Tisserand de la compréhension du devenir
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Actualité - De l'Etre au Devenir - Décembre 2021

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

 

Le 01/12/2021

 

Le libre arbitre naît dès lors que les déterminismes  extérieurs et/ou intérieurs sont contradictoires et, soit, s'annulent réciproquement, soit, impliquent un choix.

Par exemple : le déterminisme intérieur d'un Juif orthodoxe lui impose d'assouvir ma faim lancinante, mais son environnement ne lui offre que de la nourriture non-kasher … Il a le choix entre inanition et impureté.

 

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On présente souvent Spinoza comme un champion hors pair du déterminisme absolu ; c'est faux. D'une part, Spinoza récuse la notion de liberté (car les déterminisme extérieurs et intérieurs sont omniprésents). Mais d'autre pas, il enjoint chacun à réaliser son conatus selon les voies de l'éthique (ce qui implique des choix libres ; il ne peut y avoir d'éthique s'il n'y a aucun choix, si tout est absolument déterminé).

Le problème vient de la confusion entre liberté et libre-arbitre (ou autonomie) : la liberté au sens sartrien n'existe pas, c'est évident, mais un certain libre-arbitre (une certaine autonomie) n'est nullement exclu.

 

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L'eschatologie est l'étude de ce qui vient en "dernier" (Eschatos en grec), de ce qu'il y a à au bout "extrême" (même mot en grec) du Réel.

Lorsqu'on parle, en ce sens, des "fins dernières", soit on parle de l'achèvement, soit on parle de la finalité.

Le sens le plus intéressant du mot "eschatologie" porte sur les finalités dernières du Réel (l'achèvement temporel du Réel est une question qui ne se pose pas pour un moniste pour moi ; le Réel est éternel par essence puisqu'il contient en lui, toute la temporalité et toute l'intemporalité). L'eschatologie pose donc la question de la finalité du Réel : le Réel pour quoi (en deux mots) faire, à quelle fin ?

Sur cette question, outre les philosophies de l'absurde qui prétendent que rien n'a de sens et que tout n'est que hasard (pour quoi alors ce bizarre hasard existerait-il ?), deux doctrines inconciliables s'opposent : le finalisme et l'intentionnalisme.

Le finalisme pose que le Réel poursuit un but prédéterminé (par qui ? pourquoi ce but-là et pas un autre ? etc …) ; cette doctrine implique trop évidemment un Dieu extérieur au Réel (donc irréel) et un dualisme ontique du type monothéiste, ce qui n'est ni crédible, ni recevable.

L'intentionnalisme, lui, ne parle jamais de quelque but à atteindre que ce soit ; il n'y a là aucun but prédéterminé ; seulement une intention, une aspiration, un désir, une logicité d'évolution … qui n'implique aucun futur, mais qui guide tout le présent (comme le désir de plénitude de l'arbre le pousse à pousser, de l'intérieur, à chaque instant).

Alors la question devient : quelle est cette intention (forcément immanente puisque l'on se place d'un point de vue moniste) ? Les grands philosophes ont tous forgé un mot ou une expression pour répondre :

 

  • Héraclite : Tout coule.
  • Aristote : l'Entéléchie.
  • Spinoza : le Conatus.
  • Nietzsche : la Volonté de Puissance.
  • Bergson : l'Elan vital.

 

Quant à moi, dans la lignée de ces maîtres miens, je préfère l'idée d'accomplissement en plénitude, de réalisation de tous les possibles, etc …

 

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Au-delà des grandes diatribes humanistes contre l'esclavage (et auxquelles j'adhère, ne serait-ce qu'en vertu du fait que mon judaïsme se définit par le rejet radical de tout esclavage et de toute idolâtrie), il faut toujours garder en tête ce chef-d'œuvre de lucidité signé par Etienne de la Boétie : "De la servitude volontaire".

La plupart des humains ne rêvent que d'une seule chose : être l'esclave d'un système bienveillant afin de se libérer du devoir de liberté (d'autonomie, plutôt) en échange de la satiété et de la sécurité.

"Du pain et des jeux !" … pas de la liberté !

Lorsqu'on parle d'esclavage, on voit tout de suite l'image d'Epinal de l'esclave noir souffrant sous le fouet de l'esclavagiste arabe, espagnol ou américain. Il faut pourtant se rappeler plusieurs choses :

 

  • Un esclave coûte cher à l'achat et ne "produit" bien que s'il est bien traité (la maltraitance d'un esclave est une absurdité ; la Bible hébraïque et les pratiques grecques et romaines le rappellent à suffisance).
  • Lors de l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis, la plupart des esclaves noirs demandèrent à leur "maîtres" de rester chez eux et de continuer à les servir (certains furent même adoptés par la famille).
  • L'esclavage étant le fait de nourrir un être humain en échange de son travail et de sa subordination, tout salarié, tout employé, tout fonctionnaire est forcément un esclave.

 

Ajoutons à cela que l'immense majorité des humains est continuellement esclave des appétits, des modes, des opinions, des manipulations, des plaisirs, des amusements, etc …

Il faut en conclure que l'état d'esclave est l'état naturel des humains et que bien peu veulent et réussissent leur libération.

 

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Si l'on veut comprendre quoique ce soit à l'ésotérisme et à la démarche ésotérique, quelques préalables s'imposent :

 

  • Toute oreille n'est pas apte à entendre toutes les vérités, ni toutes les têtes à les penser.
  • Les langages communs (aux deux sens de "partagés" et de "vulgaires") ne sont, en général, pas adéquats pour exprimer les vérités profondes ; il faut souvent recourir à des langages symboliques où l'herméneutique et l'intuitif priment sur le littéral et l'analytique.
  • Ces vérités ne sont compréhensibles que de ceux qui ont fait le long chemin pour les rejoindre.
  • Ces vérités ne sont jamais définitives et demandent, toujours, à être approfondies, requestionnées, retravaillées, ce qui n'est possible qu'à ceux les ayant déjà atteintes.

 

L'ésotérisme désigne une recherche et un enseignement réservés à une aristocratie intellectuelle et spirituelle  ayant déjà appris à maîtriser les langages spéciaux et ayant déjà réussi à dépasser le long chemin préparatoire.

Il n'y a là aucun culte particulier ni du secret, ni de l'ostracisme, ni de l'élitisme, ni d'un quelconque mépris pour qui que ce soit ; mais seulement ce constat simple et évident que les masses sont notoirement et évidemment incapables, intellectuellement et spirituellement, d'aborder certaines questions profondes qui leur passent largement au-dessus de la tête et dont, d'ailleurs, elles se fichent copieusement.

L'ésotérisme est l'art de poser des questions vers le haut.

L'exotérisme est l'art d'imposer des réponses vers le bas.

 

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C'est étonnant de voir combien de philosophes actuels sont restés coincés au niveau du culte des obscures "Lumières". Ils oublient, le plus souvent, que les "Lumières" françaises (Montesquieu, D'Alembert, Diderot … mais j'en exclus ce misérable polémiste de Voltaire et ce lamentable pleurnichard de Rousseau) ne sont que des resucées tardives et mièvres des mouvements de l'Aufklärung allemande (Goethe, Lessing, Kant) et de l'Enlightenment anglaise (Hume, Locke, Smith). Mais, soit …

Qu'entendent-ils par "Lumières" ou, plutôt, par "idéaux des Lumières" ? Tout un ensemble de principes idéalistes qui ont débouchés, très logiquement et naturellement, sur Verdun, Auschwitz, Kolyma, Hiroshima et Bhopal. Quels sont ces principes ? En vrac : universalisme, égalitarisme, démocratisme, humanisme, athéisme, rationalisme, utilitarisme, mercantilisme, etc … Ce sont tous ces ingrédients qui ont conduit, comme le démontre Nietzsche, à ce nihilisme du 20ème siècle qui clôt, enfin, la Modernité commencée à la Renaissance.

Il est aujourd'hui impératif de resacraliser et de respiritualiser la Matière, la Vie et l'Esprit … et de remettre l'humain à sa juste place, c'est-à-dire dans un petit coin insignifiant au service de ce qui le dépasse infiniment.

 

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L'espace et le temps sont des productions et non des contenants a-priori.

Il n'y a d'espace que parce que tout est substance en activité : la substance engendre de l'espace pour s'y organiser.

Il n'y a de temps que parce que tout est processus en évolution : le processus engendre du temps pour s'y déployer.

Leibniz décrit l'espace et le temps comme, respectivement, : "l'ordre des coexistences [et …] l'ordre des successions".

 

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L'espérance (qui se décline en divers espoirs plus concrets) est la pire des posture : celle de l'attente de ce que l'on désire comme devant venir de l'extérieur (du monde, de la communauté, de l'autre, ou de Dieu).

Cette attente s'apparente à une forme de mendicité. Toute espérance est faiblesse ou aveu de faiblesse !

Tous ceux qui ont fait mon métier de patron ou de manager (d'entreprise, de projet, de crise, …) le savent bien : tout ce que l'on espère qui va arriver, n'arrive jamais, et tout ce que l'on espère qui n'arrivera pas, arrive toujours. C'est une des variantes de la loi de Murphy.

 

Il n'y a rien à espérer. Il y a tout à construire.

Il ne faut désirer que ce que l'on peut construire.

Stoïcisme, donc !

 

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Du cynique Démonax (repris par le stoïcien Hécaton) :

 

"Seul est libre celui qui n'a ni espoir, ni crainte."

 

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Qu'est-ce que l'Esprit cosmique ? C'est le siège de la logicité eidétique du Réel, c'est-à-dire le siège du principe de cohérence de tout ce qui existe (cohérence topologique) et de tout ce qui arrive (cohérence téléologique).

 

L'esprit humain est la manifestation de l'Esprit cosmique au cœur de la personne vivante et pensante, plongée dans le Réel, qui veut harmoniser sa propre existence avec ce Réel qui l'englobe et la façonne.

L'esprit humain se construit sur cinq facultés :

 

  • la mémoire qui accumule les noèmes,
  • la sensibilité (tant sensitive qu'intuitive) qui les capte par reliance,
  • l'intelligence (tant structurante que créative) qui les ordonne par raison,
  • la volonté qui les met en œuvre en vue de son projet existentiel,
  • la conscience qui harmonise et optimise les quatre précédentes.

 

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L'insistance matérialiste sur l'identification de l'esprit humain et du cerveau, est plus qu'agaçante.

L'esprit est consubstantiel à la totalité du corps (chaque cellule a sa mémoire, ses règles de vie, ses sensibilités, sa volonté de survie, ses propres mécanismes d'optimisation ; de même, chaque tissu, chaque organe). Le cerveau n'est pas l'esprit (le neuroscientisme est une idéologie, pas une science) ; il n'est qu'un des organe du corps, une sorte de centrale logistique pour le traitement de certaines informations internes ou externes (beaucoup d'informations vitales ne passent jamais par le cerveau).

 

C'est le tout du corps qui pense et pas seulement le cerveau.

 

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L'humour, c'est l'esprit qui se moque de lui-même.

Aussi, pour faire de l'esprit, encore faut-il en avoir un et en connaître le mode d'emploi, ce qui est loin d'être le cas pour la majorité des humains.

 

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Il existe cinq types de littérature : la réflexive (les essais), la mystérique (la poésie), la scénique (le théâtre), la narrative (les récits) et la fictionnelle (les romans).

Les trois derniers types n'ont strictement aucun intérêt. Quant à la poésie, elle n'a d'intérêt que couplée à une intense spiritualité.

 

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L'essence d'une entité, c'est l'ensemble de tous ses attributs (connus ou inconnus, connaissables ou inconnaissables), l'ensemble de tout ce qui la caractérise et la distingue des autres entités qui existent. Mais pour être quelque chose, une entité doit d'abord exister.

Donc, l'existence précède l'essence.

De plus, les attributs qui constituent l'essence de toute entité, changent au fil du temps, des développements et accomplissements, et au fil des regards (selon comment on regarde l'entité, on ne "voit" pas les mêmes attributs ou caractéristiques).

Donc, l'essence n'a rien d'absolu : elle est une apparence.

Et pour rejoindre Spinoza : l'essence d'une entité, c'est ce qu'elle pourrait devenir.

Donc, l'essence est une potentialité.

 

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L'essentialisme (la définition d'une entité singulière par la catégorie à laquelle on la fait appartenir et qui est censée être fixe) est une absurdité (qui conduit aux essentialisations typiques, actuellement, du wokisme).

Mais l'existentialisme l'est tout autant dans la mesure où, si l'essence d'une entité est l'ensemble de tout ce qu'elle pourrait devenir (cfr. Spinoza), cela signifie qu'elle ne peut pas devenir ce qu'elle veut, mais seulement ce qu'elle peut (d'où, chez Nietzsche, l'idée d'enrichir ce "ce qu'elle peut" par la Volonté de Puissance – au sens de "potentialité").

 

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Etymologiquement, l'esthétique est la philosophie de la sensibilité. Mais être sensible à quoi ?

Historiquement, l'esthétique est la philosophie du Beau. Mais qu'est-ce que le Beau ?

En joignant ces deux regards, il vient que l'esthétique est la philosophie de la sensibilité au Beau.

Mais, encore une fois, qu'est-ce que le Beau ? Classiquement, on répond : une des quatre catégories fondamentales avec le Vrai, le Bien et le Sacré. Ce qui n'avance guère.

Le "beau", sans majuscule, c'est ce qui plaît. Précisons : le "beau" pour moi, c'est ce qui me plaît c'est-à-dire ce qui excite positivement ma sensibilité (et me procure, par voie de conséquence, du plaisir ou de la joie). Et, bien évidemment, ce qui me semble "beau" peut ne pas plaire à d'autres. Le beau n'est qu'une sensation personnelle et doit donc, définitivement, perdre cette majuscule dont les esthètes l'ont affublé.

Ainsi, s'il faut garder du sens au concept "esthétique", il faut retourner strictement, au sens étymologique : l'esthétique est la philosophie de la sensibilité. Mais, étant donné la lourdeur du lien entre l'esthétique et le beau, je pense qu'il est essentiel de renommer la philosophie de la sensibilité en évitant le concept d'esthétique et en lui préférant le concept de reliance (la sensibilité relie l'esprit humain, à l'ensemble de toutes les manifestations du Réel, tant intérieures qu'extérieures).

 

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La matérialisme qui est extériorité absolue (Epicure, Lucrèce) et le criticisme qui est intériorité absolue (Kant, Husserl) sont aussi faux l'un que l'autre parce que dualistes (du fait de la fausse dualité entre sujet et objet). Il ne reste alors que le monisme qui est unité absolue (Héraclite, Spinoza, Bergson).

 

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Ni les droits, ni la dignité, ni le respect de l'autre humain ne peuvent ni ne doivent être inconditionnés. Les droits ne sont que la conséquence de l'accomplissement des devoirs. La dignité n'est que la conséquence de la noblesse des actes. Le respect n'est que la conséquence de l'estime que l'on a pour ce que fait l'autre.

La valeur d'un être humain ne vient que de la valeur de ses œuvres. Il n'a aucune valeur a-priori, du simple fait d'être né.

En revanche, il faut donner à chacun les moyens et la possibilité de prendre de la valeur en accomplissant ce qu'il a de meilleur en lui, au service de ce qui le dépasse.

 

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Rien n'est. Ce qui existe advient puis devient.

 

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L'étatisme est une forme "douce" de totalitarisme" ; il s'oppose radicalement au libéralisme.

 

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L'espace est un instrument conventionnel mathématique qui permet de représenter les distances, les surfaces et les volumes des entités que contient le Réel.

 

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La plupart des commentaires philosophiques sur le temps s'effondreront dès lors que les métaphysiciens et les philosophes comprendront que le Réel se construit par accumulation et que passé ne disparaît pas, mais reste intégralement "sous" le présent (qui est la fine pellicule active limitrophe du Réel) pour le porter et l'informer (le passé est la mémoire du présent ; comme le bois, sous le cambium actif de l'arbre, reste parfaitement réel malgré qu'il soit inactif et constitué de cellules mortes remplies de lignine).

En revanche, le futur n'est pas encore réel, il n'est que potentiel dans le présent grâce au passé.

 

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La morale est collective (les mores latins sont les mœurs admis comme corrects par une majorité).

L'éthique est personnelle (l'éthos désigne le comportement individuel).

La morale rassemble les valeurs et jugements (conventionnels) communs à une communauté, et fonde les lois et le droit qui la régit.

L'éthique est l'ensemble des règles de vie qu'une personne se fixe par rapport au projet de vie qui est le sien.

La morale et l'éthique entrent bien souvent en conflit.

La morale est hétéronomique.

L'éthique est autonomique.

La morale est un donné extérieur.

L'éthique est un voulu intérieur.

La morale et l'éthique sont toutes deux évolutives, mais selon des processus différents.

Et la seule éthique qui vaille, enjoint de vivre en harmonie avec les lois cosmiques au service de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

 

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Le verbe "être" ne doit plus être utilisé que comme copule, c'est-à-dire comme faisant lien entre une entité et un attribut ("le ciel est bleu", "Jules est petit", "la chienne est noire"). Tout autre usage doit être banni. Pour exprimer l'existence d'un entité, il faut utiliser le verbe "exister". Dire : "cette table est" ne veut rien dire : il faut dire : "cette table existe", ce qui signifie que cette table fait partie du Réel. Mais dire : "cette table est ronde" a un sens.

 

Rien n'est. Mais tout est quelque chose.

Tout existe, advient ou devient, mais rien n'est.

 

En hébreu classique, d'ailleurs ni la copule "être" ni le verbe "avoir" n'existent.

On dit : "Le Ciel bleu" (pour "le ciel est bleu") ou : "Ce livre pour moi" (pour "j'ai ce livre").

La philosophie a abusé de cette famille fallacieuse : être, Être, étant, essence, essentialité, …

 

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Quand on dit : "Dieu est" ou "Dieu est l'Être", on ne dit strictement rien !

En revanche, quand on dit que Dieu existe, on dit deux choses : que le mot "Dieu" est bien un concept en usage dans la langue … et que Dieu est une entité qui fait partie intégrante et intégrale du Réel (mais cela ne dit en rien quels sont les attributs de Dieu).

 

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L'eudémonisme n'est ni la quête du plaisir (hédonisme), ni la quête du bonheur (utilitarisme) par le biais du savoir (Socrate), de la justice (Platon), de la raison contemplative (Aristote), de l'indifférence (Pyrrhon), de la vertu (les stoïciens).

Il est plutôt la quête de la Joie c'est-à-dire, puisque la Joie le signe, de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi (cfr. Spinoza).

Le plaisir se prend, le bonheur se reçoit ; seule la Joie se construit.

 

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L'Europe est une réalité géographique et historique, culturelle et spirituelle (ce que les artificiels Etats-Nations inventés au cours de la Modernité, ne sont pas).

L'Europe doit devenir une fédération, réticulée et souveraine, de régions autonomes. Les Etats-Nations doivent disparaître. L'Euroland est une réalité en soit comme le sont l'Angloland, la Latinoland, l'Afroland, l'Islamiland, le Russoland, l'Indoland et le Sinoland.

La mondialisation est morte ; la continentalisation est en marche !

 

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Où est la frontière entre "eugénisme" et "sélection naturelle des plus aptes" ?

L'évolution de l'humanité n'est qu'une longue histoire eugénique qui ne dit pas son nom.

Lorsque les jolies femmes pleines de santé trouvent facilement mari et font des enfants, alors que les laiderons arriérés restent célibataires, c'est de l'eugénisme.

Il ne s'agit pas de banaliser les pratiques barbares des nazis (et de beaucoup d'autres à d'autres époques, dans d'autres contrées). Mais il convient aussi de cesser de jouer aux vierges effarouchées.

L'accomplissement en plénitude de l'humanité passe par son amélioration permanente tant du point de vue naturel (santé, diététique, condition physique, hygiène, …) que culturel (éducation, instruction, formation, …).

Et tout cela passe bien plus par l'épigénétique que par la génétique.

 

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Ne jamais confondre "valeur" et "prix" !

La valeur mesure l'utilité. Le prix mesure la propriété.

 

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Le Réel n'est pas un assemblage d'entités qui existent, mais bien un tissage de processus qui adviennent et deviennent. Et un processus, n'est autre qu'un ensemble vivant d'événements (ce qui advient).

 

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La cosmologie complexe relève de l'événementialisme, et non du substantialisme. L'activité précède la matière (qui n'est que de l'activité encapsulée).

 

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Le verbe "exister" (du latin ex, "hors de, à partir de", et sistere, "placer") peut prendre deux sens : soit se placer dans quelque chose d'extérieur (en ce sens, alors, le Réel n'existerait pas, puisque rien ne lui est extérieur), soit se placer à partir de quelque chose d'antérieur.

En se second sens, le seul qui vaille, "exister" signifie "émerger" … et le Réel existe bel et bien puisqu'il ne fait qu'émerger de lui-même.

Toute existence est émergence !

 

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L'existentialisme est absurde en ceci qu'il suppose que l'individu est absolument libre et peut intégralement se choisir, ce qui est radicalement contraire à la réalité où chacun subi des détermination internes et externes qui rétrécissent colossalement le spectre des possibles.

Chaque humain est un processus qui advient et devient, complètement étranger à la dualité artificielle entre essence et existence.

 

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Le 02/12/2021

 

Les facultés de l'esprit sont au nombre de cinq :

  • la mémoire,
  • la volonté,
  • la sensibilité (sous les deux modes sensitif analytique et intuitif holistique),
  • l'intelligence (sous ses deux modes structurant et créatif),
  • la conscience.

 

Ces cinq facultés correspondent, respectivement, aux cinq moteurs du modèle général de tout processus complexe :

 

  • l'accumulation généalogique,
  • l'accomplissement téléologique,
  • la connexion écosystémique (sous ses deux modes d'échanges spécifiques et de prolifération globale),
  • la structuration axiologique (sous ses deux modes de l'organisation économique et de la constructivité émergentielle)
  • l'optimisation de la dissipation des tensions.

 

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A propos de la démocratie, constatant l'échec du suffrage universel (qui n'est que la tyrannie du grand nombre, donc de la masse des idiots, au travers de démagogies électoralistes et clientélistes), il faut revenir aux idées de la démocratie oligarchique athénienne, reprises par Kant, et n'octroyer de droit de vote qu'aux humains libres et autonomes, c'est-à-dire exempts de toute sujétion et dépendance, directes ou indirectes, par rapport à l'Etat : les enfants, les étudiants, les stagiaires, les apprentis, les fonctionnaires, les salariés d'associations subventionnées, les chômeurs, les prisonniers, les retraités inactifs, les malades dépendants, … et, de façon générale, tous les assistés et tous les subventionnés.

Bref : ne doivent avoir voix au chapitre que ceux qui contribuent personnellement à la prospérité et au développement du pays : ce sont eux qui paient tout et qui, de ce fait, sont les seuls à avoir le droit de décider ce que l'on fait avec leur argent.

 

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La physique complexe distingue, radicalement, la notion de processus (phénomènes, événements, constructivités, activités, …) et la notion de système (objets, choses, stabilités, entités, …).

Le rapport entre eux deux a été radicalement inversé. La physique classique décrivait les processus comme des interactions entre des systèmes, alors que la physique complexe définit les systèmes comme des moments des processus.

Le système n'est qu'une photo instantanée (une coupe temporelle) d'un processus en cours : on ne comprend rien à un système si l'on ne connaît ni sa généalogie, ni sa téléologie, c'est-à-dire le processus dont il n'est que l'expression instantanée.

 

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C'est à tort que l'on oppose démarche analytique et démarche holistique : elles sont complémentaires et dialectiques, elles se nourrissent mutuellement.

Voir l'ensemble et voir le détail ne sont en rien contradictoires. Les détails enrichissent et consolident l'ensemble, et l'ensemble reconnecte et recorrèle les détails.

 

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Tout dans le Réel est pulsatoire.

Toute évolution organique est rythmique, sans nécessairement être mécaniquement périodique.

Eidétiquement, avec des émergences et des effondrements.

Topologiquement, avec des expansions et des contractions.

Dynamiquement, avec des activations et des temporisations.

 

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Vivre le Réel et penser le Réel sont deux processus notoirement différents, mais en rien contradictoires.

Vivre le Réel, c'est établir une reliance étroite et la plus riche et féconde possible, entre la conscience et le Réel (tant intérieur qu'extérieur), via la sensibilité.

Penser le Réel, c'est construire une cohérence solide et attestée entre l'image perçue et le modèle conçu du Réel (tant intérieur qu'extérieur, encore une fois), via l'intelligence.

Vivre le Réel, c'est s'y confondre (cum fundere).

Penser le Réel, c'est le comprendre (cum prehendere).

 

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Le 03/12/2021

 

L'Europe est une réalité continentale depuis plus de deux mille ans.

Les Régions datent du haut Moyen-âge.

Les Etats-Nations qui font obstacle à leur re-fédéralisation, sont des inventions artificielles du 19ème siècle.

Remettons les choses dans le bon ordre : l'Europe fédérale, d'abord, les Régions, ensuite, et les Etats-Nations, jamais plus !

 

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La citoyenneté doit être européenne, ou elle n'est plus !

 

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L'accomplissement et la joie sont les deux faces de la même médaille.

Mais qu'y a-t-il à accomplir ? C'est accomplir l'œuvre qui doit être faite en nous et autour de nous, c'est donc accomplir sa vocation, sa destinée, sa raison d'exister.

 

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Les "réseaux sociaux" sont clairement devenus les plateformes d'un populisme décomplexé qui insulte, ment, stigmatise, ostracise.

Donne la parole à la médiocrité, elle en abuse immensément.

 

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La colonisation n'est pas la cause du marasme de beaucoup de pays en Afrique ou en Asie. C'est la décolonisation qui, en laissant le pouvoir vacant et en permettant à des tyranneaux ou des mafieux de le prendre (souvent soutenus par l'URSS, comme le FLN en Algérie, comme Arafat avec les Palestiniens, comme Nasser en Egypte, comme Lumumba au Congo, comme Kadhafi en Lybie, comme les Talibans en Afghanistan, comme Ho-chi-Ming au Vietnam, comme Kim Il Sung en Corée du Nord, etc …), a conduit ces pays à s'autodétruire économiquement, culturellement, religieusement et socialement.

Qu'on fasse donc taire les racialistes, les décolonialistes et autres indigénistes et qu'on leur fasse ravaler leurs mensonges et niaiseries contre-historiques.

 

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La justice, ce n'est pas l'égalité.

La justice, c'est la reconnaissance du mérite qui est foncièrement inégalitaire.

Il y a les fainéants, les parasites et les médiocres qui ne construisent rien ; et il y a les autres qui, eux, construisent quelque chose, du plus banal au plus sublime.

L'humain ne vaut que par ses œuvres ; il ne vaut rien par lui-même.

 

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De Kamel Daoud :

 

"Un bon populiste est(…) un homme qui parle bien du Mal (de son époque), mais qui fera mal le Bien (s'il est élu). (…)

Le populiste n'a jamais aucun programme d'avenir, mais une proposition pour refuser le présent et restaurer le passé. (…)

Un populiste n'est pas souvent élu par la majorité, mais par défait (…).L'élu par défaut est celui d'une incroyance plus que celui d'une nouvelle foi."

 

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Les réseaux sociaux sont des moteurs de désinformations, de manipulation de masse, d'exhibitionnismes et de voyeurismes, de destruction d'intimités et de respectabilités, le la tyrannie de la médiocrité, de la bêtise, de l'ignorance et de l'inculture, du triomphe des opinions les plus fausses, les plus infondées, les plus scélérates, du mercantilisme le plus sordide, …

Il est urgent que la troisième génération de la Toile (celle des réseaux noétiques semi-fermés) émerge massivement et envoie les GAFAM à la faillite (dans moins de dix ans).

 

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Aucune expérience empirique n'est capable de démontrer la vérité certaine d'une théorie. En revanche, une seule expérience négative permet de prouver qu'elle est fausse. C'est cela le principe de falsifiabilité de Karl Popper (qui doit être complété par un principe de réfutabilité, ne serait-ce que logique – par exemple, la proposition "le mensonge n'est pas la vérité ; or la vérité n'est pas accessible, donc tout est mensonge" n'est pas falsifiable puisqu'elle ne peut être empiriquement confrontée au Réel, mais elle est logiquement fausse).

D'autre part, une proposition non falsifiable est une proposition vide et sans valeur. Tout ce qui ne peut être empiriquement confronté au Réel, est insignifiant.

Par exemple, la proposition "Dieu existe" est absurde parce qu'elle utilise un mot "Dieu" non défini. Si "Dieu" désigne le principe d'ordre et de cohérence du Réel, "Dieu" est falsifiable et il existe effectivement ; si "Dieu" désigne un "vieux barbu assis sur un nuage qui joue avec l'univers comme avec un pantin", Dieu est évidemment falsifiable et il n'existe pas.

 

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La famille précède la personne.

Faire émerger une personne autonome à partir d'un enfant, est son premier devoir.

Chacun naît d'abord et ne devient lui-même qu'ensuite – si tout se passe bien, ce qui est loin d'être toujours le cas. Beaucoup d'enfants le restent, jusqu'à leur mort ; après avoir été les enfants de leurs parents, il deviennent les enfants de la Patrie, de l'Etat, de la Société, etc …

 

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Tout dogmatisme ou fanatisme est preuve de faiblesse.

On ne devient fanatique que lorsqu'on sent ou ressent que ce que l'on prône, ne tient pas ou, au moins, pas assez.

 

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Tout ce qui n'appartient pas au Réel, passé ou présent, est totalement négligeable et doit être totalement négligé. Il faut rejeter toutes les fantasmagories, de tous les genres, sur tous les plans.

Le Réel ! Seulement le Réel !

 

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Les fascismes, le nazisme et les communismes sont, en fait, une seule et même doctrine fondamentale, mais déguisée diversement. Cette doctrine s'appelle le totalitarisme. Et le fait de faire semblant d'y distinguer un totalitarisme de droite (populiste, nationaliste et raciste) ou de gauche (socialiste, internationaliste et universaliste) est un leurre qui a permis, dans certains pays gauchisant dont la France, d'interdire – à juste titre – le nazisme ou les fascismes, mais de permettre l'existence et l'activité, encore aujourd'hui, d'un parti communiste et de factions trotskistes, maoïstes, castristes ou, plus généralement, marxistes ou socialistes.

La seule posture absolument, définitivement et radicalement opposée à toutes les formes de totalitarisme, est le libéralisme ; et ce, par définition même du mot.

Le libéralisme est l'antitotalitarisme absolu comme le totalitarisme (même "doux" et sournois comme l'étatisme ou le socialisme démocratique) est l'antilibéralisme absolu.

 

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Le Réel est totalement vrai puisque le Réel est seul à exister vraiment. Or Dieu ("le Divin") est le fondement ultime du Réel dont tout émane. Donc Dieu est totalement vrai.

Or, parmi les humains, la fausseté, l'erreur et le mensonge font florès. Donc …

Ou bien l'humain ne fait pas (totalement) partie du Réel …

Ou bien tout dans le Réel – donc dans Dieu – n'est pas totalement vrai …

J'opte pour la première branche de l'alternative : l'humain déconne et son imaginaire lui joue des tours lorsqu'il lui invente des pensées qui sont réelles mais fausses.

 

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Le favoritisme n'est une faute que dans le regard des égalitaristes.

Je préfère vivre, travailler, construire avec des personnes que je connais, que j'estime, que j'ai choisi, qu'avec n'importe qui.

Discrimination ? Oui ! La connivence, l'amitié, la complicité ou la fraternité ne se conçoivent qu'avec des gens dûment choisis et élus, qu'avec des gens qui sont en faveur.

 

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Fédéralisme européen … Une évidence !

Il faut abattre les Etats-Nations "souverains" et les nationalismes (patriotismes) qu'ils supposent : ils ont fait suffisamment de dégâts ces deux derniers siècles.

 

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Ce qui compte entre l'humain mâle et l'humain femelle, ce n'est pas l'égalité (qui n'existe pas), mais c'est la complémentarité essentielle dans le respect mutuel et l'amour réciproque.

 

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La foi n'est pas croyance. Elle en est même le contraire. La foi est chemin vers la connaissance. Avoir la foi, ce n'est pas croire en ceci ou cela, c'est vouloir, fidèlement, avancer sur un chemin de vérité.

 

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Le 04/12/2021

 

Pas toujours besoin de voir pour savoir.

 

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Les "spécialistes" – médecins, politiciens ou autres – qui pérorent depuis deux ans sur la "pandémie" – qui est devenue endémique – font de la biologie darwinienne primaire où le "hasard" des mutations génétiques induirait des "variants" totalement imprévisibles (et toujours moins virulents et dangereux). Ils font l'impasse totale sur les évolutions épigénétiques des virus ARN qui mutent, surtout poussés par un "élan de vie" (une intention systémique) qui les fait s'adapter à leur milieu (et à ses défenses), dans le seul but de pouvoir s'y reproduire à long terme. Les batteries de vaccins n'y changeront rien et se révèlent, évidemment, inefficientes. De plus, la vaccination diminue le niveau collectif naturel d'immunisation (un organisme vacciné ne cherche logiquement plus à développer sa propre immunité) : il y a donc de plus en plus de gens contaminés … mais de moins en moins dangereusement (sauf en cas de grande faiblesse ou de comorbidité grave).

Il faut se rappeler, de plus que, du fait de la fiabilité relative des tests nasaux (95%), sur 10.000 testés, il y aura 500 cas détectés, dont seulement 10 sont réels (les taux d'incidence doivent donc toujours être divisés par 50).

Il faut donc impérativement que les politiques et les médias cessent de faire du coronavirus leur fonds de commerce quotidien : il n'y a plus de pandémie depuis longtemps. Il n'y a plus qu'une sorte de grippe hivernale comme les autres.

 

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Les figures de la logique aristotéliciennes sont quatre et fausses.

 

  • Figure d'identité : ce qui est vrai est vrai et ce qui est faux est faux. Cela suppose une invariance de la valeur logique qui n'est jamais vérifiée dans le Réel : quelque chose de vrai aujourd'hui, peut se révéler faux demain.
  • Figure de non-contradiction : ce qui est vrai n'est pas faux et ce qui est faux n'est pas vrai : dans le Réel, n'importe quelle proposition peut être vraie selon certains points de vue et fausse selon d'autres.
  • Figure du tiers exclus : une proposition en peut qu'être vraie ou fausse : dans le Réel, une proposition peut prendre d'autres valeurs comme "indécidable", ou "incertaine", ou "indéterminée", etc …
  • Figure du syllogisme : si A implique B et si B implique C, alors A implique C : dans le Réel, c'est oublier que l'implication est toujours conditionnée par d'autres paramètres implicites (X, Y et Z) qui influencent autant que ceux explicitement mentionnés (A, B et C)

 

Que fait-il en conclure ? Que la logique logicienne (aristotélicienne ou non) est un outil utile, mais toujours approximatif et idéalisant.

Pour la rendre plus réaliste, il faudrait remplacer "vrai" par "probable" et "faux" par "improbable".

 

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Il faut encore le répéter : le "Cogito" cartésien ne fonde rien du tout. Ce "Je pense" n'est en rien une évidence dès lors que le "Je" ne veut rien dire.

Le "Cogito" doit impérativement être remplacé par un "Cogitandum est" : "Il y a pensée" (avec le "il" impersonnel de "il pleut").

 

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Bien distinguer "finalité" et "intention" est capital.

Rien, dans le Réel, n'a de finalité, de but préfixé, d'objectif prédéterminé.

En revanche, le Réel lui-même n'est que l'expression et la manifestation d'une Intention cosmique d'accomplissement en plénitude, de tous les possibles constructifs.

L'intention ne fixe aucun but futur ; elle fixe une règle de vie dans le présent en vue d'un futur variable, en fonction d'un passé particulier.

 

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La fin de l'humanité et son dépassement dans un surhumain sont probables, dans un futur sans doute assez lointain. Mais cela n'a pas beaucoup d'importance.

En revanche, le Réel (la Matière, la Vie et l'Esprit cosmiques) n'aura aucune fin (ni mort thermique, ni big-crunch), mais se perpétuera éternellement sous la forme d'îlots de complexité toujours plus complexe, sur un océan d'uniformité toujours plus vide.

 

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Pourquoi avons-nous des yeux ? Pour voir.

Pourquoi devons-nous voir ? Parce que la Vie à l'intention de se doter de tous les organes possibles pour mieux survivre (détecter les dangers et les opportunités).

Il n'y a aucune cause finale, là-dedans (ni dans quoique ce soit, d'ailleurs).

 

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L'intention dame le pion au hasard car qui cherche une solution a plus de chance de la trouver que qui ne la cherche pas et s'en remet au hasard.

L'intention oriente la flèche du temps et le champ de l'histoire.

Le hasardisme et la finalisme et le causalisme sont tous trois battus en brèche par l'intentionnalisme.

 

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L'intention est la puissance du présent qui le libère (partiellement) de la généalogie et qui lui crée (partiellement) une téléologie.

 

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En suivant Blaise Pascal, "l'esprit de géométrie" est une approche idéalisante et simplifiante du Réel (comme la géométrie idéalise et simplifie les figures, toujours irrégulières et tordues du Réel où rien n'est circulaire ou triangulaire ou cylindrique ou conique), alors que "l'esprit de finesse" accepte et assume la complexité réelle du Réel qu'il ne tente pas de réduire à une grille de lecture appauvrissante.

La physique classique et la logique formelle relèvent de l'esprit de géométrie.

La physique complexe et la logique processuelle relèvent de l'esprit de finesse.

 

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La finitude est une affaire de temps. La finité est une affaire d'espace.

 

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Le Réel a une finité (il est fermé sur lui-même dans un espace à quatre dimensions) et une intention, mais il n'a ni finitude, ni finalité.

 

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Les athées et autres mécréants (au sens étymologique de "ceux qui croient mal") confondent, presque toujours la "foi" et les "croyances" qui n'ont pourtant rien à voir l'une avec les autres.

L'athéisme, en ce sens, est une croyance aussi imbécile que les croyances religieuses.

La foi est autre chose : elle est toute entière confiance dans ce qui nous dépasse (que l'on appelle cela Dieu ou Réel ou Un ou Absolu, … n'a aucune importance).

La foi implique que l'on ait confiance dans cette simple assertion (très leibnizienne) que tout ce qui existe et arrive a une bonne raison d'exister et d'arriver.

La foi, c'est avoir confiance en la cohérence du Réel.

La foi fonde une spiritualité (la spiritualité car, au fond, il n'y en a qu'une), alors que les croyances fondent les religions.

On peut avoir une foi biblique (c'est-à-dire avoir confiance en la qualité du texte de la Bible qui reste éternellement à étudier et à interpréter) sans, pour autant, croire en la réalité de l'existence d'Abraham ou de Moïse, ou en la réalité des miracles (comme les prodiges de Moïse devant Pharaon ou le franchissement de la mer de joncs).

Toute foi est ésotérique (donc appelant une herméneutique infinie) au service de la spiritualité, dans le cadre d'une tradition.

Toute croyance est exotérique (donc appelant obédience pratique) au service d'une religion dans le cadre de ses dogmes.

 

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Il n'y a pas de science possible sans acte de foi en l'existence et en la cohérence de l'univers et de tout ce qu'il contient. Et cela n'a rien d'une croyance ; c'est une posture volontaire et volontariste : la posture la plus réaliste.

 

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Le fonctionnalisme est fondé sur une approche holistique et systémique du Réel ; il affirme que tout ce qui existe, a une fonction à accomplir et n'existe que pour cela.

C'est une autre expression du principe de "raison suffisante" de Leibniz.

La fonction de l'humanité, c'est d'accomplir le Vie et de faire émerger l'Esprit au niveau de la Terre.

 

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Le fondamentalisme n'est pas un "retour" aux fondamentaux, mais un retour à la littéralité imbécile des textes.

 

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Le fondement de toute éthique est l'Intention cosmique immanente d'accomplissement en plénitude. Le devoir de tout ce qui existe est d'y contribuer en visant, en permanence, l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Quant à la morale (collective), elle n'a d'autre fondement que d'être une convention locale et momentanée formant us et coutumes.

 

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Quoique s'opposant tous deux à l'idéalisme, comment peut-on confondre matérialisme et réalisme ?

Le réalisme ne connaît et ne veut connaître que le Réel comme seule réalité absolue.

Quant au matérialisme, il n'a pas vu que la matière n'est nullement première mais qu'elle est une production du Réel par encapsulation d'activité : la matière n'est qu'une émergence hors de l'immatérialité primordiale (c'est le moment de cette émergence que l'on appelle, à tort, le big-bang qui n'est nullement le début du Réel, mais le début de l'univers matériel – qui est le nôtre - issu du Réel).

 

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La Fraternité (qui n'est pas fratrie au sens biologique) n'existe réellement qu'entre des personnes reconnaissant le même Père et la même Mère. La fraternité républicaine n'est qu'un abus de langage ; le fraternité humaine aussi.

La Fraternité, la vraie, se définit par ce Père et cette Mère communs dûment reconnus et honorés par les Frères.

Par exemple, pour la Franc-maçonnerie régulière universelle, ce Père est le Grand Architecte de l'Univers (qui est bien plus que la Dieu des monothéismes) et cette Mère est la Tradition initiatique (qui est bien plus qu'une série de cérémonies véhiculant des rituels et des symboles).

Mais il est aussi des Fraternités réelles, néfastes et toxiques, comme celle des Frères musulmans dont le Père commun est le prophète Mahomet et dont la Mère commune est la Littéralité coranique ; cette Fraternité-là fonde un fondamentalisme intégriste parfaitement abject et nauséabond.

 

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La gaieté est un état d'esprit qui prédispose à l'accomplissement enthousiaste de soi et de l'autour de soi, qui, lui-même, induit la joie.

La gaieté est le prélude à la joie. Elle la prépare et la prédit, en quelque sorte.

 

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Souvent, surtout à gauche, on déclare que la "'gauche" est "progressiste (donc dans la fuite en avant par l'utopie), pour la justice sociale, (donc l'égalitarisme) soucieuse des plus pauvres et des plus faibles (donc le victimisme)", et que la "droite " est "conservatrice (donc dans la fuite en arrière par le "bon vieux temps"), pour l'ordre (donc l'autoritarisme), soucieuse de la grandeur et de la prospérité de la nation (donc le nationalisme)".

Cela me rassure car cela signifie que le libéralisme, la seule voie possible et constructive, n'est ni de gauche, ni de droite. Ouf !

En effet, au-delà des mots vides utilisés, la gauche et la droite promeuvent, toutes deux, un étatisme (prélude de tout totalitarisme), l'un misérabiliste et culpabilisateur, l'autre héroïque et arrogant.

Pourtant, l'étatisme est la plus flagrante dénégation de l'autonomie et de la responsabilité personnelles face au monde et à la vie.

 

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La générosité gratuite envers n'importe qui, n'est que l'autre nom d'une avidité de reconnaissance ou que, comme la charité chrétienne, un investissement en vue de dividendes éternels.

La générosité authentique n'a de sens que vis-à-vis d'un petit nombre que l'on s'est choisi, que vis-à-vis de sa famille, de son clan ; tous les autres ne méritent qu'indifférence : ils sont leur propre problème, pas le nôtre.

 

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La globalisation géopolitique constate que les problématiques humaines sont devenues globales, par-delà toutes les frontières.

La mondialisation – qui a fait long feu et qui, à présent, s'étiole – ne fut, en fait, que la promotion des solutions américaines aux problèmes globaux du monde.

 

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Il est assez triste de réduire le concept de "gnose" à cette hérésie chrétienne alexandrine appelée "gnosticisme" (qui est, d'ailleurs, un dualisme incompatible avec le gnosisme).

La gnose est la connaissance absolue du Tout-Un, qui est une communion totale avec le Réel au-delà des distinction ontologique entre Matière, Vie et Esprit. La gnose est au-delà de tous les langages ; elle est une reliance intuitive directe et immédiate avec le Réel.

 

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Le 05/12/2021

 

Rien n'est jamais gratuit. Toute action a un motif … parfois altruiste, mais toujours gratifiant.

 

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Les masses ou la foule sont de "gros animaux" que les démagogues savent dresser à leur profit ; mais dresser un gros animal, c'est toujours le flatter, le récompenser, la caresser dans le sens du poil, le manipuler dans le sens où il veut aller.

C'est exactement cela qu'est devenue la politique dans une démocratie au suffrage universel : la manipulation d'un gros animal stupide par quelques joueurs de flûte.

 

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La guerre est un tout dont les batailles entre militaires ne forment qu'une partie.

La guerre est affaire politique et non militaire.

La guerre n'est jamais justifiable et ses fauteurs sont rarement justiciables.

Mais, c'est toujours celui qui la déclare et qui la déclenche, qui a absolument tort.

 

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A une époque donnée, dans une contrée donnée, la morale est une convention comportementale, transmise par l'éducation et souvent consolidée par les lois ambiantes.

Pourquoi la majorité des gens sont-ils moraux ? Par crainte du regard des autres et/ou de la punition judiciaire. Robinson Crusoé, seul sur son île déserte, resta-t-il moral ? La notion de "morale" y avait-elle encore un sens. A mon avis, la morale n'est que collective ; c'est l'éthique que l'on se fixe qui est personnelle et fondamentale. Cette éthique peut, ou pas, être conforme à la morale ambiante : lorsque la morale est inique, la désobéissance civile est un devoir éthique.

 

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Les routines et habitudes d'une vie bien ordonnée, bien organisée, bien structurée, permettent de ne plus perdre son temps à régler les banalités et de le consacrer à ce qui est à construire.

 

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Dès lors que l'on dualise l'objet et le sujet, tous les doutes sont permis quant à l'existence réelle de l'objet qui, au fond, n'est que perception, peut-être totalement imaginaire, du sujet. Tout cela n'est qu'aporie stérile.

Il faut partir d'un autre point : le Réel existe au-delà de toute perception que quiconque puisse en avoir. Toute perception n'est qu'épiphénomène induit dans le Réel par le Réel lui-même. La distinction éventuelle entre sujet et objet est purement épiphénoménale : deux manifestations locales interagissantes du Réel lui-même.

 

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Il est amusant de constater combien le mot "âme" effraie les athées, surtout s'ils sont d'origine chrétienne.

Alors que l'âme n'est que ce le moteur de l'existence (anima en latin : "ce qui anime", ou psychê en grec : "souffle, principe vital"). L'âme, c'est ce qui désire son propre accomplissement, c'est le siège de la volonté, de la vocation, de la "bonne raison d'exister". Elle fait partie intégrante de l'humain qui, outre elle-même (l'élément Air), possède un corps (support de la mémoire de tout le vécu – l'élément Terre), un cœur (la sensibilité et ses diverses formes – l'élément Feu) et l'esprit (l'intelligence et ses diverses modalités – l'élément Eau).

L'athée dont il est question, panique à l'idée que cette âme puisse être éternelle et implique un autre monde céleste, spirituel ou divin. Or rien de tel n'est sous-entendu dans l'idée d'âme. Panique de redevenir chrétien après tant d'efforts pour ne plus l'être …

 

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D'Héraclite :

 

"Il y a pour les éveillés un monde unique et commun,

mais chacun des endormis se détourne dans un monde particulier."

 

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L'harmonie, c'est l'absence ou la réduction maximale des dissonances dues aux tensions entre les divers pôles d'un processus.

L'harmonie se traduit soit par l'uniformité entropique (le silence), soit par la complexité néguentropique (l'accord le plus parfait et riche possible).

 

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Le hasard n'est que la poubelle de nos ignorances.

Mais cela ne signifie nullement que tout soit précisément déterminé.

Le contraire du hasardisme n'est pas le déterminisme (ni causaliste, ni finaliste).

Le contraire du hasardisme, c'est l'intentionnalisme constructiviste : toute rencontre peut être une opportunité qui contribue à l'accomplissement de l'intention.

Dès lors que l'on est à l'affût de tout, plus rien n'advient par hasard.

Ce que l'on nomme erronément "hasard", n'est que la convergence des intentions particulières au sein de l'Intention cosmique.

 

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L'hédonisme est la plus pauvre de toutes les philosophies existentielles. Le plaisir est une source d'esclavage et de dépendance (donc d'hétéronomie). Sa fugacité même en souligne la stérilité et sa pauvreté.

Il ne s'agit pas de refuser tout plaisir lorsqu'il se présente ; il s'agit de ne jamais le rechercher.

Le jouisseur ne construit jamais rien, n'accomplit jamais rien, et reste donc étranger à la Joie qui fonde l'eudémonisme.

La seule chose que Freud ait souligné avec intelligence, c'est la différence fondamentale entre "principe de plaisir" et "principe de réalité" ; mais, bien sûr, il s'est trompé en promouvant le principe de plaisir comme le moteur premier de l'humanité. Ce principe de plaisir n'est que le moteur de la masse des médiocres.

 

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Héraclite fonde la métaphysique du Devenir et récuse jusqu'à la notion même d'Être. Rien n'est, tout advient et devient. C'est l'évidence même. Et pourtant, sauf quelques exceptions, la philosophie occidentale s'est toujours vautrée dans la fange fallacieuse de l'essentialisme parménidien et éléate, jusqu'à diviniser l'Être et faire de son Dieu, l'Être suprême.

Bien logiquement, dans ce contexte essentialiste, la physique classique est devenue foncièrement objectale (l'univers est un assemblage de briques élémentaires appelées "atomes"). Ce n'est que très récemment que la physique a commencé à devenir processuelle.

 

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Jules Renard disait du christianisme qu'il est "une hérésie de la religion juive". Je confirme joyeusement et fermement. A ceci près que le judaïsme est une spiritualité, une tradition et une culture, mais non une religion.

 

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Tout, toujours, n'est qu'interprétation, donc herméneutique. Il n'y a que les rationalistes bornés (pléonasme) qui ne puissent le comprendre que tout est symbole.

La connaissance authentique est "compréhension" toujours, mais "savoir", jamais.

Dans le Réel, tout ce qui est vrai, a un sens ; tout ce qui a un sens, est vrai. Interpréter, c'est chercher ce sens. Que me dit la Nature ? Que me dit la Torah ? Que me dit le poème "Correspondances" de Charles Baudelaire ?

 

La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

L'homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l'observent avec des regards familiers.

 

Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

 

Les indispensables notions d'ésotérisme, de symbolisme, d'herméneutisme, passent bien au-dessus de la tête d'un petit professeur guindé de philosophie scolaire (qui n'est pas un philosophe – cfr. Schopenhauer) confit de rationalisme, d'athéisme, d'académisme, d'idéologisme, de réductionnisme, d'analycisme, … et de crypto-marxisme, voire de crypto-gauchisme, qui plus est.

 

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La Vérité, c'est le seul Réel, et elle est inaccessible dans sa totalité. La pensée humaine est condamnée à l'infinie interprétation du sens de ce qu'elle perçoit afin d'exposer ce qu'elle conçoit.

 

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Il faut encore et toujours le répéter contre les tenants d'un droit-de-l'hommisme typique d'un idéalisme infantile : les humains ne sont égaux ni en droits, ni en dignité.

Ils n'ont de droits qu'en proportion des devoirs accomplis.

Ils n'ont de dignité qu'en proportion de la noblesse de leurs actes.

 

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Qu'est-ce qu'un homme ? Un humain qui a réussi à s'extraire de l'esclavage de ses croyances et de ses servitudes volontaires, à se hisser au-dessus  du leitmotiv "du pain et des jeux" propres aux masses populaires, à renoncer à tout nombrilisme et narcissisme, à vouer son existence au service de la Vie et de l'Esprit, à se mettre intégralement au service de ce qui le dépasse infiniment.

Tous les autres ne sont que des animaux humains sans beaucoup d'intérêt, sans dignité, sans valeur.

 

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Le 06/12/2021

 

De Marcel Gauchet :

 

"Même les syndicats donnent l'impression que le sens du travail n'est pas un problème pour eux. Ils parlent conditions de travail ou temps de travail, mais pas de ce que veut dire le travail pour ceux qui l'effectuent. Ils ont en fait le même langage que les patrons, bien qu'ils ne soient pas du même bord. Il ne s'agit pas de leur reprocher une quelconque trahison mais d'observer la manière dont ils se sont laissé gagner par une vision du monde social où cette question est absente. L'aspiration la plus banale, mais la plus profonde de la population, celle d'avoir un travail dans lequel on se reconnaît et qu'on s'emploie à bien faire pour en vivre dignement, a été expulsée de la grille officielle. Le seul problème, c'est le coût du travail, on se contrefiche qu'il soit bien ou mal fait"

 

Oui, on perd son temps à parler du coût, de la durée, de la rémunération du travail, mais on oublie de parler du travail lui-même, de son contenu, de son sens, de sa valeur (qui n'est pas son prix).

 

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De l'imitateur-humoriste Laurent Gerra :

 

"La société a changé, il y a plus de chaînes de télévision, il y a désormais les réseaux de cas-sociaux. Cela va plus vite. Les gens vont s'acharner si quelqu'un dit quelque chose qui déplaît, mais cela va durer un ou deux jours car une nouvelle polémique va émerger. Il y en a partout. Soit on en tient compte, soit on s'en fout."

 

J'aime beaucoup l'expression "les réseaux de cas-sociaux" ; belle trouvaille.

Mais sur le fond, l'idée d'une montée hallucinante de l'esprit de polémique est inquiétante car la polémique se construit sur l'ignorance et s'adresse à la stupidité.

 

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De Georges Brassens :

 

"Je ne sais pas s’il y a plus de cons qu’avant (...) Je crois qu’ils se manifestent plus qu’autrefois. On leur demande leurs avis, on les sollicite perpétuellement. Comme ils sont plus faciles à manipuler que d'autres, on leur donne une importance qu’on ne leur donnait pas avant. Ils sont peut-être plus redoutables aujourd’hui parce qu’ils disposent de moyens d’expression (...) On les interviewe, on les photographie, on les monte en épingle, on les flatte pour mieux les dépouiller."

 

Au contraire de l'ami Georges, je crois que les cons deviennent de plus en plus nombreux (l'éducation nationale fait tout pour cela) et de plus en plus cons (c'est l'effet amplificateur des médias sociaux).

 

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Qui est le plus malhonnête ? Le fort qui tire profit de la bêtise du faible ou le faible qui tire profit de la pitié du fort ?

 

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La justice n'est pas l'équité.

La justice veut l'égalité en tout et, en cela, elle est totalement injuste : elle condamnera un riche même très honnête au profit d'un pauvre même très malhonnête.

L'équité reconnaît à chacun des mérites différents et, en ses jugements, en tient compte.

 

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L'obsession de "justice" chez les gauchisants est exaspérante. Cette justice-là n'existe pas ou est foncièrement injuste. Cette justice-là exprime que les humains supérieurs ont tort de l'être, quoiqu'ils fassent, et que les humains inférieurs ne peuvent qu'être des victimes, quoiqu'ils fassent.

Cette justice-là n'est que l'apologie de la médiocrité et l'idéologie du victimisme.

 

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L'esprit d'honneur n'est rien d'autre que la quête, en tout, d'une noblesse de vie et d'action. Et cette noblesse s'exprime chaque fois que la vie ou l'action se tournent vers ce qui est dépassement de soi, au service de la Vie et de l'Esprit.

 

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La sagesse c'est d'abord ne rien penser, dire ou faire qui puisse produire honte, ou à soi, ou à d'autres.

 

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Chacun naît humain, c'est-à-dire homo sapiens demens, femelle ou mâle. A partir de là, il faut tenter de dépasser l'humain et de tendre vers le Surhumain. Ces tentatives sont rares et la majorité des humains restent de médiocres animaux, orgueilleux et vaniteux, parasites et destructeurs.

 

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L'humanisme n'est que le nom euphémique de l'anthropocentrisme ; il fait de l'humain le centre, le sommet et le but du monde. Il s'agit d'un narcissisme nombriliste. Avec Nietzsche, je proclame hautement que tout ce qui est humain doit impérativement être dépassé.

L'humain n'a sens, valeur et noblesse que comme passerelle entre l'animalité et la surhumanité.

 

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Le seul grand et noble devoir des hommes supérieurs, c'est d'encourager et d'aider les humains à sortir de leur médiocrité et à dépasser leur "humanitude".

Mais c'est presque toujours un vœu pieux.

 

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L'humanitarisme a une très fâcheuse conséquence ; il concourt à la croissance démographique.

 

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Tout le génie de l'humanité tient en quelques milliers de livres (au plus).

Hors de là : rien !

 

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Tout ce qui existe est, à la fois, substance, forme et intention

Il n'y a qu'un seul Réel, unitaire et unitif, totalement organique. Mais il se manifeste sous ces trois "espèces".

Ce sont les trois piliers du Réel dont les combinaisons ou, plutôt, les dosages produisent, successivement, la Matière (substance et forme, mais peu d'intention), la Vie (substance et forme, mais avec beaucoup plus d'intention) et l'Esprit (forme et intention, mais peu de substance) qui fondent et animent tout ce qui existe.

 

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Le matérialisme est une forme aigüe de myopie qui ne voit – qui ne veut voir – que la Matière (qui n'est que la première émergence secondaire) sans en voir les fondements cosmologiques et métaphysiques.

 

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La morale, c'est toujours de la moraline.

Les vices et les vertus ne sont que des mots vides : vertu ici, vice là, vertu pour celui-ci, vice pour celui-là, vertu dans tel cas, vice dans tel autre, vertu selon ce regard, vice selon cet autre.

La morale n'est que l'instrument de contrôle, dans les mains du plus grand nombre, des éthiques autonomes, parfois géniales, parfois nocives.

La morale voudrait soumettre les architectes aux habitudes des ouvriers du chantier.

 

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Une hypostase porte et fonde.

Le passé (l'accumulation réelle et non évanescente des états antérieurs du Réel) est l'hypostase du présent. Et l'activité (bien réelle) du présent est l'hypostase de l'évolution future, mais non encore accomplie.

 

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En science, les hypothèses, fournies par cette sensibilité holistique qu'est l'intuition, permettent à l'intelligence structurante d'ordonner l'amas des faits fournis par l'expérience (qui est une sensibilité analytique et sensitive) ; cet ordonnancement n'est jamais parfait et contient toujours des failles, des trous, des biais ou des ruptures que l'intelligence créative tentera de combler au travers d'une théorie. De cette théorie, par déduction, on pourra prédire de nouveaux faits que l'expérience devra vérifier.

Cette approche hypothético-déductive du Réel, est la seule qui vaille (et l'on pourra, sans problème, parler de spiritualité, de métaphysique, d'éthique ou d'épistémologie hypothético-déductives).

Toute autre prétendue "connaissance" n'est que charlatanisme (ainsi de la psychologie, des psychothérapie, de l'anthropologie, de l'économie, de la sociologie et, globalement, de toutes les pseudo "sciences humaines", voire même d'une bonne part de la médecine).

 

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Le seul critère de véridicité d'une théorie est sa cohérence interne et, surtout, de sa cohérence avec le Réel.

Une théorie n'est ni vraie ni fausse ; une théorie dit, ou pas, une vérité sur la cohérence du Réel.

 

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Il n'est de "science" (donc de connaissance) qu'exacte c'est-à-dire hypothético-déductive, organisant, avec rigueur, une permanente dialectique entre un univers-image fourni par les sensibilités et un univers-modèle fourni par les intelligences, validée sur le seul critère de leurs cohérence globale.

Tout le reste n'est que conjecture, toujours subjective et infalsifiable, partielle et partiale, idéologique en somme.

 

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L'idolâtrie confond le Réel et sa représentation ; elle réduit le Réel à cette représentation qui ne symbolise plus (et n'appelle donc plus aucune herméneutique qui doit la dépasser sans cesse).

 

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La Bible hébraïque ne dit pas Dieu, mais elle parle du Divin.

Affirmer le contraire serait de l'idolâtrie, la Bible devenant Dieu.

 

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L'admiration pour ce professeur de philosophie que fut "Alain" (Emile-Auguste Charrier) est symptomatique d'une mouvance philosophique française restée coincée dans le positivisme desséché de la fin du 19ème siècle.

Amour des momies, sans doute …

 

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Il ne faut jamais perdre son temps avec les idéaux qui ne sont que des fantasmes irréels : ils n'existent pas et n'existeront jamais. Et c'est tant mieux, tant ils sont à la mesure de l'humain : simplistes.

 

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L'idéalisme est la superstition des idéaux.

 

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Quelle idée saugrenue de confondre "idéalisme" et "spiritualisme", de confondre l'idolâtrie des fantasmes simplistes et l'évidence de l'Esprit comme hypostase du Réel (avec la Matière et la Vie).

C'est une faute récurrente de la philosophie française, notamment en nommant "idéalisme allemand", le spiritualisme romantique (et anti-kantien) d'un Fichte, peut-être, mais surtout d'un Schelling et d'un Hegel.

 

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L'anti-idéalisme, c'est le réalisme c'est-à-dire le fait d'accepter le Réel tel qu'il est et tel qu'il va, non par quelque fatalisme désabusé, mais par pleine lucidité et pleine conscience que le Réel est un chantier où tout se construit et doit se construire, et où chacun à sa part, non contre lui, mais avec lui et pour lui.

 

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Les mathématiques sont un langage de pure idéalisation, un langage purement humain et conventionnel qui n'est en rien ni le "langage de Dieu" (Galilée), ni la "forme" du Réel. Les mathématiques, moyennent force simplifications et simplismes, ne peuvent traduire, dans la représentation humaine du Réel, que certaines relations purement quantitatives entre des mesurables. Mais le Réel contient bien d'autres choses et est d'essence complexe donc jamais réductibles à des idéalisations simplificatrices.

 

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Une idée est plus qu'une image ou une représentation ; elle est une structure conceptuelle qui parle des attributs généraux d'un ensemble et non de tel ou tel objet particulier.

 

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L'identité de quoique ce soit, c'est sa généalogie c'est-à-dire le cumul de ce qui a été hérité et de ce qui a été acquis. Chacun n'est que la synthèse de ce qui a été vécu par lui et par ce qui a été vécu en aval de lui et dont il a hérité.

 

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L'identité, comme tout le Réel, est accumulative. Elle se transforme à chaque instant, et est susceptible de s'enrichir ou de s'appauvrir.

 

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L'idéologie est le cancer de toute pensée. Elle relève du fantasme.

 

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La physiologie est à l'individu ce que l'économie est à la société.

C'est elle qui en irrigue tous les organes et qui y transforme tous les flux.

L'économie, c'est la vie collective. Tout le reste (le politique, le social, le culturel, le moral, …) n'en sont que des conséquences ou des miroitements (comme la défécation l'est à la physiologie).

 

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Que dire du marxisme ? Qu'il est le fantasme le plus déconnecté de la réalité qui puisse s'inventer par des esprits malades et pourris, dans la haine absolue du Réel et de l'histoire humaine. Le marxisme est l'aberration majuscule qui symbolise, à lui seul toute la déchéance et tout le nihilisme de ces 150 dernières années, de cet effondrement nauséabond de la Modernité qui a enfanté tous les totalitarismes.

 

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Le 07/12/2021

 

Le judaïsme s'est construit tout entier contre trois vices : l'ignorance, l'idolâtrie et l'esclavage. Des trois vices sont intimement liés : un ignorant sera plus enclin à adorer des idoles (comme l'Etat ou l'Argent) et à en devenir esclave.

 

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La Connaissance (la science, donc) est affaire de sensibilité (expérimentale dans l'univers-image) et d'intelligence (théorique dans l'univers-modèle).

La Sagesse (la philosophie, donc) est plus affaire de conscience (harmonisation des quatre pôles de l'esprit : mémoire, volonté, intelligence et sensibilité).

Toutes deux sont alimentées par la mémoire de l'acquis et du vécu.

Quant à l'Action, elle mobilise la Connaissance et la Sagesse au profit de la volonté.

 

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Un "Etat illibéral" est un pléonasme. Par définition, tout étatisme est un antilibéralisme. De même, une "Démocratie illibérale" est également pléonastique puisque le suffrage universel implique toujours la tyrannie des masses ignorantes et incultes, et la servitude volontaire aux démagogues.

Il y a seulement des Etats et des Démocraties un peu moins illibéraux que d'autres.

La France et la Scandinavie le sont un peu moins que la Pologne, la Hongrie ou la Turquie ; mais l'Allemagne, les Pays-Bas ou les îles britanniques le sont beaucoup moins que la France.

 

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L'illuminisme, malgré ce qu'en disent les rationalistes étroits (encore un pléonasme), n'a rien d'un mysticisme fumeux ; il célèbre, sans plus, la puissance de l'intuitionnisme et du holisme contre la ratiocinations analycistes et logicistes. C'est l'intuition qui est lumineuse et non pas Dieu ou le surnaturel.

 

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La plus grande des illusions ? Le rationalisme qui croit que le raisonnement analytique et logique est la seule voie de véridicité.

Croire que le Réel est un assemblage d'entités est l'illusion analytique.

Croire que la logicité du Réel est la logique aristotélicienne en est une autre.

 

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La croyance en l'existence naturelle de valeurs morales universelles est la pire des illusions.

 

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L'imagination – c'est-à-dire l'intelligence créative – a pour fonction première de combler les trous de notre représentation du monde réel. Mais elle peut aussi être dévoyée et se créer des mondes imaginaires, comme les religions ou les idéologies. Ce sont ces mondes imaginaires qui mettent l'humanité à feu et à sang depuis la nuit des temps.

Elle peut aussi être détournée vers la création artistique, c'est-à-dire au service de l'inutile.

 

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Le Tout-Un est à la fois immanent (il reste – manere – dans – in – tout ce qui existe puisque tout ce qui existe est sa manifestation) et transcendant (il s'élève - scandere – au-delà – trans – de tout ce qu'il englobe et contient puisque le Tout complexe est plus que la somme de ses parties – ce qui donne définitivement tort au rationalisme analyciste et logiciste).

 

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Ni la Matière, ni la Vie, ni l'Esprit ne sont premiers et fondateurs du Réel ; ils sont des productions secondes, issues, par émergence, de l'Intention qui, seule, fonde le Réel.

 

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C'est une impardonnable erreur du matérialisme de réduire l'esprit au cerveau.

L'esprit est consubstantiel à la totalité du corps (chaque cellule a de la mémoire et de la sensibilité). Le cerveau n'est qu'un organe de logistique informationnelle. Ce n'est pas lui qui pense ou décide : erreur monstrueuse du neuroscientisme.

 

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L'immoralisme – qui n'est pas une absence d'éthique, bien au contraire – est le contraire du moralisme c'est-à-dire de cette prétention d'affirmer des valeurs morales éternelles et universelles.

En réalité, les "valeurs morales" ne sont que des habitudes comportementales collectives.

En revanche, les valeurs éthiques, toutes personnelles qu'elles soient, doivent être construites, par chacun, en fonction de son projet de vie.

 

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Il est réconfortant de lire que : "l'immortalité de l'âme n'est pas (…) une idée juive". Cette idée ne se trouve nulle part dans la Torah. Ni celle d'un "autre monde", ni celle de "résurrection", etc …

La seule promesse de l'Alliance est la prospérité future sur Terre pour les nombreux descendants de la Maison d'Israël.

Somme toute, une eschatologie sans sotériologie.

Les idées d'immortalité de l'âme et d'un autre monde (dualisme ontique) sont typiquement platoniciennes et ont été reprises comme tel par le christianisme paulinien.

 

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Il faut combattre Platon et Kant : il n'existe pas d'impératifs catégoriques c'est-à-dire absolus, universels et éternels. Il n'existe que des impératifs hypothétiques c'est-à-dire personnels, éthiques et liés à certaines conditions.

 

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Le seul impératif humain n'est pas d'être libre, mais bien de construire sa propre autonomie afin d'en nourrir l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

 

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L'impermanentisme (celui d'Héraclite, de l'Ecclésiaste, de Montaigne, des taoïstes, du zen, etc …) est l'autre nom du processualisme c'est-à-dire de la métaphysique du Devenir.

 

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Chacun perçoit, d'abord, ce qui l'impressionne. Et ce qui impressionne n'est pas forcément le plus intéressant ou le plus important. Le sensationnalisme a encore de beaux jours devant lui.

 

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La philosophie repose sur trois pieds et trois seulement : la métaphysique (cosmologie), l'éthique (anthropologie) et l'épistémologie (gnoséologie).

Tout le reste (morale, psychologie, idéologie, …) doit lui rester étranger.

 

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La seule et unique certitude absolue est "il y a".

 

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L'obsession de "vérité" et/ou de "certitude" est philosophiquement dommageable et inutile : rien, jamais, ne sera ni absolument vrai, ni absolument certain. Dont acte. Et ce n'est pas un raison pour pleurnicher sur notre "condamnation" à l'incertitude.

La seule chose que nous puissions rechercher, c'est la cohérence (holistique et analytique) entre notre univers-image (l'ensemble de tout ce que l'on a perçu – y compris ce que d'autres ont perçu et conçu) et notre univers-modèle (l'ensemble de tout ce que l'on a conçu).

Cette cohérence est fondamentale et évolutive ; elle est processuelle, elle aussi.

 

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Le Réel est-il inconnaissable ? Je ne le crois pas dès lors qu'on sort du rationalisme analyciste et logiciste, et que l'on fait confiance à son intuition profonde. Pour étayer cette confiance – donc cette foi -, il suffit de comprendre que chaque esprit humain n'est que la manifestation de l'Esprit cosmique qui se connaît parfaitement lui-même par définition.

Ce n'est pas mon esprit qui pense et connaît, c'est à travers moi que l'Esprit cosmique se pense et se connaît (comme c'est à travers moi que la Matière se matérialise et que la Vie se vit).

Le seul vrai problème est d'en prendre totalement conscience et, ainsi, d'établir la reliance entre mon esprit qui cherche à connaître, et l'Esprit qui connaît. Ce pont, cette passerelle s'appelle l'intuition (une sensibilité holistique qui se met en résonance avec le Tout-Un qui s'y réfléchit).

 

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L'inconscient, au sens de Freud, n'existe pas ! La conscience est un processus, pas un objet. La conscience peut être active, ou pas. Si elle ne l'est pas, elle ne produit rien … et surtout pas des "objets" inconscients.

La conscience n'est que le processus d'harmonisation (de la dissipation des tensions) entre la mémoire (le vécu), la volonté (l'intention), l'intelligence (l'organisation) et la sensibilité (le perçu). Rien de plus, rien de moins.

 

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L'espace et le temps ne sont pas des "incorporels" ; ce sont des référentiels conventionnels pour la mesure des volumes et des durées.

 

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Inepties …

Tout est processus, même la production de la matière par encapsulation de l'activité prématérielle (bosonique) ; donc la matérialisme est une ineptie.

Tout est processus, même l'invention d'une rationalité par imitation idéalisée de la cohérence cosmique ; donc la rationalisme est une ineptie.

Tout est processus, même l'évolution du Réel par application d'une logicité intentionnelle que l'on peut dire divine : donc l'athéisme est une ineptie.

Tout est processus, donc rien n'est permanent, sauf, malheureusement, les inepties des doux rêveurs, nostalgiques d'un idéalisme suranné.

 

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"Dieu existe-t-il ?" serait, selon certains, une question indécidable. Voilà qui est faux. Cette proposition n'est indécidable que tant que l'on ne définit pas convenablement et rigoureusement ce que l'on signifie par le mot "Dieu".

Dieu-le-Père selon le catholicisme, le "Dieu" de Spinoza ("autrement dit, la Nature" c'est-à-dire "ce qui est en train de naître") et l'Un selon Plotin ne disent pas du tout la même chose.

C'est cette imprécision du concept qui rend la question (et son contraire : "Dieu n'existe-t-il pas ?") indécidable.

Il n'y a là aucun problème métaphysique, seulement un problème de vocabulaire.

Le rejet du mot "Dieu" et la profession d'athéisme qui s'ensuit, sous la plume d'un philosophe français d'origine catholique, n'est que l'expression d'une frustration infantile, d'un mauvais souvenir d'enfance. Ce n'est pas de la métaphysique ; c'est du ressentiment.

 

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A propos des délires pseudo-pandémiques …

Le pouvoir, étant de plus en plus fragile et illégitime, veut prouver au troupeau qu'il prend bien soin de lui.

Peu importe la science, ce qui compte, c'est la communication ... et bien des profiteurs attisent cette communication directive.

 

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Non pas l'indifférence nihiliste (tout se vaut, rien ne vaut), mais au contraire les imprescriptibles réalité des différences et droit à la préférence.

Par exemple, les cultures et les religions humaines ne sont pas égales puisqu'elles sont fondamentalement différentes et chacun a le droit d'avoir ses propres préférences : je préfère vivre et travailler avec des européens et des asiatiques plutôt qu'avec des africains, comme je préfère le comportement des juifs et des protestants à celui des musulmans.

 

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L'indifférence (l'indifférentisme) n'est pas l'indifférenciation (l'indifférencialisme). L'indifférenciation refuse de constater les différences et prône une sorte d'égalité neutre de tout avec tout : tout se vaut. L'indifférence refuse de faire des différences : rien ne vaut.

Il faut, tout au contraire, constater et affirmer les différences, et exprimer ses préférences : il y a ce qui vaut (ou pas) et ce qui vaut plus (ou moins).

Il faut le dire et le répéter : rien, jamais, n'est l'égal de rien (l'égalité - et l'égalitarisme qui en est l'idéologie, est une abstraction absurde et vide) puisque tout est unique (cfr. Leibniz).

 

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Elle est incroyable cette incompréhension récurrente du concept d'individualisme. L'individualisme, c'est le culte de l'autonomie personnelle, et rien d'autre. Il n'exclut nullement la socialité, la civilité ou l'altruisme comme il exclut l'égocentrisme (l'autonomie est indissociable de l'interdépendance).

L'individualisme ne s'oppose nullement au holisme puisque l'individu n'existe qu'en tant que partie d'un tout qui le dépasse et lui donne sens et valeur.

L'autonomie n'implique nullement le refus du monde alentour, mais, tout au contraire, l'inscription volontaire et maîtrisée dans ce monde.

 

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Le 08/12/2021

 

Il est essentiel de bien comprendre Pindare complété par Nietzsche : "Deviens ce que tu es et fais ce que toi seul peux faire".

Le centre du propos est que chaque humain a une vocation, une destinée propre (ne plus confondre destinée, comme un possible prioritaire, et le destin, comme une contrainte subie) qu'il lui faut accomplir s'il veut vivre sa vie pleinement et joyeusement (cfr. Spinoza).

Chacun est déjà, dès la naissance, sa propre vocation ; à lui de décider si, oui ou non, il entend l'accomplir. Si la décision est négative, il ne deviendra pas ce qu'il devrait et il ratera son existence à courir derrière des chimères qu'il n'est pas.

C'est le cas de l'immense majorité des humains.

 

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Il est intéressant de constater que ce sont les philosophes les plus nombrilistes et refermés sur eux-mêmes qui parlent le plus de s'ouvrir aux autres et d'universalité.

 

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Il n'y a rien à espérer. Tant mieux. Le Réel devient ce qu'il devient. Donc pas de souci. Tout va pour le mieux !

 

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Les rationalistes se complaisent à se référer à la logique (aristotélicienne, pour la plupart) et aux mathématiques, sans jamais se rendre compte que ces deux sources sont des langages purement conventionnels, tautologiques et artificiels.

Le Réel n'est ni aristotélicien, ni mathématique même si ces deux méthodologies permettent de représenter certains de ses aspects.

 

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Dans le Réel, rien, jamais, n'est ni nul, ni infini.

 

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Le 09/12/2021

 

La notion de souveraineté est la plus néfaste qui soit. Rien n'est souverain (ni le tyran, ni le peuple, ni l'Etat-Nation) puisque tout est interdépendant.

 

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Ceux qui se proclament "matérialistes" devraient d'abord savoir ce qu'est la matière avant de la proclamer première.

La matière n'est qu'une manifestation particulière et seconde de la substance cosmique. Elle n'a aucun statut particulier hors celui de constituer notre corps chimique.

Se dire "matérialiste", c'est en somme une forme d'anthropomorphisme.

 

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L'économie, c'est la production et la distribution de tout ce qui est nécessaire, matériellement et immatériellement, pour bien vivre ou mieux vivre.

 

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Un livre qui n'enseigne rien de neuf, est un livre inutile. Ainsi de presque toute la littérature qui n'est que de la masturbation verbale.

 

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Je ne pense pas que la France se "droitise", mais bien plutôt qu'elle se dégauchit.

La gauche française – la plus bête du monde – n'a plus aucune place dans le paysage politique ou idéologique français. Plus personne ne se reconnaît dans ses idéaux surannés, tous fabriqués au 19ème siècle.

Egalitarisme, universalisme, laïcisme, républicanisme, victimisme, illibéralisme, démocratisme, ouvriérisme, syndicalisme, socialisme, communisme, marxisme, gauchisme, humanisme, féminisme, tiers-mondisme, anticléricalisme, … autant de mots morts qui ne veulent plus rien dire tant ils sont contraires aux réalités du monde actuel.

 

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Les emplois salariés et les grandes villes sont des inventions artificielles de la "modernité". Ils meurent avec elle. Cela fait 30 ans que je le répète !

L'avenir est aux emplois associés télétravaillés et aux lieux de paix et de qualité.

 

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Contre "existentialisme" et contre "essentialisme", il est proposé "insistantialisme". Soit. Mais il est plus simple et plus pertinent de parler de "vitalisme" (vivre la Vie, ici et maintenant) ou, mieux, de processualisme qui indique l'accomplissement de soi et de l'autour de soi en même temps grâce au monde et contre lui.

 

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Le 10/12/2021

 

Jolie paraphrase de mon F.: Julien L. :

 

"Le Sacré luit dans le monde profane et le monde profane ne l’a pas reçu."

 

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La démocratie et le suffrage universel (donc la démagogie clientéliste et électoraliste) s'opposent de plus en plus. Si l'on veut sauver la démocratie, il faut d'urgence renoncer au suffrage universel.

Le suffrage universel induit la tyrannie des plus nombreux, donc des plus idiots, des plus ignares, des plus incultes. Son seul enjeu est : "du pain et des jeux, tout de suite". Et, en face de cet enjeu, on ne peut avoir que deux types de politiciens (professionnels) : des manipulateurs (qui cherchent le mieux global, dans la durée, malgré la masse) et des profiteurs (qui cherchent leur mieux personnel au moyen des masses).

Un système de suffrage universel, basé sur une démagogie générale, où le principe "pain et jeux" est acquis, quels que soient les démagogues élus, aboutit nécessairement à une vague d'abstention massive et durable. Les masses ne s'intéressent pas à la cité et à son avenir (elle est incapable d'en comprendre les tenants et aboutissants) ; elles veulent seulement s'empiffrer et s'amuser.

Les populistes, de droite (les nostalgiques) comme de gauche (les socialistes) l'ont très bien compris, eux qui ruinent tout ce qui leur tombe sous la main.

Et l'effondrement des systèmes éducatifs et la montée de l'illettrisme et de l'innumérisme ne font évidemment rien pour arranger les choses.

 

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La confusion récurrente entre un "but" et une "intention" est terriblement dommageable et interdit de comprendre l'intentionnalisme cosmique (qui est contraire à tout finalisme).

Avoir un but, c'est une projection du désir ou de la volonté sur l'écran du futur : mon but est de posséder une Rolex avec cinquante ans (cfr. Séguéla).

Cultiver une intention, c'est inscrire un état d'esprit déterminant dans chaque instant présent : mon intention est tirer la maximum de joie de vivre de chaque instant qui passe.

Il ne s'agit pas d'un but, mais d'une règle de vie (une éthique) que l'on se donne librement, sans aucune projection sur le futur.

Le moteur fondamental et premier du Réel est une Intention : celle de progressivement perfectionner le Réel c'est-à-dire d'engendrer la meilleure optimalité d'évolution entre accomplissement et accumulation, entre complexité et uniformité, entre individuation et fractalisation.

Cette Intention cosmique habite tout ce qui existe et s'exprime en intentions spécifiques selon la nature du processus concerné.

 

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L'intériorité n'est en rien un terme vague et flou ; il spécifie la vie intime de l'esprit indépendamment de la vie dans le monde extérieur (mais non contre elle). Et la spiritualité fait un pas de plus lorsqu'elle exprime que cette intériorité, que cette vie intime de l'esprit est accès à la Vie intime de l'Esprit cosmique (ou devin, si l'on préfère) dont l'esprit personnel n'est qu'une manifestation partielle et locale.

Il faut d'ailleurs bien comprendre que la vie intérieure de chacun est sa seule vraie vie puisque tout est vécu de l'intérieur.

C'est au fond de soi que l'on découvre la vraie réalité du Réel dont les manifestations extérieures ne sont que les apparences.

 

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Tout ce qui arrive, n'arrive que pour contribuer à l'intention cosmique Ainsi, tout ce qui arrive à un sens (qui doit être interprété : quelle contribution et pour quoi faire ?) et c'est cette contribution qui est sa cause, à laquelle conspire tout le reste de ce qui existe : tout ce qui arrive ici et maintenant est la conséquence contingente de tout ce qui est arrivé partout depuis toujours.

Le Réel est un organisme vivant et non une mécanique assembliste. Rien n'a de cause spécifique, mais tout a un sens : produire de la Matière, de la Vie et de l'Esprit pour le perfectionnement progressif du Réel.

 

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C'est une idée saugrenue d'affirmer que : "l'on existe qu'avec les autres".

Non ! On n'existe vraiment qu'avec quelques autres, en petit nombre, triés sur le volet.

Comme l'a très bien vu mon ami Michel Maffesoli, le monde humain n'est qu'un vaste ensemble de petites tribus n'ayant, entre elles, que des relations utilitaires et superficielles.

Et c'est très bien ainsi. Il faut sortir de l'humanitarisme, du solidarisme et du cosmopolitisme christiano-gauchisant. Il faut revendiquer le droit à l'indifférence à autrui : seule ma tribu m'importe.

 

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L'intolérance doit être éradiquée pour que puisse régner la tolérance.

Mais la tolérance n'est ni mollesse, ni  indifférence.

 

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L'intuition n'est de plus ni de moins que la sensibilité holistique qui perçoit l'ensemble globalement, sans s'attarder aux détails (qu'étudie la sensibilité sensitive ou analytique). L'intuition est une reliance structurelle avec le tout du processus étudié.

 

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Le contraire du rationalisme (la croyance en la raison comme seul chemin vers la véridicité) n'est pas l'irrationalisme (qui nierait la rationalité du Réel), mais le surrationalisme ou le métarationalisme qui assument cette profonde logicité du Réel mais récusent l'efficience de la raison raisonnante cartésienne qui est à la fois analyciste (ce qui nie que le Réel soit un Tout organique et insécable) et logiciste (ce qui nie que la logicité du Réel puisse ne pas être la logique formelle aristotélicienne).

Bref, la rationalisme nie la complexité du Réel et réduit (réductionnisme) tout ce qui existe à de la mécanique (assembliste et causaliste).

C'est en ce sens que les "Lumières", le positivisme et le scientisme sont bien les causes profondes du nihilisme du 20ème siècle (tel que Nietzsche l'avait prédit) et de ses catastrophes (Verdun, Auschwitz, Kolyma et tant d'autres).

Le rationalisme est un simplisme indigne de la pensée complexe (au même titre que le réductionnisme, que l'analycisme, que le mécanicisme, que l'assemblisme, que le causalisme, etc …).

 

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Dire que : "la raison a toujours raison", est une pure absurdité.

Un raisonnement, même parfait en terme de logique aristotélicienne peut être totalement faux là où cette logique ne s'applique pas (et les quatre axiomes de cette logiques sont des idéalisations simplistes qui ne sont jamais vérifiées dans le Réel) ou là où les prémisses du raisonnement sont fausses, ou tronquées, ou partielles et partiales, etc …

 

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L'irréversibilité du temps est la meilleure preuve que le Réel se construit par accumulation.

 

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Le "Je" n'est rien d'autre que le lieu ou le mirage de la conscience : là où s'affronte et s'harmonise ces facultés impersonnelles que sont la mémoire, l'intelligence, la sensibilité et la volonté, tellement souvent contradictoires.

 

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Le 11/12/2021

 

Tout idéologie, même en apparence humaniste et bienveillante, est toujours potentiellement totalitaire car, si l'on s'oppose à elle, viendra à vouloir s'imposer.

Le seul antidote est le libéralisme c'est-à-dire l'anti-idéologie radicale : le libéralisme est fondé sur la libre coopération d'entités autonomes, individus ou communautés, dans le dessein de coconstruire le nécessaire du mieux possible.

Un idéologie décrit une société idéale pour le futur. L'anti-idéologie s'en garde bien ; elle se contente de construire au mieux, au présent, des solutions optimales et durables face aux problèmes réels qui se posent.

Le libéralisme développe un opportunisme éthique généralisé : chacun construit ce qu'il a à construire ET ce qu'il y a à construire, ici et maintenant, sans faire de plans sur la comète.

 

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Toutes les réflexions politiques et idéologiques seront totalement biaisées, faussées et stériles tant que l'on ne s'ancrera pas en tête que les masses se fichent du tiers comme du quart de l'organisation de la cité, des principes de la société idéale, des linéaments de la démocratie, des "bons" modèles juridiques ou économiques, etc …

Le seul moteur collectif des masses, partout dans le monde et à toutes les époques, se réduit à trois mots latins : "panem et circenses", "du pain et des jeux", "m'empiffrer et m'amuser".

Tant que ces deux piliers de la vie banale et quotidienne sont assurés, la sphère politico-socio-économique et les zozos qui s'y agitent (et qui font parties, par leur spectacle, des "jeux" qui amusent les masses) n'intéresse pas lesdites masses.

C'est cela que les thuriféraires du suffrage universel ne sont pas capables de comprendre.

 

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On parle souvent "des jeunes impatients et des vieillards nostalgiques" … mais c'est plutôt le contraire que j'observe à notre époque : une jeunesse lymphatique qui traîne au lit ou dans les médias sociaux ou aux terrasses, mais qui ne veut plus s'engager dans rien, ni amour, ni couple, ni famille, ni métier, ni entreprise, ni politique, … et, en face, des seniors qui piaffent de rage devant les lenteurs bureaucratiques, les temps perdus à sombrer dans les faux problèmes (comme cette pseudo-pandémie), à bâtir des château de cartes artificielles, à jouer au chat et à la souris avec les tyrans à abattre comme Xi-Jinping, Erdogan, Poutine, Orban, Bolsonaro, et tous les petits tyranneaux de l'Islamiland, de l'Afroland et du Latinoland.

L'énergie mentale n'est plus du tout là où elle devrait être !

 

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Ce n'est pas l'Âge qui fait le Joie de la Vie ; c'est bien plus la Conscience (la Sagesse, si l'on préfère) qui en harmonie les quatre insatiables pôles toujours féconds (mémoire, sensibilité, intelligence et volonté).

 

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Les jeunes actuels sont atrophiés par deux grands fléaux : primo, les systèmes éducatifs égalitaristes et abêtissants (qui délaissent la mémoire, confondent sensibilité et émotion, et réduisent l'intelligence à des remugles idéologiques) et, secundo, la lobotomisation de toute leur volonté par une sainte panique de l'avenir entretenue par les médias en général et sociaux en particulier où catastrophismes et sensationnalismes s'enchaînent dans les rondes infernales de mauvaise foi, de complotisme, de manipulations massives, de populismes abjects (à droite comme à gauche), d'ostracisations, de terrorismes, de wokismes et de tant d'autres, sur fond de pandémies et de dérèglements climatiques à répétition.

 

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Jeunisme : un bel emballage artificiel autour d'un vilain vide intérieur.

 

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En arabe, le mot bien connu "djihad" connait deux sens opposés.

Le grand djihad englobe tous les combats intérieurs, ascétiques, mystiques, spirituels que le sage mène contre sa nature afin d'atteindre la parfaite sainteté.

Le petit djihad est la guerre dite "sainte" contre les "infidèles" et les "incroyants" avec le terrorisme, le fanatisme, et l'islamisme en corollaire.

IL est évident que ce "petit djihad" doit être combattu et éradiquer totalement, que ses instigateurs (les Frères musulmans du Caire) et ses financeurs (les potentats pétroliers du Moyen-Orient) doivent impérativement être réduits à néant.

 

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La Joie (toujours avec une majuscule pour la sacraliser et la spiritualiser) n'a rien à voir ni avec le plaisir, ni avec le bonheur, ni avec la jouissance, ni avec la béatitude, ni avec la volupté.

Spinoza l'a parfaitement définie :

 

"La Joie est le passage de l'homme d'une moindre perfection

à une plus grande perfection."

 

Ce perfectionnement initiatique est la montée progressive vers des niveaux supérieurs de réalité et de conscience.

La Joie est le signe vécu d'un plus grand accomplissement, d'une plus grande richesse, d'une plus grande sublimité, d'une plus grande profondeur et d'une plus grande harmonie.

La Joie scande le processus d'avancement vers le perfectionnement de soi et de l'autour de soi

 

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Les cinq voies du perfectionnement de soi et de l'autour de soi :

 

  1. Plus d'accomplissement par la volonté,
  2. Plus de luxuriance par l'intelligence,
  3. Plus de sublimité par la sensibilité,
  4. Plus de profondeur par la mémoire,
  5. Plus d'harmonie par la conscience.

 

Ces cinq voies sont complémentaires et doivent être développées de concert.

 

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Etymologiquement, la "lumière du jour" (la lumière diurne, donc, qui est lux diei en latin) n'est autre que la "Lumière de Dieu".

Le Divin et le Lumineux ont toujours été étroitement associés (au moins dans les cultures indo-européennes).

En hébreu, en revanche, le mot "Dieu" ('EL) donne plutôt une idée de "lointain", de "supérieur", de "but à atteindre" ; le mot "Lumière" ('AWR) reste très concret et connote "lueur, flamme, feu, …", sans autre connexion sémantique.

Ce trait est fondamental pour le judaïsme : le thème de la divinité, même si celle-ci est immanente au Réel au travers de la "Présence" (la Shékhinah), est essentiellement disjoint de tout ce qui appartient au monde visible. Toute connexion entre ces deux faces du Réel serait un chemin d'idolâtrie et, donc, d'esclavage.

 

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De Claude Birman :

 

"Pour un Juif, l'existence de Dieu n'est pas vraiment la question importante !"

 

Beaucoup de Goyim, surtout venus du christianisme, on bien difficile de comprendre ce clin d'œil de Claude Birman. Essayons d'élucider. en quelques considérations …

 

  1. Dieu existe si on le décide ; il suffit de le définir adéquatement. Si Dieu est le Réel, ou la Matière, ou la Vie, ou l'Esprit, Dieu existe évidemment et le problème n'est plus "croire", mais de "savoir" qui il est pour moi. C'est ce que traduit, symboliquement, l'interdiction toraïque de ne jamais représenter le Divin et de ne jamais prononcer son Nom. Dieu est le fond et le moteur de tout ce qui existe et dont il n'y a rien d'autre à dire. Face à une évidence, la foi n'intervient plus.
  2. Le judaïsme, au cours de sa longue histoire, a muté quelques fois, sur la question du(des) Dieu(x) de la Bible hébraïque. Mais il n'a jamais été un monothéisme au sens chrétien (qui, avec sa Trinité, a malgré tout des tendances polythéistes) ou musulman (monothéisme dont la pureté pousse au vide) du terme. Le judaïsme originel était hénothéiste (il y a de nombreux dieux, chaque peuple en honore un ou plusieurs, mais nous, Juifs, n'en honorons qu'un seul, YHWH, parce qu'il est bien "meilleur" et sérieux que tous les autres) ; le judaïsme a également été très imprégné de monisme, de panthéisme (spinozisme, en apparence) et de panenthéisme (notamment au travers des courants kabbalistiques).
  3. Le judaïsme n'est pas une religion (même s'il a aussi des dimensions plus religieuses) ; il est une culture spirituelle (qui sacralise la Vie et l'Esprit) et une tradition spirituelle (qui sacralise la Bible et ses contenus, quelque contradictoires soient-ils).
  4. Cette référence à la Bible (hébraïque, sans ce "Témoignage chrétien" qu'on s'obstine à y accoler malgré leur totale étrangeté) est centrale : elle est l'héritage premier et absolu ; elle est, à la fois, signe de reconnaissance et signe de connaissance. La Bible hébraïque ne parle pas de Dieu, mais elle parle des vicissitudes de la construction de l'Alliance entre le plan divin et le plan humain, nourrie de centaines de regards aussi disparates les uns que les autres : celui d'Abraham n'est ni celui de Moïse, ni celui d'Ezéchiel, ni celui d'Isaïe ou de Job ou des Proverbes ou du Cantique des cantiques.
  5. La seule Foi juive dit ceci : le crois qu'une Alliance est possible entre l'humain et le Divin.
  6. Être juif, c'est penser ce que l'on veut pourvu que l'on agisse adéquatement : point d'orthodoxie, mais une orthopraxie. Un humain ne vaut que par ce qu'il fait, que par l'œuvre qu'il construit ; il ne vaut rien par lui-même.
  7. Être juif, c'est regarder le monde avec les lunettes de Dieu sur le nez. La Bible est le facsimilé de ce binocle divin (les deux Lois, les deux bougies de Shabbat, les deux récits de la Genèse, etc …).

 

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D'André Comte-Sponville :

 

"L'esprit du judaïsme, c'est l'esprit tout court,

qui est humour, connaissance et fidélité.

Comment les barbares ne seraient-ils pas antisémites ?"

 

Rien à ajouter à cette flatterie, cher André …

 

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Je ne crois pas à la Justice.

Je ne crois qu'à la Justesse, c'est-à-dire à l'équité pour laquelle rien n'est égal, tout est unique et différent, et qui ne voit que le mérite et la noblesse des actes.

 

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Dans les traditions spirituelles indiennes, le concept de Karma implique une idée d'accumulation, exactement comme en physique complexe contemporaine.

Le temps ne passe pas, il s'accumule. ou, plus rigoureusement, les états ne passent pas mais ils s'accumulent : la Vie remplit tout ce qu'elle fait émerger.

Il y a là, évidemment, une vision radicalement processuelle du Réel : rien ne s'y efface jamais : ni confession, ni pardon, ni rédemption, ni salut, ni coupable …

Les processus continuent, quoiqu'il arrive, et les entités qui portent ces processus ne sont jamais que des épiphénomènes transitoires sans vraiment beaucoup d'importance.

Dans le Karma de chacun, à tout instant, s'installe une dialectiquer entre un destin (dont personne n'est maître et que l'on subit) et une destinée (un vocation personnelle que chacun est libre d'activer, ou pas).

De là l'idée de produire ou de consommer du Karma positif qui contribue au perfectionnement du Réel et qui bénéficie à soi et à l'autour de soi.

 

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La laïcité, c'est la croyance religieuse en l'athéisme.

La laïcité n'en est que le passage obligé.

 

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La laïcité est politique. Soit. Elle prône l'indépendance totale entre les instances étatiques et les opinions, croyances, cultes et pratiques des masses qu'elles sont censée gouverner. C'est ne rien connaître à la politique réelle que de croire qu'il puisse exister des cloisons étanches entre les processus électoraux et décisionnaires dans la sphère politique, d'une part, et les militances civiles qui veulent placer leurs héros aux meilleures places pour prendre les décisions qui les arrangeraient le mieux, d'autre part.

 

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La laïcité est la dernière-née des utopies puériles.

Pourrait-on croire une seule seconde que, dans l'isoloir électoral, le curé qui vote ne votera pas pour le candidat qu'il sait défendre les thèses catholiques concernant l'avortement, l'homosexualité ou les mères-porteuses ?

Chaque ministre tient compte des opinions de sa femme et de ses gosses.

En pleine république laïque, lorsqu'on donne le droit de vote à un islamiste, il va évidemment tout faire que des islamistes puissent être en position de favoriser la religion islamique dans toutes les dimensions.

Il faut être d'une naïveté abyssale pour croire ou espérer le contraire.

 

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La laïcité prône (par prudence ou lâcheté ?) une neutralité benête et irréaliste au lieu d'assumer un pluralisme actif (mais toujours courtois et pacifique) et constructif.

IL faut réinstaurer des cours de toutes religions et de philosophies éclectiques très tôt à l'école et non les bannir ou les reléguer en fin de course lorsque plus personne n'en a rien à faire.

 

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Le laïcisme, c'est le refus du pluralisme. Le laïcisme est la seule religion qui revendique, pour elle-même, d'être la seule à pouvoir régenter la sphère publique.

 

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L'étatisme (dont le républicanisme est un cas particulier) EST une religion puisqu'il relie entre eux une masse de citoyens qui croient en sa légitimité, en sa justice, en sa protection, en son honnêteté, en son efficacité, en son impartialité, en sa neutralité, …

L'étatisme est la religion des parasites !

 

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Le laïc (du grec laos – "du peuple") représente la masse populaire qui reste devant le Temple et qui donc est profane (pro fanum : "devant le Temple") ; il est donc un inculte qui ne participe en rien à la vie de l'Esprit ; il n'est ni clair, ni clerc (au sens d'instruit et non de tonsuré).

 

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Une "spiritualité athée" est une expression ridicule et absurde. L'athée – la négation de Dieu - ne peut se définir que par rapport au concept "Dieu" qui, lui, ne se définit pas puisque "Dieu" n'a pas de définition ou en possède mille, ce qui revient au même ; l'athée, ici, se définit par rapport à une idée du Dieu catholique (ô combien ridicule et perverse) qu'il a gardée de son enfance.

D'autre part, toute spiritualité est, par essence, élan vers le Divin , c'est-à-dire vers l'Esprit du Réel (dont un des surnoms, si cela amuse, peut être "Dieu" ou bien d'autres choses comme Un, Tao, Brahman, etc …). L'athéisme est la négation de cet Esprit du Réel, c'est-à-dire la négation absolue de tout principe de cohérence à l'œuvre, tant dans l'espace que dans le temps, au sein du Réel.

Un athée cohérent (ce qui est déjà une aporie) doit normalement renoncer à reconnaître une architecture dans l'univers et une flèche du temps (ce que plus aucun physicien, même débutant, ne viendrait à nier).

La cohérence évidente de l'univers implique un principe de cohérence à l'œuvre dans le Réel, une Logicité active, donc, que l'on peut, sans souci, appelé "l'Esprit cosmique" (ou Dieu si cela soulage).

 

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Il y a ce qui est légal, pour des tas de raisons culturelles, historiques, idéologiques, politiques, etc  … et il y a ce qui ne l'est pas et qui relève exclusivement de la volonté et de l'éthique personnelles.

Le principe d'autonomie veut que, si ce qui est légal entre en conflit avec ce que l'on croit meilleur, un dilemme et un cas de conscience s'installe.

A chacun alors de choisir de rentrer en conformisme ou en rébellion, voire en insurrection – sachant que cette dernière formule, historiquement n'a jamais rien donnée puisque cela relève du heurt entre le pot de terre et le pot de fer..

 

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Le 12/12/2021

 

En démocratie au suffrage universel …

Ce qui est légal est moral.

Ce qui est moral est légal.

Mais moralité (les habitudes et convictions collectives) et la légalité (leur transcription codifiée) n'ont pas nécessairement à voir avec l'éthique.

 

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Il faut prendre le Réel, c'es-à-dire, la Matière, la Vie et l'Esprit, très au sérieux.

Cela n'exclut nullement la légèreté, la grâce, l'élégance et l'humour ; mais cela exclut radicalement la futilité et la frivolité.

 

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Qu'est-ce que la légitimité ? Quand peut-on dire d'une opinion, qu'une décision, qu'un jugement ou qu'un pouvoir, par exemples, sont légitimes ?

Est légitime ce qui fait autorité. Mais qui ou quoi fait "autorité" ? Non pas ce qui est autorisé, mais ce qui relève d'une connaissance, d'une compétence ou d'un talent largement reconnus par ses pairs (et non par la populace).

Quand Albert Einstein, l'un des plus grands physiciens de tous les temps, affirme que : "Dieu ne joue pas aux dés", cette affirmation est légitime et doit donc être prise au sérieux et mûrement méditée ; cela ne signifie nullement qu'elle soit vraie, pour autant.

En revanche, quand un quelconque guignol à demi analphabète, affirme que : "Dieu existe", il n'a aucune légitimité à l'affirmer, même si cela peut être vrai.

En ce sens, le suffrage universel, fondé sur la souveraineté du "peuple", n'est aucunement un gage de légitimité pour aucun des pouvoirs qui émanent de lui. La meilleure preuve en est que les tyranneaux qui sévissent dans les mondes de l'illibéralisme (Xi-Jinping, Poutine, Orban, Erdogan, Bolsonaro, Madura, etc …), n'ont aucune légitimité, même élus au suffrage universel, et doivent être éliminés.

 

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Le "Léviathan" de Thomas Hobbes (1588-1679) fonde toute la philosophie politique moderne en instaurant trois fictions fantasmagoriques : celle de "l'état de nature", celle du "contrat social" et celle de "la souveraineté".

Toutes trois seront plagiées par l'infâme Jean-Jacques Rousseau (1712-1778 - l'homme du : "faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais").

 

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Il faut être éhontément gauchisant pour prétendre que le libéralisme est la "religion du marché" et qu'il ne concerne que la sphère économique (la politique, en démocratie au suffrage universel, est le pire des ultralibéralismes soumis au marché de dupes des votes populaciers).

Non ! Le libéralisme est l'anti-religion et l'anti-idéologie par essence. Il s'oppose à tous les totalitarismes, à tous les étatismes, à tous les idéologismes, à tous les utopismes.

Il ne cultive qu'une seule affirmation radicale celle de l'évolutive autonomie personnelle et collective.

Le libéralisme ne reconnait aucune souveraineté, aucune légitimité à quelque autorité ou institution que ce soit. Il affirme qu'il faut résoudre, personnellement et collectivement, avec efficacité et équité, tous les problèmes personnels et collectifs qui se posent, mais que ces solutions ne peuvent être que temporaires ; rien, jamais, n'est gravé dans l'airain car rien, jamais, n'est ni universel, ni éternel.

L'humanité, comme tout ce qui existe, est un processus constructif et créatif, visant son propre perfectionnement sur des niveaux de complexité croissants, par émergences successives. Rien, jamais, ne peut y être figé, quelque génial que cela semble : tout y est vivant, évolutif et inventif.

Le libéralisme, c'est mettre le processus bien avant et bien au-dessus de toutes les structures, quelles qu'elles soient : légales, morales, institutionnelles, idéologiques, religieuses, économiques, etc …

 

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Outre le totalitarisme sous toutes ses formes, le libéralisme a un ennemi définitif : l'étatisme c'est-à-dire le bureaucratisme et le parasitisme.

 

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Dieu est le moteur immanent du Réel.

 

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Vouloir l'Avenir, sans espoirs, ni fantasmes.

Vivre le présent, sans frivolités, ni pleurnicheries.

Raconter le Passé, sans nostalgies, ni tristesses.

 

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Vivre, c'est construire ; ni subir, ni espérer.

 

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L'humain ne naît certainement pas libre, ni ne bénéficie d'un libre-arbitre dûment et définitivement acquis.

En revanche, et c'est sans doute la leçon la plus puissante du judaïsme, il peut et doit tout faire pour se libérer de tous ses esclavages naturels, de toutes ses servitudes volontaires.

C'est donc le processus de libération qui importe par-dessus tout.

N'est réellement humain que celui ou celle qui se libère. C'est cette libération qui est le devoir premier et qui constitue le mérite et la noblesse suprêmes.

Celui qui se complaît dans ses esclavages, n'a ni droit, ni dignité.

 

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La liberté n'est que l'absence de déterminations strictes. La liberté absolue n'existe donc pas puisque tout est sous contraintes tant intérieures qu'extérieures. En revanche, plus on monte dans l'échelle de complexité, plus une certaine libération (atténuation des contraintes, voire annulation de certaines contraintes par stimulation de contraintes adverses) devient possible.

 

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La seule liberté est celle de vouloir se construire dans le flot des déterminations (et au moyen d'elles). C'est le principe taoïste du non-agir : celui qui accepte de se laisser porter par le flux, va certes vers l'aval, mais il peut aller où il veut en utilisant les courants, au contraire de celui qui veut nager contre le courant et qui s'épuise en n'allant nulle part.

 

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La libération de soi est à construire et elle n'est constructible par la conscience, la connaissance et assomption des contraintes dues au fait que chacun n'est qu'une infime partie d'un Tout qui le dépasse infiniment.

C'est la raison profonde pour laquelle il est idiot de prétendre que "tous les hommes naissent libres" et pour croire que "la liberté est un droit".

Les sots et les idiots ne sont libres en rien ni de rien.

 

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On est toujours libre de penser, mais bien peut sont capables de penser ce qu'ils veulent.

 

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L'entéléchie aristotélicienne, le conatus spinozien, la volonté de puissance nietzschéenne, la libido freudienne ou l'élan vital bergsonien sont, en fait, une seule et même puissance : celle de l'intention d'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

 

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Contre Galilée, il faut affirmer que la Nature n'est pas un livre écrit en langage mathématique.

Mais elle est un livre qui raconte une histoire et cette histoire a un sens : le temps est orienté par une intention (mais non par un but ou une finalité).

 

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Comprendre, c'est plus que connaître.

Connaître, c'est plus que savoir.

Le but de la science est de comprendre, c'est-à-dire d'atteindre la logicité (l'intention et les règles) qui meut l'évolution du Réel.

Une fois qu'on comprend, on peut connaître c'est-à-dire prédire et expliquer.

Sinon on ne fait que savoir, c'est-à-dire accumuler des faits d'expérience.

 

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Le langage doit n'être mis au service que de l'utile et du vrai ; tout le reste n'est que littérature, sans intérêt.

 

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Il vaut toujours mieux parler de logicité que de logique.

La logique est la mise en œuvre de règles axiomatiques de raisonnement ; la logique est purement humaine et conventionnelle (on a d'ailleurs imaginé plusieurs logiques contradictoires).

La logicité (qui le mot grec Logos désigne) exprime un principe de cohérence qui n'est ni forcément axiomatique, ni forcément régulier, qui est essentiel et non conventionnel.

 

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Les lois de la Nature ne sont pas des "donnés" mais des "conséquences" ; elles sont ce qu'elles sont parce qu'elles sont les plus adéquates à atteindre, optimalement, la réalisation de l'Intention.

 

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Les lois naturelles sont des dispositions alors que les lois humaines ne sont que des conventions.

 

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Je ne comprends pas du tout l'obsession athéistique de certains qui s'obstinent à combattre, avec hargne et ridicule, un mot-symbole, Dieu, qui est vide et dans lequel on peut déposer à peu près tout ce que l'on veut qui soit au-dessus de la médiocrité que l'on vit ou connaît.

 

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La lucidité est une pratique de l'esprit placée bien au-dessus de l'optimisme et du pessimisme qui ne sont que des états d'âme.

 

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Les obscures "Lumières" : la mise en avant de ces "idéaux" délétères que furent l'athéisme, la rationalisme, le progressisme, l'humanisme, le démocratisme, le mécanicisme, l'égalitarisme, l'universalisme …

Il est amplement temps de dépasser ces "Lumières" d'un autre temps !

 

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Le luxe, parce qu'il est inutile, doit être proscrit.

 

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La haine contre l'économie libérale de la part des gauchisants est d'une imbécilité phénoménale : eux qui dénoncent sans cesse la "tyrannie" des marchés et de la loi de l'offre et de la demande (qui est, pourtant, la seule vraie démocratie au suffrage universel), n'ont jamais fait que mettre en place des tyrannies étatiques et idéologiques qui n'ont survécu, un temps, que dans le sang et les souffrances des "pauvres" qu'elles prétendaient défendre.

 

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Le Réel – donc Dieu qui en est le moteur immanent - ne connaît ni Bien, ni Mal ; il n'est en rien moral et il ne vise que son perfectionnement optimal dont tout ce qui existe, n'est que l'ustensile.

Le "bien" et le "mal" dont parlent les humains, ne sont que des ressentis : le "mal" est ce qui fait du mal et le "bien" est ce qui fait du bien.

 

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Le 13/12/2021

 

Être, c'est être mort.

Vivre, c'est advenir puis devenir.

Vivre , c'est évoluer et se transformer.

Ce qui vit, n'est pas.

Ce qui est, ne vit pas.

La vie, c'est la victoire de la néguentropie que l'entropie.

La mort, c'est la victoire de l'entropie sur la néguentropie.

 

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Lorsqu'un athée, surtout français, parle de Dieu, il ne parle que du Dieu personnel et créateur de la théologie catholique ; il est incapable de penser le Divin hors de cette acception puérile.

 

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Leibniz demandait :

 

"Si Dieu existe, d'où vient le Mal ?

S'il n'existe pas, d'où vient le Bien ?"

 

La question est bien mal posée (si j'ose dire) car le Bien et le Mal, cela n'existe pas. Ce sont des ressentis humains auxquels le Divin est totalement étranger.

Le moteur de la voiture n'est pas responsable des chaos de la route suivie.

 

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Ce qui fait du mal (au corps, au cœur, à l'esprit et/ou à l'âme), c'est ce qui éloigne du perfectionnement et de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Ce qui fait du bien, c'est ce qui l'en rapproche.

 

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Celui qui se fait du mal n'est qu'un idiot ou un débile.

Celui qui fait du mal aux autres est soit méchant, soit nuisible.

 

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La souffrances des enfants n'a rien à voir avec le Mal "absolu" (cfr. Marcel Conche). Elle peut avoir trois causes : la méchanceté d'un adulte qui doit être éradiquée, la méchanceté d'autres enfants qui doit être punie, ou la maladie qui doit être guérie si possible, mais qui n'a rien de "moral".

 

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Le mal en politique pointe vers quatre critères :

 

  1. le nationalisme xénophobe,
  2. l'étatisme totalitaire,
  3. le socialisme égalitariste,
  4. le populisme anti-intellectualiste.

 

Le seul antidote radical à tout ce mal est le libéralisme, c'est-à-dire un régionalisme continentalisé, un minimalisme étatique, un élitarisme évergétiste et un aristocratisme éthique.

 

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Les marxistes ou ex-marxistes continuent inlassablement de cultiver un ressentiment contre ceux qu'ils appellent les "riches" (en argent) toujours taxés, par eux, d'égoïsme, de cupidité, d'avidité et de rapacité.

Cette espèce de "racisme" anti-riche est simplement ridicule et absurde. Pour ces crétins-là, un "riche" est forcément à blâmer alors qu'un "pauvre" est forcément à plaindre.

Si un "pauvre" est méchant, cruel, agressif, malfaisant ou crapuleux, c'est forcément à cause de sa pauvreté dont seuls les "riches" sont responsables.

 

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Une bonne gouvernance repose sur trois talents managériaux :

 

  1. l'autorité stratégique de la vision,
  2. l'optimalité gestionnaire des décisions,
  3. l'enthousiasme communicatif du projet.

 

Ces trois talents, parce qu'ils sont souvent contradictoires, sont rarement portés par une même personne.

 

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Le dualisme ontique – dont le manichéisme, l'augustinisme, la catharisme, le jansénisme, le sunnisme, le bouddhisme, etc … ne sont que des resucées dans la haine de "ce monde-ci" et l'aspiration à "l'autre monde" – a intoxiqué toutes les traditions religieuses et les a clairement dévoyées.

Il est impérieux que ce 21ème siècle réinvente un monisme universel, tant cosmologique que spirituel.

 

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Quand une chose (matérielle ou immatérielle) devient-elle une marchandise ? Lorsque celui qui la possède, la vend à quelqu'un qui la paie. Tout peut-il ainsi être vendu ? Oui, pour tout ce que quelqu'un possède en propre … ce qui n'est pas grand' chose puisque l'essentiel n'appartient à personne. C'est cette notion de "possession en propre" qui met la limité à celle de marchandisation.

Qu'est-ce qui m'appartient en propre ? Ce qui, lorsque je le cède à un autre, ne lèse personne.

 

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L'économie de marché repose sur quatre piliers (et non un seul) : l'échange (selon la loi de l'offre et de la demande), l'utilité (selon la loi du rapport de l'usage/valeur), l'éthique (selon la loi de l'accomplissement) et l'association (selon la loi de l'entreprenariat).

 

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Le marxisme n'est que la forme la plus récente du manichéisme : bourgeoisie contre prolétariat, capital contre travail, profit contre misère, propriété contre aliénation, etc …

Et comme tout manichéisme, rien n'est plus faux (et simpliste et infantile) que le marxisme ! Il a naturellement et logiquement débouché sur les communismes, c'est-à-dire sur les plus immondes assassinats de masses pendant tout le 20ème siècles, partout où il a sévi et où il sévit encore.

Le marxisme est bien pire que le nazisme (auquel il ressemble comme un jumeau).

 

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Le marxisme, comme tous les idéalismes, comme toutes les utopies, est criminel !

Il doit être interdit de rêver contre le Réel !

 

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Ni Marx, ni Engels n'étaient des philosophes, des scientifiques ou des économistes. Ils n'étaient que des parasites du père banquier d'Engels.

 

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C'est une erreur grossière d'opposer le matérialisme et l'idéalisme.

Le contraire de l'idéalisme (toujours dualiste), c'est le réalisme (toujours moniste).

Au sein du réalisme moniste, le contraire du matérialisme (athéiste), c'est le spiritualisme (panenthéiste) : l'un comme l'autre récusent radicalement tout surnaturalisme.

La physique et la cosmologie contemporaines ont détruit les fondements du matérialisme en montrant la matière comme une production seconde et non comme une essence première.

La Matière (comme la Vie et l'Esprit au sens cosmique) est une émergence du fond immatériel qui est activité pure (prématérielle) et dont le moteur est l'Intention (spirituelle et immanente).

 

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La fonction première de l'Esprit n'est pas de penser ; "penser" nomme une activité de l'Intelligence qui n'est qu'une des cinq fonctions de l'Esprit en complément avec la Mémoire, la Sensibilité, la Volonté et la Conscience.

L'Esprit, comme la Matière et la Vie, est une faculté processuelle cosmique du Réel : chaque matériau est manifestation de la Matière, comme vivant est manifestation de la Vie et chaque esprit est manifestation de l'Esprit.

Ainsi, l'esprit (comme le corps ou la vie) de l'humain est le Tout complexe et interagissant (notamment au travers de cet organe nommé "cerveau") des 80.000 milliards de jugeotes (ou corpuscules ou vitalités) cellulaires qui l'habitent.

 

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Toutes les manifestations locales du Réel ont un cycle de vie : naissance, croissance, maturité, déclin, mort. Seul le Réel, parce qu'intemporel, est immortel et, avec lui, sa Matière (panthéisme), sa Vie (hylozoïsme) et son Esprit (panenthéisme), au sens cosmique.

 

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La spiritualité, au sens ésotérique et mystique, consiste, pour un esprit local, à monter rejoindre, pour s'y fondre, l'intemporalité de l'Esprit cosmique du Réel.

 

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Tous les objets que l'esprit humain s'obstine à distinguer, à circonscrire, à désigner et à nommer, sont des chimères, des artéfacts, des illusions ; dans le Réel, il n'existe que des processus qui se déploient, s'accomplissent, s'entrecroisent, se fondent et se dissocient. Il n'y a pas d'objets (et encore moins de sujets).

Tout est processus. Il faut abolir tout matérialisme au profit d'un processualisme généralisé : tout processus – et le Réel, pris comme un Tout, en est un également qui contient tous les autres - est caractérisé par une substantialité (sa Matière), par une vitalité (sa Vie) et par une logicité (son Esprit). Chaque processus se crée de l'espace et du temps afin de s'y accomplir.

 

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La Matière, c'est ce qui fait volume (domaine topologique).

Comme la Vie, c'est ce qui fait transformation (domaine dynamique).

Comme l'Esprit c'est ce qui fait forme ou organisation (domaine eidétique).

 

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Définir philosophiquement la "matière" comme ce qui n'est pas "pensée", revient à définir l'arbre comme ce qui n'est pas oiseau. Chers philosophes matérialistes, ne vous occupez pas de la matière ; laissez cela aux physiciens dont c'est le métier.

 

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Il y a parenté forte entre atomisme, matérialisme et mécanicisme : ils sont, cosmologiquement, aussi faux l'un que les autres.

 

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La plupart des athées ne croient nullement à quelque principe divin que ce soit, mais, implicitement et paradoxalement, ils adorent invoquer un principe diabolique en morale : ils adorent diaboliser !

 

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Tout ce qui se passe est optimal, mais les optimalités s'opposent (entre ici et là, entre le local et le global, entre l'intérieur et l'extérieur, etc …) et engendrent des tensions qu'il convient de dissiper … optimalement.

Ainsi, en somme, rien n'est optimal (ce qui donne tort à Leibniz), mais tout est processus d'optimalisation (ce qui donne tort à presque tous les autres, surtout à cet imbécile de Voltaire).

 

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Il est impossible de comprendre ce qu'est la mémoire, si l'on ne comprend pas d'abord que le Réel se construit par accumulation … comme un mur dont la couche active n'a de sens qu'au-dessus des couches terminées qui restent bien réelles sous elle.

 

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Le messianisme n'a que peu de rapport avec le mot "messie" qui, en hébreu, signifie seulement celui qui a été honoré de l'onction sacrée par l'huile, en signe d'installation dans une haute fonction : Roi, grand Prêtre ou Prophète. L'histoire juive ancienne regorge de messies (et le Jésus des chrétiens ne pouvait évidemment pas l'être puisqu'il n'a jamais reçu l'onction du Temple).

Le messianisme est une croyance : celle en la venue des "temps messianiques" que l'on appellerait, en physique des processus complexe, une "bifurcation" et qui verrait l'humanité basculer du méprisable à l'honorable. On ne demanderait qu'à y croire …

La superstition populaire a personnalisé les "temps messianiques" en l'associant à la venue d'une personne providentielle nommée "messie" pour restaurer la "royauté spirituelle".

Le messianisme est assez étranger au judaïsme, mais compatible avec le rabbinisme pharisien.

La plupart des Juifs n'attendent ni "messie", ni "temps messianiques" ; ils n'attendent qu'une seule chose : qu'on leur fiche la paix et que cesse toutes les judéophobies antijudaïques, antisémitiques et antisionistes.

 

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Le contraire de la démesure, c'est la frugalité : se satisfaire avec joie (je dis bien "joie" et non, comme Epicure, "plaisir") de ce qui est justement utile et simplement nécessaire.

La frugalité, aujourd'hui, est devenu un devoir civique essentiel face à la croissance démographique (qui doit être rapidement jugulée) et à la pénurisation de toutes les ressources (qui doivent être fermement contrôlées).

 

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Les volumes topologiques et les durées dynamiques sont mesurables en termes quantitatifs (donc mathématisables), mais les organisations eidétiques, du fait, souvent, de leur fractalité, ne le sont pas et doivent rester qualitatives.

D'où l'actuel problème de la cosmologie complexe qui doit absolument intégrer ces trois domaines d'état des processus dans un langage rigoureux unique.

 

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Le contraire du rationalisme n'est pas, comme certains le pensent, le romantisme, mais bien le sentimentalisme.

Le romantisme allemand voulait renouveler l'austérité et l'épurement de l'art roman contre les démesures modernistes vouées à l'orgueil et à la prétention.

Ce sont les pleurnicheries parisiennes, sentimentalistes et exubérantes, qui, en français à tout le moins, ont malheureusement dévoyer le terme et l'idée.

 

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Les récits de "miracles" dans les anciens textes sacrés n'ont d'intérêt que par leur fonction symbolique et ésotérique appelant une herméneutique spirituelle.

Les prendre au pied de la lettre n'aurait que la force du ridicule (comme s'en moquer, d'ailleurs).

En revanche, les "dix plaies d'Egypte" et le "passage à sec de la mer de la limite" expriment les différentes étapes d'un processus profond de libération de toutes les servitudes volontaires.

Le surnaturel n'existe pas ; le symbolique, oui.

 

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Le Réel est le tout de ce qui existe (rien n'existe en dehors du Réel).

L'Univers est l'ensemble de toute la manifestation phénoménale du Réel.

Le Cosmos est l'organisation générale de l'Univers ; il implique ordre, cohérence et logicité.

Un Monde est une partie observable de l'Univers.

 

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Ne pas confondre "globalisation" et "mondialisation".

La globalisation vise les problématiques qui concernent à présent toute le Terre (pollutions des airs et des eaux, réseaux géopolitiques, pénurisations des ressources, dérèglements climatiques et océaniques, effondrement de la biodiversité, pandémies, normes et règles technologiques et numériques, migrations humaines, expansions des marchés, redistributions des productions matérielles, marchandisations excessives, etc …).

La mondialisation, quant à elle, était le rêve de pouvoir construire des solutions mondiales ("unanimes") pour résoudre ces problématiques globales. Cette mondialisation, commencée dès 1945, fut en fait une tentative d'américanisation du monde ; elle fut un échec. Elle se mue sous nos yeux en huit continentalisations parallèles.

 

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Toujours cette horrible confusion entre "la morale" (les mœurs collectifs d'une époque et d'une contrée) et "l'éthique" (les règles personnelles de vie) et "la loi" (les règles comportementales imposées par l'Etat).

 

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La mort n'est pas le contraire de la vie. La Vie est immortelle.

La mort n'est que l'opposé de la naissance.

 

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L'immortalité serait mortelle d'ennui et la vie sans valeur, ni sens, ni intérêt.

 

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Motiver quelqu'un, c'est lui donner l'envie d'être utile au service d'un beau projet.

 

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Il n'y a pas de "mystère" ; il n'y a que des ignorances ou des aveuglements.

Rien n'est caché ; c'est le regard qui hésite.

 

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La mystique aboutit à l'évidence du Réel dans sa plénitude, dans son silence, dans son unité, dans sa simplicité, dans son accomplissement.

Elle est au-delà de toute religion.

 

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Surtout ne jamais confondre la mystique (voir ci-dessus) et le mysticisme qui, au sein d'une religion, pousse l'ascèse à des extrêmes excessifs.

 

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Un mythe est un récit qu'il faut prendre au sérieux puisqu'il tente de faire comprendre quelque chose d'ineffable, d'indicible.

Le mythe appelle une herméneutique, mais surtout pas de croyance.

 

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Le 14/12/2021

 

Toute démarche initiatique dont l'essence est mystique (c'est-à-dire qui vise à atteindre l'évidence du Réel et à s'y fondre) implique presque toujours une mystagogie c'est-à-dire un accompagnement :

 

  • soit par un maître (personnel ou collectif) qui stimule adéquatement le travail maïeutique (comme dans la relation avec un gourou vedantin ou un maître zen, par exemple),
  • soit par un système rituélique et symbolique qui alimente activement l'effort herméneutique (comme dans la Franc-maçonnerie universelle et régulière, par exemple).

 

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Non ! Le rationalisme ne peut imposer la seule raison analyciste et logiciste comme chemin pour la construction de la connaissance véridique (et non de ce mythe puéril que serait la "vérité" par essence inaccessible : il est impossible pour la partie de connaître le tout du Tout puisqu'elle ne peut contenir toutes les informations et relations contenues dans ce Tout).

Il ne faut pas non plus rejeter les voies de la rationalité puisqu'elles doivent demeurer des garde-fous contre les conjectures délirantes, et des instruments de validation pour les autres matériaux de véridicité apportés par les sept autres voies de l'intelligence :

 

  • l'intelligence holistique,
  • l'intelligence anagogique,
  • l'intelligence analogique,
  • l'intelligence créative,
  • l'intelligence esthétique,
  • l'intelligence harmonique.

 

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Neuf ruptures majeures de notre temps :

 

  1. de l'économie de consommation à l'économie d'utilité
  2. de l'économie de productivité à l'économie de virtuosité,
  3. de l'économie financiariste à l'économie entrepreneuriale,
  4. de l'Etat souverain à la Communalité autonome,
  5. de la mondialisation universaliste à la continentalisation culturelle,
  6. de l'abondance matérielle à la frugalité joyeuse,
  7. des assistanats clientélistes à l'allocation universelle,
  8. des appartenances civiques aux co-constructions noétiques,
  9. des législations moralisatrices à l'éthique d'accomplissement.

 

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Le malheur de ceux qui me sont lointains, m'émeut intellectuellement, mais m'indiffèrent affectivement ; seul le bonheur de mes proches m'importe.

 

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Depuis le haut-moyen-âge, la France (qui ne portait pas ce nom - a toujours été un archipel ... et elle l'est toujours. La "Nation" française est un pur artefact voulu par la 3ème république après 1871, imposé par les hussards noirs de la république, et obsessionnellement centré sur le cloaque parisien. Plus généralement, tous les "Etats-Nations" sont des inventions artificielles de la Modernité et doivent disparaître avec elle.

 

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Neuf préceptes existentiels …

 

  1. Sortir des logiques de consommation effrénée et cultiver la frugalité joyeuse.
  2. Découvrir quelle est sa vocation profonde et y devenir virtuose, quelle qu'elle soit.
  3. Dépasser la travail "gagne-pain" et contribuer à un beau projet utile.
  4. Comprendre que l'homme et la femme ne sont pas égaux, mais complémentaires ; ce sont leurs différences qui font la richesse et la solidité d'un couple et d'une famille.
  5. Pratiquer le télétravail et fuir les grandes villes.
  6. En tout, vouloir et réussir l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.
  7. Eradiquer tous les "idéaux" et tous les "idéalismes" et enfin apprendre à contempler le Réel, à l'accepter, à l'assumer et à s'y inscrire, bien à sa place.
  8. Mettre son existence au service de ce qui nous dépasse, sans pour autant recourir aux facilités religieuses ou aux croyances en un Dieu personnel ; commençons par mettre notre existence au service de la Vie, sous toutes ses formes, et de l'Esprit, sous toutes ses formes.
  9. La vraie vie est tout intérieure ; c'est cette intériorité accueillante qu'il faut construire et perfectionner.

 

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Toute naissance n'est qu'un bourgeonnement local et infime de l'arbre de la vie, là-bas, tout au bout d'une petite branche appelée "famille".

A l'échelle du Tout, toute naissance est d'une banalité insignifiante. Toute mort, aussi.

 

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Les notions de "Nation", de "Peuple", de "Patrie" sont de pures inventions (récentes, vers la fin du 19ème siècle) concoctées par l'Etat, orphelin de la légitimité royale ou impériale, pour se légitimer lui-même.

Ce qui donne identité à une population, c'est sa mémoire commune (sa langue, sa religion, sa culture, ses pratiques, ses us et coutumes) et rien d'autre.

En ce sens, la plupart des pays européens (pour ne pas parler des autres), ne sont pas des "nations", des "peuples" ou des "patries", mais des archipels (pour reprendre le mot de Jérôme Fourquet) de communautés qui n'ont, en fait, pas grand' chose en commun, mais que l'on a regroupé, souvent de force, sous un même drapeau pour des raisons politiques, et sans leur avis.

Le seul plus petit dénominateur commun à chaque communauté de vie dans ce puzzle archipélagique touche la langue, les coutumes, les croyances, le climat, le paysage, le "là où je me sens bien chez moi", le "là où je me sens du même cru que les autres qui vivent là".

Les seuls Français authentiques, en ce sens, sont des descendants des Francs saliens, habitant l'Île-de-France depuis des générations. Tous les autres ne sont pas Français ! Et la carte d'identité n'y changera rien.

 

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L'idée de Nation (que l'on dit, sans rire, "souveraine") est un artéfact artificiel qui a engendré une calamité bien réelle : le nationalisme (et son parèdre euphémique : le patriotisme).

De même, l'idée de "Peuple" (qui l'on dit aussi "souverain, et là on meurt de rire) a engendré trois autres calamités : la xénophobie, le socialisme et le populisme.

 

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Le Naturalisme est une notion métaphysique centrale et cruciale puisqu'elle rejette hors du Réel, nommé pour le coup "Nature", tout ce que les imaginations délirantes ont rassemblé sous les vocables "surnaturel" et "surnaturalisme".

Au contraire de ces deux dernières doctrines, nécessairement dualistes, le Naturalisme est forcément moniste, mais ne se confond aucunement avec le Matérialisme qui n'en est que la version simpliste et puérile (d'ailleurs largement discréditée par la cosmologie physique contemporaine).

Plusieurs questions surgissent.

 

Qu'est-ce que la Nature par rapport au Réel, à l'Univers et au Cosmos ? La Nature (du mot latin natura qui est le participe futur du verbe nascor : "naître") désigne ce qui est en train de naître, ce qui va naître, ce qui est en train d'advenir ou va advenir. La Nature désigne plutôt la modalité processuelle et dynamique du Réel en tant qu'évolution holistique.

Le Réel se manifeste selon trois modalités :

 

  • l'Univers qui pointe vers l'hypostase "Matière" (la substantialité),
  • la Nature qui pointe vers l'hypostase "Vie" (la vitalité),
  • le Cosmos qui pointe vers l'hypostase "Esprit" (la logicité).

 

Une autre question …

La Nature qui est le processus dynamique et évolutif même du Réel pris comme un Tout-Un, enveloppe et contient tous les autres processus réels, donc naturels. La culture humaine  (les cultures humaines) et tout ce qu'elle contient (langages, croyances, modèles, …) procèdent donc radicalement et absolument de la Nature.

La Culture est donc engendrée par la Nature, et cela implique que la Culture est et doive être utile à l'accomplissement de la Nature dont elle procède intégralement. Sinon, elle n'a ni sens, ni valeur.

Cela fait s'effondrer toutes les absurdités actuelles du type de la "théorie du genre" qui tente de séparer Nature (corps) et Culture (âme) en un dualisme ontique que Descartes ne renierait pas, mais qui s'avère totalement faux.

Il faut redevenir sérieux : puisque les "genres" (féminin et masculin indépendamment des sexes mâle et femelle) sont des productions culturelles, elles n'ont de sens et de valeurs qu'au service de l'accomplissement de la Nature, donc de la procréation sexuée. A mon sens, l'homosexualité et autres déviances sexuelles n'ont rien de répréhensibles, ni légalement, ni moralement, mais elles n'en demeurent pas moins des déviances contre-Nature !

Autrement dit : la Nature commande à la Culture, et la physiologie commande à la psychologie (comme la physico-chimie commande à la biologie, comme la thermodynamique et la physique des particules commandent à la physico-chimie, comme la cosmologie commande à tout)  … et les secondes doivent être inféodées au service des premières.

 

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Le mot "physique" (de Physis, en grec) vient d'un verbe grec phyein qui signifie : "pousser, croître, naître" et, en cela, est très semblable au Natura latin.

Derrière ces deux racines se cache une intuition très profonde et très avérée : le Réel ne se construit pas par assemblage de l'extérieur (telle est l'opinion créationniste), mais par émergence de l'intérieur (telle est l'opinion émanationniste ou émergentiste qui est la seule, aujourd'hui, à être scientifiquement validée – malgré la mauvaise foi, les falsifications, les entourloupes et les mensonges des auteurs du best-seller récent : "Dieu. La science. Les preuves").

Comme un arbre, le Réel pousse de l'intérieur et produit, de lui-même et pour lui-même, du temps, de l'espace, de la substance matérialisable, des processus d'accomplissement, des lois d'optimisation … sans aucune intervention extérieure. Si le concept de "Divin" a un sens (et il en a un, n'en déplaise aux matérialistes bornés), il est totalement immanent.

 

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En niant la "nature humaine" donc en niant les héritages génétiques et épigénétiques, les "philosophes" des années 1960 (Sartre, Derrida, Foucault, Althusser, Beauvoir et quelques autres pignoufs) ont ouvert une exécrable boîte de Pandore dont le wokisme actuel est toujours la navrante expression.

Cette vieille obsession ridicule de dualiser l'humain entre un corps matériel, biologique, naturel et mortel, et un esprit (ou âme) immatériel, éthérique, culturel et immortel date, sans doute, de la mythologie égyptienne, reprise par Pythagore et son singe Platon, transmise par toute la tradition chrétienne à Descartes, puis à Kant, relancée par Husserl et ses sbires, pour finir dans les poubelles des universités wokistes américaines avant de revenir en France dans les facultés des nesciences humaines.

Mais que se cache-t-il donc dans cette névrose philosophique récurrente ? De la fatuité orgueilleuse, arrogante et vaniteuse : l'humain serait "au-dessus" de la Nature et de ses lois, tellement supérieur à elles ! Et, sinon, il doit s'en "arracher d'urgence" afin de vivre comme un dieu, souverain de lui-même, crachant sur le reste du monde et n'ayant de comptes à rendre à personne, ni à la vie, ni à la mort.

Ô, Spinoza, reviens et voue moi tout ça aux gémonies !

 

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Le 15/12/2021

 

Le néant n'existe pas (cfr. Bergson). Le vide n'existe nulle part (même dans l'esprit des imbéciles, il y a de petites choses. Même le vide intergalactique est parcouru de lumières.

Le Réel lui, est plein, dans le moindre de ses lieux et moments les plus infimes.

Le Réel est plein de tout son passé accumulé et de tout son présent actif.

Quant au futur, il n'est pas réel, il n'existe pas ; ce qui arrive, ce qui vient, ce qui advient, c'est un nouveau présent qui vient s'ajouter au présent précédent (qui, du coup, devient une nouvelle couche de passé) en le complétant (donc en l'accomplissant un peu plus, comme il peut, avec ce qu'il peut).

Ainsi, le néant ou le vide sont de pures fictions métaphysiques ne signifiant rien puisqu'il y a toujours quelque chose partout qui existe, qui advient, qui devient, qui arrive, qui émerge, etc …

En revanche, l idée métaphysique du vacuité "pleine" propre aux traditions spirituelles indiennes, fait allusion à tout autre chose : la vacuité est l'absence de distinction, de dissociation, de séparation entre tout ce que l'esprit humain distingue, circonscrit et isole. Cette vacuité pleine affirme, en fait, l'absolue continuité du Réel où rien n'existe par soi, où aucune frontière n'est réelle et où tout ce qui n'est pas le Tout du Réel pris dans son unité absolue, n'est qu'illusion d'existence.

C'est la métaphore de l'océan et des vagues. Seul l'océan existe ; les vagues n'existent pas par elle-même, elles ne sont que des manifestations de l'océan à sa surface : des formes temporaires toutes reliées les unes aux autres et sans aucune séparation objective entre elles.

 

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La frugalité fonde la nouvelle éthique qui impose de se concentrer sur le besoin vital, le réellement nécessaire, l'absolument utile, le véritablement indispensable.

Mais quel est ce nécessaire ? Observons d'abord qu'il varie d'une entité à l'autre : ce qui vitalement nécessaire pour moi, ne l'est pas nécessairement pour toi ; ce qui est vitalement nécessaire pour moi, ne l'est pas nécessairement pour ce lapin, cette mésange, ce châtaigner ou cette rose.

Ce qui est absolument nécessaire -et qui fonde donc la frugalité qui doit apprendre à s'en satisfaire joyeusement – est ce dont le manque ou l'absence empêcherait le bon accomplissement de la Vie et de l'Esprit à travers moi.

Il existe des besoins vitaux incontournables, il existe des besoins spirituels incontournables qui doivent être alimentés frugalement mais réellement, pour que le processus de la Vie et de l'Esprit puisse se perpétuer au travers de moi.

Tout le reste est superflu !

Les besoins vitaux du corps ? De l'air, de l'eau, de la nourriture solide, du sommeil, de la promenade, des caresses.

Les besoins essentiels de l'esprit ? De la nourriture mémorielle, de l'activité intellectuelle, de la reliance sensible, des défi vocationnel et de l'harmonie conscientielle.

La frugalité est l'apprentissage de la joie de vivre à travers ce minimalisme consommatoire, à travers ce désencombrement de l'existence, à travers se retour à l'essentiel, à travers cette libération de l'image sociale et des obligations du paraître

Cette frugalité-là était déjà le signe éthique des stoïciens, des cyniques, des épicuriens … et celui des sages et des maîtres du védantisme, du taoïsme et du zen.

La frugalité dépasse tous les plaisirs (sont autant d'esclavage) par la joie qui libère.

 

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La bipolarité entre "nécessité" et "contingence" ne paraît pas du tout pertinente.

Il y a ce qui existe réellement : tout le passé accumulé et le présent qui l'emballe totalement ; et il y a tout ce qui n'existe pas réellement, même si certains germes existent déjà dans le présent dont ils vont peut-être jaillir.

Cette germination n'est ni nécessaire, ni contingente ; elle est seulement plus ou moins probable selon la connaissance fiable que l'on a de la logicité évolutionnaire du Réel.

Et même si l'on possédait la connaissance parfaite et totale de tout le passé et de tout le présent (comme le petit démon de Laplace), comme le Réel n'est pas déterministe, rien ne serait vraiment nécessaire (seulement très probable) et beaucoup serait assez contingent (possible même si non strictement nécessaire).

 

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Concernant le Réel, le débat entre déterminisme et indéterminisme est obsolète et doit être définitivement clos. Il faut s'en remettre à une doctrine plus humble, mais plus véridique : un strict probabilisme (souvent non quantifiable).

La logicité du Réel n'est pas mécanique, mais complexe (émergences, bifurcations, effondrements, … ; constructivisme, opportunisme, optimalisme, intentionnalisme, processualisme, émergentisme, …).

Il y a là toute une nouvelle épistémologie à construire !

 

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La dialectique hégélienne (ou autre) décrit un processus d'évolution complexe extrêmement commun, mais qui dépasse, et de loin, la trop simple mécanique déterministe newtonienne de la l'action et de la réaction.

Premier moment : tout part d'un système monopolaire à l'état homéostatique (par exemple : je suis en bonne santé depuis des années et je pratique une hygiène de vie qui me correspond : cette hygiène de vie est la logicité monopolaire qui guide mon évolution en "bonne santé").

Deuxième moment : vient à surgir, pour mille raisons diverses et variées, un second pôle antagonique avec mon pôle "bonne santé fondée sur une bonne hygiène de vie" (par exemple, une pandémie particulièrement ravageuse).

L'existence de ces deux pôles antagoniques engendre une tension qui va perturber voire saccager toute ma manière de bien vivre.

Troisième moment : ces tensions de plus en plus destructives entre les deux pôles de ce monde : ma bonne santé qui est "mon" système et la pandémie environnante (qui est "le système du virus"). Cette situation tensionnelle va impliquer le démarrage d'un processus de dissipation des tensions entre ces deux pôles contradictoires.

Dans l'exemple choisi, en gros,

  • ou bien je ne fais rien, le virus m'envahit et je m'effondre très malade ou mort (dans l'hypothèse où ce virus est effectivement confirmé comme très dangereux),
  • ou bien j'absorbe massivement les médications idoines et je triomphe du virus que meurt et disparaît (retour à ma situation monopolaire initiale),
  • ou bien j'adopte des mesures préventives d'isolement, d'éloignement ou de confinement pour ne pas entrer en contact avec ce virus en attendant qu'il passe (la bipolarité est brisée),
  • ou bien je développe mon immunité spécifique contre ce virus-là (à la condition qu'il ne mute pas) et cette pandémie devient pour moi une simple et banale endémie qui se transformera vite en symbiose.

 

Pour le dire plus abstraitement :

 

  1. Premier moment (thèse - affirmation) : situation originelle monopolaire.
  2. Deuxième moment (antithèse - négation) : un second pôle devient actif, s'attaque au pôle originel et induit un nœud tensionnel qu'il faut dissiper optimalement.
  3. Si l'on exclut la destruction totale des deux pôles, trois scénarii "horizontaux" peuvent se mettre en place :
    1. victoire du pôle "originel" et retour à la monopolarité,
    2. victoire du pôle "attaquant" et retour à la monopolarité,
    3. adoption d'un compromis et mise en place d'une bipolarité de compromis, instable et fragile.
  4. Troisième moment (synthèse – négation de la négation) : émergence d'une structure tripolaire complexe, par émergence, qui dissipe les tensions "par le haut" en transformant leurs énergies destructives (entropiques) en énergies constructives (néguentropiques).

 

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La révolution néolithique eut lieu, au Levant, vers 9500 avant l'ère vulgaire.

L'âge du bronze commence vers 3000 avant l'ère vulgaire, en Anatolie (le sud de l'actuelle Turquie).

Le début de l'âge du fer et la révolution alphabétique eurent lieu autour de la Judée, vers 1250 avant l'ère vulgaire.

L'histoire humaine, au sens strict, commence donc seulement il y a moins de 3.500 ans.

Philosophiquement, cela signifie que le processus civilisationnel est extrêmement récent et d'origine strictement proche-orientale.

Si l'on prend comme hypothèse (voir mes travaux dont "Où va l'humanité ? – Une philosophie de l'histoire." - Ed. Diateino – 2021) que chaque cycle civilisationnel dure en moyenne 1650 ans, on peut retracer l'histoire en sept cycles civilisationnels successifs :

  1. Révolution néolithique à partir de -9500,
  2. Sédentarisation et poterie à partir de -7850,
  3. Céramiques à partir de -6200,
  4. Villes et roue à partir de -4550,
  5. Âge du bronze à partir de -2900,
  6. Antiquité (âge du fer et révolution alphabétique) à partir de -1250
  7. Christianité à partir de +400,
  8. ??? à partir de +2050.

 

La première civilisation humaine est clairement née au Levant (Liban, Judée, Syrie, Anatolie …) ; c'est là que fut inventé l'usage de l'agriculture, de l'élevage, de la poterie, de la roue, de la cité, de la céramique, du tissage, du bronze, du fer, de l'alphabet, …

Nous en sommes les héritiers !

 

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Il existe deux grands types de nihilisme : celui pour qui "rien ne vaut" (indifférencialisme) et celui pour qui "tout se vaut" (indifférentisme).

Dans les deux cas, rien ne possède de valeur ni supérieure, ni supérieure à quoique ce soit d'autre ; en ce sens, l'égalitarisme est une forme de nihilisme.

Le nihilisme ne croit en rien, ne préfère rien, n'estime rien : tout est indifférent, tout est indifférencié.

Rien n'est sacré. Rien n'est admirable. Rien n'est sublime.

Comme le pense Jacobi, le rationalisme qui raisonne tout sans résonner avec rien, est une forme de nihilisme, au moins réduit à rien l'intuition et l'intention sans lesquelles rien n'est possible.

De même, nihilisme que tout idéalisme qui, en niant la réalité et la valeur du Réel, réduit à rien tout ce qui existe et s'enlise dans des élucubrations sans sens ni valeur.

 

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Il est agaçant de voir certains faire de Nietzsche un apôtre du nihilisme. C'est tout le contraire qui est vrai. Nietzsche prédit l'inéluctable émergence du nihilisme (celui "des derniers des hommes"), mais il les voue aux gémonies, il les conchie ; Nietzsche est l'apôtre du dépassement de l'humain, l'apôtre du Surhumain qui seul donne sens et valeur à toute trajectoire humaine.

Nietzsche est ennemi du nihilisme. Si l'humain est une fin en soi, alors l'humain est une fin et est fini, sans aucun sens ni valeur. L'humain ne prend sens et valeur qu'au service du Surhumain, c'est-à-dire de ce qui le dépasse : voilà l'exacte antithèse du nihilisme.

Nietzsche est tout le contraire d'un thuriféraire du nihilisme (même s'il le prédit, et avec quelle lucidité) ; il est un mystique du dépassement de l'humain, un mystique du Surhumain.

 

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Le Dieu personnel des théismes est mort et bien mort ; c'est le Surhumain qui le remplace, et ce Surhumain, c'est le Réel même, tellement au-delà de l'humain !

 

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Afin de rendre adéquatement que le Réel n'est qu'un vaste ensemble de processus en marche englobés par lui, lui-même processus ultime, il faudrait inventer un langage n'incluant ni substantifs, ni adjectifs, tous remplacés, respectivement, par des verbes et des adverbes.

"Cet arbre est vert" deviendrait : "Cet arborescant (participe présent d'un verbe "aborescer" qui n'existe malheureusement pas, mais qui signifierait "se développer aborescemment") se montre vertement".

Si le style y perd, la véridicité y gagne !

 

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En s'inspirant des analyses de Frege …

Les objets n'existent pas (le Réel est un continuum).

Tout "objet" nommé est une approximation subjective conventionnelle que le regard découpe dans le tissu étale du Réel.

Même avec de telles conjectures, il n'existe, extraits subjectivement du Réel, pas deux objets absolument identiques.

L'égalité n'existe donc jamais, sauf à faire abstraction des attributs divergents pour ne conserver, artificiellement, que les attributs conventionnellement convergents par rapport à des critères conventionnels définis artificiellement a priori.

Sauf à accepter de telles ineptes simplifications et idéalisations outrancières, rien n'est donc dénombrable(une pomme n'est pas une autre pomme, et une pomme n'est pas une poire ; on ne peut donc pas compter "des pommes").

Donc ni les nombres ni les quantités n'existent. Donc les mathématiques, langages des quantités, sont inadéquates à la description réelle du Réel.

CQFD.

 

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Réalisme (au sens médiéval de la "querelle des universaux" : les choses existent.

Nominalisme : le nom des choses est une invention conventionnelle de l'esprit humain.

Conceptualisme : les mots sont des concepts qui désignent un ensemble de choses semblables.

Oui mais voilà : les choses n'existent pas ; elles sont de pures constructions de l'esprit humain ; ce qui existe, c'est le Réel qui est un continuum processuel dont rien n'est séparable, distinguable ou discernable, sauf conventions artificielles spéciales.

 

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La noosphère ne pense à la place de personne ; mais la noosphère permet à ceux qui en sont capables, de penser plus vite, plus fort, plus haut, plus véridique … et de penser ensemble en développant de réelles intelligences collectives.

La noosphère, c'est l'ensemble des réseaux noétiques (qui n'ont rien à voir avec ces fumisteries appelées plateformes ou médias ou "réseaux" sociaux).

La noosphère est aux esprits individués ce que l'organisme est à ses cellules : plus que la somme de ses parties !

 

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Plutôt que de sombrer dans des épistémologies compliquées et absconses comme certains philosophes s'y vautrent, il faut revenir aux fondamentaux :

 

  • Il y a l'univers-réel qui est le Réel tel qu'il est dont tout ce qui existe fait partie (y compris chacun de nous et ce que nous développons tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de nous).
  • Il y a l'univers-image qui est l'ensemble de toutes les perceptions que notre esprit expérimente par sa sensibilité (tant analytique et sensitive, qu'holistique et intuitive) avec l'univers-réel.
  • Il y a l'univers-modèle qui est l'ensemble de toutes les conceptions que notre esprit construit par son intelligence (tant logique et structurante qu'anagogique et créative) à partir de l'univers-image.

 

La vérité serait atteinte si ces trois univers se superposaient exactement et éternellement. Ce ne sera, évidemment, jamais le cas. La véridicité – ou la connaissance véridique "qui dit sa vérité" – se construit processuellement, par une constante dialectique entre l'univers-image qui se nourrit et s'enrichit de l'univers-réel, au moyen de la sensibilité, et l'univers-modèle qui se nourrit et s'enrichit, de son travail, au moyen de l'intelligence.

Le critère général de progrès de la connaissance est la cohérence : la cohérence entre l'univers-image et l'univers-modèle, et la cohérence entre ceux-ci et les nouveaux apports venus de l'univers-réel.

Bien sûr, en complément, on peut et doit être critique sur la qualité des instruments de perception de la sensibilité et des langages de description de l'intelligence.

 

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Le 16/12/2021

 

Ce n'est pas du tout un hasard si les pays européens (au sens large), aujourd'hui les plus illibéraux (populistes et autoritaristes), ont aussi toujours été les pays les plus antisémites (Ukraine, Russie, Pologne, Autriche, Hongrie, Prusse, Slovaquie, Croatie, Roumanie, … et la France, quoique moindrement).

Cela ne fait que souligner la réalité foncière du libéralisme juif, c'est-à-dire l'aversion profonde des Juifs pour toutes les formes d'esclavage (l'étatisme, l'autoritarisme, les préjugés, …) et d'idolâtrie (la patrie, l'ethnie, les superstitions, …).

Pour un Juif, sa patrie est le monde (cosmopolitisme) et le monde est un vaste réseau de communautés autonomes faites, chacune, de personnes fidèles et autonomes.

 

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Les trois piliers du Judaïsme :

 

  1. La Libération autonomique contre tous les esclavages (la fête de Pessa'h commémore la sortie des esclavages).
  2. La Foi panenthéiste contre toutes les idolâtries (la fête de Shabouot commémore le don de la Foi).
  3. L'Etude herméneutique contre toutes les ignorances (la fête de Soukot commémore la longue marche vers la Promesse).

 

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Un pouvoir, quel qu'il soit, n'est jamais légitime en soi, mais il peut être conventionnellement utile.

Utile à qui ? Utile à quoi ? Utile pour quoi ? Utile comment ?

Là, avec ces questions, commence la discussion politique et idéologique proprement dite.

Quoiqu'il en soit, un pouvoir, quel qu'il soit, n'est acceptable que s'il est temporaire, lié à l'accomplissement d'un projet défini et pratique, confié (par des procédés divers, souvent consultatifs ou cooptatifs, pas nécessairement démocratiques et certainement pas au suffrage universel) à des personnes compétentes, talentueuses et probes.

Dans ces conditions et seulement dans celles-là, la relation à un tel pouvoir ne doit pas être d'obéissance, mais de collaboration loyale et contributive.

Toutes les autres formes de pouvoir doivent être soit méprisées, soit combattues.

 

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L'idée d'avoir un objectif (c'est-à-dire de projeter la réalisation d'un désir sur l'écran imaginaire du futur souhaité) n'a rien à voir avec celle d'avoir une intention (c'est-à-dire de se guider, dans le présent réel, par des règles de vie censées favoriser l'accomplissement de soi et de l'autour de soi).

C'est la différence essentielle – et souvent inaperçue – entre "finalisme" et "intentionnalisme".

Le finalisme est un déterminisme alors que l'intentionnalisme est un constructivisme.

 

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La noosphère, en tant que réseau organique des pensers individuels, est une couche intermédiaire entre l'esprit personnel humain et l'Esprit cosmique.

 

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Tout ce qui existe, à la fois, transcende ce qui le compose et compose ce qui le transcende.

Chaque niveau de cette échelle des complexités croissantes a son rôle propre et ne peut y renoncer qu'au risque de détruire ce qui le compose et ce qui le transcende. Il n'est, nulle part, question ni de domination, ni d'inféodation.

Par exemple, une personne humaine est autonome, mais ne peut pas l'être ni au détriment de ses organes constitutifs, ni à celui de ses interdépendances avec son milieu, humain ou naturel.

L'autonomie, indispensable à tous les niveaux de l'échelle, n'est jamais ni autarcie vis-à-vis du "haut", ni tyrannie vis-à-vis du "bas".

 

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L'objectalité s'oppose à la processualité.

Ce regard-ci occulte ce regard-là : on ne peut pas voir, en même temps, un objet posé comme "étant" et un processus posé comme "devenant".

Le Réel étant lui-même totalement exclusivement processuel, il faut en conclure que toute la pensée objectale qui anime la quasi-totalité de la philosophie et de la science occidentale (Héraclite, les stoïciens, Hegel, Bergson, Teilhard de Chardin, Whitehead, … mis à part), est une approche totalement inadéquate et erronée.

 

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Dans l'absolu, l'objectivité humaine n'existe pas.

 

En science, une belle objectivité relative est possible et progresse au fur et à mesure de l'accumulation des expériences, de l'affinement des théories et de la consolidation de la cohérence entre elles : la science s'approche de plus en plus asymptotiquement de la réalité du Réel.

 

En revanche, l'objectivité, même toute relative, de la justice est un triste leurre absolu : la "justice" n'est que la codification de conventions artificielles et fait semblant de se fonder sur une soi-disant morale naturelle et un soi-disant droit naturel qui n'existent que dans les cervelles fumeuses des idéalistes.

Il n'y a pas de morale naturelle ou absolue.

Il n'y a pas de droit naturel ou absolu.

Il n'y a pas de justice humaine, ni naturelle, ni absolue ; tout au plus existe-t-il quelque tentative d'équité lorsque les juges se placent "au-dessus de la mêlée".

 

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Il n'y a ni objet, ni sujet.

Il n'y a que le Réel qui se manifeste d'une infinité de façons, et il y a des manifestations qui interagissent d'une infinité de façons.

Les dualismes platonicien, cartésien et kantien sont des absurdités.

 

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L'humanisme est une absurdité.

L'humain est une pure créature de la Vie et de l'Esprit et ne prend sens et valeur qu'à leur service exclusif. Ce sont la Vie et l'Esprit qui décident ce qui est bien ou mal pour eux-mêmes ; que cela fait du bien ou du mal à l'humain importe peu.

Les "valeurs" humaines ne sont que des rêveries puériles, anecdotiques et sentimentalistes : égalité, justice, générosité, solidarité, bonté, etc … entre les hommes, n'ont de sens que si elles contribuent efficacement à l'accomplissement de la Vie sous toutes ses formes et de l'Esprit sous toutes ses formes. Sinon, ce ne sont que des hochets pour enfants débiles.

 

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L'obscurantisme est odieux, même lorsqu'il vient des "Lumières" dont les "idéaux" infantiles ont fondé tous les dogmatismes athées, rationalistes, scientistes et idéologiques des 19ème et 20ème siècles.

 

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L'observation et l'expérimentation sont utiles et nécessaires, mais il faut d'abord "vivre" le Réel si on veut le comprendre.

 

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Tout progrès est transgression.

On ne monte qu'en quittant.

On ne construit qu'en osant sortir.

Tels sont les obstacles aux évolutions de la connaissance.

 

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Il n'y a rien d'occulte dans l'existence des "lois" de la Nature et des "forces" qu'elles mettent en jeu. Tout cela n'est que manière de traduire, en langage humain, la logicité globale du Réel qui s'est inventé des règles d'évolution efficaces pour s'accomplir optimalement.

C'est l'esprit humain qui a traduit cette logicité optimalisante en "lois" et "forces" qui ne font qu'en représenter les modes d'action.

La seule notion qui pourrait encore rester "occulte – parce que souvent occultée par les esprits causalistes et matérialistes -, c'est cette d'Intention immanente comme moteur absolu du Réel. Il n'y a rien d'occulte dans ce "mystère" ultime et il est bien connu depuis longtemps : "entéléchie" chez Aristote, "conatus" chez Spinoza, "volonté de puissance" chez Nietzsche, "élan vital" chez Bergson, etc … Le problème n'est en rien "mystérique", mais seulement sémantique.

 

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Le "sentiment océanique" est l'autre nom (un peu "pompier") de la reliance spirituelle  intense et profonde avec la réalité du Réel (donc plus vraie que seulement intellectuelle et conceptuelle ; elle est vécue plus que pensée).

La quête mystique ou initiatique est le nom que l'on donne aux ascèses qui mènent à cet état de reliance holistique.

Derrière tout cela, s'affirme, bien évidemment, une métaphysique strictement moniste qui déplaît souverainement aux religions dualistes comme les divers monothéismes qui, tous, ont condamné et pourchassé et persécuté et exterminé leurs mystiques (encore aujourd'hui, l'islamisme n'a de cesse que de détruire les tariqas soufies).

 

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Le travail est le chemin qui mène à l'œuvre. Ce n'est pas le travail, ni le travailleur qui valent, c'est l'œuvre et l'œuvre seule.

L'humain ne vaut que par ses œuvres !

Mais l'œuvre n'est pas l'objet résultant du travail ; l'œuvre est la joie du cheminement parcouru jusqu'à l'œuvre.

 

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D'André Comte-Sponville :

 

"Oligarchie.

Le pouvoir d'une petite minorité (…) dont les membres prétendent souvent être les meilleurs et ne sont en vérité que les plus puissants – c'est-à-dire, presque toujours, les plus riches. Ils voudraient constituer une aristocratie .Ce n'est clairement qu'une ploutocratie déguisée."

 

Chassez le gauchisme, il revient au galop ! Haine de l'argent. Haine de l'élite. Haine de la supériorité. Haine de l'excellence. Comment peut-on proférer des énormités aussi scandaleusement fausses ? L'histoire humaine est truffée d'aristocraties réelles et bienveillantes, dévouées et visionnaires. L'évergétisme montre bien que la richesse matérielle personnelle n'exclut en rien la générosité envers les populations ; bien au contraire. Qui sont les mécènes ? Les pauvres ?

L'oligarchisme aristocratique (et non pas ploutocratique), stochastocratique et évergétiste est, aujourd'hui, le seul antidote au démagogisme clientéliste et électoraliste qui est la réalité logique et naturelle du démocratisme au suffrage universel.

 

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Le besoin de domination naît de la peur obsédante d'être dominé.

Quand donc cette délétère relation dominant-dominé – que l'analyse transactionnelle assimilerait à une relation parent-enfant … - sera-t-elle enfin remplacée par une relation adulte-adulte : tu es ce que tu es, je suis ce que je suis, coopérons intelligemment et efficacement pour notre bien.

 

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De Jean-Claude Kaufmann :

 

"La crise sanitaire est révélatrice d'un possible "glissement civilisationnel" vers une forme de vie plus simple et tranquille, au risque d'abandonner certaines de nos libertés. Les confinements ont été de plus en plus pénibles à vivre pour certains, piégés dans leur appartement surpeuplé, mais pas pour tout le monde. Une majorité de personnes a même trouvé quelques agréments discrets dans le fait de se laisser un peu aller, de dormir davantage, de faire moins d'efforts vestimentaires. L'existence toute simple avec les siens, n'était-ce pas là l'essentiel ? Ces événements ont agi comme un révélateur personnel. Et comme révélateur de tendances longues de notre société, qui nous entraînent vers un désir toujours plus grand de lenteur, de douceur, de silence, de mollesse existentielle, alternative à une société trépidante et exténuante, qui perd parfois le sens de son agitation. (…) L'élargissement continu du pouvoir de décision des individus a fini par accumuler une surcharge mentale. Et pourquoi devoir décider de tout, sans cesse, par soi-même, n'est pas une sinécure. Mais serions-nous véritablement prêts à abandonner certaines de nos libertés pour une vie plus tranquille ? (…) Le nouveau pays de Cocagne dont rêvent certains est traversé par des contradictions qui dessinent les enjeux politiques à venir."

 

Une autre manière de lire la bifurcation actuelle … Retour à l'essentiel ou abandon à la mollesse ?

 

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L'Europe a été façonnée par l'industrialisme du 19ème siècle, et avant lui, par le christianisme, et avant encore, par l'empire romain et encore avant par la culture celte.

Cette quadruple fondation de l'Europe font de l'Euroland une réalité bien plus profonde que les ridicules Etats-Nations inventés, artificiellement, à la fin du 19ème siècle.

C'est cela qu'il nous faut comprendre d'urgence pour fonder la Fédération européenne des terroirs autonomes d'Europe.

 

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Orientations nouvelles, amplifiées par la pandémie :

 

  • Déclin des grandes villes.
  • Désengagement des jeunes.
  • Robotisation et algorithmisation accélérées.
  • Continentalisation accrue.
  • Décrédibilisation des universités.
  • Recul des salariats.
  • Dégauchissement de la politique.
  • Aspiration aux autonomies.
  • Obsessions sanitaires.
  • Obsolescence étatique

 

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L'ontologie est le discours sur l'Être (en tant qu'Être, disait Aristote).

Comme "l'Être" n'existe pas, puisque rien n'est et que tout advient et devient, l'ontologie est vide de tout.

La métaphysique qui, au-delà des ontologies, traite des fondement du Réel en amont de la physique (qui s'occupe des manifestations du Réel), se confond avec la cosmosophie qui veut comprendre et modéliser, tout à la fois, l'Univers (la substantialité topologique de la Matière), la Nature (la vitalité dynamique de la Vie) et le Cosmos (la logicité eidétique de l'Esprit).

 

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Il faut distinguer l'opinion de l'hypothèse.

L'opinion est vulgaire et infondée.

L'hypothèse est savante et autorisée.

Il est essentiel, aussi, de les distinguer de la croyance, de la conviction et du sentiment.

 

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L'opinion publique, c'est l'opinion majoritaire, celle du grand nombre, c'est-à-dire la parfaite synthèse de l'ignorance et de la bêtise.

 

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Ni optimisme, ni pessimisme : lucidité !

Le Réel est ce qu'il est et ira comme il veut et peut aller.

Les espoirs ou peurs humaines n'y changeront rien, sauf à devenir bel œuvrier sur son chantier et à construire ce qu'il y a à y construire.

Veiller à l'accomplissement et au perfectionnement de soi et de l'autour de soi : voilà la tâche de l'humain, comme celle du colibri (cfr. feu Pierre Rabhi) ; le Réel pris comme un tout, l'humanité prise comme un tout, ne sont pas leur affaire.

 

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La notion d'ordre n'est pas une évaluation humaine de la praticité d'un ensemble (-ce qui est en ordre serait plus facile à utiliser, à mémoriser, à imiter, à reproduire que ce qui est en désordre).

L'ordre est une notion universelle, tant physique que, surtout, thermodynamique.

L'ordre maximalise une combinaison de l'entropie (l'uniformité) et de la néguentropie (la complexité) ; le désordre la minimalise.

 

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Les valeurs épistémologiques (donc cosmosophiques et scientifiques), éthiques (donc morales pour le grand nombre), juridiques (donc exprimées en codes), idéologiques (donc politiques lorsqu'elles sont pratiquées), etc … ne sont que des applications humaines (bien imparfaites, surtout pour les deux dernières) de l'ordre naturel de la réalité du Réel.

Tout ce qui existe, même chez l'humain, appartient à la seule réalité du Réel. Il n'y a pas d'autre "ordre" que celui du Réel.

 

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Le Réel se complexifie non par raison de causalisme ou de finalisme, mais sous la pression d'un intentionnalisme.

Cette merveille que sont les yeux, n'existent ni par hasard mutationnels et sélectifs (causalisme) ni dans le but affirmé et prémédité de voir (finalisme) ; ils existent parce que quelque chose qui "voit" son milieu, favorise la survie et l'accomplissement des porteurs d'yeux.

Entre le "je le reçois parce que c'était prévu" et le "je l'ai parce que je le veux", il y a le "je le trouve parce que je cherche".

 

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L'organicisme est une doctrine cosmosophique qui dépasse le mécanicisme des systèmes non-complexes, et qui introduit les notions d'intentionnalisme, de processualisme, d'émergentisme.

 

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Il n'y a jamais d'organisation sans intention.

 

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La structure d'une entité complexe en est l'aspect topologique (spatialité des positionnements réciproques).

Le processus en est l'aspect dynamique (temporalité des transformations successives).

La complexité en est l'aspect eidétique (intensité des interdépendances mutuelles).

 

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Le Réel n'a pas d'origine ! Il devient perpétuellement, sans jamais être advenu.

 

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La bonne orthographe est une politesse courtoise.

 

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L'orthodoxie, c'est le respect de l'autorité.

L'orthopraxie, c'est le respect de la tradition.

 

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Puisque le Réel évolue par accumulation, jamais rien ne "s'y oublie" et la mémoire cosmique est toujours intégrale et intacte … mais elle d'épure comme les couches géologiques sédimentent et se compactent pour former des ensembles de plus en plus cohérentes.

 

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Pacifique, je le suis, même dans mes colères.

Pacifiste, je voudrais l'être à la condition qu'on me "fiche la paix".

 

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La Paix (j'aime y mettre une majuscule) est le plus beau concept qui soit. Et je ne peux pas comprendre que l'on puisse se faire la guerre (malgré mon passé militaire dans Tsahal lors de la guerre de Kippour). Je peux comprendre une guerre de défense contre ceux qui attaquent (c'est toujours celui qui attaque qui a tort et qui devrait être mis au ban de l'humanité).

Après avoir reçu trois fois au moins la "pâtée" en Israël, les islamistes s'attaquent maintenant à plus faible : aux Kurdes et à l'Arménie, et qui se lève pour condamner ces crapules agressives ? Lâcheté des pleutres !

Mais pourquoi des agresseurs attaquent-ils ? Parce qu'une victoire extérieure et facile sur un autre considéré comme plus faible, est bien plus spectaculaire, fantasmatique et narcissique qu'une victoire intérieure et difficile sur soi-même.

Ce sont toujours les imbéciles qui attaquent !

 

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Deux remarques …

La guerre militaire est toujours le fait des nationalismes : éradiquons tous les nationalismes …

La guerre civile est toujours le fait des idéologies : éradiquons toutes les idéologies …

Et une conclusion …

Combattre pour la Paix, c'est combattre tous les nationalismes et toutes les idéologies !

 

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La différence cruciale et primordiale entre le panthéisme et le panenthéisme tient en ceci que l'Un est plus que le Tout.

Pour le panthéisme, Dieu est le Tout qui est la somme de toutes ses parties.

Pour le panenthéisme, Dieu est l'Un qui contient le Tout (puisque tout émane de lui et le manifeste), mais qui assure, de plus, sa substantialité, son intentionnalité et sa logicité.

 

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J'aime l'idée qu'un paradigme soit une "matrice" fondatrice pour une culture, une civilisation, une époque, une doctrine, une science, etc …

Un changement de paradigme (ou une mutation paradigmatique) s'appelle une bifurcation (terme issu de la physique des processus complexes et réactivé par Ilya Prigogine).

Nous en vivons un exemple colossale puisque le paradigme civilisationnel de la christianité, le paradigme historique de la modernité et le paradigme scientifique du mécanicisme sont tous les trois entrain de s'effondrer ("to collapse", en anglais), effondrement qui appelle, suscite et nécessite l'émergence de nouveaux paradigmes en remplacement.

La plupart de professeurs de philosophie, enfermés dans leurs nostalgies académiques, sont incapables de le voir et de le comprendre.

 

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La paresse est un vice, mais le travail n'est pas un devoir ; ce qui est un devoir, c'est de contribuer activement, à chaque instant, avec toute son énergie, à l'accomplissement de soi et de l'autour de soi, c'est de participer activement, à chaque instant, avec toute son énergie, au perfectionnement de l'œuvre du Réel en soi et autour de soi.

Le travail est alimentaire ; l'ouvrage est essentiel et vital.

 

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Le destin et la destinée s'opposent parfois et convergent parfois.

Le destin – ou le sort, ou la chance – est extérieur ; la destinée – ou la vocation, ou la volonté – est intérieure.

 

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Le Réel est le mieux qu'il peut être, ici et maintenant, mais il n'est pas parfait ; c'est en cela qu'il est en perfectionnement et qu'il induit des processus (dont l'humanité et chaque humain) pour contribuer à ce perfectionnement perpétuel.

Cette contribution collective et personnelle est notre seule "bonne raison" d'exister, notre seule "justification".

 

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C'est hallucinant de voir l'énergie de mauvaise foi qu'investissent les athées pour justifier ce nihilisme injustifiable et stérile qu'est l'athéisme.

Que l'on soit antithéiste – et je le suis clairement –, rien de plus sensé mais que l'on soit athée, c'est-à-dire dans le refus et le rejet obstinés de toute forme de spiritualisation et/ou de sacralisation de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, au sens cosmique, donc du Réel, me paraît plus que ridicule.

Théisme ? Non, bien sûr.

Panenthéisme ? Oui, bien sûr !

 

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Certains philosophes ne craignent pas d'être contradictoires. J'en lis un qui rejoint Voltaire pour ridiculiser Leibniz lorsque celui-ci affirme que : "Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles", mais qui, quelques pages plus loin, encense Spinoza lorsqu'il dit : "Par réalité et par perfection, j'entends la même chose".

Or, ces deux citations, c'est chou-vert et vert-chou. A chacun ses chouchous …

 

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Le pari de Pascal, s'il est gagné, n'est payé ni en argent, ni en récompense, ni en paradis, mais seulement en joie de vivre.

 

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La tendance à vouloir, partout, imposer la parité entre hommes et femmes est passablement ridicule.

Les hommes et les femmes, parce que différents et complémentaires, n'aspirent nullement aux mêmes choses, aux mêmes fonctions, aux mêmes pouvoirs.

Laissons donc les personnes individuelles tracer leur propre chemin plutôt que de légiférer sur des statistiques.

 

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Quand donc comprendra-t-on que le Réel se construit par accumulation et que tout le passé reste bien réel et présent sous cette mince couche active qu'est le présent ?

 

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La patience – qui est une attente, un jeu avec l'avenir - n'est pas une vertu, c'est l'impatience – dans le présent vécu - qui est un vice.

L'antidote à l'impatience, c'est le détachement qui, lui, est une vertu, ici et maintenant.

 

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Le 17/12/2021

 

L'idée de péché capital est héritée du catéchisme catholique (la liste des sept péchés capitaux a été arrêtée par le pape Grégoire le Grand au 6ème siècle : orgueil, avarice, luxure, envie, gourmandise, colère, acédie/paresse).

Aujourd'hui, au-delà de ces enfantillages, je ne reconnais plus qu'une seule faute capitale, non pas envers la "loi de Dieu", mais envers la "réalité du Réel".

Cette faute capitale est celle-ci : négliger, ignorer, freiner, empêcher, bloquer, interdire, … la réalisation de la mission de l'humain dans le monde, c'est-à-dire l'accomplissement et le perfectionnement de soi et de l'autour de soi au service de la bonne évolution du Réel, donc de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, sous toutes leurs formes.

C'est là la seule éthique. Donc, c'est là toute la morale (puisque la morale n'est jamais que la résultante statistique de la composition de toutes les éthiques personnelles).

 

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Péché d'acédie …

Ce terme est tombé en désuétude et a été couramment remplacé par "paresse". Mais l'acédie est plus générale et plus profonde que la simple paresse qui est réluctance à toute activité physique.

L'acédie couvre toutes les réluctances à toutes les activités : corporelles, affectives, intellectuelles, spirituelles et conscientielles.

Cette notion doit être promptement réactivée car elle est en train de devenir le "péché capital" des masses de notre temps, surtout chez les plus jeunes

Etonnamment ignorée dans le TLF, c'est le Larousse qui donne cette définition de l'acédie : "État spirituel de mélancolie dû à l'indifférence, au découragement ou au dégoût".

En bref, l'acédie acte la mort de toute vie intérieure ; C'est bien le drame de notre époque d'effondrement et de chaotisation.

 

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Quand donc sortirons-nous du moralisme ?

Quand donc sortirons-nous de la moraline ?

Quand donc extrairons-nous l'éthique de la humaine binarité simpliste et puérile entre le "Bien" et le "Mal".

Le "Bien", c'est ce qui fait du bien.

Le "Mal", c'est ce qui fait du mal.

 

Certes, mais faire du bien ou du mal à qui ? A moi, à ceux que j'aime, à l'humanité, aux arbres, aux vivants, à la biosphère, à la planète Terre, au monde entier, à la Nature, etc …

Faire du bien ici, c'est forcément faire du mal là-bas. Rien n'est gratuit dans l'Univers ; c'est une des grandes lois de l'équilibre cosmologique (que la plupart des moralistes refusent obstinément de voir avec lucidité).

La vie doit tuer pour vivre !

 

Abattre un arbre pour chauffer la chambre de mon enfant malade et mourant, est-ce moral : tuer en arbre pour chauffer un enfant qui meurt ? L'enfant mourant vaut-il mieux ou plus que l'arbre vivant ? Bien sûr, l'exemple est atroce et extrême et, par cela même, peut-être insignifiant, mais il pose la question suprême : à qui/quoi a-t-on le droit de faire du mal pour faire du bien à ce que l'on préfère ? Qui ai-je le droit de préférer au détriment de certains autres ?

Si la réponse est : à rien ni personne, le suicide est la seule issue (car alors, le dilemme du bien ou du mal à faire disparait).

Si cette réponse et sa conséquence ne sont pas acceptables, alors ?

 

C'est ainsi qu'au-delà de toute morale, se pose la vraie question éthique ! En matière de faire du bien et de faire du mal, qu'est-ce qui est le mieux ?

Les utilitaristes anglo-saxons avaient répondu : le mieux est de faire du bien au plus grand nombre. C'est une réponse, mais elle est purement statistique et élude complètement les questions du mérite et de la préférence.

Je veux donner un million d'euro ; que vaut-il mieux : donner un euro à un million de personnes, ou donner cent mille euros à dix chercheurs talentueux et prometteurs, ou acheter une grande maison pour accueillir des miséreux, ou investir dans une usine qui produira du bon pain vendu à prix coûtant ?

 

La question n'est donc plus de faire du bien ou de faire du mal, mais bien de faire le mieux ; ce n'est plus une question de morale, mais une question d'optimisation (ou, plutôt, c'est cela la morale : choisir la voie de l'action non pas "bonne" ou "mauvaise", mais la voie optimale).

La question est divinement posée, mais sa réponse est diablement ardue.

 

Et elle l'est d'autant plus que toute action a des conséquences immédiates plus ou moins visibles ou prévisibles, mais aussi une infinité de conséquences lointaines, inconnues et imprévisibles, parmi lesquelles peuvent se cacher des catastrophes.

Faire du bien à court terme, c'est aussi parfois (et même souvent) faire du mal à long terme. Et, répétons-le, ce mal à long terme est le plus souvent imprévisible.

Et, en tout cela, le symétrique est également vrai : faire du mal à court terme, c'est aussi, peut-être, faire du bien à long terme ! Alors ?

 

A ce stade, il est impératif d'éliminer, une bonne fois pour toutes, les notions naïves de morale, de morale absolue ou naturelle, de moralisme, de justice (qu'est-ce qui est juste ? ce qui est bien ; mais nul ne sait ce qui est réellement bien …), etc …

L'humain sait (normalement) ce qu'il fait, mais il ignore majoritairement les conséquences bonnes ou mauvaises, immédiates ou lointaines, de ce qu'il fait.

 

Il ne reste alors qu'une seule règle éthique : faire tout son possible pour contribuer, au mieux, à l'accomplissement et au perfectionnement de soi et de l'autour de soi, avec précaution et prudence, au service de la promotion de la Vie et de l'Esprit sous toutes leurs formes.

 

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Quel dommage que les rationalistes et les athées soient si incapables de lire les textes biblique au niveau symbolique.

Ainsi le "péché originel" (qui est une invention augustinienne inconnue de la tradition juive) ne fait qu'acter la rupture entre l'inconscience animale (dont le royaume est symbolisé par le Jardin d'Eden) et la conscience humaine qui est capable de comprendre, donc d'anticiper la peine (la sueur du front), la souffrance (les douleurs de l'enfantement) et la mort (le passage incontournable de vie à trépas).

Il ne s'agit pas d'un "péché", mais d'une initiation sous le signe du "serpent-devin" (c'est le même mot en hébreu) qui n'est pas le Satan, mais bien le Mystagogue.

 

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La vie des humains est une symphonie qui s'improvise entre harmonie et cacophonie, autour d'une mélodie qu'ils ne maîtrisent pas. Il vaut donc mieux jouer à l'écart avec quelques instrumentistes doués, que subir le charivari infernal des foules non musiciennes.

Aristocratisme, donc !

 

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La Vie et l'Esprit (au sens cosmique) valent la peine de tous nos efforts. Et la récompense est immédiate : la Joie !

 

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Il n'y a que deux manières de regarder le Réel : avec les yeux des humains (du moins, des moins aveugles) ou avec les yeux de Dieu (de l'Âme immanente du Réel qui se manifeste dans l'esprit de chacun).

On a donc le choix entre la médiocrité et la sublimité.

Regarder le monde avec les yeux de la chair ou avec les yeux de l'âme.

Voir des objets "jetés-là" ou voir des processus "en marche".

Utiliser des ressources matérielles ou contribuer aux constructions intentionnelles.

Il faut choisir entre le plaisir et la Joie.

 

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La peine de mort doit être rétablie dare-dare.

Il y a trop de racailles qui font trop de mal.

Il y a trop d'extrémistes qui sèment la terreur.

Il y a trop d'idéologues qui poussent à la haine.

Il y a trop de crapules qui récidivent.

Mais il est clair que l'on n'a pas le droit de se tromper et que l'erreur judiciaire est impardonnable.

 

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Philosophie et psychologie …

Pourquoi tant de philosophes désœuvrés perdent-ils leur temps à ausculter les états d'âme des humains ? Que de pages stériles ont été écrites sur la jalousie, l'envie, le ressentiment, la libido, la concupiscence, le mépris, l'orgueil, … bref : les vices et vertus. Il y avait les confesseurs catholiques, pour cela ; il y a maintenant ces charlatans de psychiatres, de psychologues et de psychothérapeutes, de tous poils et de toutes ignorances, qui se délectent à jouer aux apprentis-sorciers.

Les philosophes ont mieux à faire dans un monde déboussolé qui se cherche une cosmosophie joyeuse sur des bases épistémologiques solides et des principes éthiques sérieux (loin des binarités moralinesques).

 

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La pensée est le travail de l'intelligence au sein de l'esprit, c'est-à-dire le travail d'ordonnancement des noèmes apportés par la sensibilité et accumulés dans le mémoire.

La pensée est ce travail de l'intelligence. L'harmonisation optimale entre la pensée de l'intelligence, la corporéité de la mémoire, les flux de la sensibilité et les orientations de la volonté, est l'affaire de la conscience.

Il ne faut surtout pas confondre la pensée et la conscience.

L'ensemble de tous ces processus mentaux fait l'objet de la noologie, science nouvelle et indispensable pour éradiquer les conjectures magico-délirantes de la "psychologie".

 

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Rien n'est parfait. Tout est perfectible. Tout devrait être en perfectionnement.

 

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Toute "vérité" n'est qu'une croyance temporaire. Croyance indispensable et vitale pour progresser. Croyance perfectible si elle est véridique et croyance bientôt disparue si elle ne l'est pas.

La philosophie et la science avancent à reculons ; elles ne s'approchent du véridique qu'en s'éloignant du faux.

Ce qui reste lorsqu'on a éliminé toute la fausseté, ce n'est pas la vérité, mais c'est sa possibilité.

Les prétendus athées devrait comprendre qu'en éliminant le concept "Dieu" pour le remplacer par le concept de "Vérité" ou de "'Justice ou de "Morale" (tous avec majuscules comme il se doit), ils ne font que changer de nom sans rien changer aux questions que tout cela pose.

 

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La persécution des Juifs est, aujourd'hui, clairement, originairement chrétienne. La judéophobie fut d'abord un antijudaïsme  puisque, selon Paul de Tarse, l'ignoble, les Juifs auraient refusé de reconnaître le Messie nommé Jésus.

Cet antijudaïsme chrétien s'est mué en antisémitisme (nom mal choisi puisque la majorité des Juifs ne sont pas d'origine sémitique, et qu'il existe de nombreux sémites totalement étrangers au judaïsme). Ce que l'on a tort de nommer "antisémitisme" est une détestation et une persécution des Juifs non plus au motif religieux, mais au motif sociopolitique. Ce qui est alors amèrement et cruellement reproché aux Juifs

 

Ce basculement de l'antijudaïsme religieux à l'antisémitisme sociopolitique est le fait des "Lumières", surtout françaises. Le particularisme, le traditionalisme, le différencialisme et le spiritualisme juifs heurtaient les idéaux d'universalisme, de modernisme, l'égalitarisme et d'agnosticisme qui animaient ces trop fameuses "Lumières". Mais cet antisémitisme des Lumières, dans la seconde moitié du 18ème siècle, ne touchait qu'une frange marginale de la population qui, toujours sous la coupe de l'Eglise, perpétuait l'antijudaïsme religieux.

Cependant, l'époque napoléonienne enclencha une terrible amplification du phénomène antisémitique. D'une part, comme il le fit avec les autres familles spirituelles françaises, dont la Franc-maçonnerie, Napoléon voulut mettre la main sur tout ce qui pensait en France. Les Juifs n'y échappèrent pas avec la création artificielle d'un Grand Rabbinat de France, inféodé à l'Empereur, dont l'essence est totalement étrangère à l'ancestral fonctionnement en réseau des communautés juives autonomes. De plus - et c'est là l'origine de la légende toujours persistante du "pouvoir juif" sur le monde financier -, la petite banque Rothschild dotée de comptoirs interconnectés en Allemagne, en Angleterre et en France (trois pays alors en guerre), a joué un rôle majeur, à la fois de renseignement et de financement, dans la chute de l'empire napoléonien ; la vanité franchouillarde ne leur a toujours pas pardonné.

Ensuite, le développement économique, financier et industriel, et surtout la montée des nationalismes, au 19ème siècle, exacerbèrent l'antisémitisme laïque, jusqu'à ce point d'orgue odieux que fut l'affaire Dreyfus. Cet antisémitisme sociopolitique, essentiellement français à l'origine, mais qui contamina tous les pays européens, faisait procès aux Juifs de leur libéralisme économique, de leur goût de l'autonomie, de leur cosmopolitisme effectif et de leur intelligence aigue des mondes scientifiques, économiques et financiers. Les Juifs du 19ème siècle étaient des entrepreneurs audacieux (qu'avaient-ils à perdre ?) dans un monde à cheval entre la nonchalance nobiliaire et l'avidité boutiquière. A l'éparpillement des fortunes locales, la solidarité juive faisait corps et permettait des effets d'échelle considérables, enclenchant, ainsi, des jalousies et des ressentiments tenaces.

 

Dès Theodor Herzl, mais surtout depuis que les Nations Unies aient voté la création de l'Etat d'Israël, l'antisémitisme sociopolitique s'est mué en antisionisme. Après la Shoah, il était bien difficile d'afficher l'antisémitisme d'antan. Mais la judéophobie n'était pas morte pour autant. La haine islamo-arabe (largement soutenue et financée par l'URSS) et les guerres qui s'en suivirent (1948, "six jours", Kippour", etc …), toutes déclarées et menées par les pays musulmans, Israël n'ayant fait que se défendre pour survivre, permirent aux "pacifistes" gauchisants de vomir toute la haine antijuive qui a toujours été une composante forte de la "gauche" (de Marx, le renégat, à Staline en passant par Proudhon, Jaurès, Lénine et tant d'autres).

A l'antisémitisme de droite venait se surajouter l'antisionisme de gauche : à chacun sa judéophobie. Et cette judéophobie antisioniste a pris un nouvel et abject essor avec la montée de l'islamisme et de ses propagandes nauséabondes partout dans le monde, mais spécialement en Europe - et surtout en France qui pullule de Maghrébins radicalisés.

 

Tout ce processus judéophobe en trois phases, a sa logique. Mais une logique n'atténue en rien ni les tristesses, ni les souffrances, ni les crimes … Quand donc cette absurdité cessera-t-elle ? Quand donc les paranoïdes complotistes comprendront-ils qu'il est absurde de croire et de prétendre que les vingt millions de Juifs sur la Terre, qui ne pensent ni ne disent du tout la même chose  (le Talmud ne dit-il pas que là où deux Juifs se rencontrent, il y a déjà trois opinions), puissent contrôler, manipuler, soumettre les presque huit milliards de terriens.

Tout ceci est absurde !

Les Juifs ne demandent qu'une seule chose : qu'on leur fiche la paix et qu'on les laisse être juifs en paix.

 

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Le 18/12/2021

 

Chiffres édifiants …

 

  • L'usage de la Toile : 49% de streaming vidéo, 19% de médias sociaux, 13% de navigation avec des moteurs de recherche, 7% de messagerie et 4% de jeux vidéos … Donc : 20% d'utile et 80% de ludique ! (enquête fin 2021).
  • Sur le 7 milliards d'actifs sur Terre, 1.700 M sont dans les services, 1.400M dans l'agriculture, 800 M dans l'industrie et 400M dans l'entrepreneuriat.

 

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Politique …

Et dire qu'il existe encore des philosophes pour revendiquer la pertinence du vieux et débile clivage entre "gauche" et "droite".

Les caractéristiques supposées de la droite : ordre, conservatisme, pessimisme, inquiétude et  pour l'avenir, inscription dans le présent, tradition, autorité, réalisme, nationalisme, juste dureté, défense des intérêts, entre conservatisme et réaction, défend les riches …

Les caractéristiques supposées de la gauche : mouvement, progressisme, optimisme, dégoût pour le présent, rêves d'avenirs, innovation, solidarité, idéalisme, universalisme, bons sentiments, niaiseries utopistes, entre réforme et révolution, défend les pauvres, …

Comment peut-on encore débiter autant de fadaises surannées ?

 

Le constat est pourtant simple : aujourd'hui, ce sont les classes populaires, surtout autochtones, qui votent à droite et à l'extrême-droite, c'est l'intelligentzia urbaine qui vote à gauche, ce sont jeunes et les campagnards qui votent à l'extrême-droite, et ce sont les classes aisées, les professions libérales et les classes moyennes qui votent au centre ; quant à l'extrême, elles rassemblent toutes les lies marginales et psychotiques. Et, qui plus est, ces "constats" statistiques s'effondrent de plus en plus dans des océans d'exceptions, d'opportunismes et d'abstentions.

 

Ces pseudo-philosophes ( anciens marxistes, anciens gauchistes, soixante-huitards attardés - pléonasme) n'ont toujours pas compris que la "lutte des classes" au sens marxiste, était un contre-sens historique. Il n'y a pas de classes sociales, il y a, en revanche, des centaines de gaussiennes statistiques, autant qu'il peut y avoir de critères de comparaison entre les individus (pas seulement le revenu, le patrimoine, le statut professionnel, etc …, mais aussi l'intelligence, l'éducation, l'instruction, le milieu, la génétique, la personnalité, le courage, la force, l'habileté, l'astuce, etc …).

Il n'y a pas que les deux classes sociales marxistes (Marx ne voyait que les capitalistes et les prolétaires, et ignorait superbement la masse des fonctionnaires, des agriculteurs, des scientifiques, des artisans, des commerçants, des cadres; des professions libérales, etc …).

Une fois pour toutes, toute binarisation du Réel conduit à des catastrophes idéologiques et à des régimes politiques odieux.

 

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Le personnalisme  de Charles Renouvier, propagé – plus vers la gauche chrétienne -  par Emmanuel Mounier, devrait, aujourd'hui, être revisité car il mettait le développement de la vie intérieure de la personne, bien au-delà de son développement extérieur tant sociétal qu'individuel.

Il ne s'agit certainement pas d'un repli autiste sur soi, mais bien plutôt de la prééminence donnée à la vie spirituelle, intellectuelle et affective sur la vie sociale, professionnelle et mondaine.

Ce serait une troisième voie opposée tout à la fois au totalitarisme collectif et à l'arrivisme individuel.

A remarquer que le personnalisme n'interdit nullement, au contraire, de fécondes relations avec l'autour de soi, bien choisi, au sein d'une petit cénacle sur une mode aristocratique.

 

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Il faut encore et toujours insister sur l'étymologie du mot "personne" : la "personne" est le masque théâtral au travers (per) duquel, la voix de l'acteur sonne (sona).

Cela signifie que chaque personne humaine n'est qu'une apparence locale et temporaire au travers de laquelle la Matière se matérialise, la Vie se vit et l'Esprit se pense.

Ce n'est pas moi qui incarne, vit et pense : c'est la Matière, la Vie et l'Esprit qui se manifestent à travers moi.

Voilà qui repose bien les choses en perspective, remet bien l'humain à sa juste place et coupe court à tous les narcissismes et nombrilismes humanistes.

Le masque symbolise le rôle de chacun, la mission de chacun, la mission de chacun dans le cadre d'une histoire bien plus large : celle du Réel en voie de perfectionnement et d'accomplissement.

Ce ne sont pas les masques théâtraux qui importent, mais bien la pièce qui se joue, avec des masques (des personnages) plus ou moins adéquats, plus ou moins talentueux, plus ou moins investis.

Ainsi des humains sur la scène du monde !

 

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Le pessimisme – comme l'optimisme – relève de la croyance, et est donc toujours infondé ; le Réel n'est pas une mécanique déterministe, rien jamais, n'est écrit, ni dans un sens, ni dans un autre. On peut supputer à l'infini sur des probabilité dont on ne connaît ou maîtrise qu'une tout petit nombre de paramètres. On peut donc faire des paris, mais ce ne sont que des paris aussi aléatoires et joueurs que les tiercés du turfiste.

Les "lois" de Murphy en prennent le contre-pied : tout ce que l'on espère n'arrive jamais, tout ce que l'on redoute, arrive toujours (c'est une autre forme de pessimisme).

Il faut dépasser ces supputations aussi vaines que stériles : le pessimisme est castrateur, l'optimisme est benêt (voire dangereux).

Tout le problème vient de notre inconnaissance du Réel dont nous sommes acteurs et où nous avons une mission à remplir.

Face à cette situation, l'optimisme et le pessimisme sont des paris stériles, la magie et les incantations résolument stupides, et les prières et sacrifices inutiles ; il ne reste donc qu'à cultiver la lucidité, le courage et la volonté.

 

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Le "peuple" en tant qu'entité supposée réelle, n'existe pas. C'est une pure fiction.

Il n'y a que des personnes et des communautés de vie. Il n'y a rien d'autre, ni "peuple", ni "nation", ni "classe sociale", ni "caste", ni "république", ni quoique ce que soit qui puisse être abstraitement (et donc artificiellement) collectif.

Il n'y a que des personnes et des relations concrètes entre elle : soi et autour de soi.

 

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Le peuple, par définition, est ce qui est soumis au même souverain (Roi, ou Empereur, ou République, ou autre). Mais rien, jamais, nulle part, n'est souverain.

Être souverain, cela signifie être totalement maître de ce que l'on est ou de ce que l'on devient. Or, rien ni personne n'est maître se de son devenir, hors le Réel dans son unité et son absoluité. La notion de souveraineté est un mythe, une illusion radicale qu'il faut radicalement éradiquer.

 

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Affirmer qu'en démocratie au suffrage universel, que le "peuple" est souverain, revient à dire que le "panem et circenses" règne en maître absolu. Quelle tyrannie abjecte !

 

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Les adjectifs qui dérivent du mot "peuple" sont "populaire, populacier, populiste".

Cela suffit à éradiquer la notion.

 

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Contre Hobbes : il n'y a pas de "peuple", il n'y a que des multitudes, des masses, des foules. Le "peuple", cela n'existe que dans l'esprit pourri des démagogues.

 

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Fiction du peuple …

Il n'y a pas, il n'y a jamais eu de "contrat social". Pure fiction de Hobbes, plagiée par Rousseau.

Un contrat est un écrit signé par les deux parties. Où est cet écrit ? Qui l'a signé ?

Le "contrat social" est une pure fiction artificielle et utopiste qui trotte dans les esprits fêlés des idéologues.

Il n'y a que des personnes et des communautés de vie, sans contrat, mais avec des engagements tacites réciproques, fondés sur la fidélité et la tradition. 

 

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Kant est une catastrophe : ses dualités entre noumène et phénomène, entre objet et sujet, entre transcendantal  et immanental relève d'un anthropocentrisme ridicule … comme si l'esprit humain devait être l'arbitre de l'Esprit cosmique dont la caractéristique première est d'être absolument Un.

C'est l'humain qui est stupidement binaire ; pas le Réel !

 

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Le phénomène n'est que la perception humaine – trop humaine – de la manifestation de l'activité du Réel. Tout ce qui est phénoménal, phénoménique ou phénoménologique n'a aucun intérêt.

C'est un souci (quant à la reliance avec le Réel), mais ce n'est rien d'autre.

Il est essentiel de regarder le Réel avec les yeux de Dieu et non avec les yeux myopes et bigleux des humains.

 

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Il faut abolir le phénoménisme en retournant Descartes et en transformante le "Je pense", en "Il y a pensée". Par ce chemin, on tue enfin Platon, Augustin, Descartes, Kant et beaucoup d'autres.

Il faut que cela cesse : l'humain n'est pas un être, il est un ustensile !

 

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La primitivité de l'humain opère une scission entre le "moi" et le "tout" (typique du tout petit enfant qui croit en  une dualité entre le monde et lui). C'est le stade infantile et ignare. Beaucoup y sont restés et y restent englués. De là toutes ces fadaises du dualisme pythagoricien, platonicien, chrétien, etc …, de là la dualité, en l'humain, du corps et de l'âme puérilement perpétuée par Platon, Paul de Tarse, Augustin, Descartes, Kant, Kierkegaard, Heidegger… et tant d'autres.

Il est temps que la philosophie devienne adulte et cesse de regarder le Réel au travers du nombril humain : tout est Un et l'humain n'est qu'épiphénoménal (anecdotique et sans beaucoup d'intérêt sauf entomologique) !

 

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La phénoménologie (Husserl, Heidegger, Sartre, Merleau-Ponty, Althusser, Levinas, …) est une vaste fumisterie. Plus de la psychanalyse que de la philosophie. A oublier au plus vite !

 

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La question est d'importance : Qu'est-ce que la philosophie ? Ce n'est pas, comme certains le prétendent, le chemin de la vérité ; ça c'est la science ! La philosophie, c'est l'art de construire sa Joie de vivre. Et cela implique, naturellement, une réflexion sur sa relation à soi, aux autres, au monde, à la vérité,  

 

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L'humanisme, c'est la version "fleur bleue" de l'anthropocentrisme, et la philanthropie, c'est sa version naïve et benête.

C'est le : "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" de Jean Yanne.

Il y a l'autre regard : 85% des humains sont de parfaits parasites de la Vie et de l'Esprit qui ne construisent rien, qui ne participent en rien - ou presque – au perfectionnement et à l'accomplissement du Réel, et qui fonctionnent comme des mouches à merde se nourrissant des excréments  du monde réel.

L'avenir de l'humain n'est pas l'humain, mais le Surhumain. Il est temps de dépasser l'humain prédateur et parasite.

 

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Globalement, l'humanité n'inspire que dégoût aux esprits supérieurs, c'est-à-dire aux esprits qui montent vers le Tout du Réel et qui ne descendent vers rien.

 

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La cosmologie (le fondement de la physique) et, plus encore, la cosmosophie (anciennement appelée "métaphysique") est un processus vers le connaissance et le compréhension véridiques du Réel ; cela suppose une méthodologie stricte et rigoureuse, à tous les niveaux de complexité que la Nature a fait émerger.

Il faut cesser d'opposer la science et les "je ne sais quoi". La seule connaissance doit être scientifique, ou n'est pas. A la condition expresse de ne jamais réduire la science à ses balbutiements mécanistes, analycistes ou réductionnistes.

 

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La cosmologie (la physique fondamentale) englobe et assume tous les niveaux de complexité. C'est une erreur classique de croire que la physique ne s'intéresse qu'aux niveaux les plus bas de complexité, en gros, à la matière, à ses mouvements, à ses interactions et à ses transformations. ; ça, c'était la physique du 19ème siècle, celle d'avant la révolution des systèmes et processus complexes, celle d'avant l'intentionnalisme, l'émergentisme, le processualisme, etc …

 

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Philosophiquement, mais non religieusement, j'aime assez l'idée protestante de piétisme : en revenir strictement à la Foi débarrassée de tous les croyances. Mais de quelle Foi s'agit-il ? Simplement celle qui affirme que le Réel existe (substantialité topologique) et qu'il est animé d'un principe d'intention (intentionnalité dynamique)  et d'un principe de cohérence (logicité eidétique).

 

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Le plaisir n'est rien ! La Joie est tout !

Le plaisir induit l'esclavage.

La Joie induit la libération.

 

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Le plaisir est une satisfaction. La Joie est une jubilation.

 

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Le platonisme, c'est exécrer la Vie et le Réel : idéalisme, totalitarisme, utopisme, dogmatisme, dualisme, … Bref : la plus exécrable des philosophies !

 

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Il faut être singulièrement ignorant en économie pour oser écrire que : "Le patron achète la force de travail du salarié à sa juste valeur (…). Mais c'est bien de l'exploitation, car la force de travail a cette capacité singulière de produire plus de valeur qu'elle n'en consomme. Cette valeur en plus, que l'ouvrier produit, ne lui est pas payée ; elle est préemptée par l'employeur qui s'enrichit ainsi du travail d'autrui (…)".

Et, bien entendu, on oublie que pour pouvoir produire, il faut investir et donc rémunérer les financeurs de ces investissements, que pour qu'une entreprise puisse exister, il faut qu'un entrepreneur prenne de gros risques sur son patrimoine qu'il faut assurer autant que faire se peut, et que pour que cette production perdure et continue de rémunérer les salariés, il faut constituer des réserves de trésorerie en cas – et ils sont nombreux – de coups durs.

Le travail n'est qu'une des ressources de l'entreprise et elle doit être équitablement rémunérée comme toutes les autres.

Le marxisme est décidément d'une imbécilité sidérante et il est sidérant que des philosophes d'aujourd'hui puissent encore tenir ce genre de raisonnement ridicule.

De plus, personne n'interdit aux prolétaires victimes de la cupidité patronale, de créer leur propre entreprise et de distribuer, comme bon leur semblera, les plus-values engendrées. Mais ça, ce n'est pas demain la veille : un salarié est, par définition, un parasite qui vit du risque des autres.

Evidemment, un professeur de philosophie est un fonctionnaire qui, par définition, est incapable de gérer la moindre épicerie de quartier.

 

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Les deux missions du politique sont la paix et l'éthique.

Tout le reste ne le concerne pas !

La paix : pas de conflit.

L'éthique : pas de blessure.

 

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Le 19/12/2021

 

D'Augustin d’Hippone :

 

"Se vider de tout ce dont on est plein, se remplir de tout ce dont on est vide.

 

Avance sur ta route, car elle n'existe que par ta marche.

 

Que faisait Dieu avant la création du monde ?"

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Il n'y a que deux grandes catégories d'humains : les constructeurs et les parasites.

La grande majorité est parasitaire. Dans une démocratie au suffrage universel, ce sont donc les parasites qui font la loi et qui installent l'Etat-parasite et les fonctionnaires-parasites dont la fonction première est de tondre et de traire les constructeurs.

Le parasitisme est un mode d'existence : s'amuser sans rien construire. Du pain et des jeux. C'est une philosophie de sangsues.

Ce sont eux qui veulent la semaine des 35 heures, la retraite à 60 ans (voire moins) ; ce sont eux qui sont syndiqués et réclament, à tout bout de champ, des augmentations de salaires et des diminutions de temps de travail ; ce sont eux qui font profession de chômage et qui collectionnent les attestations de maladie. Ce sont eux que la "gauche" – dont le parasitisme est la doctrine fondatrice – protège.

 

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Dès que la politique devient idéologie – donc religion -, qu'elle se construit sur ces chimères que sont la "société idéale" construite sur un "homme idéal", on peut être sûr de marcher vers un totalitarisme.

La politique doit rester strictement pragmatique : résoudre aujourd'hui les problèmes d'aujourd'hui. Pour construire le futur, il y a des constructeurs, pas besoin de politiciens : ce sont les constructeurs qui bâtissent les cathédrales de demain, la politique n'est là que pour balayer le chantier.

La politique doit apprendre à n'être que l'intendance de l'économie et de la socialité.

 

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Un "pouvoir" représente la capacité légitime de prendre des décisions au nom d'une communauté et de rendre ces dédisions opérationnelles.

Toute communauté humaine doit mettre en place six pouvoirs (noétique, éthique, économique, écologique, politique et diplomatique) et une instance d'harmonisation de ces six axes de décision.

Dans nos sociétés actuelles, le pouvoir politique a phagocyté les pouvoirs noétique (enseignement, culture, recherche), éthique (vocation, intention, droit), écologique (relation avec la monde non humain) et diplomatique (relations avec les autres pays). C'est une gravissime erreur car elle ne laisse en place qu'une dualité délétère : un pouvoir politique centralisé et bureaucratique, et un pouvoir économique diffus et technocratique. Cette dualisation aboutit à une guerre permanente entre étatisme (le pouvoir de régenter) et libéralisme (le pouvoir d'entreprendre).

 

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Le "politiquement correct" travestit la pensée pour la rendre compatible avec une opinion publique de "gauche" (le "camp du bien", la "bienpensance", les "valeurs des Lumières", … et toutes ces fadaises désuètes).

 

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La construction spirituelle de l'humanité est une échelle que les humains ont montée, échelon par échelon.

Animisme, puis polythéisme, puis monothéisme et, maintenant, panenthéisme (monisme, intentionnalisme, immanentisme, organicisme, processualisme, émergentisme, etc …).

Le panenthéisme est déjà là, en train de fusionner la spiritualité occidentale et la spiritualité orientale. Il se diffuse et se répand doucement, stimulé par cette impasse infâme que fut le nihilisme athée, déspiritualisant et désacralisant des 19ème et 20ème siècles (qui, en fait, marquèrent la fin des monothéismes et de leurs dogmatismes). Ce panenthéisme respiritualise et resacralise la Matière, la Vie et l'Esprit, bref : le Réel.

 

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Le positivisme (Auguste  Comte et le 19ème siècle) est l'héritier direct des "Lumières" et accoucha du phénoménologisme. Il consiste à interdire à la pensée de passer au-delà des apparences considérées comme des fins en soi, indépassables, sous peine de devenir chimérique.

Le positivisme est l'apologie de la pauvreté intellectuelle.

 

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Le positivisme enjoint de renoncer au "pourquoi" et de se contenter du "comment". C'est d'une désarmante imbécillité : il est impossible de comprendre la "comment" si l'on ne comprend pas d'abord le "pour quoi" ou, plus précisément et plus profondément, le "pour quoi".

Le "comment" est le cheminement et un cheminement ne prend sens que par rapport à une destination.

Le positivisme regarde comment les randonneurs marchent sans se préoccuper d'où ils vont, alors que leur marche est conditionnée par leur intention.

 

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Les "sciences positives", au sens strict et comtien, ne sont que des catalogues ennuyeux et absurdes de faits patiemment collectés. Une collection de timbres ne dit rien de l'essentiel : le contenu des lettres qu'ils ont acheminées.

Ces "sciences positives" ne sont pas de la science car la science authentique, par essence, veut dépasser les faits (sans jamais les négliger) pour construire un modèle, le plus général possible, qui explique le "pour-quoi" des phénomènes.

 

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Le Réel passé et présent (le Réel donc) est ce qu'il est et rien d'autre ; quant à deviner ce qu'il deviendra, on en est réduit à des probabilités ou à des inconnues.

Le futur n'existe pas (il est irréel), mais ses germes sont déjà enclos dans le présent ce qui rend possible des conjectures sur ce qu'il sera peut-être.

 

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La "postmodernité" est un faux concept qui perpétue une modernité désabusée ayant perdu son essentialité pour n'en garder que la frivolité. La "postmodernité" ne doit surtout pas être confondue avec le nouveau paradigme qui émerge et qui est en train de remplacer la modernité qui s'effondre sous ses propres pesanteurs. La modernité est mourante et la "postmodernité" en est l'agonie et la décadence finales.

 

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Kant pose trois postulats pratiques : la liberté de la volonté, l'immortalité de l'âme et l'existence de Dieu (au sens chrétien du terme). Trois absurdités sans lesquelles, selon Kant, aucune morale ne peut être fondée. Les postulats sont évidemment faux, donc la conclusion l'est aussi : il n'existe aucune fondation à aucune morale.

En revanche, les trois postulats kantiens peuvent être retraduits de manière plus plausible afin de fonder une éthique :

 

  1. Le courage volontariste de réaliser sa vocation,
  2. La vivacité de l'âme qui anime tout ce qui vit,
  3. La réalité du Réel qui seul existe.

 

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De Nietzsche :

 

"Il n'y a pas de faits, rien que des interprétations."

 

Il y a le fait tel qu'il se passe et la manière dont il est regardé et vu. N'oublions jamais que c'est le regard qui crée la chose. Même le plus sophistiqué des instruments de physique expérimentale ne "voit" que ce pour quoi il a été conçu, et il a été conçu au moyen de théories toujours incertaines.

Cela signifie qu'il n'existe pas, dans le monde humain, de vérité ; seulement des véridicités (dire le vrai pour soi), toujours temporaires.

Si la méthode scientifique (le dialogue permanent entre l'univers-image et l'univers-modèle convenablement nourris par l'univers-réel) est correctement appliquée, l'ensemble des véridicités humaines, progressivement, converge asymptotiquement vers une vision du monde qui entre en cohérence avec le Réel, mais sans jamais l'atteindre.

 

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La chose "en-soi" est ce qu'elle est en réalité, mais la chose "pour-soi" n'en est que la représentation ou la signification pour celui qui la considère.

Cela est vrai aussi pour tout humain qui est, à la fois, "en-soi" et "pour-soi" ; et ces deux ne sont pas du tout identiques. La distance entre eux est la mesure de l'équilibre intérieur de la personne. Si cette distance est grande, elle est déchirée, voire déséquilibrée. Plus cette distance est faible, plus on peut parler de sérénité.

 

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Quand on parle de pouvoir, il est dangereux de confondre la puissance (la capacité d'action) et la régulation (la capacité de règlement).

Cette confusion est fréquente en politique quand on parle des pouvoirs de l'Etat. L'Etat ne devrait avoir aucun pouvoir de puissance (il ne doit jamais prendre d'initiative) et devrait limiter son pouvoir à la seule régulation (la bonne garantie du respect des règles du jeu).

 

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Lorsque l'intention est bonne, les seuls critères d'évaluation de l'action sont pragmatiques : l'utilité et l'efficacité.

Le pragmatisme n'est pas une éthique. L'éthique est en amont de l'action, dans la définition de l'intention (j'écris bien "intention" et non "but", ou "objectif", ou "finalité"). Il est des intentions constructives et accomplissantes, et il est des intentions destructives et toxiques. C'est là que la question éthique se pose et pas ailleurs. Une fois fixée l'intention bonne, ce sont l'utilité et l'efficacité de l'action qui priment.

 

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La "précarité" est un concept extrêmement flou et relatif. La précarité, en somme, est l'inverse de la sécurité. Mais cela ne la précise pas plus puisque la sécurité est également un concept flou et relatif.

Un certain nombre de propositions peuvent être établies, par exemple :

 

  • Plus on est dépendant du monde extérieur, plus le risque de précarité est grand.
  • La sécurité se construit, elle ne se reçoit pas.
  • Chacun est responsable, au premier niveau, de sa propre sécurité.
  • Quand on cherche les difficultés de vie, on les trouve.
  • Le besoin de sécurité est extrêmement variable d'une personne à l'autre.
  • La souplesse, l'agilité, l'adaptabilité sont d'autres noms pour la précarité.

 

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La prospective s'occupe des évolutions possibles et probables du processus humain (et de ses contenus économiques, écologiques, politiques, éthiques, noétiques et téléologiques).

La prospective n'est en rien de la prédiction ou de la prévision. Elle exprime seulement les conséquences futures possibles (ou les moins impossibles) de la logicité intrinsèque du processus. Encore faut-il que cette logicité soit connue ou, à tout le moins, conçue. C'est là le rôle de la modélisation au sein du triptyque univers-réel, univers-image et univers-modèle.

 

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Il ne faut plus parler de morale. Il ne faut plus parler de "bien" et de "mal", ni même de "faire du bien" ou "faire du mal". Il faut se concentrer sur l'idée du "préférable" … et spécifier par rapport à qui et par rapport à quoi.

Il faut toujours décider de faire ce qui est préférable.

 

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Tout ceux qui pensent que le passé n'existe plus et que, donc, le Réel n'évolue pas par accumulation, devraient se poser cette question cruciale : où donc est la mémoire ?

Pas seulement la mémoire humaine que les grands traumatisés du cerveau "retrouvent" (c'est donc quelle n'est pas dans le cerveau), mais la mémoire cosmique qui se souvient, partout et toujours, des "lois" qui commandent tous les phénomènes.

 

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Les présocratiques s'intéressaient à la Nature ; les socratiques se sont focalisés sur l'humain.

Quelle erreur ! Quelle misère ! Comme si l'humain n'était pas anecdotique …

Heureusement Aristote, puis les stoïciens, ont rectifié le tir.

 

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Au sens le plus spirituel, la "prière" qu'elle aille vers Dieu ou vers le Réel ou vers l'Un, ou vers ce que l'on voudra, est de deux types : la prière qui demande et la prière qui remercie.

Je ne pratique que la seconde. La première est inutile et puérile.

En revanche, apprendre à dire "merci" au Réel pour la Matière si belle, pour la Vie si féconde et pour l'Esprit si joyeux, est, à la fois, un acte d'humilité et un exercice de perfectionnement.

 

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Le Réel est le siège d'une dialectique permanente entre un Fondement ternaire (la Matière, la Vie et l'Esprit) et une Intention tripolaire (l'Accomplissement, le Perfectionnement, l'Optimalité).

Dans une telle dialectique, rien n'a ni primat, ni primauté.

L'accumulation du passé permet et stimule l'activité du présent dont émergera le futur.

 

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Sans l'idée d'intention (donc d'accomplissement et de perfectionnement de soi et de l'autour de soi), tant celle d'action que celle de connaissance deviennent vides.

L'action : pour quoi faire ?

La connaissance : pour quoi faire ?

 

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Aujourd'hui, c'est clair : la "philosophie primitive" est une philosophie de la dualité, de la binarité, qui refuse la complexité du Réel. Elle adore les oppositions artificielles : la métaphysique du Matérialisme et du Spiritualisme, la spiritualité de l'Athéisme et du Théisme, la morale du Bien et du Mal, l'esthétique du Beau et du Laid, l'anthropologie du Bon et du Mauvais, la politique de la Gauche et de la Droite, l'économie du Prolétariat et du Capitalisme et, surtout, la logique du Vrai et du Faux, etc …

Il est évident que ces "philosophies primitives" sont toutes puériles. Mais elles gardent tant d'adeptes. C'est exaspérant !

Alors que le Réel n'est jamais dans la dualité, mais bien dans la bipolarité (comme le yin et le yang, comme dans la dialectique de Hegel si incomprise par Marx et tant d'autres, comme dans les deux pôles d'un aimant magnétique). L'un ne va jamais sans l'autre et la méthode ne consiste jamais à faire triompher l'un sur l'autre, mais à dissiper les tensions entre eux en faisant émerger, vers le haut, quelque chose de plus complexe, de plus riche, de plus passionnant.

 

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Primitivité contre civilisation : le grand débat gauchiste sur l'égalité et l'égalitarisme de tout ce qui est humain. Foutaises ! Qui a contribué à l'évolution de l'humanité ? Les civilisés ou les primitifs ?

Le darwinisme est aussi ethnologique.

Les sociétés primitives ou "premières" sont en fait des sociétés notoirement arriérées, bonnes pour le zoo, mais pas pour l'avenir. Elles passionnent, à juste titre, les ethnologues, comme les termitières passionnent les entomologues ; de là à en faire des fantasmes ou des nostalgies, il y a une marge.

Les civilisations et les cultures ne sont pas égales, loin de là.

Qui a le plus contribué à l'évolution culturelle, philosophique et scientifique de l'humanité ? Jadis les civilisations chinoises et indiennes ; aujourd'hui, la civilisation occidentale (malgré les boulets de l'islamisme). Cela peut changer, pourvu que ce soit vers le haut !

 

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Les démocraties au suffrage universel ont les princes qu'elles méritent … et, le plus souvent, ce n'est guère brillant (qu'on se souvienne des Charles De Gaulle, de François Mitterrand, de Jacques Chirac ou de François Hollande en France).

Des monarques de la fatuité ou des démagogues de la médiocrité.

 

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Les principes moraux, universels, naturels ou absolus, n'existent pas (heureusement !) ; en revanche à chacun de se définir ses principes éthiques et de s'y tenir (c'est cela la responsabilité personnelle).

 

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Il est absurde de croire que quelque principe philosophique ou moral que ce soit, puisse être universel (c'est-à-dire évidemment valable pour tous les humains). Rien de tel n'existe, ni ne peut, ni ne doit exister.

Les seules choses qui puissent être considérées comme humainement universelles – mais évolutives –, ce sont le langage mathématique et les lois de la physique.

Tout le reste est, au mieux, relatif et, au pire, fantasmagorique.

 

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Ce qui "fait" problème, c'est ce que l'on "pose" comme problème.

Celui qui ne se pose aucune question, a le droit de vivre dans sa médiocrité, pourvu qu'il se taise !

Telle est la limite du suffrage universel : poser des questions à quelqu'un qui ne s'en pose pas hors son pain et ses jeux.

 

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La question pose le "comment" (quelle heure est-il ?).

Le problème pose le "pour-quoi" (pourquoi voulez-vous savoir l'heure qu'il est ?).

 

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Toutes les procédures sont des processus.

Peu de processus suivent des procédures.

 

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La virtuosité de la réalisation existe et vaut autant que la virtuosité de la création. Il faut vraiment être de gauche, tendance marxiste, pour ne voir dans les activité de production qu'un travail procédural digne des "Temps modernes" de Charlie Chaplin. C'est simplement ridicule.

La virtuosité et le talent existent partout, à tous les étages de la production de valeur et d'utilité. La médiocrité aussi.

Un seul Compagnon du Devoir vaut parfois mieux que dix ingénieurs surdiplômés, mais un seul ingénieur de qualité vaut beaucoup plus que cent fonctionnaires planqués.

 

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La probité voudrait que, plus jamais, on ne fasse référence à Karl Marx. Cet imposteur parasite n'a fait qu'exploiter, à son profit, une dualité factice, artificielle et fausse dont la conséquence a été des centaines de millions d'assassinats de par le monde (et ça continue en Chine et en Amérique du Sud).

 

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Le nouveau paradigme économique qui est en émergence, remplace la notion de productivité (la baisse des prix) par celle de virtuosité (l'augmentation de la valeur).

Nous sommes en train de dépasser l'industrialisme et d'entrer dans une logique économique de la valeur d'utilité, d'usage et d'utilisabilité.

Les marxistes sont condamnés au suicide ! Quel bonheur !

 

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La distinction entre "profane" et "sacré" est essentielle. le passage du premier au second s'appelle l'initiation, incompréhensible pour un non-initié enfermé dans la profanité et ignorant la sacralité.

Le sacré n'a absolument rien à voir avec la croyance religieuse (c'est au contraire celle-ci qui l'a galvaudé en le vulgarisant).

Est sacré ce qui touche aux fondements du Réel : la Matière, la Vie et l'Esprit.

La sacralisation n'est que l'effet d'un autre regard où plus rien n'est anodin, où plus rien n'est banal, où tout devient divin c'est-à-dire tout au-delà de l'humain.

Il n'y a rien de "sacré" en soi ; mais tout peut devenir sacré (pour-soi) selon le regard qu'on y porte.

Un arbre qui porte la puissance de la vie et l'offre au regard, peut devenir sacral. Le regard profane n'y voit qu'un bout de bois qui, bientôt, sera bûche dans l'âtre.

Le profane, c'est le prosaïque.

Le sacral, c'est le mystique.

L'esprit de sacralité rejoint le poème de Baudelaire intitulé "Correspondance" : tout ce qui existe, est symbole du Réel dont il émane et qu'il manifeste.

 

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Dans son sabir gauchisant et marxisant, André Comte-Sponville, à propos de la notion de "profession", ose écrire cette incongruité misérabiliste :

 

"Une profession, c'est un métier prestigieux ou reconnu. Les moins qualifiés ou les plus pauvres se contentent d'avoir un métier, quand ils ne rêvent pas d'avoir un travail."

 

Non ! Un professionnel, quel que soit son niveau de qualification, est quelqu'un qui vise l'excellence en ce qu'il fait. Non pour quelque gratification financière, mais pour la fierté de bien faire (la gratification financière en sera une conséquence mais ne doit pas en être le but, sinon cela s'appelle la prostitution professionnelle). La virtuosité est un trésor à tous les niveaux. Mais pour le comprendre, il faut cesser de faire l'apologie de la médiocrité.

 

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La belle idée de "progrès" a été complètement dévoyée par le soi-disant "progressisme". Pour un gauchiste, le progrès c'est : "plus pour tout le monde" (c'est-à-dire plus pour les parasites au détriment des constructeurs). Pour un sage, le progrès c'est : "mieux pour demain" (donc, aussi mais pas seulement, moins de parasites et plus de constructeurs).

 

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Quand on dit que le progrès, c'est plus de "justice", on ne dit rien car la notion de justice est totalement vide : justice pour qui, par rapport à quoi, dans quelle circonstance, dans quel but, avec quels moyens, etc … ? Dans la bouche d'un gauchisant, "justice" se confond avec "égalitarisme". C'est donc la "justice" la plus injuste qui soit puisqu'elle favorise les parasites et pénalise les constructeurs. Le justice, en fait, n'est que l'application rigoureuse des lois en vigueur, quelle que soit leur inanité.

 

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Le prolétaire – mot survendu par Marx et les marxistes – serait quelqu'un qui, pour survivre, n'aurait d'autre moyen que de vendre sa force de travail à un capitaliste exploiteur (il est obligé de prostituer sa vie pour la gagner) … on connaît la ridicule complainte et la lassante rengaine.

Sauf que … personne ne l'empêche d'utiliser sa force de travail à son propre compte et de devenir artisan, plutôt que de parasiter les risques entrepreneuriaux des constructeurs.

Un prolétaire, c'est quelqu'un qui choisit la sécurité à la liberté. C'est son droit. Mais qu'il cesse de pleurnicher.

 

 

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Toute promesse est un mensonge potentiel.

 

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Délire prométhéen …

L'humanité est au service du Réel, et non l'inverse !

 

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Au sens biblique et contrairement au sens vulgaire, le "prophète" n'est pas quelqu'un qui prédit l'avenir ; c'est quelqu'un qui, comme un médecin, diagnostique le présent et pronostique les catastrophes à venir si aucune action thérapeutique n'est entreprise.

 

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Prosaïque ou poétique, la seule qualité que j'attends d'un texte écrit est sa clarté et sa rigueur. Le reste m'indiffère.

 

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Les protocoles doivent honorer les fonctions, pas les personnes.

 

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Quand donc la vulgate gauchisante comprendra-t-elle que le profit n'est jamais le but d'un entrepreneur, mais seulement une conséquence et un moyen.

Cette vision étroite – étriquée – et vulgaire de l'économie est lamentable. C'est la vision des parasites, en général, et des fonctionnaires, en particulier.

 

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L'âme (psychê en grec) n'est pas une entité en soi, elle n'est que le moteur de Vie qui anime l'entité considérée.

 

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La psychanalyse est la plus incroyable imposture et escroquerie des ces deux derniers siècles (avec le marxisme).

 

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Psychologie : charlatanisme !

 

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Chez Nietzsche, la "volonté de puissance" est tout sauf un désir de pouvoir ; c'est bien plutôt cette tension intrinsèque et profonde, de tout ce qui existe, de se dépasser pour s'accomplir et se perfectionner.

Nietzsche, malheureusement, s'est parfois laissé entraîner par sa verve poétique jusqu'à faire l'apologie de la domination de l'autre et de l'écrasement – même parfois cruel - du faible par le fort.

C'est évidemment une erreur (peut-être liée aux troubles mentaux du génial philosophe ou à sa condition de malade souffrant de maux quotidiens).

Il n'empêche, sur le fond, il n'y a aucune différence entre l'entéléchie d'Aristote, le conatus de Spinoza, la volonté de puissance de Nietzsche et l'élan vital de Bergson : tous parle de l'intention profonde, de tout ce qui existe, de s'accomplir en plénitude.

 

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Une punition est-elle efficace ? Question éternelle et sans réponse, même si la punition est dénuée de toute vengeance.

 

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L'idée de pureté est centrale dans le judaïsme. Mais elle est difficile à cerner. Être pur, c'est être sans mélange comme l'indiquent les interdictions de tisser ensemble la laine et le lin, ou celle d'atteler ensemble un âne et un bœuf, ou celle de cuire ensemble du carné (avec son sang, signe de mort) et le lacté (le lait est signe de vie naissante), etc … Être pur, c'est être kasher, c'est-à-dire apte, adéquat, compatible …

Tout cela met sur la voie, mais n'explicite en rien la voie de la pureté.

Être pur, c'est rester fidèle à soi-même, fidèle à sa propre vocation profonde, c'est refuser toute forme de prostitution ou de compromis.

 

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Le 20/12/2012

 

Le quantitatif est, par définition quantifiable, donc mathématisable.

Le qualitatif ne l'est pas.

Or, la cosmologie, spécialement au travers des notions d'ordre, d'organisation, de complexité, d'émergence, etc … se heurte à des problèmes beaucoup plus qualitatifs que quantitatifs, ce qui rend parfois le langage algébrique inopérant en physique.

On a, par exemple, pu montrer que, dans certains cas (les diagrammes de Bachmann, par exemple), les structures les plus efficaces étaient aussi les plus harmonieuses c'est-à-dire celles dont la forme générale était la plus esthétique.

Des trois domaines de l'espace des états (topologie des volumes, dynamique des durées et eidétique des organisations), les deux premiers sont très quantitatifs, mais le troisième l'est beaucoup moins.

Cela signifie-t-il que, dans un certain nombre de cas, la figure l'emporte sur le nombre, la géométrie sur l'arithmétique ? La réponse est sans doute affirmative.

 

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La question la plus difficile posée par la cosmosophie est celle-ci : quelles sont les dimensions de base du Réel ?

On connaît bien sûr les trois dimensions spatiales de l'espace topologique et la dimension temporelle de l'espace dynamique. Mais les autres ? La thermodynamique pose l'énergie (la mesure de l'activité c'est-à-dire de l'intensité intentionnelle), l'inertie (la mesure de la résistance à toute transformation), l'entropie (la mesure de l'uniformité) et la néguentropie (la mesure des complexités qui sont bien plus que l'inverse de l'uniformité, et qui nécessitent, elles-mêmes, plusieurs dimensions).

Et derrière cette question s'en profile une autre, encore plus profonde : tout, dans le Réel, est-il mesurable ?

 

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Le quantitatif et le qualitatif ne s'opposent en rien. Ils forment une bipolarité dialectique précieuse.

 

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L'art du questionnement !

C'est la différence essentielle entre la spiritualité qui pose des questions et les religions qui imposent des réponses.

L'art du questionnement est aussi un art de l'étonnement ; notamment l'art de s'étonner du banal et de la quotidienneté.

 

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Une autre façon de définir le quiétisme, en le sortant de sa gangue chrétienne, est celle-ci : ne rien espérer et assumer le Réel tel qu'il est et tel qu'il va, tout en y remplissant sa mission et en y réalisant sa vocation : le perfectionnement et l'accomplissement de soi et de l'autour de soi … mais sans rien attendre, sans rien espérer.

"Fais ce que dois, advienne que pourra !", dit un vieux proverbe anonyme.

 

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Le mystique résonne (intuition). Le scientifique raisonne (intelligence).

Il n'y a pas d'intelligence sans intuition.

Il n'y a pas de science sans mystique.

Il n'y a pas de raisonnement sans résonance.

Il n'y a pas de physique sans métaphysique.

Il n'y a pas de cosmologie sans cosmosophie.

 

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Nier l'existence biologique et factuelle de races au sein de l'espèce humaine, est aussi ridicule que nier l'existence de race au sein de l'espèce chevaline.

Le problème n'est pas l'existence des races, ni leurs différences physiques et psychiques (aussi peu niables) ; le problème est leur comparaison.

Dire : toutes les races humaines sont égales, est faux puisqu'elles marquent des différences. On ne peut pas égaliser des choses différentes (une pomme n'est pas égale à une poire).

En revanche, le racisme commence dès lors qu'on ne compare les races humaines que sur un seul critère afin de définir laquelle est "supérieure" et laquelle est "inférieure". C'est évidemment le choix de ce critère qui fera le raciste.

Si, comme il se doit, on considère que toute comparaison valable doit s'effectuer sur de nombreux critères, le racisme s'effondre.

Le racialisme actuel, par exemple, compare les races sur un seul critère : celui d'être ou pas perçu comme "victime des Blancs". Non seulement un tel critère est absolument ridicule, mais encore totalement biaisé.

 

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Il ne faut jamais confondre "race" et "culture". Ainsi, la judéité est de culture et non de nature. Parler de "race juive" est une absurdité. Les conversions et les intermariages, depuis longtemps, ont éliminé l'originaire racialité sémitique.

L'hébreu est une langue sémitique, mais la plupart des Juifs, depuis longtemps, ne sont plus de race sémitique (s'ils l'ont jamais été puisque le Levant, dès les origines, a été un creuset multiracial).

 

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Le libéral invétéré que je suis, lorsqu'on parle de races humaines et de différences entre elles, a tendance à négliger les différences biologiques et génétiques entre races, et à mettre en avant les différences naturelles et culturelles entre des personnes, peu importe leur race.

Ici encore le racialisme et l'indigénisme ambiants sont délétères puisqu'ils essentialisent la race au détriment des personnes individuelles.

 

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La raison est la faculté de penser analytiquement et logiquement. La raison est une des nombreuses facettes de l'intelligence (qui peut aussi être holistique, analogique, anagogique, créative, prophétique, visionnaire, etc …).

Le tort radical du rationalisme est de faire de la raison la seule et unique forme d'intelligence valable et acceptable.

Les voies du Seigneur sont peut-être impénétrables, mais les voies de l'intelligence vers la véridicité sont multiples et la raison n'en est qu'une parmi d'autres.

 

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Souvent – et surtout les rationalistes -, certains ont la malice de confondre – ou d'en faire semblant – la raison en tant que méthode analytico-logique et la raison en tant que "raison d'exister" (comme chez Leibniz : la vocation, la mission, l'intention, …).

Quand Hegel écrit que : "Le réel est le rationnel et le rationnel est le réel", la rationalité qu'il convoque est celle de la "raison suffisante" de Leibniz, et non la raison rationaliste.

La citation de Hegel signifie ceci : tout ce qui existe dans le Réel a une bonne raison d'exister, et tout ce qui a une bonne raison d'exister, existe dans le Réel.

Cela n'a donc rien à voir avec le rationalisme.

 

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Le rationalisme divinise la raison analytico-logique en oubliant que l'analycisme est toujours artificiel (puisque le Réel est un continuum) et que le logicisme est conventionnel (la logique aristotélicienne n'est qu'une des logiques possibles, la plus rudimentaire).

 

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Au sein de l'intelligence, les aspects incomplets et conventionnels, partiels et partiaux de la raison ne sont jamais de bonnes raisons pour préférer l'irrationalité.

L'idée de rationalité exprime, en fait, celle de cohérence globale ; l'irrationalité induit donc celle d'incohérence, c'est-à-dire, dans tous les sens du terme, de "folie".

 

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La raison parasitaire, c'est le choix délibéré de vivre sur le compte du monde. C'est une dimension fondatrice de la nature humaine. Elle est aujourd'hui triomphante auprès des plus jeunes générations qui souhaitent jouir sans rien construire.

 

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Tout est relations et reliances.

Un objet est un ensemble de relations topologiques (spatiales).

Un processus est un ensemble de relations dynamiques (temporelles).

Une organisation  est un ensemble de relations eidétiques (tensionnelles).

Tout est relié à tout, dans toutes les dimensions ; c'est cela qui fait l'unité et la cohérence du Réel.

 

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L'expression : "tout ce qui est rare (et convoité) est cher", n'est vraie que pour le matériel ; l'immatériel n'est jamais rare (puisque duplicable gratuitement à l'infini), mais il peut, malgré tout, être cher.

 

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Il est curieux, chez les philosophes non-scientifiques, cet engouement un peu ridicule pour la théorie quantique – qu'ils ne comprennent guère. C'est à la mode. Tout est ou doit être quantique.

Rappelons donc deux ou trois choses.

La théorie quantique est un formalisme - et rien d'autre – qui est purement phénoménologique – il décrit sans rien expliquer – et donc nullement ontologique.

Le formalisme quantique est une manière probabiliste de représenter ce que l'on ne comprend pas. Il est appelé à être dépassé et à disparaître.

Ce formalisme est puissant au niveau de l'atome si celui-ci est léger et simple, et il perd de sa puissance dès que l'on aborde des atomes lourds et des molécules un peu moins élémentaires.

Au niveau subatomique (celui des "particules élémentaires"), la théorie quantique devient de plus en plus conjoncturelle et produit des modèles qui peuvent décrire tout ce que l'on veut, même ce qui n'existe pas. A ce niveau-là, l'erreur est de s'obstiner à perpétuer l'hypothèse atomiste et de croire qu'il y existe encore des "particules", alors qu'on est là sur un niveau prématériel où la notion de "particule" n'a plus aucun sens.

 

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De Nietzsche :

 

"Qu'est-ce que je hait le plus parmi la racaille d'aujourd'hui ?

La racaille socialiste (…)."

 

Cher Friedrich, nous sommes au moins deux !

 

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Les réactionnaires veulent retourner dans le passé.

Les conservateurs veulent préserver le présent.

Les progressistes rêvent un futur qu'ils inventent selon leurs caprices.

Tous les trois ont absolument tort.

La seule attitude qui tienne, est celle du constructivisme : dans le présent, construire le futur avec les matériaux du passé, de la meilleure façon possible, sans faire de plans sur la comète, en résolvant les problèmes réels avec des solutions réelles.

 

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Le réalisme est l'exact contraire de l'idéalisme dans les deux sens du mot : celui d'un monde idéal parallèle (Platon, le christianisme) et celui d'un monde idéal à venir (Marx, l'utopisme).

C'est la notion même d'idéal qui est absurde.

Idéal pour qui ? Par rapport à quoi ? Sur base de quoi ? Etc …

Non ! Le réalisme est la seule voie pour construire une réalité du Réel qui soit son accomplissement. Le réalisme, c'est assumer tout le Réel tel qu'il est et tel qu'il va, et y remplir sa mission en y réalisant sa vocation.

Toujours la même antienne …

 

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Le réalisme moral est une foutaise. Il n'existe aucune réalité morale objective. La morale est strictement affaire de conventions humaines.

 

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Le Réel est l'ensemble de tout ce qui existe, perceptible ou non, connaissable ou non, compréhensible ou non. L'humain appartient au Réel, mais le Réel dépasse infiniment l'humain qui n'en est qu'une infime partie intégrée.

Il y a une tautologie métaphysique indépassable : le Réel est ce qui existe et exister, c'est être réel.

Le Réel existe et devient ; il n'est pas, il n'est pas un Être, il n'est pas l'Être. Il n'existe aucun Être puisque tout est toujours et partout en devenir.

Le Réel engendre tout ce qui se manifeste ; il en est la Source ultime et unique.

L'humain appartient au monde de la manifestation, cette mince couche active du présent qui enveloppe tout le Réel accumulé.

 

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Le rationalisme, c'est l'idéologie – voire le fanatisme – de la rationalité.

 

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Réalité de la connerie humaine …

J'ai déménagé trente fois et ai vécu (pas en vacances) dans douze pays différents sur quatre continents. J'en ai tiré une bonne conclusion : la densité de cons au mètre carré est la même partout (et beaucoup trop élevée), quels que soient le climat, la race, la religion, l'histoire … Mais les cons expriment leur connerie de manière toujours très différente selon les contrées : un con italien, canadien ou congolais n'est pas con de la même manière qu'un con suédois, chinois ou guatémaltèque. Il y aurait une anthropologie de la connerie humaine à élaborer.

 

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Le réductionnisme est la doctrine qui prétend que l'explication d'un tout peut se réduire à la simple somme arithmétique de l'explication de toutes ses parties (comme un moteur de camion est parfaitement réductible à la mécanique de ses pièces constitutives).

Dans la réalité complexe, le Tout est très rarement la simple somme de ses parties ; le plus souvent, il est plus ou moins qu'elle.

S'il est moins, on est sur la voie entropique (celle de l'uniformité). S'il est plus, on est sur la voie néguentropique (celle de la complexité). S'il est exactement égal (ce qui, hors les artéfacts humains, est très rare dans la Nature), on est sur la voie de la mécanicité qui, pendant des siècles, fut la seule voie étudiée par la physique (la physique classique, y compris relativiste et quantique, est purement mécanique).

L'évolution du Réel s'opère par saut : l'histoire du cosmos n'est ni continue, ni linéaire. Elle est poussée par trois moteurs : celui, topologique, de la substantialité qui a engendré la Matière (entre concentration et expansion), celui, dynamique, de l'intentionnalité qui a engendré la Vie (entre accumulation et accomplissement), et celui, eidétique, de la logicité qui a engendré l'Esprit (entre uniformisation et complexification).

L'univers est un immense océan de passivité (expansion, accumulation et uniformisation) parsemé d'l'îles d'activité (les galaxies où se développent la concentration, l'accomplissement et la complexification).

D'un côté : moins de Matière, moins de Vie et moins d'Esprit. De l'autre : plus de Matière, plus de Vie et plus d'Esprit.

Le réductionnisme matérialiste ou vitaliste ou spiritualiste voudrait réduire le Réel à une succession linéaire d'états découlant les uns des autres. En réalité, la tripolarité est nécessaire et essentielle pour que de la complexité puisse émerger (cfr. théorème de David Ruelle).

La Matière, la Vie et l'Esprit sont les trois "moteurs" originaires et concomitants du Réel, mais nous, les humains, parce que nous sommes d'abord matériels, puis vivants, puis pensants (du moins certains), nous projetons cette "ascension" sur le cosmos et son évolution (et son évaluation). Nous percevons les choses dans une succession diachronique qui n'est pas la réalité synchronique.

 

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Le passé reste vrai et réel. Il est ce Réel mémorisé que la fine couche active du présent actif enveloppe pour l'accomplir et le perfectionner.

Le temps ne passe pas, il s'accumule.

Ce principe d'accumulation (ou de construction couche après couche) est essentiel et radicalement neuf : il bouleverse toute la philosophie, toute la spiritualité et toute la cosmologie.

 

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Le présent réfléchit (dans le deux sens du verbe) l'intention qui, jamais, ne présage d'une finalité ou d'un futur. Seulement une tension vers du plus accompli, du plus perfectionné.

 

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La réflexion n'est autre que l'activation de la conscience, c'est-à-dire du clair constat des contradictions entre la mémoire, la volonté, les sensibilités et les intelligences et de l'effort de dissiper les tensions entre elles en cherchant une issue optimale.

 

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Réflexion réflexive …

Les philosophies du sujet (Descartes, Kant, Husserl, Sartre et consorts) sont des tautologies vides, des nombrilismes stériles, des cercles vicieux : se penser soi-même en train de penser. N'a-t-on vraiment rien de mieux à faire ? Ce n'est pas moi qui pense ; c'est l'Esprit qui pense à travers moi. Dont acte et point barre.

 

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Quelle est la relation entre philosophie et science ?

D'abord, qu'est-ce que la science ? La cosmologie et ses multiples applications dans les différents domaines (matériel, vivant et pensant) de la réalité humaine.

Ensuite, qu'est-ce que la philosophie ? La métaphysique (que je préfère appeler la cosmosophie) qui pose les grands principes conjecturels du Réel, l'épistémologie qui propose la méthodologie pour la consolidation et la mise en œuvre de la cosmosophie vers la cosmologie, et l'éthique qui cherche à déduire de la cosmosophie et de la cosmologie les règles de vie les plus adéquates pour l'humain dans son monde.

Ainsi la relation entre philosophie et science est d'abord une dialectique entre cosmosophie et cosmologie (sur fond le faits empiriques et de cohérences globales). Elle est, ensuite, une consolidation épistémologique de ces cohérences globales. Quant à l'éthique, elle se déduit des précédentes : comment une existence humaine peut-elle entrer en résonance et en harmonie avec la cohérence cosmosophique et cosmologique du Réel ?

Tout le reste est bavardage inutile ou anecdotique (et spécialement les "sciences humaines" qui sont tout, sauf de sciences … au mieux, des conjectures confortables).

 

*

 

La "règle d'or" de la morale, au travers des époques et des contrées, est, dit-on, toujours la même : "Ne fais pas à l'autre ce que tu ne voudrais pas que l'autre te fasse", ou son symétrique positif : "Fais à l'autre ce que tu voudrais que l'autre te fasse".

Cette règle est absurde et ridicule puisque que ce qui est bon ou mauvais pour moi, ne l'est pas nécessairement pour l'autre. Il y a derrière cette "règle d'or" un égalitarisme et un conformisme rampants plus que délétères.

Peut-être faudrait-il réfléchir autrement : "Demande à l'autre de faire ce que tu aimerais qu'il fasse pour toi" et "Demande à l'autre ce qu'il aimerait que tu fasses pour lui". Libre, alors, à chacun d'accéder ou pas à ces demandes.

Et à compléter par ceci : "Fais ce que tu as à faire sans nuire à l'autre" et "Ne laisse personne te nuire, quoiqu'il fasse".

Mes propositions, on le comprend, rejettent les morales généralistes et préfèrent des éthiques personnelles.

 

*

 

La règle régule et la régulation est, par essence, inféodée à une intention : on ne régule un système que par rapport à un souhait d'évolution que l'on a.

Si, comme le prétendent les matérialistes, les athéistes ou les causalistes, il n'y a pas d'intention cosmique, il ne peut y avoir de régulation cosmique, donc de cohérence, ni d'unité. IL ne reste allo&*op        =La "règle d'or" de la morale, au travers des époques et des contrées, est, dit-on, toujours la même : "Ne fais pas à l'autre ce que tu ne voudrais pas que l'autre te fasse", ou son symétrique positif : "Fais à l'autre ce que tu voudrais que l'autre te fasse".

Cette règle est absurde et ridicule puisque que ce qui est bon ou mauvais pour moi, ne l'est pas nécessairement pour l'autre. Il y a derrière cette "règle d'or" un égalitarisme et un conformisme rampants plus que délétères.

Peut-être faudrait-il réfléchir autrement : "Demande à l'autre de faire ce que tu aimerais qu'il fasse pour toi" et "Demande à l'autre ce qu'il aimerait que tu fasses pour lui". Libre, alors, à chacun d'accéder ou pas à ces demandes.

Et à compléter par ceci : "Fais ce que tu as à faire sans nuire à l'autre" et "Ne laisse personne te nuire, quoiqu'il fasse".

Mes propositions, on le comprend, rejettent les morales généralistes et préfèrent des éthiques personnelles.

 

*

 

Les règles permettent de réguler, mais il ne peut y avoir de régulation que s'il y a une intention ; en effet, réguler consiste à gouverner le bateau afin d'arriver à bon port. S'il n'y a pas de destination ou d'intention (découvrir une côte ou des baleines), il n'y a aucune gouvernance (régulation) qui tienne. Or, ne serait-ce que parce que des lois physiques existent, le Réel a ses règles, ses régulations et ses régulateurs, ce qui signifie qu'il est animé (âme) d'une intention cosmique holistique dont tout le reste dérive.

 

*

 

La règle indique non un but, mais une direction. La boussole n'impose pas de finalité, mais elle mesure la déviance par rapport au cap prescrit.

 

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Seul le Réel est absolu ; tout le reste lui est relatif.

On oublie souvent que "relatif" signifie "dépendant de la relation à autre chose".

Or, dans cet absolu qu'est le Réel pris comme un Tout-Un, chaque manifestation ne peut qu'être relative à toutes les autres.

De là, deux conséquences importantes …

Seul le Réel-Tout-Un est absolu et un mystique peut s'en contenter dans sa pratique spirituelle de fusion.

Mais le relativisme radical n'a aucun sens dès lors qu'il oublie que toute relation ne prend sens et valeur qu'au sein d'un absolu qui est le Réel dont elle est une des nombreuses manifestations (qui a sa "bonne raison" d'exister et d'advenir par rapport au Réel absolu).

 

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* *

 

Le 21/12/2021

 

Le Réel est ternaire (sinon il ne pourrait pas se complexifier – cfr. le théorème de David Ruelle). Tout y va par trois.

 

D'abord, il y a la tripolarité de tout existant : tout existant évolue entre trois pôles animé chacun d'une tension spécifique.

Il y a le pôle topologique ou spatial tendu entre concentration et expansion.

Il y a le pôle dynamique ou temporel tendu entre accumulation et accomplissement.

Il y a le pôle eidétique ou formel tendu entre uniformité et complexité.

La logicité inhérente à toute évolution est la dissipation optimale des tensions entre ces pôles.

 

Ensuite, il y a la tripartition de toute existence en trois phases successives

Il y a la phase d'émergence néguentropique où le Tout devient plus que la somme de ses parties.

Il y a la phase d'homéostasie mécanique où le Tout devient égal à la somme de ses parties.

Il y a la phase d'effondrement entropique (la plus courte) où le Tout devient moins que la somme de ses parties.

 

Le tableau suivant applique cette tripartition temporelle à une vie humaine de 85 ans, en moyenne, divisée en trois (30 ans, 30 ans et 25 ans) :

 

Âge

Nom

Leitmotiv

Description

de 0 à 30

Jeunesse

On (se) construit

On grandit physiquement, intellectuellement, affectivement, socialement, on étudie, on s'éduque, on apprend un métier, on fonde un couple puis une famille …

De 30 à 60

Maturité

On (se) gère

On fait sa carrière, on élève ses enfants, on construit un patrimoine, on "fait société", …

De 60 à 85

Vieillesse

On (se) gâte

On se fait plaisir, on prend distance, on se sclérose, on se radicalise, on pratique une certaine autarcie, …

 

On peut appliquer la même tripartition aux paradigmes successifs de l'histoire européenne (mais aussi à toutes les évolutions culturelles des différentes civilisations), avec des paradigmes d'une durée moyenne de 550 ans divisée en trois (200 ans d'émergence, 200 ans d'équilibre et 150 ans d'effondrement) :

 

Paradigme

Emergence

Equilibre

Effondrement

Hellénité

(-700 à -150)

Présocratique

(-700 à -500)

Socratique

(-500 à -300)

Alexandrine

(-300 à -150)

Romanité

(-150 à 400)

Empire militaire

(-150 à 50)

Empire autocratique

(50 à 250)

Décadence

(250 à 400)

Christianité

(400 à 950)

Mérovingiens

(400 à 600)

Maires du Palais

(600 à 800)

Carolingiens

(800 à 950)

Féodalité

(950 à 1500)

Roman

(950 à 1150)

Gothique et croisades

(1150 à 1350)

Peste et schisme

(1350 à 1500)

Modernité

(1500 à 2050)

Humanisme et rationalisme

(1500 à 1700)

Criticisme et positivisme

(1700 à 1900)

Nihilisme

(1900 à 2050)

 

Il va de soi que, malgré leurs fragilités, leurs balbutiements et leurs bévues, ce sont les périodes d'émergence qui sont les plus riches et les plus intéressantes.

 

*

 

Les connaissances cosmosophiques et cosmologiques évoluent incontestablement et tendent asymptotiquement vers une véridicité dont le relativisme s'atténue de siècle en siècle. On ne détiendra jamais la "vérité" absolue, mais on s'en rapproche de plus en plus.

Mais cela ne signifie nullement que la connaissance physique que l'on a de la réalité du Réel, débouche nécessairement sur un vision mécanique du Réel ; tout au contraire. Plus on approche de la "vérité", plus on comprend que celle-ci n'est pas univoque mais, tout au contraire, complexe dans toutes ses dimensions.

La "vérité", ce n'est pas LA loi unique et universelle qui régirait tout ce qui existe (le grand fantasme physicien de la "grande unification"). Une telle "loi" n'existe vraisemblablement pas. En revanche, la véridicité tend à comprendre la logicité complexe (non réductible à une "loi") qui régit le Réel (c'est le rôle de la cosmologie) … et la raison d'exister d'une telle logicité (c'est le rôle de la cosmosophie).

 

*

 

En toute matière humaine, le relativisme est de rigueur. Rien de ce qui est humain, n'est absolu. Tout ce qui est humain est relatif à l'humain et aux humains. C'est particulièrement vrai pour les valeurs morales et les croyances religieuses et idéologiques. Ce relativisme rejette autant le nihilisme (il n'y a pas de valeurs ou de croyances qui vaillent) que le dogmatisme (seules mes valeurs et mes croyances valent).

Les humains ont besoin de valeurs et de croyances pour vivre en paix (relative) avec eux-mêmes et avec les autres humains. Les valeurs et les croyances doivent donc être jaugées à la Paix (intérieure et extérieure) qu'elles induisent.

La "Paix", comme la "Vérité", est un absolu qui est, en fait, un horizon inatteignable. Mais on peut y tendre. La science tend vers la "Vérité" et s'en rapproche un peu plus chaque jour. Quant à la "Paix" …

 

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Tensions fondamentales …

La pensée (eidétique) doit tendre vers la "Vérité".

La vitalité (dynamique) doit tendre vers la "Santé".

L'action (topologique) doit tendre vers la "Paix".

 

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Dire que "la raison est universelle parce qu'elle est la même pour tous les humains", est un mensonge dans les deux sens du mot "raison".

Tous les humains n'ont pas la même raison d'exister (il en est même qui n'en ont point) et tous les humains ne jouissent pas du même niveau de rationalité (il en est même qui n'en ont pas non plus).

Décidément, l'égalitarisme met son sale groin partout.

 

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Une religion est un ensemble de croyances et de pratiques qui visent à relier entre eux des gens qui visent à se relier à un absolu.

Certaines religions nomment cet absolu "Dieu" et, le plus souvent, se fondent sur un dualisme ontologique fort (Dieu est transcendant, étranger au monde).

D'autres (asiatiques, le plus souvent) le nomment autrement et se fondent sur un monisme ontologique fort (le Divin est immanent, âme du monde).

Au centre de toutes les religions, il y a une notion de "Salut" (rejoindre l'absolu afin de quitter ce monde de turbulences) comme antidote, d'une manière ou d'une autre, à l'angoisse de la mort.

Au-delà de toutes ces religions de croyances, il y a une spiritualité de la Foi (sans croyances) accompagnée d'ascèses diverses n'ayant aucun autre but que de nourrir et d'aiguiser cette Foi, mais étrangères à l'idée de Salut (qu'y aurait-il à sauver ?).

Cette Foi, contrairement aux croyances des religions, est une fidélité au Réel, donc aux idées de perfectionnement et d'accomplissement (de soi et de l'autour de soi).

Presque partout et presque toujours, les religions populaires ont persécuté les spiritualités élitaires.

 

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Le concept de réminiscence (selon Platon, ou d'anamnèse selon Aristote) est crucial. Il s'agit de quitter la fine couche de présent actif qui l'entoure, pour s'enfoncer (un peu … beaucoup … cela dépend des talents et des dons) dans le passé accumulé sous le présent et d'y (re)trouver des états antérieurs gardés intacts dans la mémoire cosmique.

Ce type de "voyage" dans le passé réel, est un travail de remémoration ("se rappeler", c'est appeler de nouveau à soi ; "se souvenir" c'est faire venir du dessous de soi).

Le plus souvent, les gens normaux ne s'enfoncent pas très loin dans le passé et ne se remémorent que des bribes de leur propre histoire récente. Mais certains sont capables d'aller beaucoup plus loin et d'atteindre des mémoires qui ne sont pas seulement les leurs, soit en s'étendant vers la mémoire de certains autres, voire de certains lieux (on parlera alors d'empathie), soit en s'enfonçant dans la mémoire profonde commune (on parlera alors de rétrovision).

Je pense aussi, quant à moi, que certains rêves nous plongent dans des univers totalement étrangers à notre existence, mais avec un tels poids de détails précis, que ces rêves sont, en fait, des incursions inconscientes dans la mémoire d'autres personnes, des rêves où l'on "brode" sur des existences qui ne sont pas la nôtre.

 

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La religion du dieu "humanité" m'est totalement étrangère. L'humain est un animal comme les autres, par certains aspects plus sordide, par d'autres plus malin. Face à l'anthropocentrisme typique de la modernité et des obscures "Lumières", il est urgent de construire un cosmocentrisme qui replace l'humain à sa juste place (infime, périphérique, anecdotique) dans l'Univers (matériel), dans la Nature (vivante) et dans le Cosmos (spirituel), donc dans le Réel.

L'anthropocentrisme est un narcissisme nombrilique délétère qui a laissé croire aux humains qu'ils étaient "maîtres et possesseurs" de tout ce qui existe et qu'ils avaient plein droit d'y satisfaire tous leurs caprices. On voit où cela nous a mené : notre petite planète est sale, triste, appauvrie et exsangue.

Il est urgent de dénoncer tous les anthropocentrismes (même cachés sous les habits soyeux de l'humanisme) et d'instaurer un panenthéisme cosmocentré.

 

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Il y a une "Renaissance" tous les 550 ans en moyenne, à chaque bifurcation paradigmatique. Suite à l'effondrement de la Modernité dans le nihilisme du 20ème siècle, nous sommes en train de commencer à en vivre une, c'est-à-dire de vivre un saut de complexité dans toutes les dimensions de l'humanité en elle-même (dans son "économie" au sens d'organiser, de gérer, d'optimiser, de réguler toutes les dimensions intérieures du monde humain) et autour d'elle-même (dans son "écologie" au sens d'organiser, de gérer, d'optimiser, de réguler toutes les relations extérieures au monde humain).

[voir à ce sujet tous mes propres travaux de prospective]

 

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Le renoncement ne doit jamais être confondu ni avec le détachement, ni avec la frugalité. Il est négatif et appelle une souffrance, alors que les deux autres sont positifs et appellent une ascèse (une libre discipline personnelle, donc).

 

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La République est le concept fondateur du républicanisme, c'est-à-dire une certaine manière de concevoir, d'organiser, de gérer, d'optimiser et de réguler la "chose publique" (res publica en latin).

Le républicanisme n'est pas que du démocratisme radical (la soi-disant "souveraineté du peuple" au travers, ou pas, de représentants élus) ; il vise aussi (du moins en théorie) le bien commun ou l'intérêt commun au-delà des intérêts particuliers (ce qui est cohérent) mais aussi de l'intérêt du plus grand nombre (ce qui, avec le suffrage universel, est une aporie ou un oxymore).

Le républicanisme est la religion du "peuple" et de la "nation" qui sont deux abstractions nées au 19ème siècle et complètement vides de sens : le "peuple" ou la "nation", cela n'existe tout simplement pas ! Ou plutôt, c'est l'ensemble des gens qui sont mis (ont été mis) sous tutelle de l'Etat.

Le républicanisme est donc aussi, par essence, un étatisme et un nationalisme.

Et puis, derrière le républicanisme, se glissent aussi deux autres concepts vides : celui de "volonté générale" et celui de "laïcisme" (qui est un athéisme de fait qui va au-delà du principe de laïcité).

Plus profondément encore, le républicanisme est un antilibéralisme puisqu'il donne nettement préséance au collectif sur le personnel : son étatisme est un totalitarisme "doux" et "tolérable" pour la masse des médiocres.

 

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Le concept de "réseau" est trop faible – quoique déjà plus riche que les modèles organisationnels antérieurs – pour dire que le Réel n'est rien d'autre qu'un vaste tissu d'interactions entre des événements – et non entre des objets.

La logicité processuelle reste encore à créer (après 3000 ans de logique objectale).

 

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Résilience et résistance … deux mots proches pour exprimer que la néguentropie qui construit, s'oppose à l'entropie qui détruit.

Une mode philosophique qui emballe une banalité thermodynamique.

 

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On ne peut respecter que ce qui mérite le respect et se montre respectable. L'humain ne vaut quoique ce soit, y compris le respect, l'admiration, l'estime, que par ce qu'il fait et non par ce qu'il est.

Le simple fait de naître humain n'implique, ni n'impose rien de la part de quiconque. Un enfant peut jouir de la clause de présomption positive, mais dès qu'il devient susceptible d'être responsable de ses décisions et de ses actes, il ne vaut rien et doit tout mériter.

 

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La responsabilité n'a rien à voir avec la piètre justice des humains. On n'est pas jugé responsable, on est responsable de tout que ce l'on a décidé librement de faire. La responsabilité est intrinsèque et non extrinsèque. Ce n'est même pas un jugement de soi sur soi, c'est un fait lié immédiatement à l'acte, même si l'on est enfant, ou débile, ou dément, ou tyran impunissable. La responsabilité n'a rien à voir ni avec les lois, ni avec la morale. Elle relève d'une simple tautologie : chacun est responsable de ses actes. Elle n'appelle aucun commentaires. Chacun est même responsable de ses actes accidentels ou involontaires.

Nul n'a droit à l'inadvertance, à la négligence, à l'ignorance, à l'inconscience. Les explications ne sont jamais des excuses. D'ailleurs, il n'y a jamais ni excuse, ni pardon, ni oubli.

Chacun est responsable du moindre de ses actes et le reste à jamais !

 

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La notion d'un "Eternel retour" n'a philosophiquement pas grand' chose à voir avec la palingénésie. Elle est une métaphore forte. Elle dit simplement ceci : vivez chaque instant comme si vous deviez le revivre une infinité de fois, et donc faites de chaque instant un chef-d'œuvre parfait de joie et de vie.

 

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La révélation n'est évidemment pas le fait d'un Dieu qui apparaîtrait et raconterait ses histoires à l'un de ses prophètes préférés. C'est infantile et il n'y a probablement plus que quelques musulmans naïfs pour y croire.

En revanche, l'idée de révélation ("j'ai eu subitement une révélation") pointe vers le fait que dans certaines circonstances, certains esprits particulièrement activés, puissent vivre une illumination intérieure intense qui soit un effet puissant de leur intuition aiguisée, en reliance avec l'Esprit cosmique, c'est-à-dire le Logos ou l'Âme du Réel.

 

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La réversibilité, du fait que le Réel se construise par accumulation, n'existe jamais. Rien, jamais, n'est réversible.

 

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Toutes les "révolutions" ont échoué.

Et la première d'entre toutes celles qui maculent les derniers siècles, est cette soi-disant "révolution française" qui ne fut qu'une émeute parisienne, qui décapita un roi débonnaire, qui promut la terreur d'un tyran sanguinaire et psychotique, avant que d'installer un empereur mégalomane et belliciste qui ensanglanta toute l'Europe.

La révolution bolchévique a plongé la Russie durablement dans la misère, la violence, la coercition et la tyrannie.

La révolution maoïste a détruit la Chine et sa culture millénaire, et causé la mort de centaines de millions de personnes.

Il faudra un jour que l'on fasse le procès de la "gauche" et des valeurs de gauche qui sont à l'origine de toutes ces hécatombes.

Donner le pouvoir à la masse des imbéciles ne peut déboucher que sur des imbécillités horribles.

 

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Qu'est-ce qui fait richesse ? Certainement pas l'argent (sur lequel je ne crache nullement, mais qui n'est que conventionnel et comptable). La richesse en argent n'est pas un problème sur un continent où les plus pauvres sont cent fois plus riches que les vrais pauvres d'ailleurs.

Le problème est la pauvreté notoire, à notre époque, de la majorité des humains, en intelligence, en culture, en connaissance, en mémoire, en spiritualité, en éthique. C'est cette richesse-là qui fait défaut et que bien peu convoitent.

Dès que la richesse est réduite à la seule richesse matérielle, la misère spirituelle n'est plus très loin.

 

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Le 22/12/2021

 

Il semble qu'il y ait deux applications distinctes des métavers ...

Le première (qui sera de loin la plus importante en volume - je parie sur 80%) est ludique et ne sert à rien d'autre qu'à drainer de l'argent avec des pitres qui n'ont rien de mieux à faire que de s'inventer une vie virtuelle (nouvelle version amplifiée de "second life") au lieu de vivre leur vie réelle qui, je l'admets volontiers, doit être d'un vide désespérant.

La seconde application (20% du volume au mieux) est professionnelle et n'est qu'une amplification 3D des logiciels de communication en ligne (genre ZOOM ou TEAMS) : je ne vois que très peu de cas où ce pourrait être vraiment utile (les solutions actuelles de télétravail, téléréunion, téléconférence, ... sont déjà largement suffisante pour la plupart des cas). Il faut seulement espérer que l'énergie épargnée par la diminution des déplacements, sera largement supérieure à l'énergie consommée pour ces gadgets numériques.

 

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Le rien est vide de tout. Le rien n'est rien et n'existe pas. Dans le Réel, il n'y a pas de néant (non-étant) ; rien n'est ni néant, ni absolument vide.

Cela n'implique nullement qu'une vacuité (l'absence de forme, la parfaite uniformité, l'entropie triomphante) ne puisse exister réellement à certains moments en certains lieux.

La vacuité est un vide plein, disent les bouddhistes.

 

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La rigueur est une ascèse, une discipline de vie visant la mise en application des règles de l'art ou des règles éthiques que l'on s'est fixées.

Son contraire est le laxisme, le je-m'en-foutisme, la négligence, la nonchalance, etc … Le bénéfice de la rigueur est le gain de temps et d'énergie, l'efficacité, donc. La non-rigueur conduit à ne trouver que très difficilement ce que l'on cherche, ou à commettre des erreurs impliquant de recommencer la démarche.

La rigueur, alors, s'apparente à une quête de l'optimalité en tout ce que l'on fait. Elle est alors une "loi" du Réel.

 

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Qu'est-ce qui nous fait rire ? Et pourquoi rions-nous ?

Les explications données par Henri Bergson ou Clément Rosset ne me convainquent guère complètement.

Je pense que le rire est toujours l'exutoire dissipatif d'une tension mentale qui s'installe lorsqu'une relation entre deux entités est incongrue (paradoxale, oxymorique, absurde, exubérante, disproportionnée, etc …).

Le rire naît de l'incongruité comme les pleurs naissent de la cruauté. Mais dans les deux cas, il s'agit de dissiper des tensions mentales.

Il y a plusieurs méthodes pour déclencher un rire et elles varient d'une culture à l'autre (ce qui est saugrenu ici ne l'est pas forcément là-bas) : faire de l'humour (anglais ? absurde ? juif ?) n'est pas faire de l'esprit (français ? piquant ? grinçant ?) ou de l'ironie (fine ? méchante ? …), ni même faire le comique, ou l'idiot, ou le clown, etc …

 

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Le risque est l'expression lucide d'un danger.

Prendre un risque, c'est l'expression lucide d'une décision.

Refuser un risque n'est pas nécessairement l'expression d'une lâcheté.

 

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Il faut n'avoir rien compris à la spiritualité pour assimiler les rites et rituels (spécialement initiatiques) aux cérémonies religieuses où il n'y a rien ou pas grand' chose à interpréter ou à apprendre (les cérémonies religieuses sont plus des obligations collectives d'appartenance que des enseignements de sagesse).

Pour toute spiritualité initiatique (comme la Franc-maçonnerie régulière, traditionnelle et universelle), un rituel est la mise en œuvre de symboles dans des rapports réciproques cohérents. Un rituel est un microcosme qui renvoie à un macrocosme à construire.

Quand le rituel parle au Compagnon des outils du Chantier ou de la Géométrie sacrée, afin de construire le Temple de Salomon à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, il ne s'agit pas d'un cours de technologie ou de mathématique : il s'agit d'une invitation structurée et densément fournie, à méditer sur ce qu'il y a à construire dans la vie, au service de quoi, et selon quelles méthodes et règles.

On peut passer des années à travailler un tel rituel et on en tirera beaucoup plus que de la lecture d'épais volumes prétentieux pondus par des soi-disant philosophes qui ne font que compiler ce qui a déjà été pondu avant eux par d'autres philosophes dont certains (les meilleurs) furent, eux, des initiés.

Penser, c'est interpréter des représentations (des symboles, donc) ; ce n'est pas étudier ce que d'autres ont pensé. C'est là l'immense différence entre une Loge maçonnique (où sa propre pensée se construit) et un amphithéâtre académique (où la pensée des autres s'apprend).

 

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Le romantisme a été bien mal compris par ces philosophes qui s'obstinent à le confondre avec le sentimentalisme.

Le romantisme est une réaction forte et salutaire contre la mécanicité des 18ème et 19ème siècles, apogée inféconde de la Modernité. Le romantisme (surtout allemand) rejette avec raison le rationalisme idéaliste kantien et lui préfère (surtout chez Schelling et Hegel) un spiritualisme (qui n'est pas un idéalisme) aux accents cosmiques et téléologiques.

 

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Toute bifurcation processuelle, toute mutation paradigmatique s'expriment par des ruptures irréversibles sur toutes les dimensions téléologique, généalogique, axiologique (éthique et ordonnancement), écosystémique (économie et écologie) et métabolique (dissipation optimale des tensions).

C'est exactement ce qui notre époque chaotique vit, hors des régulations "modernes" désuètes, avant que n'émergent les régulations futures.

 

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Le rythme de l'histoire des humains est celui de la succession des paradigmes. Son harmonie, à une période donnée, dans une partition donnée, traduit l'équilibre et l'homéostasie des communautés qui l'instrumentent. Quant à sa mélodie, elle est un crescendo de plus en plus complexe vers une épiphanie qui en est l'éternel horizon.

L'histoire humaine est une symphonie dont le compositeur et le chef d'orchestre est l'Intention cosmique.

 

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Le Sacré n'est pas une notion religieuse.

Le Sacré jalonne le chemin spirituel qui mène de la partie au Tout, de l'humain au Divin, de la réalité vécue au Réel vivant.

Il faut cesser de confondre la Sacré (qui s'oppose au profane, c'est-à-dire à celui qui n'ose pas pénétrer dans le Temple du Réel vivant et qui reste bêtement devant la porte) avec les bondieuseries et autres fadaises théologiques.

Le nihilisme du 20ème siècle (effondrement de la "Modernité") a tout désacralisé pour tout ramener au narcissisme nombrilique et capricieux des humains. En ce sens, le Sacré c'est ce qui dépasse colossalement l'humain et ce au service de quoi l'humain doit se mettre (le perfectionnement et l'accomplissement du Réel au travers de la Matière, de la Vie et de l'Esprit).

Il est grand temps de resacraliser le monde !

Le Sacré est au-delà de l'humain (qui n'est vraiment pas grand' chose). Le Sacré, c'est le Surhumain.

 

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Un sacrifice, dans la plupart des traditions spirituelles ou religieuses, est une offrande de quelque chose qui fait valeur et qui démontre, par là, que la Divinité à laquelle le sacrifice s'adresse, est plus importante que ce qui est sacrifié. Soit. Mais l'étymologie du mot ouvre un chemin plus fécond : sacrifier, c'est "rendre sacré", c'est "ce qui rend sacré" (sacrum facere, en latin : "faire du sacré").

Le sacrifice, alors, est le chemin du Sacré qui mène à la divinité (ou la divinisation) du Réel. Par exemple, détourner du temps et de l'énergie loin de ses activités profanes, pour les "consacrer", par la méditation, ou l'oraison, ou l'herméneutique, à sa propre élévation spirituelle vers le "plus grand que soi".

 

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Un sacrilège est toujours une profanation … mais aussi, une profanisation c'est-à-dire une désacralisation. Le 20ème siècle fut, en ce sens, un immense sacrilège dont les "chapelles" furent Verdun, Auschwitz, Kolyma, Hiroshima, Bhopal … et tant d'autres.

 

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La Sagesse est l'art de la Joie de vivre. Le sage n'est ni un savant, ni un saint ; du moins il peut très bien ne pas l'être ou l'être aussi.

La Sagesse "parfaite" n'existe évidemment pas, mais chacun peut y tendre asymptotiquement.

La Sagesse est la Sophia des penseurs grecs ; et le philosophe, c'est l'ami de la Sagesse (intellectuellement parlant – philia, en grec : "l'amitié intellectuelle" diffère de l'éros corporel, de la storguê affective et de l'agapê spirituelle).

Mais on peut vouloir devenir l'ami de quelqu'un ou de quelque chose, et en être déçu ou rejeté. Il existe donc beaucoup de philosophes amers.

Spinoza n'est pas de ceux-là, lui que l'on a surnommé le "philosophe de la Joie", c'est-à-dire le philosophe de la pure Sagesse.

La Sagesse est un état de conscience, au-delà de la mémoire, de la volonté, de la sensibilité et de l'intelligence, mais construit sur eux quatre pour les harmoniser, les équilibrer, les apaiser. La Sagesse, en somme, est la "bonne santé" de l'esprit, son métabolisme réussi.

Cela signifie, donc, qu'il ne peut pas exister de Sagesse, sans qu'il existe, par-dessous, une réelle activité de la mémoire et de la volonté, de la sensibilité et de l'intelligence ; ces quatre processus la nourrissent en lui lançant, continuellement, le défi de les harmoniser optimalement et de dissiper les tensions entre eux.

Cet apaisement d'un esprit en effervescente activité est le signe d'une belle Sagesse qui, dès lors, rayonne vers le monde extérieur et sur certains autres humains qui, souvent, n'ont pas encore réussi – et ne réussiront peut-être jamais – cet apaisement ; pour ceux-là, le sage est un exemple, un modèle, voire un maître. Mais cette Sagesse réalisée n'aura aucun effet sur les masses qui n'ont aucune activité mentale autre que leur question centrale sur "le pain et les jeux".

 

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Il est agaçant de constater qu'un philosophe français athée puisse, lorsqu'il parle – pérore – sur la religion, ne parler, en fait, que du catholicisme honni (de par son enfance ou son éducation, sans doute).

Que le catholicisme soit haïssable, je n'en disconvient nullement, mais de là à croire que toutes les traditions religieuses du monde (même les moins théistes) s'y réduisent, il y a une marche à ne pas franchir.

 

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Il existe deux grandes manières d'atteindre la Sainteté : l'une, chrétienne, passe par l'abnégation (la négation de soi), l'autre, hindouiste, passe par le détachement (la négation du monde).

Mais Sainteté n'est pas Sagesse : la première est négation et anéantissement, la seconde est affirmation et Joie de vivre.

La Sainteté ? Non, merci.

 

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L'idée de Salut s'oppose à celle de Sagesse.

L'idée de Sagesse, comme dit, exprime l'art de la Joie de vivre.

L'idée de Salut exprime l'espérance d'un autre monde dont la mort et la souffrance seraient bannies.

La Sagesse se construit. Le Salut s'attend (sataniquement).

La Sagesse assume pleinement le Réel s'y déploie ; le Salut le refuse et cherche à le fuir.

Quitte à me répéter : il n'y a rien à sauver !

 

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L'idée de bonne Santé est centrale – comme celles de bonne Vérité et de bonne Paix.

La bonne Santé correspond à l'état de moindre tension ou, à tout le moins, à une bonne capacité à dissiper optimalement les tensions.

Le concept de Santé est évidemment applicable au fonctionnement du corps et à celui de l'esprit de chacun, mais il l'est tout autant à l'évolution de n'importe quel processus dont le métabolisme prouve sa capacité de dissipation tensionnelle entre ses six pôles (qui sont universels).

 

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Chacun devrait s'ingénier et s'efforcer pour mourir en bonne santé !

 

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Le 23/12/2021

 

Depuis des mois, dans l'actuelle soi-disant pandémie qui n'en est plus une, nous vivons une course à l'échalote entre les mutations d'un virus qui cherche à s'adapter au mieux à son nouveau milieu humain, et des vaccins qui courent derrière lui avec toujours une guerre de retard. Dans mes campagnes, on parlait de la bataille entre le braconnier et le garde-chasse, le second trouvant, toujours trop tard, des ripostes aux astuces inventées par le premier.

 

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Satisfaction, satiété, sérénité, soulagement, …

Autant de mots pour exprimer le fondement mental de l'humain (qui n'est qu'une application particulière du fondement processuel de tout ce qui existe) : la dissipation optimale de toutes les tensions entre tous les dipôles (il y en a six universellement).

Tous les "sentiments" ou affects humains se ramènent à ceci : pour une raison ou l'autre, intérieure ou extérieure, une tension s'enfle (désir, manque, souffrance, peur, etc …) et elle doit être dissipée le plus optimalement possible. Si cela se fait, c'est un plaisir, un bonheur, une joie, une satisfaction, une satiété, une allégresse, un apaisement, etc … Si cela ne se fait pas, c'est une frustration, une souffrance, un mal-être, un malaise, etc …

C'est aussi simple que cela.

En conséquence, deux tactiques s'ouvrent : se donner préventivement les moyens de dissiper toutes les tensions (la bonne fortune, la bonne santé, le bon esprit, etc …) ou prendre suffisamment de distance ou de détachement pour que les tensions ne puissent naître (la sagesse, la frugalité, l'ascèse, etc …).

 

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Les savoirs sont en-deçà des connaissances. Les savoirs sont affaire de mémoire. Les connaissances sont affaire d'intelligence.

La connaissance intègre des savoirs au sein d'une structure cognitive qui les relie en cohérence et leur donne sens et valeur les uns par rapport aux autres.

La connaissance est un ensemble de savoirs rendus mutuellement cohérents.

Je sais que l'eau bout à 100°C (à pression standard), mais je connais le thermodynamique.

 

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Le scepticisme (qu'il vaudrait mieux appeler "doutisme" ou "questionnisme") est une saine attitude médiane entre dogmatisme (tout m'est connu) et nihilisme (rien n'est connaissable).

 

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Schématisme n'est pas simplisme. La schématique est un langage à part entière qui préfère la connaissance graphique à la connaissance discursive. "Un bon croquis vaut mieux qu'un long discours", aurait dit Napoléon Bonaparte.

 

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De science, il n'y en a qu'une : la cosmologie. Toutes les autres n'en sont que des applications à des systèmes et à des processus de plus en plus complexes et spécifiques.

Quant aux soi-disant "sciences humaines" (psychologie, sociologie, ethnologie, économie, …), elles ne sont que des conjectures sans fondement, des idéologies sans véracité ou des charlatanismes sans valeur.

La science des processus complexes (qui est une vraie science dérivée des principes et lois cosmologiques) est en passe d'être capable de s'appliquer à tout ce qui est humain et à balayer, une bonne fois pour toutes, les pseudo-sciences humaines qui ont déjà fait tant de dégâts.

L'humain et l'humanité sont des processus complexes comme les autres, observables et modélisables comme les autres.

 

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Qu'est-ce que la science ? La modélisation complète et cohérente du Réel, dans une double cohérence, en elle-même (cohérence interne) et avec les faits (cohérence externe).

Il n'existe aucune autre connaissance fiable et véridique que scientifique.

La philosophie, enfin, s'articule sur la science. La philosophie repose sur trois piliers (tout le reste n'est que bavardage littéraire) :

 

  • la cosmosophie (anciennement la "métaphysique") qui cherche à exprimer les fondements principiels du Réel et, ainsi, à fonder la cosmologie, mère de toutes les sciences et de toutes les connaissances véridiques ;
  • l'épistémologie qui développe les méthodes nécessaires pour faire progresser les connaissances vers plus de véridicité et, ainsi, de tendre asymptotiquement vers la "vérité" ;
  • et l'éthique qui vise à établir les règles de vie permettant à l'humain (personnel et collectif) de s'insérer harmonieusement dans l'évolution cosmique et, ainsi, d'en tirer Joie, Santé et Paix.

 

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Les mathématiques ne sont pas une science, mais un langage. Ce langage est double ; c'est pourquoi, contrairement à un mouvement des années 1960, il faut conserver le pluriel.

Il y a la mathématique des quantités (arithmétique, algèbre, analyse, …)

Il y a la mathématique des formes (géométrie, topologie, fractalité, …).

Malgré Descartes (ou, plutôt, au-delà de lui), elles ne sont pas réductibles l'une à l'autre.

La mathématique des formes, quoique beaucoup moins étudiée, est beaucoup plus puissante, plus riche et plus proche du Réel, que la mathématique des quantités.

 

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Le scientisme n'est pas l'affirmation que la science soit la seule source de connaissance véridique ; elle l'est (et ce, depuis Thalès de Milet ou Héraclite d'Ephèse) !

Le scientisme est un mouvement typique du 19ème siècle qui voulait réduire la science au seul mécanicisme déterministe, analytique et réductionniste hérité du 18ème siècle (celui des obscures "Lumières").

Le scientisme (comme les "Lumières" pour tout ce qui touche l'humain) a beaucoup nui à la science dont il n'a tracé qu'une caricature ridicule.

 

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Le secret est parfois nécessaire, non par mépris, mais parce que toute oreille n'est pas apte à entendre une vérité.

Le silence est alors d'or.

 

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Le sectarisme n'est que l'extrémisme malsain du communautarisme. Et le communautarisme ne rejette personne, il affirme seulement que tout n'est pas partageable avec n'importe qui.

La secte n'est que la caricature diabolique de la communauté, quelque élective et sélective celle-ci puisse-t-elle être.

La réalité humaine n'est qu'un réseau dense de communautés de vie, chacune plus ou moins accueillante et ouverte, ou élective, sélective et fermée.

Ces communauté de vie sont les cellules de l'organisme humain. Les "sociétés" n'est sont que les fantasmes idéologiques.

 

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Si le sécularisme est la distanciation d'avec les religions, il est bénéfique. S'il l'est d'avec la spiritualité, il participe de la désacralisation du Réel, donc de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, et il tend vers le nihilisme.

La même remarque peut être faite à propos de la laïcisation et du laïcisme.

 

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La sécurité, ce n'est pas l'absence de danger. La sécurité, c'est la paix environnante qui permet à chacun de choisir librement ses propres risques.

 

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Les relation de séduction sont totalement incompatibles avec les relations de fraternité.

Certaines "obédiences" feraient bien d'enfin le comprendre (comprenne qui pourra).

 

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Ce qui fait du sens, est animé par une intention (et non un but ou une finalité, ce qui en restreindrait immensément le champ).

Il n'y a pas de sens sans intention.

Tout a un sens. Donc il existe un Intention qui porte le Réel et, par voie de conséquence, toutes ses manifestations.

Mais, répétons-le : intentionnalisme n'est pas finalisme !

La loi universelle est celle de la dissipation optimale des tensions ; et il n'y a de véritable tension que s'il existe un écart notoire entre l'intention (vocation, mission, etc …) et le vécu (ce que l'on dit, fait, pense, etc …).

Le sens oriente le Réel (et toutes ses manifestations) vers ce qu'il (elles) devrait (devraient) devenir. L'Intention oriente le Réel vers son propre perfectionnement, vers son propre accomplissement ; et tout ce qui existe, n'est là que pour y contribuer.

Tout ce qui existe n'est que cellule, tissu ou organe d'un immense organisme vivant (unitaire et unitif) qui est le Réel. Et cet organisme se donne du sens en ayant l'intention absolue et définitive de se perfectionner et de s'accomplir.

Le Réel ne deviendra qu'en fonction de ce qu'il est déjà devenu, c'est-à-dire de son passé accumulé et activé par le présent.

Il faut être singulièrement borné pour ne pas comprendre que l'Intention est tout entière présente et à l'œuvre dans le présent (elle est le moteur du présent), et n'a donc rien à voir avec quelque but ou finalité ou désir projetés dans le futur.

Mon intention est de vivre chaque instant dans un maximum de Joie et un minimum de tension, ne signifie nullement que je poursuis un but quelconque, mais donne du sens à ce que je vis, fais et deviens à chaque instant ; mon avenir se construira en fonction de mon intention, mais n'est nullement prédéterminé par elle.

La seule idée qui fasse sens, en tout, partout et toujours, à tous les niveaux, c'est la réalisation de l'intention universelle du perfectionnement et de l'accomplissement de soi et, de plus, pour les entités partielles, de l'autour de soi.

 

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Le monde sensible de Platon, c'est l'univers-image que reçoit la sensibilité.

Le monde intelligible de Platon, c'est l'univers-modèle que construit l'intelligence.

La conscience est le lieu ("l'arène") où ces deux mondes se confrontent en vue de se construire une cohérence commune (dissipation optimale des tensions entre eux).

 

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La servitude volontaire induit une servilité qui ne fait que traduire le choix de la sécurité contre celui de la liberté.

"Du pain et des Jeux" est l'expression la plus forte et la plus éternelle de la servilité des masses.

 

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Le sexe est un fait biologique. Le "genre" est une connerie.

Désolé, Simone, mais on naît femelle, donc femme, malgré que vous ayez été tristement bisexuelle et homosexuelle (bien fait pour ce crétin de Sartre).

 

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Le sexisme est une absurdité. L'égalité des sexes, tout autant.

L'homme et la femme sont profondément différents. Cette différence est une richesse. Et cette richesse commande la complémentarité au sein du couple qui est l'unité de base de toute socialité.

 

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Un symbole est un signifiant sans signifié (mais qui appelle une herméneutique pour en découvrir).

Une imbécillité est un signifié insignifiant (qu'il eut mieux valu taire).

 

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Le silence est à l'esprit ce que le continuum est au Réel : l'absence totale de distinguabilité. Il y a l'Un et plus aucun mot ou concept.

Sur l'Un, il n'y a rien à dire.

Il est absolument transcendant c'est-à-dire au-delà de tout mot et de tout concept. Et il est absolument immanent c'est-à-dire présence immédiate en tout, toujours et partout (Shékhinah, en hébreu).

 

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La simplicité …

Un de mes mots préférés !

La simplicité est le contraire de la complication, mais la complice de la complexité.

La simplicité est bien difficile … à pratiquer, à vivre, à dire, à comprendre.

Elle est tout sauf élémentaire ou rudimentaire.

Elle est sans pli, sans pliure, sans pliage (sine plicatum).

Elle est ennemie de toute simplification et de tout simplisme.

Le Réel est à la fois très complexe et très simple. Ces deux concepts doivent être les inébranlables guides de toute démarche cosmosophique et de toute démarche cosmologique.

J'en donne souvent le même exemple : la mayonnaise est éminemment complexe du fait des inextricables et irréversibles liaisons entre toutes les biomolécules qui la composent, et extrêmement simple puisque résultant du battage, à bonne température, de trois (le ternaire est indispensable pour qu'il puisse exister de la complexité – David Ruelle) ingrédients banaux (huile, jaune d'œuf et moutarde).

Le Réel est une sorte de méga-mayonnaise résultant du battage de trois ingrédients : une substantialité (donnant la Matière), une intentionnalité (donnant la Vie) et une logicité (donnant l'Esprit).

 

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La social-démocratie, c'est du socialisme désabusé. Mais elle reste du socialisme, c'est-à-dire une grave maladie mentale.

 

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Les socialismes, quels qu'ils soient (national-socialisme, social-fascisme, marxisme, communisme, social-démocratie, …) inféodent la personne à la collectivité et montent en tête d'épingle deux idées qui n'existent pas, nulle part, jamais : le bien commun et l'intérêt commun.

Dans une société, il n'y a jamais rien de commun, au contraire de dans une communauté dont les membres s'entre-choisissent et partagent un patrimoine (culturel, le plus souvent) commun et/ou un projet commun.

Une société (donc tout ce qui est "social" fondement de tous les socialismes) n'est qu'un ensemble de communautés de vie, rassemblées par la force ou le hasard ou la turpitude d'un monarque, en un ensemble hétéroclite et hétérogène sans la moindre réalité anthropologique. C'est l'Etat qui fait société et rien d'autre. La société française n'existe pas ; les communautés bretonne, alsacienne, basque ou morvandelle existent, par contre, vraiment (ce qui n'est pas vrai pour le cloaque parisien ou marseillais ou autres, qui n'est qu'une "agglomération" absurde, un amalgame contre-nature, un purain humain) .

Le socialisme hait les personnes libres et les communautés autonomes ; il impose une religion d'Etat métropolitain qui est la religion de l'Etat.

Le socialisme s'oppose, dans toutes les dimensions et par tous ses pores, au capitalisme qui est une notion abstraite et vide qu'il s'est inventée sur mesure. En réalité, il n'existe que le libéralisme entrepreneurial qui fait vivre le monde, et le financiarisme spéculatif qui le tue. En confondant ou en amalgamant ces deux pôles ennemis, le(s) socialisme(s) démontre(nt) son (leur) inanité foncière.

Au plus profond de la notion de "politique" il n'y a que deux voies possibles : celle du libéralisme (c'est-à-dire celle de la quête de l'autonomie personnelle et communautaire) et celle du totalitarisme (dont relèvent, clairement, tous les socialismes – de gauche comme de droite, dont les populismes - et tous les étatismes).

 

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La sociobiologie dit simplement que les sociétés humaines n'échappent en rien aux lois de la biologie donc de l'inégalité, de la sélection des plus aptes ou de l'éviction des parasites.

Voilà qui a de quoi énerver les égalitaristes et les gauchistes. Mais c'est pourtant un fait probant.

Cela empêche-t-il les solidarités, les générosités, les entraides ? Certainement pas. Mais es élans ressortissent de choix personnels et non d'impositions dites morales (la réalité et la vie n'ont absolument rien de moral. Et heureusement. Assez de fantasmes puérils.

 

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Le 24/12/2021

 

Il est curieux de constater que beaucoup de ceux qui se prétendent matérialistes (le matérialisme est une option dépassée depuis que tout physicien débutant sait que la matière est une production seconde du Réel et non son ou un de ses fondements) ne vont pas au bout de leur option et rechignent à aborder une cosmosophie appelée "physicalisme".

 

Wikipédia en trace simplement et efficacement le portrait :

 

"Le physicalisme, terme créé par Rudolf Carnap, est la thèse, ou doctrine, selon laquelle toutes les connaissances sont réductibles, au moins théoriquement, aux énoncés de la physique. Les sciences humaines et sociales, tout comme les sciences de la nature, qui ont chacune leur vocabulaire et leurs concepts spécifiques, pourraient être retranscrites dans la langue de la physique. (…)

En outre, le physicalisme soutient la thèse selon laquelle il n’existe pas de savoir philosophique constitué de thèses qui lui soient propres, qui soient distinctes et indépendantes des thèses scientifiques, et il conçoit l’activité philosophique dans le prolongement de l’activité scientifique, d’abord comme une recherche sur les structures du savoir, puis comme un exercice de clarification et d’interprétation des connaissances scientifiques. "

 

 Et ça, au moins, ça tient la route !

A la condition que l'on abandonne les cosmologies mécanicistes, analycistes, déterministes et réductionnistes, et l'on opte gaillardement pour une cosmologie complexe, moniste, holistique, processualiste, intentionnaliste, émergentiste, logiciste, organiciste et tripolaire.

Alors, effectivement, toutes les pseudo-sciences "humaines" doivent être refondées sur l'idée qu'un humain ou que l'humanité ne sont que des processus complexe comme les autres, soumis aux mêmes lois d'organisation et d'évolution que tous les autres processus complexes.

Alors, aussi, l'activité proprement philosophique n'a plus d'autre sens que de développer une cosmosophie en amont de la cosmologie, de travailler une épistémologie pour aider la science à peaufiner ses méthodes d'avancement vers toujours plus de véridicité, et pour transcrire, en termes éthiques, les lois comportementales de perfectionnement et d'accomplissement des systèmes humains (les personnes et les communautés).

 

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Quelle similitude …

Le socratisme et le christianisme en occident, et le bouddhisme et le confucianisme en orient sont des traditions "secondes", dérivées, respectivement, du physicianisme (ionien), du judaïsme, de l'hindouisme et du taoïsme. Mais, dans les trois cas, cette dérivation est une dérive et une trahison. Et cette trahison est claire : elle est un passage sournois du cosmocentrisme à l'anthropocentrisme. L'humain leur est devenu central ; la partie a supplanté le Tout ; l'accessoire a pris la place de l'essentiel ; l'ustensile a éclipsé le projet.

 

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Surtout ne jamais confondre la "solidarité" avec la "fraternité".

La solidarité est globale, généreuse et anonyme : selon les philosophies bienpensantes et puériles, tous les humains sont (devraient être) solidaires (faire bloc solidement) parce qu'humains.

La fraternité, tout au contraire, est élective et sélective : on est "frère" de quelqu'un (parce qu'on a même "père" spirituel et même "mère" existentielle) et certainement pas de n'importe qui.

 

Nos sociétés démagogiques (donc socialistes), via les impôts et les assistanats, imposent un solidarisme anonyme et involontaire ; il ne s'agit aucunement de générosité personnelle et intentionnelle, mais de redistribution aveugle et mécanique ; il ne s'agit pas non plus de solidarité d'intérêt comme en matière mutualiste, assurantielle ou syndicale. Mais en matière de solidarisme étatisé, en ce qui me concerne, je refuse clairement, péremptoirement et définitivement que le moindre centime que mon labeur m'a fait gagner, puisse atterrir dans le portemonnaie d'une famille islamiste ou communiste ou populiste.

 

Le problème se situe entre la solidarité publique et obligatoire de l'étatisme, et la solidarité privée et choisie du libéralisme.

Le fait de ne pas se sentir solidaire du reste de l'humanité est un droit imprescriptible de chacun. Il ne s'agit pas, comme le croiraient les esprits simples, d'égoïsme (même si celui-ci existe effectivement parfois), mais de refus net et strict de toutes les formes d'assistanat (dont certains, et de plus en plus, font profession).

 

Tout ceci étant posé, je crois infiniment en la fraternité, d'abord, et en la solidarité libérale des intérêts privés, ensuite ; mais je refuse net le solidarisme idéologique et étatiste tel qu'il nous est imposé dans nos sociétés démagogiques.

Un chômeur, ce n'est pas quelqu'un sans travail, c'est quelqu'un qui ne veut pas travailler ; du travail, il y a en plein (il suffit de traverser la rue, disait Emmanuel Macron). Et les faux malades avec leurs certificats de complaisance ; et les jeunes retraités de 50 ou 60 ans qui en ont toujours fait le moins possible mais qui "profitent" de leur retraite ; et les fonctionnaires qui ne servent à rien mais qui sont payés tous les mois ; et beaucoup de marginaux dont des SDF, qui préfèrent la rue à l'immeuble et l'aumône au travail, et crachent, avec mépris, sur la main charitable qui les nourrit ; etc …

Je pense que le mal vient de la notion chrétienne de "charité" qui voudrait fonder un solidarisme quasi métaphysique entre tous les membres de la famille humaine et qui fait de ce solidarisme une "planche de Salut" (donc pas si désintéressé que cela).

 

Il faut cesser d'incriminer "l'exclusion". La société n'exclut personne, ce sont des gens qui s'excluent de la société (et c'est donc leur problème). Encore une tare du socialisme qui ne cesse d'accuser la "société" et de la rendre coupable de tous les maux, et qui éradique totalement la responsabilité individuelle. Chacun est pourtant seul responsable de soi.

 

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Il est stupide de réduire le libéralisme à la seule mécanique (pour autant qu'elle existe) des marchés de marchandises ; ça, c'est le mercantilisme. Le libéralisme, lui, c'est la doctrine du primat de l'autonomie (et de la responsabilité) personnelle et collective sur toute autre considération et, notamment, sur toutes les formes de pouvoir institutionnalisé.

 

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Faut-il vraiment prendre au sérieux cette antienne du socialo-gauchisme sur la "protection des plus faibles" ? Qui est faible ? Par rapport à quoi ? Pourquoi la sélection naturelle du plus apte ne pourrait-elle pas jouer naturellement ?

Il y a des imbéciles notoires, des chétifs notoires, des mous notoires, de indécis notoires, soit. Et alors ? Il y a de la place pour tout le monde (il y a tant de choses à faire). Mais ce n'est pas de cela que les socialo-gauchistes parlent … Ce qu'ils nomment les "faibles", ce sont, en fait, les parasites.

Le socialisme n'est rien d'autre que cela : le clientélisme auprès des parasites de tous poils.

La "protection" des parasites est la plus infâme des injustices (faite, bien entendu, au nom de la "justice" … le concept le plus creux et vide de la langue philosophique).

 

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La solitude est voulue et bénéfique, l'isolement est subi et destructeur.

 

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Je ne peux pas comprendre pourquoi, par exemple dans "l'éthique de la sollicitude", on peut privilégier la "relation" à l'autonomie. Ce sont deux niveaux comportementaux radicalement différents, qui ne s'opposent ni ne s'impliquent mutuellement.

La vie réelle, c'est construire, à la fois, une autonomie solide et un relationnel efficace (donc restreint et profond).

Cette opposition supposée entre l'autonomie et la relation relève de la vieille et stupide problématique surannée de l'opposition entre l'individuel et le sociétal (opposition artificielle née à "gauche"). Dans la réalité du Réel, il n'y a là aucune opposition devant déboucher sur le primat de l'un sur l'autre (être de gauche, c'est affirmer le primat du sociétal sur l'individuel … être de droite aussi, mais pas le même sociétal). Le sociétal et l'individuel sont et doivent rester en rapports dialectiques : les individus construisent la société et la société est au service collectif des individus.

 

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Pourquoi les humains se sont-ils organisés en "société" ? Pour être plus efficaces ensemble face aux dangers (donc la peur) et aux opportunités (donc la prospérité). Parce que le tout, parfois, peut être plus que la somme de ses parties. Parce que le tout, alors, engendre des propriétés émergentes qui appartiennent à ce tout, sans appartenir à aucune de ses parties (c'est la plus-value holistique).

Voilà pour la théorie systémique et processuelle.

Qu'en est-il des sociétés humaines actuelles ? Quelles sont les propriétés émergentes (collectives, donc) les plus utiles et les plus effectives ?

Le plus souvent, se rabâchent les mêmes slogans : la solidarité, la justice, la santé, la liberté, la dignité … Ces mots sont notoirement vides et ne reflètent que des fantasmes idéalistes.

Il faut alors revenir aux deux mots-clés de base : la sécurité (le développement des paix collectives, intérieures et extérieures) et la prospérité (le développement des richesses collectives, matérielles et immatérielles). Il n'y a aucune autre raison de s'organiser pour vivre ensemble ; toutes les autres dimensions de vie sont strictement privée.

Aujourd'hui, les étatismes ambiants n'atteignent plus aucun de ces deux objectifs collectifs : l'insécurité est partout (terrorismes, nationalismes, démocratures, …) et la prospérité n'est nulle part (endettements, parasitismes, pénurisations, …).

 

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Une doctrine n'est véridique (mais non pas "vraie" pour autant, la vérité étant inaccessible) que si elle sert le Réel (donc la Matière et, surtout, la Vie et l'Esprit).

Tout le reste n'est que sophistique.

 

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Le sorite est la réflexion sur la notion de "tas". Deux questions s'y posent …

Le première : quand un tas fait-il un tout ? La réponse : dès que tous les constituants sont reliés entre eux et produisent des propriétés émergentes qui appartiennent au tout sans appartenir à aucune de ses parties.

La seconde : à partir de quel moment un ensemble devient-il un tas ? Dès lors que joue la loi des grands nombres et que le calcul des probabilités et des statistiques devient efficient.

 

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La souffrance ne doit pas être confondue avec la douleur. La douleur est physiologique et imparable : c'est avoir mal. La souffrance est une construction mentale, avec ou, souvent, sans douleur physique : c'est se faire mal. La souffrance, c'est acter, mentalement, une distance forte et irréductible entre la réalité et le désiré (par exemple, le décès – irréversible – de l'être aimé – je suis déjà deux fois veuf - engendre une terrible souffrance qui n'a rien à voir avec de la douleur).

On sort de la souffrance – construction mentale, je l'ai dit – en faisant le deuil (cfr. Elisabeth Kübler-Ross) de son désir et en réintégrant la réalité.

La souffrance, c'est le refus du Réel.

 

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Rien n'est souverain, ni dans les faits, ni dans le droit (et surtout pas le peuple, ou le monarque, ou l'Etat). La souveraineté est un mythe. Il n'existe que des institutions sociétales, toutes bancales, qui n'ont et ne doivent avoir de "pouvoir" que marginal, périphérique, anecdotique. L'essentiel de la vie n'est pas sociétal !

 

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Si "souveraineté" il doit y avoir (en matière de droit collectif), elle doit appartenir à ceux qui détiennent l'excellence en les matières concernées, et certainement ni au peuple (ignare et inculte, inintelligent et manipulable), ni à quelque groupe d'intérêt (politique, économique, académique) que ce soit.

 

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Le spécisme est aussi débile que l'antispécisme.

Il est évident qu'il existe plein d'humains qui ne valent pas un chien ou un hêtre.

Ce sont les arbres qui montrent l'exemple : ils poussent de l'intérieur, ils n'emmerdent personne, ils sont beaux et majestueux, ils restent à leur place, ils vivent au rythme du Réel, ils font silence. Ah, si les humains pouvaient apprendre à faire de même.

 

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Le 25/12/2021

 

Notre époque - et Debord l'a montré il y a plus d'un demi siècle - adore le spectacle et se donner en spectacle. Un monde où l'apparence revêt plus d'importance que la réalité. Non seulement, on joue à faire semblant, mais on joue tout court.

Une époque du jeu généralisé (et les mondes numériques amplifient diablement le phénomène). La nouvelle utopie des métavers va en ce sens : plutôt que de vivre votre vraie vie dans sa médiocrité, pour la plupart, inventez-vous une vie sur mesure en trois dimensions, plus vraie que la vraie.

Jouer à vivre plutôt que vivre … Peut-être est-ce cela la fin de l'humanité …

 

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Il est navrant de constater combien les "matérialistes" (quelque ridicule soit ce mot) ne comprennent rien au spiritualisme et le confondent systématiquement avec l'idéalisme (la coexistence de deux mondes, l'un matériel et l'autre idéel soit parallèle pour Pythagore, Platon et les monothéismes, soit à venir pour les idéologies qui se prétendent révolutionnaires, mais qui ne sont que totalitaires).

Le spiritualisme authentique, sachant que la matière est seconde et produite, pose un principe immatériel au tréfonds du Réel : non pas une "idée" ou un "but" ou une "finalité", mais une puissance, une intention, un Logos, une logicité, un "vouloir-devenir" ou une "volonté de puissance" ou un "élan" ou une "entéléchie" ou un "conatus" … que certains voudront ou voudraient appeler "Dieu", sans doute – et pourquoi pas pourvu qu'il soit totalement immanent.

 

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La spiritualité est une quête, celle de l'Esprit cosmique qui se pense au travers de chaque esprit particulier – comme la Vie cosmique qui se vit au travers de chaque vivant particulier.

La spiritualité est une démarche intérieure qui part de la partie et se dirige vers le Tout-Un, vers la Réel, donc. Elle vise ce que Hegel appelait le "savoir absolu" ou que d'autres ont appelé la "gnose"  (au sens gnosique et non pas gnostique).

Cette démarche est méta-rationnelle en ce sens que, loin de rejeter la rationalité qui lui est indispensable, elle emprunte surtout les voies de l'intuition, de la reliance et de la résonance avec le Réel pris comme un Tout-Un vivant.

La spiritualité n'a rien à faire des croyances, religieuses ou non. Il ne s'agit pas de croire, mais de connaître, de con-naître, de naître ensemble avec le Réel car la spiritualité est une éternelle naissance.

L'athéisme qui se prétend dénué de toute croyance en Dieu (mais que signifie "Dieu" ?), est, en fait, dénué de toute spiritualité ; il vit la mort spirituelle permanente et n'est en rien relié avec le Tout-Un. L'athée se croit un être en-soi dégagé de toute connexion qui le dépasse ; il est soit vaniteux, soit imbécile.

De toute les façons, c'est quelqu'un qui a peur de certains mots, qui est bourré de phobies verbales. Des mots comme Dieu (qui ne dit rien), comme âme (ce qui anime), comme esprit (ce qui se pense), comme religion (ce qui relie des esprits faibles entre eux, comme les idéologies), comme sacré (ce qui est essentiel et qui consacre ce qu'on lui sacrifie), comme initiation (ce qui entame une démarche personnelle intérieure), comme herméneutique (ce qui interprète le réel derrière les apparences), comme symbole (ce qui exprime l'indicible), comme foi (ce qui rend fidèle à soi et au Réel), comme révélation ou illumination (ce que révèle l'intuition et qui illumine la vie intérieure), etc …

Pauvre athée qui passe tellement à côté de la splendeur du Réel et n'en perçoit que les débris dicibles. Une vie qui ne serait pas mystique, est une vie perdue.

 

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Le stoïcisme se distingue nettement des autres écoles antiques par cinq points majeurs : son intentionnalisme (la volonté est l'âme du monde), son immanentisme (en opposition franche avec l'idéalisme platonicien), son organicisme (en opposition avec l'atomisme matérialiste des épicuriens), son logicisme (le Réel est dirigé par une intelligence immanente, par une logicité, par un Logos) et son cosmocentrisme (ce que l'humain ne maîtrise pas, doit être accepté et assumé).

 

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Le mot anglais "stress" ne signifie rien d'autre que "tension", c'est-à-dire le moteur de toute évolution puisque tout évolue afin de dissiper optimalement toutes les tensions, soit en les diluant, soit en utilisant leur énergie pour engendrer des émergences complexes, constructives et innovantes.

 

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Le structuralisme est la première vraie tentative physicaliste qui dépasse l'humanisme et rend l'humain à sa réalité : n'être qu'un processus complexe comme les autres, soumis aux mêmes règles (structurales) d'organisation et d'évolution. Une communauté humaine est un tout évolutif qui est plus que la somme des humains qui la compose et ce "plus", c'est précisément la "structure" (ou, plutôt, l'eidétique) qui "fait" la communauté - comme mon corps est une eidétique globale qui en fait plus que la somme des 80.000 milliards de cellules qui le composent.

C'est la structure qui est durable et utile ; tant dans mon corps composé de cellules que dans ma maison composée de matériaux, les éléments se remplacent alors que la structure demeure.

C'est la "structure qui fait la chose, pas ses composants.

 

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Quand donc cessera-t-on enfin de manipuler ces catégories kantiennes débiles de sujet et d'objet, de subjectivité et d'objectivité, de subjectivisme et d'objectivisme ? Le Réel est définitivement et radicalement au-delà de cette dualisation artificielle. Il n'y a ni objet, ni sujet ; il y a le Réel et l'infinité de ses manifestations dont aucune n'est une "chose en-soi" ; il y a l'océan et il y a ses vagues : parlons donc de l'océan et non des états d'âmes des vagues qui, toutes, ne sont que des chimères ou, plutôt, des ustensiles, des moyens de dissipation des tensions intrinsèques.

Cessons de regarder le Réel avec des yeux d'humain et optons pour les yeux de Dieu (c'est-à-dire du Réel lui-même).

Toutes les philosophies du sujet (Descartes, Kant ou Husserl) sont des aberrations !

Toute philosophie qui ferait de l'humain son "point d'appui" (cfr. Galilée) est vouée à l'échet et à la stérilité.

 

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Le principe de subsidiarité est central, pas seulement en termes d'organisation ou de politique. Il dit simplement ceci : chacun doit être et se savoir et se sentir responsable de la résolution de ses propres problème.

A chacun sa "merde", en somme. C'est l'opposé de tous les parasitismes. Cela n'empêche nullement la solidarité, mais uniquement sur le mode "par exception".

 

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La Substance du Réel n'est pas la matière (au sens usuel, sans majuscule, des matérialistes) qui n'en est qu'une émergence parmi d'autres.

La substance, c'est ce qui "se tient sous" les apparences, les phénomènes et les manifestations. La Substance du Réel engendre la Matière (la spatialité topologique), la Vie (la temporalité dynamique) et l'Esprit (la logicité eidétique).

Elle est l'Intention c'est-à-dire la tension interne (in-tension) entre ce qui est déjà devenu et ce qui pourrait encore devenir.

Cette substance est donc immatérielle ... donc spirituelle.

 

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Un sujet, c'est ce qui est assujetti.

Un esprit libre n'est jamais un sujet (n'en déplaise à Descartes, Kant ou Sartre).

Un sujet n'est que l'esclave de ses ressentis.

Le sujet dit : "Je pense donc je suis" ; l'esprit libre dit : "Il y a pensée donc il y a existences" ; ce "il" est le "il" impersonnel de "il pleut". Ainsi, un esprit libre, désassujetti, sait que la personne (le "je") n'est qu'un masque de mascarade au travers duquel sonne le "il" impersonnel.

 

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Les pires superstitions de notre époque s'appellent psychologie, psychiatrie ou psychanalyse. Mais, sur un autre plan, il y a aussi le socialisme, le wokisme et le populisme ; ou, encore, la bienpensance, l'égalité, la justice, etc …

 

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Il n'y a pas d'Être suprême puisqu'il n'y a que du Devenir et le Devenir suprême, c'est le Réel qui est aussi Dieu, si on le veut.

 

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Le Surhumain est naturellement l'avenir de l'humain. Son dépassement. Mais, soyons clairs, il ne concerne qu'une minorité aristocratique ; le reste, la masse, continuera de croupir dans sa médiocrité.

 

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La surpopulation humaine sur Terre est le seul vrai problème écologique. Il faut redescendre au dessous des 2 milliards avant 2150, sinon l'humanité s'effondrera , faute de ressources.

Décroissance de la consommation et décroissance de la population sont les deux conditions sine qua non d'un avenir humain.

Tout le reste est bavardage idéologique.

 

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Le symbole est un signifiant sans signifié. C'est le rôle de l'herméneutique de lui en trouvera un (ou plusieurs, par approfondissement).

Ce que l'on oublie presque toujours, c'est qu'un symbole ne peut devenir un "signifié" que par ses relations (dans un rituel, par exemple) avec d'autres symboles. Une équerre seule ne signifie pas grand' chose, mais une équerre sur une Bible et sous un compas suggère toute la démarche de la connaissance (la mémoire, la rigueur et l'intelligence).

Le symbole active l'intuition qui, dans tous les cas, nourrit, après coup, la rationalité. Sans intuition pour l'alimenter, la raison tourne à vide et en rond ; et cela donne le triste et stérile rationalisme.

 

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Le concept de "synthèse", lorsqu'on parle de dialectique, doit être abandonné. Il faut parler de processus, de tensions et d'émergence.

 

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Un système, étymologiquement, c'est ce qui est tissé ensemble (c'est donc un doublet d'un complexe). C'est un tout qui est supérieur à la somme de ses parties. La vérité d'un système, c'est sa cohérence. Plus il tient longtemps ensemble, plus il est véridique. Mais la cohérence n'est pas du tout réductible à la "cohérence logique" aux yeux d'une humain rationalistes ; il s'agit d'une cohérence existentielle inhérente au Réel et indépendante de la compréhension que l'on peut en avoir.

Le Réel est cohérent et tout ce qu'il contient doit contribuer à cette cohérence.

C'est cette cohérence même qui fait sa vérité.

Ne pas penser le Tout en cohérence, c'est ne penser à rien. Ou alors, on prend les futilités humaines au sérieux. Pauvre philosophie anthropocentrée.

 

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Le 26/12/2021

 

Loi du talion : justice strictement égalitaire rejetée comme barbare par les égalitaristes au nom de la justice humaine. Paradoxe !

 

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Si l'on veut parler vraiment adéquatement du Taoïsme, il faut commencer par traduire "Tao" par "processus universel immanent et permanent".

Le taoïsme est une cosmosophie ; il est le grand et unique prédécesseur de la cosmologie complexe contemporaine avec la même tension bipolaire entre Yin et Yang (les deux pôles indissociables), et avec, dans les 64 hexagrammes du Yi-King, les mêmes triplets tensionnels (trois dipôles superposés).

A partir du taoïsme, le confusionnisme a tenté d'appliqué l'ordre du Tao sur la gouvernance politique et sociale des humains avec ce goût de l'ordre figé et du protocole compliqué que l'on connaît.

Et, beaucoup plus tard, dans le Temple de Shao-Lin, la méditation bouddhique (la Dhyâna), par l'entremise du moine indien Bodhidharma, a amené le Taoïsme à s'intéresser au troisième plan, celui de la personne humaine ; cela donna le ch'an qui devint le zen au Japon après être passé par la Corée.

Le Taoïsme classique et fondamental est surtout l'œuvre de trois sages dont on sait bien peu de choses fiables : Lao-Tseu, Tchouang-Tseu et Lie-Tseu, suivis de bien d'autres. Voilà pour l'histoire …

 

Le Tao est impersonnel, cause et moteur de lui-même ; il contient et enveloppe tout ce qui existe et tout ce qui existe évolue sans cesse sous sa pression et à l'intérieur de lui, habité par un souci permanent de perfectionnement (qui lui tient lieu d'Intention cosmique).

Il n'est donc guère étonnant que mes premiers vrais travaux de cosmologie complexe aient été entamés après plusieurs années d'étude approfondie du taoïsme, et l'écriture de quelques livres sur ce thème ("Le Taoïsme", "Le Tao du management", "Citations taoïstes expliquées", "Lecture du Tao", …).

Le taoïsme est, avant tout, l'art de faire parfaitement ce qui doit être fait, ici et maintenant : l'humain ne vaut que par ses œuvres car l'humain qui ne produit rien, ne vaut rien.

 

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Quand donc, au lieu de pérorer à vide, les soi-disant athées comprendront-ils que le concept de "Dieu" est une pure tautologie. qui signifie tout ce qui n'est signifié par rien d'autre.

 

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La technologie, lit-on de plus en plus souvent, serait l'ennemie absolue de l'écologie. C'est malheureusement confondre écologie et vie primitive et sauvage où presqu'aucun humain ne peu raisonnablement survivre. L'humain n'a pu survivre et proliférer que  par la mise au point de technique permettant de transformer cette Nature hostile en une Nature plus accueillante.

L'écologie de demain, c'est tout sauf le retour à cette Nature primitive et sauvage (c'est d'ailleurs tout bonnement impossible puisque toute transformation thermodynamique est intrinsèquement irréversible).

Le problème est ainsi très mal posé.

Je préfère, et de très loin, la manière de le poser établie par Gilles Clément à savoir : grâce à la technologie humaine mise radicalement au service de la Vie sous toutes ses formes, et avec l'aide de l'Esprit, transformer la planète Terre en un somptueux jardin, riche et foisonnant, accueillant toutes les espèces "positives".

 

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Un technologie, quelle qu'elle soit, est neutre moralement. C'est ce que les humains en font qui peut être nocif et toxique, ou bénéfique et constructif.

Le problème n'est donc jamais la technique (elle-même déclinée à partir de la connaissance scientifique qui, par essence, est totalement encore plus neutre : le seul but de la science est de comprendre et non de contrôler ou de maîtriser quoique ce soit).

Ainsi, le problème moral est le bon ou le mauvais usage, par les humains, des techniques, donc celui de l'intention qui anime cet usage bon ou mauvais.

Le rôle de l'économie est de définir les usages possibles d'un produit et d'en définir une cible.

Le rôle de l'écologie est de mesurer les toxicités possibles de ce produit et d'en réduire (voire interdire) l'usage.

Ainsi définies, l'économie et l'écologie n'ont plus rien ni d'idéologique, ni de politique ; il s'agit de deux métiers scientifiques complémentaires qui doivent apprendre à œuvre en dialectique.

L'économie et l'écologie sont des domaines de vie bien trop essentiels pour être confiés à des économistes et à des écologistes.

 

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Plus la technologie rend idiot, plus elle a de succès.

Il suffit, pour s'en convaincre d'observer les mondes musicaux ou télévisuels, ou, mieux, les mondes numériques ; en fin 2021), l'usage de la Toile, c'est 49% de streaming vidéo, 19% de médias sociaux, 13% de navigation avec des moteurs de recherche, 7% de messagerie, 4% de jeux vidéos … Soit : 20% de potentiellement utile et 80% de franchement ludique !

 

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La souveraineté du peuple plébiscite les technologies ludiques, euphoriques et narcissiques qui l'abrutissent, l'abêtissent, le crétinisent et l'assujettissent.

Une humanité soumise aux pressions numériques, ne pourra plus perpétuer cette démagogie infâme appelée "démocratie au suffrage universel".

 

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La gouvernance de demain devra être un mélange de technocratie (pour avoir, face à chaque problème les experts les plus à la pointe) et de stochastocratie (c'est-à-dire, tirer au sort, pour une période donnée, non renouvelable, les experts renommés et volontaires, sélectionnés sur leur probité morale par un jury de sages, eux-mêmes tirés au sort).

Il faut éradiquer l'actuel système partisan, idéologique, électoraliste, clientéliste, démagogique, vedettarial, etc …

 

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Autant il est sain de rejeter toute téléologie finaliste ; autant il est indispensable d'affirmer une téléologie intentionnaliste ('(que certains nomment une téléonomie … pourquoi pas ?).

Le Réel n'a pas de finalité (c'est-à-dire une projection dans le futur), mais il a une intention (c'est-à-dire un moteur dans le présent).

 

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Pour le cosmologiste que je suis, le temps n'est pas premier, il n'est pas le contenant de toute durée – comme il l'était pour Bruno, Galilée, Newton et les mécanicistes.

Le temps est une mesure de la durée d'une transformation au sein d'un processus ; ce temps, cette mesure sont ainsi relatifs au processus dans lequel cette mesure de la durée se fait (c'est le grand message de la relativité restreinte d'Einstein).

Nous savons depuis un demi siècle que le temps ne passe pas, mais qu'il s'accumule ; autrement dit, le Réel se construit par accumulation de couches successives instantanées dont seule la dernière est active et que l'on appelle le "présent" ; le passé ne disparaît nullement dans le néant du non-être ; il reste bien réel, mais passif sous la couche active du présent qui l'enveloppe totalement. Quand au futur, il n'existe absolument pas, il n'est pas réel ; seulement, ses germes sont déjà présents dans  le présent et, si les circonstance leurs sont favorables, ces germes vont éclore et se développer en fonction de ce dont ils disposeront.

Tout évolue au sein du Réel, tout y est impermanent, dirait un taoïste ; le Réel engendre du temps pour s'y développer ; il engendre de la temporalité, donc.

Mais au sein de cette impermanence universelle, trois principes demeurent intemporels afin d'assurer la cohérence et l'optimalité du Tour : le principe de substantialité (qui donnera la Matière), le principe d'intentionnalité (qui donnera la Vie) et le principe de Logicité (qui donnera l'Esprit).

En ce sens, la spiritualité est la démarche qui part de la temporalité du vécu pour remonter, peu à peu, par les voies de la sacralité, vers les trois principes intemporel qui fonde le Tout du Réel.

 

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Il faut être complètement abruti pour écrire que : "La Terre n'est pas un être vivant, encore moins un sujet ou une personne."

Bien sûr que si. Et tout ce qui existe aussi. Tout ce qui est complexe, est vivant. Une forêt est un organisme vivant à part entière, qui est beaucoup plus que la sommes des végétaux, insectes et animaux qui y vivent. Et de même pour le sol, et pour les océans et pour la biosphère et pour la lithosphère et pour la biosphère et pour la noosphère et pour cette Terre qui les englobent tous et qui est, elle aussi, encore beaucoup plus que la somme d'elles toutes.

Il faut être bigrement coincé idéologiquement pour ne pas comprendre que le Réel est un immense océan prématériel et matériel de quasi-vide (intergalactique), parsemé d'îlots galactiques de Vie, reliés entre eux par d'étranges filaments stellaires, et où parfois, germent quelques manifestations de l'Esprit, matérialisé et vivant.

 

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Le théisme est une métaphysique qui pose l'existence d'un Dieu personnel, créateur du monde, mais radicalement extérieur à celui-ci (transcendant, donc, mais absolument non immanent).

A ma connaissance, il n'existe que deux théismes réels : le christianisme et l'islamisme (qui descend d'ailleurs du premier et partage avec lui sa judéophobie et son antijudaïsme).

Le déisme est un théisme dépersonnalisé.

L'antithéisme – qui n'est pas l'athéisme – s'oppose à toutes les formes de théismes (c'est plutôt là que l'on trouvera un Voltaire ou un Rousseau).

L'athéisme, lui, rejette en bloc toute forme de spiritualité et replie l'humain totalement sur son petit nombril.

 

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La seule "théologie" crédible n'enjoint pas de "croire en Dieu", mais de définir ce que la mot "Dieu" couvre et d'en faire une connaissance sérieuse.

Rien de plus simple : "Dieu", c'est le Réel c'est-à-dire le Tout de ce qui a existé et existe, lié unitairement, par une principe de cohérence ternaire (substantialité, intentionnalité et logicité) qui en est l'Âme.

Dieu en tout, partout et toujours … et c'est cela qui fait que la Matière, la Vie et l'Esprit sont Sacrés.

Dieu lorsqu'il se manifeste dans le Réel, est la Matière de l'Univers, il est la Vie de la Nature et il est l'Esprit du Cosmos.

C'est sur cette troisième pointe du triangle divin, que la théologie se mue en cosmosophie, puis en cosmologie.

Voir le Réel au travers des yeux de Dieu et dans l'Esprit de Dieu.

 

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Il est évident que toute politique humaine doit être absolument soumise à la logicité naturelle de tous les processus complexes (la dissipation optimale des trois tensions majeures entre généalogie et téléologie, entre économie et écologie, et entre éthique et politique), sous peine d'exploser en vol et/ou d'assassiner des millions de victimes en tentant de forcer cette logicité profonde (cfr. les christianismes, les communismes, le nazisme, les islamismes, … bref : tous les monothéismes, fussent-ils athées, parce qu'ils sont dualistes c'est-à-dire posant deux mondes distincts, l'un réel et l'autre "idéal").

 

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Théodicée en vue d'une théophanie : vivre dans le Réel et avec le Réel et jamais contre le Réel.

 

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La théorie, étymologiquement, c'est "la contemplation du spectacle" du Réel.

La théorétique et l'empirique sont les deux pôles d'une seule et même tension dialectique dont peut émerger la connaissance cosmosophique.

 

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La tolérance ne peut ni ne doit tolérer l'intolérance. Ce ne serait pas tolérable.

Il faut éradiquer en profondeur tous les islamistes, nazis et communistes, … tous ces thuriféraires des plus grandes tueries, voulues et organisées, jamais perpétrées sur Terre.

 

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C'est une véritable torture philosophique de lire encore des auteurs oser faire référence à tous ces imposteurs qui jalonnent de leurs déjections, toute l'histoire de la pensée occidentale : Parménide, Démocrite, Platon, Pyrrhon, … et tant d'autres dans les temps anciens … et, bien plus près de nous : Thomas d'Aquin, Descartes, Kant, Rousseau, Voltaire, d'Holbach, … Comte, Alain, Jaurès, Freud, Marx, Gobineau … Husserl, Bachelard, Heidegger, Sartre, Beauvoir, Althusser, Derrida, Merleau-Ponty, Russell, … et encore tant d'autres.

Allons ; débarrassons-nous, une bonne fois pour toutes, de toutes ces bêtises savantes qui ne débouchent sur rien d'autre que des conjectures aussitôt dépassées, lorsqu'elles ne sont pas meurtrières.

 

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Il faut cesser de jouer le jeu de la "gauche" et de la "droite". En matière de politique, il n'y a que deux camps : le totalitarisme (dont émerge tous les étatismes) et le libéralisme.

En ce sens, il n'y a absolument aucune différence entre les communismes et le nazisme, sinon que les communismes ont fait mille fois plus de victimes.

Je ne comprends pas – ou, plutôt, je ne comprends que trop bien – le fait que nos sociétés (gangrenées de gauchismes et de socialismes) combattent et pourchassent (à très juste titre) les néo-nazis, mais tolèrent les néo-communistes et les néo-islamistes.

 

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L'unité dépasse la totalité car elle est, si elle est bien organisée, supérieure à la somme de toutes ses parties.

Le Réel est Un et est donc plus que le Tout de ce qu'il contient.

 

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Tout processus réel possède une généalogie (une tradition, un patrimoine, des savoir-faire), une téléologie (une vocation, une mission, une volonté), une écosystémie (un rapport se sensibilité et d'échange avec le monde extérieur) et un axiologie (une manière de s'organiser et d'établir des valeurs, des répartitions, etc …). Ces quatre axes majeurs doivent alors être optimalement coordonnés et harmonisés (c'est le rôle du métabolisme). Voilà toute la physique des processus complexes à laquelle n'échappe, aucunement, l'humanité et ses modes de vie.

 

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La notion de transcendance est ambigüe car elle pointe, en même temps, vers "l'extériorité absolue" et vers "la supériorité absolue", ce qui est contradictoire puisque pour être "supérieur" dans un ensemble, il faut être à l'intérieur de cet ensemble, lui être "immanent", donc.

Ainsi, l'Un transcende le Tout parce qu'il lui est supérieur en tout, mais il ne peut pas lui être extérieur en rien.

Cela en va ainsi, pour moi, avec les notions du Réel ou de Dieu qui englobent supérieurement le Tout, sans lui être en rien extérieures.

C'est alors que transcendance et immanence se rejoignent, se complètent et signifient (font signe) vraiment.

 

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Le transhumanisme et le post-humanisme sont de pures fumisteries science-fictionnelles entre les mains d'apprentis-sorciers débiles (des "professeurs fol-amour" aussi dangereux que lui).

Il faut distinguer …

Le transhumanisme rêve d'incorporer des gadgets numérico-mécaniques dans les corps humains afin d'en augmenter ou d'en réparer les performances ; ce rêve sympathique n'ira pas très loin parce que les lois de la physique s'y opposent : l'ordre mécanique et l'ordre organique ne sont pas compatibles.

Le post-humanisme vise, lui, des transformations génétiques ce qui est une tout autre histoire ; que les biologistes sérieux commencent d'abord par fabriquer une cellule vivante in vitro, et on pourra peut-être, alors commencer d'en discuter. Mais ce n'est pas demain la veille …

 

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La transmission alimente la généalogie, bien sûr, au travers de tous les patrimoines ; mais aussi la téléologie (on transmet aussi un sens du devoir, de la mission on transmet des vocations, etc …) ; mais aussi l'intelligence et la sensibilité, qui sont des dons et des talents qui sont transmis et se développent s'ils sont convenablement pratiqués et cultivés.

Au fond, la transmission, c'est l'essence même de la Vie.

 

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Le travail est un chemin vers l'œuvre, banale et quotidienne, unique et éternelle. Peu importe.

Le travail est un processus qui, en tant que tel, ne prend sens et valeur que selon l'intention que l'on y met.

Le travail n'est pas une valeur ; seule l'œuvre qui en sort peut prendre valeur et lui en donner. C'est l'excellence de l'œuvre qui donne valeur au travail.

En revanche, le non-travail est une vraie valeur, impitoyablement négative ; elle caractérise le parasite, qu'il soit étudiant, chômeur, tire-au-flanc, fonctionnaire, bureaucrate, retraité ou autres.

Ne pas travailler, c'est-à-dire ne pas produire de la valeur, c'est perdre toute valeur pour soi et pour les autres.

 

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Un homme ne vaut que par ses œuvres. Celui qui ne produit rien, ne vaut rien. Ce n'est pas le travail qui fait valeur ; c'est ce qui en sort.

 

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Travail …

Le chômage n'est pas une tragédie ; c'est un choix, une profession, un parasitisme. Quand on veut travailler, on trouve ou on crée son ouvrage.

Il n'y a plus que les gauchistes attardés qui ne voient pas cette évidence.

 

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Ultralibéralisme … Le mot est sans objet ou, plutôt, il n'est qu'une insulte, fruit de l'incompréhension et de la bêtise, chez les gauchistes. L'ultralibéralisme n'existe pas. Il y a le libéralisme qui est le combat pour l'autonomie, contre tous les totalitarismes et tous les étatismes, et il y a ses dérives dont les plus graves sont le mercantilisme (marchandiser et vendre n'importe quoi pour gagner de l'argent) et le financiarisme (spéculer sur des différentiels de valeur ou de stock, pour gagner de l'argent sans rien faire).

Le mercantilisme et le financiarisme ont toujours été de grandes spécialités des totalitarismes de droite (comme les Emirats ou l'Arabie Saoudite) et de gauche (comme l'URSS naguère et la Chine actuellement).

Quand on sait qu'il est impossible de "gagner" naturellement puisque l'on joue contre nature, la seule voie pour durer un peu, c'est de tricher et la tricherie n'est pas libérale !

 

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L'unicité fait l'Un et le Réel est Un, Comme l'océan est Un, malgré et au-delà la multiplicité phénoménale des vagues. Les vagues ne sont rien (et l'humanité est une vaguelette insignifiante). L'océan est tout et ce tout est Un. C'est cela le Réel.

 

 

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L'univers est Un.

L'hypothèse conjecturale et ridicule des "multivers" n'est qu'un urticaire de vieux athées délabrés qui ne peuvent pas comprendre que la précision et l'efficacité des lois et constantes physiques soient le fruit d'un processus d'essais et d'erreurs guidé par l'intention de la plus grande perfection et de l'accomplissement en plénitude.

C'est l'allergie athée à cette intention immanente cosmique qui a suscité, chez des athées obsolètes, cette idée saugrenue des multivers qui, même si on la prenant un peu au sérieux, serait définitivement indémontrable … mais elle les rassure.

 

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Universalisme …

L'idée bisounours qu'il n'y ait plus de domination, d'exploitation, de discrimination dans le monde humain, n'exclut en rien le fait mesurable et observable que l'humanité est constituée d'une majorité de crétins, d'imbéciles, de minables, de médiocres, d'incultes, d'ignares et d'idiots.

Le problème n'est pas d'éradiquer les inégalités – elles sont naturelles et absolument incontournables - ; le problème est qu'elles ne fassent plus problème et qu'elles soient acceptées partout.

 

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Au niveau des humains, rien n'est universel ; tout est soit spécifique, soit particulier. L'universalisme ne concerne que le tout du Réel.

 

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La déclaration "universelle" des droits de l'homme, publiée en 1948, n'est qu'un fantasme puéril pondu par une chrétienne déjantée et un juif traumatisé. Ces "droits" possèdent une double faiblesse : ils ne correspondent en rien aux grandes valeurs des grandes cultures humaines, hors le monde biblique, ils ne possèdent aucune réelle cohérence intrinsèque et utilisent des mots et des concepts qui évoluent vite, jusqu'à sortir du sens qu'ils auraient pu avoir en 1948.

Cette déclaration fut le dernier urticaire des bienpensants après la folie nazie et le dernier sursaut des idéaux, déjà obsolètes, des obscures et infantiles "Lumières".

J'aurais de loin préféré une "déclaration universelle des devoirs humains" !

 

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La notion d'utilité sera centrale dans le nouveau paradigme qui émerge sous nos yeux.

L'inutile (le ludique, par exemple, le dispendieux, le gabegique, …) sera banni. Mais la question centrale demeurera : quel est et sera le critère sérieux de l'utilité vraie autrement dit de ce qui sera compatible avec la réalité des pénurisation de toutes les ressources naturelles et matérielles ?

Autrement dit : qu'est-ce qui ne pourra pas être suspect de gaspillage.

Il est clair que ce critère essentiel et stratégique ne pourra pas être personnel : ne sera pas "utile" ce qui serait "utile pour moi", pour ma jouissance, pour mon plaisir, pour mon caprice !

La notion d'utilité doit donc être retournée vers la notion de nécessité. Qu'est-ce qui est réellement nécessaire et acceptable comme tel par le monde ?

Et il vient alors que pas grand' chose n'est réellement et objectivement nécessaire : moi, pour quoi faire ? mon village, pour quoi faire ? l'humanité, pour quoi faire ?

C'est alors que germe l'idée salvatrice : n'est nécessaire que ce qui contribue au Réel pour se perfectionner et s'accomplir. Les idées d'utilité et de nécessité deviennent alors transcendantales : l'humain n'est tolérable et acceptable dans ce monde pénurique que dans la stricte mesure où sa contribution à l'avenir du monde est rentable.

 

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L'utilitarisme anglo-saxon n'est ni une philosophie, ni, encore moins, une spiritualité ; c'est une manière de vivre sa vie et de raisonner la société en termes ni vraiment collectifs, ni vraiment individualistes : la politique du moindre mal, en somme.

 

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Quoique ce soit n'est utile qu'au service d'un dessein. C'est donc ce dessein qu'il faut jaugé. L'utilitarisme parle d'un grand dessein : le bonheur du plus grand nombre … Soit. Mais qu'est-ce, en réalité, que ce bonheur : le plaisir, la satiété, l'amusement, la satisfaction, etc … ? Et ce plus grand  nombre : où commence-t-il et où finit-il, spécialement en termes de médiocrité, de banalité, de salacité ?

 

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L'utopie : la pire de mes exécrations !

 

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Le 27/12/2021

 

L'uniformité n'est pas le vide, mais la vacuité.

Les vacances, en revanche, sont du vide que l'on remplit de rien.

 

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Rien n'a de valeur en soi, mais chacun peut en donner une à tout. Le prix et la valeur sont deux notions disjointes : le prix est affaire de marché (et non comme le prétendait ce fumiste de Marx, de la quantité de travail y incorporée puisque le travail n'est qu'une des ressources économiques - comme les matières premières ou les machines - pour lequel il existe aussi un marché dit de l'emploi), la valeur est affaire d'utilité ou d'usage.

Ce qui a une valeur (pour soi) mais n'a pas de prix (n'est donc pas cessible), relève de ce que l'on est et non plus de ce que l'on a.

Mon autonomie a une immense valeur, mais n'a pas de prix puisqu'elle n'est pas à vendre. Ce sera bien moins vrai pour un prolétaire qui vend son temps contre salaire.

Quoique ce soit ne devrait avoir de valeur d'échange que pour autant qu'il ait une valeur d'usage : c'est la racine de l'immense différence qu'il y a entre une économie spéculative (l'échange prime – c'est le financiarisme et le mercantilisme) et une économie entrepreneuriale (l'usage prime – c'est le libéralisme).

Mais il faut s'interroger : au-delà de la satisfaction d'un quelconque désir de jouir ou de posséder, quelle est la valeur d'utilité des choses ? Leur capacité à produire, à leur tour, de l'utilité, de l'usage, de l'utilisabilité : servir à quelque chose ou servir quelque chose.

Ainsi d'un humain qui n'a de valeur que s'il est au service de quelque chose qui le dépasse. Un humain qui ne sert rien, qui ne sert à rien, n'a aucune valeur parce qu'il n'a aucun sens, parce que son existence n'a aucun sens. Il n'est qu'un parasite.

Parallèlement, les "valeurs" morales n'ont aucune valeur intrinsèque, mais elles peuvent prendre une valeur d'utilité si elles produisent de la Paix territoriale, de la Santé vitale ou de la Vérité spirituelle(les trois axes épistémiques).

Rien n'a de valeur en-soi, mais certaines choses (ou idées, ou principes) ont une valeur pour-soi. Ce relativisme indispensable se retrouve tant chez Spinoza que chez Nietzsche.

 

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La "vérité" logique est purement conventionnelle. Le "vrai" et le "faux" qui fondent la logique formelle n'ont, en réalité, aucune valeur de vérité. Toute proposition réelle dans le monde réel n'est que possible ou probable ou plausible ; aucune n'es totalement et définitivement "vraie" ou "fausse".

Il faut parler d'illusion logique comme on parle d'illusion mathématique lorsqu'on veut réduire la réalité du Réel à un ensemble de paramètres quantifiables, comparables et mesurables.

La Vérité est toujours asymptotique : on peut toujours s'en rapprocher mais sans jamais l'atteindre.

 

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Ce qui est vain, est inutile. La vanité est la philosophie de la vanité.

La seule riposte à la vanité est de servir ; elle sera d'autant plus efficiente que l'on servira bien plus haut que soi.

 

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Une vérification est toujours partielle ; une falsification est toujours radicale (cfr. Karl Popper). Et une démonstration est toujours conventionnelle.

 

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Au mot "vérité" d'origine latine, je préfère le nom grec Aléthéia : ce qu'on n'oublie pas ! Cela signifie donc que tout ce qui n'est pas véridique, il faut l'oublier au plus vite.

 

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Je ne comprends pas pourquoi la philosophie continue de pérorer sur la notion de "vérité". La vérité n'existe pas puisque, par définition, elle est soit relative, soit hors d'atteinte. Elle est une notion asymptotique sur laquelle il est vain de discuter.

Et ces notions asymptotiques sont les "valeurs-refuges" des esprits faibles, incapables d'assumer la processualité incessante du monde réel ; ils veulent se raccrocher à de l'absolu qui n'existe pas, pour se rassurer ; ils aiment la Matière dure bien plus que la Vie grouillante.

Ce qui est faux, est et reste faux ; ce qui est considéré comme vrai, l'est peut-être.

 

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La science produit des modèles véridiques.

L'éthique produit des valeurs utiles.

Surtout ne pas confondre véridicité (envers le Réel) et utilité (envers les humains).

 

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Il y a le Réel et ce qui ne l'est pas.

Il y a ce que l'on croit vrai et ce qui ne l'est pas.

Ne jamais confondre le Réel qui est et vrai que l'on croit.

La réalité est toujours supérieure à quelque "vérité" que ce soit.

 

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D'accord avec Spinoza, la vertu n'est pas une qualité, mais une potentialité dont on use ou pas. Et la seule vertu qui soit, est la puissance, en chacun, de réaliser sa vocation et sa mission au service du perfectionnement et de l'accomplissement du Réel, en soi et autour de soi.

Tout le reste est bavardage de moralistes.

 

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Ce que l'on appelle, à tort, le "vide" quantique n'est que de l'activité prématérielle (mesurée en termes d'énergie) dont la matière (au sens physicien) n'est qu'une émergence plus ou moins stable par encapsulation d'activité repliée sur soi.

La matière est donc bien seconde, ce qui donne tort à tous les matérialistes.

 

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De Xavier Bichat :

 

"La Vie est l'ensemble de toutes les fonctions qui résistent à la mort."

 

Il vaudrait mieux dire : la Vie est l'ensemble de toutes les potentialités néguentropiques qui s'opposent à l'entropie.

Cette définition de la Vie, dépasse tous les vivants et prend tournure cosmique : les vivants meurent, mais la Vie est immortelle. Elle se perpétue par le biais et au travers des vivants qui n'en sont, au fond, que les porteurs ou les passerelles.

 

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Pendant la jeunesse, la puissance néguentropique a le dessus sur la puissance entropique ; dans la maturité, ces deux puissances s'équilibrent ; avec la vieillesse, c'est la puissance entropique qui, peu à peu, prend le dessus et finit par triompher.

Cette cyclicité, entre naissance et mort, est vraie pour chaque vivant ; mais aussi pour les paradigmes et les civilisations de l'histoire humaine, ainsi que pour la vie des galaxies et des étoiles.

 

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Vers 2050, 70% de la population humaine vivra en ville ; quelle chance pour les 30% restant !

 

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Les mondes virtuels, selon le vocabulaire en faveur, sont des simulacres, des univers de simulation, qui proposent aux esprits faibles de venir y habiter faute d'être capables d'assumer (et d'aimer) le Réel.

Il y a sans doute là une bifurcation, une cassure de l'humanité en deux parts : une part majoritaire (les minus habentes) qui s'enfermera dans des métavers (c'était déjà un peu le cas avec les addictions à la télévision, d'abord, aux médias sociaux, ensuite, et aux smartphones, enfin) … et une part minoritaire qui vivra la réalité de l'univers réel, débarrassé de tous les crétins parasites.

 

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Le matérialisme explique tout par la Matière.

Le vitalisme explique tout par la Vie.

Le spiritualisme explique tout par l'Esprit.

Le réalisme explique tout par la Réel, c'est-à-dire, tout à la fois, par la Matière, la Vie et l'Esprit qui en sont les processus seconds et émergents.

Dont acte. Dossier clos.

 

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La Vie n'est ni un objet, ni un état ; elle est un processus complexe auquel la biologie ne comprendra pas grand-chose tant qu'elle continuera de s'enfermer dans des méthodologies matérialistes, analycistes et réductionnistes. La Vie est une propriété émergente non réductible à de la physico-chimie (comme la Matière est une propriété émergente non réductible à l'activité quantique du "vide" prématériel).

 

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La volonté est le nom de la tension vers l'accomplissement.

Accomplissement d'un acte voulu, d'un désir ressenti. Accomplissement de soi et de l'autour de soi. Accomplissement d'une vocation ou d'une mission.

Le contraire de la volonté, c'est l'inertie qui est la tension vers l'immobilité, vers la conservation, vers l'accumulation passive.

Mais pour accomplir, il ne suffit pas de vouloir ; il faut encore les ressources, les patrimoines et les intelligences nécessaires. Sans cela, volonté n'est plus que velléité.

 

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Le vouloir-vivre de Schopenhauer (comme l'entéléchie, le conatus, la volonté de puissance ou l'élan vital) n'est que l'expression d'une des trois tensions constructives universelles : celle de l'accomplissement (les deux autres étant celle de l'émergence et celle de l'expansion). Ces trois tensions s'opposent, respectivement aux tensions de conservation, d'uniformisation et de concentration.

 

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Etymologiquement, "vulgaire" et "populaire" sont synonymes. C'est en dire assez.

Mais que dire alors de la proximité entre la vulgarité et la popularité … Faut-il être vulgaire pour être populaire ? Au vu des spectacles télévisuels ou des élections présidentielles, on aurait tort de le nier.

 

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Le Wu-Wei taoïste est une notion fondamentale. On la traduit souvent par le "non-agir" alors qu'il ne s'agit, en rien, d'inaction. Il s'agit, bien au contraire, d'agir en vue d'accomplir avec le Réel et non contre lui. En somme, de nager avec le courant cosmique afin d'aller où l'on veut vers l'aval, plutôt que de s'épuiser à nager à contre-courant et de mourir sur place.

 

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La xénophobie traduit le désir d'un conservatisme comportemental car l'étranger, au fond, c'est celui qui a d'autres habitudes que les nôtres.

Si l'on peut comprendre un certain souci d'authenticité culturelle et historique, on ne peut pas comprendre que cela devienne de la haine.

Mais la xénophobie de sont qui sont là, s'active de plus en plus selon l'impérialisme de ceux qui arrivent.

Je pense que c'est cet impérialisme qui provoque la xénophobie, et non l'inverse.

 

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Le mot "yoga", en sanskrit, signifie originellement le joug qui unit deux animaux ; il désigne, aujourd'hui, toutes les disciplines et ascèses spirituelles liées à la tradition hindoue.

On ne connaît, généralement, en occident que la hatha-yoga qui est une discipline corporelle faite, essentiellement, de postures. C'est dommage, les autres ascèses yogiques (décrites notamment par Sri Aurobindo, sont bien plus intéressantes).

 

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Le zèle qui est cette volonté de faire mieux que suffisamment bien et qui vise, sinon la perfection, du moins le perfectionnement, me semble une vertu qui s'étiole. C'est dommage !

 

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De Céline Spector (auteur génial de "No demos ?" – Ed. du Seuil – 2021) :

 

"Le mythe du peuple souverain absolu doit disparaître (…)."

 

Le souverain absolu du peuple, c'est "du pain et des jeux". Un tel peuple ne peut plus, s'il l'a jamais été, être souverain (la démocratie est un leurre dont la seule réalité est un démagogisme électoraliste et clientéliste). Qu'on lui donne son pain et ses jeux et qu'il laisse ceux qui savent, construire l'avenir pour lui et pour son bien.

 

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La Fédération européenne intégrée et souveraine, est indispensable au vu de la continentalisation en cours. Il faut vraiment abandonner l'idée obsolète d'Etat-Nation qui n'a plus aucun sens – s'il en a jamais eu depuis sa création au 19ème siècle.

 

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L'expression est correcte (Céline Spector) : nous vivons dans "un monde d'empires". C'est cela la continentalisation (Euroland, Angloland, Latinoland, Afroland, Islamiland, Russoland, Indoland et Sinoland). Les Etats-Nations n'ont plus aucun rôle à y jouer et en disparaîtront, par faillite ou par annexion.

 

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Le problème de l'Union Européenne, aujourd'hui, c'est qu'elle n'est ni confédérale (assemblage juridico-opportuniste d'Etats souverains), ni fédérale (intégration totale des membres en une unité souveraine).

Un choix doit être fait et il est simple : ou bien la mort dans la confédération, ou bien la puissance dans la fédération.

 

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Les douze grands mythes de notre époque :

 

  • La souveraineté des étatismes.
  • La mondialisation comme réponse à la globalisation des problèmes.
  • La réduction des inégalités.
  • L'efficience des démocraties.
  • La confusion entre libéralisme et financiarisme.
  • L'indifférentisme culturel (toutes les cultures se valent).
  • La confusion entre le la loi, le droit, la morale et l'éthique.
  • La croyance en la justice.
  • L'apologie du progrès.
  • Le salut par la technologie.
  • La croissance infinie en tout.
  • La véridicité de l'humanisme.

 

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Notre monde était un monde de "cloisons" ; il est devenu un monde de "flux".

Flux de matières, de produits, de capitaux, d'informations, de personnes, …

Le problème n'est plus de "sauver les murs".

Le problème est de "réguler les flux".

 

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D'où donc vient cette allergie primaire des "philosophes" (souvent gauchisants), à l'économie de marché, à la notion de concurrence, à la sélection naturelle, à l'inégalitarisme, au libéralisme (ou à ce qu'ils appellent obstinément tel : capitalisme, néolibéralisme, financiarisme, mercantilisme, etc …) ?

Bien sûr, cette allergie pathogène se déclare fondée … sur bien des concepts, des idéologies et des utopies : l'humanisme, la justice (sociale ?), la dignité humaine, l'égalitarisme, les droits-de-l'homme, le solidarisme, etc …

Mais toutes ces étiquettes sont aussi fallacieuses les unes que les autres. Le Réel n'en a que faire et seul le Réel importe. La finalité de l'humain, n'est pas l'humain. L'humain a une vocation et une mission qui le dépassent. Et l'humanité se compose de deux grandes catégories : les constructeurs et les parasites. Et il n'y a pas de place pour les parasites (économiques, écologiques, sociaux, politiques, etc …) !

 

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Le 28/12/2021

 

De Brice Couturier et Laetitia Strauch-Bonart :

 

"Les radicaux de tous bords attendaient un 'monde d’après' en rupture avec l’ancien ; il ressemble pourtant étrangement au 'monde d’avant'. Certaines tendances en cours se sont cependant amplifiées. Après la crise des subprimes, on discutait de l’avenir du capitalisme financier et de réformes globales. L’épidémie a plutôt amené dans son sillage une réévaluation des priorités personnelles : les grands systèmes ont laissé la place aux petits récits et même à un certain retour sur soi, forcément ambivalent. La fragilité de la civilisation apparaît clairement, à raison, tout en stimulant le catastrophisme écologique ; l’interrogation sur le sens et l’organisation du travail, salutaire, provoque un phénomène de distanciation et de décrochage ; l’introspection, enfin, peut aller de pair avec l’identitarisme tribal. Le tout sur fond de tensions géopolitiques croissantes entre les États-Unis et la Chine et l’affirmation inquiétante d’hommes forts à la tête de grands États. La pause provoquée par la pandémie sera-t-elle l’occasion d’un regain de sagesse ou un facteur supplémentaire du désenchantement du monde en cours ?"

 

Le "monde d'après" est bien en émergence, mais la pandémie en a accéléré certains aspects et freiné d'autres. Nous ne sommes pas du tout sorti de la zone chaotique ; loin de là. Peut-être vers 2030.

La chaotisation du monde est bien le fait que le dit-monde n'est plus "d'avant", mais pas encore "d'après". Elle permet l'amplification de toutes les toxicités (climats, pandémies, dictatures, wokisme, islamisme, dérégulations, numérico-manies, financiarisations, crétinisations, parasitismes, médiocraties, etc …).

 

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La souveraineté nationale ou la souveraineté populaire sont deux aberrations majeures.

Rien n'est souverain. Plus rien, dans un monde de flux, dans un monde fluide, ne peut plus prétendre à quelque souveraineté que ce soit.

Tout y interagit avec tout, et les frontières sont, au mieux, des filtres peu efficaces qui ne fonctionnent encore que parce que beaucoup ont été conditionnés à les respecter.

 

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Nous vivons une bataille idéologique colossale entre "libéralisme" (que l'on tente de discréditer en l'assimilant à l'industrialisme, au capitalisme, au monétarisme et au financiarisme) et "étatisme" (socialisme, populisme, nationalisme, souverainisme, etc …) ; autrement dit entre un "monde des flux" et un "monde des cloisons".

On essaie de faire croire que le "monde des flux" (d'essence libérale) serait un monde dérégulé, laissant la porte ouverte à tous les excès, à toutes les exploitations, bref à l'absence d'éthique.

C'est évidemment absolument faux : c'est le libéralisme qui a construit l'Europe, les Etats-Unis, le Canada, etc … et qui a promu l'utilitarisme. Ce qui a failli tuer l'Europe, c'est la montée des étatismes à la fin du 19ème siècle contre le libéralisme originaire.

Aujourd'hui, il s'agit de changer la nature intime des systèmes de régulation (sans déréguler quoique ce soit) et "seulement" de passer des régulations "mécaniques" des assemblages élémentaires de l'étatisme cloisonnant, aux régulations "organiques" des réseaux complexes du libéralisme fluide. Le défi est énorme, mais nous n'avons plus le choix : le monde humain réel a franchi irréversiblement un seuil de complexité tel que les "cloisonnements" ne fonctionnent tout simplement plus.

 

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Le mercantilisme, c'est "chacun pour soi".

Le souverainisme, c'est "chacun chez soi".

Le libéralisme, c'est "chacun en soi".

 

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Les trois périodes de la "modernité" sont les suivantes :

 

  1. le Créativisme (humanisme puis rationalisme) de 1500 à 1700,
  2. le Mécanicisme (criticisme puis positivisme) de 1700 à 1900
  3. et le Nihilisme (étatisme et totalitarisme) de 1900 à 2050.

 

Pour sortir du nihilisme contemporain, le réflexe est de se retourner vers "l'apogée" supposée que furent le criticisme du 18ème siècle (le mythe des "Lumières") et le positivisme du 19ème siècle (le mythe des "Techniques").

Mais le problème n'est pas là du tout. C'est une nouvelle forme de créativisme qu'il faut inaugurer et faire émerger non pas "comme", mais "au-delà" de la Modernité.

 

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Contre Rousseau (populisme) et Kant (étatisme), il faut définitivement préférer Montesquieu (libéralisme) !

 

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Le 29/12/2021

 

De Pierre-Antoine Delhommais à propos du rapport du Word Inequality Lab (UNDP) :

 

"Comme en matière de pouvoir d’achat, le « ressenti » en matière d’inégalités se révèle souvent très éloigné de la réalité économique décrite par les statistiques. Les Français sont, dans leur immense majorité, persuadés de vivre dans un pays où les inégalités n’ont jamais été aussi grandes, alors que tous les indicateurs montrent au contraire que celles-ci ont fortement diminué depuis cinquante ans, qu’elles sont considérablement moins élevées qu’il y a un siècle, sans même parler des niveaux extrêmes qu’elles atteignaient sous l’Ancien Régime. L’idée aussi très répandue et bruyamment entretenue par des ONG selon laquelle il n’y aurait jamais eu autant d’inégalités à l’échelle de la planète est contredite par les données factuelles.

Le rapport annuel publié par les économistes du World Inequality Lab, dont les travaux sont une référence internationale, rappelle que les inégalités entre pays riches et pays pauvres, qui n’avaient pas cessé de se creuser entre le début de la Révolution industrielle et 1980, se sont nettement réduites au cours des 40 dernières années grâce à la mondialisation et au décollage économique dans les pays émergents d’Asie. Résultat de ce rattrapage, le rapport entre le revenu moyen dans les 10 % de pays les plus riches et celui dans les 50 % de pays les plus pauvres, qui était monté jusqu’à 53 en 1980, est retombé à 38 en 2020, soit le niveau qui était constaté en 1890. Les auteurs du rapport notent toutefois qu’il reste « encore beaucoup de chemin à parcourir » avant que ce ratio ne revienne à son niveau de 1820 (18 fois), au moment où commença « La grande divergence » économique entre les pays occidentaux et le reste du monde.

Autre fait théoriquement de nature à réconforter les Français, l’Europe est la région du monde où les inégalités de revenu sont les mieux contenues. Les 10 % les plus riches y captent 36 % des revenus, contre 43 % en Asie de l’Est, 45 % en Amérique du Nord, 55 % en Amérique latine et 58 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Le Vieux Continent est aussi la région où les inégalités de patrimoine ont le plus baissé depuis un siècle. Alors que les 1 % d’Européens les plus riches possédaient 55 % du patrimoine total en 1910, cette part est de nos jours tombée à 22 %. En comparaison, les 1 % d’Américains les plus fortunés détenaient 43 % du patrimoine en 1910, ils en possèdent encore 37 % aujourd’hui."

 

Même ce pitre de Thomas Piketty a dû se rendre à l'évidence : tant entre Nord et Sud, qu'entre "riches" et "pauvres", dans les pays sains (donc hors Islamiland), les écarts s'amenuisent et les inégalités reculent fortement depuis 1980 (date qui correspond à l'entrée du monde dans la zone de chaotisation inter-paradigmatique et donc du début de l'effondrement du modèle financiaro-industrialiste qui fonde l'économie de masse et de prix bas).

Est-ce à dire que le mythe égalitaire soit en train de s'accomplir ? Certainement pas car cela induirait une tragédie ; l'égalité, c'est la victoire de l'entropie, de l'uniformité et de la mort.

Non, ce qui se passe c'est le rééquilibrage des gaussiennes qui ne doivent pas être ni trop pointues (très égalitaires) ni trop asymétriques (trop égalitaires), et qu'il faut laisser tendre vers la répartition "harmonieuse" (la gaussienne théorique).

Mais derrière ce rapport éclairant et véridique du WIL, transparaît une constante de notre époque : la désinformation victimiste à laquelle se livrent systématiquement les médias (surtout "sociaux") et les politicards (surtout "de gauche"), désinformation évidemment et immédiatement relayée par l'opinion publique, férue de misérabilismes pleurnichards.

 

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De mon complice Daniel B. (ingénieur-mathématicien, spécialiste en calcul des risques notamment en matières énergétiques) :

 

"Vaccinés et non vaccinés à l’hôpital : De quoi parle-t-on : de valeur absolue ou de valeur relative

Analyse sur la base du journal Libération du 3 décembre 2021

En valeur absolue, l’affirmation de l'infectiologue Karine Lacombe assure que "80% des personnes hospitalisées pour Covid-19 ne sont pas vaccinées" est fausse.

Cependant, en valeur relative (par million de personnes), c’est un rapport 7 entre les non-vaccinés et les vaccinés rapportés à 1 million de chaque catégorie de personnes.

  • Il convient de noter qu’il s’agit de 25 personnes par million soit 0,0025%.
  • Dit autrement pour un non vacciné il y a 0,0025 chances sur 100 d’être en soins critiques COVID.

Deux éléments de comparaison pour les vaccinés comme pour les non-vaccinés :

  • Il y a 0,075% de chance d’être impliqué dans un accident de la route en 2020 soit 30 fois plus.
  • Il y a 0,099% de chance d’être en soins pour la grippe (il y a eu 60 000 hospitalisations aux urgences à rapporter à 60 millions, en France en 2019-2020) soit 40 fois plus.

 

Il convient souvent comme d’en nombreux domaines (assurance, rando en montagne, navigation en mer etc..) de faire une analyse de risques (souvent intuitive d’ailleurs sur les paramètres en jeux) afin de juger de la stratégie d’action qu’il convient d’adopter.

La méthodologie médicale indique dans ses thérapies de soins qu’il convient d’évaluer pour le patient le rapport "bénéfice/risque".

Pour le vaccin COVID, il y a peu à ma connaissance d’évaluations scientifiques sur le sujet (publications Lancet, Nature, etc..).

Le recul sur la vaccination est peut-être insuffisant pour faire les études ?

Les effets secondaires sévères seraient de l’ordre de 0,020%. Si c’est le cas alors, c’est 8 fois plus élevé que le risque d’être hospitalisé pour covid (0,0025%)."

 

Toute cette histoire absurde de pandémie au coronavirus est truffée de biais statistiques.

Où finit l'ignorance mathématique et où commence la manipulation industrialo-politique ?

 

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Pour la pandémie endémique actuelle, il faut radicalement passer des stratégies préventives (éviter la maladie avec des moyens très discutables et instables, et provoquer des défenses immunitaires naturelles ou artificielles aux effets secondaires inquiétants) aux stratégies curatives (soigner les malades développant la maladie avec des médications efficaces, connues et reconnues, comme pour n'importe quelle grippe ou maladie virale).

Dans les cas sérieux de grande faiblesse, de grande vieillesse ou de comorbidité, il y aura des cas graves et des hospitalisations, voire des décès, Mais beaucoup moins que ceux dus aux accidents de la route, aux suicides, aux grippes classiques, aux accidents cardio-vasculaires, aux pneumonies, etc …

Il faut faire cesser la tragi-comédie actuelle : on isole et on soigne les véritablement malades et on fout la paix à tous les autres.

 

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La rationalité est l'art est le goût de bien raisonner c'est-à-dire d'articuler avec rigueur et cohérence un ensemble de propositions sensées.

Mais cet art du raisonnement prend différentes forment qui, finalement, peuvent se réduire à deux :

 

  • La logique part d'un axiome (indémontrable, par construction) et en déduit (déductivité), avec systématisme et soin, toutes les conséquences en appliquant des règles strictes, propres à cette logique-là (car il est loisible d'en inventer plusieurs ; les plus connues étant celles du dilemme d'Aristote et du quadrilemme de Nagarjuna). La logique est descendante.
  • La dialectique part de l'opposition flagrante entre deux (ou plusieurs) propositions et tente, par diverses méthodes et procédures, de créer une nouvelle proposition qui inclue, dépasse et intègre les propositions antagoniques originales ; la dialectique se construit sur des processus d'inductions (non déductives) certes moins rigoureux et systématiques que la logique, mais bien plus créatives en englobantes, plus anagogiques faudrait-il dire. La dialectique est montante.

 

Il est bien sûr évident que la logique et la dialectique se s'opposent pas mais, bien au contraire, se complètent parfaitement et s'épaulent mutuellement.

La construction est montante, la vérification est descendante (on ne peut pas monter un mur sans en mesurer la planéité et la solidité).

 

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Dans mon modèle qui, jusqu'ici n'a jamais été pris en défaut, l'esprit repose sur quatre fonctions majeures : la mémoire qui stocke pour tous, la sensibilité (sensitive analytique ou intuitive holistique) qui capte pour tous, l'intelligence (structurante ou créative) qui ordonnance pour tous et la volonté qui oriente et canalise pour tous.

Vient en sus un processus d'harmonisation et de dissipation optimale des tensions entre les quatre fonctions (forcément sinon antagoniques, souvent en contradiction) : ce processus (j'insiste sur l'idée qu'il s'agit d'un processus et non d'une faculté ou d'une fonction) s'appelle la conscience.

La conscience s'enclenche lorsque les contradictions sont actives. Elle n'enclenchent donc pas s'il n'y a aucune contradictions (sérénité absolue), si les contradictions ne sont pas actives (sommeil, rêves) ou si les contradictions deviennent trop fortes et non-dissipables (effondrements de la conscience, démences, etc …).

 

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Vieillir, c'est devenir de plus en plus orphelin … et, pour certains, devenir de plus en plus autonome.

 

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Ce qu'est le temps lui-même ? La mesure humaine de l'âge et de la durée des processus, soit mécaniquement, avec des horloges, soit intuitivement, avec la conscience (c'est-à-dire avec le rythme des tensions et de leurs dissolutions). Le temps n'existe pas (mais le futur n'existe pas non plus : ce qui existe  c'est le passé accumulé sous le présent actif). Avec la théorie de la relativité, la physique théorique a redécouvert que le temps absolu, "contenant" de tous les événements, est une idéalisation sans aucune réalité.

Le Réel est un processus, lui-même entrelac de processus, qui, chacun, évoluent à leur rythme en concordance ou en discordance avec les autres processus connexes.

Le temps n'existe pas ; il n'y a que de l'urgence (des tensions à dissiper) ou de la sérénité (des événements à regarder passer).

 

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Le temps, comme la masse ou l'énergie, l'entropie ou la charge, … tente vainement de procurer une mesure de ce qui n'est pas lui.

Le temps, c'est de l'accomplissement …

La masse, c'est de la substantialité …

L'énergie, c'est de l'activité …

l'entropie, c'est de l'homogénéité …

La charge, c'est de la complémentarité …

Tout ce que l'on prend pour des propriétés du Réel, ne sont que des manifestations d'une logicité qui est tout au-delà de ces propriétés phénoménologiques.

 

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Le 30/12/2021

 

De Georges Brassens :

 

"Sans technique, un don n'est qu'une sale manie."

 

Des dons, il y en a sans doute beaucoup, mais bien peu sont cultivés, par bêtise parfois, par paresse souvent.

Il faut apprendre aux enfants non à s'amuser, mais à se construire.

La virtuosité se reçoit très rarement ; elle ne vient que par long travail.

 

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Il n'existe que le Réel.

Dans l'Univers, le Réel se fait topologiquement Matière ou Vide.

Dans la Nature, le Réel se fait dynamiquement Vie ou Mort.

Dans le Cosmos, le Réel se fait eidétiquement Esprit ou Unité.

Et dans l'âme des humains, le Réel se nomme Dieu ou Divin.

 

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De mon ami Hubert Reeves :

 

"L'idée d'une histoire de l'univers est étrangère à l'homme de science des siècles derniers. Pour lui, immuables, les lois de la nature régissent le comportement de la matière dans un présent éternel. (…) La matière n'a pas d'histoire."

 

Il est vrai que la vision mécaniciste du Réel (le Réel ne serait qu'un assemblage de briques élémentaires éternelles, interagissant au moyen des forces élémentaires éternelles, selon des lois élémentaires éternelles) a toujours la peau dure, malgré ses échecs de plus en plus flagrants, dès qu'on aborde le monde de la complexité.

La vision relativiste l'a relativisée.

La vision quantique l'a probabilisée.

Mais ni le big-bang, ni les fonctions d'onde n'ont vraiment renoncé à l'éternalité des "lois" et des "constantes" universelles.

Une nouvelle vision s'impose : le Réel est un processus qui s'invente par émergences successives : il n'existe ni briques, ni forces, ni lois qui seraient élémentaires et éternelles.

Le Réel se crée de l'espace, du temps et de la forme, de la substantialité, de la vitalité et de la régularité, au fur et à mesure de son évolution mue par sa seule intention de perfectionnement.

L'idée d'une histoire du Réel implique celle d'une mémoire du Réel qui n'est autre que sa substance accumulée, fécondée par la vitalité, d'où émergera la matière

 

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L'Afrique n'attend qu'une chose : le fric (à condition qu'il soit gratuit).

Les Afriques (vaudrait-il mieux dire, musulmane et noire) sont les parasites du monde industrieux.

Elles n'ont jamais rien engendré de durable et de profond.

 

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De Bernard-Henri Lévy :

 

"Question : quand, au juste, les choses se sont-elles gâtées ? Réponse : avec les réseaux sociaux, quand on est passé de la prémisse : toute opinion a un droit égal à s'exprimer, à la conséquence : aucune opinion, même la plus hâtive, la plus bête, la plus criminelle n'a moins de droit qu'une autre à se déclarer légitime et vraie."

 

Les médias sociaux sont une calamité et une catastrophe ; cela fait des années que j'ai été un des premiers à le dire. Mais se pose la question terrible de la légitimité de la parole. Il est clair que la majorité, celle des ignares, incultes et acéphales, devrait se taire sur tous les sujets sur lesquels elle ne connaît, ni ne comprend strictement rien. L'opinion publique est une non-opinion, Il faut faire taire les crétins. Mais qui ne l'est pas ? Quel critère distinguera celui qui peut parler en connaissance de cause et qui doit se taire pour incompétence ?

Statistiquement, entre 15 et 20% de la population devraient avoir voix au chapitre, quel que soit la question. Cela est indiscutable. Mais qui décidera qui sont ces 15 à 20% et exclura les autres ? Sur quel critère ?

En matière d'informations et d'opinions, malheureusement, le darwinisme ne joue plus puisque c'est la majorité, donc les crétins, qui plébiscitent l'opinion, donc celle des crétins.

La croyance du plus grand nombre n'a jamais été un gage de véridicité (les religions en attestent depuis longtemps).

Le problème est insoluble sauf en ceci : que les élites boycottent les médias sociaux (et les médias populaires) et constituent des réseaux noétiques électifs et sélectifs, sans plus se préoccuper des opinions et croyances des masses.

Cela s'appelle de l'aristocratisme intellectuel et spirituel.

 

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"Aime ton prochain comme toi-même" … peut-être. Quant au lointain, qu'il y reste.

 

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Ce sont les cultures qui forgent les religions, et non l'inverse : les cultures germanique, levantine, grecque ou slave ne pouvaient pas être compatibles avec le catholicisme latin ; d'où le protestantisme, le monophysisme et les deux orthodoxies.

Et la culture, c'est d'abord la linguistique.

Le français "il y a" et l'allemand "es gibt" ne disent absolument pas la même chose !

Que dire, alors de l'hébreu et des traductions "indo-européennes" de la Bible hébraïque ?

 

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De Nassim Nicholas Tayeb :

 

"(…) les Arabes ne sont pas passés du paganisme à l'islam directement mais via la chrétienté."

 

Enfin, voilà qui est dit : la racine de l'islam, c'est la chrétienté. Mu'hammad a été formé, religieusement et idéologiquement, dans les communautés chrétiennes d'Arabie autour de La Mecque. L'islamisme est une resucée du christianisme comme le christianisme est une resucée, non pas du judaïsme auquel il n'a jamais rien compris, mais bien du platonisme.

En ce sens, le christianisme et l'islamisme sont bien deux monothéismes (dualistes comme le platonisme), alors que le judaïsme ne l'est pas.

Il ne faut plus jamais parler des trois "religions du Livre" ou des trois "religions abrahamiques". Ce sont de purs mythes mensongers inventés par le christianisme (suivi par l'islamisme) pour se donner une légitimité quant à l'appropriation éhontée de la Bible hébraïque qui ne le(s) concerne en rien !

 

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L'évolutionnisme (précurseur de notre processualisme) est la plus grande révolution intellectuelle et cosmosophique de ces trois derniers millénaires.

Et Hubert Reeves de commenter :

 

"Au fil du temps se déroule la gestation cosmique. A chaque seconde, l'univers prépare quelque chose. Il monte lentement les marches de la complexité."

 

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Le 31/12/2021

 

Je voudrais mourir au soleil.

 

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Le Réel – qui se manifeste par notre univers - est un immense océan de vide où règne l'entropie et un peu de lumière, parsemé de rares îlots galactiques (organisés en archipels) où s'active la néguentropie pour engendrer de la Matière qui compacte, de la Vie qui transforme et, parfois, de l'Esprit qui pense.

Ce Réel est un patatoïde en expansion dont la surface active (à trois dimensions) est fermée et finie, et s'appelle le "présent", et dont le "rayon" (la quatrième dimension) est la durée accumulée et s'appelle le "passé" ou la "mémoire cosmique" ou la "substance première".

 

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A la fin du 19ème siècle …

… de Marcellin Berthelot :

 

"L'univers est maintenant sans mystère."

 

… et de Lord Kelvin :

 

"A quelques détails de calcul près, la science est achevée."

 

En ce début de 21ème siècle, … de votre serviteur :

 

"Toute la cosmologie doit être repensée !"

 

Le 19ème siècle positiviste, héritier des "Lumières", fut, sans doute, le parangon de l'orgueil européen sur tous les plans ; il a accouché du nihilisme du 20ème siècle et des plus atroces tragédies de l'histoire (Verdun, Auschwitz, Kolyma, Hiroshima, Bhopal … et tant d'autres).

 

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Toute technologie tend asymptotiquement vers une limite finie et définie.

Cette asymptote est affaire de cosmologie. Elle est radicalement indépassable (comme la vitesse de la lumière, ou le volume de la Terre, ou le rendement de Carnot, etc …). Il est temps que les technolâtres qui croient, dur comme fer, que la technologie résoudra tous les problèmes humains et qu'il n'existe aucune limite, déchantent.

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Il me paraît totalement surréaliste que la plupart des scientifiques soient incapables d'imaginer un stade prématériel de l'univers. Ils cherchent l'âge de l'univers ? Ils mesurent l'âge de la matière (donc des premières manifestations matérielles qui ne sont que de l'encapsulation d'activité prématérielle). Cette vision matérialiste du Réel est hallucinante de réductionnisme : l'univers ne se réduit pas à de la matière ; loin s'en faut !

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Nouveau : depuis ce 07/01/2022 : Le Tome 27 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement).