Tisserand de la compréhension du devenir
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Actualité - De l'Etre au Devenir - Février 2019

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

Le 01/02/2019

 

De mon ami Laurent Ledoux :

 

" (…) ce que veut dire le Deus sive Natura ("Dieu, c’est-à-dire la Nature") de Spinoza : Dieu n’est rien d’autre que l’ensemble infini des éléments, eux-mêmes infinis, qu’est la Nature, comprise comme le tout de la réalité. Dieu ne crée pas la Nature ; il est la Nature. Il semble que Spinoza ait emprunté cette équation au grand rabbin et philosophe du XIIe siècle, Moïse Maïmonide."

 

J'ignorait que le principe du "Deus sive Natura" fût du Rambam. Voilà qui me réjouit.

 

Et du même, parlant de la sagesse :

 

"Elle ose entrer dans la véritable spiritualité (la mystique), sans renoncer à la philosophie (la raison), car elle sait que la philosophie ne peut accéder à la sagesse que par la mystique."

 

*

 

Le Progressisme et le Traditionalisme s'opposent radicalement.

Le Traditionalisme construit le monde humain avec les matériaux réels qui sont déjà là et qui sont ce qu'ils sont, dans un monde réel et naturel tel qu'il est.

Le Progressisme poursuit le fantasme absurde et délétère de créer, de toutes pièces, un homme nouveau dans un monde nouveau ; il rallie donc très vite à ses délires, tous ceux que le monde réel ne satisfait pas.

Le Traditionalisme cultive l'humilité.

Le Progressisme exacerbe l'orgueil.

 

*

 

Les douze grandes oppositions de la philosophie politique :

 

  1. Traditionalisme contre Progressisme.
  2. Libéralisme contre Etatisme.
  3. Elitarisme contre Egalitarisme.
  4. Aristocratisme contre Démocratisme.
  5. Capitalisme contre Communisme.
  6. Libertarisme contre Socialisme.
  7. Juridisme contre Légalisme.
  8. Communalisme contre Nationalisme.
  9. Economisme contre Interventionnisme.
  10. Privatisme contre Fonctionnarisme.
  11. Evergétisme contre Solidarisme.
  12. Responsabilisme contre Paternalisme.

 

*

 

D'après un journaliste du Point : Emmanuel Macron se dit "inquiet du statut de l'information et de la vérité" dans notre démocratie. Selon lui, il est urgent de rétablir des "tiers de confiance" et "accepter la hiérarchie des paroles".

Soyons clair : les "réseaux sociaux" (où tout peut se répandre comme la boue ou la lave), l'effondrement de la déontologie médiatique (concurrence et audience obligent) et la crapulerie des démagogues (qui se croient autorisés à dire n'importe quoi, surtout ce qui calomnie le plus), tout cela induit deux phénomènes antagoniques :

  • la démission des intellectuels que ces torrents de pollution empoisonneuse dégoûtent de plus en plus profondément ;
  • l'excitation coléreuse ou jubilatoire de la masse des crétins dont la bêtise se nourrit de toutes ces insanités.

 

Et Emmanuel Macron d'analyser avec justesse :

 

"Il y a des activistes politiques qui ont été formés à manipuler les réseaux sociaux. Les chaînes d'info considèrent que ce qui fait événement sur les réseaux sociaux doit être relayé à l'antenne. Et ce qui fait événement sur les chaînes d'info se retrouve deux jours plus tard dans la presse écrite. Or, à l'origine, les réseaux sociaux sont manipulés par les extrêmes qui se surmobilisent."

 

Dans le même sens, Philippe Labro accuse, à juste titre, les médias et les réseaux sociaux car, si la bêtise a toujours existé, "elle restait plutôt silencieuse. Ce qui est insupportable, c'est qu'elle s'exprime désormais tous les jours" grâce à eux.

 

*

 

Ne jamais confondre "liberté" et "démocratie" !

La France est considérée, un peu partout, comme une vraie démocratie … Soit.

Mais, depuis 1968, la France est un pays où les libertés personnelles et communautales s'étiolent de façon accélérée, sous la pression d'un étatisme fonctionnaire et intrusif de plus en plus omniprésent, sous la pression d'un populisme insurrectionnel qui ressuscite régulièrement la vieille mythologie "révolutionnaire" inventée par Michelet, sous la pression d'une "bien-pensance" socialo-gauchiste qui promeut tous les rétro-activismes sous couvert d'égalitarisme, sous la pression d'un démagogisme généralisé de politiciens clientélistes ne visant que leur carrière électorale, sous la pression d'une ignorance crasse de la réalité économique qui induit un incroyable déni de réalité, sous la pression d'un solidarisme fantasmagorique ouvrant, grandes, toutes les portes aux parasitismes les plus éhontés, notamment celui des "fainéants" et celui des "immigrés", sous la pression d'un "camp du bien" qui n'a toujours pas compris que les "Lumières" sont la source de tous les nihilismes et de tous les obscurantismes, sous la pression d'une censure portée par les "réseaux sociaux" qui pratiquent, au quotidien, le lynchage, la calomnie, les fausses rumeurs et les contre-vérités.

 

*

 

De Jules Brayotte en parlant des totalitarismes du 20ème siècle :

 

" Le crime était prémédité de longue date ! Sans Robespierre, pas de Lénine, sans Lénine, pas d'Hitler ! Un conventionnel a déclaré : 'Nous préférons faire de la France un cimetière plutôt que renoncer à voir triompher nos idées'. Les dictateurs du XXème siècle ont bien retenu la leçon !"

 

*

 

De Dominique Schnapper (fille de Raymond Aron) :

 

"Les fake news sont l'exemple même de la non-vérité

qui domine le monde des réseaux sociaux.""

 

Pourquoi utiliser cette fade expression anglaise - qui signifie littéralement "fausse nouvelle" - au lieu de dire, tout simplement, en vrai français,  "contre-vérité" ou, mieux, "imposture".

 

*

 

Raymond Aron défendait l'Etat-providence et était un libéral de gauche, ce qui, très définitivement, est un oxymore. La liberté et l'égalité sont, par essence et définition, irrémédiablement incompatibles. Je ne peux pas revendiquer la même liberté que tout le monde puisque la plus grande part de ce tout-le-monde ne cherche que la servitude volontaire du panem et circenses.

Il écrivait, avec sympathie :

 

"(…) les âmes de gauche qui, traditionnellement, se réclament de

l'humanisme, de la liberté et du peuple (…)"

 

L'humanisme : l'orgueil incommensurable de l'humain qui se croit maître de l'univers et investi d'un pouvoir démiurgique grandguignolesque …

La liberté : l'autre nom de la servitude volontaire au sein de démagogies cultivant la providence étatique et l'assujettissement au panem et circenses

Le peuple : la plus grande imposture de ces trois derniers siècles : le peuple est une fiction idéologique qui n'existe pas …

 

C'est ma grande déception du moment de comprendre que Raymond Aron se considérait de gauche, admirait Sartre, confondait l'anti-totalitarisme (qui le caractérisait) avec la social-démocratie (qu'il prônait), cultivait une tiédeur triste envers l'union européenne … mais, heureusement, il pourfendait, avec talent, intelligence et rigueur, tous les marxismes, tous les communismes et tous les totalitarismes. C'est en cela que je me reconnais en lui ; en cela seulement. 

 

*

 

En se dégonflant comme une baudruche qu'il est, le mouvement des "Gilets Jaunes" est passé du statut de pleurnichoir pour crétins de basse-fosse à celui de défouloir pour abrutis ultra-populistes de droite et de gauche.

Toute cette gangrène n'aurait jamais proliféré sans les médias qui en ont exalté le sensationnalisme malsain.

 

Les Français aiment ce genre de remue-ménage nauséabond aux remugles insurrectionnels participant de la mythologie révolutionnaire (1789, 1830, 1848, 1870, 1968). Le peuple français, depuis la "mort du père" (21 janvier 1793) est resté bloqué au stade "enfant" de l'analyse transactionnelle, oscillant perpétuellement entre les trois postures : "enfant soumis" (au garde-à-vous admiratif et lèche-cul lorsque le pouvoir est présent), "enfant rebelle" (sur des "barricades" de pacotille lorsque le pouvoir est lointain) et "enfant créatif" (au royaume de la "débrouille", de la "resquille" et de l'entourloupe).

Ces enfantillages à la française ("Allons enfants de la patrie") sont incompréhensibles pour un Britannique, un Belge, un Hollandais, un Luxembourgeois ou un Allemand, sans parler des Scandinaves (ni des Alsaciens). Il n'y a que les Italiens pour cultiver la même puérilité exacerbée.

Une des racines profondes du Brexit est cette défiance anglaise face à l'immaturité politique et économique des Français.

 

*

 

Un peuple "enfant" (comme la France) ne s'entend jamais avec un peuple "adulte" (comme la Grande-Bretagne), mais il peut s'entendre avec un peuple "parent" pourvu qu'il soit "nourricier" (comme l'Allemagne d'Angela Merkel). Si ce "parent" devient "autoritaire" (comme le fut l'Allemagne hitlérienne ou l'URSS) et l'empêche d'être créatif", alors cet "enfant" devient soit majoritairement soumis (la Collaboration ou l'engouement socialo-communiste de 1945 à 1982), soit marginalement "rebelle" (la Résistance ou l'américanisme des trente glorieuses).

 

*

 

De Patrick Eveno (dans la "Revue des deux mondes") :

 

"(…) la nature “illibérale” de notre pays (…). À l’extrême gauche, l’illibéralisme est l’héritier d’une tradition révolutionnaire que l’on peut retrouver dans la Terreur, la Commune de Paris, en passant par le Parti communiste et la Allemagne Insoumise. À l’extrême droite, il s’inscrit dans une tradition contre-révolutionnaire ancrée dans le catholicisme le plus traditionnaliste, incarné par des figures comme Joseph de Maistre. On retrouve cet illibéralisme tout au long du XIXe, du XXe et en ce début de XXIe siècle. Il se transmet par l’extrême droite catholique, royaliste, puis dans l’antisémitisme de Drumont, la collaboration, l’OAS… pour arriver jusqu’au Front national."

 

Et au centre, l'illibéralisme français se traduit par un étatisme forcené.

L'autre nom pour "illibéralisme" est "infantilisme" ou "immaturité".

Ici, on ne fait pas de la politique adulte, on véhicule des mythes idéologiques qui relèvent des contes de fées.

Ici, on ne connait rien à la réalité économique que l'on masque sous des fables soit misérabilistes, soit fantasmagoriques, soit angélistes, dépourvues du moindre fondement.

 

*

 

N'en déplaise à des pitres comme De Gaulle ou Mitterrand, comme Chirac ou Hollande (aussi ignorants les uns que les autres en matière économique), le politique est superstructurel alors que l'économique est infrastructurel (cela, même Karl Marx, dans ses délires psychotiques, l'avait compris).

Il n'y a pas de politique possible, sans une économie saine pour la porter.

L'économie d'abord … pour le reste, on verra après ; on mange d'abord, on discutaille ensuite.

On ne peut pas partager un gâteau avant que ce gâteau ne soit fabriqué.

C'est l'oubli de ce trait de bon sens qui a fait (heureusement) et fera (heureusement aussi) la faillite de tous les régimes construits sur une idéologie anti-économiste (communisme, nazisme, fascisme, islamisme, gandhisme, socialisme, étatisme, illibéralisme, …).

C'est cet oubli qui a failli tuer la Grèce et qui tue l'Italie (en attendant la France … et, peut-être, la Chine).

C'est, au contraire, sa mise en avant qui a fait la puissance de l'Angleterre, de la Hollande, des Etats-Unis ainsi que de l'Allemagne et du Japon d'après 1945 … et qui pourrait faire celle de l'Europe si celle-ci se fédère enfin !

 

*

 

Pour prospérer dans la durée, l'économie a besoin de cinq ingrédients tous conjointement indispensables : la paix, la liberté, l'éthique, la créativité et l'humilité.

Ces cinq vertus définissent le libéralisme.

L'argent n'y est jamais un but, mais seulement une conséquence ou un moyen.

 

*

 

Du même Patrick Eveno :

 

"Sainte-Beuve (…) fait paraître en septembre 1839 un article intitulé 'De la littérature industrielle'. L’auteur y exprime le mépris des intellectuels et des écrivains pour la culture de masse incarnée par la presse. (…) On retrouve cette critique depuis plus de deux cents ans : d’abord contre la presse, puis contre le cinéma, la radio et la télévision, et maintenant contre Internet."

 

Et contrairement à ce que le gauchiste de service prétend, ce rejet des médias de masse n'a rien à voir avec un quelconque souci qu'aurait l'élite intellectuelle de préserver son "pouvoir" sur les masses. Si les intellectuels recherchaient et détenaient un tel pouvoir, il y a longtemps que cela se saurait … et que le monde tournerait bien mieux.

Le problème est que, justement, un intellectuel authentique ne cherche jamais un quelconque pouvoir ; il le fuit, tout au contraire.

Non ! Le refus des mass-médias par les vrais intellectuels (c'est-à-dire les non-démagogues) tient au fait que ces mass-médias, pour se mettre au niveau de leur public et se l'attacher à tout prix, cultivent le sensationnalisme, le simplisme, l'infantilisme, le démagogisme et l'idéologisme, au total mépris de la véridicité, de la complexité et de la réalité. Pour flatter les crétins, il n'y a que trois voies royales : lui vendre du rêve, lui vendre de la peur et lui vendre de la haine.

Les mass-médias s'adressent exclusivement aux cerveaux reptiliens.

 

*

 

De Luc de Barochez (Le Point - c'est moi qui souligne) :

 

" Le paradoxe est que le libéralisme est aussi le remède à la fièvre antisystème qui consume les démocraties occidentales. Qu’il soit de droite ou de gauche, il est un instrument de combat contre les dérives populistes et communautaires. Les replis identitaires ne résistent pas à sa foi en l’autonomie de l’individu. L’intolérance politique et le sectarisme religieux sont étrangers à son ouverture d’esprit. Les dérives autoritaires sont prévenues par sa conviction que chacun a le droit de s’émanciper de tous les pouvoirs, quels qu’ils soient. (…)

Les causes libérales sont nobles : la responsabilité de l’individu, le respect de l’Etat de droit, la garantie du droit de propriété, la défiance la plus profonde à l’égard de toute concentration de pouvoir, la préférence pour l’ordre spontané de la société plutôt que pour sa réglementation par l’Etat, l’Eglise ou la Mosquée. Elles sont de puissants moteurs de création de richesses. Depuis le XIXe siècle, l’espérance de vie est passée de 30 à 70 ans en moyenne dans le monde, la pauvreté extrême qui touchait 80 % de la population a été ramenée à 8 %… Le progrès, matériel sinon moral, est spectaculaire ; il est en grande partie dû aux recettes libérales. Pour se renouveler, le libéralisme doit revenir aux deux principes qui ont fait son succès, explique 'The Economist'Le premier est la liberté, l’idée que : 'il n’est pas seulement juste et sage, mais aussi profitable, de laisser les gens faire ce qu’ils veulent' ; le second est l’intérêt commun, la notion qu’une 'société humaine peut être une association pour le bien-être de tous'.

Nul pays n’a autant besoin d’une cure de libéralisme que la France, (…)"

 

Rien à ajouter !

 

*

 

Chacun doit apprendre à vivre à son échelle, dans son petit monde.

Et foutre la paix à tous les autres.

 

*

 

D'Etienne Gernelle :

 

"En Italie, le gouvernement nationalisto-antilibéral de Conte et Salvini confond, comme Le Pen et Mélenchon, démocratie et multiplication des pains …"

 

Les idéologies sont toujours des contes de fées, promettant des miracles !

Et leurs propagandistes sont toujours des charlatans.

Et ça marche … là où les masses sont infantiles au point d'y croire.

 

*

 

Le fondement philosophique du "bouffonnisme" se résume à cette sentence définitive : "C'est la faute aux autres".

La solution à tous les problèmes se trouve dans la poche d'autrui, inutile donc de réfléchir. Le bouffonnisme est une grande spécialité populiste !

Toutes les théories du bouc émissaire trouve là leur source.

Il est peut-être temps de refonder l'éthique sur ce simple adage :

 

Chacun est le seul responsable des problèmes qu'il accepte de subir.

 

*

 

D'Honoré de Balzac :

 

"Pour le journaliste, tout ce qui est probable est vrai."

 

*

 

Voici cinq conseils du physicien de la complexité :

 

  1. Ne pensez jamais l'univers en termes d'objets mais bien en termes de processus. Les objets sont des illusions nées de l'exercice des sens humains qui, toujours, "découpent" la chair du réel avec leurs emporte-pièces. L'univers réel est un absolu continuum unitaire et unifié dont les phénomènes ne sont que les manifestations, exactement comme le sont les vagues à la surface de l'océan.
  2. Ne pensez plus jamais en termes d'objets mathématiques (donc idéalistes) et ne croyez plus jamais Galilée sur parole lorsqu'il affirmait - à tort - que "les mathématiques sont le langage de Dieu"
  3. Ne pensez plus en termes compliqués sans appliquer le rasoir d'Occam. Einstein disait : "Dieu est subtil, mais pas malveillant". Pourquoi voudriez-vous que le processus universel et son Logos immanent aillent s'inventer des gadgets mathématiques passablement inutiles (inventés par l'humain) comme des surfaces de Boy ou des rubans de Moebius ? Le Réel est beaucoup plus simple que cela : ce sont les phantasmes humains qui le rendent bien plus compliqué qu'il n'est.
  4. Ne posez jamais une cosmogonie/logie sans dire ni pourquoi et ni pour quoi vous choisissez celle-ci plutôt qu'une autre. Ne négligez jamais le fait qu'il ne peut y exister de processus cohérent (ce qu'est évidemment l'univers réel) sans un intention immanente pour justifier et son existence et son Logos et sa cohérence. Tout ce qui existe a un sens, est au service de quelque chose qui le dépasse. Il n'y a pas de métaphysique sans téléologie.
  5. Si tout ce qui existe, existe, c'est qu'il a une bonne raison d'exister. Laquelle ? il faut quitter les impasses de KANT et aller voir du côté d'HEGEL ou de NIETZSCHE pour comprendre la notion de "dépassement".

 

 

*

 

Les traductions chrétiennes du livre biblique de la Genèse ont tordu le texte hébreu pour le faire entrer de force dans leurs thèses a-priori : le créationnisme et le monothéisme.

En vérité, ce n'est pas du tout cela que donnent les textes originaux hébreux que voici :

 

"Dans un commencement, on ensemença des dieux avec le ciel et avec la terre.

Et la terre devint vide et absurde, et une ténèbre sur les faces de l'abyme et un souffle des dieux palpitations sur les faces de l'eau.

Et on dira : "Dieux, il adviendra une Lumière" et il adviendra une Lumière.

Et on verra des dieux avec la Lumière ; comme [c'est] bon et on séparera des dieux entre la Lumière et entre la ténèbre.

Et on nommera des dieux pour la lumière du jour et pour la ténèbre, on avait nommé la nuit ; et il adviendra un soir et il adviendra un matin : jour Un."

 

*

 

S'il existe quelque chose, c'est qu'il existe une intention préalable à cette chose.

Sans intention préalable, rien n'existerait puisque rien n'aurai de raison d'exister.

Au commencement était l'Intention …

 

*

 

On a tort de confondre "immortalité" et "éternité".

L'immortalité est temporelle et pointe l'infinité espérée de ce temps.

L'éternité est atemporelle, elle est présente en chaque instant présent.

L'eschatologie vise l'immortalité avec résurrection après jugement à la fin des temps. C'est la voie catholique, protestante, orthodoxe populaire et musulmane.

La sotériologie vise l'éternité par une sortie de la temporalité dans l'instant présent, et l'atteinte d'une atemporalité parfaitement vide. C'est la voie hindouiste ou bouddhiste ou zen - parfois orthodoxe.

La voie juive, qu'elle soit rabbinique ou kabbalistique, n'est guère concernée par le salut personnel ; le problème juif n'est ni de l'ordre de l'immortalité, ni de l'ordre de l'éternité. Le seul problème juif est d'accomplir l'Alliance en plénitude afin que le Divin soit pleinement réalisé dans le Réel.

 

*

 

La cosmologie n'a que très peu à voir avec les pillages et saccages dus à la cupidité humaine, et avec les ravages de la crétinerie humaine. Aux yeux de la cosmologie, la Terre est insignifiante et l'humain bien plus encore. La cosmologie ne nous enseigne qu'une seule chose : si les humains ne se réconcilient pas très vite avec la Nature (et y retrouve leur juste place avec une démographie inférieure à 2 milliards d'humains, en tout sur Terre ; et avec des consommations de ressources divisées par dix ; et avec un pollution égale à zéro ; et avec le démantèlement urgent de toutes les villes ; et avec la réinvention d'une économie et une autonomie de totale proximité ; etc …) tous les humains seront exterminés … dans pas très longtemps.

 

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Relisons l'épisode de Noé, dans le livre de la Genèse : ce n'est pas un vieux mythe parlant du passé, c'est une prédiction pour notre temps.

 

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L'unité de base du monde humain, c'est la couple : un homme et une femme.

Un couple homosexuel, c'est un bug, une anomalie comme il s'en produit souvent dans les programmes génétiques et épigénétiques. Mais cela reste éminemment anecdotique et sans intérêt. Comme les yeux vairons, l'hexadactylie, la syndactylie ou le bec de lièvre.

 

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Les "gilets jaunes" sont des humanoïdes proches des bonobos qui passent leur temps à se masturber en public ; ils ont des mœurs tribales épisodiques, assoiffés d'effet de meute, procédant d'une agressivité collective assez dévastatrice ; pourtant, les individus isolés sont nettement insignifiants, médiocres, ignorants et peu enclins à entrer en contact avec la culture humaine. C'est, typiquement, une espèce en voie d'extinction, non pour des raisons exogènes, mais du fait de ses tares endogènes.

 

** *

 

Le 04/02/2019

 

Un symbole est un signifiant pur, un "mot" extrait d'une langue spirituelle particulière. Et comme tous les mots de toutes les langues, il ne prend sens qu'en relation avec les autres mots de la même langue (comme les mots du dictionnaire sont définis au moyen des autres mots du même dictionnaire). Un mot isolé, sorti de tout texte, peut être lu de mille manières et reste stérile ; mais il ne prend un sens aigu et subtil qu'inséré dans un texte et, plus ce texte sera riche, plus ce mot prendra un sens riche. Le symbole est un "mot" dont le rituel est le texte. Et tous ces textes rituéliques véhiculent un contexte global unique qui se nomme "Tradition". Il faudrait parler de "langue symbolique" et mettre en avant l'idée d'un réseau serré de symboles interdépendants au sein de cette langue. Et surtout, de jamais oublier que cette langue symbolique a une vocation unique : parler du Divin caché, dire l'indicible et l'ineffable, élever l'homme bien au-dessus de sa condition humaine, sacraliser et diviniser la Vie et l'Esprit.

 

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Dans tous les ordres monastiques, il y a des communautés dont les niveaux de sainteté et de spiritualité sont assez variables, et, dans chaque communauté, il y a, de même, des moines de niveaux de sainteté et de spiritualité variables. Mais il demeure un fait crucial : toutes ces communautés, à l'intérieur de cet ordre,  pratiquent la même Règle depuis des siècles. Il ne viendrait pas à l'idée d'un franciscain de se prétendre bénédictin ou d'un cistercien de se dire dominicain, ou, encore moins, d'un moine orthodoxe du mont Athos de se prétendre franciscain. En F.:M.: il en va de même. Il n'existe qu'un seul ordre maçonnique à l'échelle mondiale qui, partout, pratique la même Règle. Quand une communauté se prétend maçonnique, mais qu'elle n'appartient pas à cet Ordre maçonnique régulier mondial, elle a deux possibilités : ou bien elle devient régulière, ou bien elle n'est pas maçonnique. La qualité des personnes ou des travaux qui s'y expriment, n'a rien à voir avec cela.

 

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De Michaël Sabia, dirigeant du fonds de pension canadien "La Caisse de dépôt

et placement du Québec" :

 

"Je crains que la finance n’ait oublié son objectif original, celui de soutenir l’investissement des entreprises. Au lieu de cela, les financiers sont devenus des touristes qui ne se soucient guère des entreprises qu’ils possèdent, ils ne sont pas intéressés par la construction d’une activité.’’

 

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Il a neigé toute la nuit. Voilà ma matinée (histoire prêtée par François Introvigne).

 

08:00 : je fais un bonhomme de neige.

08:10 : une féministe passe et me demande pourquoi je n’ai pas fait une bonne femme de neige.

08:15 : alors je fais aussi une bonne femme de neige

08:17 : la nounou des voisins râle parce qu’elle trouve la poitrine de la bonne femme de neige trop voluptueuse.

08:20 : le couple d’homo du quartier grommelle que ça aurait pu être deux bonshommes de neige.

08:25 : les végétariens du n°12 rouspètent à cause de la carotte qui sert de nez au bonhomme. Les légumes sont de la nourriture et ne doivent pas servir à ça.

08:28 : on me traite de raciste car le couple est blanc.

08:31 : les musulmans de l’autre coté de la rue veulent que je mette un foulard à ma bonne femme de neige.

08:37 : voilà les gilets jaunes qui débarquent, ils menacent de tout faire fondre si je n’enfile pas un gilet jaune à tout ce beau monde. Par peur d’inonder le quartier je m’exécute.

08:39 : une cohorte désordonnée et 'braillante' de lycéens manifestants tente de mettre le feu à mes homme et femme de neige. Trop de culture accumulée, ils ne savent pas que la neige ne brûle pas.

08:40 : quelqu’un appelle la police qui vient voir ce qui se passe.

08:42 : on me dit qu’il faut que j’enlève le manche à balai que tient le bonhomme de neige car il pourrait être utilisé comme une arme mortelle. Les choses empirent quand je marmonne : "ouais; surtout si vous l’avez dans le ….".

08:45 : l’équipe de TV locale s’amène. Ils me demandent si je connais la différence entre un bonhomme de neige et une bonne femme de neige. Je réponds : "oui ; les boules" et on me traite de sexiste.

08:52 : mon téléphone portable est saisi, contrôlé et je suis embarqué au commissariat

09:00 : mon histoire est annoncée sur les radios. On me suspecte d’être un terroriste profitant du mauvais temps pour troubler l’ordre public.

09:10 : on me demande si j’ai des complices.

09:29 : un groupe djihadiste inconnu revendique l’action.

 

Morale : il n’y a pas de morale à cette histoire. C’est juste la France dans laquelle nous vivons aujourd’hui ... Merveilleux.

 

L'histoire pourrait être amusante. Elle ne l'est pas. Elle reflète très exactement le fait que dans nos pays, tout prend une dimension polémique et idéologique, même ce qu'il y a de plus innocent, de plus banal, de plus anodin. On ne peut plus rire de rien. On ne peut plus se moquer de rien. On ne peut plus ironiser sur rien. Même gentiment.  Même avec tendresse.

Sauf, bien entendu, si l'on appartient à une minorité marginale qui est forcément "victimaire" et qui, elle, peut vomir les pires insultes, les pires méchancetés, les pires avanies, les pires malveillances, les pires abominations.

Il y a une obligation absolue d'être "phile" et une interdiction absolue d'être "phobe" (comme ce jeune politicien qui s'est fait lynché pour avoir dit qu'il préférait reluquer et draguer les femmes de vingt ans que celles de cinquante).

On voit de la discrimination partout. Et elle est naturellement partout dès lors que l'on constate des différences indiscutables entre tout ce qui existe et qui est unique, que l'on refuse l'égalitarisme nivelant, entropique et délétère, et que l'on pratique, avec raison, le différencialisme.

Un juif ne serait plus un juif. Un noir ne serait plus un noir. Un musulman ne serait plus un musulman, Un vieux ne serait plus un vieux. Un crétin ne serait plus un crétin. Une femme ne serait plus une femme. Une lesbienne ne serait plus une lesbienne. Rien que des humains ! Tous dans le même sac. Et interdiction d'en sortir. Pas une tête ne peut dépasser sous peine d'être tranchée à la guillotine imbécile des "réseaux sociaux".

Partout il faudrait dénoncer l'identitaire, l'identité.

La liberté d'opinion est bafouée, jusque dans ses tréfonds, à longueur de journée. Nous vivons la dictature de l'autoproclamée "bien-pensance" et de l'indispensable "politiquement correct".

S'ils étaient encore de ce monde et s'ils avaient continué à nous éblouir de leurs talents, Brassens, Brel, Coluche et Desproges (et tant d'autres) moisiraient en prison.

Je revendique le droit absolu à clamer et à pratiquer ma crétinophobie !

 

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Le 05/02/2019

 

Il y a bien longtemps que les travailleurs de l'intelligence ne travaillent plus à l'heure.

 

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Ezéchiel (37:14) :

 

"Je mettrai mon Esprit en vous et vous vivrez."

 

L'Esprit divin réside en tout ce qui existe puisque c'est par lui que tout existe et que tout subsiste.

 

Les alchimistes avaient cette vérité au cœur de leur méditation. Ainsi un anonyme écrit :

 

"Dieu Tri-Un ordonna dès le commencement la nature universelle, ce qu'elle devient ce qu'elle peut, comment elle opère chaque jour en toutes choses d'une certaine manière invisible, comment elle consiste en la seule volonté de Dieu et trouve là son séjour (…). C'est l'Esprit du Seigneur qui emplit l'orbe terrestre et qui flottait au commencement sur les eaux."

 

Ou comme poursuit Pierre-Jean Fabre :

 

"(…) l'Alchimie n'est pas seulement un Art ou Science pour enseigner la transmutation métallique, mais une vraie et solide science qui enseigne de connaître le centre de toutes choses, qu'en langage Divin l'on appelle Esprit de vie, que Dieu infusa  parmi tous les éléments pour la production des choses naturelles (…)"

 

Ou, encore plus clairement exprimé par Jean d'Espagnet :

 

"(…) cet Esprit, créateur et recteur du Monde, qui est répandu et infus dans les œuvres de la Nature comme un souffle continu, qui diffuse largement en toutes choses, et qui meut selon son genre chaque universel et chaque singulier par un acte secret et pérennel, est l'Âme du Monde (…)"

 

Il y a là une profonde tradition souterraine : celle d'un pandéisme bibliste, vécu par les constructeurs des cathédrales, que tenteront de ressusciter, d'abord en Allemagne, les penseurs romantiques et les "illuminés" maçonniques (von Hund, von Tschoudy, Pasqually, Willermoz, …) du 19ème siècle qui furent, si malheureusement, combattus et contraints à une quasi clandestinité, par cette infâme poussée antireligieuse, anticléricale, humaniste, positiviste, scientiste, rationaliste du 19ème siècle triomphant qui a envahi, pour les détruire, les territoires de la spiritualité, en général, et de la Franc-maçonnerie (surtout française), en particulier.

Il aura fallu plus d'un siècle et demi pour que la maladie mentale moderniste s'effondre enfin, emportant avec elle tous ces pseudo-mouvements soi-disant "maçonniques" qui ne font que véhiculer des mythologies idéologiques où ne brillent que les obscures "Lumières".

 

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La gauche n'existe plus !

Tant mieux. Les sondages pour la prochaine élection européenne la gratifie de maximum 29% (tous communistes, socialistes, écologistes, ouvriéristes et insoumis confondus). Rien ! L'ensemble des anti-socialo-gauchiste totaliseront de l'ordre de 65 à 70% qui, eux, se répartissent en 40% d'européanistes et 25% de populistes.

La faillite complète du socialo-gauchisme incarné, en France, par cette ordure de Mélenchon, est très simple à comprendre : il parle d'un monde, d'une grille de lecture, d'une sémantique, d'une phraséologie et d'une idéologie qui n'existent plus depuis 1980.

Il n'y a plus de classe ouvrière depuis longtemps, puisqu'elle n'a jamais existé (j'en viens, je peux en témoigner) : un prolétaire, c'est quelqu'un qui n'aspire qu'à une seule chose : devenir bourgeois. Le socialisme, comme l'a définitivement démontré Nietzsche, n'est que l'idéologie religieuse du ressentiment, une laïcisation du christianisme, une religion de la charité donc de la jalousie, de l'envie et de la concupiscence.

Il fallut donc changer de fonds de commerce : exit les ouvriers qui votent massivement à l'extrême droite, et repli sur les "victimes" ! La gauche défend les opprimés … Quels opprimés ? Ceux qu'elle s'invente : les rétro-activistes, comme je les appellent, qui forment les fonds de commerce de la haine.

Le problème est que, la plupart des gens ont compris que ces rétro-activistes forment des mouvements nauséabonds, antisémites, profiteurs, parasites, violents, qu'ils construisent des zones de non-droits, qu'ils affichent des principes anti-droits-de-l'homme, que, le plus souvent, ils sont "hors-la-loi" à la limite du grand banditisme via tous les trafics de drogues, d'armes, d'organes ou de sexes.

 

La gauche n'existe plus (Baroukh ha-Shem) ; mais, clientélisme et népotisme obligent, il reste un nombre incroyable de postes divers, politiques, communaux, administratifs, intercommunaux, départementaux, régionaux, ministériels, associatifs, etc … où le socialo-gauchisme a placé d'indéboulonnables larbins à elle qui figent tout depuis cinquante ans… et qui sabotent tout, qui manipulent tout, qui dévoient tout.

 

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Tout arrive … !

Même les économistes commencent à comprendre cinq des choses que je répète à l'envi depuis 20 ans :

  1. Le divorce entre économie et finance.
  2. Le divorce entre croissance économique et santé économique.
  3. La mort imminente des gros dinosaures économiques.
  4. La fin de l'abondance énergétique et l'ineptie de toute "transition".
  5. La fin de l'argent gratuit.

Il leur reste à comprendre que la fin de l'abondance touche toutes les ressources (même les soi-disant "renouvelables" qui ne sont que des leurres), et que la mondialisation s'effondre devant une continentalisation, en marche.

 

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Le 06/02/2019

 

L'étude (Institut Jean Jaurès et Conspiracy Watch) qui vient de paraître sur la prégnance des thèses complotistes en France, donne des résultats à la fois hallucinants et logiques. A peu près deux-tiers des citoyens français adultes (65%) croient en au moins une des dix grosses thèses complotistes proposées !

 

En résumé, moins l'on a confiance en soi et moins l'on se sent capable d'assumer soi-même sa propre médiocrité, plus on cherche un "coupable" extérieur à sa propre faiblesse, plus on croit aux complots occultes et plus on vote pour les populismes extrémistes (RN ou FI). Cela touche surtout les jeunes, les sous-diplômés et les ratés professionnels ; globalement, donc : les inadaptés au Réel, les handicapés de l'esprit, les minus habentes.

Bref : les crétins incultes et ratés refusent d'assumer leur échec de vie, s'inventent des boucs émissaires et espèrent qu'un "grand sacrificateur" viendra  les égorger pour eux (ce qui, d'ailleurs, ne changera rien à leur niveau de médiocrité).

 

Nous vivons en pleine exaltation de la "morale du ressentiment" prédite par Nietzsche. Une morale de la totale déresponsabilisation personnelle : "c'est toujours la faute d'autres", quoiqu'il arrive. De plus en plus de gens sont devenus incapables de se rendre compte qu'ils sont eux-mêmes causes et responsables des malheurs qu'ils subissent ou, surtout, qu'ils imaginent subir.

 

De Rudy Reichstadt (in "Le Point") :

 

"Cela suggère une corrélation entre complotisme et un penchant autoritaire. Adorno parlait déjà de ça dans la Dialectique de la raison, il y a soixante-dix ans, ce lien entre paranoïa politique et attachement à une personnalité charismatique et autoritaire".

 

Cela suggère, plus radicalement, une corrélation entre crétinisme et inculture profonde, entre crétinisme et dépendance psycho-morale, entre crétinisme et totalitarisme rampant. Rien de neuf sous le soleil … sauf que, maintenant, à cause des "réseaux sociaux" - ces poubelles de la pensée -, le crétinisme massif peut exprimer et répandre ses inepties nauséabondes en toute impunité et en toute irresponsabilité, et à la vitesse de l'éclair.

 

Si l'on veut bien se rappeler la structure de la gaussienne sociologique de base (maintes fois exposées, depuis 20 ans, au fil des 19 tomes de ce "Journal"), on a toujours, quel que soit le problème ou la question que l'on envisage :

 

  • 15% d'élite intelligente
  • 20% de médiocres positifs
  • 40% de médiocres négatifs
  • 25% d'abrutis indécrottables.

 

(Petit point technique : cette gaussienne n'est pas symétrique, avec 35 contre 65, et la loi de Pareto des 20/80 y devient celle des 25/75, du simple fait de la loi du moindre effort qui fait qu'il est plus facile de descendre une échelle que de la monter).

 

En politique, tout se joue toujours sur les 40% des médiocres négatifs.

 

Dans le cas du complotisme, l'inquiétude et l'incompréhension de cette catégorie concernant le monde, les a fait rejoindre le camp des abrutis indécrottables pour former, ensemble, 65% de la population. En face, s'est mis en place un "accord" tacite entre l'élite intelligente et les médiocres positifs, qui forment les 35% restant qui savent "raison garder".

 

Autre facette du même débat : ces 40% de médiocres négatifs étaient, à l'origine, du côté des "gilets jaunes" ; mais il y a défection depuis que cette fange vire au défouloir pour "abrutis indécrottables", violents et casseurs, ultra-gauchistes et ultra-populistes. La lie des "Gilets jaunes" encore active ne représente, aujourd'hui, au mieux que 25% de la population (c'est l'assiette électorale commune des Le Pen et Mélenchon pour les Européennes).

 

En démocratie, quel que soit le problème traité,

Le pouvoir réel est toujours entre les mains des 40% de médiocres négatifs. Cela oblige les élites intelligentes a perpétuellement charmer cette catégorie, ce qui implique un enlisement permanent du politique dans une navrante démagogie électoraliste.

Cet oubli a signé la fin des partis traditionnels (LR, PS, PCF, etc …) trop sûrs de leur "bien-pensance" idéologique. Mais les médiocres négatifs n'ont que faire d'idéologie : ils ne voient que leur porte-monnaie et leurs intérêts domestiques immédiats. Cette erreur grossière - mais salutaire  puisqu'elle nous en a débarrassé -  des partis traditionnels, a permis à LRM de faire élire Emmanuel Macron au poste de Président. Celui-ci voulut, de bonne foi, casser la logique de cette démagogie ancienne et croire que la rationalité, l'intelligence, la sincérité et le travail allaient "naturellement" séduire et convaincre les médiocres négatifs, puisqu'il n'y aurait plus d'idéologie pour s'opposer les uns aux autres.

Il n'en fut rien, pour la bonne et simple raison que ces médiocres négatifs sont incapables de comprendre des mots tels que "rationalité, intelligence, sincérité, travail ", eux qui ne connaissent que deux mots : du pain et des jeux.

 

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Toute cette actualité qui pue la bêtise et la haine, le populisme et le démagogisme, le déni de réalité et les remugles naissant de l'effondrement d'un monde, m'exaspère au plus haut point. Je me refuse cependant à tout pessimisme et à tout optimisme. J'ai foi et confiance en la Vie et en l'Esprit. Le chemin sera sans doute plein de souffrances et d'égarements ; il sera sans doute complètement inattendu (cfr. le syndrome du "cygne noir" de Nassim Nicholas Taleb) ; il y aura sans doute beaucoup d'humains qui tomberont le long de la route (ce ne sera pas faute, pour moi, de ne pas les avoir prévenus depuis trente ans) ; il y aura sans doute beaucoup de gestes infâmes et quelques gestes sublimes.

Que faire ? Vigilance et lucidité, distance et autonomie, sans aucun doute. Pas d'activisme. Et surtout revivifier, profondément et énergiquement, le vieux principe stoïcien d'Epictète : "Il n’y a qu’une route vers le bonheur c’est de renoncer aux choses qui ne dépendent pas de notre volonté".

 

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La métaphysique est l'étude des fondements du Réel.

La physique est l'étude des manifestations du Réel.

Ceci posé, on comprend vite que le passage de la métaphysique à la physique est double : un changement de perspective et un changement de langage.

Si je me place au plan de ma métaphysique personnelle, j'affirmerai  que le Réel est un processus évoluant d'une généalogie (une mémoire accumulée) vers une téléologie (un accomplissement en plénitude), que cette évolution est soumise à un principe d'optimalité et nécessite une tripolarité dont aucun des trois pôles n'est réductible aux deux autres, et que ce tripode est l'ensemble d'une substantialité volumique, d'une logicité eidétique et d'une activité holistique.

Ce faisant, j'affirme le socle métaphysique de ma physique, mais je ne suis pas encore entré dans le domaine spécifique de cette physique.

 

Pour réussir ce passage de l'un à l'autre, il me faudra, d'abord, établir une correspondance entre les concepts métaphysiques affirmés plus haut et les notions en usage dans le monde des physiciens ; il me faudra, par exemple, exprimer que la propension volumique est la puissance entropique (qui mesure la quantité d'ordre uniforme) à l'œuvre dans l'univers, alors que  les propensions eidétique et holistique en sont, respectivement, les puissances néguentropique (qui mesure la qualité d'ordre complexe) et énergétique (qui mesure la cohérence et l'intensité de l'activité dynamique) ; il me faudra ajouter que le principe d'optimalité de l'évolution cosmique, évoqué plus haut, se pose comme la seule loi universelle et correspond, respectivement, aux principes classiques de moindre encombrement volumique (principe de Carnot-Clausius-Boltzmann qui est la racine des processus de dilution et d'uniformisation), de moindre tension eidétique (principe de Prigogine qui est la racine des structures dissipatives et des processus d'émergence) et de moindre action holistique (principe de Lagrange qui est la racine unique des mécaniques classique, relativiste et quantique).

Mais suggérer des ponts et des correspondances est nécessaire, mais non suffisant.

 

Encore faut-il établir une clé de traduction du langage métaphysique en langage physique. Le langage de la physique, depuis Galilée, a été décrété "mathématique" pour la bonne et simple raison qu'il traite de grandeurs quantitatives et que, en principe, contre la réalité d'une grandeur quantitative dûment mesurée et attestée, il y a peu de contestation possible. Le langage mathématique fut donc, pendant quatre siècles, un gage de véracité, d'objectivité et de sûreté. Aujourd'hui - et je m'en suis déjà très longuement expliqué -, ce gage s'évanouit pour deux raisons : parce que les domaines nanoscopique et gigascopique ne permettent quasi plus aucune mesure quantitative avérée et attestée, et parce que la complexité n'est quasi jamais réductible à un ensemble fini et suffisant de grandeurs quantitatives. On sait donc que les mathématiques ne sont un langage puissant que dans le domaine des systèmes mécaniques mésoscopiques. Ailleurs, il bat de l'aile. Il y a donc là une béance !

 

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Le 07/02/2018

 

Dans cette infantile France sempiternellement en quête de paternalisme, Charles et Yvonne furent des succédanés de feus Louis et Marie-Antoinette.

Car le gaullisme fut un paternalisme.

Et tout paternalisme est un socialisme à la fois étatiste et nationaliste.

Donc un populisme tranquille et bon-enfant, économiquement délabré.

 

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Un oxymore : "Hamburger Restaurant".

 

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A la "croissance économique", il faut impérativement substitué la "santé économique".

C'est une autre manière d'affirmer mon précepte : "Moins mais mieux !"

 

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Il n'y a pas d'évolution s'il n'y a pas de projet.

Il n'y a pas de projet s'il n'y a pas de mémoire (au moins du projet poursuivi).

Il n'y a donc pas d'évolution de quoique ce soit, sans une généalogie (mémoire) et une téléologie (projet).

 

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Le langage courant dit d'un système qu'il est très "complexe" lorsqu'on n'en connaît … quasi rien. De là l'idée que la néguentropie mesure le rapport entre la quantité réelle d'information contenue dans le système et la quantité d'information qu'on peut en connaître.

 

A l'inverse, l'entropie mesure le taux d'uniformité dans une région donnée de l'espace de référence. Lorsque l'entropie y est maximale (infinie), l'uniformité y est totale et tout (l'ensemble de toutes les grandeurs caractéristiques que l'on pourrait y inventer) y est constant (la conservativité y est absolue).

Et ce "tout = constante" est la seule information contenue dans cette région et elle peut être totalement connue.

Le taux d'inconnaissabilité y est nul : lorsque tout est conservatif, tout est connaissable.

 

De là, on peut induire que la néguentropie dépend de trois grandeurs :

 

  1. le nombre des paramètres nécessaire pour décrire "parfaitement" le système contenu dans cette région,
  2. la variabilité de la valeur de ces paramètres,
  3. le taux de corrélation entre ces valeurs, d'une part, et leurs variations, d'autre part.

 

Remarquons que le nombre des paramètres "nécessaires" à la connaissance "parfaite" du système (le nombre de dimensions de l'espace des états), est clairement inconnaissable a priori (la seule chose que l'on sache, c'est que plus le système est complexe, plus ce nombre sera grand).

Quant aux deux autres grandeurs, elles sont, a priori, mesurables … à la condition de savoir, a priori, ce qu'il faut mesurer.

 

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Le 08/02/2019

 

Le secret de la Joie de vivre tient en la convergence de trois ingrédients :

 

  1. Une bonne disposition intérieure,
  2. Un bon environnement extérieur,
  3. Une bonne attention interfaciale.

 

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Une remarque intéressante de Serge Abiteboul sur la question : "Pourquoi les logiciels sont-ils si gros ?" :

 

"(…) pourquoi Windows XP est long de 40 millions de lignes de code et tout le logiciel de Google, de 2 milliards. En informatique, plus gros ne veut pas dire meilleur. Cela veut dire des bugs plus ombreux, une mise au point chaotique, une modification problématique, un coût explosif. Les gros logiciels sont souvent des échecs retentissants (…) Les responsables n'ont pas suivi ce principe fondamental de l'informatique : KISS."

 

KISS : "keep it simple and stupid". Le premier commandement méthodologique …

Un autre, si souvent oublié : "Dans les cas rares ou difficiles, le meilleur programme est celui qu'on n'écrit pas."

Un autre : "Lorsqu'un informaticien prétend que 90% du travail est fini, cela signifie, au mieux, 50%."

Un autre : "Un informaticien se fiche des besoins réels de l'utilisateur ; il se fait plaisir."

Etc … Et je sais de quoi je parle, ayant accompagné la création de la Direction des Systèmes d'Information chez Saint-Gobain entre 1981 et 1985 …

 

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De l'astrophysicien Jérôme Perez :

 

"Le centre de ces galaxies lumineuses abrite d'ailleurs le plus souvent des trous noirs super-massifs, vestiges de ce mécanisme de formation hiérarchique."

 

Le mécanisme dont il parle est la théorie classique. D'abord, il y a la gravitation. Ensuite, il y a la matière qui se concentre jusqu'è l'effondrement en "trou noir".

Il faut ici encore - comme toujours - (voir mon "La complexité du Réel" à paraître dans les prochains mois) inverser le regard : au commencement étaient les "trous noirs" qui crachent de la matière que la propension entropique veut confiner gravitationnellement.

 

Dans "La Recherche" n°544 (février 2019), le physicien Léonard Susskind révèle qu'en convergence totale avec moi, le physicien Erik Verlinde : "(…) décrit la gravitation non pas comme une interaction fondamentale, mais comme une force entropique, une conséquence de la tendance d'un système à voir son entropie augmenter (…)". Ce Verlinde a réussi son "inversion du regard" !

 

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Sur le même thème de "l'inversion du regard" (c'est-à-dire, en gros, le passage de l'analycisme causaliste au systémisme holistique), il est temps de ne plus considérer le cerveau (et spécialement, le néocortex) comme "l'organe de l'esprit". Cette approche neuroscientiste a été démentie expérimentalement. Le mental, d'abord, l'esprit, ensuite, et la pensée consciente, enfin, sont consubstantiels à la totalité de l'organisme (dans tous les règnes biologiques, animaux comme végétaux, avec des intensités, des modalités et des efficacités variables).

Le cerveau n'a qu'un "rôle de guide" (cfr. Adrien Peyrache) qui coordonne les processus et les flux qui passent par lui. Il n'est, en somme, qu'un incroyable central téléphonique.

 

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On appelle "biais cognitifs" ce fait simple et courant que les décisions que nous prenons ou que les opinions que nous faisons nôtre, ne suivent pas toujours le droit chemin de la rationalité et de la logique face au faits tels qu'ils sont, mais prennent des chemins de traverse (des "biais", donc) qui visent bien plus notre sécurité (intellectuelle, sociale, morale, …) que la vérité.

Ainsi, "l'opinion publique" ou "l'orthodoxie idéologique" ou "la foi dogmatique" sont quasi totalement insensibles à la réalité du Réel.

La démonstration est impuissante face à la conviction.

 

Aujourd'hui, ces "poubelles de l'esprit et de la culture" que sont les "réseaux sociaux" sont d'immenses machines à renforcer les convictions les plus nauséabondes, les plus débiles, les plus absurdes, les plus irrationnelles, les plus surréalistes, les plus infectes … par de simples mécanismes primaires de renforcements réciproques en masse.

Toutes les "théories du complot" ou "théorie du genre", tous les rétro-activismes (féministes, islamistes, racistes, homos, etc …), toutes les mouvances insurrectionnelles ("gilets jaunes", "BlackBlocks", "Nuit debout", …) ne se nourrissent que de cela. Sans oublier que les médias, pour faire de l'audience, ne cessent de jeter de l'huile sur le feu …

 

Tout cela force le diagnostic : notre époque vit une psychose collective schizophrénique grave qui s'alimente de tous les dénis de réalité pour nourrir tous les phantasmes les plus abjects.

 

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D'Erwan Seznec expliquant pourquoi les "vrais" musulmans choisissent le Coran plutôt que la science :

 

"Le Coran n'a pas été écrit. Il est incréé. Il est la parole de Dieu livrée à un prophète illettré, Mahomet. Il existe de toute éternité et contient la totalité du savoir, passé et à venir."

 

Et la physicienne tunisienne Faouzia Charfi d'en tirer la conclusion :

 

"La science a disparu du monde musulman au cours des siècles."

 

Il suffit de lire le Coran et d'en constater le vide sidéral, pour donner raison à Faouzia.

Le Coran n'est pas la gnose absolue qu'il prétend être ; il n'est qu'une idéologie primaire, un programme guerrier, une dogmatique primitive et une ode à la violence.

 

En regard du "monolithisme" coranique qui fait de cet écrit un "bloc" issu tout droit de Dieu, d'une pièce, et contenant tous les savoirs passés, présents et à venir, en regard à cette prétention absurde qui est en contradiction flagrante avec l'analyse scripturaire qui montre un Coran croisant de multiples auteurs et versions, ayant connu une évolution historique évidente, il est bon d'opposer le regard que la tradition juive porte sur ses propres écrits, bibliques et autres.

 

Pour la tradition juive, Dieu a inspiré trois "livres" (trois "bibliothèques", plutôt, renfermant des trésors aussi disparates que parfois divergents) : la Torah sous une double forme, écrite (la Bible) et orale (le Midrash, le Talmud, la Kabbale, …), et la Nature (Dieu est appelé Mélèkh ha'Olam : "roi de l'univers"). Il est du devoir de chaque Juif pieux de construire, pour lui, le socle de vie qui réunira les trois piliers de ce ternaire. C'est cette construction que la tradition juive appelle l'Etude.

 

La Torah n'est pas la Vérité. La Torah ne contient pas la Vérité. La Torah n'est qu'un guide de cheminement spirituel, initiatique et mystique, destiné aux Juifs pour qu'ils puissent construire, chacun, leur chemin de vie vers la plénitude (Shalom).

 

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De Yoshua Bengio, le "pape" de l'IA, vénéré par Cédric Villani, Elon Musk et Satya Nadella (Microsoft) :

 

"Aucun trait humain, de l'émotion à l'humour en passant par la conscience, n'est, en soi, interdit aux machines. (…) Comme notre cerveau est une machine, très complexe, certes, je ne vois pas pourquoi on n'arriverait pas à construire des machines aussi intelligentes que nous."

 

Ainsi le dogme religieux est posé (car le transhumanisme dont l'IA procède est une religion, une doctrine, une idéologie).

Mais ce dogme débile repose sur cinq erreurs majeures :

 

  1. On confond simulation des résultats et réalité des processus.
  2. Le cerveau n'est pas une machine, mais un organe non réductible.
  3. L'esprit (mémoire, volonté, sensibilité, intelligence et conscience) ne se confond pas avec le cerveau.
  4. L'intelligence n'est pas programmatique mais processuelle.
  5. Un ordinateur est une machine électromécanique stupide.

 

Quand on lit (Le Point) une "explication" du deep learning donnée comme suit : "un réseau de neurones artificiels, inspiré de ceux du cerveau, apprend sans cesse à partir des données (…)", on a grande envie de donner des baffes.

Les neurones artificiels n'existent pas plus que l'intelligence artificielle : ce ne sont qu'abus de langages et fausses analogies.

 

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De François-Guillaume Lorrain :

 

"Comme le communisme, le nazisme eut ses idiots utiles."

 

Et pas que ces deux-là ! Cette expression "idiots utiles" est savoureuse et pertinente tant elle est pleine de véracité et de lucidité.

 

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Une seule fois, Hitler a dérogé à sa ligne de propagande à propos des Juifs. Il s'est fait piégé  en 1931 par Max Fraenkel, journaliste au "Jewish Criterion",  mais dont Hitler ignorait tout :

 

"S'agissant de l'antisémitisme, sachez que ce n'est pas qu'un aspect de notre programme. C'est le cœur de notre programme, qui consiste à purger l'Allemagne de tous les éléments qui l'empêchent de vivre normalement."

 

Ce qui intrigue, c'est le "normalement". En quoi les Juifs (et d'autres) empêcheraient-ils l'Allemagne de vivre "normalement" ? Comme partout dans le monde, la population juive adopte la même répartition gaussienne des comportements et convictions que les autres citoyens. Ils sont dans la "normale". Certes, les Juifs ont des particularités (fêtes, rites, croyances, goût de l'étude, cuisine, …), mais, en cela, ressemblent à n'importe quelle communauté autochtone.

Donc, on le savait, Hitler vit et pense dans un "phantasme juif" totalement imaginaire, dont les racines, sans doute, tiennent autant du mythe "Shylock" dans le "Marchand de Venise" de Shakespeare, que du "mythe Joseph Süss Oppenheimer" (qui a inspiré le film de propagande nazie, intitulé : "Le Juif Süss") ou du "mythe Rothschild".

 

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L'Eglise chrétienne n'est devenue "politique" que sous la pression de l'empereur Constantin qui a initialisé l'impérialisme chrétien au concile de Nicée de 325.

Tous les Evangiles sont bien antérieurs à cette date, qu'ils soient pauliniens (Marc, Matthieu et Luc, accompagnés des "Actes" et des "Epîtres") ou qu'ils soient alexandrins dits "apocryphes" (Thomas, Marie, Philippe, …) ou qu'il soit gnosique (Jean accompagné de son "Apocalypse").

Tous ces textes ont été écrits, en gros, entre 70 et 200. Leurs originaux sont rédigés en grec.

 

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Le 09/02/2019

 

La problème précède toujours sa solution.

Le problème engendre l'idée de solution.

L'idée de solution précède la solution.

L'intention précède la réalisation.

Donc l'essence précède l'existence.

Donc l'existentialisme sartrien est de la foutaise.

Comme la "théorie du genre" qui en découle.

 

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Le vivant en moi vit sa Vie.

Le pensant en moi pense sa Pensée.

Le vivant en moi vit sa Pensée.

Le pensant en moi pense sa Vie.

Le vivant en moi pense sa Vie.

Le pensant en moi vit sa Pensée.

Le vivant en moi pense sa Pensée.

Le pensant en moi vit sa Vie.

 

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L'existence existe depuis toujours.

 

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Dans le Réel, rien n'est jamais ni nul, ni infini. Le zéro et l'infini étant l'inverse l'un de l'autre, si l'un existait, l'autre existerait aussi.

 

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L'image d'un Univers mécanique à la fois froid, indifférent et condamné à la mort thermique, est dépassée. L'univers est vivant et il est animé par une vocation.

 

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La question centrale à laquelle nous sommes confrontés, aujourd'hui, est la réinvention du Sacré.

 

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Complexité est richesse.

Notre époque, obsédée de simplisme et de réductionnisme, sape la complexité et appauvrit d'autant l'aventure humaine ; le simplisme et le réductionnisme sont entropiques donc délétères et mortifères.

La complexité se déploie à partir de la diversité, des différences, des coopérations, de la facilitation des émergences donc de la naissance de "mondes" radicalement autres, radicalement neufs, obéissant à des règles d'une autre nature.

Ce sont ces voies-là qu'il nous faut cultiver d'urgence afin de combattre le cancer simpliste et réductionniste.

Ce cancer prend des formes diverses qui ont pour noms : égalitarisme, universalisme, humanisme, démocratisme, populisme, conservatisme, bourgeoisisme, progressisme, etc …

Tout ce qui réduit la diversité complexe à un concept unique simplificateur, est faux. Tout ce qui nie la réalité dialectique du Réel, est faux. Tout ce qui prétend niveler, équilibrer et stabiliser, est faux.

 

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Il est temps que l'humain comprenne qu'il fait intégralement partie de l'ordre des choses, qu'il peut chercher et construire une très relative autonomie, mais qu'il est fondamentalement et définitivement interdépendant de tout ce qui existe.

L'humain a une destinée. S'il ne l'assume pas, il disparaîtra.

 

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Le créationnisme est la tentative la plus vaine, la plus ridicule, la plus rétrograde visant la re-sacralisation du Réel. Cette re-sacralisation est nécessaire, mas pas par ces chemins-là.

 

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Tous les dualismes doivent être remplacés par des multipolarités … pour, ensuite, être jetés dans les poubelles de l'histoire de la pensée.

 

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L'évolution de la Vie est animée par trois moteurs puissants : l'adaptation au monde extérieur (dont relève la sélection naturelle, mais aussi tous les processus de coopération), l'accomplissement de la vocation intérieure (la complexification constructiviste) et la continuité mémorielle (la transmission eidétique ou morphologique).

Cette tripolarité est universelle.

 

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Le Réel n'est pas perfectionniste.

Sur le chemin vers son propre accomplissement, son problème premier, sur tous les échelons de toutes ses échelles, est de dissiper les trop-pleins de tension qui surgissent. Mais non seulement de les dissiper, mais de les dissiper "le plus possible, le plus rapidement possible".

Il ne cherche pas à atteindre un but précis (i.e. : la dissipation totale et parfaite du trop-plein de tensions), mais il cultive l'intention permanente d'atteindre, le plus vite possible, l'état tensionnel le moins mauvais possible.

 

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Tout processus évolue naturellement vers l'état de moindre tension. Pour cela, il dispose de deux familles de chemins.

La famille entropique va "diluer" les tensions en les uniformisant dans le plus grand volume possible.

La famille néguentropique va "concentrer" les tensions dans une structure émergente d'un niveau supérieur de complexité où ces tensions deviennent, en fait, les nutriments de cette structure.

Cette famille néguentropique connaît encore deux sous-familles : l'une correspond à un surtension externe et induit de l'auto-organisation temporaire (les structures dissipatives de Prigogine qui disparaissent dès que la contrainte externe s'évanouit), et l'autre correspond à une surtension interne et induit de l'autopoïèse (les structures créatives de Varela et Maturana qui perdurent précisément parce qu'elles sont nourries par le processus dont elles proviennent, trop heureuses d'être débarrassées de leurs "soucis").

Tout le "secret" du processus d'émergence est cette transformation des "tensions négatives" en "nutriments positifs" par saut de complexité.

 

 

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Le rêve réductionniste des physiciens (i.e. : l'univers est un assemblage de briques élémentaires, interagissant par des forces élémentaires, selon des lois élémentaires) est pratiquement mort. Il ne reste alors que deux issues.

La première, la plus généralement suivie, consiste à découpler radicalement la physique (phénoménologique) d'avec la métaphysique (ontologique), et de faire de la science une mosaïque de spécialités requérant, chacune, leurs propres langages et méthodes sans qu'il soit encore raisonnable d'espérer ou de chercher une unification quelconque.

La seconde (que j'ai fait mienne) est de renoncer à tout réductionnisme (ainsi qu'à tout mécanicisme, analycisme, déterminisme, mathématisme, …), sans renoncer du tout à l'effort conceptuel d'une unification des connaissances dans un édifice unique et unitaire, cohérent et axiomatique, mais d'une autre nature, construit selon d'autres règles, avec d'autres outils.

 

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L'épistémologie fait une différence radicale, en science, entre "expliquer" et "prédire". Soit. L'épistémologie classique affirme qu'il n'est de science que si elle explique et prédit (comme la mécanique newtonienne, par exemple).

Aujourd'hui, on sait bien que le divorce est consommé et que la plupart des phénomènes, parce qu'ils sont quantiques ou complexes, ne sont jamais ou très peu prédictibles. Il ne reste alors que la force explicative de la science c'est-à-dire, en fait, la puissance de sa double cohérence globale : sa cohérence interne en termes de logicité, et sa cohérence externe avec tous les phénomènes observés.

Est scientifique ce qui reflète adéquatement la cohérence intrinsèque du Réel.

 

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Une bonne définition :

 

Un système d'Intelligence Amplifiée (IA) est une architecture algorithmique faite d'un ensemble d'opérateurs programmatiques possédant des paramètres ajustables (appelés par abus de langage : "neurones artificiels"), organisés en réseaux logiques à plusieurs couches, et mis en œuvre par un ensemble de procédures itératives dans le but d'approcher ou de simuler, au mieux, un processus de résolution de problème.

 

A remarquer tout de suite : tous les problèmes ne sont pas algorithmisables, loin s'en faut ! En revanche, tous les problèmes algorithmisables seront algorithmisés et formeront le vaste domaine futur de l'IA.

 

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Philosophiquement, la simulation de quelque chose n'est pas ce quelque chose ; la représentation de quelque chose, n'est pas ce quelque chose. La question éthique vis-à-vis des systèmes artificiels ne se pose pas.

Un robot ou un système d'Intelligence Amplifiée peuvent-ils être considérés comme des "personnes" autonomes et conscientes devant avoir des droits semblables aux droits de l'homme ?

 

Cette question que l'on pourrait se poser face à des robots ou à des systèmes d'Intelligence Amplifiée n'a vraiment rien à voir, comme parfois suggéré, avec la controverse de Valladolid où l'Eglise catholique s'interrogeait sur l'humanité des "indiens" et des "nègres". Ceux-ci ne sont pas des artefacts. La question n'était pas, alors : "Existent-ils réellement en tant qu'être ?", mais bien : "En tant qu'êtres qui existent, sont-ils des humains à part entière (avec un âme venue de Dieu et donc partie prenante de la rédemption christique) ou sont-ils des animaux "inférieurs" ?" … et là, la question : "qu'est-ce qu'un humain ?" peut avoir un sens, du moins d'un point de vue non biologique (en effet, on peut faire une différence entre un "humain" au sens moral, intellectuel ou social, et un "homo sapiens" au sens biologique strict … Hitler fut un "homo sapiens", mais fut-il un "humain" ?).

Les questions sont : quelle est la différence ontologique entre un humain et une machine ? quelle est la différence phénoménologique entre une personne humaine et un personnage artificiel ?

 

Du point de vue ontologique …

Parce qu'elle est précisément purement mécanique, une machine est strictement déterministe alors que, tout aussi précisément, rien dans le Réel complexe n'est strictement déterministe. Une machine n'a donc ni choix, ni liberté, ni conscience, ni volonté, ni désir, ni rêve, … Elle n'est qu'une … machine. Aucune question morale ne s'y rattache (en revanche, elle pose des problème de droit : suite à des bugs dans ses programmes, un robot se met à détruire des choses ou des vies : qui est pénalement responsable ?).

Alan Turing avait imaginé un test pour différencier un "humain" d'un "robot" : il s'agissait en fait d'un test pour évaluer l'indécidabilité de cette différenciabilité.

La vraie question derrière ce test n'est pas : "existe-t-il une différence entre l'humain et la machine ?", mais bien : jusqu'à quel point un artefact simulateur (conçu, inventé et programmé par une intelligence humaine) peut-il faire illusion ? Car il s'agit bien d'illusion (représentation, simulation), pas de réalité.

 

Du point de vue phénoménologique …

Prenons un exemple. Des systèmes experts son capables de générer un personnage artificiel, hologrammique et hyperréaliste, très semblable à un humain … qui n'existe pas - mais qui est l'amalgame de millions de visages ou de silhouettes ou de gesticulations réels.

Ce personnage créé et virtuel n'est pas une personne … mais une représentation fort bien faite qui est un amalgame artificiel de millions de personnes et qui fait illusion.

Un tel personnage pourra devenir vedette de cinéma ou top-modèle (et coûtera nettement moins cher et sera plus parfait que les humains qui exercent ces métiers ridicules).

Vis-à-vis d'un tel personnage artificiel, quelque hyperréaliste soit-il, la question morale ne se pose pas plus que pour cet Hercule Poirot dont Agatha Christie décida la mort dans un de ses romans (ou était-ce le Sherlock Holmes de Conan Doyle ?). En revanche, la question juridique des copyrights se pose éminemment : à qui appartient le personnage en question ?

Il ne faut jamais confondre morale et droit.

En ce qui concerne les machine artificielles ou les personnages artificiels, c'est le mot "artificiel" qui est essentiel et qui s'oppose à "réel".

 

Du point de vue philosophique …

Là me semble être la seule vraie question : celle de la frontière entre le Réel qui existe indépendamment de sa perception par un esprit humain, et ces objets artificiels qui n'existent que dans et par la représentation psychique que s'en fait cet esprit humain.

Cette question a été au cœur de la philosophie européenne du 20ème siècle : l'opposition entre ontologie (réalisme ou philosophie de l'étant) et phénoménologie (subjectivisme ou philosophie du sujet). Depuis Descartes ("Je pense donc je suis") et, surtout, Kant ("Critique de la raison pure") jusqu'à Husserl et ses disciples (Levinas, Heidegger, Merleau-Ponty, …), la pensée européenne s'est enfermée dans une philosophie du sujet (aux exceptions remarquables près des penseurs romantiques allemands, de Nietzsche ou de Teilhard de Chardin). Ce subjectivisme philosophique a été poussée jusqu'à la démesure, aux USA comme toujours, avec la "philosophie analytique" dérivée de Russell.

 

Aujourd'hui, je pense que ce débat est clos et qu'il est admis que l'homme n'est ni le centre, ni l'arbitre, ni le juge du Réel qui dépasse infiniment l'humain insignifiant. Avec la modernité, se clôt aussi le subjectivisme et les angoisses existentialistes et phénoménologiques.

Seul le Réel existe et l'humain fait partie intégrante de ce Réel. Seul le Réel importe et les phantasmes, délires, illusions ou artifices de l'humain y sont insignifiants.

 

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Le 10/02/2019

 

L'athéisme est à Dieu ce que le théisme est au thé : une addiction compulsive, négative et irrationnelle.

 

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Même Dieu ne peut pas prédire l'avenir. Le Réel n'est pas intrinsèquement et globalement déterministe … même si nombre de phénomènes et de processus qu'il contient, le sont. Et la source de ce non-déterminisme n'est pas le hasard, mais bien l'émergentisme constructiviste lui-même : on peut observer des potentialités, mais on ne peut prédire ce qui sortira, émergentiellement, de leur rencontre avec d'improbables et d'imprévisibles opportunités.

Le Réel s'invente en marchant ! Donc, Dieu aussi ("Deum sive Verum") …

 

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Quel dommage que le français ait éliminé le neutre latin. Alors que Deus (masculin) désignerait le Dieu personnel, Deum (neutre) désignerait le Divin impersonnel. Le mot français "Dieu" confond les deux. Quel dommage !

 

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Il est sidérant de constater que la plupart des études historiques sur les sociétés, les sciences, les arts, les mythologies, les mœurs, les morales, les institutions, etc … prennent une attitude analytique : faits, dates, événements.

Alors qu'il me semble que l'histoire humaine est un processus global qui doit être étudié de façon holistique en termes de paradigmes (du grec paradéïgma : "modèle") ou, plus prosaïquement, de traditions (du latin traditio : "ce qui est transmis, remis, donné").

 

En ce sens, à la suite de Dumézil, Marcel Detienne dénonce la démarche philologique qui fait de la mythologie grecque une collection de mythes ayant, chacun, une source et des versions successives plus ou moins déviantes dont on veut, à tout prix, retracer les linéaments. Il est bien plus fécond d'envisager une "tradition mythologique" grecque globale dont les témoignages ou textes en notre possession ne sont que des éclats particuliers (c'est la logique de l'approche structurale de Lévi-Strauss). Ce qui intéresse, c'est de comprendre que la tradition mythologie n'est qu'une grille de lecture pérenne et puissante en vue de vivre, au mieux, la vie quotidienne entre -700 et -150.

 

On comprend mieux le problème posé si l'on envisage, par exemple, l'étude du "blues". Le blues - comme le jazz - est une tradition musicale, évolutive et cohérente, dont les divers morceaux, thèmes, instrumentations, versions, etc … ne sont que des traces somme toute anecdotiques. Ce qui intéresse, c'est le fait que la tradition du blues transmet un état d'esprit propre aux esclaves noirs du sud des Etats-Unis et que cette musique exprime cette communauté-là, avec cette sensibilité-là.

 

Il en va de même pour la mythologie grecque. Il en va de même pour tout ce qui fait paradigme au sein de l'évolution humaine.

L'histoire humaine est un processus global à l'intérieur duquel se chevauchent, se côtoient, s'affrontent, s'amalgament d'autres processus que l'on appelle des paradigmes ou des traditions.

Et tous ces processus ont la même structure architecturale : une généalogie (patrimoines, héritages), une téléologie (mission, vocation), une écologie (environnement, relations), une axiologie (mythes, règles) et un métabolisme (activités, fonctionnement).

 

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A propos du structuralisme, Wikipedia dit ceci :

 

"Le structuralisme est un ensemble de courants de pensée holistiques apparus principalement en sciences humaines et sociales au milieu du XXe siècle, ayant en commun l'utilisation du terme de structure entendue comme modèle théorique organisant la forme de l'objet étudié pris comme un système, l'accent étant mis moins sur les unités élémentaires de ce système que sur les relations qui les unissent. (…) le structuralisme est souvent considéré par les historiens de la systémique comme l'un de ses courants précurseurs dans les années 1950, parallèlement à la cybernétique et à la théorie de l'information (…)."

 

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Il faut repenser radicalement la notion de Tradition dans le sens d'une généalogie, d'un enracinement identitaire, d'une transmission de patrimoines en héritage (sans concurrence avec d'autres traditions).

Le traditionalisme doit être résolument distingué, à la fois, des conservatismes et des folklorismes.

La modernité et, en son sein, plus encore, les socialismes (notamment marxistes) ont voulu brisé toutes les traditions pour refonder un monde humain idéalisé, apuré, aseptisé, sans histoire et sans mémoire (le passé étant déclaré mauvais, négatif, "aliénant"), un monde humain uniquement préoccupé d'avenir et de progrès, dans un climat de totale "libération" et de totale "désaliénation".

Cette vision "progressiste" n'est qu'un des avatars de la philosophie du sujet qui, avec l'existentialisme sartrien, aboutit à l'aberration absolue : le nombrilisme narcissique radical de l'individu-roi, maître de tout, constructeur libre de sa propre existence dénuée de toute essence, c'est-à-dire de tout héritage (même biologique comme le voudrait la "théorie du genre").

Ce faisant, la modernité a construit, au 20ème siècle, un nihilisme radical dont toute fondation - donc toute tradition - fut bannie, devait être bannie. Il ne devait rien (nihil) rester des héritages, des identités, des enracinements : tout devait être égalitaire (c'est-à-dire indifférencié, donc indifférent) : triomphe de l'égalitarisme, de l'humanisme et de l'universalisme. Aux noms de ces "idéaux" entropiques, tout ce qui différenciait devait être sabordé sans pitié : il fallait bannir toutes les différences entre régions, entre terroirs, entre langues, entre métiers, entre sexes, entre genres, entre races, entre cultures, entre religions, … bref : entre traditions (c'est ce que réclame, aujourd'hui, ceux que l'on nomme les populistes ou les illibéralistes qui n'ont pas compris la différence essentielle entre l'importance des identités et traditions particulières, et l'efficacité d'une vaste logistique commune, incarnée par l'Union Européenne).

Tout attachement à une tradition était d'office déclaré réactionnaire, rétrograde, anti-progressiste.

Et aujourd'hui, effectivement, sauf en de rares îlots traditionnalistes qui perpétuent la transmission de leurs héritages (les communautés juives, les loges maçonniques, les ordres monastiques, les organisations compagnonniques, etc …), il ne reste rien (nihil) sur quoi fonder quoique ce soit. Car c'est cela qui caractérise cette modernité finissante et pourrissante que nous vivons aujourd'hui : un culte vain et stérile du nombrilisme narcissique. Mais … "L'ennui naquit, un jour, de l'uniformité" (Antoine Houdar de la Motte) ....

 

Un nouveau paradigme est en émergence, un après-nihilisme qui devra relancer les traditions essentielles, non par nostalgie ou vengeance, mais pour réaliser la première de ses missions : resacraliser et respiritualiser le monde des hommes afin de mettre ceux-ci au service de ce qui les dépasse, au service de la Vie et de l'Esprit. Et aucune tradition ne s'invente de toutes pièces. Il ne s'agit aucunement d'un retour à quelque "passé" que ce soit. Il s'agit de refondation. Il s'agit de réenracinement dans le terreau nourricier de la nature humaine. Il s'agit non pas d'une restauration, mais d'une revivification des énergies spirituelles qui, de tous temps, ont accompagné les meilleurs des hommes. La tradition maçonnique parle de la "Parole perdue" qu'il faut vitalement retrouver. Le symbole est parfait.

Les traditions que l'on connaît, ne sont, toutes, que des manifestations particulières de la Tradition, c'est-à-dire du réalignement de l'homme sur sa destinée transcendantale, immémoriale et intemporelle, du repositionnement de l'homme face au Sacré, dans le Sacré.

René Guénon, en son temps, parlait de la "Tradition primordiale" ; je ne suis pas sûr de vouloir suivre Guénon dans tous ses fumeux linéaments, mais l'idée est bonne. Retrouver la Tradition primordiale qui, au fond, n'est que le processus de réinsertion de l'homme à sa juste place dans le cosmos, au service de la Vie et de l'Esprit.

 

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Le 11/05/2019

 

J'aime beaucoup cette définition que m'a soufflée ma complice Néa :

 

" Le principe de subsidiarité [dit que] les décisions n'ont pas à être prises au-dessus du niveau où l'information est suffisante pour les prendre."

 

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Le pouvoir et le droit n'ont de sens que face à la barbarie et à la violence. Que celles-ci viennent à disparaître et ceux-là s'évanouissent.

 

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De Roman Bornstein de l'Institut Jean Jaurès :

 

"Les gilets jaunes se prétendent apolitiques. Vraiment ? Au vu de l’ambiance générale très inquiétante qui se dégage des conversations, les 'gilets jaunes' ne viennent pas tous de l’extrême droite, mais ils s’y dirigent collectivement mettant en avant le vocabulaire, les outrances, les insultes, les comparaisons animalières, le complotisme ... On y traite les syndicats de parasites, les élus de corrompus menteurs, les journalistes de 'vendus à l’oligarchie', les banques sont accusées de choisir des vainqueurs des élections, Emmanuel Macron est à la solde de la finance internationale... Dans ce monde qui interagit en vase clos, Eric Drouet et Maxime Nicolle, alias 'Fly Rider', animent les live les plus suivis. Ce sont eux qui donnent les mots d’ordre, désignent les porte-parole autorisés. Sans jamais modérer le ton de 'gilets jaunes' qui, selon l’examen de leurs comptes Facebook, tiennent beaucoup de propos racistes, anti-migrants, homophobes... L’un d’eux a ainsi longuement évoqué, lors d’un live avec Eric Drouet, le complot de la 'mafia khazar' (sioniste) qui dirigent le monde depuis cinq-cents ans, sans qu’à aucun moment ce dernier ne calme le jeu."

 

Qui l'eût cru ?

 

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Dans "Le cru et le cuit", Claude Lévi-Strauss a raison d'y insister : l'art culinaire est le propre de l'homme.

 

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C'est la Torah qui a fonde la judéité.

La judéité est un fait culturel, et non pas un fait ethnico-racial ou historico-géographique.

Le peuple juif est né lorsqu'est née la Torah et, plus précisément, lorsqu'est apparue la première formalisation de la "loi", le Deutéronome, au 7ème siècle avant l'ère vulgaire.

C'est cette "loi" qui fait le peuple juif car cette "loi" fonde une tradition spirituelle bien spécifique, bien particulière, bien singulière. Cette graine précise a germé et a donné un arbre aux multiples ramifications qui, elles, sont historico-géographiques. Cet arbre a aussi déployé des racines dans de multiples terreaux de diverses origines et natures. Ainsi la Kabbale ne serait rien sans la philosophie grecque d'Alexandrie. Ainsi le Talmud ne serait rien sans les rabbins pharisiens de Babylone.

Et cet arbre de Vie a vu certaines de ses branches mourir ; il en a vu d'autres être arrachées et brûlées dans les feux diaboliques de la bêtise humaine. Mais l'arbre est toujours là, bien vivant. Et son tronc est toujours unique et solide, intemporel : la Torah et, au sein de la Torah, le livre des D'varim (le Deutéronome).

 

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Avant d'exposer la "loi", le quatrième chapitre du livre du Deutéronome donne le premier interdit et y insiste par trois fois : l'interdiction de représenter le Divin de quelque manière que ce soit. Dieu doit rester absolument hors de toute représentation humaine. Dieu est absolument ineffable (le TLF définit parfaitement ce mot : "Ce qui ne peut être exprimé par le langage [j'ajouterais : par n'importe quel langage] en raison de la transcendance d'une réalité qui dépasse l'homme"). Cet interdit, en fait, rejette catégoriquement toutes les formes d'idolâtrie.

Et telle est l'impérative condition sine-qua-non avant d'entrer dans l'Alliance de la Torah.

 

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L'Alliance est conclue en ces termes (Deut.:4;4: celui qui suit la Torah, vivra longtemps "heureux".

L'expression hébraïque que l'on traduit (Segond) par "heureux" est : "Moi j'ai ordonné au jour qu'il soit bon pour toi" avec ce mot-tiroir Thov qui signifie, tout à la fois, "bon, généreux, riche, précieux, excellent, …".

 

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La Torah (Deut.:4;45) s'élabore autour des trois axes distincts : ha-'Edot (les règles communautaires - au verset 5:28, ce mot est remplacé par ha-Mitzwot : "les commandements"), ha-'Houqim (les lois méditatives) et ha-Mishpathim (les modes de jugement).

Cette tripartition du domaine de la doctrine (une autre traduction possible de Torah) est fondamentale : la morale, la spiritualité et le jugement.

Il est utile de lire que (Deut.:5;1) les dix paroles du Sinaï ne concernent que la spiritualité (les quatre premières) et le jugement (les six dernières), mais non la morale des règles communautaires (les Mitzwot).

Et, est-il écrit (5:19) : "(…)  et il les écrivit sur deux tables de pierres (…)". Pourquoi deux ? L'une pour les quatre prescriptions de spiritualité, l'autre pour les six prescriptions de jugement.

 

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Le 12/02/2019

 

Philippe Muray dans "Festivus Festivus" décrit les "progressistes" de la bien-pensance médiatique :

 

"Les actionnaires de la société en commandite Nouveau Monde, maîtres d'une nouvelle réalité qu'ils ne comprennent pas du tout mais sur laquelle ils entendent avoir le monopole de l'interprétation claudicante et de la critique percluse. Qu'une autre interprétation et une autre critique se développent en dehors d'eux, et ils se gendarment. On n'a pas le droit, en effet, de désobéir à leurs petites désobéissances de mérinos ; ni de déranger leurs dérangements routiniers ; encore moins d'iconoclaster leur iconoclasme… (…) Ils ne risquent pas de déraper, eux, ils sont le verglas."

 

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Articulet de moi, paru dans Le Point de ce jour à propos de l'évolution et de l'heureux "recul" du plan gouvernemental concernant la transition écologique :

 

"Le gouvernement avait repris les rails tracés par des Royal ou des Duflot qui n'y connaissent rien et qui ont fonctionné "idéologiquement" et non "scientifiquement". Ces rails sont des erreurs monstrueuses comme les éoliennes, le photovoltaïque, le retrait du nucléaire, la voitures électriques ou hybrides qui, TOUS, sont des aberrations thermodynamiques et des gabegies financières que les contribuables auront (ont) à assumer. Le transition énergétique et écologique est indispensable. Mais il ne s'agit pas de produire autrement, mais bien de consommer moins !"

 

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Un autre articulet de moi aussi paru dans le Point de ce jour :

 

" L'antisémitisme, en France, avait presque disparu, SAUF dans deux mondes : le monde musulman et le monde populiste (FN). Aujourd'hui, le monde musulman devient salafiste et érige des banlieues de non-droit où règnent l'anti-républicanisme, l'intolérance et la violence ; et au nom de la bien-pensance, on laisse faire. Aujourd'hui, le monde populiste antisémite, ce sont les "gilets jaunes" qui saccagent, éructent, insultent, frappent... Et, au nom de la bien-pensance, on les laisse faire. Il est temps de faire taire cette satanée bien-pensance soi-disant humanisto-universaliste, mais en réalité socialo-gauchiste, qui infeste tant les salles de rédaction et les plateaux de télévision, que les amphithéâtres universitaires."

 

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Le 13/02/2019

 

Mao avait instauré ses "gardiens de la révolution" et ses "gardes rouges".

La France a instauré ses "gardiens de la bien-pensance" et ses "gilets jaunes".

Tout cela pue le totalitarisme !

 

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La ritualisation de l'anodin et du domestique permet de désencombrer la vie et de libérer l'esprit pour l'essentiel.

Les "surprises", les "à l'improviste", les "impromptus" et les "imprévus" sont toujours exécrables car tout cela détourne, vers l'extériorité inutile, du temps précieux destiné à l'intériorité.

L'ordre extérieur libère la création intérieure.

 

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Les relations humaines ? Il n'y a rien de plus stérile et de plus chiant.

Il n'y a rien à en apprendre.

Tout l'essentiel a déjà été écrit depuis longtemps. Nihil novum sub sole.

Les relations humaines … Comment les éviter ? Voilà la question !

Les humains, lorsqu'ils ne sont pas domestiquement utiles, sont importuns.

La vraie vie est en dehors du marais humain, dans la solitude et le silence : Dieu et la Nature (ce qui est un pléonasme spinozien).

 

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Le mythe du "lien social" est typiquement socialo-gauchiste. La société devrait primer la personne. Comme la ruche prime l'abeille.

Tout au contraire, il faut réduire le fait social à ce qu'il est : un levier logistique. Et la politique à ce qu'elle devrait être : l'aménagement de la domesticité[1] (une bonne paix et un bon territoire).

Le nihilisme du 20ème siècle a été si loin qu'il a presque réussi à faire croire à beaucoup que l'extériorité prime l'intériorité. Alors que la seule vraie vie vécue est tout intérieure.

 

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L'extrême intériorité et l'extrême extériorité sont une seule et même chose : Deum sive Verum. Tout ce qui existe dans l'intervalle, n'est qu'anecdotique (le marigot humain compris).

 

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L'anecdotique est parfois amusant, mais il n'est jamais essentiel.

 

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Selon un gros sondage Ipsos (octobre 2018), les Français "sont 43 % à préférer vivre dans une ville moyenne – contre 35 % dans une commune rurale et 22 % dans une grande ville". Le même sondage révèle que les "Français plébiscitent les villes moyennes pour vivre, mais ils perçoivent les métropoles comme les 'chouchous' des pouvoirs publics".

La loi de Pareto (20/80) s'applique une fois de plus.

Il faut en tirer une belle conclusion : la politique, au sens "national" et idéologique, n'intéresse que les névrosés des grandes villes (20%). Ailleurs (80%), en toute bonne logique, il n'y a que le local réel qui importe.

 

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Selon l'AFP : "Les journaux dénoncent 'les égouts à ciel ouvert que sont devenus' les réseaux sociaux. Et déplorent les liens entre conspirationnisme et antisémitisme."

Il est plus que temps que l'on se réveille et que l'on prenne ces "réseaux sociaux" pour ce qu'ils sont : des dépotoirs psychosociaux !

 

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Lorsque Hermann Göring demanda en 1934 à David Hilbert si l'université de Göttingen avait pâti du départ des Juifs, il répondit : "Pâti ? Il ne reste que des ruines... ".

Merci, Monsieur Hilbert pour l'audace de votre sens de l'honneur et de la vérité.

 

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Le Deutéronome nous dit une chose essentielle (5:4-5 - traduction Segond - confirmé par 5:21-24). Moïse parle ainsi :

 

"L'Eternel vous parla face à face sur la montagne, du milieu du feu. Et moi je me tenais en ce temps-là entre l'Eternel et vous, pour vous annoncez la parole de l'Eternel ; car vous aviez peur du feu et vous n'êtes pas montés sur la montagne."

 

L'image est cruciale. La fonction sacerdotale (incarnée par Moïse de la tribu des Lévy) joue les intermédiaires entre le Feu mystique qui est en haut de la montagne, et le marigot humain qui n'ose pas escalader et qui reste en bas, dans la terreur.

Cette fonction est donc purement exotérique. Les prescriptions sacerdotales ne concernent pas l'aristocratie spirituelle qui pratique l'ésotérisme et, ainsi, rejoint directement le Feu au haut de la montagne, sans intermédiation.

Autrement dit : le moine n'a nul besoin du prêtre, la Kabbale n'a nul besoin du Talmud, la spiritualité n'a nul besoin de la religion.

 

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Lors de la révélation des dix paroles du Sinaï, la "grande voix" de YHWH fuse du haut de la montagne, sur fond de trois phénomènes : ha-'Esh ("le Feu"), ha-'Anan ("le Nuage") et ha-'Araphèl ("le Brouillard"). On peut imaginer cette cime entourée d'un anneau de brume sous le feu du sommet qui émet un nuage de fumée. Et au centre de ce dispositif, du milieu du feu : la "grande voix".

Clairement, le feu est le moteur de tout ce dispositif ; il engendre la vapeur qui retombe en brume (et qui embrouille) et la fumée qui monte vers le ciel.

Encore un beau symbole de la bipolarité entre l'exotérisme qui descend (le brouillard qui descend et qui embrouille) et l'ésotérisme qui monte (la fumée qui s'élève et se dilue), tous deux alimentés par le même feu mystique.

 

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Un verset du deutéronome (5:30) résume toute l'Alliance :

 

"En tout le chemin (Dérèkh) qu'ordonna YHWH de vos dieux avec vous, vous irez afin [que] vous viviez et [que ce soit] bon pour vous et [que] les jours vous durent dans le territoire que vous hériterez."

 

On y parle bien de cheminement et non d'obéissance (ce point est capital puisqu'il exclut, du judaïsme, toute forme de dogmatisme). Face à la pratique de l'Alliance, il y a une triple promesse : la Vie (non pas l'existence qui dure, mais le fait de vivre pleinement), la Joie (le "bon" qui est vécu) et la Pérennité (la tradition héritée qui perdure).

 

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Le 14/02/2019

 

En ce jour de St-Valentin, je suis de plus en plus persuadé qu'il faut réserver le mot "Amour" à cette unité bio-sociologique de base qu'est le couple "homme-femme" avec ses quatre dimensions grecques réunies : Eros, Storguê, Philia et Agapê.

Toutes les autres utilisation du mot doivent être remplacées : on déguste les œufs en meurette ou le Gigondas, on apprécie la lecture de Nietzsche ou "La Pastorale" de Beethoven, on vénère ses parents ou ses vrais amis, on câline ses enfants, on adore Dieu, on respecte la Nature, …

 

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Le 15/02/2019

 

De Paul Collier :

 

"Un mantra bien intentionné nous répète qu'il faut respecter toutes les cultures. Mais les cultures des sociétés pauvres, tout comme les institutions, sont souvent la cause première de leur pauvreté. D'un point de vue économique, toutes les cultures ne se valent donc pas, ce qui ne signifie pas que les cultures des pays pauvres ne peuvent pas être préférables en termes d'humanité, d'humour, de créativité artistique..."

 

Enfin, un homme (britannique d'origine allemande) de (centre-)gauche qui ose admettre des inégalités culturelles, ethniques et religieuses. Et, dans son livre "Exodus", il met en avant une loi sociologique essentielle : il n'y a de solidarité possible qu'entre ceux qui ont la même identité culturelle.

Exit les solidarisme, humanisme, égalitarisme et universalisme …

 

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Aujourd'hui, le monde (au moins occidental) est déchiré entre trois philosophies : la philosophie du déni de réalité (la plupart des institutions de pouvoir, …), la philosophie de la nostalgie et du ressentiment (Trump, Italie populiste, Brexit, illibéralisme d'Orbàn ou d'autres ex-communistes, populismes, les "gilets jaunes", …) et la philosophie du renouveau (beaucoup de PME-TPE, la plupart des néolibéraux, …).

 

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La Religion est le versant exotérique, social, dogmatique, clérical et horizontal de toute tradition spirituelle, dont le versant ésotérique, personnel, initiatique, monacal et vertical est la Mystique.

Toute Spiritualité est toujours "biface" : Religion et Mystique.

 

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La Spiritualité est l'ensemble, le générique, le "sur-système" global qui regroupe, enveloppe et transcende l'ensemble de toutes les traditions spirituelles.

 

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Toute problématique est tripolaire (dans la perspective hégélienne) : elle a sa nature, sa structure (sa logique interne, rationnelle) et son actualité.

Quoi ? Pour-quoi ? Comment ?

 

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Les conceptions du monde ont évolué en passant d'âge en âge.

Il y eut deux civilisations successives (nous entamons la troisième) : il y eut la civilisation antique (de -1250 à 400)  et la civilisation chrétienne (de 400 à 2050). Chaque civilisation est une concaténation de trois âges.

Il y eut l'âge mythique (-1250 à -700), l'âge logique (-700 à -150), l'âge juridique (-150 à 400), l'âge théologique (400 à 950), l'âge sotériologique (950 à 1500) et l'âge mécanique (1500 à 2050). Nous entrons dans l'âge initiatique.

Chaque âge suit le précédent, mais se construit sur lui : il s'agit d'un empilement mémoriel avec une logique généalogique et des transmissions d'héritages.

Chaque saut est une rupture, mais, malgré l'apparence paradoxale des mots, une rupture dans le continuité.

 

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De Xénophane de Colophon, dans ses "Fragments" :

 

"Il n'y a qu'un Dieu … qui ne ressemble aux mortels ni par la forme ni par la pensée … Il demeure toujours en même lieu sans mouvement … et sans effort meut toutes choses par sa force spirituelle …"

 

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Ce bon mot de Franz-Olivier Giesbert parlant des "gilets jaunes" et autres minus habentes :

 

"Quand la lie fait la loi …"

 

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Aristocratisme évergétiste …

Ceux qui sont capables de penser l'avenir ne sont pas ceux qui ne savent que jouir du présent.

 

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De mon complice Michel Loetscher, journaliste alsacien :

 

"Les "esprits" ne sont pas mûrs pour passer

de l'état de créature à celui de créateur ..."

 

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Le 16/02/2019

 

Puisque tout l'univers et tout dans l'univers se transforment tout le temps, il n'y a pas conservation de rien en l'état. Baser la physique sur des lois de conservation est, dès lors, sinon contradictoire, du moins paradoxal.

 

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D'Arthur Koestler :

 

"(…) un remède pour ceux qui croient pieusement que le Progrès de la Science est gouverner par la logique."

 

L'idée est heureuse, mais ne distingue pas assez les deux faces de la science : la science appliquée qui est logique (voire technique) et la science fondamentale qui est intuitive (voire mystique).

 

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La catharsis (purification, en grec) est, au fond, le dernier stade (celui de la sublimation, après ceux du déni, de la culpabilisation, de l'atermoiement et de l'effondrement - cfr. Elisabeth Kübler-Ross) du processus nécessaire pour faire son deuil d'une situation ou d'un état antérieurs devenus obsolètes ou négatifs.

Ce processus est celui d'une émergence, c'est-à-dire celui de la dissipation, "par le haut", d'un trop-plein de tension qu'il faut évacuer par encapsulation constructive : la tension négative devient nutriment positif.

C'est une forme de résolution dialectique, digne de Hegel.

 

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En France, le phénomène des "gilets jaunes" est typiquement une émergence cathartique visant à dissiper un trop-plein de tensions psychosociales au niveau des masses larguées et paumées dans le processus de changement de paradigme.

Il s'agit bien de "faire son deuil" du paradigme moderne et de ses déclinaisons pratiques (abondance, assistanats, paternalisme étatique, parasitisme social, …).

Il est frappant de constater que cette émergence cathartique des "gilets jaunes" s'appuie sur une autre émergence cathartique, tout aussi purulente et empoisonnée : les "réseaux sociaux".

 

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De Hannah Arendt :

 

"La tromperie, la falsification délibérée et le mensonge pur et simple employés comme moyens légitimes de parvenir à la réalisation d’objectifs politiques font partie de l’histoire, aussi loin qu’on remonte dans le passé."

 

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De Pierre-André Taguieff :

 

"(…) le mythe de la conspiration maçonnique universelle, fabriqué par les milieux contre-révolutionnaires entre 1789 et 1799."

 

Ce mythe s'est amalgamé avec celui de complot juif, supposé être secrètement encrypté dans le Talmud (!) et visant la mainmise juive sur le monde entier, qui fut inventé de toute pièce par les "Protocoles des sages de Sion" (1903) de Krouchevan, maître en propagande et manipulation au service des tsars.

De cet amalgame, si bien accueilli dans l'entre-deux-guerres par les milieux populistes (de gauche et de droite), est né le mythe "global" du complot judéo-maçonnique.

Ce complotisme débile est aujourd'hui en résurgence chez deux catégories de gens : les musulmans plus ou moins salafistes, et les minus habentes périphériques (genre "gilets jaunes").

 

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Trois dimensions fondent toute méditation philosophique : le Moi, le Monde et le Tout.

Le Moi est le royaume de l'intériorité, du sujet, de l'esprit et de sa conscience (les tentatives cartésienne et kantienne, et toutes les philosophies du sujet après elles, comme le phénoménologisme ou l'existentialisme, ont espéré, en vain, éliminer la réalité du Monde (la science) et la transcendance du Tout (la métaphysique) de la perspective philosophique : échec patent !).

Le Monde est le royaume de l'extériorité, de l'objet, du corps et de ses mouvements (la réduction mécaniste en a été longtemps l'expression centrale).

Quant au Tout, il constitue la grande abstraction, inaccessible, dont le Monde et le Moi ne sont que des manifestations ; c'est évidemment autour de ce Tout que, devant les yeux de l'âme (qui ne sont ni ceux du corps, ni ceux de l'esprit), se déploient la métaphysique, l'ontologie, la mystique …

Du point de vue fondamental, ce triangle est complet et se suffit à lui-même.

 

Cependant, la philosophie a dépensé (perdu ?) énormément d'énergie dans un quatrième domaine : celui de l'humanité qui, bien sûr, comme tout ce qui existe, fait partie intégrante du Monde et, par ricochet du Tout, mais qui se distingue des autres étants par le fait qu'il partagerait la même intériorité que le Moi personnel, par le fait qu'il possèderait un Moi collectif dont le Moi personnel serait une émanation, une expression particulière. Si l'on accepte cette extension du Moi personnel à un Moi collectif en partage entre les humains, alors le triangle fondamental se transforme : le Monde, l'Humain et le Tout.

Le Moi, en s'étendant à l'Humain, n'est plus seulement le lieu de l'esprit et de la conscience, mais devient aussi le lieu de la morale (et du droit, de la politique, du social, du culturel, de l'esthétique, …).

 

Personnellement, je récuse clairement cette extension du Moi personnel à un hypothétique Moi collectif : les autres humains se placent radicalement dans mon extériorité, dans un lieu où des réflexions politiques, économiques et noétiques, esthétiques et morales peuvent être menées, mais hors du champ de la philosophie : il s'agit, alors, d'anthropologie ou de sociologie.

Il me semble essentiel d'épurer la philosophie de ces domaines bâtards qui la dissolvent dans des bains qui ne sont pas les siens. Pour le dire nettement, la morale (et moins encore le droit, etc …) n'est pas un domaine philosophique.

En revanche, l'éthique, dès lors qu'elle est personnelle et concerne le rapport évolutif et dynamique entre le Moi et le Tout (incluant, anecdotiquement, les autres humains), est pertinemment philosophique.

 

 

Dans les relations entre les humains, il n'y a absolument rien d'ontologique, seulement du phénoménologique. Exactement comme dans les relations avec tout le reste qui existe. Il n'y a, entre toutes ces relations, que des différences de degré, éventuellement, mais certainement pas de nature.

L'autre humain n'a absolument aucun statut particulier. Il participe, comme moi et tout ce qui existe, du même Tout qui le porte, le nourrit et lui donne sens à la condition qu'il y assume sa vocation spécifique, qu'il y réalise sa destinée.

Cela seul peut me rapprocher de lui ; mais, même alors, il ne pourra m'être plus proche que dans sa participation au Tout qui nous englobe tout deux. En tant qu'autre être humain en soi, il n'a pas plus d'importance à mes yeux que cette fourmi, cette pâquerette, ce lombric, cette pierre ou cette rivière.

Anti-humanisme radical ! Il faut abolir toutes les formes d'anthropocentrisme. Il y a l'Un qui se manifeste par de la Matière, de la Vie et de l'Esprit. Tout le reste n'est qu'anecdotique.

 

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Le Tout engendre le Monde et le Monde réalise le Tout.

Le Moi participe à la fois du Monde par le Corps (la Science) et du Tout par l'Âme (la Mystique) ; entre eux, l'Esprit (la Philosophie) a mission d'établir le pont.

 

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Un Grec contemporain anonyme médite ce qu'il vit ; il écrit que l'histoire du 4ème siècle avant l'ère vulgaire (soit deux siècles avant l'effondrement de l'hellénité sous la botte des légions romaines et juste avant la tutelle impérialiste des Macédoniens, Alexandre et Philippe), … :

 

"(…) est à certains égards celle du plus grand échec de l'Histoire ..  Platon et Aristote … essayant, chacun à sa manière (en suggérant d'autres formes de constitution que celles sous lesquelles la race était tombée dans la décadence politique) de sauver le monde grec qui leur est si cher du désastre politique et social où il se précipite. Mais il est trop tard."

 

Nous vivons, depuis le 19ème siècle, un drame semblable : la fin d'un paradigme. Il ne faut pas dire : "il est trop tard" ; il faut dire : "c'est inéluctable". Les lois du Monde, sont infiniment plus puissantes que les petites aspirations, les petits caprices et les petites gesticulations des humains.

L'histoire des hommes est un processus complexe qui accomplit, inexorablement, sa propre logique par rapport à laquelle les velléités humaines sont insignifiantes.

 

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"Society does not exist".

La notion de société est totalement artificielle. Une invention du 19ème siècle. Il n'existe pas de "société" globale, seulement des réseaux plus ou moins denses de communautés de vie ayant, chacune, leurs croyances, leurs intérêts, leurs grilles de lecture du monde, leurs rites, leurs électivités. Ce sont les idées  mêmes de "république (chose de tous)", de "bien commun", etc ... qui sont des abstractions vides. Aussi vide que celles de "peuple" ou de "nation". Il y a un État (d'abord royal, puis républicain, puis populaire) qui, au long d'un vieux processus historique, a décidé et imposé une "appartenance" commune à une abstraction vide : la "patrie", la "France", etc ... En réalité, il n'existe que des communautés de vie qui fonctionnent selon deux modalités : "avec" les autres communautés sur le mode "coopération", ou "contre" les autres, sur le mode "prédation" et "oppression" (comme aujourd'hui, les communautés salafistes).

La France (mais ailleurs, c'est identique) n'est pas un "pays", mais une collection forcée de terroirs possédant chacun leur culture, leur identité, leurs parlers, leurs croyances ... qui ne se reconnaissent que très peu dans le grand "machin" national que l'histoire leur a imposé.

 

La "France" est un invention théorique (et purement parisienne) des Jacobins et de la Terreur robespierriste (avant, il y avait seulement des territoires spoliés ou conquis par la famille des Bourbons). Avant 1793,  les "provinces" étaient quasi autonomes, certes soumises au même roi (lointain, inconnu, ignoré et absent du quotidien) et à la même pression fiscale (surtout les bourgeois des villes), mais ces provinces étaient fondamentalement locales, avec une forte identité, historique et culturelle : on était Bourguignon, Breton, Provençal ou Basque inféodé au Roi des Francs et à son système fiscal, mais pas Français. La "république théorique" des Jacobins l'est restée jusqu'en 1871 avec la création idéologique et parisienne de la troisième république qui, derechef, a repris le mythe de la res publica pour imposer aux provinces, jusque là quasi autonomes, une langue unique, une loi unique, une appartenance unique, une culture unique, une école unique, etc … Les hussards noirs de la République y veillèrent sadiquement.

La France, ce n'est que l'Île de France imposée aux provinces naguère autonomes.

 

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Le 17/02/2019

 

De Henri David Thoreau :

 

"La vie est trop courte pour que l’on soit pressé"

 

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Contrairement à ce qui avait été annoncé avec le "peer to peer", le numérique n'a pas évacuer les intermédiations ; il les a réinventées à une autre échelle, beaucoup plus globale. La plate-forme numérique est en train de remplacer le magasin, l'officine, le guichet, la boutique, etc … Plus besoin ni de "vendeurs", ni de "caissières".

L'intermédiation humaine y est replacée par une intermédiation algorithmique.

 

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La révolution numérique tend rapidement vers l'instauration d'une hyper-sédentarisation des humains : puisque tout peut être réalisé à distance (même voyager, visiter une contrée, rencontrer des gens, etc …), il n'y a plus aucune raison de se déplacer. La masse des moyens de transport va fondre comme neige au soleil. Des véhicules téléguidés seront loués adhoc en cas de réel besoin. Tout se commandera en ligne (y compris le véhicule) et sera livré à domicile (par les mêmes véhicules). Le télétravail sera la règle. Les villes seront quasi désaffectées : chacun pourra aller vivre là où il se sentira le mieux (quitte à changer régulièrement de lieu de vie). Le nombre et le volume des objets matériels possédés diminueront drastiquement : on vivra "léger".

 

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La révolution numérique - comme la télévision dans les années 1950 - fut décrite comme un instrument de libération et de culture des humains. Elle est bien plutôt devenue, comme la télévision, une puissante machine d'asservissement (d'assuétude) et de crétinisation (la donnée est du savoir, mais n'est jamais de la connaissance) desdits humains.

Les angélistes parlent d'une logique de la confiance liée aux évaluations par les pairs ; mais ce n'est pas cela qui se passe car on assiste à une envolée exponentielle des lynchages médiatiques et des fake-news c'est-à-dire des "calembredaines" (avec le complotisme et l'antisémitisme qui vont avec).

 

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Le Monde du Réel exprime le Monde du Principe et se manifeste dans le Monde de l'Apparence.

Ces trois Mondes n'en font qu'Un, selon trois modalités.

L'esprit de l'homme est sensible au Monde de l'Apparence par la Sensitivité et au Monde du Réel par l'Intuitivité. Sensitivité et Intuitivité sont les deux faces de la Sensibilité.

 

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D'Arthur Koestler :

 

"Quand le réel devient intolérable, il faut que l'esprit le fuie pour inventer un monde artificiel et parfait."

 

Telle est la source de tous les idéalismes, de toutes les utopies, de toutes les croyances sotériologiques et eschatologiques, de toutes les idéologies, de tous les théismes religieux.

La question est : pourquoi le Réel deviendrait-il intolérable ? Ou encore, par inversion : que faut-il pour que le Réel soit toujours au moins tolérable, sinon désirable ?

Le Réel étant ce qu'il est et va, le problème ne peut qu'être dans le regard qu'on lui porte. Ce n'est pas le Réel qui devient intolérable ; c'est le regard humain qui ne le tolère plus. Pourquoi ? Parce que les caprices de l'homme désirent ce que le Réel ne peut pas fournir.

Donc …

La Sagesse consiste à ne désirer que ce que le Réel peut donner.

 

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C'est Socrate qui saccagea le miracle grec, celui de la naissance de la pensée métaphysique en Ionie, d'abord, en Elée, ensuite, comme à Samos et à Abdère. Socrate (l'humaniste) veut tuer la métaphysique et passer du cosmocentrisme originel à un anthropocentrisme fade. Platon (surtout, l'idéaliste) et Aristote (de plus loin, le rationaliste) lui emboîtèrent le pas. Epicure suivit. Il y eut bien la belle et longue parenthèse stoïcienne qui revint à la source panthéiste … mais le mal était fait.

Et avec le christianisme, Platon - donc Socrate - triompha pendant mille ans, avant qu'Aristote ne reprenne la main à l'âge scholastique. Puis, à nouveau, la Renaissance fut platonicienne … et à sa suite, toute la modernité jusqu'à nos jours (hormis quelques notables exceptions, heureusement … mais toutes mises à l'index de la bien-pensance).

 

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En géométrie, plus la forme est complexe, plus il faut de paramètres pour la décrire. La forme la plus "parfaite" ne nécessite qu'un seul paramètre : la sphère (l'idéal pur de Platon, la rationalité pure d'Aristote).

Cet idéalisme esthétique du nombre minimal de paramètres a forgé toute l'histoire de la physique depuis près de trois mille ans. Et cela débouche sur des modèles extrêmement compliqués, incapables de rendre la complexité simple du Réel.

 

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Les idées aussi, comme les espèces vivantes, sont soumises à des processus de sélection naturelle des plus aptes, mais aussi à des processus de symbiose, de mutualisme et de commensalité.

 

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Tous les dualismes (métaphysiques, religieux, idéologiques) reflètent une forme morbide de désespoir : une haine de ce qui existe et une fuite dans ce qui n'existe pas.

 

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Le 18/02/2019

 

Il vaut mieux passer outre le "Sagesse" de Michel Onfray.

"Sagesse", au fond, n'est que l'aveu de Michel de n'être pas vraiment un philosophe, mais un idéologue moraliste.

 

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De Macrobe ce beau commentaire qui résume ce que sera toute la cosmologie chrétienne médiévale :

 

"Puisque du Dieu suprême naît l'Esprit, et de l'Esprit l'Âme, et puisque celle-ci à son tour crée toutes les autres choses et les emplit de Vie … et puisque toutes les choses suivent en succession continue, dégénérant l'une après l'autre jusqu'au bas de la série, l'observateur attentif découvrira une connexion des parties, depuis le Dieu suprême jusqu'aux plus infimes poussières, liées les unes aux autres sans rupture aucune. Et c'est la Chaîne d'Or que Dieu, selon Homère, laisse pendre du ciel à la terre."

 

Il faut constater deux éléments essentiels dans cette vision cosmologique qui sera dominante durant des siècles :

  1. Cette vision est moniste (et bipolaire : Dieu comme enveloppe externe et transcendante qui enveloppe le tout qui existe, et le Diable au centre immanent) mais non dualiste (le dualisme ontique chrétien s'affirmera avec le passage de l'inspiration platonicienne d'Augustin d'Hippone, à celle aristotélicienne de Thomas d'Aquin).
  2. Elle est hiérarchique (la notion de "chute" depuis la perfection divine jusqu'à l'en-bas) et statique, et non constructiviste et évolutionnaire (le christianisme a complètement évacué le symbolisme évolutif du processus des sept jours de la Genèse).

Le monde y est un objet tout donné et non un processus en marche.

C'est là l'irréconciliable opposition entre judaïsme et christianisme :

  • pour le judaïsme, l'Alliance est constructiviste et le monde reste à accomplir "de mains d'hommes" (c'est le monde qu'il faut "sauver" et non les individus),
  • alors que pour le christianisme, il n'y a rien à construire (le créationnisme évangéliste américain l'a très bien compris) et le salut de chacun est de remonter, pour soi, la "Chaîne d'Or" homérique.

 

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Le christianisme catholique a empilé quatre strates d'inspirations opposées qui forgent ses multiples contradictions internes :

  1. de 100 à 400 : inspiration paulinienne (commune à tous les christianismes).
  2. de 400 à 950 : inspiration platonicienne et néoplatonicienne (mystique).
  3. de 950 à 1500 : inspiration aristotélicienne (dogmatique).
  4. de 1500 à 2050 : inspiration idéologique (théologique).

Le christianisme orthodoxe est resté indéfectiblement fidèle à sa vision (néo)platonicienne et à sa nature mystique, et a définitivement récusé, dès 950, les inspirations aristotélicienne et idéologique.

Le christianisme protestant est né et resté dans l'inspiration idéologique et théologique.

 

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Lorsqu'il est à peu près à son point d'apogée, vers le milieu de son cycle de vie, tout paradigme engendre ce qui l'empoisonnera et qui fondera le paradigme qui suit. Ainsi :

  • au milieu du cycle hellénique, vers -400, les écoles athéniennes dégénèrent et le macédonien, Alexandre, transforme les réseau des cités grecques en empire.
  • au milieu du cycle romain, vers 150, le christianisme commence sa germination sur le terreau du pourrissement impérial.
  • au milieu du cycle christique, vers 700, la guerre des hérésies bat son plein et fragmente le christianisme primitif et monolithique en une mosaïque d'écoles et de sectes.
  • au milieu du cycle féodal, vers 1250, la révolution agricole introduit des techniques nouvelles qui vont obliger l'économie médiévale à passer d'une économie locale (et rurale) de subsistance à une économie globale (et urbaine) marchande.
  • au milieu du cycle moderne, vers 1800, la double rupture politique (le républicanisme) et technologique (la révolution industrielle) va ébranler le monarchisme centralisé (qui se muera, pour survivre, en étatisme républicain puis populaire) et le bourgeoisisme marchand (qui se muera, pour survivre, en financiarisme et en capitalisme).

Le nouveau paradigme qui se développe aujourd'hui, comme ses prédécesseurs, va s'enraciner dans les grande ruptures surgies à l'acmé de son prédécesseur : le nouveau paradigme sera donc anti-étatiste (réseaux) et anti-économiste (frugalité) sur fond de support technologique (numérique) et d'intériorisation (spiritualité, virtuosité).

 

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En 1969, les Français consacraient 21 % de leurs revenus aux produits alimentaires, aujourd’hui, c’est moins de 11 %.

Nous vivons une inversion des priorités : s'amuser prévaut sur vivre !

 

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Les "gilets jaunes", relayés par Jean-Luc Mélenchon ou Edwy Plenel, contestent la légitimité d’Emmanuel Macron au motif qu’il n’aurait réuni que 24,01 % des suffrages au premier tour de la présidentielle.

Jacques Chirac a pourtant fait moins bien, quand à François Mitterrand, son score de 1981 dépassait à peine celui de Macron. Et personne n’a jamais remis en question sa légitimité.

 

Jacques Chirac

2002/1995

20,80 %

Emmanuel Macron

2017

24,01 %

François Mitterrand

1981

25,90 %

François Hollande

2012

28,63 %

Nicolas Sarkozy

2007

31,18 %

François Mitterrand

1988

34,10 %

 

Quand donc va-t-on enfin faire taire ces apprentis-dictateurs, ces imposteurs collectifs et individuels,  ces spécialistes de la désinformation et de la manipulation ? Quand donc les médias cesseront-ils de relayer les mensonges et gesticulations de ces crapules ?

 

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De Ma Jian, écrivain persona non grata en Chine :

 

"J’ai écrit China Dream par colère contre les fausses utopies qui ont asservi le peuple chinois au cours des soixante-dix dernières années. Lorsque Xi Jinping est arrivé au pouvoir en 2012, il a commencé à parler de son 'Rêve de la grande renaissance de la nation chinoise', devenu depuis le leitmotiv de son administration. Tant que le Parti communiste restera au pouvoir, la Chine deviendra la nation la plus riche et la plus puissante du monde ; les humiliations subies par le passé par les colonialistes occidentaux seront oubliées et la Chine retrouvera sa position centrale sur la scène mondiale, a-t-il promis. Mais ce rêve n’est qu’un tissu de mensonges porté par le Parti pour justifier et prolonger son règne tyrannique. Orwell a écrit 1984 comme un avertissement. J’ai écrit China Dream pour montrer que sa prophétie était juste, que la Chine de 2019 était la dystopie qu’il redoutait ; un endroit où deux et deux peuvent faire cinq si le dirigeant le souhaite. Le peuple chinois a été tellement brutalisé par la violence, la peur, la propagande et les mensonges qu’il en a perdu une valeur humaine fondamentale : la capacité de penser librement."

 

Il n'y a rien à ajouter … malheureusement. Cependant, aujourd'hui, l'économie chinoise est durablement en freinage majeur (et derrière elle, toute l'économie mondiale). La période de grâce est finie. Xi-Jinping devra faire face à une contestation de plus en plus prégnante du fait des espoirs déçus de hausse des niveaux de vie et des pouvoirs d'achat.

 

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Bien sûr, nous subissons, tous les jours, la pollution de nos corps par le biais de ce que nous respirons, buvons, mangeons et manipulons. Mais cette pollution corporelle n'est pas la seule à nous infecter au quotidien. Nous souffrons tous, tous les jours, des pollutions de nos vies et de nos esprits.

La pollution de notre élan vital passe par les gaspillages de temps, les fatigues et blessures inutiles, les pressions improductives, les dangers évitables, etc …

Mais les pollutions de nos esprits sont plus terribles encore. Pollutions permanentes de notre mémoire, de notre volonté, de notre sensibilité, de notre intelligence et de notre conscience, au moyen de tous ces mensonges, de toutes ces manipulations, de toutes ces agressions, de toutes ces impostures, de tous ces chantages, de toutes ces menaces, de toutes ces désinformations, etc … dont l'amplificateur le plus puissant, aujourd'hui, est imposé par ces calamités de "réseaux sociaux", ces dépotoirs et défouloirs de tous les dérèglements psychosociaux. 

 

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Il est intéressant de regarder la cosmologie médiévale augmentée de l'angélologie venue des néoplatoniciens et revue par le pseudo-Denys l'Aréopagite.

Sous le règne ultime du Dieu suprême qui est le "moteur immobile", se déploient six "couches" successives. En descendant l'échelle de Jacob cosmique, il vient :

  1. Les Séraphins qui accompagnent ce "moteur premier" du Tout sur la sphère suprême.
  2. Les Chérubins qui accompagnent la sphère des étoiles fixes.
  3. Les Trônes qui accompagnent la sphère de Saturne.
  4. Les Dominations, les Vertus et les Puissances qui accompagnent, respectivement, celles de Jupiter, de Mars et du Soleil.
  5. Les Principautés et les Archanges qui accompagnent celles de Vénus et Mercure.
  6. Les Anges ordinaires qui accompagnent la sphère de la Lune.

Et, bien sûr, au pied de l'échelle cosmique et angélologique, sur la septième et dernière "couche" de l'existence, on trouve le monde sublunaire, notre monde d'en-bas, lui-même hiérarchisé en : minéral, végétal, animal et humain.

Il fut d'ailleurs loisible de construire la hiérarchie inversée et infernale (mais symétrique) de la démonologie, sous le monde d'en-bas, aboutissant, en six échelons successifs, au Diable, l'anti-Dieu absolu (parfois décrit comme Lucifer … celui qui apporte la lumière).

Pour irrationnelles, obsolètes et spirituellement pauvres qu'elles soient, ces hiérarchies "célestes" ou "infernales", sans le sacraliser, poétisent le grand Tout et y injectent un "souffle de vie" salutaire au-delà de la froideur d'un matérialisme aussi stérile que primaire.

De plus, elles induisent une réflexion bien sérieuse (sans sombrer ni dans l'occultisme, ni dans les courants similaires) sur la complémentarité et la bipolarité induites par la différence entre "visible" et "invisible", entre le perceptible et l'imperceptible, etc …

 

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De mon ami si cher, Michel Maffesoli :

 

"(…) on ne peut pas abolir le monde tel qu’il est. Peut-on même le réformer ? Voilà qui n’est pas certain. Faut-il le révolutionner ? C’est une prétention fort dangereuse dont l’histoire montre, à loisir, les effets pervers. Non. On ne peut que s’accommoder à lui, composer avec lui, s’ajuster à lui, et autres manières de respecter la Nature."

 

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On oppose, en général, le temps linéaire et le temps cyclique. Il n'y a pas à les opposer : ils se combinent dans le temps spiralé qui, repassant toujours par les mêmes repères circulaires (naissance, croissance, maturité, déclin et mort), s'amplifie de cycle et cycle, par expansions successives.

 

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La quadripartition de l'espace que suggère l'architecture de la Tente de la Rencontre (le "Tabernacle" des chrétiens), et par suite du Temple de Salomon, induit trois passages initiatiques essentiels :

  1. Du monde profane (pro fanum : "devant le temple") au Parvis (le monde des Apprentis), lieu de la purification par l'Eau lustrale et le Feu sacrificiel.
  2. Du Parvis au Saint (le monde des Compagnons), lieu de la Lumière, du Pain et du Parfum (sublimations du Feu lumineux, de la Terre féconde et de l'Air aromatique).
  3. Du Saint au Saint des saints (le monde des Maitres) lieu de l'Alliance et de la Loi.

Cette partition de l'espace initiatique est tout-à-fait transposable à l'espace social où les quatre catégories d'humains se retrouvent aussi (cfr. mon modèle mettant en évidence les 25% d'abrutis indécrottables, les 40% de médiocres négatifs, les 20% de médiocres positifs et les 15% d'élite mentale).

 

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Le 19/02/2019

 

Avoir beaucoup d'ordre, dans les choses et dans les actes, est la meilleure manière que l'on ait trouvée, pour ne pas perdre beaucoup de temps.

Le désordre gaspille le temps.

 

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La poésie : l'alchimie des mots …

 

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Les mots sont des poux dans les poils de l'esprit.

Comme pour les singes, la socialité passe par l'épouillage réciproque.

On appelle cela la "conversation" …

 

*

 

De ma complice Néa Bernard :

 

" L’impasse de notre civilisation réside dans cette question : comment pouvons-nous être si puissants, savoir tant de choses, et cependant nous traiter mutuellement de manière si horrible ?"

 

Voilà donc la seule question éthique qui vaille : pourquoi les humains ont-ils tellement besoin de s'affronter à l'autre (quel que soit cet "autre") ?

Pourquoi l'humain (individuel ou collectif), depuis l'école primaire (que beaucoup n'ont jamais quitté), a-t-il toujours besoin de croire, de faire croire ou de tenter de démontrer qu'il "pisse plus loin" que l'autre ?

C'est pourtant toujours celui qui a besoin de "se battre" (quel que soit le combat), qui démontre sa faiblesse. La vraie force hait la violence et la guerre.

Au fond, l'humain n'accepte pas l'idée qu'il puisse être ou paraître faible. Cela s'appelle l'orgueil et se traduit par de l'arrogance, de l'agressivité, de la provocation, du défi …

Au fond, l'éthique devrait se résumer à une perpétuelle "éloge de la faiblesse assumée".

 

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De William Morris (1883) :

 

" La passion dominante de ma vie a toujours été

la haine de la civilisation moderne."

 

William Morris était un socialiste anglais et la civilisation moderne qu'il dénonce, est en fait la système financiaro-industriel qui a détruit l'artisanat, la virtuosité et la beauté au profit des ersatz de la praticité consommatoire. Toutes ces critiques me vont bien. En revanche, Morris ne voit pas et ne comprend pas que le socialisme qui l'embrase, est un pur produit de la modernité infiniment plus néfaste et délétère que l'industrialisme et le financiarisme qu'il dénonce virulemment. L'histoire du 20ème siècle a montré, à suffisance, que, d'une part, le "pauvre" prolétariat s'est empressé de s'embourgeoiser par l'épargne et la consommation, mais que, d'autre part, le socialisme a engendré les pires totalitarismes (marxisme, léninisme, stalinisme, fascisme, nazisme, maoïsme, et tous les communismes, et tous les populismes).

 

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Le socialisme, quelle qu'en soit la forme, se fonde que la conviction que, par tous les moyens, y compris les plus violents et les plus nauséabonds, la personne humaine et les communautés différenciées doivent être mise, sans compromis, exceptions ou nuances possibles,  au total service de la société globale.

Le principe premier en est un incontournable solidarisme absolu dont découle, naturellement, un égalitarisme tout aussi absolu.

Tous les humains sont égaux puisqu'ils sont tous totalement esclaves de la société qu'ils forment de force.

Hors du collectif totalitaire, point de salut.

 

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Notre époque a laminé tous les anciens clivages idéologiques qui, à présent, sont devenus complètement obsolètes.

Il n'en reste plus qu'un : populisme contre aristocratisme.

Le nombre contre l'intelligence.

 

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Chaque cycle paradigmatique dure environ 550 ans et se divise en une première moitié qui est sa phase d'émergence et une seconde moitié qui est sa phase de décadence.

La modernité (1500 à 2050) est en décadence depuis 1789 …

La décadence de la modernité est signée par le populisme, sous toutes ses formes, fondé sur cette idée absolument idiote que le "peuple" a toujours raison et que la tyrannie des plus nombreux est préférable à tout autre doctrine.

 

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D'Arthur Koestler, en parlant de la soi-disant "culture arabe" :

 

"(…) les Arabes n'avaient guère été que des intermédiaires : les légataires universels de cet héritage [les écrits grecs]. Ils avaient fait preuve d'assez peu d'originalité scientifique. Si, pendant des siècles, ils avaient été les seuls dépositaires du trésor, ils en firent peu d'usage. (…) Parmi les savants qui écrivirent en arabe il y eut surtout des Persans, des Juifs, des Nestoriens (…)"

 

C'est bien la thèse que je défends depuis longtemps. Il n'y a jamais eu de "science arabe" ou de "miracle arabe" : les Arabes n'ont jamais été rien d'autre que des pillards. Averroès l'Espagnol fut le seul à digérer - assez mal - un peu d'Aristote et en fut condamné par l'Islam. Quant à Avicenne et autres, ils furent des enfants de cette Perse qui côtoyait les écrits grecs et indiens depuis bien avant la conquête musulmane.

Il faut le dire clairement : le monde sunnite, d'origine arabe (au contraire du monde chiite qui est d'origine persane), est massivement illettré (comme Mahomet) et inculte ; il est un monde où le Coran, à lui seul, tient lieu de "savoir absolu". La religion islamique est pourtant une idéologie aussi vide et envahissante que les déserts dont elle provient.

 

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Il n'est rien de plus obsolète que le vieux débat entre Foi et Raison.

Sans la Raison, la Foi n'est qu'un fatras de croyances superstitieuses.

Sans la Foi, le Raison n'est que déduction logique du rien à partir du néant.

Il faut croire en quelque chose pour pouvoir en déduire autre chose.

Il faut en déduire des choses pour pouvoir croire en quelque chose.

 

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C'est Albert le Grand, maître de Thomas d'Aquin, (de son vrai nom Albrecht von Bollstädt : 1193-1280) qui relança, au 13ème siècle, le goût de l'étude de la Nature.

C'est à la même époque qu'a lieu la révolution agricole et l'adoption de nouvelles techniques qui, par les surplus qu'elles engendreront, seront à la source de l'économie marchande, fondement de la modernité. Tout cela, avec les croisades, signe le début du déclin de la féodalité qui s'effondrera autour de 1500.

Tout se tient !

 

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D'Aristote (en latin !) :

 

"Omne quod movet ab alio movetur"

Tout ce qui se meut, est mû par autre chose.

 

La grande idée d'Aristote, transcrite dans le langage physique d'aujourd'hui, est que, pour que quelque chose se passe, il faut qu'il y ait une bonne raison que cela se passe, avec deux possibilités :

  1. soit un gain d'entropie,
  2. soit un gain de néguentropie si l'énergie nécessaire est disponible.

 

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Le "mystère" le plus incrédible et le plus absurde du christianisme est, sans nul doute, celui de l'Incarnation.

Que Jésus puisse être considéré, par certains, comme un Messie et devienne, donc, pour eux, Jésus-Christ ; je peux le comprendre.

Que cet homme messianique puisse, au long de son chemin initiatique intérieur, se diviniser (c'est-à-dire entrer en communion totale avec le Divin dans une unio mystica) comme tous les autres grands mystiques de l'histoire de la spiritualité ; on peut en convenir.

Que ce faisant, cet homme-dieu ait fini par se considérer et/ou par être considéré, paraboliquement, comme le "fils de Dieu" ; c'est compréhensible.

Qu'à cause de sa vocation et de ses convictions courageuses, cette homme-dieu ait été arrêté, jugé et exécuté pour sédition par les autorités occupantes romaines ; c'est un fait.

Qu'il soit symboliquement "ressuscité" dans l'âme, dans l'esprit et dans le cœur de ses disciples ; c'est toujours plausible.

Que, de cela, s'ensuit la naissance d'une secte porteuse d'un message particulier et fort, au point de devenir le germe de diverses traditions religieuses ; c'est historique.

Mais que Jésus soit, dès sa naissance, non pas un homme qui marche vers Dieu, mais un Dieu qui s'incarne en homme, c'est une aberration ! Comme le relevait Erasme, pourquoi pas en "citrouille" … ? Et pourquoi ce Dieu de l'univers aurait-il choisi de s'incarner en homme sur Terre et pas en martien ou en E.T. ? Pourquoi en Judée et pas en Chine ? Mais au-delà de ces questions anecdotiques, le fond de l'aberration est doublement bien plus grave :

  1. Le Christianisme n'a absolument pas besoin de cette ridicule "Incarnation" pour rester intactement la spiritualité qu'il est : Jésus - comme Moïse, Siddhârta, Lao-Tseu ou Mahomet - est un mystique exceptionnel qui a pu, par son enseignement et son exemple, fonder une religion.
  2. Dieu, parce qu'il est déjà tout ce qui existe, qu'il contient déjà tout ce qui existe, qu'il procède déjà tout ce qui existe, parce qu'il est la Vie de toute vie et l'Esprit de tout esprit, et ce, de toute éternité, ce Dieu n'a nul besoin de s'incarner puisqu'il est déjà totalement l'être-même de chaque étant.

De là, il vient que toutes les fantasmagories théologiennes entourant la naissance virginale, la double nature, les discussions entre docétisme, arianisme, nestorianisme et monophysisme, sont simplement oiseuses, artificielles, vides et sans intérêt.

Jésus fut un homme et seulement un homme, depuis sa conception dans le ventre marial jusqu'à sa mort sur le croix. Tout le reste n'est que faribole superfétatoire.

 

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Depuis le concile de Nicée où l'empereur Constantin (pour des raisons politiques de revivification de l'empire romain) a imposé une remise en ordre et à plat des dogmes, le christianisme fut un vaste champ de bataille d'idées sur cinq plans complémentaires :

  1. cosmologique (les rapports entre Dieu et le monde),
  2. christologique (la nature profonde de la personne de Jésus et de sa vie),
  3. sotériologique (les modalités du salut des âmes),
  4. eschatologique (la parousie et l'avènement du royaume divin)
  5. ecclésiologique (les pouvoirs et les organisations des Eglises).

Contrairement au judaïsme, à l'hindouisme, au taoïsme et au bouddhisme, le problème majeur du christianisme n'est pas que ces questions se posent, son problème est qu'il s'interdit, par principe, la pluralité des réponses.

Il y a une obsession chrétienne (et musulmane), spécialement catholique, de l'unanimité (de l'âme unique, donc) qui a fondé son intolérance foncière, sa prétention universaliste et son prosélytisme missionnaire.

 

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Le 20/02/2019

 

En suite des dernières considérations d'hier, toute tradition spirituelle est confrontée à cinq champs de réflexion, à cinq dimensions intrinsèques :

 

  1. cosmologique (les rapports entre le Divin et le monde),
  2. hiérologique (la nature profonde du Sacré comme chemin vers le Divin),
  3. sotériologique (les modalités de l'accomplissement personnel),
  4. eschatologique (les modalités de l'accomplissement cosmique)
  5. mystagogique (l'organisation des communautés).

 

Sur base de cette grille de lecture, une formulation principielle et une étude comparée des diverses traditions et religions deviennent possibles.

 

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L'aristocratisme ne pourra triompher du populisme que par l'évergétisme (panem et circenses).

Le populisme ne pourra triompher de l'aristocratisme que par le démagogisme (cynisme et clientélisme).

Dans la structure du train socioéconomique, l'aristocratisme forme la locomotive et le populisme forme les wagons. Sans locomotive, le train ne va nulle part. Sans wagons, la locomotive va où elle veut.

Le populisme, parce qu'il s'installe sur le déni et le mensonge, est un marigot putride où la surenchère règne en maître : chacun veut y être celui qui crache le plus loin et qui gueule le plus fort.

 

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De Thierry Wolton :

 

"Il existe un antisémitisme de gauche, née au XIXe siècle et qui puise dans l'anticapitalisme. Aujourd'hui, l'antisémitisme de gauche ne désigne plus le Juif comme tel, mais le qualifie de sioniste. (…) Dans l'inconscient progressiste, le Juif a longtemps représenté le ploutocrate que la lutte des classes devait se charger d'éliminer. L'antisémitisme d'extrême gauche est beaucoup moins évoqué que l'antisémitisme d'extrême droite (ce qui ne diminue naturellement en rien la gravité de ce dernier). Or, initialement, la gauche fut à l'avant-garde de la propagation du mal, car elle a embouché la première les canons d'un nouvel antisémitisme né avec la révolution industrielle du XIXe. La haine moderne du Juif s'est développée partout en Europe avec le triomphe du capitalisme. "

 

Pour caricaturer : les Rothschild (des banquiers juifs d'origine allemande ayant aussi essaimer en France et en Angleterre) ont été une des causes majeures de la déconfiture de Napoléon (l'empereur des peuples), donc … Ce "donc" est la source profonde de l'antisémitisme de gauche, surtout en France.

 

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L'antisémitisme violent et meurtrier d'aujourd'hui, en France mais pas seulement, est le fait de musulmans plus ou moins salafistes. L'islamophobie est la conséquence du salafisme, du terrorisme, du djihadisme et, plus généralement, du comportement agressif et vindicatif de certains jeunes musulmans, arabes ou non. L'antisémitisme que l'on dénonce avec raison, aujourd'hui, se masque derrière l'antisionisme véhiculé par la gauche et par l'islamisme. Beaucoup de musulmans se croient les seuls détenteurs de la vérité et veulent l'imposer au monde. Ce n'est pas le cas des Juifs qui vivent leur vie dans leur coin et fichent la paix aux autres, depuis toujours.

 

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Kepler a inventé la cinétique mathématique c'est-à-dire l'étude du mouvement en lui-même (celui des planètes, celui de la lumière) en vue de les décrire (cfr. ses trois lois sur les orbites elliptiques).

Galilée a inventé la dynamique c'est-à-dire l'étude des mouvements en tant qu'effet d'une cause (la force d'attraction gravifique).

C'était là le seul et vrai lieu de son génie mais il perdit une bonne part de sa vie à batailler pour défendre le modèle copernicien qu'il connaissait d'ailleurs assez mal. N'oublions jamais que Galilée est avant tout un mécanicien au sens de "machineur", un constructeur d'engins, d'instruments et de d'outils.

Kepler, quant à lui, fut un véritable physicien "de théorie" et cosmologiste, précurseur de la théorie de la gravitation dont il avait parfaitement compris l'universalité (avec une "influence" proportionnelle à la masse qui la subit et inversement proportionnelle à la distance d'avec la source), … avant de se fourvoyer sur la piste "magnétique".

Kepler et Galilée étaient parfaitement contemporains (trois ans d'âge les séparaient).

Galilée, à qui l'on attribua bien plus de découvertes et d'inventions (notamment celle du télescope) qu'il n'en fit réellement, était, en réalité, moralement médiocre, envieux et hypocrite, plus préoccupé de sa légende et de sa carrière que de travail scientifique. Jusqu'au bout, il défendit les orbites circulaires et épicycloïdiques de Ptolémée et fit tout ce qu'il put pour réfuter, obsessionnellement, les orbites elliptiques de son "rival" Kepler.

Il détesta Kepler qui publia régulièrement ; Kepler lui faisait de l'ombre, à lui qui ne publiait presque rien de scientifique (mais bien des libelles théologiques incendiaires qui finirent par le faire tomber de son piédestal). Galilée publiait peu par peur de déplaire bien plus que par crainte de poursuite. D'ailleurs, il y avait belle lurette que, au contraire de l'Eglise luthérienne, l'Eglise catholique ne s'intéressait plus au modèle copernicien tant que celui-ci ne se piquait pas de théologie (les seuls vrais ennemis du système copernicien, à cette époque, étaient les dinosaures académiques, laïcs et prélats confondus, disciples obstinés d'Aristote et de ses simplismes).

Galilée n'eut pas le procès qu'on raconte (ses problèmes ne viennent pas de ses positions physiciennes, mais de ses irascibles et obstinées attaques théologiques), il n'eut pas vraiment affaire à l'Inquisition (mais au général des Jésuites), il ne connut jamais la geôle (sauf quelques jours de "retraite" dans la villa somptueuse d'un cardinal) et encore moins la torture, même morale ; il fut, tout au long, toujours traité avec grandes considération et courtoisie  … et il ne prononça jamais la fameuse phrase : "Epur se mueve".

Je suis très déçu de découvrir la triste "réalité" de Galilée … on est bien loin de la légende idéalisée par Bertolt Brecht. On est bien loin de la fameuse réplique de Brecht :

 

" Celui qui ne connaît pas la vérité, celui-là n'est qu'un imbécile.

Mais celui qui la connaît et la qualifie de mensonge, celui-là est un criminel."

 

Comme l'idéologie socialiste réinventera la nauséabonde "révolution française" à la fin du 19ème siècle pour en faire l'heure de gloire du "peuple héroïque", l'idéologie scientiste fantasma le "procès de Galilée" comme celui opposant l'obscurantisme de la Foi à la pureté de la Raison.

Kepler meurt en 1630 et Galilée en 1642 (et Descartes en 1650). Newton naît en 1643. A 25 ans (en 1668, donc), il établit les fondements de la grande synthèse mécanique (la cinétique astronomique de Kepler et la dynamique de la chute des corps de Galilée), reformule la loi de l'inertie (qui est de Descartes et non de Galilée) et formule la loi du mouvement (F=m.j) et la loi de la gravitation (F=g.M.m/d²). Les Principia seront publiés en 1687. C'est clairement Kepler qui en fut le grand précurseur et inspirateur.

 

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Le 21/02/2019

 

Aujourd'hui, la croissance démographique mondiale est bien plus due à l'allongement de l'espérance de vie qu'à la natalité qui est en baisse partout.

Une décroissance économique généralisée en sera la conséquence directe et toutes les rustines prônées aujourd'hui (partages, endettements, migrations, protectionnismes, etc …) sont inutiles.

 

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Il y a deux constats politiquement incorrects, mais sociologiquement vrais et très intimement corrélés :

  1. Il n'y a solidarité forte qu'entre personnes qui partagent la même identité et le même projet.
  2. Les assistanats qui profitent aux "étrangers", déforcent les pouvoirs politiques en place

Ces deux constats majeurs renvoient, dans les poubelles de l'histoire de la pensée, les "idéaux" rousseauistes qui ont pourri les 19ème et 20ème siècles par l'entremise des diverses formes du socialisme.

Les notions d'humanisme, d'universalisme et de solidarisme sont tout simplement fausses. Ce n'est pas ainsi que s'exprime le nature humaine : on peut aimer son "prochain", mais on n'aime jamais son "lointain". Mais "ne pas aimer" ne signifie pas "détester, haïr, assujettir, persécuter" ; "ne pas aimer" pointe plutôt vers l'indifférence. L'indifférentisme est un droit légitime qui prend de plus en plus de place ; c'est "America first" de Donald Trump, c'est "la France aux Français", c'est le fait que plus de 50% des Français considèrent qu'un "Français musulman" n'est pas un "vrai Français" puisqu'il se revendique d'une identité et d'une culture étrangères à l'histoire et à la mémoire de la France.

Face à ces constats incontestables, il est oiseux de jouer les vierges effarouchées ou les gardiens de la bien-pensance ou du camp des saints ; il ne s'agit pas de morale, il s'agit de réalité. Quoiqu'en disent les idéologues et révolutionnaires de tous poils qui ne rêvent que d'un monde nouveau et d'un homme nouveau (et qui sont prêts à tous les totalitarismes pour les imposer), la nature humaine est ce qu'elle est et personne ne la changera. La sagesse voudrait que l'on gouverne les hommes en s'appuyant sur leur nature plutôt qu'en la combattant.

 

De Chloé Morin :

 

" A la lumière de ces constats, il n’est donc a mon sens pas illogique que les sociétés plus diverses sur le plan ethnique et/ou religieux soient également des sociétés où le consentement à la redistribution soit moins fort."

 

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Dès lors que, comme cela se constate, les masses commencent à prendre conscience qu'une logique de pénurie de toutes les ressources (matérielles, humaines, financières, …) s'installe, le réflexe n'est plus le solidarisme, l'universalisme, l'intégrationnisme et le partage socialo-gauchiste, mais, bien au contraire, le conservatisme, l'anti-parasitisme, le repli sur soi, la préservation des patrimoines, des revenus et des droits acquis, etc …

C'est cela le populisme (avec ses manifestations phobiques) et rien d 'autre.

 

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De Manuel Valls :

 

"(…) cette critique des élites est vraiment au cœur de l'ADN des populistes. Pour eux, il faut inventer un ennemi, c'est le plus souvent le juif, l'immigré, le musulman, mais c'est aussi l'entreprise, les banquiers, la haute administration (…). Si on découpe la société et le débat public de cette manière [dichotomie entre "élites" et "peuple"], la démocratie va mourir. Je crois qu'il faut d'abord oser mener le combat politique et la bataille culturelle pour défendre la démocratie libérale et représentative. Elle a toujours été critiquée depuis sa naissance, mais elle est fondée sur l'État de droit, la séparation des pouvoirs et le respect de la société civile. Notre adversaire, ce sont la démocratie illibérale et le populisme, qui se fondent sur un postulat : le peuple dès qu'il s'exprime a toujours raison. En fait, plus que le peuple, dans leur esprit, c'est la foule."

 

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Le slogan populiste est même le fondement de tous les populismes y compris tous les socialismes qui sont des populismes particuliers. Ce slogan est :

 

"Le peuple a toujours raison"

 

Ce slogan est la plus parfaite imbécillité jamais proférée. Tout au contraire, le peuple n'a jamais raison parce que le peuple, par essence, c'est la médiocrité, la bêtise, l'inculture, l'ignorance et le nombrilisme collectif.

 

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On ne peut pas penser bien, quand on ne connaît rien !

Penser bien, c'est construire avec des idées cohérentes et vérifiées.

Lorsqu'on ne connaît rien, ces matériaux sont absents et remplacés par des phantasmes, des mythes, des rumeurs, des ouï-dire, des ragots, …

 

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Les nouvelles technologies font que tous les avis se valent.

 

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Plutôt que d'utiliser des noms comme "postmodernité" ou "après-modernité", etc …, j'ai décidé de baptiser le nouveau paradigme qui naît sous nos yeux, "âge noétique" ou "noécité". En effet, ce qui caractérise déjà ce nouveau paradigme, c'est que sa matière première est l'information et la connaissance, et que ses moteurs sont l'intelligence (Noûs, en grec), la connaissance, l'immatérialité et l'intériorité.

 

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L'histoire de la succession des paradigmes scientifiques suit parfaitement la succession des paradigmes historiques. En gros, cela donne le tableau suivant :

 

Paradigme historique

Paradigme scientifique

Hellénité (-700 à -150)

Pandéisme ionien

Romanité (-150 à 400)

Hylozoïsme stoïcien

Chrétienté (400 à 950)

Dualisme platonicien

Féodalité (950 à 1500)

Géocentrisme aristotélicien

Modernité (1500 à 2050)

Mécanicisme cartésien

Noécité (2050 à 2600)

Organicisme holistique

 

Même s'ils se placent à sa limite, il faut y insister : les modèles relativistes et quantiques font encore partie intégrante du mécanicisme cartésien propre à la modernité qui se meurt. La rupture se fait avec la physique complexe basée sur ses trois piliers : holisme, émergentisme et intentionnalisme.

 

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Paradoxalement, au fil du temps, chaque paradigme séduit par sa décadence ; il séduit plus par sa phase déclinante (plus assurée, plus rassurante), que par sa phase émergeante (plus innovante, plus incertaine). Il faut refuser cette séduction sécuritaire et sécurisante.

L'intérêt de chaque paradigme, aujourd'hui, est dans sa phase de construction (pour l'hellénité de -700 à -425, pour la romanité de -150 à 125, pour la chrétienté, de 400 à 575, pour la féodalité de 950 à 1225, pour la modernité de 1500 à 1775). Après ces périodes, certes les doctrines sont plus fermes et plus structurées, mais tellement moins riches … décadentes !

 

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Les idées, théories, doctrines, etc … sont vivantes et sont soumises aux mêmes processus d'évolution que les organismes biologiques.

La noosphère, comme la biosphère, évolue selon les mêmes règles de la sélection et de la coopération naturelles.

Cela signifie, donc, que les idées inadéquates se diluent dans l'oubli entropique et que les idées les plus puissantes sont celles qui accumulent le plus de néguentropie (originalité) à moindre frais énergétique (simplicité), en harmonie la meilleure avec le milieu noétique (cohérence).

 

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Plus les spécialisations/différenciations sont pointues et nombreuses, plus les processus de régulation/intégration doivent être puissants et efficaces pour maintenir la pérennité et la cohérence globales.

 

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D'Arthur Koestler :

 

"Un ensemble [système] est défini par le réseau des relations qui unissent ,ses parties, et non par la somme de ses parties (…)"

 

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Jean-Jacques Rousseau est sans doute le penseur qui s'est le plus trompé sur tout ce qu'il a pensé.

 

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Le mythe du "progrès infini" est mort. Il n'y aura plus beaucoup de "progrès" matériel et technique. En revanche, tout reste à faire sur le chantier du progrès intérieur, spirituel, éthique et noétique.

La première question qui se pose, aujourd'hui : l'homme ne va-t-il pas devenir esclave de ses artéfacts non par assujettissement, mais par assuétude, non par conflit, mais par paresse ?

La seconde question qui se pose aujourd'hui : la technique est-elle nécessaire ? Pour quoi faire ? Et jusqu'où ?

 

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Il faudra bien un jour choisir : des robots ou des esclaves ? Le travail, lui, doit se faire, efficacement, économiquement, fiablement. Si l'on choisit les robots, alors il faut comprendre que 85% de l'humanité (les animaux humains) doivent disparaître, incapables qu'ils sont de sortir de la servitude volontaire, du panem et circenses. Il faut cesser de croire que, dans une logique définitive de pénurie de tout, on pourra loger, nourrir et blanchir ces 85% d'humanité qui ne servent à rien, qui ne servent rien, qui sont incapables de se servir de leur esprit, qui sont de purs parasites de la biosphère.

Politiquement incorrect ? Oui, bien sûr. Mais dure réalité. Dura lex sed lex.

Pour s'en convaincre, il suffit de prendre du recul et de regarder cette saleté d'humanité avec le regard d'un entomologiste qui observe une saleté de fourmilière qui infeste tout, qui colonise tout, qui cannibalise tout. Alors ?

 

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Derrière le mot "technique" se cache le mot "simulacre".

 

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" 13% de Français (…) se disent gilets jaunes aujourd'hui" … C'est le pourcentage cumulé des extrémistes de gauche et de droite, et des islamistes : le compte y est.

Qu'on les fasse taire une bonne fois pour toutes !

Le vin n'est buvable que si la lie reste au fond de la bouteille !

 

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L'ère antique (-700 à 400) avait été caractérisée par l'otium, c'est-à-dire non pas par l'oisiveté passive et paresseuse, mais par la libre disposition de son temps pour les choses de la cité et de l'esprit, par l'absence d'obligation de travailler (et donc par l'institutionnalisation de l'esclavage).

L'ère chrétienne (400 à 2050) a été caractérisée, tout au contraire, par le travail, le travail rédempteur, le travail salutaire, le travail sacrificiel.

La nouvelle ère qui s'ouvre, si elle s'ouvre vraiment après un indispensable effondrement démographique, sera caractérisée par un retour à l'otium antique, mais non plus par les voies de l'esclavage, mais par celles de la robotisation.

 

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La grande dialectique qui s'ouvre avec le nouveau paradigme est celle qui oppose "naturel" et "artificiel".

Cette dialectique n'est pas nouvelle en soi : la technique a, depuis longtemps, transformé toute la Nature pour la soumettre aux caprices des hommes. Mais cette technique était parfaitement maîtrisable et maîtrisée par ses concepteurs. Il n'en va plus de même aujourd'hui avec l'Intelligence Amplifiée qui simule des comportements complexes dont les linéaments ne sont plus traçables.

Ce qui a changé, c'est le fait que le processus algorithmisé, quelque inintelligent, programmatique et mécanique soit-il, active un si grand nombre d'opérations et d'opérateurs qu'il est devenu impossible de le reproduire à l'identique.

Le nouvel "artificiel" qui est déjà là, n'est plus un outil qu'il faut faire faire, mais un processeur qu'il faut laisser faire.

 

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Le développement des intelligences de l'humain est la conséquence de son incroyable inadaptation à la vie naturelle.

 

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L'homme dans la Nature.

L'homme hors de la Nature.

L'homme avec la Nature.

L'homme contre la Nature.

L'homme au-delà de la Nature.

L'homme en-deçà de la Nature.

 

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Le 22/02/2019

 

La croyance messianique en la technologie est devenue une religion dogmatique dont les fidèles voue un culte sans limite aux supposées puissances des bricolages infantiles humains face à une Nature qui a tout inventé depuis longtemps, y compris le cerveau humain capable de telles niaiseries.

Par exemple, en chimie, la technique n'est pas capable de créer des molécules organiques à partir d'atomes purs. Elle peut juste en bricoler des ersatz imitatifs qui, par exemple, simuleront un arôme, un goût, un effet. Dans le même ordre d'idée, toute l'industrie pharmaceutique produit des molécules par imitation de molécules naturelles et se demande APRES, à quoi cela pourrait bien servir.

La technologie humaine est toujours un ersatz, une imitation, une simulation, un vague plagiat hyper-simplifié … et cela ne fonctionne à peu près qu'à des niveaux de complexité extrêmement bas, au niveau mécanique ; au-dessus, c'est du délire d'apprentis-sorciers.

Ce qui est, en revanche, parfaitement vrai, c'est que l'humain a inventé ses technologies pour pallier son incapacité notoire à vivre dans la Nature sauvage. La survie humaine est esclave de la technologie. C'est cet esclavage qu'il est temps d'interroger. Je pense qu'il est urgent de définir le "minimalisme technologique" et de désencombrer nos vies de tous ces gadgets envahissants et si peu utiles.

On dit : "oui, mais ces gadgets facilitent la vie" … En est-on si sûr, d'abord ? Et ensuite, faut-il vraiment "faciliter la vie" ? Ce qui est facile ne vaut rien ! Je ne suis guère adepte ni du martyre, ni du masochisme, ni d'une existence pénible. Je pense seulement que le prix à payer pour cette "facilité" ou pour les soi-disant "gains de temps" que la technologie semble permettre, sont parfois exorbitants.

Et puis, "gagner du temps" pour en faire quoi ?

Je crois que tous ces questionnements sont (seront) au cœur du passage vers le nouveau paradigme noétique et détermineront un nouvel "art de vivre", beaucoup plus intériorisé (et donc plus indépendant du monde extérieur et technologique).

 

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C'est une erreur monstrueuse de confondre le "progrès technique" ou le "progrès social" (qui sont purement extérieurs, artificiels et subjectifs) avec le progrès profond qui devrait être une vraie progression spirituelle et éthique (intérieure, donc) dont l'humanité ne fait guère la preuve.

 

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Je crois profondément que le premier pas à faire vers une nouvelle éthique profonde est que chacun apprenne à fiche la paix aux autres, à ne jamais interférer avec l'existence des autres, à ne jamais se mêler des affaires des autres, à garder, chacun, ses opinions pour soi, à respecter, chacun, le droit absolu, pour tous, de vivre comme il veut chez lui, sans nuire à quiconque.

"Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées", dit un adage paysan.

"Chacun fait son lit comme il veut se coucher", dit un autre.

Autrement dit : l'ennemi, c'est la socialité ! Et avec la socialité, le bruit !

 

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Le 23/02/2019

 

Comment, aujourd'hui, peut-on encore accorder le moindre crédit aux âneries de Karl Marx ? C'est hallucinant. Tout y est construit sur du faux :

  1. Il n'existe pas de classes sociales, mais des gaussiennes sociologiques.
  2. La seule grande aspiration du prolétariat est de s'embourgeoiser.
  3. Les rapports sociaux ne sont pas darwiniens.
  4. Les grandes avancées sociales sont des initiatives patronales.
  5. La capital et le travail sont stériles sans l'intelligence.

De façon tout à fait générale, toute la doctrine de Marx est binaire alors que tout dans le Réel est ternaire.

Il est dès lors évident qu'aucune des prévisions de Marx ne pouvait se réaliser. Même les "dictatures du prolétariat" n'ont été que des dictatures d'une nomenklatura. Les "idées" de Marx ont coûté la vie à 200 millions d'êtres humains en un siècle.

De plus, toute sa vie, Marx a parasité l'existence de Engels qui, lui-même, vivait au crochet éhonté de son père, un grand capitaliste allemand.

 

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Deux doctrines sociopolitiques, intrinsèquement totalitaires et impossible à maintenir en place sans la force et la violence, continuent, encore aujourd'hui, de faire des dégâts monstrueux : le socialisme (sous toutes ses formes sur le large spectre qui va du populisme au communisme) et l'islamisme (sous toutes ses formes aussi, du salafisme au khomeynisme).

 

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De Franz-Olivier Giesbert :

 

"(…) rien ne peut plus caché la haine islamiste en marche."

 

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Le socialo-populisme (car c'est ainsi qu'il faut nommer la grande convergence de la gauche et de la droite, plus ou moins extrêmes contre ce qu'elles nomment erronément le "capitalisme") n'est que l'autre nom de la haine radicale à l'encontre de la liberté et de l'intelligence. Ainsi, très logiquement, par simple symétrie, le socialo-populisme se pose comme la mouvance des sécuritaires (la haine de la liberté) et des crétins (la haine de l'intelligence).

 

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Jean Jaurès explique, quelque part, que le libre-échange :

 

"(…) sacrifie les producteurs aux échangeurs, aux transporteurs, aux porteurs d'argent, à la banque cosmopolite. Il livre aux frelons juifs le miel des abeilles françaises."

 

Jaurès est antisémite … comme Blanqui, Proudhon, Leroux, Toussenel, Fourier,  … comme Marx … bref comme tous les nauséabonds fondateurs du socialisme.

 

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Il est urgent de libérer totalement les écoles et universités de la tutelle de l'Etat. Il est urgent de laisser aux parents le libre choix des établissements scolaires et universitaires. Il est urgent que les étudiants paient réellement leurs études, avec ou sans prêts ou bourses. Il est urgent que l'on laisse aux jeunes le libre choix de leur parcours sans plus aucun numerus clausus ou autre barrière à l'inscription. Il est urgent de réhabiliter la réalité de l'échec scolaire et universitaire. Il est urgent que l'on distingue farouchement le "savoir" et la "connaissance". Il est urgent que l'on comprenne que la connaissance n'est pas au bout du chemin (incarnée par un diplôme dûment homologué par l'Etat), mais que la connaissance est le fruit du cheminement lui-même. Il est urgent de voir que chaque étudiant est le seul responsable de ses échecs et de ses réussites.

 

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Une vérité qui fait mal : les humains financent leur croissance économique par une incroyable décroissance écologique.

Nous vivons aux crochets de la Vie, et à crédit !

 

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Si l'on veut bien voir que toute idéologie est un moule préfabriqué dans lequel on veut à tout prix faire entrer la réalité sociétale, a         lors, le meilleure définition du libéralisme est d'être un anti-idéologisme radical.

 

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Le mot "socialisme" entre au Littré en 1870, au Larousse en 1873 et à l'Académie en 1878. Mais ces définitions trop vagues ne satisfont pas.

En février 1892, la Figaro littéraire met au concours, sous le patronage du gendre de Marx, Paul Lafargue, la définition du "socialisme". La définition victorieuse fut celle-ci :

 

"Le socialisme est un ensemble d'aspirations et de théories qui tendent à établir entre tous les hommes, par divers moyens de contrainte légale, la plus grande égalité possible de richesse ou de misère."

 

Tout est dit ? Non, presque. En 1904, la Larousse surenchérit : est socialiste …

 

"Toute conception qui, en opposition avec la doctrine individualiste, voit dans la socialisation, immédiate ou progressive, volontaire ou forcée, la condition sine qua non de tout progrès.

 

On comprend bien que le socialisme, quel qu'en soit la forme, est nécessairement un totalitarisme latent ou sournois, puisque l'humain est un animal asocial (même s'il est assez communautaire) qui ne se socialise que "contraint" et "forcé".

 

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La notion de fraternité n'a de sens qu'entre humains relevant d'un même père (un patrimoine commun) et d'une même mère (une vocation commune).

Cette notion n'a de sens qu'au sein d'une communauté de vie, sinon fermée, du moins peu ouverte, soumise à cooptation (comme une communauté monacale, une Loge maçonnique, une famille unie, une association active, etc …).

 

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Le 24/02/2019

 

Dans les années 1790, en France, il était fréquent d'opposer "socialiste" (partisan de l'ordre social) à "individualiste" (partisan des libertés individuelles).

Ce qui pourrait paraître paradoxal à nos yeux contemporains, c'est qu'alors, on traitait de "socialistes" les contre-révolutionnaires c'est-à-dire les partisans du conservatisme et du conformisme, les nostalgiques de l'ordre social ancien.

Mais à bien y réfléchir, l'essence même du socialisme est d'imposer un ordre social inamovible, basé sur l'étatisme, l'égalitarisme et le solidarisme. Il suffit d'observer l'importance des "droits acquis" et des "conquêtes sociales" (pour l'éternité) dans le discours idéologique des syndicats et partis dits "de gauche" et "d'extrême gauche".

 

Le socialisme n'est absolument pas d'essence révolutionnaire ainsi qu'on a pu le caricaturer dans les années 1960, 1970 et 1980 ; il n'a de cesse que d'établir son ordre social et de ne plus en changer.

La seule doctrine réellement révolutionnaire, parce qu'elle est précisément anti-idéologique et éternellement vivante, c'est le libéralisme. Le libéralisme, c'est même la "révolution permanente", le refus de tout ordre social figé. Le libéralisme est un constructivisme sociétal par adaptation permanente aux opportunités et dangers réels, le plus souvent imprévus parce qu'imprévisibles.

Toute idéologie, parce qu'elle est un moule rigide préfabriqué, est une entrave grave, parfois létale, aux capacités d'adaptation humaine.

 

Toute l'histoire humaine est une succession de paradigmes socioéconomiques ayant, chacun, une durée de vie moyenne d'environ 550 ans. Il semble dès lors clair qu'un paradigme, une fois bien établi, va engendrer un ordre social stable, bien à lui, encadré et piloté par des institutions de pouvoir (par exemple, l'ordre social de la modernité fut celui du bourgeoisisme, dont le socialisme n'est qu'une version dégénérée : celle du droit pour tous de s'embourgeoiser).

En revanche, les périodes de transition d'un paradigme au suivant (comme celle que nous vivons aujourd'hui), doivent être un moment de puissant libéralisme pour "inventer" et "construire" le nouveau paradigme au-delà de l'ancien, à la fois contre les idéologies nostalgiques ET contre les idéologies utopiques.

 

Aujourd'hui, le trouble profond engendré par la mutation paradigmatique, se traduit dans deux tendances irréversibles : le rejet des idéologies nostalgiques et de l'effondrement des partis dits traditionnels (conservateur, républicain, socialiste, communiste, écologiste, …) ; et l'émergence de mouvances utopiques violentes sous la forme des populismes victimaires. Si l'on veut une suite à l'histoire humaine, dans un nouveau paradigme bien adapté aux nouvelles conditions technologiques, écologiques, continentalisées et définanciarisées, il faut combattre tous les populismes sans pitié, et libérer les intelligences et les énergies.

 

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De Daniel Dennett :

 

" Ma perspective fondamentale est le naturalisme, l'idée que les investigations philosophiques ne sont pas supérieures, ni antérieures, aux investigations des sciences naturelles, mais recherchent la vérité en partenariat avec elles, les philosophes devant s'assigner la tâche de clarifier et d'unifier assez ces points de vue si souvent conflictuels pour les fondre dans une vision unique de l'Univers."

 

Dennett confond - mais est-ce un hasard dans le chef du dernier dinosaure du matérialisme ? - la notion de "naturalisme" et celle de "monisme".

 

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L'écologie n'est pas cette référence religieuse au "naturel" qui n'existe plus depuis longtemps. L'écologie c'est de toujours privilégier le long terme sur le court terme, et de toujours privilégier la Vie sur l'argent.

 

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Le 25/02/2019

 

Un pauvre, ce n'est pas quelqu'un qui ne gagne pas assez ; c'est quelqu'un qui dépense trop !

Ce n'est pas la survie (toit, vêtements, nourriture) qui rend pauvre, ce sont les dépenses de loisir : téléphones portables, TV, loto, PMU, vacances, voitures, matches de foot, ... ou de plaisir : plats préparés, aliments agro-industriels, surgelés, marques, gaspillages, ...

Il est urgent de regarder vraiment les statistiques de consommation des "pauvres" : le superflu y prime, de loin, le nécessaire !

Être pauvre dans notre monde truffé d'assistanats, relève d'un tour de force : celui du crétinisme.

 

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Les Français "pauvres" dépensent 48 milliards d'euros en jeux de hasard (Loto, PMU, etc …), c'est plus que "le total du RSA, des aides au logement et de quelques autres prestations ..." (dixit Martin Hirsch qui n'est pas vraiment un suppôt de la droite capitaliste).

 

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Il y a deux capitalismes que la "gauche" s'exténue à confondre avec une mauvaise foi flagrante.

Il y a le capitalisme spéculatif et il y a le capitalisme entrepreneurial. Il faut combattre le premier et soutenir le second.

 

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En France, les régimes spéciaux des retraites des fonctionnaires et assimilés (EDF, SNCF, RATP, Banque de France, etc …) coûtent annuellement, au pays, de l'ordre de 20 milliards d'euros. Voilà un premier scandale.

Un deuxième scandale : un fonctionnaire payé à plein temps, travaille, en moyenne, un mi-temps. Il convient donc de diminuer de moitié les salaires de tous ces fainéants et planqués qui parasitent les diverses fonctions publiques.

Un troisième scandale : les trois-quarts des emplois publics ne produisent aucune vraie valeur d'utilité et devraient donc être supprimés.

Quatrième scandale : le coût global (salaires, bureaux, matériels, contrôles, systèmes, …) de gestion de tous les assistanats divers et variés est supérieur aux montants de toutes les allocations distribuées.

En éradiquant ces quatre scandales (sans parler de tous les autres liés à l'étatisme et aux bureaucratisme et fonctionnarismes tentaculaires), on arriverait à diminuer spectaculairement les impôts des ménages et des entreprises, et à renflouer vraiment les vrais services publics (enseignement, santé, …), pourvu que ces établissements soient autonomes et qu'y disparaisse le statut de fonctionnaire.

 

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D'après l'Ifop, "67% des Français ne sont plus sensibles aux discours sur la République ou les valeurs républicaines". De même, le thème de "l'identité nationale" ne sensibilise plus 66% des Français.

En revanche, le centre libéral tient fortement à l'idée républicaine (71% contre 33% en moyenne) car elle symbolise la garantie des libertés individuelles, mais se fiche totalement de l'identité nationale (19% y tiennent contre 66% en moyenne).

On remarque aussi que ce centre libéral concerte le plus de hauts diplômés et le plus du professions de bon niveau ("l'élite" au sens très large)

Les masses, elles, sont globalement plus illibérales (gauche) et plus nationalistes (droite).

 

Très logiquement, face au défi énorme du changement de paradigme, émerge une tripolarité sociétale  : d'un côté, les deux masses gémellaires des idéologismes nostalgiques et/ou utopiques qui, ensemble, constituent le populisme (le clan du ressentiment), et, de l'autre, l'élite du libéralisme constructiviste qui veut faciliter l'émergence du nouveau paradigme (qui ne sera ni républicain ni national).

 

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Le républicanisme est un socialisme bourgeois.

Les "valeurs républicaines" sont celles de la seconde moitié du 19ème siècle : un cocktail incohérent de 1848 (le "printemps des peuples" qui instaure les souverainetés nationales et le nationalisme, suite aux traumatismes profonds de la Terreur robespierrienne et de l'Empire napoléonien) et de 1870 (le délire insurrectionnel des "communes" et les prurits gauchistes).

 

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Le mythe absurde de la lutte des (deux) classes (la bourgeoisie et le prolétariat) a été imaginé en 1822 par François Guizot, et repris par Adolphe Thiers en 1832. Karl Marx n'a rien inventé ; il n'a fait que fantasmer la fable révolutionnaire qui a fait (et fait encore, parfois) s'exalter quelques frustrés intellectuels qui rêvent du "grand soir" et des "lendemains qui chantent".

De son côté, il y a belle lurette que le "prolétariat" (qui n'a jamais existé) s'est largement embourgeoisé et que ces niaiseries sociales ne le font plus rêver : panem et circenses.

Il est curieux qu'outre quelques adolescents boutonneux de plus en plus rares (sauf à l'UNEF, heureusement moribond), le mythe de la "révolution" n'excite plus que des intellectuels obscurs, démangés par l'idéologie comme par un psoriasis mental.

 

 

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L'industrialisation économique, par effet de concentration des main-d'œuvre, a provoqué l'urbanisation sociale et la dépopulation campagnarde.

Aujourd'hui, nous vivons le processus inverse.

 

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Presque partout, la littérature gauchisante traite le salarié prolétaire selon la phraséologie de l'exploitation victimaire. C'est ignorer la réalité contractuelle des relations d'emploi ; c'est ignorer le droit absolu, pour chacun, d'aller voir ailleurs s'il y est et, mieux, s'il en a l'audace et le courage, de monter sa propre affaire ; c'est ignorer, enfin, le thème de la dialectique hégélienne du "maître et de l'esclave" où, en fin de compte, c'est l'esclave qui détient le vrai pouvoir (ainsi que l'évolution sociale l'a, malheureusement, amplement démontré depuis des lustres : ce sont les syndicats qui, au 20ème siècle, ont détruit le tissu entrepreneurial de la France et suscité la fuite des cerveaux, des audaces et des énergies).

 

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L'emploi n'appartient pas à l'employé.

Un emploi n'appartient non pas à celui qui l'occupe, mais à celui qui l'a créé.

 

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L'économie immatérielle ne nécessitant que peu de capitalisation initiale et échappant au syndrome de la croissance obsessionnelle et du gigantisme, signe la mort du salariat car quiconque en a le courage et l'énergie, préfèrera créer son propre emploi que le mendier à quelqu'un d'autre.

 

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Toujours, le progressistes se sont opposés à la liberté personnelle puisque, par définition, là où elle règne, chacun peut s'opposer au "progrès" collectif et choisir d'autres voies de progrès personnel que celles imposées par les diktats idéologiques.

Le progressisme est, par essence, totalitaire.

 

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Le droit s'association est irréfragable.

Mais ni l'Etat ni la Loi ne doivent jamais s'en mêler. Par exemple, le dialogue entre syndicats et entreprises peut être sain (à la condition expresse que toute forme de violence en soit exclu) si et seulement si l'Etat et la Loi ni ne subventionnent, ni ne cautionnent ni les uns, ni les autres.

Il faut abroger, sous toutes ses formes, le "droit du travail". La relation salariée est une relation contractuelle ressortissant exclusivement de la sphère privée, intuitu personae. L'Etat et la Loi n'ont à y intervenir que si l'une des deux parties porte plainte pour non application des clauses contractuelles convenues, ainsi qu'elles sont convenues, exactement comme est régie la relation entre un client et un fournisseur (ce qui est bien le cas : un salarié est un client qui "achète" un emploi créé par une entreprise qui le fournit : un travail défini par l'entreprise contre une rémunération et des conditions acceptées par l'employé).

 

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Le 26/02/2019

 

Tout ce qui est populaire ne me concerne pas.

Je le refuse en bloc (de l'ordiphone à la télévision, des loisirs aux vacances, de la mode à la fête, etc …).

 

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Veut-on restaurer une processus démocratique efficace et cohérent ? Restreindre le droit de vote aux "bacs plus cinq" de plus de 35 ans et de moins de 65 ans. La majorité des autres est incapable de comprendre la complexité du monde réel qui est en marche, et de voir plus loin que leurs petits intérêts ou phantasmes personnels.

Pour décider, il faut savoir de quoi l'on parle et de quoi l'on ne parle plus !

 

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Il est bon de rappeler :

  • que le triste sire François Mitterrand, le fossoyeur de la France, était, entre 1930 et 1943, un militant d'extrême-droite ayant reçu la "francisque" des mains mêmes du Maréchal Pétain ;
  • que l'abject Jean-Paul Sartre et sa dévoyée Simone de Beauvoir ont, jusqu'en 1944, été salariés de Vichy pour animer des réunions et radios "culturelles" à la solde du même Pétain.

La France a la mémoire courte et aime à réinventer son histoire, malgré les faits.

Comme elle a aimé, avec Michelet, réinventer et légendariser l'infâme épisode sans suite d'une anodine émeute parisienne, de l'illégitime putsch jacobin, de la Terreur robespierriste et de l'Empire sanglant du mégalomane Napoléon.

La période 1789 à 1815 n'a été qu'un délire absurde, sanglant, infâme et cruel qui n'a rien changé. La France républicaine n'a émergé réellement qu'en 1871.

Quand un peuple nie et renie son histoire véritable, il faut en attendre le pire. L'antisémitisme aujourd'hui renaissant en est le signe !

 

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Le seul enjeu, aujourd'hui, en Europe, est l'issue du conflit fondamental entre populisme et libéralisme, entre souverainisme archaïque et continentalisme vital, entre les nostalgies et ressentiments, d'une part, et les défis réels du monde réel, d'autre part. Tout le reste n'est que calcul électoraliste et démagogie vulgaire.

 

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Il faut apprendre à se fiche complètement de l'avis des crétins.

 

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Il est terrible de constater que les mondes politiques et médiatiques définissent la "normalité" comme l'ensemble des stratégies électoralistes que le démagogisme ambiant rend inéluctables.

Nous sommes là dans la démonstration quotidienne que "l'idéal démocratique" n'est envisagé que dans le marigot d'un démagogisme calculatoire et clientéliste.

 

 

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J'appelle "démocratisme", la doctrine outrancière et inviable de la démocratie au suffrage universel.

Il faut revenir aux racines : la démocratie, c'est la gouvernance par les élites au profit du peuple … et surtout jamais la gouvernance par le peuple.

 

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Il est impossible, je le crains, de faire admettre, par un crétin, qu'il est un crétin.

 

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La politique n'est jamais affaire de conviction, mais de prospective.

 

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Le bon avenir de la France (comme des autres "nations" européennes), c'est l'Europe des régions et certainement pas l'Etat souverainiste local.

 

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Les mondes académique et politique sont incapables d'aborder un problème humain sérieux, sans l'enfermer, a priori, dans une grille de lecture idéologique. Et cette grille de lecture est "forcément" droit-de-l'hommiste, égalitariste, universaliste, humaniste, etc …

Etudier les problématiques du 21ème siècle avec les grilles de lecture idéologiques des 18ème et 19ème siècles conduit, inéluctablement, à des inepties.

Le problème est à la fois simple et terrible : nous vivons à 7,5 milliards d'humains sur une petite planète malmenée et exsangue qui ne peut en porter que deux milliards. Il y a donc, aujourd'hui, 5,5 milliards d'humains en trop qui doivent disparaitre d'une manière ou d'une autre dans les deux siècles qui viennent. Ce n'est pas en chantant que "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" que les choses vont s'arranger.

A Tsahal, on racontait cette parabole : deux hommes sont perdus dans le désert à trois jours de marche du premier point d'eau et ils ne possèdent de l'eau que pour une seule personne pendant deux jours et demi. A ce stade, le partage fait deux morts … Evidemment, en Israël, pour peu qu'il puisse encore exister quelques Juifs parmi les Israéliens, on peut toujours parier sur une intervention divine, comme aux bons vieux temps bibliques … mais le pari est tout de même assez risqué.

 

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L'individuel, toujours, doit primer le collectif.

 

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Le 27/02/2019

 

La Constitution française de 1958 (imposée par le sinistre De Gaulle) stipule :

 

"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale."

 

Traduction :

"La France est étatiste, jacobine, déspiritualisée, démagogique et socialiste".

 

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De Laurent Wauquiez ;

 

"Je ne crois pas à la vision proposée par Emmanuel Macron qui consiste en gros à dire que, dans la mondialisation que nous vivons aujourd’hui, l’époque des Etats-nations est terminée et que l’Europe devienne ce grand ensemble auquel nous allons transférer notre souveraineté."

 

Eh si ! T'as rien compris, mon pauvre Laurent ! L'Etat-nation est une notion dinosauresque, obsolète et délétère.

 

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Israël Knohl énonce une hypothèse, reprise et commentée par David Banon, quant à l'origine du judaïsme comme rencontre et mélange de trois souches, l'une venant d'Haran (avec le rite hittite lunaire du Shabbat - sapatou - et, sans doute, la déesse Ashérah), l'autre étant autochtone de Canaan (avec le dieu El et ses cultes lunaires) et la dernière venant d'Egypte (les Lévy-Apirou qui importent le dieu YHWH - ineffable et irreprésentable - dont le nom est emprunté au passage au pays de Madian mais dont l'essence perpétue le cosmothéisme d'Aton, hérité d'Akhenaton ; les Lévites de Moïse, acquis à sa religion, auraient quitté l'Egypte à la mort du pharaon "hérétique" pour fuir la restauration répressive et violente des cultes anciens).

A remarquer que les Lévites ne se sont jamais tout-à-fait mélangés avec les Juifs (ce nom - Yéhoudim - désigne les descendants de la tribu de Judah ou, plus historiquement, les habitants du royaume de la Judée dont les Lévites étaient les prêtres, sans aucun droit à la possession d'un patrimoine matériel).

Le Dieu du Judaïsme serait alors bien la conjonction de trois dieux : celui d'Abraham venu d'Haran, celui d'Isaac venu des montagnes de Canaan et celui de Jacob/Joseph (celui de la caste des Lévy de Moïse) venu d'Egypte via Madian.

De là, l'invraisemblable histoire de Joseph vendu par ses frères et devenant vizir de pharaon en Egypte (il fallait bien inventer un lien entre le troisième patriarche et l'Egypte).

De là aussi, l'insistance biblique à user de la formule : "le dieu d'Abraham, le dieu d'Isaac et le dieu de Jacob", et non cette formule qui eût été plus simple : "le dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob" : il s'agit bien de trois dieux différents et non d'un seul.

 

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La société israélienne a largement et profondément perdu ses enracinements bibliques.

Elle est devenue, comme le prévoyait le prophète Samuel, "une nation comme les autres nations". Elle a troqué - bien malheureusement - la tradition théocratique, sacralisante et sanctifiante du Judaïsme, contre un fonctionnement démocratique, laïque et politicard.

 

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Les "Paroles" (le deutéronome : cinquième et dernier livre de la Torah) : un rédacteur et une inspiration uniques, juste avant l'exil à Babylone, lors de la réforme de Josias (fin du 7ème siècle).

La Torah : des rédacteurs multiples, une inspiration unique (quatre livres rédigés après le retour de l'exil à Babylone au milieu du 6ème siècle).

La même inspiration pour les cinq livres. C'est cette inspiration unique qu'il convient de décrypter ; c'est cela, et cela seulement, la vocation intime et ultime de l'Etude.

C'est cette inspiration unique que l'on appelle "révélation" (sanctification, sacralisation) ou "dévoilement" (apocalypse).

Tous les vingt-quatre livres de la Bible hébraïque est le fruit d'une seule et même inspiration (dont la nature est radicalement différente de l'inspiration des écritures chrétiennes).

Que nous dit (inspire, révèle, dévoile), intemporellement, la Torah ?

Elle ne prononce qu'un seul mot (Deut.:6;4) : 'E'had, … c'est-à-dire "Un" !

Tout est Un.

L'Un, c'est la mystique kabbalistique.

L'Un, c'est la méthode talmudique.

L'Un n'est pas la négation des différences existentielles et phénoménologiques ; il est, au contraire, leur fondement immanent et leur résolution transcendante.

La négation des différences est le chemin le plus court vers la mort entropique, c'est-à-dire vers le néant, le non-étant, qui est tout autre que la Vacuité de l'Un.

 

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Dans les trois premiers "commandements" du décalogue du Sinaï, YHWH se définit comme un chemin de libération contre tous les esclavages, contre toutes les idolâtries et contre toutes les ignorances (par le culte du vrai Nom ultime).

Viennent ensuite les deux catégories de la profanité (désacralisation du monde par non respect du Shabbat) et de l'arrogance (mépris pour le père et la mère). Ensuite, les cinq piliers éthiques visent le meurtre, l'adultère, le vol, le mensonge et la cupidité.

Globalement, ce décalogue énumère les dix poisons qui saccagent la vie des humains.

 

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Toute philosophie ou spiritualité sont la conjonction de trois regards : l'un éthique (le rapport entre moi et le monde - dont les autres - qui est mon extériorité), l'autre existentiel (le rapport entre moi et le Soi intime qui est mon intériorité) et le dernier métaphysique ou mystique (le rapport entre moi et le Tout qui unit et transcende mon extériorité et mon intériorité).

Avec, respectivement, le Talmud, le Midrash et la Kabbale (les trois voies d'étude du texte biblique), le Judaïsme possède bien ces trois dimensions (les trois niveaux de lecture non littérale - Pshat - en témoignent : Rémèz, Drash et Sod).

 

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Si les humains étaient égaux, ils seraient interchangeables. Or, ce n'est jamais le cas. Dont acte !

 

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L'autre humain est-il un "tu" ou un "il" ? Cohen, Rosenzweig, Buber et Levinas (l'école existentialiste) répondent : un "tu". Moi, pas ! Si l'autre humain est un "tu", alors c'est Dieu qui est un "il".

 

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Le 28/02/2019

 

Selon Jérôme Fourquet, directeur du département opinion à l'Ifop, la France connaît un véritable bouleversement "anthropologique".

 

" La société est de plus en plus fragmentée et de moins en moins structurée par de grands clivages "

 

Dislocation des références culturelles communes, fin de la matrice catholique, instauration d'une société multiculturelle, fragmentation régionaliste, sécession des élites, éclatement du clivage gauche-droite …

 

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Comment confondre l'effet et la cause. Un épidémiologiste gauchisant (Wilkinson) voudrait faire des inégalités sociales la cause des problèmes d'obésité, d'alcoolisme, de drogue, de maltraitance, de violence, etc … D'abord, les statistiques, au niveau mondial, invalide royalement cette thèse.

Ensuite, si l'on veut bien remettre les pendules à l'heure, on comprendra évidemment que les plus crétins (les minus habentes) sont les moins bien adaptés à la réalité de plus en plus complexe de la vie contemporaine, et que cette inadaptation induit des comportements maléfiques envers eux-mêmes et/ou envers les autres. Le problème est que le niveau de crétinisme d'un individu ne se décrète pas, ne se pilote pas et ne se décide pas.

 

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Naguère, les crétins singeaient les élites. Aujourd'hui, ils singent les séries télévisées américaines.

 

*

 

Les grands basculements de la vie en France (et ailleurs) :

 

Dimension

AVANT

APRES

Idéologique

Gauche/Droite

Libéralisme/Populisme

Religieuse

Catholicisme/Athéisme

Naturalisme/Fondamentalisme

Politique

Républicanisme

Communautalisme

Territorial

Nationalisme/Mondialisme

Continentalisme/Régionalisme

Ethique

Légalisme

Hédonisme

Economique

Bourgeoisisme/Ouvriérisme

Frugalisme/Consumérisme

Elitaire

Elitisme économique

Elitisme cognitif

Technologique

Monde mécanisé

Monde numérisé

Ménagère

Prix/Quantité

Utilité/Qualité

 

*

 

Décidément, je préfère le mot "cosmothéisme" à celui de "panthéisme". Car le Kosmos est bien autre chose et bien plus que le Pan qui n'est que le "Tout" de ce qui existe et qui pourrait n'être qu'un Tas.

 

Dans l'idée de "cosmos", il y a celle d'ordre qui ordonne le Tout … et il y a donc celle d'un "principe d'ordre" qui orchestre le tout du Tout, de l'intérieur. C'est ce principe d'ordre cosmique ou universel qu'il faut identifier au principe suprême désigné par le mot "Dieu". Ce principe suprême - ce principe d'ordre -  qui préside à toute l'économie du Réel, est aussi un principe de cohérence et d'harmonie, le moteur de toute évolution, le moteur qui anime toutes les strates du Réel dont la Matière, la Vie et l'Esprit.

Ce principe ne crée rien (il n'y a donc pas de créationnisme), mais il fait tout émerger de lui au travers d'un processus global qui est constructiviste et créatif (il y a donc créativisme).

 

La sagesse, alors, consiste à appliquer le même principe d'ordre, la même économie d'évolution au règlement de sa propre existence. Ainsi, l'éthique se confond-elle avec la stricte conformation de l'existence humaine 'personnelle ou collective) avec le principe suprême qui préside à l'ordonnancement de Tout.

 

*

 

Philosophiquement (et très au-delà des acceptions esthétique, mathématique, épistémologique, psychologique ou politique de ce terme), par "constructivisme", il faut entendre une logique d'évolution qui échappe, à la fois, à tous les déterminismes (causaliste ou finaliste) et au hasardisme.

Le constructivisme consiste en une élaboration de "l'œuvre en cours" par un mouvement dialectique permanent entre potentialités internes et opportunités externes, au sein d'une tension entre ce qui a déjà été fait (la réalisation) et ce qui pourrait ou voudrait encore être fait (l'intention ou inspiration).

Cette intention ne détermine pas l'œuvre ; elle l'anime.

Ni déterminisme, ni hasardisme, donc.

 

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Le biologiste russe (soviétique et communiste, de gauche donc), Ilya Ivanov, après un long séjour en Afrique noire, osa écrire ceci en 1927 :

 

"La grande majorité des nègres sont des gens paresseux et stupides à qui l'on ne peut pas faire confiance."

 

Ecrirait-il encore la même chose aujourd'hui ?

 

* * *

 

[1] Du latin domus, la "maison". Offrir une belle maison commune, bien en ordre, et , surtout, ne pas s'occuper de ce que l'on y fait, de ce que l'on y vit.

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NOUVEAU : Le Tome 18 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement)