Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - AVRIL 2020

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

Le 01/04/2020

 

J'avoue que l'avenir des Etats-nations (et de la politicaillerie démagogique, idéologique, électoraliste et clientéliste qui y fleurissent) m'indiffère copieusement puisque je crois que la globalisation des problématiques est irréversible, que la mondialisation (qui était, en fait, une américanisation) des solutions est morte et que la continentalisation du monde humain est en marche. Ce qui m'intéresse, c'est la future Europe des Régions, sans niveau national intermédiaire.

 

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On me demande comment je vis le confinement … Excellemment bien, pour la seule et bonne raison que cela fait plus de 20 ans que je vis confiné dans une vaste et belle maison appelée "cosmologie et philosophie", toujours en pleine ruralité érémitique, d'abord dans les montagnes près du mont Ventoux en Provence, et maintenant dans les collines du Morvan.

 

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J'aime le pays, la langue et la culture de France, mais je hais le système français … et je m'en tiens le plus éloigné possible.

 

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Gilles Lipovetsky écrit que c'est une erreur de : "donner une définition très réductrice de l'individualisme en l'assimilant à l'égoïsme, à l'indifférence aux autres, au nihilisme. C'est l'idée que s'en fait toute une tradition de pensée morale et religieuse, mais elle ne me semble pas rendre justice au phénomène. L'individualisme renvoie à une culture qui affirme l'autonomie du soi, le droit à la libre autodétermination personnelle".

 

L'égoïsme, l'égotisme, l'égocentrisme, l'ego-nombrilisme et l'ego-narcissisme ne sont que les maladies de l'individualisme.

Cet individualisme n'est nullement contradictoire avec des solidarités, des bénévolats ou des militances, pourvu qu'elles soient librement consenties, voulues, choisies, décidées par la personne et non imposées par une quelconque institution.

 

Le TLF donne trois définitions complémentaires de l'individualisme :

  • Générale : toute théorie ou tendance qui fait prévaloir l'individu sur toutes les autres formes de réalité, et qui lui décerne le plus haut degré de valeur.
  • Politique : [par opposition à étatisme, parfois à communisme] Idéal politique qui accorde le maximum d'importance à l'individu, à l'initiative privée et réduit le rôle de l'État au minimum ou même à rien.
  • Sociologique : [par opposition à collectivisme, conformisme, fédéralisme] Doctrine qui met l'accent sur le développement des droits et des responsabilités de l'individu, estimant que l'État et les institutions sociales ne sont là que pour le bien des individus.

 

Il n'y a donc aucune différence entre "individualisme" et "libéralisme".

D'autant plus que ces deux mots exacerbent la même exécration de la part des socialo-populismes.

L'idée essentielle, derrière ces deux vocables, est celle du droit et du devoir de l'autonomie personnelle de tout un chacun.

"Autonomisme" (au sens philosophique et non au sens politique) pourrait être une troisième vocable adéquat.

 

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Le même Gilles Lipovetsky écrit :

 

" Vous pouvez rendre l'accès aux musées gratuit, ça n'y change rien, le public 'populaire' ne s'y rend pas ou très peu. Tout le monde reconnaît que la haute culture, c'est très bien, mais, sauf ceux qui disposent déjà d'un 'capital culturel', la plupart préfèrent les réjouissances de l'entertainment."

 

Bref : s'amuser et non se cultiver ou penser. Ce qu'il appelle "le capitalisme de la séduction" l'a fort bien compris : séduire les masses est le moteur de nos sociétés d'hyperconsommation.

 

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Bien sûr, il faut aussi rappeler la puissance de la philosophie grecque avant l'avènement du christianisme.

Mais l'histoire plus récente montre que les nations européennes ne sont pas égales en ce qui concerne la concentration des penseurs significatifs.

Ces penseurs significatifs se répartissent un peu plus équitablement du point de vue scientifique que du point de vue philosophique. Car la philosophie moderne européenne est essentiellement allemande (métaphysique, éthique, épistémologie, etc …), puis un peu anglaise (économie, praxéologie, logique, …), puis vaguement française (politique, droit, …). Les autres nations ont été singulièrement stériles de ces points de vue : les nations ibériques, italiques, scandinaves, slaves, balkaniques, … sont des quasi déserts philosophiques (mais il y a, évidemment quelques exceptions individuelles).

On est tenté de croire que c'est le dogmatisme chrétien qui a tué la philosophie ; celle-ci n'a pu ressusciter qu'en terres protestante ou anglicane, libérées de ce dogmatisme après la Renaissance.

 

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La question se pose de la différence et du rapport dialectique entre philosophie et science en tant que les deux voies pour comprendre le Réel ?

Chacune des deux voies apporte une vue globale, holistique et générique, des vues spécifiques et spécialisées, et des vues méthodologiques sur leur manière d'avancer. Le tableau suivant résume ces diverses vues :

 

Activité

Générique

Spécifique

Méthodologique

Philosophique

Métaphysique

Ethique, politique, noologie, gnoséologie …

Epistémologie, logique, dialectique …

Scientifique

Cosmologie

Physique, chimie, biologie, écologie …

Mathématique, métrologie …

 

Mais la question générale reste posée : qu'est-ce qui fait la différence profonde entre la philosophie et la science ? Pendant très longtemps, il n'y a pas eu de distinction entre elles et un philosophe était naturellement aussi un physicien, et vice-versa. Tout changea avec la Modernité et, surtout, à partir du 18ème siècle avec l'avènement des sciences expérimentales.

En fait, c'est l'expérimentation qui fait la différence. La science, c'est de la philosophie plus de l'expérimentation.

 

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Tout système complexe (et, au fond, ils le sont tous, comme le Réel pris dans son ensemble) est travaillé par un quadripôle situé sur deux axes.

L'axe ontologique se place entre généalogie et téléologie ; cet axe est résumé par l'aphorisme de Pindare : "Deviens qui tu es" ou celui de Nietzsche : "Deviens ce que tu es (…)".

L'axe praxéologique se place entre écologie et axiologie ; cet axe est résumé par la suite de l'aphorisme de Nietzsche : "(…) et fais ce que toi seul peux faire".

Le point de croisement de ces deux axes perpendiculaires l'un à l'autre (l'axe ontologique étant vertical et l'axe praxéologique étant horizontal) est la source de toute l'activité de métabolisation qui engendre toute l'évolution du système.

 

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C'est avec la Renaissance et la Modernité que se consomme ce grand divorce absurde qu'est la rupture radicale entre l'humain et le Divin, entre l'homme et la Nature, entre le sujet et l'Objet, entre le "je" et l'Un, entre la partie et le Tout.

Il est grand temps de restaurer cette Union sacrée et de rétablir la connexion entre l'humain et ce qui le dépasse.

Tous les maux humains actuels naissent de cet orphelinat que l'on appelle "humanisme", mais qui n'est qu'anthropocentrisme, narcissisme et nombrilisme. Avec la Renaissance, naquit l'incommensurable orgueil humain, l'insondable vanité de cet humain prétentieux qui s'est pris pour un dieu au-dessus de la Nature et de l'Univers … avec les incalculables et irréversibles conséquences écologiques, pandémiques et noologiques que nous commençons à découvrir aujourd'hui.

 

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De Yuval Noah Harari :

 

" Presque toutes les institutions culturelles font aujourd’hui face à la faillite.

Les théâtres, les galeries, les musées, les troupes chorégraphiques …"

 

Bon, et alors ? Et si on en finissait avec cette fausse culture appelée "arts", qui n'apporte rien, qui est superflu et superfétatoire, qui entretient un sale marché artificiel et spéculatif, et dont tout le monde se fiche éperdument (sinon ces "institutions culturelles" ne seraient pas toutes en faillite).

Le soi-disant "art" est inutile et ne fait "bander" que ces "artistes" autoproclamés qui se font de l'argent, de la gloriole, du psychédélisme ou de la psychothérapie avec leurs "bidules".

Que cet "art" se débrouille sans les deniers publics (qui ont bien mieux à faire).

Que ces "artistes" assument leur vocation sans faire "chier" le monde.

On veut du beau : regardez donc un vrai arbre, une vraie mésange ou une vraie jonquille !

On veut du beau : habitez donc une bonne vieille maison en pierre de pays entourée de prés et de bois.

On veut du beau : cultivez donc un jardin de légumes et de fleurs.

Et cessez donc d'emmerder le monde avec ces "bidules" qui finiront, immanquablement, dans un musée subventionné ou dans l'appareil photographique d'une Chinois ou d'un Japonais.

La vraie culture, c'est la science, la philosophie et la spiritualité ; et rien d'autre.

Le reste n'est que divertissement ou ornementation dont il est impérieux de désencombrer la vie pour créer un nouvel art de vivre, tout d'intériorité et de dépouillement.

 

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Le proto-christianisme s'est élaboré autour de trois pôles. Le pôle judéo-chrétien à Jérusalem autour de Jacques le frère de sang et le successeur de Jésus. Le pôle christo-gnostique à Alexandrie qui a produit les évangiles dits "apocryphes". Et le pôle christo-paulinien à Rome autour d'un renégat psychotique et mythomane appelé Saül de Tarse, devenu, par adoption aristocratique, citoyen romain sous le nom de Paul.

Le pôle judéo-chrétien s'est éteint avec l'effondrement et la destruction de Jérusalem en 70. Le pôle christo-gnostique s'est étiolé avec la déliquescence de l'empire romain aux 3ème et 4ème siècles. Il ne resta donc que le pôle christo-paulinien qui deviendra le catholicisme aux côtés d'une orthodoxie grecque très imprégnée des traditions alexandrines.

L'orthodoxie slave est bien plus récente ; sa graine est orthodoxe grecque, mais sa pousse s'est nourrie à d'autres terreaux.

Quant à l'anglicanisme et aux protestantismes, ils sont clairement des dissidences (anglo-saxonne et germaniques, donc anti-latines) en rébellion franche contre le dogmatisme romain (qui ne le serait pas ?).

 

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Le 02/04/2020

 

(Je reçois, tous les jours, une vingtaine de courriels, souvent d'inconnus, qui me demandent mon avis sur ce qui se passe. Bien des réflexions de ce journal, depuis des semaines, sont des copies partielles de mes réponses)

 

La pandémie actuelle n'est qu'une expression particulière (mais bien pénible) de la chaotisation de toutes les dimensions du paradigme globalisé d'aujourd'hui. Cette chaotisation touche le climat, les pandémies, la biodiversité, l'écologie, les pollutions, les monnaies, l'industrie et le commerce mondiaux, la finance, la géopolitique, etc …

Cette chaotisation généralisée (que l'on a euphémiquement baptisé la "crise") a débuté, avec notamment l'informatisation des entreprise et la "crise" pétrolière, dans les années 1970 (alors que le déclin du paradigme moderne a démarré avec la "Grande Guerre" de 14-18).

 

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Y aura-t-il, en suite de la pandémie actuelle, une crise économique et financière globale pire qu'en 2008 ? Il faut l'espérer et en finir, une bonne fois pour toutes avec un modèle financiaro-industriel dément et avec le cancer spéculatif qui ronge l'économie réelle.

 

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Nous vivons la fin du paradigme de la Modernité qui est né à la Renaissance et dont le chaos généralisé actuel est l'expression. Face à cela, deux solutions : l'effondrement de l'humanité ou l'émergence d'un nouveau paradigme radicalement différent. Cette émergence ne sera en rien aidée par les institutions actuelles qui sont toutes des produits du paradigme moderne et dont la mission première est d'assurer la pérennité de ce même paradigme.

 

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Il est vrai que je suis misanthrope. Mais je suis très étroitement au contact de la Vie (dont les humains, pour la plupart, ne sont ni la plus importante, ni la plus glorieuse des manifestations). Il y a deux lectures nourricières : celle des livres des grands philosophes et scientifiques, et celle de la Nature. Puis il y a la réflexion, la méditation et l'écriture. Le babil inepte de 85% des humains n'a pas vraiment d'intérêt.

Ma vocation est la compréhension globale du Réel (je suis métaphysicien et cosmologiste par nature) où les humains ne jouent qu'un rôle très périphérique et très subsidiaire.

Pour moi, l'histoire des humains n'est guère enthousiasmante, ne serait-ce que par ses démonstrations les plus récentes : Verdun, Auschwitz, Kolyma, Tienanmen, Bhopal, Seveso, Subprimes,  … et Covid-19.

Je m'intéresse cependant aux sociétés humaines comme un entomologiste s'intéresse à une ruche ou à une fourmilière. Ces sociétés sont aussi (comme le reste des phénomènes) des expressions de la vitalité cosmique et de ses lois et pratiques.

C'est cela qui m'intéresse.

 

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La technologie cause autant de problème qu'elle n'en résout.

Il faut cesser de croire que la technologie est un "progrès". Elle ne résout pas les problèmes, elle les déplace.

 

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D'André Comte-Sponville :

 

" Ce qui m’étonne, pour résumer, ce n’est pas la gravité intrinsèque du Covid-19, c’est l’espèce d’affolement médiatique qui l’accompagne, comme si les journalistes réalisaient soudain que nous sommes mortels. Quel scoop !"

 

Le taux de létalité est de l'ordre de 1% des personnes infectées (dont on sous-estime le nombre réel, faute de détection). C'est des centaines de fois moins que la malnutrition, les accidents de la route, le diabète, le cancer, la grippe hivernale, etc …

 

Il met le doigt sur ce que nous savons :

  1. La létalité du Covid-19 est très faible par rapport aux autres fléaux qui rôdent.
  2. Les séquelles économiques seront bien plus graves que la pandémie.
  3. Les médias sont les grands responsables de la psychose paniquée des masses (surtout citadines).

 

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Le 03/04/2020

 

Le monde humain est devenu, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, le siège d'une série impressionnante de délires exponentiels (cfr. les courbes de Michel Lévy ou de Daniel Cohen) qui, nécessairement et mécaniquement, ne peuvent déboucher que sur la chaotisation générale que nous connaissons aujourd'hui et dont le dérèglement climatique, la crise des subprimes ou le covid-19 ne sont que quelques manifestations particulières.

Ces "exponentielles" ont presque toutes atteint ou vont bientôt atteindre leur apex. Par exemple, la population mondiale, "toutes autres choses restant égales", du fait de la baisse de la fécondité nette (partiellement compensée pat l'allongement de l'espérance de vie) va arriver à son maximum de 8 à 9 milliards avant 2050 puis va diminuer constamment (mais trop lentement au vu de la diminution des stocks de ressources) et serait, par exemple, "naturellement" vers les 7 milliards en 2100. Comme ces diminutions "toutes autres choses restant égales" sont bien trop lentes, les "choses" ne resteront pas égales et des mécanismes d'accélération se mettront (se mettent déjà) en place.

L'humanité n'est plus soutenable par le système Terre. Il faut par exemple que la population humaine globale reviennent aux alentours des 2 milliards (population de 1926).

La conclusion en est que, si les humains veulent éviter les réactions brutales et aveugles, dirigées contre eux par le système Terre trop saturé, et s'ils veulent sortir de l'actuelle chaotisation du monde autrement que par effondrement (collapse), il est vital de favoriser, par tous les moyens, l'émergence d'un nouveau paradigme que j'ai appelé la "courbe verte".

 

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Le 04/04/2020

 

D'Emmanuel Mounier :

 

"Il semble ainsi que la conscience d’apocalypse affleure plus aisément à la surface de l’histoire que la conscience de la décadence. (…) Il est après tout plus simple de se délester de la pénibilité de l’action et de parler d’apocalypse, de lancer des prophéties, d’envisager la fin en incriminant les jésuites, les francs-maçons, les juifs ou tout autre bouc émissaire face au désarroi de l’inconnu."

 

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Le Réel (au sens cosmologique et métaphysique) est suffisamment plein et cohérent comme ça pour n'avoir aucun besoin d'y surajouter du Surnaturel. Je suis un grand adepte du principe du rasoir d'Occam et la Surnaturalité ne me paraît pas du tout indispensable pour appréhender le Réel.

Spinoza me comble avec son "Deus sive Natura", à la condition de se rappeler qu'en latin, Natura est le participe futur féminin du verbe Nascor ("naître") ; la Natura, c'est ce qui est en en train de naître ou, mieux, ce qui fait naître (c'est donc le moteur des processus d'émergence).

Je chéris des notions comme l'interdépendance universelle, comme l'existence d'un "invisible à l'homme" (mais pas pour autant surnaturel), etc …

Le mot Dieu m'est cher (je l'appelle plus volontiers "le Divin") mais dans une conception radicalement immanente et impersonnelle, très proche du Logos des grecs ou de l'idée d'Esprit cosmique (au sens d'un principe organisateur de cohérence qui transforme le Tout en l'Un - d'où mon panenthéisme).

 

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Pourquoi donc, dans un univers très largement gouverné par la maximisation de l'entropie, y a-t-il des émergences complexifiantes durables ? La réponse est dans la convergence entre une intention immanente de "Vie" dans l'univers (une force de complexification que l'on peut identifier avec la néguentropie) et des configurations saturées de tensions : il faut qu'il existe une bonne raison (sans pour autant de déterminisme mécaniste) pour que l'émergence … émerge, malgré l'entropie ambiante.

Pendant longtemps, les physiciens ont été concentrés sur la force de gravitation mais, depuis Einstein, on admet une force d'expansion qui va dans l'autre sens ; de même les physiciens se sont concentrés sur la force d'uniformisation qu'est l'entropie, mais ils ne veulent rien entendre à propos de la force complexifiante qu'est la néguentropie - ce ne sont pourtant que des applications cosmologiques du yin et du yang.

A part l'intention (comme orientation générale) et les tensions (comme déclencheurs), quelles autres raisons pourrait-il y avoir pour qu'il y ait émergence … sinon des causes miraculeuses ou surnaturelles ineptes ?

Les communautés humaines sont clairement des émergences. Elles ont pu (contingence mais non déterminisme) émerger  du fait de tensions insécuritaires liées à des situations de faiblesse ou de danger ou d'oppression. Cette peur devait être dissipée au travers d'organisations sociétales qu'ils fallait inventer. S'il n'y a aucune raison pour que les choses se passent, rien ne se passe ; en revanche, s'il existe de bonnes raisons (des tensions à dissiper), les systèmes sont d'une inventivité incroyable … et imprévisible. La pandémie actuelle a vaincu, en quelques semaines, des inerties sociales inouïes et a ouvert des regards et des comportements inédits qui engendrent d'autres configurations du "vivre ensemble".

 

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Le 05/04/2020

 

Dans ce Journal, j'avais, le mois dernier, posé une question :

 

Chaque paradigme produit sa propre figure humaine type.

L'hellénité produisit le Sage.

La Romanité produisit le Patricien.

La Christianité produisit le Moine.

La Féodalité produisit le Chevalier.

La Modernité produisit l'Intellectuel.

Que produira la Noécité ?

 

Mon ami cher POG, me répond :

 

"Je propose le Spirituel, celui qui transcende

 

  • La raison par l’intuition (en référence à l’Intellectuel)
  • L’ordre par la créativité (en référence au Patricien)
  • Le salut par le vécu (en référence au Moine)
  • L’idéal par le réel (en référence au Sage)
  • La force par l’harmonie (en référence au Chevalier)

 

Avec le spirituel , on retrouve un humain plutôt intériorisé et au service de la Vie et de l’Esprit."

 

Magnifique réponse !

 

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Nous changeons de monde, alors changeons la vie et le regard ! La modernité s'achève et, avec elle le confort repu où nous avons douillettement vécu depuis soixante-dix ans. Ce monde-là est mort. Mais un nouveau monde émerge qui nous invite à réinventer la vie.

 

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La personne redevient centrale, non par rejet des interdépendances et des solidarités qu'elles induisent, ni par égoïsme, égocentrisme, narcissisme ou nombrilisme. Le mot-clé est "autonomie" de la personne.

 

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La société construite autour de l'Etat et les communautés de vie autour d'un projet particulier, sont en train de divorcer. L'étatisme autoritaire et es communautarismes sectaires sont des poisons délétères à neutraliser. De nouvelles appartenances doivent être construites, à la fois dans l'univers physique et dans l'univers numérique.

 

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Donner du sens et de la valeur à ce que l'on vit. Savoir ou décider au service de quoi consacrer son existence : son nombril ou ce qui nous dépasse ? Les philosophies et les spiritualités ont donné, chacune, non pas des réponses, mais des chemins.

 

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Non, l'univers n'est pas un assemblage de briques élémentaires, interagissant par des forces élémentaires selon des lois élémentaires. Non ! L'univers est un vaste organismes unitaire et complexe, en évolution permanente grâce aux processus d'émergence. Il se construit peu à peu en profitant des opportunités locales que des nœuds de tensions lui offre. Un tout autre regard cosmologique et physicien sur le Réel s'impose.

 

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Tout se qui existe, dans le Réel vise son plein accomplissement. Et cet accomplissement de soi passe aussi par l'accomplissement de l'autour de soi. Là naît l'éthique. Cette éthique, en apparence simple, répond à la question : que dois-je décider de faire ou de dire ? Ce qui contribue positivement à l'accomplissement de soi et de l'autour de soi, il faut le faire ou le dire ; ce qui lui est inutile ou nocif, il ne faut pas le faire.

Mais qu'el est le chemin de cette accomplissement ? Cela s'appelle la vocation intime et profonde, spécifique à chacun.

 

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Nous vivons la fin d'un cycle, comme tous les 550 ans en moyenne. Nous vivons une bifurcation c'est-à-dire une mutation, une changement de paradigme.

Le monde de la modernité, né à la Renaissance s'effondre sous les coups de cinq ruptures majeures : celle des ressources, celle des technologies, celle organisation, celle du modèle socioéconomique et celle des projets collectifs de vie.

Un autre monde est en train d'émerger. Ses axes directeurs reflètent, dans le positif, la négativité des cinq ruptures évoquées. Ces reflets sont autant de défis à relever sinon, nus donnerons raison aux collapsologues, prophètes apocalyptiques.

Ces cinq défis sont celui de la Frugalité, celui de la Noéticité, celui de la Réticularité, celui de la Virtuosité et celui de la Spiritualité.

C'est notre responsabilité personnelle et collective de relever ces défis. Mais en avons encore le temps ?

 

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La grande bifurcation qui est en cours dans toutes les dimensions du monde humain (avec des retombées immenses sur notre pauvre petite planète), affecte toutes les dimensions de l'activité humaine, y compris économiques. La chaotisation l'atteint de plein fouet, et plus encore depuis la crise des subprimes et de la crise pandémique : elle atteint les monnaies, les technologies, les finances bancaires et spéculatives, les ressources pénuriques, la géopolitique, le commerce mondial, etc …

Chaque entreprise veut, à bon droit, sortir de ce chaos économique et se reconstruire dans et pour la durée. Les recettes managériales d'antan sont obsolètes (hiérarchie pyramidale, salariat, business plans, contrôle budgétaire, performances, ratios, etc …).

La nouvelle économie exige la maîtrise excellente du management de la Valeur (et non du prix), de la Connaissance (et non de la matière), des Réseaux (et non des hiérarchies), de la Virtuosité (et non de productivité) et de l'Autonomie (et non de la subordination).

 

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Une métaphysique totalement panenthéiste doit reposer sur trois piliers :

  1. Le monisme : le Réel est un Tout, unitif et unitaire, sans rien hors de lui.
  2. Le constructivisme : le Réel se construit par émergences contingentes, loin de tout déterminisme causaliste.
  3. L'intentionnalisme : le Réel est poussé par sa généalogie et tiré par sa téléologique dans une tension globale qui est l'intention de s'accomplir en plénitude.

Spinoza avait bien compris le monisme (Deus sive Natura) et l'intentionnalisme (le Conatus), mais était passé à côté du constructivisme, d'où son déterminisme causaliste et mécaniciste (très en vogue en son siècle rationaliste).

 

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Tous les processus complexes évoluent, dans le temps, par constructivisme.

Le constructivisme suppose trois étapes :

  • Une étape de prolifération et d'accumulation.
  • Une étape d'amplification de tensions.
  • Une étape de dissipation des tensions au moyen d'une émergence.

 

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C'est assez symptomatique : ce crétin atrabilaire de Voltaire, chef de file des obscures "Lumières" françaises, n'a absolument rien compris ni à Spinoza, ni à Leibniz. Et dire qu'il en existe encore pour prétendre que ce débile était philosophe. Au mieux, un polémiste psychotique. Aussi psychotique de l'autre infâme : Rousseau. Et aussi polémiste - et non philosophe - que la bande des Diderot, d'Holbach, Helvétius et autres.

C'est curieux, chaque fois que la France est en déliquescence civilisationnelle, c'est la même chose : une bande de comiques dévoie la philosophie. Ce fut la même chose après la débandade nazie et le scandale étouffé de la copieuse collaboration vichyste avec les Sartre, Beauvoir, Merleau-Ponty, Althusser, Derrida, Deleuze, Badiou et tous les marxo-gauchistes recrachés par les égouts.

 

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La notion de colonisation n'a aucun sens : tous les peuples ont colonisé tous les autres peuples depuis le début de l'humanité (l'histoire des peuples africains entre eux et des africains avec les esclavagistes musulmans, bien avant l'arrivée des "blancs", le démontre à foison). Ces histoires de colonisations sont des faits et des constats passés, elles ne peuvent pas devenir des culpabilités actuelles (les homo neanderthalensis , pourtant inventeurs de pratiques funéraires et des rites pariétaux) ont été colonisés et absorbés, en Europe, par des homo africanus (qui étaient tout sauf sapiens, sauf dans la malencontreuse nomenclature ancienne - dixit mon vieil ami Pascal Picq). Si la culture européenne a pénétré si facilement dans les pays "colonisés", c'est que la culture native était faible ou inefficiente ou inadéquate. Au grand dam des mouvement actuel de "gender studies" ou de "cultural studies", il existe un darwinisme culturel autant que biologique. Qui parle d'abandon ? Ils ont voulu leur indépendance, ils l'ont. Qu'ils en mésusent pour mettre des tyranneaux prédateurs (à la Chavez, à la Mobutu,  à la Bouteflika) ou des hommes de paille (à la Mandela) à leur tête, et pour laisser leur économie aller à vau-l'eau au profit de profiteurs locaux, ne me concerne pas.

 

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La globalisation des problématiques est un fait irréversible. La mondialisation (qui n'est en fait qu'une tentative d'américanisation) des solutions est morte (et, enfin, Trump l'a bien compris).

Il y a aujourd'hui huit continentalisations en cours. Ces "continents" n'ont évidemment pas les frontières des continents géographiques classiques : ainsi l'Australie fait partie de l'Angloland comme l'Angleterre et les USA, mais pas comme l'Ecosse ou l'Irlande qui font partie de l'Euroland.

Ces huit continents sont l'Euroland (à l'intégration hésitante), l'Angloland, le Russoland, l'Indoland, le Sinoland, le Latinoland (beaucoup moins intégré), l'Afroland (très peu intégré) et l'Islamiland (purement morcelé en une mosaïque de totalitarismes plus ou moins salafistes).

La règle est simple : moins un "continent" est continentalisé, plus il est faible et s'offre en proie aux "continents" très intégrés, sauf à jouer la carte (très coûteuse et éphémère) du terrorisme comme l'Islamiland.

 

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Je ne suis pas de gauche. Ni de droite d'ailleurs. Je veux être libre d'opinion et autonome de décision (cela s'appelle le libéralisme ou l'individualisme au sens de Gilles Lipovetsky ou du TLF). Gauche ou droite sont des notions nées à la révolution française et typiquement ancrées dans le paradigme de la modernité qui s'effondre sous nos yeux. Il faut refonder une autre dualité politique (pour satisfaire les masses qui sont incapables de compter et de penser plus loin que "deux") entre libéralisme écologique et socialo-populisme archaïque.

 

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Chaque fois qu'il y a souffrance, c'est qu'il y a inadéquation, incohérence, décrochage.

 

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En fait, je viens de me rendre compte que ce que j'ai appelé les "rétro-activismes" - féministes, homosexuels, musulmans, racisés, etc … - sont des tentatives ridicules (mais violentes) de nier le darwinisme.

Ces rétro-activismes sont nés sur les campus américains avec les absurdes gender studies ou autres cultural studies. Ce n'est pas un hasard : aux Etats-Unis, 48% des adultes croient que la théorie de Darwin (et l'évolutionnisme) est concrètement fausse et que le récit christianisé et mal traduit de la Genèse (et le créationnisme) est concrètement vrai.

Il est vrai que le darwinisme et la réalité du Réel battent en brèche les ineptes doctrines égalitaristes et l'universalistes. Il faut donc choisir son "camp".

 

Face à une configuration hostile, il y a ceux qui survivent et il y a ceux qui ne survivent pas ; point-barre. Et pour survivre, il n'y a que deux tactiques, toutes deux liées à l'initiative d'individus forts : soit affronter seul, sans les autres, soit coaliser les faibles pour faire bloc.

Un faible ne fera jamais ni l'un, ni l'autre : il attendra ou il pleurnichera.

 

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Je déteste - et refuse - d'être spectateur : acteur ou rien !

 

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Leibniz disait que la plupart des "sectes" - on dirait "doctrines" aujourd'hui - ont raison dans ce qu'elles avancent mais tort dans ce qu'elles nient.

 

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Le 06/04/2020

 

Pour grandir, il faut des ressources, et pas seulement financières, loin s'en faut.

 

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Le centre et la base de toute société, c'est l'Etat.

Le centre et la base de toute communauté, c'est le projet.

L'Etat n'est pas un projet.

L'Etat est un objet, une institution dont la seule finalité est de se perpétuer.

 

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Le dilemme ancien entre l'Un et le multiple s'évanouit dès lors que l'Un est figuré par l'océan et le multiple, par les vagues.

Le prix à payer pour cette résolution, est la disparition de l'ipséité absolue de chaque vague (mais non de son ipséité relative, discernable et identifiable).

L'Un de l'océan (qui est le Divin ou le Réel) est bien plus que la totalité des vagues (qui est l'univers).

Le Réel est Un, mais ses manifestations sont multiples.

Le Tout (la totalité des manifestations) est dans l'Un (le Réel), mais l'Un est plus que le Tout.

Panenthéisme, donc …

 

*

 

Venu du latin, le mot "allégorie" indique ce qui conduit "vers la lecture" (ad legere) de quelque chose de caché.

Venu du grec, la mot "symbole" indique ce qui permet de "lancer" (ballô) "ensemble" (syn), de reconstituer une unité à partir d'une multiplicité.

 

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Entre l'univers-réel (tel qu'il est en lui-même), l'univers-image (perçu) et l'univers-modèle (conçu), la correspondance des cohérences fonde la pertinence de la Connaissance.

Sans cette correspondance, la plus intime possible, on patauge dans le charlatanisme.

 

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La cosmologie qui est la connaissance globale de l'Univers et de la Logique construisant la totalité des manifestations (les principes de Cohérence, d'Optimalité et de Dialectique), converge asymptotiquement vers la connaissance du Réel-Un-Divin.

La connaissance de la Rationalité se déduit de la connaissance de l'Univers et conduit à la connaissance du Réel.

La connaissance du Logos se déduit de la connaissance du Kosmos et conduit à la connaissance du En-Ôlon.

La connaissance de YHWH se déduit de la connaissance de la Torah et conduit à la connaissance du Eyn-Sof.

 

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La connaissance est le fruit de la communion de l'élite des esprits humains.

Les masses et les dieux n'y jouent aucun rôle.

Cette communion des esprits implique un constructivisme (accumulations, tensions et émergences) dans le temps et un communalisme (noosphérisme) dans l'espace.

La connaissance n'appartient à personne mais est accessible à tous ceux qui en sont capables.

 

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Ne jamais confondre la connaissance encyclopédique et la connaissance systémique. Seule cette dernière a de la valeur.

 

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Le Réel est cohérent tant synchroniquement (cohérence structurelle dans l'espace) que diachroniquement (cohérence évolutionnelle dans le temps).

L'intention cosmique est d'augmenter toujours plus cette cohérence par l'optimisation en les deux voies possibles : celle de l'uniformisation entropique (globale) et celle de la complexification néguentropique (locale).

 

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Le Réel possède, à la fois, un fondement et une finalité.

Son fondement est sa propre mémoire accumulée.

Sa finalité est sa propre cohérence amplifiée.

 

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Traditionnellement, les cinq "vertus" fondamentales sont le Bien, le Beau, le Vrai, l'Utile et le Sacré.

 

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Les penseurs romantiques traitèrent, avec raison, Kant comme pourfendeur de notions de totalité et d'unité. Kant fut le champion absolu des dichotomies et des dualités. Il fut, à proprement parler, un coupeur de cheveux en quatre, incapables de la moindre vue d'ensemble, incapable de globalité, empégué dans des suites sans fin de scissiparités conceptuelles.

 

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Schelling et Hegel sont les deux grands anti-Kant.

 

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Ressentir la Beauté du monde, c'est fonder une esthétique de la sensibilité.

 

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L'Unité donne et reçoit la Totalité qui donne et reçoit la Multiplicité.

Le Réel donne et reçoit l'Univers qui donne et reçoit tous les étants.

 

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Selon Kant, l'entendement fait lien entre le sensible et l'intelligible, en "nommant" l'expérience au moyen de concepts. La raison architecture les concepts entre eux pour engendrer des "idées".

 

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Kant définissait le système comme "un tout conforme à des lois".

Cette définition est trop faible. En voici une bien meilleure :

 

Un système est un moment d'un processus qui est une construction fondée sur une mémoire, en vue d'accomplir une vocation propre, conformément à des règles propres d'optimalité, et au moyen de ressources échangées avec son milieu.

 

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Un spiritualité est une quête ouverte. Une religion est une idéologie fermée.

 

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Application stricte du principe du rasoir d'Occam, du principe de simplicité (sans simplisme, ni simplification).

Assomption de la complexité mais sans complication.

Le Réel est simple, mais les infirmités de l'humain le rendent compliqué.

 

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La philosophie classique est boiteuse car elle prétend traiter, en même temps, du Divin et de l'humain. Une trop grande jambe et une trop petite. Déséquilibre.

L'anthropologie (éthique, politique, noologie, gnoséologie, épistémologie, esthétique, etc …) est sortie du champ de la pure philosophie et a rejoint celui des "sciences" (plutôt "doctrines, conjectures, idéologies, …") humaines.

La logique, quant à elle, fait partie du champ des mathématiques.

Il ne reste dans le champ de la philosophie pure que la métaphysique c'est-à-dire l'étude des fondements ultimes du Réel, l'étude du Réel en tant que réel, en tant que réalité ultime.

La philosophie non métaphysicienne d'aujourd'hui (Onfray, Ferry, BHL, Lipovetsky, Finkielkraut,  Bruckner, etc …) n'est que considérations, plus ou moins intelligentes, plus ou moins pertinentes, plus ou moins compétentes sur l'humain, ses turpitudes et sa médiocrité. Soit ! Elle est nécessaire puisqu'elle éclaire sur l'humain. Mais elle n'est qu'une philosophie de la sociologie comme il existe une philosophie des sciences, des mathématiques, du langage ou de l'histoire.

Il y a donc la métaphysique d'un côté et les philosophies particulières de l'autre.

 

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L'Esprit engendre la Vie qui engendre la Matière qui engendre les matières qui engendrent les vies qui engendrent les esprits.

 

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Surtout cesser de confondre idéalisme et spiritualisme.

L'idéalisme est un dualisme qui sépare le monde des Idées et le monde du Réel.

Le spiritualisme est un monisme qui met l'Esprit à la source du Réel.

Quand on parle d'idéalisme allemand (Fichte, Schelling, Hegel, Schopenhauer, voire Nietzsche), c'est de spiritualisme allemand qu'il faut parler.

Laissons l'idéalisme à Platon ou à Kant.

 

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Le Moi universel de Fichte est le "il" de "il y a", de "il pleut", de "il pense", de "il vit". Ce "il" est l'Esprit ou Dieu.

Il n'est pas une personnification ; il est une intériorisation.

 

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Pour Fichte, l'humanité doit tendre à devenir un organisme unique dont les humains seraient les cellules et les nations, les organes.

Ensuite, il dérapa dans un nationalisme allemand exécrable.

 

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L'absolu n'est pas une Substance, mais une activité de l'Esprit.

Par résonance, celui-ci est accessible à un esprit s'il en est apte.

 

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Le 07/04/2020

 

Les dichotomies de Kant :

  • Le sujet et l'objet :
    • le sujet : l'individu empirique et le sujet transcendantal
    • l'objet : le phénomène et le noumène
  • La nécessité et la liberté,
  • Le devoir et le bonheur,
  • Le droit et le fait,
  • L'idéal et le réel.

Pour lui, toutes ces dualités sont définitives, irréfragables et rédhibitoires.

Dualisme rationaliste.

 

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De Lessing (qui s'inspire d'Héraclite) :

 

", je ne sais rien d'autre (…).

Il n'y a pas d'autre philosophie que celle de Spinoza."

 

Un et Tout !

Un en Tout !

Tout est Un !

Le Tout comme l'ensemble de toutes les manifestations de l'Un.

Ce fut la profession de foi des Fichte, Hölderlin, Schelling, Hegel, Schleiermacher … et Victor Hugo … jusqu'à Schopenhauer … voire Nietzsche.

L'anti-kantisme radical.

 

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Le Beau éveille la Sensibilité.

Le Bien éveille l'Intelligence.

La Sacré éveille la Volonté,

Le Vrai éveille la Mémoire.

L'Utile éveille la Conscience.

 

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Le Beau implique la sensibilité et, donc, l'esthétique, mais non point l'art.

L'art est une pratique créative qui ne vise que la création d'œuvres ; il n'implique, ni ne recherche spécialement le Beau (surtout depuis les années 1920). L'art peut aussi produire du laid … et il le fait de plus en plus souvent.

Il me semble que l'on a hypertrophié la notion d'art ; l'art n'est ni utile, ni important. Il est une pratique onaniste pour le créateur et une pratique financière pour le collectionneur.

 

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La séparation factice entre le sujet et l'objet est une pure illusion de l'ego.

Or, c'est précisément l'ego qui est une illusion voulant se faire passer pour une réalité séparée.

Tout le kantisme (et les philosophies du sujet qui prendront son relais) est un égotisme qui se cache.

 

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C'est à Goethe, semble-t-il, que l'on doit l'idée que, dans le Réel, rien n'est séparé de rien. Le Tout est Un.

 

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L'idée portée par le mot "amour" n'a, selon moi, de sens qu'au plan humain, principalement dans la relation de couple et dans celle entre parents et enfants (pour les autres relations affectives humaines, les mots "amitié", "camaraderie", etc … seraient plus adéquats).

Mais la notion d'amour n'a aucun sens ni au plan supérieur (l'amour de Dieu …), ni au plan inférieur (l'amour de mon chien …) : il ne s'agit, là, aucunement, d'un sentiment amoureux. Il peut y avoir une affection pour un chien ou une passion pour les chevaux, comme il peut y avoir un élan vers le Divin, voire une fusion avec lui. Mais l'amour n'y rien à y faire.

De même, dans des expressions comme "l'amour des livres", le mot "passion" serait plus pertinent.

 

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C'est toujours une erreur de projeter ce qui se passe sur le plan humain, vers d'autres plans, inférieurs ou supérieurs ; car c'est alors que se referment très vite les pièges de l'anthropomorphisme et de l'idolâtrie.

 

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De Schelling :

 

"La matière est de l'esprit en sommeil. (…)

Il faut que la Nature soit l'Esprit visible, et l'Esprit, la Nature invisible."

 

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De Christian Godin :

 

"Contre Kant, avec Leibniz, les romantiques vont supprimer la causalité séparatrice et réhabiliter la finalité unificatrice."

 

Intentionnalisme leibnizien et romantique, donc.

 

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Le Tout (global, donc) engendre ses parties (par émergence locale). Mais ces parties tendent à s'individuer et à se perpétuer, et deviennent, ainsi, des petits touts pouvant, à leur tour, faire émerger des parties de parties, etc …

L'Esprit engendre la hylé primordiale qui engendre des galaxies qui engendrent des étoiles qui engendrent des planètes qui engendrent de la chimie qui engendre de la vie qui engendre de la pensée qui tend à rejoindre l'Esprit.

La boucle spiralée ainsi se boucle sans se fermer : de l'Esprit comme potentialité à l'Esprit comme réalité.

 

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Hegel tue Kant avec un poignard nommé Spinoza.

 

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Kant sépare objet et sujet (analycisme pur). Fichte nie l'objet (subjectivisme pur). Schelling nie le sujet (naturalisme pur). Hegel dépasse sujet et objet (spiritualisme pur).

 

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Les trois facettes de l'Esprit absolu, selon Hegel, sont la sensibilité (symbolisée par "l'art"), le dépassement (symbolisée par "la religion") et la rationalité (symbolisée par "la philosophie").

L'Esprit absolu s'accomplit en se construisant dans l'histoire (la mémoire) au moyen de la dialectique (la métabolisation).

 

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Le Réel est une dynamique rationnelle et une rationalité évolutive.

 

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Dans leur fondement le plus intime, les mathématiques sont analytiques donc inaptes à représenter réellement quoique ce soit de complexe, puisque ce qui est complexe est, par essence, holistique.

Au mieux, les mathématiques peuvent modéliser, au prix de grosses simplifications et idéalisations, les fragments les plus mécaniques d'un complexe.

 

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L'entendement humain (la capacité de "nommer" l'expérience au moyen de concept) est nécessairement limité. Mais la capacité d'architecturer ces concepts de façon cohérente (ce que l'on appelle la "raison" ou la "rationalité") ne l'est pas. Même un nombre fini de concepts peuvent être combiner d'une infinité de manière.

 

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L'Un ne devient un Tout que par Evolution ; jamais par miracle (qui ferait ce miracle ?). Et toute évolution implique nécessairement une bipolarité qui implique une dialectique.

La seule bipolarité, totalement immanente et totalement intrinsèque, possible se pose celle entre "ce qu'on est déjà devenu" et "ce qu'on pourrait encore devenir".

Le premier terme implique une mémoire et le second terme implique une volonté.

Trois principes secondaires doivent compléter ces deux premières :

  • Le principe d'optimalité qui permet de choisir telle évolution plutôt que telle autre, sans laisser ce choix au hasard.
  • Le principe de dialectique qui organise la dissipation des tensions entre l'optimalité locale et l'optimalité globale.
  • Le principe de cohérence qui assure la pertinence des émergences créatives issues de cette dissipation.

 

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Le 08/04/2020

 

Dans toute activité humaine, il y a - il y a toujours eu - une part compliquée (pléthore de normes ou de réglementations, contraintes de temps, lourdeur procédurale, tâches simples mais harassantes ou dangereuses nécessitant mille limites ou précautions, etc …) et une part complexe (intelligence créative et/ou intuitive,  génie cognitif, approches holistiques, mobilisation d'énergie mentale, tâches de conception et/ou d'imagination, gestion des incertitudes, du chaos ou des conflits, intelligence relationnelle, puissance de conviction, vision prospective, etc …).

Traditionnellement la part compliquée était dévolue aux exécutants et la part complexe aux dirigeants.

A l'ère numérique, la part compliquée sera totalement robotisée et/ou algorithmisée, et il ne restera à l'humain que la part complexe avec le gros souci que la majorité des humains ne sont pas capables - pour des raisons soit naturelles (bêtise), soit culturelles (ignorance) - de prendre cette complexité en charge.

Je crains que nos sociétés ne doivent commencer, d'une part, à envisager le handicap intellectuel en plus des handicaps physiques et mentaux, et, d'autre part, à refondre tout le système éducatif en mettant la complexité-sans-complication en son centre.

 

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A la date d'aujourd'hui, la pandémie de coronavirus a fait plus de 80.000 morts (0,001% : un humain sur cent mille) dans le monde. Près de 1,4 million (0,018% : deux humains sur dix mille) de cas d'infections ont été recensés depuis décembre dans 192 pays et territoires.

 

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Le covid-19 a fait, à ce jour, 10.328  morts en France ; leur moyenne d'âge est d'environ 80 ans. Les épidémies de grippe de 1957 et 1969, en ont fait respectivement 20 000 et 30 000.

 

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De Brigitte Bardot :

 

"La connerie reste l'un des plus gros fléaux de l’être humain."

 

Pas faux du tout !

 

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Tout système est une entité plongée dans un Tout relationnel et interactif plus grand qui l'englobe.

Tout système est une totalité englobant des entités plus petites et toutes les relations et interactions entre elles.

Le système le plus petit est le protéus (le couple électron-proton).

Le système le plus grand est le Réel-Un ; il contient les trois échelles : l'échelle des grandeurs (l'espace volumique), l'échelle des temps (l'espace dynamique) et l'échelle des complexités (l'espace eidétique).

Spécifier un système, c'est en spécifier :

  • la taille (dimensions et distances, c'est-à-dire forme et position),
  • l'âge (stade de maturité interne et situation généalogique externe),
  • l'ordre (niveau néguentropique de son relationnel interne et externe, c'est-à-dire la complexité de son organisation interne et externe)

 

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La distinction classique entre essence et existence (entre "être quelque chose" et "exister") n'a aucun sens. Ce qui existe (existence), est quelque chose (essence) et ce qui est quelque chose (essence), existe (existence). On n'est pas quelque chose avant d'exister (l'essence ne précède pas l'existence) et on n'existe pas avant d'être quelque chose (l'existence ne précède pas l'essence).

Avoir une existence, c'est avoir une essence et avoir une essence, c'est avoir une existence.

Essence et existence sont un seul et même concept.

 

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Chez Hegel, l'Idée, aussi appelée "Totalité", est le nom donné au Réel. Elle présente deux faces : l'une appelée Nature qui est l'ensemble de toute les manifestations extérieures (l'Univers, donc) et l'autre appelée Esprit qui en est le moteur intérieur.

L'Idée évolue vers sa propre perfection, vers sa propre réalisation, vers son propre accomplissement.

Au sein de l'Idée, la bipolarité entre Nature et Esprit, donc entre Kosmos et Logos, est indispensable pour instaurer une Dialectique qui sera le moteur de toute évolution. La pensée de Hegel est une philosophie du Devenir qui échappe à toutes les philosophies de l'Être.

 

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Le Réel n'est pas inconnaissable, mais il est impensable.

 

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Devenir adulte, c'est affirmer sa personne autonome au-delà de la communauté originelle.

Devenir adulte, c'est dépasser la socialité et s'en libérer. L'infantilisme, c'est d'y rester ou d'en rester dépendant.

C'est la personne autonome qui figure l'émergence depuis la communauté, et non l'inverse.

La raison d'exister d'une communauté, c'est d'en faire émerger des personnes autonomes.

Ces personnes autonomes peuvent alors interagir en réseaux noétiques pour y contribuer à l'accomplissement de l'Esprit.

 

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Schopenhauer appelle le noumène "Volonté" et le phénomène "Représentation".

De là, "Le Monde comme Volonté et comme Représentation" signifie : le Monde comme noumène et comme phénomène. Son œuvre maîtresse pourrait donc s'intituler le "Le Réel et l'Univers" ou "Le Réel et la Nature" ; l'Univers ou la Nature étant conçus comme la totalité de phénomènes, des manifestations et des représentations que l'on s'en fait.

Le titre de Schopenhauer aurait pu, tout aussi bien, être : "Le Monde comme Volonté et comme Manifestation".

Son monisme radical est inspiré par les Upanishads du Vedanta indien ; la pluralité est illusion phénoménale ("maya") et seule l'unité absolue du noumène total est réelle.

La Volonté est ce noumène ultime, la source première de tout le Réel ; cette Volonté, je l'appelle "Intention" (ces deux mots sont ici synonymes).

Là où Schopenhauer surprend, c'est en prétendant que cette Volonté qui fonde Tout, est absurde (l'idée est évidemment bouddhiste : la souffrance naît du désir).

 

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Le transcendantalisme d'Emerson (et donc de Thoreau) est un monisme, dans la tradition post-hégélienne.

 

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Le 09/04/2020 (Pessa'h)

 

Un dicton juif :

 

"Quand on te force à partir, tu ne peux emporter que ce que tu as dans les poches (l'argent) et ce que tu as dans la tête (la connaissance)".

 

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Ma réponse aux vœux d'Edgar Morin, Marek Halter et Georges Haddad :

 

"Le Pessa'h de cette année doit, plus que les années précédentes, nous faire sentir l'urgence de ce besoin de libération de tous les esclavages et de toutes les idolâtries."

 

Ces deux notions d'esclavage et d'idolâtrie doivent être revisitées.

 

Qu'est-ce qu'un esclavage ? Une contrainte forte ou une servitude "volontaire" que l'on s'impose pour des raisons souvent obscures, mais toujours extérieures à soi. Un esclavage, au sens personnel et philosophique comme entendu ici, est donc lié à une croyance nocive en un "tu dois !". Car il faut bien comprendre la nocivité qui se cache derrière toutes ces servitudes volontaires que l'on s'impose. Il ne s'agit pas d'une discipline ou ascèse constructives et positives. Les servitudes volontaires sont à l'inverse de cela : elles sont destructives et négatives. On se force à faire du "contre-nature", du "contre-vocation", du "contre-accomplissement". Et la raison en est la croyance en un "devoir" contre soi, la croyance en une obligation d'abnégation. Je le répète, il ne s'agit pas d'une ascèse librement consentie et choisie en une certaine abnégation ou un certain sens du devoir. Il s'agit, dans les cas d'esclavage, de subir la croyance plutôt que de la choisir.

 

Qu'est-ce que l'idolâtrie ? Tout esclavage personnel est une idolâtrie. L'idolâtrie est une sorte d'esclavage généralisé, un esclavage à des croyances, quelles que soient celle-ci. Être idolâtre, c'est mettre son existence, dans toutes ses dimensions (pensée, parole, action), au service de fantasmes, de caprices, de pseudo-valeurs, de pseudo-idéaux, bref : au service d'idoles que l'on adore servilement.

Une idole relève de l'imaginaire ; c'est une image que l'on se forge et qui symbolise ce que l'on veut vénérer soit pour favoriser un désir, soit pour exorciser une peur.

L'idole représente le dieu qui nous gouverne ; un dieu profane, le plus souvent ; un dieu qui peut prendre beaucoup de forme et correspondre à diverses dimensions de nos personnes ou de nos existences.

 

La Pâque juive se nomme, en hébreu, Pessa'h, dérivation du verbe Passa'h qui signifie "enjamber, passer de l'autre côté". ce nom pointe les versets bibliques narrant le passage de la mer de joncs et, donc, la séparation définitive d'avec l'Egypte, le pays des bornes (Mitzraïm en hébreu) qui fut la "maison de l'esclavage".

La Pâque, c'est passer de l'autre côté, c'est quitter définitivement l'esclavage et l'idolâtrie. C'est se libérer de toutes les idoles.

Ce stade de la Libération est absolument indispensable avant de pouvoir atteindre le stade de la Révélation (le don de la Torah en haut de la montagne du désert de Sin), qui précède le stade de la Purification ou de la Sacralisation (les quarante années d'errance dans le désert) menant à la réalisation de la Promesse.

Se libérer de toutes les idoles … c'est se libérer de l'Imaginaire et retrouver le Réel, qu'il faut accepter et assumer tel qu'il est et tel qu'il va.

Se libérer de l'Imaginaire et de toutes ses fantasmagories, de toutes les illusions, de toutes les rêvasseries, de toutes les idéalisations, de tous les idéaux et de tous les idéalismes. Idole et idéal sont un seul et même mot dérivé de la même racine grecque : eidos qui signifie "forme", "image".

Se libérer de toutes les représentations imaginaires d'un monde autre, d'une vie autre, d'un soi-même autre … et revenir, pour l'assumer, au monde réel, à la vie réelle, au soi réel, au Réel !

 

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La confusion est permanente en France entre Libéralisme (qui est absolument indispensable contre toutes les "tentations totalitaires" et qui affirme "moins d'Etat et plus de Personnes autonomes"), Capitalisme (qui est une technique de financement privé d'investissements privés) et Financiarisme (qui est le cancer absolu de l'économie réelle au travers des pratiques nauséabondes de la spéculation financière et boursière). Fermer les Bourses : oui ! Emasculer les entreprises privées : non ! La grande majorité des entreprises sont des PME dont les entrepreneurs ne visent pas la profit financier, mais l'aventure collective pour fournir de la belle valeur d'utilité. Il est temps de sortir des clichés archaïques et obsolètes du socialo-gauchisme qui n'a jamais engendré autre chose que des dictatures.

 

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La démocratie ne fonctionne pas dans un monde complexe tout simplement parce que 85% des citoyens n'y comprennent rien et forgent leurs opinions beaucoup plus sur les rumeurs, les slogans ou les séductions de démagogues, que sur la réalité des faits qui leur passe au-dessus de la tête.

Le mythe du "politique" s'effondre sous nos yeux.

Le monde humain est constitué essentiellement de crétins. L'humanité est un ensemble de trains et chaque train, c'est une locomotive et des tas de wagons ; il ne faut jamais demander aux passagers de conduire la locomotive, mais il faut que le train respecte les horaires, les itinéraires et les arrêts en gare.

Il faut donc complètement réinventer le "politique".

 

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La globalisation des problématiques est irréversiblement un fait. Mais la mondialisation (américanisation) des solutions est un échec cuisant.

Le monde est en voie de continentalisation. Les Etats-Nations DOIVENT disparaître. L'Europe DOIT (sous peine de se faire phagocyter par l'Islamiland et/ou le Sinoland) devenir une forte et solide fédération de régions autonomes, sur un modèle suisse exposant 10.

 

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La France est une sous-puissance régionale, gangrénée par le socialo-populisme, vivant au-dessus de ses moyens depuis 50 ans, adepte des assistanats tous azimuts et percluse de syndicalisme, de marxisme et de socialisme. La France, si elle continue ainsi, sera la Grèce ou l'Italie de demain en Europe, avec l'invasion salafiste en plus.

 

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La pandémie fait bien plus de dégâts dans les pays du sud et dans les pays surendettés … et ce sont les mêmes, comme par hasard, … Italie en tête.

Le sud induit des climats favorables aux bestioles et le surendettement traduit une incapacité à gérer efficacement les choses.

Ces deux pôles s'amplifient mutuellement.

 

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Le 10/04/2020

 

Nous passons du paradigme moderniste à un paradigme écosystémique (réseau communautal, réseau entrepreneurial, individualisme ET interdépendance, transdisciplinarité, économie de la connaissance et de la valeur, logique de virtuosité, etc …).

Nous vivons la transition de l'un à l'autre qui est déjà bien entamée et qui s'accélère sous nos yeux. Nous devrons encore nous battre jusqu'en 2028 puis le nouveau paradigme pourra enfin se déployer. Si nous perdons cette bataille, alors nous donnerons raison aux collapsologues et l'effondrement sera probable.

 

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Est transcendantal tout ce qui se exprime l'au-delà de toutes les manifestations et de tous les mots et concepts servant à décrire ces manifestations.

Le transcendantal est, par définition, le domaine de la métaphysique, la cosmologie faisant l'interface entre métaphysique et physique (la science du manifesté).

Est immanent tout ce qui fonde et porte la manifestation.

Le Transcendant est le domaine de l'Esprit et l'Immanent est le domaine de la Substance.

Le Réel est l'origine et l'union du Transcendant (qui fonde sa téléologie) et de l'Immanent (qui fonde sa généalogie).

 

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

Sentence de Mélétos : "Prends soin du Tout."

Le Tout a droit à tous les égards au-delà de toutes ses parties.

 

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Tout ce qui existe, est émergence.

Emergentisme généralisé, radical et absolu.

L'émergence est la règle, l'assemblage est l'accident.

 

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Le Dieu-Un-Réel, le D.U.R. donc, est le socle dur (et impersonnel) d'où émerge le Tout de tout ce qui se bâtit.

Ce DUR est, à la fois, Mémoire généalogique (immanence) et Intention téléologique (transcendance) qui, ensemble, forgent le dipôle ontologique, que complète le dipôle praxéologique, opposant Dialectique écologique (entre le Tout et ses parties) et Optimalité axiologique (principes d'efficience et de cohérence).

La métabolisation de ce quadripôle engendre tout ce qui existe et arrive et émerge.

 

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Au sens théorique, l'écologie étudie les rapports dialectiques entre un Tout et ses parties.

L'écologie humaine, qui n'en est qu'un exemple particulier et local, traite des rapports dialectiques entre l'humanité et son écosystème terrestre. Mais on pourrait aussi bien parler de l'écologie des bolets dans la forêt derrière chez moi, ou de l'écologie d'une étoile au sein de sa galaxie.

Au sens métaphysique, l'écologie globale enquête sur les rapports entre le Réel et ses manifestations.

 

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Chaque entité vit au centre de son monde.

Plus on grimpe l'échelle de l'évolution, plus ce monde singulier devient ample : celui d'une pâquerette est beaucoup plus étroit et pauvre, que celui d'un humain.

Grâce à son esprit, l'humain peut élargir et enrichir son monde. Mais peut-il l'élargir et l'enrichir jusqu'à envahir tout le Réel et atteindre, ainsi, la Connaissance absolue ?

 

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Le 11/04/2020

 

A la question : "qu’est-ce qu’on fait après le confinement ?", le scénario le plus négatif  répond en prédisant la plus grande crise économique et financière des neuf dernières décennies avec l'effondrement de la finance spéculative internationale, une inflation record, un fort taux de faillites, une montée du chômage et des crises sociales graves (montée des populismes, radicalisation des ressentiments et violences des extrémismes). Il existe d'autres scénarii moins négatifs, bien sûr, mais le problème est identique : comment sortir de la chaotisation généralisée actuelle sachant que, pour en sortir, il n'y a que deux voies possibles : celle de l'effondrement total (qui donnerait raison aux collapsologues) et celle de l'émergence d'une nouvelle civilisation construite sur d'autres valeurs éthiques (notamment écologiques), d'autres appartenances communautales et d'autres pratiques économiques.

L'issue de cette crise économique est évidemment imprévisible, mais ce ne pourra pas être le retour au "bon vieux temps". La voie du salut par l'émergence passe nécessairement par une continentalisation accrue (et un effacement des Etats-Nations), par la fin du dollar comme monnaie de référence internationale, par la marginalisation des pratiques boursières, par une transformation radicale des pratiques entrepreneuriales et managériales, par la périphérisation du principe de salariat et la montée de l'autonomie personnelle (donc la fin des assistanats), par des robotisations et algorithmisations massives, etc …

 

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La joie de vivre ne passe pas par le luxe, mais chacun doit avoir et entretenir son petit luxe à soi.

 

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Le problème n'est pas de savoir comment partager le gâteau (égalitairement comme le marxisme que je hais,  ou selon d'autres critères).

Le problème est qu'il y a et aura de moins en moins de gâteau parce qu'il n'y aura plus ni de farine, ni d'eau, ni de sucre.

Ce discours est tout sauf politiquement correct. Le politiquement correct, c'est le déni de réalité et c'est laisser croire que la farine , l'eau et le sucre seront toujours abondants. Votre réaction est également à 100% dans le déni de réalité.

 

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Il ne peut y avoir d'autonomie sans interdépendance. Et l'autonomie interdépendante est un combat de tous les jours … et non un acquis.

 

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Les trente glorieuses et l'état-providence qui nous ont forgé (et ont permis que nous nous fabriquions un confort bourgeois et primaire), sont définitivement révolus ; nous avons mangé tout votre pain blanc et le pain noir, c'est maintenant. La croissance matérielle (financière, productive, consommatoire), c'est FINI et la seule croissance encore disponible sera celle de la frugalité et de la qualité de vie (non plus être riche, opulent et m'a-tu-vu, mais heureux dans une belle et saine simplicité et joie de vivre).

 

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La spiritualité pose des questions, la religion impose des réponses.

 

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Tous les métiers doivent être réinventés dans le nouveau paradigme et les métiers de la finance plus que tous les autres.

Les nouvelles entreprises seront des entreprises de l'intelligence et de la connaissance,  et non pas de la production de masse impliquant de lourds investissements. Elles ont besoin de peu de capitalisation. Et cette capitalisation sera privée et non institutionnelle (banque, fonds d'investissement, etc …). Les associés iront de leur poche pour garantir une trésorerie minimale de départ non grevée par des remboursements, intérêts ou dividendes.  Le crowdfunding est aussi une solution qui explose.

L'économie deviendra de moins en moins capitalistique et de plus en plus immatérielle. La production sera de plus en plus robotisée et algorithmisée ; c'est dans ces secteurs-là (moins de 20% de l'économie totale) que l'on aura besoin, à la fois, de capitaux et de rentabilités pourtant condamnées à s'amenuiser de plus en plus.

La virtuosité n'a pas besoin d'argent. Mais la médiocrité en aura bien besoin.

Avec la disparition du salariat et le peu de besoin de capitalisation dans l'économie de la connaissance et de la virtuosité, les fonds d'investissement sont condamnés à se mettre au service de la traîne de queue de l'économie productive (les industries des commodities) dont les rentabilités vont se réduire comme peau de chagrin (des volumes énormes et des marges maigres).

 

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Le 12/04/2020

 

Le judaïsme n'est pas vraiment une religion (et certainement pas une religion du salut comme le sont le christianisme ou l'islamisme). Il y a presqu'autant de judaïsmes que de Juifs. Le judaïsme est bien plus, à la fois, une spiritualité, une tradition et une culture.

 

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L'épisode actuel de pandémie permettra de jauger la capacité humaine de prendre la leçon et de changer, en conséquence et durablement, de comportements, notamment consommatoires.

Le coronavirus sera-t-il un authentique déclencheur de mutation paradigmatique ou un simple épiphénomène bien vite oublié ?

Les violentes grippes tueuses de 1959 et de 1968 ont vite été oubliées, mais il est vrai qu'elles sont tombées en pleines "trente glorieuses". C'est la concomitance entre cette pandémie et le chaos inter-paradigmatique qui changera peut-être l'ampleur de son impact.

 

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Il ne faut plus confondre "globalisation" et "mondialisation".

 

La globalisation des problématiques est un fait et est irréversible en ce monde en proie à la chaotisation généralisée (dérèglement climatique, pénurisation des ressources, effondrement des biodiversités, pollutions planétaires, dérégulations océaniques, explosions pandémiques, flux migratoires, délires technologiques, idéologiques, géopolitiques, monétaires et commerciaux, etc …).

 

Mais la mondialisation des solutions, telle que les USA l'ont rêvée (à leur profit) depuis la fin de la seconde guerre mondiale, est un échec. La continentalisation des solutions à apporter aux problématiques globalisées, est aujourd'hui en marche rapide.

 

Mais il s'agit bien d'une continentalisation et non d'un retour à ces fumisteries nationalistes ou souverainistes espérées par tous ces populismes nauséabonds qui montrent, aujourd'hui, leur sale groin.

N'oublions jamais que les Etats-Nations sont des inventions récentes (traité de Westphalie en 1648) qui ont malheureusement dépecé une Europe qui, jusque là, avait été foncièrement globale (romaine, carolingienne, féodale, chrétienne).

Comme je le clame depuis quinze ans au moins : l'avenir de l'Europe est en Europe (totalement fédéralisée) et nulle part ailleurs.

 

Les solutions apportées aux problématiques globalisées seront continentales pour la simple et bonne raison que chacune de ces solutions doit être taillée sur mesure fidèlement aux traditions morales et comportementales de chaque vaste bassin culturel que l'histoire des humains a forgés.

Les grilles de lecture du monde qu'ont un européen, un américain, un chinois ou un africain n'ont pas grand' chose en commun. Elles sont si éloignées les unes des autres, qu'elles en deviennent parfois incompatibles (ce qui alimentent, chez les débiles, des tentations racistes inacceptables).

 

Soyons clairs : à quelques rares exceptions près, un européen est néanderthalien, monogame, hétérosexuel, de tradition helléno-judéo-chrétienne et de langue indo-européenne. C'est tout cela qui forge ses comportements naturels et sa grille de lecture du monde, c'est tout cela qui façonne son identité.

 

A tout cela, il faut ajouter que les coûts de transport vont augmenter exponentiellement sous peu et qu'une logique de proximité va s'instaurer naturellement partout, réduisant les grands flux mondiaux à leur plus simple et minimale expression.

 

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De l'économiste Henri Regnault :

 

"Voyons ce que sont ces autrichiens [von Mises et von Hayek] et ces keynésiens.

 

L’autrichien est volontiers libertarien. Il n’est pas seulement économiste (d’ailleurs il est allergique aux mathématiques), il est avant tout philosophe, dans la lignée d’un Adam SMITH qui a écrit une Théorie des sentiments moraux avant de publier sa Richesse des nations. L’autrichien déteste l’Etat, qui le prive de libertés, qui lui déleste les poches d’impôts illégitimes alimentant le tonneau des Danaïdes de dépenses publiques inefficaces faisant vivre grassement un deep state parasitaire, qui lui impose une monnaie fiduciaire qui s’apparente à de la fausse monnaie sachant qu’il n’y a qu’une vraie monnaie, l’or. Pour l’autrichien, les monnaies fiduciaires étaient tolérables quand elles étaient rattachées à l’or, directement comme le dollar ou indirectement via le dollar. Mais en déconnectant le dollar de l’or, en 1971, Nixon a ouvert la voie à l’émission sans borne de fausse monnaie. Seul le retour à l’étalon or assurera la rédemption économique du monde, le retour aux vraies valeurs : l’effort, le travail, l’épargne comme préalable à l’investissement, loin de la création monétaire ex nihilo qui donne l’illusion de la richesse sans en créer les fondements matériels, et ne peut dès lors que dégénérer en inflation. Et aujourd’hui les autrichiens découvrent les cryptomonnaies avec gourmandise, comme moyen de construire un système monétaire échappant aux Etats.

 

Le keynésien est tout le contraire de l’autrichien. Il adore l’Etat, seul agent économique pouvant rivaliser avec Superman et donc susceptible de venir sauver la planète dans les périodes de crise. Il est fier de disposer de deux manettes conjoncturelles pour gérer la macroéconomie : la politique monétaire de la Banque centrale et la politique budgétaire de l’Etat. Il regarde en permanence son tableau de bord digital qui affiche en temps réel le diagramme IS – LM (ne cherchez pas à comprendre, sauf bac+2 minimum en éco, ou si vous êtes très courageux allez voir ici sur Wikipedia). Ce diagramme lui permet de suivre l’avancée de sa quête du Graal dans sa croisade vers l’équilibre de plein emploi. Il déteste l’or, « relique barbare » (Keynes) qui devrait servir à "paver les vespasiennes" (ça, ce n’est pas du Keynes) redonner de l’oxygène aux banques via des hausses de taux, avec néanmoins un risque collatéral évident de dégâts majeurs sur toutes les entreprises zombies qui ne survivaient que grâce à des taux très faibles, entraînant des faillites induisant elles-mêmes une explosion des créances douteuses des banques, conduisant à les remettre durablement sous respirateur artificiel. Et si on décidait que tous les agents économiques ont un compte à la Banque centrale, et basta ! Ah non… pas possible, beaucoup trop de chômeurs dans le secteur bancaire, ce qui nous éloignerait de l’équilibre de plein emploi. Que faire alors ? Tout ce que vous voulez… mais surtout pas d’économie planifiée centralisée : on finirait par manquer tantôt de papier toilette, tantôt de pâtes, tantôt d’œufs, alors même qu’on en trouve sans trop de difficultés actuellement, pourtant avec des circuits productifs et logistiques sous tension !"

 

Henri étant socialiste, il caricature l'école libérale (nommée ici "autrichienne, comme si le mot "libéral" était une grossièreté).

Il est clair que je suis fondamentalement "autrichien" et radicalement anti-keynésien. Sauf que le lien entre monnaie et or n'a rien ni de libéral, ni d'essentiel. C'est le lien entre monnaie et production réelle de valeur d'utilité qui doit être irréfragable afin de couper court à toute forme de spéculation monétaire et à toute forme de manipulations étatiques des taux de change.

 

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Les Quantitative Easings n'ont eu aucun effet sur l'inflation pour la bonne et simple raison qu'elles ont apporté d'immenses liquidités aux banques commerciales dont les entreprises réelles et les ménages n'ont pas pu profiter pour faire évoluer le ratio entre prix et revenu (qui est la définition de l'inflation) ; ces sommes énormes ont été directement misées dans les casinos boursiers.

En revanche, avec la crise pandémique, ce sont les Etats qui ont levé des sommes faramineuses (creusant encore plus leur déficit et leur endettement), redistribuées directement aux entreprises et aux ménages ; l'impact sur l'inflation sera énorme.

 

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Le 14/04/2020

 

La vie humaine est-elle une valeur en soi, ou ne prend-elle valeur qu'au service de ce Sacré qui la dépasse ?

Manifestement, la réponse de notre époque est que la vie humaine est une valeur en soi et qu'il faut donc tout y sacrifier.

 

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Tout ce qui est robotisable, sera robotisé. Tout ce qui est algorithmisable, sera algorithmisé.

C'est une évidence. C'est le principe de Gabor. Mais tout ce qui n'est ni l'un, ni l'autre, restera le domaine exclusif de l'homme, c'est-à-dire le plus essentiel, le plus créatif, le plus analogique, le plus sensible, le plus imaginatif, le plus génial, le plus intuitif, le plus relationnel, le plus holistique, etc …

Cela impliquera-t-il un monde à deux vitesses ? Mais le monde humains a toujours été à deux (ou quatre ou cinq) vitesses.

La démocratie et l'égalitarisme relèvent d'utopies idéologiques, mais pas de la réalité socioéconomique.

Comme déjà dit : "L'humanité est un ensemble de trains et chaque train, c'est une locomotive et des tas de wagons ; il ne faut jamais demander aux passagers de conduire la locomotive, mais il faut que le train respecte les horaires, les itinéraires et les arrêts en gare".

L'emploi suivra les révolutions technologiques, comme toujours. De nouveaux métiers émergeront. Je pense que 70% des métiers humains en 2050 sont inconnus et imprévisibles aujourd'hui. C'est la même chose à chaque saut technologique. Le poids des emplois ne diminue pas, mais son centre de gravité se déplace.

 

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L'histoire humaine - comme n'importe quel processus complexe - ne se réduit jamais à une succession de cycles de vie, mais cela ne signifie nullement qu'il ne puisse exister une composante cyclique dans l'histoire humaine.

A contrario : tous les systèmes complexes ont des fréquences propres et des cycles de vie propres ; pourquoi l'histoire humaine échapperait-elle à la règle ?

 

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Dans tous les domaines (et l'histoire ne peut y faire exception), un système complexe peut et doit être examiner de deux points de vue : l'un holistique et l'autre analytique. Il existe (et doit exister) une dialectique entre ces deux regards (mais bien sûr entre deux experts historiens, ce que je ne suis pas, je le sais pertinemment).

Je tiens à retranscrire ici un paragraphe déjà publié :

Le temps historique possède cinq dimensions qui se superposent les unes aux autre.

  1. Le temps immobile des invariants, de ce qui se conserve dans la durée.
  2. Le temps mémoriel qui s'accumule pour former la substance universelle.
  3. Le temps exponentiel de la complexification progressive.
  4. Le temps immédiat ou événementiel de l'actualité foisonnante et chaotique.
  5. Le temps cyclique qui structure les évolutions.

Ces cinq dimensions temporelles coexistent et aucune n'est parfaitement régulière ; elles interfèrent sans cesse et se perturbent copieusement les unes les autres. Je le répètent : je ne suis pas historien mais je ne vois pas pourquoi l'histoire humaine échapperait aux lois générales des systèmes physiques complexes

 

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Le 15/04/2020

 

La société est horizontale et la communauté est verticale.

Plus précisément :

 

  • le sociétal est praxéologique et vise le fonctionnement d'une population sur trois piliers :
    • le politique qui édicte, applique et contrôle les règles de vie commune,
    • l'économique qui alimente le système en transformant des ressources en utilités,
    • la vie sociale qui grouille d'activités diverses
  • le communautal est ontologique et vise l'accomplissement d'un projet, d'une mission, d'une vocation, etc … ; il repose sur trois piliers lui aussi :
    • le mémoriel qui est ce patrimoine commun que la communauté veut faire fructifier et transmettre,
    • l'intentionnel qui fonde le projet commun qui relie les membres de la communauté,
    • la vie communautale qui est l'ensemble des activités visant à réaliser le projet.

 

Aujourd'hui, on constate que le sociétal se délite et que le communautal se cherche.

 

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L'éthique est ontologique alors que la morale est praxéologique.

 

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Il est sidérant de constater combien la philosophie moderne, depuis Descartes, a voulu ramener le Réel à la perception que l'humain en a. Bien évidemment la perception (sensitive et intuitive) que l'on a du monde, est le seul chemin disponible pour notre accès à la réalité de ce monde. Mais le chemin n'est pas le paysage et seul le paysage a de l'intérêt. Cela signifie que de la marche humaine dans le paysage (l'univers-image que l'on s'en fait), on en finit par induire une vision globale de ce paysage (l'univers-modèle que l'on s'en construit … au travers des langages et de la noologie humains, bien sûr).

Plus la cohérence entre l'univers-image et l'univers-modèle s'affirme, plus la connaissance que l'on se fait de l'univers-réel, se perfectionne. Et plus on enrichit l'univers-image (en empruntant des chemins variés et des cheminements différents), plus on enrichit l'univers-modèle, et plus la cohérence s'approfondit, et plus la connaissance s'améliore.

Afin de reprendre distance avec le "subjectivisme" humain, il faut se rappeler deux principes ; le principe de simplicité (rasoir d'Occam) et le principe d'unité (l'homme fait partie intégrante du Réel et, par effet hologrammique, il est en reliance avec lui).

 

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Ou bien le Réel est un Tout-Un-Entier-Unitaire-Unitif-Cohérent, ou bien il ne l'est pas et serait ontiquement et/ou pratiquement multiple, dissocié, hasardeux, etc …

Je crains qu'il soit impossible, à la Logique, de trancher cette alternative, qui devient un acte de Foi.

Mais le principe de simplicité (le rasoir d'Occam) affirme que, tant qu'elle reste en parfaite cohérence avec l'expérience existentielle humaine, la première option est de loin meilleure la seconde.

 

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Puisqu'il se manifeste par des émergences, le Réel évolue. L'humain est une de ces émergences et il en observe bien d'autres autour de lui, jusqu'à concevoir l'idée de "manifestation" comme l'ensemble global des émergences locales qu'il observe ou qu'il devine.

Pour l'humain, alors, le Réel apparaît comme la source ultime de ces manifestations qui trahissent l'évolution même de cette source.

S'il y a "manifestation", cela signifie qu'il y a une bonne raison intrinsèque et immanente de se manifester ; il y a donc une tension interne à dissiper, une in-tension, donc une intention à accomplir, une évolution à effectuer.

Ainsi voit-on apparaître une échelle de cinq échelons :

  • Le Réel
  • Sa manifestation globale
  • Par des émergences locales
  • dont l'humain qui les observe ou les devine
  • pour en induire une connaissance du Réel

 

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Le Réel est travaillé par un triple principe bipolaire :

  • le principe ontologique (dynamique) d'accomplissement animé par la tension entre intentionnalité (évolutive) et optimalité (inertielle),
  • deux principes praxéologiques :
    • l'un de cohérence (volumique) animé par  la tension entre force entropique (globale) et force néguentropique (locale).
    • l'autre d'émergence (eidétique) animé par la tension entre structure sphéroïdale (individuative) et structure fractale (intégrative)

 

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L'idée de Réel-Tout-Un induit un monisme aux multiples visages, dont : présocratisme, védantisme, taoïsme, aristotélisme, stoïcisme, Leibniz, Schelling, Spinoza, Hegel, Nietzsche.

 

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La pandémie déclencheuse ? Certains comportements adaptatifs émergent, mais seront-ils durables et pérennes ? Je n'en sais rien. Quand j'entends que le plus gros souci de certains, c'est de ne plus pouvoir ni se faire coiffer ou épiler, ni prendre des vacances à l'hôtel "Beau rivage", ni pétarader en motos, ni fréquenter les dancings, … et autres débilités futiles du même acabit … j'ai de gros doutes …

Pour l'après-pandémie, le gros souci sera la crise économique immédiate (inflation, chômage, mouvements sociaux, faillites, dévaluations monétaires, pestes syndicales, etc …). Et là encore, il y a des scénarii pénibles mais jouables, et des scénarii catastrophiques. Tout dépend de la capacité de l'Europe à se fédéraliser, à écraser les tentations (et tentatives) populistes et nationalistes, à se serrer les coudes autour de la BCE pour régler (dans la durée) les problèmes d'endettement pharamineux des Etats, et à juguler la pression migratoire qui ne pourra que s'amplifier.

 

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Le 16/04/2020

 

Plus un processus est complexe (et l'histoire humaine en est un), moins il est déterministe. Mais il faut être plus précis. Le processus, lorsque sa logique interne est stabilisée et que son environnement est tranquille, voit son évolution devenir assez routinière, ce qui peut être assimilée (globalement, mais pas dans les détails) à un quasi déterminisme holistique. En revanche, lorsque le processus se déplace vers une zone loin de l'équilibre (dans l'espace de états, appelé aussi "espace des phases), il devient chaotique (et donc globalement assez indéterminé). Il ne sortira de cette phase chaotique qu'en suivant une des trois voies suivantes : réorganisation sur le même niveau de complexité, effondrement vers un niveau inférieur de complexité ou émergence sur un niveau supérieur de complexité (c'est, par exemple, le cas avec les changements de paradigmes, c'est-à-dire de changement notoire dans la logique interne du processus). Aucune de ces trois voies (que l'on appelle en physique complexe, une "bifurcation" ce qui correspond à un changement profond de la nature de la logique interne du processus) n'est déterministe, ni quant à savoir laquelle d'entre elles sera choisie (cette incertitude est liée à l'effet papillon et à l'impossibilité de désigner quel en sera l'événement déclencheur), ni dans la manière dont elle se déroulera si elle est choisie (chacune des trois voies possède quantité de scénarii alternatifs et imprévisibles).

En somme, l'histoire de tout processus est une succession de périodes stables et quasi déterministes globalement, et de périodes de crise profondément indéterministes et porteuses de bifurcations.

 

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Longtemps, les physiciens (depuis Galilée et Newton) avaient cru que le temps était un cadre donné, fixe, absolu, dans lequel avait lieu l'évolution des choses. Depuis les relativités d'Einstein, on sait que le temps est la mesure de quelque chose et qu'il dépend de l'instrument de mesure utilisé et du niveau d'activité, c'est-à-dire de l'état énergétique (sa vitesse, donc son énergie cinétique, par exemple) de cet instrument.

Le temps est donc relatif au référentiel de sa mesure (c'est la même chose en histoire).

Au cœur d'un trou noir où le taux d'activité est démentiel, la mesure du temps n'a quasi plus rien à voir avec celle qui serait effectuée sur notre douce et tiède planète.

Que mesure le temps ?

Chaque processus est accumulatif c'est-à-dire qu'il se construit, comme un Temple, par accumulations de couches successives. Le temps mesure, à la fois, l'ampleur de cette accumulation (l'âge du processus, en somme) et la vitesse de cette accumulation (l'activité du processus, en somme). Le temps interne du processus s'arrête avec sa mort, notamment lorsque la construction est accomplie.

Ces deux mesures (âge et activité) dépendent de la logique interne du processus étudié. Si cette logique change, la nature de la mesure du temps interne du processus changera aussi.

Enfin, il faut rappeler la distinction cruciale introduite par Henri Bergson, entre "temps" et "durée". Bergson définit le "temps" comme le temps conventionnel des horloges qui mesurent l'écoulement d'un processus choisi arbitrairement  comme référence (le calendrier, le tic-tac d'une pendule, la fréquence des désintégrations atomiques du césium, etc …). Il définit, en revanche, la "durée" comme ce qui est vécu, dans son intériorité, par la conscience qui le vit (un quart d'heure de plaisir passe beaucoup plus vite qu'un quart d'heure de souffrance).

En conséquence de ce qui précède, il faut donc bien veiller à distinguer (même pour l'histoire des hommes) le temps conventionnel externe et le temps vécu intériorisé.

 

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La théorie des jeux l'a démontré depuis longtemps : la coopération est toujours moins perdante que l'ostracisme.

Traduction européenne : le fédéralisme doit l'emporter sur les populismes. Tout doit être mutualisé.

 

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La fable que La Fontaine à empruntée à Esope, intitulée "La cigale et la fourmi", doit être caractérisée et généralisée.

Il y a les fourmis d'Europe du Nord (qui travaillent et investissent).

Il y a les cigales d'Europe du sud (qui friment et dépensent).

Il y a les termites d'Afrique du nord (qui rongent les charpentes des autres).

Et il y a les amibes d'Afrique noire (qui s'infiltrent et parasitent gentiment).

 

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Le fonds de commerce des populismes est la peur. Quand la populace prend peur, elle perd le si peu d'intelligence qu'elle a. Et un fonds de commerce, ça se crée, ça s'amplifie, ça se développe, ça s'entretient.

Heureusement, il y a peu de clients.

 

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La trop peu connue AFEP qui regroupe des grosses entreprises cotées et Bourse, est un groupement ignoble qui fait pression, de toutes parts, pour surtout ne rien changer au modèle financiaro-industriel et pour poursuivre le pillage et le saccage de la Terre entière.

 

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Après des débuts lents et épisodiques, les pandémies vont se multiplier et s'amplifier exponentiellement. Il y a deux causes à cela : la baisse massive d'immunité des humains du fait de leurs lamentables modes de vie, et l'augmentation exponentielle de biotopes pourris du fait du saccage éhonté et odieux de la Terre par l'humain.

Les responsables : l'hyper-démographie, l'hyper-industrialisation, l'hyper-consommation, l'hyper-urbanisation, l'hyper-productivisme, l'hyper-pollution, l'hyper-dérégulation, l'hyper-chaotisation, l'hyper-mobilité, l'hyper-cynisme, l'hyper-parasitisme, etc … des humains modernes.

 

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Le temps n'est que la mesure du vieillissement.

 

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Le Temple à construire dépasse celui qui construit.

 

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Je pense qu'il n'y a rien à discuter, sauf en soi-même avec soi-même. Chacun doit construire lui-même sa propre croyance, sa propre conviction ; non en discutant, mais en observant ou, surtout, en lisant puis en réfléchissant, en soi, pour soi.

Quand on marche, on est seul à marcher et on marche seul.

On ne va pas plus loin en marchant ensemble … mais on marche toujours du pas du plus lent.

 

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Cet arbre singulier possède un nombre infini de propriétés et caractéristiques déterminées, observables et mesurables, toutes changeantes dans le temps ; l'arbre "en général" n'en a qu'un petit nombre fini, et figées, une fois pour toutes.

L'arbre "en général" est un concept d'arbre, une idée d'arbre, c'est-à-dire un ensemble irréel, mais idéel, de caractéristiques fixes possédées par tous les arbres singuliers que l'on considère.

C'est une réduction idéalisée et simplifiée d'arbre.

Un concept est donc toujours une réduction appauvrie et figée d'un ensemble, un catalogue analytique de caractéristiques fixes : est "arbre", ce qui articule un tronc, et des branches, et des racines, et des feuilles ou épines, possédant écorce, cambium, auber et bois, parcouru par de la sève, etc …

Le concept est le nom donné à un ensemble défini en compréhension (par l'ensemble fini de quelques propriétés communes immuables) et non en extension (par le donné de la liste exhaustive de tous les éléments singuliers).

Ce que le concept gagne en généralité, il le paie en pauvreté (le nombre des caractéristiques communes qui le définit, est de plus en plus ténu).

Les concepts induisent l'idée fallacieuse de l'Être et relègue celle de Devenir.

 

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Toute conceptualisation est une idéalisation (analytique, réductrice et simplifiante).

 

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Tout ce qui existe, n'existe que parce qu'il a une raison d'exister pour le Tout qui vient (tout ce qui existe, a une téléologie), et que parce qu'il a été produit opportunément par le Tout qui précède (tout ce qui existe, a une généalogie).

 

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Une objet (un système) n'est que la manifestation extérieure observable d'un processus non observable qui l'engendre.

Le Réel n'est pas fait d'objets, mais de processus intriqués. Les objets n'en sont que les signes. Et l'illusion humaine est de prendre les objets pour la réalité.

 

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Le processus Matière, le processus Vie et le processus Esprit sont tous les trois présents et actifs à la source ultime même du Réel ; ils en sont les "puissances" néguentropiques originelles, les forces de complexification opposée aux forces d'uniformisation entropique. Ils ne procèdent pas l'un de l'autre, mais ils confluent lorsque les circonstances le permettent.

Les matériaux, les vivants et les pensants n'en sont que des manifestations singulières, locales et temporaires.

 

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La Matière exprime la puissance volumique qui engendre de l'espace.

La Vie exprime la puissance dynamique qui engendre du temps.

L'Esprit exprime la puissance eidétique qui engendre de la forme.

 

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Chaque espèce de processus particulier (un humain, un châtaignier, une pâquerette, une mésange, une galaxie, une civilisation, un paradigme socioéconomique, etc …) a, statistiquement, une durée de vie stable et constante.

 

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Le fait que tout ce qui existe, possède une bonne raison d'exister, fonde la rationalité du Réel. Chercher et découvrir ces bonnes raisons d'exister, c'est penser rationnellement. La raison, comme moteur de la pensée rationnelle en l'humain, vise à découvrir et à appliquer universellement, la Logique de la rationalité globale du Réel ; c'est penser en phase avec la rationalité universelle, avec la Logique cosmique, avec le Logos.

Mais cette Logique cosmique ne peut pas être confondue avec ce que les logiciens appellent la "logique" plus ou moins aristotélicienne, plus ou moins formelle qui ne sont que des formalisme pour certains types de raisonnements.

La raison fait penser en résonance avec la Logique du Réel ; elle n'a que faire de la "logique" artificielle et conventionnelle des logiciens.

 

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Le 17/04/2020

 

Le judaïsme originel (dit "lévitique" parce qu'issu, via Moïse, de la tribu sacerdotale des Lévy  - Halévy devrait s'écrire ha-Lévy signifiant "Le Lévy") se réfère, effectivement au troisième livre de la Torah : le Lévitique. Il était un polythéisme monolâtre.  La Torah (le Pentateuque) qui en est la base imprescriptible, parle d'autres dieux : El-Elyon (le dieu d'en-haut), El-Tzébaot  (le dieu des armées), El-Shaday (le dieu démonique ou dieu des champs), etc … YHWH (et sa parèdre originelle Ashérah) était un de ces Elohim, choisi par la Maison d'Israël pour être son dieu tutélaire. Son nom (imprononcé) signifie "Il est le Devenant" et il se présente lui-même comme (Ex.:3;14) : "Je Deviendrai ce que Je Deviendrai". Le culte de YHWH était centré sur le Temple de Jérusalem et porté par la tribu sacerdotale (les Lévy) et l'aristocratie hiérosolymite (les Sadducéens). Le judaïsme ne devint monothéiste que progressivement, après la destruction du Temple (le centre du culte de YHWH) par les Romains en 70. Ce monothéisme était déjà prôné par une mouvance hérétique appelée "pharisaïsme" (dont est issu Jésus-le-Nazir). Après la destruction du Temple et l'institution du rabbinat dans les synagogues de la diaspora, ce monothéisme se développa et devint la doctrine officielle du judaïsme exotérique. Le judaïsme ésotérique, la Kabbale, n'est ni monothéiste, ni polythéiste ; elle est un monisme spiritualiste, sans Dieu personnel (mais avec un Divin mystique appelé Eyn-Sof, le "Sans Limite"), où les Elohim, dont YHWH, sont les puissances cosmiques émanées du Eyn-Sof (il y en a dix selon l'Arbre des Séphirot).

 

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Les Marranes (los marranos, en argot espagnol : "les porcs") sont des Juifs convertis au christianisme (de force ou de plein gré) mais dont la plupart (mais pas tous) continuaient de pratiquer les lois de Moïse en cachette (la kashrout, les Shabbat, les grandes fêtes juives, l'étude de la Torah, etc …). Il est clair que les conversions forcées par Isabelle la Catholique, autour de 1492, ont produit un certain nombre de Marranes, même si la plupart des Juifs espagnols ont préféré l'exil à la conversion. La plupart de ces Marranes ont fini par quitter l'Espagne dès qu'ils ont pu et que leurs affaires le leur permettaient. Ainsi de Montaigne ou de Montesquieu, ainsi aussi de la famille de mon ami Edgar Morin qui prétend que les Marranes, parce qu'assis entre deux religions, ont développé un sens aigu de la spiritualité méta-religieuse, ainsi aussi de la famille de ma mère qui s'est retrouvée (pendant quatre siècles) à Amsterdam avec la famille de Spinoza.

Il exista sans doute des conversos juifs avant les édits d'Isabelle (poussée par l'infâme Torquemada). Mais ils furent très peu nombreux. Spirituellement, il n'y a aucune raison qu'un Juif veuille se convertir au Christianisme qui est une religion beaucoup plus pauvre, plus dogmatique et plus primaire (populaire) que le Judaïsme. Mais il semble qu'en Espagne au 15ème siècle, comme en Allemagne au 19ème siècle, beaucoup de "conversions" eurent lieu plus par opportunisme laïc que par conviction religieuse.

 

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D'Emmanuel Macron :

 

" Nous sommes à un moment de vérité qui consiste à savoir si l'Union européenne est un projet politique ou un projet de marché uniquement. Moi, je pense que c'est un projet politique."

 

Traduction : il faut en finir avec les Etats-Nations et passer à une continentalisation franche au moyen de la fédéralisation de l'Europe dans toutes ses dimensions.

 

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Florilège impromptu de papa Nietzsche :

 

" Qu'est-ce que le génie? Avoir un but élevé et vouloir les moyens d'y parvenir.

 

Apprendre toujours davantage à voir le beau dans la nécessité des choses.

 

Veux-tu avoir la vie facile ? Reste toujours près du troupeau, et oublie-toi en lui.

 

Que d'hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller.

 

Plus nous nous élevons et plus nous paraissons petits à ceux qui ne savent pas voler.

 

Ne rien vouloir d’autre que ce qui est, ni devant soi, ni derrière soi, ni dans les siècles des siècles.

 

Ce qui ne me détruit pas me rend plus fort.

 

Tu dois devenir l'homme que tu es. Fais ce que toi seul peux faire. Deviens sans cesse celui que tu es, sois le maître et le sculpteur de toi-même.

 

La moralité, c'est l'instinct du troupeau chez l'individu.

 

Ce qu'on fait n'est jamais compris mais seulement loué ou blâmé.

 

Celui qui se sait profond s'efforce d'être clair, celui qui voudrait sembler profond à la foule s'efforce d'être obscur.

 

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Le 18/04/2020

 

D'André Comte-Sponville :

 

" Faut-il rappeler que le taux de létalité du Covid-19 semble être de 1 ou 2 % et sans doute moins, si l'on tient compte des cas non diagnostiqués ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que cela laisse bon espoir à la plupart d'entre nous ! Tout se passe comme si nos journalistes découvraient soudain que nous sommes mortels. Vous parlez d'un scoop ! Les médias audiovisuels nous font le décompte, jour après jour, des victimes de la pandémie. Nous en sommes à 15 000 morts en France. C'est beaucoup. C'est trop. Mais enfin, faut-il rappeler qu'il meurt dans notre pays 600 000 personnes par an, dont, par exemple, 150 000 d'un cancer et, parmi ces derniers, plusieurs milliers d'enfants, d'adolescents et de jeunes adultes ? En quoi les 15 000 morts du Covid-19, dont la moyenne d'âge est de 81 ans, méritent-ils davantage notre compassion ou notre intérêt que les 600 000 autres ? Tous les humains sont égaux en droits et en dignité, mais toutes les morts ne se valent pas. Il est plus triste de mourir à 20 ou 30 ans que de mourir après 60 ans, ce qui est le cas de 95 % des décès liés à cette pandémie."

 

Bravo, André, rien à redire !

 

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De la "Revue des Deux Mondes" :

 

" De l’extrême gauche à l’extrême droite, nous avons repris presque à l’unisson le vieux couplet antilibéral, cette misérable loque intellectuelle, dont on peine à comprendre comment elle existe toujours, alors que tous les modèles d’économie collectiviste et administrée ont lamentablement échoué au XXe siècle."

 

Effectivement, ce n'est pas le libéralisme qui est en cause, mais bien le financiarisme court-termiste et pilleur … Ce ne sont ni l'économie réelle, ni les entreprises entrepreneuriales réelles qui sont en cause, mais bien la finance spéculative  et les grosses machineries multinationales qu'elle gave de fric.

 

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Il est temps de ne plus confondre le libéralisme (le culte de l'autonomie personnelle et communautale contre l'expansion du pouvoir et de l'emprise de l’État), le capitalisme (une méthode de financement privé) et le financiarisme (l'économie spéculative qui est le cancer de l'économie réelle).

 

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Le 19/04/2020

 

Rien n'est car tout devient : tout advient, tout se construit, tout s'accomplit, tout décline et tout se désagrège dans les grands flux éternel de la Matière, de la Vie et de l'Esprit.

 

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La vie sociétale est un ensemble.

 

  • Il y a la vie politique qui en donne les règles.
  • Il y a la vie éconologique qui lui fournit les utilités.
  • Il y a la vie culturelle qui en valorise la mémoire.
  • Il y a la vie spirituelle qui lui donne du sens.
  • Et il y a la vie sociale qui métabolise le tout.

 

Chacune de ces "vies" s'organise autour d'institutions de pouvoir qui ont chacun leur mode de fonctionnement (entre démocratisme et élitarisme), qui doivent rester distincts (principe de séparation des pouvoirs), mais qui doivent coopérer constructivement.

 

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Le cycle de vie du "phénomène" Beatles est intéressant :

  • Début (vers 1958) : John Lennon.
  • Construction (de 1961 à 1967) : Brian Epstein.
  • Maturité : Paul McCartney avec George Martin (1967-1969).
  • Déclin ; Yoko Ono (après 1968).
  • Désagrégation : séparation (1970) et assassinat de Lennon (1980).

 

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Les  32 méthodologies d'entreprise

 

Flux

Entrée

Maintien

Transformation

Sortie

Matières

Achat

Stocks

Manutention

Expédition

Métiers

Ordonnancement

Maintenance

Production

Gestion des déchets

Marchés

Prospection

Fidélisation

Marketing

Litiges

Personnels

Recrutement

Motivation

Formation

Départs

Finances

Financements

Contrôle

Investissement

Distribution

Informations

Data mining

Data base

Logiciel

Communication

Législations

Veille juridique

Règles internes

Interprétations

Actions en justice

Stratégie

Vision prospective

Identité d'E.

Vocation d'E.

Charte d'E.

 

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Une parole est portée par un homme vivant. Un homme mort n'a plus de parole et ne peut plus tenir parole.

 

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Les arts ne sont que des dérivatifs qui détournent l'attention et qui dissipent les énergies vers des frivolités, au détriment de l'essentiel et des vrais problèmes.

 

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De Boèce :

 

"(…) connaître cet Esprit tout-puissant, âme et moteur de l'Univers."

 

Et aussi :

 

"Une léthargie, maladie ordinaire aux esprits séduits par l'illusion."

 

Et enfin :

 

"Qu'ils sachent ne rien désirer et ne rien craindre."

 

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La philosophie n'est pas la Sagesse ; elle est un chemin vers la Sagesse.

Et qu'est-ce que la Sagesse ? La Gnose !

 

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Comme tout ce qui existe, je vis en Dieu qui est ce Réel-Un-Tout dont je ne suis qu'une infime parcelle.

 

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Le pire ennemi de l'avenir de l'homme, c'est la méchanceté des humains.

 

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La méchanceté humaine est un sordide brouet où se mélange, infectement, bêtise, ignorance, avidité, cupidité, jalousie, ressentiment, médiocrité, cruauté, ignominie, perversité, etc …

 

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La cruauté n'est pas le contraire de la pitié.

La cruauté est le contraire de la douceur.

La pitié, elle, est le contraire de l'exigence.

 

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La crise pandémique actuelle a forcé chacun à choisir son camp. Elle est révélatrice de l'existence de deux humanités :

  • l'une est planquée, profiteuse, revancharde, pleurnicheuse, roublarde, tricheuse, irresponsable, égoïste, nombriliste, menteuse, etc …
  • l'autre est adulte, altruiste, responsable, etc …

Ces deux camps sont aussi inconciliables que la plèbe qui plébiscite (surtout par les réseaux sociaux) et la noblesse qui anoblit (surtout par des actes et des attitudes), aussi inconciliables que la populace qui ne rêve que d'assistanat, et l'élite qui ne cherche que l'autonomie.

Cette crise est révélatrice des vraies inégalités éthiques, et des appartenances de chacun. Cette révélation est photographique et indélébile. Maintenant chacun sait à quelle frange ou à quelle fange appartient l'autre ; et personne ne l'oubliera.

 

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L'histoire de l'évolution est en train, au travers des humains (du moins d'une minorité d'entre eux), de franchir un cap essentiel grâce à la technologie numérique (au-delà de ces dépotoirs psychotiques que sont les actuels "réseaux sociaux").

Ce cap essentiel est celui qui fait passer de la Vie commune dans la sociosphère, à l'Esprit commun dans la noosphère.

Il faut dépasser les sociétés humaines où paissent les humains, et construire des réseaux immatériels d'appartenances noétiques où s'accomplira l'homme.

 

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Les travaux de groupe ou autres fadaises pédagogistes n'ont qu'un seul but : faire croire aux crétins qu'ils sont aussi capables que les intelligents.

C'est peine perdue … Au contraire, ils amplifient le ressentiment des minus habentes envers les major habentes.

 

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Aujourd'hui, nous sommes submergés par les querelles d'experts en tous genres. Le problème est le suivant : la dérégulation climatique (comme les pandémies ou le dérèglement océanique, ou les délires géopolitiques, ou la guerre des monnaies, ou les flux migratoires, etc ...) participe de la chaotisation du système humanité/Terre qui est sorti d'équilibre vers le début des années 1970. Bien des "experts" se querellent à propos des modèles déterministes qu'ils veulent utiliser pour "prévoir". Or, par définition, le chaos n'est pas prévisible. Il concerne des systèmes complexes loin de l'équilibre où l'effet "papillon" joue à plein (cfr. Henri Poicaré et la sensibilité aux conditions initiales).

Le problème n'est plus de choisir tel ou tel modèle. Le problème est d'accepter que tous les modèles mécanistes concernant des situations proches de l'équilibre, ne fonctionnent plus.

C'est un peu comme croire que l'on peut utiliser la théorie de la probabilité lorsque l'on jette dix milliards de dés patatoïdes en même temps et ce toutes les dix secondes.

 

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Il faut sortir la sociologie française de son enlisement socialo-gauchiste parfaitement imbécile qui dure depuis presqu'un siècle. Il faut en briser la mainmise de la clique marxo-trotskyste qui pollue et déchoit la pensée française depuis trop longtemps (Sartre, Beauvoir, Merleau-Ponty, Derrida, Althusser, Deleuze, Badiou, et j'en oublie certainement des pires ...).

Il est temps que la sociologie (et la "psychologie" !) comprenne qu'elle ne peut être plus ou moins scientifique (donc crédible et fiable) qu'en faisant sienne les théories et modèles de la physique des processus complexes.

 

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En France, depuis la récupération du Grand Orient par Napoléon et la remise en question des fondements spirituels de la F.:M.: (après 1848), il y a 220 "obédiences" maçonniques françaises irrégulières et/ou non reconnues alors que 90% des Francs-maçons du monde sont réguliers et reconnus (cfr. "Aims and relationship of the craft").

C'est la règle partout dans le monde : il ne peut y avoir qu'une seule obédience régulière reconnue par État :  en France, c'est la GLNF qui a été sévèrement remise à l'ordre, - par les Américains et les Européens et non par les Anglais, contrairement à la légende habituelle mais fausse - suite aux affaires grotesques et affairistes qui y ont eu lieu ... On est en France.

Et il y a trois obédiences régulières mais non (encore) reconnues en France : la GLdF, la GLAMF et la GLFF. Tout le reste n'a rien de maçonnique et doit être clairement dénoncé comme non maçonnique.

Il est temps de créer une Fédération maçonnique régulière et reconnue en France (GLNF, GLdF, GLAMF et GLFF) et de virer tout le reste.

Ne confondons jamais "obédience" et "rite" (comme le REAA). Un rite est initiatique, une obédience est institutionnelle. Aucune obédience, jamais, ne possède un quelconque pouvoir initiatique. Un Grand-maître est un administratif ; seul le Vénérable est un mystagogue.

Nulle part au monde, il n'existe un tel "bordel" pseudo-maçonnique à la française.

 

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Le 20/04/2020

 

L'objectif de la sagesse, selon Héraclite, est de "connaître cette pensée" qui "gouverne toutes choses à travers le tout".

 

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L'évolutionnisme - et donc la "flèche du temps" - est la seule idée qui ait été réellement conçue par la Modernité.

C'est Lamarck qui en fut le génial initiateur en biologie, suivi par Mendel et Darwin. Elle fut étendue à la géologie par Wegener et elle fut généralisée à tout l'univers physique par Einstein ; Teilhard de Chardin en fit une métaphysique.

 

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Le principe de cohérence (donc d'intelligence) du Réel est définitivement indéniable. Voilà le fondement ultime de tout panenthéisme.

 

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Job, comme Boèce, croyait en une corrélation entre mérite et récompense. Il n'en est rien. Le global n'a rien à faire du local. Il n'y a pas de "salut" individuel. Tout est holistique.

 

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L'homme de Terre ; l'Eau, l'Air et le Feu ne sont pas sont affaire.

 

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Je suis né en Dieu. Je vis en Dieu. Je disparaîtrai en Dieu. Où est le problème ?

 

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L'étymologie grecque du nom Zeus est la même que le prénom Zoé … Zeus est le "Vivant", celui qui devient ; ce qui est exactement similaire au YHWH hébreu : le "Devenant".

 

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La Dikê grecque est l'expression d'une "justice" et d'une "harmonie du Tout-Un, ce qui correspond, aujourd'hui, au principe de l'optimalité de toute configuration cosmique. Une cosmodicée permanente, en somme, qui confirme l'intuition de Leibniz : "Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles" (à laquelle cet idiot de Voltaire n'a, bien sûr, rien compris).

 

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Selon Héraclite : le  engendre le   selon la logique du   en respectant l'intention de la .

 

Donc : l'Un engendre le Tout selon la logique de l'Esprit en respectant l'intention d'Optimalité.

 

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Le Tout est la "définition en extension" de l'ensemble de tout ce qui existe.

La Totalité en est la "définition en compréhension".

L'Un englobe ce Tout et cette Totalité qui n'en est que la manifestation, comme l'ensemble de toutes les vagues ne sont que la manifestation de l'océan.

 

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L'érudition n'est pas la sagesse. Le savoir n'est pas la connaissance.

Mais il ne peut y avoir de sagesse sans un minimum d'érudition.

Mais il ne peut y avoir de connaissance sans un minimum de savoirs.

L'ignorant ne peut devenir sage (n'attendons donc aucune sagesse collective de la part de la majorité de crétins qui forme l'humanité).

Pour atteindre la cime de la connaissance, il faut avoir grimper la montagne des savoirs, selon au moins une des "voies" possible.

Il y en a quatre : la science, la philosophie, la spiritualité et la mystique.

 

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Le 21/04/2020

 

Les trois grades bleus de la Franc-maçonnerie sont parallèles aux trois étapes du périple du peuple hébreu depuis l'esclave en Égypte jusque, quarante ans plus tard, l'entrée dans la Terre promise (ou, mieux : la Terre de la promesse).

Ce ternaire est le suivant :

 

  • La LIBÉRATION des esclavages qui correspond au grade de l'Apprenti qui doit se libérer de la profanité.
  • La RÉVÉLATION de la Loi qui correspond au grade de Compagnon à qui l'on révèle les Secrets de la Géométrie et de l’Étoile flamboyante.
  • La PURIFICATION dans le Désert qui correspond au grade de Maître qui passe de la vie personnelle à la Vie cosmique.

 

Moïse, comme Hiram, meurt après cette purification, juste avant l'entrée dans la Terre de la Promesse. Mais il faut y entrer et commencer à construire la Sacralité initiatique. Il faut franchir la frontière. C'est la mission du Maître Secret d'entrer dans le Sacré, comme Josué fit entrer le peuple d'Israël dans la réalisation de la Promesse.

 

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Le peuple des humains patauge dans l'ignorance … et s'y complaît au nom de son "droit", comme il préfère la servitude à l'autonomie au nom de sa "liberté".

Mais les hommes qui ont quitté ce troupeau, qui ont gravi, par l'un des quatre voies : la science, la philosophie, la spiritualité ou la mystique, les pentes ardues de la montagne des savoirs et qui se sont approché de la connaissance du Réel, ces hommes-là sont définitivement exilés et condamnés à subir le poids de la fange humaine et ses miasmes.

 

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La connaissance est, tout à la fois, essentielle et tragique.

Qu'on se rappelle d'Empédocle d'Agrigente …

 

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Héraclite dit : "On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve". Apologie de l'impermanence, donc. Mais qu'appelle-t-on "fleuve" : son flux d'eau (c'est la conception d'Héraclite) … ou son lit de pierre (lentement évolutif) … ou son nom dans la langue des hommes (arbitrairement fixé) … etc.

La réalité concrète du fleuve est la rencontre entre un flux d'eau et un lit de pierre ; elle naît de la dialectique entre pierre et eau, car l'eau sculpte le lit et le lit canalise l'eau.

Mais ce qui "fait" le fleuve, est tout autre chose : c'est la force constructive de la gravitation que le fait … et cette force n'est que la manifestation d'un principe plus essentiel encore : l'intention cosmique de construire, partout et toujours, un ordre cohérent et optimal.

 

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Plus je lis, plus j'étudie, plus j'ai la conviction qu'en matière de philosophie, tout a été pensé dès les présocratiques. Ensuite, il n'y a plus que des commentaires, parfois géniaux (d'Aristote à Nietzsche en passant par Jean Scot Erigène, Leibniz, Schelling ou Hegel), ou des bavardages, souvent creux et stériles (de Platon à Sartre en passant par Descartes, Kant ou Husserl).

 

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Un proverbe védantin venu de l'Inde mystique :

 

"On peut compter le nombre de pommes sur un arbre,

mais pas le nombre d'arbres dans une pomme."

 

On peut dénombrer dans l'espace présent, mais pas dans le durée à venir …

 

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Le Tout engendre ses parties et non l'inverse !

Tout ce qui existe "pousse de l'intérieur" par émergentisme généralisé ; nulle part il n'y a d'assemblages autres qu'artefacts (du nid d'oiseau aux cités (in)humaines).

Par exemple : l'embryon est un tout engendré par émergence successive à partir d'un tout originel qui est un ovule fécondé.

 

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Le 22/04/2020

 

Le Point écrit, à propos du cours boursier du pétrole :

 

" Le 20 avril, aux États-Unis, le cours du brut a plongé en terrain négatif, à - 38,94 dollars. Une preuve de plus du dérèglement de l'économie mondiale."

 

Eh oui, la chaotisation majeure du monde humain, prélude soit à l'émergence d'un nouveau paradigme, soit à l'effondrement "collapsologique", est au plus fort.

 

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En parlant de la philosophie d'Aristote, Christian Godin rappelle :

 

"Le tout est inséparable de la finalité, donc de la cause finale.

Sans la causalité finale, les parties cessent d'avoir un sens."

 

Cette question est au cœur de la mutation paradigmatique actuelle, tant au niveau de la cosmologie et de la philosophie, qu'au niveau quotidien et concret de la place de l'homme dans le Réel.

La question de l'intention ou de la vocation, de la raison d'exister ou du "au service de quoi exister", redevient centrale.

 

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Connaître signifie comprendre la logique interne du Réel, mais ne signifie, en aucun cas, prévoir les détails de chaque évolution à venir, et cela pour la bonne et seule raison que le Réel n'est pas déterministe, mais constructiviste, qu'il n'est pas mécanique, mais organique, qu'il ne procède pas par assemblages prévisibles, mais par émergences impromptues, qu'il n'évolue pas programmatiquement, mais par essais et erreurs.

 

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L'adjectif "impromptu" qualifie excellemment la réalité du Réel. Le Réel évolue par constructivisme impromptu.

Le TLF définit ainsi l'adjectif "impromptu" : "Qui est fait sur-le-champ et sans préparation. Fait rapidement avec ce qui tombe sous la main. Sans préparation, à l'improviste.".

C'est tout-à-fait cela !

Cette notion de "impromptuité" est cruciale.

 

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Tout ce qui est cohérent et évolue de façon cohérente, procède d'une logique (interne, qui est la sienne), d'une certaine logicité donc, mais cette logicité ne se confond pas nécessairement avec le logicisme (qui spécifie la "logique" formelle des logiciens).

Cette logicité qui anime spécifiquement chacun des processus complexes, pointe des concepts comme "règles", "régulation", "optimalité", "ordre", "protocole", "méthode", etc …

 

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L'étymologie du mot aristotélicien "entéléchie" indique "ce qui possède (Echein) en soi (En) sa propre fin (Télos).

 

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Le 23/04/2020

 

De Sainte-Beuve :

 

"La pointe de l’Esprit est comme celle du crayon ; il faut la tailler sans cesse !"

 

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D'Etienne Gernelle :

 

"C'est d'ailleurs le principe de la bureaucratie : la vie est une dérogation."

 

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Il faudra bien un jour admettre que 85% des humains demeureront très attachés à leur servitude volontaire et à leur addiction consommatoire.

Les comportements d'autonomie et de frugalité, indispensables pour enfanter le nouveau paradigme, sont donc très loin d'être admis et pratiqués par les masses.

 

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Les cinq vertus du monde à venir : frugalité matérielle, autonomie éthique, virtuosité noétique, fraternité réticulaire et intériorité spirituelle.

 

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Il faut bien distinguer "solidarité" et "fraternité".

La fraternité est élective et librement consentie.

La solidarité est anonyme et socialement imposée.

Ne sont frères que ceux reconnaissant le même père et la même mère, c'est-à-dire que ceux ayant une intention commune et une tradition commune.

 

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La tradition est une mémoire vivante et active, qu'elle soit intellectuelle, culturelle ou spirituelle.

 

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La Fraternité maçonnique repose sur l'intention commune de construire le Temple intérieur sacré à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, et sur la tradition commune de pratiquer rigoureusement les Rituels initiatiques répartis sur une échelle d'au moins trois degrés, dans le respect des Anciens Devoirs.

 

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La spiritualité (l'approche du Divin métaphysique), la cosmologie (l'approche de l'univers physique) et l'éthique (l'approche de la valeur comportementale) sont les trois piliers fondateurs de toute philosophique.

 

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Les trois piliers de ma doctrine philosophique :

  • Spiritualité : monisme spiritualiste.
  • Cosmologie : processualisme émergentiste.
  • Ethique : constructivisme intentionnaliste.

 

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Accorder notre logicité intérieure avec la logicité cosmique.

Voilà toute l'éthique … tant celle du stoïcisme que celle du taoïsme, tant celle du kabbalisme que celle de l'hermétisme.

 

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De Sénèque :

 

"Tout ce qui arrive est le signe de quelque chose qui arrivera."

 

Le signe n'est pas la cause. Processualisme n'est pas déterminisme.

 

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Stoïcisme …

Le Divin fonde et englobe la Nature qui est l'univers entier, qui est le Tout cosmique de ce qui se manifeste et dont les humains font intégralement partie.

Ensemble, le Divin (), la Nature () et le tout de leurs interrelations constituent le Réel-Un ().

La Nature : de Natura, "ce qui vient à naître", "ce qui fait naître".

 

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Tout ce que le Réel contient, il l'est mais au degré ultime.

  1. Le Réel contient des matières ; il est la Matérialité.
  2. Le Réel contient des vivants ; il est la Vie.
  3. Le Réel contient des pensants ; il est l'Esprit.
  4. Le Réel contient des commencements ; il est la Source.
  5. Le Réel contient des finalités ; il est l'Intention.
  6. Le Réel contient des bipolarités ; il est la Dialectique.
  7. Le Réel contient des régularités ; il est la Loi.
  8. Le Réel contient des régulations ; il est l'Optimalité.
  9. Le Réel contient des constructions ; il est l'Emergence.
  10. Le Réel contient des évolutions ; il est le Processus.

 

*

 

Le platonisme est un dualisme, extrinsèque, ontologique : il existe deux mondes séparés, à savoir celui de la Nature (naturel) et celui des Idées (surnaturel).

L'aristotélisme est un autre dualisme, intrinsèque, axiologique : il existe, dans le Réel qui est unique, deux zones interagissantes mais distinctes car obéissant à des lois différentes, à savoir le sublunaire (chaotique et désordonné) et le supralunaire (mécanique et ordonné).

La stoïcisme, sans récuser les bipolarités praxéologiques, rejette toute forme de dualité : les bipolarités sont immanentes au Réel, elles sont présentes et à l'œuvre partout et toujours ; il n'existe aucune forme de dualisation.

 

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De Christian Godin :

 

"L'univers des stoïciens est Un, comme était Un l'univers des présocratiques ou des mages chaldéens"

 

Comme était Un l'univers de la Torah (d'ailleurs partiellement héritière indirecte du chaldéisme), du Lévitisme et du Kabbalisme …

 

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L'éthique est individuelle. La morale est collective.

L'éthique peut ne pas être morale. La morale peut ne pas être éthique.

Le droit codifie la morale, mais est étranger à l'éthique.

 

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Puisque le Réel est tout ce qui existe comme cela existe vraiment, le Réel est Vérité.

De plus, comme l'humain vit dans le Réel et du Réel, l'humain vit aussi dans la Vérité et de la Vérité.

Mais comme l'humain ne perçoit que certaines manifestations déformées du Réel, il ne perçoit aussi que quelques manifestations déformées de la Vérité.

C'est donc dans un immense effort d'élimination de ces déformations que l'humain pourra s'approcher du Réel et, donc, de la Vérité.

 

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Le seul devoir éthique de l'homme est d'accomplir, en soi et autour de soi, la Vie et l'Esprit.

 

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La "magnanimité" (en son sens étymologique : magna anima) indique la grandeur d'âme, une âme devenue aussi grande que l'Âme cosmique.

Quelle pitié de voir ce mot magnifique ravalé au rang de la clémence, de la pitié, de la générosité ou d'indulgence envers le faible ou le vaincu.

 

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L'heure est venue de dépasser le "vivre la Vie en commun" (la cité, la socialité, la sociosphère) pour entrer dans le "conscientiser l'Esprit en commun" (la réticularité, la noéticité, la noosphère).

Ainsi l'humain deviendra homme.

 

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L'idée centrale de Giordano Bruno : "Le Tout est le déploiement de l'Un".

L'univers devient tout ce qu'il peut devenir.

 

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Le holisme de Leibniz s'oppose radicalement et irréfragablement à l'analycisme de Descartes.

Leibniz assume la complexité comme irréductible propriété fondamentale du Réel. Descartes la refuse.

Il faudra quatre cents ans pour sortir de l'erreur cartésienne.

 

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Dans un Réel parfaitement Un, donc parfaitement continu, le fait de considérer des manifestations locales et d'en étudier les interrelations, n'implique nullement l'abandon du principe de continuité absolue. Il suffit, pour éviter cette fausse contradiction, de comprendre que distinguer des "objets" au sein du Réel, ne consiste pas à leur conférer un statut ontologique, mais seulement un statut méthodologique. Il faudra alors bien se rappeler, à tout moment que les "frontières" de l'objet sont toujours artificielles et conventionnelles, et que si l'on regarde ces frontières de très près, elles s'évanouissent.

Il faut encore comprendre, alors, que toutes les conclusions de l'on tirera de l'études des "objets" fabriqués par le regard, n'auront de validité relative qu'à l'échelle de ce regard. Vus de beaucoup plus près ou de beaucoup plus loin, ces "théories" seront nécessairement fausses

Les "objets" que mon regard définit et que ma pensée étudie, n'ont aucune existence réelle en-soi, mais seulement une existence conventionnelle pour-moi.

La seule "chose" possédant une existence réelle en-soi est le Réel-Un pris dans son entièreté (Ôlon) et dans sa totalité (Pan).

 

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Comme Leibniz, je suis persuadé que la connaissance du Réel ne progressera plus par l'accumulation de rigoureux savoirs analytiques et quantitatifs, mais bien par la construction de rigoureuses méthodologies holistiques et anagogiques.

 

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Il ne faut plus confondre "mécanique" et "organique".

Le mécanique est assemblé depuis l'extérieur ; il est parfois compliqué, mais jamais complexe.

L'organique émerge depuis l'intérieur ; il est toujours complexe, et parfois compliqué, aussi.

 

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C'est une résurrection contemporaine - du fait de l'illusion produite par les algorithmes et l'intelligence amplifiée - que de rendre vie à l'idée stupide que la pensée serait réductible au "calcul".

Seule la "pensée" analytique, logique et quantitative est réductible à des algorithmes. Tout le reste (donc l'essentiel) ne l'est pas et ne le sera jamais.

 

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La "monade" dont la "Monadologie" de Leibniz narre les avatars, n'est rien d'autre que le "processus" au sens de la physique de la complexité : une "unité individuante de développement, d'accomplissement, d'évolution".

La monade est le développement d'un "germe" défini selon une logique définie. Elle peut être locale ou globale. Elle est spécifique et autonome, tout en étant intriquée avec d'autres (toutes les autres) monades.

Tout processus/monade est à la fois clairement spécifique, mais aussi clairement analogue à tous les autres, puisque déterminé par les mêmes "règles cosmiques".

Chacun développe la même "méthodologie" d'accomplissement.

Connaître cette méthodologie, c'est connaître tout, sans devoir connaître les détails spécifiques.

 

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Le 24/04/2020

 

La virtuosité d'une entreprise est l'ensemble de ses savoir-faire stratégiques portés à leur meilleur niveau d'excellence.

 

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La valeur d'utilité de quoique ce soit, mesure la difficulté que l'on aurait à devoir s'en passer.

 

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L'espace des états des systèmes complexes est composé de trois sous-espaces :

  • La sous-espace volumique qui engendre de l'espace et qui est le siège des forces gravitationnelles et expansives.
  • Le sous-espace dynamique qui engendre du temps et qui est le siège des forces interactionnelles attractives et répulsives (nucléaires et électromagnétiques).
  • Le sous-espace eidétique qui engendre de la forme et qui est le siège des forces entropiques et néguentropiques.

Il faut bien voir que les transformations propres au sous-espace eidétique sont hors espace-temps. Les principes de la relativité einsteinienne ne s'y appliquent pas (il n'y a là ni vitesse, ni métrique). Les changements d'état y sont immédiats comme dans le paradoxe EPR ou comme dans les sauts quantiques (qui n'induisent aucune discontinuité dans l'espace-temps).

 

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Le Réel et sa représentation sont deux terrains philosophiques très différents : la cosmosophie et l'anthroposophie.

La modernité a perdu énormément de temps à bavasser - souvent stérilement - sur les modes et modalités de la représentation humaine (philosophies du sujet, philosophies analytiques, philosophies phénoménologiques, etc …).

Elle en a oublié l'essentiel : la compréhension profonde du Réel.

Peu importe le langage de représentation utilisé pourvu qu'il donne un modèle du même niveau de cohérence que l'image ; pourvu que cette cohérence s'accroisse à mesure que l'image s'enrichit (avec d'autres instruments, sans doute) et que le modèle s'affine (avec d'autres langages s'il le faut).

Ainsi, cette cohérence tend asymptotiquement vers la cohérence intrinsèque du Réel, c'est-à-dire vers la connaissance de la Vérité inaccessible.

 

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L'anthropique est une expression du cosmique.

La réciproque n'est jamais vraie.

 

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Chaque processus particulier est une expression du processus global qui en est, à la fois, la source logique et la finalité logique, et qu'il manifeste, à son échelle, étant donné ses contraintes internes (axiologiques) et externes (écologiques).

 

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De Schelling :

 

"Il n'est pas de plus haute révélation, tant dans la science

que dans la religion et dans l'art, que celle de la divinité du tout."

 

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Il y a des matières, dont le Réel est Matière.

Il y a des vies, donc le Réel est Vie.

Il y a des pensées, donc le Réel est Esprit.

 

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Le Réel est Un, mais il se manifeste sous différents visages.

Comme Esprit en tant que source des cinq principes d'Intention téléologique, de Mémoire généalogique, de Dialectique écologique, de Cohérence axiologique et d'Optimalité métabolique.

Comme Nature (ou univers) en tant que "ce qui fait naître", par Emergence, toutes les émanations.

Comme Totalité en tant que le Tout de tout ce qui existe.

Comme Divin (ou Dieu) en tant que foyer de Sacralité de tout et du Tout.

 

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Le Réel n'est pas dans le Temps, mais il s'engendre du temps.

Le Réel n'est pas dans l'Espace, mais il s'engendre de l'espace.

Le Réel n'est pas dans la Logicité, mais il s'engendre de la logicité.

 

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Ce qu'est le Réel ? De l'Intention mémorisante ou de la Mémoire désirante.

 

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L'idéalisme oppose le monde naturel à un monde "autre", imaginaire, fantasmatique et idéel, que l'on postule "idéal" face au "réel" considéré comme misérable. Par construction, tout idéalisme est un dualisme.

Le réalisme est la posture inverse qui prend le monde réel tel qu'il est et va, l'accepte et l'assume, et invite tout ce qui existe à y trouver ou à y construire sa place. Par construction, tout réalisme est un monisme.

Le spiritualisme pose que le fondement ultime du Réel est de l'ordre de l'Esprit qui engendre Matière et Vie.

Le matérialisme pose au contraire comme seul fondement et seul réalité du Réel, la Matière.

 

Ces deux dipôles permettent de construire une typologie des grandes options philosophiques et métaphysiques cette typologie :

 

 

Réalisme

Idéalisme

Spiritualisme

Panenthéismes

Théismes

Matérialisme

Panthéismes

Idéologismes

 

Le rasoir d'Occam permet d'élimer l'option "idéalisme".

La cosmologie tue le matérialisme.

La seule doctrine appelée à avoir un avenir est celle des panenthéismes.

 

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Ce n'est pas moi qui connais le Réel, mais le Réel qui se connaît en moi.

 

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Est rationnel ce qui est en cohérence presque parfaite avec la logicité cosmique.

 

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En réponse à un lecteur …

"Nous ne vivons pas un "déclin". C'est plus profond. Nous vivons une chaotisation du monde humain pour laquelle il n'y a que deux sorties possibles : l'effondrement qui donnerait raison aux collapsologues ou l'émergence d'un nouveau paradigme pour laquelle je travaille et plaide depuis 30 ans.

Mais le militantisme "citoyen" (c'est ne nouveau mot à la mode) ne sert à rien.

Le problème que l'on ne semble pas percevoir, est celui-ci : l'humanité est composée de 85% de crétins qui tiennent à leurs servitudes volontaires et à leurs addictions consommatoires. Il convient, au contraire, d'adopter une attitude aristocratique (une aristocratie de l'esprit et de l'âme qui influence par exemplarité).

La seule attitude efficace est personnelle. Non pas changer le monde, mais changer son propre monde. Et par contagion, ces changements de monde se propageront viralement jusqu'à leur coalescence en un nouveau paradigme."

 

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De Nietzsche :

 

"Tu dois devenir l'homme que tu es. Fais ce que toi seul peux faire. Deviens sans cesse celui que tu es, sois le maître et le sculpteur de toi-même."

 

De Ludovic Hubert :

 

" Si tu ne fais pas toi-même ce que tu dois faire,

personne ne le fera à ta place, alors fais-le. "

 

Proverbe :

 

"Fais ce que dois, advienne que pourra."

 

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Chez Spinoza …

La Natura naturans est ce qui fait naître en tant que moteur de l'émergence : c'est le processus (la grossesse).

La Natura naturata est l'ensemble effectif qui résulte de ce qui fait naître : c'est le produit (le bébé).

 

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La crise pandémique signe la faillite radicale des systèmes administratifs et bureaucratiques français. Il est plus que temps de dégraisser copieusement l'Etat et ses tentacules. Il est plus que temps de démanteler toutes les bureaucraties, de fermer l'ENA et de virer 60% des fonctionnaires.

L'Etat doit assurer des fonctions, certes, mais ce n'est pas lui qui doit faire. Il doit faire faire et tout sous-traiter à des entreprises privées, efficaces et performantes.

Une administration, par construction, n'est jamais ni efficace, ni performante.

 

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CGT, SUD, etc … : tuez les tous, Marx reconnaîtra les siens.

 

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Les trois problèmes majeurs de la France : la bureaucratie, les banlieues africanisées (tant noires que maghrébines) et l'égalitarisme.

Dans cette crise pandémique, l'égalitarisme débile a empêché de faire des différences indispensables et salutaires entre la vile et la campagne, entre les infectés et les sains, entre les engagés et les profiteurs, etc …

 

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Il faut supprimer les Préfets, agents doubles au service de l'Etat contre la réalité locale. Il faut donner l'autonomie la plus large aux régions historiques (et non aux découpages électoralistes actuels). En gros, tout ce que Louis XIV, Napoléon et De Gaulle ont fait, il faut le démolir d'urgence.

 

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L'ennemi mortel de la vraie et saine politique, c'est l'administration.

 

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Au fond de l'Etat, il existe un "Etat profond" qui est la bureaucratie fonctionnaire.

 

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Le complotisme ambiant qui n'est qu'une paranoïa gauchisante, entretient l'idée débile que les (hauts) fonctionnaires conspirent pour imposer une idéologie néo-libérale contre la volonté des masses.

Donc ces fichus fonctionnaires seraient les partisans masqués de la doctrine qui ne cherche qu'à les éliminer. Quant aux masses, elles ne demandent qu'une seule chose : pouvoir pratiquer en plus grand son addiction consommatoire.

La réalité est plus simple (Cfr. Henry Mintzberg et Michel Crozier) : un fonctionnaire ou un bureaucrate n'aspire qu'à une chose (comme le cancer) : croître et prospérer au détriment du corps social qui le nourrit.

 

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Le "droit" et la "justice" ne servent plus qu'à fournir des pactoles ou des rentes aux parasites reptiliens.

Il suffit de porter plainte contre des "riches" bien ciblés,  au prétexte de viol imaginaire, de harcèlement moral ou sexuel, de blague graveleuse, de violence dite morale, de non précaution, d'abus de subordination, etc … pour que le gauchisme juridique tranche … les cordons des bourses.

 

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Le 25/04/2020

 

La mémoire humaine est bien courte. En nos temps de crises et de chaotisation du monde, le futur imaginaire prend la place du passé réel, tout à la fois par déni de réalité et par fuite en avant. Tout se passe comme s'il y avait un conflit intrinsèque entre le "progrès" et la "tradition", entre le projet et la mémoire. Et ce conflit artificiel est d'autant plus faux et absurde qu'il ne peut y avoir de projet sans mémoire et qu'il ne peut y avoir de progrès sans tradition.

 

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L'inertie des masses humaines est ce qu'elle est : énorme. Malheureusement.

 

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Les réseaux sociaux sont devenus les dépotoirs psychotiques de nos sociétés névrosées et incultes.

 

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Plus on a besoin des choses, plus on est esclave des choses ...

Plus on a besoin des gens, plus on est esclave des gens …

 

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De Sylvain Tesson :

 

" L’imagination, c’est ce à quoi l’on a recours

lorsqu’on pense que le réel ne suffit pas."

 

Mais le Réel suffit toujours !

 

Du même Sylvain Tesson, à propos du bouddhisme tibétain :

 

"Le bouddhisme n’est pas du tout ce que l’on croit ici, une philosophie de vie joyeuse du développement personnel, mais une sortie de l’angoisse par la morbidité totale, une réponse à la malédiction de vivre par une plongée dans le néant."

 

C'est tellement vrai. Je me suis toujours demandé ce qui pouvait faire le succès du bouddhisme en occident depuis qu'il fut importé et occidentalisé au Etats-Unis dans les années 1950. Dans le bouddhisme, il n'y a aucune spiritualité verticale ; il n'y a là qu'un refus et un retrait du Réel et de la Vie. Une quête de vacuité pour fuir le plein du Réel.

 

Et du même :

 

"Et puis je suis moins intéressé par les hommes, y compris par moi-même, que par ce qui est non-humain, c’est-à-dire la géographie, les bêtes, les phénomènes climatiques et cosmiques. Tout cela m’enchante, et je sais mieux m’y ensevelir, m’y fondre, que dans les sociétés humaines."

 

Tiens, un autre ours …

 

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De Lawrence Durrell :

 

"Nous sommes les enfants de notre paysage."

 

Je suis né dans les pays flamands.

Je suis né dans les mers du nord.

Je suis né dans les caillasses sinaïtiques.

Je suis né dans les forêts congolaises.

Je suis né dans les criques californiennes.

Je suis né dans les baronnies provençales.

Je suis né dans les collines morvandelles.

 

Sept racines …

 

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On fait et on éduque des enfants pour eux et pas pour soi ... mais un peu de complicité, cela fait du bien.

 

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Le 26/04/2020

 

Un "billet d'humeur" anonyme :

 

" Dans un de ses derniers interviews, l’auteur de Liquid Life – ou le triomphe du consumérisme –  le  sociologue Zygmunt Bauman observait que les  réseaux sociaux n’étaient pas faits pour bâtir des communautés, mais pour échanger des gazouillis et produire un sentiment d’appartenance. Ainsi, on parlerait beaucoup en ayant peu à dire. Quoi d’étonnant à une époque où la forme l’emporte si souvent sur le fond ? Celui qui sait ne parle pas, celui qui parle ne sait pas, disait Lao-Tseu. Jamais l’éloquence ne l’emportera sur le silence, renchérissait Tchouang-Tseu. Et si le coronavirus pouvait nous faire redécouvrir l’importance de la substance et les vertus du silence ? En ce moment, des milliers d’anonymes se dévouent corps et âme pour d’autres anonymes qui sont leurs semblables, mettant parfois leur propre vie en danger. Et si ce coronavirus pouvait nous faire un peu oublier ce climat délétère de sacralisation de l’insignifiance et nous aider à redécouvrir la véritable hiérarchie des valeurs humaines ? "

 

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Le concept "énergie" en physique a un sens précis : mesure de l'activité globale d'un système (aussi grand ou petit soit-il). L'énergie cinétique mesure l'activité de déplacement. L'énergie massique (E=mc²) comme l'énergie potentielle d'un champ de force en un point est l'estimation de l'activité que pourrait engendrer ce corps ou ce champ s'il engendrait de l'activité respectivement en se désintégrant ou en influençant une corps en mouvement. L'énergie thermique d'un système (une bouteille de gaz chaud, par exemple) est la moyenne des énergies cinétiques des corpuscules composant ce système. Etc ...

Lorsqu'on parle du Qi chinois ou même, sans aller si loin, d'énergie mentale, il ne s'agit que d'analogies "poétiques" utilisant à tort le mot "énergie".

Ainsi, l'énergie mentale n'est pas le nombre de calories produit par l'activité neuronale du cerveau. Elle symbolise la force de volonté et de courage que peut développer une personne ; on sort là du cadre de la définition physicienne du concept "énergie". Il en va de même du Qi extrême-oriental.

Est-ce à dire qu'il faille éliminer les notions d'énergie mentale ou de Qi ? Certainement pas. Il faut juste se rappeler que l'usage de ces notions est étranger à la physique théorique. Ces "énergies"-là ne sont pas réductibles à de l'énergie au sens de la thermodynamique.

De la même manière, parler de force de conviction ou de force de caractère, n'a évidemment aucun rapport avec la notion physicienne de force de gravitation ou de force électromagnétique. Ou plutôt, ce rapport n'est qu'analogique et littéraire, et s'établit sur l'idée d'un pouvoir d'influence, l'un psychique, l'autre physique.

 

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Le confinement rend con finement !

 

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La santé pour quoi faire ? Pourrait-on dire en paraphrasant le "la liberté pour quoi faire ?" de Georges Bernanos. Et d'abord, qu'est-ce que la santé ? La "grande Santé", comme l'appelait Nietzsche, est bien autre chose qu'une physiologie qui tourne à peu près rondement. Un malade en coma profond que l'on maintient artificiellement en vie végétative, est en "bonne santé" au sens biologique, mais on comprend vite que ce n'est pas cela la "grande santé" nietzschéenne.

Depuis Spinoza, on sait qu'un humain est un tout, un corps-esprit-âme unitaire et unifié qu'il faut cesser de disloquer analytiquement : son esprit et son âme sont consubstantiels et coextensifs avec tout son corps, … et vice versa. L'esprit ne se réduit pas du tout au seul cerveau …

On pense et on veut, on ressent et on sait autant avec ses tripes qu'avec sa tête.

 

La "grande santé" est donc autant mentale que physique ; l'une ne va pas sans l'autre. Il n'y a pas le psychique d'un côté et le somatique de l'autre ; il n'y a que du psychosomatique qui appelle des approches holistiques.

Si l'on veut bien voir que l'humain, comme n'importe quel processus complexe possède cinq dimensions (généalogique : la mémoire, téléologique : la volonté, axiologique : l'intelligence, écologique : la sensibilité, et métabolique : la conscience), on conviendra que la "grande santé" veut que chacune de ces cinq grandes fonctions doit éviter tous les empoisonnements et toutes les intoxications venant de l'extérieur (et Dieu sait s'il y en a de toutes les sortes à profusion dans notre monde cinglé, de la malbouffe aux pandémies, en passant par les fake-news et les délires complotistes, antisémites et tant d'autres).

Oui, la folie du monde humain tend à empoisonner et intoxiquer nos volontés, nos mémoires, nos sensibilités, nos intelligences et nos consciences, à les rendre esclaves de ses drogues, à subjuguer nos corps-esprits-âmes.

 

Mais avoir nos cinq grandes fonctions en bon état de marche ne suffit pas ; encore faut-il les harmoniser, les aligner, les équilibrer entre elles de manière à ce qu'elles forment un tout bien cohérent. C'est cette cohérence holistique qui me paraît être le signe et la signature de la "grande santé". Et pour cela, il faut que tous les organes, tant physiques que mentaux, fonctionnent au mieux et ensemble, en bonne harmonie et en bonne cohérence.

 

Mais ces considérations ne répondent pas à la question première : la santé pour quoi faire ? La pandémie actuelle pose bien cette question. La moyenne d'âge des décédés du fait du coronavirus est de 81 ans en France. Et comme l'a fait remarquer abruptement André Comte-Sponville, on a sacrifié (démagogiquement) l'avenir économique des jeunes à une rallonge de vie pour les très vieux … alors que les pandémies de 1957 et de 1969 ont fait bien plus de victimes, qu'aucun confinement d'aucune sorte n'a été promulgué et que l'on en a très peu parlé (et plus personne ne s'en souvient).

La bonne santé pour quoi faire ? Deux visions s'opposent : l'une répond que chaque personne a le droit de vivre pour elle-même, le plus longtemps possible et le mieux possible (c'est l'option française), l'autre répond que la société se doit de prendre en charge la santé de celles et ceux qui contribuent vraiment à sa prospérité (c'est l'option chinoise).

Le débat est donc ouvert entre une vision individualiste et une vision collectiviste. Ce qui me paraît clair, c'est qu'il ne faut pas demander la beurre et l'argent du beurre comme on le fait en France. Ou bien l'on est individualiste et chacun se prend en charge sans dépendre les assistanats étatiques (version USA), ou bien l'on est collectiviste et l'Etat décide qui peut vivre et qui on laisse mourir (version Chine).

 

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De Fichte :

 

"(…) je n'agis pas, c'est la Nature qui agit en moi (…) je ne me fais nullement moi-même, c'est la Nature qui ma fait, moi et tout ce que je deviens."

 

Chaque étant n'est qu'un canal local et éphémère au travers duquel se réalise, partiellement, le flux cosmique de Matière, de Vie et d'Esprit.

 

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L'humain n'est pas libre, mais il peut se construire de l'autonomie.

 

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Propos d'un crétin bruyant, radio plein-pot et fenêtre de voiture ouverte :

 

"Je suis vide, mais je fais du bruit. Pour attirer votre attention. Je me fais croire que j'existe. Même si vous me détestez pour le bruit que je fais, au moins j'existe à vos yeux, à vous qui me regardez passer, l'air courroucé. Je suis vide, mais mon bruit me remplit comme l'hélium remplit la baudruche."

 

Ah, si ces crétins-là étaient seulement capables de tenir ces propos …

 

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Le 27/04/2020

 

Un système cognitif qui ne serait pas axiomatique, ne serait pas fiable et ne pourrait jamais être cohérent.

La quête de la connaissance procède ainsi de trois mouvements :

  • l'un, ascendant, qui cherche ces axiomes au moyen de l'intuition, d'image, de symboles, …
  • le deuxième, circulaire, qui construit une algorithmie cohérente avec la logicité du Réel,
  • le dernier, descendant, qui déduit des axiomes, au moyen de ce langage logique, tous les savoirs vérifiables.

On obtient ainsi une tripartition du champ de la connaissance : une métaphysique, une algorithmique et une physique.

Tout le reste n'est que sous-produits ou commentaires … ou fariboles.

 

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De Ralph Waldo Emerson (1803 - 1882) :

 

"Rire souvent et sans restriction ; s'attirer le respect des gens intelligents et l'affection des enfants ; tirer profit des critiques de bonne foi et supporter les trahisons des amis supposés ; apprécier la beauté ; voir chez les autres ce qu'ils ont de meilleur ; laisser derrière soi quelque chose de bon, un enfant en bonne santé, un coin de jardin ou une société en progrès ; savoir qu'un être au moins respire mieux parce que vous êtes passé en ce monde ; voilà ce que j'appelle réussir sa vie."

 

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Une belle histoire …

 

Un jour par accident, l'âne d'un fermier tomba au fond d'un puits. L'animal gémissait pitoyablement. Concluant qu'il était vieux et que le puits ne servait plus à rien, le fermier décida de faire disparaître l'âne et le puits. Il a appelé tous ses voisins à l'aide et munis de pelles, il se mirent à boucher le puits.

Réalisant ce qui se passait, l'animal se mit à crier de plus belle.

Puis, soudain, à la stupéfaction de chacun, ce fut le silence. Quelques pelletées plus tard, le fermier curieux se pencha et fut alors stupéfait : A chaque pelletée de terre qu'il recevait sur le dos, l'âne se secouait vigoureusement pour la faire tomber, puis montait dessus. Bientôt, l'âne sorti puits et se mit à trotter !

Lorsque la vie tente de vous engloutir de toutes sortes de maux, secouez les. Chaque épreuve est une pierre qui vous permet de progresser. Il ne tient qu'à vous de sortir des puits les plus profonds, à condition vous restiez debout et que jamais, vous ne vous découragiez!

 

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Les trois voies pour sortir d'un chaos …

En situation chaotique, un processus quelconque "encaisse" l'énergie des tensions qui augmentent. Il doit la dissiper le plus vite possible.

S'il n'y parvient pas, l'énergie tensionnelle vainc les énergies organisationnelles du système et celui-ci s'effondre en se décomposant en ses éléments constitutifs disloqués.

Avec un peu de chance et pour un temps (si le champ des tensions reste stable) le système va réagencer ses énergies organisationnelles pour dissiper mieux et plus vite l'énergie tensionnelle perturbante : le processus se réorganise, sur le même niveau de complexité mais dans des configurations plus dissipatives. C'est la réorganisation ou l'auto-organisation au sens de Prigogine.

Enfin, un processus d'émergence peut, parfois, transformer l'énergie tensionnelle en énergie fusionnelle, c'est-à-dire en une énergie constructive qui réussit à vaincre les forces d'individuation pour engendrer, par autopoïèse, un processus intégratif d'un niveau supérieur de complexité (la soupe moléculaire de vient cellule vivante, la meute devient communauté organisée, etc …). C'est la bifurcation.

 

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Les sociétés humaines ne sont que des sempiternelles réorganisations de l'ensemble de communautés de vie qui en forment le substrat. Nous sommes à l'aube d'une bifurcation majeure où le processus humain passera du "vivre ensemble" au "spiritualiser ensemble" et reléguant les sociétés à leur seul rôle logistique. Cette bifurcation fera passer de la sociosphère à la noosphère, au règne de l'Esprit au-delà de (mais non contre, évidemment, tout au contraire) la Vie. La Vie y sera enfin respectée et sacralisée puisque l'essentiel de l'activité humaine relèvera de l'Esprit … et non plus, comme aujourd'hui, de l'exploitation et de la domination de la Vie.

 

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Classiquement, la philosophie et la science cherchent à connaître ce qui est. Mais rien n'est puisque tout devient et ne cesse jamais de devenir, autre à chaque instant. Aussi, philosophie et science doivent abandonner l'illusoire connaissance de ce qui est et passer au niveau supérieur : connaître la logicité qui préside au Devenir au-delà des apparences de ce qui semble Être.

 

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L'équation du Devenir :

 

Prolifération à Dérèglement extérieur et promiscuité intérieure à Tensions à Chaotisation à Soit effondrement, soit réorganisation, soit émergence.

 

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De Spinoza :

 

"(…) le tout et la partie ne sont pas de êtres réels, mais seulement des êtres de raison, et (…) par conséquent, Il n'y a dans la Nature ni tout, ni partie."

 

Toujours ces mêmes jeux de concepts …

Le Tout est l'ensemble des parties. S'il n'y a pas de parties, il ne peut y avoir de Tout. Mais de quoi parle-t-on ? Du Réel-en-soi qui est absolument Un, ou du Réel manifesté ? De quoi parle-t-on : de l'océan ou des vagues ?

L'Un, d'une part, et le Tout et ses parties, d'autre part, ne participent pas du même niveau ni ontologique, ni gnoséologique.

L'Un évolue et son évolution induit des manifestations (des changements, des transformations, des perturbations, des phénomènes, …). L'ensemble de toutes ces manifestations constitue le Tout ou l'Univers. Le Tout possède autant de parties qu'il y existe de phénomènes particuliers. La relation entre ce Tout et ses parties est ordonnée, cohérente, organisée ; cette cohérence s'appelle le Cosmos ; il résulte de l'existence, dans l'Un, d'un Logos, d'une logicité immanente.

 

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L'humain perçoit des parties (des phénomènes) et en infère un Tout qui donne sens et cohérence à tout cet ensemble. De cette inférence du Tout, il induit un Réel-Un dont ce Tout et ses parties ne sont que la manifestation.

Il y a donc trois niveaux gnoséologiques : le niveau physique des phénomènes, le niveau cosmologique du Tout ordonné et le niveau mystico-métaphysique du Réel-Un.

Tant que l'on ne distinguera pas clairement ces trois niveaux et leur relation hiérarchique, la connaissance globale du Réel demeurera un embrouillamini inextricable.

De même, le Tout étant l'ensemble de toutes les manifestations, la difficulté majeure de la cosmologie est de sortir de la vieille définition en extension de cet ensemble, pour passer à sa définition en compréhension … et d'atteindre ainsi la compréhension du Logos qui anime le Réel pour produire le Cosmos.

 

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Si l'on appelle Dieu - ou le Divin - le Réel-Un, alors le Tout () est bien dans () ce Dieu (). Panenthéisme, donc !

Mais il faut bien comprendre que le Tout "sort" du Un, non par création, mais par émanation (par émergence), exactement comme les vagues "sortent" de l'océan.

 

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Le 28/04/2020

 

Il ne faut pas montrer le Mal.

 

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La spiritualité n'est pas une affaire cérébrale. Elle implique toutes les facultés humaines et surtout la sensibilité du cœur, l'intuition de l'âme, la discipline du corps bien plus que l'intelligence cérébrale.

 

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La responsabilité chinoise dans la pandémie, selon Luc de Barochez :

 

" Le Parti communiste chinois (PCC), dirigé depuis 2012 par Xi Jinping, porte une triple responsabilité dans l'enchaînement fatal des événements. Il a d'abord favorisé le départ de l'épidémie en s'abstenant de réglementer la promiscuité entre humains et animaux sur les marchés et en laissant faire le commerce d'animaux sauvages vivants, alors même qu'une première épidémie de coronavirus, en 2002-2003, avait démontré l'extrême dangerosité de ces pratiques.

 

Le Parti a ensuite encouragé la propagation silencieuse de l'épidémie en étouffant l'information sur la maladie, en niant, encore en janvier, qu'elle se transmette entre humains, puis en réprimant les lanceurs d'alerte de Wuhan, tel l'héroïque Dr Li Wenliang, qui est décédé depuis du Covid-19. Dans un régime communiste fondé sur la peur, les autorités locales ont préféré nier la réalité pendant des semaines plutôt que de sonner l'alerte sur la crise sanitaire en cours. Leur bilan de victimes reste sujet à caution.

 

Le PCC a enfin affaibli la coopération mondiale contre le virus en se livrant ces derniers mois, en particulier sur Internet, à une campagne de désinformation visant à se défausser de ses responsabilités, allant jusqu'à prétendre que le virus pourrait avoir été fabriqué par les États-Unis.

 

La Chine contemporaine est un monde post-orwellien, où le Parti communiste contrôle toute la vie politique, économique, sociale, culturelle et médiatique. L'épidémie de Covid-19 témoigne des dommages que peut causer un modèle de gouvernance autoritaire qui ne laisse aucune place à l'initiative individuelle, à la responsabilité des citoyens, à la transparence, à la liberté d'informer. Même le masque chirurgical, que les gouvernements imposent de plus en plus à leur population, pourrait bien être une métaphore de la liberté d'expression refusée aux citoyens chinois et menaçant de l'être bientôt pour d'autres peuples.

 

Car sous l'impulsion de Xi Jinping qui, tels Mao ou Staline, a concentré l'essentiel du pouvoir dans ses mains, le Parti communiste chinois n'a pas seulement recours à des méthodes de contrôle social de plus en plus élaborées pour asservir sa population et réprimer les minorités. Il a aussi la volonté d'exporter son modèle, en œuvrant à construire un système international qui soit plus favorable aux régimes autoritaires et, sous couvert de « nouvelles routes de la soie », d'étendre à travers le monde son influence délétère pour les libertés."

 

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De L'Evangile de Jean (2;15) :

 

"N'aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est point en lui ; car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde. Et le monde passe, et sa convoitise aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement."

 

Ce verset résume à lui tout seul toute la schizophrénie chrétienne et tout son rejet morbide du monde réel. On voit, derrière ce verset, un dualisme radical et une obsession pour une "vie éternelle" après la vie naturelle qui est méprisée.

Cette attitude très paulinienne est pourtant étrangère à l'esprit "alexandrin" de l'Evangile de Jean. Sans doute un "ajout" ou une "correction" apportés au texte original …

 

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Pour survivre, le niveau intrinsèque de complexité d'un système doit être égal ou supérieur au niveau de complexité de son milieu ambiant.

L'écart entre ces deux niveaux mesure la puissance ou la fragilité de l'un par rapport à l'autre.

 

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Le Judaïsme est une culture sans arts (hors poésie). Voilà qui le sauve de la futilité.

 

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La communauté est une totalité organique intégrant plusieurs personnes.

L'association est une totalité mécanique agrégeant plusieurs individus.

Une société est un agrégat mécanique de communautés.

 

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La vision politique de Hegel vise à dépasser la société-agrégat mécanique pour fonder un tout organique intégré (qu'il a malencontreusement appelé "Etat").

En revanche, toutes les idéologies, quelles qu'elles soient, rêvent d'instaurer des Etats totalitaires qui incarnent chacun une tentative de créer une totalité au-delà des disparités égotiques, mais cette tentative est vouée à l'échec du fait même qu'elle est mécanique (hiérarchique, procédurale, normative, bureaucratique, autoritaire, etc …).

La seule voie d'avenir est un système communautal respectant et développant, à la fois, la nécessaire autonomie personnelle et la tout aussi nécessaire intégration organique.

Les réseaux noétiques qui pointent leur nez, dès aujourd'hui, sont assez proches de ce tout organique intégré de l'Esprit, construit sur les autonomies de Vie.

Vivre pour soi, mais penser pour tous.

 

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Il y a des cultures qui font l'histoire humaine et il y a celles qui la subissent et finissent par disparaître de la scène mondiale pour, éventuellement, se ratatiner, momifiées, dans des niches anthropologiques sous cloche. Le darwinisme n'est pas que biologique ; il est culturel tout autant.

Aujourd'hui, les cultures qui font l'histoire sont deux : la culture européenne (y compris russe, anglo-saxonne et latino-américaine) et la culture chinoise (au sens très large de tout l'Extrême-Orient). Une troisième mouvance, dite musulmane (un qualificatif unique pour une réalité infiniment plurielle et disparate), aimerait bien jouer un rôle à l'échelle mondiale à grands coups de pétrodollars … mais, heureusement, l'argent peut faire illusion un temps, mais ne suffit pas : la puissance d'argent (et les violences qu'elle finance) n'est jamais une puissance d'esprit.

 

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Il n'y a jamais eu ni de civilisation, ni de culture musulmanes. Le soi-disant "âge d'or" médiéval de l'Islam n'est que le résultat d'un pillage systématique des cultures juives, grecques, byzantines et indiennes. Quant à la poétique et à la mystique soufies, elle prend ses racines profondes dans la vraie culture persane antéislamique et zoroastrienne.

L'Islam n'est pas une culture ; il est une idéologie. Une idéologie issues d'analphabètes (comme Mu'hammad) vivant de razzias, de rançonnages, de pillages et de vols dans le désert arabique. Une idéologie guerrière et violente, primaire et cruelle, ne connaissant que la relation de soumission entre dominant et dominé.

 

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D' Emmanuel Kant :

 

"On mesure l'intelligence d'un individu

à la quantité d'incertitudes qu'il peut supporter."

 

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L'Etat, c'est la Loi. L'Etat est le garant axiologique du fonctionnement "moral" d'une société. Il est le garant de la Paix, tant intérieure qu'extérieure.

Mais l'Etat ne peut et ne doit être que cela. Il n'est ni entrepreneur, ni financier, ni expert, ni gestionnaire., ni redistributeur. Il promulgue des Lois (législatif), les applique (exécutif) et les contrôle (juridique).

Aujourd'hui, l'Etat a totalement dévié de sa fonction sous la double pression

  • des "administrations bureaucratiques" dont la seule finalité est de prendre tout le pouvoir partout, sous n'importe quel prétexte (cfr. Michel Crozier : "Le phénomène bureaucratique"),
  • des "services publics" qui ne sont que des concurrences déloyales pour les entreprises privées, et qui sont totalement incompétentes, non rentables et dispendieuses, qui ne vivent que de dotations ponctionnées dans la poche des contribuables ; des foyers de fonctionnarisme, de syndicalisme et de je-m'en-foutisme.

Si une activité économique n'est pas viable par elle-même, elle doit être éradiquée (et tant pis pour ceux qui en bénéficie - il n'y a, sur Terre, aucune place pour les parasites qui veulent vivre au-dessus de leurs moyens).

 

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Il faut cesser de parler des "pauvres" et d'en prendre prétexte pour mettre en place des systèmes dispendieux de pitié et de charité. La pitié et la charité sont des postures privées, personnelles ; elles doivent rester libres et librement consenties. La pitié et la charité sont affaires privées et électives, et ne peuvent, sous aucun prétexte, devenir collectives et imposées. Chacun doit rester libre d'être solidaire, ou pas, ou électivement.

La solidarité n'est pas un devoir collectif ; elle doit être un choix personnel.

C'est le principe même du mutualisme : tu cotises, tu es protégé, tu ne cotises pas, tu crèves (et tout le monde s'en fout … Rappel : il y a 5,5 milliards d'humains en trop sur Terre). Il faut que cessent tous les assistanats et tous les parasitismes. Aidez les vrais nécessiteux qui montrent leur bonne volonté et ne crache pas sur le système : oui. Les autres : non.

 

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L'humain n'a de valeur que par son mérite, et n'a de mérite que par ses œuvres.

 

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La connaissance est toujours une relation à ce qui est connu. Elle est une représentation, dans un langage particulier. Cette connaissance n'a de valeur que si elle reflète parfaitement la cohérence de ce qui est connu.

La connaissance absolue (la gnose) est une relation holistique parfaitement cohérente avec le Réel.

 

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Le Tout (c'est-à-dite l'ensemble de toutes les manifestations phénoménales) émane du Réel-Un par le biais de l'Esprit ou du Logos (ces deux termes sont synonymes). Connaître le Réel, en tant que processus cohérent et universel, c'est comprendre cet Esprit dont tout procède au travers de sa logicité.

Et cette logicité s'appuie sur une bipolarité constituée d'une mémoire qui en est la substance et d'une intention qui en est le moteur, au moyen de deux principes : une dialectique entre le Tout et la partie, et une optimalité entre effondrement et émergence.

 

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Le 29/04/2020

 

Seul le difficile a de l'intérêt.

Le facile n'est qu'ennuyeux, même si parfois alimentaire.

 

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Si comme je le crois, le clame et l'affirme, le Réel est absolument Un, alors aucune différenciation "réelle" n'a de sens. Cependant il faut accepter de passer par des différenciations méthodologiques c'est-à-dire de considérer les vagues de l'océan tout en sachant que ces vagues ne sont pas des "êtres-en-soi" mais seulement des "regards" qui peuvent être utiles - à la condition d'être maniés avec rigueur et en connaissance de cause -  pour comprendre les phénomènes locaux.

 

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De Christian Godin, à propos de Hegel :

 

"Le phénomène est totalité parce qu'il contient la loi."

 

Cette idée de "totalité" veut simplement signifier que le processus phénoménal, quel qu'il soit, pourvu qu'il soit un processus à part entière, exprime totalement la loi universelle de l'évolution du Tout-Un et est une "monade" possédant une autonomie relative et exprimant une individuation relative, mais bien réelle (sans du tout être dissocié de l'Un).

 

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Le 30/04/2020

 

Mise au point sémantique …

 

  • L'ultime fond de tout ce qui existe est le Réel qui est aussi l'Un ou le Divin ou Dieu (impersonnel).
  • Le Réel se manifeste car il évolue sous la pression d'une puissance appelée "Nature" : "ce qui fait naître".
  • La Nature exploite une tension permanente entre Mémoire et Intention, sous la férule d'une Logicité.
  • Ces trois moteurs engendreront les fondamentaux qui feront l'univers :
    • la Mémoire engendrera le domaine volumique (il engendrera de l'espace) et le principe Matière,
    • l'Intention engendrera le domaine dynamique (il engendrera du temps) et le principe Vie,
    • la Logicité engendrera le domaine eidétique (il engendrera des structures) et le principe Esprit.
  • La Mémoire est construite sur le principe de l'Accumulation en complétude.
  • L'Intention est construite sur le principe de l'Accomplissement en plénitude
  • La Logicité est construite sur le principe de Cohérence sous trois aspects :
    • un Constructivisme accumulatif (volumique) lié à la Mémoire et à la Matière,
    • une Optimalité impromptue (dynamique) liée à l'Intention et à la Vie,
    • une Dialectique émergentielle (eidétique) liée à la Logicité et à l'Esprit.
  • Le principe d'Optimalité s'élabore sur un triple chemin :
    • une Optimalité volumique entre Globalité et Localité,
    • une Optimalité dynamique entre Individuation (sphéroïdale) et Intégration (fractale),
    • une Optimalité eidétique entre Uniformité (entropique) et Complexité (néguentropique).
  • On appellera "Univers" ou "Totalité" l'ensemble de toutes les manifestations singulières du Réel et l'ensemble de toutes les relations de cohérence entre eux :
    • On appellera "Phénomène" chaque manifestation particulière du Réel,
    • On appellera "Tout" l'ensemble de tous les phénomènes,
    • On appellera "Cosmos" l'ensemble de toutes les relations de cohérence entre les phénomènes.
  • On appellera "Monde", la part de l'Univers qui est perçue par les humains. Il y a et il y a eu autant de "Mondes" qu'il y a et qu'il y a eu d'humains.
  • On appellera "Univers-Image" ou "Empirie" l'ensemble de toutes ces perceptions humaines, une fois mutualisées (c'est l'expression de l'ensemble des phénomènes perçus, exprimé "en extension").
  • On appellera "Univers-Modèle" ou "Théorie", le résultat des tentatives de  construction d'une vision structurée globale qui rende compte de la totalité de l'empirie (c'est l'expression de l'ensemble des phénomènes perçus, exprimé "en compréhension").
  • On appellera science, l'ensemble des empiries et des théories.
  • On appellera degré de "vérité" de la science, le niveau de cohérence avéré entre l'univers-image (empirie) et l'univers-modèle (théorie), et, surtout, l'évolution de ce niveau de cohérence au fur et à mesure de l'enrichissement de la théorie et de l'empirie.

 

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L'infini est l'inverse du zéro (du néant, du vide), et réciproquement. Mais, depuis la relativité générale d'Einstein, on sait que l'univers est fermé sur lui même, comme un patatoïde à quatre dimensions dont la surface (la pelure) est notre univers à trois dimensions et dont le "rayon" est le temps. Ce patatoïde est en expansion : il grossit, mais il n'est pas infini (tout en étant illimité car il n'a pas de frontière : un voyageur cheminant pour l'éternité devant lui, ne rencontrerait jamais de "bord", de "frontière", de "limite").
Une autre manière de comprendre que rien n'est infini dans le Réel, est de comprendre que si l'univers était infini, il serait vide de tout. En effet, puisque le second principe de la thermodynamique veut que l'entropie, c'est-à-dire l'uniformité, soit toujours maximale dans un système fermé - ce qu'est bien notre 'univers -, tout ce qui émergerait (de fini) serait immédiatement dilué dans l'infini. Pour que de la complexité (nous, par exemple) puisse exister, il FAUT que l'univers ne soit pas infini. Or, nous et les autres systèmes complexes (les galaxies, les étoiles, les planètes, les vivants, les pensants, ...) existons ; donc l'univers ne peut pas être infini.
Et si l'infini n'existe pas, alors le vide ne peut pas exister non plus, par symétrie et réciprocité. Ce que l'on nomme le "vide" intergalactique, par exemple, n'est pas vide ; il est seulement de l'accumulation uniforme (de "l'énergie noire") sans la moindre déformation (sauf au passage d'un photon de lumière qui lui est un imperceptible frémissement de surface).

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Il me semble que l'hypothèse d'un Dieu personnel, créateur de l'univers physique mais extérieur et étranger à lui,  est puérile. Elle provient d'une mauvaise traduction du livre de la Genèse qui, en hébreu, dit ceci : "Dans un commencement Il ensemença des dieux (des "puissances") avec le Ciel et avec la Terre", etc ... En revanche, je pense qu'il est important de sacraliser le Réel dans lequel nous vivons et qui donne sens et valeur à nos existences. Cette sacralisation aboutit (comme avec Héraclite ou Spinoza ou Hegel ou Nietzsche) à une conception du Divin impersonnel, immanent au Réel. Dieu alors serait la puissance d'évolution du Tout à laquelle tout ce qui existe, contribue. Je parle donc d'un spiritualisme immanentiste à l'opposé de tous les matérialismes. La Matière n'est pas première ; le Réel a engendré la Matière pour pouvoir s'y réaliser.

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L'hypothèse des multivers  (aujourd’hui assez largement abandonnée sauf par ceux qui confondent idéologie matérialiste et science) est issue d'un conflit métaphysique entre causalisme et finalisme. Le causalisme prétend, à juste titre, qu'il n'y a aucune raison qu'un univers soumis au pur hasard "choisissent" précisément les "bonnes" valeurs des constantes universelles hors desquelles aucun univers viable et complexe n'est possible. Il faut donc qu'il existe une grande quantité d'univers ratés pour qu'il puisse y en avoir un (le nôtre) qui réussisse.  Mais comme mon ami, l'astrophysicien Trinh Xuan Thuan, l'a si bien démontré, le hasard n'est pas capable d'engendrer la complexité réelle de notre univers réel. L'hypothèse adverse qui est aussi la mienne, est qu'il n'y a qu'un seul univers, mais que celui-ci s'est "inventé", chemin faisant, par essais et erreurs, des lois universelles et des constantes universelles "adéquates" pour accomplir son dessein, son intention, son projet. Et cette intention cosmique n'a rien ni de magique, ni de religieux, ni de mystérieux : l'univers est simplement un processus qui vise à accomplir tous les possibles, le plus efficacement possible. Rien de plus, rien de moins. L'univers est un processus créatif qui "invente" des choses et qui les accumule dans sa mémoire cosmique pour s'en resservir les cas échéants. Et à force de s'en resservir avec succès, ces bricolages deviennent des lois et constantes universelles.

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NOUVEAU (depuis ce 9/2/2020): Le Tome 21 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (323 pages à télécharger gratuitement).