du matériel et en rompt à la fois les pesanteurs et les fixités. Nous sommes dans une "société fluide" où tout interagit avec tout, tout le temps et partout.
Notre monde passe d'un paradigme mécanique à un paradigme organique, c'est-à-dire complexe, effervescent, instable et mouvant.

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Pour moi, il existe deux manières de concevoir le travail : soit comme moyen au service de l'argent, soit comme moyen au service d'une œuvre.
Pour la plupart de nos contemporains - et ce depuis le début de l'ère industrielle -, le travail est un moyen de gagner l'argent qui leur est nécessaire pour vivre leur "vraie vie" en dehors de leur travail. Mais si vous regardez de près ce qu'est cette "vraie vie", vous observerez qu'elle est d'un vide et d'une médiocrité effarants, panem et circenses, MacDo et foot, télévision et "amusements festifs" aussi futiles que frivoles, aussi vulgaires que primaires.
Je préfère donc voir le travail comme étant l'ensemble de toutes les activités que l'on met au service d'une œuvre, que celle-ci soit collective ou personnelle. L'une ne rejetant pas l'autre ; que du contraire. L'activité mise au service d'une œuvre collective est aussi un moyen de réaliser une œuvre personnelle par l'accomplissement de soi qu'elle permet.
Je crois que chaque humain a un destin personnel, c'est-à-dire une vocation intime et profonde. La plupart des gens passent à côté de leur vocation et perdent leur vie à la "gagner" afin de fuir leur échec intime et de se noyer dans des illusions, des divertissements ou des ivresses divers.
En revanche, si l'éducation, l'instruction et l'étude jouent leur rôle de révélateur (au sens photographique) de la vocation de chacun et inculquent les moyens intellectuels et spirituels nécessaires à sa réalisation, alors il devient possible pour chacun de trouver sa voie d'accomplissement et, ce faisant, de cultiver une permanente "joie de vivre", ainsi que le montra Spinoza.

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Contrairement à ce que prétend la vulgate humaniste, la plupart des humains préfèrent, et de loin, la sécurité à la liberté. Etienne de la Boétie, ami de Montaigne, parlait de "servitude volontaire". Les humains préfèrent un esclavage plus ou moins doré, à l'autonomie de soi, à la responsabilité de soi et à l'assomption de soi. Relisez l'incomparable fable de Jean de la Fontaine intitulée "Le chien et le loup". Il est bien plus facile et déresponsabilisant de suivre un "dirigeant" que de penser par soi-même, de décider par soi-même et d'assumer pour soi-même. L'homme est un animal paresseux qui cultive la loi du moindre effort. Il est bien plus facile d'être salarié d'un autre, que de devenir entrepreneur et de créer sa propre activité.
Le peuple ne réclame jamais la liberté ; il réclame seulement, et toujours, du pain et des jeux. Ce sont des démagogues qui prétendent et font croire que le peuple demande la liberté, car cette voie leur permet d'atteindre leur seul but : détenir le pouvoir sur ce peuple esclave qui croit en leurs mensonges de liberté et en leurs promesses de sécurité pour tous.

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De Gaston Bachelard :

"Si tout ce qui change lentement s'explique par la vie,
tout ce qui change vite s'explique par le feu."

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De Pierre Dac :

"Idiot cherche village".

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Le 23/11/2017

De Catherine Kintzler (philosophe socialisante) :

"Qu'est-ce que l'inégalité ? C'est une dissymétrie susceptible de produire une dépendance pour celui qui en est la victime."

Le définition est subtile et échappe - enfin - aux simplismes des sempiternelles niaiseries égalitaires et égalitaristes. C'est le mot "dépendance" qui est central : l'inégalité vraie engendre une dépendance du disons "faible" (celui qui a besoin d'un autre pour faire ce qu'il doit faire ou ce qu'il désire faire) vis-à-vis du "fort" (celui qui n'a besoin de personne pour son action ou son projet).
Mais l'inopportun mot "victime" (socialisme de l'auteur oblige) affaiblit et ternit la subtilité de la définition car il sous-entend que la dépendance dont il s'agit, serait le fait du "fort", ce qui est bien rarement le cas. Dans la plupart des cas, la faiblesse trouve sa cause profonde chez le "faible" lui-même, dans sa génétique, dans sa débilité de caractère, dans la médiocrité de ses talents, dans sa paresse, dans son imbécillité, dans son ignorance, etc. …
Il faut donc impérativement distinguer les dépendances et inégalités intrinsèques (liées à la réalité du "faible" lui-même - de loin les plus fréquentes) et les dépendances et inégalités extrinsèques (liées à l'oppression d'un fort).
Tout le problème de l'inégalité alors vient du fait qu'un "faible" refuse toujours de reconnaître que sa faiblesse est intrinsèque et qu'elle est constitutive de son être sans que quiconque d'autre ne puisse en être tenu responsable ; un "faible" pense toujours que sa faiblesse vient du fait qu'il est "victime" de la force d'un autre : l'oppresseur. Il dévoie alors son énergie et, plutôt, que de la consacrer à se renforcer lui-même, il s'éreinte, par le ressentiment, l'envie, la contestation ou la coalition avec d'autres "faibles", à combattre ce supposé "oppresseur" qui, par essence, s'il est réellement "fort" - et non un bouc émissaire désigné -, se fiche comme d'une guigne de la faiblesse du "faible".
Et puisque la "force" revient à n'avoir besoin de personne pour faire ce que l'on doit faire ou ce que l'on désire faire, il y a diverses manières de devenir "fort", notamment en n'ayant ni devoir, ni désir.
Deux formes de "force" apparaissent donc : la "force" par le vide intérieur (ni devoir, ni désir) et la "force" par la puissance intérieure (développer ses talents et ses virtuosités personnelles pour les mettre au service d'un principe supérieur).
Alors surgit un troisième larron : le "démagogue" qui est un faux "fort" et qui, au nom de la lutte collective contre des "oppresseurs" imaginaires, s'appuie sur les ressentiments des "faibles", pour se doter d'un pouvoir qui lui donne l'illusion de la force, mais qui ignore que le besoin de pouvoir est une terrible faiblesse.
Ainsi se met en place une typologie utile en sept profils :
    Les aristocrates : les vrais forts au service d'un principe supérieur,
    Les libertaires : les vrais forts par le vide, sans devoir ni désir.
    Les oppresseurs : les vrais forts qui exploitent la faiblesse des faibles.
    Les démagogues : les faux forts coalisants, avides de pouvoir.
    Les vindicatifs : les vrais faibles hargneux, rongés de ressentiment.
    Les parasites : les vrais faibles qui font commerce de leurs faiblesses.
    Les résignés : les vrais faibles qui se savent esclaves de leur faiblesse.
J'ai la faiblesse de croire que cette typologie possède une vraie force pratique pour comprendre et piloter nos relations aux "autres".

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De Gaston Bachelard :

"C'est dans la joie et non dans la peine que l'homme a trouvé son esprit."

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Le 28/11/2018

L e pouvoir se reçoit ou se prend ; l'autorité se mérite.

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Dans la Nature, selon la physique classique, tout se conserve quantitativement (1er principe de la thermodynamique) et tout se dégrade qualitativement (2ndprincipe de la thermodynamique).
Ces deux principes sont contradictoires et faux.
Dans le Réel, tout se construit par émergence afin de s'accomplir selon une économie du moindre encombrement et de la moindre tension.

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Parodie de Rabelais …
Technologie sans intelligence n'est que ruine de tout !

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L'éthique (les règles) et la gouvernance (la méthode) n'ont de sens et de valeur que par rapport à une téléologie bien claire. C'est l'intention, la "cause", l'œuvre et le projet qui déterminent ce qui est bien ou mal, efficace ou inutile.

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Les trois dimensions éthiques que chacun devrait explorer sérieusement :

    Ce que je veux et ce que je ne veux pas,
    Ce que je peux et ce que je ne peux pas,
    Ce que je fais et ce que je ne fais pas.

Il est vrai que chacun de ces dipôles induit, en son centre, une zone d'ombre, une zone d'ambiguïté ou d'ambivalence, une zone grise d'incertitude ou d'hésitation ; mais ces zones ne peuvent pas devenir des prétextes à laxisme ou à paresse.

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De Michel Barat :

"Il nous faut renoncer à être raisonnable pour se bâtir comme être de raison".

La raison (la raison d'exister, la raison de s'accomplir, la raison d'agir) n'est pas raisonnable dans les deux sens. Elle n'est pas raisonnable au sens où elle est audacieuse, rebelle, aventurière, … et au sens où elle ne peut pas être raisonnée, c'est-à-dire réduite à elle-même ou déduite d'elle-même, et où elle suppose, implicitement, un principe qui la dépasse.

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Tout ce qui existe ne prend sens et valeur qu'au service de quelque chose qui le dépasse.

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Le 30/11/2017

C'est une profonde erreur que de confondre l'éthique, le moral et le légal.
Je plaide pour une éthique amorale et a-légale.

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Dès que l'on monte en complexité, le nombre des paramètres à prendre en compte augment exponentiellement. Certes. Mais ce n'est pas tout : ces paramètres cessent de s'additionner linéairement pour donner une somme ou une moyenne, mais ils se multiplient les uns les autres pour donner un volume où il suffit qu'une seule dimension s'annule pour que le tout s'annule.

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Le problème n'est plus de produire autrement ; le problème est de consommer moins.

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Tant que la cote d'un pays ou d'une entreprise sera mesurée à l'aune quantitative, respectivement, de son PIB ou de son chiffre d'affaire, il n'y aura aucune chance que triomphe la logique de décroissance et de frugalité.

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Les rapports entre éthique et idéologie sont insidieux. Depuis longtemps, certains voudraient établir une éthique universelle sur base idéologique - par essence idéaliste. Ce fut le cas pour cette lamentable "déclaration universelle des droits de l'homme" qui n'est que l'apologie paroxystique de l'individualisme, de l'égotisme, du nombrilisme et du narcissisme.
Dès que l'idéologie s'approche de l'éthique, celle-ci devient réglementaire, normative et totalitaire.

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Le rôle unique du dirigeant est d'être le garant et le gardien de la raison d'être collective. Tout le reste n'est que technique et doit être délégué à ceux qui font autorité en la matière.

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L'Esprit est un processus complexe qui se construit, tout au long de la vie ; il est un processus qui s'accomplit en interdépendance permanente avec tout ce qui n'est pas lui : le corps qu'il habite intégralement (le cerveau n'est qu'une plateforme logistique de l'Esprit qui, lui, est consubstantiel à l'intégralité du corps) et le monde qui le fait émerger.
L'Esprit conjugue cinq dimensions qui se nourrissent réciproquement, sans hiérarchie ni séparation entre elles. L'Esprit est un processus organique intégré, unique et unitaire, qui se présente et se manifeste sous cinq aspects différents, mais qui n'a aucune composante. Il est un Tout indissociable.

Ces cinq fonctions de l'Esprit sont la Mémoire, la Volonté, la Sensibilité, l'Intelligence et la Conscience (pour tous les détails, voir mon : "Les autres dimensions de l'Esprit" à paraître chez OXUS au début de 2018). Regardons-les et spécifions-les dans l'ordre.

La Mémoire : comme tout processus complexe, l'Esprit se construit par accumulation ; tout le vécu s'empile dans la Mémoire qui, contrairement à ce que l'on raconte, ne siège pas que dans le cerveau ; celui-ci ne gère que la mémoire instantanée, superficielle, immédiate. Chaque cellule du corps possède aussi sa propre mémoire instantanée. Mais le "gros" de la Mémoire est tout ailleurs, dans les couches du temps accumulé qui, comme le bois de l'arbre sous le cambium, demeurent, à jamais, "sous" la fine couche de l'instant actif, dans les profondeurs inactives du passé universel. De là nos expressions : se "souvenir" (faire venir du dessous) ou se rappeler (appeler à nouveau à soi, réactiver). Dans cette Mémoire, tout se désactive naturellement et peut parfois se désactiver volontairement (c'est cela que l'on nomme l'oubli), mais rien ne s'efface jamais.

La Volonté : un processus qui n'est que ce qu'il est déjà devenu, s'arrête et meurt. Pour que l'Esprit puisse continuer sa quête d'accomplissement, il faut que face à ce qu'il est déjà devenu, se place ce qu'il pourrait encore devenir. Et pour que le pont s'établisse entre ces deux pôles, l'un réel et l'autre potentiel, il faut qu'existe une Volonté d'advenir à soi, un désir de devenir soi. Cette Volonté, souvent impalpable, inconsciente et implicite, fut appelée, par Nietzsche, la Volonté de Puissance ou, par Bergson, l'Elan Vital. Sans elle, rien ne se passe plus, tout s'arrête, l'individu devient zombifié ou suicidaire ; il n'y a plus de moteur existentiel.

La Sensibilité : elle permet la connexion de l'Esprit avec tout ce qui n'est pas lui, elle est la source de tout le ressenti, par le canal des sens physiques, bien sûr, mais pas seulement. On connait aussi d'autre canaux que l'on appelle l'instinct, l'intuition, le feeling, le flair. Bref, deux grands canaux de Sensibilité fonctionnent en nous : celui qui capte des messages analytiques ("cette jolie cuisine embaume silencieusement le coq au vin") et celui qui entre en résonance avec des ambiances holistiques ("Je me sens très mal à l'aise dans ce groupe"). Selon les individus, la Sensibilité est plus ou moins acérée, intrinsèquement (un spectre large s'ouvre de l'insensible à l'hypersensible), et/ou plus ou moins activée par la Volonté sous la forme de l'attention, de la concentration, de la  vigilance, …

L'Intelligence : elle est le centre de la reliance entre chaque nouvel élément perçu ou ressenti, et tout le reste de la Mémoire. Elle est l'intégrateur, en somme. Elle relie entre elles toutes les informations, nouvelles et anciennes, afin que l'ensemble forme un "tout" et non un "tas".
Plus ce "tout" est cohérent, plus la personne est saine, équilibrée, sereine, tranquille.
L'intelligence s'occupe, en somme, de mettre perpétuellement le vécu en bon ordre afin que la Mémoire - c'est-à-dire ce que chacun est réellement, tel qu'en lui-même - soit la plus cohérente possible, la plus unitaire, la plus intégrée, la plus indissociée, la moins fragmentée possible.
L'Intelligence agit au niveau analytique en s'ingéniant à intégrer chaque nouveau fragment de vécu dans le Tout mémoriel. Mais aussi, de temps en temps, elle doit faire le grand nettoyage et restructurer globalement la Mémoire parce que celle-ci a accumulé trop de fissures, de ruptures, de contradictions, d'incohérences, etc …

La Conscience : elle constitue l'indispensable plateforme de confrontation des quatre autres. Elle a charge de débusquer, en permanence, les contradictions et incompatibilités entre le désiré, le mémorisé, le ressenti et le pensé. Et il y a du boulot ! C'est elle qui décrètera : "tu ne désires pas ce qu'il faut, tu ne te souviens pas bien, tu ne fais pas assez attention, tu penses mal …". Elle dit : "Tu te trompes", autrement dit. Elle est la tour de contrôle au service de l'envol de l'Esprit.

Voilà, à présent, le décor planté - loin des psychologismes et des neuroscientismes. On peut alors tenter de comprendre ce que "faire le vide dans son Esprit" peut bien signifier.
En y réfléchissant un tant soit peu, on comprend assez vite qu'il n'existe pas un mais cinq types de vacuité mentale. Observons-les …

La vacuité mémorielle : il ne s'agit évidemment pas d'effacer la Mémoire. Celle-ci est et restera, à tout jamais - même après notre mort - ce qu'elle est. En revanche, il est possible à la Volonté de désactiver, momentanément, l'activité mémorielle pour se consacrer exclusivement et puissamment au présent vécu, à l'attention au présent, à être présent au présent. Il s'agit, alors, de transférer toute l'énergie mentale sur la Sensibilité, analytique (pour s'abstraire de soi et se concentrer, avec attention, sur l'Autre, quel que soit cet Autre) ou holistique (pour éprouver ce sentiment océanique d'appartenance absolue au grand Tout).

La vacuité volitive : il s'agit, non pas de "tuer" le désir, mais de le désactiver. Il s'agit de se rendre disponible à ce qui advient et d'accueillir le Réel tel qu'il est et tel qu'il va. Il s'agit d'oublier - ne serait-ce que momentanément - ses propres projets qui, parce qu'ils nous obsèdent et mobilisent toutes nos énergies, nous font passer à côté de la réalité du Réel et nous rendent aveugles à toutes les opportunités et à toutes les merveilles qui s'y offrent.

La vacuité sensitive : est-il possible de plus rien ressentir ? La réponse est sans doute négative. En revanche, il est possible de laisser couler tout ce qui est ressenti sans y attacher d'importance, sans s'y attacher. C'est un exercice que prônent les techniques de méditation nées en Inde. Devenir le spectateur impassible de ses propres ressentis, de ses propres émotions, de ses propres sentiments. S'en détacher et les considérer comme des phénomènes non dans l'Esprit, mais face à l'Esprit.

La vacuité intellective : à nouveau, l'idée de "ne plus penser" ne rime à rien. L'Intelligence a une mission vitale et elle entend la remplir. Elle est un bon petit soldat : un soldat de la cohérence et de l'intégrité mentale, ce qui n'est pas rien. En revanche, il est loisible de penser le penser, de se regarder penser et de concentrer l'Intelligence sur le travail intellectif lui-même. Non plus "ce que je pense", mais bien "comment je pense". L'Intelligence, alors, pense à vide et tourne en rond sur elle-même. Comprendre ce que comprendre veut dire. Comprendre, c'est prendre un fragment et le placer à sa juste place dans le Tout du mental ; c'est prendre ce fragment avec ce Tout. Etymologiquement, "comprendre", c'est "apprendre".

La vacuité consciente : désactiver la conscience c'est-à-dire arrêter - autant que faire se peut - la confrontation des quatre autres fonctions mentales, c'est-à-dire aussi ne plus tenter de débusquer les contradictions et incohérences et les laisser là, les observer, les prendre pour ce qu'elles sont, sans chercher à les éliminer. En somme, assumer pleinement nos imperfections, nos finitudes et nos grilles partiales et partielles de lecture de nos existences.

On le voit bien, "faire le vide dans son Esprit" procède de cinq exercices de vacuité (donc d'évacuation) bien différents. Chacun est salutaire. Chacun requiert de mobiliser son énergie mentale. Chacun est une réelle ascèse.
C'est sans doute cela "faire le vide".

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L'assistanat est le tremplin du parasitisme.

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Le mot "raison" est ambigu.
Pour beaucoup, la raison est une faculté intellective faite d'une conjugaison de conceptualisations, d'idéalisations et de logicisations.
Mais la raison pointe aussi vers la rationalité c'est-à-dire vers cette idée centrale que tout ce qui existe, a une bonne raison d'exister et que tout ce qui se passe, a une bonne raison de se passer.
Mais cette "bonne raison" n'est pas forcément conceptuelle, idéalisée et logique. D'où la contradiction entre les deux acceptions du mot "raison".

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Le 30/11/2017

D'André Versaille, historien :

"Le déni est un phénomène universel, et vieux comme la mauvaise foi".

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Le tiers-mondisme est un fallacieux cocktail d'antiesclavagisme, d'anticolonialisme, d'anticapitalisme, d'anti-différencialisme, d'anti-particularisme et d'antiracisme.
A ses yeux, il suffit de s'opposer à l'un quelconque de ces six ingrédients pour se voir, illico, agonir des cinq autres péchés capitaux qui fondent le gauchisme.
Si l'on est différencialisme, on est donc évidemment aussi esclavagiste, raciste, etc …
Il est évident, toujours à ses yeux et en total déni de l'histoire réelle des peuples d'avant la colonisation, que les guerres tribales, le trafic des esclaves, l'extermination ethnique, etc … sont de pures importations européennes (donc capitalistes, racistes, etc …).
Ce sont de tels raccourcis aussi infâmes qu'hallucinants qui ont fondé le "politiquement correct" et qui pourrissent encore aujourd'hui le discours philosophique et politique.

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Les stoïciens avaient coutume de développer la philosophie selon trois axes : la physique, l'éthique et la logique.
En termes plus actuels, cela revient à tenter de répondre à trois questions :

    Qu'est-ce que le Réel ?
    Comment vivre dans le Réel ?
    Quel est le principe de cohérence et d'harmonie qui gouverne le Réel ?

Logique et éthique se renvoient l'une à l'autre en ce sens que l'éthique, au fond, ne fait qu'imposer de vivre en conformité avec le principe de cohérence et d'harmonie qui préside à tout ce qui existe.
Si l'on veut établir une précédence entre les trois domaines de la philosophie, on en arrive à s'accorder avec Posidonius : la physique induit la logique qui induit l'éthique.

Aetius précise :

"Les stoïciens disaient que la sagesse est la connaissance scientifique des choses divines et humaines, et que la philosophie est la discipline de l'art de l'utile."

Sénèque ajoute :

"La sagesse est la connaissance scientifique des choses divines, des choses humaines et de leurs causes."

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Le grec ancien propose deux mots cruciaux : la Hexis qui est le principe de cohérence et la Physis qui est le principe de croissance (d'où dérive la physique qui est l'étude de de la Nature, donc de "ce qui est en train de naître", de ce qui émerge de la hylé, substance originelle). Le Logos est, alors, l'expression de la Hexis, et le Kosmos, sa manifestation.

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Le principe d'utilité est au cœur de la philosophie stoïcienne. Au fond, est vrai, beau, bon ou sacré ce qui est utile, c'est-à-dire ce qui sert efficacement, loyalement et fidèlement (à) ce qui le dépasse, (à) ce qui lui donne sens et valeur, c'est-à-dire (à) l'accomplissement du Tout-Un.
En cela, comme en beaucoup, la philosophie stoïcienne est proche de la philosophie zen.
Toutes les autres "utilités" ne sont que relatives et subsidiaires.
Ainsi, il ne faut pas confondre cette philosophie de l'utile avec l'utilitarisme anglais puisque celui-ci ne voit que l'utilité pour l'homme, alors que celle-là regarde l'utilité au sens absolu et transcendant.

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L'Intelligence est la faculté, la capacité et l'art de mettre ou de découvrir de l'ordre dans un ensemble. L'Intelligence, ainsi, est un générateur ou un détecteur de néguentropie. On pourrait, alors, parler d'Intelligence active (génératrice d'ordre) et d'Intelligence passive (détectrice d'ordre).
En ce sens, l'Intelligence cosmique est exclusivement active, alors que les intelligences humaines qui en procèdent, sont aussi passives.

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Qu'est-ce que la cohérence ? Qu'est-ce que l'ordre ?
Quand, pourquoi ou pour quoi peut-on dire qu'un ensemble, qu'un système, qu'un monde sont cohérents ou qu'il possède de l'ordre ?
Selon quels critères ?

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Un peuple qui, pendant des décennies accepte de vivre sous le joug d'une dictature totalitaire, ne mérite ni égard, ni respect, ni pitié.

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Le mythe "Marie Curie" …
Deux prix Nobel, le premier par assimilation, le second par pitié.
Marie Curie ne fut pas une physicienne ; elle fut laborantine.

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A part un tout petit groupe d'humains qui font partie de votre propre petit monde, comprenez que tous les autres se fichent comme d'une guigne de vous, de vos états d'âme, de vos pensées, de vos opinions, de vos intérêts, de vos aspirations, de vos idéaux et du fait que vous soyez vivant ou mort (en fait, ils préfèreraient que vous soyez mort afin de désencombrer leur tout petit monde à eux).
Majoritairement, les humains ni ne s'aiment, ni ne se détestent entre eux : ils désirent seulement s'ignorer les uns les autres.
Mais comme, souvent, ils sont interdépendants les uns avec les autres, ils ont inventé l'hypocrisie et ses multiples surnoms : politesse, courtoisie, galanterie, attention, bienveillance, charité, camaraderie, convivialité, humanisme, solidarisme, etc.
Mais à part quelques idéologues désaxés, au fond, personne n'est vraiment dupe : il est plus facile de supporter l'autre qui nous indiffère, s'il existe quelques règles de bienséance qui nous protègent les uns des autres.
On appelle cela, pompeusement, la "morale".

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Face à un domaine de curiosité quelconque, il y a deux erreurs à ne pas commettre : celle de le mythologisation et celle de la mécanicisation.
La mythologisation invente des mythes interprétatifs sur base des apparences perçues, et se laisse entraîner dans des récitatifs et des narratifs fantasmagoriques sans aucun fondement autre que l'imagination débridée - plus ou moins saine - de leur inventeur.
Le psychologisme relève de cette mythologisation avec, en tête de ses imposteurs, Freud et sa clique. L'alchimie en relève aussi et toutes les formes de magie.
La mécanicisation prône une démarche analytique, rationaliste, idéalisante, simplificatrice et caricaturale qui vise à réduire le domaine réel concerné, à une mécanique rudimentaire mettant en œuvre des briques élémentaires immuables, des lois élémentaires immuables et des forces élémentaires immuables.
Le neuroscientisme, quant à lui, en relève pleinement. La chimie classique aussi qui considère la matière comme un assemblage façon "lego".
La troisième voie est la seule fiable : ni mythologisation, ni mécanicisation c'est-à-dire refus catégorique du mythique et du mécanique.
Cette troisième voie est celle des méthodologies anagogiques complexes.