Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - Août 2021

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

Le 01/08/2021

Concernant la problématique énergétique, la situation est simple ...

Toute extraction d'énergie concentrée (de l'électricité, par exemple) induit une production d'entropie (destruction, désordre), donc de nuisances écologiques.

Plus le rendement d'extraction est mauvais (du fait de carburant à haute entropie comme le vent ou la lumière solaire), plus cette nuisance est forte.

Tout ce qui émet du carbone (charbon, hydrocarbure) doit être banni (effet de serre) et est en voie d'épuisement.

Tout ce qui est solaire (éolien, photovoltaïque) est une fumisterie thermodynamique.

Il ne reste que le nucléaire qui, moyennant des précautions bien connues et largement pratiquées partout dans le monde, est propre, sans danger et non polluant (sauf à Tchernobyl, mais pour des raisons plus politiques que techniques).

Quant à l'hydrogène (nouvelle marotte écolo), il pourra être potentiellement utile dans certains cas, mais il implique la brisure de molécules d'eau (parmi les plus stables) ce qui consomme énormément ... d'énergie ... donc des rendements déplorables.

Plus les rendements de production d'énergie condensée utilisable (électricité, surtout) sont mauvais, plus cette énergie sera chère. Il n'y a jamais de miracle en physique. Toutes les sources d'énergie naturellement déjà concentrée pendant des millions d'années (uranium, charbon, pétrole, gaz naturel, etc ...) vont être épuisée avant 2150/2200. Il ne restera alors que des productions d'électricité très chères et très polluantes.

Pour transformer du jus de cassis en crème de Dijon, il faut faire évaporer l'eau, injecter du vin rouge, du sucre de haute qualité et de l'eau-de-vie … et laisser le temps faire son œuvre. Tout ceci explique pourquoi la crème de Dijon est beaucoup plus chère et prisée que le jus de cassis, mais elle implique des activités collatérales très polluantes … Il en va de même pour toutes les formes d'énergie très concentrées (l'électricité, par exemple).

La seule source d'énergie réellement renouvelable et durable, est l'hydroélectricité … mais les sites susceptibles d'accueillir un barrage, sont quasi tous déjà en exploitation ou en construction, partout dans le monde.

Le problème fondamental en matière d'énergie n'est pas de produire autrement, mais de consommer beaucoup moins.

 

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Le pessimisme ne voit que la souffrance tragique.

L'optimisme ne voit que la joie euphorique.

La lucidité voit que souffrance et joie coexistent en tout, mais que le travail intérieur permet de construire bien plus de joie que de souffrance.

 

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La pitié ne sert à rien.

Du vrai malheureux, il faut exiger de l'effort.

Du faux malheureux (la majorité), il faut casser le parasitisme.

 

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La générosité ne sert à rien.

Non pas donner du poisson, mais apprendre à pécher.

Le chien finit toujours par mordre la main qui le nourrit.

 

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L'accueil est utile et fertile.

 

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Méfie-toi du faux passionné, il vient te voler quelque chose !

 

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La pitié, avec la peur, le mystère et la culpabilisation, est une des quatre tactiques humaines pour capturer l'énergie mentale d'autrui.

 

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Le contraire de la pitié ce n'est ni la dureté, ni a cruauté. C'est l'exigence !

 

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Avoir pitié de l'autre, c'est, en fait, s'apitoyer sur soi-même.

 

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Etymologiquement, la "compassion" consiste à "souffrir ensemble" donc à augmenter la souffrance.

 

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Le 02/08/2021

 

Dépasser le dualisme (platonisme, christianisme ou islamisme), c'est créer un Un qui absorbe le Deux inférieur.

 

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La philosophie grecque antique (surtout depuis Socrate) est avant tout une pensée politique : la Sagesse n'est autre que la meilleure façon d'organiser et de gouverner la Cité.

 

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Réduire un philosophe à "sa" philosophie, c'est oublier qu'une vie philosophique est un cheminement "à travers" la philosophie, avec des étapes et des bifurcations.

 

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En tout, partout, toujours, il n'existe que des processus de construction.

Tout n'est qu'histoire. Tout n'est que généalogie (attirée par une téléologie).

Rien, jamais, n'est achevé.

Tout est quête éternelle : l'amour, la vérité, la connaissance, la paix, la sublimité, l'accomplissement, l'autonomie …

Et tout cheminement constructif connaît des étapes, de rebroussements, des bifurcations, des détours, des retards, des accélérations, des impasses, des ravins, des obstacles, etc …

 

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Je ne sais pas ce qu'est la Vérité dans son absoluité. Je sais, en revanche, ce que fut et ce qu'est la quête de la vérité et la construction de la véridicité.

 

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Est "véridique" ce qui est "digne de foi", ce en quoi on peut croire sans trop de crainte de se tromper.

 

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Si je comprends parfaitement l'idée de l'après-modernité comme premier stade de l'après-christianité, je comprends mal ce que l'on entend par l'idée de postmodernité.

 

Wikipédia en dit ceci :

 

"La postmodernité est un concept philosophique et intellectuel de la fin du XXe siècle qui tente, après l'effondrement des idéologies, de s'inscrire dans le prolongement du structuralisme et du déconstructivisme, tout en critiquant l'héritage du freudisme et du marxisme.

Les post-modernes se situent dans la perspective de surmonter le désenchantement du monde, après la désagrégation des repères culturels ou religieux, le relativisme des sciences, la crise de l'idée de progrès, l'humanité confrontée aux faillites écologiques, économiques et sociales, et l'échec patent des utopies révolutionnaires."

 

Les slogans de la postmodernité seraient : "Tout se vaut", "Tout est relatif", "Tout est subjectif", etc …

Les auteurs souvent cités sont mon ami Michel Maffesoli, Jean-François Lyotard, Gilles Lipovetsky, Peter Sloterdijk, Alain Ehrenberg, …

J'y entraperçois l'idée que la postmodernité serait le cercueil de la modernité dont la porte s'ouvrirait sur l'après-modernité …

 

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La civilisation de l'antiquité fut celle des vertus à pratiquer.

La civilisation de la christianité fut celle des valeurs à respecter.

La civilisation de la noéticité sera celle des processus à construire.

 

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Lorsque Nietzsche parle du "Prêtre", il ne parle ni de religion, ni de théologie, ni de cléricalité, ni de sacerdoce ; il parle de celui qui veut effacer la réalité en prêchant son idéal.

Bref : le "prêtre", c'est l'idéologue.

 

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Le "sacerdoce" consiste en l'enseignement (docere, en latin) du sacré (sacer, en latin).

Le sacerdote est un maître en sacralisation et en sacralité.

 

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Le but suprême de l'idéaliste et de l'idéologue est de mettre l'humanité entière dans une "bulle" et de la faire vivre "hors-sol".

Son moteur est la haine du Réel tel qu'il est et va, tel qu'il s'impose à tout ce qui existe.

Lui, il rêve d'imposer son idéologie (religieuse ou sociopolitique) et le Réel lui fait obstacle (Shathan, en hébreu, qui donne "Satan").

Il lui revient donc de dénigrer le Réel, de le dévaloriser, de le diaboliser.

 

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Tout ce qui "combat" le Réel, s'y brise. Ce n'est pas le combattre qu'il convient de faire, mais d'y naviguer habilement.

 

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L'idée du "péché" est abominable. Elle ne se superpose pas à celle de "faute". Tout le monde commet des fautes au fil de l'existence et chaque faute doit être reconnue, réparée ou compensée du mieux possible. Voilà pour l'éthique.

Le "péché", lui, va plus loin puisqu'il suppose de la culpabilisation éternelle, de la culpabilité irréversible, des stigmates ineffaçables.

La notion du "péché" est la grande invention de Saül de Tarse, dit Paul (cette notion est totalement absente de la Torah). Elle fonde la christianité.

 

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La science est la voie royale d'accès à la Connaissance du Réel.

Elle se fonde sur une métaphysique soit philosophique, soit spirituelle.

 

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Le dogmatisme et le cléricalisme sont le cancer mortel des religions, alors que la spiritualité libre et authentique en signe la vitalité.

 

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Les religions sont des ersatz spirituels destinés à la plèbe incapable de spiritualité authentique.

Mais ces ersatz sont-ils nécessaires ? La plèbe les réclame-t-elle ?

Ne seraient-ils pas plutôt des hallucinogènes addictifs permettant à une caste idéaliste de se poser en orgueilleux sauveurs des masses (et d'en prendre le contrôle) ?

Ce fut typiquement le cas des "intellectuels" marxistes et communistes.

 

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Le jour où l'on comprendra clairement que le seul souci des masses est le "panem et circenses" et que tout le reste les indiffèrent, on aura fait un grand pas en avant et on pourra enfin se débarrasser des toutes les idéologies religieuses et sociopolitiques et de leurs infâmes zélateurs.

 

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Le peuple (Démos, en grec) n'a jamais demandé et ne demande toujours pas la démocratie ; ce sont les démagogues qui l'exigent.

 

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Le peuple n'a que faire de la politique ; seulement "du pain et des jeux".

Cette très vieille idée subversive commence enfin à s'exprimer au travers des taux records d'abstention lors des scrutins électoraux.

 

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Le pouvoir démocratique n'intéresse que les démagogues.

 

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La probité, au fond, c'est ne pas tricher. Ni avec soi-même, ni avec la Matière, la Vie et l'Esprit, avec le Réel, ni avec l'en soi et l'autour de soi.

Et "tricher", cela signifie vivre faussement en détournant la cohérence et la logicité du Réel.

La probité c'est aussi la justesse des évaluations.

 

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Les quatre vertus à pratiquer avec probité : la lucidité, la perspicacité, l'empathie et la solitude.

 

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De Nietzsche :

 

"Le 'progrès' n'est qu'une idée moderne, c'est-à-dire une idée fausse."

 

Progrès de quoi ? Mesuré à quel aune ?

Tout ce qui avance, ne progresse pas nécessairement.

 

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La psychanalyse en général et le freudisme en particulier sont un tissu de fumisteries fantasmagoriques, de pures conjectures sans le moindre fondement.

Ce n'est pas du tout comme cela que fonctionne l'esprit.

Ce psychologisme, comme le neuroscientisme aujourd'hui à la mode, sont sources de dégâts monstrueux chez ceux qu'ils sont censés "soigner".

Les seuls vrais déments, ce sont les psychiatres (ces champions de la chimie narcotique), psychanalystes et psychologues dont la seule préoccupation est de se soigner sur le dos de leurs clients.

L'inconscient, cela n'existe simplement pas ; il est une poubelle commode pour y jeter les ignorances des ignares.

De plus, Freud est un faussaire et un imposteur qui a passé sa vie à s'octroyer des "guérisons" imaginaires et des "expériences" fabriquées sur mesure.

 

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Le 03/08/2021

 

Il n'y a pas d'Être. Il n'y a que du Devenir.

Et le Devenir est tiré par l'Intention et non pas poussé par des Pulsions (Nietzsche) car quelle serait la "raison d'exister" de telles pulsions ?

Ce qui n'a pas une "bonne raison d'exister", n'existe pas (Leibniz).

Et n'a de raison d'exister que ce qui correspond à une volonté.

Toute la théorie nietzschéenne des "pulsions", des "instincts", des "affects" est superfétatoire ; l'idée de "volonté de puissance" (équivalent de l'intention d'accomplissement) est suffisante.

En revanche, si l'on remplace le terme "pulsion" par le terme "tension" (tension induite par la confrontation entre l'intention du processus et les contraintes et opportunités de son milieu)  alors la théorie nietzschéenne prend sens.

Et elle s'actualise dès lors que l'on fait correspondre ces "pulsions" aux six pôles de toute dynamique processuelle (intention, rétention, individuation, intégration, complexification et régularisation, ou, autrement dit, respectivement : énergie, inertie, concentration, expansion, néguentropie et entropie).

 

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A quelques exceptions près (Héraclite, Leibniz, Hegel, Nietzsche, Whitehead, Teilhard de Chardin, …), la tradition philosophique a considéré l'Être (l'ontologie) comme central et le Devenir (le processuel) comme accidentel, périphérique, subsidiaire.

Cette myopie a été (est encore) catastrophique.

Longtemps, la physique fondamentale a été prisonnière du même piège "fixiste", notamment du fait de l'atomisme, mais la révolution évolutionniste généralisée (Einstein, Friedmann, Lemaître) et la dématérialisation quantique (Bohr, Heisenberg, Schrödinger) a complètement inversé la perspective.

 

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La source profonde de tous les idéalismes est le désir forcené de découvrir et d'imposer un modèle unique, définitif, éternel que l'on baptise "le système idéal".

On comprend donc que, derrière chaque idéalisme, se dissimule un totalitarisme.

 

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La vocation profonde de toute bureaucratie est de "protéger les faibles" contre tous les malheurs, humains ou non, qui les menacent. Comme la "protection des faibles" ne rapporte rien, mais coûte beaucoup, la bureaucratie est une charge publique.

Plus il y aurait de "faibles" à protéger, plus la bureaucratie serait florissante.

Et plus le "faible" est protégé, plus il se déresponsabilise et s'enlise dans l'assistanat généralisé.

Le wokisme actuel qui veut "éveiller" le monde entier aux "méfaits" – le plus souvent imaginaires - des inégalités et des discriminations, pratique avec assiduité la victimisation (des minorités) et l'ostracisation (des majorités). Il faut donc protéger les "minorités" puisque, en tant que telles, elles sont "faibles".

Il existe donc une alliance d'intérêt entre wokisme et bureaucratisme.

Si Nietzsche revenait vivre dans notre monde d'aujourd'hui, il serait, je pense, horrifié par cette infecte mouvance wokiste qui pourrit tout, surtout le monde universitaire (largement bureaucratisé).

Et le terreau de ce wokisme cancéreux, est une génération (de 15 à 30 ans) qui a été sur-couvée, surprotégée, sur-chouchoutée au point d'avoir peur de son ombre, d'être incapable de prendre ses responsabilités, d'être des assistés naturels et perpétuels. Des hypersensibles à toute forme de douleur, notamment émotionnelle, à toute forme d'évaluation ou de jugement, à toute forme d'insécurité.

"Sainte bureaucratie, protégez-nous !"

 

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Les deux poids et mesures du wokisme

Toutes les minorités sont opprimées et donc victimisées selon le wokisme … Toutes sauf une : les Juifs qui n'ont pas l'heur de bénéficier des soins wokistes quoique systématiquement victimes, persécutés et humiliés depuis des millénaires. Pourquoi selon les wokistes ?

Parce que la foi juive nous protège déjà (la preuve : après tant de carnages, de spoliations, de persécutions et d'exterminations, la Maison d'Israël est toujours debout : 'Am Israël 'Hay).

Parce que l'argent juif opprime les pauvres (ah ! ces Rothschild).

Parce que l'intelligence juive opprime les crétins (ah ! cet Einstein).

Parce que le sionisme juif opprime de braves musulmans si pacifiques (ah ! ce Ben Gourion, ce Moshé Dayan, cet Ytz'haq Rabin).

 

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Nietzsche distingue nettement deux conceptions de la rationalité.

L'une, généalogique, est un processus constructif (cosmique et pas seulement humain) qui tend vers un apurement des pratiques d'évolution et des règles, modèles et méthodes d'optimalité et d'efficacité qui la sous-tendent ("Ordo ab Chao" en somme).

L'autre, ontologique, pose la "raison pure" comme un donné métaphysique, éternel, immuable, inhérent au Réel lui-même, un incréé, en somme.

Bien sûr, Nietzsche opte pour la première acception du mot (tout comme moi, d'ailleurs) et lutte contre la seconde.

 

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L'idée d'une rationalité cosmique est typiquement judéo-européenne.

Elle vient du récit de la Genèse qui exprime un "ordre" de la création, une logique dans l'émergence des étants.

 

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Il reste vital de bien distinguer "rationalité" et "rationalisme".

Le Réel est rationnel, mais il n'est en rien rationaliste.

Le rationalisme est le culte idolâtre d'une "Raison pure et achevée" qui n'existe pas encore et qui n'existera sans doute jamais.

La rationalité propose seulement de voir une logicité à l'œuvre dans le Réel qui tend toujours vers plus de cohérence, plus d'optimalité et plus d'efficience.

 

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Ce n'est Dieu qui fait le monde, mais bien le monde qui fait Dieu.

Dieu est à venir !

 

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Le Réel est l'ensemble de tout ce qui existe, perceptible et imperceptible, connaissable et inconnaissable, connu et inconnu.

Le Réel est le Tout-Un.

Le Tout-Un est le Réel.

Il n'existe rien hors du Réel puisqu'il est le Tout.

Mais le Réel est Un, ce qui le rend plus que ce Tout.

Il est ce Tout augmenté du principe de cohérence qui transforme ce Tout en Un.

Et ce principe de cohérence est l'autre nom de la logicité du Réel, de son Nomos, de son Âme, voire du Dieu immanent qui en émerge.

 

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L'humain est en rapport avec le Réel et ce rapport est de l'ordre du relationnel et de l'interprétatif. Mais ce rapport n'est pas que de perception ; il est aussi d'inclusion.

L'humain est dans le Réel, il est réel dans le Réel ; le Réel n'est pas seulement autour de lui, mais aussi pleinement en lui.

Cela détruit définitivement le dualisme kantien (chrétien et platonicien) du sujet et de l'objet.

 

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La Vérité n'est pas le Réel.

La Vérité est la parfaite et juste connaissance du Réel.

La Vérité est définitivement hors d'atteinte, mais la science s'en approche.

 

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Le Réel est Un et, en tant que tel, il est la seule "chose" qui existe en soi.

Tous les autres étants (tous les humains compris) n'en sont que des manifestations, comme autant de vagues à la surface de l'océan.

 

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L'anthropocentrisme consiste à faire du regard humain sur le Réel, une centralité, une référence, un point de vue spécialement digne d'intérêt.

Il n'en est rien.

Il est urgent d'adopter le point de vue cosmocentrique (voir le Réel avec les yeux du Dieu immanent qui l'anime …).

Pour cela, se fonder sur l'intuition (la révélation holistique du Réel à l'intérieur de soi) et nourrir cette intuition par une démarche initiatique et spirituelle.

 

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Le Réel est une intention globale qui se manifeste au travers de myriades d'intentions particulières parfois en convergence, parfois en divergence les unes par rapport aux autres.

Ces divergences induisent des tensions créatives qui permettent au Réel de s'inventer au travers des émergences qui en résultent.

 

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Au fond, ce qui me dérange constamment et profondément chez Nietzsche, c'est l'empreinte grave du darwinisme agressif de son temps : cette idée fausse que tout, dans la Vie, évolue par concurrence et compétition du struggle for life.

La réalité du Réel ne relève pas de cette logicité-là ("pas que", à tout le moins).

Sans doute y a-t-il aussi, derrière tout cela, l'ombre du polémos d'Héraclite.

 

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L'essence profonde de presque toutes les religions (sauf le lévitisme juif originel, le védantisme et le taoïsme), c'est la négation, le rejet et le refus de la relation au Réel.

 

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Au contraire du Dieu chrétien, négateur de la Matière et de la Vie, Nietzsche voit, dans le Dieu de la Bible hébraïque, une extraordinaire puissance de Vie sans aucun "autre monde" ou "au-delà" parallèles.

Et il a fondamentalement raison.

Le judéo-christianisme n'existe pas : le judaïsme originel et le christianisme paulinien sont radicalement antithétiques.

Le Dieu chrétien est une "idole" dont le "crépuscule" est annoncé et la "mort" proclamée.

 

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Être athée ou anticlérical, c'est être aussi croyant primaire que le sont le chrétien ou le musulman littéralistes.

 

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Les revendications "d'égalité" viennent toujours du deuxième échelon de l'échelle sociale et jamais des échelons inférieurs.

Au 18ème siècle, les bourgeois voulaient abolir les privilèges des nobles.

Au 19ème siècle, les prolétaires syndiqués et coalisés voulaient devenir bourgeois.

Au 20ème siècle, les colonisés voulaient renverser les colonisateurs.

Au 21ème siècle, les minorités diverses, veulent écraser les majorités.

Chaque "saut d'égalité" engendre de nouveaux inégaux qui se prennent pour des inférieurs opprimés, remplis de ressentiment et de jalousie.

Il y a là une chaîne sans fin du simple fait que l'inégalité entre les individus, les races, les cultures, les religions, les mœurs est inhérente à la nature humaine ; il y aura donc toujours des humains qui se sentiront "inférieurs" à d'autres et qui revendiqueront une "égalité" aussi vide qu'absurde.

 

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Les bifurcations paradigmatiques n'ont rien à voir avec des "révolutions" politiques ou idéologiques.

Tout au contraire. Ce genre de "révolution" accompagne l'effondrement de l'ordre ancien, mais n'inaugure ni ne crée rien du tout ; il ne s'agit que de ressentiment stérile, ne débouchant sur rien d'autre que la continuité de l'ancien paradigme, mais avec d'autres acteurs et d'autres pouvoirs.

 

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Il faut cesser de tout confondre dans le cheminement de Nietzsche. Les œuvres de jeunesse, empêtrées d'hellénité, ne sont que des gamineries philologiques sans intérêt. La période médiane  n'apporte rien de plus que tout le fatras positiviste et criticiste du 19ème siècle.

Seule la dernière phase est géniale : elle s'ouvre avec le "Gai savoir", culmine avec "Zarathoustra" et se condense dans le "Crépuscule des idoles".

 

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Quel dommage de confondre "romantisme" et "sentimentalisme".

Quel dommage de mettre Burke, Schelling et Hegel dans le même sac que les Carlyle, Byron, Liszt, Chopin, Rousseau, … et tous les pleurnichards de cette époque.

Le romantisme philosophique est une réaction contre Kant et son rationalisme sec et étroit, une invitation à étendre le travail de l'esprit vers ses autres dimensions, notamment intuitive, désirante et mnésique, un souci de voir la Vie à l'œuvre dans la chair du Réel, une attraction vers la sublimité, bien au-delà de l'émotivité.

 

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Pour atteindre le supérieur pour soi, il faut sacrifier l'inférieur en soi.

 

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Le 04/08/2021

 

La notion de "bonne santé" – pour ne pas parler de la "grande santé" de Nietzsche – peut être élargie hors du champ de la stricte physiologie.

Techniquement, la "bonne santé" d'un processus complexe indique une homéostasie bien régulée, optimale donc.

L'homéostasie est le nom global d'un équilibre dynamique holistique propre aux systèmes organiques où, malgré que la moindre cellule, le moindre tissu, le moindre organe soient perpétuellement en mouvement, en transformation, en interrelation et en échanges mutuels, le tout reste stable, en pleine capacité de ses moyens.

Le TLF définit l'homéostasie comme la : "tendance de l'organisme à maintenir ou à ramener les différentes constantes physiologiques (température, débit sanguin, tension artérielle, etc.) à des degrés qui ne s'écartent pas de la normale".

La généralisation à tous les processus complexes est aisée, il suffit de remplacer "constantes physiologiques" par "indicateurs structurels", et "normale" par "optimalité".

Cela donne que l'homéostasie est la tendance du processus complexe à maintenir ou à ramener les différents indicateurs structurels à des degrés qui ne s'écartent pas de l'optimalité.

 

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Il n'y a pas que les individus qui puissent être en bonne santé ou malades ; les paradigmes socioéconomiques peuvent l'être également.

C'est de ce point de vue qu'un philosophe, selon Nietzsche, doit devenir un "médecin des paradigmes" afin d'évaluer la bonne santé des valeurs fondatrices d'une société humaine.

A ce titre, il ne faut plus être grand clerc pour constater le double effondrement de la modernité et de la christianité qui, toutes deux, ont induit des forces qui détruisent la Vie, tant à l'intérieur de soi qu'à l'extérieur de soi.

 

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Si la Vérité au sens absolu de Connaissance absolue du Réel est et restera hors d'atteinte (même si la science permet de s'en approcher toujours plus), la philosophie moderne a eu tort de rejeter en bloc l'idée de vérité et de sombrer dans un subjectivisme radical.

Quand je dis :

 

  • Je suis en train d'écrire ceci.
  • Cet arbre que je vois est un tilleul.
  • On m'a enlevé les amygdales à sept ans.
  • S'il se lève, le soleil se lèvera demain à l'Est.
  • Je mourrai dans quelques années.
  • Etc …

 

… je dis de parfaites vérités, clairement factuelles, radicalement objectives, sans la moindre interprétation personnelle.

 

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Le scepticisme est une erreur s'il est le rejet d'office de toute vérité, quelle qu'elle soit ; il est salutaire s'il met en doute systématique, tout ce qui est présenté comme une vérité.

Le scepticisme doit être un esprit critique perpétuellement sur le qui-vive ; mais il ne peut pas être un la négation radicale de tout ce qui se pense et se dit.

 

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Qu'est-ce que "croire" ? C'est faire d'une idée une conviction sans en avoir aucune certitude.

 

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Au contraire de la croyance (croire) qui est convictionnelle, la foi (se fier à) est toujours hypothétique.

 

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Au fond, la Foi est le domaine de la métaphysique – qu'elle soit philosophique ou spirituelle.

Avoir foi en une idée, c'est faire de cette idée une hypothèse fondatrice de sa propre relation au Réel.

 

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Dans l'ordre de la pensée, il y a des vérités factuelles et des interprétations du(des) monde(s).

Il faut qu'il existe une congruence entre ces deux ordres de pensée, une cohérence entre le global et le local, entre les faits et la vision.

La connaissance véridique résulte d'une telle dialectique.

 

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Passer du "Connais-toi toi-même" au "Oublie-toi toi-même".

Qu'y aurait-il donc à connaître en moi ?

L'ego est illusoire et l'humain est anecdotique.

L'humain doit être dépassé et surpassé.

Surhumanisme, donc.

 

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Le biologisme mécaniciste – à la Darwin, notamment – fait de la Vie un phénomène physico-chimique, réactif et adaptatif par rapport à son milieu. Il n'a pas compris que la Vie est une composante intrinsèque et éternelle du Réel. Comme il n'a pas non plus compris que la Vie est l'expression d'une intention cosmique.

La Vie, comme tout ce qui existe, est plus attirée par son futur que poussée par son passé.

 

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La science : savoir pour connaître, connaître pour comprendre, comprendre pour anticiper, anticiper pour éviter les dangers et saisir les opportunités.

Origine première de la science : survivre dans un monde sauvage pour lequel l'humain est mal fait.

Moteur actuel de la science : vivre la Joie intense de s'approcher de la Connaissance absolue.

 

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Il est utile de savoir que la Sagesse (Sophia) et le Sage (Sophos) dérivent tous deux d'un verbe qui signifie "déguster, savourer" …

 

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Face au darwinisme qui parle de sélection naturelle (du plus apte et non du plus fort), surgit l'eugénisme qui parle de sélection artificielle du plus adéquat … par rapport à divers critères tous plus discutables les uns que les autres.

 

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Dans son rapport avec l'Esprit, la Vie (comme la Matière, par ailleurs) doit être sublimée, spiritualisée, sacralisée, sanctifiée.

L'âme anime le corps et le corps incarne l'âme.

 

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Le grand danger éternel de toute philosophie est de forger des concepts artificiels qui peuvent induire des péroraisons, déclinaisons et digressions aussi infinies que stériles.

Comment éviter ou dénoncer ces concepts artificiels déviants (mais si fréquents chez bien des "universitaires" qui confondent sérieux et brio) ?

La méthode la plus simple et la plus fructueuse est sans doute de se rappeler, à chaque instant, que la philosophie se divise en trois branches : la métaphysique (cosmologique ou spirituelle) qui recherche les fondements de la réalité du Réel, l'épistémologie qui recherche les critères de "bonne connaissance", et l'éthique qui recherche les règles de "bonne vie", personnelle et collective.

Et dans ces trois domaines de pensée, appliquer radicalement la méthodologie scientifique construite sur la simplicité, l'efficacité, la véridicité, la probité et la rigueur.

Tout le reste n'est que bavardage et verbiage aussi creux que mondain.

 

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Pour Nietzsche, "le socialisme est méprisable parce qu'il pose l'égalité comme principe ontologique, existentiel, moral et juridique".

Lapidaire, mais parfaitement exact !

Rien n'est jamais l'égal de quoique ce soit : tout est unique.

 

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La beauté et la joie de chaque moment de vie vient de l'intérieur et non de l'extérieur.

 

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Le 05/08/2021

 

A propos des Néphilim …

Le mot Néphèl vient du verbe Naphal qui signifie "tomber" et signifie, proprement : "avorton" (un bébé "tombé" du ventre de sa mère ...).

Les Néphilim, ce sont donc "les avortons" que l'on peut aussi traduire, moins littéralement, par "les déchus".

Les Néphilim naquirent des copulations des "fils des dieux" avec les "filles de l'humain", ce que YHWH n'admet pas !

Voici ma traduction littérale de Gen.:6;4 :

 

"Depuis lors, l'humain deviendra nombreux sur les faces de l'humus, et des filles engendreront pour eux.

Et des fils des dieux verront avec des filles de l'humain combien (les) voici bonnes et ils choisiront pour eux des femmes parmi tout ce qu'ils désiraient.

Et YHWH dira : "Mon souffle ne demeurera pas dans l'humain longtemps malgré que lui (soit) chair et ses jours deviendront cent vingt".

Les avortons advinrent en terre en ces jours-là et aussi, après (qu'il en fut) ainsi, les fils des dieux viendront vers les filles de l'humain et elles engendreront pour eux et voici les VIGOUREUX qui, de (toute) éternité, (furent) des personnes du nom (de renom)."

 

Etrange paragraphe : à une crise démographique répond la race divino-humaine des "vigoureux" bien renommés.

 

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Les deux racines du socialo-populisme sont l'égalitarisme et la solidarisme.

L'égalitarisme (tous les gens doit être égaux dans toutes les dimensions) est contre-nature. Son contraire est le différencialisme (qui n'implique nullement la domination de certains sur les autres).

Le solidarisme (tous les gens doivent être solidaire avec tous les autres) est absurde. Son contraire est l'autonomisme (qui n'empêche jamais quiconque d'être solidaire avec qui il veut).

Le socialo-populisme étant contraire à la nature profonde de l'humain, il ne peut prétendre "régner" sur une société que par des voies totalitaires étatiques.

Et le contraire de tout totalitarisme est le libéralisme.

Les deux racines profondes du libéralisme sont donc – et doivent donc être – le différencialisme et l'autonomisme.

CQFD.

 

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Pour Nietzsche, le socialisme, c'est la tyrannie des médiocres. Son but est l'égalité, le nivellement par le bas, par le vulgaire.

Son ressort est le ressentiment des médiocres, la jalousie des minus habentes.

 

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Le "Tout Etat" du socialo-populisme s'oppose radicalement au "Moins d'Etat" du libéralisme.

 

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Il existe deux grandes familles philosophiques : l'une est anthropocentrée (de Socrate à Sartre, Derrida ou Foucault) l'autre est cosmocentrée (d'Héraclite, Anaximandre et Anaxagore à Hegel ou Einstein).

Pour la première, l'humain est crucial.

Pour la seconde, l'humain est anecdotique.

 

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Le concept "instinct" est omniprésent chez Nietzsche. Pourtant, ce concept est vide ; comme le soulignait le biologiste Jean Rostand, "l'instinct, c'est la poubelle de nos ignorances".

Mais le problème se résout de lui-même dès lors que l'on ose parler de la téléologie globale de la Vie : la Vie aspire à s'accomplir dans toutes ses dimensions en dissipant optimalement toutes les tensions qui naissent des bipolarités fondamentales du Réel en faisant appel à la mémoire phylétique, aux talents spécifiques, aux moyens disponibles et à l'intelligence créative.

L'instinct, alors, devient tout simplement la volonté plus ou moins consciente de cet accomplissement.

 

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Le "moi", c'est le "moins".

Le "soi", c'est le "sens".

 

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Le corps s'accumule et s'épure.

L'esprit (la mémoire, la sensibilité, l'intelligence, la volonté et la conscience) s'accumule et s'épure.

L'âme (la vocation) s'accumule et s'épure.

Chaque être (que le corps, l'esprit et l'âme manifestent indissociablement chacun selon ses modalités) s'accumule et s'épure.

La Connaissance s'accumule et s'épure.

La Matière, la Vie et l'Esprit s'accumulent et s'épurent.

Le Réel s'accumule et s'épure.

Tout processus s'accumule et s'épure : s'il s'accumule trop, il s'étouffe et, s'il s'épure trop, il s'émacie.

 

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Le Soi est au-delà du moi.

Le Soi seul existe ; le moi est une illusion engendrée par la fausse conscience.

 

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De Philippe Choulet :

 

"(…) avoir le courage de regarder en face

l'abîme de ce qui est impersonnel en nous (…)"

 

C'est cet impersonnel en chacun qui est le Soi spécifique de chacun !

 

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Ce qui est impersonnel en chacun est bien plus précieux que tout ce qu'il y a de personnel ; car c'est cet impersonnel qui nous relie au Tout-Un, au Réel, au Divin de quelque nom qu'on l'appelle …

 

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Ne jamais confondre "solitude" et "isolement".

La solitude est un choix.

L'isolement est un rejet.

 

Et Juliette Chiche d'ajouter :

 

"La solitude n'est pas le refus de l'union, mais du commun."

 

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Dès qu'il y a volonté d'accomplissement, il y a obstacle.

Et face à l'obstacle, il n'est que six tactiques : la volte-face, la prostration, le contournement (par le côté), la démolition, le sapement (par le dessous) ou le surpassement (par le haut).

 

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Il n'y a pas de souffrance ; il n'y a que des obstacles à la Joie.

 

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Ne pas confondre souffrance et douleur.

La douleur est un fait physiologique.

La souffrance est une construction mentale.

 

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L'idéalisme voudrait abolir tous les obstacles à la Vie et à l'Esprit, mais cette abolition tue la Vie et l'Esprit puisque tous deux ont besoin d'être confrontés à l'obstacle pour se renforcer, se surpasser.

 

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La maxime stoïcienne qui enjoint de "vivre conformément à la Nature" signifie que les lois humaines doivent être conformes aux Lois cosmiques et que l'accomplissement humain doit être au service de  l'accomplissement cosmique.

 

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Le 06/08/2021

 

La crise pandémique a clairement montré, à l'échelle mondiale, que la médecine n'est pas une science – et la pharmacologie encore moins -, que la caste médicale a des compétences très limitées et joue aux apprentis-sorciers, et que ses caciques sont des monstres d'orgueil et d'arrogance.

Les autorités médicales ont usé et abusé de statistiques biaisées auxquelles elles ne comprennent pas grand' chose, à des fins de pure idéologie et de basse politique.

La médecine en sort largement et durablement décrédibilisée.

Il est temps que les médicastres réapprennent l'humilité et mesurent leurs ignorances ; ils ne sont pas les maîtres de la Vie, mais seulement ses petits serviteurs très béotiens.

 

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Face aux biologistes qui ne sont pas capables de fabriquer une seule cellule procaryote vivante, des cuistres impudents – des médecins - prétendent pouvoir gouverner, maîtriser et piloter un corps fait de 80.000 milliards de cellules eucaryotes en symbiose avec plus de 100.000 milliards de bactéries.

 

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Les médecins sont, en général, des apprentis-sorciers à qui il ne faut faire confiance que dans les cas périphériques, simples et mécanicistes.

Pour le reste, ils devraient méditer cette pensée d'Isaac Newton : "Comme un aveugle n'a aucune idée des couleurs, de même nous n'avons aucune idée de la manière dont Dieu infiniment sage perçoit et comprend toutes choses".

 

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Il n'existe aucun "objet" puisque Tout est Un, qu'il n'y a que des vagues à la surface de l'océan et qu'une vague est une manifestation mais pas un "objet".

Mais il n'existe pas plus de "sujet" puisque tout esprit singulier n'est qu'une manifestation locale et restreinte de l'Esprit cosmique et que cet Esprit cosmique n'est qu'une des trois modalités d'expression du Réel, avec la Matière et la Vie. La dualité platonicienne et kantienne de l'objet et du sujet n'existe donc pas, et il ne peut y avoir ni objectivisme ni subjectivisme pour qu'il n'y a aucun "Être" derrière le processus cosmique.

En revanche, la bipolarité entre le "projet" (l'intention, la volonté) et le "trajet" (la construction qui répond à ce projet) a un sens très clair qui fonde le constructivisme cosmique.

 

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Tout ce qui se démocratise et s'égalitarise, se médiocrise.

 

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Les cinq facultés de l'esprit sont la sensibilité (la faculté d'observation), la mémoire (la faculté de mémorisation), l'intelligence (la faculté de structuration), la volonté (la faculté de projection) et la conscience (la faculté d'optimisation).

Un système éducatif quelconque n'a de chances de former des humains de bon niveau, qu'en nourrissant et en exigeant le développement de ces cinq facultés.

Le pédagogisme actuel fait tout le contraire … et produit, à la pelle, de la médiocrité mentale bien égalitarisée et bien démocratisée.

Les jeunes d'aujourd'hui n'observent plus grand' chose (triomphe du "hors-sol" et de l'audiovisuel), ne mémorisent plus grand' chose (triomphe des savoirs numérisés sans connaissances intériorisées), ne structurent plus grand' chose (mise à mort du sens de la cohérence et de l'esprit critique), ne projettent plus grand' chose (faillite de l'esprit d'entrepreneuriat), ni n'optimisent plus grand' chose (triomphe du laxisme et du laisser-aller "cool").

Ils apprennent seulement quelques recettes pratiques (vite obsolètes) pour se trouver un job inintelligent.

Les élites intellectuelles se forment de plus en plus en marge des systèmes institutionnalisés de formation : faillite des établissements d'enseignement, en général et des Universités, en particulier.

 

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Le monde noétique (enseignement, culture, recherche, …) doit se développer en toute autonomie, en dehors des férules politique, économique et sociale, en dehors de toute idéologie, en dehors de tout utilitarisme et de tout idéalisme.

Sa seule intention doit être l'accomplissement du processus de la Connaissance véridique.

 

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Rien ne se crée à partir de rien … surtout en matières intellectuelles et spirituelles.

La créativité a besoin de matériaux préalables : des briques, des outils, des modèles et des méthodes pour construire.

Toute création est une construction.

On ne construit rien avec rien.

Il faut avoir beaucoup étudié, beaucoup compris, beaucoup assimilé pour prétendre pouvoir faire œuvre originale et féconde.

Comme l'exprime parfaitement l'expression anglaise : "garbage in, garbage out".

Le génie n'est jamais une génération spontanée, sortie de nulle part.

 

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La Connaissance dépasse et surpasse de loin l'érudition.

 

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L'humanité est sur le chemin d'une bifurcation majeure entre deux types : les humains qui vivent leur vie (dans la cadre du "panem et circenses") et les surhumains qui accomplissent la Vie et l'Esprit par-delà (mais non contre) l'humanité, l'humanisme et tout anthropocentrisme (donc dans le cadre d'un cosmocentrisme sacralisé et spiritualisé).

Il s'agit d'une mutation culturelle irréversible et d'une émergence radicale d'un nouveau type que, faute de mieux, on peut appeler "aristocratique" par opposition aux humains qui forment les masses plébéiennes.

 

 

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Les humains et les surhumains vivront essentiellement séparés les uns des autres, n'ayant entre eux que des relations "alimentaires", sans aucune prétention des surhumains à exercer quelque pouvoir politique que ce soit (le pouvoir n'intéresse nullement les aristocratiques).

Comme ils vivront essentiellement dans leur intériorité, les surhumains seront discrets et passeront assez inaperçus ; le ressentiment des humains à leur égard est un danger possible, mais relativement peu probable (espérons-le).

Les surhumains auront, entre eux, des relations de fraternité spirituelle et intellectuelle, au travers de réseaux discrets et fermés, avec l'aide des technologies numériques et sur le modèle de la Franc-maçonnerie régulière universelle.

 

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Le surhumain est un "saut" sur le chemin de l'accomplissement de l'humain (une mutation noétique).

Les surhumains développeront des modes de vie aristocratiques, construits sur les richesses intérieures, dans la frugalité matérielle, au service de la Vie et de l'Esprit (au sens cosmique).

Ils seront élitaires, sans jamais être élitistes, avec, pour seul objectif, d'atteindre le meilleur niveau de virtuosité et d'excellence dans leur activité propre, quelle qu'elle soit.

Leur éthique sera la promotion positive de la Vie et de l'Esprit dans toutes leurs dimensions, sous toutes leurs espèces.

 

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Lorsque Nietzsche conspue la "vie ascétique", il se trompe de mot. Ce qu'il veut conspuer, c'est la "vie cénobitique", cloîtrée, claustrale, retirée du monde, refusant la vie, la chair et le sang, uniquement obsédée d'une vie éternelle dans un autre monde.

La vie cénobitique est ascétique puisqu'elle est soumise à une sévère et stricte discipline, mais toute vie ascétique n'est pas cénobitique ; Nietzsche, pour avoir vécu dans une discipline de fer pendant vingt ans, est le prototype de l'ascète, mais un ascète qui jouit du monde, de la Nature et de la Vie.

 

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Par rapport au surhumain qu'il faut susciter, nourrir, accompagner et promouvoir, ni l'humain antique, ni l'humain christique ne sont adéquats puisque le premier n'aspire à rien (son temps est immobile et cyclique) et que le second n'aspire qu'à un "autre monde" (son temps est eschatologique).

L'aspiration du surhumain, dans son Amor fati, aspire à l'accomplissement de ce monde-ci, dans toutes ses dimensions : son temps est cosmique.

 

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Ne pas confondre "idéalisme" et "intuitionnisme".

L'idéalisme s'invente des "idéaux" et veut, ensuite, à toutes fins, faire "coller" la réalité à ses fantasmes.

L'intuitionnisme est à l'écoute du Réel profond et tâche d'entendre le chant de ses structures fondamentales.

Ces structures fondamentales cosmiques ne sont pas des "idéaux" inventés, mais des perceptions holistiques.

Dire, par exemple, que "le Réel est simple et complexe, visant la cohérence et l'optimalité, dans le champ de son intention téléologique", n'est pas une juxtaposition d'idéaux intellectuels (simplicité, complexité, etc …), mais l'expression conceptuelle d'une perception cosmologique globale qui est en cohérence avec le vécu et le perçu (ce qui n'est pas le cas des "idéaux" idéalistes).

 

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Le Réel est un vaste processus systémique. Penser le Réel revient donc à construire un modèle conceptuel qui reflète fidèlement cette processualité et cette systémicité.

Pour penser adéquatement, il faut penser "système cohérent" et "processus logicisé".

 

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Sans esprit de système, toute pensée reste fragmentaire et anecdotique.

 

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L'holistique doit toujours rassembler et dépasser l'analytique.

 

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Tout doit toujours être relié à tout le reste sous peine de manquer de cohérence.

 

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L'humus engendre et nourrit l'humain, pendant que l'humain regarde le soleil et les étoiles.

L'humain a perdu le contact avec l'humus ; il l'ignore voire le méprise. Il croit pouvoir vivre "hors-sol" … et il se perd dans le néant de son nombril.

 

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Le travail autonome (avec des associés) accomplit …

Le travail salarié (pour un patron) asservit …

 

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La religion, c'est de la spiritualité salariée.

 

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Que chacun apprenne à vivre chez soi, pour soi et en soi, et les problèmes de la socialité et de la société (et donc du politique) seront enfin résolus.

L'humain fut un animal social non par choix, mais par nécessité.

Cette nécessité n'existe plus !

 

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La grégarité est le refuge des incapables.

 

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Le moi séparé naît, par symétrie dans le troupeau, en réponse, en somme.

Supprimez la grégarité, vous supprimez l'individualité.

Il ne reste alors que la personne dans son infinie et riche intériorité, sans ni moi, ni autre, dans l'Un.

 

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Le 07/08/2021

 

Quelle que soit la caractéristique mesurée, la répartition "normale" est une gaussienne.

Mais, s'il existe quelque part, pour une raison quelconque, un effet de seuil, la gaussienne se dédouble  et donne une répartition normale en-deçà du seuil et une autre répartition "normale" au-delà, vaguement raccordée l'une à l'autre par les éléments "en transition".

 

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Pour construire la typologie d'une population, il faut choisi une palette cohérente et consistante de caractéristiques pertinentes. Cette palette constitue, en fait, le référentiel de cette population c'est-à-dire son espace pertinent des représentations.

Le problème du bon choix de ces paramètres de représentation est probablement un des plus ardus qui soit du point de vue méthodologique.

 

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Un joli texte de mon ami Jean-Yves Leloup à propos de la pandémie :

 

"Bien qu’on m’y invite, je n’entrerai pas dans ces querelles de marcassins déjantés et de cyborgs bien coiffés.

Je ne dirai jamais ce qu’il faut penser, je dirai toujours qu’il faut penser.

Je ne dirai pas qu’il faut se faire vacciner ou qu’il ne faut pas se faire vacciner ; je dirai qu’il faut être conscient et conscient de sa conscience, car le terrain c’est la conscience et c’est souvent le terrain qui crée la maladie.

Selon l’état de conscience dans lequel nous sommes, le placebo peut devenir un vrai remède, le vrai remède peut devenir un pur poison.

Tuer un moustique ne transforme pas un marécage ; assainir ou transformer le marécage nous délivrerait mieux de tous les moustiques.

On le sait : « tuer un virus donne naissance à un autre et pour chaque variant il faudra un nouveau vaccin… »

Combien faudra-t-il tuer de moustiques avant de penser à changer l’eau du marécage ? Ce n’est pas le moustique qui fait le marécage, c’est le marécage qui fait le moustique.

L’eau de notre corps est sensible à nos pensées, cela a été suffisamment montré (cf. : Masaru Emoto).

De nouveau, le terrain c’est la conscience ; transformer notre conscience a des incidences évidentes sur l’eau qui nous constitue.

Y-a-t-il une autre voie pour assainir nos marécages ?

A notre liberté de conscience, pourquoi préférons-nous la soumission ou la démission de conscience ? Pourquoi préférons-nous tous ces petits inquisiteurs qui nous disent ce qu’il faut penser ou ne pas penser, ce qu’il faut faire ou ne pas faire ?

Tous ces « bienveillants » qui veulent notre bonheur en nous dispensant de notre liberté.

« Du fardeau de notre liberté » disait Dostoïevski.

Est-ce vraiment un fardeau ? N’est-ce pas plutôt un exercice ? Un exercice d’approfondissement de notre conscience ?

Découvrir en nous, un espace qui n’est pas piqué par les moustiques, rongé par les virus, altéré par les vaccins ; un silence, une liberté, qui ne se laisse détruire ni par les mots, ni par les ordres, ni par les idées, ni par les émotions… Un peu de calme dans la cité, une oasis dans le cœur, sensible à la beauté du ciel et à la souffrance des hommes.

Un je ne sais quoi de pure conscience ou de pure présence, qui ne rajoute pas du bruit au bruit, de la douleur à la douleur."

 

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Depuis longtemps, la philosophie, comme la science, est "atomiste" c'est-à-dire qu'elle regarde le Réel comme un assemblage de "briques" qui interagissent entre elles par l'entremise de "forces".

Penser le Réel, revient donc à décrire les "briques" et les "forces".

Toute la physique classique est bâtie sur ce schème.

A l'origine de ce mythe assembliste, il y a les philosophes abdéritains qui, pour préserver, à la fois, la notion d'Être immuable si chère à Parménide et l'évidence du Devenir malgré les arguties de Zénon d'Elée, ont imaginé des "atomes" immuables et éternels (figures de l'Être) en mouvements réciproques.

Depuis, l'idée a essaimé hors de la seule physique : le corps est un assemblage de cellules, de tissus et d'organes, l'esprit est un assemblage de noèmes, d'idées et d'images, la société est un assemblage d'individus interagissant selon des lois (psychosociologiques et juridiques donc idéologiques), une doctrine est un assemblage de concepts structurés entre eux, etc …

Le problème est que dans le Réel, il n'existe ni "briques", ni "forces", ni "assemblages".

Le mythe assembliste a peut-être été utile, mais il est assurément faux.

Le Réel est un continuum unitaire et unitif, un tissu de processus imbriqués et intriqués, animés par une intention holistique, immanente et commune, selon une logicité globale constructiviste, accumulative, épurative, optimalisante et systémique.

Toute la vision et la méthodologie cartésiennes s'est effondrée avec l'avènement des sciences de la complexité.

 

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Le monisme s'oppose radicalement à tout atomisme.

Le processualisme s'oppose radicalement à tout essentialisme.

Il n'y a ni Être, ni êtres ; il n'y a que du Devenir et des devenirs.

 

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Pour construire, comme le voulait Nietzsche, une typologie humaine, le nombre de paramètres possibles qui s'offre est affolant :

 

  • du point de vue de l'apparence : la couleur de peau, la texture des cheveux, la silhouette, la taille, l'embonpoint, la pilosité, etc …
  • du point de vue physiologique : la tonicité musculaire, la santé des organes, la puissance sexuelle, les compositions sanguines, les appétits, la sensibilité à l'alcool, les fragilités métaboliques, etc …
  • du point de vue psychique : le coefficient intellectuel, la capacité mémorielle, la sensibilité sensitive, les intelligences conceptuelle, émotionnelle, intentionnelle ou relationnelle, la force de caractère, les faiblesses mentales, les déficiences caractérielles, les tendances névrotiques ou psychotiques, etc …
  • du point de vue sociologique : le niveau de socialité et de sociabilité, la civilité, le respect des autres et de leurs biens, la cohésion communautaire, les structures familiales, l'appétit à dominer, etc …
  • du point de vue culturel : la richesse linguistique, l'habileté mathématique, le sens moral, la religiosité, les niveaux d'intériorisation, de sacralisation et de spiritualisation, les capacité à lire et écrire, etc …

 

Inutile d'allonger encore cette liste qui, de fait, pourrait devenir quasi infinie. Le problème réel est, parmi cette myriade de paramètres, tous significatifs, de choisir un sous-ensemble suffisamment riche, complémentaire et pertinent pour construire, comme le souhaitait Nietzsche, une typologie solide.

On comprend immédiatement que chaque idéologie aura tendance à choisir un référentiel qui contribue à conforter ses thèses …

 

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Nietzsche parle volontiers des "tyrans de l'esprit" qui sont ces croyances diverses qui empêchent l'esprit de se libérer et la pensée de devenir autonome.

Le surhumain doit être un "esprit libre" !

Mais encore une fois, cette dualisation entre "croyances tyranniques" et "esprit libre" a-t-elle réellement un sens ?

La libération de l'esprit, n'est-ce pas, précisément, la montée de la pensée depuis les croyances élémentaires, pauvres et vulgaires, vers des croyances complexes, riches et nobles ?

Toute pensée est croyance ou, plutôt, ensemble de croyances ; le problème n'est pas là. Le problème n'est pas le rejet ou le refus de toute croyance, mais bien plutôt, l'emprisonnement obscurantiste de l'esprit dans un cachot fermé de croyances "définitives".

L'esprit libre se rend capable de stimuler sa pensée à tout remettre régulièrement en cause afin de s'accomplir vers toujours plus de véridicité.

Le problème n'est pas d'abolir ses croyances, mais bien de ne pas s'y enfermer.

 

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Même une démocratie est une tyrannie !

 

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Pour les masses plébéiennes, tous les tyrans sont désirables pourvu qu'ils leur donnent "le pain et les jeux".

C'est cette disposition d'esprit qui rend possibles les régimes socialistes et populistes.

Le pire des tyrans est le démagogue qui promet "du pain et des jeux".

 

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Faire de la bonne politique, c'est s'opposer aux masses plébéiennes.

La bonne politique n'est donc pas possible en démocratie au suffrage universel.

Il faut donc passer à une démocratie au suffrage élitaire avec une bonne dose de stochastocratie.

 

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L'éthique personnelle est bien plus essentielle que la morale collective.

 

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La multiplicité et la diversité des vagues ne gène en rien l'unicité et l'unité de l'océan.

 

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L'esprit humain est naturellement obsédé par son désir de construire sa pensée sur la notion d'êtres fixes et compacts, durables et discernables, essentialisés et isolés.

Il veut des briques pour construire.

Il veut analyser le Réel c'est-à-dire le découper en "objets" dissociés et, ainsi, se priver des relations qui unissent tout pour former des tissus continus dans l'espace (le domaine topologique) et des processus continus dans le temps (le domaine dynamique).

Il n'y a pourtant que dans le domaine eidétique (celui des complexités, des organisations, des émergences) où des sauts discontinus (quantiques) sont de mise.

 

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Il n'existe pas de hiérarchies topologiques et dynamiques ; mais il existe bien des échelles eidétiques.

 

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Dans le Réel, rien n'est analytique ; tout est holistique.

C'est l'esprit humain qui est analytique et qui analyse donc découpe, démonte, dissocie et discerne ce qui, en réalité, ne fait qu'un.

La méthode cartésienne ("diviser en autant de parties que nécessaires pour le mieux comprendre") doit être définitivement et radicalement dépassée.

 

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Si tous les "objets" sont illusoires (ce qui est le cas), alors tout comptage est illusoire.

 

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Tout ce qui est utile, a du sens.

Tout ce qui a du sens, est utile.

Il ne faut faire que de l'utile c'est-à-dire ce qui fait sens, c'est-à-dire, encore, ce qui accomplit la vocation et la mission au service de l'accomplissement du Réel.

Tout le reste n'est que distraction ("ce qui tire à côté"), divertissement ("ce qui détourne") et amusement ("ce qui ne va nulle part"), et doit être banni.

 

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Tout ce que produit l'Esprit doit être utile à la Vie.

Tout ce que produit la Vie doit être utile à la Matière.

Tout ce que produit la Matière doit être utile au Réel.

Tout ce que produit le Réel doit être utile à son propre accomplissement.

 

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La complexification (qui n'est pas "complication")  toujours un enrichissement ; mais est-elle une fragilisation ou un renforcement ?

 

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De Bertrand Piccard :

 

"L'écologie doit urgemment être retirée des griffes des politiciens qui la prenne en otage. Il ne devrait pas y avoir de parti écologiste, seulement des spécialistes de l’écologie dans tous les partis."

 

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Le 08/08/2021

 

De Raul Hilberg, historien de la Shoah :

 

"Aucun pays, Allemagne exceptée, ne participa aussi massivement au massacre des Juifs que la Roumanie".

 

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Entendu ce témoignage parfaitement lucide :

 

"Durant les vacances, j'ai lu le Coran ... mais c'est la Bible pour les Nuls !"

 

Le sunnisme est une religion simpliste, créée par un analphabète pour des incultes.

 

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La question centrale dans l'enquête nietzschéenne est : que valent les valeurs (morales) ? Quelles sont leurs valeurs réciproques ? Quelle est la hiérarchie des valeurs entre les inférieures et les supérieures (étant, bien entendu, posé que l'humanité devrait passer aux valeurs supérieures afin d'augmenter sa puissance de vie et de pensée, et étant entendu que la tendance globale est la décadence c'est-à-dire la descente vers les valeurs inférieures) ?

L'étalon d'évaluation des valeurs est, précisément cette puissance de vie et de pensée que l'on doit vouloir augmenter.

 

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La tâche centrale de la philosophie n'est pas de trouver la vérité (laissons cela à la science) mais bien plutôt d'évaluer les valeurs et de diagnostiquer les dysfonctionnements du grand corps culturel et moral.

En gros, philosophie et axiologie sont synonymes.

 

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Des valeurs qui seraient universelles, ne seraient que des idoles.

Chacun doit évaluer ses propres valeurs et choisir de cultiver les valeurs les plus susceptibles d'augmenter sa propre puissance de vie au service de l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit.

L'éthique personnelle supplante alors définitivement la morale collective avec pour guide et pour régulateur (au-delà des égoïsmes primaires et de l'anarchie concomitante) le service de la Vie et de l'Esprit au sens cosmique, comme modalités holistiques du Réel.

 

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Les valeurs éthiques doivent échapper au discours théoriques et devenir les guides profonds de toute activité pratique, aussi banale soit-elle.

 

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Sur les trois axes fondamentaux de la philosophie (la métaphysique, l'épistémologie et l'éthique), Nietzsche rejeta les deux premiers en supposant leur vacuité et leur inutilité, et concentra toute sa pensée sur le troisième : l'éthique.

Mais, si l'épistémologie permet d'évaluer la qualité des hypothèses métaphysiques, une éthique, sans métaphysique pour la fonder, tourne en rond, faute d'un étalon d'évaluation. Aussi, Nietzsche fait-il de la métaphysique sans l'avouer lorsqu'il met l'augmentation de la puissance (de vie et de pensée) au centre de son dispositif éthique. Ce principe est bien un principe métaphysique, un principe directeur à l'œuvre comme fondement du Réel et similaire à mon "intention d'accomplissement en plénitude".

Sans le vouloir, sans doute, Nietzsche fait de la "volonté de puissance" le Dieu immanent et unique qui anime la totalité du Tout-Un.

Nietzsche, alors, pratique, sans le savoir peut-être, un panenthéisme spinozien.

 

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La nature des valeurs éthiques conditionne profondément l'interprétation que l'on donnera à la réalité du Réel et la manière dont on s'y insèrera (ou pas).

Mais réciproquement, à la source de nos valeurs éthiques, il y a un ressenti profond, intuitif et viscéral de notre relation au Réel et de notre puissance de vie et de pensée par rapport à lui.

La question est : comment m'accomplir en plénitude dans ce Réel tel que je le ressens et dont je fais partie intégrante ?

 

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Qu'est-ce qui fait la valeur d'un humain (d'une science, d'une race, d'une culture, d'une religion, etc …) ? L'ampleur de sa contribution effective à l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit sur cette Terre !

A cette aune, on peut vraiment parler de supériorité et d'infériorité.

 

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Nietzsche n'est pas un philosophe au sens plein de ce terme ; il est seulement un éthicien … un éthicien de haut vol … un éthicien "immoraliste".

 

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Une valeur éthique n'est jamais ni vraie ni fausse, ni bonne ni mauvaise : mais elle peut être efficiente ou pas.

C'est donc en termes d'efficience et non de vérité qu'il faut aborder la question des valeurs éthiques.

Est efficient ce qui produit une contribution positive au but poursuivi, soit, ici, l'augmentation de la puissance de vie et de pensée.

 

*

 

La métaphysique est la quête de la connaissance véridique.

L'épistémologie est la quête des bons critères de véridicité.

L'éthique est la quête des valeurs efficientes en vue de la croissance de la puissance de vie et de pensée.

 

*

 

Instaurer des valeurs ("légiférer", dirait Nietzsche), c'est répondre à la question : comment vivre et penser ?

Mais aussi, indirectement, à la question : pour quoi vivre et penser ?

 

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Je ne sais pas ce que le mot "justice" veut dire. Je comprends encore moins les notions de "miséricorde" ou de "mansuétude", et celle d'une possible "irresponsabilité".

En revanche, je comprends parfaitement les concepts "justesse" et "équité".

 

*

 

La "vérité", c'est ce qui est utile et efficace.

La vérité, c'est ce qui marche … à tous les niveaux de la Vie, c'est-à-dire de l'action (la vie extérieure dans la Matière) et de la pensée (la vie intérieure dans l'Esprit).

Une connaissance est véridique si elle rend compte utilement et efficacement de la cohérence du Réel, et si elle produit des résultats utiles et efficaces lorsqu'on l'applique. Tel est le cœur de l'épistémologie.

Une valeur est bonne si elle augmente utilement et efficacement la puissance de vie et de pensée, et si elle produit des actions utiles et efficaces lorsqu'on l'applique. Tel est le cœur de l'éthique.

 

*

 

Les mots ne sont ni vrais ni faux. Ils ne sont que des symboles qui tâchent de représenter au mieux un objet ou concept (substantif), une action ou mutation (verbe), une caractéristiques (qualificatif), une manière de faire (adverbe), une relation (préposition), etc …

Et, parce qu'ils ne sont que des symboles, ils demandent à être interprétés par celui qui pense en mots ou par celui qui lit ou entend des mots.

C'est cette herméneutique, et elle seule, qui est éventuellement porteuse de véridicité.

 

*

 

L'esprit humain est un processus d'interprétation de ce qui est ressenti, de ce qui est su, de ce qui est construit.

 

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La qualité des interprétations tend à la véridicité du "pour-soi". Mais le recoupement de ces interprétations véridiques, tend à s'approcher de la vérité du "en-soi".

Le "pour-soi" et le "en-soi" ne sont que les deux faces d'une seule et même réalité de Matière, de Vie et d'Esprit.

 

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Tout langage est purement symbolique.

 

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Les mots ne donnent pas le sens. Ils l'induisent, l'appellent, le provoquent.

 

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Toute logique binaire (la logique aristotélicienne en est une, ne connaissant que deux valeurs : le vrai et le faux, le 1 et le 0) est forcément simpliste.

Il ne faut jamais oublier que, dans la vie réelle, la véridicité et la fausseté portent sur des propositions langagières, donc symboliques, et que le jugement de véridicité ou de fausseté ne peut porter que sur les interprétations données à la proposition langagière.

Encore une fois, il vaudrait mieux parler d'efficience ou d'inefficience relatives, d'utilité ou d'inutilité relatives.

Mais ce disant, il faut éviter le piège du relativisme car, par congruence, tout ce qui est efficient et utile, finit par converger vers le vrai.

 

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Une connaissance véridique n'est jamais ni bonne, ni mauvaise en soi. Elle n'est jamais qu'un outil. Et c'est ce que l'on fait de l'outil ou la manière de s'en servir qui peut être bénéfique ou maléfique.

La connaissance, si elle est véridique, est éthiquement neutre.

En revanche, spirituellement, plus une connaissance est véridique, plus elle procure de Joie.

 

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Toute cosmologie (étude des fondements "logiciels" universels du Réel) est une déclinaison d'une métaphysique (étude des principes directeurs du Réel, dûment validée par une épistémologie) … et toutes les sciences sont des déclinaisons de cette cosmologie.

L'éthique, quant à elle, vise à fonder les valeurs utiles et efficientes à l'humain, en vue de vivre en harmonie avec et dans cette cosmologie-métaphysique.

 

*

 

Les trois mots-clés de toute philosophie : Connaissance (métaphysique : fondement des réponses à toutes les questions), Véridicité (épistémologie : qualité et crédibilité de ces réponses) et Valeur (éthique : fondements comportementaux en conformité avec ces réponses).

 

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Il n'y a pas de "vérité" absolue accessible, mais il existe bel et bien des degrés de véridicité formant une échelle qui monte vers elle et qu'il faut vouloir grimper car plus elle est véridique, plus cette connaissance est utile et efficiente.

 

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Schopenhauer écrit :

 

"Toute vérité est simple."

 

Nietzsche rétorque :

 

"Double mensonge."

 

Ce que Schopenhauer dit et que Nietzsche n'a pas compris, c'est ceci : la simplicité est un bon critère de véridicité.

Et ce, pour une raison esthétique que ne renierait pas l'artiste Nietzsche.

 

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Spinoza : le champion du combat contre tout anthropomorphisme et tout anthropocentrisme.

Spinoza : l'antihumaniste radical.

 

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Il faut comprendre la vertu non pas comme une qualité morale, mais bien comme un courage éthique.

 

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Avec son "struggle for life", Darwin a complètement biaisé le regard contemporain sur la Vie en la présentant comme lieu de lutte, de concurrence, de compétition, de guerre, de relation entre dominant et dominé, etc …

En fait, dans la Nature, ce n'est pas ces processus de sélection l'un "contre" l'autre qui prévalent (même s'ils existent bel et bien, mais, selon la terminologie de Spencer, en termes de "sélection naturelle du plus apte" et non du plus fort).

La loi naturelle est bien plus celle de l'harmonie et de la symbiose que celle du "bellum omnium contra omnes".

 

*

 

Nietzsche (comme l'islamisme)  ne comprend et ne connaît que la notion de hiérarchisation mécaniste (la relation de dominant à dominé, de maître à esclave, de vainqueur à vaincu, etc …), il ignore l'idée d'une réticulation complexe, subtile dialectique organique entre autonomie et interdépendance.

 

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La Vie nourrit la Vie et engendre la Vie pour accomplir la Vie dans sa plénitude.

 

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La réalisation de la "volonté de puissance" conduit à une "ivresse" tout comme l'accomplissement de l'intention de plénitude engendre la Joie.

Tous ces concepts sont éminemment parallèles.

 

*

 

L'expression "volonté de puissance" chez Nietzsche, prête à confusion.

La notion de "puissance" n'a que peu à voir avec celle de "pouvoir" surtout au sens politique ou militaire du terme. Elle connote plutôt celle de "facultés", de "capacités", de "potentiels" ou de "potentialités" en regard de la Vie et de l'Esprit.

Cette "puissance" qu'il faut vouloir, est une puissance de vie et de pensée, une force intérieure au service de la Vie et de l'Esprit, une énergie capable de porter la vie et la pensée à leur plus haut niveau..

 

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Patrick Wotling écrit :

 

"La volonté de puissance constitue la logique animant l'ensemble de la réalité."

 

Il s'agit donc bien d'un principe métaphysique et téléologique (quoique Nietzsche s'en défende) qui fonde la logicité du Réel.

Cette volonté cosmique fonde donc bien un intentionnalisme.

 

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Au sens étymologique, la "volonté de puissance" est l'âme qui anime le Réel. Il est le Divin, le Logos et le Nomos tout à la fois.

 

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La "puissance" est la capacité à triompher des obstacles sur le chemin de l'accomplissement.

En hébreu, l'obstacle est Shathan, ce Satan qui s'oppose à la réalisation de l'intention et de la volonté.

 

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Le Réel est le siège et le champ de trois bipolarités inextinguibles et inépuisables dont les pôles s'opposent et cherchent à tirer parti de chaque configuration locale pour s'exprimer et se déployer.

Ce "cherche à tirer parti" est l'expression fondamentale de la "volonté de puissance".

Tout processus réel est le siège de six pôles, opposés deux à deux, qui, chacun est animé par une "volonté de puissance".

 

*

 

Nietzsche dont la formation et la connaissance philosophiques furent, somme toute, assez faibles, voit le processus philosophique européen comme un idéalisme forcené opposé à la Vie et au Réel.

Ce processus, tel qu'il le voit, est incarné par Platon et par la christianité.

Il connaît Héraclite et découvre Spinoza, mais les tient pour des exceptions – ce qui est vrai.

 

*

 

Pour Nietzsche, le fond du Réel, c'est la Vie c'est-à-dire un processus, un Devenir où l'Être n'a ni existence, ni place.

 

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Affirmer, en tout, la sublimité du Réel : Amor fati !

 

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Le pessimisme dit : la Vie n'est que souffrance.

Le nihilisme dit : la Vie ne vaut rien et tout s'y vaut.

Le nihilisme induit le pessimisme et le pessimisme nourrit le nihilisme.

Nietzsche s'oppose aux deux.

 

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* *

 

Le 09/08/2021

 

De Sunetra Gupta, épidémiologiste de renommée mondiale (Univ. d'Oxford) :

 

"Les véritables et incroyables dangers pour la santé :

 

  • avoir peur, se cacher, contraindre tout le monde à l'isolement, tout désinfecter de manière obsessionnelle ;
  • stigmatiser les malades sans distinction ;
  • traiter tous les agents pathogènes comme des sales bestioles à détruire avant qu'ils ne nous atteignent.

 

En réalité, nous devrions les intégrer avec sagesse dans nos écosystèmes en tant qu'associés infatigables dans l'entreprise de survie de l'humanité.

Il s'agit donc de coopérer avec intelligence, et non pas de désintégrer comme s'acharnent à faire, le dire et le répéter nos experts sanitaires de l'on ne sait plus trop quoi, qui nous culpabilisent tous les jours par tous les moyens possibles à leur portée, au point de nous gâcher la vie malgré nous. La science, ce n’est pas ça !

Il faut apprendre à résister à la pression de tous ces culpabilisateurs invétérés en mal d'autorité qui se soulagent en nous agressant et en nous transmettant leurs angoisses

Nous ne sommes pas en mesure de codifier les règles immuables des virus ; nous devons nous contenter des tendances générales qui sont venues à être observées par la science au cours des siècles.

La raison pour laquelle, au 21e siècle, tant de gens ont choisi d'oublier ce que nous avons appris au cours du 20e siècle, est un vrai mystère !"

 

Et du même tonneau, dans un article du Point :

 

"Le Sars-CoV-2 n’est pas le premier coronavirus humain circulant, mais le 5e membre d’une famille déjà constituée. Les coronavirus sont des virus respiratoires, courants et bénins la plupart du temps, responsables de bon nombre de rhumes chaque année.

Chaque virus ayant ses propres caractéristiques, celui-ci nous réserve peut-être encore des surprises, nous pourrions cependant espérer qu’il évolue, comme ses prédécesseurs, vers une circulation banale en population, provoquant ainsi des rhumes hivernaux sans plus de conséquences dès lors que chacun d’entre nous aura développé une immunité soit vaccinale, soit post-infectieuse."

 

Un virus pandémique devient naturellement un virus endémique grâce à des mutations qui, peu à peu, le rendent capable de vivre dans son nouvel écosystème sans y être violemment combattu.

Tout ce qu'un virus cherche, c'est à survivre en paix, discrètement, sans être pourchassé.

 

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Ce que j'avais prédit depuis 2015 vient de se réaliser.

La Chine s'était condamnée à une fuite en avant, dans des délires expansionnistes, commerciaux et financiers (dont a profité toute une classe de nouveaux riches parfois milliardaires).

Xi Jinping vient d'y mettre fin et de refermer la Chine sur elle-même en un vaste espace concentrationnaire, idéologique et carcéral, au détriment de l'économie.

Le paradoxe du capitalisme communiste vient de se clore : le communisme a triomphé et l'économie chinoise est au bord de l'effondrement.

Mao Tsé-toung a gagné et Deng Xiaoping a perdu.

C'est la grande chance de l'Euroland face à un Angloland wokiste en dégénérescence et un Sinoland communiste en faillite.

 

*

 

La dernière phrase significative de la quatrième et dernière partie du Zarathoustra de Nietzsche est la synthèse  magistrale de tout le reste :

 

"Est-ce au bonheur que j'aspire ? ce à quoi j'aspire, c'est mon œuvre !"

 

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L'équation de base de la pensée nietzschéenne dit que le Dieu des monothéismes (platonisme, christianisme, rabbinisme et islamisme) implique un dualisme qui déchire l'humain en un corps terrestre et matériel (qui est le support de la Vie), et une âme céleste et immatérielle (qui aspire à "l'autre monde").

Ce Dieu fait obstacle à la "volonté de puissance" qui seule permet l'accomplissement en plénitude de tout ce qui existe, humain compris.

Il faut donc que ce Dieu soit mis à mort pour que l'humain puisse se réunifier et accéder au surhumain.

Jusqu'ici, tout dans cette analyse me va bien …

Mais Nietzsche ne voit pas qu'il est d'autres conceptions, immanentistes, du Divin qui permettent de spiritualiser et de sacraliser le Réel dans ses trois dimensions de Matière, de Vie et d'Esprit, ce qui permet d'accomplir l'humanité au-delà (mais non "contre") l'animalité du seul biologique, des instincts de domination et de la violence sauvage.

 

*

 

La dévalorisation systématique du monde réel (celui de la Matière, de la Vie et de l'Esprit) au profit d'un monde imaginaire, parfait et idéal (parallèle ou à venir) est le grand crime de tous les idéalismes tant religieux qu'idéologiques.

Cette dévalorisation exprime un nihilisme qui fut et est encore la cause de toutes les dévastations que l'humain s'inflige à lui-même ou à la Nature.

 

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C'est le renversement de toutes les valeurs qui permettra de revaloriser le monde réel et d'éradiquer, définitivement, tous les "autres mondes" idéalisés.

La revalorisation du Réel passe par la transvaluation de toutes les valeurs.

 

*

 

Dans son Zarathoustra, Nietzsche propose trois types humains :

 

  • le "surhumain" qui assume aristocratiquement la mort de Dieu et la transvaluation des valeurs fondamentales ;
  • le "dernier homme" qui se noie dans sa radicale médiocrité et réclame son "bonheur" sous la forme "de pain et de jeux" ;
  • les "hommes supérieurs" qui croient comprendre le "surhumain", mais qui veulent le ramener dans l'humain.

 

*

 

Ce que l'humain appelle "souffrance" (qui n'est pas la "douleur" au sens physiologique) n'est qu'une construction mentale face à l'obstacle qui se dresse sur le chemin de son accomplissement.

La souffrance fait face à l'obstacle … pour s'en plaindre amèrement, mais non pour le dépasser

La souffrance apparaît lorsqu'on s'obstine à se cogner la tête contre l'obstacle.

Elle disparaît dès que l'on cesse de s'y cogner et que l'on envisage de le contourner, de le surpasser ou de la saper.

 

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L'altruisme est aussi nocif que l'égotisme.

Pourquoi ? Parce qu'il s'adresse aux seuls humains qui, au fond, n'ont aucun intérêt.

Le seul Amour qui ait un sens, c'est l'Amour du Réel, l'Amor fati !

 

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Face à la souffrance (qui n'est pas la douleur physique) d'un "autre", la pitié est non seulement inutile, mais nocive. En effet, toute souffrance est une construction mentale erronée que la pitié n'efface en rien, mais renforce et conforte, au contraire.

Face à la souffrance, c'est cette souffrance même qu'il faut dynamiter en en dénonçant le fondement imaginaire et factice.

Lorsqu'on pleure de chagrin, c'est sur soi-même qu'on pleurniche.

C'est cette pleurnicherie égotique qu'il faut dénoncer en exigeant qu'elle cesse.

Face à la souffrance, il faut poser une exigence !

 

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Tout altruisme est un égoïsme : on se fait plaisir à soi en "aimant" ou en "aidant" les autres.

 

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L'amitié n'est possible qu'entre semblables, indépendants l'un de l'autre, et se respectant mutuellement.

 

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L'Eros, c'est la charnalité corporelle – la volupté.

La Storguê, c'est l'affectivité émotionnelle – la tendresse.

La Philia, c'est l'amitié intellectuelle – la connivence.

L'Agapê, c'est la fraternité spirituelle – l'égrégore.

Surtout ne jamais confondre la nature de ces quatre niveaux et comprendre que l'Amour véritable, au sein d'un couple, doit reposer sur ces quatre piliers tout à la fois.

 

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Nietzsche fait dire à Zarathoustra ceci :

 

"Es-tu esclave ? Alors tu ne peux être ami."

 

Terrible vérité ! Surtout lorsque l'on est conscient que l'immense majorité des humains est esclave de soi-même.

 

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Amor fati : simplement dire "oui !" au Réel tel qu'il est et tel qu'il va.

Plus facile à dire qu'à faire …

Mais indispensable et vital si l'on ne veut pas vivre de fables et de fariboles.

 

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Dans l'expression Amor fati, le mot "fati" est le génitif de "fatum" : ce qui est fatal. Mais tout, dans le Réel, n'est pas fatal.

Nietzsche ne prêche nullement un quelconque fatalisme (il prône au contraire l'autonomie, l'esprit libre et l'effort pour surmonter les obstacles).

Il dit seulement qu'il faut accepter et assumer le Réel tel qu'il est et va, y compris sa part fatale.

 

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Nietzsche a très difficile d'imaginer d'autres types de relation à l'Autre (quel que soit cet "Autre") que ceux de domination, de possession, d'asservissement, etc …

C'est son côté "musulman".

 

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A la notion de "hiérarchie des pouvoirs", je préfère, de loin, celle de "complémentarité des talents". Cette dernière façonne le fonctionnement en réseau (réticulation au-delà de toute hiérarchisation).

Il est, cependant, essentiel de bien clarifier la typologie des talents y compris ceux de décisionnaire, d'organisateur, d'optimisateur, de coordinateur, de contrôleur, de motivateur, etc …

 

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Le 10/08/2021

 

La gabegie coronavirale, soi-disant sanitaire, est suscitée et alimentée par les gros sous de l'industrie pharmaceutique.

La gabegie éolienne, soi-disant écologique, est suscitée et alimentée par les gros sous de l'industrie para-énergétique.

Etc …

Il me paraît très clair que ces dinosaures industriels en voie de disparition signent leur chant du cygne, dans une dernière bataille désespérée, en surfant sur les vagues des grandes peurs de notre époque et en profitant de la faiblesse politique de nos systèmes démocratiques à la dérive.

 

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L'humain appartient pleinement à la Nature et à l'animalité, mais, du fait de sa totale inadaptation à la vie sauvage, il porte aussi la mission et la vocation d'inaugurer la voie de la Culture et de l'Esprit.

Non que l'Esprit n'existât pas antérieurement, mais bien que l'Esprit cosmique était à l'œuvre depuis toujours, comme la Matière et la Vie, mais qu'il œuvrait à l'état diffus et global, sans être concentré et localisé.

Le surhumain sera un animal culturel (et non social).

 

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L'humain actuel se situe très majoritairement bien plus du côté de l'animalité grégaire que de la surhumanité noétique.

 

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La surhumanité ne s'oppose par à l'animalité ; elle la surpasse tout en l'englobant et en la choyant.

De même, la Culture ne s'oppose pas à la Nature ; elle la surpasse en l'englobant et en la choyant.

Nietzsche a le tort de toujours se placer dans des dualités de lutte, de combat, de guerre ; toute la dynamique du Réel vient de bipolarités irréductibles, c'est un fait, mais ces bipolarités induisent des dialogiques constructives et non des sélections et éliminations darwiniennes.

A chaque émergence, ce sont les mêmes bipolarités qui s'expriment autrement, de façon plus sophistiquée (c'est cela la complexification et les sauts de complexité).

 

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L'humain, depuis son émergence dans la biosphère et parce qu'il est physiquement inadapté à la vie sauvage, n'a eu de cesse, pour conjurer sa peur panique de la Nature de s'inventer des mythes de plus en plus généraux et abstraits : animisme, polythéisme, monothéisme, idéalisme, … puis technologisme.

Il est temps, à présent, dans une Nature quasi totalement domestiquée, d'abolir cette peur atavique et les mythes qui lui répondent.

Il est temps de signer un traité de Paix définitif entre Nature et Culture (c'est sans doute cela qu'il faudrait appeler l'écologie authentique, loin des escrologies politiques).

 

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On ne peut que suivre Nietzsche lorsqu'il affirme, dans "L'Antéchrist", que le seul vrai chrétien fut Jésus et que son "Evangile est mort sur le croix".

Il ne faudrait plus parler de "christianisme" et de "chrétiens", mais bien de "paulinisme" et de "pauliniens".

De plus, il faut toujours garder en tête que les "Evangiles" canoniques sont des faux et ont été écrits tardivement dans la pure lignée paulinienne et contre la lignée judéo-chrétienne de Jacques, frère de sang de Jésus.

Le vrai message de Jésus et son Evangile authentique transparaissent bien mieux aux travers des écrits de la communauté d'Alexandrie que l'on appelle les "apocryphes".

 

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Ces derniers siècles dits de progressisme ont fait évoluer l'humanité vers le "plus" quantitatif, plutôt que vers le "mieux" qualitatif.

Plus de pain et plus de jeux, plus de loisirs et plus de vieillesse, plus de progéniture et plus d'argent, plus d'amusement et plus de distraction, etc …

Mais tellement moins de Joie et de Vie !

 

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Triomphe de la quantité sur la qualité ; triomphe du nombre sur la forme.

Il est urgent de valoriser toutes les formes de frugalité.

 

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L'uniformisation égalitaire (l'entropie et la mort) s'oppose à la complexification élitaire (la néguentropie et la vie).

Tout ce qui uniformise, tout ce qui démocratise, médiocrise et tue.

 

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La démocratie est la tyrannie des plus nombreux, donc l'apologie de la médiocrité.

 

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La souffrance est une construction mentale visant à exorciser l'obstacle.

Or, l'idéalisme souffre du Réel qu'il veut remplacer par ses chimères ; donc l'idéaliste considère le Réel comme un obstacle dont il souffre.

Ainsi se referme le cercle vicieux et le syndrome de la poule et de l'œuf : l'idéaliste rêve d'un "autre monde" parce qu'il souffre du Réel qui fait obstacle à cet "autre monde".

Une seule conclusion est à en tirer : l'idéaliste aime sa souffrance qui est "sa" réalité. L'idéalisme est un masochisme moral et mental.

 

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Ce que Kant appelle "impératif catégorique" décrète que chacun doit faire (devoir) de façon désintéressée (morale) ce qui est universellement bien et juste pour tous et pour tout.

Cela s'oppose en tous points à l'eudémonisme aristotélicien pour lequel la Joie est la signature de l'action bonne.

Nietzsche, évidemment, s'oppose catégoriquement à l'impératif catégorique de Kant qui n'est qu'une resucée philosophique de l'impératif moral de la christianité (la loi universelle donnée par Dieu aux hommes).

 

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La "Foi" chrétienne – pure invention de Paul ("le Salut par la Foi") reprise par Luther – affirme la confiance et la croyance en la Providence et en la Justice divines, c'est-à-dire en ce qui lève l'Obstacle qu'est le Réel, ses lois et ses modalités réelles.

Cette "Foi" est donc le rejet et le refus du Réel.

 

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Le "Bien" au sens platonicien et chrétien, cela n'existe pas.

On ne fait pas "le Bien" ; on fait parfois du "mieux".

 

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Le style aphoristique me paraît "néguentropique" par sa concentration, sa densité, son bouillonnement intérieur, son trop-plein de tensions de sens et visant à leur dissipation dans l'émergence d'herméneutiques "jaillissantes".

 

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La pensée aphoristique est une pensée réticulée, "en réseau" (donc non linéaire et à plusieurs dimensions), beaucoup plus riche et dense que la pensée linéaire des logiques discursives.

 

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Au vu des funestes connotations historico-politiques qu'ont les termes "aristocraties" ou "noblesse", et afin que les confusions qu'ils induisent disparaissent, je crois préférable de parler de "virtuoses" et de "virtuosité" au sens de maîtrise, au plus haut niveau de son art (non pas au sens artistique, mais en son sens général d'art de vivre, de penser, de construire, d'aimer, de s'élever spirituellement, de chercher scientifiquement, d'enseigner, d'initier, etc …).

 

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La surhumanité est une virtuosité sublime.

 

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La virtuosité est rare ; elle est antidémocratique par essence et construction.

Les virtuoses forment des castes surhumaines.

Des exemples de telles castes existent : la Franc-maçonnerie (universelle et régulière, et non les ersatz politico-affairistes français) dans le domaine de la spiritualité initiatique et fraternelle, le Compagnonnage dans le domaine des métiers de la main, certaines Académies dans les domaines intellectuels, certains Ordres monastiques dans le domaine religieux, etc …

 

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Le virtuose se reconnaît à la maîtrise qu'il a de lui-même et de son art. L'une ne va pas sans l'autre.

Il pratique une voie ascétique dans sa discipline (si j'ose dire).

La recherche de la plus grande perfection possible est l'intention dominante de son projet de vie.

 

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Les valeurs des virtuoses ne sont pas les valeurs communes et vulgaires.

La relation entre les virtuoses et le commun des mortels, c'est-à-dire la relation de surhumains à humains, n'est pas une relation de pouvoir de "maître" à "esclave" comme le voudrait Nietzsche, mais une relation initiatique de "maître" à "profane".

 

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La virtuosité est sélective et élective.

 

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Le virtuose ne cherche jamais le pouvoir ; il laisse cela aux démagogues, c'est-à-dire, étymologiquement, à ceux qui veulent conduire les médiocres.

 

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Le virtuose "fait autorité", naturellement.

 

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Nietzsche se trompe complètement sur la notion d'ascèse. Il n'y voit qu'une discipline négative contre soi-même, une sorte de sacrifice ou de mutilation de soi en faveur d'un idéal plus ou moins éthéré.

Il y voit une apologie idéaliste ou idéalisante d'une chimère à laquelle on sacrifierait sa vie et la Vie.

Il ne voit dans l'ascèse que l'ascétisme flagellatoire d'extrémistes religieux, notamment chrétiens.

Il n'y voit pas la pratique consciente et patiente de l'accomplissement du meilleur de soi et en soi, au service d'un accomplissement plus grand, au service d'une virtuosité visant la plus haute perfection possible.

 

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De Philippe Choulet, avec ironie :

 

"Avoir un idéal dispense d'avoir des idées."

 

L'aphorisme est parfait : l'idéaliste ne pense pas, il croit et prêche.

 

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Quand Nietzsche proclame : "Dieu est mort", c'est seulement le mot "Dieu" qui devrait être mort.

 

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Nietzsche confond "athéisme" (négation radicale du Divin sous toutes ses formes) et "antithéisme" (négation du Dieu personnel, créateur des mondes mais extérieur et étranger à ceux-ci, tel que décrit par les monothéismes).

Cette confusion ferme la porte à toute spiritualité immanentiste, à tout panenthéisme et, par suite, à toute spiritualisation à toute sacralisation de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, donc du Réel.

 

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L'athéisme au sens profond de négation radicale de toute forme de Divin est donc aussi négation radicale de tout Nomos et de tous Logos dans le Réel, c'est-à-dire rejet de tout principe cosmique de cohérence dans aucune des dimensions du Réel : rien n'a de sens et donc rien n'a de valeur.

Cet athéisme-là est un pur nihilisme.

Comment alors rendre cohérent l'athéisme radical de Nietzsche avec son anti-nihilisme ? En niant la notion de cohérence.

 

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Dieu – au sens du Divin immanent du Réel – est la négation absolue de toutes les idoles

La Bible hébraïque et le judaïsme ne cesse, depuis trois millénaires, de faire la guerre à toutes les idolâtries (guerre que Nietzsche reprend dans "Le Crépuscule des Idoles"), même contre ces idoles que sont le Dieu personnel et la Torah sanctuarisée.

 

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Un Dieu idolâtré est une idole !

 

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Manifestement, Nietzsche ne comprend pas l'immense gouffre qui sépare "spiritualité" et "religion". Dommage …

 

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La spiritualité est l'art de poser les questions essentielles.

La religion est l'art d'imposer des réponses dogmatiques.

 

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Démocrite, Lucrèce, Descartes … Même combat !

Perdu … puisque le Réel n'est ni atomiste, ni assembliste, ni analytique.

 

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Christophe Colomb avait l'intention de trouver un nouveau chemin vers les Indes orientales … et il découvrit, en fait, l'Amérique antillaise.

Sérendipité.

L'intention (le projet) est une chose, sa réalisation (le trajet) en est une autre.

Il est indispensable de dissocier les notions d'intention et de finalité.

L'intentionnalisme n'est jamais du finalisme. Ou alors, par hasard.

 

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Ce que l'on croit véridique aujourd'hui est souvent la réponse à ce que l'on a découvert faux naguère.

L'humain progresse à reculons.

 

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A chaque époque, la Sagesse a dû trouver de nouvelles voies parce que la question cruciale et centrale posée avait changé de nature.

C'est exactement cela un changement de paradigme. C'est d'abord la question centrale qui change (la Vérité, la Puissance, la Foi, le Salut, le Bonheur, …).

Un paradigme s'effondre parce qu'il répond à une question qui n'est plus d'actualité (quelle que soit la qualité de cette réponse).

La question centrale de la modernité que nous quittons aujourd'hui, était celle de la quantité de vie. Cette question est obsolète et est remplacée par celle de la qualité de la vie.

 

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Le concept de "barbarie" redevient, aujourd'hui, de pleine actualité, avec l'islamisme et le wokisme, sur un terrain largement préparé depuis un demi siècle par tous les idéalismes primaires et imbéciles des socialo-gauchismes, et suscitant des populismes tout aussi crétins et barbares.

Bref : l'Euroland est rongé de barbarismes et de barbarisations, qui n'ont guère de difficultés à prendre racine dans les terreaux de populations autochtones incultes, idiotes, stupides et inféodées au "panem et circenses" et aux assistanats généralisés.

 

(Ici finissent mes commentaires du "Dictionnaire Nietzsche" (Collection "Bouquins").

 

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Le World Happiness Review de l'ONU classe 150 pays selon le sentiment de bien-être de leurs habitants.

Sur les dix premiers de ce classement, il y a neuf pays européens du Nord, essentiellement (le neuvième, le seul non européen, est la Nouvelle-Zélande). Et ce n'est pas un hasard : l'Euroland est de loin le continent le plus avancé sur le chemin de l'émergence du paradigme de la post-modernité et de la post-christianité.

Le fait intéressant, la pandémie n'a eu aucun effet sur ce classement !

Et, de fait, cette pandémie est un non-événement dans la réalité, monté en épingle, artificiellement, pour des raisons politiques et médiatiques.

 

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La Joie naît de la dissipation des surtensions car celle-ci fait avancer l'accomplissement.

 

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De mon ami Roger-Pol Droit :

 

"Spinoza ne garantit pas le bonheur en dix leçons, trois séances de reconditionnements ou un week-end de coaching. Il ne suggère pas de 'penser positif' ni de se reprogrammer pour voir tout en rose. Fausses méthodes, mais vraies arnaques, ces bonheurs sur mesure sont le fonds de commerce de développement personnel. On n'y trouve, au mieux, qu'une adaptation illusoire au monde comme il va."

 

Il est temps de dénoncer ces arnaques insipides et grotesques des psys, des coaches et autres "professionnels" du "bonheur" rapide, garanti et sur mesure.

Ces gens sont, au mieux, des ignares, au pire, des manipulateurs ; mais ils sont tous des charlatans et des imposteurs (comme Freud, Lacan et tant d'autres).

Il est urgent de répéter que les "souffrances" existentielles sont des constructions mentales pour ostraciser les obstacles de la vie dont beaucoup sont devenus incapables de dynamiter par eux-mêmes (mais il est vrai que l'assistanat et le parasitisme sont devenus des modes de vie à part entière).

 

Spinoza écrit :

 

"L'expérience m'ayant appris à reconnaître que tous les événements ordinaires de la vie commune sont des choses vaines et futiles, et que tous les objets de nos craintes n'ont rien en soi de bon ni mauvais et ne prennent ce caractère qu'autant que l'âme en est touchée, j'ai pris enfin la résolution de rechercher s'il existe un bien véritable et capable de se communiquer aux hommes, un bien qui puisse remplir l'âme tout entière, après qu'elle a rejeté tous les autres biens, un bien qui donne à l'âme, quand elle le trouve et le possède, l'éternel et suprême bonheur. (…) La joie est le passage de l'homme d'une moindre à une plus grande perfection."

 

Comme déjà maintes fois dit : la Joie naît de l'accomplissement, c'est-à-dire de l'augmentation de la puissance de vie et de pensée, c'est-à-dire de la montée en virtuosité visant la plus haute perfection possible, c'est-à-dire de l'amplification de le maîtrise de l'art de vivre comme intention dominante du projet de vie, comme recherche de la plus grande perfection possible, comme cheminement vers cette plus grande perfection possible.

 

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La virtuosité est surhumaine et fonde le surhumain.

Elle tend à augmenter la puissance de vie et de pensée.

Elle tend à la plus grande perfection possible.

Elle cherche la maîtrise parfaite de son art.

Elle engendre les vraies aristocraties et les vraies noblesses.

 

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Contre la révolution, la révélation !

 

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Le 11/08/2021 (Notes de lecture sue "Le crépuscule des idoles")

 

De Nietzsche :

 

"Quand on possède tous les 'pourquoi?' de sa vie,

on s'accommode à peu près de tous ses 'comment?'."

 

Je n'écrirais pas les "pourquoi ?", mais plutôt le "pour quoi ?".

La téléologie (l'intention, le projet, la volonté, me désir) importe plus que la généalogie (l'histoire, la mémoire, l'héritage, le patrimoine).

 

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L'esprit de système est une marque de cohérence.

Toute pensée cohérence doit être systémique et systématique.

 

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De soi, il n'y a rien à voir … que son ombre ou son image inversée.

C'est en soi et hors de soi qu'il faut regarder afin d'y voir la seule chose qui existe : le Réel !

 

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C'est le principe même de la monarchie qui est absurde, que celle-ci soit royale, républicaine ou, pire encore, dictatoriale.

Cette absurdité vient de la règle des trois unités : l'unicité du territoire, l'unicité du pouvoir et l'unicité de la loi.

Il faut établir la règle des trois multiplicité :

 

  • une multiplicité de territoires fédérés,
  • une multiplicité de pouvoirs séparés,
  • une multiplicité des lois spécifiques.

 

*

 

Tant que tu ne comprendras pas que c'est la Vie qui se vit à travers toi et que c'est l'Esprit qui se pense à travers toi, tu ne seras qu'une personne (per-sona) c'est-à-dire un masque de comédien.

 

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Le monde réel n'est ni un spectacle, ni un néant ; il est un chantier.

Si tu n'es pas constructeur, tu n'es rien et tu n'as aucun droit.

L'humain ne vaut que par ses œuvres c'est-à-dire par ses contribution à l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit.

 

*

 

Il y a le troupeau.

Il y a ceux qui veulent le mener.

Et il y a ceux qui s'en éloignent le plus possible.

 

*

 

Entre la Matière, la Vie et l'Esprit qui demande de choisir ?

Aucune n'existe ni ne vaut quoique ce soit sans les deux autres.

Toute philosophie qui "choisit", est bancale. Ainsi le platonisme et le christianisme qui renient la Matière et la Vie au profit du seul Esprit.

Une table (de la loi) qui ne tient que sur un seul pied, s'effondre au premier vent.

Trois est le nombre minimal, mais bien suffisant.

Principe de simplicité. Principe du rasoir d'Occam.

 

*

 

Toute la réalité du Réel tient sur le nombre TROIS.

 

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La tradition philosophique occidentale a, malheureusement et longtemps, voulu séparer l'Esprit du reste (Matière et Vie : le monde mondain) par un dualisme délétère et létal.

Cela commença avec Pythagore (le maître de Platon, lui-même maître du pharisaïsme, lui-même maître du christianisme, lui-même maître de l'islamisme) et s'effondre sous nos yeux.

 

*

 

Les trois piliers de toute existence : rationalité, virtuosité et intentionnalité.

La rationalité implique cohérence, logicité et optimalité.

La virtuosité implique maîtrise, perfection et noblesse.

L'intentionnalité implique volonté, passion et courage.

 

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La différence est fondamentale entre la dialectique et la dialogique.

La dialogique (au sens de Socrate et Platon) est un jeu logique de questions et de réponses, aboutissant à la victoire d'un vainqueur.

La dialectique (au sens de Hegel) est, au sein d'une bipolarité ou d'une multipolarité, un jeu de tensions et de dissipations visant l'émergence d'une solution de niveau supérieur.

Une dialogique s'arrête sur la victoire du plus astucieux ; une dialectique ne cesse jamais, tant que dure sa bipolarité-source.

 

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Il est indispensable de ne pas confondre logique et logicité.

La "logique", au sens premier et fort, est l'application systématique et rigoureuse d'une matrice formelle (aristotélicienne ou autre) qui s'appuie, à la fois, sur des règles strictes de raisonnement et sur les deux valeurs duales du "vrai" et du "faux" (auxquelles on peut aussi parfois ajouter l'attracteur universel logique : "indéterminé", donc : "ni vrai, ni faux").

La "logicité" exprime, de façon bien plus large, que l'évolution du processus que l'on étudie, est cohérente et s'appuie sur quelques règles – le plus souvent inconnues – qui impliquent une rationalité, immanente au processus.

La "logique" est logicielle et algorithmisable, parce que d'essence analytique ; la logicité ne l'est en général pas pour les processus complexes, parce que d'essence holistique.

Le Réel, pris comme un tout, est un processus doué de logicité mais qui, globalement, n'obéit pas à la logique binaire.

 

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L'idée de "lutte" est centrale chez Nietzsche.

Pour lui, en bon darwinien (et Darwin est héritier de Hobbes : Bellum omnium contra omnesHomo homini lupus est – etc …), tout est lutte pour la vie.

La biologie et l'écologie savent aujourd'hui qu'il n'en est rien et que la coopération intraspécifique mais aussi interspécifique, est la règle naturelle dominante, le combat violent n'apparaît que lorsque toutes les autres solutions ont échoué. 

 

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Lorsque Nietzsche parle de la "raison", il parle en fait de la "logique" (ou du "rationalisme" strict et primaire) et non de la "rationalité".

 

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Socrate fut le fondateur de l'humanisme (de l'anthropocentrisme – les présocratiques étaient cosmocentrés).

Platon, son disciple zélé, fut le fondateur de l'idéalisme ; ce n'est pas un hasard.

Il faut en effet une dualité pour fonder tout idéalisme (l'opposition entre le Réel et l'Idéal) et l'humanisme est un dualisme (puisqu'il place l'humain ou l'esprit humain ou l'âme humaine au-dessus ou en dehors de la Nature).

Quant à Aristote, élève mais contradicteur de Platon, il fut sans doute le fondateur du rationalisme avec, d'une part, sa logique formelle et, d'autre part, sa physique empirico-déductive.

Humanisme, idéalisme et rationalisme forment, ensemble, le socle de toute l'histoire philosophique et scientifique de l'occident … jusqu'à aujourd'hui où ce socle se fissure et s'effondre de partout.

 

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La rationalité est nécessaire, mais elle n'est jamais suffisante. Il faut encore qu'elle soit mise au service d'un intentionnalité forte.

Sinon elle tourne à vide et produit des chimères ou des monstres.

Tout et son contraire peuvent être rationnellement démontrés (c'est cela que Nietzsche reproche à Socrate et que Platon reproche aux sophistes).

La logicité et la logique doivent servir un projet qui les dépasse. Ce n'est donc pas la "raison" qu'il faut juger (ce que fait Nietzsche, à tort), mais bien la qualité et la justesse du projet au service duquel on la met.

La raison doit être une servante zélée, mais jamais une maîtresse acariâtre.

 

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La notion d'instinct est centrale chez Nietzsche. Mais, a contrario, le biologiste Jean Rostand disait que : "l'instinct est la poubelle de nos ignorances".

Pour Nietzsche, les instincts (ou pulsions, ou affects, etc …) sont les expressions infra-conscientes  de notre "volonté de puissance" qui est la volonté d'augmenter notre puissance de vie et de pensée.

Ce mot "instinct" est totalement inapproprié. Il ne s'agit pas de cela.

Il s'agit plutôt de constater que tout ce qui existe a le même moteur d'évolution à savoir six propensions universelles (accomplissement et patrimoine, intégration et individuation, créativité et régularité) qui, selon les processus et les circonstances, les milieux et les configurations, vont se combiner et s'exprimer de mille façons différentes.

Le mot "instinct" relève de la zoologie, de l'animalité ; les six propensions évoquées plongent bien plus profond, dans la texture même des fondements du Réel. Il ne s'agit pas de zoologie, mais de cosmologie !

 

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Les métaphysiques de l'Être sont incompatibles avec la métaphysique du Devenir, donc incompatible avec le Réel qui est pur Devenir, qui est processus en totale évolution.

Or, la philosophie occidentale – au contraire du Taoïsme, par exemple, et sauf quelques rares exceptions comme Héraclite, Zénon de Cittium, Maître Eckart, Spinoza, Hegel, Nietzsche, Bergson, Teilhard de Chardin, Whitehead – est toute fondée sur une métaphysique de l'Être, immuable et parfait, incorruptible et éternel, et ce, depuis Parménide.

Mais, contrairement à ce que pense Nietzsche, l'indispensable métaphysique du Devenir qui doit, d'urgence, devenir la nouvelle norme philosophique, n'implique nullement le rejet d'une quelconque logicité et rationalité.

Nietzsche pense à tort qu'une métaphysique du Devenir doit éradiquer tout ce qui est stable et constant, donc doit se défaire de toute idée de règles rationnelles pour comprendre et modéliser l'évolution de tout et du Tout. Il en conçoit un rejet de toute cosmologie, physique ou science, et en déduit une fondement "artistique" c'est-à-dire créatif et improvisateur à tout ce qui existe.

Ce rejet de toute cohérence immanente au Réel est … cohérent avec son absolutisation du Devenir et son rejet radical de toute permanence. Mais il est incohérent avec la réalité du Réel qui révèle sa cohérence, donc sa logicité, dans l'expérience quotidienne de tout un chacun.

 

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Le processus cosmique pourrait être défini comme "le divinisation du Réel" et l'intention fondatrice, celle de "faire advenir Dieu".

 

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Au commencement, était l'Intention de l'Esprit. L'Intention engendra l'activité de la Vie et donc le temps. La Vie engendra la substance de la Matière et donc l'espace. Et l'Esprit, la Vie et la Matière engendrèrent le Réel cosmique et sa logicité qu'il restait à accomplir en plénitude.

 

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Le monde réel est vivant donc en perpétuel Devenir ; il est Vie.

Or le Devenir (la Vie) est incompatible avec l'Être.

Nietzsche, avec raison, voit, dans cette contradiction, l'origine des fables d'un "autre monde" plus vrai que celui-ci, parce qu'immuable et parfait, éternel et achevé.

 

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Le principe de causalité (et la doctrine du causalisme développée par Aristote) pose que tout effet a une cause (ou, à tout le moins, un nombre très restreint de causes convergentes).

En réalité, tout phénomène actuel et local résulte de l'ensemble de tout ce qui est arrivé partout, depuis toujours : chaque évènement est porté – mais non intégralement déterminé - par l'ensemble de toute l'évolution du Tout.

Tout est interdépendant de tout.

 

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La passion est une souffrance.

L'enthousiasme est une exaltation.

Ne pas les confondre !

 

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Il faut apprendre à spiritualiser ses "passions" pour qu'elles deviennent des "enthousiasmes" !

Les étymologies en témoignent : "passion" vient du verbe latin patior qui signifie "souffrir" (comme on parle de la "passion" du Christ), alors que le mot "enthousiasme" vient du grec et signifie "être dans le souffle des dieux".

 

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S'inventer des ennemis est le plus court et le plus sûr chemin pour se convaincre que la violence et l'agressivité sont légitimes.

 

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Toute morale, avec ses "tu dois" et ses "tu ne peux pas", doit toujours être au service de l'accomplissement du Réel – donc de la Matière, de la Vie et de l'Esprit – et jamais au service d'un Idéal quelconque, support fantasmatique de quelque idéalisme que ce soit.

Il faut donc impérativement, comme le fait Nietzsche, distinguer les morales "naturalistes" au service du Réel, et les morales "idéalistes" au service d'un Idéal.

Promouvoir celles-là et éradiquer celles-ci.

Ainsi, par exemple, l'idéal "égalitaire" est contre-nature et doit être proscrit.

 

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En termes éthiques, les six pôles universels d'évolution disent ceci :

 

  1. Cultiver la virtuosité dans son art.
  2. Préserver les patrimoines précieux.
  3. Elaborer son autonomie personnelle.
  4. Fréquenter des réseaux sélectifs et électifs.
  5. Construire tout ce qui manque.
  6. Vouloir la paix et la non-agression.

 

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La religion dit : la morale produit le bonheur.

Nietzsche rétorque : le bonheur induit la morale.

Inversion de la cause et de l'effet.

En réalité : le bonheur induit la morale pour perdurer.

La morale qui était idéaliste pour la religion, devient naturaliste.

 

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Toujours se rappeler cette "Pensée" de Blaise Pascal qui fonde les sciences de la complexité :

 

"Toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiates et immédiates, et toutes s’entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties"

 

Cela signifie – et Nietzsche aurait dû l'entendre – que les notions comme "cause" et "effet" sont purement illusoires.

 

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Nietzsche écrit que les trois "données internes" de l'humain (la volonté, le moi et l'esprit) qui sont censées être la cause de ce qu'il devient, sont illusoires puisqu'en effet, elles ne sont pas des "objets", mais des modalités du Réel qui s'y exprime d'une façon spécifique.

 

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Rien n'est objectivable. Rien n'est subjectivable.

Il faut sortir du dilemme kantien.

Il n'y a que des vagues à la surface de l'océan.

 

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Dans son souci de survie par l'anticipation, l'humain a été amené à vouloir "comprendre son monde" afin d'y éviter les dangers et d'y cueillir les opportunités.

Mais "comprendre" signifie "découvrir les relations de cohérence entre les phénomènes perçus" (d'où les relations de causalité, entre autres).

De plus, "son monde" n'est pas le Réel, mais seulement les manifestations perçues du Réel : cette image du Réel est donc partielle et partiale.

Sont-ce de bonnes raisons pour renoncer à comprendre "son monde" et, derrière lui, le Réel ?

C'est un pas que Nietzsche franchit trop vite.

 

*

 

Le "connu" et le "compris" sont le seul matériau disponible pour tenter d'appréhender l'inconnu et l'incompris.

Le passage de l'un à l'autre implique l'intelligence créative qui est l'autre nom de l'imagination. Donc, une bonne part de la connaissance est le fruit de l'imaginaire. Soit, Nietzsche a raison sur ce point.

Mais pour que ces "explications" imaginaires deviennent des "connaissances", il faut encore qu'elles soient validées par l'intelligence structurante qui s'assure de la cohérence entre cette nouvelle "connaissance" imaginée et tout le corpus des autres connaissances déjà validées.

Si ce test n'est pas réussi, la nouvelle "connaissance" imaginaire doit être rejetée et l'intelligence créative devra remettre son ouvrage sur le métier.

 

*

 

Par l'Esprit, la Vie et la Matière, le Réel s'accomplit.

Par l'Esprit, le Réel s'ordonne.

Par la Vie, le Réel se transforme.

Par la Matière, le Réel s'incarne.

 

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Tout le problème de l'humain réside dans sa relation à l'obstacle.

Face à l'obstacle, l'humain s'invente des souffrances, des névroses, des superstitions, des croyances, des magies, des religions, des fantasmes, des idéologies, des morales, des grigris, des psychanalyses, des psychothérapies, des idéaux, des idéalismes, des boucs émissaires, des malédictions, des expiations, des culpabilités, des culpabilisations, etc …

Alors que le problème est simplissime …

Il y a mille destinations possibles pour réaliser son intention.

Il y a mille chemins possibles pour atteindre une destination.

Il y a mille tactiques pour contourner, saper ou surpasser un obstacle sur un chemin.

 

*

 

La virtuosité consiste à maîtriser, au plus haut niveau de perfection possible, les tactiques et techniques permettant de surpasser les obstacles existentiels.

Développer cette virtuosité, c'est pratiquer la "volonté de puissance" c'est-à-dire l'accroissement de la puissance de vie et de pensée.

 

*

 

De Nietzsche :

 

"(…) personne ne donne à l'homme ses qualités : ni Dieu, ni la société, ni ses parents et ses ancêtres, ni lui-même (…).Personne n'est responsable du fait qu'il existe, qu'il est fait de telle ou telle manière, qu'il est dans telle ou telle condition, dans tel ou tel milieu."

 

En revanche et complément, chacun est totalement responsable de ce qu'il fait avec ce qu'il est.

 

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Il est sot de confondre "finalité" et "intention" (ce que fait Nietzsche).

Il n'y a jamais de finalité prédéfinie (par qui ?), en revanche chacun doit se construire une intention, un projet de vie, une éthique faite de règles existentielles.

 

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De Nietzsche, cette profonde vérité :

 

"La morale n'est qu'un langage symbolique (…)."

 

Les valeurs sont des pistes et non des concepts figés.

Quand je dis que la "virtuosité" doit devenir la première et prépondérante valeur éthique, je dis seulement que les humains qui veulent atteindre la surhumanité, doivent trouver leur chemin vers cette virtuosité qui cultive la plus haute perfection possible dans chaque art constructif, quel qu'il soit.

 

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Devant le principe éducatif, s'ouvrent deux voies : celle de faire rentrer l'humain dans un moule prédéfini et celle de stimuler le développement de ses talents …

Mais sans sombrer dans le pédagogisme délétère actuel … C'est au maître de déceler les vrais talents et non à l'élève-apprenti d'exprimer ses caprices.

 

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Le symptôme fort de la dégénérescence spirituelle que constituent le christianisme et le bouddhisme (tous deux construits sur la notion axiale de "souffrance"), est leur égalitarisme mortifère.

 

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La force violente et l'intelligence subtile s'opposent car celui qui recourt à la première n'a plus besoin de la seconde, du moins à très court terme.

Et le plus souvent, la brute est totalement dénué d'intelligence.

Il casse et pavoise, puis s'effondre.

 

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Le "Beau" n'existe pas.

En revanche, le sublime, parce qu'il allume l'enthousiasme et l'exaltation, existe bel et bien, mais il n'a aucune signification ni absolue, ni universelle. Le sublime n'est tel que pour moi.

Il est erroné de croire que l'esthétique est le culte du "Beau" ; l'esthétique n'est que l'élévation de la sensibilité vers la sublimité (c'est bien l'étymologie grecque du mot).

Aujourd'hui, par exemple, le "design" a le vent en poupe parce qu'il transforme l'utile en "beau" … en le rendant, souvent, inutilisable.

 

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Face aux obstacles de la vie, le première solution est de nier la vie (nihilismes) et la seconde, de maudire l'obstacle (idéalismes).

A ces deux solutions idiotes, il faut en opposer une troisième, réaliste, simple et pratique (mais nécessitant lucidité, responsabilité, intelligence, courage et effort) : assumer l'obstacle et le surmonter.

 

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Il est curieux que l'on parle volontiers de beauté pour un bel objet ou spectacle que l'on voit ou pour une belle musique ou sonorité que l'on entend.

En revanche, on ne dit jamais d'un goût, d'une odeur ou d'une texture qu'elles sont "belles".

La vue et l'ouïe ont le monopole du "beau".

 

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La seule question à poser à quelqu'un qui pleurniche : quel est le vrai obstacle de ta vie ?

 

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Nietzsche veut éliminer toutes les dégénérescences de la vie humaine : euthanasie, eugénisme, ostracisme, dégagisme (dirait-on aujourd'hui), … lui semblent positifs.

Il exècre toutes les formes d'humanitarisme.

Mais il me semble en contradiction avec lui-même : dès lors que l'on appartient à la surhumanité, en quoi les problèmes de dégénérescence de l'humanité importent-ils encore ?

En revanche, dans un monde fini doté de ressources limitées, le problème de la surpopulation humaine devient crucial et prioritaire.

Ce problème était inconnu au 19ème siècle, il est stratégique de nos jours.

 

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La vitalité d'une époque, d'un paradigme, d'une société se mesure à sa capacité de construire et non à sa capacité de démolir.

 

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Nietzsche affirme que : "l'homme libre est un guerrier".

Cette image du guerrier n'est que littéraire !

Pour avoir été militaire et avoir fait la guerre en 1973, j'affirme que cette image de BD est fausse !

Nietzsche a été brancardier pendant deux ou trois mois durant la guerre franco-prussienne à l'été 1870. Il a très vite été réformé pour dysenterie.

J'affirme, au contraire, que : "l'homme libre est un constructeur" !

Le Réel et ce fragment appelé le "monde humain" sont des chantier.

 

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Pour surmonter les obstacles de la vie, ce n'est pas un héros guerrier qu'il faut être, mais bien un virtuose obstiné.

 

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La confusion permanente de Nietzsche entre "puissance" et "brutalité" (ou "cruauté" ou "agressivité" ou "méchanceté" ou "possession" ou "domination" … ce sont ses propres termes)  est consternante.

La force violente, au contraire de la force de caractère, n'a rien à voir avec la puissance de vie et de pensée qu'il met, à juste titre, au pinacle des "valeurs".

Il consacrerait volontiers un Etat que l'on appellerait aujourd'hui "totalitaire", et qui "cravacherait" et "élèverait" ses ouailles de façon à les durcir et à en faire des conquérants ou des guerriers.

Lui, le musicien, le poète, voit dans la paix et l'harmonie, une "dégénérescence" et une "décadence". Alors que la puissance de vie et de pensée ne peut se développer que dans ces conditions paisibles et sereines.

 

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Le goût immodéré de Nietzsche pour le paradoxe et l'oxymore est agaçant.

 

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Surtout ne jamais confondre "beauté" ou "joliesse" qui sont des aspects, avec "élégance" qui est un comportement, une allure.

 

(ici se termine mes notes sur "Le crépuscule des idoles")

 

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Le 12/08/2021

 

Le philosophisme au 18ème siècle ("Lumières" en France, "Aufklärung" en Allemagne et "Enlightenment" à Grande-Bretagne) fut un phénomène essentiellement bourgeois (mais pré-industriel), plus anticlérical qu'anti-religieux, plus anti-aristocratique qu'anti-royaliste, plus libertin que démocrate.

Son ferment profond était le ressentiment des bourgeois enrichis face aux privilèges de la noblesse.

Mais, en Allemagne essentiellement, il engendra deux mouvements autrement plus riches et plus intéressants que lui : l'Illuminisme et le Romantisme, tous deux en quête d'une spiritualité mystique au-delà des religions et d'une sublimité présente partout mais invisible.

Ces deux mouvements furent les précurseurs d'une (re)spiritualisation et d'une (re)sacralisation de la Vie et de l'Esprit dont notre époque a un impérieux besoin urgent.

 

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De l'Intention, émergèrent l'Activité et le Temps.

De l'Activité, émergèrent la Matière et l'Espace.

De la Matière, émergèrent la Vie et la Nature.

De la Vie, émergèrent l'Esprit et la Culture.

 

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Le G.:A.: de l'U.: - Une métaphysique maçonnique.

 

Le Grand Architecte de l'Univers est le cœur battant de la Franc-maçonnerie régulière universelle.

Il serait trop simple de l'assimiler à l'idée de "Dieu" au sens des religions monothéistes car pourquoi, alors, ne pas simplement parler de "Dieu" et inventer une locution comme "le Grand Architecte de l'Univers".

Le mot "Dieu" ne veut rien dire ; c'est un mot inventé pour dire l'indicible.

En revanche, la locution "le Grand Architecte de l'Univers" veut dire quelque chose ; elle porte toute une métaphysique en trois mots : "Grand", "Architecte" et "Univers".

"Grand" s'oppose à tout ce qui est petit.

"Architecte" est un métier précis.

"Univers" est un concept scientifique.

Et ces trois mots s'articulent entre eux de façon construite : l'Architecte est celui qui conçoit l'Univers physique. Il est singulier, donc unique, et il est "le Grand" donc supérieur à tous les autres qui sont petits.

 

Si l'Univers possède son Architecte, cela signifie qu'il est architecturé c'est-à-dire structuré, organisé, ordonné, donc soumis à un principe de cohérence et de logicité. Et c'est précisément ce principe de cohérence et de logicité qui "est" l'Architecte. Mais que signifie "cohérence" et "logicité" ?

L'idée d'Architecte induit également une temporalité. En effet, le travail de l'Architecte implique deux temps distincts : le temps de la conception du projet dans le cabinet de l'Architecte, et le temps de la réalisation du projet sur le chantier des Compagnons.

Et le cabinet n'est pas le chantier. Qu'est-ce que cela peut bien signifier ?

Et qui sont ces "Compagnons" sur le chantier ? Quelle est leur relation avec l'Architecte ?

 

Habituellement, l'Architecte trace les plans du futur édifice et les transmet au Maître du chantier qui est en charge de leur réalisation concrète, avec les matériaux disponibles, sur un terrain désigné qui doit être géométrisé.

Où sont ces "Plans" ?

Qui est ce "Maître" du chantier ?

Quels sont ces "Matériaux" ?

Quel est ce "Terrain" ?

Qu'est-ce que cette "Géométrie" ?

 

Autant de belles questions auxquelles mon livre à venir ("Le G.:A.: de l'U.: - Une métaphysique maçonnique." – Edité par "Bords de Seine") tentera de répondre …

 

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Nos sociétés de modernité finissante étaient, plus que jamais, des sociétés d'apparence c'est-à-dire des sociétés où le paraître jouait un rôle premier dans les comportements. La pandémie semble avoir singulièrement changé la donne.

Nos sociétés actuelles sont devenues des sociétés de l'opinion ; une opinion du grand nombre et de l'ignorance, une opinion du mensonge et de la manipulation, une opinion illusoire de l'illusion et de la crédulité, une opinion de la peur, du complot, de la prostration …

 

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Le sens de l'humour ne semble fort mis à mal, ces dernières années.

L'humour est pourtant une forme d'intelligence.

C'est sans doute pour cela que les intégristes, musulmans ou autres, en sont dénués.

La pataquès absurde des "caricatures de Mahomet" en est une preuve cinglante.

 

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De Caroline Fourest :

 

"On se retrouve dans une situation paradoxale où des groupes intolérants profitent de la tolérance pour faire reculer la liberté d'expression."

 

La tolérance ne peut jamais tolérer l'intolérance.

 

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De mon ami André Comte-Sponville :

 

"Philosopher, c'est penser sa vie et vivre sa pensée."

 

Banal, mais joli …

 

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Le 13/08/2021

 

L'espace physique n'existe pas en tant que tel.

Il existe un espace des représentations avec trois (afin d'assurer la stabilité de l'atome quantique) dimensions géométriques (le domaine topologique), une (?) dimension temporelle (le domaine dynamique) et quelques autres (le domaine eidétique).

 

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Le Bien et le Mal : ça c'est la morale.

L'éthique est par-delà Bien et Mal.

Et l'éthique, c'est tout simplement (à dire mais pas à vivre) se conformer aux lois d'évolution du Réel, se conformer à l'Esprit du Réel.

L'éthique, c'est "Vivre selon la Nature", disaient les stoïciens.

Et comme, d'après Spinoza, Deus sive Natura, vivre selon la Nature, c'est aussi (autre manière de le dire) vivre selon Dieu.

 

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Les six pôles de tout Esprit :

 

  1. La Mémoire (à la fois accumulative et épurative)
  2. La Volonté (dans l'instant et dans la durée).
  3. L'Intelligence structurante (qui ordonne ce qui est).
  4. L'Intelligence créative (qui invente ce qui manque).
  5. La Sensibilité sensitive (analytique).
  6. La Sensibilité intuitive (holistique).

 

*

 

Tout processus est le siège de trois paires de processus antagoniques, une par domaine de représentation :

 

  • Dans le domaine dynamique :
    1. Le processus de patrimonisation (inertie)
    2. Le processus d'accomplissement (énergie)
  • Dans le domaine topologique :
    1. Le processus d'individuation (encapsulation)
    2. Le processus d'intégration (expansion)
  • Dans le domaine eidétique :
    1. Le processus de régularisation (entropie)
    2. Le processus de structuration (néguentropie)

 

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Quelqu'un qui a été militant communiste, de quelque bord que ce soit, est définitivement aussi abject qu'un nazi !

 

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Le totalitarisme n'est ni de gauche, ni de droite ; il est infect de quelque côté qu'on le regarde !

Le seul antidote au totalitarisme, quelqu'en soit la forme ou le socle idéologiques, est le libéralisme.

 

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Toutes nos démocraties sont en fait des régimes oscillant entre libéralisme et totalitarisme.

Les actuelles restrictions de liberté pour cause soi-disant sanitaire (les masques inutiles, les confinements contre-productifs, les tests fallacieux et les vaccins débilitants, sans parler de l'interdiction des seuls médicaments soignants), ressemblent de plus en plus à des "tentations totalitaires" selon le mot de Jean-François Revel, feu le père de mon ami Matthieu Ricard.

 

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Tout pouvoir tend naturellement à se totalitariser.

Plus ce pouvoir est idéologisé (socialisme ou populisme, par exemple), plus cette tendance est forte.

 

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Tout ce qui est fondé sur la pitié, nourrit le ressentiment.

Pourquoi ? Parce que rares sont ceux qui acceptent d'être perçus comme pitoyable.

 

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Le meilleur antidote à la misère, c'est la fierté !

Le TLF définit la fierté comme : "Souci de sa dignité, respect de soi-même. Satisfaction d'amour-propre fondée.".

La fierté n'est ni orgueil, ni vanité, ni arrogance.

 

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De mon ami André Comte-Sponville :

 

"Nous sommes tombés d'une erreur dans une autre ! La morale est revenue en force, c'est vrai, sous la forme du politiquement correct, qui en fait un 'moralement correct'. Dans les années 1968 et suivantes, 'tout était politique'. Quarante ans plus tard, plus personne ne rêve de faire la révolution, la gauche vit dans le mensonge depuis 1983, Mélenchon propose un programme keynésien, la droite est bloquée par le RN, les taux d'abstention aux élections atteigne de niveaux records, et la dérision l'emporte sur l'engagement ! Alors on se rabat sur les bons sentiments, le moralement correct et la 'cancel culture', qui voudrait imposer une dictature des minorités. Mais les bons sentiments ne font pas une politique. La vérité, c'est qu'il n'y a pas à choisir entre la morale et la politique : nous avons besoin des deux, et de la différence entre les deux !"

 

Voilà bien l'erreur de tout ancien militant (surtout communiste comme ACS) : distinguer politique et morale alors que le seul rôle du politique est de moraliser la société, de définir (au travers des lois que l'Etat a mission d'appliquer et de contrôler) l'éthique qui doit présider à tous les comportements, tant économiques que noétiques ou sociaux.

Le rôle du politique n'est pas d'imposer des comportements, mais d'imposer l'éthique qui doit régir tous les comportements.

 

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Il me paraît totalement évident que les civilisations judéo-helléno-chrétienne (européenne et "blanche", donc) et sino-japonaise (extrême-orientale et "jaune", donc) sont de loin supérieures à toutes les autres (civilisation indienne exceptée, qui est un monde multiple et à part).

A quelques très rares exceptions près, toutes les grandes œuvres humaines, tant littéraires que scientifiques, philosophiques, spirituelles et architecturales, depuis des millénaires, ont été produites par elles.

 

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L'aristocratisme passe par la fierté.

La virtuosité (qui en est, au fond, le synonyme), aussi : être fier de ses œuvres parce qu'elles atteignent une certaine perfection.

 

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D'une psychiatre :

 

"Les gens ne savent pas s'aimer eux-mêmes ;

ils sont beaucoup trop narcissiques pour ça !"

 

Le paradoxe n'est qu'une astuce fréquente dans cette corporation d'apprentis-sorciers, mais l'aphorisme est vrai.

Le narcissisme, c'est s'admirer dans le regard de l'autre (des autres), une obsession de séduction qui confine, souvent, à une forme de "prostitution" d'image de soi.

"S'aimer soi-même" (sans orgueil, ni vanité, ni arrogance) n'a rien à voir avec le regard de l'autre, mais bien avec la lucidité et la fierté légitimes.

 

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Du même André Comte-Sponville, pour "justifier" son athéisme :

 

"Si le peuple est souverain, il est exclu que Dieu le soit."

 

Cette réplique est doublement stupide.

La souveraineté du peuple est une idiotie : la souveraineté du "peuple" (qui fonde cette ineptie nommée "démocratie au suffrage universel") n'est que la souveraineté des démagogues qui ont séduit les masses qui ne demandent jamais à être souveraines de quoique ce soit, mais qui exigent seulement leur "panem et circenses".

La souveraineté de Dieu impliquerait, d'abord, de définir "Dieu" et si, selon Spinoza qu'ACS convoque si volontiers, Deus sive Natura, Dieu est évidemment souverain sur tout ce qui existe.

 

*

 

Et, toujours du même :

 

"Je suis humaniste, et l'humanisme est un spécisme : il postule que tous les êtres humains sont égaux en droit et en dignité, mais aussi qu'ils sont supérieurs par là à quelque bête que ce soit."

 

Encore une bêtise ! Les humains ne sont égaux en rien ; ils sont tous différents et uniques, et certains sont même pires et plus bas que bien des animaux.

L'humanisme est le nom euphémique de l'anthropocentrisme qui s'oppose cruellement et dramatiquement au cosmocentrisme si indispensable de nos jours, notamment au travers d'un écologisme authentique qui doit mettre l'humain au service de la Vie et de l'Esprit, sous toutes leurs formes.

 

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Vivre longtemps n'est pas un but.

Vivre bellement est un devoir.

Vivre sainement est un chemin.

 

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Un dicton paraît-il juif :

 

"Un Juif n'est pas quelqu'un dont les parents sont juifs

mais quelqu'un dont les enfants sont juifs."

 

Il y a là plusieurs erreurs dont la plus grave signale qu'est Juif celui dont la mère est juive … et non "les parents". Le père ne joue aucun rôle dans la transmission première et fondamentale ; il n'intervient qu'après.

 

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Nous assistons à une "corporatisation" de nos sociétés : chaque caste (universitaire, religieuse, politique, professionnelle, artistique, …) incorpore d'abord et surtout les enfants des membres de ladite caste.

Le cinéma et la mode en sont des exemples criants. Les "corps de l'Etat" aussi.

Le "fils de" ou "fille de" jouent un rôle de plus en plus crucial … comme si les savoirs et les talents étaient héréditaires.

 

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Et encore, pour finir, de ce cher André C-S :

 

"Quand ceux qui réussissent à l'école sont ceux qui ont l'école à la maison parce qu'ils sont enfants d'enseignants, cela veut dire que l'école de la République est en échec gravissime."

 

Tout à fait exact. Corporatisme héréditaire …

Quelle est la cause de ce marasme ? Le fait que le système éducatif, scolaire et universitaire soit sous la coupe de l'Etat, donc la chasse gardée de fonctionnaires (par définition, parasites et anti-entrepreneuriaux).

 

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De Michel Onfray à propos de "Aristote au Mont-Saint-Michel" de Sylvain Gouguenheim :

 

  • Faire de l'islam le "transmetteur" des écrits grecs est un mensonge. L'empire chrétien oriental a conservé et transmis tout le patrimoine intellectuel, philosophique et spirituel grec à la catholicité. Les musulmans n'y ont joué quasi aucun rôle (sauf les Arabes chrétiens). Le seul aristotélicien musulman que fut Averroès, a été condamné par les autorités coraniques.
  • Faire du Moyen-Âge un désert intellectuel, heureusement "revivifié" par la découverte, "grâce au musulmans", de la pensée grecque (c'est la thèse de ce pitre socialo-gauchiste que fut Michelet, inventeur du mythe de la "révolution française") et qui aurait "induit" la Renaissance et, par suite, les "Lumières", est un mensonge.
  • Faire des terres d'Islam (Espagne et Syrie) des lieux de tolérance et de coopération des trois religions monothéistes, est un mensonge. En terre musulmane, le statut des chrétiens et des juifs était (est toujours) celui de dhimmi, c'est-à-dire d'être inférieur, soumis et payant leur droit de vivre.
  • Dépénaliser le monde musulman d'avoir été les prédateurs et pilleurs du monde, ressort du mensonge organisé. La culture et la civilisation musulmanes n'existent tout simplement pas. Les "chiffres arabes" d'aujourd'hui, en sont un bel exemple. Ils n'ont rien d'arabe. Ils sont judéo-helléno-indien. Toute cette légende émane des milieux gauchistes anticolonialistes des années 1950 à 1980 qui voulaient, à toute fin, dévaloriser et détruire la supériorité évidente de la culture judéo-helléno-chrétienne européenne et conspuer l'ère coloniale..

 

"La confusion entre Arabes et musulmans est fautive. Autour de l'an mil, les Arabes chrétiens et les chrétiens arabisés par la conquête islamique constituent presque la moitié de la population des pays de l'islam. De même, une autre confusion fait du religieux lecteur du Coran et des hadiths un "savant' musulman ce qui ne correspond pas à l'idée que l'on peut se faire, d'un savant dans un régime intellectuel rationnel. Un savant selon l'islam n'entretiendra pas la relation qu'on imagine avec un savant selon l'ordre des raisons rationnelles et raisonnantes. Il est peu probable que le premier puisse enseigner autre chose au second que des contenus afférents à sa religion. (…) La science musulmane se confond avec la théologie islamique."

 

Et c'est une théologie d'une pauvreté abyssale !

Un hadith est édifiant :

 

"Quiconque apporte à notre religion une nouveauté qui n'en provient pas, celui-là est à repousser."

 

Dont acte ! Cela s'appelle du conservatisme fondamentaliste et obscurantiste.

Et Roger-Pol Droit de conclure :

 

"Somme toute, contrairement à ce qu'on répète crescendo depuis les années 1960, la culture européenne, dans son histoire et son développement, ne devrait pas grand-chose à l'islam. En tout cas, rien d'essentiel."

 

Ouf ! Enfin ! Un peu de lucidité.

René Marchand souligne, non sans une profonde ironie, le caractère belliciste, conquérant et impérialiste de l'islam "alors que, chacun le sait, l'islam est une religion de paix, de tolérance et d'amour".

 

Il est plus que temps de cesser l'islamolâtrie post-coloniale et gauchisante.

L'islam est une religion spirituellement pauvre, dérivée du christianisme arabe non paulinien (ébionite, syriaque et nabatéen), portée par un analphabète au service des incultes, une religion qui, dès Médine, s'est muée en une idéologie totalitaire et impérialiste. Grâce au colonialisme européen, cet islam s'est amadoué et une de ses franges est devenue civilisée ; mais aujourd'hui, cette frange tolérante, citoyenne et respectueuse des femmes, est écrasée par la haine et l'oppression des salafistes.

Il faut devenir clairement salafistophobe !

 

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De Peggy Sastre :

 

"Simone de Beauvoir, qui passera toute sa vie à s'empaler sur des vérités absolues et leurs explications totales, à commencer par son assimilation de la lutte pour l'égalité en droits des hommes et des femmes à une lutte entre les sexes, sur le modèle de la lutte des classes."

 

Comment peut-on encore perdre son temps avec ce bourgeois gauchiste de Sartre et cette noblionne bisexuelle de Beauvoir ?

Il n'y a rien là-dedans que du mondain germanopratin sans le moindre intérêt qui permet, à deux collabos notoires de Vichy (déguisés en "résistants"), de se déguiser en apôtres d'un gauchisme délétère (passer d'un totalitarisme à un autre n'est pas un problème pour les putains de la pensée).

Il faut enterrer ces deux cadavres purulents au plus vite dans les oubliettes de l'histoire de la pensée.

 

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Le 14/08/2021

 

En philosophie des sciences, la première question est "pourquoi" parce que le causalisme est le paradigme fondateur de la science occidentale qui part du principe (faux) que le présent est la suite logique du passé.

A ce causalisme, il faut opposer non pas un quelconque finalisme, mais un intentionnalisme du "pour quoi" qui "oriente" (c'est la "flèche du temps" chère à mon mentor Ilya Prigogine), qui oriente, donc, le présent et tout le passé qu'il contient, vers un futur à construire.

Mais il faut être prudent : une intention n'est jamais un but ! Elle est une règle de vie permanente, un projet, un désir, une envie, une tension intérieure (une in-tension), une motivation, un mobile, une volonté, une vocation, une mission, une inspiration, une discipline de vie, … tout ce que l'on voudra sauf un but précis à atteindre.

Le Réel est voilier en mer qui n'a aucune destination précise, mais qui aime naviguer en visitant toutes les côtes et les îles qui s'offrent ; l'idée est de faire le plus beau des voyages sur l'océan infini des possibles.

Pourquoi le causalisme est-il faux ? Parce que cela signifierait que l'univers possèderait, dès l'origine, un état initial et des lois inaltérables(pourquoi ceux-là et pas d'autres ?). Cette position est l'exact symétrique du finalisme qui poserait que, dès l'origine, le Réel est destiné à atteindre un état final parfaitement prédéterminé (pourquoi celui-là et pas un autre ?).

Ces deux positions, implicitement, convoquent un théisme, c'est-à-dire l'existence d'un "Dieu créateur" qui aurait, a priori, défini soit les lois initiales, soit le but final.

Il est préférable de penser le Réel sans origine ni fin, sans "Dieu créateur", comme un organisme vivant en construction permanente qui se crée sans fin lui-même, mû par une irrépressible envie d'aller au bout de lui-même et d'inventer, pour ce faire, le chemin le plus optimal (notamment en faisant émerger une logicité c'est-à-dire ces outils d'efficacité que sont les lois de la physique).

 

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La philoscience tente d'intégrer physique et métaphysique (on peut d'ailleurs appeler le résultat de cette intégration du doux nom de "cosmologie").

Il n'y a pas de physique sans métaphysique car toute physique s'inscrit dans une cosmologie (les fondements de l'organisation du Réel) qui requiert des hypothèses métaphysiques sur le sens, les causes (aux cinq sens aristotéliciens) et la réalité de ce Réel.

Symétriquement, il n'y a pas de métaphysique sans physique puisque, la physique déduisant des hypothèses métaphysiques fondatrices toutes les explications et compréhensions du plus grand nombre possible de phénomènes, une métaphysique sans physique pour la déployer et la valider, serait aussi inutile que stérile.

 

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Un des buts fondamentaux de la science, c'est d'expliquer pour faire comprendre. Expliquer ? Comprendre ? Qu'est-ce que ces verbes signifient vraiment ?

Quand on comprend, on peut expliquer. Quand on explique, on comprend. La compréhension est la face intérieure d'un processus (on comprend pour soi et en soi) dont l'explication est la face extérieure (on explique pour l'autre et à l'autre).

Dans les deux cas, il s'agit de répondre à la question double "pour-quoi ?" : quelle est l'intention (le projet) ? quelle est la logicité (le trajet) ?

Expliquer et comprendre, cela signifie donc connaître l'intention et la logicité d'un processus quel qu'il soit, de l'évolution globale de l'univers au vol de ce moucheron.

 

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Intention. Logicité.

Deux concepts qu'il faut apprendre à décliner spécifiquement pour n'importe quel processus, mais qui relèvent d'une seule et unique expression universelle.

L'intention universelle est la réalisation du projet de plein accomplissement.

La logicité universelle est l'optimalisation du trajet de cet accomplissement.

Encore faut-il définir univoquement le concept central d'accomplissement.

 

Il faut pour cela distinguer l'idée de l'accomplissement global du Réel comme processus unique et unitaire englobant tous les processus particuliers et spécifiques, et l'idée d'accomplissement de chacun de ces processus particuliers.

L'accomplissement d'un processus particulier consiste à atteindre la complétude de la contribution de ce processus particulier à l'accomplissement global du Réel (on pourrait parler d'accomplissement relatif ou contributif, et d'intention subordonnée).

L'accomplissement global du Réel consiste en l'épuisement de tous les possibles souhaitables (en gardant à l'esprit que chaque émergence d'un nouveau niveau de complexité, engendre, aussi, de nouvelles myriades de possibles … la quête est donc sans fin, tant au sens temporel qu'au sens finaliste du terme).

 

Les termes "souhaitable" et "optimal" doivent aussi être spécifiés.

L'optimalité concerne la dissipation la meilleure des tensions liées à l'évolution du processus concerné.

La souhaitabilité concerne l'enrichissement du processus en nouveaux degrés de libertés, en nouvelles possibilités, en nouvelles complexités.

 

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L'idée d'une "compréhension" d'un processus quelconque implique la connaissance de trois éléments :

 

  • le trajet (la trajectoire des états du processus jusqu'à l'instant présent, ce que l'on pourrait appeler ses "conditions initiales" – plus on remonte loin dans la généalogie du processus, mieux on pourra le comprendre),
  • l'intentionnalité spécifique qui meut se processus-là (sa téléologie, son projet),
  • la logicité interne et externe qui contraint son évolution (son axiologie et son écologie).

 

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Tout processus possède six pôles d'évolution et un pôle d'optimisation :

 

Au plan dynamique :

  • Sa téléologie : le projet pour le futur, l'intention, la mission, la vocation …
  • Sa généalogie : le trajet du passé, les patrimoines, l'identité, la mémoire …

 

Au plan topologique :

  • Son axiologie organique : comment répartir et organiser les organes et fonctions dans l'espace (logicité constitutive et individuante).
  • Son axiologie méthodologique : comment organiser la résolution des problèmes (logicité évolutive et néguentropique).

 

Au plan eidétique :

  • Son écosystémie écologique : comment trouver, acquérir et absorber les ressources nécessaires, accessibles dans le milieu extérieur (logicité environnementale et intégrative).
  • Son écosystémie économique : comment répartir au mieux les flux entre les différentes entités concernées (logicité régulatoire et entropique).

 

Au plan synthétique :

  • Son métabolisme : coordonner et harmoniser optimalement les six moteurs d'évolution du processus.

 

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Plus un processus est mécanique, mieux fonctionnent les modélisations généalogiques (causalistes).

Plus un processus est complexe, mieux fonctionnent les modélisations téléologiques (intentionnalistes).

La Matière n'a d'autre intention que de se conformer aux règles d'optimisation de structure et/ou de trajectoire.

La Vie connaît d'autres intentions comme la survie, la reproduction, etc …

Quant à l'Esprit, il est le moteur, le siège et le générateur de toutes les intentions.

La quantité d'Esprit dans la Matière pure, est faible.

La quantité de Matière dans l'Esprit pur, est faible.

La quantité de Matière et d'Esprit dans la Vie pure, est médiane.

 

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La science peut se définir comme une dialectique permanente entre des modèles théoriques abstraits et généraux, dûment validés par des prédictions avérées, et des collections de phénomènes précisément décrits et reproductibles.

Tout ce qui ne possèderait qu'un seul de ces deux piliers, voire aucun des deux, ne serait pas de la science.

Les "sciences biologiques et humaines" ne sont donc pas des sciences, puisqu'elles ne possèdent pas de modèles théoriques ; elles ne reposent en fait que, au mieux, sur des conjectures, au pire, sur des idéologies.

Tant que des domaines comme la biologie, la socioéconomie, la noologie, etc … ne seront pas déductibles de la physique des processus complexes, elles ne pourront prétendre au statut de "science" ; que dire alors de ces pratiques d'apprentis-sorciers que sont la médecine, la politique, la psychiatrie, la psychologie, etc …

 

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Le domaine mécanique a été longtemps le domaine privilégié de la physique classique, parce que les influences téléologique y sont si faibles et si élémentaires, qu'elles peuvent être négligées ou reformulées.

Ainsi, le principe de moindre action de Maupertuis (fondement des lois de Lagrange et de Hamilton) est un principe téléologique qui exprime que toute évolution mécanique a "l'intention" de choisir la trajectoire qui minimise le cumul de l'action dynamique au fil du temps.

On en déduit les lois de Newton, d'Einstein, de Schrödinger … et les équations de Navier-Stokes qui président à la dynamique des fluides … mais avec bien des soucis puisque la complexité des systèmes fluides, loin de l'équilibre laminaire, ne sont plus réductibles à du strictement mécanique.

Rappelons à ce sujet que la théorie du chaos a été initiée par un météorologue nommé Lorenz, au travers de l'étude des évolutions non mécaniques des fluides de l'atmosphère terrestre.

 

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Il est impossible de comprendre un système économique ou sociétal sans y injecter les intentions, les désirs, les phobies, les irrationnalités, … bref la généalogie et la téléologie des acteurs humains.

Les modélisations mécanistes à la Karl Marx sont des aberrations dont les échecs, aussi retentissants que sanglants, ont démontré l'inanité et la nocivité foncières.

 

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L'hypothèse récurrente en économie classique (malheureusement encore dominante) voudrait qu'une entreprise tendrait, obsessionnellement et continûment, à vouloir maximiser ses profits.

C'est faux, absurde et ridicule !

Le profit n'est que le carburant nécessaire dont une entreprise a besoin pour aller quelque part ; le moteur d'une entreprise, c'est d'abord son projet, sa vocation, sa mission dont on alimentera le "moteur" avec du profit.

Le profit (l'argent) n'est jamais une fin en soi … sauf quand la finance spéculative met la main sur l'entreprise et la détourne de l'économie vers la bourse.

Mais, heureusement, la spéculation boursière ne concerne que quelques pourcents du nombre de toutes les entreprises du monde (sauf en ce qui concerne la spéculation sur les matières premières et les ressources énergétiques ; cette spéculation odieuse est le cancer de l'économie de notre époque).

 

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Le 15/08/2021

 

Voici venus les temps d'immaturité.

Bien des jeunes d'aujourd'hui ne pensent qu'à jouer et à s'amuser.

Mais la vraie vie n'est pas un jeu.

Mais la vraie vie, ce n'est pas s'amuser, c'est construire.

Et ils jouent à construire, mais ils ne construisent rien.

Et ils se lassent bien vite.

Et ils fuient alors vers d'autres jeux aussi vains.

 

Ils cultivent leur vide.

Mais le vide leur fait peur.

Alors il se bandent les yeux et se bouchent les oreilles,

Avec des réseaux sociaux où se dissout le vrai monde.

Et là ils jouent à communiquer avec leurs "amis".

Et ils s'amusent à s'amuser malgré leur vide qu'ils ne voient plus.

Mais ils ne pensent pas à remplir leur vide qui leur tient lieu de foyer.

 

Car remplir leur vide, serait s'engager.

Pas de lien.

Vivre "hors-sol".

Sans racine ni croissance.

S'engager est un risque.

Celui d'être évaluer par la vie, par le monde.

Et le vide est précieux, puisqu'il ne s'évalue pas.

 

Pas de jugement.

Nombrilisme et narcissisme.

"Je" est inévaluable.

Garder l'image positive.

Le masque chatoyant.

Le déguisement est la personne.

Cachez ce regard que je ne saurais voir.

 

Se voir ou être vu est trop triste.

Il faut jouer, s'amuser.

Il faut se déguiser, se tatouer, se percer, se scarifier.

"Je est un autre".

Ni la Nature, ni leur nature n'ont d'ordre à leur donner.

Leur liberté n'est que leurs incessants caprices.

Et le caprice est jeu et amusement !

 

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Le mythe de la "révolution française" a été inventé de toutes pièces par un pseudo-historien socialisant (plus romancier et idéologue qu'historien) : Michelet.

Tout est faux !

Les historiens sérieux le savent tous, à présent. Il faut gommer, une bonne fois pour toutes, toutes les images d'Epinal de ce grand faussaire.

Les magouilles bourgeoises parisiennes n'ont que le ressentiment pour fondement (la richesse mobilière de la haute bourgeoisie en a assez d'être inféodée à la richesse immobilière de la noblesse et du clergé). Il ne s'est rien passé d'important le 14 juillet 1789. Mais, aux alentours de cette date, à Paris (et pas beaucoup ailleurs), les "gagne-petit" étaient en grande colère non pour des raisons politiques, mais parce que le prix du pain devenait inabordable pour eux. Il ne s'agit aucunement de politique et de pouvoirs, dont le petit peuple se fiche éperdument, mais de plusieurs "émeutes de la faim" dans un Etat royal surendetté. La grande bourgeoisie d'argent a surfé sur cette vague de la faim pour asseoir, non son pouvoir, mais sa présence au sein du pouvoir. Ce n'est que cela la "révolution" de 1789.

La vraie révolution, c'est 1794 : le push d'une crapule nommée Maximilien de Robespierre qui a instauré la pire des dictatures sous le nom de "la Terreur".

 

*

 

Voltaire, éminent inspirateur des férus des "Lumières", écrivait, sans la moindre ironie :

 

"Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler

et le grand nombre est nourri par lui et le gouverne."

 

A méditer par tous les "admirateurs" de ce cynique purulent que fut Voltaire.

 

*

 

On le sait, les trois piliers de la philosophie sont la métaphysique (les fondements du Réel), l'épistémologie (la véridicité des connaissances) et l'éthique (les règles du "bien vivre" dans le Réel).

Mais la philosophie, si l'on en croit tous les textes qui s'écrivent sous ce chapeau, est plus large que ces trois domaines : ne parle-t-on pas philosophie des sciences, de philosophie politique, de philosophie médicale, de philosophie du langage, de philosophie de la logique, etc …

Au risque de paraître péremptoire, ma position est claire : dans chacune de ces "philosophies spécifiques", tout ce qui ne relève pas de métaphysique, d'épistémologie ou d'éthique, est de la logorrhée masturbatoire sans intérêt.

En général, d'ailleurs, ces textes sont aussi vide et ennuyeux, qu'ils sont pompeux et prétentieux.

 

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La logique n'est pas une science ; elle est une méthode conventionnelle.

Les mathématiques ne sont pas une science ; elles sont un langage conventionnel.

La seule science qui est soit réellement une, est la cosmologie avec la physique qui s'en déduit (logiquement et mathématiquement).

 

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La logique est une méthode d'approche de la notion de véridicité.

Rien de plus. Rien de moins.

Comment dire (dicere) le plus vrai (verus) possible ?

Comment lier entre elles des propositions véridiques ?

Etc …

 

*

 

Les mathématiques sont le langage des quantités et des formes, et de leurs relations.

Il faut être bien vigilant à ne jamais confondre mathématique et géométrie. Ces deux langages ne traitent pas du tout des mêmes objets abstraits, la première traitant de nombres et la seconde de figures.

Cela ne signifie nullement que mathématique et géométrie ne puissent être reliées entre elles (comme on le fait, par exemple, dans un espace cartésien où chaque point est univoquement déterminé par la donnée de ses coordonnées, c'est-à-dire de nombres ; les figures se muant, alors, en fonctions mathématiques).

Mais cela ne signifie nullement, a contrario, que toute figure géométrique puisse être réduite à une fonction mathématique ; les fractals de Mandelbrot en sont un bel exemple.

A la suite d'Albert Einstein, je pense que le Réel relève bien plus de la géométrie complexe que de la mathématique compliquée.

 

*

 

Dans sa version analytique, une figure géométrique est un ensemble ordonné de points dans un espace de représentation.

Cette version a peu d'intérêt en physique parce que la notion de point est totalement vide dans le Réel.

En revanche, dans sa version holistique, une figure géométrique est un modèle abstrait et global qui vise à représenter les structures organisationnelles de processus réels. Une telle géométrie holistique reste encore largement à inventer.

 

*

 

En gros, la mathématique s'occupe du domaine topologique et dynamique de la cosmologie, alors que la géométrie complexe doit être développée pour couvrir les modélisations dans le domaine eidétique (donc non spatiotemporel) de la cosmologie.

 

*

 

L'organigramme d'une grosse entreprise industrielle est une représentation géométrique de son organisation instantanée (non temporelle, donc) en termes de relations hiérarchiques entre ses entités et entre ses membres dans ces entités.

Mais, au sein de cette entreprise, il existe beaucoup d'autres relations réelles que les seules relations hiérarchiques : des relations procédurales, des relations amicales, des relations d'entraide, des relations de flux, des relations d'ancienneté, des relations d'autorité compétentielle, etc …

De plus, de plus en plus d'entreprises ont abandonné le modèle pyramidal et ont opté pour un modèle réticulé.

Etc …

Comment modéliser la géométrie globale de tous ces réseaux de relation au sein d'un même processus systémique ? Voilà la question centrale posée, aujourd'hui, au monde des géomètres !

 

*

 

Je ne demande nullement une théorie générale des géométries complexes.

Je cherche seulement un outil conceptuel apte à caractériser, représenter et simuler les géométries organisationnelles propres à un univers hexapolaire conforme au Réel cosmologique.

 

*

 

Classiquement, la géométrie complexe vise la représentation d'organisations réelles en termes de "réseaux" de "nœuds" ou "processeurs" (de nombreuses natures différentes) et de "relations" ou "connexions" (elles aussi de nombreuses natures différentes).

Ce type d'approche est typiquement analytique puisqu'elle commence par décomposer l'entité complexe en "nœuds" constitutifs.

Une approche holistique (en termes de dissipation des tensions, d'émergences, d'effondrements, …), est-elle possible ?

 

*

 

Les quantités (pondérales) sont secondaires.

Les figures (relationnelles) sont primordiales.

 

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Le temps et l'espace n'existent pas indépendamment de ce qu'ils mesurent.

Le temps mesure des évolutions dynamiques au sein d'un processus ou entre des processus.

L'espace mesure des conformations topologiques au sein d'un processus ou entre des processus.

Il est temps de comprendre que l'espace-temps n'est pas un contenant où se déploie le Réel.

Il faut inverser la proposition et comprendre que c'est le Réel qui engendre du volume (expansion) et de la durée (évolution) pour s'y déployer.

 

*

 

L'espace des représentations où l'on trouve l'espace topologique (l'espace géométrique à trois dimensions), l'espace dynamique (l'espace temporel à une (?) dimension) et l'espace eidétique (l'espace organisationnel à n dimensions), forme un tout indissociable : l'un sans les deux autres, n'a strictement aucun sens.

Il est exclu de mesurer une évolution dynamique sans y intégrer la configuration et l'organisation puisque ce sont, précisément, cette configuration topologique et cette organisation eidétique qui évoluent.

 

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* *

 

Le 16/08/2021

 

Je crois que le mot français que je déteste le plus et qui me donne le plus d'urticaire, c'est l'adjectif "social".

Prendre les gens en charge.

Encourager tous les parasitismes.

Affaiblir les autonomies.

Amplifier les paresses et les déresponsabilisations.

Encourager les médiocrités.

Renforcer les faiblesses.

Imposer de la convivialité et de la socialité.

Etc …

 

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D'après Wikipédia, toute la pensée de Leibniz se construit sur la base des cinq principes suivants :

 

"Principe du meilleur

Le principe du meilleur affirme que Dieu agit toujours pour le meilleur. De ce fait, le monde dans lequel nous vivons serait aussi le meilleur des mondes. Dieu est ainsi un optimiseur de la collection de toutes les possibilités originales. Donc, s'Il est bon et tout-puissant et puisqu'Il a choisi ce monde parmi toutes les possibilités, ce monde doit être bon et, de ce fait, ce monde est le meilleur de tous les mondes possibles.

 

Principe du prédicat inhérent au sujet

Le principe du prédicat inhérent au sujet, prenant source dans l'Organon d'Aristote, affirme que dans toute proposition vraie le prédicat est contenu dans le concept du sujet lui-même. Sans un tel lien entre le sujet et le prédicat, aucune vérité ne pourra être démontrée, qu'elle soit contingente ou nécessaire, universelle ou particulière.

 

Principe de contradiction

Le principe de contradiction est issu d'Aristote dans sa Métaphysique (IV.3) et affirme simplement qu'une proposition ne peut être vraie et fausse à la fois. 

 

Principe de raison suffisante

Le principe de raison suffisante : ce principe affirme que "rien n'est sans raison" ou que "il n'y a pas d'effet sans cause". Pour Leibniz, ce principe est considéré comme le plus utile et nécessaire pour la connaissance humaine. Dans sa Monadologie, Leibniz admet toutefois que la plupart de ces raisons ne nous sont pas connaissables.

 

Principe d'identité des indiscernables

Le principe d'identité des indiscernables énonce que si deux choses ont toutes leurs propriétés en commun, alors elles sont identiques. Ce principe, très controversé, est la réciproque du principe d'indiscernabilité des identiques, qui affirme que si deux choses sont identiques, elles partagent toutes leurs propriétés. Les deux principes réunis affirment donc que : deux choses sont identiques si et seulement si elles partagent toutes leurs propriétés."

 

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L'espace et le temps ne sont que des moyen pour classer des événements les uns par rapport aux autres selon un type de relation particulier, en l'occurrence et respectivement, des relations de distance et des relations de précédence.

 

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Dans l'espace des représentations (ou espace des états), le Réel peut être vu comme un patatoïde spatiotemporel (topologico-dynamique) à quatre dimension, dont l'hypersurface fermée (à trois dimensions) est l'univers actuel et dont le rayon (la distance par rapport centre temporel) mesure l'âge local.

Ce patatoïde évolue dynamiquement par expansion/accumulation. Sa substance immatérielle est la mémoire accumulée des états antérieurs, chaque instant rajoutant sa couche de nouveaux événements.

Les dimensions eidétiques vont jouer à la surface du patatoïde en faisant émerger des structures fractales (appelées "matière") et des structures vibratoires (appelées "lumière"). Cette bipolarité entre matière fractale (néguentropique) et lumière vibratoire (entropique) a été appelée "dualité onde-corpuscule".

Nos expériences physiques (et sensitives) portent exclusivement sur ces émergences eidétiques, la substance mémorielle n'est accessible que par des expériences psychiques (réminiscences, intuitions).

Les notions d'espace (topologique) et de temps (dynamique) ne sont que des paramètres quantitatifs (mathématiques) de mesure permettant de représenter les volumes et évolutions des phénomènes de surface. Les paramètres eidétiques (qualitatifs et géométriques) permettent, eux, de caractériser les organisations spécifiques des émergences fractales-matérielles et vibratoires-lumineuses, intimement liées les unes aux autres.

La relativité générale ne dit rien d'autre : des structures fractales (la matière pondérale) évoluent géodésiquement à la surface vallonnée (donc plein de courbures avec une géométrie non euclidienne) d'un patatoïde à quatre dimensions.

Les interactions entre structures fractales (la matière) et structures vibratoires (la lumière) sont des relations eidétiques que la modélisation quantique commence à décrire.

 

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Le débat entre "déterminisme" (Pierre-Simon de Laplace, René Thom) et "hasardisme" (Hans Reichenbach) est oiseux dès lors que l'on n'y intègre pas l'impérieux "intentionnalisme".

 

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Au soir de ma vie, j'ai trois certitudes :

 

  • Ma femme est merveilleuse.
  • La Nature est fantastique.
  • Les humains sont cons.

 

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Comme toujours et partout, l'intégrisme musulman cache des trafics mafieux, notamment de drogues et d'esclaves.

Que ce soit en Afghanistan et en Afrique noire, ou dans les banlieues des grandes villes européennes, ces chers petits caïds musulmans connaissent infiniment mieux le shit ou la cocaïne, que le Coran.

Il faut peut-être cesser de vouloir être aveugles. La religion n'est qu'un prétexte pour réclamer l'immunité au nom de la victimisation et de la soi-disant islamophobie.

 

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Le 17/08/2021

 

 Il n'y a pas de "particules élémentaires" : les concepts de la physique des "particules" ne sont pas des particules et rien n'est élémentaire.

Le Réel est un vaste océan et tous les étants ne sont que des vagues ou vaguelettes à sa surface.

Une vague n'est pas une entité en soi, mais bien une manifestation locale en connexion et interdépendance avec tout le reste.

L'univers n'est pas un assemblage de "briques élémentaires", mais un continuum.

 

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Le Réel ne relève ni du déterminisme, ni du hasardisme.

Il relève d'un constructivisme c'est-à-dire, à la fois, d'un accumulationnisme et d'un intentionnalisme.

Le Réel est un édifice qui se construit, comme il peut, avec ce qu'il a, mais dans le cadre d'un projet global porté par une logicité (simplicité, cohérence et optimalité).

 

Dans chaque ici-et-maintenant, la configuration des matériaux et des influences est unique et le nombre des paramètres intervenants est incroyablement grand (plus le nombre de paramètres intervenants est grand, moins le déterminisme est puissant) ; et chaque configuration induit des tensions qu'il faut dissiper de façon optimale et cohérente.

 

C'est cette logicité de la simplicité, de la cohérence et de l'optimalité qui fait que, dans les cas rudimentaires (c'est-à-dire où le nombre de paramètres est plus faible), les solutions au problème de la dissipation des tensions sont très semblables et quasi-déterministes.

 

Mais dans les cas très complexes, il en va tout autrement : plusieurs déterminismes entrent en conflit et des émergences créatives deviennent possibles : il y a, alors, de moins en moins de déterminisme, et le projet (l'intention, la volonté, les futurs possibles) prime partiellement les circonstances (les contraintes, le passé accumulé).

 

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Il existe une grande différence entre déterminisme et causalisme.

Le causalisme exprime que ce qui se passe ici-et-maintenant est la conséquence directe (l'effet) de ce qui s'était passé là-bas, avant (cause).

Le déterminisme, lui, exprime que ce qui se passe ici-et-maintenant est la conséquence intégrale de tout ce qui s'est passé ailleurs et avant.

 

Le constructivisme ajoute : ce qui se passe ici-et-maintenant est la conséquence partielle de tout ce qui s'est passé ailleurs et avant, et du projet intentionnel qui induit des tensions d'une autre nature.

 

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L'état réel instantané de tout système est soumis à six tensions, antagoniques deux par deux : la force intentionnelle (l'instinct de survie, par exemple) et la force inertielle (la masse, par exemple), la force individuante (la gravitation, par exemple) et la force intégrante (l'expansion, par exemple), la force entropique dilutive (le rayonnement, par exemple) et la force néguentropique constructive (les forces électrofaible ou hadronique, par exemple).

 

*

 

Dès que l'on sort des cas rudimentaires (mécaniques), le comportement du système ne peut plus s'exprimer sous la forme d'équations différentielles et le déterminisme s'étiole.

 

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Un système est déterministe si l'équation qui en modélise la trajectoire dans l'espace des états, est temporellement symétrique (ou, plus précisément, contient le plus de symétries possibles) afin, au long de l'évolution du système, de conserver le plus grand nombre possible d'invariants.

Or, ne serait-ce que le second principe de la thermodynamique rend cette symétrie temporelle impossible, le plus souvent.

Et dès lors que l'on aborde des systèmes complexes où des phénomènes d'émergence et de bifurcation, de chaotisation et de rétroaction sont la règle, ces symétries disparaissent purement et simplement.

Le déterminisme n'est une approximation parfois envisageable que pour les systèmes mécaniques du plus bas niveau de complexité.

 

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La physique quantique est bien plus une physique des fluides énergétiques qu'une physique des "particules".

 

*

 

A un niveau d'échelle donné, pour un système donné, on peut toujours faire l'hypothèse analyciste et atomiste, et modéliser ce système comme un ensemble de "briques" en mouvements et interactions réciproques.

Mais il est, à cela, deux conditions.

Celle qui dit qu'au niveau d'échelle inférieur, ces "briques" n'existent pas.

Et celle qui dit qu'au niveau d'échelle supérieur, le système étudié n'existe plus non plus, en soi.

Cet effet gigogne est essentiel.

 

Il explique pourquoi, par exemple, au niveau infra-moléculaire, il faut changer de physique et quitter la modélisation mécanique pour aller vers la modélisation quantique. Pour la mécanique statistique, la molécule est une "brique" invariante dont, au niveau mésoscopique, l'énergie cinétique et l'impulsion déterminent statistiquement des propriétés systémiques comme la température ou la pression.

Mais au niveau microscopique, chaque molécule est un système quantique qui n'a absolument rien d'invariant.

 

Ces effets d'échelle sont cruciaux car ils expliquent pourquoi le mythe de la grande unification entre le nanoscopique quantique et le gigascopique relativiste est oiseux : les évolutions d'une société humaine n'est jamais réductible à la vie des cellules dans chaque corps humain ; entre ces deux extrêmes bio-sociologiques, il existe de nombreux échelons intermédiaires correspondant, chacun, à un saut émergentiel de complexité, sans réductibilité possible.

 

*

 

Chaque saut de complexité induit un saut d'irréversibilité.

 

*

 

L'irréversibilité (la non-symétrie temporelle, le théorème H de Boltzmann, le second principe de la thermodynamique, etc …) est le preuve la plus éclatante de l'accumulativité et de l'intentionnalité du Réel.

Une construction se construit "vers le haut" et ne se déconstruit jamais.

 

*

 

Comment répondre à la question : comment sera le monde en 2050 ?

Ce qu'il sera, personne ne la sait. On peut seulement dire "ce qu'il devrait être" (pour assumer les ruptures et chaotisations induites par l'effondrement du paradigme moderne et de la civilisation chrétienne) et "ce qu'il pourrait être" (par extrapolation, selon divers scénarii, des tendances que l'on observe aujourd'hui).

 

Qu'appelle-t-on "monde", d'abord ?

Le monde humain, essentiellement, mais aussi ses rapport avec le milieu dans lequel il évolue : la planète et l'espace qui l'entoure (où le soleil, sa lumière et sa chaleur, jouent un rôle vital).

 

Et que faut-il en dire de ce monde-là ?

Répondre à cinq questions de fond :

 

  • Quels sont les héritages venus d'avant ? La claire conscience qu'il est impérieux de dépasser tous les idéalismes.
  • Où veut-one aller ? Qu'est-ce qui donne du sens ? Dépasser l'anthropocentrisme et fonder une spiritualité areligieuse de type panenthéiste.
  • Avec quoi peut-on y aller ? Comment redéfinir les principes de l'extraction, de la production et de la distribution des ressources, face aux pénuries matérielles ?
    • En fondant une écosystémie de la frugalité.
    • En développant une économie de la proximité et de la valeur (et de la virtuosité).
  • Comment veut-on et peut-ion y aller ? En fondant une éthique de la différence et de la joie :
    • En reconnaissant des identités culturelles continentales.
    • En progressant via des réseaux noétiques.
  • Comment réguler les tensions entre ces six pôles ? En construisant une régulation fondée sur les principe d'autonomie et d'interdépendance.

 

Sur ces sept pôles du futur, post-chrétiens et post-modernes, on peut effectivement décrire "ce qui devrait être" … Mais comment "deviner" ce qui "pourrait être" ?

La question est d'ordre méthodologique.

 

Sur chacune des sept dimensions du modèle, six questions doivent être posées, à savoir :

 

  • Quelle est la nature de l'effondrement spécifique ?
  • Quelle est la nature de l'émergence spécifique ?
  • Quelles sont les tendances actuelles en ce sens ?
  • Quels pourraient être les locomotives du changement ?
  • Quelles pourraient être les résistances au changement ?
  • Quelles sont les chances de succès ?

 

Les grandes mutations en cours se résument à sept, une dans chacune des dimensions du modèle paradigmatique :

 

  • Du point de vue de la vocation : passage du progrès matériel et politique au progrès intérieur et spirituel.
  • Du point de vue patrimonial : passage des idéalismes de fuite morale au réalisme éthique des responsabilités.
  • Du point de vue écosystémique : passage des pratiques de pillage à des pratiques de frugalité
  • Du point de vue économique : passage du mercantilisme de masse à une économie de la proximité, de la valeur et de la virtuosité.
  • Du point de vue organisationnel : passage du hiérarchisme pyramidal à une réticularité noétique.
  • Du point de vue éthique : passage de l'identité nationale à l'identité continentale.
  • Du point de vue régulatoire : passage du bourgeoisisme légaliste à l'autonomisme interdépendant.

 

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Tous les piliers de la Christianité et de la Modernité doivent être éliminés ou surpassés, par exemple :

 

  • Les idéologies tant religieuses que politiques.
  • Les entreprises financiaro-industrielles et les Bourses qui les portent.
  • Les égalitarismes.
  • La démocratie au suffrage universel et les institutions politiques.
  • Les assistanats et les parasitismes.
  • Les Etats-nations et l'étatisme.
  • Les dictatures et les totalitarismes.
  • Etc … etc …

 

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* *

 

Le 18/08/2021

 

De mon amie Néa :

 

"Synthèse de la dernière conférence du Pr Raoult :

Il n'y a pas de succès corrélé à l'importance du vaccin et la distribution du vaccin

En Islande, plus de 90% de la population est vaccinée, et pourtant ils ont plus de cas qu'ils n'en ont jamais eus.

Idem pour les Etats Unis : le Vermont qui a le plus vacciné est l'Etat où la progression du variant Delta la plus rapide

 

Mr Vaccin en France, le Pr A. Fischer rejoint le Pr Raoult :

Dans les maladies qui rechutent, l'immunité acquise par la vaccination est moins puissante que l'immunité acquise par l'immunité naturelle

C'est une maladie du type de la grippe qui a plusieurs variants

Les gens les plus fragiles ont raison de se faire vacciner, mais la vaccination de masse n'est pas adaptée

Il faut continuer de se laver les mains systématiquement et utiliser les gels hydroalcooliques

 

Pour Covid-19 :

La protection vaccinale est modeste en termes d'épidémiologie, ce qui ne veut pas dire qu'elle ne protège pas les gens qui ont un risque de faire une maladie

Faut-il cacher la réalité ? Quand on commence à cacher les chiffres, on sait que l'on a perdu et hélas, c'est ce que fait notre "élite" énarquienne par ailleurs si mal conseillée

 

 

On s'est fait traiter d'antivax à l’IHU simplement parce que l'on constatait les choses :

- que pour le vaccin AstraZeneca pour les femmes de moins de 60 ans il ne fallait pas vacciner parce qu'il y a toute une série de troubles avec des embolies. Le Lancet refusait de l'admettre alors qu'aujourd'hui, même AstraZeneca le reconnaît. Les mensonges, ça finit par se voir.

- Aujourd'hui les chiffres sont tombés à 40% quant à l'efficacité de la vaccination avec Pfizer alors que l'on disait 99%, puis 85%...

 

Entre un essai à un instant T avec un variant donné et la vraie vie, il y a une grande différence

- si on reste dans ce langage primitif provax antivax, qui est totalement idiot, rien ne fait sens. Toutes ces réflexions binaires sont stupides. Il faut essayer d'être intelligent, ce qui semble très compliqué

- cela fait 20 ans que je travaille sur les vaccins, j'ai même écrit un livre récemment sur les vaccins

- on a un désastre avec le vaccin vivant de la polio qui fait qu'actuellement on a plus de poliomyélite dans le monde avec le vaccin qu'avec la poliomyélite elle-même

 

Question : est-ce que la vaccination diminue la gravité de la maladie ?

On n'a pas assez de données à ce jour, c'est très difficile à évaluer, personne ne peut le faire. Il y a de nombreuses divergences spectaculaires dans l'évaluation des effets secondaires qui vont du simple à 10 fois plus

Ce que l’on sait, les vaccinés sont contagieux comme les non vaccinés

Le nombre de morts est beaucoup plus bas avec ce Delta qu'avec les variants précédents, ce qui est une excellente nouvelle

Par contre, on n'a aucune donnée qui permette de tenir un discours encourageant pour la vaccination à ce jour

Il faut bien qu'il y ait des données crédibles, sans cela plus personne n'aura confiance en la médecine, confiance déjà bien effritée

Il est possible que l'on tende vers des poussées épidémiques saisonnières et des formes de moins en moins sévère, ce que je souhaite !"

 

Dont acte ! Il faut cesser cette toxique fumisterie vaccinale.

Les virus ADN varie très peu et donc les vaccins sont stables et la vaccination utile.

Les virus ARN (comme la Covid 19) varie d'autant plus vite qu'on les combat (ils s'adaptent aux niveaux d'immunité ambiants … notamment en devenant de moins en moins dangereux pour être mieux tolérés) donc les vaccins ont toujours une guerre de retard et ne servent vite plus à grand' chose.

 

*

 

Lorsque Blaise Pascal fait la judicieuse distinction entre "esprit de géométrie" et "esprit de finesse", que dit-il ?

L'esprit de géométrie, c'est l'esprit de théorie qui tente de donner une représentation symbolique globale du Réel sur base d'un nombre le plus restreint et le plus simple de principes directeurs.

L'esprit de finesse, c'est l'esprit de réalisme qui comprend qu'une théorie, aussi complète et magnifique soit-elle, repose toujours sur des idéalisations et des simplifications, et demande, donc, d'être considérée cum grano salis … avec bon sens, critique et astuce.

Pourquoi donc toujours vouloir opposer "théorie" et "expérience" ?

C'est ridicule !

L'une sans l'autre est boiteuse et stérile.

Il existe entre elle une dialectique inéluctable et féconde, mais qui répugne aux esprits dogmatiques et paresseux (il est tellement plus confortable de détenir une théorie définitive que personne n'a le droit de remettre en question, un tant soit peu).

*La Connaissance du Réel est un édifice qui se construit par accumulation. IL est absurde d'opposer la mécanique newtonienne à la relativité einsteinienne : celle-ci généralise celle-là et en fait un cas particulier. Il n'y a pas contradiction, il y a surpassement, rendu possible par des faits empiriques nouveaux qui ont obligé Einstein à faire preuve d'esprit de finesse contre l'esprit de géométrie des mécanicistes de son temps..

 

*

 

Pascal oppose à cette bipolarité complémentaire et féconde – si elle est en dialectique – entre esprit de géométrie et esprit de finesse, une troisième voie, terrible : celle de "l'esprit faux" ou de "l'esprit de fausseté" qui n'est ni théorique ("géomètre"), ni critique ("fin").

 

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Le raisonnement logique et l'intuition sensible doivent apprendre à se compléter mutuellement, plutôt que de s'opposer.

C'est le sens profond, me semble-t-il, de l'aphorisme pascalien : "Le cœur a ses raisons que le raison ne connaît point".

Il faut que cesse cet inexplicable obsession des philosophes bouchés, d'opposer perpétuellement les diverses facultés de l'esprit. Il faut, au contraire, favoriser, encourager et alimenter toutes les dialectiques possibles entre la mémoire, la volonté, la sensibilité (sensitive et intuitive), l'intelligence (structurante et créative) et la conscience.

Pourquoi n'y aurait-il qu'une seule voie admissible et véritable vers la Connaissance, alors qu'au contraire, la Connaissance ne résulte que de la coopération entre toutes ces facultés complémentaires ?

 

*

 

Pour Pascal, "sentiment" et "cœur" signifient "intuition" : ce que l'on ressent holistiquement face à ce que l'on vit.

 

*

 

De Blaise Pascal :

 

"Les gens du commun ne trouvent pas de différence entre les hommes."

 

C'est là la racine et le fondement même de l'égalitarisme.
Plus on est stupide, moins on est subtil.

L'observation des différences est incompatible avec la grossièreté du regard.

 

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On ne se convainc toujours que par soi-même.

Personne ne convainc vraiment personne, sinon par manipulation.

 

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Tous les "arts", qu'ils soient de divertissement ou de décoration, sont néfastes.

Ne sont admirables que la Vie et l'Esprit, que la Nature et la Culture (aux sens seulement philosophique et scientifiques).

 

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A quoi la grande majorité des humains est-elle réellement sensible ? Terrible question …

Au négatif plus qu'au positif, à l'idéal plus qu'au réel, à l'imaginaire plus qu'au vécu, au mensonge qui séduit plus qu'au véridique qui perturbe, au nombril plus qu'au cosmos, à l'idole plus qu'au divin, à l'argent plus qu'à la vertu, à la facilité plus qu'à l'effort, au droit plus qu'au devoir, au loisir plus qu'au travail, à l'amusement avec d'autres plus qu'à la construction de soi, au profane plus qu'au spirituel, à l'ignorance arrogante plus qu'à la connaissance discrète, au paraître plus qu'au devenir, à l'avoir plus qu'à l'être, …

Faut-il allonger cette liste ? Qui osera la contester ?

 

*

 

Les humains ont horreur de l'incertitude et, lorsqu'elle se présente, ils préfèrent s'inventer des chimères ou des complots, que d'admettre leur ignorance.

 

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* *

 

Le 19/08/2021

 

Des "autorités" qui ne font pas autorité, ne sont que des dictateurs.

Faire autorité, c'est avoir la connaissance.

Avoir de l'autorité, c'est avoir du pouvoir.

Le pouvoir sans la connaissance est dictature.

La connaissance sans le pouvoir est sagesse.

 

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Des morales d'un bloc, selon Pascal …

 

  • Abstine et sustine ("Abstiens-toi et supporte" selon Epictète).
  • Imite la Nature (les stoïciens).
  • Fais tes affaires particulières sans injustice (les platoniciens).

 

Mais aussi, sur un site anonyme …

 

 "Aristote (384-322 av JC)

 Pour Aristote, la vertu de chaque être est l'accomplissement de ce qui le définit en propre. Dans le cas de l'homme, la raison et la sociabilité sont les traits  qui constituent sa spécificité. La vertu, pour l'homme, est donc l'accomplissement de ces qualités propres. La morale est donc la réalisation de sa nature  (aptitude à la vie raisonnable) c'est-à-dire la vertu, condition du bonheur.

 

 

 

Epicure  (341-260 av JC)

C'est la nature qui fonde la morale, dont le but est le bonheur conçu comme ataraxie, c'est-à-dire absence de troubles. La connaissance de la nature nous délivre des craintes et des superstitions suscitées par les religions et, de façon plus générale, par  des opinions dérivées de l'ignorance. Le bonheur du sage est à réaliser en ce monde. La sensation est le guide qui nous permet de toujours opter pour le plaisir et écarter la douleur, suivant la loi de la nature. La sagesse- donc le bonheur- consistera dans la satisfaction des plaisirs  naturels, accessibles aisément, accessibles à tous, notamment ceux de l'intelligence

 

Epictète (50-130 ap. JC)

Pour être heureux, il faut vivre conformément à la nature. Ce qu'il faut comprendre de deux manières : conformité de chaque être à sa nature propre, humaine et individuelle. Conformité à la nature universelle. Dans la pratique, la synthèse de ces deux objectifs est incertaine,

Imiter la nature, pour Epictète, ne signifie pas qu'il faut chercher en elle tel ou telle règle pour déterminer tel ou tel comportement particulier. Ce que cela veut dire, c'est qu'il faut reproduire, dans sa vie 'harmonie d'ensemble qui caractérise la nature. Vivre conformément à la nature signifie tenter de donner sa vie une cohérence et une stabilité comparable à celle de la nature. Vivre conformément à la nature, c'est vivre  en accord avec soi-même, comme Socrate, par exemple, a su le faire.

 

Spinoza (1632-1677)

Pour Spinoza, Dieu est la Nature. La Nature est la  totalité ; elle ne comporte aucun défaut,  aucune  faille. Tous les êtres naturels ont pour objectif (naturel) de persévérer dans leur être. « Être libre, c'est obéir à la nécessité de sa nature ». Tous les êtres naturels sont libres en ce sens.  Dans le cas des hommes, c'est  la raison qui  peut seule leur permettre  de vivre en paix  et en harmonie (dans le système le  plus naturel, selon Spinoza, la démocratie). Suivre sa raison, c'est pour l'homme suivre sa nature, c'est-à-dire être libre.

 

Rousseau (1712-1778)

Selon Rousseau, la nature de l'homme est bonne ; c'est la société (l'inégalité, la propriété privée) qui a rendu les hommes mauvais, tout en leur apportant la raison.

La morale ne peut donc  être fondée que sur le sentiment, supposé bon :

"Quoiqu'il puisse appartenir à Socrate et à des individus de sa trempe, d'acquérir de la vertu par raison, il y a longtemps que le genre humain ne serait plus si sa conservation n'eût dépendu que des raisonnements de ceux qui la composent". (Discours sur l'origine de l'inégalité, seconde partie).

"Connaître le bien, ce n'est pas l'aimer. L'homme n'en a pas la connaissance innée, mais sitôt que sa raison le lui fait connaître, sa conscience le porte à l'aimer. C'est le sentiment qui est inné" (Profession de foi du vicaire savoyard)."

 

Vivre selon la Nature ou vivre selon sa nature revient, dans tous les cas, à "accomplir" ce qui est à accomplir, en soi et autour de soi, selon la logicité immanente et inhérente au Réel.

La seule "morale d'un bloc", la seule éthique qui tienne, tient en un seul mot : "Accomplis".

Elle est très proche de l'éthique de Spinoza.

Accomplis (rends complet) tout ce qui est à accomplir en toi et autour de toi.

 

Cette éthique de l'accomplissement en plénitude, dans le droit fil d'Aristote et de Spinoza, repose tout entière sur le sens que l'on donnera au verbe "accomplir".

Pour moi, "accomplir" signifie "contribuer à l'achèvement de la construction".

Une locution telle que "accomplir le mal", n'a aucun sens ; "accomplir" c'est plus que "aller au bout". L'accomplissement n'a de sens que positivement, que constructivement et implique un enrichissement (au sens noble du terme) du monde, intérieur et extérieur.

Accomplir, c'est en somme parachever naturellement.

 

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La notion de "syntonie" exprime que le processus étudié est en harmonie avec son environnement ; elle est cruciale puisqu'elle indique une forme d'équilibre dynamique entre les pôles d'individuation et d'intégration.

 

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La sensibilité est la capacité d'entrer en reliance avec les processus extérieurs.

La sensibilité, comme toutes les facultés, est susceptible d'être développée par la pratique.

L'art (tecnh) est l'ensemble de toutes les techniques capables d'activer la sensibilité.

On peut parler de l'art du physicien, du médecin, du botaniste, du météorologue, de l'architecte, du maître, du mystique, etc …

Mais l'art, en ce sens fort, n'a rien à voir avec les activités ludiques telles que le divertissement (fabriquer de l'émotion) ou la décoration (fabriquer du joli) ; on peut alors seulement parler d'habilité de saltimbanque (acteur, chanteur, etc …) ou d'artisan (peintre, sculpteur, etc …).

 

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De Blaise Pascal :

 

"Car il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d'une chose : cette universalité est la plus belle."

 

Louange de cette belle et bonne "culture générale" qui fait si cruellement défaut à notre époque.

 

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Si l'on veut bien retourner au sens originel du mot, la "concupiscence" indique un appétit démesuré pour toutes les jouissances matérielles et charnelles, et pas seulement sexuelles.

Au fond, la concupiscence est le contraire radical de la frugalité.

Ainsi, la fin du 20ème siècle fut concupiscent et le 21ème siècle devra, d'urgence,  apprendre à devenir frugal.

 

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De Blaise Pascal :

 

"Voulez-vous qu'on croie du bien de vous ? N'en dites pas."

 

La vantardise est une laide grimace de l'âme.

 

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"Misère de l'homme sans Dieu" … est le titre que Pascal comptait donner à la première partie de son ouvrage, jamais écrit, sur l'apologie de la religion chrétienne.

Mais cette "misère de l'humain sans Divin" me parle autrement. Elle me susurre la nécessité cruciale de vivre une spiritualité profonde et riche, pas nécessairement religieuse et encore moins monothéiste. Mais une spiritualité qui hisse l'humain vers le surhumain, qui éradique tout anthropocentrisme et promulgue un vital cosmocentrisme, un profond panenthéisme.

La respiritualisation et la resacralisation de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, au sens cosmique, sont vitalement indispensables à notre époque comme clé d'accès au nouveau paradigme qui s'annonce en tant que post-modernité et, surtout, que post-christianité.

 

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La métaphysique (la gnose, la connaissance profonde du Réel) implique l'éthique (les règles de la bonne vie en conformité avec ce Réel), mais la réciproque est non seulement fausse, mais inepte.

Il ne peut exister d'éthique sans une métaphysique pour la fonder.

Une morale humanisme est un oxymore : les mœurs des humains ne peuvent être réglés qu'en référence à ce qui dépasse l'humain.

Sinon, il ne s'agit que de conventions sans autre valeur que d'être plus ou moins admises ou imposées … par paresse.

Les habitudes de vie ne constituent pas une éthique.

 

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Pascal, le spiritualiste mystique, reproche à Montaigne, l'humaniste pragmatique, de n'être ni méthodique, ni systématique.

Et, en effet, "Les Essais" ne sont qu'une collection disparate et impressionniste, voire pointilliste, de notes aussi variées que sensibles et intelligentes, mais sans ordre global, sans vue d'ensemble, sans dimension holistique : plus un journal fragmenté qu'une théorie structurée.

 

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L'univers physique n'est que la manifestation présente du Réel … comme les vagues, à sa surface, ne sont que la manifestation de l'océan.

 

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La mystique pascalienne du néant et de l'infini qui se rejoignent en Dieu seul, est similaire à la mystique vedantine qui affirme que l'atman et la brahman sont une seule et même réalité.

 

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Chaque étant est quelque chose qui n'est ni rien, ni tout.

 

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Chacun ne voit le monde qu'au travers d'une fenêtre étroite dont le "trop" et le "trop peu" échappent.

Cette fenêtre de perception, si limitée vers le haut comme vers le bas, engendre l'illusion des "objets" séparés (et, par suite, l'erreur qui consiste à "voir" l'univers comme un assemblage de briques) puisqu'elle ne peut pas "voir" les liens trop subtils et trop ténus qui relient, ensemble, toutes choses pour constituer une unité organique absolue.

 

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L'esprit humain navigue, quelque part, entre ignorance absolue tout en bas, et connaissance absolue tout en haut.

Et il semble bien qu'il existe une force, du genre gravitationnel, qui attire les esprits lourds vers le bas des ignorances.

Il faut donc s'alléger l'esprit au maximum pour qu'il monte !

Alléger l'esprit ? Le débarrasser de tout ce qui est faux, inutile, incertain, conjectural, imaginaire, "idéal", fantasmagorique, fantasmatique, etc …

 

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Parachever (mener au bout de ce qui est possible) naturellement, positivement et constructivement, en soi et autour de soi, tout ce qui demande à l'être ; c'est cela "accomplir".

 

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Le 20/08/2021

 

Socrate fut le plus grand criminel de l'histoire de la pensée : il a inventé l'anthropocentrisme, c'est-à-dire l'humanisme, le narcissisme et le nombrilisme philosophiques alors que l'humain n'a franchement aucun intérêt ; il n'est qu'un ustensile passager.

Son disciple Platon est encore pire puisqu'à la suite de Pythagore, il a inventé le dualisme (la séparation du monde humain d'avec le monde réel) et l'idéalisme (la prééminence des fantasmes humains sur le Réel).

Avant lui, il y eut Parménide et son concept absurde de l'Être alors que tout est Devenir.

Et, enfin, les atomistes abdéritains (Démocrite) ont enclenché la pire des calamité : l'idée ridicule que le Réel serait un assemblage de "briques élémentaires".

Ces quatre grands criminels de la pensée ont enclenché presque trois millénaires d'errements catastrophiques qui perdurent jusqu'à nos jours.

La question centrale est : pourquoi ont-ils été suivis alors que leurs adversaires (les ioniens, les aristotéliciens, les stoïciens, …) avaient largement raison ?

Qu'est-ce qui, dans leurs systèmes, a hypnotisé, jusqu'au suicide, toute la pensée occidentale ? La réponse est : l'affirmation du "confort humain" qui préfère son nombril au monde, le facile au complexe et l'immuable au fluctuant.

 

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Il y a deux grandes voies philosophiques : celle qui s'intéresse plus à l'humain, à la vertu et au bonheur, et celle qui s'intéresse plus à la Nature (au monde, à l'univers, au cosmos, au Réel), à la gnose et à la joie.

J'appartiens absolument et radicalement à la seconde !

 

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Les archéo-libéraux ont eu le grand tort d'expliquer la prospérité collective par le jeu des vices individuels (égoïsmes, concupiscences, cupidités, avidités, …).

Un entrepreneur authentique ne fait jamais du profit financier un but ; seulement une conséquence et un moyen.

Son moteur est la construction d'un projet et la réalisation d'une passion.

C'est cela l'économie … qui est radicalement étrangère à toutes les formes de finance.

Il faut d'urgence comprendre que le financiarisme (l'esclavage à l'argent) est un des pires ennemis du libéralisme (la libération par le projet).

 

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Il faut autant combattre le financiarisme (la dictature de l'argent) que le totalitarisme (la dictature de l'idéologie) ou le dogmatisme (la dictature de la religion).

 

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La modernité a cultivé le mythe de l'abondance économique.

Ainsi le marxisme, dans sa grande bêtise, affirmait que l'abondance pour tous sera possible lorsque la cupidité bourgeoise accaparant tout pour elle, serait éradiquée par la révolution.

Aujourd'hui, à l'heure de la pénurisation générale de toutes les ressources, ce genre de fumisterie ne devrait plus avoir cours et tous ceux qui se réclament encore du marxisme, devraient être internés dans ces hôpitaux psychiatriques ou dans ces camps de rééducation tant prisés par les régimes communistes.

 

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L'absence et le manque (comme la souffrance) sont des constructions mentales. L'absence est une présence que l'on ne perçoit pas, par défaut d'attention.

Il n'y a pas de manque pour qui sait que tout ce qui est essentiel est déjà toujours là.

 

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Le 21/08/2021

 

Il faut interdire, partout, tout le temps, tous les "loisirs" motorisés.

Ce sont des gabegies honteuses.

 

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Il faudrait aussi interdire la connerie !

 

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Aucune "grande santé" mentale ou physique n'est possible sans d'abord accepter et assumer le Réel tel qu'il est et va.

Cela n'implique aucunement de cultiver la naïveté de croire que tout est beau et gentil : le monde aussi doit être accompli, non tel qu'on voudrait qu'il soit (ce serait de l'idéalisme ou de l'idéologie), mais bien conformément à sa propre nature.

Mais pour accomplir quoique ce soit, il faut d'abord l'accepter tel qu'il est.

Et pour s'accomplir soi-même, il faut d'abord s'accepter et s'assumer tel que l'on est.

 

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Panenthéisme : Tout est en Dieu …

Pancosmisme : tout relève de l'ordre (KosmoV) et de la logicité du Réel …

 

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Le cosmos n'est pas le "grand Tout" ; il est l'ordre, l'ordonnancement, l'organisation, la configuration de ce Tout qu'est le Réel.

Lorsqu'on dit de quelque chose qu'il est cosmique, cela signifie qu'il relève de l'ordre universel.

C'est cet ordre universel qu'étudie la cosmologie.

Lorsqu'on parle de "l'intelligence cosmique" ou de "l'âme cosmique", on parle, respectivement, des principes "logiciels" qui construisent l'ordre universel, et de ce qui anime cette construction ordonnée (c'est-à-dire l'Intention).

 

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La célèbre locution spinozienne : "Deus sive Natura" est bien plus subtile que ne le croit le panthéisme ordinaire.

 

Natura est le participe futur de nascor qui signifie "naître" ; Natura signifie donc "ce qui est en train de naître" ou "ce qui émerge".

Sive signifie "autrement dit" ou "ou bien".

Quant à Deus, à ma connaissance, Spinoza ne le définit clairement nulle part sauf dans "L'Ethique" où il écrit : "J'entends par Dieu un être absolument infini [il n'a donc aucune extériorité], c'est-à-dire une substance constituée par une infinité d'attributs dont chacun exprime une essence éternelle et infinie" ; en latin, Deus signifie indifféremment "Dieu" ou "Divinité" ou "Divin". Dieu, c'est le concept inconcevable qui englobe tous les autres concepts. Il est ce qui contient intégralement et unifie solidairement tout ce qui existe.

Le Dieu de Spinoza n'ayant aucune extériorité, tout et le Tout sont en lui. La spiritualité spinozienne est donc clairement un panenthéisme.

 

Mais elle est aussi un processualisme puisque "Deus sive Natura" signifie proprement : "Dieu, autrement dit ce qui émerge".

Dieu est ainsi en émergence ; Il est, en Lui-même et par Lui-même, le processus même de l'émergence ; Il s'accomplit en s'engendrant Lui-même ; Il advient à Lui-même et ainsi, comme un arbre, il "pousse" de l'intérieur en générant toutes ses branches, tous ses bourgeons, toutes ses feuilles, toutes ses fleurs, tous ses fruits et toutes ses graines. Son bois est la Matière. Sa sève est la Vie. Sa fractalité arborescente est l'Esprit. Il est le Réel.

 

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Le Réel est à la fois la Totalité et la Logicité qui ordonne cette totalité.

Le Réel est donc cet Un qui est plus que le Tout.

 

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Selon Aristote …

L'acte (Energia), c'est ce qui est fait et, ainsi, est devenu réel.

L'action est ce qui se fait et, ainsi, ce qui est en train de devenir réel.

L'action débouche sur l'acte (l'acté).

A l'opposé, la puissance (DunamiV), c'est le possible non réel.

L'action est ce qui fait passer de la puissance à l'acte.

L'acte précède la puissance ! C'est le réel qui engendre des possibles, et non l'inverse.

Pour le dire en termes d'aujourd'hui : le Réel engendre des émergences qui enrichissent le champ des possibles. Plus le Réel s'accomplit, plus il engendre de nouvelles voies d'accomplissement.

 

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Souvent, je parle de l'idéalisme religieux ("l'autre monde" d'à côté) et de l'idéalisme idéologique ("l'autre monde" d'après).

Mais il en est un troisième, en somme bien plus pernicieux : l'idéalisme nostalgique ("l'autre monde" d'avant).

En somme : le "paradis céleste", "les lendemains qui chantent" et "le bon vieux temps". Trois vastes couillonnades, trois énormes fumisteries, trois fruits pervers de l'imagination malsaine.

Il n'y a et il n'y aura jamais qu'un seul monde : celui-ci, le monde réel, le monde présent qu'il faut accepter et assumer pour l'accomplir !

 

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Je fais une distinction notoire entre l'agréable (ce qui peut être agréer, c'est-à-dire accepter) et le plaisant (ce qui plaît, c'est-à-dire ce qui procure du plaisir).

L'agréable est de l'ordre de l'évaluation alors que le plaisant est de l'ordre du ressenti.

 

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Chez Leibniz, l'idée de "monade" me semble proche de celle de "système individué" c'est-à-dire d'un système distinct (mais non séparé) de son milieu, mû par sa propre intention et animé par sa propre logicité.

Et, bien évidemment, le Réel est un vaste ensemble de "monades" interdépendantes, en relation gigogne les unes par rapport aux autres..

 

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J'aimer beaucoup cette définition que donne André Comte-Sponville de l'agressivité :

 

"Disposition à la violence, physique ou verbale, avec une propension à attaquer le premier. C'est à la fois une force et une faiblesse – et souvent la force des faibles. Ils croient que la meilleure défense, c'est l'attaque. Ils ont raison. Mais pourquoi ont-ils tellement besoin de se défendre ?"

 

La question finale est d'une pertinence radicale !

 

L'agressivité musulmane et islamique devrait s'interroger ?

L'islamisme est une religion et une idéologie faibles, qui ne réussit à s'affirmer que contre l'extérieur, tant il est vide à l'intérieur.

L'islamisme ne se nourrit que de la haine de l'autre, que de la haine envers le non-musulman qu'il indiffère.

Tout le monde s'en fout de Mahomet, du Coran et de l'Islam tant qu'ils restent à l'intérieur des cercles musulmans et s'abstiennent de tout prosélytisme, de toute manifestation extérieure, de tout envahissement de la sphère publique.

 

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Le 22/08/2021

 

De mon amie Néa :

 

"Si personne n'est irremplaçable,

certains sont plus difficiles à remplacer que d'autres."

 

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De Francis Cabrel :

 

"Le seul voyage qui vaille est celui que nous faisons là où nous sommes, toutes écoutilles au vent, quand notre but n'est pas de conquérir le monde mais d'être conquis par lui."

 

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Petit florilège de mon ami Michel Serres :

 

L'optimisme, ça sert à se mettre au boulot.

 

À quoi bon vivre si nul jamais n'enchante le monde ?

 

Nous pensons désormais par troupes et troupeaux.

 

L'intelligence rajeunit et la bêtise vieillit.

 

Ces paroles ignobles de la Marseillaise où on parle du sang impur des ennemis, qui est un mot d'un racisme tel qu'on devrait avoir honte de l'enseigner aux enfants. Quels que soient les ennemis, qu'ils aient un sang impur, c'est quand même d'un racisme, j'aurais honte de l'enseigner à mes étudiants, ils ont tous un sang pur et l'impureté du sang est quelque chose qui me fait horreur. [... ] Ce n'est pas seulement un imaginaire raciste, c'est une tradition qui a été si longue qu'elle a fondé beaucoup de traditions politiques, beaucoup de philosophies du droit.

 

Métissage, voilà mon idéal de culture. Blanc et noir, sciences et lettres, monothéisme et polythéisme, sans haine réciproque, pour une pacification que je souhaite et pratique.

 

Le monopole du savoir, qui était détenu par l'école et par l'université, a été capturé par la télévision, la radio, les médias au sens large. C'est la cause première de la crise de l'enseignement.

 

Nous ne comprenons pas ce vers quoi va le progrès parce que nous avons oublié d'où il partit.

 

Le monde a tellement changé que les jeunes doivent tout réinventer : une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d’être et de connaître…

 

 J’ai appris durement à évaluer le prix amer de la méconnaissance. A ceux qui affichent le mépris de l’intellect tout en cherchant, cependant, comme tout le monde, à résoudre leurs difficultés, conseillez d’essayer l’ignorance d’avant.

 

Si tu veux courir, débarrasse-toi de ta graisse. Si tu cherches à inventer, déleste-toi du savoir accumulé.

 

Qui ne bouge n'apprend rien. Oui, pars, divise-toi en parts.

 

Un certain désordre favorise la synthèse.

 

Quand vous condamnez ceux qui vivent pour manger, vous qui dites manger pour vivre, avez-vous décidé pourquoi vous viviez?

 

Seul l'intense effort d'un grand voyage fait, à l'inverse, que l'être lointain redevient le prochain.

 

 Les gens préfèrent la pauvreté pourvu qu'ils soient au milieu de plus indigents qu'eux, à une richesse qui les placerait au milieu de gens prospères... La situation réelle les tente moins que la relation sociale... tout le mal du monde vient de la comparaison.

 

Nous sommes si nombreux à nous contenter d'avancer un pied devant l'autre, sans même nous étonner de ce petit miracle matinal.

 

Quand le vaisseau coule, deviennent dérisoires, stupides et dangereuses les batailles contre les timoniers, en haut, sur la passerelle, et les mécaniciens, en bas, aux machines.

 

Aussi judicieuse que se présente une idée, elle devient atroce si elle règne sans partage.

 

Le savoir rend heureux, le savoir rend libre.

 

La culture ne protège pas de la barbarie.

 

Si vous regardez globalement ce qui se passe depuis 10, 20, 100 ans, la violence ne cesse de baisser : c'est presque contre-intuitif, personne ne le croit !

 

La science c’est ce que le père enseigne à son fils. La technologie c’est ce que le fils enseigne à son papa.

 

Si les technologies nous libèrent du devoir de mémoire, elles nous condamnent à l'intelligence.

 

Notre sénilité endormie se trouve à l’aise dans l’absurde.

 

La seule vraie désobéissance est celle qui permet d'inventer.

 

Nous avons construit un monde où l'intelligence est la premières des facultés, où la science et la technique nous tirent en avant et nous chutons, en produisant plus de misères, de famines, de maladies.

 

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Quoiqu'on ait raconté, surtout la gauche socialiste, le statut d'esclave, bien souvent, était enviable puisque le gîte et le couvert étaient assurés à vie et que, tant à Rome qu'au Etats-Unis, ou dans le Bible, beaucoup d'esclaves voulaient le rester et ont refusé leur libération.

Quoiqu'il en soit, le salariat est le nom moderne de l'esclavage.

Son contraire est l'autonomie économique que l'on construit en devenant soit indépendant, soit associé.

Le salariat est une invention du paradigme moderne et de l'économie financiaro-industrielle.

Ce paradigme meurt sous nos yeux. Le salariat aussi. Le télétravail en accélère déjà la disparition.

 

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La génération qui a aujourd'hui entre 20 et 35 ans est catastrophiquement immature : elle veut s'amuser en tout et ne construire en rien.

 

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Ce que l'on appelle "vérité" n'est en fait que la bonne cohérence entre le Réel et sa représentation humains.

 

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La vérité en grec se dit alhqeia qui signifie  : "qui n'est pas (a privatif) oubli (Lhqh)"

La vérité, c'est donc ce que l'on n'oublie pas ou ce qu'il ne faut surtout pas oublier.

 

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Tout algorithme n'est qu'une simulation (plus ou moins habile et plus ou moins fiable) d'un processus de pensée vu comme une séquence d'opérations élémentaires, avec ou sans itération, avec ou sans générateur aléatoire, avec ou sans boucles de rétroaction, etc …

Mais l'algorithme, aussi sophistiqué soit-il, ne sera jamais qu'une simulation analytique et linéaire, incapable de la moindre créativité, incapable de la moindre complexité.

Ce que l'on appelle "l'Intelligence Amplifiée" (IA) est définitivement utile, mais seulement dans un tout petit ensemble de problématiques réelles : celles qui sont analytiques, linéaires, séquençables, simulables mais qui nécessitent de grosse puissance de calcul.

Et là surgit le vrai problème :

 

  • ou bien l'IA se cantonne dans ces problématiques-là et l'humain utilise sa pensée, autrement plus riche et complexe, pour résoudre les autres problèmes, et l'on pourra vraiment parler d'intelligence augmentée ;
  • ou bien, l'humain limite son périmètre de vie aux seuls problématiques que l'IA peut prendre en charge, et dans ces conditions, on pourra parler de "dégénérescence heureuse et paresseuse" (c'est sur cette voie-là que les GAFAM nous imposent pour l'instant).

 

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Si, comme le souligne André Comte-Sponville, "être aliéné c'est être soumis à ce qui n'est pas soi", alors tout ce qui existe est aliéné puisque rien n'est soi (tout est manifestation) et toute manifestation est soumis au Réel qui se manifeste.

Et André, très justement, conclut : "Mais nul ne possède ce qu'il est. On ne possède, dans le meilleur des cas, que ce que l'on fait".

L'être est un leurre, seule l'œuvre fait sens.

 

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La fin du 20ème siècle a voulu passer de "l'avoir" à "l'être".

Il est temps de passer de "l'être" (être heureux, être épanoui, être aimé, …) au "construire" (accomplir tout l'accomplissable).

 

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Il n'y a que soi qui soit identique à soi (principe d'identité) et, donc, ce soi est différent de tous les autres (principe d'altérité).

Le principe d'égalité tente, en vain et absurdement, de détruire ces deux principes d'identité et d'altérité.

Rien n'est égal à soi et l'altérité est, par essence, non-égalité.

Rien n'est jamais égal à quelque autre que ce soit. Et puisque différent de cet autre, on peut parler d'être plus ceci ou de faire bien ceci, et d'être moins cela ou de faire mal cela.

La différence appelle la comparaison et donc l'évaluation (en spécifiant quel critère d'évaluation on utilise).

Cela est vrai pour tout ce qui existe : les personnes, les races, les cultures, les religions, etc …

 

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La logique aristotélicienne est un joli bijou de la pensée, souvent utile dans les cas élémentaires, mais fondamentalement erroné, pour deux raisons majeures :

 

  • Les notions fondamentales de "vrai" et "faux" n'ont pas de sens absolu ; on ne peut dire que : "ceci est plus vrai que cela" ou que "cela est moins faux que ceci".
  • Des trois axiomes fondateurs, aucun n'est absolument vrai :
    • Identité : "toute proposition vraie le reste" ; c'est souvent faux.
    • Non-contradiction : "un proposition vraie n'est pas fausse, et réciproquement" ; c'est faux puisque tout dépend du point de vue où l'on se place.
    • Tiers-exclus : "une proposition est soit vraie, soit fausse" ; c'est faux puisque toute proposition est à la fois vraie et fausse selon l'interprétation qu'on lui donne.

 

Il ne faut cependant sombrer ni dans le scepticisme (tout est faux et rien n'est donc connaissable), ni dans le sophisme (tout peut être vrai pourvu qu'on le démontre logiquement en choisissant convenablement ses prémices).

Toute logique déductive (aristotélicienne ou non) est utile, mais à la condition de bien comprendre que toute "vérité" est toujours relative, partielle et temporaire.

 

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J'ai toujours eu l'ambition … de n'être pas ambitieux.

J'ai réussi … à ne jamais chercher les succès que j'ai eu.

Le succès, comme le profit ou l'argent, n'est jamais un but ; il est une conséquence, celle d'une certaine virtuosité acquise par passion et par effort.

 

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Mon corps est la part de Matière qui me porte.

Mon âme est la part de Vie qui m'anime.

Ma pensée est la part d'Esprit qui m'accomplit.

Et ces trois parts sont indissociables, forment un tout, une entité individuée, une identité unique, une unité indivisible.

Parler d'immortalité est forcément incongru.

La Matière, la Vie et l'Esprit sont évidemment éternels donc immortels, mais aucune part de leur manifestation ne l'est.

Une manifestation, par définition, est nécessairement éphémère, temporelle et temporaire.

 

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La Fraternité (Agaph) et l'Amitié (Filia), c'est l'amour de certains autres.

La Charité, c'est l'amour de tous les autres, indistinctement ; la Charité est un mythe aussi mensonger que l'altruisme (ou que l'égalité ou l'égalitarisme).

 

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Le Réel est amoral ; seul l'humain est soit moral, soit immoral … et souvent les deux à la fois.

 

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Durant toute ma vie, j'ai eu très peu d'ennemis, beaucoup de copains, un certain nombre de vrais Frères, six enfants, mais seulement deux ami(e)s : feue Nanou et toi, Donah.

 

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Aimer le Tout, ce n'est pas tout aimer !

 

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Aimer, c'est devenir Un avec l'Autre (quel qu'il soit), pour s'accomplir ensemble.

Et, puisque l'accomplissement engendre la Joie, aimer, c'est se réjouir avec l'Autre, par l'Autre, pour l'Autre, en l'Autre, grâce à l'Autre, etc …

 

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Aristote et Spinoza font de la joie et de l'amour une seule et même chose, prétend André Comte-Sponville. Cela n'est vrai que si l'on considère l'amour comme la voie privilégiée de l'accomplissement car c'est lui qui procure la joie.

 

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Schopenhauer écrit ceci :

 

"Toute notre vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche,

de la souffrance à l'ennui."

 

Jamais il n'y eut d'assertion plus ridicule.

La souffrance (pas la douleur physique) et l'ennui sont des constructions mentales égotiques, la première face à l'existence d'obstacles sur le chemin de la satisfaction du désir, et la seconde face à l'absence de désir.

Dans les deux cas, on se place dans une situation pathologique, schizophrène, dans l'éloignement et le rejet du Réel qui est, tout entier, désir d'accomplissement et chemin d'accomplissement.

On comprend mieux pour Nietzsche considérait Schopenhauer (son premier mentor) comme l'apôtre de la dégénérescence humaine.

 

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Jamais il ne faut laisser le désir devenir maître de sa vie.

Les désirs doivent s'effacer devant la vocation ou la mission que l'on porte au plus profond de soi.

Personne ne doit vivre pour sa propre satisfaction, mais bien pour la réalisation de son œuvre.

Telle est la différence capitale entre accomplissement et satisfaction.

Telle est la différence capitale entre joie et plaisir.

 

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Le plaisir est un esclavage.

La joie est une libération.

 

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L'amour dans le couple à quatre dimensions :

 

  • L'Eros que relève du désir charnel (pas seulement sexuel, loin s'en faut).
  • La Storguê qui relève de la tendresse sensible.
  • La Philia qui relève de la connivence et de la complicité intellectuelles.
  • L'Agapê qui relève de l'union spirituelle dans l'accomplissement.

 

Qu'une de ces dimensions vienne à manquer et le couple est en déséquilibre.

 

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La première condition pour faire évoluer le monde, donc pour l'accomplir, c'est de l'accepter et de l'assumer, et de construire ce qui reste à construire (et c'est beaucoup).

En revanche, prôner la révolution (idéaliste ou idéologique) contre la nature du monde, c'est entrer dans la violence, la répression, la haine et le simplisme infantile.

Toute l'histoire de l'humanité le prouve !

 

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* *

 

Le 23/08/2021

 

Les deux grandes erreurs de cette pandémie :

 

  • Avoir opté pour la stratégie "stop and go" (protection statistique collective) plutôt que la stratégie "no virus" (confiner et guérir les seuls personnes réellement malades)
  • Avoir choisi la vaccination massive contre un virus ARN qui mute tout le temps et rend donc les vaccins inopérants.

 

Il faut ajouter à cela les biais statistiques :

 

  • 60% des décès déclarés Covid ne sont pas dus au Covid,
  • Les taux d'incidence, du fait des erreurs de test (au moins 5%), doivent être divisés par 50 (sur 10.000 personnes testées, 500 seront déclarées "positives", mais seulement 10 le sont vraiment).

 

Comme toujours, le spectaculaire massif est inefficace.

De plus, les médias, toujours sensationnalistes, ont joué un jeu abject !

 

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La "psychologie" est un salmigondis de concepts vides, liés par des sauces conjecturales hasardeuses.

La philosophie n'a pas à s'en mêler et, mieux, doit s'en maintenir radicalement éloignée pour s'en tenir à ses trois domaines : la métaphysique, l'épistémologie et l'éthique.

 

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Philosophie analytique et phénoménologie sont deux masturbations intellectuelles aussi inutiles que stériles.

Ni l'une, ni l'autre ne veulent comprendre que le noumène est au-delà des phénomènes et que la connaissance est au-delà des langages ; ce sont là des constats épistémologiques élémentaires qui n'apportent pas grand' chose.

Les phénomènes et les langages, on le sait depuis toujours, ne sont que des instruments, imparfaits et reconnus comme tels, pour atteindre l'essentiel : la métaphysique (comprendre le Réel) et l'éthique (vivre bien dans le Réel).

Vivre, c'est jouer de la musique et non pas pérorer sans fin sur le solfège.

 

*

 

Un communauté humaine n'a de sens et de valeur que si elle constitue un tout qui enrichit (au sens noble et non financier) chacune de ses parties ; il faut pour cela que la richesse engendrée par le tout soit plus que la somme des richesses produites isolément par toutes ses parties.

Au sens noble du terme, la "politique" est l'art d'organiser la communauté (la "cité", la PoliV) de façon à ce que puisse émerger ce surplus de richesse.

 

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L'histoire humaine montre à souhait que jamais ni l'anarchisme (le désordre entropique), ni le totalitarisme (l'ordre mécanique) n'ont engendré quelque surplus de richesse que ce soit ; tout au contraire, ils n'ont fait qu'appauvrir tout ce qu'ils touchent (du simple fait que la richesse émerge des interactions et que l'ordre mécanique et le désordre entropique minimalisent ou annulent la densité des relations et interactions).

Il n'existe que deux types d'ordre susceptibles d'engendrer des surplus de richesses : l'ordre chaotique (l'associationnisme pur) et l'ordre organique (le libéralisme éthique).

 

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La philosophie politique classique affiche que les finalités de toute politique sont la justice et la liberté. Mais quelle justice ? Et la liberté pour quoi faire ?

La justice et la liberté ne sont que des moyens, pas des buts : les seuls buts de toute organisation commune sont de garantir la Paix et de favoriser la Prospérité (morale, sociale et économique).

 

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Il ne peut y avoir de Paix sans Prospérité
Il ne peut y avoir de Prospérité sans Paix.

 

La guerre (intérieure ou extérieure) appauvrit.

La pauvreté (mentale ou matérielle) alimente la haine et le ressentiment.

 

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André Comte-Sponville se moque, à raison, de la mythologie chrétienne des "anges" comme messagers (joufflus et ailés ?) de Dieu.

Mais, en grec et en hébreu, le mot "ange" souvent traduit par "messager" signifie surtout "message", c'est-à-dire "signe" ou "symbole" divins.

Alors, tout change car tout est message, signe et symbole pour qui regarde et écoute le monde afin d'y deviner et d'y comprendre le Réel qui s'y manifeste.

Il est alors urgent de se rappeler les "Tables d'Emeraude" d'Hermès Trismégiste ou le poème "Correspondances" de Charles Baudelaire.

 

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L'anthropocentrisme met l'humain au centre du monde.

L'humanisme met l'humain au centre des valeurs.

Ce sont deux délires !

 

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Le narcissisme humain, éradiqué par la science, a trouvé refuge dans les philosophies des Descartes, de Kant, de Freud, de Kierkegaard, de Husserl, de Heidegger, de Sartre … qui ont remis le subjectivisme (la prééminence du sujet humain) au centre de leurs fantasmes.

Quand donc nous fichera-t-on la paix avec l'humain, cette anecdote insignifiante, perdue dans un coin de l'univers ?

 

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L'anthropologie, cela n'existe tout simplement pas !

 

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André Cote-Sponville écrit, bien à tort :

 

"Un Dieu qui ne nous ressemblerait en rien (qui ne serait pas une personne, qui n'aurait ni pensée, ni volonté, ni sentiments) n'en serait plus un."

 

Et il en tire la justification de son athéisme.

C'est confondre le "Dieu" des monothéismes et le "Divin" (impersonnel, intelligence et âme du Réel-Un) des mystiques.

Et ce "Divin" fonde un panenthéisme et un antithéisme qui n'ont rien à voir avec un quelconque athéisme ; l'athéisme, contre toute évidence, nie la réalité d'une cohérence et d'une logicité dans le Réel.

L'athéisme authentique serait un hasardisme radical.

Quant au matérialisme et aux soi-disant prééminence et antériorité de la Matière sur tout le reste, il démontre seulement l'ignorance ou l'incompréhension de la cosmologie contemporaine.

La Matière, la Vie et l'Esprit sont des modalités concomitantes de la manifestation du Réel, selon des dimensions différentes.

Il est aussi ridicule de se prétendre matérialiste que de s'affirmer vitaliste ou spiritualiste : le Réel est, à la fois, Matière, Vie et Esprit au sens cosmique des ces termes.

 

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L'antihumanisme refuse, simplement, de donner à l'humain, une place éminente dans le cosmos. Comme tout ce qui existe, du plus infime au plus immense, du plus élémentaire au plus complexe, l'humain est le produit d'une évolution antérieure et l'instrument d'une évolution ultérieure ; comme tout ce qui existe, il est au service de l'accomplissement du Réel.

Comme Spinoza et Pascal, je suis radicalement antihumaniste !

 

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L'Antiquité commence avec l'invention de l'écriture alphabétique soit entre -150 et -1300.

Avant, les systèmes hiéroglyphiques sont des représentations graphiques figuratives, mais pas encore des alphabet conventionnels abstraits.

 

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Sur "antisémitisme" …

La judéité n'est pas une race au sens biologique et génétique du terme : il n'y a pas de physiologie ou de physionomie juives (il y a des Juifs bruns, blonds et roux, aux yeux marrons ou bleus, à la peau mate ou claire, etc …).

La judéité, tout au contraire, est bien une tradition culturelle et spirituelle qui, en gros, s'appuie sur la prééminence et la préexcellence de la Bible hébraïque telle qu'elle fut compilée, sur base de légendes et récits oraux antérieurs, entre le 7ème et le 4ème siècles avant l'ère vulgaire.

La judéité s'appuie sur une religion originelle appelée "lévitisme" qui a connu, ensuite, moult évolutions et bifurcations.

La judéité ne se confond aucunement avec une foi religieuse, mais se fonde bien sur une référence biblique incontournable.

C'est la Bible hébraïque, en tant que "livre et archives de famille", en tant qu'une histoire culturelle, qui fonde la judéité.

Est Juif celui qui fait de la Bible hébraïque, "son" livre de souvenir, avec amour, respect et tendresse.

 

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L'origine de tous les antisémitismes, c'est l'antijudaïsme chrétien, cette accusation ridicule d'être le "peuple déicide".

L'antijudaïsme religieux (des chrétiens) est devenu l'antisémitisme racial (des nationalistes, d'abord français, puis allemands) qui est devenu l'antisionisme politique des islamo-gauchistes).

 

Je ne résiste pas au plaisir de citer la dernière phrase d'André à l'article "Antisémitisme" de son "Dictionnaire" :

 

"Mais je ne peux qu'admirer la permanence et la fécondité, pendant tant de siècles, de ce peuple sans terre et sans Etat – sans autre privilège que la Loi qu'il s'impose, sans autre forteresse que le Livre qu'il vénère, sans autre patrie que de mémoire et de fidélité."

 

Un bémol, cependant, les Juifs sont plus une tradition et une culture qu'un peuple, sauf à assimiler les notions de "peuple" et de "culture" … auquel cas les Français ne sont pas du tout un peuple.

 

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Antonymie …

La douleur est l'antonyme du plaisir.

Le bonheur (la "bonne chance") est l'antonyme du malheur (la "mauvaise chance").

La souffrance est l'antonyme de la joie.

La mort est l'antonyme de la vie.

Etc … Mais il ne faut confondre ces quatre niveaux.

La douleur et le plaisir sont physiologiques.

La souffrance et la joie sont noologiques.

 

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Il faut être méfiant vis-à-vis des humains, mais il faut apprendre à faire confiance au Réel.

 

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Le Réel est Dieu.

Le Réel existe et est réel.

Donc Dieu existe et est réel.

CQFD !

Voilà bien un raisonnement apodictique …

 

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Le 24/08/2021

 

L'apparence (ou l'image du monde), c'est tout ce que l'on perçoit au travers des fenêtres déformantes, partielles et partiales de notre sensibilité sensitive.

En visant la cohérence de l'apparence globale (intégrée), la sensibilité intuitive propose une toile de fond qui relie le tout.

 

La représentation (ou le modèle du monde), c'est tout ce que l'on conçoit au travers des processus informants, partiels et partiaux de notre intelligence structurante.

En réformant la représentation, l'intelligence créatrice pallie un tant soit peu les effets partiels et partiaux de l'apparence.

 

Les dialectiques eidétique (sensibilité intuitive et intelligence créative) et topologique (sensibilité sensitive et intelligence structurante) permettent, ensemble, de construire des images-modèles cohérents et fiables du monde.

 

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L'intelligence structurante assemble les briques reçues de la sensibilité sensitive selon le schéma global reçu de la sensibilité intuitive.

Quant à l'intelligence créative, elle façonne des matériaux nouveaux pour combler les trous dans les murs ou dans les voûtes.

 

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Chez Kant, est transcendantal ce qui rend l'expérience possible avec les formes apriori de la sensibilité et les catégories apriori de l'intelligence.

Ces formes et catégories n'existent tout simplement pas (cfr. Locke et les empiristes) ; elles résultent de l'expérience même et de l'effort de l'esprit à y mettre de l'ordre et de l'efficience au service de la survie (ne jamais oublier que l'esprit est un ensemble d'habiletés de la perception et de la représentation visant l'anticipation des dangers et des opportunités au service d'une meilleure survie).

La "vérité" n'est pas son objet premier, mais bien l'efficacité.

Locke disait : "Nihil est in intellectu, quod non fuerit in sensu" … ce à quoi Leibniz ajoutait : "Nisi ipse intellectus".[1]

 

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L'esprit vise une cohérence la plus parfaite possible entre sa représentation du Réel (sa métaphysique ou cosmologie) et le Réel même, dans le seul but de rendre, au mieux et le plus possible, sa vie particulière compatible et harmonieuse (son éthique ou sagesse) avec la Vie cosmique.

 

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Deux systèmes peuvent être dits "en cohérence", si toute évolution de l'un se reflète systématiquement et fidèlement dans l'autre en parfaite analogie.

 

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Est transcendant, ce qui dépasse tout concept et toute conceptualisation.

La transcendance est holistique, par essence, accessible seulement par l'intuition ou la mystique.

Par exemple, l'Un transcende le Tout … et cet Un n'est pas conceptualisable : "Sur l'Un, il n'y a rien à dire".

Sauf tautologiquement, en disant : "L'Un est Un".

La transcendance appelle l'apophatisme : "L'Un est ce qui n'a aucun autre, ni aucun second".

 

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Quand donc fera-t-on taire ces matérialistes, ridicules et neuroscientistes, qui confondent "esprit" et "cerveau".

L'esprit est consubstantiel au corps tout entier : chaque cellule est animée par son propre esprit qui est mémoire, vocation, sensibilité et intelligence.

Le cerveau n'est qu'un des organes de l'esprit, une sorte de plateforme logistique informationnelle, mais rien de plus.

Ce n'est pas le cerveau qui ressent, mémorise, pense et veut ; c'est le corps tout entier.

 

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Le Réel est la source ultime de tout ce qui existe pour moi.

 

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Descartes a eu raison de comparer la philosophie à un arbre. Mais "mon" arbre est différent du sien. Ses racines sont métaphysiciennes (elles vont chercher leurs sucs dans les profondeurs obscures de l'intuition), son tronc est cosmologique (droit, cohérent, solide, d'un bloc) et ses deux branches faîtières sont la science (et ses multiples rameaux) et l'éthique (et ses innombrables surgeons).

Les fruits de cet arbre mûrissent au bout des branches de la science et de l'éthique pour donner de la forme, de la couleur et de la saveur à la vie.

Quant à l'épistémologie, elle est plutôt la sève qui alimente l'ensemble et lui donne force et vigueur.

 

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En parlant des arbres, André écrit bien joliment :

 

"(…) la force sans agressivité, la rivalité sans violence, la hauteur, la noblesse, la soif de lumière, comme une envie de ciel, mais déjà comblée (…), comme une image, pour nous, du courage, du silence, de la sérénité …"

 

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L'architectonique est "l'art des systèmes", ce qui permet de transformer un "tas" en un "tout".

Le TLF donne deux définitions très proches : "Art de structurer, de systématiser" et "Art d'organiser de façon systématique, méthodique, logique".

Les tas n'ont aucun intérêt ; seuls les touts (les systèmes solidement structurés et intensément intra-connectés) ont une valeur gnoséologique.

Une collection de faits ou de concepts est aussi vaine et inutile qu'une collection de timbres ou de chromos : joli mais stérile.

Même si ce n'est plus à la mode philosophique, il est impératif de cultiver "l'esprit de système" contre tous les déconstructeurs et nihilistes de la pensée.

Un modèle théorique, qu'il soit scientifique ou philosophique, n'a aucune valeur, s'il n'est pas un système global, cohérent et robuste, qui rende compte d'un système réel.

 

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Système …

Du grec Sun (ensemble) et Sthmon (chaîner, tisser, ourdir).

Un système est quelque chose qui est chaîné, tissé, ourdi ensemble.

Dans un système, ce sont les relations et interactions qui importent, bien plus que les ingrédients élémentaires (s'ils existent).

 

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Il y a trois manières (non mutuellement exclusives) de construire une éthique :

 

  • La manière déontologique qui regarde les finalités de l'action.
  • La manière conséquentialiste qui regarde l'efficience de l'action.
  • La matière arétique qui regarde les vertus de l'acteur (de l'agent).

 

Il me paraît clair que les "vertus de l'acteur" n'ont rien à voir avec la valeur de l'action, seul objet d'une éthique. Et une action ne vaut que par l'évaluation conjointe de sa finalité et de son efficacité.

Ce sont les actes qu'il faut juger, et non les acteurs.

L'humain ne vaut que par ce qu'il fait (pour quoi et comment il fait).

Une justice qui s'intéresserait aussi à l'acteur et non strictement à l'acte (c'est-à-dire au résultat réel de l'action), serait d'une immense injustice. Il ne s'agit pas tant de "punir" le malfaiteur que de l'empêcher (définitivement par rééducation, par incarcération ou par exécution, selon sa nature) de récidiver et de nuire à nouveau, qui qu'il soit. Comme il ne s'agit pas tant de "louer" l'auteur d'une œuvre que d'en "valoriser" le contenu.

 

*

 

La richesse (qu'elle soit matérielle, affective, intellectuelle, spirituelle ou morale importe peu) alimente la vie. Mais de deux manières différentes :

  • La première est intrinsèque par la mesure de la joie qu'elle procure, ici et maintenant, en moi ou autour de moi.
  • La seconde est différentielle :
    • soit dans l'espace (mon voisin est-il plus riche que moi ?),
    • soit dans le temps (suis-je plus riche aujourd'hui qu'hier ?).

 

Il me paraît évident que seule la première manière, intrinsèque, ait un sens (éthique et existentiel), alors que la seconde, différentielle, est proprement absurde puisqu'elle engendre non de la joie, mais de l'orgueil si la différence est positive, à mon bénéfice, ou du ressentiment si la différence est négative, à mon détriment.

 

*

 

Elle est agaçante cette sempiternelle confusion (voulue et savamment entretenue) – surtout à gauche et plus encore chez les (anciens) marxistes – entre :

 

  • le libéralisme (le culte de l'autonomie),
  • le capitalisme (l'économie entrepreneuriale) et
  • le financiarisme (le parasitisme spéculatif).

 

Seul ce dernier est indispensablement condamnable et blâmable parce qu'anti-économique.

Il faut sauver l'économie des griffes improductives de la finance.

Des associés ? Oui ! Des actionnaires ? Non !

Il faut relire Pierre-Joseph Proudhon contre Karl Marx !

Il faut repenser le libertarisme contre le communisme.

 

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D'André Comte-Sponville à propos de mon ami Daniel Cohen :

 

"(…) ce que Daniel Cohen appelle 'une addiction à la croissance' (…) est économiquement problématique, humainement vaine et écologiquement suicidaire."

 

Cette religion de la croissance économique doit être brisée, et elle peut l'être à la condition d'entreprendre, sérieusement, volontairement et à grande échelle, une lutte drastique contre la croissance démographique, surtout dans les pays africains et musulmans (et, de manière plus large, dans toutes les populations sous-éduquées).

 

*

 

Karl Marx …

Un non-économiste qui se prenait pour un économiste.

Un non-philosophe qui se prenait pour un philosophe.

Mais un vrai parasite. Un vrai renégat. Un vrai tyran. Un vrai démagogue. Un vrai politicard. Un vrai manipulateur. Un vrai magouilleur. Un vrai faussaire.

Bref : une vraie merde !

 

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Ne jamais confondre "oligarchisme" et "aristocratisme".

Les quelques-uns qui gouvernent, sont bien rarement les meilleurs qui, eux, n'ont rien à faire de quelque pouvoir que ce soit ; ils font autorité et cela leur suffit.

 

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Les ennemis du Réel d'ici-et-maintenant : les prêtres, les idéalistes et les idéologues.

Ils ont des tonnes de douleurs et des milliards de morts sur la conscience.

 

*

 

Il n'est d'art que comme technique de maître-artisan que celui-ci soit manuel, intellectuel ou spirituel.

Les "artistes", quant à eux, ne sont que des fabricants d'émotions, de spectacles, d'ornements ou de divertissements tous plus inutiles les uns que les autres.

 

D'André C-S :

 

"L'artisan vise moins le beau que l'utile ;

il se soucie moins d'être original que d'être efficace."

 

Tout est dit. Exit "l'artiste". La beauté et l'originalité sont, d'abord, relatives et subjectives et, par suite, vaines et inutiles.

 

*

 

L'Art, le vrai (avec une majuscule), ne peut que viser la sublimité surhumaine et n'être que sacré (et anonyme comme la Bible hébraïque ou les cathédrales gothiques), pour dire l'indicible, pour proclamer l'ineffable, pour spiritualiser le transcendantal.

L'Art sacré est un art d'artisan, et certainement pas "d'artistes".

Les "artistes", eux, ne sont que des saltimbanques, des clowns, des divertisseurs ou des décorateurs, bref : des parasites méprisables.

 

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Erreur fatale : croire que le droit est juste !

Droit, loi, morale, justice, … tout cela n'est que conventions, fruits d'une époque et d'une contrée.

La justice n'est que le fait de juger en conformité avec le droit local.

La justice n'est rien d'autre.

La justesse – c'est-à-dire l'équité – est tout autre chose : à chacun selon ses œuvres.

Chaque humain ne vaut que par ce qu'il fait.

L'humain n'a aucune dignité ou aucun droit par lui-même, du simple fait qu'il est né humain (comme le proclame stupidement le premier article de la "Déclaration universelle des droits de l'homme").

L'humain naît parasite, d'abord de ses parents, ensuite de la société ; une minorité sortira du parasitisme et deviendra constructeur d'avenir.

Un humain qui ne construit rien et qui parasite tout, est un échec et un déchet.

 

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Il est pénible de constater que la tradition philosophique, surtout française, s'obstine à confondre le symbole de "Dieu" avec le dogme du "Dieu personnel créateur" des monothéismes (qui n'est même pas celui de la Torah où Elohim est pluriel et où YHWH symbolise l'Alliance particulière et formalisée entre l'humain israélite et un des dieux qui symbolise l'ordre cosmique, le Logos).

Il y a là une singulière myopie métaphysique et spirituelle.

"Dieu" est transcendant, c'est-à-dire au-delà de tous les concepts affirmatifs comme personnel, éternel, parfait, créateur, céleste, juge, sauveur, etc … Ces qualificatifs ne Le concernent pas ! Ils ne sont que des fantasmes idolâtres.

Cette conception de Dieu est purement infantile et immature.

 

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Les atomes sont des unités de Matière. Ils n'existent pas : le Réel n'est pas un assemblage de briques élémentaires (le cartésianisme, le réductionnisme, l'atomisme, l'analycisme, l'assemblisme sont des principes théoriques qui n'ont plus cours et qui appartiennent, désormais, à l'archéologie des sciences).

Les monades sont des unités d'Esprit. Elles n'existent pas non plus.

La cosmologie complexe a totalement inverser les  rapports : c'est le Tout qui induit et explique ses parties, et non le contraire.

Le processus fondamental du Réel n'est jamais l'assemblage, mais l'émergence.

 

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De Swâmi Prajnânpad :

 

"Prier, c'est rester présent à ce qui est."

 

Présence au Réel (éveil, attention, vigilance).

Présence du Réel (Shékhinah).

 

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Pourquoi opposer "égoïsme" et "générosité" ? Toute générosité est égoïste, non ?

 

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Authenticité …

Vivre authentiquement, c'est vivre en bonne conformité avec soi-même c'est-à-dire avec son identité et avec sa vocation, au moyen de son intelligence, de sa sensibilité, de sa conscience et de son action.

 

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L'autonomie est la vertu première et primordiale qui devrait être générale, mais qui ne concerne, de fait, que les êtres d'élite.

Elle repose sur trois piliers : définir soi-même son projet de vie (son intention), définir soi-même ses règles de vie (son éthique) et définir soi-même ses moyens de vie (son écosystémie).

Dépendre des autres ou du "système" social", c'est être soit "esclave", soit "parasite".

L'autonomie ne se reçoit jamais ; elle doit se construire. Elle est critère de sagesse et de maturité. Elle combat les esclavages extérieurs (les dépendances, les obéissances, les conformismes, les charités, les assistanats, etc …) et intérieurs (les caprices, les amusements, les plaisirs, les divertissements, les irresponsabilités, etc …).

 

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Je ne veux pas être désintéressé. Je veux au contraire m'intéresser à tout ce qui présente un intérêt.

Le désintéressement est un abandon du Réel. C'est une vertu chrétienne, une haine de la vie réelle.

 

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Les cinq vertus de la vie :

 

  1. La fierté d'être
  2. Le courage de devenir soi.
  3. La sublimité du ressenti.
  4. Le génie de la pensée.
  5. L'harmonie de l'existence.

 

Les cinq vices de l'existence :

 

  1. L'orgueil arrogant.
  2. L'obstination capricieuse.
  3. La lascivité émotionnelle.
  4. La bêtise inculte.
  5. Le vide conflictuel.

 

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Jusqu'à 25 ans, on construit ce que l'on peut être.

Jusqu'à 50 ans, on construit ce que l'on peut devenir.

Jusqu'à 75 ans, on construit ce que l'on peut retenir.

Après, on construit ce à quoi on peut renoncer.

 

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L'avenir n'est qu'en germe dans ce présent qui n'est que l'accumulation de tout le passé.

L'avenir, c'est tout ce qui n'est pas encore accompli dans ce présent et qui pourrait ou devrait l'être.

 

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Les mots "axiome" et "postulat" sont trop envahissants, en ce sens qu'ils laissent  présumer une sorte de vérité intrinsèque supérieure et non conventionnelle.

Il faut leur préférer, en toute rigueur, les locutions "hypothèse fondatrice" ou "hypothèse première", etc …

Car ce sont des "hypothèses" qui se placent dessous la thèse pour l'étayer.

Cependant, il est utile de souligner qu'un jeu d'hypothèses (minimaliste et le plus simple possible) peut s'avérer beaucoup plus efficient et véridique qu'un autre, face à la réalité intrinsèque et à la cohérence immanente du Réel.

Si toute pensée se construit sur des hypothèses qui sont ses fondations, il en est qui sont infiniment plus solides et fiables que beaucoup d'autres.

Toutes les hypothèses ne se valent pas. Loin s'en faut.

La métaphysique et la cosmologie actuelles ont fait, en ce sens, d'immenses progrès quant aux jeux d'hypothèses féconds et plausibles ; il y a donc des myriades d'autres jeux d'hypothèses qui ne valent plus la peine d'être étudiés et discutés (sauf pour un historien de la pensée).

Parménide, Pythagore, Socrate, Platon, Augustin d'Hippone, Thomas d'Aquin, Galilée, Descartes, Newton, Kant, Comte, Husserl, Heidegger, Russell, Sartre, Foucault, Derrida, Althusser, etc … peuvent allègrement passer à la trappe et rejoindre les oubliettes … sauf à alimenter l'étude généalogique (au sens de Nietzsche) de la philosophie et des sciences européennes.

 

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* *

 

Le 25/08/2021

 

Les modes de la musique populaire se suivent, mais ne se ressemblent guère.

Ce qui me semble intéressant (pour moi qui suis guitariste), c'est cette tendance de fond d'un constant appauvrissement harmonique et mélodique.

Dans "Michelle" des Beatles, signée par Paul McCartney, il faut changer 104 fois d'accord ; dans la plupart des "raps'" actuels, il n'y a que un ou deux accords …

Mais, bien sûr, chacun n'aime que les chansons de son adolescence.

 

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Des assertions comme : "on est toujours le barbare de quelqu'un" (paraphrase connue de : "on est toujours le con de quelqu'un"), banalise la barbarie (comme la connerie). C'est faux : la barbarie n'est pas une notion relative.

La barbarie, c'est le contraire de la civilisation, de la culture, de l'intelligence, de la courtoisie, du respect, de la civilité, etc …

Avec des hauts et – surtout – des bas, l'histoire de l'humanité va de la barbarie à la civilisation. C'est cela la flèche du temps : du désordre à l'ordre, Ordo ab Chao.

 

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L'expression : "On est toujours le … de quelqu'un", est typique du nihilisme qui est un relativisme extrême très en mode aujourd'hui, un nihilisme qui est l'indifférentisme du "Rien ne vaut" et l'indifférencialisme du "Tout se vaut".

Il faut s'insurger clairement contre ce nihilisme : oui, certaines actions ou valeurs valent la peine, oui, il y a des différences, et le génie et la médiocrité n'ont pas le même poids.

Oui, il y a des différences, donc des comparaisons, donc des évaluations, donc des échelles de valeur.

Rien n'est l'égal de rien ; l'égalitarisme est une absurdité contre-nature ; dire : "ça m'est égal", est une lâcheté, un abandon, une abdication.

Rien ni ne m'est égal, ni ne m'indiffère ; tout me concerne, soit pour l'accepter et l'assumer, soit pour le refuser et le rejeter.

Vivre, c'est jauger et juger.

Vivre, c'est décider et vouloir.

 

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Plus on descend vers la barbarie, plus on rencontre les tyrannies, les haines et les violences,

 

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La barbarie, c'est la loi du plus fort, du plus violent, du plus cruel, au mépris de tout respect, de toute tolérance, de toute bienveillance.

 

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André C-S distingue quatre ordres sociétaux :

 

  • L'ordre techno-scientifique (le possible et l'impossible).
  • L'ordre juridico-politique (le légal et l'illégal).
  • L'ordre moral (le devoir et l'interdit).
  • L'ordre éthique (l'amour et la haine).

 

Il prétend, de plus, que ces quatre types d'ordre sont simultanément nécessaires, mais qu'ils sont hiérarchisés (dans l'ordre donné ci-dessus).

Cette typologie est totalement arbitraire et ne correspond, en rien, à la typologie systémique qui distingue l'ordre entropique, l'ordre mécanique, l'ordre chaotique et l'ordre organique … qui s'excluent mutuellement et qui, du point de vue de leur richesse interne et de leur puissance externe, sont clairement hiérarchisés (OMCE).

 

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De tout, il ne faut garder que l'utile.

L'inutile est dispendieux et gaspille des ressources qui pourrait être affectées là où c'est utile.

Les temps de l'abondance sont révolus. Nous sommes entrés dans l'ère de la frugalité, donc de l'utilité réelle.

 

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Le plaisir ne doit jamais être un but, mais il peut être une conséquence.

 

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En tout, le minimalisme doit prévaloir.

 

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Depuis que le christianisme l'a doté d'une majuscule pour en faire un universel, une loi morale, une valeur suprême, un devoir de charité, le mot "amour" a sombré dans l'ambiguïté la plus déplorable.

Le verbe "aimer" couvre un spectre immense qui va de : "je prends mon plaisir avec", à : "je voudrais ne faire plus qu'un avec".

Le terme "amour" couvre des affects aussi disparates (et mutuellement incompatibles) que sympathie, copinage, camaraderie, affection, amitié, fraternité, tendresse, connivence, complicité, proximité, etc …

Il est bon, je pense, de réduire le sens du mot "amour" au seul domaine familial : l'amour de couple vrai, entre un homme et une femme, et, ensuite, envers leurs enfants.

 

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L'homosexualité m'indiffère royalement ; je la vois seulement comme une bizarrerie qui est contre-nature, puisque la Nature a inventé la différenciation sexuelle dans un but eugénique que, par essence, l'homosexualité est incapable d'assumer.

Il y a là une forme de "détournement" … Le couple est, avant toute autre chose, destiné à la procréation : la Nature doit précéder la Culture, la physiologie doit précéder la psychologie, le sexe (la nature) doit précéder le genre (le fantasme).

 

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La beauté est la notion le plus relative qui soit.

Il ne faut jamais dire : "ceci est beau" ; il faut se contenter de dire : "ceci me plaît, c'est-à-dire me procure un plaisir … à moi et peut-être, aussi à quelques autres, mais certainement pas à tout le monde".

L'exigence kantienne de l'universalité du Beau est une fumisterie.

 

*

 

Tout ce qui est relatif, est sans grand intérêt.

Le Réel, le cosmique, l'absolu, le divin, le sublime, l'extatique … ou rien.

Tout le reste n'est que futilité.

 

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De Charles Péguy :

 

"La kantisme a les mains pures, mais il n'a pas de mains."

 

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Il est judicieux de limiter ses désirs et ses besoins au strict nécessaire car plus ils sont nombreux ou forts, plus on en est esclave.

 

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Tout humain est toujours bien plus complaisant et indulgent envers lui-même, qu'envers les autres.

 

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La seule chose qui soit le bien, c'est l'accomplissement.

Et tout accomplissement est toujours partiel et temporaire. Ainsi, le bien.

 

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Les seules fins/motivations/desseins de tout ce qui existe, c'est l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Tout le reste n'est qu'erreur ou moyen.

En ce cas, selon Aristote, l'accomplissement (de soi et de l'autour de soi) serait le "souverain bien" puisque la "fin finale" de tout ce qui existe.

 

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Contentement …

Se contenter de ce que l'on est, de ce que l'on a, de ce que l'on fait, de ce qui arrive …

Peut-être est-ce cela la sagesse la plus simple et la plus pure …

 

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D'où vient donc cette idée saugrenue que le Réel serait impur ?

La pureté, au moins dans son acception biblique (on sait que la pureté – l'adéquation – est une notion importante de la Torah), suppose le non-mélange, la non-hybridité, la non-confusion.

Or, comme le Réel est unique et sans mélange, il est forcément d'une pureté absolue.

L'idée de l'impureté du monde réel est typique des idéalismes, qu'ils soient religieux ou idéologiques, pour qui ce monde-ci, qui est le monde réel, est impur (et diabolique ou diabolisé) par rapport au monde idéal qu'ils fantasment.

 

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Agir, certes, mais pour quoi ? Au service de quoi ? Dans quelle intention ?

Derrière les philosophies de l'action, il y a parfois une sorte de fuite en avant : l'action pour l'action, agir pour agir … parce que la vie est mouvement et que ne pas agir, c'est être mort.

Oui, mais on ne vit pas pour ne pas être mort !

Une action n'a de valeur que si elle a du sens, que si elle contribue à quelque chose qui dépasse l'agent.

Plutôt qu'une philosophie de l'action, je préconise une philosophie de la contribution : vivre, c'est contribuer à la Vie cosmique et penser, c'est contribuer à l'Esprit cosmique.

 

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L'athéisme est une foi (se fier à l'incohérence et à l'absurdité du Réel) et une croyance (croire en l'inexistence d'une principe qui assure la cohérence et donne du sens au Réel).

L'athéisme est une superstition, puisqu'elle est une foi et une croyance incapables de se prouver elles-mêmes.

Le problème de fond n'est pas croire ou de ne pas croire en Dieu (qui n'est qu'un mot-symbole pour signifier l'ineffable), le problème est de dire en quel sorte de Dieu on a foi et d'éliminer toutes les croyances et superstitions.

L'athéisme est une croyance absurde ; l'antithéisme (le rejet de toute idée du Dieu personnel et créateur des monothéismes pharisien, chrétien et musulman) est une conviction solide.

 

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Le peuple souverain … Quelle ineptie !

 

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La neurobiologie est un neuroscientisme, un matérialisme qui se dissimule pour réduire l'Esprit à la Vie et à la Matière.

Tout ce fatras ridicule n'est qu'une vaste fumisterie (Dennett et Changeux sont des pitres).

La cosmologie complexe n'a aucun problème à démontrer qu'une émergence (un niveau supérieur et inédit de complexité) n'est jamais réductible à son substrat (le niveau inférieur de complexité dont elle émerge).

La raison en est simple : une émergence n'est pas un assemblage, mais un processus créatif. L'art du cuisinier qui fait émerger avec génie, et l'art du maçon qui assemble avec soin, ne sont pas de même nature.

 

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Une éthique minimale : ne jamais provoquer, volontairement ou non, directement ou non, aucune douleur (la souffrance est autre chose) à aucun être vivant (humain ou non humain).

 

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Le 26/08/2021

 

Sortir du paradigme pétrolier …

Vivement que le baril passe au-dessus des 100 dollars.

Vivement que commence la frugalité.

Vivement que l'on comprenne qu'en matière d'énergie il s'agit moins de produire autrement que de consommer beaucoup moins.

Vivement que l'on comprenne que l'éolien, le photovoltaïque et autres fumisteries sont thermodynamiquement absurdes.

Vivement que l'on ne se déplace presque plus, sauf urgence.

 

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Le bonheur signifie, en fait, la "bonne chance" (en ancien français, "heur" est la chance, le "mal heur" est la mauvaise chance et l'heureux est le chanceux).

Ce concept ne doit plus être utilisé parce que beaucoup trop détourné et vidé de sens.

Au niveau le plus bas, au niveau corporel, il y a le plaisir c'est-à-dire la satisfaction sensuelle et charnelle d'un désir, d'une envie, d'un besoin, …

Aux niveaux les plus hauts, il y a la joie, la béatitude, l'extase qui signent un accomplissement intérieur, une exaltation de l'âme ou de l'esprit.

Le bonheur qui n'est plus compris comme la "bonne chance", n'est ni l'un ni l'autre … ou les deux à la fois ; d'où son ambiguïté.

 

On le sait, le plaisir est toujours fugace et, plus on le recherche, plus il rend esclave ; le plaisir doit donc être une conséquence à accueillir avec gratitude, mais jamais un but.

En revanche, la joie n'est-elle jamais que momentanée ou, dans certains cas, peut-elle devenir permanente comme le souhaitent les mystiques, surtout orientaux (car que sont le Nirvana, la Moksa, le Satori, le Ming ou la Dévéqout sinon la joie extatique permanente ?) ?

Si l'on suit Spinoza, la Joie étant le signe d'un Accomplissement, plus l'Accomplissement est total, plus la Joie serait totale. C'est, en tous cas, un pari que l'on peut faire …

 

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La Joie est un état d'esprit.

La Joie se construit ; elle doit être une intention permanente.

Elle est donc conditionnée par la volonté permanente d'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

 

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Le malheur n'existe pas plus que la souffrance : ce sont des constructions mentales. Seule la misère – comme la douleur – existe réellement.

Et paradoxalement, la misère n'interdit pas la joie ; elle la rend pourtant souvent plus difficile.

 

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La misère, c'est l'absence grave de moyens tant matériels qu'affectifs, intellectuels ou spirituels.

 

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Le "progrès", aux 19ème et 20ème siècles, a voulu éradiquer la misère matérielle et corporelle (et ne s'en est pas mal tiré), mais a-t-il diminuer les misères morales ? A-t-il favorisé ou facilité la production de Joie ?

 

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Il faut avoir la Foi. Mais une Foi débarrassée de toute croyance.

La Foi, c'est donner sa confiance à quelque chose qui nous dépasse.

Avoir confiance en la Vie, par exemple, au-delà de toutes les existences particulières.

Avoir Foi en l'Esprit qui assure la cohérence cosmique et dont chacun est partie intégrante et prenante.

Il est erroné de confondre, comme beaucoup le font, la Foi avec les croyances religieuses.

Ces deux mondes - de la Foi et des croyances – sont complètement disjoints.

Avoir la Foi, c'est avoir confiance en le Réel, c'est donner sa confiance au Réel, c'est faire confiance au Réel, c'est aussi donner confiance au Réel (par la Foi que l'on met en lui) lorsqu'il hésite.

Et, par ricochet, c'est aussi avoir confiance en soi et se donner confiance.

 

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On appelle "bon sens", les bêtises communément admises.

 

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L'humanisme rend aveugle à l'essentiel.

 

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D'André C-S :

 

"Chez Marx, les bourgeois s'opposent aux prolétaires : un bourgeois, c'est quelqu'un qui possède des moyens de production ou d'échange (donc un capital investi), ce qui permet de faire travailler les autres à son profit, donc de les exploiter (…) en prélevant la plus-value qu'ils produisent."

 

Quelle effroyable bêtise marxienne !

Il faut n'avoir jamais dirigé  une entreprise – ni même seulement vécu en entreprise – pour proférer des âneries pareilles.

 

C'est tout le contraire qui est vrai.

Un prolétaire, c'est quelqu'un qui refuse de s'installer à son compte, soit parce qu'il est trouillard, soit parce qu'il est incompétent, soit parce qu'il est paresseux.

 

Et face à ces hordes de médiocres, il y a, non pas des bourgeois, mais des entrepreneurs qui ne possèdent pas forcément du capital, mais qui s'endettent souvent pour en récolter, qui construisent une économie en menant à bien leur projet, avec d'autres humains, non pas avec le profit pour but (le profit est une conséquence nécessaire, pas un but), mais bien la réussite du projet, non pas par l'exploitation, mais bien par la collaboration, non pas en "détournant" la plus-value produite, mais bien en la répartissant au mieux pour la rémunération équitable de toutes les ressources (dont les émoluments) et la préparation de l'avenir (dont les investissements).

 

Le marxisme est une théorie fumeuse et fausse, complètement déconnectée du Réel.

Elle a fait plusieurs centaines de millions de morts en un siècle !

 

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La démocratie est un leurre.

Ce que l'on appelle "démocratie", c'est en fait un astucieux mélange de démagogie et de bureaucratie.

Le démagogue jouit d'un pouvoir factice.

La bureaucratie exerce le pouvoir réel.

Les démagogues passent, la bureaucratie reste.

Et les élections ne servent à rien, puisqu'elles élisent des démagogues qui n'ont, en fait, aucun pouvoir réel.

 

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Les stoïciens avaient pleinement raison de distinguer le Télos (l'intention) du Skopos (le but).

André l'illustre parfaitement : le but de l'archer est d'atteindre le centre de la cible, son intention est de viser et de tirer parfaitement.

L'atteinte du but est dans le futur ; l'intention est dans le présent.

Le but est un fantasme ; l'intention est un état d'esprit.

Et l'intention implique l'attention.

Selon Séguéla, le but de la vie est de posséder une Rolex avant cinquante ans.

Selon moi, l'intention dans la vie est de faire de chaque instant un moment de Joie profonde (avec ou sans Rolex).

 

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Le but est un fantasme ; il faut n'en avoir aucun.

En revanche, l'intention, au présent, est le moteur de l'action, ici et maintenant.

 

 

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Un objectif est un but quantifié : atteindre tel résultat avant tel jour.

Les objectifs "objectivent" l'intention, mais demeurent des fantasmes que, le plus souvent, on n'atteint pas tout simplement parce que l'on ne maîtrise jamais tous les paramètres d'une évolution.

La gestion par les objectifs relèvent d'une vision parfaitement mécaniste du monde qui, lui, est organique, complexe et non-déterministe.

 

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Il est essentiel de bien distinguer l'engendrement (l'émergence) de la fabrication (l'assemblage).

Dans le Réel, hors les artefacts humains, rien n'est ni fabriqué, ni assemblé puisque tout est engendré par émergence.

 

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Le matérialisme est une idéologie, mais une idéologie inversée ; un anti-idéalisme. Mais un anti-idéalisme non réaliste (et c'est un comble) puisque le Réel n'est jamais réductible à la Matière qui n'en est qu'une émanation ou manifestation parmi d'autres.

 

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Tout processus repose sur une intention (un vouloir-faire cohérent), un contexte (du déjà-fait maîtrisé), des ressources (un pouvoir-faire accessible), une habileté (un savoir-faire virtuose) et une coordination optimale (un faire-au-mieux bien dosé) entre ces quatre pôles.

Que l'un de ces cinq ingrédients vienne à manquer et le processus devient bancal, voire voué à l'échec.

Il y a donc cinq conditions à toute construction (y compris à la construction de sa propre autonomie, de son propre accomplissement, de sa propre joie).

 

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Les gauchistes attardés (ex-marxistes ou non) qui conspuent le capitalisme (qu'ils confondent allègrement avec le financiarisme, c'est-à-dire le parasitisme économique … comme les assistanats sont du parasitisme sociopolitique) n'ont toujours rien compris à la réalité de l'économie.

Ils confondent rentabilité du placement financier et rémunération des risques entrepreneuriaux.

D'ailleurs, ils ne comprennent rien – ni ne veulent comprendre quoique ce soit – à la notion cruciale d'entrepreneuriat.

Ils confondent, avec jubilation, faire une œuvre et faire du profit.

 

Voyons les choses en face : il n'y a pas pire capitaliste qu'un artiste-peintre. Il n'investit rien ou presque (une toile, des pinceaux, quelques tubes de peinture à l'huile ou d'acrylique), ne prend aucun risque, s'amuse à se croire génial, se masturbe le cervelet en quête d'inspiration et n'espère qu'une chose : vendre sa toile le plus cher possible.

 

Un entrepreneur, lui, s'endette et/ou met son patrimoine personnel (s'il en a) en gage, travaille entre 70 et 90 heures par semaine toute l'année, est écrasé de réglementations diverses pondues par des énarques débiles (pléonasme !), se construit une éthique professionnelle difficile, est persécuté par une bureaucratie administrative, est agressé par la bêtise syndicale, doit assumer tous les aléas du monde réel, doit malgré tout boucler les fins de mois … et est sommé, par son conjoint et ses enfants, d'être de bonne humeur, généreux et disponibles.

 

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Quand quelqu'un use et abuse du mot "justice", soyez sûrs qu'il s'agit d'un gauchiste pour qui "justice" signifie "égalité".

Il faut le répéter sans cesse : rien n'est l'égal de rien, ni en droit, ni en fait.

 

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Le 27/08/2021

 

En chaque humain, il y a trois plans : ce dont il a hérité (sa nature), ce qu'il a appris (son caractère) et ce qu'il fait (son comportement).

La sérénité est le fruit de la cohérence harmonieuse de ces trois plans.

Nietzsche disait (et je m'en suis fait devise) : "Deviens ce que tu es et fais ce que toi seul peux faire !".

 

  • Deviens : forge ton caractère.
  • Ce que tu es : ta nature.
  • Et fais : ton comportement.
  • Ce que toi seul peux faire : ta nature et ton caractère.

 

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Le kantisme est à la fois chrétien (laïcisé) et platonicien, étroitement rationaliste et psychologiste, artificiellement systématique, et parangon du dualisme.

C'est pour cela qu'il a été radicalement combattu par le romantisme, l'hégélianisme et le nietzschéisme.

 

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Non pas vivre le présent, mais habiter et servir le Réel dont le présent est le foyer.

 

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Il faut le répéter : le plaisir ne peut jamais être un but, mais bien une conséquence qu'il faut accueillir avec gratitude.

Rejeter l'hédonisme.

Cultiver l'eudémonisme.

 

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On le sait, Immanuel Kant réduisait toute sa morale à ce seul précepte :

 

"Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle."

 

Cette obsession d'une "loi universelle", typique des Lumières et héritée du christianisme, est une absurdité.

Il n'existe évidemment aucune loi universelle comme il n'existe aucun droit naturel, ni aucune justice divine, … ni aucune "déclaration universelle des droits de l'homme".

Ces vieux relents d'universalisme, comme les vieux remugles d'égalitarisme, réduisent la complexité du Réel à une platitude unidimensionnelle qui pose l'Homme ou l'Humanité (avec majuscules) comme une réalité en soi, pour fonder un anthropocentrisme ou un humanisme absolus.

Oui, mais l'Homme, cela n'existe pas ; il n'y a que des humains individuels ou des communautés humaines tous différents, tous uniques, dont la valeur s'étale sur une large spectre allant de la médiocrité la plus débile au génie le plus éblouissant.

 

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La causalité est la représentation que l'humain se fait, d'une relation de précédence entre deux événements dont la séquence se répète "toujours" dans  empirie,

Cette notion de causalité stricte et mécanique (si A alors B)doit aujourd'hui être remplacée par celle de logicité processuelle (on pourrait aussi parler d'une "rationalité"), beaucoup plus large et complexe : elle dit simplement que tous les processus (et le Réel global est le processus de tous les processus) sont animés par une même logicité (un même Logos) qui fait de tout événement local et momentané, la conséquence de tous les événements antérieurs (il ne faut jamais oublier que le Réel est un processus accumulatif et que l'entièreté du passé est totalement inclus dans le présent où il continue d'exister, mais sur un mode passif).

Il ne faut plus parler de causalité mécanique, mais de corrélation organique.

Et puisque la logicité du Réel s'appuie sur des principes comme la simplicité maximale, l'optimalité maximale, l'efficacité maximale, il est assez normal que, plutôt que de réinventer "l'eau chaude" à tout bout de champ, le Réel reproduise, en les dupliquant, les logiques séquentielles "qui fonctionnent bien" (d'où l'impression d'une causalité).

 

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Il n'y a ni cause initiale (création), ni cause finale (finalité) ; il n'y a qu'un constructivisme accumulatif (la substance), intentionnel (le moteur) et rationnel (la modalité).

Plus on monte dans l'échelle des complexités, moins cette logicité devient déterministe (mécanique et entropique) et plus elle devient créative (émergentielle et néguentropique).

 

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Selon Aristote, pour construire une maison, il faut des matériaux (la cause matérielle), des plans (la cause formelle), un chantier (la cause efficiente) et un besoin (la cause finale).

Par parenthèse, la construction d'une maison est bien un processus accumulatif qui, comme tous les autres, ne se réalise que moyennant des ressources, un projet, un modèle et un travail (qui doit être optimal).

Mais Aristote n'avait pas vu le principe d'accumulativité qui est la condition sine qua non de tout constructivisme réel.

 

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Du biologiste Lucien Cuénot :

 

"Il n'y a rien de vivant dans une cellule, sauf l'ensemble."

 

Et c'est bien cela l'illustration pertinente de la propriété émergente (une propriété qui n'appartient qu'au tout sans appartenir à aucune de ses parties), et donc du principe même de l'émergence.

Le vivant émerge du matériel sans jamais s'y réduire.

Comme le pensant émerge du vivant sans jamais s'y réduire.

Comme le matériel émerge de l'activité prématérielle sans jamais s'y réduire.

Comme le prématériel émerge de l'intentionnel sans jamais s'y réduire.

L'histoire (accumulative) du Réel n'est que la suite de ces sauts émergentiels dans l'échelle des complexités.

 

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Il n'y a pas d'éternité.

La temporalité émerge de l'intemporel, c'est-à-dire de l'Intention.

 

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Je devais avoir treize ou quatorze ans lorsque je dus faire ma première dissertation philosophique sur le thème : "La tolérance doit-elle tolérer l'intolérance".

Je répondis non (au grand dam de mes examinateurs qui se voulaient universalistes, humanismes et idéalistes).

Aujourd'hui, je persiste et signe : la tolérance ne doit (question de morale) ni ne peut (question de survie) tolérer l'intolérance ! Il faut même déclarer la guerre à toutes les formes d'intolérance et les éradiquer.

 

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La vitale pratique du doute et de l'esprit critique n'interdit aucunement, que du contraire, d'avoir des convictions fortes (mais partielles, partiales et temporaires).

Ne pas confondre "certitude" (absence de doute) et "conviction" (choix d'un jeu d'hypothèses solides).

Une conviction doit être véridique (être dite comme vérité pour soi) et doit tendre vers une vérité supérieure (qu'elle n'atteindra qu'asymptotiquement, au mieux).

 

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Pour un gauchisant, l'égalité en droit doit compenser l'inégalité en fait. C'est proprement ridicule : si le système est "juste" les "forts" par le fait deviendront les "forts" par le droit, sinon le système serait injuste, partial et méprisable, instituant l'oppression idéologique et la médiocrité sociale (ce que sont, de fait, toutes les formes de socialisme égalitaire).

En revanche, à cette fumeuse et fallacieuse "égalité des chances" qui n'existe pas, il faut substituer l'encouragement et la facilitation de l'accomplissement des plus doués, quelle que soit leur origine sociale.

La cible n'est pas d'assurer la médiocrité de "tous", mais bien l'accomplissement du plus grand nombre des "meilleurs".

Donc : aristocratisme et méritocratisme.

Quant aux médiocres, sous-doués et autres, il suffit de leur fournir ce qu'ils demandent : du pain et des jeux (tout le reste ne les intéresse pas).

 

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Rien de ce qui est humain, ne peut être universel !

 

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L'humain est une anecdote cosmique.

 

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A propos de la charité, non sans une belle ironie, André C-S écrit ceci :

 

"L'amour désintéressé du prochain. Cela tombe bien :

le prochain n'est pas toujours intéressant."

 

L'humain, au sens générique, n'a pas d'intérêt.

Seuls certains humains, par leur différences, peuvent être dignes d'intérêt.

En matière humaine, tout doit être électif et sélectif : l'importance du "petit cercle" et l'insignifiance de la masse des autres.

 

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L'âge m'a appris à ne plus me sentir concerné par ce qui est lointain, géographiquement, culturellement, moralement, socialement …

Je n'ai aucune vocation philanthropique.

 

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Ne jamais confondre le "prochain" et le "proche" puisqu'ils sont antonymes.

Le "prochain" qui est, par définition, n'importe qui, ne m'est pas du tout proche.

 

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En latin, "goûter" et "savoir" sont le même verbe : sapere.

D'où la fameuse devise que Kant emprunte à Horace : Aude sapere ("ose savoir/goûter").

En hébreu, "copuler" et "connaître" aussi : YDE.

"Faire l'amour", dit-on, c'est "connaître au sens biblique" ! J'adore l'idée.

Curieux télescopages verbaux …

 

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Dans le Réel, il n'existe ni êtres, ni étants, ni choses, ni objets ou sujets ; il n'existe que des processus interdépendants et des événements, plus ou moins fortuits ou contingents.

 

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L'apparence ou phénomène, ne sont que de "surface" ; la réalité  ou noumène, est de "volume". Et il n'y a jamais de surface apparente sans qu'il y ait un volume réel au-dedans.

La surface révèle et manifeste le volume, mais le volume est bien plus que sa surface.

Il faut cesser de prétendre que le noumène n'existe pas et que le Réel est purement phénoménologique.

En incisant la surface d'un cadavre, André Vésale a découvert, par dissection, la réalité intérieure d'un corps dont seule l'apparence était manifeste.

Cette idée de l'inconnaissabilité du noumène est puérile. C'est justement la vocation des sciences d'entrer dans l'intériorité de ce qui existe et de ne plus se contenter des apparences extérieures.

 

Et André C-S de conclure :

 

"Le kantisme reste un dogmatisme (c'est un dogmatisme de l'inconnaissable), aussi douteux que tous les autres."

 

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La Cité est l'ensemble des humains (renommés "citoyens") soumis à la même Loi édictée par un même Souverain.

Ô combien de questions impertinentes cela soulève-t-il !

 

Un même humain peut-il appartenir à plusieurs Cités ? Ou à aucune ?

Quelle est la finalité de cette Loi ? Qui l'élabore ? Selon quelle procédure ? Comment la faire respecter ? Comment réagir contre les contrevenants ?

Jusqu'où doit aller la "soumission" des citoyens ?

Qui est le "Souverain" ?

Et tant d'autres …

 

Toutes ces questions nourrissent la problématique politique depuis Platon, au moins, et n'ont toujours reçu aucune réponse vraiment satisfaisante.

Toutes les idéologies, toutes les "archies", toutes les "craties" cherchent depuis près de trois mille ans à élaborer LE système politique idéal … en désespoir de cause. Pourquoi ? Parce que le problème "politique" est mal posé !

Le problème n'est pas politique, mais éthique.

 

Et une éthique ne peut exister qu'au service d'un projet : est "bien" ce qui sert le projet et est "mal" ce qui le dessert. Mais la masse des humains anonymes n'ont pas de projet collectif qui puisse nourrir une éthique commune.

La politique se ramène donc à l'art d'imposer des règles comportementales qu'aucun projet ne justifie.

La conclusion en est immédiate : il faut donc que la politique soit minimale (puisqu'injustifiable par quelque chose qui la dépasse) et que la plus grande autonomie soit possible pour chacun.

Cela s'appelle le libéralisme (qui n'a rien à voir ni avec le capitalisme ni avec le financiarisme).

CQFD !

 

En gros, dans ces conditions, les cinq derniers préceptes du décalogue biblique suffisent largement :

 

  • Tu n'assassineras pas (la vie est sacrée).
  • Tu ne tromperas pas (la parole donnée est sacrée).
  • Tu ne voleras pas (la propriété personnelle est sacrée).
  • Tu ne mentiras pas (la véridicité est sacrée).
  • Tu n'envieras pas (la privance est sacrée).

 

Il suffit de respecter scrupuleusement ces cinq préceptes pour garantir la paix entre les humains, ce qui est, précisément, la seule finalité du politique. On peut alors se débarrasser, définitivement, de tous les fatras idéologiques et moraux qui n'intéressent que les tyrans et les démagogues.

 

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Après la mort clinique du mythe puéril de la mondialisation et l'effondrement des identités politiques nationales, l'heure est enfin aux identités culturelles continentales (Euroland, Angloland, Latinoland, Afroland, Islamiland, Russoland, Indoland et Sinoland).

Mais la globalisation des problématiques climatiques, écologiques, économiques, sanitaires, technologiques, scientifiques, communicationnelles, etc … est un puissant facteur en faveur d'une réticulation mondiale et constructive des réalités continentales.

Comme toujours : la coopération constructive dans l'affirmation et le respect des différences identitaires.

 

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L'ennemi définitif de l'humanité et de la paix humaine, c'est la velléité d'hégémonie, c'est-à-dire la volonté de domination de l'un sur l'autre.

C'est exaspérant !

L'autonomie et le respect de l'autonomie de chacun (personnelle ou collective), dans le respect absolu de l'autonomie de l'autre, est la seule réponse à cet hégémonisme primaire et destructeur.

Cet antidote s'appelle le libéralisme !

 

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Les classes sociales n'existent pas. Il n'existe que des personnes qui, éventuellement, se regroupent en collectivités plus ou moins artificielles, par exemple autour de leurs métiers, de leurs loisirs, de leurs intérêts, de leur proximité, de leurs croyances, de leurs convictions, etc …

Mais tout ceci n'engendre que des communautés, pas des classes.

Les classes sociales ne sont que des mythes artificiels issus de la totale myopie marxienne.  Et la "lutte des classe" encore plus : le prolétaire ne rêvait que d'une seule chose : devenir bourgeois ; et le bourgeois ne rêvait que d'une seule chose : devenir rentier. Aujourd'hui, ces catégories sont totalement obsolètes puisqu'il n'y a plus que des entrepreneurs et des parasites, avec une tierce partie qui est l'Etat qui "pompe" les entrepreneurs et qui "assiste" les parasites.

 

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André C-S a hérité, de son passé marxiste, trois immenses erreurs : son matérialisme (la matière n'est pas première), son athéisme (Dieu est un symbole qui ne prend sens que par la signification qu'on lui donne) et son gauchisme (l'égalitarisme, la justice sociale et l'humanisme sont des fumisteries).

 

A preuve …

Il prétend signifiant le vote à droite des "classes" plus aisées, le vote à gauche des "classes" laborieuses, et le vote au centre des "classes" moyennes.

C'est retarder de trois guerres.

Les ouvriers français votent pour la droite populiste et contre l'immigration.

Les intelligentsias urbaines sont encore les seuls à voter à gauche (socialisme, wokisme, égalitarisme, …) pour leur petit confort moral dans le cadre d'idéalismes et d'idéologies surannées.

Les classes moyennes fondent comme neige au soleil et ne comprennent plus rien, surtout plus le libéralisme, tant il est conchié par les autres qui, comme C-S, le confondent avec le capitalisme et, surtout, le financiarisme.

Les écologistes ont été kidnappés par l'escrologisme (comme la pastèque : vert à l'extérieur et rouge à l'intérieur).

Il ne reste que les tenants, comme moi, du nouveau paradigme, pour affirmer que tous ces cadavres idéologiques hérités du 19ème siècle, doivent être incinérés, oubliés et leurs cendres dispersées … loin.

 

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Le tableau de Mendeleïev est exemplaire. Il a permis de comprendre, bien après lui, la logique de constitution de la matière en fonction du nombre, dans l'atome, des neutrons et des couples de protons et électrons.

Cette classification fut géniale parce que dénuée de toute aspiration idéologique.

En revanche, la plupart des classifications anthropologiques sont arbitraires, artificielles et idéologiques.

Il en est cependant une qui est incontournable : il y a les crétins, les médiocres et les élites, c'est-à-dire les animaux humains, le humains et les surhumains. Une gaussienne de base, en somme, quels que soient les critères de classification utilisés.

 

*

 

Il y a deux grandes catégories d'humains : ceux qui anticipent et construisent, ceux qui jouissent et pillent.

La logique d'abondance étant totalement tarie, il n'y a plus de place , sur cette planète, pour ceux qui jouissent et pillent.

La décroissance consommatoire et démographique est vitale, à vive allure.

Il est temps que le soi-disant "tiers-monde" prolifique (Afroland, Islamiland, Indoland) l'entende.

Il est temps que la goinfrerie imbécile de l'Angloland le comprenne aussi, dans l'autre sens.

Et s'ils ne le comprennent pas, il faudra bien, d'une manière ou d'une autre, les sortir du jeu mondial.

 

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Une foutaise : "Je pense" … et ses fumistes modernes (il y en eut d'autres avant) : Descartes, Kant, Husserl, Sartre et tant d'autres.

La seule réalité : "Il y a pensée" … avec le "il" de "il pleut", impersonnel.

C'est la Vie qui se vit à travers moi.

C'est l'Esprit qui se pense à travers moi.

Le "il" impersonnel, c'est l'Esprit cosmique.

 

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Le cognitivisme qui réduit l'esprit au cerveau et le cerveau à une machine computationnel analogue à un ordinateur, est probablement la plus grave connerie jamais proférée.

Au nom de la noologie, il faut combattre radicalement tous les psychologismes, les psychanalysmes, les neurobiologismes, les neuroscientismes, les cognitivismes, etc … qui, par obsession matérialiste, ne veulent pas comprendre que l'Esprit, même s'il en procède par émergence, n'est jamais réductible, ni à la Matière, ni à la Vie.

 

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Il n'est de cohérence que double.

La cohérence interne d'une représentation qui devrait ne présenter aucune contradictions internes (ce qui ne l'empêcherait nullement d'être totalement fausse ou mensongère).

Mais aussi la cohérence externe qui implique la représentation et le Réel ne tombent jamais en contradiction l'un avec l'autre.

Ces deux cohérences sont conjointement indispensables pour que le système de représentation puisse être crédible.

 

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L'exigence récurrente de "justice" ne signifie rien tant que l'on ne définit pas ce que cette "justice" signifie et implique.

Pour les gauchisants, la justice convoque l'égalitarisme qui est la plus grande injustice possible : traiter un génie comme un médiocre, traiter un constructeur comme un parasite, traiter un battant comme un crétin, etc … sont les pires injustices possibles.

La justice réelle (que je préfère nommer "équité" ou "lucidité") commence par la reconnaissance de l'inférieur et du supérieur ; ce qui n'implique nullement (et c'est un autre versant de la justice réelle) l'oppression de l'inférieur par le supérieur.

 

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La société n'existe pas. Il n'existe que des communautés plus ou moins connectées ou solidaires, naturellement ou, le plus souvent, artificiellement.

Mais il existe deux grands types de communauté : celles qui existent pour soi et celles qui existent contre les autres.

Les premières sont précieuses, les secondes doivent être éradiquées.

 

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La communion n'a rien à voir avec le partage (sauf chez les cathos ou ex-cathos).

La communion (du latin cum munire) exprime l'idée, bien plus centrale, bien plus cruciale, de se retrouver pour "construire ensemble".

C'est cela communier : construire ensemble, contribuer à un projet commun, participer à un chantier collectif.

Le partage en est éventuellement une modalité, mais certainement pas un fondement.

 

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Les jurys en cours d'assises, font le pari stupide que le "bon sens "populaire vaut mieux que la compétence juridique.

Dans la réalité, de tel jury "populaire" sont totalement manipulé par des juges professionnels.

Mais qui donc à eu cette idée absurde des jurys populaires ?

 

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De mon ami Edgar Morin dans un courriel privé :

 

"Là où  tu vois une intention, je vois quelque chose qui dépasse notre entendement et qui nous restera incompréhensible, mais ce quelque chose est organisateur et manifeste, dans tout le déploiement des vivants, une créativité inouïe."

 

Quel dommage qu'Edgar interprète la notion d'intention comme quelque chose de transcendant qui rappelle la providence divine, alors qu'il ne s'agit que du moteur immanent de toute l'évolution du Réel.

Mais au fond, cela a peu d'importance puisque sa conception et la mienne, au-delà des mots, sont la même : le moteur organisateur et créatif de la réalité du Réel (et pas seulement des vivants).

Il aime à l'appeler "le Mystère" ; je le nomme "l'Intention". Quelle différence ?

L'essentiel est qu'un tel moteur, orienté vers l'avenir et orientant l'avenir, soit reconnu et puisse être étudié, conçu et modélisé (autant que faire se peut).

 

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La compétence n'implique pas forcément la performance.

Mais il ne peut exister de performance, sans compétence préalable.

 

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L'idée de compétition, sous toutes ces formes, me révulse !

Elle est ridicule et participe d'une exécrable logique de domination et d'hégémonie qui est le grand fléau de l'humanité.

 

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Pourquoi les imbéciles – et A.C-S - opposent-ils complexité et simplicité ? La complexité est l'expression d'une simplicité (qui n'est jamais ni facile, ni triviale : c'est très difficile d'être et de faire simple) à l'œuvre et est tout le contraire de la complication.

La complexité dit cette vérité simple : le tout est plus que la somme de ses parties. Cela signifie que, dans un système sophistiqué, les relations et interactions sont plus essentielles et structurantes que les ingrédients.

Le processus y est plus essentiel et fondateur que les "objets".

Le principe fondamental de la complexité dit, tout simplement, que tout ce qui existe est émergence c'est-à-dire une des solutions possibles à la dissipation optimales des tensions entre les six pôles antagoniques du Réel.

 

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Lorsque Leibniz dit que notre monde est le meilleur des mondes possibles, il dit seulement que la configuration réelle du monde est la moins mauvaise de toutes les autres, étant donnés toutes les configurations et évolutions passées ; cela ne signifie nullement que ce monde soit parfait, sans douleurs et dans drames.

L'optimalité relative n'est jamais la perfection absolue.

Mais pour comprendre cela, il faut, sans doute, être mathématicien.

 

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L'image absurde du libéralisme chez les gens de gauche repose que des inepties d'avant (l'homme est un loup pour l'homme, la loi de la sélection naturelle, etc …). Fadaises !

Dans le monde libéral, il y a place pour tout le monde, à trois conditions : que chacun construise son autonomie, que chacun assume ses responsabilités et que chacun fasse son meilleur effort.

Le libéralisme, c'est l'opposé absolu de tous les parasitismes et de tous les totalitarismes, c'est-à-dire l'opposé de tous les socialismes et de tous les populismes.

 

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Le 28/08/2021

 

Une forme de ras-le-bol …

Dans le monde, il y a plein de pays de merde où les gens vivent dans leur merde. Eh bien, qu'ils se démerdent. Mais moi, je ne vais pas m'emmerder pour eux.

A chacun sa merde !

 

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Il faut faire une distinction nette entre le temps de présence et le temps d'efficience.

 

Le temps de présence répond à des obligations contractuelles liées à une rémunération : c'est le temps des personnes salariées.

Le temps d'efficience répond à des satisfactions mentales liées à une œuvre optimalement accomplie : c'est le temps des personnes engagées.

 

Il y a ceux qui comptent leur temps et il y a ceux qui donnent leur temps.

Il y a ceux que leur travail rémunère et il y a ceux que leur travail accomplit

 

Il y a ceux qui travaillent pour gagner de l'argent et faire, ailleurs, autre chose de plus important pour eux.

Il y a ceux qui travaillent pour contribuer à une aventure, à une œuvre, à une entreprise (au sens étymologique) et ainsi s'accomplir eux-mêmes.

 

Il y a des profiteurs - plus ou moins parasites - qui ne voient l'entreprise que comme un gagne-pain, comme un pourvoyeur de sécurité salariale et sociale, comme un émetteur de chèques de fin de mois.

Il y a des entrepreneurs qui construisent …

 

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Le 29/08/2021

 

Tout processus se développe par accumulation et épuration, en vue de réaliser son intention, selon sa propre logicité et en fonction des contraintes et opportunités qui se présentent à lui.

 

Voilà, en gros, résumée toute science.

 

Ainsi, le processus Marc Halévy se développe par accumulation et épuration cellulaires et idéelles, en vue de construire son œuvre philosophico-cosmologique, selon les voies de la spiritualité et de la rationalité, et en fonction de sa santé, de sa vie conjugale, et de ses moyens matériels et noétiques.

 

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Être fiable (pouvoir être de confiance) est une grande vertu.

 

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En toute bonne logique, le poids relatif du vrai et du faux n'est pas le même.

En effet, ce qui est faux n'est définitivement pas vrai.

Mais ce qui est vrai ne l'est que momentanément, jusqu'à preuve du contraire.

C'est pour cette raison que l'on dit que la science progresse à reculons, par élimination progressive du faux, dans une quête asymptotique du vrai.

 

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Si la paix est l'absence de conflits, et si tout conflit est conflit de possession (domination), et si toute possession est objet de désir, alors, puisque le désir est l'essence de l'homme, selon Spinoza et le bouddhisme, la paix est impossible (c'est la thèse de Hobbes).

Je réfute cette thèse : la paix est possible aux deux conditions du respect de toute propriété d'autrui et d'éradication de tout esprit de domination.

Le conflit naît toujours de la convoitise ; il suffit de l'abolir pour que s'instaure la paix (cfr. le dixième précepte du décalogue).

Le TLF donne cette définition : "Désir de posséder et de jouir d'une chose qui, le plus souvent, appartient à autrui ou est plus ou moins interdite".

 

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Si les cinq derniers préceptes du Décalogue règlent la paix entre les humains (ne pas assassiner, ne pas tromper, ne pas mentir, ne pas voler, ne pas convoiter), les cinq premiers désignent les cinq voies de l'accomplissement humain :

 

  • Se libérer de tous les esclavages.

("Je suis YHWH qui t'ai fait sortir de la maison des esclaves")

  • Se libérer de toutes les idolâtries.

("Tu n'auras des dieux autres")

  • Se libérer de toutes les superstitions.

("Tu n'invoqueras pas le Nom en vain")

  • Sacraliser l'Esprit.

("Tu sanctifieras le Shabbat")

  • Sacraliser la Vie.

("Tu honoreras ton père et ta mère")

 

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Le confucianisme est l'apologie du conformisme anti-individualiste : chaque humain a une place précise et doit s'y tenir parfaitement.

Le confucianisme s'oppose, en tout, au taoïsme qui est libertaire et personnaliste.

Inutile de préciser que l'ordre communiste tant de Mao-Tsé-toung que de Xi-Jinping relève fondamentalement du confucianisme.

Tout cela se ramène à un totalitarisme absolument exécrable (qu'A.C-S qualifie d'humaniste … il faut oser !).

 

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Tant qu'elles ne se plieront pas à la théorie des processus complexes et à ses méthodes, les "sciences" humaines ne resteront que des fatras de conjectures plus ou moins idéologiques, mais en rien scientifiques.

 

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D'après Bertrand Russell, n'est connu que ce qui est vrai, mais l'inverse n'est pas exact.

Conjecture de logicien marxiste qui n'apporte rien mais qui nourrit cette fumisterie nommée "philosophie analytique".

Faisons plus simple : la connaissance humaine tend d'autant plus vers la vérité nouménale qu'il y a d'autant plus de convergence vérifiée entre sa cohérence et celle du Réel.

 

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Rien d'humain n'est vrai (au sens absolu).

Mais l'humain peut être véridique (dire ce qui est vrai pour lui).

Et l'humain peut devenir vraisemblable (devenir semblable au vrai).

 

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La conscience est le lieu mental de la confrontation de la mémoire (le corps), de la sensibilité (le cœur), de l'intelligence (l'intellect) et de la volonté (l'âme), et de la dissipation harmonieuse et optimale des tensions entre elles.

La conscience n'est évidemment pas l'apanage de l'humain, tout ce qui est esprit, est conscience, de l'amibe au Tout-Un.

 

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Tout esprit est esprit dans l'Esprit cosmique.

Toute conscience est conscience dans la Conscience cosmique.

Toute sensibilité est sensibilité dans la Sensibilité cosmique.

Toute intelligence est intelligence dans l'Intelligence cosmique.

Toute volonté est volonté dans la Volonté cosmique.

Toute mémoire est mémoire dans la Mémoire cosmique.

 

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Il n'y a d'inconscience que lorsqu'il n'existe pas ou plus de tensions entre les quatre instances de l'esprit.

Quant à l'inconscient, il n'existe pas (ce n'est qu'un des nombreux fantasmes freudiens).

 

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Le conséquentialisme n'est viable et crédible que lié à l'intentionnalisme.

Un acte n'est valable que si son intention est bonne ET si ses conséquences sont bonnes. Qu'il soit ou non conforme à la "vertu" (selon qui ?) ou à la "morale" (laquelle ?) n'a aucune importance.

Quel est le critère de la bonne intention ? L'accomplissement voulu.

Quel est le critère de la bonne conséquence ? L'accomplissement réussi.

 

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L'accomplissement de soi et de l'autour de soi est le seul fondement éthique !

 

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Tout divertissement, toute distraction est diversion et détournement de l'essentiel.

Pascal et Montaigne en sont d'accord avec moi …

 

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La "société de consommation" n'existe que parce que les humains sont insatiables. Ce n'est donc pas l'économie de marché qu'il faut critiquer, mais bien les orgiaques appétits humains.

L'économie ne fabrique, distribue et vend que ce qu'on lui demande.

L'économie ne fait que répondre.

Si on lui demande trop ou mal, elle offre trop et mal.

Ce sont les caprices et gloutonneries humains qu'il faut juguler, pas l'économie.

 

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Le "peuple souverain" …

Démocratie au suffrage universel …

Comme si la masse des crétins (85% des population) pouvait décider quoique ce soit à propos d'un monde auquel elle ne comprend presque rien, alors qu'elle ne demande qu'une seule chose : "du pain et des jeux".

 

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Spinoza parle de "l'acquiescence en soi-même" pour indiquer l'accord avec soi, l'apaisement intérieur, la paix spirituelle, le repos de l'âme, proche de l'ataraxie stoïcienne.

Voilà sans doute le stade ultime du processus d'accomplissement de soi …

 

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Selon Leibniz, est contingent ce qui n'est ni impossible, ni nécessaire.

En gros, presque tout est contingent … comme le pense Spinoza.

 

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J'appelle "accumulation" un processus à la fois accumulatif et épuratif ; une digestion qui extrait le bon pour l'accumuler et rejette le mauvais ; un tri, en somme.

Cette accumulation concerne autant la Matière que la Vie et l'Esprit.

Ainsi, chaque être pensant (15% des humains, au mieux) accumule et épure des idées tout au long de son existence.

La mémoire accumule les infirmations que fournit la sensibilité et qu'épure l'intelligence.

 

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Il n'y a pas de liberté sans contrainte.

Il n'y a pas d'œuvre sans résistance.

Il n'y a pas d'énergie sans inertie.

 

Tout se construit contre l'inconstruit.

 

Il faut un tas pour faire un tout.

Il faut de l'amorphe pour engendrer une forme.

Il faut de l'inorganisé pour faire émerger une organisation.

 

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Le contrat social (plagié par Rousseau chez Hobbes) est une fiction inutile.

Il n'existe ni "société", ni "socialité".

Il existe encore moins une "humanité".

Il n'existe que des communautés, électives et sélectives, qui partagent soit un projet commun, soit un patrimoine commun, soit les deux.

Les idées de nation, de peuple, de société sont des fictions inventées et imposées par l'Etat (royal ou républicain) pour légitimer son pouvoir sur un ensemble de communautés qui ne lui demandent rien.

 

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La conversation est la plus inutile des pertes de temps.

Parler pour parler.

Bavasser. Bavarder.

Il n'y a là rien qui se construise.

Si, comme on l'entend souvent, la conversation est le ferment de la socialité, cela démontre bien combien cette socialité relève de la artificialité et de l'inutilité.

 

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Un copain, c'est quelqu'un avec qui tu manges – ou à mangé - de temps en temps.

Un compagnon, c'est quelqu'un avec qui tu manges tous les jours.

Un ami, c'est quelqu'un avec qui tu vis de temps en temps.

Un Frère, c'est quelqu'un avec qui tu vis pour toujours.

Une amante, c'est quelqu'un avec qui tu t'unis de temps en temps.

Une épouse, c'est quelqu'un avec qui tu es uni pour toujours.

 

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Il est terrible de constater que bien des philosophes élevés dans le christianismes, mais devenus athées (comme Comte-Sponville), soient devenus incapables de dissocier l'idée du Divin ou du Sacré, de l'image du Dieu personnel et créateur que leur avait inculquée leur religion d'origine.

Nietzsche pourtant avait montré la voie en proclamant la mort du Dieu des monothéismes, mais non celle du principe divin qui est cette Intelligence qui fait émerger (immanentement) le Surhumain.

Ce handicap mental des soi-disant athées est agaçant, eux qui continuent, obstinément, de confondre religion et spiritualité.

 

*

 

Il n'y a aucun divorce entre la philosophie et la science. Bien au contraire, aujourd'hui métaphysique et cosmologie se confondent (et l'épistémologie, est une réflexion sur la méthodologie scientifique, et l'éthique une déclinaison de la cosmologie).

En revanche il y a un divorce de plus en plus profond entre les philosophes (les professeurs de philosophie, dirait Schopenhauer) et la science car, manifestement, ils n'en connaissent ni n'en comprennent plus rien.

Ils ne sont plus que des littérateurs, des bouilleurs de concepts dans les alambics du vide.

 

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La cosmologie actuelle donne totalement tort à Epicure, à Lucrèce, à Galilée, à Newton et à Koyré.

L'univers est bien un ordre cohérent et fini, dont Hésiode, Anaximandre, Aristote, … puis Einstein, Whitehead et Prigogine nous ont apporté des visions successives.

Le Réel est bien un organisme unitaire et unitif, vivant, structuré, non-infini mais en expansion, soumis à une logicité rigoureuse mais non déterministe, mû par une intention mais sans finalité, où tout ce qui existe n'est que manifestation, c'est-à-dire vague à la surface de l'océan, où chaque entité a une mission et une vocation qu'elle est plus ou moins libre d'accomplir ou pas, selon son niveau de complexité.

 

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Le couple (homme et femme) est la brique élémentaire de l'humanité.

Pas l'individu, toujours incomplet.

Quant à l'homosexualité, c'est une anomalie contre-nature, passablement ridicule, mais qui m'indiffère royalement tant qu'on y implique pas des enfants.

 

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Le sexe et le genre sont une seule et même chose ; comme le corps et l'âme.

L'homme est mâle et masculin.

La femme est femelle et féminine.

Et c'est magnifique de complémentarité dans l'amour et le respect !

 

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Il n'y a que des imbéciles patentés qui aient pu croire une seule minute aux fadaises de Karl Marx.

Mais ces fadaises ont fait plusieurs centaines de millions de morts pendant le 20ème siècle, et en font encore aujourd'hui.

Il en va de même pour Paul de Tarse ou Mahomet de La Mecque ou Adolf Hitler qui, tous trois, ont aussi des millions et des millions de morts sur la conscience.

Les idéalismes, quels qu'ils soient, sont totalitaires et assassins !

 

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Quand donc la philosophie de libérera-t-elle du psychologisme ? La crainte, la peur, l'effroi, l'amour, l'amitié, la prudence, le courage, etc … ne sont pas des thèmes philosophiques.

La psychologie humaine (comme tout ce qui concerne l'humain, d'ailleurs) ne regarde pas la philosophie.

La philosophie, c'est la métaphysique, l'épistémologie et l'éthique, et rien d'autre. Laissons l'humain aux "sciences humaines" puisqu'il n'est qu'anecdotique.

 

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Quel dommage de confondre la cupidité qui est  obsessionnelle et purement matérielle, avec le désir qui peut être noble et constructif.

C'est le désir qui fait progresser l'humanité, jamais la cupidité.

 

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Quand donc comprendra-t-on que derrière le darwinisme, il y a un intentionnalisme : celui qui place la survie du plus apte, donc du plus complexe, comme finalité supérieure du vivant ?

Faire du hasard un constructeur intelligent qui favorise la complexité, c'est ne rien connaître à l'essence du hasard qui, les algorithmes le démontrent, est fondamentalement incapable d'engendrer la moindre complexité.

Le hasard est toujours entropique et jamais néguentropique.

 

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Le hasard est la béquille des handicapés de la métaphysique.

 

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Le 30/08/2021

 

Lorsqu'on a des ennuis, on ne s'ennuie plus.

Mais faut-il donc des ennuis pour chasser l'ennui ?

Je ne le pense pas du tout. Une passion et le travail suffisent.

 

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Toute cette engeance philosophique issue de la phénoménologie de Husserl (Heidegger, Sartre, Merleau-Ponty, Derrida, Althusser, Foucault, Beauvoir, Jonas, Adorno, … et quelques autres) et qui a sévi entre 1930 et 1980 a été fondamentalement nihiliste et globalement stérile en confondant philosophie et idéologie, psychologisme, humanisme, marxisme, anti-scientifisme, sociologisme, nihilisme, relativisme, antimétaphysique, etc …

Des monceaux de galimatias logorrhéiques … émaillés de quelques perles.

 

En introduisant le Devenir en lieu et place de l'Être, et à la suite de Hegel, la génération des philosophes d'avant guerre (Bergson, Teilhard de Chardin, …) a clos la philosophie classique née avec Socrate et Platon.

S'en est suivi un siècle de nihilisme qui se clôt avec la fin de la christianité et de la modernité que nous vivons. C'est aujourd'hui que la philosophie peut et doit renaître, à la condition de se cantonner à ses trois piliers :

 

  • une métaphysique cosmologique et panenthéiste,
  • une épistémologie strictement scientifique,
  • une éthique anti-idéaliste et anti-idéologique.

 

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Tout ce qui est oral est vain ou vaniteux.

Il faut arrêter de débattre, d'échanger, de dialoguer, etc … et éradiquer toute la sophistique qui accompagne ces joutes ridicules.

La pensée sérieuse ne passe que par l'écrit !

Tout le reste n'est que bavardage stérile.

 

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La décadence, c'est l'autre nom de l'effondrement paradigmatique. Le 20ème siècle fut une longue décadence : celle de la modernité qui naquit à la Renaissance.

Après la décadence ou effondrement, viennent l'émergence et le renouveau … ou la mort.

 

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Accueillir le plaisir avec reconnaissance, mais ne jamais le rechercher.

En revanche, construire obstinément sa joie en accomplissant sa vocation.

Le désir, c'est du court terme.

La vocation, c'est du long terme.

Toujours favoriser le long terme !

 

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Le vrai déclin de la modernité a commencé en 1929.

Ce déclin touche toutes les dimensions : l'art, l'idéologie, la philosophie, la religion, l'éthique, l'économie, la physique (classique), la musique, la culture populaire, les médias, … Partout triomphent la médiocrité, le spectaculaire, le sensationnel, le populaire, le bon marché, la non-qualité, l'industrialisme, le nihilisme, le narcissisme, etc …

Il est temps que l'on sorte de ce siècle maudit !

 

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Le déconstructionnisme, à la Derrida, n'est pas qu'une analyse structurelle et qu'une recherche des fondamentaux ; il est surtout la recherche obsessionnelle des "non-dits" ou des "implicites", souvent purement et simplement fantasmés par le déconstructionniste, pour dévaloriser, décrédibiliser, discréditer, déprécier ou ruiner l'édifice de pensée d'un autre.

Bref : de la démolition gratuite et stérile.

Un peu comme si l'on démontait la cathédrale gothique pour démontrer la pénibilité dans les carrières de pierre, les ravages dans les forêts de chênes ou la misère dans les chaumières des tâcherons …

Inutile de détruire la cathédrale : l'historien connaît déjà la vie médiévale.

 

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André C-S écrit malicieusement :

 

"On ne découvre que le réel. Mais le découvrir, c'est le changer."

 

Cela n'est vrai que si la découverte débouche sur l'exploitation, que si la science qui se contente de connaître, engendre la technique qui veut transformer.

 

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La décroissance est indispensable pour atténuer le conflit inéluctable entre économie (croissance et développement) et écologie (pénurisation et dérégulation). Mais la première et plus essentielle décroissance est démographique. En 2050, il y aura 8 milliards d'humains en trop sur cette petite planète.

La décroissance économique suivra naturellement la décroissance démographique (il y a beaucoup moins de consommation dès lors qu'il y a beaucoup moins de consommateurs).

Mais la décroissance démographique ne sera possible que si les politiques en font une priorité vitale pour l'humanité (surtout dans l'Afroland, l'Indoland et l'Islamiland).

Et les politiques détestent l'impopularité.

 

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L'intuition inspire des hypothèses, l'intelligence en déduit les conséquences que l'expérience vérifiera.

Cette déduction et cette expérience seront d'autant plus crédibles et fiables, qu'elle s'appuiera sur des méthodes et des règles cohérentes et efficaces (pas forcément aristotéliciennes).

 

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Il est erroné de confondre intuition et induction.

L'induction infère une règle générale possible, à partir de l'examen d'un grand nombre de cas particuliers.

L'intuition est une résonance holistique avec le Réel (une sensibilité et une perception globales).

Induction et intuition sont complémentaires.

 

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Kant ou Hume ? Hume !

 

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On ne meurt pas ; on cède la place aux suivants.

 

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Le déisme approche l'idée de Dieu par une foi rationalisée (c'est alors le Dieu des philosophes, dit-on), alors que le théisme l'approche par des croyances religieuses.

Le théisme affirme toujours un Dieu personnel extérieur au monde (tout théisme est un dualisme ontique) ; le déisme ne l'affirme pas explicitement, même s'il le fait presque toujours.

 

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Le délire est toujours une perte de contact avec le Réel.

Tout Idéal est donc un délire.

 

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Les institutions et pouvoirs politiques doivent être au service des gens, mais non gouvernés par eux ; ils en sont très largement incapables.

La politique de demain devra convenablement revoir ses finalités (au service de qui ou de quoi ?) et ses modalités  (suffrage universel ou non, stochastocratie, aristocratie, technocratie, …).

Notre fin de modernité a fait des modalités politiques (démocratie) une fin en soi, et a totalement esquivé (voire enterré) les finalités du politique (quels pouvoirs ? quels territoires ? quels buts ? quels moyens ?).

C'est pourtant sur la question des finalités que le bât blesse de plus en plus (et les gens s'en désintéressent pour cette raison – cfr. les taux d'abstention).

Le pouvoir politique : pour quoi faire et au service de qui ? Voilà la question.

 

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De Régis Debray :

 

"La Démocratie, c'est ce qui reste de la République

lorsqu'on éteint les Lumières".

 

La formule est jolie.

Mais alors qu'on éteigne ces maudites Lumières au plus vite !

Et qu'on efface, avec elles, leurs "idéaux" infantiles d'une République "une et indivisible, laïque et égalitaire, nationale et universaliste" … dont aucun n'est ni vrai, ni réalisé malgré près de trois siècles (et cinq moutures) d'essais infructueux.

Il est temps de tuer Rousseau et les autres !

 

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Démocratisation est synonyme de médiocrisation.

Presque des anagrammes …

 

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L'égalitarisme totalitaire est l'inéluctable issue des rêveries égalitaires.

L'égalité est contre-nature, tant en droit qu'en fait.

 

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Comment la philosophie peut-elle encore faire quelque référence que ce soit à cette charlatanerie qu'est la psychanalyse (freudienne ou non) ?

 

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La qualité d'une action vient de son intention (déontologiquement en phase avec la vocation de l'acteur) et de son efficience (efficace dans ses résultats et conséquences), et de rien d'autre.

 

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Ceux qui savent le moins sont ceux qui croient savoir le plus.

Ils veulent toujours tout expliquer à tout le monde.

L'ignorance et la bêtise sont arrogantes !

 

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Il n'y a qu'un seul devoir : l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Il n'y a qu'un seul droit : l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Tout le reste n'est que déclinaisons et commentaires.

 

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Il ne faut désirer que ce qui est en accord avec sa vocation profonde.

Tous les autres désirs ne sont que fantasmes ou caprices : ils dévoient.

 

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Il ne faut désirer que le réellement possible.

 

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Le 31/08/2021

 

Dans un univers dynamique, rien n'est permanent et aucune configuration ne peut se présenter, identiquement, deux fois.

Héraclite d'Ephèse l'avait génialement pressenti.

 

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Les sentiments humains n'ont rien à voir en philosophie.

La déception, le désamour, le désenchantement, le désespoir, la désespérance, le déshonneur, la désillusion, le désir, le désintéressement … n'en voilà que quelques-uns commençant par la lettre D, … définies et commentées, augmentées de toutes les considérations sur les pleurnicheries et vertus qui les accompagnent, relèvent d'un manuel de psycho-fumisterie, mais n'ont strictement rien à fiche dans un "dictionnaire philosophique".

Au travers de ces rubriques, c'est sa propre auto-psycho-thérapie que l'auteur fait. Mais ses états d'âme n'ont que faire dans le champ de la philosophie qui, il faut le répéter, ne s'occupe pas de l'humain et de ses urticaires, mais, exclusivement, de métaphysique (qui couvre la cosmologie, la spiritualité, la sacralité, …), d'épistémologie (qui évalue la cohérence et la crédibilité des hypothèses métaphysiques par rapport à l'expérience du Réel) et d'éthique (qui détermine les règles de vie qui permettent, aux comportements humains, d'être en parfaite harmonie avec la logicité du Réel).

 

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La philosophie ne concerne jamais l'humain en lui-même ; elle ne concerne que son rapport profond avec le Réel qui le fonde, le nourrit et l'enveloppe.

Un humain, ce n'est jamais que du Réel déguisé en "moi" : une vaguelette ridicule sur un océan immense et abyssalement profond.

 

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La philosophie est un bathyscaphe et pas une barquette !

Laissons les barquettes aux canoteurs du dimanche … ou aux profs de philo.

 

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Un philosophe authentique n'a ni états d'âme, ni sentiments. Ces billevesées relèvent de son ego, c'est-à-dire du masque qu'il met sur son vide pour jouer avec les autres humains.

C'est peut-être de la psychologie ou de la sociologie, mais certainement pas de la philosophie.

 

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La philosophie commence avec l'antihumanisme : le humain n'est rien, le Réel est tout.

 

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L'antihumanisme n'a rien d'une quelconque misanthropie. Il ne s'agit ni d'aimer ni de détester les humains (même si certains aspects en sont aimables ou détestables). Il s'agit plutôt de regarder les humains, ainsi que tous les étants qui grouillent dans le Réel, avec les yeux de l'entomologiste qui observe un fourmilière.

 

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La philosophe doit cultiver sa sensibilité c'est-à-dire sa faculté à recueillir les données, analytique ou holistiques que la manifestation du Réel lui envoie.

Il doit apprendre à bien discerner les signaux fiables, des illusions. Mais jamais la sensiblerie et le sentiment ne doivent y intervenir.

 

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Un philosophe n'a pas de cœur ! Sinon il devient un idéologue ou un démagogue.

 

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L'humanité est une vaste scène théâtrale (de jeu donc) où s'entrechoquent des myriades d'illusions, de simagrées et de déguisements.

C'est un monde fantasmagorique où les humains jouent à la guerre ou à l'amour, au bonheur ou à la pleurnicherie, à la mélancolie ou à l'espérance, … Alors que tout cela n'existe pas … et qu'il n'existe aucun autre enjeu, à tout ce cirque, que l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit bien au-delà des humains.

Pour construire leurs décors théâtraux artificiels, ils pillent et saccagent le vraie Nature vivante, croyant que la Vie et l'Esprit ne sont que des prolongations gratuites de leur théâtre de marionnettes.

Cette scène de théâtre artificielle façonne tout un monde hors-sol pour des humains desquels les surhumains doivent apprendre à s'échapper.

Il suffit de regarder cette minuscule petite planète avec les yeux de Dieu pour voir combien les simagrées humaines sont dérisoires.

 

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L'humanité est en train d'éclater en deux mondes correspondant à deux niveaux culturels et complexes différents, avec un saut qualitatif entre eux.

 

En bas, il y a les humains dont la seule vocation est leur "panem et circenses", et qui confondent le Réel, avec leur tout petit monde artificiel bourré de leurs simagrées, de leurs déguisements, de leurs masques, de leurs idoles, de leurs superstitions, de leurs rites, de leurs fêtes, de leurs temples, de leurs prêtres.

Il ne voient du Réel qu'un gros réservoir de ressources en voie d'épuisement

 

En haut, il y a les surhumains qui rassemblent de l'ordre de 10 à 15% de l'humanité entière, et dont l'existence est tout entière dédiée à l'accomplissement du Réel c'est-à-dire de la Matière, de la Vie et de l'Esprit. Ils ont renoncé à toutes les simagrées, à tous les déguisements, à touts les masques à tous les jeux des humains.

Ils ne construisent pas un autre monde ; il habitent le Réel où qu'ils soient, même parmi les humains qu'ils évitent, esquivent, tiennent à distance, sans mépris ni arrogance (ils ont autre chose à faire que de se préoccuper de ces nombrilistes narcissiques).

 

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Apprendre à réussir sa mort ; l'éternité est trop ennuyeuse.

 

Le drame implique la souffrance et souffre à souffrir sa propre guérison.

La tragédie éradique l'espérance et affirme l'inéluctabilité d'une fin.

Le fait que l'existence soit évidemment et définitivement tragique du fait de ce point final qu'est la mort de tout ce qui vit, n'implique nullement, bien au contraire, que la vie soit ou doive être dramatique.

La dramatisation de la vie, comme la souffrance qui en est le matériau, sont de pures constructions mentales sans le moindre intérêt : elles relèvent de la masturbation morbide très en vogue chez les adolescents (surtout attardés) et les esprits faibles.

 

L'aspect tragique de la vie, du fait de l'inéluctabilité de sa fin, est autrement plus stimulante puisqu'en filigrane, cet aspect tragique disparaitrait immédiatement dès lors qu'un quelconque démiurge décrèterait l'immortalité pour tous ou pour certains.

Imaginons ..

Tous les humains deviendraient immortels ! La situation deviendrait rapidement intenable :

 

  1. tout le monde deviendrait amorphe, rongé par l'ennui du "déjà fait" ou du "encore à refaire" (il n'y a plus d'échec puisque tout pourrait être recommencé une infinité de fois),
  2. que diraient les personnes qui souffrent douloureusement de vieillesse ou de maladie et qui devraient porter leurs douleurs pour toute l'éternité ?
  3. notre petite planète serait très vite plus que surpeuplée du fait des proliférations d'humains éternels ;
  4. et les ressources viendraient très vite à manquer pour satisfaire tous les besoins de ces myriades.

 

Non, franchement, l'éternité, non merci ! La mort de tous et de chacun est une bénédiction, pas une tragédie !

La question, dès lors, est : comment faire de la mort, qui n'est plus une tragédie mais bien une bénédiction pour le genre humain, quelque chose à vivre très positivement par chaque personne.

 

La réponse à cette belle et terrible question, apparaît souvent, tant dans la Bible hébraïque que dans les livres de prières juifs :

 

"Et il mourut âgé, rassasié de jours" (Job:42;17)

 

Cette notion de "rassasiement" est cruciale. Lorsque tout a été construit, lorsque tout a été goûté, lorsque tout a été aimé, lorsque tout a été vécu, lorsque tous les possibles ont été épuisés, … en gros, certes, mais intensément … l'existence ne peut devenir que lassante ; l'humain devient blasé de tout. Il est temps de partir, les yeux et la tête encore étincelants des joies de la vie que plus rien ne pourra plus ni entretenir, ni alimenter.

 

"Tout est consommé" (Jean:19;30)

 

Il n'y a rien de triste, là-dedans. Toute histoire s'achève. Toujours. C'est la seule manière de ne pas la tirer en longueur et de n'en pas dégoûter les autres qui, eux, continueront le chemin encore un peu, avec le souvenir d'un beau départ. Il faut une belle chute pour léguer l'envie, aux autres, de construire une autre belle histoire de vie.

Nietzsche y insistait : Il faut vivre chaque instant comme si l'on devait le vivre éternellement dans le cycle de l'éternel retour au même.

Il faut faire de chaque moment de vie, une œuvre d'art la plus parfaite possible.

 

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En revanche, ce qui est tragique, c'est lorsque la mort frappe ceux qui ne sont pas encore rassasiés de jour. Cette situation est non seulement tragique, mais dramatique.

Que chacun imagine un de ses propres enfants, en pleine santé, bourré d'espoirs et de dons, être fauché et tué par un ivrogne au volant d'une voiture ou innocemment abattu, à l'aveugle, par des crapules islamistes ou salafistes.

 

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Il faut distinguer clairement les "morts naturelles" (rassasiées de jours) et les morts "violentes" (saccagées d'un jour).

S'éteindre et être éteint !

 

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On est un homme d'honneur si l'on honore quelque chose et qu'on ne puisse tolérer la moindre salissure sur ce que l'on honore ou sur la manière dont on l'honore.

Ce mot "honneur" m'intrigue depuis des décennies …

Que signifie "honorer quelque chose", surtout au point de mettre sa vie éventuellement en danger pour protéger ou rétablir ou venger cet honneur bafoué.

Dès lors que le supposé "déshonneur" a toujours sa source dans un "autre" (son regard, son propos, son acte, son geste, …), en quoi cela pourrait-il me toucher ?

Sauf s'il s'agit d'un manque de respect à quelque chose ou quelqu'un que je tiendrais pour sacré.

Ainsi, j'en viens à conclure que l'honneur a quelque chose à voir avec des actes de violences (en actes ou paroles) envers ce que je tiens de plus sacré : ma femme ou mes enfants ou mes amis ou frères.

Tout le reste n'est qu'objet, donc symbole : la bêtise humaine ne souille jamais un symbole. Au pire, elle l'abîme et cela se répare, se remplace, se restaure.

Bref : l'honneur revient alors au devoir de protection et d'aide à ces êtres proches qui font directement partie de mon monde, de ma communauté rapprochée, de la part sacrée de ma vie.

Tout le reste me semble n'être que bravade, bravache, grandiloquence, orgueil, panache, vanité, arrogance, morgue, bouffissure, gloriole, infatuation, fatuité, susceptibilité, suffisance …

Mon honneur n'est en jeu que si l'on touche, physiquement ou moralement, aux miens … mais pas à moi : je n'ai ni orgueil, ni honneur personne. Rien (hors un poignard, un sabre ou une kalachnikov) ne peut me blesser.

 

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Le meilleur moyen de n'être jamais désillusionné, c'est de n'avoir aucune illusion, c'est-à-dire de ne jamais projeter sur la réalité du Réel, des rêveries égocentriques ou des désirs narcissiques.

Le Réel n'a que faire de toi et de tes fantasmes ou idéaux (pléonasme !).

En revanche, le seul moyen de te construire une vie belle et joyeuse, c'est de te conformer strictement à la réalité incontournable et à la logicité cohérente du Réel dont tu fais partie intégrante et prenante.

Ta liberté est au prix de cette totale conformité à cette réalité unique et incontournable qui, de plus, est si riche que des milliers de chemins s'y ouvrent.

 

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Le problème n'est pas de faire ou pas du désintéressement une vertu ou pas. Tout dépend de quel intérêt il s'agit. Si l'on fait quoique ce soit, c'est que c'est intéressant et qu'il y a un intérêt à le faire.

La question posée est : de l'intérêt pour qui au détriment de quoi ?

Les plus belles actions que l'on bénira comme "désintéressées", sont menées pour l'intérêt de beaucoup et au détriment de presque personne (insignifiante, de plus).

C'est exactement le regard que portait Hitler sur la Shoah … : épurer l'humanité en éliminant une minorité juive. Quoi de plus désintéressé ?

 

Je me méfie de l'idée de désintéressement … je préfère les actions intéressées, déclarées telles, avec des tenants et des aboutissants, avec des enjeux et des moyens, avec des possibilités de réussite et d'écher, de gains et de pertes …

 

L'idée angélique de "désintéressement" est typiquement idéaliste, chrétienne et kantienne, comme celle de gratuité, de charité, de compassion, d'universalisme, d'abnégation, l'égalité, d'amour, de martyre, etc … qui, toutes, sont des négations fortes de la réalité de la Vie qui, toujours, partout, veut s'enrichir et s'accomplir, et non s'appauvrir et dépérir.

Il faut toujours veiller aux meilleurs intérêts de la Vie et de l'Esprit !

 

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Contrairement à ce que A.C-S, fort ignorant des choses de la science comme l'on sait, prétend fort à tort : l'ordre et le désordre ne sont aucunement des notions relatives ou subjectives.

L'ordre ne se définit pas par la juxtaposition (plus ou moins voulue ou accidentelle) d'éléments nombreux (qui, aux yeux humains, peuvent, ou pas, évoquer, plus ou moins, une figure connue ou reconnue – comme la tête d'un cheval dans un nuage), mais bien par la nature, le nombre et la structure des relations et connexions entre ces éléments.

L'ordre spécifie l'architecture relationnelle au sein d'un ensemble d'objets.

Ce sont ces relations et connexions qui engendrent, l'ordre et non pas les positions réciproques des "grains" dans le tas, ou des gouttes dans le nuage.

 

Le niveau d'ordre au sein d'un ensemble se mesure par sa néguentropie. Son contraire (qui n'est pas le désordre mais l'homogénéité maximale) se mesure par son entropie.

Le désordre, c'est un stade intermédiaire qui n'est ni optimalement néguentropique, ni optimalement entropique : c'est un tas informe et amorphe qui n'est ni bien rangé ou cubé ou sculpté, ni bien étalé.

Tout ce qui existe tente d'évoluer soit vers un ordre entropique (une homogénéité qui tend à devenir maximale – c'est le second principe de la thermodynamique), soit vers un ordre néguentropique (une complexité structurelle et organisationnelle, architectonique donc, qui tend à devenir maximale).

Le désordre construit de l'ordre entropique par effondrement. Le désordre construit un ordre néguentropique (complexe) par émergence.

 

Ces deux constructions inverses (mais non contraires) procèdent de processus possédant une logique propre. Un effondrement ou une émergence (surtout) ne se fait pas comme ça, par hasard, par un coup de baguette magique.

Il existe, au sein des processus complexes, une logicité universelle de dissipation des tensions engendrées par les configurations en déséquilibre.

 

Presque tous les systèmes dits "en désordre" ne sont que des systèmes intermédiaires en quête d'ordre et oscillant, comme l'âne de Buridan, entre entropie maximale (ne plus avoir soif) et néguentropie maximale (avoir bien mangé).

Le désordre est une forme intermédiaire instable entre l'optimalité entropique (qui est l'ordre par l'effondrement vers l'homogénéité) et l'optimalité néguentropique (qui est l'ordre par l'émergence vers la complexité).

 

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Que le chef de l'Etat soit un tyran, un despote, un monarque ou un président, je ne vois guère de différence essentielle en ce sens qu'il s'agit, toujours, d'une structure monopolaire pauvre en totale contradiction avec les principes organiques et vitaux des indispensables réseaux de communautés.

Il faut éradiquer jusqu'à l'idée de l'Etat-nation : il ne doit exister que des réseaux continentaux de communautés issues d'une culture historique, linguistique et spirituelle commune.

 

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[1] "Rien n'est dans l'intelligence qui ne fut d'abord sans la sensibilité" … "Si ce n'est l'intelligence elle-même".

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Nouveau : depuis ce 1/09/2021 : Le Tome 26 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement).