Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - Mai 2021

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

 

Le 01/05/2021

 

La  vraie liberté …

Choisir librement d'accomplir son destin parfaitement.

 

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Trop de sécurité tue l'efficacité.

 

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La Fraternité n'est pas un but ; elle est un moyen au service d'un projet ou d'une intention profonde et collective.

Sinon, la Fraternité devient, au mieux, amitié, au pis, camaraderie voire copinage.

Pour être Frères, il faut Père et Mère communs. Il faut définir ce Père qui en est le Principe fécondant (le projet), et cette Mère qui en est le Principe matriciel (le patrimoine).

 

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Le 02/05/2021

 

Je reprends, ci-dessous, un texte que j'avais écrit en 2008 et qui me paraît plus que jamais pertinent car, le nouveau paradigme en gestation n'est qu'un germe humain qui entre dans l'immense processus cosmique. Ce texte fut inspiré par la Bhagavad Gîta …

 

Un champ de bataille. Arjuna est dans son char de guerre. Il voit, face à lui, ceux de son clan qu'il est censé combattre : frères, amis, parents …

Aux rênes de son char, Krishna, avatar de Vishnou.

 

L'image est forte : l'homme croit qu'il est sur un champ de bataille. Il se tient sur un char de guerre. L'humain décide ce qu'il croit devoir faire, mais le char est entre les mains du divin. L'humain enclenche, le divin développe. Curieux renversement. Ce n'est plus le divin qui impose à l'humain, c'est l'humain qui déclenche le divin. La décision est humaine, mais le développement de l'action lui échappe et suit les linéaments d'un processus qui le dépasse. Et l'humain, qui est conscient de son impuissance à maîtriser les suites de ses décisions, est en plein désarroi. Que faire ? "Ce que je décide m'échappe". Et ne pas décider est aussi et encore une décision dont les conséquences échappent. Ceci repose le problème de la liberté mais à l'envers : le problème n'est plus de conquérir une liberté soi-disant refusée, mais le problème est : étant donné la liberté, comment assumer toute cette infinité de conséquences que l'on ignore et que l'on ne maîtrise pas ? C'est le divin qui conduit ce char et qui attend l'ordre humain de se mettre en branle. La responsabilité humaine est totale et immense. Le divin n'est finalement que la logique processuelle qui fera que l'action enclenchée sera menée à son terme avec d'infinies et éternelles conséquences. La liberté est terrible. La liberté est magnifique. En somme, le divin suit l'humain : l'homme décide, dieu décline. Terrible renversement.

 

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Il faut que chacun apprenne, à longueur de vie, à faire le deuil des choses, des êtres, des communautés, des amitiés, des croyances, des rêves, des idéaux, des fortunes, etc ….

Puisque tout, même l'essentiel d'un moment, est mortel, il faut apprendre, constamment, à en faire son deuil.

Comme nous l'apprend Elisabeth Kübler-Ross, il faut donc apprendre à refuser le déni de réalité, à ne pas chercher de coupables, à ne pas vouloir rafistoler un peu, à ne pas sombrer dans le désespoir et à sublimer le deuil pour que la vie triomphe à nouveau.

Mais, afin de ne plus jamais devoir faire son deuil de quoi que ce soit, peut-être faut-il surtout apprendre à s'engager sans jamais s'attacher.

Quoiqu'il advienne, ce qui a été vécu, est et demeurera tel, avec ses joies et ses peines.

Ce qui n'est plus, n'est plus que mémoire neutre : cela fut, ni plus, ni moins. Tout regret est inutile, voire stérile puisqu'il enferme dans le passé et fait passer à côté du présent et, surtout, des avenirs possibles.

 

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Toute tristesse est absurde car c'est ou bien sur soi, ou bien sur le passé, que l'on s'apitoie. Dans les deux cas, la tristesse ne construit rien.

 

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L'égalitarisme est un totalitarisme.

Le libéralisme est l'antithèse de tout totalitarisme.

Le libéralisme est donc d'un différencialisme, également ennemi de tout inégalitarisme.

Tout est dit.

 

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Je suis viscéralement révulsé par le "wokisme" (que j'ai appelé, dans un français me semble-t-il plus approprié, le "rétro-activisme") qui est cette idéologie de la négation principielle et absolue des différences (de genres, de races, de cultures, de religions, de sexualités, de statuts, etc …).

Mais le "wokisme" est insidieusement bien plus que cela puisqu'il pose que le différencialisme est forcément un inégalitarisme (avec le victimisme que cela induit) et qu'il implique nécessairement un identitarisme fermé et sectaire (les "victimes" devant se défendre contre l'intrusion des "dominants").

Le culte de la "minorité victimisée" qui doit se battre pour exister … alors que, tant que cette minorité n'emmerde pas le monde, tout le monde s'en fiche.

Et c'est là que la bât blesse, le "wokisme" ne peut pas accepter l'indifférentisme à l'égard de ces minorités qui, donc, ont le devoir "d'emmerder le monde", de revendiquer, de casser, de violenter, … alors que personne ne leur demande quoique ce soit.

Le dilemme est simple : "si vous ne me regardez pas, c'est par mépris et si vous me regardez, c'est pas haine".

On peut aller loin avec ce genre de sophisme débile. Et ils vont loin : jusqu'à nier les faits scientifiques, historiques, sociologiques ou criminologiques.

Une "victime", parce que "victime", a tous les droits, même et surtout celui d'affirmer péremptoirement toutes les âneries et toutes les affabulations possibles, et d'en exiger audience.

 

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Vivre est une construction permanente qui demande engagement, implication, lutte, courage et persévérance.

Il y a dès lors deux manières de vivre.

Celle du "à quoi bon" qui subit la vie et continue de vivre parce que "il le faut bien".

Celle du "c'est génial" qui voit dans l'obstacle permanent un défi pour grandir et s'accomplir.

La vie n'est pas un château. La vie est un chantier.

Il y a ceux qui rêvent d'une vie de château.

Il y a ceux qui jouissent d'une vie de chantier.

 

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Le 03/05/2021 (j'entre dans ma 69ème année)

 

De mon ami Matthieu Ricard :

 

Souviens-toi qu’il existe deux types de fous :

ceux qui ne savent pas qu’ils vont mourir,

ceux qui oublient qu’ils sont en vie.

 

Ou encore :

 

"Rappelle-toi que tu n'es pas seul au monde.

Tu dépends de mille créatures qui font le tissu de ta vie."

 

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De Sonia Mabrouk :

 

"À coups de slogans empruntés aux néoidentitaires américains, ils flattent les ego victimaires et tentent d'ancrer dans les têtes françaises un vocabulaire vindicatif se résumant au triptyque “dénoncer, déboulonner et punir”, enrage Sonia Mabrouk. Ce bourrage de crâne idéologique a pour but de fabriquer des tensions identitaires, en particulier – mais pas uniquement – auprès des populations issues de la diversité afin de faire du “Blanc” le privilégié, le dominant, et donc l'oppresseur qui se doit de s'excuser de son statut. (…) Si nous laissons s'installer cette vindicte idéologique et proliférer une telle contrition globalisante, alors nous laisserons prospérer le phénomène de déstructuration civilisationnelle. (…) Ces groupes, organisés et déterminés, peuvent se répartir en six catégories : les pseudonouveaux antiracistes, les anti-sécuritaires pavloviens, les néoféministes primaires, les écologistes radicaux, les fous du genrisme et les islamocompatibles, et – étonnamment – les Gafam. (…) Il faut être armé aujourd'hui pour résister au catéchisme ambiant des néoféministes, qui somment les femmes de qualifier de “harceleur” tout homme qui leur porterait un regard un peu trop insistant. Gare à celles qui résistent à cette injonction victimaire. Elles risquent l'excommunication de la cause féminine! (…) Sans résistance, nous nous dirigeons droit vers une civilisation du vide, une civilisation du “sans”. Sans attaches, sans racines, sans culture et, au bout du chemin, sans civilisation. Il n'y aura plus aucune allégeance à un ordre supérieur naturel. Notre seul référent sera nous-même. Notre seul étalon sera notre corps. Nous aurons acté de la fin de toute légitimité surnaturelle. Dans cette configuration, l'Homme se retrouvera nu, délesté de tout héritage culturel. Le tout au nom d'une liberté absolue fantasmée."

 

Dans ce texte courageux de la franco-tunisienne Sonia Mabrouk, apparaissent clairement deux des trois chemins qu'ouvrent la chaotisation du monde, induite par l'actuelle mutation paradigmatique,

Il y a la courbe noire de la déconstruction ("wokisme", rétro-activisme, terrorisme, communautarisme, genrisme, racialisme, …)

Il y a la courbe rouge de la conservation (républicanisme, universalisme, démocratisme, laïcisme, …).

Et il y a la courbe verte de la construction (libéralisme, continentalisme, noéticisme, globalisme, intimisme, autonomisme, …).

Sonia Mabrouk défend clairement la courbe rouge et elle combat, becs et ongles, la courbe noire (et elle a, en ce sens, raison puisque cette courbe noire est une infection nauséabonde) ; mais elle semble ignorer que cette courbe rouge qu'elle défend et aspire à redresser, est irréversiblement en voie d'effondrement parce qu'elle est, par construction, incapable d'assumer le saut de complexité que nous sommes en train de vivre et qui lui est fatalement … fatal.

 

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De Jérôme Cordelier :

 

"Les Gafam sont en train d'imposer une véritable idéologie du zéro contact, sous couvert d'un monde hyperconnecté, dans le but de renforcer leur modèle économique, mais aussi leur vision du monde, sélectionnant ce que l'on peut dire ou… ne pas dire."

 

Le monde des relations humaines est en train d'éclater en deux. Il y aura le monde des relations noétiques (immatérielles, dématérialisées, professionnelles, utilitaires, alimentaires, indépendantes des géographies, etc …) et il y aura le monde des relations proximales (intimités, territorialités, sélectivités, électivités, communautés – de vie -, spiritualités – vécues -, etc …)

Vivre (ensemble) et communiquer (avec d'autres) deviennent deux modalités clairement différenciées.

 

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De Vaclav Havel :

 

"Il est manifeste qu'un seul homme en apparence désarmé mais qui ose crier tout haut une parole véridique, qui soutient cette parole de toute sa personne et de toute sa vie, et qui est prêt à le payer très cher, détient, aussi étonnant que cela puisse paraître et bien qu'il soit formellement sans droits, un plus grand pouvoir que celui dont disposent dans d'autres conditions des milliers d'électeurs anonymes"

 

La puissance de conviction et la force de vérité n'ont guère besoin de démocratie.

 

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D'Antoine de Saint-Exupéry :

 

"La pierre n'a point d'espoir d'être autre chose que pierre.

Mais, de collaborer, elle s'assemble et devient temple."

 

Mais pour que les pierres disséminées deviennent Temple, il faut un Grand Architecte et un Maître du chantier …

 

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L'Ethique de Spinoza se construit en cinq parties :

 

  1. Théorie de Dieu :
    1. Dieu est le Réel, il est pure immanence et tout ce qui existe émane de lui.
  2. Théorie de l'esprit :
    1. l'esprit humain est une manifestation locale de l'Esprit cosmique,
    2. le corps et l'esprit sont les deux faces complémentaires d'un seul et même être,
    3. l'esprit est conscience de soi et des affects perçus,
    4. il s'exprime par des idées qui forment la connaissance,
    5. il y a trois catégories de connaissance :
      1. sensitive
      2. rationnelle
  • intuitive
  1. Théorie des affects :
    1. il n'existe rien de surnaturel ; tout est dynamique naturelle d'accomplissement général et particulier
    2. les affects naissent de la confrontation du Conatus et du monde,
    3. l'accomplissement du Conatus induit la Joie.
  2. Théorie de l'impuissance humaine :
    1. la servitude (volontaire) naît de volitions contraires à la Nature,
    2. la morale exprime la contradiction entre les volitions et mesure la qualité de l'intention,
    3. le bien se confond avec l'accomplissement en plénitude du Conatus,
    4. le chemin vers l'accomplissement passe par la connaissance, par l'interdépendance et par la notion d'utilité,
    5. l'accomplissement est gigogne, autant personnel que collectif,
    6. l'accomplissement est élitaire et aristocratique.
  3. Théorie de la liberté humaine :
    1. la liberté passe par la connaissance et la rationalité,
    2. la logicité de l'accomplissement de soi n'est qu'une expression particulière de la logicité de l'accomplissement cosmique,
    3. la connaissance de cette logicité cosmique s'appelle "amour de Dieu",
    4. cette connaissance passe par l'intuitivité,
    5. vivre, c'est s'inscrire pleinement et totalement dans le Réel.

 

Et cette citation capitale :

 

"Quand nous nous efforçons à une chose, quand nous la voulons, ou aspirons à elle, ou la désirons, ce n'est jamais parce que nous jugeons qu'elle est bonne, mais au contraire, si nous jugeons qu'une chose est bonne, c'est parce que nous nous y efforçons, la voulons, aspirons à elle et la désirons".

 

Prolongée par celle-ci qui clôt "L'Ethique" :

 

"La béatitude n’est pas la récompense de la vertu mais la vertu elle-même ; et ce n'est pas parce que nous réprimons les désirs capricieux que nous jouissons d'elle, c'est au contraire parce que nous jouissons d'elle que nous pouvons réprimer les désirs capricieux."

 

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Baroukh Spinoza a eu, à Amsterdam, deux influences marquantes : celle du sceptique Uriel da Costa et celle du kabbaliste Abraham Cohen de Herrera.

 

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Entre l'homme et la femme, il ne peut jamais être question ni d'égalité, ni d'inégalité, mais bien de différence et de complémentarité.

Si la Vie a inventé la différenciation sexuelle, c'est précisément parce que cette complémentarité est le terreau de richesses et de complexités extraordinaires.

 

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Les femmes n'ont rien à faire en Franc-maçonnerie pour deux raisons majeures.

Le première est que les relations de séduction (surtout du fait de la faiblesse masculine) sont incompatibles avec les relations de fraternité.

La seconde est que la spiritualité maçonnique est typiquement masculine (érection du Temple, métiers manuels de la pierre et de la force, épreuves initiatiques dont il faut triompher, etc …).

 

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Puisque l'occident a clairement saccagé et dénigré la féminité, il me paraît essentiel que les femmes fassent émerger, en occident, une spiritualité typiquement et essentiellement féminine qui favorise l'intériorité et la temporalité (en lieu et place de l'extériorité et de la spatialité). Une spiritualité de la féminité qui célèbre la vie et sa transmission !

Mais les femmes qui possèdent déjà le "secret de la vie" dans leur ventre, ont-elles besoin d'une autre initiation à la vie ?

 

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Les religions ont toujours été patriarcales et masculines parce que les femmes n'ont pas besoin de religion ; elles SONT la religion qui relie les humains, les générations et les cœurs.

 

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Le 04/05/2021

 

Le "phénomène humain" est entré dans un processus de continentalisation de l’espace topologique disponible sur Terre. Huit continents se dessinent, dont trois sont moteurs : Euroland, Angloland et Sinoland, dont deux sont prédateurs : Russoland et Islamiland et dont trois sont suiveurs : Indoland, Latinoland et Afroland.

 

Cette continentalisation reflète parfaitement la montée de tensions topologiques de plus en plus intenses (surtout à cause de la pénurisation de toutes les ressources stratégiques).

Il faut remarquer deux protocoles distincts de dissipation de ce trop-plein de tensions topologiques :

 

  • Chaque continent doit se définir, par rapport aux autres, une politique d’isolationnisme et de protectionnisme (encapsulement, constriction) et/ou de conquête économique ou militaire (déploiement, expansion). Clairement, le Sinoland a choisi l’expansion commerciale, le Russoland et l’Islamiland (via le « Turcoland » essentiellement) ont choisi l’expansion militaire, alors que l’Angloland, surtout, et l’Euroland, dans une moindre mesure, ont choisi une relative constriction, une forme d’encapsulement.
  • Dans chaque continent, les anciens États-nations (qui sont les séquelles des protocoles de constriction et d’encapsulement engendrés par la modernité dès la Renaissance, à partir des réseaux de processus urbains et ruraux médiévaux) hésitent entre leur « souveraineté » (la perpétuation de leur encapsulement) et leur intégration continentale (leur expansion collective et commune).

 

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La démocratie au suffrage universel est en panne.

La démocratie, invention de la modernité, meurt avec elle.

Le plus grand de tous les partis politiques est celui de l'abstention.

Ceux qui sont élus, le sont par une frange de plus en plus minoritaire de la population. Ils ne représentent quasi plus personne.

Le seul problème à résoudre est donc : comment bloquer toutes les "tentations totalitaires" et remettre les indispensables "pouvoirs" au service exclusif des autonomies, de l'éthique et du bien commun (au sens libéral de l'expression).

 

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De Fatiha Agag-Boudjahlat :

 

"Quand on a été pauvre, on plaît aux gens de gauche. À condition de rester à la place que leur grande générosité de cœur nous assigne."

 

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Pour une "méta-démocratie" …

Il n'y aura plus d'élections. Les pouvoirs sont organisés selon un modèle fixe mis au point par des spécialistes de la régulation des systèmes complexes, et mis en place sur base d'une présélection professionnelle parmi des candidats volontaires admis pour leurs compétences techniques et leur probité éthique, puis par tirage au sort. Ils sont régulièrement remplacés par un triple système de cooptation, de présélection et de tirage au sort.

Parallèlement, un groupe informel de lanceurs d'alerte peut exiger (selon certaines modalités) un referendum ne permettant qu'un "oui" ou un "non" à une seule question : celle de considérer telle ou telle décision ou réglementation, promulguées par les pouvoirs, comme inacceptable. Pour bloquer ladite décision ou règlementation, il faut une nette majorité de "non" et moins de 40% d'abstention (il faut dissuader le blocage systématique).

On remplace ainsi le droit d'élection, par le droit de refus !

 

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Pour engendrer tous les nombres possibles, il suffit d'un seul nombre  : le UN, et d'un seul opérateur : le PLUS.

A la source, il faut donc un UN et un PLUS …

Ce UN est appelé le Divin et ce PLUS est appelé l'Intention d'ajouter du divin au Divin, d'accomplir le Divin dans sa plénitude.

 

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Il ne peut y avoir de réponse que si la question est posée.

 

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Une religion, c'est un catalogue de réponses qui interdit le questionnement.

Une mystique, c'est une méthode de questionnement qui ne possède aucune réponse

 

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Poser une question.

Choisir une méthode.

Chercher une réponse.

Valider cette réponse.

Si ladite réponse n'est pas validée alors soit l'outil de validation est mauvais, soit la réponse est erronée, soit la méthode est inadéquate, soit la question est mal posée, soit la question n'a pas de sens.

 

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Plus je vieillis, plus c'est évident …

Mes "éléments" de prédilection sont la Terre et le Feu (l'humus et le soleil).

Mes "éléments" d'aversion sont l'Eau et l'Air (la pluie et le vent).

De plus, je me sens bien plus proche du végétal que de l'animal.

 

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Le 05/05/2021

 

Aujourd'hui se commémore en France le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte … et il est hallucinant de lire que 60% des Français interrogés considèrent ce nabot corse comme "le plus grand héros français" … alors qu'il fut un dictateur de la pire espèce et un va-t-en-guerre mégalomane, qu'il a mis l'Europe entière à feu et à sang, qu'il a quatre millions de morts sur la conscience, qu'il a ruiné la France économiquement, qu'il fut un monstre d'orgueil et de vanité, obsédé par l'idée d'un nouvel empire romain, …

Comment peut-on commémorer un pareil scélérat ?

Il est vrai qu'il était "de gauche", issu de cette tartufferie grandguignolesque appelée "révolution française" (la seule révolution réelle, en France, eut lieu en 1871, après cette autre tartufferie macabre que fut la Commune de Paris).

 

C'est d'ailleurs une constante : les Français aiment leurs mégalomanes patentés. Louis XIV, Robespierre, Napoléon, De Gaulle, Mitterrand … (les quatre derniers étant d'ailleurs tous populaires parce que populistes).

Plus un mégalomane saigne le pays à blanc, plus il est honoré. Curieux, non ?

 

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L'homme fait intégralement partie intégrante (pardon du semi pléonasme) du Réel, mais il ne le sait pas ; alors il en a peur, de ce Réel, il le diabolise et le voit comme un "Autre" face à lui, un "Autre qu'il accuse d'être la source de toutes ses souffrances, réelles ou imaginaires, et de tous les obstacles à ses caprices.

A partir de ce constat, Albert Einstein en déduit trois types de religion.

Au niveau premier, la religion magique qui vise à se concilier les grâces de ce "Réel" fantasmé au travers de sacrifices, de dévotions, d'offrandes, etc …

Au niveau second, la religion du Salut qui invente un Dieu extérieur qui sauvera l'humanité dans un autre monde qui peut être parallèle (religion) ou à venir (idéologie).

Au niveau troisième, la religion cosmique qui comprend et assume pleinement le fait que l'humain, comme tout ce qui existe, n'est qu'une vague éphémère et locale à la surface de l'océan du Réel.

 

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Un excellent article de mon amie Astrid du Lau d'Allemans paru dans la "Revue des deux mondes" :

 

"Le monde semble être entré dans une période de transition chaotique. Entre les bouleversements liés aux transformations technologiques, la mondialisation débridée, dont l’une des conséquences est le repli des peuples sur eux-mêmes, la propagation du Covid-19, tout concourt à créer un climat d’incertitude. La peur devient omniprésente et semble gouverner les individus comme les peuples, avec son corollaire, la recherche de sécurité et d’ordre pour pallier cette sensation de ne plus maîtriser le cours de leur destin. La crise des démocraties, la montée de l’autoritarisme et du populisme mettent en exergue la défiance des peuples envers leur mode de gouvernement traditionnel. Ces derniers ne semblent plus être en mesure de répondre à leurs besoins ni de les entendre.

Ce désamour s’exprime également envers les institutions tant européennes qu’internationales (Organisation mondiale de la santé, Organisation mondiale du

commerce, Fonds monétaire international, Banque mondiale). C’est tout un système, celui qui avait été créé après la Seconde Guerre mondiale, qui semble être remis en question.

 

Qu’est-ce qui est à l’œuvre ? Comment comprendre ces situations à l’aune de la psychanalyse en analysant les peuples comme une personne prise dans son ensemble, en prenant en compte, comme pour un individu, son moi et son surmoi ?

Les équilibres des individus dépendent des rapports harmonieux entre ces instances psychiques définis par Sigmund Freud dans sa deuxième topique. Le surmoi correspond à l’aspect nourricier de l’éducation mais aussi aux limites, aux contraintes que nous en avons reçues. Si le surmoi est trop pesant, il écrase le moi, c’est-à-dire l’identité. Dès lors, la dévalorisation s’installe, la comparaison

incessante avec les autres devient la règle. Participer en confiance à un collectif devient difficile. L’individu se sent en insécurité. À l’inverse, un surmoi trop faible laisse l’aspect pulsionnel de la personnalité reprendre le dessus, l’individu vit dans l’assouvissement de ses désirs.

 

Il en va de même pour les peuples. L’État, les structures étatiques peuvent correspondre au surmoi des peuples puisqu’elles assument la protection des populations et qu’elles imposent des limites. Si le surmoi d’un pays est trop faible, la vie en société devient difficile parce que l’aspect pulsionnel du peuple prend le dessus, l’individualisme se développe ainsi que le chacun pour soi. La notion d’intérêt général devient délicate à mettre en œuvre. La fragmentation des sociétés s’instaure puisque les individus ne se sentent plus partie prenante d’un même ensemble et qu’ils en réfutent les règles.

 

De la même façon, un surmoi dont le champ d’action devient trop large risque de devenir faible et donc impuissant. À force d’intervenir dans des domaines de plus en plus nombreux sous prétexte de prendre en charge les individus, il ne parvient plus à répondre de façon efficace aux attentes de son peuple. De surcroît, un surmoi tout-puissant devient comme un censeur qui peut peser sur l’identité des peuples (leur moi), qui dès lors se fragilise, entraînant le manque de fierté et de confiance en leur pays, le doute et la remise en question. La difficulté de se sentir partie prenante d’un ensemble plus large (Union européenne, système international) est d’autant plus difficile que l’on ne sait plus qui on est.

 

À l’inverse, si le surmoi est autoritaire et despotique, le collectif prend le pas sur l’individu au détriment des libertés. Le peuple peut suivre tant qu’il est fier de son pays et qu’il bénéficie d’avantages économiques.

Jusqu’au moment où, comme pour la subordination d’un adolescent par un parent dominateur, la révolte risque de gronder. La Chine est dans ce cas de figure. La population de Hongkong l’a bien compris. Elle qui avait vécu, sous la tutelle anglaise, libre et autonome, n’a pas accepté le surmoi chinois despotique et s’est révoltée.

Que s’est-il passé ces derniers temps qui explique l’influence réciproque de la relation entre les peuples et leur surmoi ? Comment caractériser ces surmoi et constater leur incidence sur les réactions actuelles de certains peuples ?

 

Par exemple, le surmoi de la France, l’État-providence, a été créé après-guerre. À force d’élargir son périmètre d’action, donc de devenir tout-puissant, il est devenu impuissant à assurer ses fonctions régaliennes fondamentales comme la justice ou la sécurité. Les Français sont demandeurs d’une prise en charge accrue tout en la remettant immédiatement en question lorsqu’elle s’instaure. Ce faisant, ce surmoi pèse sur le moi, l’identité du pays, et le doute s’installe. Comme si les Français n’étaient pas à même de prendre leur destin en main et qu’il fallait sans cesse les tenir par la main. Les maintenir dans une immaturité d’adolescent suscite leur côté rebelle et l’insatisfaction. En même temps, et là est le  paradoxe, ils sont demandeurs de cette protection qu’ils remettent immédiatement en question. L’attente d’un président « sauveur », un homme providentiel, est permanente alors même que les critiques vont s’exercer rapidement pour le faire descendre du pinacle sur lequel il a été placé. On tombe dans le triangle de Karpman, sauveur-persécuteur-victime.

Nous cherchons un dirigeant pouvant nous sauver puis nous devenons ses victimes, parce que la politique qu’il met en œuvre nous déplaît, pour devenir ensuite son persécuteur : on lui en veut et on le lui fait savoir. Les exemples sont nombreux depuis l’élection du président Macron en passant par celles des présidents Sarkozy et Hollande. Le processus est toujours le même, entraînant déception et fragmentation de la population. La notion d’intérêt général devient délicate à mettre en œuvre.

De la même façon les institutions européennes et internationales sont devenues, au fil du temps, des surmoi contraignants. En instaurant toujours plus de directives dans des domaines élargis et sans tenir compte des spécificités des peuples et des situations locales, ces instances provoquent leur rébellion et leur repli sur eux-mêmes.

