Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - Septembre 2019

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

Le 01/09/2019

La méditation zoharique du jour …

Les mystères de ma Mézouzah …

 

  • A l'extérieur de ma mézouzah, est écrit le mot trilitère ShaDaY (valeur guématrique : 314 à le Huit de l'Alliance) qui signifie "champêtre" ou "démonique" et qui renvoie, sur ces deux chemins, aux forces de la Nature. El Shaday est le nom de Dieu qui correspond au Fondement de l'Arbre de Vie et qui fonde, précisément, le sens de la Vie : l'Accomplissement. El Shaday nourrit, à lui seul, le Royaume de la Présence immanente du Divin dans le monde de la manifestation et de l'apparence où se débattent les esprits humains profanes. Dans ce Royaume de la manifestation et de la Présence divine, rien ne prend sens sans la claire conscience que tout ce qui existe, n'existe que comme contribution à l'accomplissement en plénitude du Divin, par l'accomplissement de soi et de l'autour de soi. Shaday symbolise toutes les forces qui contribuent à l'accomplissement des parties au service de l'accomplissement du Tout-Un.
  • A l'intérieur de la mézouzah, sont glissés deux parchemins (ou deux extraits du texte deutéronomique sur le même parchemin). Pourquoi deux extraits ? Pour rappeler les deux Tables de la Loi. Pour rappeler la déchirure de l'Unité au deuxième jour de la Genèse : la séparation des eaux d'en-haut d'avec les eaux d'en-bas introduit une bipolarité modale (et non une dualité ontique) au sein de l'Unité essentielle originelle (que l'on peut assimiler, en physique complexe, à la bipolarité entre la propension entropique et la propension néguentropique ; les deux moteurs de l'évolution cosmique).
  • Le premier extrait (Deut.:6;4-9) commence par : Sh'm'a Isra'ël, "Entends Israël" … et il parle de la suprême et radicale Unité divine. L'unité s'entend, mais ne se voit pas. Elle s'entend au sens musical : l'unité musicale d'une œuvre se traduit par son harmonie : chaque son a sa juste place en relation et interaction avec tous les autres. L'unité divine est un symphonie cohérente où tout résonne en cohérence avec tout le reste. L'image vient alors d'un Réel non pas comme une chose matérielle, mais comme une masse vibrante où tout interfère et résonne avec tout, selon les règles de l'harmonie ; cette image assez proche de celle que se font certains quanticiens.
  • Petit intermède sémantique pour mieux comprendre le commentaire suivant : les verbes "être" et "avoir" n'existent pas en hébreu. Par exemple, pour dire : "J'ai ce livre", on dit : "Ce livre est pour moi". Quand à la copule, elle n'apparait pas ; pour dire : "Je suis un homme", on dit : "Moi homme". En revanche, l'idée d'une "existence" existe bel et bien car le mot Ysh signifie : "existence, réalité, il-y-a" et a donné, précédé d'un alèf non prononcé, 'Ysh (valeur 311 donc 5 : vérité) qui signifie la personne humaine masculine et Yshah (valeur 315 donc 9 : accomplissement), qui signifie la personne humaine féminine. La Femme est l'Accomplissement de la Vérité enfouie dans l'Homme.
  • Le second extrait (Deut;:11;13-21) commence par : "Et il advint, si entendre vous entendez …". A nouveau il s'agir d'entendre et non de voir. Et d'entendre l'énoncé des treize délices de la Terre promise, du Jardin d'Eden retrouvé, de l'accomplissement de la Promesse. Mais c'est le premier mot "Et il advint" qui nous intéresse ici. Ce premier mot hébreu est : WHYH, qui est le parfait anagramme du Nom divin, du tétragramme YHWH. Ces deux anagrammes proviennent du même verbe trilitère HYH qui signifie "devenir, advenir" (et non pas "être" comme certaines traductions s'obstinent à le dire).
  • Par exemple, la grande révélation métaphysique faite devant le buisson ardent (Ex.:3;14) est : "Je deviendrai ce que je deviendrai" ; affirmation de totale liberté, créatrice continûment de soi, sans plan ni finalité, éternel présent construit sur les mémoires du passé, selon des lois de cohérence qui ont pour mission, non de brider les audaces et les inédits, mais d'empêcher l'édifice global de s'effondrer.
  • Mais revenons à l'anagramme entre YHWH et WHYH …Il est facile de calculer que ces quatre lettres, dont deux sont identiques, sont susceptibles de 12 combinaisons différentes ; ce qui, immanquablement, renvoie aux douze mois de la année, aux douze maisons zodiacales et aux douze tribus profanes (la treizième tribu des Lévy étant sacerdotale et n'ayant pas droit à quelque patrimoine matériel que ce soit) …
  • Ce tétragramme renvoie aussi vers un autre : celui de la grande révélation métaphysique : "Je deviendrai", 'AHYH (ahyèh) qui est un autre Nom tétragramme du Divin. Entre ces deux tétragrammes qui contiennent tous deux les deux le H et le Y, une seule différence : le A se mue en W et réciproquement.
    • A possède la valeur 1 qui pointe vers l'unité absolue, l'Un ; dans la révélation mystique, le Divin se pose d'abord comme Unité. L'Unité est la Couronne (Kétèr) tout en haut de l'Arbre de Vie, première (1) Séphirah.
    • W possède la valeur 6 qui pointe vers la Beauté et l'Harmonie (symbolisée par les six sections de la Mishnah et du Talmud, censées piloter l'harmonie de la vie dans les communautés juives de la diaspora). L'Harmonie est la Beauté qui est la sixième (6) Séphirah de l'Arbre de Vie.
  • Si l'on prend les deux tétragrammes divins : YHWH et AHYH, que l'on ne garde que les quatre lettres différentes qui les composent, et qu'on les classe par ordre alphabétique, on obtient le Nom de Dieu réputé être le plus secret, le plus mystique : la vraie Parole perdue, en somme … Ce tétragramme nouveau est : AHWY dont la valeur guématrique est 22 soit les 22 lettres de l'alèf-beyt hébreu. Ce nombre 22 pointe lui-même vers le chiffre 4 (2+2 et 2x2) qui propose deux significations :
    • Le 4 est le chiffre de la réalité du Réel : le Divin est le Réel et le Réel est le Divin. Il n'existe rien d'Irréel ou de Surréel. Tout ce qui existe, existe dans le Réel et donc dans le Divin. Techniquement, la philosophie appelle cette doctrine le panenthéisme (Tout-en-Dieu). Pour l'homme, n'est visible et perceptible qu'une partie du Réel (et donc du Divin). La vocation de toute ascèse spirituelle authentique est d'élargir la champ de la conscience humaine, par des exercices adéquats, jusqu'à atteindre les confins du Sans-Limite, l'Eyn-Sof qui est la totalité du Réel dans toutes ses modalités et manifestations.
    • Le 4, dans la tradition juive, est aussi illustré par les quatre "Mères d'Israël", les épouses des trois Patriarches : Sarah (celle qui est la Princesse, épouse d'Abraham le "croyant"), Ribqah (celle qui rit, épouse de Isaac le "mystique"), Léah (celle qui est fatiguée) et Rachel (celle qui est la Brebis), toutes deux épouses de Jacob-Israël (le "théologien"). A elles quatre, elles symbolisent la matrice cosmique dont tout ce qui existe, émerge en un flot continu, toujours plus riche, toujours plus complexe, toujours plus miraculeux.
  • Ainsi, la petite mézouzah, votive et protectrice, qui est accrochée de guingois à la porte de ma maisonnée, porte, sur son extérieur, le symbole de toutes les forces fondamentales de la Nature qui nourrissent la Présence dans mon lieu de vie et contient, dans son intérieur, tout le mystère du Nom divin qu'il m'est donné d'entendre en Esprit si j'y prête profondément attention.

 

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Le 02/09/2019

 

La méditation zoharique du jour …

 

  • Le Zohar dit : "Malheur à l'homme qui ne sait pas faire attention à lui (…)". Cela signifie qu'il faut porter attention et vivre en pleine conscience ses propres rapports permanents dans les trois dimensions existentielles : le rapport à soi (intérieur), le rapport au monde (extérieur) et le rapport au Divin (le Sacré au-delà de l'intérieur et de l'extérieur). Le soi et le monde sont là dans leur permanente évidence. Mais le Divin et la sacralité doivent être également présents dans l'existentiel permanent : cette Présence du Divin et du Sacré dans la quotidienneté est la Shékhinah.
  • Le soi et le monde ne prennent sens et valeur qu'au travers du Divin qu'ils manifestent. Si l'on prend la vague pour l'océan, l'épiphénomène pour le noumène, l'apparence pour le Réel, la manifestation pour le Fondement, alors la désillusion et le désespoir sont proches !
  • Chaque jour a son démon …
  • Le mot grec daimwn - qui a donné "démon" en français - ne désigne nullement le Diable au sens maléfique de ce terme. Lorsque la théologie chrétienne parle du Démon, elle parle du Diable (le diabolon  grec : celui qui sépare, qui oppose, …). Le daimwn  grec est un mot neutre qui désigne  un dieu, une divinité, une déesse , un génie, un "démon" au sens d'une divinité intermédiaire entre Dieu et les hommes ; il correspond très précisément au Elohéh hébreu dont le pluriel est Elohim. Et parmi les Elohim, il y a le Shathan … (qui a donné Satan en français). Ce Shathan n'est en rien le Diable chrétien, cet anti-Dieu dont le christianisme a hérité des manichéens et des gnostiques alexandrins. Le Shathan hébreu est un des complices d'YHWH (cfr. l'histoire de Job) ; mais il est l'adversaire (de l'homme), le fauteur d'obstacles ; c'est lui qui suscite la malchance ou un mauvais augure ; c'est lui qui accuse l'homme.

 

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De mon ami et complice François Introvigne :

 

"Jusqu’à 5 heures devant son smartphone... Des centaines de messages, sollicitations, informations, humeurs, vidéos ... l’appareil nous happe, nous possède. Nous sommes devenus des poissons rouges, vidés de leur être, incapables d’attendre, noyés dans l’océan des réseaux sociaux.... sous contrôle des algorithmes et des robots ?

Dites non à l’addiction, à la surveillance de votre cerveau

Reprenons le contrôle de notre vie et de notre liberté ! "

 

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De Didier Erasme :

 

"L’esprit de l’homme est ainsi fait que le mensonge

a cent fois plus de prise sur lui que la vérité."

 

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Les emplois dans le secteur des services représentaient en 2018, dans l’Union européenne, 74 % de l’emploi total (66 % en 2000), contre 22 % pour le secteur industriel (26 % en 2000) et 4 % pour le secteur agricole (8 % en 2000).

De plus 40% des emplois aujourd'hui assumés par des humains seront robotisés et/ou algorithmisé avant 2035.

 

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L'humilité est orgueil.

La modestie est douceur.

 

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Dans le "nouveau témoignage" comme l'on dit maintenant, il faut surtout aller visiter ces splendeurs que sont l'Evangile de Jean et l'Apocalypse (deux textes d'inspiration juive et probablement alexandrine, issus de la littérature du 1er siècle avant l'ère chrétienne, mais dûment christianisés) qui se placent à un tout autre niveau spirituel que les pitoyables Evangiles synoptiques commandités par Paul de Tarse.

La distinction entre chrétien (qui a trait à la religion exotérique) et christique (qui a trait à la spiritualité ésotérique, au johannisme en somme) doit être clairement faite. Un Juif messianiste (que je ne suis pas - je ne crois à aucune sotériologie ni à aucune eschatologie) peut se retrouver dans une anagogie christique, mais il ne le peut pas dans la dogmatique chrétienne.

 

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Présentation de Sabine Hossenfelder (mais c'est moi qui souligne) :

 

" 'La beauté est vérité', disait John Keats. Pendant plus d’un siècle, ce fut parole d’évangile pour les physiciens. Qu’ils s’interrogent sur l’existence des trous noirs ou qu’ils prédisent de nouvelles découvertes au CERN, ils sont convaincus que les meilleures théories sont belles, naturelles et élégantes. Dans 'Lost in Maths', la physicienne Sabine Hossenfelder mène l’enquête pour comprendre comment l’obsession moderne de la beauté nous empêche de voir le monde tel qu’il est. Aveuglés par l’élégance mathématique, les physiciens ont développé des théories stupéfiantes, inventé des dizaines de nouvelles particules, décrété des modèles de grande unification. Mais aucune ou presque de ces idées n’a été confirmée par l’observation ― en fait, beaucoup d’entre elles sont tout bonnement invérifiables. En dépit de ces contradictions, les théoriciens sont persuadés que leurs gracieuses équations et leurs formules élégantes recèlent de formidables vérités sur la nature. Et du fait de ces théories 'trop belles pour ne pas être vraies', la discipline est aujourd’hui dans l’impasse. Pour en sortir, les physiciens doivent repenser la façon qu’ils ont d’édifier leurs théories. 'Lost in Maths' nous rappelle que ce n’est qu’en acceptant le désordre et la complexité que les scientifiques pourront découvrir la vérité sur notre univers."

 

Cela fait 30 ans que je le dis et l'écris, mais qui s'y intéresse ?

 

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Le 03/09/2019

 

La méditation zoharique du jour …

 

  • La notion d'Alliance est centrale. Le Divin et l'humain ne sont pas séparés (il n'y a donc pas de dualisme ontique). Ils sont reliés par un pacte comme le sont le Tout et ses parties. Un pacte d'accomplissement réciproque. Voilà le fondement le plus intime du Judaïsme qui, au contraire des autres théismes (christianisme et islamisme), n'est pas dualiste et ne construit pas sa reliance au Divin sur une relation infantile de rédemption ou de soumission. La relation, ici, est le respect réciproque des termes du pacte.
  • Il y a eu, selon la Bible, quatre Alliances successives, de plus en plus restrictives, exigeantes et élitaires :
    • L'Alliance de l'Eden avec Adam.
    • L'Alliance de l'Arc-en-ciel avec Noé.
    • L'Alliance de la Circoncision avec Abraham.
    • L'Alliance des Tables de la Loi avec Moïse.
  • Ce quaternaire correspond, lui aussi, aux quatre lettres du mot PaRDèS (le Verger mystique) qui sont les initiales des quatre niveaux de lecture des textes sacrés : le Pshat qui est le sens littéral, le Rémèz qui est le sens poétique, le Drash qui est le sens intellectuel et le Sod qui est le sens secret (mystique, ésotérique).
  • Si l'on prend l'initiale des quatre noms des humains ayant contracté Alliance avec le Divin, il vient : AN-AM qui signifie : "où [est le] peuple ?" Le peuple est là où l'Alliance est respectée. Font partie de ce peuple ceux qui respectent l'Alliance.
  • Le livre du Zohar dit : "Les autres peuples idolâtres sont des citernes brisées qui ne pourront pas contenir les eaux". Les eaux de pluie, venues du ciel. C'est sans doute là une des belles définitions de l'idolâtrie : des "citernes brisées" incapables de retenir les émanations divines. Rien de sacré ne s'y accumule. L'idolâtrie relève de la superstition profane.
  • Quant à la Maison d'Israël, elle est une "source d'eaux vives" : un flux d'eau vivante qui irrigue la Vie pleine et fertile. Et ce flux prend les quatre formes décrites dans le livre de la Genèse (2;10-14) : "Et un fleuve sortira d'Eden pour l'abreuvage avec le jardin et de là il se divisera et deviendrait pour quatre têtes". Ces quatre têtes - c'est-à-dire quatre départs de rivières - sont nommées Pishon, Gui'hon, 'Hidèqèl et Frat. Ce nouveau quaternaire doit, bien sûr, être mis en correspondance avec tous les autres.
  • On remarquera que cette hydrographie présente une arborescence à l'inverse de la logique terrestre où ce sont les rivières qui convergent pour former le fleuve et non, comme ici, le fleuve qui diverge pour former des rivières. Il faut donc en conclure que le flux et les "têtes" cités par le livre de la Genèse ne parlent d'eau, mais de Connaissance dont la source unique (Dieu) irrigue le Jardin unique (le Verger mystique dit PaRDèS) avant de se diviser en quatre traditions originelles (la Nubie et l'Assyrie sont explicitement nommées, les deux autres restent conjecturelles).
  • Cependant, ces quatre "têtes" invitent à considérer une typologie spirituelle : les littéralistes, les poètes, les philosophistes et les mystiques. Pour le judaïsme, cela donne : les orthodoxes, les messianistes, les talmudistes et les kabbalistes.
  • Très poétiquement le Zohar nomme la Shékhinah : la "Vierge d'Israël".

 

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Il existe, bien malheureusement, quelques contre-prophètes lénifiants qui cherchent à sauver LEUR système idéologique et pour qui : "Il n'y a aucun problème climatique, pénurique, démographique, pollutionnel, etc …, tout peut continuer comme avant … Dormez, braves gens ; ils veillent !". Ceux-là n'ont rien compris à la bifurcation systémique et aux processus chaotiques qui mènent à l'effondrement si les humains ne changent pas radicalement leur manière de vivre.

Nous vivons une phase chaotique profonde pour laquelle il n'existe que deux issues : ou bien l'effondrement, ou bien l'émergence d'un tout nouveau modèle de fonctionnement pour l'humanité.

Si ces pitres sont si sûrs de connaître les lois de la Nature, peut-être devraient-ils s'intéresser à la thermodynamique des systèmes loin de l'équilibre, aux structures dissipatives, à la théorie du chaos et, plus généralement, aux sciences de la complexité et aux théories de l'émergence. Mais peut-être sont-ils rester coincé entre Descartes et Newton …

Ces clowns sont aussi absurdes et incompétents qu'un Luc Ferry, l'autre pitre des négations de l'évidence.

 

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Les trois Evangiles synoptiques (Marc, Matthieu et Luc), ainsi que les actes des Apôtres, ont été commandités par Saül de Tarse (qui a romanisé son nom en Paulus, pour complaire à ses maîtres), après la destruction du Temple, l'effondrement des Sadducéens et le démembrement de l'Eglise judéo-chrétienne (donc composée exclusivement de Juifs, restant Juifs, mais ralliés à la prédication de Jésus), dirigée par Jacques, le  frère de sang de Jésus. En 70, l'heure du triomphe a sonné pour le pseudo apôtre (il n'a jamais rencontré Jésus que dans ses délires d'épileptique) que l'on dit "de Gentils". Il peut cracher à son aise sur les Juifs et sur les thuriféraires de Jésus qui le rejetaient : Jacques (le frère de sang de Jésus), Marie de Magdala (l'épouse de Jésus), Thomas (le sceptique critique) et Judas (le gnostique avant la lettre). Dans les Evangiles synoptiques, tous ceux dont il est dit le plus grand mal, sont en fait ceux qui étaient les plus proches de Jésus, en pleine convergence avec lui. Ceux dont il est dit tant de bien (le publicain, le centurion romain, le samaritain, …) sont des personnages de propagande antijudaïque inventés par Paul, à son profit.

Jamais Saül de Tarse, le collabo romain, n'aurait fait partie du cercle proche de Jésus qui était un pharisien radicalisé, vaguement rapproché des esséniens par le dissident Jean-le-Baptiste et sympathisant des rebelles zélotes. Tous ces gens-là (pharisiens, esséniens, zélotes), parce qu'ils étaient les résistants à la domination romaine, rebutaient viscéralement Paul, le collabo.

Et c'est lui qui a tué le judéo-christianisme authentique et originel, lui le collabo des romains, le dérangé mental, l'antisémite notoire, le misogyne maladif et le mythomane patenté.

Dans les textes canoniques chrétiens, n'ont quelque intérêt que l'Evangile de Jean et l'Apocalypse (un texte juif christianisé, inspiré de la littérature apocalyptique des deux siècles précédant la prédication de Jésus). Ces deux textes s'opposent aux autres textes canoniques qui ne sont que de la propagande pour la pure doctrine paulinienne, bien étrangère à l'enseignement de Jésus. Cet enseignement, en revanche, est bien mieux rendu dans les Evangiles apocryphes et alexandrins (Thomas, Marie, Judas, …).

 

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Le 04/09/2019

 

La méditation zoharique du jour …

 

  • Le livre du Deutéronome (7;6) dit : "Car un peuple sacré tu es pour le Devenant de tes Puissances ; en toi, le Devenant de tes Puissances a élu (ba'har) pour devenir pour Lui (vers) un peuple précieux (ségoulah) parmi tous les peuples qui [sont] sur les faces de l'humus". Voilà donc ce fameux principe d'élection d'Israël qui a fait couler tant d'encre plus que noire. Le Talmud raconte que YHWH était le seul de tous les dieux à ne pas avoir un peuple à lui … et que la Maison d'Israël était le seul peuple à ne pas avoir de dieu à elle. Ils se sont choisis mutuellement en épousailles dont la Kétoubah (le contrat de mariage) fut la Torah de l'Alliance. Et, pour tout époux qui se respecte, son épouse est la plus précieuse de toutes les femmes de la Terre. Il faut néanmoins noter qu'il n'est pas écrit que la Maison d'Israël EST précieuse, mais qu'elle doit le DEVENIR.
  • En hébreu, il n'y a pas de différence entre "saint" et "sacré". Un seul mot couvre ces deux notions : qadosh. Monter en sainteté, c'est monter en sacralité.
  • Et plus loin (Deut.:7;12) : "Et il adviendra un Salaire : vous aurez entendu avec ces jugements-là et, avec eux, vous aurez gardé et exécuté ; et le Devenant de vos Puissances aura gardé pour toi avec l'Alliance et avec la Bonté ('Héssèd) qu'Il a juré à tes Pères". La question est : de quel "salaire" s'agit-il ? Surtout lorsque le Traité des Pères demande de "faire bien" pour l'amour du "bien fait", et non dans l'attente d'un salaire. C'est que, tout simplement, le "bien fait" est la récompense du "faire bien". La perfection de l'œuvre est le juste salaire de la perfection de l'acte.
  • Qu'est-ce que la Bonté divine ? Il faut éviter le piège de l'anthropomorphisme. Dieu n'est pas "bon" comme l'homme généreux fait profiter le nécessiteux de ses bontés. Comme Dieu n'est ni bon, ni juste, ni grand, ni jaloux, ni coléreux, ni au-dessus ou en-dessous, etc … Ce n'est pas Dieu qui est bon ; c'est l'œil de l'homme qui voit l'œuvre divine comme bonne pour lui. L'initié voit le monde comme rempli de bontés pour lui. Cette inversion du regard est essentielle faute de quoi, on sombre dans l'idolâtrie et la superstition. Ce n'est pas Dieu qui est juste, c'est l'homme saint qui voit plein de justice dans le monde qui est l'œuvre de Dieu. Et ainsi de suite pour tous les attributs que l'homme prête au Divin. E t cela est particulièrement vrai pour les dix Séphirot de l'Arbre de Vie. Le Divin n'est ni sage, ni intelligent, ni bon, ni fécond, ni beau, ni glorieux, ni splendide ; ces sept attributs désignent les sept regards que l'homme doit cultiver pour réellement "voir" l'œuvre divine.  Il faut seulement garder pour le Divin lui-même les trois Séphirot qui ne sont pas des attributs anthropomorphes : la Couronne, le Fondement et le Royaume …
  • Le Zohar compare parfois l'Arbre de Vie au Palais du Roi qui vit entre sa Couronne au-dessus de Lui et son Royaume au-dessous de Lui. Dans cette vision du Palais du Roi, chaque Séphirah devient une "Habitation" (Mador) que l'initié doit apprendre à "habiter" afin d'y rencontrer le Roi au travers d'un regard particulier sur son œuvre. On peut alors parler de la Sagesse du monde, de l'Intelligence du monde, de la Beauté du monde, de la Fécondité, de la Bonté, de la Gloire, de la Splendeur du monde. Pour cela, il faut passer le portail, quitter le monde profane, entrer dans le Royaume et en comprendre le Fondement. Une fois ce vestibule franchi, il faut aller "habiter" successivement les sept chambres du Palais du Roi et s'y aiguiser le regard. Au bout du chemin, tout en haut, il y aura la Couronne : le dernier portail avant 'Or-Eyn-Sof (la Lumière-Sans-Limite du premier Jour), puis Eyn-Sof (le Sans-Limite, le Divin absolu et ineffable), puis, enfin, Eyn (la Vacuité absolue ou l'absence de tout mot de tout concept, de toute différenciation : la Non-Dualité radicale).
  • Le mot hébreu Eyn signifie aussi "Néant". En fait, il est la négation absolue, la négation de toute désignation, de toute différenciation, de tout mot, de tout concept. Sur l'Un pur, il n'y a rien qui puisse être penser ou dit. On peut et on doit seulement le vivre !

 

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Les BRICS ?

Le Brésil s'effondre chaque jour un peu plus dans le pillage éhonté de ses ressources naturelles.

La Russie ne s'effondre pas encore - elle nargue et pontifie -, mais son effondrement ne saurait tarder pour la même raison.

L'Inde ne décolle en rien et sa seule vraie croissance est démographique, pour son malheur.

La Chine … j'y reviens.

L'Afrique du Sud n'a jamais été qu'un fantasme occidental, mythiquement construit autour de la légende artificielle, montée de toutes pièces par la CIA avec la complicité de son épouse Winnie, d'un Nelson Mandela qui n'était, en fait, qu'un petit terroriste assassin sans envergure.

 

La Chine, donc, est la seule nation parmi les BRICS à avoir réellement réussi une partielle sortie de la misère, après la monstrueuse calamité du maoïsme.

Mais, hors la Chine (pour l'instant), globalement, les BRICS n'ont été qu'un fantasme mythique de la gauche modérée occidentale qui crut voir émerger un nouveau monde, enté sur le tiers-monde, qui la disculperait de ses remords coloniaux. Il n'en est rien ! Toute l'économie mondiale, aujourd'hui, est portée par trois "continents" : l'Euroland, l'Angloland et le Sinoland.

L'Angloland est dans le déni de réalité quant au changement de paradigme et aux processus chaotiques en cours ; il s'obstine à croire et à faire croire, à grands coups de planches à billets, que son modèle financiaro-industriel est viable, alors qu'il ne l'est plus du fait de la pénurisation de toutes les ressources matérielles naturelles.

Le Sinoland est un colosse aux pieds d'argile, qui se fissure de toutes parts et qui ne tient plus que par la violence d'un appareil étatique totalitaire, digne du Big-Brother de George Orwell.

L'Islamiland, l'Afroland, le Latinoland, le Russoland et l'Indoland sont, sinon hors jeu, du moins en voie d'effondrement.

Il ne reste donc, pour le long terme, que l'Euroland … s'il se décide enfin à devenir un Empire fortement unifié et fédéré, et qu'il enterre définitivement cet archaïsme stupide qu'est l'Etat-Nation.

 

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Mon ami André-Yves Portnoff et Hervé Sérieyx, dans leur "Alarme, citoyens !", écrivent ceci :

 

"(…) la problématisation, c'est-à-dire cette aptitude à se libérer de la dictature tragique des experts et des spécialistes afin de tenter de comprendre le réel sans le couper en tranches ou le réduire à ce qui est quantifiable, [ce qui est] la meilleure façon de faire disparaître ce qui en est l'essence même."

 

Eloge des approches systémiques et holistiques, propres aux sciences de la complexité … qui a aussi ses experts et ses spécialistes. Le problème n'est pas le fait de l'expertise, mais le fait de l'obsession analytique et quantifiante des "savants" cartésiens et académiques, obsession qui détruit, de facto, la cohérence et la logique complexes du tout.

 

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Les quatre temps …

Le temps mécanique du travailleur. Le temps effervescent du consommateur.

Le temps lent du jouisseur. Le temps long du bâtisseur.

 

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Tous les médias et multimédias classiques (chaînes télévisuelles et/ou radiophoniques, presse écrite, etc …) vont - enfin ! - disparaître au profit de l'Uni-média qu'est la Toile qui devient la plateforme unique de mise en relations directes des producteurs-créateurs et des consommateurs-amateurs, et ce, pour tous les objets informationnels, quels que soient leurs formes, leurs contenus, leurs intentions, leurs publics, etc …

Et il est nécessaire, pour assainir la Toile et éradiquer le "faux gratuit" financé par les publicités de toutes sortes (qui est le satané modèle économique commun aux GAFA et à leurs émules), que tout objet informationnel, comme tout objet matériel, soit payant et payé, à la pièce ou à l'abonnement.

Il faut sortir de l'infâme logique du : "Si c'est gratuit, c'est vous le produit".

 

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Entre deux systèmes, quels qu'ils soient, il n'y a que trois relations élémentaires possibles : la répulsion (c'est le triomphe du principe d'individuation), la domination (c'est le triomphe du principe d'intégration) ou la coopération (c'est le triomphe du principe dialectique qui requiert un processus émergentiel).

Mais bien sûr des combinaisons ou alternances sont possibles entre ces relations "primaires".

 

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Aujourd'hui, la bien-pensance socialo-gauchiste - qui, heureusement, se meurt - a réussi à intoxiquer bien des esprits avec un amalgame contre-nature entre financiarisme boursier (évidemment détestable) et libéralisme entrepreneurial (la clé de l'économie de demain).

Je connais beaucoup de patrons d'entreprises familiales ou de PME qui sont bien plus soucieux du bien commun que beaucoup de politiciens, élus ou non, de gauche ou non. Ces patrons ont au moins bien compris que l'usine ne tourne que si les gens sont contents de la faire tourner.

L'éternel procès du patron "exploiteur, esclavagiste, fraudeur, tricheur, arnaqueur" est suranné … et passablement ridicule. Il est temps de jeter les vieilleries marxistes et gauchistes aux chiottes. Il est temps de bien faire la différence entre les "patrons" salariés au service de la finance et les vrais patrons entrepreneurs au service d'un projet d'entreprise à long terme, sur lequel ils ont misé leur propre patrimoine. Il est temps de voir que ce sont ces derniers qui sont largement majoritaires. Il est temps aussi de comprendre que le modèle financiaro-industriel est moribond ; il n'y a plus que l'idéologie américaine déliquescente pour le présenter comme une modèle d'avenir.

 

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La vision socialo-gauchiste du monde - notamment entrepreneuriale et économique - part d'une hypothèse totalement fausse : l'égalité des humains en matière d'intelligence, de talents, de compétences, de courage à agir, de sens des responsabilités, de volonté de s'engager, de capacité à prendre des risques, de dévouement, etc …  La réalité est tout autre : 85% des humains sont des larves ou des parasites qui ne construisent rien et attendent tout (de Dieu, de l'Etat, des autres, des bâtisseurs).

 

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Le 05/09/2019

 

La méditation zoharique du jour …

 

  • La Zohar énumère les dix obligations indispensables pour sanctifier "la Table du Roi" lors du repas de Shabbat :
  1. "Ablution des mains (la purification pour les bénédictions).
  2. Préparer deux pains (les deux Tables de la Loi).
  3. Manger trois repas et ajouter du Saint au profane (trois pour compléter le septénaire et arriver au décennaire. Sacralisation).
  4. Illuminer la table avec une lampe (la Lumière du premier jour).
  5. Le coupe de l'accomplissement de toutes les œuvres (le rapport à l'œuvre de la Genèse).
  6. Sur la table, des Paroles de Torah (le Divin est invité).
  7. Rester à table pour que les pauvres viennent (le souci de l'équité).
  8. Ablution des mains avec les "dernières eaux" ("Et vous vous sanctifierez" - premières eaux - et "vous serez saints" - dernières eaux - Lev.:11;44).
  9. Coupe de bénédiction (Nettoyer l'intérieur, laver l'extérieur, remplir de vin vivant - non coupé -, remplir à ras-bord).
  10. Bénédiction de la nourriture (amour en tout, de tout et du Tout)."
  • Du livre du Deutéronome (8;10) : "Et tu mangeras et tu achèveras et tu béniras avec le Devenant de tes Puissances au-dessus du bon territoire qu'Il a donné pour toi".
  • Ce sentiment de gratitude  est une des grandes clés de la Joie intérieure. Il relève aussi de la capacité d'émerveillement. Il faut "rendre grâce" de ce qui existe et qui est là, accessible au regard, au geste et à la pensée. Il faut apprendre à dire "merci" au ciel et à la terre, aux rivières et aux arbres, aux oiseaux et aux abeilles, aux roches et aux limons, au soleil et à la lune, aux brumes et aux pluies, etc … Tout cela qui est donné, permet à la Vie et à l'Esprit de se proliférer,  de se développer, de se perpétuer. Or, la gratitude, dans le monde d'aujourd'hui, n'existe quasiment plus. Quel enfant dit encore "merci" à ses parents ? Quel humain dit encore "merci" à la Nature ? Quel initié dit encore "merci" au Divin ? Tous semblent croire que tout leur est dû, que tout cela est normal, que le cosmos est à leur service ! Quelle honte !
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    Le chanteur Morrissey (que je ne connais pas) est accusé de racisme aux Etats-Unis et médiatiquement lynché pour cette petite phrase :

     

    "Au fond tout le monde préfère sa propre race ...

    Est-ce que ça rend tout le monde raciste ?",

     

    Les USA sont vraiment devenu le continent phare du déni de réalité. Une véritable maladie mentale généralisée - surtout sur les campus - où l'on baigne dans le fantasme collectif d'un égalitarisme béat et agressif.

    Ce refus de la réalité et ce refuge dans un imaginaire idéaliste et infantile, en psychiatrie, cela s'appelle la schizophrénie.

     

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    Lorsque les noirs sud-africains rejettent les "étrangers", on parle de xénophobie.

    Lorsque les musulmans se prétendent victimes des occidentaux, on hurle à l'islamophobie.

    Lorsque des européens souhaitent limiter les immigrations illégales et clandestines, on accuse de racisme.

    D'autres maux, d'autres mots …

     

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    L'économie française a été saccagée par l'incroyable ignorance économique des De Gaulle, Mitterrand, Chirac, Hollande... Ces gens-là n'ont pas compris que c'est l'économie qui façonne le monde et que la politique doit se contenter de courir derrière.

    L'ignorance crasse en matière d'économie est une réalité massive, un peu partout, même si, en France, elle est particulièrement profonde. Mais que quelqu'un puisse être élu à la tête d'un Etat et édicter des politiques économiques en toute incompétence, c'est un scandale ; un scandale démocratique, mais un scandale tout de même.

     

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    Le poids des mots …

    Politique économique de l'offre : l'Etat s'endette pour "aider" les entreprises à investir selon ses vœux aveugles et court-termistes …

    Politique économique de la demande : l'Etat s'endette pour intensifier les assistanats au bénéfice des parasites sociaux …

    Dans tous les cas, l'Etat s'endette pour se mêler de ce qui ne le regarde pas : l'économie !

     

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    Depuis Protagoras d'Abdère, l'humanisme est définit par l'idée que "l'homme est la mesure de toute chose", que tout ce qui existe est au service de l'homme, que l'homme n'est au service que de lui-même, que l'homme - au sens générique - est investi d'une irréfragable dignité collective, indépendante des faits et gestes des individus humains, que l'homme est le centre, le sommet et le but de l'univers. Bref : l'humanisme est le mot édulcoré et magnifié pour parler du narcissisme et du nombrilisme humains.

    Telle est la cause profonde de cette calamité que fut la modernité depuis la Renaissance jusqu'à aujourd'hui.

    Ce n'est pas le monde qui est au service de l'homme, mais l'homme qui doit se mettre au service du monde et de ce qui le dépasse : la Vie et l'Esprit. Tant que l'homme ne sera qu'au service de lui-même, il s'enfermera dans une civilisation du caprice, de la gabegie, du vice et de la destruction.

    Sans doute, cette phase narcissique adolescente fut-elle nécessaire pour sortir des cauchemars de l'enfance, mais il est temps que l'homme entre dans son âge adulte. C'est cette entrée dans l'âge adulte que tente la révolution noétique en cours, avec l'instauration d'une noosphère (dont les premiers balbutiements sont les calamiteux "réseaux sociaux") au-delà (et au service) de la biosphère.

     

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    Jusqu'à ce jour, l'histoire de l'humanité européenne - mais l'équivalent existe en Inde et en Chine - se subdivise en trois périodes majeures …

    D'abord, la petite enfance avec ses jeux, ses frayeurs, ses mythologies mais, aussi, ses éclairs d'intelligence : c'est l'Antiquité, de Babylone à Rome.

    Ensuite, l'enfance avec ses contes de fées et ses croyances miraculeuses, ses peurs de la mort et de la faute : c'est la Chrétienté durant les deux moyens-âges.

    Puis, l'adolescence narcissique et rebelle, avec ses rêves et ses idéaux, ses violences et ses ignorances : c'est la Modernité de Venise à la Silicon Valley.

    Aujourd'hui, tout cela est révolu.

    Il est temps que l'humanité devienne adulte ! Il faut qu'elle se guérisse de ses maladies infantiles et qu'elle entre en maturité, c'est-à-dire qu'elle assume le Réel, apprenne l'humilité et trouve sa juste place au service de la Vie et de l'Esprit.

     

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    Le mépris …

    Mépriser, c'est "prendre mal", c'est donc "se méprendre" … mais pas seulement. Mépriser, c'est surtout donner un "mauvais prix", c'est dévaloriser, priver quelqu'un d'une part de sa valeur intrinsèque.

    On dit que la France est la patrie du mépris …

    Voilà ce qu'est le mépris. Mais ce que le mépris n'est pas, c'est d'évaluer quelqu'un à un juste prix qui est en-dessous de celui auquel il s'évalue. Il faudrait alors parler de "dépriser" ou de "dépris". L'hypocrisie sociale entend conspuer autant le mépris (ce que je loue) que le dépris (ce que je déplore).

    Se tromper sur la juste valeur de quelqu'un peut avoir deux sources, comme pour toute mesure : ou bien l'instrument de mesure est défaillant, ou bien l'étalon de mesure est faussé.

    Evaluer ou jauger quelqu'un est toujours un acte relatif à soi, tant par la perception partiale et partielle que l'on a de lui, que par la qualité et le spectre de l'échelle des valeurs.

    D'où ce leitmotiv ridicule de la "génération Y" : "Surtout, ne jamais juger !", tant elle a peur d'être vue telle qu'elle est.

    Mais vivre, c'est juger, car vivre, c'est choisir et décider, donc évaluer, jauger et juger (pour soi).

    Encore une fois, le problème n'est pas de juger en "vérité", mais de juger en "cohérence" (par rapport à soi) et en "efficacité" (pour soi).

     

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    D'André-Yves Portnoff et Hervé Sérieyx :

     

    "(…) toutes les œillères que nous imposent un populisme triomphant (Trumpisme, Brexitisme, Salvinisme, Giletjaunisme, Orbanisme, …), etc …"

     

    Ce populisme n'est plus si triomphant : la récession américaine arrive, Boris Johnson et Matteo Salvini ont été terrassés, Victor Orban est en bout de course et les Gilets jaunes sont morts et enterrés. Quant à Marine Le Pen, elle n'est aucunement crédible …

    Ce n'est pas - plus - le populisme qui est le danger premier : il n'est qu'une façade éphémère, construite en hâte par quelques apprentis-tyranneaux, manifestant le désarroi des masses ignares face à la phase chaotique et à la mutation paradigmatique que nous vivons, inéluctablement et irréversiblement.

    Les cinq vrais problèmes que nous avons à résoudre, sont :

    • la continentalisation de l'humanité,
    • la définanciarisation des économies,
    • la noosphérisation des intelligences,
    • la frugalisation des consommations,
    • la spiritualisation des existences.

     

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    Les peuples adulent ceux qui les font saigner et haïssent ceux qui les font avancer.

    Les premiers leur donne l'illusion d'être des héros ou des martyrs.

    Les derniers dérangent leur petite médiocrité et leur petit confort.

     

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    De Majid Oukacha, "ex-musulman" :

     

    "L’islam est une religion violente, misogyne et liberticide (…). L’islam est surtout une doctrine politique et totalitaire (…). Le Coran est trop incohérent et peu subtil pour être appliqué de façon claire, uniforme et concrète. (…) Le savoir et le goût pour la liberté individuelle sont selon moi les meilleurs remparts face à cette religion islamique qui a besoin de la peur et de l’ignorance pour dominer les masses. (…) Plus les Français feront de l’autocensure face à l’islamisme, et plus il y aura de gens pour trouver subversive la critique de l’islam. Or c’est l’islam qui est subversif, et sa critique devrait relever du comportement le plus normal et le plus sain "

     

    Il est urgent de dénoncer l'islamisme, sous toutes ses formes (dont le salafisme, le wahhabisme, le frèrisme, le djihadisme, …), comme un nouvel avatar des totalitarismes nauséabonds pareil aux communismes, au nazisme, aux fascismes et aux populismes .. et de l'éradiquer, de l'expulser et de l'interdire purement et simplement.

     

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    De mon ami Edgar Morin dans ses mémoires qui n'en sont pas … :

     

    "(…) je suis devenu tout ce que j'ai rencontré."

     

    Jolie formule : la rencontre est le révélateur de ce que l'on pourrait encore devenir, au-delà de ce que l'on est déjà devenu.

     

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    L'égalité entre humains ne concerne que 85% de l'humanité : les médiocres !

     

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    De mon si cher ami le Prof. Paul Matthys :

     

    "(…) plus le temps va, plus les efforts pour modéliser certains aspect de la réalité loin du niveau anthropomorphe requièrent un lourd arsenal mathématique, ou la physique pointe de ci de là son museau, comme une timide souris au sein d’un immense fromage."

     

    J'adore cette métaphore du fromage mathématique grossissant et de la minuscule souris physicienne rétrécissant d'autant. Comme le montre si bien Sabine  Hossenfelder, l'élégance mathématique a supplanté la cohérence physique … et la physique théorique s'est arrêtée de progresser, engluée dans un fatras de "théories" mathématisantes de plus en plus abracadabrantesques et artificielles … que plus aucune preuve expérimentale ne vient étayer.

     

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    Le 06/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Le Shabbat symbolise l'accomplissement de l'Alliance, l'Union mystique de l'humain et du Divin, la Communion (cum munire : "construire ensemble") des mondes d'en-bas et d'en-haut. La Talmud enjoint aux époux de célébrer leurs noces charnelles dans la nuit du Shabbat.
    • S'il doit y avoir une sotériologie, c'est bien celle-là : la communion des âmes dans l'Âme, non pas dans un "autre monde" au-delà de ce monde-ci, mais ici et maintenant, dans la réalité de ce monde-ci dont chaque parcelle est habitée par le Divin.
    • Si l'on remonte l'Arbre de Vie (ce qui est bien le cheminement du mystique depuis le Royaume vers le Roi), la septième Séphirah rencontrée qui symbolise la septième étape, donc le septième jour qui est le Shabbat, est Tiphérèt, la Beauté. Après le Royaume, le Fondement, la Gloire, la Splendeur, la Fécondité et la Bonté, vient la Beauté, juste en-dessous des trois Séphirot du monde des Emanations et faisant corps avec elles : le Discernement, la Sagesse et la Couronne gnosique.
    • Le Shabbat contient ces quatre Séphirot supérieures : Beauté, Discernement, Sagesse et Couronne gnosique. C'est à elles quatre que le Shabbat doit être consacré.
      • La Beauté de la Table, des vêtements, des Lumières, …
      • Le Discernement lors d'un examen de Conscience …
      • La Sagesse des décisions de vie …
      • La Couronne par l'étude de la Torah …
    • Ce quaternaire des Séphirot shabbatiques doit évidemment être mis en rapport avec tous les autres quaternaires : les quatre Mères d'Israël, les quatre "Têtes" sortant du jardin d'Eden, les quatre Alliances (Adam-Beauté, Noé-Discernement, Abraham-Sagesse et Moïse-Couronne), etc …
    • Les six jours de la semaine, eux, doivent être mis en rapport avec les six Séphirot inférieures :
      • Premier jour : la Lumière, avec le Royaume.
      • Deuxième jour : l'Espace entre les Eaux, avec le Fondement (la bipolarité).
      • Troisième jour : la Terre et la Végétation, avec la Splendeur.
      • Quatrième jour : les Astres, avec la Gloire.
      • Cinquième jour : les Nageants et les Volants, avec la Bonté.
      • Sixième jour : les Courants et les Hommes, avec la Fécondité.
    • Un autre sénaire important est constitué des six meubles du Tabernacle : l'Autel du Feu (la Lumière), le Bassin des Ablutions (les Eaux), l'Autel des Pain (la Végétation), la Ménorah (les Astres), l'Autel des Parfums (les Oiseaux) et l'Arche d'Alliance (les Hommes).

     

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    Nous vivons une époque charnière dans l'histoire des sciences, une mutation paradigmatique au sens de Thomas Kühn. J'en ai pleinement conscience et tout mon travail physicien va en ce sens. Mais l'inertie culturelle du monde scientifique est terrible … Je crains que tous ces travaux ne soient reconnus qu'après que j'aie eu commencé à manger les pissenlits par la racine …

     

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    Quelle que soit le processus considéré, son histoire est une succession d'accumulations et de bifurcations. Chaque phase d'accumulation se déroule selon une logique paradigmatique stable. Chaque bifurcation est une mutation paradigmatique qui implique, sous peine d'effondrement, l'émergence d'un nouveau paradigme en réponse à l'intoxication provoquée par l'accumulation de tensions (contradictions) nocives. Le nouveau paradigme qui émerge, dissipe ces tensions nocives et réinstalle une nouvelle logique stable d'évolution.

    Cette logique processuelle universelle soulève deux problématiques :

    • celle de la nature des tensions nocives et de leur accumulation,
    • celle de la préfiguration de l'émergence inédite.

     

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    Le TLF donne cette définition de la prospective :

     

    "Discipline qui se propose de concevoir et de représenter les mutations et les formes possibles d'organisation socio-économiques d'une société ou d'un secteur d'activité dans un avenir éloigné, et de définir des choix et des objectifs à long terme pour les prévisions à court ou moyen terme".

     

    Cette définition est parfaite.

     

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    L'égalitarisme mène inéluctablement à la médiocratie.

    Avec la médiocratie, la moyenne seule fait autorité. Elle fonde un ordre dans lequel la moyenne n'est plus un simple constat statistique, mais "une norme impérieuse qu'il s'agit d'incarner" (cfr. le philosophie canadien Alain Deneault).

     

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    Puisque tout ce qui existe, en tout lieu et à tout moment, reflète l'optimalité globale (et précaire) d'un Réel en voie de construction de soi, Leibniz avait donc raison : "Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles". Mais la notion d'optimalité globale et celle de perfection locale sont résolument étrangères l'une à l'autre.

    C'est ce que ce crétin de Voltaire n'a pas compris lorsqu'il se gausse de Leibniz dans son pitoyable "Candide".

     

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    Il est temps de célébrer le divorce entre la physique fondamentale et les mathématiques.

    Les mathématiques sont un langage humain conventionnel qui est solide et efficace pour traiter certains problèmes de physique appliquée. Mais elles sont incapables de rendre compte valablement de la réalité nouménale du Réel qui, elle, n'est pas mathématique.

    Intentionnalisme, créativisme, constructivisme, processualisme et émergentisme sont les fondements de la réalité du Réel ; ils sont tous intraduisibles en termes mathématiques.

    Il ne s'agit pas de logique, mais bien d'anagogique.

    Le processus cosmique est essentiellement indéterministe (tout en ayant ses algorithmes), fractal et chaotique, non réductible à quelque équation que ce soit, à moins d'approximations idéalisantes qui ne traduisent que des aspirations esthétiques humaines dont le Réel n'a que faire.

     

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    Ne jamais confondre "beauté" et "élégance" …

    L'élégance revient à obtenir l'effet le plus utile possible avec la plus grande économie de moyen : faire très bien avec très peu. L'élégance est une forme d'optimalité processuelle.

    L'élégance peut être matérielle, émotionnelle, intellectuelle et/ou spirituelle. L'élégance confine la simplicité, le minimalisme.

    L'élégance peut fonder une esthétique, mais où l'obscure notion de "beauté" n'intervient pas vraiment.

    L'élégance mesure le rapport entre l'utilité finale (par rapport à un projet donné) et la simplicité opératoire (par rapport aux ressources utilisées).

     

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    De Marvin Meyer dans son introduction à "L'Evangile de Judas" :

     

    "Composé selon toute probabilité vers le milieu du 2ème siècle, très vraisemblablement à partir d'idées et de sources bien antérieures, il représente une première forme de spiritualité qui privilégie le gnose ou 'connaissance' - la connaissance mystique, le connaissance de Dieu et de l'unicité essentielle du moi avec Dieu. (…) Une approche aussi directe de Dieu, comme celle qu'on trouve dans la spiritualité gnostique, ne requiert aucun intermédiaire - après tout, Dieu est l'esprit et la lumière au-dedans -, et les témoignages de l'Eglise primitive (…) indiquent que les prêtres et les évêques ne goûtaient guère ces gnostiques qui pensaient librement. (…)

    Jésus y enseigne à Judas les mystères de l'univers. Comme dans les autres évangiles gnostiques, Jésus y est essentiellement un enseignant ainsi qu'un révélateur de sagesse et de connaissance, non pas un sauveur qui meurt pour les péchés du monde. Pour les gnostiques, le problème fondamental de la vie humaine n'est pas le péché mais l'ignorance, et la meilleure manière de traiter ce problème n'est pas d'emprunter le chemin de la foi mais celui de la connaissance."

     

    Tout ce fatras fait d'obsession du péché, de rédemption, de passion salvatrice, de résurrection et d'ascension est de la pure invention paulinienne. Jésus a été exécuté par le romains pour sédition. Il était un parmi les nombreux prédicateurs de la résistance anti-romaine, mais sa posture était plus spirituelle que politique (avec des relents esséniens). Il a fondé une secte juive qui a été reprise, à sa mort, par son frère Jacques et qui est morte avec la destruction du Temple et l'expulsion des Juifs hors de Judée.

     

    La connaissance des évangiles dits apocryphes montre une chose certaine : il existait au moins trois écoles puissantes dans le christianisme primitif dont l'école paulinienne, l'école mystérieuse qui deviendra johanniste (avec une tentative tardive, au 2ème siècle, de rapprochement avec la branche paulinienne qui incorpora, dans le canon évangélique, l'Evangile de Jean et l'Apocalypse pourtant très opposés à la doctrine paulinienne) et l'école alexandrine (prolongement de la secte judéo-chrétienne de Jacques après la diaspora de 70 et fortement influencée par le gnosticisme juif dans le sillage de Philon d'Alexandrie et des balbutiements de la Kabbale). L'école paulinienne a malheureusement triomphé, a exclu les autres écoles et a tout fait pour détruire leurs traces et leurs écrits (cfr. le fanatisme d'Irénée de Lyon).

    Le cœur de la doctrine paulinienne est l'idée obsessionnelle du péché - donc de la pureté de l'âme - et l'exécration de tout ce qui était considéré comme les causes du péché, au premier rang desquelles étaient les femmes et les juifs.

     

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    Les trois pourrisseurs de la spiritualité chrétienne : Saül de Tarse, Irénée de Lyon et Augustin d'Hippone !

     

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    YHWH est le chemin juif vers l'Eyn-Sof. Il est d'autres chemins vers le Sans-Limite qui s'appelle, selon les traditions : l'Un, le Dieu, le Tao, l'Absolu, le Brahman, le Réel, etc …

     

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    Le 07/09/2019

     

    La méditation shabbatique de la semaine …

    Parashah Shofthim du Deutéronome.

     

    • Le livre du Deutéronome (16;20) dit : "Justice de justice tu poursuivras (…)". Le Deutéronome et toute la tradition juive après lui donnent une importance considérable à cette notion de "Justice", de Tzèdèq. Cette notion est explicitée au verset précédent : "Tu ne détourneras pas le jugement, tu ne moduleras pas les faces [expression signifiant : "avoir deux poids et deux mesures selon les personnes impliquées"], et tu ne prendras pas une corruption car la corruption aveuglera les yeux des sages et faussera les paroles des justes". Trois principes : principe de rectitude, principe d'équité et principe d'incorruptibilité. Trois symboles : l'Equerre, le Niveau et l'Acacia.
    • Si le peuple veut se soumettre à un roi, cela se peut, mais ce roi devra être agréé par YHWH (donc par les pontifes descendants de Lévy) et ne pourra pas posséder beaucoup de chevaux, beaucoup de femmes, beaucoup d'argent et d'or ; il devra recopier pour lui une Torah et l'étudier toute sa vie sans s'en écarter "ni à droite, ni à gauche". Le modèle politique de la Maison d'Israël est la théocratie et, même s'il y a un roi, celui-ci reste totalement inféodé à la Torah sous les contrôle de la tribu sacerdotale des Lévy. Ce modèle a tout pour choquer les républicains laïques, Mais si l'on remplace le roi par un président, la Torah par une Constitution et les lévites par des sénateurs, on n'est pas très loin, en termes de modalités. La grande différence de fond est celle-ci : une démocratie n'est qu'au service des hommes alors qu'une théocratie est au service du Divin (donc de la Vie et de l'Esprit ; sans aucune téléologie, la démocratie est autoréférente et tautologique, alors que la théocratie ne l'est pas ; celle-ci donne  sens et valeur aux institutions politiques.
    • Les lévites sont les membres de la tribu sacerdotale et les descendants de Lévy ("mon attachement" - Gen.:29;34), troisième fils de Ya'aqob-Israël ("celui qui talonne", "la rectitude de Dieu") né de Liah (la "paresseuse"). Ils n'ont pas le droit de posséder un quelconque patrimoine personnel et doivent vivre des offrandes que les tribus profanes apportent au Tabernacle. Ils dépendent donc entièrement des fruits de la vertu dont ils sont les gardiens. Ils sont entièrement voués au service du Divin et, donc, doivent être totalement détachés des biens matériels : la vie de leur corps dépend entièrement de la qualité d'âme des autres. La valeur guématrique du nom LWY est 30+6+10=46 à 10 à 1 : le Lévy est consacré à l'Unité, à l'Union, à l'Unification (ce qui est bien la définition la plus profonde et la plus générale de la spiritualité). Il relie (ce qui est un des sens du verbe LWH dont son nom dérive). La reliance s'établit selon les deux dimensions horizontale et verticale. Dans la dimension horizontale, il relie entre elles les douze tribus profanes par la Religion et ses rites. Dans la dimension verticale, il relie le Divin et l'humain par la Mystique et ses ascèses. Ensemble, Religion et Mystique forment la Spiritualité qui est la Tradition.
    • Le livre du Deutéronome (18;10-11) condamne le plus vivement toutes les pratiques idolâtres : passer par le feu, enchantements, augures, divinations, magies, charmes, évocations, sortilèges et spiritismes. Neuf pratiques abominables aux yeux du Divin : toutes les forces de la Nature et toutes les voies du Devenir appartiennent en propre au Divin et l'homme n'a pas à tenter de se les approprier. Ce point de la Loi est capital !
    • Plus loin (Deut.:18;18) : "Je [ferai] exister un prophète pour eux de l'intérieur de leurs frères, tout comme toi [Moïse] et j'aurai donné des paroles en sa bouche et une parole des Puissances avec tout ce que je lui ordonnerai". Ce prophète à venir désigne vraisemblablement Esdras, le rédacteur du Deutéronome, qui, ainsi, se légitime lui-même ; mais ce verset a sans doute été aussi à l'origine de cette doctrine messianique qui nourrit des espoirs de libération et que les Juifs ont intensément cultivée lors des périodes de persécution et d'assujettissement. Ce prophète à venir serait un libérateur à l'instar de Moïse qui délivra le peuple hébreu de l'esclavage : le prophète de la libération et de la délivrance …
    • Le mot "prophète", en hébreu, se dit Nabi' et s'écrit NBY'A qui dérive du verbe NB'A ("prophétiser") et qui suggère, à partir de la racine B'A qui signifie "venir" et du préfixe réflexif N, que le prophète est "celui qui se vient", celui qui vient à lui-même, celui qui se révèle, celui qui révèle à travers lui.
    • Et plus loin (Deut.:18;21), se pose la question de reconnaître un vrai d'un faux prophète : "Et comme tu diras dans ton cœur : comment se saura avec la parole que [ce n'est] pas sa parole de YHWH ?". Et la réponse vient au verset suivant : "Ce que le prophète dira au nom de YHWH et la parole n'adviendrait pas et n'arriverait pas, cette parole [n'est] pas [celle] qui [est] sa parole de YHWH (…)". Au fond, c'est du pur bon sens : si ce qui est dit ou annoncé, ne se produit pas, c'est que le "prophète " est un imposteur. C'est la preuve expérimentale qui avère la théorie ; Moïse et Esdras sont les grands précurseurs de Francis Bacon.
    • Six "peuples" sont voués à extermination (Deut.:20;17) : le 'Hity (le peureux), l'Amory (le bavard), le Kana'any (le soumis), le Phrizi (le vantard), le 'Hiwy (le péremptoire) et le Yéboussy (l'écraseur). Ces "peuples" sont les vices humains qu'il faut éradiquer. Ils désignent les vertus contraires qu'il faut cultiver : le courage, le silence, la liberté, la , le discernement et le respect.

     

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    De Baroukh Spinoza :

     

    "Par réalité et perfection, j’entends la même chose."

     

    " Personne ne peut vous enlever votre liberté de penser. vous pouvez être conseillé, éclairé par d'autres, mais ne laissez jamais quelqu'un penser pour vous."

     

    "Le remords est une seconde faute."

     

    "La joie est le passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection."

     

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    Si l'on en croit les Evangiles, le christianisme doit tout au Juif (Yéhoudah : "Judas") d'Iscariote. Sans lui, relayé et amplifié par l'imagination psychotique de Saül de Tarse, rien ne se serait accompli : pas de passion, pas de crucifixion, par de rédemption, pas de résurrection, pas d'ascension, … pas d'hérésies, pas d'anathèmes, pas d'excommunications, pas de synodes, pas de conciles, pas de papauté, pas de schismes, pas de croisades, pas d'inquisition, … pas d'expulsions, ni de conversions forcées, ni de persécutions, ni de massacres de Juifs.

     

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    Les gnosticistes séthiens (une secte qui se rattache à Seth, troisième fils d'Adam et Eve, premier homme conçu et né après le premier meurtre donc après que le monde ait été souillé par les sang) parlent d'un sous-dieu nommé Barbélo ce qui, en hébreu, pourrait signifier : "Fils dans son Dieu" (Bar-b-El-o), donc un Dieu-le-Fils qui émanerait dans le Dieu-le-Père.

    Chez ces gnosticistes alexandrins, le salut passe par la négation radicale de ce monde (créé par des démiurges débiles, rebelles, sanglants et déments) et de la matérialité ; cette négation leur permet d'atteindre, s'ils sont porteurs de l'étincelle divine, le vrai Royaume où vivent les éons (dont Barbélo) autour du Dieu suprême, bien  au-dessus du monde des démiurges.

    Le dualisme y est, en tous points, poussé à l'extrême.

     

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    Le Salut par la Connaissance s'oppose radicalement au Salut par la Rédemption.

    Le premier est résolument élitaire alors que le second est clairement populaire. Comment la populace pourrait-elle adhérer à une spiritualité basée sur cette intellectualité dont elle est largement dépourvue ? En revanche, une religion de la rédemption lui permet l'espoir d'être vengée, dans l'autre monde, de sa propre médiocrité dans ce monde-ci.

    C'est cela qui a fait le succès massif du christianisme paulinien et de l'islamisme.

     

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    Un Salut après la mort permet tous les espoirs, mais apparaît comme manifestement infantile et notablement fantasmagorique. Après la mort, il n'y a évidemment que de la mémoire incrustée dans le Réel, mais plus aucune "vie" personnelle d'aucune sorte. La notion classique de Salut perd alors tout sens.

    En revanche, un autre sens pourrait être donné à l'idée de Salut : celui de l'union intime entre le soi et l'Un, dès cette vie.

    Quels seraient alors les diverses voies de ce Salut mystique, intériorisé ? Chaque tradition a créé la sienne : étude kabbalistique, initiation maçonnique, spéculation védantique, supputation gnostique, dialectique métaphysique et quête hermétiste, …, d'une part, culte judaïque, oraison chrétienne, méditation bouddhique, joie taoïste, rite hindou, …, d'autre part.

    La première catégorie passe par le pensé alors que la seconde catégorie passe par le ressenti. Ces deux catégories ne s'excluent pas du tout mutuellement.

     

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    Le Divin est le fondement, la source et la raison de tout ce qui existe.

    Il est Un et, donc, inexprimable et impersonnel. Il peut être vécu, mais non dit. Pour le dire, il faut d'autres mots, comme Dieu ou Tao ou Brahman.

    Le monde des hommes est en lui. Et dans le monde des hommes, il y a de la souffrance et de la joie. Le Divin est donc la raison de toute souffrance et de toute joie ; il est Joie et Souffrance ; il est la Joie de tous les accomplissements et la Souffrance de tous les désaccomplissements.

    Le Divin est en voie d'accomplissement ; il n'est donc pas encore accompli ; il ne le sera jamais parce que la perfection accomplie est un mythe absurde : chaque pas d'accomplissement induit de nouvelles potentialités à accomplir. La Joie des accomplissements est indissociable de la Souffrance des désaccomplissements.

    Le Divin est, par essence, un éternel Accomplissement en cours.

     

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    L'orthodoxie n'est jamais que le triomphe autoproclamé d'une secte particulière sur ses concurrentes au sein de la même tradition.

     

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    Il faut bien distinguer "gnosticisme" de "gnosisme".

    Le gnosticisme est une tradition spirituelle alexandrine d'abord juive, puis chrétienne et néoplatonicienne, construite sur un dualisme manichéen radical.

    Le gnosisme est une posture spirituelle qui affirme que le Salut intérieur passe par la Connaissance, donc par l'étude et la contemplation.

     

    *

     

    Le propre de beaucoup de gnosticisme est d'opposer le Démiurge (le Dieu créateur de la Torah juive) au vrai Dieu. Cette pirouette avait pour but d'expliquer le Mal et la Souffrance dans le monde créé. Mais pour que cette structure métaphysique tienne, il fallait un dualiste ontique fort. Le dualisme "fort" affirmait que le Démiurge et le Dieu étaient absolument dissociés, de toute éternité, comme le professe le manichéisme iranien pur et dur. Le dualisme "faible" proposait que le Démiurge soit un compagnon "déchu" du Dieu suprême. C'est la thèse du Satan ou du Lucifer dont le christianisme paulinien a fait son "Diable".

    Mais ce dualisme "faible" ne tient pas car, de deux choses l'une, ou bien le Dieu est tout-puissant et il ne tient qu'à lui d'éliminer, une bonne fois pour toutes, tous les Démiurges et d'effacer leurs bêtises, ou bien ce Dieu ultime n'est pas tout-puissant et il ne peut pas être le Dieu suprême muni de tous les attributs de l'absolu.

    Donc, si dualisme il doit y avoir, ce ne peut qu'être un dualisme "fort", un manichéisme radical. Mais, même en ce cas, le problème n'est pas vidé car une question impertinente, donc très pertinente, demeure : pour-quoi donc ces deux déités antagoniques ont-elles trouvé malin de créer en monde en commun, l'un pour la souffrance des corps et l'autre pour le salut des âmes. Ici encore, le dualisme ontique sombre, corps et biens, dans le ridicule.

    Il ne reste donc qu'une seule voie : le monisme. Le Divin, le Dieu, le Démiurge, avec le Réel, le Tao, le Brahman et tutti quanti, ne sont que des appellations diverses d'un seul et unique principe : l'Un-sans-second (l'Eyn-Sof de la Kabbale). Et, puisque le monde vécu par les hommes, contient, à la fois, Joie et Souffrance, il faut convenir que ce Un n'est ni parfait, ni tout-puissant, et qu'il est en voie d'accomplissement (cfr. plus haut).

     

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    De Margrethe Vestager (commissaire européenne danoise à la concurrence) :

     

    "Pourquoi nous inquiétons-nous de la présence de bisphénol A dans les biberons et pas des cookies dans les iPads des enfants ?"

     

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    Internet, comme la télévision il y a 50 ans, a été présenté et vendu comme un outil d'éducation des masses et est devenu un outil de défoulement de ces masses. Dès qu'un outil est démocratisé, il devient un amplificateur de médiocrité.

     

    *

     

    Il existe, aujourd'hui, deux cancers culturels : l'utilitarisme américain et le collectivisme chinois. L'Europe doit en être l'antidote.

     

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    La technologie n'est ni bonne, ni mauvaise, tant qu'on y recourt à doses homéopathiques maîtrisées.

     

    *

     

    De Gaspard Koenig :

     

    "Un monde scrupuleusement soumis à la logique de l'IA serait irrémédiablement entropique, tendant vers une forme de stabilité glacée."

     

    Les algorithmes sont des outils purement statistiques qui favorisent, par construction, la "majorité" donc la médiocrité et la conformité.

     

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    Nassim Nicholas Taleb affirme que : "L'IA ne m'intéresse guère : un épiphénomène  dans une série d'innovations qui n'ont pas passé l'épreuve du temps."

    Comme les réseaux sociaux, l'IA (l'Intelligence humaine Amplifiée par une puissance de calcul énorme au service d'algorithmes traduisant l'ignorance humaine) participe des balbutiements et maladies infantiles de l'émergence de la Noosphère.

     

    *

     

    Le numérique détruit l'intelligence et la culture.

    Internet produit des pseudo humains qui ne connaissent rien et qui ne peuvent rien apprendre.

     

    *

     

    D'Elisabeth Lévy :

     

    "La sottise, la vulgarité et l'inculture progressent."

     

    A qui le dis-tu ?

    Et aussi ceci :

     

    "(…) deux processus parallèles qui se sont déployés à partir des années 1960 : la fin du monde de l'écrit qui a perdu prestige et séduction au profit de la vidéosphère, devenue maîtresse absolue avec le tout-numérique ; l'énorme ratage de la 'massification de l'enseignement'."

     

    Ou encore :

     

    "L'école bienveillante et démocratique des pédagogistes et des lâches - qui savaient, mais ont joué le jeu pour assurer leur carrière - a totalement échoué à instruire les masses."

     

    Rien à ajouter ! Le socialo-gauchiste a fait main basse sur l'Education nationale et, sous prétexte d'égalitarisme, a imposé la médiocrisation générale. Encore un déni de réalité : la distribution de l'intelligence sur une population (et entre les races) est une gaussienne, comme toujours : 15% de génies et 85% de crétins. C'est ainsi. N'en déplaise aux idéologues de l'égalitarisme.

     

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    De Pierre Nora :

     

    "Nous vivons un moment crépusculaire de déculturation. On est effaré par l'ignorance galopante, par l'absence de repères et de bases dans les nouvelles générations (…)"

     

    L'ignorance est plus qu'un constat, elle est une manière de vivre et une revendication : le triomphe des crétins qui croient être les maîtres du monde et  du temps.

    L'étude ne sert plus à apprendre à penser et donc à vivre, mais à acquérir un diplôme qui ne vaut rien, dans le fallacieux espoir de décrocher un emploi sine cure et (très) bien payé. Le hic : l'école actuelle - animée par des  fonctionnaires planqués et paresseux qui ne connaissent rien du monde réel - ne forme que des inutiles et des inutilisables.

     

    *

     

    De Laurent Alexandre :

     

    "En réalité, on sait aujourd'hui que l'ADN

    détermine plus de 50% de notre intelligence."

     

    Une fois que l'on aura compris cela, on cessera d'enquiquiner le monde avec l'égalitarisme, avec la lutte des classes, avec l'antiracisme.

    Il y a énormément de crétins … et plus ici que là … et c'est ainsi. Dont acte.

    Il faut vraiment en arrêter avec les thèses égalitaristes. Personne n'est l'égal de quiconque … et les statistiques sont ce qu'elles sont : des constats factuels. La loi de Pareto des 80/20 s'applique aussi aux humains et aux affaires humaines.

     

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    Le 07/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Le livre du Deutéronome (11;26) dit : "Vois Moi-même, il donna pour vos faces, ce jour, une bénédiction et une malédiction". L'existence est un chemin entre deux forêts de vie, l'une bénéfique, l'autre maléfique.
    • Le Zohar pose une étrange question : "Est-ce que l'ange de la mort se brise devant le jour de la mort ?". Elle est le symétrique d'une autre question étrange : "Est-ce que l'ange de la naissance se brise devant le jour de la naissance ?". Je comprends cela comme la question de savoir si naissance et mort sont des événements personnels. Est-ce "moi" qui naît et meurt ? Et ma réponse est résolument négative. L'ange ne se brise pas.
    • Le binaire entre (Bin, en hébreu) bénédiction et malédiction, entre bon penchant et mauvais penchant, en appelle à la Séphirah émanatrice et rigoriste Binah : le Discernement (l'Intelligence).
    • Le Discernement, appelle aussi le Jugement (Din, en hébreu) entre les bonnes œuvres et les mauvaises œuvres. Car l'homme devient ce qu'il fait avec ses actes, avec ses pensées, avec ses paroles. Le Zohar affirme ceci : "(…) il n'y a, pour protéger l'homme, que les bonnes actions qu'il a accomplies (…)". Mon œuvre me protège … Tout homme n'est que l'accumulation de ses œuvres. Un homme n'est que ce qu'il fait. La question cruciale, alors, est : "Qu'as-tu fait de ta vie ?" ou, bien mieux : "Qu'as-tu fait dans et pour la Vie ? Qu'as-tu fait dans et pour l'Esprit ?".
    • L'expression hébraïque Téshouvah exprime l'idée de retour sur le bon chemin, sur la voie de l'accomplissement dont on s'était détourné par divertissement (c'est bien le sens de se mot que de se détourner : dis- vertere en latin). C'est sans doute Pascal qui a le mieux fulminer contre le divertissement.

     

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    De mon ami le cosmologiste Marc L-R en réponse à mon texte sur le divorce entre physique fondamentale et mathématiques … auquel il ne croit pas une seule seconde :

     

    " Pour moi physique fondamentale est presque synonyme de mathématiques, en tous cas elles sont consubstantielles. La physique ne prétend évidemment pas rendre compte de TOUTE la réalité (pas les aspects  que tu cites ensuite par exemple). Elle réduit son application à certains aspects de la réalité et c’est parce qu’elle réduit (volontairement) son champ qu’elle est efficace, parce qu’elle renonce (modestement) à parler de tout. Et si l’on veut définir le champ de la physique, ce n’est pas facile. Mais en gros cela correspond pour moi à ce qui se décrit bien mathématiquement. Ca n’empêche pas bien sûr qu’il y a des tas de choses, certains aspects (sans aucun doute fondamentaux) du réel, qui ne  se laissent pas traiter mathématiquement. Que la science  procède par approximations idéalisantes, je crois qu’on peut le dire. Mais je crois qu’on peut le dire de toutes les disciplines humaines. Mais c’est sans doute la science pour laquelle c’est le moins prononcé. C’est ce qui fait son originalité; et ce que l’on qualifie de succès (même s’il faut relativiser cette notion de  succès de la science, j’en suis bien convaincu)."

     

    Marc est au cœur de l'orthodoxie physicienne d'aujourd'hui lorsqu'il écrit, très subtilement, que n'est de la physique ou de la science que ce qui est mathématisable.

    La science en général et la physique en particulier sont ainsi définies par leur usage exclusif du langage mathématique. Ce qui se dit de l'univers, sans langage mathématique, n'est, selon cette vue, ni de la science, ni de la physique. C'est là une réaffirmation forte du grand postulat quantitativiste de Galilée qui a permis à la science moderne de se construire jusqu'à aujourd'hui … et qui est l'impasse dans laquelle elle s'est elle-même coincée.

    Toute la physique fondamentale complexe que j'essaie de construire depuis quarante ans, mesurée à cette aune, serait de la métaphysique, mais pas de la physique. Soit. Tout est question de définition.

    Dans ces conditions, ma conviction est qu'aujourd'hui, la physique mathématique se termine et que la métaphysique cosmique commence.

     

    Et voici la réactions de mon ami le Professeur Paul Matthys, physicien du solide :

     

    La cosmologie n’appartient pas, à proprement parler, à la physique expérimentale, c’est de la physique observationnelle.  Il s’agit là de modéliser la dynamique de l’univers, depuis son origine il y a à peu près 14 109 années.  Il faut dire qu’en ce moment la discipline a de graves problèmes.  95% de la matière-énergie objectivée par l’observation échappent à la compréhension.  Un défaut de 30% de masse, dont on n’a pas encore bien établi la nature, manquent pour expliquer la dynamique intragalactique dans toutes les galaxies ; à peu près 60% de défaut est requis, sous forme d’énergie noire, pour décrire l’expansion accélérée de l’univers.  Cette expansion accélérée est contre-intuitive, mais semble avérée.  J’ai écrit 'pour décrire', il s’agit donc d’un modèle descriptif, non causal.  On se retrouve un peu, mutatis mutandis dans la situation où Kepler-Galilée parvenaient à décrire cinématiquement les orbites planétaire, tout en étant pas capable de déterminer la cause première, ce qui fut le travail de Newton qui fonda une dynamique.  La situation actuelle en cosmologie me donne l’impression d’être analogue à une 'cinématique' ; pas à une 'dynamique'.  D’après ce que j’en comprends, la constante cosmologique dans l’équation de champs peut être adaptée pour décrire l’expansion actuelle.  Mais qu’est la nature physique de cette constante cosmologique ?  Est elle vraiment constante, ou varia-t-elle en fonction du temps cosmologique ?  Il est question d’une période d’inflation près de l’instant t=0.  Où en était alors la valeur de cette constante cosmologique, et qu’est-elle devenue par la suite ? Quoi qu’il en soit, il y a tant de questions qui se posent en ce moment qu’on ne peut vraiment pas s’estimer heureux de la modélisation mathématique du réel cosmologique.  Quelle approximation peut-on traiter analytiquement pour cet univers en expansion ?  Je soupçonne que c’est un modèle à symétrie sphérique, isotrope, homogène.  Et pour le dépasser, il faut sans doute utiliser des méthodes de calcul de perturbations ou carrément faire usage de méthode numériques, utilisant des ordinateurs.  Mais dans ce cas, adieu nos belles mathématiques d’antan …

     

    Voyons maintenant les 5% de matière-énergie que nous connaissons vraiment, et là on s’approche de choses que je connais mieux, la physique atomique et moléculaire.  La première bonne nouvelle, c’est qu’à peu près 90% des atomes de l’univers, c’est de l’hydrogène.  Et c’est bien le seul atome que l’on peut décrire ab initio avec les méthodes de la mécanique quantique.  Dirac est même arrivé à marier la théorie de la relativité restreinte avec la mécanique classique pour l’atome d’hydrogène, et la mécanique de l’électrodynamique des champs a mené à une très belle concordance entre l’expérience et la théorie.  Mais voilà, dès qu’il s’agit de modéliser un atome qui contient plus d’un seul électron, rien ne va plus.  Pour modéliser les atomes dans le système de Mendeleïev en deçà du Fer, pas de modèle quantique relativiste ab initio.  On a 'greffé' un hamiltonien du type f(r)L.S, hamiltonien de Russel-Saunders, dont la symétrie semble convenable, sur l’Hamiltonien « classique » dans l’espoir de réaliser une bonne concordance.  Et il faut en convenir, le résultat est souvent assez bon. Pour les atomes plus lourds, un couplage dit j-j donne de meilleurs résultats.  Mais, je le répète, ces méthodes sont heuristiques, pas du tout ab initio.  C’est comme une rose noble greffée sur un pied d’églantier : le résultat est beau, mais ce n’est pas une « vraie » plante.  Tout comme les hamiltoniens proposés pour les systèmes poly-électroniques ne sont pas de 'vrais' hamiltoniens. Mais bon, que dire des molécules ?  Là c’est la débâcle totale, c’est la catastrophe pour les modèles ab initio, surtout parce que la symétrie sphérique fait défaut.  Dans ce domaine aussi, on en est à utiliser des ordinateurs pour faire des modèles numériques.  Là aussi, adieu nos belles mathématiques analytiques …

     

    Quant à l’affirmation que la physique théorique serait « modeste », il n’en est rien.  Dans les années 1980 on entendait un peu partout les physiciens théoriciens annoncer qu’on était tout près de la 'theory of everything'.  L’entreprise a avorté, en engendrant des modèles qui contiennent beaucoup plus de paramètres à adapter que de données disponibles ; en engendrant plusieurs théories totalement invérifiables.  Ces modèles mathématiques ont pris une vie propre, se sont totalement déconnectés du réel. These models are not even a theory

     

    Enfin, depuis les travaux de Gödel dans le années trente, on sait que les mathématiques axiomatiques (et il n’y en a pas d’autres valables) contiennent des limitations intrinsèques et inévitables.  Même le fond mathématique ne mène donc pas à une connaissance absolue au sein du sous-ensemble de ce champ de recherche que sont les mathématiques.

     

    D’où mon assentiment avec ce qu’écrit Marc Halévy, avec peut-être un bémol, c’est qu’une fois que l’on quitte le champ d’applicabilité des mathématiques au réel, il nous reste les méthodes numériques.  Au-delà de cela nous n’avons plus rien du tout.  Au-delà il nous reste la méta-physique …

     

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    Mon problème intellectuel n'est pas de calculer des objets ou des phénomènes DANS l'Univers, mais bien de comprendre et décrire la logique intrinsèque et globale DE l'Univers, c'est-à-dire le Logos, c'est-à-dire l'Esprit cosmique, c'est-à-dire le principe de cohérence qui pilote l'Univers, c'est-à-dire le dessein du Divin immanent qui se manifeste par l'Univers.

    Oui, je crois que l'on peut appeler cela de la métaphysique cosmique.

     

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    De Laurent Alexandre :

     

    "(…) il fallait plus de 125 de QI pour avoir le bac à cette époque [1950]. Aujourd'hui, on obtient le bac avec 80 de QI, ce qui ne permet pas la maîtrise du raisonnement hypothético-déductif … (…). Contrairement aux espoirs de 1995, le Web augmente les inégalités, car seuls les enfants les plus doués arrivent à trier l'information."

     

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    Les plateformes de relations directes permettent à des groupuscules bien organisés de manipuler de grandes masses d'esprits faibles (la majorité des humains dont le QI est inférieur à 120) qui viennent y puiser leurs "convictions".

     

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    Le Tout et ses parties sont tous portés par la même intention d'accomplissement, chacun à son échelle. Le Tout et chacune de ses parties attendent de l'autre qu'il contribue à son propre accomplissement … ce qui, dans certains cas, est totalement contradictoire. Il y a alors conflit ou tension entre la partie (locale) et le Tout (global). L'impact de ce conflit sera, en général, important pour la partie, mais faible pour le Tout. Presque toujours, une résolution du conflit (une dissipation de la tension) qui soit approximative mais rapide, sera préférée à une résolution parfaite mais lente.

    L'univers est bricoleur. Et comme les bricoleurs, il ne fait pas de grands plans compliqués, il s'ajuste et se débrouille, avec les matériaux qui sont là, pour faire quelque chose qui tiendra un temps. C'est cela que j'appelle le constructivisme : l'univers se construit au jour le jour, localement, en faisant ce qu'il peut avec ce qu'il a, avec élégance et simplicité, mais avec un grand souci de cohérence.

     

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    Les trois "idéaux" esthétiques de la physique classique sont, dit-on : la symétrie, l'unification et le naturel.

    Autant je comprends bien les deux premiers "idéaux" esthétiques (l'unification vise une compréhension unique du tout de l'univers, et la symétrie permet des économies descriptives), autant le troisième me paraît engendrer une énormité : une théorie est dite "naturelle" si, pour donner des résultats cohérents avec le Réel, elle ne doit pas être "ajustée" … c'est-à-dire trafiquée !

     

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    Le 09/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • L'idée de repentance (Téshouvah), du retour sur le chemin adéquat, est très prégnante dans le Zohar, mais elle ne concerne que l'effacement des conséquences de l'acte mauvais, car elle ne peut effacer l'acte mauvais lui-même. Dans le Réel, rien n'est réversible, rien ne s'efface jamais ; ce qui a été endommagé, même réparé, reste une cicatrice. On ne peut effacer, mais on peut réparer ce qui est réparable. Mais tout n'est pas réparable ; c'est d'ailleurs à cela que l'on mesure la gravité d'un acte mauvais Un acte est d'autant plus mauvais et grave que les dommages qu'il cause, sont irréparables. On pourrait, par exemple, penser que blesser un homme (qui cicatrisera et qui n'en gardera aucune séquelle) est bien moins grave qu'abattre un arbre (ce qui est complètement irréversible et irréparable). La règle veut que ce qui est réparable et réparé soit moins grave que ce qui est irréparable.
    • L'idée de Téshouvah reprend en fait celle de réparation. Tant que l'acte mauvais n'est pas réparé, il reste grave et la Téshouvah n'est pas possible.
    • La non réparation des dommages causés par un acte mauvais, est au moins aussi grave que l'acte lui-même.
    • Les deux colonnes extérieures de l'Arbre de Vie sont appelés, par la tradition : Rigueur (à gauche) et Miséricorde (à droite). Elle parle en fait de la réparation des actes mauvais. La réparation de l'acte mauvais appelle la Miséricorde. La non-réparation d'un acte mauvais appelle la Rigueur.
    • Trois questions éthiques se posent, alors :
      • Un acte est-il mauvais ?
      • Si l'acte est mauvais, est-il réparable ?
      • S'il est réparable, est-il réparé ?
    • Un acte est mauvais s'il cause des dommages, c'est-à-dire s'il freine ou empêche l'accomplissement de celui qui le subit.
    • Un acte est réparable s'il est possible de réparer le désaccomplissement de celui qui le subit.
    • Un acte est réparé si le désaccomplissement occasionné, est compensé plus ou moins complètement.
    • En ce sens, l'idée chrétienne de "pardon" n'a aucun sens. Ce qui est fait, est fait, et laissera à jamais des cicatrices.  La seule question éthique est celle de la réparation objective. Le remord et la contrition ne changent rien. Tout ce qui est réparable, est-il réparé ? Voilà toute l'affaire. Pour tout ce qui n'est ni réparable, ni réparé, il n'y a jamais de pardon. Rien ne s'efface.

     

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    D' Hervé Sérieyx :

     

    "Le système éducatif français - tel que le brocardent nos cousins Québécois - c’est l’organisation d’un naufrage pour repérer ceux qui savent nager.

    Notre manie de la sélection par la performance et la course aux diplômes hiérarchisés ne peut que créer de la peur. La compétition est une suite de batailles que l’on gagne peut-être, dans une guerre que l’on perd toujours."

     

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    D'Ilios Kotsou :

     

    "Soit on s’enferme dans le monde de la consommation qui demande toujours plus.

    Soit on devient désespéré dans un monde 'pourri'. Ou alors on se dit : on fait avec ce que l’on a. C’est ce que font les jeunes. Ils se posent la question : avec ce que l’on a, comment faire pour aider le monde à être un meilleur endroit pour vivre ? Je pense que le grand défi, c’est de parvenir à prendre soin de soi et à aider le monde à aller mieux. Ce n’est pas facile, le bonheur en 2019 et, pour moi, ça ne peut être qu’un bonheur engagé."

     

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    Le 10/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Le prophète Isaïe dit (57;17) : "Et il [l'homme] va rebelle dans la voie de son cœur (…)".
    • Ce "rebelle", c'est l'humain qui, par nature, ni n'accepte, ni n'assume la réalité du Réel. L'humain se dresse toujours contre. D'où cela lui vient-il ?
    • L'orgueil y prend la plus grande part. L'humain ne veut pas savoir qu'il n'est qu'une vaguelette à la surface de l'océan. Il croit, dur comme fer, qu'il possède un existence en soi, qu'il est un "être" … alors qu'il n'est qu'un processus fait de processus et plongé dans des processus.
    • Il se révolte de n'être pas un "être" à part entière, de ne pas pouvoir mettre quoique ce soit de fixe, de durable, de constant ou de permanent derrière le mot "moi".
    • Qui est "moi" ? Personne ! Il est une per-sona, un masque théâtral au travers duquel sonne la Vie et l'Esprit. Le "moi" n'est que ce masque sans consistance, sans permanence.
    • Voilà le cœur de la révolte des humains profanes : leur inexistence en tant qu'un "être" en soi.
    • Qu'il le veuille ou non, tout humain participe DE la Vie et de l'Esprit qui n'attendent de lui que de participer A la Vie et à l'Esprit. Mais pour participer à la Vie et à l'Esprit, encore faut-il accepter et assumer cette participation de la Vie et de l'Esprit.
    • L'humain n'accepte pas de n'être qu'une partie apparente d'un Tout réel. Il n'accepte pas de n'être qu'un contributeur à ce qui le dépasse. Et voilà toute la cause de ses souffrances et de ses tristesses.
    • Pourtant un guide sûr est en lui, qui lui parle à voix basse, mais qu'il ne veut ni écouter, ni entendre. Pourtant le secret est à la fois simple et évident …
    • Le Joie vient de l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit en soi et autour de soi.
    • Il n'y a plus, alors, ni naissance, ni mort.

     

    *

     

    Les quatre causes du populisme :

     

    1. Trop d'informations.
    2. Pas assez d'intelligence.
    3. Trop de paresses.
    4. Pas assez de courage.

     

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    * *

     

    Le 11/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • La faute et le péché, dans le vocabulaire religieux - et un peu archaïque -, pointent vers les notions d'impureté et de purification.
    • L'idée de pureté dans la tradition juive et biblique est très liée à l'idée de "mélange" des genres. Les exemples sont multiples :
      • l'homme qui se travestit en femme,
      • l'homosexualité (la féminité qui se mélange à la masculinité),
      • le bœuf et l'âne attelé sous le même joug,
      • le tissage ensemble de lin et de laine,
      • les mets alliant carné et lacté,
      • le pain pascal mêlant farine et levain,
      • la Maison d'Israël distincte des Nations,
      • le fidèle et l'idolâtre,
      • le sacré et le profane,
      • les lévites et les douze autres tribus,
      • le Kasher (l'adéquat) et le Tamé (l'inadéquat)
      •  etc …
    • L'idée de Téshouvah est donc très proche de celle de purification, de retour à la pureté.
    • Au fond, le péché consiste à polluer l'activité sacrée qui est l'accomplissement de soi et de l'autour de soi, qui est la réalisation, par chacun de sa vocation profonde, avec des activités "impures" qui divertissent de ce chemin d'accomplissement, qui en détournent l'âme de celui qui, alors, faute gravement contre lui-même, donc contre la Vie et l'Esprit, donc contre le Divin.

     

    *

     

    Je rêve, pour la France, d'une Grande Loge Fédérale de France qui réunirait la GLNF, la GLF, la GLAMF et la GLFF, et qui s'intégrerait harmonieusement dans le F.:M.: régulière mondiale.

    Et qu'ensemble nous puissions proposer un réel, vrai et profond renouveau de la spiritualité areligieuse en France, et désavouer, une bonne fois pour toutes, les 216 autres "obédiences" qui polluent et empoisonnent le paysage maç.: Français.

     

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    * *

     

    Le 12/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Dans le Zohar, Dieu est souvent appelé "l'Ancien des Jours" (Atiq Yomim) car il est la source ultime du temps qui passe c'est-à-dire la source ultime de l'accomplissement de l'Intention, puisque le temps ne fait que mesurer l'avancement de cet accomplissement.
    • Dieu est cette Intention cosmique qui anime tout : Dieu est donc l'âme du Tout-Un. Il est le moteur de l'accomplissement cosmique et donc de l'accomplissement de tout ce qui existe en lui (chacun de nous y compris).
    • Les méfaits des humains ralentissent cet accomplissement alors que les bienfaits des sages l'accélère.
    • Là se situe la plus évidente, quotidienne et intime connexion entre l'humain et le Divin : dans l'acte d'accomplissement, au jour le jour, à chaque instant, de sa vocation personnelle au service de la Vie et de l'Esprit.
    • Le jour de Kippour est, au fond, le jour de la grande re-purification de soi, le jour de remise en bonne perspective de sa propre vie, le jour du retour au Sacré depuis le profane (depuis la profanisation et la profanation de soi), le jour du réalignement de soi.
    • Notre monde humain actuel est totalement désacralisé et déspiritualisé ; il freine considérablement, à la fois, l'accomplissement de l'humain et l'accomplissement du Divin. C'est pourquoi il peut être dit que ce monde humain actuel est mauvais et qu'il grand temps de changer radicalement de paradigme et de remettre l'humain au service de ce qui le dépasse infiniment.

     

    *

     

    Pérennialisme …

    Pour les pérennialistes, le Principe unique et éternel de l’univers non seulement se révèle à l’homme au travers des religions ou traditions mais constitue la substance même de son intellect, son cœur spirituel, d’où la possibilité chez les plus grands sages d’une connaissance directe, non discursive, de la Réalité ou de la Vérité. Pour les pérennialistes, les diverses révélations ou religions procèdent et témoignent de la même vérité - la Tradition primordiale -, d’où le vocable religio perennis proposé par Frithjof Schuon pour se référer tant à la vérité universelle qu'à l’ésotérisme doctrinal et méthodique sous-jacent à toute religion. Parmi plusieurs définitions possibles mais équivalentes, la sophia perennis (la sagesse pérenne, c’est-à-dire intemporelle, essentielle, primordiale, universelle) sera la connaissance de la Réalité ou de la Vérité une, et la philosophia perennis, la science des principes métaphysiques universels.

     

    *

     

    Le populisme n'est pas autre chose que l'expression d'une aspiration à l'évergétisme.

    Au fond, cela revient à dire : "Ne nous demandez plus de voter, ça ne sert à rien, on n'y comprend rien et on s'en fiche ; en revanche, nous exigeons du pain et des jeux à satiété. Tant que vous nous les donnez à suffisance, faites ce que vous voulez de la gouvernance sociétale, on s'en fiche".

     

    *

     

    Le dernier livre de Nassim Nicholas Taleb (mathématicien, statisticien et trader financier américain d'origine libanaise) pose trois types de comportements systémiques face aux "chocs" de l'existence : la fragilité qui ne résiste pas à ces chocs, la robustesse qui se défend âprement et l'antifragilité qui s'en nourrit.

    Ce tripode rejoint complètement mes propres travaux :

    • la fragilité traduit la destruction entropique,
    • la robustesse traduit la fermeture néguentropique sphéroïdale,
    • l'antifragilité traduit l'émergence néguentropique fractale.

    Ses conclusions rejoignent bien évidemment les miennes : face à ce choc immense qu'est l'effondrement du paradigme moderne et la configuration chaotique qui l'accompagne, il n'y a plus que trois scénarii possible :

    • l'effondrement (la destruction entropique),
    • le déni de réalité (la fermeture et le durcissement populistes),
    • l'émergence d'un nouveau paradigme (l'antifragilité créative).

     

    *

     

    De ma complice Néa :

     

    "La crise financière qui a commencé en 2008 a été engendrée par une insuffisance de production de pétrole, ce qui a enrayé la machine économique. Personne ne voulait se poser la question, tout le monde faisait l’autruche. Le président Barack Obama ainsi que son successeur, Donald Trump, ont fait du schiste leur carte de visite électorale, promettant aux Américains une autosuffisance énergétique et de l’essence à la pompe à prix bas. Ce qui est totalement illusoire. Leur communication a pour but de donner l’illusion d’abondance énergétique, ce qui a permis de réussir à faire financer le développement et les pertes des exploitations de schiste, entre autres, par les fonds de pensions étrangers (européens et asiatiques) ainsi que par les Banques Nationales comme la BNS Suisse.

     

    Le schiste n’est pas rentable et le modèle économique du pétrole de schiste américain commence à affoler les investisseurs. Depuis quelques mois, les investisseurs, en tête desquels les fonds de pension, ont serré le robinet des crédits octroyés à une industrie condamnée à multiplier les forages pour trouver de nouvelles poches et droguée à la dette. Dès lors, à part Donald Trump qui veut satisfaire les Américains en vue de sa réélection en 2020 et achever l’Iran, les majors comme BP, Shell ou Total, ainsi que les pays producteurs, s’affolent

    Malgré une production record, les faillites se multiplient aux États-Unis à cause d'un modèle économique fragile et du faible niveau des cours pétroliers.

     

    Les entreprises du schiste ont peut être touché le fonds, mais elles creusent encore ! Contrairement à ce qu'on l’on entend souvent, en réalité le pétrole de schiste américain creuse des dettes abyssales Les faillites s’accumulent et le manque de retour sur investissement exaspère Wall Street. Un sondage sur 29 compagnies pétrolières actives dans le schiste montre qu’elles ont perdu 2,5 milliards $ durant le premier trimestre de cette année. 174 faillites et le compteur tourne. Globalement, les producteurs du schiste ont atteint un cash flow négatif de 184 milliards $ depuis 2010 Depuis la crise pétrolière de 2014, 174 entreprises de pétrole et de gaz de schiste ont demandé l’ouverture de faillites afin de restructurer plus de 100 milliards $ de dettes. Pour le premier trimestre 2019, la tendance continue avec 8 faillites et une ardoise de 3 milliards $."

     

    *

     

    De Charles Péguy :

     

    "Les triomphes des démagogues sont passagers, Mais les ruines sont éternelles."

     

    *

     

    De Nicolas Baverez :

     

    "Partout où ils accèdent au pouvoir, les populistes se fracassent (…) contre le mur de la réalité, prouvant que le répétition d'un mensonge ne fait jamais une vérité."

     

    *

     

    De Bo Winegard à propos des évidents écarts de QI entre Africains, d'une part, et Européens ou Asiatiques, d'autre part :

     

    "Je suis bien sûr fermement en faveur d'une égalité morale et dans la loi. Mais ce n'est pas la même chose que de dire que tous les humains sont identiques. Cela ne devrait pas être un sujet problématique."

     

    *

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    Le 13/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • L'Esprit cosmique est Roua'h, le Souffle : "(…) et un Souffle des Puissances [est] palpitations au-dessus de l'Eau" (Gen.:1;2).
    • Ce Souffle est le vent qui gonfle toutes les voiles de ce qui vogue sur l'océan du Devenir. Il est le moteur universel, le désir d'Accomplissement global et général.
    • Global : pour le Tout du Réel.
    • Général : pour chaque fragment de Réel.
    • Cette bipolarité est essentielle : un rapport dialectique permanent et universel entre les parties et le Tout, entre local et global, entre accomplissement de soi et accomplissement autour de soi.
    • La Vie est cette dialectique même. Ou, plutôt, c'est cette dialectique qui constitue l'autre Âme universelle : la Néphèsh 'Hayym, l'Âme de Vie.
    • L'Âme cosmique (Roua'h) pousse tout ce qui existe par la dialectique entre son Passé et son Futur : c'est la voie de l'Accomplissement.
    • L'Âme de Vie (Néphèsh 'Hayym) façonne tout ce qui existe par la dialectique entre son Dedans et son Dehors : c'est la voie du Façonnage (Yètzirah).
    • Le Façonnage sert l'Accomplissement. L'Accomplissement sert le Façonnage. Dialectique permanente et générale.
    • Je deviens ce que je suis ; je suis ce que je deviens.
    • Dans chaque fragment de Réel, la rencontre entre l'Âme cosmique (Roua'h) et l'Âme de Vie (Néphèsh 'Hayym) induit une âme locale, l'âme personnelle (Nishamah), l'âme de la ,personne (de la per-sona : ce masque théâtral "au travers" (per) du quel "sonne" (sona) la voix de la Vie et de l'Esprit), cette âme personnelle qui meurt avec la personne qui la porte.
    • Le livre de la Genèse (2;7) dit : "Le Devenant des Puissances façonnera avec un humain, poussière hors de l'humus, et Il soufflera dans ses narines une âme (Nishamah) de Vie et l'humain adviendra pour l'Âme de Vie (Néphèsh 'Hayym)".
    • Ce verset est très clair avec ce "pour" : l'âme personnelle (Nishamah) est donnée à l'humain afin que celui-ci serve l'Âme de Vie (Néphèsh 'Hayym).
    • L'homme est au service de la Vie, et non l'inverse.
    • Plus loin, le livre de la Genèse continue sur la même idée (2;15) : "Et le Devenant des Puissances prendra avec l'humain et Il l'amènera dans le jardin d'Eden pour le servir et pour le préserver". L'humain a mission de servir et de préserver le jardin. Et pour pouvoir assurer cette mission, il a le droit de manger le fruit des arbres du jardin.
    • Mais les humains depuis des siècles, ont fait exactement le contraire : ils ont piller et saccager le jardin aux seules fins de satisfaire leurs caprices.

     

    *

     

    Ce que l'on appelle "justice sociale", c'est goinfrer des parasites sociaux sur le dos des pauvres qui travaillent vraiment.

     

    *

     

    Ma réponse à une certaine Geneviève Lebouteux qui sollicitait mon appui pour soutenir un Référendum d'Initiative Citoyenne contre la privatisation des Aéroports de Paris et, plus généralement, contre toutes les privatisations …

     

    "Madame.

    Vous êtes tout à côté du Réel.

    La démocratie, c'est la dictature des crétins, et tout ce qui peut être privatisé doit l'être : l'Etat est l'ennemi public n°1, incapable de gérer quoique ce soit, à force de carriérismes, de gabegies, d'idéologies toutes plus débiles les unes que les autres.

    Le référendum d'initiative populaire (comme toute forme de référendum), c'est l'anti-démocratie ; c'est permettre à quelques lobbies idéologiques de manipuler éhontément (ce que vous faites par le présent courriel) l'ignorance et l'inintelligence des masses ; c'est demander leur avis direct et décisionnaire à 85% de crétins qui ne comprennent rien à la réalité du monde réel et qui ne demandent  qu'une seule chose : "panem et circenses".

    La démocratie directe ne fonctionne qu'à l'échelle locale, pour des problèmes locaux à impacts à court terme (cfr. la Suisse).

    J'espère de tout cœur que votre projet échoue. C'est de la démence.

    Je suis un prospectiviste réputé. En ce qui concerne le trafic aérien, deux choses sont certaines : d'une part, il y aura de moins en moins de vols du fait du prix bientôt exponentiellement croissant des carburants et des matériaux d'avion et, d'autre part, les aéroports seront de plus en plus difficiles à gérer (ils seront déficitaires notamment du fait des raréfactions des vols et du fait des prochaines faillites en série des "low-cost" qui ne fonctionnent que par dumping et collusion avec les politiques) ; cette gestion des aéroports, de plus en plus ardue, les parasites fonctionnaires actuellement aux commandes sont radicalement incapables de l'assurer.

    Votre courriel relève d'une bien-pensance socialo-gauchiste obsolète, archaïque et délétère (comme le pseudo mouvement des "gilets jaunes" dont vous êtes, sans doute, solidaire). La France est au fond du trou économique et politique (malgré les efforts incompris de Mr. Macron) face à l'évolution réelle du monde, et vous continuez à creuser encore plus bas.

    La mondialisation s'est finie en désastre. Nous sommes à l'heure des continentalisations et de la concurrence entre continents. L'Europe doit devenir un continent et éliminer la notion archaïque d'Etat-Nation … sinon, nous continuerons d'être le champ de bataille passif et piétiné de la guerre économique entre les USA, la Chine et la Russie, et le terrain de jeu des salafistes du "continent" islamiste.

    Cessez, Madame. Vous n'avez rien compris. Le suicide est peut-être votre issue salutaire. Taisez-vous, de grâce.

    STOP !!!

     

    *

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    Le 14/09/2019

     

    La méditation shabbatique du jour … (Parashah Ky-Tètzè')

     

    • L'expression Qohèl YHWH revient à maintes reprises dans cette longue ParashahQohèl signifie "assemblée, communauté (qui se dit aussi 'Edah)" et provient du verbe QHL que traduit "rassembler". Ainsi Qohèl YHWH est "l'assemblée du Devenant" et désigne la Maison d'Israël. Cela confirme, une fois de plus, que, pour le Judaïsme originel, YHWH n'est aucunement un Dieu universel, mais seulement le Dieu tutélaire unique des Israélites. Ce Judaïsme n'était pas un monothéisme, mais une monolâtrie. Le monothéisme juif est une invention beaucoup plus récente et exogène à la tradition biblique. Dans la pensée juive contemporaine, YHWH est le "visage" de Dieu que "voit" le Judaïsme et qui lui est propre. Le Divin cosmique et, donc, universel, est l'Eyn-Sof (le Sans-Limite) dont YHWH n'est qu'un "visage", c'est-à-dire une manifestation et une révélation particulières et particularistes. YHWH n'est que le chemin juif qui mène à l'Eyn-Sof kabbalistique (symétriquement, Jésus-le-Christ n'est que le chemin chrétien qui mène au Dieu-le-Père mystique).
    • Le livre du Deutéronome dit (25;4) : "Tu ne musèleras pas un bœuf pendant son battage". Celui qui travaille, peut légitimement profiter de son travail.  Ou, autrement dit : tout travail mérite salaire. Cette condamnation sans équivoque de toute exploitation, fonde une relation d'équité entre celui qui fait le travail (symbolisé par le bœuf) et celui qui bénéficie du travail (le propriétaire du blé qui est battu par le bœuf).
    • Ce principe d'équité est répété plus loin en toute généralité (Deut.:26;16) : "Car le Devenant de tes Puissances abomine tout acte 'élèh et tout acte 'âvèl". Ces deux mots-clés, ici, fondent toute la notion d'équité. Le premier,'élèh, signifie "serment" ; le second,'âvèl, signifie  "injustice". Ce verset laisse dubitatif et son sens paraît paradoxal. On devrait traduire : "Et le Devenant de tes Puissances abomine tout acte juré et tout acte injuste". Mais qu'est un "acte juré" ? Qu'est un "acte injuste" ? Le contexte du verset (Deut.:25;13-15) parle des faux poids (les "pierres") et mesures (les "éphas"), donc de la justesse des pesées et des capacités. La racine ALH pointe vers le fait de jurer, de prêter serment, de maudire, mais aussi vers le fait de diviniser ou de se lamenter : tout ces sens convergent vers l'idée d'idolâtrie qui est une divinisation, une sacralisation de la fausseté (symbolisée par les "pierres" des statues). La racine OWL pointe, bien plus simplement, vers le fait de nuire, de faire du tort. Le sens le plus probable, alors, est : "Car le Devenant de tes Puissances abomine tout acte d'idolâtrie (en rapport avec la non justesse des pesées, donc des croyances) et tout acte de nuisance (en rapport avec la non-justesse des capacités, dans les deux sens de ce mot : volume et faculté)".

     

    *

     

    De ma copine Julia de Funès :

     

    "Alors que les ouvrages d’épanouissement personnel envahissent les rayons des librairies et que les coachs en tout genre promettent bonheur, réussite et joie à des prix records, Julia de Funès dénonce l’arnaque de la psychologie positive dans un petit essai incisif. 'Développement (im)personnel' est aussi, plus largement, une réflexion sur le mal-être d’une civilisation dévorée par le culte du moi."

     

    Il est très clair qu'il y a une confusion totale entre religion (avec des prêtres, laïques ou pas) et spiritualité (toute intériorisée au service de ce qui nous dépasse),  entre psychologie (une imposture) et noologie (une science complexe), entre développement personnel (et son culte du moi) et accomplissement impersonnel (de la Vie et de l'Esprit à travers soi et autour de soi).

     

    *

    * *

     

    Le 15/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Le Zohar utilise l'expression "esprit d'impureté" pour désigner cette inclination toute humaine à fauter, et il enjoint de "chasser" et de "briser" cet esprit d'impureté qui vit et sévit au fond de chacun.
    • Cet esprit d'impureté est l'esprit de confusion qui fait se mélanger ce qui doit rester séparé.
    • La Torah, on l'a vu déjà, dresse une liste symbolique de ce qui ne peut pas être mélangé, de ce qui doit demeurer bien nettement distinct et séparé. Ainsi, elle condamne :
      • l'homme qui se travestit en femme (et réciproquement),
      • l'homosexualité (la féminité qui se mélange à la masculinité),
      • le bœuf et l'âne attelé sous le même joug,
      • le tissage ensemble de lin et de laine,
      • les mets alliant carné et lacté,
      • le pain pascal mêlant farine et levain,
      • la confusion entre Maison d'Israël et Nations,
      • la confusion entre le fidèle et l'idolâtre,
      • la confusion entre le sacré et le profane,
      • la confusion entre les lévites et les douze autres tribus,
      • la confusion entre le Kasher (l'adéquat) et le Tamé (l'inadéquat)
      •  etc …
    • En termes physiciens, on pourrait dire que la Torah - comme la Vie - nourrit l'Ordre (la néguentropie) et combat l'Uniformité (l'entropie). Toute la Torah fait œuvre d'ordonnance contre l'uniformisation, contre l'homogénéité ; elle cultive les différences ; elle est différencialiste.
    • La Torah est l'antithèse de toutes les formes d'égalitarisme. Dans le Réel, rien n'est égal, rien n'est le même, rien n'est identique, rien n'est permanent (égal à soi-même). L'égalité n'existe nulle part. Tout est différent, dans l'espace et dans le temps. Dire que A=B relève de la pure idéalisation et implique des simplifications coupables. Cette pomme-ci n'est en rien l'égale de cette pomme-là : elles ne sont que vaguement semblables, à première vue, si l'on n'y regarde pas de trop près et que l'on gomme les myriades de caractéristiques qui les distinguent évidemment.
    • L'égalité est une idéalisation simplificatrice qui vise à tuer les différences et à instaurer une uniformité létale (l'entropie, c'est la mort ; la néguentropie, c'est la vie).
    • Les humains ne sont pas égaux entre eux, ni en nature, ni en droit : la déclaration des droits de l'homme est construite sur un article premier qui est une erreur de fond. Quelle que soit l'axe que l'on regarde (la taille, l'âge, le poids, la force, l'intelligence, la sagesse, l'érudition, le talent, la mémoire, l'empathie, la sympathie, l'habilité, le courage, l'engagement, la volonté, etc …), tous les humains sont différents et, donc, ne sont pas égaux. Sur chacun de ces axes, ils se répartissent selon une gaussienne qui va des génies aux minables et passant par les médiocres. Sur chacun de ces axes, l'inégalité absolue règne.

     

    *

     

    Il est hallucinant de constater qu'au prétexte de recherche d'élégance mathématique et de beauté formelle, la plupart des physiciens théoriciens actuels soient continuellement en quête de "symétries", alors qu'au niveau le plus fondamental, le flèche du temps induit une asymétrie universelle et définitive à laquelle rien n'échappe.

    Dans le Réel, rien n'est symétrique. Oui, mais voilà : ce qui n'est pas symétrique, n'est pas mathématisable. D'où le dilemme actuel …

     

    *

     

    De Sabine Hossenfelder :

     

    "Tel qu'il est organisé aujourd'hui, le monde universitaire encourage les scientifiques à se joindre à des programmes de recherche déjà dominants et décourage quiconque aurait un regard critique sur son propre domaine. (…) Le contact avec la philosophie peut aider les physiciens à identifier quelles questions méritent d'être posées, mais actuellement, ce contact est très limité."

     

    Ma grande synthèse métaphysico-physicienne intitulée "La Complexité du Réel" (Ed. Chapitre.com) aura donc bien peu de succès … mais cela ne me décourage nullement.

     

    *

     

    L'insurrection parisiano-française (ne parlons plus de révolution) entre 1789 et 1792 fut essentiellement le fait d'avocaillons bourgeois, jeunes (entre 22 et 35 ans), férus de rousseauisme et de philosophisme. Elle a détruit la monarchie. Elle n'a rien construit car on ne construit jamais rien avec des amphigourismes, des galimatias, des grandiloquences, des bavardages et des verbiages. Marx en aura  aussi fait les frais, un peu plus tard.

    On sait, dans les deux cas (suivis par Lénine et Mao, Castro et Chavez, et tant d'autres), ce qui s'en suivit : terreur, totalitarisme,  violences, tortures, exécutions, impérialisme, effondrement, banqueroute, paupérisme, misère, …

    Encore aujourd'hui, un pénible avocaillon gueulard nommé Mélenchon voudrait en tâter aussi … Marine Le Pen, aussi, est juriste, certes médiocre, mais …

     

    *

     

    Aux Etats-Unis aussi, la plupart des présidents sortent des facultés de Droit !

    Ce doit être maladif.

    Le juridisme est une maladie mentale (comme le socialo-gauchisme) : l'illusion de pouvoir enrégimenter, réglementer et conformer des millions de gens à l'intérieur d'un même et unique moule textuel, éternellement trop étroit et toujours obsolète.

    Les codes juridique ou, si l'on préfère, le droit codifié sont des âneries.

     

    *

     

    Toute révolution fait déguerpir les élites et fait payer les peuples. Logique !

     

    *

     

    Une révolution n'est jamais populaire ; elle n'est jamais le fait des peuples qui n'ont que faire des idées et n'exigent qu'une panse pleine et des réjouissances triviales (panem et circenses) ; mais on la fait au nom des peuples. Presque toujours, elle est fomentée par de jeunes bourgeois hallucinés, en mal d'adrénaline, gavés de sales drogues idéalistes.

     

    *

     

    Il n'y a rien de pire, pour le peuple, qu'une révolution populaire.

     

    *

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    Le 16/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Le livre du Deutéronome dit (4;39) : "Et tu as connu aujourd'hui et tu as restitué vers ton cœur combien YHWH lui [est] les Elohim". Et autrement dit : "(…) combien le Devenant lui [est] les Puissances". Cette identification entre le Dieu tutélaire de la Maison d'Israël et l'ensemble des Puissances cosmiques est paradoxale et contradictoire avec le monisme polythéiste monolâtre qu'exprime la Torah. On peut tenter de traduire un peu différemment : "(…) combien le Devenant [est] lui-même [celui de] les Puissances" ; ce qui signifierait que la force d'intention qui fait évoluer Israël est la même que celle qui fait agir les Puissances cosmiques. Cela indique que l'histoire de la Maison d'Israël est le reflet de l'évolution cosmique, qu'elle en est partie intégrante et qu'elle se déroule en harmonie avec elle.
    • Un peu plus loin (6;5), le même livre dit : "Et tu aimeras avec YHWH de tes Elohim par tout ton cœur et par toute ton âme et par toute ta force". Ce "de tes Elohim" incite à penser que parmi les Puissances, il existerait des Puissances liées à YHWH et dédiées à l'accomplissement de la Maison d'Israël. Si l'on pense à l'Arbre de Vie, on peut penser qu'en accompagnement de YHWH, il devrait y avoir huit Elohim qui lui seraient attachés : ce seraient les huit Séphirot autres que YHWH qui est Kétèr (la "Couronne", tout en haut de l'Arbre de Vie) et que la Shékhinah qui est Malkout (le "Royaume", tout en bas de l'Arbre de Vie). Trois sur la colonne de gauche, trois sur la colonne de droite et deux sur la colonne du milieu.
    • Mais il faut aller bien plus loin que seulement connaître ces dix Elohim (dont YHWH et la Shékhinah) ; il faut les unir en une indéfectible Unité première dont chacun d'eux n'est qu'une Puissance, une manifestation, un avatar.

     

    *

     

    De Jacques Duchesneau :

     

    "Pendant la deuxième guerre mondiale, Adolf Eichmann a été le planificateur logistique de la 'solution finale'. Il a été le maître d’œuvre de l’industrialisation du processus visant à exterminer les Juifs d’Europe. Il n’en a peut-être pas été le créateur, ni même l’initiateur, mais en l’exécutant, il a rendu possible l’extermination massive des Juifs. Et le résultat, on le connaît, a été abominable. À son procès, Eichmann ne comprenait pas pourquoi on voulait le condamner pour ses actes. Il a argué : "Je ne peux pas être tenu pour responsable, car je ne vois pas pourquoi je serais puni pour avoir agi conformément aux ordres". Eichmann, comme l’a dit la philosophe Hannah Arendt, était un homme ordinaire. Mais il s’est distancé de tout motif ou conviction personnels. Il a fermé les yeux devant tout jugement moral. Bref, il n’a pas questionné les ordres. Pour que l’action soit humaine, et non mécanique, elle doit être réfléchie. L’éthique, ce n’est pas des mathématiques et des algorithmes. L’être humain n’est pas une machine sans conscience."

     

    L'obéissance est une fuite, une "servitude volontaire".

     

    *

     

    Le 17ème siècle est connu, en Europe, comme "le Siècle d'Or" : Francis Bacon, Hobbes, Descartes, Locke, (du côté des penseurs rationalistes) … Spinoza, Leibniz, Pascal, (du côté des penseurs spiritualistes) … Kepler, Galilée, Huygens, Newton, Fermat, (du côté des physiciens) …

    Chaque cycle paradigmatique connait son "siècle d'or" (le deuxième siècle du cycle, en fait).

    Ce fut le 12ème siècle pour la féodalité, le 6ème siècle pour la chrétienté, le 1er siècle pour la romanité et le 4ème siècle avant l'EV pour l'hellénité.

    Ce sera le 22ème siècle pour le paradigme qui commencera bientôt.

     

    *

     

    Est hallucinante, aujourd'hui, cette incroyable imposture consistant à faire croire que pour vivre bien, il est vital de communiquer. C'est simplement absurde. La vraie vie n'est pas dans l'extériorité et la socialité, mais dans l'intériorité et l'intimité.

    Moins tu communiques, plus tu as la Paix !

     

    *

     

    L'IA tend à abolir la sérendipité, c'est-à-dire l'émergence naturelle de l'inattendu, parfois génial. Il s'agit d'éliminer tout ce que ne prévoit pas le modèle (l'algorithme)

     

    *

     

    Le lien entre l'IA et la philosophie analytique est colossal. Le mythe de l'un (la logicisation de la philosophie) et le mythe de l'autre (le philosophisme de l'algorithmisation) sont aussi ridicules l'un que l'autre (mais qu'attendre de mieux de deux surgeons de l'inculture utilitariste américaine).

     

    *

     

    De Gaspard Kœnig :

     

    ""Libéral, je défends l'idée d'un individu autonome, libre de ses choix et responsables de ses actions (…)"

     

    Je défends la même idée … mais je remplace "individu" par "personne".

     

    *

     

    En référence au merveilleux film "Matrix", je résume ma position : j'ai choisi la "pilule rouge" ; je refuse catégoriquement d'entrer dans la Matrice ; je veux rester vivre à Sion. ; je suis un émule de Morphéus. ; je navigue dans le Nebuchadnezzar ; je combats les "programmes-virus" vêtus de noir et armés de lunettes solaires.

     

    *

     

    Puisqu'il n'y a plus de vision pour demain, il n'y a plus de respect pour hier.

    S'il n'y a plus d'avenir, il n'y a plus de passé.

    S'il n'y a plus de projet, il n'y a plus de patrimoine.

    Si le temps n'est pas orienté, il s'effondrerait dans l'instant fugace.

     

    *

     

    Tout le monde a le droit d'avoir tort.

    Et moi, j'ai le droit de croire que j'ai raison.

    Qui a dit que le tolérance était mièvre ?

     

    *

     

    L'IA est incapable de conceptualiser ou de définir abstraitement un objet. Pour reconnaitre un "chat", il faut faire ingurgiter, au système de "machine learning", des millions de photos de chat (encodées par un lumpenprolétariat du numérique rémunéré à 2 $ de l'heure) ; ce système est doté d'un algorithme de reconnaissance qui va  finir par se doter, statistiquement, de règles de reconnaissance de l'objet "chat".

    Il faut bien comprendre que le plus sophistiqué des système IA est incapable de la moindre abstraction alors qu'un enfant de quatre ans, à qui l'on montre un chat, reconnaîtra, au premier regard, presque tous les chats de la terre.

     

    *

     

    L'IA est une illusion !

    Aussi trompeuse soit-elle, une illusion reste une illusion.

    Une simulation simule, elle ne réalise rien.

     

    *

     

    Au fond, le philosophe authentique est celui qui détruit toutes les illusions.

    Au fond, le Judaïsme ne dit pas autre chose lorsqu'il veut extirper toutes les idolâtries.

     

    *

    * *

     

    Le 17/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Le couple Kashèr et Tham'é forme une bipolarité fondamentale dans l'éthique toraïque et, partant, dans l'éthique juive. Le sens de Tham'é est clairement "impur" ou "immonde". Quant à Kashèr, il n'a pas le sens contraire de "pur", mais plutôt celui de "apte", "convenable", "adéquat" ou "réussi". Il y a comme une dissymétrie entre les deux pôles du dipôle : d'un côté, l'abjection la plus radicale (ce qui ne va pas du tout) et, de l'autre, le convenable (ce qui peut aller).
    • Cette dissymétrie semble sous-entendre qu'il n'y a rien de convenable dans l'abject, mais que le convenable garde toujours une trace d'abject. La pureté est inaccessible ; l'impureté est toujours présente en tout.
    • Si l'on veut bien rapprocher la bipolarité du Kashèr et du Tham'é, de la notion cruciale d'accomplissement de l'Alliance qui est le fondement de toute l'éthique biblique, est Tham'é ce qui désaccomplit, ne serait-ce que d'un iota, alors qu'est Kashèr ce qui peut, peut-être, favoriser un pas d'accomplissement. La dissymétrie persiste et s'éclaire. D'un côté la radicale réalité de la négativité, de l'autre la potentialité d'une positivité.
    • Le Mal est réel, mais le Bien n'est que possible.
    • L'esprit de Rigueur (la colonne de gauche de l'Arbre de Vie) est la réponse à l'esprit d'Impureté : aucune pitié pour lui. Contre l'esprit d'Impureté se dressent l'esprit de Discernement (qui sépare le Kashèr du Tham'é), l'esprit de Vitalité (qui contrecarre la mort) et l'esprit de Splendeur (qui contrecarre la salissure).
    • L'esprit de Miséricorde (la colonne de droite de l'Arbre de Vie) est la réponse à l'esprit d'Adéquation : toutes les faveurs pour lui. Pour l'esprit d'Adéquation se dressent l'esprit de Sagesse (qui valorise), l'esprit de Bonté (qui donne) et l'esprit de Gloire (qui illumine).
    • Mais la réalité de l'accomplissement se déroule sur la colonne du Milieu, sur le chemin qui monte et qui passe, pas à pas, du Royaume (la claire conscience que le Réel ne se réduit pas aux apparences du monde profane), au Fondement (la claire conscience que tout ce qui existe est au service de l'Accomplissement), puis à la Beauté (la claire conscience que tout ce qui existe est harmonieusement cohérent et unitaire), puis à la Couronne (la claire conscience que la Gnose est le seuil de la porte qui s'ouvre vers le Sans-Limite).
    • Combattre le Tham'é en se nourrissant des trois esprits de la colonne de Rigueur n'est pas suffisant car, pour monter dans la colonne du Milieu, il faut aussi se nourrir des trois esprit de la colonne de Miséricorde qui favorise la Kashèr.
    • Le Zohar met en relation étroite l'esprit d'Impureté et la Lèpre (Tzara'at) dont la Torah parle à plusieurs reprises (lèpre des peaux, lèpre des mains, lèpre des maisons, etc …). L'image est saisissante. L'Impureté se propage comme la Lèpre ; elle est contagieuse ; elle ronge de proche en proche, comme un cancer spirituel rongerait les âmes.
    • L'esprit de Rigueur (Emerveillement, Vitalité, Discernement), est l'antidote à cette Lèpre spirituelle.

     

    *

     

    Le fait de constater objectivement des différences nettes et mesurables statistiquement entre races, sexes, personnes, cultures, religions est une chose.

    Le racisme (ou sexisme, etc ...) en est une autre. Le racisme ne commence pas avec le constat des différences, mais avec l'exploitation négative éhontée de ces différences.

     

    *

     

    L'article 2 du traité de l'Union européenne définit des valeurs communes :

     

    "L'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'État de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l'égalité entre les femmes et les hommes."

     

    Bref : du pur philosophisme kantien …

     

    *

     

    De Raymond Aron :

     

    "C'est pour protéger leurs libertés, celle des personnes et celles de l'esprit, que les Européens ont décidé de s'unir. Toute victoire de la liberté est une victoire pour l'Europe."

     

    *

     

    L'IA simule et simulera toujours mieux tous les affects qu'un humain faible d'esprit, égotique et incapable d'accepter et d'assumer le Réel, peut désirer.

    Le dernier des minables pourra s'y "taper" toutes les pinups de ses rêves, y accumuler des "amis" en pagaille, s'y encanailler à tout-va, y vivre des aventures hallucinantes en 3D, y trouver le réconfort patient et "positif" d'un chatbot qui le "connait" si bien, etc …

    Le virtuel est et sera toujours plus une porte de fuite en avant pour les médiocres en tous genres.

    C'est le nouveau "circenses".

    Un médiocre déteste le Réel puisque le Réel lui réfléchit crûment sa propre médiocrité et il y a 85% de médiocres dans l'humanité. Tant qu'ils auront les moyens de se la payer, ils s'installeront durablement et profondément dans "la Matrice". Cela libère le monde réel pour les 15% capables de refuser cette "Matrice" de la simulation et de la virtualisation.

    Il y a aura - il y a déjà - deux mondes : le monde simulé et le monde réel. Le monde simulé, puisqu'il satisfait les médiocres inadaptés au monde réel, est appelé à un énorme succès de masse (cela a commencé, il y a longtemps, avec les spectacles, le théâtre, les romans, les contes, le cinéma, la télévision, etc …).

    L'addiction au virtuel est bien moins chère et au moins aussi efficace que l'addiction aux drogues chimiques "d'évasion" et de "paradis artificiels".

    Mais ces nouveaux "paradis artificiels" pour cinq ou six milliards de médiocres humains inadaptés au Réel, sont-ils finançables ? L'humanité dispose-t-elle des ressources matérielles et énergétiques nécessaires pour faire vivre cette "Matrice" artificielle ?

    Cette "Matrice" du virtuel et de la simulation artificielle, sera, sans doute, la version de demain de l'évergétisme.

    Le problème est : comment faire produire, par cette populace de zombies lobotomisés, les denrées nécessaires à leur propre survie physiologique ?

     

    *

     

    Il faut faire cesser les illusions et les mensonges : l'histoire de l'humanité, de la culture, de la spiritualité, de l'intelligence, de la science, etc … repose sur les épaules de 15% des humains. Le reste en est toujours à l'âge de Cro-Magnon.

    Le gros de l'humanité ne progresse pas ; il suit de loin - de très loin - une petite élite qui s'invente une histoire dont les zombies acéphales ne comprennent rien sauf ceci : panem et circenses.

     

    *

     

    Il y a les masses qui ne demandent que le "panem et circenses".

    Il y a l'élite aristocratique qui invente et construit la culture, la spiritualité, l'intelligence, la science, etc …, totalement dédiée à la Vie et à l'Esprit.

    Et il y a l'élite démagogique qui tend à manipuler les masses à son profit ; c'est elle l'obstacle majeur à l'instauration d'un évergétisme qui simplifierait tout et satisferait tout le monde, car elle recherche frénétiquement et éhontément la fortune, la gloire et le pouvoir qui sont trois "valeurs" honnies par l'élite aristocratique.

     

    *

     

    Avec la déculturation et la désintellectualisation généralisées, le marché des émotions a de beaux jours devant lui.

    Toute l'industrie algorithmique ne vise plus qu'à simuler ou stimuler des émotions.

     

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    Le 18/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Le Zohar dit : d'abord la Louange, ensuite l'Oraison.
    • Cette prescription zoharique concernant la prière cache un exercice spirituel bien précis et précieux.
    • L'Oraison est un exercice anagogique de l'âme qui monte, le long de la colonne du Milieu, c'est-à-dire, comme déjà dit,
      • du Royaume (la claire conscience que le Réel ne se réduit pas aux apparences du monde profane),
      • au Fondement (la claire conscience que tout ce qui existe est au service de l'Accomplissement),
      • puis à la Beauté (la claire conscience que tout ce qui existe est harmonieusement cohérent et unitaire),
      • puis à la Couronne (la claire conscience que la Gnose est le seuil de la porte qui s'ouvre vers le Sans-Limite).
    • Mais il faut que, pour qu'elle soit efficace, l'Oraison soit précédée par la Louange c'est-à-dire par l'ouverture de l'âme, par la contemplation, par l'émerveillement face au Réel divin et à ses manifestations.
    • Le Zohar précise qu'il faut "ordonnancer sa Louange" c'est-à-dire l'organiser, y mettre de l'ordre.
    • La Louange est aussi un exercice spirituel à part entière : exprimer reconnaissance et gratitude pour le monde, pour la vie, pour l'esprit, pour l'Alliance qui donne sens à tout ce qui existe.
    • Le Zohar parle de 'AT'OR ('It'ar), le "Lieu" qui est assimilé à un "Eveil". La métaphore pourrait être celle de l'éveil par enracinement, ici et maintenant, dans le Réel. Devenir réel dans le Réel et, ainsi, échapper aux apparences et illusions du monde profane.
    • Le Zohar parle d'ailleurs du "Lieu où la Lampe doit être allumée et s'allume". Le Lieu de la Lumière. Le Lieu de l'illuminescence. Le Lieu de l'illumination.
    • Le Zohar distingue nettement le Lieu d'en-bas et le Lieu d'en haut, en référence à la grande déchirure du deuxième jour de la Genèse qui fit se séparer "l'Eau qui est au-dessous de l'espace" et l'Eau qui est au-dessus de l'espace".
    • La distinction entre le Lieu d'en-haut et le lieu d'en-bas, n'est en rien une dualité, mais bien une bipolarité entre l'humain et le Divin, entre la partie et le Tout, entre la vague et l'Océan, etc …
    • Le Zohar, comme les Tables d'Emeraude d'Hermès Trismégiste, établit une correspondance et une reliance entre le Lieu d'en-haut et le Lieu d'en-bas. "Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas …".

     

    *

     

    Quant à la génétique et à l'épigénétique, une fois de plus, les "experts" biologistes qui sont totalement (et définitivement, je le crois) incapables d'engendrer la moindre cellule procaryote à partir de molécules chimiques, jouent aux apprentis-sorciers mécanicistes dans l'Univers de la Vie dont ils ne comprennent pas la logique constructiviste, holistique et téléologique.

    La Vie n'est pas une mécanique moléculaire qui la sous-tend.

    L'ADN n'est pas le "programme" de construction d'un organisme, seulement l'usine à fabriquer les protéines dont il a besoin (et, bien sûr, si l'usine est mauvaise, les briques de l'édifice seront mauvaises).

     

    *

     

    Qui ne peut pas le moins, ne peut certainement pas le plus.

     

    *

     

    Qu'est-ce qu'un apprenti-sorcier ? Un "expert" qui, maîtrisant à peine les plus bas niveaux de complexité, se croit autorisé à tripatouiller les plus hauts.

     

    *

     

    Les Chinois croient, dur comme fer, à la future créativité de l'IA parce que, pour eux, depuis toujours, "créer", c'est imiter et copier.

     

    *

     

    L'IA dite "forte" est une vaste fumisterie. Les ordinateurs et leurs logiciels algorithmiques  sont des gadgets mécaniques, déterministes et programmatiques donc séquentiels et linéaires. Rien dans l'univers réel n'obéit à cette logique simpliste.

     

    *

     

    L'idée d'une machine "consciente" est des plus farfelues. Pour qu'il y ait conscience, il faut qu'il existe un champ actif de confrontation entre les quatre autres dimensions de l'activité "mentale". :

    1. la mémoire analytique (reconnaissance de données) y est, mais la mémoire holistique (reconnaissance de structures globales) n'y est pas,
    2. la sensibilité analytique (la captation de données) y est mais la sensibilité holistique n'y est pas (l'intuition),
    3. l'intelligence procédurale (les programmes et algorithmes séquentiels) y est, mais les intelligences créatives (analogique et anagogique) n'y sont pas,
    4. quant à l'essentiel : l'intention, la volonté, la quête du sens et de la valeur, la quête de la joie, elles n'y seront jamais.

    Donc, en fait, la simulation d'une "pseudo-infra-conscience" par une machine, même hypersophistiquée, se limitera toujours à une confrontation, sans dimension intentionnelle profonde, d'une mémoire et d'une sensitivité analytiques avec des procédures algorithmiques très mécaniques. Un ver de terre ou une pâquerette feront toujours mieux parce que portés, tous deux, par la force et le sens de la Vie qui les dépasse et dont ils procèdent.

    Le robot, lui, ne procède de rien qui le dépasse, hors l'orgueil infantile humain.

     

    *

     

    L'IA forte est une chimère.

    L'IA faible est suffisante pour créer la "Matrice" où se vautreront les masses.

     

    *

     

    La "Somme théologique" de Thomas d'Aquin …

    Tout y est logique. Tout y est faux.

    Lui-même a fini par s'en rendre compte et … a tout arrêté.

    Il en va de même pour le modèle standard cosmologique et le modèle standard des particules : tout y est mathématiquement sophistiqué, mais tout y est artificiel et abracadabrantesque.

     

    *

     

    Le problème de l'IA (et des contempteurs du QI et des disparités raciales, ethniques, religieuses et culturelles que l'on y constate clairement) vient de la non-définition de la notion d'intelligence.

    Pour l'IA, l'intelligence est une capacité de calcul. Pour le QI, l'intelligence est une capacité logique. Pour moi, l'intelligence est la capacité de construire, de tester et de valider des structures globales cohérentes de reliance entre noèmes.

     

    *

     

    De Gaspard Kœnig :

     

    "Le déploiement d'une intelligence exceptionnellement puissante au service d'une finalité qu'elle ne comprend pas, est voué à la catastrophe."

     

    L'intelligence humaine est une habileté mentale au service d'une meilleure survie dans un monde complexe, flou et totalement intriqué. Ces trois notions ne sont pas accessibles à l'IA qui ne comprend que le mécanique, le quantifiable et l'analytique.

     

    *

     

    La complexité n'est jamais "calculable".

    La complexité n'est jamais "mathématisable".

    La complexité n'est jamais "algorithmisable".

    Donc, le Réel n'est ni calculable, ni mathématisable, ni algorithmisable.

     

    *

     

    L'IA est une puissance d'optimisation. Mais il n'y a optimisation d'un trajet que par rapport à un projet que l'on doit prédéfinir. Or, l'IA est ontiquement incapable de définir quelque projet que ce soit.

     

    *

     

    Toujours se rappeler qu'il ne peut exister de noologie sans biologie (de mental sans corps, de culture sans nature). L'Esprit est un produit de la Vie, au service de la Vie. Une machine, un robot, un ordinateur n'appartiennent qu'au rudimentaire univers de la Matière, totalement étranger et radicalement inférieur aux univers de la Vie et de l'Esprit.

     

    *

    * *

     

    Le 19/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Le Zohar pose deux questions parallèles … Pourquoi Canaan, la Terre promise à Israël, a-t-elle été "souillée" par d'autres peuples auparavant ? Pourquoi Bethsabée, la Femme promise à David, a-t-elle été "souillée" par un autre mari auparavant ?
    • Ces deux questions tournent autour du thème de la "virginité".
    • Et de la question du rapport entre "virginité" et "pureté".
    • Toutes les traditions monothéistes insistent sur la très nécessaire "virginité" de toute femme qui prend premier mari.
    • La première cause de cette insistance est la crainte que la jeune épousée soit déjà mère ou enceinte des œuvres d'un autre homme.
    • La seconde cause de cette insistance est plus symbolique et donc spirituellement plus intéressante : elle fait de la "virginité" l'antithèse absolue de la "prostitution". En réclamant la "virginité", c'est la "prostitution" que l'on conspue.
    • Et la "prostitution" est symboliquement très liée, dans la Bible, avec l'idolâtrie … ce qui est un fait historiquement attesté avec les hétaïres et prostituées sacrées dans les temples de nombre de polythéismes tant grecs et romains qu'orientaux.
    • C'est sans doute la notion de "fidélité" qui est au centre de ce dipôle entre "virginité" et "prostitution" : fidélité à soi-même et fidélité à l'Aimé. Rester fidèle au pacte d'Alliance entre YHWH et la Maison d'Israël, est le cœur palpitant de la tradition spirituelle juive ; rester fidèle à l'Accomplissement de cette Alliance. Ne dit-on pas d'un authentique pratiquant d'une ascèse spirituelle ou religieuse qu'il est un "fidèle", alors que le mécréant ou l'idolâtre est désigné comme "infidèle" ?

     

    *

     

    Bergson définit ainsi l'humour : "Du mécanique plaqué sur du vivant".

    Le choc du rigide et du souple, du déterminé et du contingent, de la programmation et de l'improvisation.

     

    *

     

    Le problème de fond n'est ni la robotisation ni l'algorithmisation, en soi, de certaines tâches ou fonctions ; le problème de fond est la conséquence des myriades d'applications de ces techniques, qui ne visent que des fonctions ludiques ou inutiles ou relationnelles (comme les "réseaux sociaux", WhatsApp, etc …)  ; ces applications stériles - les plus faciles à imaginer et à commercialiser - pollue totalement l'univers numérique, par elles-mêmes, d'abord, et, ensuite, par la publicité qui les financent.

    Il suffirait d'interdire la publicité sur la Toile pour que celle-ci s'assainisse illico. Et renversons la proposition : tout ce qui est financé par la publicité est nocif et devrait être éliminé de nos appareils.

     

    *

     

    La théorie marxiste prétend que la capitalisme tend à remplacer le travail humain par du travail mécanique (Marx appelle cela "l'accumulation de capital", c'est-à-dire d'actifs bilantaires au détriment de la ressource humaine ; ce processus "inéluctable" mènerait le prolétariat au chômage et à la misère et, par suite, à la révolution).

    Toute l'histoire économique a démontré le contraire ; toute technologie accapare certains emplois (les moins intéressants, les plus dangereux, les plus pénibles) et suscite l'émergence de nouveaux emplois inédits en plus grand nombre. C'est l'idée de la "destruction créative" de Schumpeter, basée sur la "théorie de l'offre" de Jean-Baptiste Say.

    La réalité de l'histoire économique a donné totalement tort aux fantasmes idéologiques et idéalisants de Marx ; il est temps jeté celui-ci dans les oubliettes de la pensée.

     

    *

     

    La "vertigineuse montée de la puissance dévastatrice de l'IA" relève du complotisme (donc du fantasme). Les vrais résultats réels de l'IA sont très minimes (en gros la manipulation des gogos) et sur des domaines finalement assez restreints et triviaux.

     

    *

     

    L'IA est définitivement exclue des fonctions nécessitant une perception holistique (sensibilité), une évaluation holistique (intelligence), une reconnaissance holistique (mémoire), une intention holistique (volonté) ou une confrontation holistique (conscience).

    Le contraire d'algorithmique est holistique..

     

    *

     

    De Gaspard Kœnig :

     

    "la menace n'est pas tant le surgissement de l'IA dans le monde réel que la transformation du monde réel pour accommoder l'IA."

     

    On met là le doigt sur le vraie question : la tentation de beaucoup est sans doute de faire entrer de force la complexité et la richesse du monde réel, dans les moules simplistes et étroits d'algorithmes ontiquement incapables de "comprendre", d'accepter et d'assumer cette complexité et cette richesse réelles.

    Alors, l'IA sera le plus grand processus cataclysmiques jamais inventer pour affaiblir et appauvrir le Réel.

     

    *

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    Le 20/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Les deux Lumières.
    • La première Lumière mystique du premier jour (Gen.:1;3) : "Et il dira : 'Puissances, une Lumière adviendra' … et une Lumière adviendra".
    • La seconde lumière : les lumières physiques du quatrième jour (Gen.:1;14-17) : "Et il dira : 'Puissances, il adviendra des luminaires dans l'espace du ciel pour la séparation entre me jour et entre la nuit, et ils adviendront pour signes, pour saisons, pour jours et années. Et ils adviendront pour luminaires dans l'espace du ciel pour éclairer sur la Terre' et il adviendra ainsi. Et il fera des Puissances avec les deux grands luminaires : avec le grand luminaire pour la gouvernance du jour, et avec le petit luminaire pour la gouvernance de la nuit, et avec les étoiles. Et il donnera avec elles des Puissances dans l'espace du ciel pour éclairer sur la Terre".
    • La première Lumière est intemporelle. La Kabbale l'appelle 'Or-Eyn-Sof : la "Lumière (du) Sans-Limite". C'est la Lumière de l'âme.
    • La seconde lumière, tout au contraire, scande le temps, le marque, le crée. C'est la lumière des yeux.
    • A nouveau, on peut parler de la Lumière d'en-haut et des lumières d'en-bas.
    • A nouveau cette bipolarité biblique omniprésente pointe du doigt entre l'humain et le Divin, entre la partie et le Tout, entre la vague et l'Océan, entre le profane et le Sacré, entre les nations et la Maison d'Israël, entre les douze tribus et les Lévites, entre les six jours ouvrés et le Shabbat, etc …
    • Elle pointe aussi vers les deux Tables de la Loi : celle du service divin (l'affirmation de l'Unité, l'interdiction de l'idolâtrie, la sainteté du Nom, la sacralité du Shabbat et le respect des Généalogies) et celle de l'ordre humain (l'interdiction du meurtre, de l'adultère, du vol, du mensonge et de la convoitise).
    • Elle pointe encore vers le sens exotérique (rabbinique) et ésotérique (kabbalistique) de la Torah qui est le "parcours" vers le Divin.
    • Elle pointe ensuite vers les deux grands livres que le Divin révèle, à chaque instant, aux hommes initiés : le Livre de la Loi révélé par la première Lumière, c'elle de l'âme qui contemple, et le Livre de la Nature révélé par les secondes lumières, celles des yeux qui observent.
    • Elle pointe enfin vers les deux Arbres du jardin d'Eden : l'Arbre de la Vie qui était au milieu du jardin, et l'Arbre de la Gnose qui était ailleurs.

     

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    Le 21/09/2019

     

    Méditation shabbatique … Parashah Ki Tav'o (Deut.:26;1 - 29;8) …

     

    • Le livre du Deutéronome (26:1) dit : "(…) le territoire (ha-'Erètz) dont l'Advenant de tes Puissances te donna propriété (…)". C'est la Terre promise … Mais où est-il ce territoire ? Quelle en est la nature ? Est-ce un terrain géographique ou un domaine spirituel ? Peut-être est-ce un territoire physique d'où émergera un domaine spirituel …
    • La Terre promise, quoiqu'il en soit, est le territoire du Sacré ; et le Sacré est le chemin vers le Divin. Ainsi, la Terre promise est un chemin vers le Divin, quelle qu'en soit la nature.
    • Il y a grande analogie symbolique entre la Terre promise toraïque, le jardin d'Eden biblique, le Temple maçonnique (dont les deux colonnes rappellent les deux Arbres, celui de la Vie et celui de la Connaissance, dans le jardin d'Eden) et le Verger (PaRDès) mystique et kabbalistique.
    • Et plus loin  (Deut.:26;9) : "(…) un domaine ruisselant de lait ('Halav) et de miel (Dvash)". Le "lait" (guématrie 40 donc 4, "matérialité") symbolise la nourriture de Vie et le "miel" (guématrie 306, donc 9 : "accomplissement") symbolise la douceur, la paix, la nourriture de l'Esprit.
    • Et plus loin (Deut.:26;14) : "(…) YHWH mon Dieu, j'ai agi comme tout ce que tu m'as ordonné". La conformité entre l'action humaine et l'ordonnancement divin est l'axe central de toute l'éthique juive. L'homme est libre, mais il ne prend sens et valeur qu'au service du dessein divin qui est d'accomplir ce qui doit l'être. Le Réel est en construction. L'homme est un œuvrier sur ce chantier cosmique, à son échelle, selon ses talents et ses forces. L'homme est un servant du Devenir : il ne peut s'accomplir - et connaître la Joie - qu'en accomplissant ce qui est au-delà de lui, ce qui le dépasse. L'homme est trop petit pour être sa propre fin, sa propre mesure.
    • Le chapitre 27 commence par instituer un rite étonnant pour consacrer l'entrée dans la Terre promise : deux grandes pierres levées, enduites de chaux sur lesquelles seront retranscrites les dix Paroles et un autel de "pierre intactes (brutes) que fer n'aura pas touchées" pour les holocaustes. Les cinq Règles verticale envers le Divin (Unicité, abomination de l'idolâtrie, sainteté du Nom, consécration du Shabbat, respect des Généalogies) , les cinq Règles horizontale entre les hommes ( interdiction du meurtre, de l'adultère, du vol, du mensonge et de la convoitise) et l'Autel des sacrifices, constituent la base triangulaire de toute la Torah.
    • Viennent ensuite (Deut.:27;15-26) les douze malédictions que prononcent les Lévites à l'endroit des douze tribus :
      • Maudit soit l'homme qui fait une image taillée ou une image en fonte, abomination de l'Éternel, œuvre des mains d'un artisan, et qui la place dans un lieu secret. - Et tout le peuple répondra, et dira: Amen !
      •  Maudit soit celui qui méprise son père et sa mère. -Et tout le peuple dira: Amen !
      •  Maudit soit celui qui déplace les bornes de son prochain! -Et tout le peuple dira: Amen !
      •  Maudit soit celui qui fait égarer un aveugle dans le chemin. -Et tout le peuple dira: Amen !
      •  Maudit soit celui qui porte atteinte au droit de l'étranger, de l'orphelin et de la veuve. -Et tout le peuple dira: Amen !
      •  Maudit soit celui qui couche avec la femme de son père, car il soulève la couverture de son père! -Et tout le peuple dira: Amen!
      •  Maudit soit celui qui couche avec une bête quelconque. -Et tout le peuple dira: Amen !
      •  Maudit soit celui qui couche avec sa sœur, fille de son père ou fille de sa mère. -Et tout le peuple dira: Amen !
      •  Maudit soit celui qui couche avec sa belle-mère. -Et tout le peuple dira: Amen !
      •  Maudit soit celui qui frappe son prochain en secret. -Et tout le peuple dira: Amen !
      •  Maudit soit celui qui reçoit un présent pour répandre le sang de l'innocent. -Et tout le peuple dira: Amen !
      •  Maudit soit celui qui n'accomplit pas les paroles de cette loi, et qui ne les met point en pratique. -Et tout le peuple dira: Amen !
    • On trouve, dans ces douze malédictions, cinq groupes : l'abomination de l'idolâtrie (1), le respect de la propriété (1), le respect des faibles (2), le respect des généalogies (5) et le culte de la rectitude (3).
    • Le livre dit encore (Deut.:28;58) : "Si tu ne gardes pas pour agir avec toutes les paroles de cette Torah écrites dans ce livre pour craindre avec ce Nom fameux (NKBD) et terrible (NWR'A), [c'est-à-dire] avec le Devenant de tes Puissances" … tu mériteras tous les malheurs du monde dont le plus terrible est (Deut.:28;66) :"(…) et tu ne croiras pas en ta vie". Ne pas croire en sa propre vie … Ne plus croire en la Vie … Et gémir (Deut.:28;67) : "Et au matin tu diras : 'Qui donnera un soir ?' et au soir tu diras : 'Qui donnera un matin ?' (…)". Désespérance absolue …
    • Le livre dit aussi (Deut.:29;3) : "Et YHWH ne vous a pas donné un cœur pour connaître et des yeux pour voir et des oreilles pour entendre jusqu'à ce jour". Quel est ce jour ? Celui de la révélation du pacte d'Alliance qui inaugure le chemin initiatique vers la Connaissance, vers la Lucidité et vers l'Entendement. "(…) que vous connaissiez combien Moi, [je suis] le Devenant de vos Puissances".
    • Et enfin (Deut.:29;8) : "Et gardez avec les paroles de cette Alliance et agissez avec elles afin que vous intelligiez avec tout ce que vous agirez". Intelliger (ShKYL) : faire montre d'intelligence et de raison (ShKL). L'Alliance est pure rationalité puisqu'elle donne une "raison" d'exister à tout ce qui existe et une "raison" d'arriver à tout ce qui arrive. Elle donne donc sens et valeur à tout le Réel, c'est-à-dire à la Matière, à la Vie et à l'Esprit.

     

    *

     

    Le Royaume-Uni est, en fait, cinq pays : d'un côté, l'Ecosse, l'Irlande du Nord, le Pays de Galles et Londres qui appartiennent à l'Euroland … et, de l'autre, le reste de l'Angleterre qui aurait aimé appartenir à l'Angloland, donc devenir vassal des Etats-Unis.

    Ce reste d'Angleterre est vieux, anémique, retraité, anéconomique … et rumine ses ressentiments eurosceptiques et ses nostalgies d'Empire.

     

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    De mon ami Jean-Yves Leloup :

     

    "Mais qu'est-ce que l'idolâtrie,

    sinon prendre une représentation du Réel

    pour le Réel lui-même ?"

     

    Toute idéologie est une idolâtrie.

    Tout idéalisme est une idolâtrie.

    Tout idéal est une idolâtrie.

    Tous ces mots, venus de la même racine grecque, sont synonymes.

    Le Réel. Tout le Réel. Rien que le Réel.

     

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    "Je deviendrai ce que je deviendrai" (Ex.:3;14).

    Je ne connais aucune meilleure définition du Réel que celle-là.

     

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    Le Réel est la Matière, la Vie et l'Esprit qui le manifestent. Il est le Tout-Un.

    Tout ce qui existe n'est que tressaillement passager à la surface du Réel.

     

    *

     

    Le Réel est la source ultime de toutes les apparences.

     

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    Je ne sais pas ce que sont le Bien et le Mal ; je sais seulement ce qui devient ou peut devenir meilleur et ce qui devient ou peut devenir pire.

     

    *

     

    De Jean-Yves Leloup :

     

    "(…) un être en paix avec lui-même a peu de chances

    d'être en guerre avec les autres."

     

    Mais ces autres, qui ne sont pas en paix, peuvent lui faire la guerre …

    Il faudrait reformuler : "un être en paix avec lui-même a peu de chances d'attaquer les autres". Mais s'il est attaqué, il est en droit de se défendre le plus efficacement.

     

    *

     

    Les trois étapes de toute initiation, la Libération de l'Apprenti (la Lumière), la Révélation du Compagnon (la Géométrie) et la Purification du Maître (la Résurrection), correspondent aux trois voies salomoniennes : purgative (l'Ecclésiaste), illuminative (les Proverbes) et unitive (le Cantique).

     

    *

     

    "Tout coule" … Panta rei  selon Héraclite d'Ephèse …

    Le Fleuve coule de la Source à l'Océan.

    Mais c'est un Fleuve sans rives et sans lit.

    Et la Source et l'Océan sont une seule et même réalité. Comme le Fleuve lui-même.

    Il n'y a qu'écoulement. Le flèche du temps …

     

    *

     

    "Fumée des fumées. Tout est fumée", disait l'Ecclésiaste.

    Hévèl halévim. Kol hévèl.

     

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    La mort de soi n'est pas un problème ; ce qui fait problème, c'est la mort de l'autre, aimé, qui est souffrance pour moi.

    Vieillir n'est pas non plus un problème.

    Ce qui fait problème, c'est la souffrance, la sienne et celle de l'autre, aimé.

    La Sagesse, c'est l'aptitude à surmonter les souffrances, les siennes et celles de l'autre, aimé.

    Et, surtout, ne pas confondre "souffrance" et "douleur". La douleur s'évanouit dans la drogue. La souffrance demeure, même si on la noie.

    La source unique de toute souffrance est l'ego. Quand je souffre, qui souffre ? l'ego. Et de quoi souffre-t-il ? D'une perte d'ego (en hébreu, "moi" - Any - et "néant" - Ayn - sont des anagrammes).

    La Sagesse, c'est dépasser l'ego et le réduire à rien.

     

    *

     

    Toute conscience est conscience de quelque chose. La conscience n'est pas un "quelque chose" ; elle est un processus de confrontation, un processus de mise en cohérence au cœur d'un champ de divergences.

    Elargir la conscience, c'est élargir ce processus de cohérence à des divergences de plus en plus vastes, de plus en plus impersonnelles.

    In fine, la Conscience cosmique est le processus de mise en cohérence globale de toutes les parties entre elles et avec le Tout-Un.

     

    *

     

    Les hommes ne s'intéressent pas à ce qui ne fait pas de bruit !

     

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    N'avoir d'yeux que pour Dieu …

     

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    Le mot hébreu 'Olam doit être traduit par "totalité" tant spatiale (infinité) que temporelle (éternité). Quand l'hébreu dit : Baroukh atah  YHWH mélèkh ha-Olam ("Béni sois-tu YHWH roi de la totalité"), ou quand il parle du : 'Olam ha-Ba ("la totalité qui vient"), il n'est ni dans la spatialité, ni dans la temporalité ; il est dans la totalité et la globalité du Réel.

    La ressemblance entre le 'Olam hébreu et le Ôlon grec est assez bluffante …

     

    *

     

    Si l'on veut bien voir que l'ego est une illusion, alors il n'y a plus ni naissance (de moi), ni mort (de moi), il n'y a plus que la Vie éternelle qui passe par une myriade de masques temporaires et changeants appelé "moi" (un per-sona).

     

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    Le 22/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Le Zohar dit : "Une annonce crie et il n'y a quiconque qui la considère et qui s'éveille".
    • Le nombrilisme humain est une grave infirmité. L'homme est un animal autiste. Il vit dans le monde, connecté au monde, mais il ne le sait pas … mais il ne veut pas le savoir. Seul son ego, individuel ou collectif, l'intéresse.
    • L'humanisme est le pire ennemi de l'homme.
    • Pour s'accomplir, l'homme doit dépasser l'humain.
    • L'humain est trop petit pour l'homme.
    • Le reliance est une faculté essentielle, mais rare et négligée.
    • Être à l'écoute ; être attentif ; être attentionné ; être bien là, plongé dans le Réel et relié à lui ; être imprégné de tout et du Tout.
    • Être présent à la Présence.
    • Être en résonance profonde avec le Réel.

     

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    L'épreuve nous éprouve pour nous prouver à nous-mêmes.

    L'épreuve accomplit. L'épreuve façonne la Joie.

     

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    Ethique de la Joie.

    La Joie signe le chemin de l'accomplissement qui est le souverain Bien.

     

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    Le Tout me remplit comme je remplis le Tout.

    Totalité de la plénitude. Plénitude de la totalité.

    Paix (Shalom) à ce qui est plein (Shalèm).

    Horreur du vide. Malheur du vide.

    L'humanité est de plus en plus vide …

     

    *

     

    Du Qohélèt (3;22) :

     

    "Je vois qu'il n'y a de joie pour l'homme

    que de se réjouir de ce qu'il accomplit (…)"

     

    Et aussi (4;2) :

     

    "J'envie les morts déjà morts plutôt que les morts vivants encore vivants."

     

    *

     

    Le vrai luxe consiste à ne jamais devoir se préoccuper d'argent.

    Pour vivre dans le luxe, il suffit donc de se contenter de très peu.

     

    *

     

    Le problème des pauvres, ce n'est pas qu'ils ne gagnent pas assez, c'est qu'ils dépensent trop. Je connais beaucoup de riches qui sont très pauvres.

    Et je ne parle là que de richesse et de pauvreté pécuniaires. Avec les autres richesses (culturelles, intellectuelles, spirituelles,  …), la pauvreté ambiante est abyssale.

     

    *

     

    De Roger-Pol Droit :

     

    "En fait le sage est un styliste. Pas un tourneur de plume, ni un joueur de mots. Un styliste de la vie. Il est capable de faire, avec le matériau de l'existence, autre chose que le commun des mortels. Quelque chose de mieux, de plus fort. Ou de plus stable ou de plus profond. De plus simple. Oui, surtout de plus simple. Voilà où le sage est parvenu : au plus simple. Là, les mots se révèlent vite inutiles, impuissants ou insuffisants."

     

    Oui, la sagesse, c'est l'éloge et la pratique de la simplicité !

     

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    Hillel et Shammaï … L'esprit de dialogue et l'esprit de système. L'esprit d'horizontalité et l'esprit de verticalité. L'esprit de miséricorde et l'esprit de rigueur. L'esprit d'humanité et l'esprit de sacralité.

    Un mauvais plaisant leur demanda à tous deux de résumer toute la Loi en une seule phrase. Shammaï éconduit l'importun. Hillel lui répondit : "Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse".

    Moi, j'aurais répondu un seul mot : "Alliance !".

     

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    La Sagesse, sans doute, c'est l'accord juste et durable entre soi et le monde.

     

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    L'homme idéal ? Une absurdité. Il faut que l'humain atteigne enfin l'homme réel afin de le surpasser. Il n'y a là rien d'idéal … tout au contraire.

    Chaque fois qu'un humain parle de "l'homme idéal", il devient un tyran.

    L'homme parfait ? Une autre absurdité. Il faut que l'humain assume sa totale imperfection pour entrer enfin sur la voie de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

    Chaque fois qu'un humain parle de "l'homme parfait", il devient un monstre.

    L'homme supérieur ? Celui qui assume totalement sa réalité et son imperfection, et qui marche, solitaire, sur les voies de l'accomplissement, équipé du seul bissac de sa tradition spirituelle.

    Parmi les humains, il y a très peu d'hommes supérieurs … il y a surtout des animaux d'une incroyable médiocrité.

     

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    De Rabbi Na'hman de Braslav :

     

    "Dieu n'aime pas ceux qui sont tristes."

     

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    Le 23/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • L'humain s'est séparé du Réel. C'est cela sa chute, son expulsion du jardin d'Eden. Il a quitté la Reliance au Réel. C'est sa grande déchirure. Elle doit être réparée.
    • La Réparation est Tiqoun.
    • Et Tiqoun est Téshouvah : retour dans le giron du Réel.
    • La faute de l'homme est de se croire face à la Nature, au-dessus de la Nature, étranger à la Nature, supérieur à la Nature, "maître et possesseur de la Nature" (René Descartes).
    • Ce qui tue l'homme, c'est la dualité.
    • Le thème de la Séparation est central, comme celui, concomitant, de la Réparation.
    • Le livre de la Genèse dit (Gen.:3;24) : "Et il expulsa avec l'humain et il plaça devant le jardin d'Eden avec les Kéroubim et avec une flamme de l'Epée flamboyante pour garder avec le chemin de l'Arbre de Vie". Le verbe traduit par "garder" (ShMR) signifie "protéger" et non pas "interdire". Protéger le chemin vers l'Arbre de Vie. Ce chemin n'est pas interdit, mais seulement protéger comme l'esprit profanateur, contre l'esprit de profanité.
    • Et ce chemin de la Réparation est protégé, d'abord, par les Kéroubim ; ce sont aussi deux d'entre eux qui protègent l'Arche de l'Alliance, assis sur son propitiatoire. Les Kéroubim sont les gardiens ; ils chassent l'esprit de profanation, l'esprit de profanité.
    • Le chemin est aussi protégé par une flamme  (LHTh : "flamme, magie") de l'Epée ('HRB : "épée, glaive, dévastation") flamboyante (M-THPKT : "venant des fourberies, sortant hors des tromperies" - la traduction pourtant classique de "flamboyante" est incompréhensible). On pourrait traduire le tout par : "une flamme de l'Epée des contradictions ou des absurdités ou des incohérences" puisque les contradictions, absurdités et incohérences sont les purs produits de l'esprit de tromperie et de fourberie.
    • La Réparation de la Séparation est un retour (Téshouvah) à l'Arbre de Vie par le chemin de l'initiation mystique, sous la bonne garde des Kéroubim et d'une flamme de l'Epée des contradictions.
    • Ce chemin est le chemin de la Justesse (Tzédakah).
    • Pour retourner au centre du jardin d'Eden, là où pousse l'Arbre de Vie, on peut aussi remonter l'un des quatre fleuves qui descendent du jardin.
    • Rappelons ce qui avait déjà été dit sur ces quatre "têtes" de rivières …
      • Quant à la Maison d'Israël, elle est une "source d'eaux vives" : un flux d'eau vivante qui irrigue la Vie pleine et fertile. Et ce flux prend les quatre formes décrites dans le livre de la Genèse (2;10-14) : "Et un fleuve sortira d'Eden pour l'abreuvage avec le jardin et de là il se divisera et deviendrait pour quatre têtes". Ces quatre têtes - c'est-à-dire quatre départs de rivières - sont nommées Pishon, Gui'hon, 'Hidèqèl et Frat. Ce nouveau quaternaire doit, bien sûr, être mis en correspondance avec tous les autres.
      • On remarquera que cette hydrographie présente une arborescence à l'inverse de la logique terrestre où ce sont les rivières qui convergent pour former le fleuve et non, comme ici, le fleuve qui diverge pour former des rivières. Il faut donc en conclure que le flux et les "têtes" cités par le livre de la Genèse ne parlent pas d'eau, mais de Connaissance dont la source unique (Dieu) irrigue le Jardin unique (le Verger mystique dit PaRDèS) avant de se diviser en quatre traditions originelles (la Nubie et l'Assyrie sont explicitement nommées, les deux autres restent conjecturelles).
      • Cependant, ces quatre "têtes" invitent à considérer une typologie spirituelle : les littéralistes, les poètes, les philosophistes et les mystiques. Pour le judaïsme, cela donne : les orthodoxes, les messianistes, les talmudistes et les kabbalistes.

     

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    Les six figures paradigmatiques anciennes : le Sage grec, le Tribun romain, le Saint chrétien, le Chevalier féodal, le Savant moderne … Je ne sais quelle sera la figure emblématique du nouveau paradigme. L'ermite ? L'écologue ?

     

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    Aurélien Barrau dit avec douceur ce que je gueule avec aigreur depuis 30 ans : 85% des humains sont des crétins qui se fichent comme d'une guigne de l'avenir de la Vie sur Terre. Décroissance ? Mais bien sûr : décroissance démographique et décroissance consommatoire ... compensées par une croissance de joie de vivre et de paix intérieure. Ce que veulent ces masses ignares et aveugles ? Le panem et circenses de demain matin puisqu'elles sont incapables de voir plus loin que cela ...

     

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    Démocratie au suffrage universel et écologie profonde sont incompatibles.

    Jamais la masse des crétins ne sacrifiera, librement et spontanément, son confort et son plaisir d'aujourd'hui au bénéfice des générations à venir.

     

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    Le principe moteur de notre monde d'aujourd'hui est le déni de réalité.

    Un déni de réalité généralisé, tant en matières écologiques que sociologiques, idéologiques qu'économiques, éthologiques que climatiques, financières que monétaires, géopolitiques que technologiques.

    Nous sommes entrés dans une phase chaotique profonde de l'histoire de l'humanité (et donc de l'histoire de la Vie et de l'Esprit sur Terre, puisque l'humanité a pris une extension telle qu'elle est devenue le facteur le plus essentiel et critique de cette histoire).

    Le déni de réalité dont je parle, concerne ce processus chaotique lui-même : personne, ou presque, ne veut voir, accepter et assumer cette chaotisation de toutes les dimensions de la vie sur Terre.

     

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    Le 24/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Le Zohar dit : "Tout le temps où Israël s'occupe de la Torah, (…) sont cassées la puissance et la force des idolâtres".
    • L'idolâtrie est le nom générique de toutes les formes de Séparation entre l'humain et le Divin, c'est-à-dire avec la Réalité et la Présence du Réel.
    • Une réunification s'impose au-delà de l'humain.
    • Tant que l'humain sera au service de lui-même et considèrera que tout le reste est subordonné à ses caprices égocentrés, il restera séparé de la vérité du Réel et il s'enlisera dans les boues de sa puérilité narcissique.
    • Un retour à l'Arbre de Vie s'impose d'urgence.
    • En cette fin de modernité, la distance qui sépare l'humanité de l'Arbre de Vie est immense. Elle s'est séparée du Réel. Elle vit "hors sol" da         ns des villes de verre, de béton et d'acier. Elle s'est profondément dénaturée. Elle n'est plus sur les voies ni de la Vie, ni de l'Esprit.
    • Elle a quitté les voies de la Vie depuis qu'elle a construit des murs entre elle et la Nature avec laquelle elle a perdu quasi tout contact. La plupart des humains s'alimentent de produits artificiels, dénaturés … et ils deviennent comme ce qu'ils mangent.
    • Elle a quitté les voies de l'Esprit car elle accumule énormément de savoirs et plus encore de techniques, mais elle ignore, de plus en plus, la Connaissance véritable, la Gnose mystique. Elle ignore de plus en plus qu'elle n'est qu'une vague éphémère à la surface du Réel.
    • Le drame de l'humain, tant individuel que collectif, c'est qu'il se croit un "être-en-soi", jouissant d'une existence propre. Il se pense comme un sujet à part entière. Il se pense comme un étant fixé à l'intérieur d'une frontière nette, possédant une identité propre. Il se pense comme une entité objectale et objective posée dans le monde, mais séparée de ce monde.
    • Voilà bien la Séparation qui signe son expulsion du jardin d'Eden et son éloignement de l'Arbre de Vie.
    • Voilà bien l'idolâtrie à l'état pur : l'humain qui se croit divin. L'homme qui se prend pour un dieu. Le culte et l'adoration de l'humain par l'humain. Comme si la Vie et l'Esprit pouvait être sa propre propriété : SA vie et SON esprit. Il ignore qu'il n'est qu'une personne, une per-sona animée, traversée et manifestant la Vie qui ne lui appartient en rien et l'Esprit qui ne lui appartient pas plus.
    • Cette délétère Séparation de l'homme d'avec le Tout-Un trouve son origine dans l'ignorance et l'orgueil d'une humanité nombriliste et narcissique qui, plutôt que se déployer et s'accomplir par et dans la Vie et l'Esprit qui la portent, préfère se replier sur elle-même, comme en boule, comme un Ouroboros antique, serpent qui se mord la queue et s'auto-digère.

     

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    L'IA repose sur l'idéologie utilitariste de Jeremy Bentham : l'utilité, c'est la maximisation du plaisir du plus grand nombre. Une vision statistique où seule la "société" globale compte. Une vision quantitativiste et hédoniste où seule compte les masses. La tyrannie du plus grand nombre, c'est-à-dire la tyrannie de la médiocrité. Victoire létale de l'entropie sur la complexité. Une forme poussée d'égalitarisme.

    Todd Davies parle d'une "optimisation sociale" et Peter Thiel ose dire : "L'IA est communiste".

    Dans ce stupide slogan californien : "Make the world better",  on omet de dire de quel "world" il s'agit et à quelle aune on mesure le "better".

    Et Gaspard Koenig de conclure : "Rien de tel que l'IA, outil rêvé du calcul hédoniste benthamien, pour quantifier le bonheur et pour rationaliser sa répartition".

     

    *

     

    L'américanisme est une forme très particulière de socialisation :

    • il revendique le primat de l'individu, mais ne vit que de conformisme ;
    • il proclame sa propre excellence, mais ne fonctionne qu'à la médiocrité ;
    • il nourrit tous les égoïsmes, mais fait l'apologie implicite de l'hypocrisie ;
    • il se veut champion de la liberté, mais impose la conformité ;
    • il néglige la foi, mais favorise la religion ;
    • il libère les opinions, mais ne vit que de consensus ;
    • il feint l'authenticité, mais cultive le cynisme ;
    • il se veut libéral, mais le juridisme règne en maître ;
    • il convoque de l'idéal, mais n'est que pragmatique ;
    • il parle d'individualisme, mais vénère l'égalitarisme le plus lourd.

    L'américanisme est le dernier bastion du philosophisme des obscures "Lumières" où Hobbes, Bentham et Montesquieu règnent en maîtres.

     

    *

     

    Les algorithmes prédisent et ce qui est prévisible, devient manipulable. Ils engendrent un modèle de société proche du "meilleur des monde" d'Aldous Huxley. Une société de la transparence et de la conformité, de la normalisation et de la médiocrisation.

     

    *

     

    Partager ses données personnelles, c'est accepter l'esclavage.

     

    *

     

    La notion de "bien commun" est une parfaite imposture, par sa polysémie même. De quoi parle-t-elle ? Des biens naturels ou patrimoniaux qui forment la propriété commune ?  Du bien-être moyen d'une communauté ? De l'idée du Bien (et du Mal) communément admise ?

     

    *

     

    La meilleure méthode pour faciliter la Vie, c'est d'endormir l'Esprit.

     

    *

     

    La technologie numérique est devenue une religion, une croyance, une espérance qui fait fi de toute scientificité, qui ignore jusqu'aux lois de la Nature et de la physique, qui prend ses fantasmes pour des réalités.

    Entre technologie et scientologie, il n'y a plus que l'ombre d'un poil de distance.

     

    *

     

    Les technologies numériques actuelles forment la queue démesurée et démente de l'hypermodernité ; elles ne fondent pas l'après-modernité. Le paradigme noétique s'appuiera sur la noosphère, mais ne s'y réduira pas ; tout au contraire, elle s'émancipera de la technologie lui déléguant les fonctions subalternes, fastidieuses et élémentaires et se réservant les fonctions complexes, créatives, holistiques et réellement intelligentes.

     

    *

     

    Il ne faut pas se leurrer : l'immense majorité des humains n'a jamais été capable de penser par elle-même. Elle a toujours été un récepteur d'informations et presque jamais un producteur de connaissances. Les technologies numériques n'y changent rien qualitativement, même si elles sont quantitativement très amplificatrices.

     

    *

     

    Avant, les existences étaient manipulées par les "notables", les "professeurs", les "idéologues", etc … maintenant, elles le sont, à plus grande échelle et plus profondément, par des algorithmes conçus par d'autres notables, professeurs ou idéologues …

     

    *

     

    Pour les masses, le monde humain est en train de devenir un gigantesque jeu-vidéo.

    Espérons que l'effondrement de la biosphère ne marquera pas un fatidique : "Game over" !

     

    *

     

    Nous courons tout droit vers une humanité à deux vitesses : une minorité aristocratique qui maîtrise ou dépasse les technologies, et une majorité plébéienne manipulée par elles.

     

    *

     

    La clé de voûte de la mutation démocratique - c'est-à-dire de la modernité - est l'idée d'égalité. Cette clé de voûte est aujourd'hui usée et obsolète.

    Quelle sera la valeur cardinale - le nord magnétique - du nouveau paradigme noétique ?

     

    *

     

    La voie algorithmique est la négation de la voie théorétique.

    Un flot énorme de données, des corrélations, des itérations, des triturations … mais surtout pas de modélisation, pas d'abstraction, pas de structuration, pas de conceptualisation. Du pur empirisme.

    Mais sans recours à des principes fondateurs qui constituent l'essence du Réel, la probabilité de trouver quoique ce soit de vraiment intéressant, de non trivial,  dans ces magmas statistiques, est quasi nulle.

    La connaissance ne naît jamais dans des tripotages de savoirs.

    Comme toujours, la "bonne" voie est celle de la dialectique entre algorithmique (empirisme statistique) et théorétique (anagogie principielle).

     

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    Le 25/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Le respect des Généalogies est une mitzwah récurrente : "Honore ton père et ta mère", "Devant la vieillesse, tu te lèveras", "Tu honoreras les faces de l'ancien", …
    • Traditionalisme … comme antithèse du progressisme.
    • Mais, surtout, ne jamais confondre traditionalisme et conservatisme. Il ne s'agit pas de vouer un culte nostalgique au passé, mais de s'appuyer sur le passé pour construire le présent et préparer l'avenir.
    • Le futur ne peut pas s'inventer à partir de rien comme le voudrait le progressisme, car à quelle aune, autrement, pourrait-on évaluer qu'il y a progrès ? Le progressisme voudrait provoquer une rupture par rapport à l'histoire et à la mémoire ; créer du radicalement neuf, du radicalement autre. Tout progressisme est une forme de révolutionnarisme … et aucune révolution n'a réussi quoique ce soit. Toutes, elles ont mis au pourvoir un tyran pire que le précédent.
    • Le Réel évolue par accumulation, bifurcations et émergences.
    • Et, très précisément, c'est parce qu'il y a accumulation que des bifurcations et des émergences sont possibles. Il faut une antériorité pour que des sauts de complexité soient possibles.
    • Lorsque le lévitisme et le sadducéisme se sont effondrés sous la botte des légions romaines à partir de 70, le rabbinisme et le kabbalisme ont pris le relai et ont inventer un "nouveau" judaïsme, dans ses formes, mais parfaitement fidèle aux piliers immémoriaux : l'Alliance, YHWH et la Torah.
    • L'idée centrale est la rupture dans la continuité et la fidélité. Les formes changent, mais le fond demeure.
    • "Car YHWH connaît le chemin des Justes" (Psaumes : 1;6). L'intention demeure pure même si le chemin doit bifurquer. La vie réelle est une éternelle quadrilemme  entre l'intention et la mémoire, les potentialités intérieures et les opportunités extérieures. Le chemin de la vie naît de la dialectique entre l'intention et les circonstances.
    • L'intention axiale du judaïsme est simple et pure : accomplir l'Alliance avec YHWH par les voies de la Torah. Tout le reste n'est que commentaires.
    • Le monde se construit, couche sur couche ; et il ne peut se construire que sur son propre passé … génération après génération, engendrement après engendrement.

     

    *

     

    Il est urgent de séparer plus nettement "religion" et "spiritualité".

    La religion est une réponse, un modèle, une vérité fermée, le plus souvent monothéiste et dualiste.

    La spiritualité est un questionnement, une démarche, un cheminement ouvert, le plus souvent moniste ou spiritualiste.

    Il faut radicaliser le propos pour le clarifier  et éliminer les "le plus souvent" ; il faut identifier la "religion" à la vérité fermée des idéalismes surnaturalistes, monothéistes et dualistes (catholicisme, protestantismes, orthodoxies chrétiennes, rabbinisme, islamisme).

    Face à cela, il faut identifier la "spiritualité" aux cheminements ouverts des réalismes naturalistes, monistes et spiritualistes (kabbalisme, soufisme, gnosisme, ésotérisme, taoïsme, hindouismes, bouddhismes, …)

    Un troisième pôle est à ajouter : celui de l'athéisme qui récuse toute autre thèse que celle conjointe du matérialisme et du hasardisme, de l'absurdisme et du causalisme.

    Les concepts ainsi radicalisés et clarifiés, il devient clair que les religions et les athéismes doivent être combattus et remplacés par une spiritualité protéiforme, intériorisée et ouverte, ascétique et cheminante.

     

    *

     

    La chaotisation du monde humain correspond à une dangereuse montée d'entropie qu'il faudra, sans attendre, combattre par une émergence néguentropique de grande ampleur. L'humanité est devenue trop nombreuse, trop vorace et trop stupide.

    Et les réseaux sociaux, les jeux vidéos et Greta Thunberg ne font rien pour arranger les choses.

     

    *

     

    Le progressisme, c'est croire que tout sera "mieux" après.

    Le conservatisme, c'est croire que tout était "mieux" avant.

    Le libéralisme, c'est savoir que tout se construit ici et maintenant, dans le présent.

    Le libéralisme, c'est savoir que le "mieux" absolu n'existe pas que mon "mieux" n'est que le mien.

     

    *

     

    Je sais, à peu près, ce que le monde humain est et a été, mais je m'interdit de dire ce qu'il doit devenir ; au mieux, je peux deviner ce qu'il devient et ce qu'il pourrait, peut-être, devenir.

    C'est cela le libéralisme : l'anti-idéologisme radical, l'ennemi définitif des idéologies qui prétendre savoir ce que le monde humain doit devenir ou va devenir.

    Au nom de quoi ou de qui, le monde humain devrait-il devenir ceci ou cela ? Des idéaux préfabriqués, il y en a des tombereaux entiers  (qui ont remplis des millions de tombeaux, aussi) ; égalité, justice, progrès, paix, fraternité, stabilité, tranquillité, travail, prospérité, plaisir, bonheur, équité, droit(s), démocratie, éthique, continuité, pérennité, etc …

    Chacun de ces mots a sa propre religion et ses propres fanatiques. Mais aucun de ces mots ne correspond à quoique ce soit de réel, à quoique ce soit d'universel.

    On voudrait tirer une doctrine générale d'un monde humain où n'existent que des cas particuliers.

     

    *

     

    Chaque problème doit trouver sa solution.

    Chaque nuisance doit trouver sa réparation.

    Chaque malfaisance doit trouver sa punition.

     

    *

     

    D'Alain Finkielkraut :

     

    "Aimer ce qui existe parce que cela existe ;

    Déduire la valeur de l'existence (…)."

     

    *

     

    De Friedrich Nietzsche :

     

    "Les martyrs ont fait tort à la vérité. Maintenant encore il suffit d'une répression un peu rude pour donner un renom de respectabilité au plus banal des sectarismes.".

     

    Qu'aurait donc dit Nietzsche au vu de l'infame victimisme qui pourrit notre époque ? Epoque où il suffit d'être femme "outrée", africain basané (du nord ou d'ailleurs), descendant d'esclave ou de colonisé, musulman, homosexuel, transgenre ou … autre, pour obtenir tous les mea-culpa que l'on voudra de hordes de socialo-gauchistes en déshérence et pour s'octroyer tous les droits à l'incivisme, à la violence, au vandalisme.

     

    *

     

    Du monstre chinois de l'IA, Kai-Fu Li :

     

    "Les métiers où l’humain est irremplaçable  :

    l’éducation, l’artisanat,  les services à la personne. "

     

    Ce monsieur connaît sans doute bien les diaboliques algorithmes conçus pour épier, piloter et manipuler tout le monde, surtout ses Chinois, mais il n'a manifestement pas bien compris la différence entre ses algorithmes statistiques et déterministes, et le réalité de l'esprit et du monde humains.

     

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    Le 26/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Le livre de l'Exode (21;33) stipule que si quelqu'un creuse un trou et ne le rebouche pas et s'il vient à y tomber un bœuf ou un âme, celui qui a creusé, paie les dégâts
    • Principe de responsabilité …
    • Principe de Réparation et de Retour (Téshouvah).
    • Chacun est responsable de sa propre Réparation, de son propre Retour dans l'Unité du Réel. Et, par inversion, il devient évident que personne ne peut faire le chemin de la Réparation à la place de quiconque. D'aucuns peuvent indiquer la voie, fournir chaussures, havresac et bâton, mais marcher, chacun doit le faire lui-même. Chacun est seul responsable de son propre salut.
    • La vie est un pèlerinage. Les trois grandes fêtes de convocation (Pessa'h, Shavouot et Soukot) le rappellent chaque année.
    • La vie est un chemin de sacralisation. Le shabbat hebdomadaire le rappelle chaque semaine. Chaque shabbat est un exercice de Réparation, de Retour, de réunification avec le Réel et le Divin.
    • Mais il est un autre regard que la Mishnah exprime ainsi : "La faute du criminel rejaillit sur son voisin".
    • Personne ne peut marcher à la place de quiconque ; c'est certain. En revanche, chacun porte la responsabilité de stimuler ses "voisins" à entreprendre le voyage (le pèlerinage) sur les chemins de la Réparation (qui sont les chemins du Salut personnel).
    • Et la Mishnah, dans sa sagesse, parle bien des "voisins", des proches, et non des "lointains". Personne ne peut ni ne doit porter le poids de la Séparation du monde entier, de toute l'humanité. La Réparation (que les chrétiens appellent "rédemption") se propage de proche en proche.
    • A deux reprises (Exode et Deutéronome), la Torah exprime cette Mitzwah forte : "Et tu aimeras ton ami comme toi-même". Il est bien écrit "ton ami" ce qui est bien plus restrictif - mais bien plus efficace - que "ton prochain" ou "autrui" proche ou lointain. Si chacun aimait son ami comme lui-même, de proche en proche, l'amour et l'amitié - donc la fraternité - se propageraient loin.
    • Et que signifie "aimer" ? La plus belle preuve de fraternité envers l'autre, c'est de l'encourager et de le guider vers sa propre Réparation, sa propre réconciliation avec le Réel, sa propre réunification avec la Matière, la Vie et l'Esprit.
    • Dans le livre de Jonas (2;3), il est écrit : "J'ai crié depuis ma détresse, pour moi, vers YHWH, et il m'a répondu". Pour commencer son propre chemin de Réparation, il faut d'abord ressentir la "détresse" de la Séparation. Dès que cette "détresse" est effective, alors le Divin se met à "aimer" le Séparé et il lui montre, au plus profond de son âme, le chemin de la Réparation. C'est cela l'Amour divin.

     

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    Pour d'aucuns, la sexualité est vécue comme un antidote à la terreur de la mort.

     

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    Le 27/09/2019

     

    La méditation zoharique du jour …

     

    • Le Zohar fait du Shabbat un "couronnement" pour ceux qui s'assemblent en son nom. Ceci renvoie immédiatement à la première des Séphirot, tout en haut de l'Arbre de Vie, qui est Kétèr, la "Couronne". Cette "couronne" consacré la royauté  du Divin sur tout le Réel.
    • La Couronne est la première émanation centrale issue de 'Or-Eyn-Sof (la "Lumière (du) Sans-Limite"). C'est par elle que l'énergie divine entre dans l'Arbre de Vie pour arriver, tout en bas, dans le Royaume (Malkout) à partir d'où elle irrigue le monde profane des apparences.
    • Partout dans la tradition juive, le Divin est appelé Mélèkh ha'Olam : Roi de la Totalité tant spatiale (l'universalité) que temporelle (l'éternité). Le Divin règne sur tout ce qui existe. Il est le principe de souveraineté du Réel. Qu'est-ce que cela veut dire ?
    • Qu'est-ce qu'un "Roi" ? L'humanité en a connu de bien des espèces du sadique au cynique, du mou au fort, du jouisseur au spartiate, du guerroyeur au pacifiste, etc … Rien de tout cela ne va au Divin. La seule question est celle de l'absoluité de son pouvoir c'est-à-dire, en termes philosophiques, du déterminisme intrinsèque à l'œuvre dans le Réel.
    • Je ne crois ni à un déterminisme strict (même s'il existe d'incontournables lois de la physique), ni à un providentialisme interventionniste. Ce dernier point mérite développement car il s'oppose à bien des courants religieux et à certaines pratiques religieuses comme la prière de demande (au contraire de la contemplation de gratitude et de l'oraison silencieuse et méditative). Quel serait donc ce Dieu qui serait le moteur et le garant des lois du monde mais qui, si on le lui demande poliment, contreviendrait à ses propres règles pour faire plaisir à tel ou tel ? C'est proprement absurde. Ce type d'attitude religieuse est un retour à la pensée magique ou chamanique. Un petit coup de bonne prière et hop, voilà un petit miracle vite fait. C'est puéril. Mais cette puérilité est indispensable pour continuer de penser et de croire en un Dieu personnel, étranger à l'univers, qui pourrait y intervenir à sa guise. Un tel Dieu ne serait pas respectable.
    • Il faut quitter une telle vision du Divin. Ce que l'on nomme le Divin est un Absolu unitaire et impersonnel (le 'Eyn-Sof), immanent et présent en tout, partout, tout le temps (la Shékhinah). Il est le Logos, l'Esprit (YHWH), le principe de cohérence qui emplit et meut le Réel dans sa totalité. Il est l'Intention fondamentale et ultime de tout ce qui existe ("Que ta Volonté soit faite").
    • Ainsi, contre le déterminisme (mécanique ou probabiliste) et contre le providentialisme interventionniste, faut-il affirmer un intentionnalisme, un créativisme et un constructivisme partout à l'œuvre dans le Réel, tant globalement que localement.

     

    *

     

    L'artificialisation croissante des sols devient, de nos jours, un problème écologique majeur quoique qu'insidieux., peu visible et sournois. La naturalité des sols disparaît et avec elle l'habitat des espèces vivantes tant végétales qu'animales. L'humain et ses mirages prennent beaucoup trop de place.

     

    *

     

    De Mark Zuckerberg :

     

    "La mission de Facebook est de donner une voix aux gens, de fournir à tous le pouvoir de fonder des communautés ou encore de rapprocher les gens entre eux. Notre mission est de créer une technologie qui réponde à ces besoins."

     

    Obsession quasi religieuse de la connexion artificielle (mais de plus en plus "réaliste" avec les connexions virtuelles et augmentées qui simulent la "réalité" de l'autre) entre les humains (et de déconnexion d'avec la Nature et le Réel). Cette idéologie de la connexion (de la Community au sens américain) est le parangon de l'anti-personnalisme.

     

    *

     

    L'éthique personnaliste peut être ainsi définie :

     

    " Une action est bonne dans la mesure où elle respecte la personne humaine et contribue à son accomplissement ; dans le cas contraire, elle est mauvaise."

     

    La "personne" n'est pas un "individu" ; elle est un processus6 spécifique de la Vie et de l'Esprit cosmiques. L'individu est une illusion née de la croyance en une vie individuelle, en l'existence d'un ego en soi.

     

    *

     

    La spiritualité commence avec le sens du Mystère : mystère de la Vie et de la Mort, mystère de la Joie et de la Souffrance.

     

    *

     

    Tout le problème du rapport à la mort vient de la croyance en la réalité d'une vie individuelle. Cette croyance était déjà prégnante chez l'homme de Neandertal.

    Dès lors que l'on convient que la Vie est un tout qui se construit globalement en "passant" au travers de personnes (per-sona), le problème de la mort ne se pose plus.

     

    *

     

     

    D'Edgar Morin (in : "L'homme et la mort") :

     

    "Plus l'homme (…) est affecté par la mort, plus il découvre qu'elle est perte irréparable de l'individualité."

     

    Mais comme l'individualité est une illusion, le problème de la mort n'existe pas pour le sage. Donc, en retournant la proposition : est sage celui qui sait que l'individualité n'existe pas.

     

    *

     

    Ne jamais confondre l'individualité (l'illusion d'exister en tant qu'être-en-soi possédant une existence propre indépendante du reste du cosmos) et la personnalité (les spécificités évoluantes dont le Vie et l'Esprit se dotent au sein d'un sous-processus local particulier en autonomie partielle).

    Chacun a sa personnalité. Aucun n'a d'individualité.

     

    *

     

    Plus on descend vers le Sud, plus les femmes cultivent charnellement leur séduction érotique et plus les hommes affirment agressivement leur arrogance virile.

     

    *

     

    Plus les choses ont fréquentes, mais il y a de hasard.

     

    *

     

    Où que je vive, je suis "d'ailleurs", c'est cela être juif. Philosophie de l'exil. Métaphysique de l'exil. Claire conscience de la "Séparation" de l'humain, et de la distance terrible qui sépare l'humain du Réel. Mythe de l'expulsion hors du jardin d'Eden. Non pas "terre" promise, mais "domaine" promis : celui de l'Esprit, celui de l'Un.

     

    *

     

    Deux stratégies concomitantes et complémentaires pour fuir le Réel : la ville et l'idéologie. Les deux anti-Réel !

     

    *

     

    D'Alain Finkielkraut à propos des critiques de Charles Péguy contre les antidreyfusards :

     

    "Formalisme, légalisme, ritualisme, pharisaïsme, intellectualisme, nomadisme, matérialisme …Autant d'avatars d'une seule et même inaptitude au sentiments élevés. Irrévocablement charnel, le Juif est celui qui ne sait pas décoller de la réalité tangible, qui s'en tient à la lettre et qui, à l'amour, persiste à préférer la loi."

     

    Cette critique terrible de la judéité, hors le procès en matérialisme qui est absurde (la mot "matérialisme" devrait y être remplacé par le mot "réalisme"), n'est pas fausse. Elle me met plutôt en joie car elle signifie que nous ne sommes pas idolâtres, que nous n'adorons rien d'humain, que nous rejetons tous ces "idéaux" qui, on le sait, n'ont produit que des hécatombes.

    Oui, le Juif, digne de ce nom, est l'antithèse de tous les idéalismes.

     

    *

     

    Alain Finkielkraut pose cette question définitive :

     

    "(…) sommes-nous sûrs de définir la raison par l'absence d'émotion ?"

     

    La question est pertinente, mais doit être reformulée : peut-il exister une intelligence rationnelle, cohérente et véridique sans connexion profonde avec la sensibilité ? Le réponse est évidemment négative. Mais, de grâce, cessons de confondre "sensibilité" et "émotion". L'émotion est reptilienne et correspond au niveau "zéro" de la sensibilité.

     

    *

     

    Poème de Ronsard (1524-1585) contre les bûcherons, aujourd'hui du Morvan :

     

    Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras ;

    Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas ;

    Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force

    Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?

     

    Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur

    Pour piller un butin de bien peu de valeur,

    Combien de feux, de fers, de morts et de détresses

    Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses ?

     

    Forêt, haute maison des oiseaux bocagers !

    Plus le cerf solitaire et les chevreuils légers

    Ne paîtront sous ton ombre, et ta verte crinière

    Plus du soleil d'été ne rompra la lumière.

     

    Plus l'amoureux pasteur sur un tronc adossé,

    Enflant son flageolet à quatre trous percé,

    Son mâtin à ses pieds, à son flanc la houlette,

    Ne dira plus l'ardeur de sa belle Janette.

     

    Tout deviendra muet, Echo sera sans voix ;

    Tu deviendras campagne, et, en lieu de tes bois,

    Dont l'ombrage incertain lentement se remue,

    Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue...

     

    *

    * *

     

    Le 28/09/2019

     

    La méditation shabbatique  du jour (et clôture du premier cycle) …

    Parashah Nitzavim (Deut.: 29;9 à 30;20). Erèv de Rosh ha-Shanah 5780

     

    • Le livre du Deutéronome dit (29;16) : "Et vous verrez avec leurs abominations et avec leurs excréments de bois et de pierre, d'argent et d'or qui sont avec eux". Les abominations et excréments de bois, de pierre, d'argent et d'or pointent évidemment les "idoles" et les idolâtries qu'elles accompagnent.
    • Encore une fois, le Torah, en général, et le lévitisme, en particulier, s'élève contre toutes les idolâtries, quelles que soient leurs formes particulières (symbolisées ici par les différents matériaux mentionnés).
    • Mais il ne faut pas croire que l'idolâtrie puisse se limiter à l'adoration d'objets matériels sur lesquels, le délire humain projette ses fantasmes les plus vils comme les plus hallucinés.
    • L'idolâtrie prend aussi - de plus en plus souvent et profondément - pour objet de ses cultes des objets immatériels comme de idées, des idéaux, des idéologies, des idéalismes, des utopies, des théories, des théologies, … qui ont leurs clergés, leurs temples, leurs martyrs, leurs saints, leurs légendes, leurs symboles, leurs rites et leurs livres sacrés …
    • Comment distinguer une spiritualité authentique d'une idolâtrie ?
      • Le premier critère est l'éradication ferme de tout "autre monde" que le Réel, que ce monde-ci tel qu'il est et tel qu'il va ; donc éradication de tout "autre monde" qu'il soit ailleurs (surnaturalisme ou sotériologie) ou à venir (utopisme/uchronisme ou eschatologie).
      • Le deuxième critère est l'affirmation claire et nette de l'absolue unité du Réel auquel rien n'est étranger et dans lequel tout est interdépendant au sein d'une économie synergétique d'évolution globale visant l'accomplissement optimal de tout ce qui existe.
      • Le troisième et dernier critère est l'affirmation que tout est sacré, mais que rien n'est magique (il n'y a donc aucun miracle de quelque nature que ce soit, aucun exaucement de prières, aucune efficience sacrificielle, aucune rédemption ou rémission des fautes, etc …). Ce qui a été fait, bien ou mal, le restera définitivement dans la mémoire cosmique ; ce qui ne sera pas fait et aurait dû l'être, laissera un trou béant définitif dans la mémoire cosmique.
    • Ou, pour résumer :
      • Seul le Réel est réel.
      • Le Réel est Un et tout y est interdépendant.
      • Le Réel tend à son accomplissement, global et local, en plénitude : tout y est sacré, rien n'y est magique.
    • Le livre du Deutéronome continue (29;28) : "Les Mystères (Nistarot) [sont] pour le Devenant de nos Puissances et les Révélations (Noglot) [sont] pour nous et pour nos fils jusqu'à la totalité pour agir avec toutes les paroles de cette Torah". Le Judaïsme a bien compris l'énorme mur qui délimite les mystères divins dont s'occupe le kabbalisme et les révélations humaines dont s'occupe le rabbinisme. Ces deux versants du judaïsme ne sont ni ennemis, ni contradictoires, ni en oppositions ; ils ne parlent, tout simplement, pas de la même chose.
    • Le rabbinisme tente d'apaiser, de purifier, de magnifier et de sacraliser les existences humaines. L'ordre rabbinique est séculier.
    • Le kabbalisme tente de pénétrer les mondes surhumains jusqu'à atteindre le Divin et ses Mystères. L'ordre kabbaliste est mystique.
    • Le verset (30;15) est un des plus célèbres : "Vois, j'ai donné pour tes faces, ce jour avec la Vie et avec le Bon et avec la Mort et avec le Mauvais. Ce que je t'ai ordonné ce jour : pour aimer avec le Devenant de tes Puissances, pour marcher dans ses chemins, et pour protéger ses ordonnances et ses lois et ses jugements, et te Vivre, et te Grandir, et Bénir le Devenant de tes Puissances dans un domaine où toi tu viens pour en hériter".  Contrairement à ce qui a été trop souvent dit, il n'agit pas de choisir entre, d'une part, la Vie et le Bon, et d'autre part, la Mort et le Mauvais. Il s'agit de tout prendre et de tout assumer d'un bloc. Le Réel est à prendre ou à laisser, en bloc. L'attitude inverse, c'est précisément l'idolâtrie qui refuse le Réel tel qu'il est tel qu'il va et cherche refuse dans des fantasmes, des illusions, de vaines magies, de vaines mancies.
    • De côté de l'humain, trois actes fondamentaux sont requis : aimer, marcher et protéger :
      • Aimer : vouloir tous les accomplissements en plénitude.
      • Marcher : accomplir tout l'accomplissable en soi et autour de soi.
      • Protéger : sacraliser et spiritualiser tout ce qui accomplit.
    • En échange de quoi la récompense sera :
      • Vivre : accomplir la Vie vivante, l'Âme de Vie en soi et alentour.
      • Grandir : s'accomplir soi-même.
      • Bénir : sacraliser et sanctifier tout l'accompli.

     

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    Le 29/09/2019

     

    Jacques Chirac venant de décéder, la France entre en transe pour encenser le président le plus insipide de toute la 5ème République (De Gaulle étant le plus vaniteux et Mitterrand le plus crapuleux … et Hollande le plus insignifiant).

    C'est étonnant cette capacité qu'ont les Français d'aduler ceux qui les détruisent  … et de honnir ceux qui leur ont apporté du bien.

     

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    La France est, politiquement et viscéralement, populiste mais selon des nuances variables : paternaliste avec Pétain, De Gaulle, Chirac et Sarkozy,  voire Pompidou, ou socialiste avec presque toute la troisième république et, ensuite, l'ignoble Mitterrand et l'incolore Hollande (et leurs puantes cliques socialo-gauchistes).

     

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    L'option libérale (trop modérée, malheureusement) de Giscard d'Estaing et, aujourd'hui, celle de Macron sont vécues comme contre-nature dans l'hexagone (à son grand malheur).

     

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    Les Français sont, politiquement, des parasites dans l'âme : l'Etat doit résoudre tous leurs problèmes soit au nom de la justice (vous me devez bien ça parce que je le vaux bien)  soit au nom de l'égalité (il l'a, pourquoi pas moi ?)

     

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    Le peuple français prend toujours une posture "enfant" (soumis, rebelle ou créatif) face à un Etat "parent" qu'il souhaite très "nourricier" en tout, mais le moins "autoritaire" possible.

    L'analyse transactionnelle, depuis toujours, démontre que de telles relations "verticales" (parent-enfant) sont instables et négatives, et qu'il faut réussir à établir une relation "adulte-adulte".

    Il y a du TAF !

     

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    Le 30/09/2019 (Rosh ha-Shanah 5780)

     

    D' Albert Einstein :

     

    "Un être humain est une partie d’un tout que nous appelons : Univers, une partie limitée dans le temps et l’espace. Il fait l’expérience de lui-même, de ses pensées et de ses sentiments comme quelque chose qui est séparé du reste, une sorte d’illusion d’optique de la conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous limitant à nos désirs personnels et à l’affection pour quelques personnes près de nous. Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion pour embrasser toutes les créatures vivantes et l’ensemble de la nature ..."

     

    Monisme spinozien oblige … !

     

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    La structuration du temps (priorité, objectifs transitoires, sacrifice du court terme au profit du long terme, anticipation, organisation des tâches, etc …) et la tension de vie liée à l'accomplissement de soi à long terme, viennent avec l'âge. Naturellement, un enfant (et tant d'adultes toujours infantiles) ne visent que le plaisir ici et maintenant. On appelle cela l'âge de l'innocence ; j'appelle cela l'âge du crétinisme.

     

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    Un paradigme est un ensemble de principes plus ou moins explicites, qui est censé assurer la cohérence d'un système donné (la physique, la médecine, l'histoire, l'économie, le Morvan, l'Europe, le monde humain, la biosphère, … et l'univers).

    Tout paradigme connaît une courbe de vie en cinq stades : naissance, croissance, maturité, déclin, mort.

    L'état chaotique manifeste une décohérence liée soit à l'absence de paradigme, soit à l'effondrement du paradigme antérieur.

    Pour éviter l'effondrement, la sortie de l'état chaotique implique l'émergence d'un nouveau paradigme et le passage à un niveau supérieur de complexité (ce qui n'implique nullement un niveau supérieur de complication).

     

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    La physique moderne suit un cycle de vie très clair :

     

    1. Naissance : 16ème siècle (Copernic, Tycho Brahé, …).
    2. Croissance : 17ème et 18ème siècles (Galilée, Descartes, Leibniz, Pascal, Newton, Huygens, Fermat, Coulomb, …).
    3. Maturité : 19ème siècle (Becquerel, Faraday, Laplace, Maxwell, Boltzmann, Fresnel, Foucault, …).
    4. Déclin : 20ème siècle (Poincaré, Einstein, Bohr, Heisenberg, Fermi, Pauli, Friedman, Lemaître, Feynman, Dirac, …)
    5. Mort : 21ème siècle (Prigogine, …)

     

    Il me semble que le physique fondamentale est en train de quitter les voies causalistes, mécanistes et réductionnistes pour emprunter les voies intentionnalistes, systémistes et holistiques

     

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    NOUVEAU (depuis ce 2/9/2019) : Le Tome 20 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (384 pages à télécharger gratuitement).