 

L’exemple de la politique européenne de répartition par quotas des migrants en est l’une des illustrations. Les Anglais ont réagi avec force avec le Brexit car l’ingérence leur est insoutenable. Ils sont attachés plus que tout à leur liberté et à la maîtrise de leur destin. Les Italiens, à l’inverse, ce sont sentis abandonnés dans la gestion de cette crise alors qu’ils étaient seuls face à l’arrivée des migrants à Lampedusa. D’où leur révolte envers l’Union européenne avec l’élection d’un parti populiste qui a joué au bras de fer avec la Commission. De la même façon, les peuples d’Europe de l’Est, ayant été fermés à toute influence extérieure sous la domination soviétique, ne pouvaient pas accepter d’accueillir des migrants alors même qu’ils recouvraient à peine leur souveraineté.

L’action du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie) a constitué l’un des moyens de préserver leurs intérêts au sein d’une Union européenne devenue technocratique, toute-puissante et dont le surmoi a été calqué sur le surmoi français, malade.

 

Paradoxalement, on observe à l’heure actuelle, dans de nombreux pays, le recours à un surmoi fort avec l’élection de dirigeants « sauveurs ». Les peuples cherchent une réassurance, une sécurité, comme des enfants inquiets recherchent un parent protecteur et fort. En mettant l’accent sur l’ordre, la sécurité et la fierté par rapport à leur pays, la baisse de la corruption, ces « hommes providentiels » redorent le blason de leur peuple en restaurant la confiance. Cette confiance qui manque cruellement à l’heure actuelle. De façon intelligente, ils entendent ce besoin et mettent en exergue les temps forts, les moments de l’histoire où leur peuple était puissant et respecté, donc avec un surmoi imposant. En Turquie, le président Erdoğan joue sur la mémoire de l’Empire ottoman et du statut de commandeur des croyants. Une façon de rassembler les pays musulmans  autour de son propre pays et de retrouver un rôle de premier plan.

Jusqu’à présent, il a été soutenu par sa population, notamment la moins occidentalisée. Mais jusqu’à quand son autoritarisme sera-t-il toléré et ce surmoi accepté sans révolte ?

 

De la même façon, Vladimir Poutine, en Russie, s’impose parce qu’il incarne un surmoi fort permettant aux Russes de retrouver leur grandeur alors même que leur économie est passée de la deuxième place mondiale à l’époque soviétique au 14e rang ; difficile à accepter pour les Russes. Tant que l’économie fonctionne et que la richesse du pays profite au plus grand nombre, il continuera d’être soutenu par la population. Mais on voit déjà son principal opposant, Alexeï Navalny,

l’attaquer justement sur le terrain de la corruption.

Le principe est le même en Inde, au Brésil, ainsi qu’aux États-Unis, où la popularité de Donald Trump ne faiblit pas, y compris depuis l’élection de Joe Biden. Les dirigeants semblent restaurer la puissance de leur pays et entendre les besoins de leur peuple. Dès lors, en poussant la fibre nationaliste, les égos nationaux deviennent outranciers et leurs surmoi s’affrontent sur la scène internationale dans un jeu qui risque de devenir dangereux.

 

L’interaction entre les peuples et leur surmoi est donc tout sauf anodine. Croire qu’un surmoi fort est la réponse à tous nos maux est un leurre absolu, comme faire grandir un État devenu impuissant à force de toute-puissance. Dans tous les cas, tenir compte de ce paramètre est essentiel au bon fonctionnement des démocraties comme des institutions européennes et internationales. Le système construit après-guerre est remis en question et gagnerait à se réformer, pour devenir moins contraignant, moins technocratique et plus attentif aux besoins des peuples. Beaucoup de pays sont traversés, à l’heure actuelle, par une fracture au sein même de leur population. La perte de revenu, la peur du déclassement mais aussi la sensation d’être oubliés par leur gouvernement poussent une partie des individus à rechercher un surmoi puissant tourné vers un passé resté glorieux dans la mémoire collective.

 

Freud, dans Le Malaise dans la civilisation, écrivait : « L’homme civilisé a fait l’échange d’une part de bonheur possible contre une part de sécurité. » Quelle sirène allons-nous écouter ?"

 

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* *

 

Le 06/05/2021

 

Prendre de la hauteur …

Il est deux motivations pour vouloir prendre de la hauteur.

Soit, monter pour dominer. Soit monter pour admirer.

Cela est vrai pour l'alpiniste. Cela est vrai pour le philosophe.

Domination ou admiration. Ces deux mots sont presque des anagrammes …

 

Dominer. Relation de domination

 

Prendre de la hauteur pour affirmer une supériorité, pour affirmer un pouvoir sur ceux "d'en bas".

Un bonne part de l'histoire de l'humanité n'est que l'histoire des relations de domination entre des individus, des communautés, des peuples, des races, des cultures, des religions.

D'où donc, ce besoin de domination peut-il bien venir ? De la peur, sans doute. Le besoin de domination est l'apanage des faibles. Les chiens nous en donnent une belle illustration : d'un côté, le petit roquet hargneux et, de l'autre, le bon gros toutou (qui peut aussi mordre s'il est attaqué). Il en va de même chez les humains. Il suffit de regarder de près le profil de ceux qui, sans cesse, brigue un pouvoir : le pouvoir collectif (politique et extérieur) n'intéresse que ceux qui n'on pas de pouvoir personnel (spirituel et intérieur).

 

Admirer. Relation d'admiration.

 

Prendre de la hauteur pour voir loin et se laisser subjuguer par la beauté, l'harmonie et la cohérence du monde, de l'univers, du cosmos. Pour comprendre, c'est-à-dire prendre avec soi, la petitesse et la faiblesse de l'humain face à ce qui le dépasse infiniment. Prendre de la hauteur pour s'élever, au sens spirituel de ce beau verbe.

Albert Einstein a eu cette parole admirable : "Je veux connaître les pensées de Dieu ; tout le reste n'est que détail." Il n'y a, dans ce propos, aucun orgueil. Tout au contraire. On ne peut comprendre, contempler, admirer et adorer le Réel que par un regard holistique qui embrasse le Tout de ce qui existe et, pour cela, il faut prendre de la hauteur. Il faut prendre de la distance (sans indifférence, cependant) avec le monde des humains et comprendre, une bonne fois pour tout, que l'humanité est une infime partie prenante d'un grand Tout qui l'enveloppe et est seul capable de lui donner du sens.

 

Car tel est le point nodal du propos : l'humanité, par elle-même, pour elle-même, en elle-même, ne peut pas se donner de sens. Elle est même absurde si elle ne prend pas de la hauteur pour contempler ce qui la dépasse et ce qui, donc, peut lui donner du sens et de la valeur.

 

*

 

Cheminement …

 

Depuis bien longtemps, un bel aphorisme m'a profondément marqué : "La Joie n'est pas au bout du chemin, la Joie est le cheminement lui-même !"

Il y a aussi ce magnifique poème de l'Espagnol Antonio Machado :

 

"Chemineau, il n'y a pas de chemin

Le chemin se fait en marchant

En marchant se fait le chemin

Et en tournant la vue en arrière

La sente se voit que jamais

Ne se foulera de retour."

 

Oui, la Joie est le cheminement même.

Vivre est une construction permanente qui demande engagement, implication, lutte, courage et persévérance.

Il y a dès lors deux manières de vivre.

Celle du "à quoi bon" qui subit la vie et continue de vivre parce que "il le faut bien".

Celle du "c'est génial" qui voit dans l'obstacle permanent un défi pour grandir et s'accomplir.

La vie n'est pas un château. La vie est un chantier.

 

Vivre, c'est cheminer et cheminer, c'est se construire un chemin. C'est construire le chemin de la Vie au-delà des vies individuelles qui n'en sont que les éclats ou les pierres.

Faire son chemin … Certes, mais vers quoi ? Mais pour quoi ?

Quelle est la quête ?

 

Le monde ne sait pas où il va. Rien de ce qui existe ne sait où il va. Il n'y a pas de destination, il n'y a pas de but à atteindre. Il n'y a qu'une chose qui existe pour tout ce qui existe : un chemin à tracer, une trajectoire à dessiner, la plus belle et la plus pleine possible.

Il n'y a rien au bout du chemin que la fin du cheminement dans la mort ; aussi, seul le cheminement lui-même importe-t-il qui donne à l'existence sa seule et pleine valeur unique !

Puisqu'il n'y a pas deux cheminements pareils, il n'y a pas deux chemins pareils. A chacun de créer le trajet qui accomplit tout ce qu'il porte en lui.

Entre naissance et mort, chacun a une dédicace à écrire, comme une calligraphie sur le parchemin du temps, sur le livre d'or de la mémoire cosmique.

 

Il n'y a pas d'autre éthique que la beauté et la véracité, la profondeur et la clarté de notre dédicace de vie personnelle. Tout le reste est mensonge. Mensonge de tout ceux qui ne cessent d'essayer de nous convaincre que nous devons avoir un but dans la vie et que ce but est de réaliser leur idéal de vie, qu'il faut donc que nous y soumettions nos existences, notre temps, notre énergie. Mensonge ! Le Progrès, le Justice, l'Egalité, la Solidarité, le Salut, … ne sont que des mythes vides, que des idéaux puérils, que des mensonges manipulatoires qui n'ont pour but que d'amener le troupeau au sacrifice de lui-même.

 

*

 

 

Voyageur,

Quel est ton voyage ?

Quel est ce pas vital

Qui te mène ailleurs,

Vers cet ailleurs improbable

Qui n'est nulle part ?

Chemine, chemineau,

Et trace ce chemin

Qui s'efface à chaque pas plus loin.

Etranger éternellement en exil

Venu d'ailleurs

Allant autre part …

Rien n'existe

Que la persistance de ta soif.

Chemine, chemineau,

A la rencontre de l'impossible

En route vers l'inaccessible.

  • Où vas-tu, toi l'errant ?
  • Nulle part ... là où vit la vie …

Mais la vie n'est que ce chemin

Qui chemine en toi

Pour n'atteindre aucun horizon.

Errance infinie …

Le chemin ne s'arrête que là où l'on s'assied,

Que là où l'on se résigne,

Que là où l'on meurt.

Partir, toujours …

Non pour fuir, mais pour vivre,

A la rencontre de ce qui vit

Au plus profond de ce qui ne fait qu'exister.

Toi le nomade

Qui chemine au désert

D'oasis en palmeraies,

Le sable que tu foules

N'est que poussière de sablier …

Le temps encore ?

Illusion : tout n'est qu'éternité.

Chaque instant est un monde immense

Que l'on ignore le plus souvent,

Aveuglé d'illusions et de chimères.

Chemine, chemineau,

Et quitte les rivages de tes certitudes :

Tout n'est qu'eau qui coule.

Tu n'es rien mais ce rien est ton tout.

Largue tes amarres …

Rien ne persiste, rien ne résiste,

Tout est vivant à qui marche la vie.

Chemine, chemineau,

Vers ces ailleurs si proches

Qui t'attendent indifférents.

Chaque pas est preuve de vie …

Chaque pas qui monte est pas d'éternité.

Chaque pas qui descend est pas de néant.

Tu es l'eau d'un torrent

Qui remonte à sa source

Là-haut dans la montagne.

Remonte à ta source, homme,

Chemine vers elle, chemineau.

Rejoins l'illimité par le haut …

Marche ou crève !

Et tous sont déjà morts …

Morts d'exister tout en bas

Dans la vallée de nul chemin

Dans le val des immobiles.

Chemine, chemineau,

Que tes vagabondages te soient gage

De ces joies frugales et sévères

Des chemins parcourus en gratuité.

Cultive l'errance

Comme on cultive un champ de blé,

La moisson sera belle et les grains nombreux.

Chemine, chemineau,

Vers ton propre devenir.

 

*

 

Luc de Barochez résume ainsi le "Monde en 2040 vu par la CIA" :

 

"Le 'monde d'après' tant attendu se caractérise par des individus hyperconnectés mais des communautés fracturées, des identités à fleur de peau, des pressions migratoires inédites, un vieillissement accéléré, un endettement inouï, un système international fragmenté, des acteurs privés et étatiques puissants, un enrichissement généralisé mais inégal et, surtout, une mondialisation qui va se poursuivre de manière chaotique et qui va être de plus en plus marquée par la rivalité entre l'Amérique et la Chine."

 

C'est, bien sûr, le regard d'une puissante et archaïque institution de pouvoir qui ne voit le monde que de sa fenêtre, avec les lorgnettes de l'ancien paradigme.

 

*

 

Ce même rapport de la CIA (qui, comme toujours, défonce des portes ouvertes et extrapole à 20 ans les tendances et tensions du présent, sans tenir compte des phénomènes d'émergence) écrit ceci, sur l'évolution politique du monde :

"Les relations entre les États et leurs sociétés dans toutes les régions du monde connaîtront des tensions persistantes en raison d'un décalage accru entre les besoins ou les attentes des populations et l'offre possible ou voulue des gouvernements. Dans de nombreux pays, les populations dont les attentes ont été exacerbées par la prospérité passée seront confrontées à des tensions et à des perturbations plus vives en raison du ralentissement de la croissance économique, de l'incertitude des perspectives d'emploi et de l'évolution démographique. (…) Individuellement et collectivement, ces pressions mettront à l'épreuve les capacités et la résilience des États, épuiseront les budgets et rendront la gouvernance encore plus complexe. Dans les années à venir, cette inadéquation entre les capacités des gouvernements et les attentes des citoyens risque de s'étendre et d'entraîner une plus grande instabilité politique. On s'attend à voir une division de la société, une hausse du populisme, des vagues d'activisme et de protestation et, dans les cas les plus extrêmes, de la violence, des conflits internes, voire l'effondrement de certains États. (…)

La tendance à l'érosion de la démocratie risque de se poursuivre au moins pendant la prochaine décennie, voire plus longtemps. (…) La légitimité à long terme des systèmes démocratiques repose sur deux conditions générales : le maintien d'un processus politique juste, inclusif, équitable, et l'obtention de résultats positifs pour les populations. Répondre aux préoccupations du public concernant la corruption, le monopole des élites et les inégalités peut contribuer à restaurer la confiance du public et à renforcer la légitimité institutionnelle. En outre, le fait de fournir des services efficaces, une stabilité économique et une sécurité personnelle - des avantages historiques pour les démocraties - accroît la satisfaction du public. (…)

Les régimes autoritaires seront confrontés aux mêmes risques que les démocraties, et beaucoup d'entre eux auront des difficultés pour s'y adapter, ce qui rend plus probable un changement soudain et violent de gouvernement après une période d'apparente stabilité. Bien que les régimes autoritaires - de la Chine au Moyen-Orient - aient fait preuve de résistance, ils présentent d'importantes faiblesses structurelles : une corruption généralisée, une dépendance excessive à l'égard des matières premières et des dirigeants personnalistes. (…)"

Ou : comment se persuader que la logique d'avant va rester la logique d'après !

Plus encore qu'en Europe, les institutions américaines sont incapables de comprendre l'idée même de changement de paradigme et de transition chaotique.

L'émergence dominante du nouveau paradigme devrait être effective quelque part entre 2030 et 2040.

Ce rapport de la CIA parle, en fait, seulement de la décennie 2020.

 

*

 

L'esprit est au centre d'un colossal développement actuel, notamment pour la physique des processus complexes .

Quant à moi, je me refuse de réduire l'esprit au seul cerveau. L'esprit humain me semble consubstantiels à la totalité di corps : chacune de nos cellules possède de la mémoire, de la volonté, de la sensibilité, de l'intelligence ... Le cerveau n'est, selon moi, que la grosse machine de logistique de l'esprit ...

Quoiqu'il en soit, les "théories" anciennes de la psychiatrie et de la psychologie (Freud et consorts) sont juste bonnes à jeter à la poubelle de l'histoire.

 

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D'un certain Nicolas L. :

 

"Il est temps de conter la véritable Histoire. Non pas l'histoire géopolitique et des rapports de force, aussi passionnante soit-elle, mais l'histoire de notre civilisation. Et de sa fin. L'histoire de l’assèchement spirituel de l’Europe, puis de sa destruction. L’histoire de l’étouffement du catholicisme par la religion du Progrès, puis de son achèvement par l’Islam. Il ne s’est au fond passé que cela, depuis deux siècles : une guerre sans merci contre le catholicisme. Un acharnement hystérique contre ce qui constitue, qu’on le veuille ou non, l’âme de l’Europe, son essence profonde, en a forgé les paysages, les rues, les villes, les miracles architecturaux, les chefs-d’œuvre de la peinture, de la sculpture, de la musique et surtout la sublime vision de l’homme, des rapports humains et des relations entre les sexes. Une ivresse de destruction, une rage nihiliste de remplacer le plus haut degré de civilisation jamais atteint par la laideur, la tristesse et le chaos : voilà le fil rouge sang des deux siècles passés."

 

Etrange texte qui confond catholicisme et Europe, alors que la part catholique de l'Europe est incroyablement minoritaire face à l'Europe protestante et à l'Europe orthodoxe. Ce sont l'Afrique noire et l'Amérique latine qui sont les bastions du catholicisme ; pas l'Europe.

Etrange texte, aussi, qui se place du point de vue d'un catholicisme "victime" de la modernité progressiste et de l'islamisme , mais qui ne comprend pas du tout que la catholicisme, bien plus profondément, est un christianisme qui, comme les autres, est en train de mourir "naturellement" d'une fin de cycle civilisationnel (la christianité aura duré de 400 à 2050, soit trois cycles paradigmatiques).

 

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Il y a eu, d'abord, les religions polythéistes (de -1250 à 400).

Il y a eu, ensuite, les religions monothéistes (de 400 à 2050).

Il y aura les religions panenthéistes (à partir de 2050).

 

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La théorie des perspectives de Daniel Kahneman et Amos Tversky ne fait qu'un constat de simple bon sens : statistiquement, les humains sont plus sécuritaires (l'aversion aux pertes) que cupides (la préférence aux gains).

Bien sûr, ce constat s'inscrit en faux par rapport au dogme de l'économie utilitariste anglo-saxonne de la recherche du gain maximum.

 

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De mon ami Benoît de Guillebon :

 

" Rendre le monde indisponible : sous ce titre paradoxal se cache une idée très riche développée par Hartmut Rosa à savoir la tension irréductible entre la tentative et la volonté de rendre les choses et les événements disponibles, calculables, maîtrisables et l’intuition ou le désir de les laisser simplement se produire en tant qu’ils sont la vie, de les écouter puis d’y répondre de manière créative et spontanée. C’est bien de notre rapport au monde dont nous parle Hartmut Rosa : notre volonté de tout maîtriser et de tout contrôler nous fait perdre notre capacité de résonner avec le monde et nous donne l’impression qu’il nous échappe."

 

Plus qu'avec le monde, c'est avec la Vie et l'Esprit, au sens cosmique, qu'il faut apprendre à résonner …

 

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Le 07/05/2021

 

De Frédéric Beigbeder:

 

"Le délire de censure vient de la cancel culture.”

 

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D'Eugénie Bastié :

 

"On assiste à une droitisation de la jeunesse européenne.

Auteur d’une enquête sur la droitisation de l’électorat européen, le responsable des études de la Fondapol (think-tank) [Victor Delage] explique les raisons de cette mutation politique. L’hostilité à l’immigration, la méfiance envers l’islam et l’attachement au libéralisme économique en sont les principaux facteurs."

 

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L'approche gnoséologique du Réel-Un me paraît clairement être la seule et dernière démarche intellectuelle et spirituelle qui ait un sens : une puissante dialectique entre la science physique (celle des processus complexes) et l'intuition métaphysique (celle du panenthéisme), dans toutes les dimensions (les sept dimensions de tout processus complexe, du plus petit au plus vaste).

Tout le reste est bavardage stérile.

Je crois que Hegel avait parfaitement raison en établissant le concept de "savoir absolu". Tout le reste est obsolète.

 

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Il faut être clair : la matière, la vie et l'esprit ne sont que trois manifestations successives d'un seul et même processus unique et absolu qui s'appelle le Réel et dont tous les autres processus particuliers relèvent intégralement.

Tout cela relève de la même logicité, du même Logos, des mêmes protocoles d'évolution et de complexification.

Le "phénomène humain" n'a absolument rien de spécifique. Les soi-disant "sciences humaines", soit sont des applications particulières de la science des processus complexes, soit ne sont rien du tout.

Aujourd'hui, n'étant pas de la première catégorie, elles ne sont rien du tout.

 

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Comment faire comprendre, une bonne fois pour toutes, aux intellectuels français, l'immense différence et l'infinie incompatibilité qu'il y a entre :

 

  • le libéralisme qui prône l'autonomie personnelle et collective dans l'interdépendance, et qui s'oppose à toutes les formes de totalitarisme, fût-il insidieusement étatique ;
  • le capitalisme qui est une méthode de financement privé des investissements entrepreneuriaux privés ;
  • le financiarisme qui est un capitalisme exclusivement spéculatif, parasitant l'économie réelle pour des profits financiers à court-terme.

 

La Gauche française, profitant de l'incroyable ignorance et incompétence économiques dans ce pays, a réussi à amalgamer les trois principes pour en faire l'ennemi et le repoussoir absolus de ses thèses aussi absurdes que débiles.

 

Le libéralisme est vital !

Le capitalisme entrepreneurial est juste technique.

Le financiarisme est, comme le socialo-gauchisme, le cancer de la bonne santé économique.

 

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La France, de fait, est la patrie originelle du socialisme et de toutes ses variantes.

Cela commence-t-il avec Jean-Jacques Rousseau (un Suisse !) qui enclenche, au 18ème siècle, des mouvances petites-bourgeoises aboutissant aux anecdotiques émeutes parisiennes de 1789, aux "clubs" révolutionnaires, à la dictature jacobine d'un Robespierre, à l'empire populiste d'un Napoléon, au "printemps" de 1848, à la fumisterie de la "commune" de Paris en 1871, à la déplorable troisième république anticléricale et "progressiste", au Front national d'un Jaurès qui fait voter les pleins pouvoirs à Pétain en 1939-1940, avant le paternalisme populiste d'un De Gaulle et le caviardo-socialisme d'un Mitterrand …

Depuis plus de deux siècles et demi, la France s'obstine à refuser, fanatiquement, allergiquement, la seule doctrine qui défend l'autonomie : le libéralisme.

On dirait que la culture française ne se comprend que dans un système de relation de dépendance forte (une relation parent-enfant, selon l'analyse transactionnelle) à un pouvoir central, antilibéral ou illibéral, faisant de tous les Français, des assistés ou des parasites de ce système qu'ils passent le plus clair de leur temps à conchier.

Ma vraie question : le socialo-gauchisme atavique en France remonte-t-il à avant ce pitre de Rousseau ?

Jusqu'où remontent ses racines profondes qui n'existent ni en Espagne, ni au Portugal, ni en Allemagne, ni en Grande-Bretagne, ni en Scandinavie, ni aux Pays-Bas, ni en Suisse, ni en Autriche, ni (quoiqu'un peu) en Italie ?

D'où vient cette maladie mentale franco-française ?

 

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De mon ami Michel Maffesoli :

 

"C'est cela la 'violence totalitaire' du pouvoir : la protection demande la soumission ; la santé de l'âme ou du corps n'étant dès lors qu'un simple prétexte."

 

L'équation est claire et sempiternelle : sécurité et liberté sont des variables incompatibles et antagoniques (et il y a bien longtemps que l'indépassable hyperbole de saturation, Sécurité x Liberté = constante, a été atteinte avec, pour conséquence, que l'augmentation d'une des deux variables induit la diminution de l'autre, et vice-versa).

Or, comme l'ont montré Kahneman et Tversky, la masse des humains a une aversion au risque plus grande que son appétence du gain.

Dont acte, Etienne de la Béotie l'avait parfaitement compris : la règle de base du fonctionnement de l'humanité est la "servitude volontaire".

 

Et aussi :

 

"Etant entendu, mais cela on le savait de longue date, que la morale est de pure forme. C'est un instrument de domination."

 

Nietzsche l'avait parfaitement compris depuis longtemps.

Ou encore :

 

"(…) les démocrates autoproclamés sont très peu démophiles (…)"

 

Autrement dit : le propre d'un démagogue est de haïr ceux qui ne votent pas pour lui, mais de mépriser hypocritement, ceux qui votent pour lui.

Mais il y a aussi d'énormes inepties comme :

 

"La faillite des élites est, maintenant, chose acquise."

 

Quelle absurdité, Michel. D'abord, il faudrait définir ce que tu entends par "élite" et, ensuite comprendre qu'aucun train ne circule sans une locomotive pour le tirer. La masse, par définition inertielle même du mot, est incapable de se mettre elle-même en mouvement.
L'élite, c'est ce qui fait progresser les masses tant politiquement qu'économiquement ou culturellement.

Un peuple sans élite, c'est comme une oie décapitée : ça s'envole "enfin libre", mais ça se fracasse sur le premier arbre pour ne plus jamais bouger ensuite.

Cet anti-élitisme que tu professes fait le lit même des tous les populismes et de tous les socialismes qui ont émaillé l'histoire humaine d'incroyables gabegies, ou massacres, ou dégénérescences.

L'antiélitisme est un forme snobinarde de populisme ; ça marche peut-être dans les salons parisiens, mais ça ne tient pas la route une seule seconde.

 

Il faut le rappeler avec force : le peuple – comme la nation -, cela n'existe pas puisque ce sont de pures abstractions inventées par les institutions étatiques (royales ou républicaines) pour se légitimer elles-mêmes.

Ces institutions ont hérité, des affres de l'histoire politique, un territoire et, par un singulier tour de force, elles ont décrété que toutes les personnes et communautés qui vivaient sur lesdits territoires, constituaient "leur" peuple ou "leur" nation". Mais les gens en question n'ont rien à faire des décrets de ces abstractions artificielles : ils savent qui ils sont et d'où ils viennent.

Pour parler clair : ils sont morvandiaux, ou bourguignons, ou bretons, ou alsaciens, ou basques, ou provençaux, ou vendéens …. mais ils ne sont pas français et laissent volontiers cette "étiquettes" aux parisiens déracinés qui se croient le centre de la France … et du monde.

 

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De Gaston Bachelard :

 

"La paradoxes d'aujourd'hui sont les paradigmes de demain."

 

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Face à une situation de bifurcation, et plus encore à une mutation paradigmatique telle que nous la vivons, trois attitudes se dessinent et se proposent qui s'excluent mutuellement :

 

  • le déni hédoniste (la courbe rouge) : "on continue quoiqu'il en coûte",
  • la nostalgie idéaliste (la courbe noire) : "on cherche des coupables",
  • la lucidité constructiviste (la courbe verte) : "on retrousse les manches".

 

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Qu'est-ce qu'un démagogue ? C'est quelqu'un qui tirent ses avantages (économiques, financiers, politiques, culturels, médiatiques, …) de la manipulation des masses.

Celles-ci se subdivisent, d'ailleurs, en "braves gens" et en "parasites".

Cela donne quatre catégories sociales bien nettes : l'aristocratie (qui n'a rien à voir avec les noblesses d'antan), les démagogues, les benêts et les parasites.

On peut même chiffrer, grosso modo :

 

  • aristocrates :15%,
  • démagogues : 20%
  • benêts : 42%,
  • parasites : 23%.

 

Ces pourcentages peuvent évidemment varier (sans remettre en cause les poids réciproques), en fonctions des cultures.

 

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Il est consternant de constater combien beaucoup – et surtout dans les castes académiques des sciences humaines ou dans les castes idéologiques des rêveurs d'avenir qui chante – continuent de propager cette contre-vérité flagrante que : l'homme serait un animal social !

Rien n'est plus faux.

Le vivre-ensemble est une prison imposée par nos faiblesses et nos paresses qui nous font reporter sur d'autres des tâches utiles.

Mais, fondamentalement, pour un humain sain, hors sa famille et sa petite communauté intime, les "autres" sont indésirables, malvenus, importuns.

La seule et unique grande vérité humaine est : "Foutez-moi la Paix !"

Le grand virage de la mutation paradigmatique actuelle, est celui de séparer, totalement et radicalement, le monde des relations sociétales utilitaires, et le monde des relations intimes.

 

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Le 08/05/2021

 

Le Destin n'est que l'autre nom du déterminisme extérieur.

La Liberté n'est que l'autre nom du déterminisme intérieur.

L'Autonomie est le champ qui s'ouvre lorsque Destin et Liberté se neutralisent l'un l'autre.

 

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La Loi naturelle, rationnelle et divine est une.

 

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La Vie avant ma vie …

 

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Il convient de dépasser les relations essentielles et structurelles de la logique aristotélicienne basée que le vrai et le faux, au moyen de corrélations événementielles et processuelles (si ceci se passe, alors cela peut se passer) …

 

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Au-delà de la logique axiomatique et déductive, il est nécessaire de privilégier une dialectique anagogique et constructive …

 

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Philon le Juif (-20 à +45), d'Alexandrie, fut, sans conteste, le précurseur et le maître de Plotin d'Alexandrie (205 à 270). Au travers de Philon, c'est donc bien la spiritualité et la mystique juives qui sont à la source de ce que l'on appelle – erronément – le néoplatonisme et qu'il vaudrait mieux appeler le monisme hellénistique.

 

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Le divorce est consommé entre les institutions de pouvoir (étatiques et nationales) et la société civile.

Ce divorce se manifeste de diverses manières : abstention d'une majorité, sédition de quelques minorités (wokisme, gilet-jaunisme, ultra-extrémismes, islamisme), développement de nouvelles appartenances extraterritoriales, replis identitaires ou locaux, etc …

 

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Un des mythes à peau dure : celui de "la sagesse populaire".

Il n'y a pas, il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de sagesse populaire.

C'est un oxymore !

La sagesse est précisément l'antithèse de la médiocrité et de la vulgarité populacières.

C'est le populisme qui véhicule ce mythe oxymorique et l'histoire montre que chaque fois que le populisme atteint le pouvoir, il y installe un totalitarisme nauséabond, mortifère et meurtrier (robespierrisme, bonapartisme, nazisme, fascisme, communisme, léninisme, maoïsme, …).

Que D.ieu nous épargne ces infectes "sagesses"-là !

 

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De Bossuet :

 

"Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes."

 

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La situation actuelle mondiale est celle d'un changement de paradigme. Cela induit cinq catégories d'humains :

 

  • Ceux qui n'y comprennent rien ou ne s'en mêlent pas (les indifférents).
  • Ceux qui construisent le nouveau paradigme (les constructeurs).
  • Ceux qui veulent maintenir l'ancien paradigme (les conservateurs).
  • Ceux qui se complaisent dans la chaotisation (les séditieux).
  • Ceux qui ressassent les vieux idéalismes (les nostalgiques).

 

Et il ne faut pas croire que les nostalgiques soient moins dangereux que les séditieux.

 

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Elle est curieuse cette nostalgie bêlante d'un soi-disant "être-ensemble traditionnel et enraciné", d'un soi-disant "idéal communautaire en gestation", d'une soi-disant "socialité naturelle de l'homme".

Faut-il encore le répéter : l'humain n'est pas un animal social. Il vit en communauté tant qu'il est trop faible pour vivre seul.

La socialité humaine n'est ni un vœu, ni un choix, mais une nécessité de survie pour ceux qui n'ont pas les moyens (intérieurs ou extérieurs, matériels ou immatériels) de vivre paisiblement dans leur monde à eux, loin des autres.

La socialité est l'antithèse de l'autonomie ; ceux qui sont capables d'être autonomes, n'ont que faire de ce boulet appelé "socialité".

"L'enfer, c'est les autres" disait, à un autre propos, ce pitre de Sartre.

 

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Les trois mots-clés du 20ème siècle – et aussi de toutes la modernité, mais avec des modulations – furent individualisme, rationalisme et progressisme. Leurs antonymes sont exécrables : socialisme, idéologisme et conservatisme.

Ils ne doivent donc pas être abolis, mais dépassés : personnalisme (autonomisme), spiritualisme (anagogisme) et constructivisme (processualisme).

 

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Ce n'est pas le pouvoir qui infantilise les masses. Ce sont les masses qui exigent – sous peine de sanction électorale – du pouvoir qu'il se comporte en parent (autoritaire lorsqu'il s'agit de la sécurité publique, et nourricier lorsqu'il s'agit de ces kyrielles d'assistanats qui saignent les sociétés à blanc).

 

*

 

La Volksgeist … en voilà une autre fumisterie. Comme si les masses avaient un "esprit" autre que celui que leur ont forgé leurs élites au fil des siècles.

Les peuples n'ont aucun esprit ; ils n'ont que des habitudes.

 

*

 

Le "peuple" n'a pas de cerveau ; il a une moëlle épinière qui lui suffit pour marcher au pas, pour s'abrutir au spectacle ou pour danser la carmagnole …

 

*

 

Quand donc les "intellectuels" et idéologues français comprendront-ils que tous les maux qui minent la culture contemporaine (consumérisme, sensationnalisme, démagogisme, ludisme, illusionnisme, etc …), sont précisément ce que les masses désirent, demandent et exigent.

La médiocrisation du monde est le fait des populaces, sous le masque de la "démocratisation".

 

*

 

Les démagogues ne disent que ce que les masses ont envie d'entendre.

Et ce n'est, bien sûr, jamais la vérité.

 

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La démocratie au suffrage universel n'est jamais rien d'autre que de la démagogie érigée en système.

 

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Ce n'est pas la démocratie qui est le problème ; mais bien le suffrage universel.

 

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La plus grande des tyrannies est celle de la majorité car la majorité est bête, inculte, ignare et incapable de voir plus loin que le bout de son porte-monnaie.

 

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Les masses s'ennuient.

 

C'est d'ailleurs l'indice central de leur médiocrité. Elles sont incapables d'assumer le Réel tel qu'il est et tel qu'il va, et de vivre pleinement la richesse incommensurable de sa réalité immédiate et silencieuse.

Elles restent à sa surface, ne voyant rien, ne comprenant rien, ne vivant rien.

Elles exigent du panem et circenses, "du pain et des jeux", c'est-à-dire, en termes actuels, des assistanats et des divertissements.

Toute la vie politique et sociale, aujourd'hui, se réduit à cela : offrir et financer des assistanats et des divertissements à des légions de crétins décérébrés qui, sinon, paniquent ou s'ennuient tant ils sont incapables de la moindre autonomie réelle.

 

Il suffit de regarder autour de soi : l'obsession essentielle de la vie des gens est de ne pas s'ennuyer : ils ne foutent rien de leur vie, mais il leur faut des loisirs, des activités, des spectacles, des défoulements, … le plus souvent vulgaires, bruyants et grégaires.

 

Il n'y a là pas une once de vie intérieure : vivre, pour eux, c'est faire du bruit !

Avec des moteurs, avec de la musique, avec du bavardage stérile, avec des tapages, avec des chahuts, avec des gueuleries, avec des grosses rigolades bien grasses …

Ils appellent cela "s'amuser" !

 

Leur seul et unique vrai problème, c'est de surtout ne jamais prendre mesure et conscience de leur abyssal vide intérieur.

Ce sont des baudruches que la moindre épine de Réel fait éclater.

Il n'y a rien là-dedans. Et l'ennui est l'implacable révélateur de ce vide.

Tous ces gens sont des parasites de la Vie, incapables d'autonomie, incapables de se construire et de s'accomplir par eux-mêmes, pour eux-mêmes, en eux-mêmes.

Ce sont de vrais parasites, comme les virus ou les poux qui ont besoin, à longueur de temps, d'un organisme qui les porte, qui les nourrit, qui leur donne l'illusion d'être vivants.

Voilà la terrible réalité de 85% de l'humanité !

 

*

 

Il est incroyable ce renversement absurde du regard que le "complotisme" de certains tente d'imposer : le pouvoir manipulerait les masses !

Rien n'est plus faux. C'est le contraire qui est vrai : en démocratie, ce ne sont pas les pouvoirs qui manipulent les masses, ce sont les masses qui forgent les pouvoirs. Les masses n'élisent, selon les modes et les saisons, que des démagogues qui promettent de réaliser leurs désirs.

Et à peine élus, il devient vite évident que tenir ce genre de promesses irréalistes est impossible … Alors les cotes de popularité s'effondrent et les gens au pouvoir deviennent des mal-aimés incapables de gouverner.

La démagogie est la conséquence inéluctable du suffrage universel et conduit invariablement au court-termisme et à la non-gouvernance. C'est la condition sine qua non d'une improbable réélection …

"Je te tiens et tu me tiens par la barbichette" … dans cet éternel jeu dialectique, propre à la logique démagogique, de l'élection et de la déception.

 

*

 

Tout peuple n'a que les dirigeants qu'il mérite !

 

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Les dirigeants politiques ne sont que le reflet concentré des masses qui les élisent.

 

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On dit que "partage, échange et solidarité" sont des "valeurs premières" auxquelles il faudrait retourner. Je ne vois là que les valeurs morales d'une christianité qui s'éteint sous nos yeux après trois cycles paradigmatiques concaténés (entre 400 et 2050).

Les mots ne sont pas à jeter … pourvu que l'on réponde clairement : partage avec qui ? échange avec qui ? solidarité avec qui ?

En tous cas, certainement pas avec tout le monde. La post-christianité sera sélective et élective.

Non, tous les humains ne sont pas frères.

Non, tous les humains ne sont pas égaux.

Non, tous les humains ne sont pas dignes.

Partage, échange et solidarité : oui, mais à l'intérieur de mon monde (de ma tribu, dirait Michel Maffesoli) ; le reste de l'humanité m'indiffère totalement.

 

*

 

C'est une totale illusion de croire que le "pouvoir" des institutions est le reflet de la "puissance" des instituants.

Les masses n'ont que la puissance du nombre et les institutions n'ont que le pouvoir de l'illusion.

 

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* *

 

Le 09/05/2021

 

Plus essentielle que l'évolution de l'humanité, l'involution de l'humanité importe. Il s'agit de son développement spirituel intérieur, de son accomplissement en plénitude, de sa mission de faire émerger l'Esprit sur Terre.

 

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Le vrai se construit par élimination du faux.

 

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L'histoire humaine est une succession de périodes d'épuration du vrai et de germination du faux.

Notre époque vit une résurgence du faux !

 

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Elle est exaspérante cette mythologie de la "révolution populaire".

Il n'y a jamais eu de révolution populaire.

La révolution américaine fut le fait de riches armateurs. La révolution française, celle de bourgeois parisiens. Le révolution russe, celle d'intellectuels expatriés. La révolution chinoise, celle de notables nationalistes.

Et toutes ces "révolutions" – suivies, le plus souvent, d'un putsch d'extrémistes - furent meurtrières pour le "peuple".

Le "peuple" ne se soulève vraiment que pour des questions de famine ; il ne s'occupe pas de politique. "Du pain et des jeux", voilà sa seule et unique doctrine.

 

*

 

De l'Ecclésiaste (10;16) :

 

"Hélas pour toi, pays dont ton roi est un gamin (…)"

 

Et le pire des gamins infantiles qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, qui est ignare et inculte, et qui ne comprend rien …. ce sont les masses populaires.

 

*

 

Emmanuel Macron est, avec Valéry Giscard d'Estaing, le seul président français à être enfin vraiment libéral et européen, au sein d'un troupeau présidentiel franchouillard de populistes nationalistes, paternalistes et/ou socialistes.

Le populisme est vraiment la maladie mentale du peuple français.

 

*

 

Il y a comme un sentimentalisme romanesque, chez certains, à espérer des "soulèvements populaires", sans doute alimenté par les fantasmagories "révolutionnaires" ou "barricadesques" inventées de toute pièce par les socialistes de la fin du 19ème siècle, reprises joyeusement par les ubuesques socialo-gauchistes de mai '68 et encensées, avec nostalgie, par ces crétins de "gilets jaunes".

 

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Professer ou prôner l'antilibéralisme ou l'illibéralisme démontre une propension suicidaire et fatale (et irresponsable) au totalitarisme (qu'il soit "doux" ou "dur").

 

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Le populisme est une totalitarisme, sans doute "doux" en attendant pire. L'étatisme y mène plus vite qu'on ne le croit.

 

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La vrai problème lié à la pandémie, ne semble être ni l'endettement global, ni la stagnation économique (au mieux), ni l'effondrement financier, ni les pénurisations croissantes, ni le taux des faillites, ni les destructions d'emplois, …

Le vrai problème, tel qu'il est ressenti par la populace (surtout citadine), c'est l'absence (voire l'interdiction) des "jeux" (des amusements, des distractions, des frivolités, des bistrots, terrasses et restaurants, des loisirs, des divertissements, des spectacles, des bagatelles, des récréations,  des babioles, des badinages, …).

Voilà ce qui "manque" au bon peuple et le plonge dans un profond "désarroi psycho-social" avec d'inouïes conséquences traumatisantes.

Il y a le "pain", mais il n'y a plus les "jeux". Alors on fait des "cacas nerveux" : on fait des "fêtes" interdites, on casse du flic, on entre en "clandestinité ludique".

Quelle médiocrité !

 

*

 

Il y a de la pensée admissible (constructive, libératrice, évolutive, …) et il y a de la pensée inadmissible (violente, idéologique, destructive, dogmatique, …).

Mais ce qui est plus inadmissible, encore, c'est la non-pensée des hordes d'abrutis acéphales qui, soit se goinfrent de néant, soit éructent de la haine.

 

*

 

De mon ami Michel Maffesoli :

 

"L'entre-soi, caractéristique essentielle de cette élite, est la négation de l'idée de représentation sur laquelle (…) s'est fondé l'idéal démocratique moderne."

 

Cher Michel, cet idéal démocratique moderne, comme tous les idéaux, est une vaste fumisterie. La démocratie moderne, au suffrage universel, ne fonctionne plus (a-t-elle jamais vraiment bien fonctionné depuis qu'elle est en place ?).

L'idée de "représentation" ne tient pas la route. Les masses ne demandent pas à être "représentées" ; elles exigent "du pain et des jeux".

Les "idéaux" sont des joujoux d'intellectuel ; l'homme de la rue, lui, a des exigences et n'a que faire des idéologies intellectualisées. Il veut bouffer et s'amuser. Point, barre.

Il faut, aujourd'hui, d'urgence, relire ce grand traité d'évergétisme qu'est "Le pain et le cirque" de Paul Veyne.

 

*

 

De Hegel :

 

"Le peuple ignore ce qu'il veut, seul le Prince le sait."

 

Foutaises ! Le peuple sait parfaitement et clairement ce qu'il veut : "Du pain et des jeux". De tout le reste, il se fiche éperdument. Que le Prince se débrouille, comme il veut, avec qui il veut. "Du pain et des jeux" : rien d'autre !

Réplétion et amusement.

 

*

 

Il n'existe pas de sagesse populaire. Ou plutôt, cette "sagesse" n'est que ce qui reste, les siècles passant, de ce que les élites (religieuses, économiques, académiques, politiques, …) des époques passées ont réussi à inculquer à la masse des crétins.

 

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Je crois qu'il est urgent de restaurer l'idée d'aristocratie. Non pas cette désuète et ridicule "noblesse de sang", mais une réelle et profonde "aristocratie de l'esprit".

 

*

 

De Michel Maffesoli, encore :

 

"Ils [la caste des dirigeants politiques] ne comprennent pas que ce qui fait une nation, c'est le partage d'une âme commune, que l'on existe en fonction d'un principe spirituel. Toutes choses échappant aux Jacobins dogmatiques qui, en fonction d'une conception abstraite du peuple, ne comprennent en rien ce qu'est un peuple réel, un peuple vivant, un peuple concret. C'est-à-dire un peuple sachant que le lieu fait lien.""

 

On croirait lire du mauvais Fichte ou du mauvais Hegel. Au risque de me répéter, le "peuple" et la "nation" sont de pures fictions inventées par l'Etat (notamment jacobin en 1792, mais aussi républicain en 1871) pour se fabriquer une légitimité artificielle.

Le peuple et la nation, cela n'existe pas. Il n'existe que des communautés de vie naturelles ou culturelles, historiques ou émergentes, géographiques ou idéologiques. Elles n'ont aucune solidarité ou finalité communes.

Et au milieu de ce délire logorrhéique, vient l'inénarrable mythe (allemand) de "l'âme commune" c'est-à-dire de cette fiction nationaliste d'un projet commun qui n'existe pas, n'a jamais existé et n'existera jamais.

Les Français, pas plus que les autres, n'ont de projet national commun. Répétons-le une fois encore, le seul projet collectif avéré des masses, ce sont "le pain et les jeux".

Laissons ces fadaises de "l'âme collective" à Marine Le Pen et à ses pénibles copains du "Rassemblement National".

 

En revanche, il existe bien, en Europe, globalement et fédéralement, un socle culturel commun (une référence commune qui, malheureusement, ne fait pas encore projet commun). Ce socle s'appelle le "judéo-helléno-christianisme", non pas au sens religieux, mais bien aux sens philosophique et éthique, noologique et linguistique.

 

*

 

Un autre mythe : le "bon sens".

Le bon sens, c'est croire et affirmer que ce que l'on perçoit est le Réel.

Or, on le sait depuis longtemps, ce que l'on perçoit n'est que l'interprétation déformée de la manifestation partielle et locale d'un  Réel qui se dissimule loin des sens humains.

Affirmer le "bon sens", ce n'est qu'affirmer la véracité de toutes les fausses évidences subjectives.

La logicité du Réel n'a que peu de rapport avec la logique primaire du "bon sens".

La physique d'aujourd'hui le sait : tout ce qui est évident est faux !

 

*

 

La spiritualisation apocalyptique de l'idée de "peuple" n'est que l'ultime resucée de la vieille antienne chrétienne de la "communion des saints".

Et l'on sait le sermon sur la montagne : "Heureux les simples d'esprit car le royaume des cieux est à eux".

Eh bien, en matière de "simples d'esprit", ils vont être servis !

Et, de ce "royaume des cieux", je ne voudrais à aucun prix.

L'homme de la rue ne se perçoit nullement comme membre lumineux – à moins d'être "illuminé" - d'un égrégore suprême appelé" "peuple" ou "nation". Il veut juste "du pain et des jeux" dans son petit monde proximal à lui.

 

*

 

Pourquoi cette haine, bien française, de l'économisme ? Pourquoi préférer la tyrannie étatique à la tyrannie économique ?

L'économie moderne offre aux masses ce qu'elles demandent, rien de plus, rien de moins, au prix le plus bas, comme exigé. Elle vend de l'inutile parce que les masses aiment l'inutile. Elle vend du médiocre parce que les masses aiment le médiocre. Elle vend de la merde par que les masses aiment la merde.

Le marché est une élection populaire permanente. Un produit est "élu" s'il plaît, ici et maintenant. Le marché, c'est le suffrage universel permanent. L'économie n'offre que ce qu'on lui demande massivement.

L'économie est médiocre ? Oui, parce que la demande des masses est médiocre.

Le suffrage universel, tant du point de vue politique qu'économique, c'est la démocratisation, c'est-à-dire la médiocrisation.

Comme le politique, l'économique devrait s'affranchir de la tyrannie court-termiste du suffrage universel permanent et de la dictature des masses ; il devrait être le moteur de la construction de systèmes sociétaux souhaitables, viables et soutenables sur le long terme … mais comment financer tout cela sans passer par le porte-monnaie des crétins ?

 

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Le progressisme et le nostalgisme sont deux impasses.

Le premier sacralise l'idéal futur.

Le second idéalise le sacré passé.

 

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L'éthique de la non-agression affirme que celui qui agresse, quel que soit son motif, a tort et doit être neutralisé, sinon détruit.

Celui qui agresse est coupable. Toujours et sans excuse.

Le principe est : l'agresseur a toujours tort et doit être neutralisé.

Le fait de ne pas être d'accord avec l'autre et de le dire, n'est pas une agression, pourvu que la parole soit courtoise.

 

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Les ennemis de la Paix sont clairement les Nations et les Peuples, donc les Etats.

 

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Le 10/05/2021

 

D'Hervé Sérieyx :

 

"La confiance est la relation à l'autre (personne, organisation, etc...)

qui m'amène à penser que je le connais suffisamment pour accepter d'affronter avec lui un risque, un danger, une incertitude avec de bonnes chances d'en sortir gagnant. Il y a là deux mouvements : la confiance calculée (compétence, réputation, fiabilité, etc.) et la confiance affective (générosité, bienveillance, empathie, etc...). La confiance est un pari sur l'autre."

 

*

 

Le peuple, cela n'existe pas. Il n'existe que des masses, c'est-à-dire des paquets d'inertie qui vont là où les forces extérieures les poussent.

Et les sources de ces forces extérieures sont des minorités agissantes dont beaucoup sont néfastes et nocives, motivées par le ressentiment.

 

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Les institutions de pouvoir (dont la seule raison d'être est d'assurer la pérennité du paradigme qui les a suscités) font face à la société civile (un singulier qui regroupe artificiellement des myriades de communautés de vie).

Cette "société civile" se compose de quatre factions :

 

  • celle qui, comme les institutions de pouvoir, veut perpétuer l'ancien paradigme et que j'ai appelée les "conservateurs" (de gauche comme de droite, par référence à un distinguo lui-même issu de l'ancien paradigme, mais qui ne veut plus rien dire) ;
  • celle qui veut inventer, faciliter, accoucher le nouveau paradigme et que j'ai appelée les "constructeurs" ;
  • celle qui se complaît dans la chaotisation provisoire et entend tout faire pour qu'elle perdure car ce chaos fournit leur fétide énergie mentale (on retrouve dans cette faction toutes les minorités factieuses relevant des rétro-activismes) et que j'ai appelée les "séditieux" ;
  • celle qui en profite pour rabâcher tous les vieux idéalismes, toutes les vieilles idéologies, toutes les vieilles moralines (tous ces vieux clichés et images d'Epinal qui réinventent ce "bon vieux temps" qui n'a jamais existé), et que j'ai appelée les "nostalgiques".

 

Les constructeurs auraient, ainsi, face à eux, trois hordes d'ennemis plus ou moins furieux, plus ou moins dangereux : les conservateurs, les séditieux et les nostalgiques.

Les aigreurs des conservateurs et des nostalgiques, seraient alors (comme elles le sont déjà) le carburant de la violence des séditieux.

Il faut inverser cette logique délétère et dessiner des coalitions locales (un nouveau paradigme se construit "bottom-up") entre les constructeurs, les conservateurs et certains nostalgiques récupérables pour faire naître, paisiblement, l'inévitable et irréfragable nouveau paradigme, et écraser, détruire et éliminer tous les séditieux avec les nostalgiques haineux qui les alimentent.

 

*

 

La déliquescence de l'Etat et l'émiettement de la Nation ne mènent qu'à une seule et unique, saine et urgente conclusion : la disparition de l'Etat-Nation et de tous les nationalismes, souverainismes et populismes qui l'accompagnent.

Le monde de demain sera un ensemble de huit continents autonomes formés, chacun, de réseaux de communautés de vie autonomes, relevant de deux catégories : les communautés d'intimité locale et les communautés d'utilité noétique.

 

*

 

Ce sont les intellectuels qui s'intéressent à la politique et à l'idéologie, et qui en pérorent "au nom du peuple". Mais les masses s'en fichent comme d'une guigne. Les masses ne font pas de politique tant qu'elles peuvent, à loisir, s'empiffrer et s'amuser. Elle ne font de la "politique" que lorsqu'elles manquent de pain ou de jeux. Et la politique qu'elles font alors, ce sont des émeutes ou des grèves savamment orchestrées par des groupuscules factieux.

 

*

 

L'opposition entre les communautés de vie et la société globale revient au centre de la scène publique.

La République une et indivisible, construite artificiellement autour de l'Etat jacobin, est en voie de disparition.

Notre époque voit la résurgence des communautés de vie (communautés d'intimité locale et communauté d'utilité noétique). Celle-ci entérine l'émiettement de la société globale qui n'existe déjà plus, ne serait-ce que par la dissolution de ses frontières physiques que le libéralisme économique et les réseaux numériques ignorent magnifiquement.

Le liant entre ces communautés de plus en plus autonomes, n'est plus l'Etat-Nation, mais la fédération continentale.

 

*

 

Il faut distinguer quatre types de communautés de vie (que Michel Maffesoli appelle "tribus") :

 

  • les communauté d'intimité locale (un ensemble de personnes désirant vivre le quotidien ensemble),
  • les communautés d'utilité noétique (les réseaux numériques à usage culturel, professionnel ou social),
  • les communautés maffieuses (les gangs ou bandes de petite ou grande délinquance)
  • les communautés sectaires (les cénacles factieux ou séditieux fermés, obsédés de prosélytisme religieux ou idéologique).

 

La continentalisation concerne les communautés d'intimité locale.

La mondialisation concerne les communautés d'utilité noétique.

Quant aux deux autres catégories de communautés, elles doivent être pourchassées et détruites.

 

*

 

La puissance donne et légitime le pouvoir.

Le pouvoir, sans la puissance, est … impuissant.

Cette idée de Michel Maffesoli est intéressante ; elle devient stérile dès lors qu'on assimile la puissance avec le peuple, et le pouvoir avec la gouvernance.

L'idée est vieille, mais fausse : le "peuple" n'est pas souverain et tous les pouvoirs n'émanent pas de lui.

D'abord parce que le "peuple" n'existe pas. Ensuite, parce que ce "peuple" qui n'existe pas, est totalement impuissant.

Les forces vives qui déploient la puissance, sont ailleurs ; elles sont le fait des "constructeurs", des "entrepreneurs", des "inventeurs", etc … qui ne représentent, au mieux, que 15% d'une population humaine.

 

*

 

L'humanité, c'est 15% de locomotives et c'est 85% de wagons.

 

*

 

Il est urgent de revivifier le principe de l'autonomie personnelle pour sortir de la loi de dépendance universelle que la Modernité est instituée entre les citoyens et l'Etat.

Chacun doit reprendre le contrôle de sa vie intérieure, de ses appartenances sociétales, de ses œuvres professionnelles, … mais, bien sûr, dans les limites de l'autonomie d'autrui (sachant que ces limites sont extrêmement variables d'une personne à l'autre et qu'il est impossible d'en donner une quelconque définition universelle).

 

*

 

D'Elisée Reclus :

 

"L'Anarchie, c'est l'Ordre sans l'Etat."

 

C'est sans doute cela la "continentalisation".

 

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De Friedrich Nietzsche :

 

"Encore un siècle de journalisme, et les mots pueront."

 

On y est ! Il suffit de humer les puanteurs nauséabondes des journaux "mainstream" (le Figaro et, surtout, le Monde et Libération … l'Humanité n'existe déjà plus), de cette infection radicale qu'est Médiapart, des chaînes de télévision ou d'information continue, etc … Et les réseaux sociaux puent encore beaucoup plus avec de violents relents d'émotionnalisme, de sensationnalisme, de dégagisme, de psittacisme, de colportisme, de rumorisme, d'exhibitionnisme, de voyeurisme et de complotisme.

Comme d'habitude : bien vu, Friedrich !

 

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Tous ces mots inventés par la Modernité, doivent disparaître : étatisme, souveraineté, peuple, nation, citoyenneté, république, socialité,  solidarité, égalité, universalisme, rationalisme, élection, démocratie, suffrage universel, droits-de-l'homme, services publics, assistanats, administration, bureaucratie, norme, procédure, autorisation, socialisme, égalité, etc …

 

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Le triste phantasme de mon ami Michel Maffesoli :

 

"C'est bien d'une quête mystique dont il est question dans les insurrections populaires. (…) Mais ce qui est essentiel, c'est bien cette 'ère du Nous'. (…) Ce ciment consistant à conforter les cœurs et les esprits dans un être-ensemble où ce qui est primordial c'est être avec."

 

Ahurissant, non ? Michel, regarde la réalité : dès qu'il en a les moyens, tout humain s'isole et fuit les autres.

La socialité est une nécessité de survie, un pis-aller, une manière de combler son vide intérieur, un instrument du "s'amuser" …

Il n'y a pas d'insurrections populaires, Michel, tant qu'il y a "du pain et des jeux".

Le seul motif d'un "être-ensemble" populaire, c'est de s'amuser (boire, manger, draguer, baiser, rigoler, crâner, râler, jouer, gueuler, …). Il n'y a rien d'autre !

 

*

 

De mon ami Michel, encore, au sommet de son délire :

 

"Au travers des échanges sans fin, des rassemblements sans but précis, des partages échafaudés dans les ronds-points, des solidarités se diffusant dans les réseaux sociaux, c'est bien la recherche d'une âme collective qui s'exprime dans les révoltes populaires."

 

Il n'y a aucune révolte populaire ; seulement des urticaires indécents de groupuscules bien-portants, fainéants et assistés.

Il n'y a aucune quête d'une "âme collective" (Volksgeist ?) qui, d'ailleurs, n'existe pas. Le métaphore du "corps social" qui possèderait donc aussi un "cœur", un "esprit" et une "âme", est une pure absurdité idéologique pour sociologue professionnel qui, sans cela, n'aurait plus aucun fonds de commerce.

Il n'y a pas de "corps social" ; au mieux existe-t-il quelques cellules de survie collective.

Cette idée de "corps social" est une pure invention de la Modernité qui, au travers d'elle, voulait, à toute fin, démontrer la légitimité de l'Etat au moyen de ces fictions que sont le "peuple" ou la "nation".

 

*

 

Dans la physique sociétale, il n'y a pas d'addition ; il n'y a que des multiplications. Il suffit alors qu'un seul des facteurs soit nul, pour que le résultat soit nul.

 

*

 

La nouvelle socialité, d'après Michel Maffesoli, proclamerait le triomphe du cerveau reptilien, de l'émotionnalité, de la rêvasserie reniant le Réel, de l'ignorance arrogante, du frotti-frotta, de la "puissance" populacière, de la mystique du vivre-ensemble …

C'est exactement cela qui se passe dans une termitière.

La logique de l'histoire de l'humanité vaut mieux que cette socialité entomologique.

 

*

 

Le vouloir-être-ensemble est le leitmotiv de ceux qui sont incapables de vivre-par-eux-mêmes. Ceux-là sont des mendiants. Ceux-là sont des voleurs d'énergie mentale selon les quatre tactiques bien connues de la terreur, de la culpabilité, du mystère et de la pitié.

Ne se retrouvent alors "ensemble" que ceux qui n'ont qu'une chose à offrir et à partager : leur vide !

 

*

 

Il n'y a au mieux que 15% de l'humanité qui soient fréquentables. Les 85% restants, avant robotisation, étaient, au mieux, utiles.

Ils ne le seront bientôt plus beaucoup.

 

*

 

Et cet aveu incroyable de Michel Maffesoli, dans son apologie frénétique des "gilets jaunes" :

 

"Ce qui oppose les Gilets jaunes à toutes les élites,

c'est qu'ils réclament n'importe quoi et son contraire."

 

Aveu définitif de crétinisme profond. Les élites s'en fichent des "gilets jaunes" ; en revanche, ces crétins ont fait chier une majorité de braves gens qui voulaient seulement circuler librement sans être pris en otage par des assistés privilégiés en manque d'adrénaline sociale.

 

*

 

Droitisation en France, Allemagne, Italie et Grande -Bretagne

 

Victor Delage

La Fondation pour l’innovation politique

Mai 2021

 

  1. En moyenne, dans les quatre démocraties étudiées, 39 % des répondants s’autopositionnent à droite (entre 6 et 10 sur l’échelle), 27 % à gauche (entre 0 et 4) et 20 % au centre (5).

 

  1. L’auto-positionnement à droite est en tête dans chacun des quatre pays de l’étude : 44 %

des Italiens se situent à droite (31 % à gauche), 40 % des Britanniques (25 % à gauche), 38 % des Français (24 % à gauche) et 36 % des Allemands (26 % à gauche).

 

  1. Alors que les seniors sont réputés voter traditionnellement plus à droite que les jeunes, nos

données montrent que les nouvelles générations sont les plus nombreuses à s’autopositionner à droite. Dans l’ensemble des pays, 41 % des 18-24 ans et 41 % des 25-34 ans se positionnent entre 6 et 10 sur l’échelle, soit un niveau comparable à celui des 65 ans et plus (40 %) mais supérieur de 5 points à celui des 50-64 ans (36 %).

 

  1. En cinq ans, la proportion de Français se situant à droite de l’échiquier politique s’est

accrue de manière continue, passant de 33 % en 2017 à 38 % en 2021. Sur la même période,

la proportion des citoyens se situant à gauche est restée stable (25 % en 2017 et 24 % en 2021), malgré une légère baisse en 2020 (22 %).

 

  1. La perception de l’immigration est dominée par un jugement négatif. En moyenne, six citoyens sur dix (60 %) sont d’accord avec l’affirmation « il y a trop d’immigrés dans notre pays » (contre 36 % et 4 % qui ne répondent pas).

 

  1. Plus de la moitié des répondants (56 %) pensent que leur pays doit se fermer davantage sur le plan migratoire, moins d’un quart (23 %) s’ouvrir davantage et 21 % prônent le statu quo. Les Français (63 %) apparaissent comme les plus réfractaires à l’ouverture, devant les Allemands (54 %), les Italiens (54 %) et les Britanniques (53 %).

 

  1. Dans les quatre démocraties ici étudiées, les sympathisants des partis de gauche sont

plus nombreux à être « pro-fermeture » que « pro-ouverture » ou en faveur du statu quo – à

l’exception des sympathisants Parti démocrate (Partito Democratico) italien.

 

  1. En France, 62 % des citoyens estiment que l’islam représente une menace pour la République.

 

  1. En France, la crainte de l’islam est largement partagée par les personnes qui se situent dans le bloc de droite (81 %). Le bloc de gauche apparaît très clivé sur cette question : près d’une moitié des sympathisants de gauche (45 %) est d’accord avec l’item « l’islam représente une menace pour la République », l’autre moitié (52 %) n’est pas d’accord et 3 % des personnes questionnées n’ont pas répondu.

 

  1. Une majorité des répondants (54 %) considèrent que « pour faire face aux difficultés économiques », il faut « que l’État fasse confiance aux entreprises et leur donne plus de liberté ». L’option « que l’État contrôle les entreprises et les réglemente plus étroitement » est choisie par 41 % des personnes interrogées (5 % répondent ne pas savoir).

 

  1. La confiance portée aux entreprises est inversement proportionnelle à leur taille. La confiance envers les petites et moyennes entreprises (PME) est très élevée (74 %) et elles font même partie des institutions qui suscitent le plus de confiance, mais celle exprimée à l’égard des grandes entreprises, publiques (45 %) et privées (44 %) reste minoritaire.

 

  1. La portée médiatique du discours de l’écologisme punitif et de la décroissance connaît des limites de propagation au sein de l’opinion. Pour 76 % des personnes interrogées, « on peut continuer à développer notre économie tout en préservant l’environnement pour les générations futures ». Les Italiens sont les plus nombreux (84 %) à penser que croissance et protection de l’environnement sont compatibles. Ils sont suivis par les Allemands

(74 %), les Britanniques (74 %) et les Français (72 %).

 

  1. Les sympathisants des différents partis des quatre démocraties répondent majoritairement

que l’« on peut continuer à développer notre économie tout en préservant l’environnement

pour les générations futures ». C’est notamment le cas chez les sympathisants du Parti socialiste (73 %), d’Europe Écologie-Les Verts (67 %) et du PCF/FI (67 %) en France ; des Grünen (80 %) et du SPD (73 %) en Allemagne ; du Labour Party (73 %) et du Green Party of England and Wales (69 %) au Royaume-Uni ; du Partito Democratico (88 %) en Italie.

 

  1. Nos données montrent que l’individualisme, à droite comme à gauche, est érigé en norme sociale. Une large majorité des répondants estiment que « les gens peuvent changer la société par leurs choix et leurs actions » (80 %), que « les gens de leur pays ont la possibilité de choisir leur propre vie » (69 %), et, dans une moindre mesure, qu’ils ont « une liberté et un contrôle total sur leur propre avenir » (63 %).

 

  1. Près de trois quarts de l’ensemble des citoyens (71 %) jugent que « beaucoup de personnes parviennent à obtenir des aides sociales auxquelles elles n’ont pas contribué ». C’est 46 points de plus que les répondants n’étant pas d’accord avec cet item (25 %). Une analyse par pays montre que c’est en France, où 57 % des ménages ne paient pas d’impôt sur le revenu, que les citoyens sont les plus nombreux (73 %) à juger que beaucoup de personnes touchent des aides sociales auxquelles elles n’ont pas contribué. Ils sont suivis par les Britanniques (72 %), les Italiens (72 %) et les Allemands (68 %).

 

  1. Plus de la moitié des répondants (55 %) considèrent que « les chômeurs pourraient trouver

du travail s’ils le voulaient vraiment » (contre 42 % qui « ne sont pas d’accord » avec cette proposition). En un an, la proportion des individus considérant que les chômeurs profitaient du système est restée stable en France (passant de 50 % en février 2020 à 51 % en février 2021) et en Allemagne (de 61 à 60 %), tandis qu’elle s’est effondrée de 22 points au Royaume-Uni (de 78 % à 56 %).

 

  1. L’effort individuel est mis en avant par les personnes interrogées. Plus des deux tiers d’entre elles (68 %) estiment en effet qu’« en faisant des efforts, chacun peut réussir ». Une importante majorité des répondants se situant à gauche (58 %) de l’échiquier politique abonde dans ce sens, même si les répondants sont encore plus nombreux à droite (71 %). Notons que les différences entre les États sont significatives : 74 % des Britanniques, 69 % des Allemands, 68 % pour les Français et 55 % pour les Italiens.

 

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Le monde des hommes est gouverné par les mêmes lois organiques que tout le reste qui existe. Ces lois ne sont pas toujours déterministes (et elles le sont de moins en moins au fur et à mesure que l'on grimpe l'échelle des complexité), mais elle sont toujours contraignantes (ne serait-ce que pour assurer la cohérence du grand Tout).

L'immense erreur de l'humain est de se croire, par orgueil et ignorance (qui sont sinon synonymes, du moins connexes) au-dessus des lois cosmiques.

 

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Le 11/05/2021

 

Tous les jours on nous abreuve avec des statistiques de tests PCR et de taux d'incidence. Ces statistiques sont totalement biaisées (pour des raisons purement mathématiques, comme déjà démontré dans ce Journal) et n'ont aucun sens scientifique.

Pourquoi, alors, traumatiser l'opinion avec de telles statistiques fausses ou biaisées ?

Je ne suis pas complotiste pour un sou et j'élimine cette thèse d'un pouvoir gouvernemental cherchant à brider les libertés individuelles afin d'instaurer ce que Michel Maffesoli appelle un "totalitarisme doux".

Je penche plutôt pour la solution d'un gouvernement qui n'y comprend rien et qui écoute religieusement un conseil scientifique qui est d'une incompétence crasse (sinon en médecine, du moins en statistique) et que ce conseil scientifique applique une astuce vieille comme le monde : plus on fait peur, plus on prend de pouvoir.

Il y a quatre stratégies pour prendre l'ascendant sur autrui : la peur, la culpabilisation, le mystère et la pitié. Ces quatre registres ont été surutilisés par les Véran, Salomon ou autre Delfraissy.

 

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Du rapport de la CIA sur 2040 :

 

"Ce déséquilibre imminent entre les défis actuels et futures, et la capacité des institutions et systèmes à y répondre, est susceptible de s'accentuer et de susciter une forte contestation à tous les niveaux."

 

C'est cela la chaotisation entre l'effondrement des anciens systèmes de régulation d'avant et l'émergence des nouveaux systèmes de régulation d'après.

Cette chaotisation que découvre la CIA en 2021, est en route depuis 1975.

 

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Notre monde est de plus en plus globalisé et interconnecté, et cependant, les forces de différenciation sont de plus en plus puissantes transformant la mondialisation uniformisante en mosaïque identitaire, voire sectaire.

Il existe donc une corrélation paradoxale entre le niveau de connexion d'un système et son niveau de fragmentation.

Cela signifie que les possibilités exponentiellement croissantes de connexion de chacun à tous, induisent des phénomènes de concentration par connexion, sélective et élective, seulement vers ceux qui correspondent à des critères de plus en plus précis.

Ce constat peut être élargi et généralisé : plus la complexité offre de possibilités combinatoires, plus la néguentropie va induire de différenciations émergentes, et moins l'entropie pourra jouer son rôle d'homogénéisation uniformisante.

 

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Plus on a le choix, moins on est égaux !

 

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L'égalité est une morale de pauvres.

L'égalitarisme est une idéologie de la pauvreté.

 

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En 2200, la population humaine mondiale sera de moins de 2 milliards, soit de façon voulue et pilotée, soit de façon subie et violente.

 

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Cette religion absurde de "la croissance économique" est le dernier reliquat persistant de la religion du "progrès" instituée par la Modernité.

La croissance économique est un dogme ridicule : comme si la croissance du PIB mondial (le chiffre d'affaires total) pouvait avoir quoique ce soit à voir avec l'évolution globale de la qualité de vie et de la joie de vivre … qui seules importent réellement.

 

Ce n'est pas la pauvreté et la misère qu'il faut combattre quantitativement, mais bien la tristesse et le malheur qu'il faut combattre qualitativement.

 

La croissance économique et la qualité de vie sont devenues des grandeurs antagoniques. Durant l'ère moderne, la croissance de l'une entrainait automatiquement la croissance de l'autre. Mais, aujourd'hui, l'hyperbole de saturation est atteinte et toute croissance économique induit une perte de qualité de vie.

 

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La problématique de "l'éducation" me semble de plus en plus mal posée (et le pédagogisme et le gauchisme qui sévissent dans la plupart des institutions éducationnelles, n'arrangent évidemment pas les choses).

Il est évident que l'esprit (mémoire, sensibilité, volonté, intelligence et conscience) est le propre de l'homme et qu'il faut apprendre à développer les esprits humains dès le plus jeune âge.

D'autant plus que la complexification du monde imposera toujours plus la maîtrise de méthodes de résolution de problème de plus en plus sophistiquées, faisant appel à des connaissances de plus en plus larges et approfondies.

 

Il faut aussi intégrer cette évidence (politiquement incorrecte) que les enfants ne sont pas mentalement égaux pour des raisons tant biologiques que sociologiques : la loi d'airain de la gaussienne joue, ici aussi, à plein. Et il est aussi débile de sacrifier les crétins sur l'autel des génies, que l'inverse. En revanche, on le sait maintenant dans tous les pays l'ayant pratiqué, l'égalitarisme aboutit nécessairement à un nivellement par le bas et au grand gaspillage des plus doués.

Il faut donc des systèmes éducatifs bien différenciés selon le niveau mental des élèves (mais pas selon le niveau de fortune des parents : l'intelligence ou la conscience ne s'achètent pas).

 

Il faut apprendre (le savoir), comprendre (la connaissance), surprendre (la créativité), déprendre (la critique) et reprendre (la persévérance).

Il faut accomplir et enrichir les cinq dimensions de chaque esprit : la mémoire pour retenir, la sensibilité pour observer, l'intelligence pour relier, la volonté pour donner sens, et la conscience pour harmoniser.

 

L'éducation des jeunes esprits est bien trop importante pour être confiée à des politiques ou à des psychopédagogues dont les conjectures sont aussi fiables et scientifiques que l'astrologie.

 

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Du fait de la complexification et de l'enrichissement des combinatoires de vie, la fragmentation des projets de vie (volonté), des appartenances culturelles (mémoire), des susceptibilités sociales (sensibilité), des convictions philosophiques (intelligence) et des pratiques religieuses (conscience), induit l'émergence d'une multitude de communautés de vie, ancrées autant dans l'intimité locale que dans l'utilité numérique.

Ces communautés autonomes doivent disposer d'une code éthique clair et strict afin de limiter leur autonomie légitime à celle des autres communautés, tout aussi légitime.

Ce code d'autonomie est affaire de culture ambiante d'accueil et, donc, affaire continentale.

Il est, dès lors, indispensable que chacun des huit continents aujourd'hui en lice, se dote d'un tel code éthique fondamental qui puisse régir et arbitrer non plus seulement les comportements des individus, mais aussi le comportement des communautés de vie qui doivent être traitées comme des personnes morales, possédant une identité claire et traçable, localisable et justiciable.

 

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Le principe darwinien de la sélection naturelle du plus apte s'applique aussi aux communautés, aux pays, aux cultures, aux religions et aux races.

Le saut de complexité que nous vivons, va activer ce principe dans les décennies qui viennent.

Les populations les plus inadaptées à cette complexité, vont tenter, pour survivre malgré tout, de venir parasiter les zones de meilleure adaptation qui, en retour, seront amenées à les refouler.

 

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Pour des raisons de démographie délirante, de sous-développement culturel, d'économie sous-productive, d'urbanisation frénétique et de gouvernance corrompue, les trois grandes tumeurs de l'humanité sont l'Afrique noire (Afroland), le Monde musulman (Islamiland) et l'Asie du sud (Indoland).

Que faire de ces tumeurs proliférantes dont les métastases envahissent le monde entier ?

 

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La métropolisation est une gangrène qui ravage les pays peu développés.

Ces très grandes villes où s'entassent jusqu'à 60% de la population, sont des cloaques invivables qui drainent, en pure perte, les forces vives des régions. La précarité et la délinquance ne peuvent qu'y proliférer.

Dans les pays plus développés, la règne des grandes villes s'estompe à vive allure et beaucoup de citadins, entre 30 et 50 ans, ont compris que le "bureau en ville" est une aberration, que le télétravail devient la norme et que la qualité de la vie est partout sauf dans les grandes villes.

Qui vivra en ville ? Des étudiants, des fonctionnaires (puisque les institutions de pouvoir sont essentiellement urbaines et métropolitaines), des gens en fin de carrière (pour qui il est trop tard pour changer), des retraités (trop âgés, sans doute, pour changer de vie) et toutes les racailles possibles et imaginaires, dont des hordes d'immigrés clandestins, hypnotisés par l'image des "grandes villes" occidentales, présentées comme des eldorados dont on déchante très vite.

Donc, dans trente ans, comme les "fins de carrière" et les retraités âgés auront disparu, comme les étudiants seront dans des logiques décentralisées de télé-enseignement, et comme la fin des Etats-Nations verra fondre les effectifs de leurs fonctionnaires, il ne restera plus dans les grandes villes que des touristes et de la racaille, ainsi que tous ceux qui profitent des uns et des autres.

Donc, dans trente ans, la vraie vie se développera dans les zones rurales ou provinciales où le choix de la qualité de vie sera prépondérant et où les infrastructures numériques seront de très bonne efficience.

Très naturellement, par souci de qualité, d'autonomie et d'écologie, ces zones verront se développer une activité agroéconomique locale, de proximité,

 

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Le 12/05/2021

 

De Rémi Soulié (à propos de l'aristocratisme spirituel de Nietzsche) :

 

"La morale de l'immoraliste est (…) aristocratique, non grégaire : 'Qu'est-ce qui est noble ?' constitue une interrogation fondamentale pour qui constate l'omniprésence et l'omnipotence de la plèbe."

 

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Vie et Sagesse … c'est du pareil au même.

Vivre la vraie Vie, la Vie cosmique, c'est être Sage.

Mais vivre sa propre minuscule vie, étroitement, petitement, nombrilesquement … ce n'est que minable.

 

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L'Afrique noire est, dans tous les domaines et dans toutes les dimensions, le "boulet" de l'évolution de l'humanité.

La sous-éducation des filles, la surnatalité, la non-écologie, la corruption des pouvoirs, le niveau d'instruction, l'enlisement urbain, la déliquescence des infrastructures, le court-termisme généralisé, les velléités d'émigration, le règne des expédients, la drogue et l'alcool, le parasitisme professionnel, l'absence d'esprit d'entreprise, etc … ont trouvé, en Afrique noire, leur Eden.

Les régions islamistes et indianistes sont souvent dans la même logique …

 

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La montée en technologie et en complexité semble induire une polarisation des revenus : les compétents gagnent plus, les incompétents gagnent moins (et sont remplacés par robotisation ou par algorithmisation).

Mais cette impression est assez fausse car de nouveaux besoins et de nouveaux métiers apparaissent qui ne seront ni robotisables, ni algorithmisables, mais qui ne nécessiteront pas non plus de hauts niveaux de compétence.

Ces nouveaux métiers ne seront pas très payés, mais permettront de reconstituer une nouvelle classe moyenne.

 

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Le vieillissement des populations est typiquement un faux problème. La réponse à cette tendance est double : l'abolition de l'âge obligatoire de la retraite, et la robotisation et l'algorithmisation de tout ce qui peut l'être.

 

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Tous les problèmes écologiques (donc la survie de l'humanité) ne seront résolus que moyennant deux décroissances : la décroissance de natalité dans les contrées peu développées (Afrique noire, Glacis musulman, Asie du Sud), la décroissance de la consommation dans les contrées très développées (Amérique du Nord, surtout, et Europe).

Procréer moins et consommer moins.

Tout le reste est bavardage stérile.

 

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Le 13/05/2021

 

Je pense que ce qui a fait la force de la culture et de l'intelligence juives, est le simple fait que depuis deux mille ans, nous sommes perpétuellement sommés de nous défendre, de nous justifier, de nous renforcer … alors que nous ne demandons rien à personne, que nous vivons dans notre coin sans embêter personne et que nous n'imposons rien à personne.

Notre petit monde est un monde minuscule, tranquille et à la marge, que le grand monde ne cesse de vouloir écraser.

 

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Face au septuple problème économique actuel :

 

  • de l'endettement mondial,
  • de la hausse du chômage,
  • du vieillissement des populations,
  • de la révolution numérique,
  • du cancer spéculatif,
  • de la pénurisation de toutes les ressources
  • et de la polarisation des revenus,

 

il faut envisager le scénario suivant :

 

  • L'instauration d'une monnaie unique mondiale sur laquelle aucune spéculation n'est possible ;
  • Un droit de tirage infini pour les banques centrales ;
  • L'annulation de toutes les dettes ;
  • L'interdiction absolue de toute autre monnaie que la monnaie unique mondial ;
  • L'argent gratuit pour quiconque, quel que soit les montants demandés (chacun peut se payer tout ce dont il a envie à deux conditions : que cela ne nuise à personne, que le transfert de propriété de la chose cédée soit dûment contractualisé et enregistré).

 

A ces conditions, plus besoin de relance économie à la Keynes et d'interventionnisme étatique dans l'économie, puisque l'on se place dans une situation globale où la demande est infinie et solvable.

 

Deux limites claires et fortes s'imposeront qui obligeront à inventer un autre monde :

 

  • la pénurisation de toutes les ressources limitera de plus en plus sévèrement la capacité d'offre ;
  • tous les marchés seront pilotés par les seuls vendeurs qui vendront, ou pas, selon des critères liés aux comportements et profils des acheteurs ;
  • ne travailleront plus en production (hors robots et algorithmes) que ceux que leur travail passionnera ou honorera au-delà de tout appât de gain.

 

Les conséquences majeures en seront :

 

  • l'autoproduction de beaucoup de biens de consommation ;
  • le réveil majeur de l'esprit d'entreprise non par lucre, mais par passion ;
  • l'effondrement de la consommation (et donc des pollutions et nocivités) ;
  • une disponibilité de temps personnel énorme qu'il faudra apprendre à combler par des activités créatives ;
  • l'effondrement total des grandes villes.

 

Bien sûr, le "marché du travail" en sera totalement chamboulé ; le problème ne sera plus : "J'ai besoin d'argent et suis prêt à faire tout ce que vous voudrez", le problème sera : "Donnez-moi une bonne raison de travailler avec vous".

 

Après une courte période d'euphorie infantile (comme ces vendeuses de chocolateries à qui l'on dit qu'elles peuvent manger tout ce qu'elles veulent quand elles veulent, et qui, après trois jours, sont saturées et écœurées et ne toucheront plus jamais à rien …), les marchés se stabiliseront assez vite et la consommation descendra à un niveau inférieur au niveau actuel : la goinfrerie consommatoire ne dure jamais bien longtemps.

 

La restriction de l'accès à "la masse financière mondiale" pourra être un levier pour forcer les contrées de haute natalité, à descendre drastiquement leur taux de fécondité nette : "trop d'enfants, moins d'argent".

 

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La structure actuelle des accords commerciaux par "zones" confirme parfaitement l'émergence de huit continents dont chacun établit une certaine "étanchéité" par rapport à chacun des sept autres.

Une seule exception symptomatique : l'accord commercial "pacifique" qui mélange et confond "Sinoland" et "Angloland". Cela ne fait qu'indiquer que la partie "océanienne" de l'Angloland (Australie – dont l'essentiel de l'économie vient de son sous-sol en voie d'épuisement et dont les grands clients sont surtout la Chine, le Japon et la Corée -, Nouvelle-Zélande, etc …) quoique culturellement anglo-saxonne et américanisée, se sent économiquement "loin de ses racines" et proche du Sinoland qui l'envahit sournoisement. Mais il faut tout de suite reconnaître que cette lointaine colonie de l'Angloland ne pèse plus grand chose dans l'économie mondiale : elle sera rapidement colonisée et sinisée.

 

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La puissance d'une entreprise se mesure, malheureusement, encore toujours à la hauteur de son chiffre d'affaires et au nombre de ses employés.

Ces deux critères sont, aujourd'hui, totalement obsolètes pour trois raisons :

 

  • le chiffre d'affaires, en l'absence notoire de leviers d'économie d'échelle qui ne concernent pas les ressources immatérielles, ne signifie plus rien ; tout au contraire la logique de la virtuosité tend à privilégier les marges et à négliger le chiffre d'affaires ;
  • les entreprises monolithique, pyramidale et hiérarchique, tels les dinosaures à la fin du jurassique, sont condamnées à disparaître ou à devenir des réseaux protéiformes de petites entités autonomes qui, chacune, construiras sa propre histoire ;
  • la consolidation financière de tels réseaux n'a de signification que financière ou boursière, sans le moindre intérêt réel.

 

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Le monde économique est encore largement sous l'emprise du modèle américain pourtant totalement obsolète. Ses mots-clés sont : croissance, productivité, mondialité, taille, concurrence, finance.

Le monde économique qui vient aura d'autres mots-clés : pérennité, virtuosité, proximité, adéquation, réseau, utilité.

 

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Les plateformes d'intermédiation commerciale réduisent considérablement les effets de taille entre les entreprises : la qualité et le prix des produits offerts y jouent le rôle essentiel et la taille de l'entreprise n'y est plus du tout un critère de décision d'achat.

 

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Le 14/05/2021

 

Le Sacré, c'est ce qui dépasse la vulgarité humaine.

 

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L'étude du rapport : "Le monde en 2040 selon la CIA", montre clairement la lucidité des instances américaines sur la plupart des tendances et ruptures actuelles, mais leur incapacité foncière à les modéliser et à envisager un autre paradigme que celui de la "courbe rouge" dont elles demeurent, envers et contre tout, le parangon : pour elles, le monde reste fait d'Etats et de grosses entreprises multinationales, dont les enjeux essentiels sont financiers (libellés en US-dollars) et sociaux (santé, éducation, prospérité et travail).

La suprématie US, quoique fragilisée, y est réaffirmée, alors que le système américain est en pleine dégénérescence.

Dans ce rapport, la continentalisation économico-culturelle du monde est vaguement entr'aperçue, mais comme un jeu géopolitique entre "grandes puissances" (en gros les USA et la Chine, avec un soupçon d'UE).

Mais l'obsession centrale est et reste "la croissance du PIB" et sa répartition géopolitique.

Et, bien sûr, pas un mot sur la déliquescence de l'US-dollar, cette fausse monnaie qui ne tient que parce qu'imposée, illégitimement, comme monnaie internationale de référence (notamment sur le marché des matières premières).

 

Les instances américaines ne voient pas qu'elles jouent, en fait, un mauvais remake de "La fin de "Empire romain" – l'empire américain - où les "Goths" sont les Chinois et autres extrême-orientaux, et où le champ de bataille n'est pas non plus guerrier, mais bien commercial et technologique. L'empire américain est pourtant déjà moribond … comme l'était l'empire romain dès le troisième siècle.

L'empire américain est apparu lors de la première guerre mondiale (il est donc un pur produit de la dégénérescence de la Modernité qui l'avait fait émerger à la toute fin du 18ème s.) ; il s'est imposé avec la seconde guerre mondiale et a commencé son déclin dans les années 1970 ("civil rights", contre-culture californienne, hippies, gauchisation du système éducatif et des universités, prolifération des drogues, déconfiture au Vietnam, … avant le miroir aux alouettes de la financiarisation artificielle – pléonasme - de l'ère Reagan).

 

Ce qui apparaît, au travers de tout cela, c'est que les observations comportementales ne sont pas mauvaises, mais que les instruments de mesure sont totalement inadéquats. C'est un peu comme si l'on voulait modéliser la vie organique avec la méthode analytique de Descartes.

Le problème est donc, avant tout, épistémologique … et je crains que le niveau intellectuel et culturel des Américains soit de loin insuffisant pour entamer cette révolution épistémologique.

 

Heureusement, en face, les Chinois ne sont guère mieux lotis et n'ont aucune intention d'instaurer un nouveau paradigme, mais, tout au contraire, de devenir le nouveau parangon mondial de l'économisme triomphant et de la "courbe rouge" qui, pourtant, est en train d'irréversiblement s'effondrer ; la dictature chinoise est donc condamnée à une fuite en avant effrénée, comme une harde de chevaux qui galope pour ne pas être emportée par le tsunami qui vient, inexorablement …

 

L'Europe est le seul rempart contre cet effondrement global ; c'est en Europe que la "courbe verte" doit et va émerger. Mais pour cela, il faut que s'affirme clairement une Union Européenne construite en tant que réseau puissant, fédérant globalement et profondément des régions autonomes, dotées d'une tout autre grille de lecture des réalités socio-économiques (décroissance de la démographie et décroissance des consommations matérielles ; croissance des autonomies personnelles et collectives ; intériorisation et frugalisation de la vie ; intelligence technologique ; etc …).

 

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Le croyance naïve au "messie technologique" qui va résoudre tous les problèmes en dépit des lois de la physique, est incroyablement débile.

En particulier, l'ignorance crasse en matière de thermodynamique est insupportable.

Le principe en est très simple, même s'il est désespérant : moins il y a de ressources disponibles, moins il y a de transformations possibles et plus les rendements se dégradent. En effet, ces ressources sont de  plus en plus dégradées (à haute entropie, donc, comme le vent ou la lumière solaire, ou à haute dilution comme l'uranium ou le gaz de schiste) et demandent à être très onéreusement reconcentrées avant usage.

Il est urgent de comprendre que la technologie ne peut faire qu'une chose : améliorer des rendements de transformation qui sont déjà, presque tous, proche de leur maximum possible (le rendement de Carnot).

Tout le reste est bavardage ou science-fiction.

Mais les mythes du transhumanisme ont encore de beaux jours devant eux …

 

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Le dogme de la "concurrence" bénéfique, propre à la culture utilitariste anglo-saxonne, est proprement absurde.

Ce sont les monopoles qui sont nuisibles, pas les coopérations, associations et collaborations.

La concurrence, en tant que principe de régulation, se poserait comme antidote à une insatiable cupidité humaine, comme antidote à cette insupportable expression américaine qui veut que : the winner takes all ("le gagnant rafle tout"). Ce dogme est celui de la compétition ; ce mythe est celui du vainqueur.

Ode systématique à un darwinisme étroit et mal compris qui ne veut pas voir que, dans la Nature, la coopération est un principe de régulation bien plus général et efficace, que celui de la compétition (qui n'est, en fait, que le dernier recours, tant entre individus qu'entre espèces.

La concurrence modère la cupidité, mais ne la combat pas. Et tout cela part de l'idée que la nature humaine est cupide par essence.

Comme tout ce qui concerne les vertus et les vices humains, il est probable que la distribution du taux de cupidité parmi les humains, soit une gaussienne entre prédation et générosité.

Qui est le plus cupide des deux : le pauvre qui a besoin de prendre ou le riche qui a besoin d'accumuler ?

 

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Un autre concept toxique du paradigme ancien, est celui de "domination". Ce concept est central dans la culture coranique et musulmane. Mais il l'est aussi dans la culture occidentale, spécialement anglo-saxonne et américaine.

Il faudrait "dominer" les autres, ou le monde, ou la Nature …

Gloire. Pouvoir. Fortune.

Être enfin mentionné une fois dans le magazine "Forbes" !

Sornettes ! Billevesées ! Fumisteries !

Dominer pour quoi faire ?

Le mythe du vainqueur qui gagne. Le mythe du roi qui règne.

Le goût de la domination est un vice de faible.

Il y a derrière ces mythes, pour le moins infantiles, la croyance que le dominant serait libre (libre pour quoi faire ?), alors que le non-dominant serait esclave (esclave de quoi ?).

On oublie que : "qui oblige, s'oblige". On oublie que le "dominant" est la cible de tous les ressentiments, de toutes les rancœurs, de toutes les jalousies des autres faibles qui voudraient dominer à la place du "dominant".

Et "dominant" par rapport à quoi ?

"Tu me domines par ceci, je te domine par cela ; tu me domines ici, je te domine là". Enfantillages !

La seule chose qu'il faille apprendre à dominer, c'est soi-même ; c'est cette auto-domination intérieure qui rend libre et autonome. Le reste n'est que leurre.

Au cœur de l'idée de domination, il y a celle d'ambition : celle de vouloir "régner". L'ambition est ce désir obsessionnel de dominations et d'hommages ; elle s'apparente à la convoitise et à l'avidité, sans qu'il y ait, nécessairement, de cupidité matérielle.

"Devenir calife à la place du calife" : l'obsession d'Iznogoud de Goscinny. Encore une fois, comme l'ambition ou la domination, l'ambition regarde le monde extérieur, celui des "autres" ; ces trois vices majeurs doivent être combattus au nom de la seule intention qui vaille : celle de l'accomplissement spirituel intérieur.

 

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Quitte à briser une illusion, il faut le redire : par essence, l'énergie ne se stocke pas. Dans certains cas, elle peut être capturée ou encapsulées, mais toujours au prix de rendements lamentables et d'inacceptables consommations et pollutions matérielles.

 

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La révolution numérique fait craindre deux biais majeurs :

 

  • l'hyper-connexion avec pour conséquences l'abolition de la vie privée et de l'autonomie sous toutes ses formes, et la surveillance généralisée "pour votre bien" (santé, sécurité … ou autres) ;
  • la manipulation massive, générale ou ciblée, via les propagations de fausses théories ou de fausses informations, les intoxications émotionnelles ou haineuses, voire subliminales, les trucages d'images ou de vidéos (deep-fake), les "dialogues" biaisés avec des interlocuteurs fallacieux (trolls ou bots), les incitations ou complicités insidieuses (nudges), etc …

 

Face à ces désinformations massives, il est donc urgent de développer ce que, depuis dix ans, j'appelle "la frugalité technologique" et "l'intelligence technologique" : se connecter le moins possible et seulement si c'est réellement et objectivement utile.

 

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Chacun devra veiller à bien doser et harmoniser deux vies parallèles : une vie noétique et numérique de pure utilité (professionnelle, culturelle, ludique, communicationnelle, sociale, …) et une vie locale et intérieure de pure intimité (affective, conviviale, spirituelle, fraternelle, proximale, …).

Une pure vie locale déconnectée induira sclérose, nombrilité et stérilité.

Une pure vie noétique connectée induira névrose, servilité et grégarité.

 

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Il faut réinventer la notion de "famille" au-delà des filiations biologiques.

C'est peut-être cela qu'entend mon ami Michel Maffesoli avec l'idée de "tribu". L'idée de "clan" (défini par le TLF comme un "groupe homogène de personnes envisagées du point de vue de ce qu'elles ont en commun") n'est peut-être pas mauvaise  non plus (et me semble moins "primitive" voire moins "primitiviste", moins "sauvage", moins "exotique" que celle de "tribu").

 

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Le monde de demain sera fait de réseaux d'utilité et de clans d'intimité.

 

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Dans les pays moins développés – mais aussi dans les autres –, la corruption et/ou la démagogie politiques induisent un ressentiment qui augmente … mais le problème posé n'est pas celui de l'assainissement du système, mais celui de l'envie d'un profiter beaucoup plus soi-même.

 

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L'arbre de la connaissance bonne et mauvaise …

"Toute vérité n'est pas bonne à dire" … ni à connaître.

Beaucoup d'esprits ne sont pas préparés à recevoir des informations vraies sur la réalité, car ils sont incapables de les métaboliser.

"Le silence est d'or, la parole est d'argent."

La lucidité est un calvaire pour les esprits faibles.

D'où la nocivité massive des réseaux numériques où chacun cherche et trouve les informations qui lui conviennent et le confortent, au mépris total de leur véracité.

L'injonction de transparence est absurde ; la plupart des gens ont besoin de rêver un monde à leur mesure.

 

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Le rapport : "Le monde en 2040 selon la CIA", serine, comme une litanie ou un mantra, que l'IA dite "Intelligence Artificielle" (qui n'existera jamais, alors qu'existe déjà une "Intelligence humaine Augmentée ou Amplifiée" par la puissance de calcul des ordinateurs) distillera, à chacun, les informations "convenables, utiles et profitables" et pourra ainsi, soit ouvrir les esprits, soit exacerber la méfiance.

Cela est vrai pour toutes les technologies qui, en elles-mêmes, sont neutres, et dont la vertu ne dépend que de la manière dont les humains les utilisent ou les appliquent.

 

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Le 15/05/2021

 

De ma sage amie Néa, d'après un rapport de l'AIER (American Institute for Economic Research) :

 

"Les véritables et incroyables dangers pour la santé consistent à avoir peur, se cacher, contraindre tout le monde à l'isolement, tout désinfecter de manière obsessionnelle, masquer, suivre et faire semblant de tracer, stigmatiser les malades sans distinction, et traiter tous les agents pathogènes comme des sales bestioles à détruire avant qu'ils ne nous atteignent.

 

En réalité, nous devrions les intégrer avec sagesse dans nos écosystèmes en tant qu'associés infatigables dans l'entreprise de survie de l'humanité.

 

Il s'agit donc de coopérer avec intelligence, et non pas de désintégrer comme s'acharnent à le faire, à le dire et à le répéter nos terroristes experts en on ne sait plus trop quoi, qui nous culpabilisent tous les jours par tous les moyens possibles à leur portée, au point de nous gâcher la vie malgré nous. Ces personnes appelées épidémiologistes et déclinaisons sont devenues nos nouveaux maîtres ! Mais la science, ce n’est pas ça !

Et il faut apprendre à résister à la pression de tous ces culpabilisateurs qui se soulagent en nous agressant et en nous transmettant leurs angoisses"

 

Oui, nous voici bien prisonniers dans des grottes ... Platon parlerait de la caverne et de son mythe.

Nous en sommes là : ne voir que des ombres fallacieuses sur des parois obscures et oublier de se retourner vers la Lumière, de briser les chaînes de nos "servitudes volontaires" et de sortir au grand air de la vraie Vie de l'Esprit.

 

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Je conteste vigoureusement la confusion faite entre "cerveau" (neuroscientisme) et "esprit" (noologie). L'esprit est consubstantiel avec la totalité de notre corps (chacune de nos cellules possède une mémoire, une sensibilité, une intention de survie, une intelligence de son monde, une conscience de vivre ...). Le cerveau est un organe de logistique informationnelle, mais l'esprit ne se confond pas avec lui.

Métaphore : une entreprise avec sa culture, son esprit d’entreprendre ou d'équipe, son engagement dans un projet, etc ... ne peut jamais être réduite à son seul système informatique, quelque puissant soit-il.

 

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L'égalitarisme et le nihilisme (l'indifférentisme du "rien ne vaut" et l'indifférencialisme du "tout se vaut") vont de pair : l'égalitarisme est un nihilisme puisqu'il nie les différences objectives, et le nihilisme est un égalitarisme puisqu'il noie tout dans le même néant d'absurdie.

L'égalitarisme – et donc le nihilisme qui le sous-tend – est le socle fondateur de la gauche. Être de gauche, c'est proclamé l'égalité de tous en tout.

Or, aujourd'hui, la logique se renverse – jusqu'à l'absurde avec le wokisme – et l'affirmation, sans discernement, des différences devient une posture identitaire.

 

Rien ne serait à redire à propos de ce différencialisme, s'il ne recyclait pas, de surcroît, le victimisme gauchisant qui était sous-jacent à l'égalitarisme : "nous sommes tous égaux, mais je suis opprimé par ceux qui sont plus égaux que moi".

Cela devient : "nous sommes tous différents, mais je suis opprimé par ceux qui n'ont pas les mêmes différences que moi".

 

Tant que ce victimisme se limite à une pleurnicherie infinie entre soi, il n'embête personne. Mais tel n'est plus le cas. Le victimisme devient un fonds de commerce, alimenté par tous les ressentiments et toutes les culpabilisations.

Il faut être clair : personne n'oblige personne à revendiquer et à afficher ses soi-disant différences ; dès lors que ces revendications deviennent agressives et violentes, elles induisent, nécessairement, des réactions discriminatoires de la part de l'immense majorité qui ne se reconnaît pas dans ces différenciations dont, au fond, elle se fiche éperdument.

 

Le plus paradoxal, dans ce dossier, est que le victimisme identitaire et l'égalitarisme gauchisant, pourtant largement incompatibles (on ne peut pas, logiquement, être en même temps, différent et égal), convergent dans la même lutte contre le système sociétal tel qu'il est admis et souhaité par la grande majorité des gens.

 

De là, la réaction de plus en plus négative et droitière de cette majorité de gens qui en a assez de se faire culpabiliser et accuser de tous les maux, par ces fangeux et nauséabonds activismes radicalisés.

Quand cette majorité est clairement blanche, judéo-chrétienne, hétérosexuelle et patriarcale, ceux qui se revendiquent agressivement et violemment d'une identité noire, musulmane, homosexuelle et/ou hyperféministe ne doivent pas s'étonner d'être ostracisés.

 

Si le différencialisme doit être promu (notamment entre hommes et femmes qui ne sont ni égaux ni inégaux, mais qui sont magnifiquement et indispensablement complémentaires), l'égalitarisme gauchisant et le victimisme identitaire doivent être conjointement combattus et extirpés de nos sociétés, pour la bonne et simple raison qu'ils ont, tous deux, une vocation et une logique totalitaires.

 

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Les médias sociaux ne favorisent pas du tout la circulation des informations et des connaissances. Tout au contraire, par application de l'aphorisme "Qui se ressemblent, s'assemblent", ils favorisent des clanifications et des tribalismes d'opinion qui constituent autant d'entre-soi quasi fermés où fermentent les mêmes remugles d'inconnaissance entre ignorants ou activistes patentés.

 

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L'humanité s'achemine vers la constitution de deux mondes humains bien distincts : le monde réel des clans locaux d'intimité et le monde virtuel des réseaux numériques d'utilité.

Le pouvoir politique ne jouera plus que sur le monde, continentalisé et réticulé, des clans locaux d'intimité (ces lieux d'ancrage dans le réel et le naturel où s'expriment les affinités de clans qui veulent vivre leur quotidien, physiquement, ensemble).

L'autre monde, celui, virtuel, des réseaux numériques sera un immense archipel de communautés autonomes construites sur un fond commun (d'opinions, de jeux, d'intérêts, etc …), et flottant sur un océan de données où navigueront des pirates, des trafiquants, des explorateurs et des aventuriers.

 

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Les Etats, dits démocratiques ou non, sont des superstructures mécanistes qui sont de plus en plus incapables de répondre adéquatement à la complexité exponentiellement croissante tant des activités et aspirations humaines que de leur environnement écosystémique.

La globalisation des problématiques rend ces structures étatiques locales largement impuissantes.

Le divorce entre les Etats et les mondes humains est en train de se consommer.

Le monde humain évolue comme un ensemble de clans naturels et de réseaux virtuels de plus en plus autonomes, dont les régulations globales doivent relever d'une autorité supranationale appuyée sur une légitimité culturelle homogène : le continent !

Il y a déjà huit continents d'homogénéité culturelle : Euroland, Angloland, Latinoland, Afroland, Islamiland, Russoland, Indoland et Sinoland. Ces continents ont peu à voir avec les anciennes puissances géopolitiques (par exemple : le Sinoland est bien plus large que la République Populaire de Chine, et englobe tout le bassin culturel extrême-oriental du Japon au Vietnam ; l'Angloland regroupe l'Angleterre – mais ni l'Ecosse, ni l'Irlande –, les USA, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ; le Latinoland regroupe toute l'Amérique du sud et l'Amérique centrale ; l'Afroland s'identifie à l'ensemble de l'Afrique noire subsaharienne ; etc …).

 

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A propos des inégalités …

Quel que soit le critère utilisé (fortune, revenu, intelligence, éducation, etc …) la répartition statistique des gens est la loi normale (dite : gaussienne), avec la loi de Pareto comme corolaire immédiat.

La loi normale humaine n'est en général pas tout-à-fait symétrique (du fait de rétroactions internes non linéaires – il est bien plus facile de faire un opposant que de faire un sympathisant car, chez la plupart des humains, la peur de perdre est toujours plus forte que l'envie de gagner) et se ramène à 15% de nantis, 22% de satisfaits, 40% d'indifférents (la population centrale du panem et circenses) et 23% de mécontents. Selon les jeux idéologiques, les 40% d'indifférents regarderont soit plutôt du côté des "satisfaits", soit plutôt du côté des "mécontents". En démocratie, de toutes les façons, ce sont les indifférents qui "font majorité".

Quant à la loi de Pareto, elle intègre la loi normale et aboutit toujours à ce même constat : 80% des problèmes viennent de 20% des gens.

La typologie exprimée ci-dessus correspond à la pratique des entreprises : 15% d'entrepreneurs, 22% de sympathisants, 40% de médiocres et 23% de saboteurs.

 

Il est utile d'interroger la génération montante sur cette structure :

 

  • les 15% de constructeurs : que voudront-ils construire ?
  • les 22% de suiveurs, ; qu'est-ce qui va les enthousiasmer ?
  • Les 40% d'indifférents : quels seront leur "pain" et leurs "jeux" ?
  • Les 23% d'opposants : quels seront leurs slogans ?

 

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Le point clé du maintien d'un pouvoir quelconque, dans un monde de haute complexité et de haute chaotisation, est sa capacité à décider vite et bien, et à mobiliser très rapidement les ressources nécessaires pour mettre ses décisions à exécution.

C'est cette efficacité qui fonde sa légitimité, démocratique ou pas. Le mot essentiel est : décider "bien" c'est-à-dire décider de façon à satisfaire les attentes prioritaires des gens qui "font le système".

C'est, en somme, un mode d'évergétisme.

 

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La gouvernance des mondes humains sera de moins en moins assumée par des institutions politiques largement dépassées et obsolètes (mais qui garderont un rôle important mais en collaboration avec beaucoup d'autres).

Cette gouvernance, selon le modèle général des systèmes complexes, reposera sur sept piliers distincts (et les plus autonomes possibles dans leur interdépendance et dans la nécessité de leur optimisation globale, qui est le septième pilier).

Les six piliers autres auront comme point focal :

 

  • l'identité historique et culturelle (la mémoire commune),
  • le projet intentionnel collectif (les modalités futures du vivre-ensemble),
  • la cohérence et la solidité des territoires intérieurs et de leurs infrastructures,
  • l'efficacité de l'écosystémie extérieure vis-à-vis des autres mondes, humains et non humains,
  • l'efficience des organisations, modèles et règles communes,
  • la lutte contre les facteurs externes de chaotisation.

 

Chacun de ces six piliers appelle une gouvernance qui ne sera pas nécessairement démocratique, mais devra toujours être au service de ce qui la dépasse, au service de l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit.

Pourvu que les gens se sentent vraiment heureux, qu'importe le régime politique.

 

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Le 16/05/2021

 

Le rapport 2040 de la CIA est clairement obsédé par les questions de défense et de développements militaires. Obsession tout américaine qui veut que les USA, depuis 1940, se prennent pour le gendarme du monde (alors que, depuis la Corée, ils ont perdu toutes leurs guerres) et mettent leur nez partout où il ne faudrait pas.

Qu'on se le dise : la mondialisation est finie. Chacun chez soi et les vaches seront mieux gardées. Aucun des huit continents n'est assez riche pour en envahir un autre et s'y maintenir.

Les seules zones de fragilité sont les pays qui n'appartiennent pas encore clairement à un des huit continents ou qui appartiennent à un continent peu intégré (l'Afroland ou l'Islamiland, par exemple).

Il est urgent de renforcer ces continentalisations et de tisser, entre les continents, des accords de non-agression : si un des continents attaque, les sept autres doivent le boycotter immédiatement sur toutes les dimensions économiques.

 

Une autre obsession de ce rapport (très en lien avec la précédente) concerne les jeux de domination, les jeux de concurrence et de compétition, les jeux d'ambition, les jeux de la "guerre de tous contre tous".

Cette vision de la géopolitique – typiquement américaine – est désuète et obsolète. Elle est tout entière construite sur une vision étroite et étriquée d'un darwinisme simpliste dont on sait clairement, aujourd'hui, que, dans la vie réelle, il n'est que le tout dernier recours lorsque toutes les autres stratégies pacifiques et collaboratives de régulation ont échoué.

A l'issue d'une guerre, il n'y a que des perdants ; il serait temps que les USA, après les raclées qu'ils ont prises en Corée, au Vietnam, en Afghanistan, en Irak et en Syrie, comprennent, une bonne fois pour toute, que les ambitions de domination sont toujours débiles et infantiles.

 

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La puissance manipulatoire des médias sociaux et des réseaux numériques est réelle, actuellement, mais elle s'estompera assez vite car elle n'est qu'un effet de mode : "même un âne ne bute jamais deux fois sur la même pierre".

Pour mes grands-parents, quelque chose était vrai si c'était écrit dans la "gazette" ; aujourd'hui, la presse a perdu toute crédibilité. Il en ira bientôt de même avec les médias numériques.

La majorité des gens ne cherche aucunement la "vérité" sur quoique ce soit ; elle ne cherche que "du pain et des jeux".

Les manipulations électorales ? Il n'y aura bientôt plus d'élections.

Les manipulations activistes ? Elles ne concernent que des minorités marginales.

Les manipulations géopolitiques ? Elles n'intéressent quasi personne.

 

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Chaque continent a, aujourd'hui, ses propres préférences en matière de gouvernance. En gros, il y a trois systèmes en lice :

 

  • le système libéral : Euroland et Angloland ;
  • le système dictatorial : Sinoland, Russoland et Islamiland ;
  • le système vénal : Afroland, Latinoland et Indoland.

 

Le maintien en place des totalitarismes a un coût prohibitif, ce qui les condamne dans la durée.

Les gouvernances par la corruption organisent des détournements de fonds qui rendent impossible tout décollage économique durable.

Seul le système libéral est solide et durable.

La question n'est donc pas de choisir entre libéralisme et autre chose ; la seule question est de définir quel libéralisme est préférable, parmi toutes ses variantes possibles, sachant que le socle commun à toutes les variantes du libéralisme, est l'absoluité de l'autonomie personnelle et collective.

 

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Les institutions mondiales (ONU, BM, FMI, OMS, OMC, UNESCO, etc …) sont condamnées à disparaître.

c'est la conséquence de la fin de la mondialisation.

Des institutions similaires s'établiront au niveau continental.

 

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Les dix grandes lignes de force pour les trente ans qui viennent :

 

  1. la fin de la mondialisation et l'établissement d'une continentalisation semi-ouverte,
  2. la fin des hydrocarbures et la déconfiture de l'Islamiland et du Russoland,
  3. l'essoufflement et la fin de la fuite en avant du Sinoland,
  4. l'effondrement de l'économie financiarisée et la déconfiture de l'Angloland,
  5. la montée, à partir de l'Euroland, d'une économie de la frugalité et de la proximité,
  6. l'organisation humaine en clans d'intimité et en réseaux d'utilité,
  7. l'étouffement démographique et vénal de l'Afroland et de l'Indoland,
  8. le pourrissement du Latinoland,
  9. l'établissement progressif d'une éthique globale de la non-agression,
  10. l'abandon des logiques de domination, de compétition et de conquête.

 

Bien sûr, ces dix pistes se recoupent et s'entrecroisent, certaines en ralentissant ou accélérant d'autres.

Il s'agit bien d'une évolution organique qui n'a donc rien de mécanique.

 

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Tout est possible, même l'improbable, mais rien n'est jamais certain.

 

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Il y a des mots qu'en vieillissant, j'ai appris à haïr : domination, suprématie, souveraineté, contrôle, dictature, influence, ascendance, manipulation, hégémonie, mainmise, compétition, guerre, combat, compétition, concurrence, victoire, conquête, ambition, cupidité, rivalité, agressivité, violence, méchanceté, hargne, brutalité, barbarie, etc …

 

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De Martin Heidegger, à propos du chemin de pensée :

 

"A chacun de ceux qui le suivent, il donne ce qui lui revient."

 

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Mon ami Michel Maffesoli affirme que les trois piliers de la Modernité sont l'individualisme (qui est, en fait, l'affirmation de la prééminence de l'autonomie personnelle), le rationalisme (qui est, en fait, le rejet de tout autre chemin vers la connaissance que la démarche logico-déductive) et le progressisme (qui est, en fait, l'autre nom d'une insidieuse progression de l'histoire vers la réalisation du socialisme).

Non ! Ces trois mots ne couvrent qu'une petite partie d'une Modernité déclinante seulement (celle d'après 1848).

Il vaudrait mieux dire : anthropocentrisme (le phantasme d'un humain centre, sommet et but de l'univers), philosophisme (le phantasme d'une pensée objective et libérée) et idéalisme (le phantasme d'un monde "à venir" comblant ces caprices que l'on appelle "idéaux").

 

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Michel insiste bien sur la distinction, fondamentale à ses yeux, entre la "puissance du peuple" et le "pouvoir des élites", celui-ci dépendant de celle-là puisque ce serait celle-là qui "légitimerait" celui-ci.

D'abord, le "peuple" n'existe pas – pas plus que la "nation" – ; ce sont des abstractions artificielles inventées par l'Etat pour se légitimer en mettant dans un même sac toutes ces réelles communautés de vie qui ne se reconnaissent pas entre elles.

Ensuite, les "élites" ne sont pas ces démagogues qui exercent le "pouvoir" ; les "élites" authentiques sont cette aristocratie intellectuelle et spirituelle qui prend bien garde de ne justement pas emprunter les chemins de ce pouvoir artificiel et inutile.

Enfin, les masses n'ont aucune "puissance" ; elles ne sont que des troupeaux de moutons de Panurge qui vont là où les pousse leur seul moteur : "du pain et des jeux".

 

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Il n'y a aucune "sagesse populaire" ; la plèbe ne fait que perpétuer ce qu'elle a retenu des pensées des élites du passé. Du pur psittacisme !

 

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Le "peuple", c'est la négation de la "personne".

 

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La notion de "l'Occident" est tout sauf claire. De quel Occident parle-t-on : de l'Occident hellénique, de l'Occident romain, de l'Occident chrétien, de l'Occident féodal, de l'Occident moderne avec ses variantes latines et germaniques, catholiques et protestantes, bourgeoises et socialistes ?

Qu'ont-ils de communs, ces divers "occidents" que l'on amalgame si joyeusement, si simplistement ?

Il y a bien longtemps que l'Europe n'a plus grand' chose à voir avec les deux Amériques … et pourtant, on s'obstine à parler de ce ternaire comme de "l'Occident".

Qu'ont encore en commun ces trois continents ? Qu'ont en commun un Finlandais et un Vénézuélien, un Californien et un Suisse, … ? Autant qu'un Chinois et un Parisien.

 

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Il n'y a pas des vérités multiples, rivales, antagoniques qui justifieraient un relativisme confortable et bienveillant.

La Vérité est une et se construit par strates successives ; elle est un Temple unique où les pierres nouvelles prennent leur place au-dessus des pierres anciennes qui les stabilisent et les élèvent.

La Vérité n'est pas une mosaïque de fragments indépendants plus ou moins juxtaposés dans l'ironie des "esprits forts" ; elle est un processus organique qui progresse vers la Lumière qui est une et absolue.

Le Réel est la manifestation d'un principe unique de cohérence dont la connaissance s'appelle la Vérité. Toute l'histoire de la pensée humaine narre la progression lente et difficile, souvent à reculons, vers une gnose de ce principe de cohérence.

La Vérité n'a rien de dogmatique, elle est un cheminement accumulatif, selon un procédé éternellement dialectique entre le perçu et le conçu, entre l'image et l' modèle.

 

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Faut-il encore le répéter : les "sciences" sociales, les "sciences " économiques, les "sciences" psychologiques ou, plus généralement, les "sciences" humaines n'ont absolument rien de scientifique ; au mieux, ce sont des conjectures … et, au pire, des remugles idéologiques.

Ne peut être scientifique que ce qui est en parfaite conformité avec les fondements cosmologiques de la physique fondamentale.

Quoique puissent en penser les "professeurs " de "sciences" humaines, le processus humain n'est qu'un sous-processus infinitésimal du processus cosmique dont il n'est qu'une minuscule manifestation.

 

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La résurgence de l'émotionnel est une régression.

L'émotion est le degré zéro de la sensibilité.

 

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Toute conjecture est un fantasme idéologique : cela consiste à raconter le monde ou l'humain tel que l'on voudrait qu'il soit.

 

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Le 17/05/2021

 

D'après le SICS :

 

"Quel est le point commun entre le déclassement scientifique et industriel de la France, la déroute de l’administration dans la gestion de la crise sanitaire et l’appauvrissement du débat dans la sphère publique ?

À des degrés différents, tous sont les conséquences de l’affaiblissement de la culture scientifique dans notre société. Les polytechniciens, seuls hauts fonctionnaires sensibilisés aux sciences et techniques, ont quasiment disparu des postes-clefs de l’État au profit des énarques, dont la culture est naturellement administrative. Il ne faut pas s’étonner que ceux-ci ne comprennent pas les grands enjeux scientifiques et techniques.

Prenons l’exemple de l’évaluation des politiques publiques. Alors que la France décroche dans tous les classements internationaux, on continue à affirmer que nous avons 'le meilleur système de santé', 'le meilleur système éducatif', 'la meilleure protection sociale', 'les retraites les plus protégées'. Si nos élites avaient été formées à la démarche scientifique, elles analyseraient, compareraient et concluraient naturellement à la nécessité de nous inspirer d’expériences qui fonctionnent ailleurs. Ce que nous ne faisons quasiment jamais. Apprendre les sciences, c’est apprendre à penser. Réinjecter de la science dans la sphère publique n’est pas une affaire de moyens, c’est d’abord une affaire de contenu et une ambition à assumer. À l’école, mieux former les enseignants, stimuler la curiosité de l’enfant, lui apprendre à douter. Côté administration, favoriser les parcours issus du monde scientifique et technique. Dans la sphère publique et politique, assumer une parole capable de reconnaître erreurs et ignorances. En formant les futurs citoyens à la démarche scientifique, on réarmerait intellectuellement les Français face à la complexité du monde."

 

L'effondrement de la culture scientifique, un peu partout en Occident, est un très mauvais signe, un très mauvais augure.

 

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Cette vision négative de la spiritualité qui ne la considère que comme antidote à l'angoisse de la mort, est par trop tronquée et simpliste.

La spiritualité cherche à donner du sens à tout ce qui existe (en ce compris la mort, mais pas seulement).

L'antithèse de la spiritualité, c'est l'absurdité érigée et système : rien n'aurait de sens puisque tout serait le fruit du hasard et de l'illusion.

La spiritualité pose un principe : celui d'un fondement de tout dans un principe de cohérence tant dans l'espace (l'interdépendance de tout ce qui existe) que dans la forme (la logicité de tout ce qui existe) et dans le temps (l'intentionnalité de tout ce qui existe).

Les chemins de la spiritualité sont multiples et exploitent toutes les facultés de l'esprit (mémoire, volonté, sensibilité, intelligence et conscience).

Parmi ces chemins, ceux de la rationalité (intelligence supérieure) et ceux de l'intuitivité (sensibilité supérieure) engendrent une dialectique féconde (conscience supérieure) qui permet un cheminement plus sûr.

 

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L'obstination des "sciences humaines" à vouloir absolument considérer le "phénomène humain" comme détaché du reste de l'univers (la totalité qui existe) et de son cosmos (l'ordre qui existe), est affligeant.

Il y a là un dualisme (à la fois platonicien et cartésien) désastreux qui empêche de comprendre le Tout comme Un.

L'humain n'est pas d'une nature différente du reste qui existe. Au mieux, on peut distinguer des différences de degrés, mais jamais des différences de natures.

L'humain n'est qu'une manifestation, parmi des myriades d'autres, du processus cosmique qui construit la Matière, la Vie et l'Esprit dont l'humain participe.

La raison d'être de la spiritualité est, précisément, de découvrir l'intention profonde et ultime de cette vaste construction, et de l'adopter comme guide de vie.

 

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Les mots et concepts d'un paradigme s'usent et disparaissent avec lui.

 

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Ces phantasmes – que l'on peut aussi appeler "rêves" ou "idéaux" … -, il faut s'en débarrasser et les éradiquer de la Vie et de l'Esprit.

Ce sont des fléaux qui aveuglent et qui distraient (dis-trahere : "tirer à l'écart") de la réalité du Réel, qui seule compte et importe.

Ces phantasmes sont la source de toutes les souffrances, de toutes les haines et de toutes les violences.

 

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De Michel Maffesoli :

 

"(…) ces garderies d'enfants attardés que sont devenues les universités."

 

Bien vu, Michel !

 

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L'évolution du "phénomène humain", en général, et des socialités ou communautés humaines  en particulier, n'échappe en rien aux lois générales qui président à l'évolution de n'importe quel processus complexe dans l'univers.

Ce sont les mêmes théories et modèles généraux concernant les systèmes et processus complexes qui s'appliquent. Humains ou pas.

Il est urgent que disparaissent les "sciences humaines" et leurs ostracismes. Ou bien ce sont des sciences et elles relèvent de la physique ; ou elle n'en sont pas et elles volent à la poubelle.

Quant aux idéologies politiques et sociales déguisées en "sciences humaines", il est urgent de les dénoncer et de les éradiquer.

 

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Le 18/05/2021

 

Il y a deux mondes : celui de la profanité qui est dans la temporalité et celui du Sacré qui est dans l'intemporalité.

La Franc-maçonnerie, si elle veut assumer sa vocation spirituelle et initiatique, doit se rapprocher, au plus près, de ce deuxième monde intemporel et s'éloigner, le plus loin possible, de la profanité humaine, trop humaine, et de ses effets de mode, d'opinion et de militance.

Il existe beaucoup d'autres lieux pour cela et bien mieux outillés.

Le travail maçonnique est exclusivement spirituel et symbolique, intérieur. Pour entendre pérorer sur des évolutions sociales ou politiques, ou sur des opinions philosophiques ou éthiques, le mieux est de s'inscrire dans une université où ceux qui parlent savent de quoi ils parlent, puisque c'est leur spécialité.

La transmission maçonnique n'est pas celle d'un savoir quelconque, mais celle d'une méthode d'approche du Sacré et, derrière lui, du Divin.

La Franc-maçonnerie est un Ordre millénaire, construit sur une Règle vénérable et intangible.

Les règles du football sont ce qu'elles sont. Personne n'interdit à quiconque de jouer au rugby avec d'autres règles, mais alors cela ne s'appelle plus du football !

Il y a de l'ordre de 20 millions de Francs-maçons dans le monde, appartenant tous à des obédiences régulières et reconnues, pratiquant la même Règle maçonnique. Et puis, il y a la "voie substituée" à la française (220 obédiences rien qu'en France, toutes non reconnues, et totalisant environ 140.000 membres).

 

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Le recours obsessionnel au concept du "vivre-ensemble" est typiquement citadin, voire, plutôt, métropolitain.

Dans la ruralité, on vit essentiellement – et joyeusement – seul.

Le problème du "vivre-ensemble" n'apparaît, dans toute son artificialité, que lorsque monte le niveau de promiscuité.

La pandémie et l'intensification du télétravail ont d'ailleurs eu cet effet positif remarquable, que beaucoup de gens fuient les grandes villes pour aller vivre à la campagne ou dans les petites villes de province.

C'est ce que Nicolas Baverez a appelé "la revanche des territoires sur les métropoles". Il écrit ceci :

 

"Les métropoles ont structuré la mondialisation, formant un réseau de villes-mondes qui concentraient les hommes, les richesses, les services à haute valeur ajoutée, les technologies, les connaissances et les pouvoirs. Elles étaient fondées sur le principe de la mobilité, assurée par les systèmes de transports collectifs ainsi que des réseaux aériens, maritimes et numériques qui gouvernaient des chaînes de valeur démesurément étendues. Elles impulsaient et profitaient de la polarisation des revenus et des emplois, des talents et des entreprises, des centres de décision et de l'espace, avec pour contrepartie une hausse vertigineuse des prix de l'immobilier.

La pandémie de Covid-19 a fracassé et renversé ce modèle. Les métropoles ont été frappées de plein fouet par l'épidémie, les restrictions sanitaires, la crise des services et la chute de la mobilité. Les confinements ont provoqué l'exode des plus aisés tandis que les plus pauvres étaient assignés à résidence. La généralisation du télétravail a vidé les quartiers d'affaires et les tours de bureaux – de Manhattan à la Défense, en passant par la City."

 

Et Baverez de continuer :

 

"Ces régions offrent en effet la présence de la mer, l'espace et l'accès à la nature, la qualité de la vie et une moindre insécurité, d'excellentes infrastructures et des établissements scolaires performants – souvent privés –, des circuits courts de consommation, enfin. Longtemps phagocytées par les métropoles, les agglomérations de taille moyenne qui les entourent revivent et séduisent de plus en plus les cadres et les catégories supérieures de la population. Ce mouvement de rééquilibrage du territoire est salutaire et peut contribuer à un développement plus soutenable tant sur le plan géographique que sur le plan social."

 

Le rejet de la promiscuité a fini par triompher du snobisme citadin.

Il est essentiel de surtout ne jamais confondre promiscuité, d'une part, et proximité ou intimité, d'autre part.

Les grandes villes sont des lieux de promiscuité qui empêchent la proximité et l'intimité.

S'il faut vraiment donner un sens au concept du "vivre-ensemble", ce sera celui-ci : vivre-ensemble , en grande proximité au quotidien, une belle intimité d'un petit nombre d'humain, au sein d'un même clan local ou d'un même réseau noétique.

 

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La nature est personnelle (chacun possède sa propre nature), mais la culture est collective (c'est l'ensemble des modèles et méthodes enseignés dans les familles, parfois, mais surtout dans les écoles).

Dans le for intérieur de chacun, nature et culture interagissent incessamment comme interagissent la vie et l'esprit pour nourrir une dialectique constructive de soi.

 

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La culture véhicule et transmet les modèles (grilles de lecture du monde) et méthodes (protocoles de résolution de problème) qui sont le fruit du travail des intellectuels du passé. Ainsi, à chaque moment, coexistent deux cultures qui parfois s'opposent : celle que l'on a apprise, venant des intellectuels du passé, et celle qui émerge du travail des intellectuels du présent.

 

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Très clairement, il n'existe pas de "culture populaire" hors ce que la populace a cru comprendre et a vaguement retenu de la culture apprise et venant du passé par diverses voies d'enseignement.

 

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Les masses populaires n'ont jamais été rationnelles ; elles ont toujours été émotionnelles. Et c'est bien cela le problème !

La rationalité est un apprentissage long et difficile, inaccessible en dessous d'une certain niveau d'intelligence : un crétin n'est jamais rationnel, seulement émotif et reptilien.

Cette émotionnalité et cette émotivité des masses, tant qu'elles sont canalisées par des "jeux" de tous ordres, ne posent pas de problèmes majeurs : les débordements puérils du public d'un match de football ou d'un concert de musique "pop", ne portent pas vraiment à conséquence. Ils ne font que démontrer l'immaturité foncière de la plèbe.

En revanche, lorsqu'elles ne sont plus dûment canalisées par les "jeux", elles s'expriment sous toutes les formes les plus hideuses – et le plus souvent métropolitaines - de la haine, du ressentiment et/ou de la violence.

La complexification croissante du monde réel rend la rationalité et la logicité dudit monde de plus en plus opaques aux yeux plébéiens ; d'où la montée concomitante des malaises et revendications sans queue ni tête, comme ceux des funestes "gilets jaunes".

 

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La culture, la vraie culture, c'est une bibliothèque. Le reste n'est que divertissements ou scories.

 

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Pourquoi l'humain – du moins une minorité – pense-t-il ? Parce qu'il est inadapté à la vie sauvage et que pour pouvoir y survivre, il était impérieux d'anticiper les dangers et les opportunités. Et pour anticiper, il faut comprendre la rationalité et les logicités à l'œuvre dans le monde réel.

Certains y réussirent bien mieux que la grande majorité des autres et ils devinrent, naturellement, les guides du clan. Et leurs enseignements ont été mémorisés, vénérés, transmis et sacralisés pour former la "culture" locale.

Mais comprendre le monde et mener la troupe requièrent des talents différents d'où la différenciation ancestrale entre le chef qui détient le pouvoir, et le guide (sorcier, chamane, prêtre, …) qui fait autorité.

Dès lors que le guide veut devenir chef ou que le chef veut devenir guide, la dialectique constructiviste est rompue et le totalitarisme s'installe (se souvenir de Louis XIV, de Robespierre, de Napoléon, de Bismarck, de Lénine, de Mussolini, de Hitler, de Staline, de Mao, de Pol-Pot, de Poutine, de Xi, d'Erdogan, …).

Pour être complet, au chef et au guide, il faut ajouter ce que, faute de mieux, on peut appeler l'artisan qui ne cherche ni le pouvoir du chef, ni l'autorité du guide, mais seulement la valeur (la prospérité).

La Modernité a voulu éradiquer la notion de guide pour se conserver que le dualisme entre le chef (le démagogue qui séduit les foules) et l'artisan (l'entrepreneur qui produit de la valeur).

Or, et c'est là le problème actuel, pour engendrer de l'équilibre (de l'homéostasie), de la constructivité et de la complexité positive, il est indispensable de posséder un tripode (cfr. David Ruelle). Il est donc impérieux, dans l'émergence actuelle du nouveau paradigme (la "courbe verte") de briser le dualisme moderne (politique/économique, capitalisme/socialisme), de restaurer un trépied (selon le modèle de Dumézil) et de réinstituer un pilier "guide" (spiritualité, sacré, finalité, sens, …) qui fait autorité face au pouvoir et à la valeur.

 

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La mythologie et la cosmologie visent toutes deux, par des chemins différents, à atteindre le fond ultime du Réel (le Divin, le Logos). Elles ne sont pas nécessairement contradictoires même si elles n'usent pas des mêmes symboles. Mais il ne faut surtout pas confondre, alors, la mythologie avec les affabulations infantiles véhiculées par les "contes et légendes" dont relèvent, aujourd'hui, tous les complotismes, toutes les rumeurs, toutes les fausses théories (dont celle du "genre") véhiculés par les médias sociaux.

 

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C'est effarant cette constante confusion entre scienticité (comprendre et contempler le Réel avec des théories adéquates) et la technicité (maîtriser et façonner le Réel avec des procédés efficaces).

 

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Les vraies racines de l'humain ne sont pas dans l'humain … heureusement !

L'humain est un terreau trop maigre, héros du pillage et du saccage, triste sire se prenant pour un roi.

Le sens et la valeur de l'humain, ne sont pas dans l'humain.

Pour un Héraclite, un Spinoza, un Newton ou un Einstein, combien y eut-il de centaines de millions de crapules qui ne méritaient même pas le lait de leur mère.

 

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Le 20/05/2021

 

La pseudo-maçonnerie "héritière" des "Lumières" (laïcisme, humanisme, égalitarisme, républicanisme, …) va mourir avec la Modernité. Il faut abolir cette "voie substituée".

La Franc-maçonnerie doit retourner à ses racines profondes intemporelles : l'Art de construire le Sacré ! C'est cela la Franc-maçonnerie régulière universelle et rien d'autre.

 

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Les femmes et les hommes ne sont ni égaux, ni inégaux. Ils sont différents ainsi que l'a voulu la Nature par ce coup de génie génétique que fut la différenciation sexuelle.

Et la différence appelle, à la fois, respect et complémentarité.

Le concept de "parité" est simplement absurde, notamment en termes de pouvoir (politique ou entrepreneurial). Les hommes veulent le pouvoir artificiel, les femmes ont le pouvoir réel … et ce, depuis la nuit des temps !

 

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Le 21/05/2021

 

Tant que le Hamas (salafiste, djihadiste, islamiste et terroriste, à la botte des Frères musulmans) tiendra la population de Gaza en otage en en faisant son bouclier humain, rien ne sera possible. D'autant plus que l'occident continue à déverser de copieuses "aides financières" qui sont immédiatement converties en achat d'armes et munitions.

 

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De Michel Onfray à propos de son dernier livre : "L'Art d'être Français" :

 

"Un manuel de résistance à l'intention des nouvelles générations.

 

Que dire à des jeunes de vingt ans pour leur conduite dans ce monde qui part à la dérive ? La civilisation s'effondre, les valeurs s'inversent, la culture se rétrécit comme une peau de chagrin, les livres comptent moins que les écrans, l'école n'apprend plus à penser mais à obéir au politiquement correct, la famille explosée, décomposée, recomposée se retrouve souvent composée d'ayants droit égotistes et narcissiques.

De nouveaux repères surgissent, qui contredisent les anciens : le racisme revient sous forme de racialisme, la phallocratie sous prétexte de néoféminisme, l'antisémitisme sous couvert d'antisionisme, le fascisme sous des allures de progressisme, le nihilisme sous les atours de la modernité, l'antispécisme et le transhumanisme passent pour des humanismes alors que l'un et l'autre travaillent à la mort de l'homme, l'écologisme se pare des plumes anticapitalistes bien qu'il soit le navire amiral du capital – il y a de quoi perdre pied.

J'ai rédigé une série de lettres à cette jeune génération pour lui raconter les racines culturelles de notre époque : elles ont pour sujet la moraline, le néoféminisme, le décolonialisme, l'islamo-gauchisme, l'antifascisme, la déresponsabilisation, la créolisation, l'antisémitisme, l'écologisme, l'art contemporain, le transhumanisme, l'antispécisme.

L'une d'elles explique en quoi consiste l'art d'être français : d'abord ne pas être dupe, ensuite porter haut l'héritage du libre examen de Montaigne, du rationalisme de Descartes, de l'hédonisme de Rabelais, de l'ironie de Voltaire, de l'esprit de finesse de Marivaux, de la politique de Hugo."

 

Saine colère, cher Michel ! Même si je préfère me référer aux "Renaissants" et aux "Romantiques", plutôt qu'aux obscures "Lumières".

 

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Il ne s'agit plus seulement de nier les faits (il n'est pire sourd que celui qui ne veut entendre et il n'est pire aveugle que celui qui ne veut voir) que de réinventer le Réel aux seules fins de consolider une idéologie fantasmagorique.

 

Tout le rétro-activisme (radicalisations écolo-gauchistes, islamistes, black-bloquistes, ultraféministes, gilet-jaunistes, véganistes, socialo-populistes, islamo-gauchistes, homo-genristes, socialo-gauchistes, racialo-indigénistes, esclavo-décolonialistes, …) et tout le wokisme (qui est du rétro-activisme américanisé) se construisent sur ces réinventions purement imaginaires de l'Histoire, de la Biologie, de l'Economie, de la Spiritualité, de la Sexualité, de l'Ecologie …

 

L'ignorance et l'inculture, assorties de toutes les falsifications imaginables, ne sont plus des tares, mais des atouts. Curieux paradoxe toxique !

 

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C'est sans doute Milton Friedman qui, le premier, en 1969, a inventé l'idée de distribuer l'argent gratuitement  et de dissocier, complètement, finance et travail.

L'argent ne doit plus se gagner, il se reçoit gratuitement et permet à tout quiconque, d'acquérir tout ce qu'il veut.

Ce concept avait été appelé, "hélicoptère monétaire" et surnommé "helicopter Ben" (en clin d'œil à Ben Bernanke qui en avait ressuscité l'idée au début des années 2000).

Aujourd'hui, des gens comme Mario Draghi (BCE) ou Jens Weidmann (Bundesbank) prenne ce concept très au sérieux. Il est temps !

 

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Attribué (erronément, me semble-t-il) à Lao-Tseu :

 

"Il existe un Tunnel obscur dans la Lumière Infinie.

 On l’appelle "Temps".

 Lorsqu’un Humain entre dans ce Tunnel,

 On appelle cela "Naître".

 Lorsqu’un Humain marche au long de ce Tunnel,

 On appelle cela "Vivre".

 Lorsqu’un Humain sort de ce Tunnel,

 On appelle cela "Mourir".

Considérer que vivre se réduit à évoluer au long de ce Tunnel obscur,

 Cela s’appelle "Illusion".

 Percer des trous dans ce Tunnel obscur,

 Cela s’appelle "Science".

 Savoir que la Lumière est autour du Tunnel,

 Cela s’appelle "Foi".

 Voir la Lumière dans le Tunnel obscur,

 Cela s’appelle "Amour".

 Voir la Lumière à travers le Tunnel obscur,

 Cela s’appelle "Sagesse".

 Éclairer le Tunnel obscur de sa propre Lumière,

 Cela s’appelle "Sainteté".

 Confondre la Lumière et le Tunnel obscur,

 Cela est au-delà des mots."

 

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Le 23/05/2021

 

De Vauvenargues :

 

"La simplicité est un don de l’âme.

La simplicité nous présente l’image de la vérité et de la liberté."

 

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Le 25/05/2021

 

D'Aristote :

 

"Seul un esprit éduqué peut comprendre une pensée différente de la sienne sans devoir l'accepter"

 

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Selon l'étude Kantar (Mars-Avril 2021 / 1 000 personnes interrogées) : les mentalités ont du mal à évoluer sur le thème de l'égalité Homme/Femme.

 

  • 86 % des Français estiment que la parité en entreprise est un sujet.
  • 64 % des femmes interrogées ont le sentiment que la parité n'évolue guère et c'est inquié
  • 23 % des jeunes estiment qu'il y a des différences de compétences entre les femmes et les hommes sur la direction des entreprises (c'est 15 % dans la population française).
  • 17 % d'entre eux estiment qu'il y a des différences sur la capacité à exercer des postes à responsabilités au sein des entreprises (c'est 12 % dans la population française).
  • Un quart seulement des Français approuvent les quotas de femmes dans les instances dirigeantes.

 

L'égalité (en général, et entre homme et femme, en particulier) est une fumisterie. L'homme et la femme sont le fruit de la différenciation sexuelle voulue par la Vie, par la Nature. Ils sont foncièrement différents mais complémentaires.

L'idée de "parité" est une absurdité égalitariste à éradiquer.

 

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De Nietzsche, dans son "Zarathoustra" :

 

"Je vous en conjure, mes Frères, restez fidèles à la terre."

 

Cette fidélité-là est bien mise à mal, par les temps qui courent … dans ce monde humain absurde, tellement "hors-sol" qu'il ne tient plus debout, qu'il ne voit plus ni les étoiles, ni les fourmis, ni les brins d'herbe, ni les clairs de lune. Il ne voit plus que son nombril qu'il pense être le centre du monde.

 

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De Rémi Soulié :

 

"Le divin ne peuple pas les lendemains qui chantent

puisqu'il abonde ici et maintenant."

 

Telle est la grande – l'unique – vérité.

Il faut éradiquer toutes les religions qui promettent un autre monde.

Il faut éradiquer toutes les idéologies qui dessinent un autre monde.

Il n'y a pas d'autre monde, ni ailleurs, ni plus tard. Et il n'y en aura jamais !

Il faut revivifier l'essentielle spiritualité : le panenthéisme, la sacralisation de la Matière, de la Vie et de l'Esprit dans l'ici-et-maintenant.

 

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L'invention, en Europe, en Grèce, du dualisme ontologique a été la plus grande catastrophe philosophique de tous les temps.

Il a fondé ces aberrations cancéreuses que sont le pythagorisme et le platonisme et, à leur suite, le christianisme et le socialisme.

 

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Voici les trois concepts qu'il faut combattre : apparence, illusion et idéal !

 

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Il faut partout rejeter fermement toutes formes de dualismes et partout les remplacer par des dialectiques constructives bipolaires.

 

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Ce que l'on a appelé, à tort, "l'immoralisme nietzschéen", n'est que le rejet, sans compromis, de la morale des esclaves ; cette morale du ressentiment et de la victimisation qui sévit, de nos jours, plus que jamais.

A cette morale des esclaves, il est bon d'opposer la puissance d'une morale aristocratique, d'une morale évergétiste, d'une morale du dépassement de soi au service du plus grand que soi.

 

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L'hédonisme est une morale d'esclaves : esclaves des petits plaisirs nombrilistes et narcissiques que l'on se fabrique artificiellement, à petites doses égoïstes, en toute médiocrité.

 

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Bonheur et malheur, joie et souffrance, plaisir et douleur, bien et mal, naissance et mort, intériorité et extériorité, masculin et féminin, divin et humain, holistique et analytique, etc … sont des dipôles vitaux.

Pour chacun d'eux, aucun des deux pôles ne peut exister sans l'autre.

C'est de leurs incessantes et éternelles dialectiques qu'émergent la Matière, la Vie et l'Esprit.

 

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"Par-delà Bien et Mal", dans ce Surhumain qui dépasse infiniment cet "Humain trop humain" … écrivait Nietzsche.

 

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La Matière est tellement au-delà de l'existence de tous les incarnants.

La Vie est tellement au-delà de l'existence de tous les vivants.

L'Esprit est tellement au-delà de l'existence de tous les pensants.

 

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Nietzsche : l'antimoderne absolu !

 

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Ma haine de la modernité vient de ceci qu'elle n'a été, globalement, qu'un immonde processus de désacralisation et de déspiritualisation de tout et du Tout.

Ce qu'elle a fait gagner en savoirs, elle l'a fait perdre en âme !

 

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La meilleure définition du nihilisme est sans doute la négation de tout ce qui fait sens et valeur, de tout ce qui est dépassement et élévation, de tout ce qui met l'humain au service de ce qui le dépasse, de toute forme de spiritualisation ou sacralisation de quoi que ce soit.

Le nihilisme est la négation de l'Esprit, c'est-à-dire de la Mémoire, de la Volonté, de la Sensibilité, de l'Intelligence et de la Conscience.

 

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La normalité, la norme, c'est le fait de la majorité. La science statistique parle, d'ailleurs, de la "loi normale" pour qualifier la répartition gaussienne

 d'une population sur quelque critère que ce soit : l'élite, la masse et la marginalité.

Aujourd'hui, les rétro-activismes de tous poils (c'est-à-dire le wokisme en version américaine) voudraient nier la réalité statistique de toute population humaine et, au nom d'un "victimisme" imaginaire, abolir la notion de "normalité".

Il faut le réaffirmer haut et fort : ici, en Europe, la norme est culturellement judéo-helléno-chrétienne, comportementalement hétérosexuelle, ethniquement néanderthalienne, linguistiquement indo-européenne et sociologiquement construite sur un couple différencié, complémentaire et sans soumission de l'un à l'autre.

 

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Le 26/05/2021

 

D'un côté, il y a l'universalisme qui, sans aller jusqu'à indifférencialisme, met en avant le fond unique et commun du genre humain et prône une sorte d'égalitarisme plus ou moins profond.

De l'autre côté, il y a le victimisme qui refuse le principe de normalité de fait, résultant de la loi de la majorité, qui affirme un différencialisme agressif et qui voudrait ghettoïser la société en communautarismes haineux.

Ces deux postures sont évidemment incompatibles et mutuellement exclusives du point de vue de la simple et saine logique.

Cela n'empêche nullement les pitres wokistes de revendiquer, au nom d'un égalitarisme radical (tous les mêmes droits, quelles que soient les différences), une communautarisation victimaire des minorités "opprimées" par une majorité artificiellement montrée comme oppressive et intolérante (parce qu'elle ne tolère pas les intolérances manifestes de ces minorités aussi revendicatrices qu'insignifiantes).

Au-delà de ces évidentes contradictions et impostures, au-delà de la négation radicale des faits et de la réalité tant biologiques qu'historiques, sexuels, sociologiques, culturels ou religieux, ces mouvances marginales et nauséabondes ne sont que destructrices ; elles pleurnichent d'un côté et "cassent du flic" de l'autre ; elles prônent la sédition factieuse, la subversion violente et l'insurrection permanente, sans avoir rien à proposer de constructif. Elles font du ressentiment seul, le fondement de leur posture débile.

Elles alimentent elles-mêmes le feu de leur propre relégation, de leur propre dévalorisation et de leur propre subordination.

 

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La différence doit être un tremplin vers le haut, mais jamais un ferment de rancœur.

 

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Le ressentiment fait le lit de la médiocrité.

 

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Il faut se hisser "au-dessus de la mêlée" (Romain Rolland) pour ne pas se laisser enliser dans les boues fangeuses du ressentiment des médiocres, incapables d'assumer ce qu'ils sont et de vouloir ce qu'ils ne seront jamais.

 

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La "tragédie" (en grec : Tragos ôdé) est ce "chant du bouc" qui, parce qu'il s'empiffre du pampre de la vigne, est sacrifié au dieu du vin : Dionysos (cfr. Virgile).

 

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Tant que l'humain ne fait pas totalement allégeance au Réel, sa vie reste tragique, constamment empoisonnée par les apparences, les illusions et les "idéaux", c'est-à-dire les fantasmagories de ses caprices.

 

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L'hédonisme est un mode de vie médiocre (petit-bourgeois) qui consiste à se faire plaisir chaque fois que l'on peut.

Sinistre et déprimante perspective !

A ne surtout pas confondre avec l'eudémonisme qui, lui, consiste à cultiver la Joie de vivre, la Joie de la Vie, à chaque instant, dans chaque circonstance.

 

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Si la sagesse est cette insipide prudence des médiocres ou des démagogues, alors vive l'enivrante folie des cimes.

 

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Je veux tutoyer Dieu ! Et Lui dire "nous".

 

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Il n'y a pas de science authentique sans intuition préalable.

La rigueur scientifique ne vient qu'après l'extase mystique.

 

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D'abord connaître Dieu, puis étudier ses œuvres.

 

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Saül de Tarse, le collabo renégat, le Paul des Epîtres, a totalement falsifié le judéo-christianisme originel pour le faire rentrer dans les moules étroits de ses lubies romaines. Les Evangiles synoptiques n'en sont que la traduction écrite. Face à ce délire misogyne, antisémite et masochiste, l'Evangiles de Thomas l'Alexandrin, par exemple, donne un tout autre son, un tout autre sang.

Au sein du christianisme, Paulinisme et Johannisme sont aussi opposés et inconciliables que le catholicisme romain d'Augustin d'Hippone et l'orthodoxie grecque d'un pseudo-Denys l'Aréopagite ou d'un Isaac le Syrien.

 

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Nietzsche définit le christianisme comme "le platonisme des esclaves".

Le chrétien fidèle et croyant est le prisonnier d'un monde abject (satanique et démoniaque) qui n'est pas le sien et dont il sera libéré par la mort, pour autant qu'il ait porté sa croix avec fermeté et subi la loi avec humilité.

Il y a bien, là, un odieux mélange d'idéalisme et de victimisme.

 

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Je ne sais pas bien ce que "liberté" veut dire …

Au sens le plus radical, la liberté n'existe pas : chacun est le prisonnier de ses acquis et des contraintes de son milieu réel.

En revanche, l'autonomie dans l'interdépendance a du sens.

L'autonomie n'est pas une question ontologique, mais une question pratique de mode de vie. L'autonomie est un état d'esprit.

Le concept théorique de "liberté" fonde le libertarisme qui est un leurre idéaliste. Le concept pratique d'autonomie fonde le "libéralisme" qui est une discipline de vie.

La liberté n'existe pas, mais chacun peut tendre à se libérer. La libération de soi est une ascèse.

 

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L'athéisme, au sens le plus profond et le moins religieux – car l'athéisme vulgaire est devenu une religion avec ses clergés, ses martyrs, ses saints, ses textes sacrés, ses croyances, ses dogmes, ses églises et ses cultes -, n'est que la négation du principe de cohérence qui préside à l'existence et à l'évolution du Réel.

Il revient à nier tout Cosmos et à affirmer, en tout, le Chaos.

Pour l'athée vrai, il n'y a aucune cohérence réelle ; tout est hasard ; il n'y a pour lui aucune rationalité, aucune logicité dans le Réel.

Tout ce que l'on pourrait croire tel, ne serait qu'illusion et fantasme de l'esprit.

Le fond de cet athéisme radical est un nihilisme absolu : il n'y aurait rien de rationnel, rien de cohérent, rien de logique (au sens profond d'une logicité intrinsèque qui reste, sans doute, à découvrir, et non d'une logique simpliste et formelle, au sens aristotélicien).

L'athéisme vrai est négation absolue et radicale de toute science, de toute philosophie, de toute spiritualité, de toute métaphysique, quelles qu'en soient les teneurs..

L'athéisme vrai est un culte radical et une apologie absolue de l'absurde en tout.

 

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Le "Dieu est mort" de Nietzsche n'est en rien un manifeste athée, mais, bien plutôt, un rejet radical de toutes les formes du monothéisme dualiste.

Il en va de même pour Spinoza.

S'il n'en était pas ainsi, les concepts d'une "volonté de puissance" chez le premier ou d'une "éthique" chez le second, n'auraient aucun sens … puisque, dans les deux cas, ces idées confirment que l'évolution du Réel a un sens auquel chacun doit participer au mieux pour que l'existence prenne valeur.

 

*

 

Pour l'athée vrai, rien n'a ni sens, ni valeur.

C'est cela le nihilisme du "dernier des hommes" (cfr. la fin du prologue du "Zarathoustra" de Nietzsche).

 

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Hors l'absurdité radicale de l'athéisme, la seule vraie question métaphysique est celle-ci : ce qui donne sens et valeur au Réel (dont chacun participe pleinement) donc à la Matière, à la Vie et à l'Esprit, est-il à l'extérieur du Réel (dualisme transcendantaliste) ou à l'intérieur du Réel (monisme immanentiste).

Tout le reste n'est que commentaire et modalités.

Pour trancher cette question, un seul instrument : le rasoir d'Occam !

L'Orient a tranché depuis longtemps ; l'Occident est en train de virer sa cuti.

Que s'ouvre enfin l'ère du panenthéisme universel !

 

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Dionysos et Apollon sont les reflets grecs, respectivement, des Shiva et Vishnou hindous.

Dionysos-Shiva n'est pas l'incarnation du chaos ; il est la puissance créatrice qui engendre toutes les émergences.

Dionysos-Shiva, c'est le yang c'est-à-dire l'énergie, la néguentropie, la fractalité ; Apollon-Vishnou, c'est le yin c'est-à-dire l'inertie, l'entropie, la sphéricité.

La tension permanente entre Dionysos-Shiva et Apollon-Vishnou est le moteur bipolaire et dialectique de l'évolution du Réel (le Brahman hindou, le Tao chinois, etc …).

 

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De Victor Hugo :

 

"Encouragez le riche et protégez le pauvre, supprimez la misère, mettez un terme à l'exploitation injuste du faible par le fort, mettez un frein à la jalousie inique de celui qui est en route contre celui qui est arrivé, ajustez mathématiquement et fraternellement le salaire au travail, mêlez l'enseignement gratuit et obligatoire à la croissance de l'enfance et faites de la science la base de la virilité, développez les intelligences tout en occupant les bras, soyez à la fois un peuple puissant et dune famille d'hommes heureux, démocratisez la propriété non en l'abolissant, mais en l'universalisant, de façon que tout citoyen sans exception soit propriétaire, chose plus facile qu'on ne croit, en deux mots sachez produire la richesse et sachez la répartir ; et vous aurez tout ensemble la grandeur matérielle et la grandeur morale (…)"

 

Cela s'appelle le libéralisme du 21ème siècle …

 

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Le 27/05/2021

 

Les initiales F.:M.: ont deux significations.

Le première est Franc-Maçonnerie.

La seconde est Fu-Misterie. Dans ce second sens, on parle de 220 "obédiences" pseudo-maçonniques françaises qui n'ont absolument rien de maçonniques et qui saccagent tragiquement la réalité de la Franc-maçonnerie régulière universelle.

 

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Les "hauts grades" gérés par les "suprêmes conseils", ne sont qu'une chantilly sur le roboratif gâteau succulent des trois "grades bleus". Ils sont peut-être stimulants mais toujours superfétatoires.

Toute l'initiation maçonnique est intégralement contenue et donnée dans les grades de Compagnon et de Maître.

 

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De mon merveilleux ami, l'historien Frédéric M. en parlant des gens, avides d'argent et de pouvoir, qui croient régenter leur petit univers :

 

"Leur but est de contrôler le monde, les sociétés, l'homme, et de les modeler, comme si cela était possible ... Bref, ils jouent à Dieu ... et ne sont que des humains qui, pour certains maintenant, surtout avec la pandémie, s'aperçoivent qu'ils ne sont que des mortels et que, de leurs "œuvres", il ne restera rien ... ou pire : que leurs actions ne sont que néant ... ou pire encore : que ce qu'ils croyaient énorme n'est rien. (…) J. s'aperçoit, à 90 ans, que son "œuvre" est totalement un échec et qu'il s'est planté en poussant certains vers les sommets car ces certains ne sont que des escrocs qui le traitent de sénile. La vieillesse, la maladie, la peur les ont rattrapés ... et c'est la grosse déprime ... Les pseudo Dieu qui se croient éternels ont refusé de former, d'aider, de conseiller, pire de transmettre ... mais de transmettre quoi ? Leurs magouilles pour contrôler l'Homme ?"

 

Nous vivons dans un monde de magouilles, de copinages, d'influences diverses en vue de fortune, de gloire ou, surtout, de pouvoir.

Mais j'ai la conviction que tous ces jeux puérils – quoique dangereux et meurtriers, parfois - ne forment qu'une écume qui n'a que très peu d'impact sur l'évolution réelle et globale de l'océan car, lui, obéit à bien d'autres lois que ces grenouillages humains qui surfent sans doute sur les vagues pour en tirer profit, mais qui restent dans la superficialité insignifiante.

La plupart des personnages qui font la une des journaux ou qui, plus sournoisement, œuvrent dans l'ombre, disparaissent et sont promptement oubliés. Parfois, l'un ou l'autre, cependant, "fait mémoire", mais le plus souvent, c'est à cause des torts qu'il a engendré.

 

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A part les océans et quelques très rares hautes chaînes de montagnes infranchissables (Himalaya ? Alpes ?), les soi-disant "frontières naturelles" sont peut-être parfois des obstacles, mais jamais des barrières. Toutes les frontières "nationales" sont artificielles et le résultat de conquêtes, de spoliations, d'acquisitions, de négociations ou de dots. Les éléments naturels (fleuves, déserts, collines, …) n'y ont été que des repères ou des prétextes, sans plus.

C'est dire à quel point les notions de "peuple" ou de "nation" sont incroyablement artificielles. Les "frontières" naturelles n'ont jamais arrêté ni les Phéniciens, ni les Macédoniens, ni les Etrusques, ni Hannibal, ni Gengis Khan, ni César, ni les Celtes, ni les Germains, ni les Vikings, …

L'Europe est un incroyable melting pot d'ethnies, de cultures et de croyances diverses et variées, sans unité ni cohérence. L'Europe reste à construire au-delà de ces mirages fantasmagoriques que l'on nomme "peuples" ou "nations" … et il y a urgence !

 

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L'ironie, l'esprit de dérision, le second degré, voire l'humour lui-même, sont devenus persona non grata auprès de la bienpensance et du politiquement correct.

Voilà bien la meilleure preuve – par l'absurde, c'est bien le cas de le dire – de la profonde dégénérescence de l'esprit … et de l'Esprit.

Seuls l'humour et l'auto-dérision juifs (mais seulement entre Juifs) ont encore un infime droit de cité …

S'ils revenaient nous nourrir de leurs talents, les Pierre Dac, Francis Blanche, Raymond Devos, Michel Audiard, Frédéric Dard, Coluche, Pierre Desproges ou autre Thierry Le Luron, seraient mis au ban de la société et jetés en prison, attaqués de toutes parts sur les médias sociaux, anéantis par ostracisation (cancel culture) et physiquement menacés par tous les wokistes qui polluent les banlieues de merde et les campus de "sciences humaines" (qui sont les banlieues de merde des grandes cités de l'intelligence et des savoirs).

 

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De Pierre Desproges, justement :

 

"On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde."

 

… surtout aujourd'hui !

 

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Il est temps de nous investir dans une œuvre de construction qui nous dépasse infiniment, certes, mais dont notre belle Europe, détachée enfin de la Modernité, mais véhiculant une spiritualité intemporelle, a grandement besoin si elle veut survivre à l'effondrement de cette Modernité épuisée et obsolète, et aux temps chaotiques que nous traversons. Cette Europe revivifiée peut et doit être le moteur d'un nouveau paradigme spirituel et éthique qui est déjà en train de naître ...

 

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Draguer une fille (pour un garçon) est en train de devenir un délit …

Car tout le monde devrait savoir que la drague amoureuse est forcément du harcèlement sexuel et de la tentative de viol.

Aimer, c'est harceler.

Faire l'amour, c'est violer.

Comment donc, durant tant de millénaires, les humains – surtout mâles, blancs et hétérosexuels – ont-ils fait pour vivre sans connaître ces vérités essentielles ?

Heureusement, le dieu Woke s'est enfin révélé !

 

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L'identité de l'être (on appelle cela "l'essentialisation") prend la place de la réalité des faits (on appelait cela l'objectivité et la rationalité) …

Tu es noir, donc …

Tu es homosexuel, donc …

Tu es musulman, donc …

Tu es femme, donc …

Tu es mâle, blanc, hétérosexuel, européen, libéral, etc … donc tu es patriarcal, violeur, islamophobe, homophobe, exploiteur, esclavagiste, etc …

Tu es juif, donc … tu es pire encore !

 

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"Victime" est devenu une identité indépendante des faits et liée seulement à l'apparence et à l'image ; "victime" est aussi devenu un statut inaliénable qui excuse toutes les avanies que ces "victimes" font factuellement et réellement subir à d'autres (qui ne peuvent pas être des victimes puisqu'être victime d'une "victime" est une double négation – application immédiate et simpliste du théorème dit du "syndrome de Stockholm) …

 

*

 

De Michel Onfray parlant du mitterrandisme et de l'après-mitterrandisme :

 

"Une fois de plus dans l'Histoire, la gauche avait travaillé à la suppression des libertés, à la destruction des peuples et au triomphe du nihilisme."

 

Toi qui te dis de gauche, cher Michel (alors que tu n'es que populiste franchouillard et idéologue de la démagogie), toi qui te réclames de l'anarchisme et du libertarisme (alors que tu n'es qu'un faux philosophe de la bienpensance populacière), toi qui te réclames de Nietzsche, apôtre du Surhumain (alors que tu incarnes l'hédonisme médiocre du "dernier des hommes"), toi qui revendiques un nationalisme étroit et patriote, anti-européiste (alors que le continentalisme est la seule voie pour rétablir l'identité helléno-judéo-chrétienne face à la puissance des sept autres continents), il est temps que tu saches et comprennes que tout ce qui n'est pas libéral est, forcément et naturellement, totalitaire … ce que tu es.

 

*

 

En France, plutôt que de résoudre un problème et de rester unis, on fait sécession, on se disperse, on s'éparpille et l'on crée des chapelles de plus en plus petites, de plus en plus insignifiantes. Et, ensuite, chacun veut rester le "roi" de sa chapelle : mieux vaut être roi de rien que n'avoir rien de roi.

 

*

 

Le déterminisme radical – que l'on prête à tort, à Spinoza et à Nietzsche – est une absurdité absolue. Si absolument tout est déterminé, aucune pensée créative n'a de sens et toute philosophie, toute éthique, toute science sont inutiles et ridicules.

Si Spinoza était déterministe, pourquoi aurait-il perdu son temps à parler d'éthique et d'accomplissement volontaire du conatus.

Si Nietzsche était déterministe, pourquoi aurait-il perdu son temps à parler de volonté de puissance, du Surhumain et de combat contre les illusions.

Le fait d'être parfaitement conscient des limites de l'autonomie personnelle n'indique en rien la croyance en un déterminisme absolu qui, philosophiquement parlant, n'a absolument aucun sens.

 

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La moraline – comme la morphine ou la cocaïne – permet de ne plus "sentir" la réalité du Réel et de planer au-dessus, "hors sol", complètement déconnecté.

 

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On ne peut rien comprendre au monde – surtout humain – si l'on n'applique pas, en tout, la méthode généalogique de Nietzsche, si l'on adopte pas le regard constructiviste pour lequel le temps est accumulation mémorielle et pour lequel l'état actuel de l'édifice résulte de la superposition, plus ou moins stable et cohérente, des "couches" inférieures.

Ni déterminisme, ni hasardisme. Ni causalisme, ni finalisme.

 

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Du Qohélèt (10;16) :

 

"Malheur à la ville dont le prince est un enfant !"

 

On pense, bien sûr, à cette idiote de Greta Thunberg …

Le processus d'infantilisation de nos sociétés est en route avec ses assistanats généralisés, sa pédagogie de "l'enfant-roi" à la Dolto, sa théâtralisation de la vie publique, ses jeux omniprésents, ses déresponsabilisations du fait de "pulsions", ses multiplications "d'amis", ses déscolarisations massives, son inculture infatuée et ses ignorances crasses, etc …

 

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Le 28/05/2021

 

Il existe, dans l'univers physique, trois tensions fondamentales :

 

  1. La tension dynamique qui s'installe entre inertie (conservativité) et énergie (constructivité).
  2. La tension topologique qui s'installe entre volume (individuation) et surface (intégration).
  3. La tension eidétique qui s'installe entre entropie (homogénéité) et néguentropie (complexité).

 

Lorsqu'un domaine est saturé de tensions, il doit les dissiper, conjointement, sur les deux autres domaines, non saturés. Ainsi :

 

  1. Les tensions eidétiques engendrent des dissipations mécaniques sous forme de mouvements dans le domaine spatio-temporel (l'ensemble topologique et dynamique).
  2. Les tensions topologiques engendrent des dissipations thermodynamiques sous forme de transferts dans le domaine organo-temporel (l'ensemble dynamique et eidétique).
  3. Les tensions dynamiques engendrent des dissipations organiques sous forme d'émergences dans le domaine organo-spatial (l'ensemble eidétique et topologique).

 

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L'analyse transactionnelle est précieuse pour comprendre ce vaste processus d'infantilisation à l'œuvre dans nos sociétés occidentales (infantilisation qui fait les choux gras de la guerre économique chinoise et de la guerre idéologique islamiste).

La seconde moitié du 20ème siècle a progressivement éliminé la relation factuelle "adulte-adulte" de nos éthiques de vie : il fallait oublier deux guerres mondiales, une immense crise économique et la Shoah ; il fallait donc se réfugier dans l'idéalité des idéologies de l'émancipation, de l'égalitarisation, de la féminisation, de la jeunification, de la collectivisation, de la décolonisation, de la mondialisation, de la financiarisation, … bref : de l'infantilisation, de l'instauration d'un rapport parent-enfant entre des institutions infantilisantes et les individus infantilisés.

Les individus ont droit à trois scénarii : soumis (62% mus par le "du pain et des jeux"), rebelle (23% mus par tous les ressentiments et toutes les haines – dont le wokisme actuel est le dernier avatar) ou créatif (15% mus par l'esprit de quête, d'entreprise et de dépassement). Les institutions ont droit, elles, à deux scénarii : autoritaire (40% : les procéduralisations, les populismes, les totalitarismes) ou nourricier (60% : les assistanats, les démagogies, les fonctionnarismes).

Le relation "adulte-adulte" – qui est l'essence même du libéralisme vrai – a été massivement rejetée.

Ce libéralisme est devenu le bouc émissaire (expiatoire) pour toutes les institutions "parentales" (dont il révèle l'illégitimité) et pour tous les individus "infantilisés" (dont il pointe la médiocrité).

Mais au contraire des complotistes de tous poils, je ne pense pas que cette infantilisation générale soit un projet, une volonté, une stratégie de quelques machiavéliques manipulateurs (ce qui ne signifie nullement qu'il n'existe pas, ici ou là, quelques habiles démagogues que cette tendance ne ravissent et dont ils veulent tirer tout le profit possible … ne soyons pas naïfs).

Je pense plutôt que cette infantilisation est une "demande" réelle des masses (ce qui, bien sûr, arrange royalement les démagogues de toutes engeances).

L'humain aspire à une régression infantile parce qu'il se sent massivement incapable d'affronter et d'assumer la complexification de son monde et des relations entre son monde et le monde de la Matière, de la Vie et de l'Esprit.

L'humain se sent perdu dans l'univers et il crie "maman !". Et cette mère salutaire, c'est sa communauté (largement imaginaire), d'où la montée des nationalismes, des populismes, des sectarismes et des communautarismes.

 

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De Marcel Gauchet :

 

"Greta Thunberg est à la fois autiste, juvénile et femme. Toutes les cases étant cochées, on ne peut rien dire sur son compte sans passer pour un atroce antihumain !"

 

Elle se présente, avec aplomb, comme la Jeanne d'Arc de LA science malgré qu'elle ait arrêté sa scolarité à 16 ans. Il faut oser, non ?

D'ailleurs cette analogie entre Jeanne d'Arc (la pucelle) et Greta Thunberg (la poubelle) devrait être creusée …

 C'est quand on ne sait rien – et que l'on manipulée – qu'on se croit autorisée à dire le plus. Michel Audiard disait, dans "Les tontons flingueurs" :

 

"Les cons, ça ose tout ; c'est même à ça qu'on les reconnaît !"

 

Le dérèglement climatique est une terrible réalité bien connue des scientifiques et très inquiétante pour l'avenir de l'humanité, mais ce thème n'a nul besoin d'une idiote suédoise pour faire son chemin ; au contraire, la stupide agressivité de cette oiselle gauchisante et incompétente dessert totalement sa cause.

Une fois de plus, il faut le répéter : l'écologie est une chose bien trop importante et vitale pour être confiée à des écologistes qui n'y connaissent rien et qui ne sont que les valets d'un écolo-gauchisme bien plus gauchiste qu'écolo …

 

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Les GAFA sont les tumeurs cancéreuses qui tuent ce vaste organisme naissant qu'est l'univers numérique.

 

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Mais bien sûr qu'il faut boycotter et supprimer tous les transports aériens.

Se déplacer sur de longues distances – voire se déplacer tout court – n'est que gabegies et gaspillages éhontés.

Il est vital que les connexions numériques remplacent les déplacements physiques.

Vers une économie de proximité, dans tous les sens de ce terme !!!

Déplacer de l'information : oui ! Déplacer de la matière : non !

 

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Le seul problème de fond de la planète Terre aujourd'hui est la démographie humaine. Il faut revenir sous la barre des deux milliards d'humains sur Terre en moins de deux siècles, et s'y maintenir. Aujourd'hui, les trois responsables de l'explosion démographique qui tue la Terre, sont les Noirs, les Musulmans et les Asiatiques du sud. Dont acte !

 

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Le 29/05/2021

 

Le patriarcat est loin d'avoir disparu en France.

La notion de "chef de famille" est toujours vivace … et mâle.

Il n'y a plus qu'en France, je pense, que, lorsqu'une femme épouse un homme, elle "prenne – ou porte - son nom" et perde le sien qui devient un "nom de jeune fille" – un nom d'avant.

Pourtant, se marier ne signifie aucunement perdre son identité !

Un enfant prend le nom de son père qui est le "nom de famille" (ce qui n'est plus le cas en Espagne, par exemple).

Tout ceci ne me heurte pas, loin s'en faut, Mais cela permet de mesurer la distance entre les pratiques réelles et les discours idéologiques.

 

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Entre philosophie existentialiste (tout se choisit et se construit en pleine liberté) et philosophie structuraliste (tout s'inscrit dans des structures intemporelles et immuables), il y a antagonisme radical et incompatibilité totale.

Ces deux approches, par leur radicalité même, sont aussi fausses et réductrices l'une que l'autre ; elles ignorent superbement, l'une comme l'autre, des notions aussi cruciales que la complexité, l'interdépendance, la processualité, l'émergence, etc …

Ces deux "philosophies", aussi pauvres qu'idéologisées, sont déjà bien oubliées en France et en Europe depuis une cinquantaine d'années. Qui, en effet, aujourd'hui, pourrait encore faire référence à Sartre, Beauvoir ou Althusser, d'un côté, ou à Lévi-Strauss, Lacan ou Foucault, de l'autre ?

Mais, comme toujours, ces "philosophies" ont fini par traverser l'Atlantique et sévissent depuis, sous le nom clair de French theory sur les campus américains (plus à l'ouest qu'à l'est). Elles y sont devenues le fumier sur lequel ont germé les pestilentiels wokismes. Ceux-ci nous reviennent, aujourd'hui, en pleine poire sous la forme des divers rétro-activismes qui empestent les banlieues pourries et les facs de "sciences humaines" (qui, comme déjà dit, ne sont que les banlieues pourries des cités de la science et de la connaissance).

Un demi siècle perdu … !

 

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Chaque monde, matériel ou immatériel, est comme une grande ville avec un centre historique et administratif bien en ordre, avec des banlieues chics et élitaires, avec des banlieues plébéiennes et pourries, et avec une campagne, au-delà.

Cela indique quatre modes de vie : le mode bourgeois étriqué, le mode élitaire snob, le mode populacier racaillesque et le mode aristocratique rural (qui est pleinement le mien).

 

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La Nature précède et implique la Culture.

La physiologie précède et implique la psychologie.

Jamais l'inverse, n'en déplaise à ces idiotes fameuses, fumeuses et lesbiennes,  nommées Simone de Beauvoir et Judith Butler.

Dont acte. Exit la "théorie" du genre qui n'est qu'un fantasme anti-scientifique.

 

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La vie, d'abord, c'est assumer ce que l'on est, et en tirer le meilleur parti, par-delà ses caprices et ses fantasmes.

La vie, ensuite, c'est construire un monde, en soi et autour de soi, dans le respect de sa nature et de la Nature qui prévalent sur tout le reste.

La vie, enfin, c'est sublimer la Vie en dépassant l'humain pour rejoindre le Divin.

 

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Il faut en arrêter avec le procès des colonialismes.

La France a été colonie celte, puis grecque dans le sud, puis romaine partout, puis franque au nord, puis anglaise dans l'ouest, etc …

Chacun des pays actuels n'est que la trace des multiples colonisations dont il a été le bénéficiaire … car une colonisation est un apport. La France ne s'appellerait pas telle sans les saliens de Clovis, et ne parlerait pas le français sans les légions de César.

Ce n'est pas du colonialisme qu'il faut faire le procès, mais bien de ce que l'on en a fait.

La colonisation de l'Afrique par certaines nations européennes est emblématique, à ce sujet : économiquement parlant, la période coloniale a coûté bien plus à ces pays qu'elle ne leur a rapporté. Les investissements infrastructurels, médicaux et scolaires y ont été énormes … et la décolonisation a laissé tout cela partir en ruine.

La colonisation a mis fin aux esclavagismes et aux incessantes guerres inter-ethniques ou intertribales, a instauré un climat de paix civile et de relative démocratie ; la décolonisation, presque partout, a induit des despotismes vaudevillesques et meurtriers, et installé des tyrans d'opérette, souvent sanguinaires.

En Afrique du nord, la colonisation a toléré un Islam modéré et laïcisé ; la décolonisation a préféré un islamisme fondamentaliste, rétrograde, totalitaire et assassin (les victimes de l'islamisme sont très majoritairement des musulmans modérés !).

Il ne s'agit pas, ici, de faire l'apologie des colonisations (dont les vagues successives ont été le moteur même de l'histoire humaine depuis des millénaires), mais bien de constater les infâmes ravages de ces décolonisations ratées, faites au nom d'idéologies marxistes et communistes (largement financées par l'URSS).

L'Afrique (tant noire que musulmane) est devenue un continent ubuesque, en perdition, économiquement dégradé non pas à cause des colonisations européennes, mais bien à cause des décolonisations salopées par des crapules locales qui ont mis et mettent leur pays en coupe réglée au seul profit de leur compte en banque en Suisse.

 

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Le principe même de l'esclavage et de l'esclavagisation est une intolérable abomination que je tiens en exécration.

Mais à propos de l'esclavage, il faut remettre bien des pendules à l'heure :

 

  • En Afrique noire (comme d'ailleurs dans beaucoup d'autres régions antiques), la mise à mort et/ou l'esclavagisation étaient les manières traditionnelles de traiter les vaincus des tribus ennemies.
  • La traite des esclaves en Afrique noire a été organisée et développée par les Arabes musulmans, d'abord à leur propre profit.
  • Les Noirs africains sont, de toutes les peuplades humaines, la seule à avoir systématiquement accepté d'entrer en esclavage pour survivre.
  • Les "clients" européens (essentiellement portugais, espagnols et américains) des négriers arabes n'avaient aucune raison, sauf exceptions exécrables, de maltraiter une main-d'œuvre achetée au prix fort.
  • Les prisonniers noirs qui n'étaient pas vendus comme esclaves, étaient purement et simplement exterminés ; c'est donc grâce à l'esclavagisme que les Noirs des Amériques, aujourd'hui, existent et peuvent manifester contre des Blancs qui, les premiers et partout, ont aboli l'esclavage (ce que ni les Noirs, ni les Arabes n'ont encore fait aujourd'hui).

 

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Sartre : le seul humain qui s'est trompé … sur tout !

Le "salaud", c'est lui ; il est même le salaud des salauds.

Il a bouffé et craché dans toutes les gamelles … au nom de la liberté existentialiste. Il a été le "dernier des hommes" incarné, absolument étranger à toute éthique. Le nihiliste absolu. Près à toutes les infamies, à toutes les compromissions, à tous les copinages crapuleux (de Pétain à Khomeini ou Mitterrand, en passant par Staline, Mao, Guevara, Castro, Boumediene, Kim-Il-sung … et tant d'autres).

Aujourd'hui, il serait le meilleur ami d'un Viktor Orban et d'une Houria Bouteldja …

Sa haine radicale de toute la culture helléno-judéo-chrétienne dont il vient et à laquelle il appartient, est absolue !

Il est le renégat absolu.

Normal : avec son strabisme divergent, il lui était impossible de regarder quoique ce soit bien en face !

Sartre n'est pas un philosophe ; il est un idéologue du reniement et du ressentiment.

 

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Rien n'est l'égal de rien. Tout est unique. Tout est différent. Et dans la différence, ce n'est pas l'inégalité qu'il faut chercher, mais bien la complémentarité.

 

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Il y a eu, de 1960 à 2010, une sorte de fascination intellectuelle (surtout à gauche, mais pas seulement) pour la négation et pour la déconstruction de tout.

Un nihilisme rampant, soit indifférentiste (tout se vaut), soit indifférencialiste (rien ne vaut).

Ce demi siècle passé marque profondément la fin de la modernité qui, depuis la Renaissance, se bat "contre".

Ce combat a eu du bon, surtout sous la forme du combat contre l'ignorance où se comptent ses plus beaux succès. Mais l'ignorance, la bêtise, l'inculture, la croyance, la superstition … ne sont pas les seules grandes tares de l'humanité.

Ces autres grandes tares, la modernité ne les a pas combattues … au contraire !

 

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Le Sacré est tout entièrement à reconstruire.

 

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L'islamisme fascine même les non-musulmans parce qu'en nos temps de grande lâcheté et de grande veulerie, il se montre conquérant, viril et sanguinaire. Il fascine des faibles honteux de leur faiblesse.

 

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L'islam est une idéologie religieuse primaire et primitive, basée sur la force, la violence et la domination.

Il n'a rien apporté à l'histoire humaine hors ce qu'il a pillé ailleurs. Il n'y a ni culture, ni civilisation musulmanes.

Il n'y a que des populations majoritairement analphabètes à qui l'on a donné l'illusion que leur médiocrité factuelle était le signe et la promesse de leur triomphe futur.

 

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L'islam n'est pas et ne peut pas être d'Europe. Qu'il retourne chez lui !

 

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De Michel Onfray en parlant des idéologues de tous poils :

 

"Il ne croit pas ce qu'il voit, mais il voit ce qu'il croit."

 

C'est une des constantes de fond de notre époque !

 

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Le 30/05/2021

 

Quand on ne sait plus d'où l'on vient, on ne peut plus savoir où l'on va.

Sans mémoire, il ne peut y avoir de volonté.

Sans histoire, il ne peut y avoir de projet.

Sans passé, il n'y a pas d'avenir.

Sans généalogie, il n'y a plus de téléologie

Il n'y a plus, alors, qu'un présent volatil suspendu dans un néant.

C'est cela le nihilisme !

C'est cela notre époque où l'on enseigne plus ni l'Histoire qui donne du sens aux mots, ni le courage qui donne la force de la volonté, ni la discipline (au sens d'ascèse) pour dompter les caprices, les envies et les plaisirs, ni la sensibilité pour voir, entendre, goûter, sentir, ressentir, pressentir et deviner le Réel, ni l'intelligence pour le concevoir, l'organiser et le comprendre.

La mode est au "hors sol", loin du Réel, loin de l'Histoire.

Il est devenu de bon ton de la réinventer, cette Histoire, pour flatter les "bons sentiments" de la bienpensance socialo-gauchiste ou pour nourrir des ressentiments ou des culpabilisations au profit du victimisme des minorités marginales et/ou déviantes.

 

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Quand donc comprendra-t-on enfin la synonymie de tous les mots suivants : socialisme, communisme, gauchisme, nationalisme, patriotisme, populisme, fascisme, nazisme, islamisme, cléricalisme, dogmatisme, idéologisme… qui tous pointent vers une forme de totalitarisme (la communauté règle, régule et régit la totalité de l'existence de chaque personne).

Quelque idéologie que ce soit, est, toujours, la construction hallucinée, factice, artificielle et stérile d'une idée de "la société idéale" et de "l'homme nouveau".

De deux choses l'une : ou bien chaque personne est au service de la communauté (c'est le cœur de toute idéologie totalitaire), ou bien la communauté est au service de chaque personne (c'est l'anti-idéologie du libéralisme).

Cette bipolarité entre communauté et personne est le cœur de tout débat politique ; il n'y a pas à en sortir !

Même si, entre le "tout communautaire" et le "tout personnel", il existe tout un spectre de modalités diverses, le dipôle demeure essentiel.

Et ce dipôle, je l'espère, va enfin éradiquer le vieux dipôle obsolète entre "gauche" et "droite" car être "de gauche" ou être "de droite", ce sont deux manières d'être enclin au totalitarisme, mais avec des définitions différentes de ce qu'est la "communauté" considérée.

 

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Le gaullisme est un pétainisme. D'ailleurs, Charles De Gaulle (qui n'a jamais été confirmé général) a été secrétaire de Philippe Pétain et ne l'a quitté que parce que celui-ci méprisait ses ambitions et ses calculs carriéristes.

Le gaullisme comme le pétainisme étaient des paternalismes populistes, nationalistes et anti-libéraux, soutenus par les factions socialistes et communistes de leur époque (c'est le Front populaire qui a voté les pleins pouvoirs à Philippe Pétain, comme c'est le parti communiste qui a permis à Charles De Gaulle de mettre la France sous sa coupe en échange d'une mainmise sur l'économie étatisée).

 

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La France est incapable de libéralisme.

Depuis au moins Louis XIV, mais sans doute bien avant, elle est le pays champion de l'infantilisation des masses.

En France, il n'y a que deux classes sociales : les masses infantilisées et assistées, et l'élite paternaliste et sanctuarisée.

Dès que l'on sort de ce schéma (et c'est ce qu'on fait Giscard d'Estaing et Macron), la France est déboussolée et rouspète : il faut revenir dare-dare à la relation parent-enfant (ce qu'a refusé Giscard qui n'a pas été réélu, et ce que fait Macron qui veut être réélu) !

 

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Marat, Saint-Just et Robespierre étaient les héros de Mussolini et de Lénine !

Tous ceux-là baignent dans le même sang !

 

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Tous ceux qui pensent "peuple" que ce soit pour l'exalter (comme Maffesoli, ou Onfray, ou Le Pen sur trois registres différents) ou pour le vilipender, ne voient pas combien ils sont sur la voie totalitaire, cette voie où la communauté doit être conçue comme au-dessus des personnes.

C'est cela l'antilibéralisme ; c'est cela l'antieuropéisme.

 

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La régulation politique ou l'activité économique des personnes ne doivent jamais être une fin en soi, mais toujours être au service d'un projet qui dépasse toute politique et toute économie.

Le pouvoir ou la prospérité ne sont que des moyens, jamais des buts en soi.

Et la pire des erreurs de ces deux derniers siècles c'est d'avoir cru qu'il faudrait inféoder le politique à l'économique (le financiarisme) ou l'économique au politique (le socialo-gauchisme).

 

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Ce qui n'est pas cosmique ou divin (ces deux adjectifs sont synonymes), est insignifiant !

 

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Il faut être aveugle ou stupide pour croire que l'humain est naturellement bon.

L'humain est naturellement con.

Cela ne fait qu'une seule lettre de différence, mais elle pèse bien lourd.

Ce n'est, donc, que par l'éducation, la discipline, l'enseignement, l'effort et le travail qu'une minorité d'humains peut - peut-être - échapper à cette connerie native.

Pessimisme ? Non, lucidité !

Elitarisme ? Aristocratisme ? Oui !

 

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Pour un antisémite, un Juif c'est ou bien Marx, s'il est de droite, ou bien Rothschild s'il est de gauche. Un Juif, par essence, est, à la fois, définitivement responsable du socialo-gauchisme et du financiarisme. En plus, bien sûr, d'avoir été déicide ; cela va de soi !

 

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Le culte du chef (de l'homme fort et viril, puissant et séducteur) est une forme d'homosexualité.

 

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D'Emmanuel Macron :

 

"Avant d'avoir des droits, on a des devoirs"

 

ça, les Français n'aiment pas … On est infantile ou pas : un enfant, ça n'a que des droits …

 

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Hors états de droit, tout individu est un coupable qui s’ignore.

 

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Là où il n’y a pas d’honneur il n’y a pas de honte.

 

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D'un anonyme sur la Toile :

 

"Il y a un principe que je m'impose en tant que touriste : je refuse de me rendre dans des pays qui ne sont pas démocratiques pour ne pas être responsable du financement et donc du maintien de leur régime. Je n'ai donc jamais été ni en Corée du Nord, ni en Chine, ni en Russie, ni en Iran, ni en Egypte et dans aucun pays d'Afrique du reste. Le monde des démocraties est suffisamment vaste que pour occuper plusieurs vies d'un touriste occidental."

 

Enfin un peu de bon sens !

 

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De Blaise De Chabatier :

 

"Pourquoi le nom de Samuel Paty et l’adresse du collège où il était professeur d’histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine, ont-ils pu circuler sur les réseaux sociaux ? Ceci pendant plusieurs jours, jusqu’au vendredi 16 octobre 2020, quand un terroriste d’origine tchétchène résidant à Évreux, Abdoullah Anzorov, est venu décapiter l’enseignant à la sortie des cours. Pourquoi cet islamiste de 18 ans qui tenait des propos radicaux sur Twitter depuis plusieurs mois n’a-t-il pas été repéré?"

 

Que de bonnes questions …

 

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Les fascismes du 20ème siècle :

 

  • de Lénine en 1917
  • de Mussolini en 1922
  • de Hitler en 1933
  • de Salazar en 1933
  • de Franco en 1936
  • de Pétain en 1940
  • de Hô-chi-Minh en 1945
  • de Mao Tsé-toung en 1949
  • de Castro en 1959
  • de Papadopoulos en 1967
  • de Pinochet en 1974
  • de Pol-Pot en 1975
  • de Poutine en 2008
  • de Xi-Jinping en 2013
  • sans parler des dizaines de dictatures en Islamie et en Afrique depuis la décolonisation …

 

Tous ces totalitarismes expriment un anti-libéralisme absolu.

 

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Le déterminisme (une des conséquences du mécanicisme) abolit à la fois la liberté et la responsabilité, et ramène la complexité à son niveau "zéro".

Plus gravement encore, on confond malicieusement le finalisme déterministe et le téléologisme intentionnel, le destin (qui est la soumission à une trajectoire de vie préétablie) et la destinée (qui est le poids de l'inné et de l'acquis dans le cheminement de vie).

Bien sûr que la construction de soi et de l'autour de soi s'opère dans un champ de contraintes où tout n'est pas possible ; mais à chaque pas s'ouvre un éventail, plus ou moins large (selon les talents, les intelligences, les connaissances), de possibles. Et c'est là que se nichent la liberté et la responsabilité, dès lors qu'il y a choix possible (plus on est con, moins on est libre).

Bien sûr que chacun ne peut accomplir que ce qu'il porte déjà en lui : l'Entéléchie d'Aristote, le Conatus de Spinoza, le Vouloir-vivre de Schopenhauer, la Volonté de puissance de Nietzsche, l'Elan vital de Bergson. Mais chacun a toujours le choix de l'accomplir ou non, et de l'accomplir bien ou non.

Sur la grande scène du théâtre du Réel, chacun a un rôle à jouer et chacun peut choisir de le jouer plus ou moins à fond, plus ou moins bien.

L'opposition dichotomique entre essentialisme (déterminisme absolu) et existentialisme (liberté absolue) est obsolète et révolue. Au-delà de cette dualité simpliste, se déploie un constructivisme enfin adulte.

 

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Il faut le dire clairement : l'inconscient, freudien ou non, n'existe pas !

L'inconscient est une excuse pour évacuer la responsabilité de ses actes, pensées et paroles.

"C'est pas ma faute, m'sieur, c'est mon inconscient !"

Comme les "bouffées délirantes incontrôlables" de Kabili Traoré, tortionnaire et assassin musulman de cette vieille dame juive nommée Sarah Halimi.

Il faut sortir définitivement de cette fiction freudo-gauchiste qui veut que les actes et paroles d'un individu ressortissent de la culpabilité de la société qui l'a produit.

La "société" est une fiction abstraite (comme le peuple ou la nation) qui ne produit rien du tout. Chaque personne est le produit de sa famille et de son parcours, de sa généalogie personnelle. Chacun a toujours le choix final de ses actes et de ses paroles. Chacun est toujours totalement responsable de ses propres faits et gestes. Il n'y a jamais de circonstances atténuantes.

 

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Réguler est une chose.

Contrôler, surveiller, asservir en est une autre.

 

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Le 31/05/2021

 

Si l'on exclut du domaine de l'Art (avec majuscule), tout ce qui concerne la décoration (peinture, sculpture, dessin, …) et le divertissement (théâtre, musique, danse, …), il faut bien reconnaître qu'il ne reste pas grand' chose hors la poésie … et encore, il y a de la poésie qui amuse et de la poésie qui nourrit l'esprit et fait penser.

Bref, l'Art se réduit à la poésie sacrée.

 

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Le négationnisme, c'est nier que le Réel ait bien eu lieu.

Le négationnisme est une forme perverse de cette irrationalité qui ronge notre époque comme un cancer.

L'irrationalité, c'est refuser les liens logiques et factuels entre les événements, les choses et les gens, notamment les liens de causes à effets, les relations de précédence et de succédence.

 

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Toute œuvre humaine est une représentation, c'est-à-dire le point de rencontre entre une idée et un langage. Ainsi, comprendre une œuvre humaine, c'est comprendre l'idée qui s'y cache derrière ce langage (qu'il faut donc bien connaitre pour comprendre).

Mais il est des langages pauvres et des langages riches, plus ou moins bien adaptés à tel genre d'idées …

Et il est des idées pauvres et des idées riches, qui doivent trouver leur meilleur langage …

De là, la grande dispersion des œuvres humaines, entre médiocrité et génie.

La question de fond est alors celle-ci : quelles sont les idées qui valent la peine d'être bien représentées et bien comprises, avec le langage le mieux adapté ?

De quelles idées claires les humains ont-ils besoin pour vivre bien ?

Ce sont, sans doute, ces idées-là que l'on peut appeler les "belles idées" (et "beauté" signifie, ici, infiniment plus que "joliesse").

Représenter ces "belles idées" avec le langage le plus adéquat, c'est cela que j'appelle l'Art (l'art du philosophe, l'art du scientifique, l'art du mystique … mais très rarement l'art de l'artiste qui, le plus souvent, tripote des idées pauvres qu'il croit géniales -et qui le sont parfois -, dans le seul but de se faire plaisir ou de paraître original).

Pour comprendre le mot "art", il faut toujours le lier à son équivalent latin ars ou, mieux, grec technê … Tous deux pointent vers un savoir-faire, des techniques, un métier, etc … C'est la Renaissance qui, bien maladroitement, a voulu séparé l'artiste (profession noble parce qu'inutile) de l'artisan (profession vile parce qu'utile).

 

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Il est énervant que sous la plume de certains (dont Onfray) le "Dieu est mort" de Nietzsche soit interprété comme une profession d'athéisme radical. Pour Nietzsche, ce Dieu qui est mort, c'est le Dieu personnel et dualiste du christianisme, mais pas du tout le principe même d'un Divin.

Pour lui, ce principe divin qui englobe, vivifie et anime la totalité du Réel, est symbolisé par Dionysos qui est un Dieu vivant, bien vivant.

Être athée, c'est rejeter quelque principe de cohérence que ce soit, au sein du Réel ; Nietzsche n'a jamais été athée dès lors que ce principe de cohérence est dûment nommé tout au long de son œuvre : la Volonté de Puissance (Wille zum Macht) c'est-à-dire la volonté téléologique d'accomplissement de toutes les potentialités (de tout ce qui est possible).

Les seuls pseudo-philosophes à avoir défendu une thèse résolument athée, sont Jean-Paul Sartre et les comiques autour et après lui, qui niaient toute logicité au Réel qu'ils laissaient aller à vau-l'eau, au gré des caprices et des hasards ; il ne faut jamais avoir étudié de la cosmologie ou de la physique pour énoncer des âneries aussi aberrantes.

 

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Il y a autant de crétins de 20 ans que de crétins de 60 ans. La seule différence notable est que les crétins de 60 ans en ont déjà pris tant sur la gueule, qu'ils ont fini par apprendre, plus ou moins, à se taire. Alors que les crétins de 20 ans n'ont encore rien appris et prennent encore leur bêtise pour du génie.

 

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Michel Onfray, partisan de la rationalité philosophique, a ses haines irrationnelles :

  • l'Européisme parce que son populisme franchouillard n'a pas compris que la France est grotesquement insignifiante face aux autres continents dont l'Islamie qu'il comprend, en revanche, très bien,
  • le Libéralisme qu'il confond sempiternellement avec le capitalisme et le financiarisme,
  • le Judéo-christianisme parce qu'il n'a pas compris que judaïsme – auquel il ne connaît rien - et christianisme n'ont RIEN en commun,
  • l'Ecologisme qu'il réduit sournoisement à l'idiote Greta Thunberg et aux Grünen antinucléaires allemands, pour préserver son militantisme hédoniste petit-bourgeois,

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Nouveau : depuis ce 1/06/2021 : Le Tome 25 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement).