Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - Avril 2022

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

 

Le 01/04/2022

 

Les trois pôles sociétaux sont :

 

  • la prééminence du peuple (le Bonheur),
  • le prééminence de l'institution (l'Ordre),
  • la prééminence de la personne (l'Œuvre).

 

Voilà tout le triangle idéologique : populisme, étatisme et libéralisme.

 

*

 

Le paysage politique français, sol pourtant d'une extrême pauvreté (mais c'est précisément cette pauvreté qui en est la cause) a vu pousser une ronce infecte : Sandrine Rousseau, l'écolo-gauchiste stupide, ultra-égalitariste délirante, héritière des Trotskystes de '68.

Le plus étonnant chez cette idiote est de faire renaître des slogans justement oubliés : "Tout est politique" ce qui signifie que rien n'est privé puisque "le privé est politique", lui aussi.

Cette attitude, évidemment totalitaire, nie dans ses fondements toute liberté, toute autonomie, toute responsabilité et toute éthique personnelles. L'Etat et ses sbires doivent être partout, jusque dans vos lits et vos cuisines, dans vos salles de bain et vos divans pour tout contrôler, tout procéduraliser, tout normer.

C'est exactement cela, le totalitarisme.

Cette bouffonne, au nom de l'égalité, piétine l'essentiel : la libre et consciente complémentarité entre les sexes, entre les humains, entre les communautés, dans le respect absolu et réciproque des différences.

 

*

 

D'après Fondapol, il faut "cerner l’impact de la guerre russe en Ukraine sur le déroulement de la campagne et sur l’issue de l’élection présidentielle française. Son influence sur le scrutin pourrait être d’autant plus déterminante que les cadres classiques de la compétition électorale ont perdu une bonne part de leur capacité régulatrice : le rôle des médias est contesté par les réseaux sociaux, tandis que les candidats et les partis de gouvernement sont concurrencés, voire distancés par les populistes. Ce contexte singulier décrit une 'présidentielle de crises', au croisement de bouleversements internes et externes.".

 

*

 

A propos de la connaissance des mathématiques, "Challenges" titre ceci :

 

"Moins d'heures de lycées, des filles qui délaissent les sciences, des professeurs mal formés … Les grands patrons tirent la sonnette d'alarme face à un décrochage qui pénalise la reconquête industrielle."

 

Comme d'habitude, Challenges qui est à la botte du financiarisme, ne connaît que les "grand patrons" qui n'ont de "grand" que leur rémunération. Ces apparatchiks de la finance sont, en général, incapables de gérer seul une PME de vingt personnes. Bref …

Le message est pourtant vrai et clair : les générations montantes abandonne l'étude des mathématiques et des sciences exactes. Pourquoi ?

Parce que ces disciplines sont, précisément, des disciplines qui demandent rigueur, concentration, intelligence et persévérance … qualités dont ils sont en général dépourvu, préférant le vagabondage du zapping, la facilité du "savoir numérique", l'omniscience des "réseaux sociaux" et le "fun" de l'inutile fainéant.

 

Cette situation est alarmante.

 

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* *

 

Le 02/04/2020

 

Passer de la vie personnelle et locale à la Vie cosmique et globale au travers et au-delà de la mort.

 

*

 

Un rituel initiatique maçonnique est un processus complexe.

Il commence par une activité profane de préparation, une fébrilité commune dont le passage au Sacré va émerger.

Le processus commence par engendrer :

 

  • une dynamique temporelle (de Midi à Minuit),
  • une structure spatiale (la topologie de la Loge avec un monde humain plongé dans un monde symbolique),
  • une logicité initiatique (un ordre eidétique maçonnique qui vise à construire le Temple parfait à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers).

 

Le Réel suit un chemin en tous points identiques : une activité prématérielle (le vide quantique, les champs bosoniques ou l'énergie noire) qui engendre une dynamique (une intentionnalité à la fois conservative et constructive), une topologie (une substantialité à la fois concentrative et expansive) et une eidétique (une logicité à la fois unitive et créative).

 

On constate un parallèle frappant entre le processus initiatique et le processus cosmogonique.

 

*

 

Méditation sur la mort …

 

Il est temps de nous recueillir …

Nous recueillir sur quoi ?

Sur ce qui fut mais qui n'est plus.

Sur ce qui nous manque.

Sur ceux qui nous manquent.

Sur nos Compagnons disparus.

Sur ceux-là qui sont partis loin, trop loin, sur ceux-là qui ont laissé un trou béant dans nos cœurs, dans nos esprits, dans nos âmes …

Nous nous égarons dans les tristesses légitimes de la profanité. Chacun d'entre les humains a ses morts à pleurer, des manques parfois immenses que rien, jamais, ne comblera.

Chacun des humains, prisonnier des apparences et des illusions, ne sait quel mythe inventer pour adoucir ses souffrances face à la mort de ceux qui meurent.

Mais nous autres, initiés, ne savons-nous pas que la mort n'est que l'opposé de la naissance … Ne savons-nous pas que la Vie, elle, est éternelle et immortelle …

Mais ces souffrances existent bien et ces manquent existent bien … Ne faut-il pas apprendre à les exorciser … N'est-ce pas là Sagesse …

Nous pas exorciser la souffrance et le manque, mais en faire le deuil, les dépasser non dans l'oubli, mais dans la sublimation.

Le temps ne passe pas, il s'accumule.

Il s'accumule comme les cernes de l'arbre qui pousse. Chaque année, un cerne nouveau se construit qui enveloppera l'empilement des cernes des années précédentes.

La Vie engendre la Mémoire et le Mémoire s'accumule sous le Présent qui construit.

La mort n'existe pas. Elle est illusion. Elle est passage de la Vie à la Mémoire intemporelle et infinie où tout ce qui fut, continue d'être sans plus devenir.

La mort n'est qu'un passage …

... comme une porte non pas entre deux mondes, mais bien une porte entre deux modalité de la réalité du Réel.

Le parcours de la Vie nous fait passer de l'Equerre au Compas, du Carré au Cercle …

... il nous fait passer du Compagnon trucidé dont la "chair quitte les os", au Maître libéré qui renaît par les cinq points de perfection …

… il nous fait passer de la petite vie personnelle et locale à la grande Vie cosmique et globale au travers et au-delà de la mort …

... il nous fait passer non pas d'un monde à un autre comme le prétendent tous les dualismes et toutes les religions du Salut …

... il ne cherche aucunement l'Eternité ou l'Immortalité …

... mais il nous fait passer le temporalité à l'intemporalité …

... il nous fait rejoindre l'ineffaçable mémoire cosmique …

Mais alors, pourquoi cette tristesse qui nous ronge lorsque nous remémorons et commémorons nos morts ?

Mais alors pourquoi ce manque qui inscrit tant de vides dans nos cœurs et dans nos âmes ?

Parce que les Initiés restent, malgré tout, et bien heureusement, des êtres de chair et de sang.

Parce que l'indifférence ne serait qu'orgueil. Parce que la tristesse humaine et profane est le prix de la Joie divine et sacrée.

Parce que L'âme qui dépasse, ne renie ni le cœur qui ressent, ni l'intelligence qui comprend, ni la mémoire qui garde.

Parce que ce qui lie l'âme, le cœur, l'intelligence et la mémoire s'appelle la conscience.

La conscience du Réel et de sa propre réalité dont nous sommes tous des parties intégrantes.

La conscience est ce lien qu'il faut éveiller, par l'initiation, et qui appelle l'accomplissement de soi et de l'autour de soi, qui appelle la construction de ce Temple qui sera l'œuvre de notre vie et qui nous dépassera à jamais.

Ce n'est pas moi qui suis !

Ce n'est pas moi qui existe, c'est la matière qui se façonne à travers moi.

Ce n'est pas moi qui vit, c'est La vie qui se vit à travers moi.

Ce n'est pas moi qui pense, c'est l'Esprit qui se pense à travers moi

En conséquence, ce n'est pas moi qui meurt, puisque ce "moi" est une illusion.

La Substance demeure ; seules les formes, les modalités et les mouvements se transforment.

Seule le Loi divine qui ordonne l'Ordre, est et demeure intemporelle.

La Matière est intemporelle.

La Vie est intemporelle.

L'Esprit est intemporel.

Aucun ne meurt jamais puisqu'aucun n'est jamais né.

La Matière de la pierre que nous taillons, la Vie du chantier où nous œuvrons, l'Esprit du Temple que nous construisons : voilà la porte de l'intemporalité au-delà de la mort.

Tout ce qui existe et que nous sentons ou vivons ou pensons, n'est qu'une vague à la surface de l'Océan.

Mourir, c'est passer de la vague à l'océan.

La vague manifeste l'océan, mais elle n'est pas l'océan.

La vague est une ondulation de surface, une onde éphémère, un tressaillement.

Et chacun d'entre nous, mes FFF.:, n'est qu'une vague à la surface de l'océan, un vague qui naît de l'océan, qui œuvre sur l'océan et qui retourne à l'océan. La mort n'est que ce retour.

Les vagues, ensemble, constituent la monde profane. Et chaque vague se prend pour un étant, pour un en-soi, pour un être distinct et distinguable … alors qu'il n'en est rien.

L'océan sous les vagues, qui les porte, les engendre et les reçoit, constitue le monde sacré.

L'océan ne nie pas les vagues, mais il les transcende.

Il leur donne sens et valeur.

Chaque humain ne vaut que par ses œuvres.

Aucun ne vaut par lui-même.

Le fait de naître ne donne aucune dignité particulière. Seulement un "être-là" pour en faire quelque chose.

Exister n'est pas vivre.

Vivre est bien plus qu'exister.

Vivre, c'est construire.

Vivre, c'est construire ce qui nous dépasse.

Vivre, c'est participer et contribuer à l'océan qui a fait de nous ses vagues qui le manifestons afin de le construire.

Vivre, au sens initiatique et sacré, c'est construire de la valeur d'intemporalité au-delà de la manifestation.

Vivre, c'est accomplir.

Mais, qu'y a-t-il donc à accomplir ?

Oui, si l'homme ne vaut que par ses œuvres, quelle est l'œuvre qui fera valoir les hommes et qui donnera sens et valeur à leur existence ?

La réalité du Réel est en construction. Et cette construction a son Architecte, elle a son chantier et elle a ses œuvriers. Ce sont les trois pointes de notre Triangle : le Grand Architecte de l'Univers, le Chantier du Chapitre et les Compagnons de la Sainte Arche Royale.

Le Cercle se ferme ...

... et le Triangle y est inscrit.

La naissance et la mort ne sont qu'humaines.

Il faut apprendre à dépasser l'humain et à tendre vers le divin …

... oui, mais sans devenir inhumain.

Il faut donc viser le surhumain, ce qui dépasse l'humain … mais rester bien enraciné dans l'humain

Bien enraciné dans l'Univers de la Matière.

Bien enraciné dans la Vie de la Nature.

Bien enraciné dans l'Ordre du Cosmos.

Bien enraciné dans le respect et l'amour de soi et de l'autour de soi.

Bien enraciné dans l'accomplissement et l'épanouissement de soi et de l'autour de soi.

Bien enraciné dans la joie et la droiture en soi et autour de soi.

 

*

 

Nous ne vivons pas sur la planète Terre, mais bien dans la planète Terre faite d'une lithosphère (où vivent les lombrics), d'une aquasphère (où vivent les poissons) et d'une atmosphère (où nous vivons avec beaucoup d'autres espèces). Au contraire des oiseaux, mais comme les arbres, nous vivons à l'interface entre la lithosphère et l'atmosphère, dans la planète Terre.

Ce simple changement de préposition, change toute la perspective. Nous sommes "dans" : dans notre planète, dans notre système stellaire, dans notre galaxie, dans l'univers. Ce "dans" est essentiel pour faire comprendre que nous sommes totalement et intégralement une partie intégrante et prenante de la réalité du Réel.

Tout en nous fait partie de cet Univers, de cette Nature et de ce Cosmos qu'est le Réel. Rien, en nous, ne lui est étranger.

Le surnaturel n'existe pas. Nulle part. Ni le "suruniversel", ni le "surcosmique".

Le Divin est l'Âme (anima, en latin) du Réel, immanent au Réel ; il est présent partout, en nous et autour de nous.

Il faut définitivement sortir du dualisme ontique instauré par Pythagore, suivi par Platon, puis par les christianismes et les islamismes.

Le Réel est Un ! Monisme radical, donc.

 

*

 

De Nelson Mandela :

 

"Le monde a plus que jamais besoin de notre lumière et non de notre obscurité."

 

Et il sait de quoi il parle, lui, l'obscure créature de la CIA, lui le terroriste meurtrier, lui qui s'est contenté de récupérer pour son compte (grâce à la démocratie au suffrage universel instaurée par Frederik Willem de Klerk et à l'aide des USA via son épouse Winnie – condamnée après pour détournement de fonds) l'abolition (par le même de Klerk) de la ségrégation raciale en Afrique du Sud.

C'est de Klerk qui a fait tout le boulot et c'est Mandela qui en a tiré toute la gloriole.

 

*

 

De Mickaël Launay :

 

"Comment faire de la science quand le monde semble liquide et coule de nos mains chaque fois que nous tentons de le saisir ?"

 

Cette idée de la fluidité du Réel, malgré, de-ci de-là, l'apparente solidité de certains fragments assez rares somme toute, est un regard essentiel : la matière n'est que de l'activité (donc du "fluide") encapsulée. La réalité profonde du Réel est fluide ! Une continuité unitaire et fluide ; un océan qui s'écoule dans son espace, son temps et l'accomplissement de soi.

 

*

 

Une question demeure, sans cesse, depuis longtemps, lancinamment posée : notre regard sur l'univers passe par un choix de certaines "grandeurs" (distance, durée, masse, entropie, …). Mais pourquoi ces paramètres-là et pas d'autres ?

D'où vient, donc, notre grille de lecture du Réel ? Pourquoi ce choix-là ?

Cette question fut – entre autres – étudiée par Immanuel Kant ; étudiée, mais certes pas élucidée.

Il est cependant assez évident que le choix de certains de ces paramètres "fondamentaux" est lié à l'organisation de la perception par nos sens physiologique et à l'interprétation qu'en donne, inconsciemment, notre pensée toujours forgée à l'enclume de la survie primitive : si tu construis ton action sur de mauvais paramètres, tu mourras sous la dent ou la griffe de quelque prédateur préhistorique. Ces paramètres ont été retenus parce qu'ils "collent" assez au Réel pour permettre l'anticipation des dangers ou des opportunités. Ils "collent" pas mal aux exigences de la survie humaine, sur Terre, dans la Nature alors encore sauvage. Mais ailleurs ? Mais dans d'autres circonstances ?

 

*

 

D'où vient donc ce besoin impérieux de "quantifier" qui est le propre de la pensée humaine (l'invention des nombres et du calcul est bien antérieure à l'invention des lettres et de l'écriture) ?

Le Réel est-il quantifiable ? Est-il réductible aux nombres, aux calculs et aux mathématiques ?

Pourquoi donc le serait-il ?

 

Et si de plus on part de l'idée que chaque chose qui existe est unique et différente de toutes les autres, même de celles qui lui ressemblent, alors il est logiquement évident que tout dénombrement est fallacieux et impossible. Chaque chose est une. Et le deux ou le trois n'ont aucun sens et n'existent pas. On ne peut dénombrer que ce qui est identique. Or, rien ne l'est.

Exit, donc, la mathématisation du Réel qui nécessite trop d'idéalisations (c'est-à-dire de gommage des différences) pour être fiable.

Un nombre, quel qu'il soit, n'est jamais que le cardinal d'un ensemble de choses que l'on décide de considérer comme identiques.

Cette idéalisation est bien tout le fondement de l'idéalisme fondé par Pythagore et repris par Platon.

Très généralement, toute mathématisation est une idéalisation, donc une falsification de la réalité du Réel.

Mais une idéalisation souvent bien pratique … faute de mieux, faute d'un autre langage plus proche de la réalité du Réel et de sa logicité.

 

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Le langage algorithmique simule ; il ne calcule pas comme le langage mathématique. Mais il est tout autant idéalisant.

 

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Le langage scientifique de demain ne calculera ni ne simulera, au travers d'idéalisations plus ou moins fallacieuses.

Le langage scientifique de demain devra exprimer la logicité processuelle du Réel sans passer par des "grandeurs" mesurables et quantifiables.

Il devra décrire des enchaînements "logiciels" que l'on pourra, après coup, idéaliser pour les rendre calculables ou simulables, à des fins pratiques.

Mais ce langage sera "en amont" des langages mathématiques ou algorithmiques, en prise directe sur le réalité du Réel.

 

Une piste est d'investiguer les langages métaphoriques rigoureux dont le vieil exemple, toujours d'actualité, est le Yi-King chinois avec son monogramme Yin-Yang, symbole de toutes les bipolarités, avec ses huit (23) trigrammes qui font donc état de trois bipolarités fondamentales (topologique, dynamique et eidétique) et de ses soixante-huit (8²=26) hexagrammes (l'état du processus et l'état du monde alentour), tous dédoublés : le premier représentant l'état actuel du processus et le second montrant son état futur souhaitable.

 

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Les mathématiques libèrent des contraintes du réel ; c'est exactement cela leur problème de fond.

 

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Je crois qu'il y a un rapport étroit entre efficacité et harmonie, entre logicité et élégance, entre complexité et simplicité, entre optimalité et esthétique, entre utilité et dépouillement, entre essentialité et pureté, entre vérité et clarté, entre génie et humilité, etc …

Encore un effets magiques des bipolarités qui sont le moteur du Réel.

 

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Le 03/04/2022

 

La complexité réelle n'est jamais réductible à une matrice quelconque, mais il est indispensable, pour toute situation complexe, de disposer d'une grille de lecture bien faite afin de se poser les bonnes questions et de diagnostiquer les impasses.

 

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La voie spirituelle initiatique est forcément élitaire, voire aristocratique.

Elle est élitaire parce qu'elle ne s'adresse pas aux masses enfermées dans leur "panem et circenses", qui existent sans vivre, qui passent leur temps sans prendre le temps, qui fonctionnent hors de toute vue et vie mystiques ; cette voie recrute par sélection et élection.

Elle est aristocratique parce qu'elle met chaque humain éveillé au service de ce qui le dépasse absolument – la Vie et l'Esprit – au-delà de toute considération égotique, donc en contradiction, voire opposition avec le nombrilisme (individuel ou collectif) des masses.

 

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Mon parcours spirituel initial fut, sommairement, le suivant :

 

  • 1968 : découverte de la notion spinozienne de "Dieu" (du Divin") en lisant "Comment je vois le monde" d'Albert Einstein.
  • 1975 : septembre : Initiation à l'Ordre du Phallus (une "secte" étudiante dionysiaque dont je devins Grand Maître en 1976).
  • 1975 : novembre : initiation à la Franc-maçonnerie.
  • 1977 : découverte du Taoïsme par la lecture du "Tao de la Physique" de Fritjof Capra.
  • 1979 : Entrée dans la voie kabbalistique.

 

Aujourd'hui, à près de 70 ans, je suis rester clairement fidèle à ces métaphysiques monistes et à mes sources panenthéistes : spinozisme, dionysisme (Nietzsche), maçonnisme, taoïsme et kabbalisme

 

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Pour connecter le langage métaphorique du Yi-King et la cosmologie, il faut utiliser la matrice de correspondance suivante :

 

 

Yin

Yang

Substantialité topologique

Concentrative

Expansive

Intentionnalité dynamique

Conservative

Constructive

Logicité eidétique

Unitive

Créative

 

Le Réel suit un chemin sur trois dimensions, chacune bipolaire : une substantialité topologique à la fois concentrative et expansive, une intentionnalité dynamique à la fois conservative et constructive, et une logicité  eidétique à la fois unitive et créative.

 

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De Wikipédia :

 

"Aristote cherche à démontrer l'Unité de Dieu, mais il considère qu'il ne peut être le créateur de l'univers. La connaissance de Dieu n'est alors qu'une extension de la connaissance de l'univers et par conséquent elle n'a nul besoin d'être le fruit d'une révélation ou prophétie. Elle peut être le fruit de la seule raison et de la seule connaissance.

 

Pour les philosophes péripatéticiens de la Grèce antique, l'âme est seulement une aptitude et une capacité naturelle, qui peut atteindre d'une façon passive la perfection. Cette capacité peut, à force de vertu et par la connaissance, être qualifiée pour une union avec l'intellect et ensuite seulement être unie à Dieu. Pour admettre cette théorie, il est nécessaire de nier l'immortalité de l'âme."

 

Rien à redire ! Sauf … que l'intuition, alimentée par des textes "sacrés" ou d'autres sources aussi contemplatives ou mystiques, est indispensable pour nourrir la raison avec des hypothèses non rationnellement démontrables.

C'est en cela que spiritualité et rationalité forment une bipolarité essentielle dont les tensions et les dialectiques sont les moteurs de la pensée.

Quant à l'immortalité d'une âme personnelle, c'est effectivement une affligeante ânerie

 

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D'Armand Robin :

 

"Les signes indiquent tout, n'expliquent rien."

 

Mais tout est signe. Donc tout indique la réalité du Réel, dans son déploiement (topologique), dans son évolution (dynamique) et dans complexion (eidétique).

Tout est signe. Et tout signe doit être regardé et vu ; pour ensuite être interprété et compris ("pris avec").

La vie est une constante herméneutique.

 

Et c'est encore la problématique du langage qui s'impose lorsqu'il s'agit de formuler cette interprétation compréhensive.

Quel est le langage adéquat.

 

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Dans la présentation du "Voltaire méconnu" de Xavier Martin, il est dit du :

 

"(…) grand « philosophe » de la « tolérance » : haine ou mépris du genre humain en général, et des gens modestes en particulier ; mépris des femmes, jusqu'au sordide ; haine des religions, à l'occasion jusqu'au délire ; mépris des Noirs et des Arabes ; haine pathologique à l'égard des Juifs, jusqu'à certains fantasmes d'extermination (qui à l'occasion visent aussi les Turcs) ; mépris des Calas, que Voltaire en douce, avec insistance, tient pour « imbéciles » ; exécration de jeunes auteurs dont il approuve (ou manigance !) l'enfermement par lettre de cachet ... Cette énumération n'est pas limitative. "

 

Je suis de moins en moins seul à penser que François-Marie Arouet, dit "Voltaire", comme beaucoup de ceux que l'on appelle les "Lumières" françaises (Rousseau, d'Holbach, Diderot, Helvétius, …) ne fut, à son époque, qu'un minable polémiste, rongé de ressentiment (de n'être pas né "noble") et d'aigreur.

Rien à voir avec un Montesquieu (peut-être la seule "Lumière" de cette époque en France … d'ailleurs formé en Angleterre). Et rien à voir avec les penseurs de l'Aufklärung allemande (Lessing, Fichte et Kant en tête) ou de l'Enlightenment britannique (Locke et Hume en tête).

Sauf quelques très rares plumes, les "Lumières" françaises furent terriblement obscures et insignifiantes : une légende moderne forgée à la fin du 19ème siècle pour nourrir la république (laïque et sociale) naissante qui, de même, inventa la "Révolution française".

 

*

 

Le confucianisme, au contraire du taoïsme, est dualiste ; il oppose le Ciel et la Terre.

Confucius, en somme, est un peu le Platon de la pensée chinoise, alors que Lao-Tseu en serait plutôt l'Héraclite.

Et contrairement à ce que beaucoup croient, comme en Occident, largement platonicien, dualiste et idéaliste (dans cette grande caisse de résonance que fut le christianisme), la Chine est profondément confucéenne (Mao-Tsé-Toung et Xi-Jinping en sont de tristes exemples) ; le taoïsme n'y est que marginal, affaire d'intellectuels marginaux et libertaires.

 

*

 

La seule vraie tradition radicalement moniste dans l'histoire humaine, outre le taoïsme, fut le Vedanta Advaïta, en Inde.

 

*

 

Pour l'Advaïta Vedanta, le Réel au sens le plus ultime et sublime du terme, l'Un absolu, est le Brahman dont Wikipédia dit ceci :

 

"Selon Shankara, le Brahman est l'Un, l'ensemble et la seule réalité dans le monde. En dehors du Brahman, rien d'autre, y compris Dieu, l'univers, les objets matériels et les individus, n'est vrai. Le Brahman est au mieux décrit comme la réalité infinie, omniprésente, toute-puissante, incorporelle, impersonnelle, transcendante et immanente, qui est l'essence divine de toute existence. Bien que n'étant pas une substance physique, il est la base du monde matériel, qui est sa transformation illusoire. Le Brahman est la cause du monde. On dit de lui qu'il est la connaissance la plus pure et qu'il resplendit comme une source de lumière infinie.

 

En raison de l'ignorance, le Brahman est confondu avec le monde matériel et ses objets. Le véritable Brahman est sans-attribut et informe. En l'être humain, il est partiellement perçu comme étant le Soi, l'Absolu et l'Impérissable (rarement objet d'adoration, mais plutôt de méditation). Le Brahman est en fait indescriptible. Shankara dit que Brahman ne peut pas être identifié avec la vacuité du Bouddhisme. Au mieux, on le considère comme la Vérité infinie, la Conscience infinie et la Félicité suprême. Aussi, le Brahman transcende les différences : nul ne lui est semblable parce qu'il ne peut y avoir deux Brahman. Nul ne lui est différent car il n'y a personne existant en dehors de la réalité du Brahman. De même, qu'il n'est pas sujet à des transformations substantielles. Il est Un, uni-substantiel et immuable. (…)  Le monde apparaît très bien ordonné et harmonieux ; la raison pour ceci ne peut pas être un principe inconscient, hasardeux. La raison doit être le Brahman. (…) Brahman est la base de ce monde créé."

 

Aujourd'hui, bien des sages indiens poursuivent l'œuvre de Shankara comme, par exemple :  Ramakrishna, Vivekananda, Maharshi, …

Du côté européen, Shankara est proche des héraclitéens, des stoïciens et des néoplatoniciens, mais aussi de Maître Eckart ou de Spinoza, voire de Clément Rosset …

 

Bien entendu, le panenthéisme se comprend et se vit comme un monisme radical semblable à l'Advaïta Vedanta.

Il faut y réinsister : le monisme est inconciliable avec ces dualismes ontiques que sont les monothéismes.

 

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Les cinq éléments chinois …

Dans le pentagone extérieur : le Feu nourrit la Terre (via la cendre), qui nourrit le Métal (via les minerais), qui nourrit l'Eau (via la forme), qui nourrit le Bois (via les racines), qui nourrit le Feu (via la bûche).

Dans pentagramme intérieur : le Feu détruit le Métal (en le fondant), qui détruit le Bois (en le sciant), qui détruit la Terre (en s'en nourrissant), qui détruit l'Eau (en l'absorbant), qui détruit le Feu (en l'éteignant).

 

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Tout est impermanent ; c'est la seule permanence.

 

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De Daniel Giraud :

 

"La divination n'est pas de prédire l'avenir, comme le croient les gens primaires, bornés par leurs croyances respectives. Les méthodes divinatoires font connaître la situation et suggèrent au consultant l'adaptation la meilleure. (…) savoir penser et agir suivant la situation afin d'arriver à ce que l'on espérait. (…) Agir au bon moment suivant la situation."

 

Donc, l'état actuel et l'état souhaitable ou envisageable ou enviable ou probable.

 

Même si je n'aime guère le mot "divination" (qui a des relents magiques), je n'aime guère mieux le mot "prédiction" (qui sous-entend un déterminisme finaliste ou causaliste qui ne correspond pas au Réel).

Il s'agit, en fait, et métaphoriquement, de décliner les options de construction étant donné l'état d'avancement du chantier et le champ des contraintes réelles.

 

Et Daniel Giraud d'ajouter :

 

"Tout est relié. (…) Il s'agit de percevoir cette situation de façon globale, là même où, en fait, tout compte."

 

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La métaphore du chantier est très puissante.

Il y a ce qui est déjà construit et qu'il faut conserver.

Il y a ce qui est en cours selon les disponibilités réelles, le tout dans un champ de contraintes externes et internes.

Il y a le projet architectonique et les plans qui en découlent, avec des variantes possibles (plus simples, plus complexes, plus sobres, plus riches, plus rapides, plus longues, plus solides, plus légères, etc …).

Il y a des choix et des arbitrages à faire qui tiennent compte à la fois de la situation réelle et des possibles qui restent ouverts.

Ces décisions reposent tant sur des données analytiques que sur des visions globales (holistiques) ; ces décisions doivent être rationnelles et optimales, mais elles ne sont ni mathématisables, ni algorithmisables.

Elles relèvent d'un art : l'art d'un bon chef de chantier.

 

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De Nietzsche au sujet du Réel :

 

"Le changement, le devenir, la pluralité, l'opposition, la contradiction, le combat."

 

Bref : la bipolarité … dans l'unité globale et l'interdépendance générale.

 

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Le 04/04/2022

 

L'énergie cinétique d'un corps mesure l'ampleur de son activité motionelle. Elle vient s'ajouter à l'énergie massique encapsulée dans ce corps. Donc, la masse de celui-ci augmente et, aussi, son inertie qui va le décélérer.

On comprend, alors, pourquoi la relativité restreinte pose qu'il existe une vitesse maximale limite : c'est l'état où la masse totale du corps devient "infinie" ainsi que son inertie, et que toute accélération supplémentaire devient impossible.

 

 

Lorsque la vitesse v du corps atteint la vitesse limite c indépassable, le dénominateur devient nul et la masse m devient infinie, quelle que soit la masse au repos m0.

 

Dans la même logique, l'énergie d'un photon f de fréquence f et de masse en mouvement mf est égale à :

 

E = h.f = mf.c²

 

La masse au repos de ce photon (dont la vitesse est c), est :

 

 

 

La masse au repos d'un photon est donc nulle.

 

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De mon ami François Introvigne :

 

" «Nous ne savons pas ce qui nous arrive et c’est précisément ce qui nous arrive», écrit José Ortega y Gasset. Que nous arrive-t-il ? Qu’arrive-t-il à la France ? Au monde ? Notre impéritie vient-elle d’une myopie à l’égard de tout ce qui dépasse l’immédiat ? d’une perception inexacte ? d’une crise de la pensée ? d’un somnambulisme généralisé ? Tant de certitudes ont été balayées ! Comment naviguer dans un océan d’incertitude ? Comment comprendre l’histoire que nous vivons ? Comment admettre enfin que, en dégradant l’écologie de notre planète, nous dégradons nos vies et nos sociétés ? Comment appréhender le monde qui se transforme de crise en crise ? Comment concevoir l’aventure inouïe de notre humanité ? Est-ce une course à la mort ou à la métamorphose ? Serait-ce à la fois l’un et l’autre ? Réveillons-nous !"

 

Il ne nous arrive que ce qui est prévu depuis quarante ans … du moins pour ceux qui lisent mes travaux de prospective.

 

*

 

A lire les Evangiles, Jésus est un beau parasite.

Il vit au crochet de ses "disciples" ou "auditeurs", il se laisse invité partout, il ne travaille pas, il se ballade tout le temps, il ne construit rien.

Un vrai hippie (ce n'est pas un hasard s'il est, précisément, devenu un symbole de la contre-culture américaine dans les années 1960 et 1970).

Heureusement pour le christianisme et son continuation, qu'il y eut ce névropathe de Paul de Tarse, le Juif renégat, le citoyen romain adopté par une famille romaine patricienne.

Ce sont l'argent et le pouvoir romains qui ont fait triompher le christianisme. Jésus et les judéochrétiens (l'Eglise de Jacques, à Jérusalem) n'y sont pour presque rien.

A l'origine, avant de récupérer (malgré Marcion) le Tanakh, le christianisme est de culture romaine (et passe d'ailleurs inaperçu dans la culture juive de l'époque).

Paul, l'apôtre des Gentils (des non-juifs), a inventé une nouvelle religion romaine (de langue grecque) pour les Gentils, une religion n'ayant aucune racine sérieuse en Judée

 

*

 

Les trois bipolarités (autre formulation) …

 

 

Yin

Yang

Substantialité topologique (Matière)

Encapsulement

Débordement

Intentionnalité dynamique (Vie)

Perpétuement

Grouillement

Logicité eidétique (Esprit)

Nivellement

Engendrement

 

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Les principes cosmosophiques sont simples :

 

  • La Substantialité nourrit tout ce qui existe et s'incarne dans toute Matière.
  • L'Intentionnalité meut tout ce qui existe et s'accomplit dans toute Vie.
  • La Logicité gouverne tout ce qui existe et s'impose dans tout Esprit.

 

Aussi, pour chaque éveillé, pour chaque sage, pour chaque initié (ces trois mots sont synonymes), l'existence implique, respectivement :

 

  • L'accomplissement de l'autour de soi pour le monde.
  • L'accomplissement de soi pour la joie.
  • L'accomplissement de son œuvre pour la divinité.

 

Pour cela, apprendre à "éveiller" purement et naturellement :

 

  • sa sensitivité et sa rationalité (topologique),
  • son identité et sa volonté (dynamique),
  • son intuitivité et sa créativité (eidétique).

 

De ces six, sont Yang (actifs, en conception), la volonté, la créativité et la rationalité … et sont Yin (passifs, en perception), l'identité, l'intuitivité et la sensitivité.

 

*

 

La notion de bipolarité induit naturellement celle de complémentarité.

Un pôle n'existe jamais sans l'autre. Ils sont indissociable et indispensable l'un à l'autre.

Pourvu qu'elle soit dissipée convenablement (optimalement), la tension entre eux n'est en rien un facteur négatif ; elle est, tout au contraire, le "carburant" de toute transformation d'état (mouvement topologique, accomplissement dynamique ou émergence eidétique).

 

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Selon les "Annales de la montagne escarpée" (écrit taoïste) :

 

"Toutes les apparences sont des illusions."

 

L'apparence n'est que perception partielle et partiale d'une manifestation.

La réalité du Réel est tout en-dessous des apparences.

La vague n'est en rien l'océan.

Et la vision de la vague n'est pas la vague elle-même.

 

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Dans un trigramme du Yi-King, le trait inférieur indique l'origine, la persistance et l'intériorité, et le trait supérieur, l'intention, l'accomplissement et l'extériorité ; quant au trait médian, il représente le moteur de la transition entre les deux.

 

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Le taoïsme est une spiritualité mystique.

Le confucianisme est une idéologie politique.

 

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Toute société possède trois pôles : la personne (individuelle), la communauté (collective) et l'institution (autoritaire).

Qui est au service de qui ? La réponse donnée est la racine de toutes les idéologies.

Trois réponses sont possibles :

 

  • La communauté et l'institution au service de la personne. C'est le libéralisme.
  • L'institution et la personne au service de la communauté. C'est le socialisme.
  • La personne et la communauté au service de l'institution. C'est le totalitarisme.

 

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* *

 

Le 05/04/2022

 

Toute pervers nocif et destructeur accuse toujours les autres de ses propres turpitudes :

 

  • Le pervers accuse l'autre de perversité.
  • Le manipulateur accuse l'autre de manipulation.
  • Le tortionnaire accuse l'autre de torture.
  • Le menteur accuse l'autre de mensonge.
  • Le séducteur accuse l'autre de séduction.
  • Le dictateur accuse l'autre de dictature.
  • L'agresseur accuse l'autre d'agression.
  • L'avare accuse l'autre d'avarice.
  • Le mégalomane accuse l'autre de mégalomanie.
  • Etc …

 

Cela rappelle cette belle définition de Sacha Guitry : "Un égoïste, c'est quelqu'un qui ne pense pas à moi !".

Un fabuleux exemple d'actualité en est Vladimir Poutine.

 

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Les six faculté de l'Esprit sont bien représentées sur le schéma ci-dessous :

 

 
   

 

 

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La question de la mort (et, surtout, d'une "vie après la mort") ne se pose pas.

La mort n'est que le symétrique de la naissance. Avec la naissance, la Vie s'incarne et, avec la mort, elle se désincarne – et change de forme -, mais la Vie, elle, ne meurt jamais ; elle est éternelle, immortelle, et intemporelle.

De même, la question de l'âme est toujours mal posée : l'âme, c'est ce qui anime tout ce qui existe. Tout ce qui évolue, est animé par une âme qui symbolise sa vocation existentielle, sa soif d'accomplissement.

Et, évidemment, cette âme, non seulement se transforme au fil de la vie (elle n'a donc rien d'immuable, de fixe, de "personnel" au sens d'identifiable à une personne précise, idéalisée et permanente), mais elle s'éteint au bout de l'existence, mission plus ou moins accomplie.

L'âme – aucune âme – n'est immortelle ; en revanche, la soit d'accomplissement (l'Intention) est universelle et immortelle.

L'océan est infini, immortel et intemporel, mais chacune des vagues à sa surface n'est qu'épiphénomène local et éphémère … et sa forme varie au cours du temps, mais sa fonction demeure : dissiper les tensions entre l'eau de l'océan et l'air du vent, entre la Substantialité et l'Intentionnalité.

 

*

 

L'immortalité serait une terrible punition. Plus rien n'aurait ni sens, ni valeur. Un interminable ennui serait de lot d'une telle existence dont la finitude est précisément le ferment et la sève.

 

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La naissance est bien plus angoissante que la mort.

 

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La peur de la mort n'est qu'une preuve d'égotisme, de narcissisme et de nombrilisme.

Qu'est-ce qu'une personne ? Tout pour elle, mais presque rien pour le Réel, surtout si elle n'accomplit pas sa mission.

 

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Chaque personne ne vaut que par ses actes et par ses œuvres. Par elle-même, elle ne vaut rien.

 

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Le problème n'est pas la mort, mais la souffrance : celle du corps qui vieillit, celle du cœur qui perd ceux qu'il aime, celle de l'esprit qui voit ce que l'on détruit.

Mais la souffrance est toujours une construction de l'esprit ; seule la douleur physique est réelle (c'est d'elle, et d'elle seule, qu'il faut se méfier et se démunir).

 

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Les analgésiques sont plus utiles que les anxiolytiques …

 

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La souffrance, en tant que construction de l'esprit, doit être vaincue de l'intérieur. Elle n'exprime que l'écart trop profondément ressenti entre ce que l'on vit et ce que l'on désirerait vivre. Elle exprime cette tension entre réalité et fantasme.

Pour vaincre la souffrance, ainsi que l'a dit le Bouddha - mais aussi bien d'autres que lui, dont, d'abord, les stoïciens -, il "suffit" d'annihiler tout désir, toute espérance, tout phantasme, tout idéal, et de trouver dans le Réel d'ici et maintenant, toutes les raisons d'accomplissement et de joie.

Car la souffrance n'est rien d'autre que cela : l'antithèse de la Joie.

Et la Joie, nous rappelle Spinoza, n'est que la conséquence de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Face au malheur - le "mal heur" qui est la "mauvaise chance" -, la seule attitude est d'arriver à sublimer la rupture et d'en faire son deuil (cfr. Elisabeth Kübler-Ross) : retrouver le chemin de la Vie et y retourner au-delà des naissances et des morts éphémères.

 

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Les dieux – et Dieu – sont d'abord une réponse à la peur de la mort ; ils sont l'autre nom d'une espérance d'immortalité.

Mais les dieux, depuis longtemps, ont aussi symbolisé et personnifié les forces de la Nature qui peuvent se montrer fastes ou néfastes, favorables ou défavorables, donc engendreurs de joies ou de souffrances ; ils sont alors l'autre nom d'une espérance de prospérité.

 

Quant à moi, je ne veux retenir que cette seconde version du Divin en tant que source immanente de Joie, de toute Joie. L'autre version n'est que pure superstition, philosophiquement sans intérêt : l'immortalité serait terrible !

 

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La peur de la mort reflète une inaptitude à la Vie, une forme de handicap à la fois existentiel et spirituel.

 

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La Foi nourrit la Connaissance.

La Connaissance nourrit la Foi.

La Foi proclame l'Un.

La Connaissance comprend l'Un.

 

Les croyances nourrissent l'ignorance.

L'ignorance appelle les croyances.

Les croyances supposent des miracles surnaturels.

L'ignorance réclame des miracles surnaturels.

 

 

*

 

La Foi proclame ; elle ne croit en rien. Elle sait !

Elle n'a rien à voir avec les croyances, religieuses au antireligieuses.

 

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Ne soyez donc ni croyants, ni incroyants. Pensez au-delà de toutes les croyances, là où la Foi et la Connaissance, l'intuitivité et la rationalité se rejoignent, se fondent et s'enrichissent dialectiquement.

 

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Le grand tripôle Terre-Homme-Ciel doit être méditer.

Deux grandes lectures se proposent …

Soit, l'Homme comme pont entre deux mondes : l'un, la Terre, royaume de la Nature et l'autre, le Ciel, royaume de Dieu (dualisme ontique, affirmé comme tel, notamment par le christianisme).

Soit, l'Homme comme transition entre la généalogie, symbolisée par la Terre c'est-à-dire ce qui est déjà accompli, et la téléologie, symbolisée par le Ciel c'est-à-dire ce qui reste à accomplir (monisme ontique, affirmé comme tel, notamment par le taoïsme).

 

C'est évidemment ce second sens qui est le mien.

 

*

 

La Nature (de natura) : ce qui fait naître. Autrement dit : Dieu.

Deus sive Natura.

En grec, Physis (dont dérive notre "physique") est aussi "ce qui engendre", "ce qui fait naître ou pousser ou germer".

 

*

 

La Nature n'est pas notre "milieu", hors de nous et face à nous ; la Nature est ce dont nous procédons intégralement.

Elle aussi est éternelle, immortelle et intemporelle, mais en évolution permanente vers son propre accomplissement, au fil des naissances et des morts qui s'entremêlent sans cesse.

 

*

 

Lorsque les physiciens disent que "tout est énergie", ils disent en fait que "tout est activité" (l'énergie étant une mesure de l'activité soit encapsulée, soit libérée) ; mais ils oublient de dire que face à l'énergie, il y a l'inertie (la résistance au changement), le tout dans une dialectique entre, d'une part, la compaction et l'expansion, et entre, d'autre part, l'entropie et la néguentropie, (c'est-à-dire sur la flèche d'un temps orienté).

Et tout cela harmonisé par un grand principe de dissipation optimale des tensions.

 

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L'étymologie du mot "énergie" est intéressante : en grec, l'énergie (en ergon), c'est ce qui est "en travail" ou "en action" ou "en activité".

 

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La mort devient insignifiante dès lors que l'existence prend du sens et de la valeur par rapport à ce qui la dépasse, c'est-à-dire à l'Intention qui anime le Réel et qui fonde toute métaphysique et toute éthique.

Est vrai ce qui convient de cette Intention.

Est bien ce qui contribue à son accomplissement.

 

Si le Réel n'était pas animé par une Intention (qui est dessein et projet, mais ni but, ni finalité), alors il ne serait pas animé du tout car le hasard seul ne produit rien et le chaos des contradictions que rien ne viendrait démêler, règnerait en maître, annihilant le sens du temps et de la Vie, interdisant l'évolution (évoluer pour quoi ? et vers quoi ?) et la Vie.

 

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Il n'y a pas d'Être, il n'y a que du Devenir.

Devenir est la Loi suprême.

Et devenir mort est aussi simple et naturel que de devenir né.

 

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Malgré qu'il se veuille fervent catholique, le théologien Vito Mancuso réfute et nie quatre dogmes "essentiels" :

 

  • la création de chaque âme par Dieu,
  • le péché originel,
  • la résurrection de la chair
  • et la damnation éternelle en Enfer.

 

Mais qui, aujourd'hui, pourrait encore croire en de telles inepties ?

Rappelons-le : de telles croyances mythologiques (liées aux Religions) sont incompatibles avec une Foi authentique (fondation de toute Spiritualité authentique) qui se place au-dessus de toutes ces religions et de tous leurs "dogmes" ridicules.

La Foi n'a pas besoin de croyances !

 

*

 

La sotériologie et l'eschatologie s'excluent mutuellement (on ne peut pas, en même temps, être "sauvé" immédiatement après son décès, et devoir attendre la "fin des temps").

Comme les deux sont conjointement soutenues par le dogme, il faut en conclure que le dogme est erroné, que les deux thèses se nient mutuellement et qu'il n'y a, donc, ni salut immédiat (sotériologie), ni fin des temps et résurrection (eschatologie).

Ce ne sont que des croyances puériles censées exorciser la mort …

 

La résurrection de Jésus, telle que relatée dans les Evangiles, est du même tonneau : une invention paulinienne dénuée de toute plausibilité (mais une voie royale pour croire que l'on peut échapper à la mort). Jésus fut un homme et rien qu'un homme (dont on ne sait presque rien, en fait, hors les élucubrations de Paul de Tarse) ; il fut sans doute un exalté mi-prophète, mi-guérisseur, passablement séditieux, mis à mort, par les Romains, lors d'une crucifixion.

 

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* *

 

Le 06/04/2022

 

Transmis par mon frère et ami Freddy M. (extrait de "La confrérie des innocents" d'Henri Gougaud) :

 

"(…) Je vais te dire les paroles que tu devras donner, je ne sais où ni quand, à cinq apprentis sans bagage que le hasard, ou l’évidence, te fera un jour rencontrer …

 

(Prière du fin fond des forêts)

 

Apprends-moi, maître de ma vie, à ne pas gaspiller le temps que je dois donner à l’ouvrage.

Apprends-moi à chercher les enseignements justes cachés dans mes erreurs passées, sans m’alourdir de vains regrets.

 

Aide-moi à unir la hâte et la lenteur, la paix et la ferveur, l’effort et la confiance.

Aide-moi au commencement, quand la vie de l’ouvrage est encore indécise.

Aide-moi, au cœur du labeur, à maintenir serré le fil de l’attention.

 

Et surtout, maître de ma vie, fais que mon œuvre soit utile, et pour cela comble ses trous, efface ses trébuchements.

 

Garde en moi vivant le désir d’atteindre un jour la perfection, sinon je perdrais tout courage, mais veille à me garder dans mon imperfection, sinon je me perdrais d’orgueil.

 

Permets moi de voir ce qui est, sans vanité ni tricherie, car si je crois que j’ai mal fait, il n’est pas sûr que ce soit mal, et si je crois que j’ai bien fait, il n’est pas sûr que ce soit bien.

 

Enfin, rappelle-moi sans cesse que mon ouvrage est tout à toi, et que je ne peux te le rendre qu’en donnant à ceux qui désirent savoir.

 

Que si j’accomplis mon travail par désir d’en tirer profit, comme un fruit tombé de sa branche à l’automne je pourrirai.

Que si je soigne et peaufine par désir d’en être admiré, comme la fleur dans l’herbe je fanerai au soir.

Que si enfin je m’évertue pour l’amour du travail bien fait, je demeurerai dans le bien.

 

Et le temps de bien faire, c’est maintenant."

 

Simplement magnifique !

 

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Vito Mancuso écrit :

 

"La vie éternelle est le principal sujet de la théologie. Sa tâche consiste à éduquer les hommes à entrer ici et maintenant, sans attendre, dans la dimension de l'éternel, parce que l'éternité n'est pas après, à la fin, là-bas : elle est ici et elle est maintenant. Si elle n'était pas ici et maintenant, l'éternité ne serait pas à proprement parler l'éternité, elle ne serait qu'un temps prolongé."

 

On ne peut qu'adhérer. Mais à la condition de remplacer le mot "éternité" par le mot "intemporalité".

Il ne s'agit nullement de passer à un autre monde d'où les finitudes de l'existence seraient exclues. Il s'agit de vivre autrement ce monde-ci, c'est-à-dire le Réel unique, unitif et unitaire. Il s'agit de sortir du monde illusoire et superficiel des vagues et de vivre pleinement la Vie de l'océan qui ne connaît ni naissance, ni mort.

 

Et il ajoute, très judicieusement :

 

"L'eschatologie ne porte pas sur un temps extérieur, l'attente d'un improbable retour du Christ glorieux au milieu des nuées. Elle concerne notre temps intérieur, la dimension la plus intime de l'âme."

 

Oui, bien sûr … à la condition de mettre de l'ordre et de la distinction entre sotériologie (l'éventuel "Salut" personnel après la mort) et l'eschatologie (l'éventuel "Salut" collectif pendant la vie, ici et maintenant, et non à la dubitable "fin des temps").

Somme toute, on rejoint là la plupart des traditions spirituelles qui proposent, ici et maintenant, de quitter le niveau d'existence des apparences et des illusions humaines pour rejoindre le niveau d'existence de la réalité et de la logicité divines.

 

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Il n'y a aucun "autre monde", aucun "au-delà". Il y a ce monde-ci et seulement celui-ci, que l'on peut choisir de vivre autrement, plus profondément, en communion avec l'intemporel qui le fonde.

 

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La rationalité, en s'appuyant sur la créativité, l'intuitivité et la sensitivité, est l'effort fait en vue de la vérité. "Vrai" au sens de "exact" c'est-à-dire conforme avec l'expérience renouvelable (cfr. positivisme), mais aussi "vrai" au sens de "vraisemblable" ou de "plausible" à l'aune de la cohérence, de la simplicité et de l'élégance globales.

 

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Le mot "âme" dérive du mot latin anima ("ce qui anime, ce qui meut") qui, lui-même, vient du mot grec anémos ("le vent, le souffle" qui est aussi le sens des mots hébreux roua'h, néfèsh ou nishamah, ou du mot sanskrit atman qui tous sont traduits par le mot "âme").

C'est le vent qui fait se mouvoir le voilier à la surface de l'océan, parmi les vagues … Toujours la même métaphore marine.

L'Âme est le moteur qui fait évoluer le Réel ; certains l'appellent "Logos" et Teilhard de Chardin l'appelle "Christ". Il s'y cache l'idée d'une Intention cosmique (qui n'est ni un but, ni une finalité prédéfinis, mais seulement un sens, une direction, une flèche du temps).

 

*

 

D'où vient cette idée saugrenue que la liberté est le propre de l'humain ? Que seul l'humain peut connaître, parfois, des libres choix, au contraire de tout le reste qui existe et qui vit ?

La liberté n'est que l'autre nom de la pluralité des chemins possibles ouverts à des systèmes suffisamment complexes pour échapper parfois au déterminisme mécanique, Plus le niveau de complexité est élevé, plus le "taux de liberté" peut devenir élevé (mais jamais total : les espaces de liberté sont très restreints et rien n'échappe aux déterminations des lois cosmiques).

Si l'on pose que l'humain est le plus complexe parmi les vivants, alors on peut en inféré que l'humain est le moins déterminé parmi eux et qu'il connaît, en conséquence, des marges de liberté plus grandes que les autres espèces.

De là à faire de la liberté le "propre de l'humain", il y a une marge.

Si l'on fait de l'âme le siège de cette liberté relative, alors tout ce qui est complexe possède une âme, l'humain en possédant une, parfois, un peu plus grande que les autres vivants.

 

*

 

Le Réel repose sur trois piliers : la Matière qui fonde sa dimension topologique, la Vie qui fonde sa dimension dynamique et l'Esprit qui fonde sa dimension eidétique.

Il semble évident que le concept d'Âme relève de cette troisième et dernière dimension, par essence immatérielle et intemporelle (puisque c'est elle qui crée et induit du temps pour que la Vie s'y accomplisse).

La question qui reste posée est celle du rapport et de la relation entre l'Âme cosmique qui anime le Tout-Un, et l'âme personnelle qui anime chaque vivant, en général, et chaque humain, en particulier.

 

*

 

Les trois dimensions de la Matière, de la Vie et de l'Esprit sont indissociables ; elles sont des hypostases du Réel, des modalités de manifestation et d'expression, pas des réalités en elles-mêmes.

Toutes les métaphysiques non-monistes sont donc complètement dans l'erreur. Ainsi que les philosophies dualistes, comme celle de Platon ou de Descartes (et de beaucoup d'autres), qui dissocient, radicalement, le corps et l'âme.

 

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Le "Catéchisme de l'Eglise catholique" (édité sous Jean-Paul II) déclare :

 

"L'âme spirituelle ne vient pas des parents,

mais elle est créée directement par Dieu."

 

Quelle ânerie !

L'âme personnelle n'est que le reflet (ou l'expression ou la manifestation, comme on voudra), local et éphémère, de l'Âme cosmique. Elle n'est en rien créée par qui que ce soit. C'est la Vie qui la fait mécaniquement émerger en même temps que son corps, chez l'embryon dans le ventre de sa mère.

L'enfant qui naît possède un corps habité par une âme c'est-à-dire par une soif de s'accomplir en plénitude.

L'Esprit anime la Vie qui s'incorpore dans la Matière.

Lorsque la Lumière de l'Esprit cosmique tombe sur le Diamant de la Vie, elle se réfléchit et se diffracte en de multiples rayons et reflets ; ainsi de l'Âme.

 

*

 

Tout ce qui existe n'est qu'activité (mesurée en termes d'énergie), c'est-à-dire Vie. Cette activité, lorsqu'elle s'encapsule sur elle-même, devient Matière.

Mais les évolutions de la Vie et de la Matière sont soumises à une logicité globale qui fonde l'Esprit (et donc l'Âme).

Cette logicité induit des émergences diverses, dont les configurations et les niveaux de complexité diffèrent incroyablement.

L'Esprit cosmique est aussi créatif qu'il peut être conservatif.

Il en va de même de chaque humain poussé par la soif d'accomplissement de son âme qui cherche, autant, la sécurité durable (d'où son rêve d'immortalité) que la liberté créative (d'où son rêve d'émancipation idéalisante).

 

*

 

Vito Mancuso écrit :

 

"Le matérialisme est la plus pauvre des philosophies."

 

Et c'est une belle évidence puisque le Réel est, à la fois, Matière (substantialité), Vie (intentionnalité) et Esprit (logicité), chacun irréductible aux deux autres.

Le matérialisme voudrait tout réduire à la seule Matière, ce qui est absurde. Aussi absurde que le vitalisme qui voudrait tout réduire à la Vie et que le spiritualisme qui voudrait tout réduire à l'Esprit. Le Réel est au-delà de ses trois hypostases et aucune n'est "première".

Il faut combattre tous les réductionnismes. L'Un est unique dans sa réalité, mais triple dans ses manifestations.

Ce trialisme ou cette trialectique est indispensable si l'on veut rendre compte, à la fois, de la multiplicité des configurations, du foisonnement des complexités et de la richesse des évolutions (cfr. le théorème de David Ruelle).

 

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Tous les matériaux dérivent d'un grumeau stable unique : le protéus (décrit classiquement comme l'association, soit neutronique, soit hydrogénique, d'un proton et d'un électron) né dans l'enfer énergétique d'un noyau galactique.

Tous les vivants terrestres dérivent de cellules premières, nées quelque part dans les eaux chaudes et riches de quelques faille volcanique au fond des mers.

Toute évolution est arborescence (un seul arbre ou plusieurs buissons parallèles), au départ de "graines" originelles, surgies par émergence d'un milieu particulièrement chaotique.

Mais quelle est donc la graine originelle de la pensée ? Née de quel chaos ?

 

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La diversification arborescente est une des conséquences de l'intention d'accomplissement qui vise tous les possibles constructifs, et de la complexification par émergence qui sert à la dissipation optimale des tensions.

 

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La science évolue dans trois dimensions complémentaires.

Vers l'infiniment grand de la topologie spatio-temporelle.

Vers l'infiniment petit de l'eidétique matérielle.

Vers l'infiniment complexe de la dynamique biotique.

 

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La conscience éthique naît avec la conscience de l'orientation du temps c'est-à-dire avec la compréhension de l'idée d'une intention cosmique qui dépasse tout ce qui existe.

Est bien ce qui contribue constructivement à l'accomplissement de cette intention.

Est mal ce qui lui nuit ou l'entrave.

La conscience étant une des facultés de l'esprit humain, on peut dire que l'éthique est le travail de mise en harmonie de l'esprit humain avec l'Esprit cosmique, de leur communion (cum munire, en latin, signifie "construire avec").

Dès lors, la spiritualité n'a qu'un seul but : établir cette communion. Et il n'est nul besoin de croyances pour ce faire. La Foi suffit très largement, pourvu qu'elle soit accompagnée d'un puissant et opiniâtre travail intérieur.

Ce travail est précisément le fait de l'éthique pratique, au quotidien, dans la réalité du monde, envers autrui, mais aussi envers tout ce qui existe et qui vit.

 

*

 

Le rabbi hassid Enoch d'Alexandrie disait :

 

"Israël professe que les deux mondes [humain et divin] ne sont qu'un en vérité, et qu'ils doivent devenir un en toute réalité."

 

Ce monisme est typique de la tradition kabbalistique juive (qui s'oppose donc souvent au monothéisme dualiste rabbinique).

 

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Le Vrai (mystique) et le Bien (éthique) habitent au fond de chacun puisqu'ils fondent et habitent tout ce qui existe.

 

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Toute configuration est une structure relationnelle dans l'espace topologique.

Toute évolution est une structure relationnelle dans le temps dynamique.

Toute organisation est une structure relationnelle dans la forme eidétique.

Tout est relations (cfr. le physicien Michel Bitbol).

Le Réel est un vaste tissu relationnel, à toutes les échelles de grandeurs, de durées ou de complexités.

Et il ne faut jamais oublier que toute relation est, par essence, immatérielle. Il en découle que ce que nous appelons "matière" (au sens pratique de "matériau" et non au sens métaphysique de "Matière" comme substantialité) n'est qu'une forme particulière de configuration relationnelle, donc immatérielle.

 

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Une molécule n'est pas (est beaucoup plus que) un assemblage mécanique de plusieurs atomes. Elle en est la compénétration dont le tout est une nouvelle unité qui est bien plus que la somme de ses atomes originels (mais non constitutifs puisque cette compénétration est une nouvelle unité sans parties distinguables).

Il en va de même pour un noyau atomique comme compénétration de plusieurs protéus.

Il en va de même pour un couple humain comme compénétration de deux personnes de sexes opposés mais complémentaires (donc non-égaux).

Il en va de même pour une communauté comme compénétration de plusieurs individus à la fois semblables et complémentaires (donc différents).

Etc …

Le tout doit être plus que la somme de ses parties, sinon ce tout se désagrègerait, puisque moins optimal que l'ensemble de ses constituants.

Encore une fois, ces compénétrations unifiantes ne sont pas des assemblages mécaniques, mais bien des communions organiques (construire ensemble quelque chose de supérieur).

 

*

 

La manifestation du Réel substantiel et topologique s'appelle l'Univers

La manifestation du Réel vital et dynamique s'appelle la Nature.

La manifestation du Réel spirituel et eidétique s'appelle le Cosmos.

Univers, Nature et Cosmos sont des modalités de manifestation.

Il n'existe rien de sur-universel.

Il n'existe rien de sur-naturel.

Il n'existe rien de sur-cosmique.

Tout est inclut dans la seule réalité du Réel qui est le Tout-Un.

Inutile d'invoquer un "ailleurs", un "par-delà", un "autre", un "au-delà", etc … le Réel seul existe et il est Un : unitaire, unitif et unique.

Toute origine est en lui ; il est la source de tout ce qui a existé, existe et existera.

Rien n'existe hors de lui.

Il porte de nombreux noms comme Eyn-Sof, Dieu, Brahman, Tao, etc …

De lui émanent tous les ternaires originels : les Triades (tao-yi,-yang, ou Chaos-Gaïa-Eros, ou le trio des Elohim du Ciel, de la Terre et de la Lumière du premier jour), la Trinité, le Triskèle, la Trimurti, …

 

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Il y a dix Elohim qui émanent de 'Eyn-Sof.

Ceux du Ciel : YHWH, El-Elyon, El-Shaday, El-Tzébaot et El-Olam.

Ceux de la Terre : la Ténèbre et l'Abîme, le Souffle et l'Eau.

Celui de la Lumière : 'Or Eyn-Sof

 

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L'origine des âmes personnelles divise les théologiens en deux camps.

Pour les théologiens dualistes : l'âme vient de l'autre monde (le monde divin ontologiquement distinct du monde naturel) ; c'est, notamment, l'option de base du dogme catholique.

Pour les théologiens monistes (si cette expression peut avoir un sens du fait que sans dualisme ontique, la théologie se confond avec la cosmosophie et le "discours sur Dieu" se confond totalement avec le "discours sur le Réel") : l'âme soit émerge du Réel en même temps que le corps, soit reflète ou manifeste (localement et éphémèrement) l'Âme cosmique (donc la Vie globale et cosmique au niveau d'une vie singulière et spécifique) qui anime chacun des processus particuliers qui tissent le Réel.

Il va de soi que mon option est la seconde de la seconde.

 

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Une âme singulière ne se crée pas. Il n'existe qu'une seule Âme (éternelle et intemporelle) : c'est l'Âme cosmique dont chaque âme singulière n'est qu'une manifestation spécifique à un processus singulier (un arbre, une mésange, une personne, une communauté, une entreprise, etc …).

Tout ce qui existe et qui évolue possède une âme en propre qui manifeste l'unique Âme cosmique (ou divine, ce qui revient au même).

Ce fut la position, entre autres, de Plotin, d'Eckart von Hochheim et de Molinos (ces deux derniers condamnés durement par le magistère ecclésial catholique).

 

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Il est important de noter que dans la tradition spirituelle juive, conformément au texte biblique, le mot "âme" s'applique à trois niveaux.

Il y a Roua'h qui est l'Âme cosmique ou divine, l'Âme globale et unique du Réel.

Il y a Néfèsh qui est l'Âme de Vie, commune à tout ce qui vit sur Terre.

Il y a Nishamah qui est l'âme personnelle (la personnalité, l'identité, …) qui naît et meurt avec celui qu'elle habite.

La notion d'âme personnelle immortelle vouée à une vie éternelle auprès de Dieu après la mort, est totalement étrangère au texte biblique et à la tradition lévitique originelle (ainsi qu'à la pure tradition kabbalistique) ; elle n'est un tant soit peu entrée dans le judaïsme qu'au travers du dualisme ontique propre à la dissidence pharisienne et à ses prolongations talmudiques et rabbiniques.

 

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Un sujet polémique, depuis longtemps, concerne la formation de l'âme : que l'âme personnelle soit en germe dès la conception de l'embryon, c'est l'évidence même, puisque cet embryon vit et se développe. Mais l'âme en question est-elle déjà formée ou se développe-t-elle en parallèle avec le corps (d'abord végétative, puis sensible, puis réellement humaine) ?

La réponse à cette question donnera la clé de l'épineux problème éthique de l'avortement …

Mais cette question ne m'intéresse guère ici.

 

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Une autre question touchant l'origine des âmes personnelles est celle de la réincarnation ou de la transmigration ou de la métempsychose …

Tel est le prototype du faux problème. L'Âme cosmique est éternelle et intemporelle et elle rassemble en elle toutes les âmes personnelles qui en sont des manifestations spécifiques, locales et éphémères. Toutes ces âmes personnelles procèdent donc de la même filiation : elles sont en fait l'expression d'une seule et même Âme, mais "colorées" de modalités toujours variables et variantes (même au cours d'une seule et même existence spécifique).

C'est donc toujours la même Âme qui circule d'âme en âme. Mais cette Âme unique et circulante n'a absolument rien de personnel ; elle est un principe impersonnel.

Dire qu'untel est la réincarnation de tel autre, est absurde.

En revanche, dire qu'untel et tel autre participe de la même Âme, est une évidence. Ce n'est pas parce que deux âmes personnelles successives se ressemblent par certains aspects, qu'il y a transmission directe de l'une à l'autre.

 

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Un autre faux problème est celui de l'expiation, dans la vie que je vis, de mes fautes commises dans une vie antérieure. A ce qui a été dit plus haut, on comprend immédiatement l'absurdité karmique : il n'y a pas de vie personnelle ni antérieure, ni postérieure. Chaque existence est unique, entre naissance et mort. Il n'y a pas de transmission de quoique ce soit via la transmigration de l'âme qui sauterait d'une personne à la suivante.

En revanche, le mal qui est fait par quelqu'un, au cours de son existence, a et aura des conséquences illimitées, dans la durée, sur le cours de l'accomplissement du Réel, avec, parfois, de vrais malheurs pour d'autres à la clé.

Ce ne sont pas les âmes qui transmigrent, ce sont les œuvres et leurs effets qui perdurent, en bien comme en mal.

Mais on comprendra plus loin qu'en fait, chacun se construit lui-même son propre Paradis ou son propre Enfer au travers de ses œuvres, sans qu'il soit nécessaire de recourir à ces fadaises de réincarnation (samsara et karma).

 

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L'Esprit est saint puisqu'il est le moteur de la Vie et la splendeur de la Matière.

 

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La matérialité, la vitalité et la spiritualité sont trois dimensions indissociables et complémentaires de la réalité du Réel, donc de la réalité de chaque vie humaine.

La modernité (de 1500 à 2050), en général, et le 20ème siècle, en particulier, ont tout essayé pour éradiquer le spiritualité de ce ternaire basal, et pour réduire la vitalité à la matérialité.

Ce fut, fort heureusement, un échec. Mais cet échec, amplifié par le nihilisme du dernier siècle (bien logique, en continuité avec le positivisme, le rationalisme et le réductionnisme du 19ème siècle), laisse l'humanité, en général, et l'occident, en particulier, dans un état dégénéré, avili, abêti, barbare et chaotique.

 

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L'âme personnelle peut se diviniser en s'accordant, de plus en plus profondément sur l'Âme cosmique.

Ce processus de divinisation intérieure s'appelle aussi "l'ascèse initiatique". Elle n'a rien de surnaturel. Elle consiste, "simplement" (mais non "facilement"), à établir la communion entre la partie (la personne) et le Tout (le Réel) afin d'établir la parfaite harmonie et le parfait accord entre eux.

Cela consiste à s'accomplir soi et l'autour de soi en contribuant, de toute son âme, à l'accomplissement du Tout, du Divin, du Réel.

 

J'ai écrit : "l'âme peut se diviniser", ; cela signifie donc qu'originellement, elle n'a rien de divin puisqu'elle est seulement le moteur dynamique de l'existence au sein de la Vie cosmique. Mais cette existence peut très bien, faute des efforts et de l'ascèse adéquats, se complaire dans sa médiocrité et se livrer à une paresse existentielle pitoyable, voire à cultiver le caprice nombriliste ou la nocivité destructrice de vie.

 

Et faut avoir le courage de constater que ce choix de la médiocrité est celui de 60% des humains, alors que le choix de la toxicité est celui de 25% d'entre eux ; seuls 15% font le choix de l'ascèse spirituelle et de la divinisation intérieure.

 

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Adhérer au Réel. Communier avec lui. Y construire l'accomplissement de soi et de l'autour de soi, en harmonie et au service de son accomplissement à lui. S'inscrire dans le Réel et y trouver non pas sa place, mais son chemin ou, mieux, sa propre mission et sa propre vocation.

 

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Il est urgent que les mondes chrétien et musulman sortent de leur enlisement séculaire dans le dualisme ontique.

Car cette dualité est délétère. Elle renie la réalité et la prééminence du Réel comme l'ont fait aussi tant de penseurs chrétiens ou non chrétiens comme Epicure, le Bouddha, Montaigne, Pascal, Kierkegaard, Schopenhauer, Sartre, Jaspers ou tant d'autres …

 

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Le 07/04/2022

 

Ma réponse à une amie qui a vu l'interview d'une pâle députée qui crache dans la soupe (dont elle change de temps en temps après s'être virée de partout où elle passe) :

 

"Ta haine t'aveugle. Ce que tu dis de la "macronie" est vrai (en pire) au sein de toutes les factions politiques. Comme toi, c'est Valérie Pécresse qui aurait mon suffrage si je pouvais voter dans ce pays qui n'est pas le mien. Cela dit, en politique il faut abandonner toute forme d'idéalisme (forcément naïf et puéril).

Le pouvoir n'intéresse que les pervers et il est mille façons d'être pervers.

Pour l'heure, le choix est entre Macron et Le Pen, et il n'y a pas à hésiter une seule seconde : Marine Le Pen est une vraie malade mentale, inconséquente, incompétente, ignare (surtout en matière économique). Ses promesses électorales sont simplement impayables et elle va ruiner la France en deux ans si elle atteint le pouvoir, alors que Macron maintient plus ou moins le cap, grâce à Le Maire et malgré les crises à répétition dont il n'est pas responsable (gilets jaunes, pandémie et Ukraine). Il ne s'agit pas d'aimer Macron, mais de rejeter, sans la moindre hésitation, les débiles des extrêmes (Le Pen, Zemmour, Mélenchon, Jadot, etc ...) qui ne comprennent rien à la réalité du monde réel et ne voient les choses qu'au travers de leurs pauvres petites grilles idéologiques.

Il faut se défier, définitivement, des infox téléguidées qui circulent sur la Toile, la plus grande usine à désinformation et à manipulation jamais inventée. Il faut se défier de toutes ces révélations spectaculaires qui n'ont pour seul but que de nuire à la démocratie en affaiblissant toutes les crédibilités (comme l'interview que tu cites de quelqu'un qui bouffe à tous les râteliers et qui se venge, comme par hasard maintenant, d'avoir été évincée à plusieurs reprises, partout où elle est passée)."

 

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L'abstention est un déni de démocratie et ce type de déni mène au poutinisme (digne fils naturel de Hitler et de Staline).

Je ne crois gère à la démocratie au suffrage universel (qui est la tyrannie des plus nombreux, donc des crétins, et les cons sont les seuls à croire aux promesses qu'on leur fait, "c'est même à ça qu'on les reconnaît" aurait sans doute dit Michel Audiard).

Je crois plutôt à une démocratie élitaire (le droit de vote doit se mériter).

Mais, dans ce pays, le choix n'est possible qu'entre dictature et démocratie au suffrage universel. Choisissons alors "le moins pire" et usons de notre droit de vote.

 

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D'Etienne Gernelle :

 

"Le double spectre stalinien et hitlérien resurgit au cœur de l’Europe. Le supplice des « terres de sang » va-t-il éclairer (…) ?

 

Après Marioupol, Boutcha… Voici donc le retour de la terreur de masse dans les « terres de sang », expression due à l'historien Timothy Snyder et qui constitue le titre de l'un de ses livres, paru en 2012 (1). Snyder y décrivait comment, entre 1933 et 1945, les régimes nazi et soviétique assassinèrent quelque 14 millions de personnes sur ce territoire maudit par l'Histoire qui « s'étend de la Pologne centrale à la Russie occidentale en passant par l'Ukraine, la Biélorussie et les pays Baltes ». L'historien précise que si « près de la moitié des soldats qui tombèrent sur la totalité [des]champs de bataille [de la Seconde Guerre mondiale] à travers le monde trouvèrent la mort ici, dans cette même région, celle des terres de sang, pas une seule de ces 14 millions de victimes n'était un soldat en service. La plupart d'entre elles étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées ; aucune ne portait d'armes ; beaucoup avaient été dépouillées de leurs biens, y compris de leurs vêtements ».

 

Famine et répression stalinienne, extermination des juifs et autres atrocités hitlériennes furent plus meurtrières dans les « terres de sang » que nulle part ailleurs. Pourtant, cette histoire, écrit Snyder, ne fut observée que de loin par les Occidentaux, sans doute parce que les « forces américaines et britanniques n'atteignirent aucune des terres de sang et ne virent aucun des grands sites de tuerie »."

 

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Ces trois concepts ne peuvent être confondus (ce qui est malheureusement souvent le cas) : immortalité, éternité et intemporalité.

L'immortalité est une prolongation ad infinitum de quelque chose qui a commencé.

L'éternité est un temps infini dans les deux sens du passé et du futur.

L'intemporalité désigne ce qui est hors du temps, ni mortel, ni immortel, ni éternel, ni éphémère (par exemple : le théorème de Pythagore en géométrie euclidienne, ou les trois principes cosmosophiques – Substantialité, Intentionnalité et Logicité - dans lesquels le temps de l'évolution et de la manifestation – tout comme l'espace topologique - est engendré et se déploie).

 

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L'immortalité n'existe pas : ce qui a un commencement a toujours une fin ; c'est une évidence logique : toute émergence a une durée de vie limitée du simple fait du principe de symétrie qui s'applique partout dans le Réel.

L'éternité existe bel et bien, et appartient au Réel qui en fait la mesure de son propre accomplissement global.

L'intemporalité existe également, bel et bien, qui se situe au-delà de tout ce qui est temporel (donc susceptible d'évolution, de mouvement, de changement, de transformation) et concerne l'immuable principiel (ce qui n'existe pas – au sens existentiel et évolutif -, mais qui fonde tout ce qui existe).

 

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Exister, c'est "vivre dans le temporalité".

 

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Le phantasme et le mythe de l'immortalité sont clairement un antidote imaginaire à la peur de la mort et, plus généralement, de la finitude. Elle relève de la croyance magique et superstitieuse.

Par elle, les humains profanes voudraient exorciser leur propre disparition.

 

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L'immortalité pour quoi faire ? Rien ne serait plus ennuyeux, plus lassant, plus exaspérant que de vivre éternellement. Plus rien n'aurait ni sens, ni valeur.

L'immortalité ne saurait être processuelle puisque tout processus, pour s'accomplir, a besoin de ressources extérieures dont le Réel est avare. L'immortalité ne participerait donc pas du Réel. Elle est donc irréelle, fantasmatique, imaginaire.

Et quelle cohue ce serait !

 

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La théologie dogmatique catholique dit de l'immortalité (qui y est un dogme imprescriptible depuis le concile de Latran en 1513) qu'elle est réelle, personnelle et naturelle. Quel programme !

 

Elle serait réelle c'est-à-dire qu'elle ne relèverait ni du souvenir, ni du rêve, ni de l'imagination ; elle serait une autre vie réellement vécue, mais différemment de la vie dans le Réel. L'immortalité serait donc réelle, mais en dehors du Réel puisque dans le Réel, rien n'est immortel et tout est éphémère comme les vagues à la surface de l'océan.

 

Elle serait personnelle c'est-à-dire qu'à l'instar de l'Âme qui anime le Réel, l'âme de chacun serait et resterait personnelle, et serait et resterait ce qu'elle est, définitivement. Mais, est personnel ce qui relève de la personne, de la per-sona, de ce masque théâtral au-travers (per) duquel sonne (sona) la voix de l'acteur.

L'âme personnelle appartiendrait, alors, au monde de l'illusion et de l'apparence et non à celui de l'acteur unique qui "joue" derrière tous les masques, à savoir le Réel cosmique dont l'Âme est effectivement le moteur des manifestations. L'immortalité d'une âme personnelle signifierait que le rôle à jouer serait à rejouer éternellement. De plus, sachant que durant l'existence réelle, l'âme personnelle se transforme, évolue, bifurque au gré des événements de l'existence, lequel de ces "moments d'âme" sera-t-il immortalisé ?

 

Elle est enfin naturelle c'est-à-dire qu'elle relèverait de la Nature, de la Natura (participe futur du verbe latin nascor) : de ce qui est en train de naître, de ce qui fait naître. Comment ce qui est immortel pourrait-il participer de ce qui naît et renaît sans cesse ? La Nature – c'est-à-dire le Réel en tant qu'il est Vie – n'engendre jamais rien d'immortel puisque, par définition, toute émergence est et doit être périssable précisément parce que la Nature est évolution permanente et impermanence radicale.

 

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Pour faire court et définitif : l'Âme cosmique est plus qu'éternelle et immortelle (comme la Vie qu'elle anime), puisqu'elle est intemporelle.

Quant à l'âme personnelle, elle est évidemment mortelle : elle naît, croît, culmine, décline et meurt en même temps que le corps personnel. Ce corps et cette âme ne font qu'un, ne sont que deux manifestations complémentaires de la même et unique vie personnelle comme expression locale et éphémère de la Vie cosmique éternelle.

 

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La Vie cosmique est éternelle et continue, mais elle connaît des bifurcations, des émergences radicalement autres, des sauts de complexité …

… comme lorsque la Substance (la Hylé primordiale, non-matérielle, activité pure, vide quantique, énergie noire, champ bosonique) est devenue la matière (c'est cela le big-bang, et rien d'autre : des grumeaux matériels ont émergé d'un univers prématériel qui n'a pas et n'a jamais eu de commencement ; ce que nous appelons "matière" est de l'encapsulation d'activité ; elle est la seule forme de substance que nous connaissions et qui nous soit connaissable, parmi les autres manifestations de la Substance cosmique qui nous sont imperceptibles - les bosons, par exemple - … mais qui nous sont concevables par la cosmologie) …

… comme lorsque la Vie est devenue le vivant sous de si multiples formes, en inventant la cellule (procaryote, puis eucaryote)  …

… comme lorsque l'Esprit est devenu le pensant (c'est la mission de l'humain que d'assurer et d'assumer cette émergence sur la Terre) en inventant les langages qui permettent la pensée et la parole.

 

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Au sein de ces îlots néguentropiques que sont les galaxies, l'évolution cosmique va toujours dans le même sens (c'est cela la flèche du temps, c'est-à-dire l'Intention primordiale à laquelle tous les processus – même humains – obéissent et doivent obéir sous peine d'être éliminés) : du rudimentaire au complexe, du dilué au concentré, du chaos à l'ordre (d'abord mécanique, puis organique – Ordo ab Chao).

 

Par parenthèse, la physique des processus complexes a dû généralisé le second principe de la thermodynamique : ce n'est pas l'entropie seule qui tend à devenir maximale, mais bien le logarithme du produit de l'entropie par la densité matérielle et par l'activité énergétique.

 

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De Friedrich Nietzsche :

 

"L'esprit de ces Sauveurs était plein de trous, mais dans chacun de ces trous, ils avaient placé leur illusion, leur bouche-trou qu'ils appelaient Dieu."

 

Dieu (ce mot indéfini, ce concept vide, ce symbole riche et ouvert à tout) est effectivement un bouche-trou commode pour répondre à toutes les questions qui n'ont pas de réponse, c'est-à-dire, pour la plupart, des questions sans queue ni tête qui ne font que refléter les fantasmes ou les paniques humains.

 

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Vito Mancuso écrit :

 

"(…) les miracles ne servent à rien et sont sans intérêt ; ne parlons pas non plus des apparitions, des messages secrets, des statuettes qui pleurent, des maisons qui volent, etc. Cette croyance au miracle (et à l'extraordinaire [et j'ajouterais "au surnaturel"] ) nuit grandement à la vraie spiritualité et rend inévitables que des esprits intellectuellement forts comme celui de Nietzsche, et de tant d'autres avant et après lui, aient ressenti la nécessité de proclamer la 'mort de Dieu' pour faire vivre l'homme."

 

Ce "Dieu" qui est mort, comme je l'ai déjà maintes fois écrit à propos de la pensée de Nietzsche, est le Dieu des monothéismes, donc le Dieu des dualismes ontiques, de ce fantasmagorique Dieu personnel, créateur du monde réel mais étranger à lui.

Mais il ne s'agit nullement du Dieu de la spiritualité, du Divin impersonnel immanent au Réel, dont il symbolise l'Esprit législateur et organisateur.

 

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La théorie du "big-bang" est catastrophiquement fausse et sujette à des délires pseudo-métaphysiques sans fin sur le "commencement" de l'univers.

L'idée du "big-bang" est née d'une extrapolation abusive des équations de la relativité générale ; celles-ci n'ont de sens que dans un univers où la quantité de matière est suffisante pour que la gravitation puisse jouer. Mais la matière pondérale est une émergence seconde à partir d'un univers non-matériel antérieur. Cette période chaotique appelée, à tort, "big-bang", n'est que le signe d'une bifurcation majeure pour l'univers prématériel et de l'émergence d'un nouveau type de configuration et d'organisation que l'on a appelé "matière".

Le "big-bang" n'est que le commencement de la prolifération de la matière (telle que la perçoivent les humains) mais, en aucun cas, le commencement de l'univers. Répétons-le : il s'agit, là, d'une extrapolation abusive et la plupart des astrophysiciens et des cosmologistes le reconnaissent aujourd'hui.

 

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Le hasardisme a remplacé le matérialisme dans la tête de beaucoup de "penseurs" médiocres … On sait, mathématiquement parlant, que le pur hasard est incapable d'engendrer la moindre complexité que ce soit. Or, notre cosmos est truffé de complexités parfois grandioses. Le hasardisme est donc une métaphysique périmée (une nostalgie d'un athéisme, d'un positivisme, d'un matérialisme surannés).

Donc : exit le hasardisme.

Puisque la probabilité d'une émergence "par hasard" de la complexité est incompatible avec la réalité du Réel (pour que le hasard, dans l'univers matériel âgé de 13,7 milliards d'années, puisse engendrer une seule cellule procaryote, il faudrait que cet univers soit colossalement plus vieux), il faut envisager une autre logique. Celle-ci s'appelle "intentionnalisme" et dit, tout simplement, que l'on trouve beaucoup plus vite quelque chose que l'on cherche.

Il est donc nécessaire d'inscrire une Intentionnalité dans les principes cosmosophiques de base (avec la Substantialité et la Logicité).

Mais, répétons-le : une intention n'est jamais ni un but, ni une finalité, mais seulement un projet, une orientation, un sens évolutif, etc … bref : elle est l'indispensable dimension téléologique du Réel.

Cela rejoint l'entéléchie d'Aristote, le conatus de Spinoza, la volonté de puissance de Nietzsche, l'élan vital de Bergson, comme cela rejoint les idées de grands scientifiques, prix Nobel, comme mon maître et mentor, Ilya Prigogine, ou Christian de Duve, et développées par mon ami Trinh Xuan Thuan, ou par des Fritjof Capra, des Lyn Margulis ou des Stuart Kauffman …

 

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Dans un univers, contenant des milliards de galaxies, des milliards de milliards d'étoiles et des dizaines de milliards de milliards de planète, il serait bien échu que la Terre soit la seule planète ayant engendré des vivants doués de langage et d'intelligence. Pour le coup, les probabilités font sens et rendent évident cette existence d'autres êtres pensants au moins aussi doués que nous.

Cela dit, ce constat met à mal toutes les croyances religieuses d'un Dieu géocentrique et d'un Sauveur dédié à la seule humanité.

En revanche, il y a fort à parier que ces intelligences extra-terrestres lointaines (et probablement à jamais inaccessibles) aient conçu les mêmes fondements spirituels que nous à l'endroit de l'existence en général et du Réel qui l'engendre.

 

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Dans le même ordre d'idée : combien ridicules paraîtront les supputations et conjectures humaines (surtout les croyances religieuses) aux yeux du Surhumain promis par Nietzsche et bientôt réalisé par l'évolution bio-psycho-sociologique.

 

La naissance du Surhumain est en cours ; bientôt l'humanité se scindera en deux en induisant la coexistence (pacifique, espérons-le) de deux strates culturelles superposées, l'une prisonnière de ses fantasmes, mythes et croyances, et l'autre libérée de tout ce fatras et naturellement au service de ce qui la dépasse (la Vie et l'Esprit).

Cette mutation culturelle différenciante et stratifiante est désormais bien en cours. Ce sera le fruit à l'issue du grand chaos actuel dû à cette majorité d'humains qui rejettent le Réel et lui préfèrent leur nombrilisme narcissique (nommé humanisme ou anthropocentrisme).

 

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L'Esprit cosmique n'a que faire des humains et de leur morale, si ces humains et ces morales ne contribuent pas réellement et efficacement à son propre accomplissement.

La Terre, aujourd'hui surpeuplée et en voie de pénurisation, s'est enfermée, de la faute des humains, dans une logique d'extinction de la Vie.

La population humaine doit, de toutes les façons, redescendre sous la barre des deux milliards en tout.

Cet effondrement sera l'acte de naissance du Surhumain sur Terre.

 

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La Vie et l'Esprit, au sens cosmique des termes, ne sont pas au service de l'humain. C'est à l'humain de se mettre résolument à leur service. S'il ne le fait pas, il sera considéré comme inutile et livré à ses propres déchéances.

 

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L'âme personnelle n'est pas immortelle ; mais elle a en elle quelque chose de l'Âme cosmique intemporelle (cfr. Spinoza).

Un miroir n'est jamais lumineux en soi, mais il peut refléter de la lumière tant que son tain persiste. Ainsi en va-t-il de l'âme personnelle qui, tant qu'elle est vivante, peut refléter l'Âme cosmique pour peu qu'elle s'étame proprement.

 

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La vie humaine ne prend sens et valeur qu'au service de ce qui la dépasse.

Et ce qui la dépasse, peut être appelé "Dieu" ou autrement ; peu importe. L'essentiel est de bien comprendre que l'humain doit être chevalier servant et ne peut jamais se croire roi souverain.

 

L'élite humaine doit être ou devenir un ordre de chevalerie. Les rituels maçonniques des "hauts grades" l'ont parfaitement compris.

Une chevalerie à la fois combattante (pour l'accomplissement en plénitude de la Matière, de la Vie et de l'Esprit) et orante (pour communier avec le Réel sacralisé).

 

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Vito Mancuso écrit :

 

"Il y a un Principe ordonnateur immanent à l'être, lequel est la plus haute manifestation de la divinité qu'il est donné à la raison d'apercevoir, c'est le visage avec lequel d'éternel se rend visible dans le temps (…)."

 

Ce Principe est donc le principe de Logicité du Réel c'est-à-dire l'Esprit cosmique que l'on peut nommer Dieu, ou Dharma, ou Logos, ou YHWH, ou "Esprit de la vallée" comme dit le taoïsme, etc ….

 

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Le "Dieu" dans le Réel, n'a absolument rien de personnel, rien d'une personne et aucune personnalité …

Dans le Réel, tout est impersonnel, surtout ses principes essentiels. L'idée de personne renvoie – on l'a vu – à celle d'un masque de théâtre derrière lequel se cache l'acteur.

Quant à l'idée de personnalité, elle n'est que typiquement humaine, chaque humain se croyant pourvu de caractéristiques précieuses et rarissimes, alors que cette "personnalité" se résume à une dizaine de paramètres au fond très communs et sans beaucoup d'intérêt (85% des humains sont idiots et nombrilistes, adeptes d'un seul slogan : "du pain et des jeux").

 

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Pour beaucoup, le fait de croire en l'existence d'un Dieu personnel, leur permet de ramener le Divin à leur petit niveau, histoire de pouvoir discuter avec lui intimement "entre nous" et, ainsi, de se rassurer quant à leur "proximité" espérée avec le Principe des principes (écoute-t-il ma prière et va-t-il, miraculeusement, exaucer mes demandes "humaines, trop humaines" ? … La réponse est : non !)

 

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Le moi personnel est un phénomène passager.

Ce moi est haïssable, disait, avec raison, Blaise Pascal.

Le précepte orphique du "Connais-toi toi-même" doit être transmuté en un "Oublie-toi toi-même".

Le moi doit être dissout dans le Tout.

 

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Le cœur du christianisme est, dit-on, l'Amour. Et le Jésus des Evangiles (largement inventés par des gens qui n'ont jamais connu ce Jésus) est, paraît-il, le parangon de l'Amour.

De quels Evangiles parle-t-on ? Des canoniques ou des apocryphes (pourtant tout aussi crédibles quant à leur anachronisme avec le vrai Jésus) ? Car selon les sources, l'Amour parfait dudit Jésus se mue parfois en violence et en méchanceté gratuites (pensons à la scène absurde des "marchands du Temple").

 

Mais la question centrale est : qu'est-ce que l'Amour ? Encore un concept "tiroir" et fourre-tout (comme celui de "Dieu"). L'idée d'amour est anthropomorphe : elle renvoie à l'amour marital et filial.

A ne pas confondre ni avec l'amitié, ni avec la fraternité (qui n'est pas un sentiment mais une volonté commune de communion, c'est-à-dire de construire ensemble, de mener à bien un projet collectif).

A ne pas confondre encore avec la passion (le fait d'être passionné par son métier, par exemple).

A ne pas confondre non plus avec l'attachement (quand on parle de "l'amour de la patrie", par exemple, qui est une notion d'une bêtise sans nom).

 

Non ! Décidément, je récuse radicalement le notion d'Amour en matière spirituelle. Le seul concept qui me conviendrait, à sa place, est celui de "communion" entre l'humain et le Divin : celui d'une Alliance (au sens juif) aux fins de construire ensemble de l'accomplissement. En contribuant, même modestement, à l'accomplissement de soi et de l'autour de soi, chacun contribue, sans toujours le savoir, à l'accomplissement du Réel, et le retour en est un surcroît de Joie.

Cette Joie n'est pas une "récompense" (il n'y ni récompense, ni punition venues d'autre part de du plus profond de soi : joie ou souffrance) ; elle est un signe indubitable que l'on marche sur le bon chemin, celui de l'accomplissement.

 

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Tous les vivants connaissent quelque chose que l'on pourrait appeler le "devoir" : devoir contribuer à l'accomplissement de l'Intention cosmique.

Le refus de ce devoir, chez les animaux, se traduit par leur élimination darwinienne.

Chez l'humain, il se traduit par de la souffrance pouvant aller jusqu'au suicide.

Où est la différence ?

 

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La morale n'est que l'expression humaine des exigences de la logicité de l'évolution vers plus de Vie et plus d'Esprit.

 

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Si le Réel a produit l'humain (car l'humain est un pur produit du Réel, avec beaucoup de ratés : le Réel se perfectionne, mais il est loin d'être parfait), c'est que l'humain a une bonne raison d'exister, qu'il a une mission à remplir au service du Réel et que cette mission doit devenir sa vocation ("ce qui appelle" : vocare en latin) et son "devoir moral".

 

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S'il est un point du christianisme qui m'agace profondément, c'est sa véritable obsession pour la pitié, pour la charité, pour l'amour du faible, etc …

On en comprendrait pourquoi, Nietzsche, grand contempteur de cette religion, en est arrivé à presque encenser tout le contraire (par effet sans doute d'un hybris excessif lié à ses troubles mentaux) : la cruauté, l'égoïsme et l'élimination des faibles.

Il ne s'agit évidemment pas de cela.

Il s'agit de bannir tous les idéalismes pleurnichards et d'assumer la réalité du Réel telle qu'elle advient.

La pitié et ses collègues, la compassion et la commisération, sont inutiles, voire contre-productifs. Ce n'est pas en s'apitoyant sur le faible qu'on lui donnera le désir et la force de se relever. Tout au contraire : il faut lui opposer de l'exigence car la faiblesse n'est jamais absolue (mais la paresse peut l'être) et, en chacun, des talents peuvent être découverts qu'il faut alors cultiver avec acharnement et persévérance.

La faiblesse est aussi un confortable refuge pour les parasites et les fainéants chez qui votre pitié devient un fonds de commerce.

 

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Ce que le christianisme appelle "Amour", je l'appelle "Alliance" ou "Communion" (au sens étymologique de "construire avec") ou, encore, de "Reliance.

 

Reliance verticale avec :

 

  • le Un transcendant qui englobe et unifie tout ce qui existe,
  • le Un immanent qui fonde et engendre tout ce qui existe.

 

Reliance horizontale avec tout ce qui existe, avec tout ce qui vit, avec tout ce qui pense, pourvu que cette existence, cette vie et cette pensée soient constructivement accomplissante pour le Réel au travers de soi et de l'autour de soi.

 

Cette verticalité et cette horizontalité forment une croix qui n'est pas celle du supplice romain de la crucifixion (donc celle du christianisme), mais bien la croix celtique dont les extrémités sont reliées dans un cercle symbolisant l'union du Tout dans l'Un.

 

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Le 08/04/2022

 

FOG, dans son éditorial du "Point" écrit ceci :

 

"La démagogie est aussi contagieuse que l'Omicron et, dans cette campagne [présidentielle française] rares furent ceux qui, comme Madame Pécresse, en auront été immunisés, ce qui lui fait une belle jambe. Le peuple français est sans doute trop angoissé en son for intérieur pour avoir envie qu'on lui dise la vérité sur les crises de toutes sortes à venir ; alors que son ciel s'assombrit et avant que les lendemains ne déchantent, il veut du rêve, du pain, du changement, des jeux, des belles promesses qui, comme toujours en politique, n'engageront que ceux qui les ont reçues."

 

"Les promesses n'engagent que ceux qui y croient", dit-on.

Et les promesses sont gratuites.

D'autant plus gratuites que l'on ne connaît, ni ne comprend rien au monde réel, à l'économie globale, aux continentalisations des espaces humains (et à la guerre économique et culturelle entre ces continents), à la transversalité transnationale des réseaux culturels, à la pénurisation de toutes les ressources (matérielles extraites de la Nature et immatérielles sortant des écoles), au chaos écologique (à l'effondrement de la Vie sur Terre), à la raréfaction du travail productif et au poids des endettements sidéraux et sidérants.

Et d'autant plus, encore, que l'on rabâche des discours (pro ou anti) sur des fondamentalismes religieux et idéologiques, de plus en plus archaïques et désuets.

Les Français sont ainsi : "du pain et des jeux", des assistanats en pagaille et des discussions de comptoir sur tout ce que l'on ignore, mais où l'on a un avis péremptoire.

 

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De Peggy Sastre à propos du "nouvel ordre moral" :

 

"(…) la déconstruction des ordres sexistes, racistes, patriarcaux, (…) les désirs hyperboliques d'égalité, (…) voir de la domination et de la discrimination partout, (…) imposer un ordre moral et une police des bonnes mœurs (…)."

 

Bref : le totalitarisme absurde et ridicule du wokisme venu de la gauche "intellectuelle" des Etats-Unis.

Dans le monde réel, il n'y a pas d'égalité, nulle part ; quant aux dominations et discriminations, elles sont vraiment marginales, du moins dans les pays civilisés. Il n'existe nulle part une quelconque égalité, mais, en revanche, il y a des différences et donc des possibilités de diverses complémentarités.

 

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De Jacques Attali :

 

"Les Russes, d'abord, ne peuvent se permettre de laisser l'Ukraine, berceau de la nation russe, devenir une démocratie hostile et membre de toutes les alliances occidentales ; alors qu'on leur a refusé à eux, les Russes, depuis trente ans, toutes perspectives d'être admis un jour, même très lointain, dans le club européen ; et alors qu'un président américain, George Bush Sr, s'était solennellement engagé, au moment de l'effondrement de l'Union  soviétique, à ce que jamais l'Ukraine n'entre dans une alliance hostile à la Russie."

 

Bien sûr que l'Occident (surtout les USA car l'UE n'a fait que suivre) a très mal réagi à la chute du mur de Berlin vu comme une "punition divine" et non comme une "opportunité d'union" et que, cette mauvaise réaction est une des sources du ressentiment et de la rancœur russes à l'égard de l’Otan et de l'UE. Une des sources, mais pas la seule car il ne faut pas sous-estimer les idéologies panslaves et impériales qui empoisonnent l'âme russe depuis des siècles.

Il est temps de réarmer l'UE, de construire son autonomie sur tous les plans (diplomatique, militaire, politique, financier, numérique, sanitaire, écologique, ...), de dissoudre l'Otan et de tendre la main au successeur de Poutine (ce fils naturel de Hitler et de Staline) s'il est respectable et honorable.

Mais il est toujours plus facile de donner des leçons de loin, que de gérer sur le terrain les situations de crise.

 

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D'André Comte-Sponville :

 

"Ce n'est pas la pénurie de pétrole ou de gaz qui menace l'humanité, mais leur abondance : le sous-sol en contient plus qu'assez pour dérégler complètement le climat, jusqu'à rendre la Terre presqu'inhabitable."

 

Encore une fois, un seul mot : frugalité.

Frugalité en tout. Cessez de vivre en termes de caprices à satisfaire et vivre en termes d'utilités indispensables.

 

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Les quatre grands points de l'idéologie Zemmour selon un courrier de lui reçu chez moi (???) :

 

  1. La préservation de l'identité française.
  2. La restauration de l'autorité (famille, école, Etat)
  3. Souveraineté populaire.
  4. Réindustrialisation urgente.

 

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Le mot "salut" a une étymologie latine claire …

Il vient, à la fois, du verbe salvere qui signifie "être en bonne santé" et du substantif salus qui signifie "santé" (comme on dit salute en italien ou salud en espagnol).

Par quel hasard sémiologique le sens de "salut" a-t-il dérivé vers le sens de "sauver" ?

D'ailleurs, qu'y a-t-il à "sauver" ? Et de quoi ?

 

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De quoi faudrait-il être sauvé ? Les réponses des religions sont multiples : de la mort, de la souffrance, de la faute, du monde, du mal, de la tentation, de l'erreur, de l'illusion, de l'apparence, du moi, de l'aveuglement, de l'impuissance, de la bêtise, de la corruption, des vices, etc … La liste est quasiment infinie et fournit un catalogue de toutes les faiblesses et de toutes les craintes humaines.

Il faudrait donc sauver l'humain de son humanité et lui rendre l'accès possible à la divinité. Le "salut", alors, se confondrait avec une démarche spirituelle initiatique intérieure de communion avec le Réel et le Divin qui lui est immanent.

Il n'y aurait alors nul besoin d'un quelconque "sauveur" ou "rédempteur" extérieur à soi.

 

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L'idée de "rédemption" est identique à celle de "rachat" ("rédimer", dans la Bible hébraïque, c'est payer la dîme – la dixième partie des récoltes de l'année - au Temple, notamment pour racheter, à sa naissance, la malédiction sur le fils ainé).

L'idée de rédemption est donc essentiellement liée à une ponction fiscale destinée à assurer la survie de la tribu sacerdotale – les lévites – qui étaient interdits de tout travail profane et de toute propriété matérielle.

Payer la dîme, c'est se rédimer soi-même et les siens.

 

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Vito Mancuso insiste sur la différence qu'il pose entre le "salut" (qui serait un but) et la rédemption (qui serait un moyen). Et il affirme que le christianisme est la seule tradition religieuse basée sur la rédemption (et un "rédempteur") alors que toutes les autres (judaïsme, hindouisme, taoïsme, bouddhisme, islamisme) cherchent le salut, mais ne connaissent pas de rédempteur.

On peut admettre que toutes les traditions spirituelles visent à quitter la médiocrité humaine pour rejoindre la sublimité divine (soit par le travail sur soi, soit par la grâce divine), et que l'atteinte de cette sublimité divine soit appelée "salut" (soit dans ce monde-ci pour les monismes, soit dans un autre monde pour les dualismes).

La notion de rédempteur implique que ce salut ne soit possible que par l'intermédiaire d'un tiers : le Christ.

 

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Le salut sans rédemption est un chemin à parcourir seul, par l'étude de deux grands ouvrages sacrés : la Nature et/ou le Livre.

La Nature, c'est la Vie telle qu'elle se vit au travers de tout ce qui existe et qui est là, à portée de reliance au Réel.

Le Livre, c'est l'Esprit tel qu'il a inspiré les prophètes dont l'intuitivité était suffisamment aiguisée pour percevoir les principes du Réel.

 

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Pour les spiritualités, le salut est un cheminement solitaire fondé sur l'étude (sous la conduite d'un maître ou d'un prophète tout humains).

Pour la religion chrétienne (et c'est même son essence profonde, paraît-il), le salut est une grâce gratuite pour celui qui reçoit l'enseignement du rédempteur (d'essence divine mais incarnée).

 

Dans la stricte mesure où chaque humain émerge totalement du Réel, tant par la Matière que par la Vie et par l'Esprit, chacun est incarnation divine et chacun porte en lui la capacité de se rédimer lui-même (même si, aussi spirituellement, les humains ne sont pas du tout égaux entre eux sur ce point comme sur les autres).

Pour reprendre la terminologie chrétienne, chacun peut être son propre Christ dont Jésus peut, si nécessaire, devenir un symbole mythologique.

 

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Le rédempteur chrétien a une caractéristique unique dans le panorama des traditions religieuses : il rédimerait par sa propre mort sur la croix.

Rédemption par la souffrance et la mort, donc.

Quelqu'un d'autre devrait souffrir pour nous sauver de la souffrance et quelqu'un d'autre devrait mourir pour nous sauver de la mort.

C'est absurde car c'est précisément le contraire qui est vrai : c'est en vivant, en acceptant et en assumant soi-même la souffrance et la mort que chacun peut ouvrir les porte vers le chemin qui mène de l'humanité intérieure à la divinité intérieure.

 

Le Jésus historique – pour le peu qu'on en connaisse – n'a été qu'un homme juif du peuple, pharisien ayant fréquenté les esséniens et les zélotes, un séditieux que l'ordre romain a fini par condamné à mort et par exécuter à Jérusalem.

Et cette mort n'a absolument rien changé au cours de l'histoire humaine. Son "sacrifice" a été vain (sauf pour son frère Jacques et les quelques disciples qui entretinrent, un temps, la flamme de son souvenir). Il aura fallu les délires de Paul de Tarse pour traduire cette mort, somme toute anecdotique (combien de millions de martyrs l'histoire humaine ne comte-t-elle pas ?), en événement eschatologique et sotériologique majeur (rappelons, d'ailleurs, que la doctrine paulinienne a mis un peu moins de trois siècles à être intégralement acceptée au concile de Nicée et 325).

 

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Le problème du Salut est incroyablement mal posé dans le christianisme.

Le "Salut" qui est, en fait, la communion intérieure avec le Divin immanent qui fonde, engendre, englobe et unifie tout ce qui existe dans le Réel, est un chemin spirituel intime que chacun doit construire "en âme et conscience" par l'étude de la Nature et/ou di Livre.

Le fait d'affirmer l'intermédiation d'un tiers (fut-il le Christ) fausse complètement la plausibilité de l'idée de Salut (surtout quant l'Eglise catholique, pendant deux millénaires, a répété sans relâche que le Salut christique n'était accessible qu'aux seuls baptisés - cette position, comme bien d'autres, s'est atténuée avec Vatican II). Il ne s'agit plus de "Salut" ; il s'agit de magie blanche.

 

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Ce n'est Dieu qui descend dans l'humain, c'est le Divin qui monte par l'humain.

 

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L'autre manière de parler du "Salut" est de parler de Libération de tous les esclavages et de toutes les idolâtries, comme Moïse fit sortir des Hébreux de l'esclavage au pays des Mitzraïm (c'est-à-dire du pays des "bornés" et des "limités"), en franchissant la mer de joncs (sous le signe de l'Eau).

L'humain est prisonnier de sa propre ignorance et de son propre aveuglement. L'humain est prisonnier de son propre ego et de tous ses appétits. S'il veut sortir de la prison de son humaine condition, il doit faire l'effort surhumain de rompre ses propres chaînes.

Ensuite viendront les deux étapes suivantes de l'Exode : la Révélation sur la montagne (sous le signe de l'Air) et la Purification dans le désert (sous le signe du Feu), avant d'atteindre, enfin, la Terre de la promesse et du Salut.

 

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La théologie catholique est un immense tissu de contradictions où l'on peut à peu près tout trouver … et son contraire.

Est-ce le propre du catholicisme ? Non. C'est le propre de toutes les idéologies qui veulent, à toutes fins, réduire le Réel et le conformer à un quelconque "idéal" (au sens de Platon) qui n'est rien de plus qu'un fantasme humain.

C'est le propre de tous les idéalismes de tenter de nier et de contourner la complexité réelle du Réel, afin de se rendre compréhensibles et acceptables par les masses populaires, aussi ignorantes qu'inintelligentes.

C'est cela la conversion de la Foi en croyances.

La Foi est élitaire.

Les croyances sont populaires.

Dès lors qu'une Spiritualité (forcément d'essence élitaire) veut se muer en Religion (à vocation populaire), elle est forcée de traduire sa Foi en croyances, son évidence et contes de fées, sa posture mystique en pratiques magiques (comme les "sacrements" de l'Eglise dont on oublie qu'ils ne sont que des rites symboliques et non pas des sorcelleries chamaniques).

 

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Il est dangereux de confondre la contradiction (qui est une faute de logique) avec la bipolarité (qui la condition de toute dialectique).

Ainsi, déguiser les contradictions de la théologie catholique en expressions de bipolarités dialectiques, est un paravent hypocrite et fallacieux.

La contradiction, c'est affirmer, en même temps, un dogme et son contraire (comme dire que le baptême est absolument indispensable à la rédemption, mais qu'il ne l'est pas réellement).

En revanche, la bipolarité affirme deux pôles opposés mais indissociables, qui ne s'excluent pas mutuellement (comme les pôles nord et sud d'un aimant).

 

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Ce qui mine définitivement la théologie chrétienne, en général, et catholique, en particulier, c'est l'absurde croyance au "péché originel", telle que suggérée par Paul de Tarse et coulée dans le bronze par Augustin d'Hippone.

La rédemption christique est, dans son fond, la réponse et l'antidote au "péché originel" : tous les humains naissent prisonnier du "péché originel" et seule la rédemption christique peut les en délivrer.

Or, dans le texte hébreu de la Genèse, il n'y a nulle trace d'un quelconque "péché originel" : tout au contraire, il y a initiation de la Vivante ('Hawah, Eve) par le serpent-devin-mystagogue, initiation transmise, dans un second temps à l'humain ('Adam sorti d''Adamah, l'humus).

La naissance de cette conscience vivante fait sortir l'humain de l'inconscience et de l'innocence animales (symbolisées par le Jardin d'Eden) avec interdiction (parce qu'impossibilité) d'un retour en arrière. L'humain sait maintenant qu'il peut souffrir pour survivre et transmettre, et qu'il va mourir.

Nul "péché" là-dedans, mais initiation avec épreuves, d'abord, et conscience, ensuite.

Le judaïsme (qui, rappelons-le clairement, est l'auteur et le propriétaire de la Bible hébraïque) ne connaît pas ces délires du "péché originel" et fait du passage par le Jardin d'Eden, un épisode anecdotique des débuts de l'humanité (la vraie histoire des humains commence avec Abraham et l'Alliance).

 

Se rend-on compte de l'absurdité logique de cette transmission (par quel canal ?) d'un "péché" commis (mythiquement et symboliquement) à l'aube des temps humains sur toutes les générations qui suivent et qui devraient continuer à en payer les conséquences. Est-ce là la justice et la bonté divines ?

 

Il paraît assez évident que sans "péché originel" toute la "logique" de la "rédemption" s'effondre et que la personne du "rédempteur" n'a plus aucune raison d'être. Cela, la théologie catholique l'a clairement vu et reconnu.

Comment rédimer une "faute" qui n'existe pas ?

 

Le christianisme et les chrétiens devraient en prendre acte : l'idée d'un Christ rédempteur n'a clairement aucun sens ! D'ailleurs cette idée est fermement rejetée par toutes les autres traditions religieuses de par le monde.

En revanche, l'idée d'un Christ mystagogue pourrait prendre sens comme guide sur le chemin entre humanité et divinité.

 

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Il y aurait un parallèle symbolique intéressant à faire entre le Christ, mystagogue et sauveur, crucifié sur la croix, et le Serpent, mystagogue et salvateur, fait en airain et enroulé autour du bâton de Moïse (Ex.:21;4-9).

 

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Répétons-le l'humain naît en humanité, ignorant et aveugle à la divinité du Réel-Tout-Un dont il procède et auquel il appartient totalement.

Cette ignorance et cet aveuglement natifs et originels ne sont pas un "péché", mais ils sont un fait !

Le Salut consiste à sortir du plan humain et à monter l'échelle de Jacob afin d'enfin communier avec l'Un absolu sur le plan divin.

Entre ces deux plans, il y a un voyage à faire, immense, difficile, incertain, jonché d'épreuves initiatiques et segmenté en étapes successives.

Libération d'abord.

Révélation, ensuite.

Purification, enfin.

Avant la Sublimation de l'entrée en communion.

Pour franchir toutes ces étapes, pour triompher de toutes ces épreuves, pour soutenir ce long chemin, l'humain a besoin d'aide, le plus souvent. L'illumination est bien rarement subite.

Quelle aide ?

Celle de la Nature qui montre les voies de la Matière et de la Vie.

Celle du Livre qui montre la voie de l'Esprit.

Celle du Christ-mystagogue, aussi, pour les chrétiens, qui montre la voie du vécu (c'est "L'imitation de Jésus-Christ")

 

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Justice. Liberté. Vérité.

Autant de grands mots dont jouissent les théologiens, mais mots-tiroirs qui, au fond, ne veulent pas dire grand' chose ou, du moins, peuvent vouloir dire un peu n'importe quoi.

La Justice au sens idéalisant, je ne sais pas ce que c'est. Je ne connais que l'équité pratique.

La Liberté au sens idéalisant, je ne sais pas ce que c'est. Je ne connais que l'autonomie pratique.

La Vérité au sens idéalisant, je ne sais pas ce que c'est. Je ne connais que la véridicité pratique.

Et ce que je sais aussi, c'est que le sens de l'équité, de l'autonomie et de la véridicité n'est guère naturel et qu'il demande à chacun de le construire patiemment, en âme et conscience, pour s'y tenir.

 

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L'équité est l'énergie du cœur.

L'autonomie est l'énergie de l'âme.

La véridicité est l'énergie de l'intellect.

 

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Le Salut, c'est se sauver de l'humanité pour communier avec la divinité.

 

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Hors de l'Eglise, point de Salut …

Rien n'est plus faux. Point n'est besoin de pratiquer quelque Religion que ce soit, pour que le travail de la Spiritualité puisse libérer celui qui s'élève au-dessus de l'humanité des illusions et des apparences, et le fasse communier avec la divinité.

L'Eglise catholique, apostolique et romaine, n'est qu'une institution humaine, trop humaine, sans le moindre intérêt, sans le moindre pouvoir réel hormis un pouvoir de nuisance.

Elle définit une appartenance humaine qui n'apporte vraiment rien d'autre que des dogmes autoritaires, des obéissances hiérarchiques et des interdits en pagaille.

Il ne faut pas confondre la notion d'institution et celle de communauté.

Un monastère, une loge maçonnique, une synagogue sont des communautés qui pratiquent l'autonomie, l'équité et la véridicité.

L'institution ecclésiale est le lieu d'un pouvoir politique, d'une autorité hiérarchique et d'un obéissance servile qui n'ont pas lieu d'être.

Le catholicisme est la seule religion qui se soit transformée en institution autoritaire.

Par exemple, à l'inverse, il y a autant de judaïsmes qu'il y a de Juifs, et là, n'existent ni de théologie, ni de dogme, ni d'autorité autre que celle des auteurs qui "font autorité" par leur profondeur et leur talent, une autorité non institutionnelle et non institutionnalisée, mais seulement une belle autorité personnelle..

 

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Le mot hébreu Tzédaqah, souvent traduit, à tort, par "justice", signifie plutôt "droiture", ou "intégrité" voire "mérite".

L'équité consiste à reconnaître, avec droiture, le mérite de l'autre et de l'en honorer.

Cela n'a pas grand' chose à voir avec la "justice".

 

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L'idée de pureté est spirituellement importante. Plus sans doute pour le judaïsme et pour le christianisme.

La pureté est tout à l'opposé de l'hybridation, du mélange contre nature. La Torah en donne moult exemples : "atteler ensemble un bœuf et un âne", "tisser ensemble du lin et de la laine", "cuire ensemble du carné et du lacté", "déguiser un homme en femme", …

La pureté consiste à accepter et à assumer totalement sa propre nature, c'est-à-dire ce que l'on est dans sa réalité ontologique. Une forme d'authenticité perfectible, en somme.

 

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Comment peut-on, aujourd'hui encore, ajouter foi à ces inepties du plus antisémite des Evangiles canoniques qui accuse les Juifs d'être à l'origine de la crucifixion de Jésus ? Le personnage de Jésus est passé totalement inaperçu dans la Judée de son temps. Il n'a laissé aucune trace. Des séditieux dans son genre, il y en avait des poignées entières surtout parmi les zélotes et les pharisiens. Beaucoup ont été attrapés, jugés, condamnés et exécutés par les Romains (comme beaucoup de Résistants ont connu le même sort sous l'occupation nazie). Jésus ne sortait pas du lot. Et des guérisseurs, de même : il y en avait un paquet qui arpentaient les chemins, les plus connus étant  Honi ha-Me'aguel (le "traceur de cercle"), ou Hanina ben Dossa.

Un comparution de Jésus devant la Sanhédrin est proprement ridicule. Aussi ridicule que l'histoire de l'enfant Jésus enseignant aux sages dans le Temple … comme si un enfant pharisien (péroushim, en hébreu, signifie les "séparés", les "hérétiques") avait quoique ce soit à dire aux sadducéens et aux lévites du Temple.

 

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Le concept "illumination" est important. En chemin entre humanité et divinité, la Lumière du premier jour (divine, spirituelle) remplace peu à peu la lumière du quatrième jour (astrale, physique). Ce ne sont plus les yeux qui voient, mais l'âme.

Et cette entrée dans la Lumière s'appelle "illumination" … plus ou moins subite, plus ou moins aveuglante.

Il y eut, en Allemagne, au début du 18ème siècle, un mouvement maçonnique appelé "Illuminisme" notamment dans la sphère des "Illuminés" des barons von Hund et von Tschoudy : il s'agissait de se libérer des obscurantismes afin de voler à la rencontre de la Lumière du premier jour.

 

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Le Salut ne se place pas dans la mort, après la vie ou à la "fin des temps". Il se place ici et maintenant dans le jaillissement de cette Lumière du premier jour qui fait basculer l'esprit du terrain de l'humain au terrain du divin.

 

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Le Salut, chez les catholiques, est intimement lié à la mort et, donc aussi, à la résurrection. Celle de Jésus, d'abord, celle de tous les croyants, ensuite.

Classiquement, la résurrection se place après la mort physique.

Mais, après la mort biologique et encéphalique, il ne peut plus rien se passer : la personne n'est plus ; il ne reste, à jamais, qu'un tas d'atomes matériels.

Lorsque l'on meurt, tout meurt à jamais. Il ne peut donc pas y avoir une quelconque résurrection ni de l'esprit ou de l'âme, ni, encore moins, de la chair. Tout ceci relève des croyances superstitieuses visant à exorciser la peur panique de la finitude soi.

En revanche, comme dans le rituel maçonnique de passage à la Maîtrise, le Compagnon symboliquement assassiné "ressuscite" sans jamais avoir cessé d'être vivant. Il s'agit de la mort du "vieil homme" et de la (re)naissance de "l'homme nouveau", hissé à un niveau supérieur de la conscience spirituelle, plus loin de l'humanité et plus près de la divinité.

La résurrection authentique ne se place pas après la vie, mais bien pendant la vie, par une "mort" à l'existence humaine et une "naissance" à la vie divine et, donc, une participation à l'intemporalité (et non à l'éternité ou à l'immortalité).

 

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Toute résurrection est inutile puisque, comme déjà souligné, la mort n'est que l'opposé de la naissance, alors que la Vie, elle est définitivement éternelle dans sa manifestation et intemporelle dans son principe.

Aucune résurrection, donc, n'a de sens puisque la Vie, par essence, ne cesse jamais.

En revanche, sortir des cycles des naissances et des morts (du plan humain) et atteindre l'intemporalité et l'éternité de la Vie (du plan divin), est une belle expression du Salut. Si ce passage de l'un à l'autre plan, doit être appelé résurrection, pourquoi pas ? Mais il faut alors faire très attention aux sens des mots puisque, étymologiquement, "ressusciter" signifie "susciter à nouveau" du verbe latin suscitare qui signifie "faire naître, lever, soulever, éveiller".

En effet, passer de l'humain au divin, c'est "faire naître à nouveau", c'est "éveiller à nouveau" sur un autre plan plus élevé.

 

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Je reviens sur cette idée que les sociétés humaines sont tripolaires : les personnes, les communautés et les institutions (comme l'Etat, par exemple).

Il est évidement que les 19ème et 20ème siècles ont réussi à faire triompher les institutions et à leur inféoder les personnes et les communautés.

Mais aujourd'hui, "la révolte gronde" et la politique, au sens étatique, ne passionne plus grand-monde (les taux d'abstention électorale croissent vertigineusement).

Des institutions continentales sont en train de se mettre en place, mais elles sont si lointaines, si abstraites, ni technocratiques que l'homme de la rue ne s'y intéresse guère.

Faut-il parier, dès lors, sur le grand retour des communautés (dont le communautarisme est le venin) ou sur celui des personnes (dont le libéralisme prône l'autonomie la plus grande) ?

Peut-être faut-il envisager des réseaux de personnes autonomes au sein de réseaux de communautés autonomes (tant physiques que dématérialisées) …

 

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Le 09/04/2022

 

Les seules manières de s'accommoder pacifiquement de la bêtise humaine ambiante et d'avoir ainsi, la paix, sont soit la solitude, soit la manipulation.

 

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La politique se mêlent d'économie sous deux formes complémentaires :

 

  • la politique par la demande qui, via les assistanats, financent le pouvoir d'achat,
  • le politique par l'offre qui, via les incitants, stimulent des investissements des entreprises (innovation, compétitivité, etc …).

 

Toute politique de la demande est catastrophique puisqu'elle augmente l'endettement et favorise la paresse (donc le manque de travail effectif, donc l'affaiblissement de la production).

Quant aux politiques de la demande, il ne s'agit jamais de financer directement les entreprises (pour y devenir actionnaires, voire en nationalisant), mais bien de faciliter, avec des garanties, l'accès aux financements bancaires ou privés.

 

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Le problème de la mort, de l'immortalité, du salut, ainsi que les théories sotériologiques et eschatologiques, s'inscrivent tous profondément dans l'idée du temps qui passe.

Car telle est la vision classique : le temps passe : Seul le présent est réel puisque le passé n'existe plus et que le futur n'existe pas encore.

Mais si le passé n'existe plus, comment le juger ? Comment parler encore de mérite ou de faute comme le font les théologies ? Quelle que soit la manière dont on tourne le problème, on retrouve toujours la même conclusion : une mémoire est nécessaire pour pouvoir, en même temps, se rappeler des leçons du passer et se souvenir qu'un salut futur reste toujours à construire.

Il ne peut poursuivre, avec persévérance, un projet quelconque sans devoir se rappeler, constamment, de l'existence de ce projet.

Autrement dit, toute considération sur la durée, et l'évolution, et le salut, et le projet, et l'intention, appelle indispensablement l'existence de la mémoire où l'image du vécu puisse s'accumuler.

 

Mais où donc se place cette mémoire ? Comment le vécu s'y accumule-t-il ? Quelle est l'essence de cette accumulation ?

Pour répondre à ces cruciales questions, il faut inverser le regard : qu'est-ce donc que le temps sinon la mesure de cette accumulation de vécu ? La notion de temps relève non d'un temps en soi, absolu et préalable, dimension vide où les phénomènes se passent, mais bien d'un temps comme mesure de ce qui se passe. Bergson avait bien établi la différence incontournable entre le temps mécanique qui mesure les durées, et le vécu organique qui engendre ces durées.

S'il ne se passe rien, le temps n'existe plus : il y a du temps parce qu'il y a de l'évolution dont ce temps mesure l'avancement.

 

Il faut donc en venir à la conclusion de cette méditation sur la mémoire et sur le temps : la mémoire est réelle alors que le temps est artificiel. Seule la mémoire, parce qu'elle s'accumule, fait substance. Le temps se contente d'en mesurer l'accumulation. Pour le dire en raccourci : le temps ne passe pas, il s'accumule !

 

Et de cette conception, une conséquence énorme jaillit : le passé inactif continue d'exister intégralement et réellement sous le présent actif qui, couche après couche, engendre un nouveau présent qui remplace l'ancien présent en s'y superposant. Une métaphore puissante, en ce sens, est celle de la croissance d'un arbre dont chaque cerne annuel vient se superposer au cerne précédent qui, lui, va augmenter le bois inactif accumulé sous la mince couche périphérique de cambium actif. Les cellules cellulosiques meurent, mais se remplissent alors de lignine pour former le bois s'accumulant sous le cambium vivant qui, lui, produit de nouvelles cellules vivantes.

 

Récapitulons. Le Réel est constitué d'une mince couche périphérique active appelée le présent sous laquelle s'accumule, couche après couche, la mémoire du passé qui, quoique devenu inactif, reste complètement et intégralement réel sous la réalité du présent. Quant au futur, il est potentiel et virtuel, mais il n'est pas réel ; il n'existe donc pas.

 

Cette mémoire éternelle et définitive, immuable et ineffaçable, substantialisée n'est rien d'autre que le "bois" de l'arbre du Réel dont le présent actif est la cambium.

Ceci étant posé, puisque "l'intérieur du présent" contient le tout de ce qui est advenu et devenu par le passé, chaque processus (et un existence personnelle humaine en est un) possède "sous lui" la trace intégrale de son parcours dont on peut se souvenir (faire venir du dessous) et se rappeler (appeler à nouveau dans l'activité du présent pour s'en servir).

 

Il va sans dire que toutes les théologies, ainsi que toutes les eschatologies et sotériologies qu'elles ont engendrées, ignorent complètement cette conception de l'accumulation, dans le Réel, de la mémoire et du temps.

 

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On comprend que la mort n'est en rien une disparition, mais seulement le passage final de l'existence éphémère active à l'existence éternelle passive.

En ce sens, l'immortalité est un fait immédiat et évident. Tout ce qui existe est, de fait, immortel et éternel puisque gardé intact et comme momifié dans la mémoire cosmique qui s'accumule sous le présent.

 

De là l'idée simple qu'il y a momie et momie, qu'il y a des momies ratées et des momies magnifiques. Et que, tant qu'à faire, autant passer son existence à se sculpter une mémoire personnelle de toute beauté, et de faire de sa vie une œuvre d'art. Voilà donc une autre formulation de la voie du Salut.

Car cette momie, enfermée à jamais dans le "bois" du Réel, sera toujours éternellement vécue comme telle. C'est sans doute la signification du très nietzschéen "éternel retour". Chacun est condamné à revivre éternellement la vie qu'il a vécu. Chacun construit, ainsi, son Paradis ou son Enfer au quotidien.

Une vie accomplie, le reste pour toute l'éternité et se revivra durant toute l'éternité. Une vie ratée aussi !

 

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L'idée chrétienne (mais non juive), récupérée ensuite (comme beaucoup) par les musulmans, d'un "jugement" après la mort, et donc d'une très égyptienne "pesée" des âmes" comme le faisait Horus dès l'arrivée d'un esprit défunt, est une idée inutile. Le bilan de chaque existence est clairement inscrit dans le livre du Réel dans le moindre détail (même ceux inconnus de la conscience de l'intéressé). Il n'y a pas de jugement à faire puisque tout est intégralement là, visible et réel.

L'œuvre est belle, ou pas, en elle-même et par elle-même. Qu'importe le regard d'un autre, fût-il divin ? Le mal est fait ; le bien aussi. Il est trop tard. C'est durant l'existence active et vivante qu'il fallait y penser. Aucun retour en arrière n'est possible. Le vin est tiré, il reste à le boire éternellement, soit-il délectable ou infect.

Il n'y a ni pardon, ni pitié, ni miséricorde qui tiennent. Il n'y a rien à pardonner, ni à regretter. Il est trop tard. Une fois le marbre taillé par le sculpteur, aucun retour en arrière n'est possible : chaque coup de ciseau est définitif et irréversible.

Cette notion d'irréversibilité, venue de la thermodynamique, est essentielle. Rien, jamais, n'est réversible. Ce qui est fait, est fait. Il ne peut jamais y avoir ni pardon, ni oubli, ni rancœur, ni ressentiment ; il peut seulement y avoir de la méfiance et de la prudence pour l'avenir lorsque l'on a affaire avec des êtres nocifs ou pervers.

 

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Le "péché" n'existe pas. La réalité est bien plus grave et bien plus sérieuse. Le "péché", selon le christianisme, est pardonnable et effaçable. L'échec ne l'est pas. Tant qu'il en est encore temps, on peut tâcher de rattraper, de corriger, mais la faute restera à jamais ; rien, jamais, n'est réparable. Le mal fait, reste fait. Le bien aussi !

Et chacun est et reste totalement responsable, personnellement, de ses œuvres. Cette notion d'indéfectible responsabilité personnelle de chaque acte ou parole que l'on pose, est cruciale. Il n'y a jamais ni d'excuses, ni de circonstances atténuantes. Rien n'est réversible !

 

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La mort n'est pas un mal ; elle est une nécessité. Elle est le symétrique de la naissance, répétons-le. Sans naissance ni, donc, sans mort, il n'y aurait pas de perpétuation de la Vie, il n'y aurait pas de nouveaux projets, ni de nouvelles œuvres ; il n'y aurait pas de renouvellement des énergies vitales au service du Réel, c'est-à-dire de la Matière, de la Vie et de l'Esprit.

 

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La perfection n'est envisageable que s'il existe une limite.

La perfection de l'existence exige la mort.

 

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L'existence humaine est comme l'écriture d'un livre : elle doit avoir un commencement, un milieu et une fin. Certains livres sont mieux écrits de d'autres et les histoires ou les idées qu'ils racontent, peuvent être mièvres ou exaltantes.

Il en va ainsi des existences humaines dont la plupart, comme beaucoup de livres, n'ont aucune valeur ; personne ne s'en souviendra. Ils resteront rangés dans une bibliothèque pour toujours fermés et non lus.

Mais qu'importe ; ce n'est pas le succès qui fait valeur. Seulement la sincérité de l'effort d'écriture.

 

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Satan (Shatan en hébreu qui signifie "obstacle") n'existe nulle part ailleurs qu'en l'humain. C'est l'humain lui-même qui peut être diabolique.

L'humain peut être son propre obstacle à son propre accomplissement, par bêtise, par ignorance, par paresse, par négligence, par caprice, par méchanceté, par haine …

Les voilà donc les sept "péchés" capitaux.

 

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Tout manichéisme est un dualisme. A ce titre, il doit être combattu. Le Réel est Un ! Monisme radical, donc.

 

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La survie de l'un passe toujours par la mort de l'autre.

La vie tue pour vivre.

Le vivant tue pour vivre la Vie.

Mais tuer la vie pour l'Esprit est une faute absolue. On ne peut jamais tuer qui que ce soit ou quoi que ce soit, pour des idées !

 

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Quel pourcentage de l'humanité contribue-t-il réellement à l'accomplissement efficient du Réel ?

Ce pourcentage est bien faible. La masse des humains est insignifiante, inutile (sauf à produire ce dont les quelques autres ont besoin), prédatrice et destructrice. Au mieux des parasites de la Vie, au pis des toxiques empoisonneurs de Vie.

 

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Quant à la mort personnelle, il ne s'agit nullement de s'y accoutumer, de l'accepter, de la comprendre, etc … Mais il s'agit bien de la dépasser et de quitter le plan humain des naissances et des morts, pour atteindre le plan divin de la Vie intemporelle au-delà (mais non contre) l'infinité des naissances et des morts.

C'est en cela que consiste le Salut !

 

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Au fond, face à la mort, par la Croix et le Crucifié, par cette souffrance et ce martyre, le christianisme – surtout catholique - cultive une forme de "délectation morose", passablement masochiste.

 

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Personne ne juge. Il n'y a pas de jugement des existences. Il n'y a ni premier jugement, ni jugement dernier. Le Divin n'est pas un juge, un peseur d'âme (il a mieux à faire que de s'occuper des humains, puisqu'il est tout occupé à s'accomplir en plénitude à l'aide de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, que ceux-ci passent, ou non, par l'entremise de "créatures" qui sont autant d'ustensiles à son service).

Chaque vie est reste ce qu'elle est et ce qu'elle a été. Et le seul qui puisse en pâtir éternellement, est celui qui a sculpté ce "bois" de la mémoire cosmique pour y inscrire son œuvre, qu'elle soit bonne ou mauvaise, belle ou laide.

Cet œuvre qu'il vivra pour toujours, est ce qu'elle est. Même si elle est un gros gâchis de temps et d'énergie, Dieu s'en fiche puisqu'il a tout le temps devant pour s'accomplir.

 

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L'individu humain n'importe pas ; seules ses œuvres comptent !

 

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Les œuvres humaines pour la Matière s'appellent des gratitudes justes.

Les œuvres humaines pour la Vie s'appellent des actes justes.

Les œuvres humaines pour l'Esprit s'appelles des pensées justes.

 

Puisque seules les œuvres comptent, ami, tu sais ce qu'il te reste à faire : des œuvres justes qui ressortissent non de la justice, mais de la justesse, de la droiture, de la rectitude.

Il faut devenir Israël, c'est-à-dire la "droiture de Dieu".

 

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Le 10/04/2022

 

Le Ramadan et sa "pénibilité" sont une bonne excuse pour "expliquer" la recrudescence de l'agressivité musulmane tant en Israël (des attentats terroristes quasi hebdomadaires) que dans les banlieues françaises.

Le problème du Ramadan n'est pas alimentaire (on prend deux repas copieux par jour), mais plutôt dans l'abstinence de tabac et de drogues, et dans le manque de sommeil (on compense les "frustrations" en faisant la fête tous les jours).

Il y a derrière tout cela une belle hypocrisie sociale (aller fumer ou boire en cachette, mais surtout ne pas être surpris par les autres).

Les abstinences diurnes du Ramadan n'ont rien de difficile (par respect pour mes équipes, je faisais le Ramadan comme elles lorsque je travaillais dans le Maghreb) et participent d'une bonne hygiène de vie. Ce qui y est nocif, ce sont toutes les simagrées que l'on construit psycho-sociologiquement autour de lui.

 

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Le premier tour de élections présidentielles françaises a livré un verdict sans surprise : une dualisation entre libéralisme social (28%) et totalitarisme populiste (22%), assorti d'un taux record d'abstention (seulement 65% de votants).

Cela montre que 50% des Français ont voté pour d'autres candidats que ceux qui ont été statistiquement retenus (notamment toute la "gauche" gauchiste, socialiste, communiste et écologiste).

En gros, l'antilibéralisme s'exprime le plus fort dans la moitié sud (le gauchisme des "assistés" parasitaires méridionaux) et dans le tiers nord (le populisme nourris des relents de l'ouvriérisme socialo-communiste)

Les grandes villes et les outre-mer penchent pour un gauchisme "bobo" ou banlieusard.

 

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Le 11/04/2022

 

 

Si, comme il se doit, on exclut et élimine l'infantile idée d'un "autre monde" parallèle à celui-ci, royaume définitif de l'immortalité personnelle et de la béatitude éternelle, l'idée de Paradis (de l'hébreu Pardès : le "verger") perd tout son sens premier.

Il n'existe aucun lieu de béatitude éternelle et d'immortalité personnelle.

 

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Le Paradis serait la récompense des "justes" mais qui est un "juste" ? Celui qui pratique la "justice" ou celui qui pratique la "justesse" ?

Bien sûr, l'idée de "justesse" prévaut totalement sur l'idée de "justice" (toujours humaine, relative, collective, moralisante, légiférée, …).

La "justesse" relève de la rectitude, de la droiture, c'est-à-dire de l'éthique personnelle comme mise en harmonie profonde et intime de l'accomplissement personnel avec l'accomplissement cosmique, comme pratique quotidienne de la logicité universelle (indépendamment des mœurs ambiantes), comme rationalité (au-delà des rationalismes stériles) qui pointe vers le fait que tout ce qui existe et advient, possède une bonne raison d'exister et d'advenir et que tout ce qui existe possède à la fois une vocation et une mission qu'il s'agit d'assumer.

 

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Il est impératif de sortir au plus vite des mythologies puériles d'un "autre monde", de la "vie éternelle", de la "résurrection de la chair", d'une "immortalité personnelle", .. et de toutes ces fadaises de contes de fée et de superstitions ridicules.

Dieu n'est pas dans un hypothétique ailleurs ; il vit dans l'ici et maintenant, immanent à tout ce qui existe ; il est l'océan dont tout ce qui existe n'est que vagues superficielles et épiphénoménales.

Il n'y a rien de personnel (la "personne" n'est qu'un masque théâtral au travers duquel sonne la voix de l'acteur unique qui anime le Réel).

La seule chose qui puisse persister indéfiniment en moi, n'est pas moi, ce n'est pas le moi, mais bien le Divin qui s'incarne, qui se vit et qui se pense en moi.

Le moi personnel est une illusion, une apparence, un reflet, toujours en changement en fonction des circonstances et des ambiances ; la "personne" supposée me fonder de façon permanente et constituer ma personnalité profonde et persistante, n'existe tout simplement pas. Le moi n'est qu'un déguisement changeant et passager, local et éphémère : une vague qui émerge, voyage – en changeant de forme à chaque instant - et disparaît par, dans et sur l'océan divin.

 

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Transmis par mon ami François Introvigne :

 

"La fourmi, par haine du cafard,

vota pour l'insecticide,

ils furent tous anéantis,

même le grillon qui s'était abstenu..."

 

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Les trois âges de la vie humaine …

Apprendre.

Construire.

Transmettre.

Beaucoup n'apprennent jamais rien.

Beaucoup ne construisent jamais rien.

Beaucoup ne transmettent jamais rien.

 

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Les deux espoirs universels sont la Paix et l'Harmonie.

La Paix : fichez-moi la paix, laissez-moi tranquille, oubliez-moi, laissez-moi vivre autonome, restez chez vous, …

L'Harmonie : vivre en communion avec ses soi, avec sa famille, avec sa communauté, avec la Nature, avec le Cosmos, avec le Divin …

 

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L'obsession ambiante ressasse sans cesse la "crise économique", la relance de la croissance par la consommation, le pouvoir d'achat ! Tout cela est obsolète. Il n'y aura plus jamais de croissance économique, ni de hausse des pouvoirs d'achat.

Le vraie crise n'est pas là !

Le crise économique et financière qui arrive au grand galop est un symptôme de la crise existentielle ; elle n'en est pas la cause.

Les vrais enjeux sont trois : la décroissance démographique rapide, la frugalité économique profonde et la promotion forte de l'intériorité.

 

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Il est urgent de diminuer drastiquement la consommation matérielle ; il y a pour cela deux voies majeures : la frugalité et la dénatalité.

 

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Les deux grandes forces qui animent le monde sont : la Vie et la Communion (cum munire : "construire ensemble" avec soi, avec ses Frères ; avec la Matière, avec la Vie et avec l'Esprit).

 

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Le large mouvement de la continentalisation politique et culturelle entre désormais en conflit avec la global1sation écologique et démographique, et avec la mondialisation financière et numérique.

 

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Être né juif ne suffit pas ; encore faut-il apprendre à le devenir.

 

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Le 12/04/2022

 

Dans la mémoire, il y a deux mondes : le monde factuel constitué d'éléments cognitifs ressentis et accumulés, et le monde idéel constitué de structures cognitives qui relient ces perceptions en concepts.

Ces deux mondes, par le biais de l'intelligence structurante et créative, sont en dialectique permanente et, peu à eu, tendent à fonder une conception globale du Réel et de la Vie, sous la pression de la volonté de comprendre le monde et de construire son monde.

Voilà tout le travail de l'esprit en chaque humain (avec d'énormes disparités entre les capacités, de chacun, à mener tout cela à bien).

Et comme l'esprit humain n'est jamais que le reflet local et éphémère de l'Esprit cosmique ou divin, on comprend mieux comment le Réel évolue et tend à son propre accomplissement. Et on comprend surtout que l'esprit humain n'a de chance de mener son travail à bien, que s'il fonctionne en parfaite harmonie avec la logicité cosmique … car hors d'elle, point de connaissance authentique et véridique possible.

 

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Tout est idéel. Rien n'est idéal.

Il faut fuir les idéaux comme la peste ; ils sont autant de refus et de négation du Réel.

 

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Les Idées au sens de Platon, sont des caricatures idéalisées n'ayant ni réalité, ni plausibilité, ni utilité.

On sait que Platon, en imaginant son monde des Idées pures comme source ultime du monde naturel, n'a fait que plagier Pythagore, son maître, qui avait inventé le monde parfait des êtres mathématiques : Nombres et Figures, comme fondements absolus et définitifs, inaltérables et immuables de tout ce qui existe, comme arrière-fond unique et essentiel du monde naturel.

Malheureusement, pour nombre de physiciens actuels, toujours enlisés dans ce pythagorisme fantasmagorique, les mathématiques – qui procèdent toujours par simplifications et idéalisations – restent le "langage de Dieu" ainsi que Galilée les avait définies.

Toujours ce fieffé besoin d'idéalisation !

Mais le Réel n'est pas de cette nature (idéalisante et mathématisante) ; il est constructiviste c'est-à-dire que, partout, il avance en faisant ce qu'il peut, comme il peut, avec ce qu'il a sous la main.

Le Réel n'est pas un ingénieur de bureau d'étude ; il est un artisan, un Compagnon du Devoir, qui met son talent et son métier au service de l'œuvre en train de se réaliser.

 

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Dans la théologie chrétienne – et surtout catholique – le Paradis est cette idéalité prêtée au Divin qui n'est donc pas vu du tout comme un artisan au labeur sur son propre accomplissement (pourtant Dieu n'est pas parfait, mais il est en voie de perfectionnement et il engendre des créatures pour l'y aider).

Le Paradis est cette perfection supposée que ceux qui montent de l'humain au divin, trouveraient au haut de l'échelle de Jacob.

Foutaises ! Cette perfection, divine ou non, n'existe pas … et heureusement, puisque tout ce qui est parfait, est achevé et que tout ce qui est achevé, est mort.

Quant à moi, je veux un Dieu vivant, un Dieu de la Vie et dans la Vie, un Dieu actif et à la peine dans le Réel, et non un Dieu éthéré, hors du monde, momifié dans sa perfection de pacotille (et tellement anthropomorphe avec le bien et le mal, la liberté et l'esclavage, l'amour et la haine, la vérité et le mensonge, la justice et l'injustice, la miséricorde et la dureté, … et toute cette moraline humaine, trop humaine).

 

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Je ne serai jamais chrétien, parce que le christianisme est platonicien et que le platonisme est un idéalisme aussi puéril que tous les autres idéalismes (tant religieux qu'idéologiques) : on y invente ce dont on rêve et l'on passe à côté du Réel qui est infiniment plus riche et vivant que tous les rêves.

 

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Le concept "Dieu" ne signifie, en rien, l'improbable synthèse de tous les idéaux humains.

Dieu n'est pas un idéal. Dieu est le Réel dans sa plus intime et ultime fondation et source. Tout anthropomorphisme y est radicalement inadéquat.

L'idéalité divine est platonicien. Ce Dieu-là est mort et bien mort. Merci à Nietzsche de nous l'avoir rappelé.

Dieu est le Réel ; il est la Matière, la Vie et l'Esprit. Il est l'Intention qui anime tout ce qui existe : il en est l'Âme ultime.

Dieu est la Logicité (le Logos) qui organise et optimise tout ce qui existe : il en est l'Esprit ultime.

 

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La liberté ne consiste à faire ce que l'on veut, quand on le veut et comme on le veut.

La liberté authentique, c'est choisir de faire au mieux ce qu'il y a à faire, ici et maintenant.

En ce sens, mais en ce sens seulement, Dieu est libre car le Réel doit choisir, à chaque instant, de s'accomplir au mieux et de réaliser, au mieux, son Intention d'accomplissement.

De même, en ce sens, mais en ce sens seulement, chaque humain est libre de choisir d'accomplir ou pas, bien ou pas, sa destinée, sa vocation, sa mission dans le monde.

Il n'y a pas d'autre liberté authentique … tout le reste n'est que caprice d'enfants envieux.

 

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Ce que les superstitions religieuses appellent le "Paradis" est un mythe infantile du même tonneau que l'immortalité de l'âme personnelle.

Mais une autre acception du terme est possible : celle, durant la vié réelle, d'atteindre l'intemporalité divine, c'est-à-dire de communier ("construire avec, construire ensemble") pleinement avec la réalité du Réel au-delà (c'est donc un "au-delà") des apparences et des illusions du monde profane et humain.

On l'a vu, le temps s'accumule et le passé reste réel et entier "sous" le présent actif. Voilà la dimension intemporelle, l'éternité vécue : elle est déjà entièrement là, sous notre présent conscient (la conscience appartient à cette mince couche éphémère du présent actif).

Le Paradis est alors l'autre nom de cette communion vécue avec l'Âme du Réel, dans sa profondeur et son intemporalité.

Le Paradis n'est pas un lieu ; il est une chemin que l'on arpente, que l'on monte, que l'on escalade de son vivant. Après la mort, il n'existe plus rien de personnel, mais on est absorbé et transcendé par l'impersonnel intemporel.

Chacun construit son Paradis ou son Enfer à chaque instant de sa vie selon qu'il progresse ou régresse face à l'intemporel.

 

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Au fond, arriver au Paradis, c'est atteindre la Connaissance, le plus parfaite possible de l'impersonnel et de l'intemporel au cœur du Réel divin, et assumer la plus parfaite Communion avec eux.

Cela n'est pas l'affaire de l'après-mort, mais bien de l'ici-et-maintenant.

Il n'y a d'ailleurs pas d'après-mort.

 

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Il faut choisir.

Ou bien Dieu est tout et se confond avec la totalité du Réel, et il est alors totalement Matière, Vie et Esprit.

Ou bien Dieu est pur Esprit (la Logicité eidétique) et il n'est rien de plus qu'une des trois hypostases du Réel aux côtés de l'hypostase Matière (la Substantialité topologique) et de l'hypostase Vie (l'Intentionnalité dynamique).

Pour ma part, j'ai opté définitivement pour la première alternative qui est une équation simple : Réel = Un = Dieu = Matière + Vie + Esprit.

D'autres options sont acceptables, à la condition de les choses soient clairement dites.

Mais quelle que soit l'option prise, chaque humain appartient pleinement à l'ordre de la manifestation, un épiphénomène où ma Matière s'incarne, où la Vie se vit et où l'Esprit se pense.

 

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La ternarité est indispensable si l'on veut fonder une métaphysique de l'unité, de la complexité et de l'évolution. Toutes les grandes traditions spirituelles l'ont reconnu. Que la Trinité chrétienne faite du Père, du Fils et de l'Esprit puisse symboliser cette ternarité principielle, je n'y voit aucun inconvénient. Même le fait que l'on puisse parler des trois "personnes" de la Trinité est acceptable tant que le mot "personne" évoque bien ce masque théâtral au travers duquel sonne la voix de l'acteur unique qui joue tous les rôles.

Mais il faut se garder d'aller plus loin dans l'anthropomorphisme qui a déjà, là, atteint sa limite …

 

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La théologie chrétienne s'impose d'inénarrable contorsions pour préserver son dogme de l'immortalité personnelle (sinon en char, u moins en esprit ou en âme) à l'encontre de toute plausibilité spirituelle, métaphysique et philosophique.

Le moi est un leurre qui n'existe qu'épiphénoménalement, et l'on voudrait le rendre éternel.

Il y a là une contradiction majeure, incontournable et irréfragable.

 

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La seule chose qui soit immortelle et éternelle, c'est la mémoire cosmique qui garde intact le moindre détail de toutes les existences passées. Oui, chacun est immortel en ce sens que sa trace dans le "bois" du Réel y restera indéfiniment gravée. Chacun revivra éternellement ce qu'il a vécu, tout le meilleur et tout le pire, toute la joie et toute la souffrance, tous les succès et tous les échecs, tous les amours et toutes les haines.

 

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Le 13/04/2022

 

Le nouveau champ politique européen révèle trois constats :

 

  • La mort des idéologies et des partis traditionnels, issus du 19ème siècle (dont le socialisme, le communisme, le bourgeoisisme et le conservatisme).
  • La percée démagogique d'un camp extrémiste à tendance totalitaire :
    • populiste,
    • écologiste,
    • gauchiste ;
  • La résistance d'un camp à tendance libérale :
    • continentaliste,
    • souverainiste,
    • égalitariste.

 

Le premier camp est assez largement majoritaire en chiffres, mais les dissentions internes, font que, très heureusement, leurs haines réciproques permettent au camp libéral de "passer" par report "contraint" de voix.

 

En France, la réélection probable d'Emmanuel Macron va engendrer un pays ingouvernable, totalisant de l'ordre de 60% de mécontents dès le jour 1.

 

Tout cela indique que la démocratie est fatiguée et que les masses s'enlisent dans une ambiance délétère de déresponsabilisations et d'assistanats massifs, dans le déni de changement de paradigme et des inéluctables conséquences qu'il engendre (continentalisation, frugalité, baisse des pouvoirs d'achats, pénurisation des ressources, migrations, dénatalité, manipulation massive par les réseaux sociaux, etc …).

Globalement il y a un rejet d'un soi-disant "système" instauré et gouverné par de soi-disant "élites" … alors que le paternalisme socialo-étatique et antilibéral, est la réalité franco-française depuis la fin de la seconde guerre mondiale (et dont les parangons furent De Gaulle et Mitterrand).

S'il fallait encore une preuve de l'incommensurable crétinisme des masses, la voilà.

 

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Présentation du recueil des travaux de Pascal Ory intitulé : "Ce côté obscur du peuple" :

 

" Un volume très éclairant, en pleine élection présidentielle, sur la montée des populismes. Les systèmes politiques modernes sont à peu près tous fondés sur la souveraineté populaire. Ce souverain intimide, enthousiasme ou effraie. Sauf qu'il n'est peut-être pas celui qu'on croit. Dans les dix textes rassemblés ici dont quatre livres, publiés au long de quarante années et qui présentent tous un caractère d'étude historique, Pascal Ory questionne certaines figures récurrentes comme le populisme ou l'anarchisme de droite, et certaines conjonctures radicales, comme le fascisme ou la Collaboration. Chemin faisant, l'historien démontre qu'il existe un "bon usage des catastrophes", en se fondant sur quelques idées simples et de bon goût : l'Histoire est une science expérimentale ; en Histoire il n'y a pas de causes, rien que des effets ; à des questions politiques on ne peut donner que des réponses politiques ; la souveraineté populaire n'est qu'un postulat ; dans la définition stricte de la démocratie, il n'y a pas de place pour la liberté. 'D'où il découle, conclut-il, que le Peuple peut être autoritaire, jusqu'à l'amour de la dictature, identitaire, jusqu'à la xénophobie. Ce qui n'est pas si grave, puisque le Peuple n'est qu'une fiction, au reste assez utile'."

 

Il est évident que le "peuple" – comme la "nation" -, cela n'existe pas. Et parler de la souveraineté de quelque chose qui n'existe pas, est assez effrayant.

 

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L'Occident (l'Europe et les deux Amériques) est entré dans une "ère de la mollesse et de la faiblesse".

L'apologie de la faiblesse s'exprime au travers de la défiance – voire de la haine, chez les wokistes – de toute manifestation de la force, du mérite, de l'élitarisme, de la supériorité, etc …

Le culte de la mollesse s'exprime dans le refus du devoir, de l'effort, de la difficulté, de la persévérance, de l'abnégation, du courage, du travail, du long-terme, du dépassement, etc …

 

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L'existence de Dieu n'est pas une question de Foi, mais bien un problème de définition.

 

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Le monde, pour être viable, doit être en ordre, c'est-à-dire respecter sa propre logicité.

L'Enfer, c'est le désordre.

 

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Les théologiens inventent des mots pour conceptualiser ce que les mystiques vivent sans mots pour le dire.

 

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Une idée n'est qu'une la mise en ordre d'un ensemble de données perçues ou reçues. Elle est une forme (c'est d'ailleurs son sens étymologique), une image, une représentation plus ou moins floue, plus ou moins vague, plus ou moins solide.

Le concept, en revanche, est une idée pérennisée du fait de son utilité et de son efficacité opérationnelle.

 

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Il ne faut pas réduire le concept d'ordre (de logicité) au seul ordre mécanique et hiérarchique, comme une parade militaire. Il faut aller au-delà, vers le concept d'ordre organique qui n'est pas seulement une structure d'ordonnancement réciproque entre parties, mais, bien plus profondément, l'organisation d'un processus en vue de l'accomplissement d'une intention dans un milieu partiellement imprévisible.

Ne jamais confondre un ensemble bien rangé et un processus bien organisé.

L'ordre mécanique est la notion d'ordre la plus pauvre, au niveau le plus bas de complexité.

 

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Le désordre fait perdre du temps et gaspiller de l'énergie.

 

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Il y a quasi synonymie entre la notion de "logicité" (qui dépasse et de loin la simple logique, aristotélicienne ou autre) et celle de "rationalité" (qui n'a que peu à voir avec le rationalisme qui n'est que l'obscurantisme de la raison).

Leur adjectivation en "logiciel" et "rationnel" pointe vers le fait qu'il existe une réelle cohérence topologique et structurelle (dans la spatialité), dynamique et processuelle (dans la temporalité) et eidétique et formelle (dans la complexité) au sein des systèmes considérés et au premier chef desquels se trouve le Réel pris comme un Tout-Un holistique.

 

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Certains prennent plaisir au désordre ; ce sont les nocifs, les toxiques. Ils empoisonnent le monde, la vie et l'esprit.

Quel est leur motif ? La haine de l'harmonie et de la paix qui sont les deux moteurs principaux d'ordre.

Mais pourquoi cette haine ? Par bêtise ? Par frustration ? Par jalousie ?

 

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Il existe deux types fondamentaux d'ordre.

Il y a l'ordre entropique par l'uniformité et l'homogénéité, par la régularité et la similarité : tout est pareil, tout est étale, tout est égal.

Il y a l'ordre néguentropique par la complexité et la fractalité, par la créativité et l'originalité : tout est émergence, tout est efflorescence, tout est inédit.

Et puis, il y a le chaos (au sens vrai et premier, pas à celui de la "théorie du chaos" qui est une forme d'ordre complexe évanescent) qui est l'absence d'ordre, qui est tumulte, instabilité, turbulence, qui est informe, amorphe, absurde, qui est effervescence stérile, cacophonie inaudible et incohérence délétère.

Le chaos, c'est l'Enfer.

Et la Vie, comme l'Esprit, est précisément cette tension qui combat le chaos, qui veut remettre de l'ordre (organique plus que mécanique) dans le monde afin d'y apporter Paix et Harmonie contre ce chaos qui est guerre et fureur.

Et la Mort, alors, signe la fin du combat et engendre ce chaos qu'est la décomposition qui, aboutit, in fine, à un ordre uniforme de la dispersion et de la dilution.

Au fond, le chaos n'est qu'une indécision destructive entre l'ordre entropique par l'uniformité et l'ordre néguentropique par la complexité.

Le chaos est, à la fois, explosion du premier et dégénérescence du second.

 

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Parmi les humains aussi, on retrouve les trois tendances de fond.

Les humains néguentropiques sont les "constructeurs" (15% de la population mondiale) qui ensemencent et engendrent tout ce qui fait évoluer le monde vers plus de richesse, vers plus de complexité, vers plus de connaissance, vers plus de prospérité.

Les humains entropiques sont les "parasites" (60% de l'humanité) qui consomment tout ce qu'il est possible de digérer, s'assimiler, de transformer en déchets et en déjections, qui adulent l'uniformité, la conformité et toutes les formes d'égalitarisme.

Les humains chaotiques sont les "toxiques" (25%) qui haïssent l'ordre sous toutes ses formes, tant conforme et uniforme que créateur et constructeur, ordre dont ils se moquent sarcastiquement et qu'ils combattent avec perversion et cruauté, en harcelant surtout les esprits faibles.

 

Peut-être est-ce pour cela que le catholicisme a inventé le Paradis pour les "constructeurs", le Purgatoire pour les "parasites" et l'Enfer pour les "toxiques".

 

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L'Enfer est-il une damnation éternelle ?

Oui, en ce sens que l'Enfer (comme le Paradis ou autre) n'est rien d'autre qui la trace intacte et perpétuelle de ce qui a été fait durant l'existence réelle, enchâssé dans la mémoire cosmique irréversible et définitive.

Il n'y a jamais retour en arrière ; tout est ineffaçable et chacun restera éternellement dans l'Enfer qu'il s'est lui-même construit, par ses actes, ses œuvres, ses gestes, ses paroles et ses pensées, tout au long de son existence.

La seule question qui reste à débattre est celle-ci : cette mémoire cosmique où s'accumule tout le passé dans ses moindres détails, est-elle totalement passive et reste-t-elle éternellement tel quel, … ou, comme la mémoire humaine, évolue-t-elle doucement du fait d'un processus lent d'épurement, non par oubli, mais par usure (comme les couches de sédimentation géologique finissent par se tasser) ?

La mémoire cosmique "vit"-t-elle éternellement, sur un mode quasi végétatif, pourrait-on dire, ou reste-t-elle définitivement figée en l'état pour toujours ?

La question méritera d'être reposée un peu plus tard …

 

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Comment est-il possible qu'un humain sensé et mature puisse en arriver à désirer son immortalité personnelle ?

 

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D'Origène :

 

"Dieu, tout en tous."

 

Autrement dit : "Le Réel, tout en tout et en tous".

 

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La Mort est comme une fin de banquet : il faut pouvoir quitter la table, repu, le sourire aux lèvres, sans remords ni regrets.

"Tout est consommé" et il est trop tard.

 

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L'Eglise chrétienne, en 543, a élu Augustin d'Hippone et condamné Origène d'Alexandrie. Ce fait historique suffit à disqualifier, définitivement, le christianisme.

Comme si la référence à l'infâme Paul de Tarse ne suffisait pas.

 

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Il n'y a pas de distance entre Paradis et Enfer ; chaque vie humaine, dans sa réalité, est un patchwork de Paradis et d'Enfer qui se construisent conjointement et réciproquement, au quotidien, au fil des actes, des paroles et des pensées.

Il y a du Paradis et de l'Enfer dans chaque vie réelle. Toutes les dichotomies théologiques sont absurdes, simplistes et ridicules.

Encore un dualisme, sotériologique cette fois, au sein du dualisme ontologique. Ce goût de la dualité par étages est insupportable !

 

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Le seul mal dans la vie réelle est la souffrance (celle que l'on engendre et/ou que l'on subit). Le péché, lui, n'existe pas, car pure invention théologique.

Quant à la souffrance, même si elle est pure construction mentale (au contraire de la douleur qui est réalité physiologique), et sans doute à cause de cela même, elle est susceptible de trois traitements distincts en chacun des humains.

Le premier consiste à lui opposer le processus de deuil et, ainsi, de la tuer en la dépassant dans un effort intérieur de sublimation (cfr. Elisabeth Kübler-Ross).

Le deuxième est de la laisser croître jusqu'à ronger et détruire la vie.

La troisième est de la transférer à l'extérieur de soi et d'en contaminer l'Autre (autrui, le monde, la Nature, …) ; c'est ce que font les "toxiques".

Au fond, la souffrance est l'autre nom du désordre, du chaos que l'on élimine soit par complexification néguentropique, soit par uniformisation entropique.

 

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La Bible a toujours été un réservoir textuel où les théologiens ont puisé, avec plus ou moins de mauvaise foi, pour justifier ou consolider leurs thèses, et prouver tout et son contraire.

Mais la Bible – au moins la Bible hébraïque – n'a aucune thèse à défendre hors son double combat contre les esclavages et les idolâtries, et sa promotion de l'Alliance entre le plan humain (profane) et le plan divin (sacré).

Hors cela, les dizaines d'auteurs à qui l'on doit des bribes de texte au sein de cette vaste bibliothèque écrite par des humains inspirés au profit d'humains ignorants, ont emprunté tous les chemins possibles pour réaliser l'Alliance, quelque contradictoires puissent-ils être.

Pas étonnant que tout théologien un peu talentueux puisse y trouver de quoi "confirmer" n'importe quelle carabistouille.

 

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Un autre grand délire de l'Eglise chrétienne – qui a d'ailleurs opposé violemment certaines de ses chapelles, notamment protestantes – concerne ce concept saugrenu qu'est la "Grâce" divine (qui est la grande obsession d'Augustin d'Hippone après son invention de l'absurde "péché originel").

La "Grâce", donc.

C'est-à-dire le fait que Dieu condescende à honorer certains humains des bénéfices gratuits de sa sollicitude afin de mieux trouver les chemins de leur salut personnel. Cela a même été jusqu'à la théorie de la prédestination (le salut personnel serait accordé à d'aucuns dès la naissance, quelle que sera la vie qu'ils mèneront sous le haute surveillance et bienveillance divines).

Cette théorie de la "Grâce" a fait tous les dégâts imaginables, tant elle est absurde.

Selon cette théorie néfaste, l'humain est totalement incapable de construire son "Salut" par lui-même et, laissé à lui seul, il serait condamné à la damnation éternelle du seul fait du péché originel. La "Grâce" divine est donc l'intervention salvifique du Divin à l'égard de quelques uns (mais on ignore le critère divin pour cette élection). C'est la version théologique de l'assistanat étatique au bénéfice des fainéants et des parasites.

Comment peut-on croire en de telles fadaises ?

Le Salut est – et doit rester – une cheminement personnel et intérieur, de nature initiatique et spirituelle, visant la communion, durant l'existence réelle, entre l'humain et le Divin. La seule - mais elle est précieuse -, récompense de cet effort existentiel, est une ineffable Joie de vivre.

 

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Quel Dieu juste et équitable pourrait souscrire à ce comble d'ignominie que serait la prédestination ou le salut par la "Grâce", comme "fait du prince" céleste.

Décidément, Augustin (et ses épigones comme Calvin ou Jansénius) auraient mieux fait de se taire.

 

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Quand donc les théologiens cesseront-ils de prêter au Divin, à Dieu, donc au Réel tel qu'il existe et tel qu'il va, des sentiments ou des valeurs purement humains comme la justice, la miséricorde, la pitié, la bonté, la magnanimité, l'amour, etc …

Tous ces anthropomorphismes sont ridicules et relèvent tous de cette idée absurde d'un "Dieu personnel" imaginé à l'image de l'humain.

Le Réel est impersonnel et ne souffre d'aucun des sentiments humains. Le Réel est un processus holistique, purement impersonnel, dont les seuls guides sont l'intention d'accomplissement et l'accumulation mémorielle, d'une part, et la rationalité et la logicité intellectives et spirituelles, d'autre part.

Dieu ne connaît ni morale, ni sentiment. Il ne professe qu'une éthique de la Paix et de l'Harmonie optimales qui, au niveau des humains, s'applique en termes d'autonomie (chacun est responsable de sa propre construction) et de communion (l'interdépendance entre les humains les pousse à construire ensemble un monde plus accompli).

 

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Il y a partout à travers le christianisme, une sorte de jouissance de la souffrance. Une croyance, non totalement dite (sauf chez une Thérèse d'Avila ou de Lisieux, par exemple), en la force de rédemption de la souffrance : il faut souffrir pour être sauvé. Au fond, une espèce de masochisme intrinsèque qui voit dans la souffrance l'instrument de rédemption par excellence (ne serait-ce qu'au travers des souffrances de Jésus, supplicié sur la croix romaine et la subséquente adoration du crucifix).

D'où les absurdes pratiques macératoires et mortificatoires ((cilices, flagellations, privations, jeûnes, chastetés, etc …) qui, par une perverse inversion de valeur, deviennent des "délices salvatrices".

Il y a là quelque chose de pathologiquement pervers.

 

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L'Enfer n'est-il pas, par excellence dit-on, le royaume du Diable ?

Mais qu'est-ce donc que ce "Diable", que ce "Satan" tout droit venu des manichéismes anciens, quatrième roue de la Trinité ?

Il est la personnification extrême du désordre et du chaos, de la guerre et de la discorde, des esclavages et des haines.

Il est le Diabolos qui accuse (injustement) et divise.

Il est le Shatan qui fait obstacle (au Salut).

Le Diable personnifie le désordre, l'incohérence, l'illogicité, l'absurdité (il est, en cela, un des grands inspirateurs des théologiens catholiques), le délitement, la déstructuration, la désorganisation, l'effondrement (collapse), la destruction, la dégénérescence, la décadence, … ; il est le chaos personnifié !

Le Diable personnifie également la non-perfection et le non-accomplissement divins, source unique de toutes les douleurs et de toutes les souffrances.

Le Diable "n'existe" qu'en tant que non-accomplissement de Dieu (l'Intentionnalité fondatrice) dans un Réel en cours d'évolution, donc en cours d'accomplissement.

Le Diable est intrinsèquement inhérent à tout processus réel, l'humain y compris. Il n'est pas une "personne", un "être-en-soi" (pas plus que Dieu, donc). Il est un symbole (comme Dieu, du reste).

 

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Au fond, l'Enfer (et son maître diabolique) est signe symbolique de l'inaccomplissement divin : Dieu est en cours de perfectionnement et le mal (c'est-à-dire la souffrance) est la conséquence de cette imperfection divine.

Et la question vient : lorsque Dieu aura atteint son ultime et sublime perfection, accomplie et achevée, cela signifiera-t-il, au sein du monde, la fin de la souffrance et du mal, la mort du Diable ?

Je ne le pense pas car la perfection achevée est inatteignable puisque tout saut de complexité, toute émergence nouvelle induit sempiternellement de nouveaux horizons de perfection, de nouveaux chemins de perfectionnement. Dieu ne sera jamais achevé et accompli … et c'est tant mieux car ce qui est achevé et accompli, n'a plus aucune raison de vivre. Cela signifierait la fin de la Vie donc de toutes les vies qui l'incarnent et la vivent.

Un Dieu accompli et achevé signifierait la Mort absolue du Réel qui resterait, à jamais, momifié dans sa perfection inutile.

 

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Et si, plutôt que de parle d'Enfer, de damnation, etc …, on envisageait que la trace d'une vie n'ayant en rien – ou en mal – contribué à l'accomplissement de l'intention du Réel, était effacée de la mémoire cosmique par un processus d'épuration de celle-ci ?

L'Enfer comme oubli définitif, comme effacement progressif et lent de toute mémoire négative, en somme.

 

Nous revenons donc à la question effleurée plus haut : la mémoire cosmique qui accumule tout ce qui arrive et se passe, sous le présent, est-elle sujette à évolution (y compris aux processus d'épuration et d'effacement, suggérés ici) ou est-elle définitivement figée et fixée ?

 

Question difficile.

Si, la mémoire est totalement passive et figée, elle n'est utile à rien et donc ne contribue pas à l'accomplissement de l'intention. Ce serait du gâchis.

En revanche, si, à cette fin de contribution, elle était un tant soit peu active (bien sûr beaucoup moins que la mince couche du présent qui hérite tout d'elle et qui concentre tous les germes qui engendreront le présent suivant que l'on appelle encore le futur), toute la perspective changerait.

Une mémoire active, aussi peu que ce soit, donnerait alors du sens à l'idée d'un relent d'activité – en esprit, donc en conscience – en-deçà du présent ; une pseudo-activité où la vie naguère vécue, se recyclerait globalement (tel le mythe de "l'éternel retour du même"), ce qui donnerait sens aux notions de Paradis et d'Enfer non comme punition dans des "lieux" séparés, mais comme ressassement perpétuel du vécu d'avant avec ses parts de Paradis et d'Enfer. Cela permettrait, sans doute, une épuration et un apurement de sa propre mémoire par l'âme défunte.

Tout cela au conditionnel, bien sûr.

 

En outre, toute existence humaine est prolongée, jusque dans le présent, par des œuvres, des descendants, des souvenirs, etc … qui, activés dans le présent, pourraient envoyer dans la mémoire une activation en retour qui alimenterait la pseudo-activité mémorielle concernée et faciliterait son apurement et son épuration. Le présent, en quelque sorte, stimulerait le travail du passé (positivement ou négativement selon la qualité des traces laissées).

 

Il ne s'agirait donc pas d'une réelle "vie-après-la-mort", mais plutôt d'une activation mémorielle suscitant l'épurement mnésique et, ainsi, en retour, une contribution du passé à l'accomplissement actuel du Réel.

 

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Pour s'accomplir en plénitude, Dieu – donc le Réel pris comme un Tout-Un – a besoin de la contribution de toutes ses émanations, de toutes ses émergences, de toutes ses "créatures". C'est cela l'Alliance qui n'a pas comprise ni par le christianisme, ni, encore moins, par l'islamisme.

L'Alliance entre Dieu et ses "créatures", entre le plan divin et le plan humain, entre la réalité holistique et la réalité locale, entre le tout et ses parties, est une relation dialectique où chaque pôle (Dieu, d'une part, et ses "créatures", d'autre part) contribue réciproquement à l'accomplissement de l'autre pôle.

Dieu a besoin des humains autant que les humains ont besoin de Dieu.

Il n'y a là aucune relation d'un Père omniscient et omnipotent envers ses enfants soumis et obéissants ; il y a une communion active faite de contributions réciproques à l'accomplissement de chacun.

Les livres de la Loi et de la Nature donnent aux humains, les préceptes et maximes nécessaires pour établir cette relation d'Alliance et de contributions réciproques. Plus ces contributions sont positives et nombreuses, plus on accumule de Paradis en soi ; mais plus elles sont négatives ou rares, et plus la part d'Enfer grandit, dans cette vie, mais aussi dans la mémoire cosmique et plus il faudra apurer et épurer les traces gravées dans le "bois" du Réel.

 

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Le14/04/2022

 

Le Purgatoire n'est pas un lieu. Il est une durée : la durée nécessaire pour purger la mémoire des traces mémorielles négatives jusqu'à épuration et apurement complets.

Ensuite ?

Ou bien il ne reste plus rien et l'oubli total aura fait son œuvre.

Ou bien il reste une trace positive qui consolidera le "bois" du Réel et continuera de contribuer à son accomplissement.

Pour reprendre un tantinet la métaphore botanique : le présent est le cambium qui construit le futur de l'arbre. Le bois est la mémoire solide et passive du passé de l'arbre. Et entre ces deux couches, l'aubier est le passé récent, encore frais et humide, tendre et malléable, qui, peu à peu, devient bois définitif.

 

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Le mythe de la Parousie décrit le retour du Christ de Gloire sur Terre pour annoncer ou  acter la fin des temps et le jugement dernier (avec ou sans résurrection des tous les morts).

Quelle "fin des temps" ?

Quel "jugement dernier" ?

Quelle "résurrection des  morts et des corps" ?

 

Ces deux dernières questions ont déjà fait l'objet de méditations diverses dans ce qui précède. Nous n'y reviendrons pas si ce n'est pour dire :

 

  • qu'il n'est nul besoin d'un quelconque "jugement" puisque la réalité inaltérée de la mémoire cosmique suffit ;
  • que la résurrection de la chair est une vaste fumisterie totalement superfétatoire qui n'apporte absolument rien sur le plan spirituel.

 

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La Parousie prêchée par Paul de Tarse ressemble à s'y méprendre à une vaste opération de "marketing" pour rallier, à ses croyances, les exclus du système romain qui ne pouvaient avoir un mince espoir de bonheur qu'au travers d'un "autre monde" à venir (à très brève échéance selon Paul), et qui désiraient ardemment sortir de leur misère (économique, sociale, politique, culturelle, …).

Il ne faut jamais oublier que le christianisme primitif s'adressait surtout aux exclus, aux "petits", aux "sans-grade" de l'empire romain : les femmes, les pauvres, les esclaves, les soldats, la valetaille, etc …

L'idée d'une "fin des temps de souffrance" leur parlait donc immédiatement : le salut tout de suite.

 

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L'idée d'une Parousie "imminente" mais manifestement inexistante, déboucha, naturellement, sur une déception amère et profonde, et une méfiance pour les messages pauliniens.

 

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La "fin des temps" …

Pourquoi donc les "temps" auraient-ils une fin ? Et en commencement, d’ailleurs ? Le mythe du big-bang avait relancé, naguère, cette idée d'un "début" du temps et de l'univers. Les physiciens savent aujourd'hui, que ce "big-bang" n'est en rien un commencement absolu de quoique ce soit, mais bien une bifurcation liée à l'émergence (il y a 13,7 milliards d'années) de la matière au départ de la substance prématérielle (appelée par certains "matière noire" ou "vide quantique" ou "activité bosonique ou "hylé").

Il n'y a pas eu de "commencement des temps" et il n'y aura aucun "fin des temps". La durée est infinie dans les deux sens : le Réel est éternel, sans commencement ni fin et ce, pour une simple raison : s'il n'en était pas ainsi, pourquoi le Réel existerait-il et serait-il venu subitement à l'existence ? Quel en aurait été la cause puisque rien ne lui est extérieur ou étranger.

Le principe leibnizien de la raison suffisante joue ici un rôle péremptoire : tout ce qui existe ou advient, doit avoir une bonne raison d'exister ou d'advenir.

 

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Tout est éternel puisque tout dépend de principes intemporels.

L'océan existe et persiste infiniment. Seules les vagues à sa surface émergent, circulent et s'effondrent.

La naissance, la maturité et la mort ne concernent que les épiphénomènes. Elles ne concernent nullement le Réel pris comme un Tout-Un.

 

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L'imminence de la Parousie est un socle fondamental des trois Evangiles synoptiques et des Epitres. Seul l'Evangile de Jean (parce que plus tardif et date du début du deuxième siècle) a perdu ces illusions et ne compte pas sur un retour rapide du Christ.

 

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Quoique sous le boisseau et feutrée, le christianisme est rongé par une "guerre" entre la vision sotériologique (l'entrée dans le monde divin est immédiatement consécutive au décès) et la vision eschatologique (l'entrée dans le monde divin sera commune pour tous les humains, au jour de la fin des temps et de la Parousie).

Bien sûr, comme à leur habitude, les théologiens ont inventé moult astuces pour faire croire à la compatibilité de ces deux points de vue incompatibles. Tout cela est vain et, clairement, aujourd'hui, c'est la vision sotériologique qui est dans presque tous les esprits croyants, la vision eschatologique et apocalyptique étant remisée au rang des mythologies anciennes (ou dédiée à des herméneutiques symboliques et mystiques d'où la réalité du Réel est évacuée et où trône la description mystique du passage du monde naturel, humain et profane au monde idéel, divin et sacré).

 

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La Parousie est clairement un invention paulinienne (et donc reprise à foison par les Evangiles synoptiques d'inspiration purement paulinienne, opposée aux noyaux de Jérusalem et d'Alexandrie).

Les Evangiles johannite et apocryphes ne (re)connaissent pas cette notion.

 

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Il est ahurissant de constater que, pour beaucoup de chrétiens et pas forcément les plus sots, les Evangiles synoptiques puissent rapporter les "vraies paroles" et les "vrais actes" de Jésus-le-nazir. Rappelons que le plus vieux des Evangiles canoniques est celui de Marc et a été écrit, dans la veine paulinienne, après 70 (donc après la destruction du Temple par les légions romaines), par quelqu'un qui n'a jamais connu ledit Jésus et qui ne transcrit que la légende colportée par les disciples de Paul.

L'Evangile de Matthieu (écrit autour de 80) développe celui de Marc et invente tout ce qui y manque. Celui de Luc (un auteur grec et non juif) écrit vers 90 ; il imagine un "évangile de l'enfance" et parachève l'œuvre de déjudaïsation entreprise déjà par Paul.

Ce Jésus-là, celui de la tradition paulinienne et des Evangiles synoptiques, est très largement imaginaire, sans doute inspirée par les faits et gestes d'un révolté juif, actif autour de l'an 30 et par les exploits de divers thaumaturges de l'époque du genre de Simon-le-magicien.

 

C'est terrible cette confusion dramatique entre les textes sacrés et apologétiques, d'une part, et les écrits historiographiques, d'autre part.

Quel Juif sensé, aujourd'hui, pourrait prétendre à l'historicité des faits relatés par la Torah, ou pourrait croire en l'existence réelle d'un Abraham, d'un Isaac ou d'un Jacob, d'un Moïse, d'un David ou d'un Salomon ? La Torah a été écrite à partir de la fin du 7ème siècle avant l'ère vulgaire (le premier écrit étant le livre du Deutéronome) et constitue une compilation de toute une masse de légendes, de mythes, de fables, de contes, de sagas (pas forcément d'origine hébraïque ou juive, d'ailleurs) que la tradition orale colportait jusque là.

L'essentiel de la Bible hébraïque n'est pas dans les légendes (les 'aggadot), mais dans les maximes d'accomplissement de l'Alliance et de la communion entre l'humain et le divin (les 'halakhot).

 

C'est ce qu'ont bien compris les Evangiles apocryphes qui se contentent d'aligner des logion, c'est-à-dire des "paroles" prêtées à Jésus.

 

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Bien en phase avec la physique des processus complexes et la théorie des bifurcations qui leur est propre, le textes apocalyptiques décrivent une phase chaotique incontournable liée au passage d'un paradigme au suivant, de complexité supérieure.

 

La littérature apocalyptique juive des deux derniers siècles avant l'ère vulgaire, parlait du chaos qui marquerait la fin de la domination gréco-romaine de la Judée et le moment de sa libération totale.

L'Apocalypse de Jean – qui ne fut, d'ailleurs, qu'une compilation christianisée de textes juifs antérieurs – parle des temps chaotiques qui feront le pont entre le monde humain et le monde divin.

 

Dans les deux cas, la séquence est claire et toujours la même – même dans l'univers physique réel - : le monde d'avant, puis la phase chaotique, puis le monde d'après. 

 

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Quand donc les croyants et la plupart des théologiens comprendront-ils que Dieu – l'Âme et l'Esprit du Réel, si ce n'est le Réel lui-même – ne communique pas avec les humains, n'impose rien aux humains, ne dicte rien aux humains, ne prescrit rien au humains.

Les textes sacrés sont des écrits d'humains inspirés à l'attention des autres humains, contenant des préceptes et maximes pour réaliser l'Alliance, établir la communion entre le plan humain et le plan divin, et instaurer la discipline de l'accomplissement mutuel entre le Tout-Un et ses parties.

Le Salut n'est que l'expression de cette Alliance et de cette communion par lesquelles l'humain peut atteindre spirituellement le niveau divin et y établir sa propre intemporalité et sa propre éternité impersonnelles.

 

Dieu est intemporel et universel, impersonnel et immanent ; il n'attend rien ni n'espère rien, n'étant sujet à aucun anthropomorphisme.

C'est à l'humain, et à lui seul, de régler ses problèmes avec ses angoisses existentielles et métaphysiques, en reconnaissant sa juste (et infime) place dans l'univers et en assumant sa mission et sa vocation d'être une vague à la surface et au service de l'océan qui s'accomplit (et s'accomplira avec ou sans lui).

L'humain n'est ni le centre, ni le sommet, ni le but de l'évolution cosmique ; il n'en est qu'un très périphérique épiphénomène.  

 

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L'image d'un jugement dernier, quelque grandiloquente et théâtrale soit-elle, est une pure absurdité (mais a donné des œuvres d'art étonnantes comme le bas-relief du tympan de la cathédrale d'Autun qui jouxte notre Morvan).

On nage là en pleine mythologie à but apologétique destinée à frapper les esprits faibles (n'oublions jamais que la religion est la face exotérique et populaire d'une mystique dont la spiritualité est la face ésotérique et élitaire).

 

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La "justice divine" n'est pas un jugement à la fin de la vie ou à la fin des temps ; la justice divine (pour autant que cette appellation fasse sens) est immédiate et immanente, sans appel, puisqu'elle acte la conjonction ou la disjonction entre les faits (actions, pensées, paroles, œuvres) et la ligne tracée par l'intention d'accomplissement.

Toute divergence y est sanctionnée illico, sans jugement, puisque relevant du flagrant délit évident.

 

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Notre époque connaît la fin, à la fois, d'un cycle paradigmatique (la Modernité née vers 1453 à la Renaissance) et d'un cycle civilisationnel (la Christianité née vers 325 au concile de Nicée, et composée du paradigme christique (de 325 à 921), du paradigme féodal (de 921 à 1453) et du paradigme moderne (de 1453 à 2025).

Les religions et les idéologies idéalistes n'ont désormais plus de sens et s'étiolent à toute vitesse. Le christianisme est en grande panne de vocations, et les idéologismes ne font plus recette.

L'humanité recherche une spiritualité nouvelle, moniste et panenthéiste, symboliste et herméneutique, initiatique et adogmatique, intériorisée et fraternelle.

 

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Le Réel – donc Dieu – procède d'une Unité absolue d'accomplissement de soi en plénitude, avec trois hypostases :

 

  • la Substantialité qui fonde la Matière et la spatialité topologique,
  • l'Intentionnalité qui fonde la Vie et la temporalité dynamique,
  • la Logicité qui fonde l'Esprit et l'organicité eidétique.

 

Tout ce qui existe et advient, n'existe et n'advient que dans le cadre précis et stricte de cet accomplissement du Tout-Un divin. Tout ce qui existe ne prend sens et valeur que par rapport à cet accomplissement cosmique.

C'est le fondement de la "raison universelle" suffisante.

 

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Le seul grand choix de l'humain est d'opter, ou pas, pour son alignement sur cette logicité de l'accomplissement du Tout par ses parties et, en retour, de l'accomplissement réciproques des parties.

Bref, le choix se pose entre "devoir" (mission ou vocation) ou "caprice".

Il n'y aura ni jugement, ni récompense ou punition, si ce n'est ceci : la voie de l'accomplissement est la voie de la Joie : la Joie de vivre en paix et en harmonie avec la Vie.

 

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Contre tous les monothéismes, la spiritualité authentique qui est en train d'advenir pour demain, pose un Dieu cosmique, impersonnel et immanent, confondu avec le Réel identique au Tout-Un qui s'accomplit au travers de tout ce qui existe et advient en elle.

 

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Dieu ne gouverne pas le monde du dehors, ainsi que le voudraient tous les fondamentalistes qui rêvent d'établir leur fantasme totalitaire.

Dieu ne gouverne pas le monde du dehors, il est le monde au-dedans. Il a la puissance et se fiche de quelque pouvoir que ce soit.

Dieu se construit en construisant le monde. Il se construit avec des outils qu'il fait naître dans la Vie du chantier cosmique, et que les humains appellent les "créatures".

Sans outils, Dieu ne peut rien faire, mais, sans la main de Dieu, sans son chantier, sans son intention de s'y construire, les outils ne servent à rien : telle est le fondement de l'Alliance.

 

*

 

Le seul projet de vie qui tienne, est d'atteindre la Joie de la Vie.

Et cette Joie est la conséquence de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Et l'accomplissement de soi et de l'autour de soi, n'est accomplissement que s'il sert l'accomplissement cosmique et divin.

 

*

 

L'accomplissement cosmique vise le passage du chaos à l'ordre ("Ordo ab Chao"), mais un ordre complexe, riche, créateur, tiraillé entre l'ordre entropique par l'uniformité (la vacuité) et l'ordre néguentropique par la complexité (la plénitude).

 

*

 

Si un humain atteint, dans son existence, l'intemporalité par l'intime communion intérieure avec les trois hypostases divines, alors les fausses questions de "la-vie-après-la-mort" ou de "l'immortalité-de-l'âme" deviennent désuètes et sans fondement.

Tout ce qui se passe, s'accumule dans la mémoire cosmique et y restera à jamais.

 

*

 

Vito Mancuso écrit dans sa conclusion :

 

"(…) c'est l'être lui-même qui contient une tendance intrinsèque à l'ordre e à la complexité (…)."

 

Cette tendance intrinsèque et immanente, je l'appelle l'Intention cosmique.

 

*

 

D'Albert Einstein à Yéhoudi Menuhin :

 

"Jetzt Weiß ich, daß es einen Gott im Himmel gibt."

"Maintenant je sais qu'il y a un Dieu dans le Ciel."

 

La musique comme langage divin …

Je ne crois pas que Dieu ait de langage …

 

*

 

L'inachèvement et l'imperfection de Dieu sont des sujets qu'il faut méditer encore et encore …

Dieu est en voie de perfectionnement et d'accomplissement et, sans doute, ne sera-t-il jamais ni parfait, ni accompli, ni achevé.

Et l'imperfection, l'inaccomplissement et l'inachèvement de Dieu sont précisément la source de toutes les souffrances, source symbolisée par le personnage folklorique et mythologique du "Diable".

 

*

 

Le monde est en voie de construction et les souffrances humaines qu'il occasionne, ne lui importent pas.

C'est à l'humain de se débrouiller avec ses propres constructions mentales appelées "souffrances".

Et c'est en pratiquant la voie de l'accomplissement que l'on construit de la Joie, antidote à toutes les souffrances.

 

*

 

La spiritualité seule permet de vivre la mort avec sérénité, presque avec indifférence.

 

*

 

Spirituellement parlant, le seul chantier de l'existence est de construire la communion profonde entre l'humain et le divin.

Tout le reste n'est que bavardage.

 

*

 

En matière de Foi comme en matière politique ou scientifique, il existe trois instances : la personne, la communauté et l'institution.

En matière de Foi comme en matière politique ou scientifique, je mets la personne au premier plan, la communauté au second plan et je réduis les institutions à leur strict minimum indispensable ce qui, en matière spirituelle, est presque rien, sinon rien du tout.

 

*

 

D'après Pascal …

Esprit de géométrie : intelligence analytique, axiomatique et déductive qui part des principes et en construit toutes les conséquences.

Esprit de finesse : intelligence holistique, intuitive et inductive qui part du chaos apparent d'un ensemble hétéroclite et y devine et construit un ordre.

 

*

 

Il n'existe qu'un seul devoir éthique : l'accomplissement de soi et de l'autour de soi au service de l'accomplissement du divin Réel.

Tout le reste ou bien s'en déduit, ou bien n'importe pas.

 

*

* *

 

Le 15/04/2022 (Erèv Pessa'h)

 

Un chemin de trois pas …

 

Initiation :

 

Libération

Révélation

Purification

 

Genèse :

 

Adam

Qayn

Noé

 

Patriarches :

 

Abraham

Isaac

Jacob-Israël

 

Moïse :

 

Meurtre

Buisson ardent

Circoncision

 

Exode :

 

Dix plaies

Dix préceptes

Quarante année

 

Bible :

 

Torah

Prophètes

Ecrits

 

Sagesse :

 

Cantiques

Proverbes

Ecclésiaste

 

Temple :

 

Salomon

Hiram, roi de Tyr

Adon-Hiram

 

Judaïsme :

 

Lévitisme

Talmudisme

Kabbalisme

 

Liturgie :

 

Pessa'h

Shabouot

Soukot

 

Bénédictions :

 

Lumières

Vin

Pain et sel

 

Etc …

 

*

 

Les arcanes du ternaire avec l'unité …

 

  • 3 x 0 = 0 : la vacuité … + 1 : l'unité.
  • 3 x 1 = 3 : les patriarches … + 1 : les matriarches.
  • 3 x 2 = 6 : la genèse … + 1 : le shabbat.
  • 3 x 3 = 9 : l'engendrement … + 1 : les dix paroles.
  • 3 x 4 = 12 : les tribus … + 1 : les attributs.

 

*

 

Le décalogue …

 

Accomplir l'humain :

 

Se libérer des esclavages : abolir toutes les chaînes et sortir du pays des bornés et des limites …

Se libérer des idolâtries : renoncer à tous les idéalismes et à toutes les idéalités, et s'inscrire dans le Réel …

Se libérer des superstitions : renoncer aux fantasmes et aux diverses "magies" que l'on invoque en vain …

Sacraliser l'Esprit : faire une place nette et claire au Sacré dans la vie quotidienne et s'éloigner de la profanité …

Sacraliser la Vie : c'est la Vie qui vit en nous, nous qui ne sommes que des transmetteurs, comme nos parents avant nous …

 

Pacifier les humains :

 

Ne pas assassiner : la Vie tue pour vivre, il est vrai, mais elle n'assassine jamais …

Ne pas tromper : la fidélité à soi-même, aux autres, à la Matière, à la Vie et à l'Esprit, à Dieu …

Ne pas mentir : la véridicité n'est pas une prétention à détenir la vérité, mais à dire ce que l'on considère comme vrai pour soi …

Ne pas voler : respecter le mérite de chacun en reconnaissant et protégeant ce qui a été construit par un autre que soi …

Ne pas convoiter : abolir toute jalousie, tout ressentiment, toute rancœur, toute rivalité, toute méchanceté, toute émulation …

 

*

 

Le parcours initiatique de Moïse est relaté dans le livre de l'Exode du verset 2;11 au verset 4;26 inclus.

Le nom de Moïse (MoShéH, en hébreu) lui est donné :

 

"Et l'enfant grandira et elle [sa mère] s'en viendra vers la fille de Pharaon et il deviendra pour elle pour fils et elle nommera son nom : 'Moshéh', et elle dira : 'comme hors de l'eau je l'ai tiré (MaShaH)'."

 

Première phase :

 

"Et il adviendra en ces jours-là et Moshéh sortira vers ses frères et il verra dans leurs souffrances, et il verra un individu égyptien (borné) frapper un individu hébreu parmi ses frères."

 

L'expression "et il verra DANS leurs souffrances" est impressionnante : il ne s'agit pas seulement de constater les souffrances, mais de les ausculter en profondeur pour y découvrir leurs causses profondes …

 

Il tue le "borné" et l'ensevelit, croyant n'avoir pas été vu. Mais le lendemain, il doit déchanter et il décide de fuir jusqu'au royaume de Madian (MDYN signifie en hébreu : "querelle") où, assis près d'un puits (l'eau, toujours), il rencontre et épouse Tziphorah ("l'oiselle"), une des sept filles du prêtre (Cohen) qu'il avait aidée à puiser l'eau et à repousser des pâtres agressifs.

D'elle, naîtra un fils nommé Gershom (GRShM : "étranger là").

Fin de la première phase initiatique de libération au travers des épreuves de la Mort, de la Peur et de l'Amour.

 

Moshéh se libère de l'esclavage doré que fut son enfance à la cour de Pharaon, dans la tendresse de Biltia, fille de celui-ci. Cette libération passe par le meurtre du garde-chiourme, symbole de la coercition et de l'enfermement. Mais cette libération intérieure isole le futur initié qui a, ainsi, renoncé à cette "servitude volontaire" qui est le lot désiré et voulu de la majorité des humains. La libération de soi est vue comme une excentricité, un non-conformisme, une rupture avec la morale convenue et les mœurs ambiants.

Se libérer, c'est se révolter. C'est quitter le troupeau. C'est, comme le firent l'Humain et la Vivante, renoncer à l'innocence et à la naïveté d'un Jardin d'Eden, aussi factice qu'hypocrite.

On ne quitte pas le monde de la profanité et de la médiocrité incognito ; les autres vous montrent du doigt !

 

Deuxième phase :

 

Moïse, devenu le pâtre de Yétro, parcourt le pays …

 

"(…) et il conduira avec le troupeau au-delà du désert et il ira vers la montagne des dieux de dévastation. Et il verra un messager de YHWH vers lui au cœur du feu du milieu du buisson et il verra et voici : le buisson brûlait en feu et le buisson nullement consumé."

 

La voix de YHWH, du sein du buisson ardent, l'appelle, le fait se déchausser pour marcher sur "l'humus de sainteté" (adamat-qodèsh) et proclame :

 

"(…) Moi-même [je suis] les dieux de tes pères, les dieux d'Abraham, les dieux d'Isaac et les dieux de Jacob (…)"

 

Moshéh reçoit alors la mission de sortir les Hébreux de l'esclavage, hors du pays des "bornés" (Mitzraïm). Il rechigne. YHWH insiste en évoquant les souffrances de la Maison d'Israël.

La mission est donnée :

 

"Car j'adviendrai avec toi et ceci, pour toi, [sera] le signe car moi-même je t'envoie pour faire sortir avec le peuple, hors d'Egypte ; vous servirez avec les dieux sur cette montagne."

 

Alors, la grande révélation métaphysique vient du buisson ardent :

 

"Je deviendrai ce que je deviendrai".

 

Et suit la promesse du don des six territoires : ceux des "soumis" (Cananéens), des "peureux" (Hétéens), des "bavards" ((Amoréens), des "orgueilleux" (Phéréziens), des "péremptoires" (Hévéens) et des "piétineurs" (Jabuséens). Et cela deviendra une "contrée ruisselante de lait et de miel". Et l'on pourra dire :

 

"YHWH des dieux des Hébreux s'est manifesté au-dessus de nous."

 

On voit clairement les termes de l'Alliance : Moshéh libère les Hébreux de la maison d'esclavage en échange de territoires conquis sur les six grandes faiblesses humaines (la soumission, la peur, la futilité, l'orgueil, le dogmatisme et la violence)

 

Après la libération de soi, vient le temps de la révélation mystique : vivre libre n'est pas un but, mais un moyen au service de ce qui nous dépasse. Mais quelle est cette instance qui nous dépasse et qu'il faudrait servir (comme un desservant sacerdotal sans non comme un esclave soumis) ?

Cet instant de la révélation indique le sens et la valeur de l'existence, mais sans encore les leur donner puisque le chemin reste à faire. Mais au moins, l'initié comprend maintenant vers où il doit cheminer et pourquoi.

Cette révélation mystique peut paraître mystérieuse : "Je deviendrai ce que je deviendrai". Sans entrer trop dans le détail, deux remarques s'imposent :

 

  • le verbe "devenir" indique que le Divin est un processus en devenir, en voie de perfectionnement et d'accomplissement, loin de ces dieux parfaits et immuables que certaines religions proposent ; on est là bien plus proche d'Héraclite d'Ephèse que de Platon (inspirateur de toutes les théologies chrétiennes et musulmanes)
  • le "ce que" n'est pas un "qui" et pose un principe essentiel : le Divin est impersonnel, contrairement à l'image qu'en donne trop souvent les monothéismes (ce que n'est aucunement le judaïsme originel qui est une monolâtrie au sein d'un polythéisme).

 

Dernière phase :

 

Moshéh acquiert des pouvoirs (son bâton peut devenir un serpent-devin, sa main devient lépreuse et se guérit, et il peut transformer l'eau en sang).

Ainsi, Moshéh quitte Madian et son beau-père Yétro qui le bénit : "Va en paix".

 

Dans une auberge, sur sa route, Moshéh vit une scène pour le moins étrange …

 

"(…) et YHWH le rencontrera et il cherchera sa mort."

 

Tziphorah le sortira de ce mauvais pas en circoncisant son fils pour restaurer l'Alliance : "(…) les sangs unissent pour les circoncisions"

 

C'est la grande étape de purification où le vieil homme profane doit mourir pour que renaisse le nouvel homme initié, capable d'accomplir sa mission au service du Divin et de libérer les autres humains, encore prisonniers des esclavages.

Cette purification qui permet l'Alliance, passe par la circoncision du fils, c'est-à-dire par la transmission du pouvoir de Vie (le prépuce symbolise le cadenas qui empêche cette transmission de Vie).

 

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* *

 

Le 16/04/2022

 

Le monde …

 

Le Réel est l'Un, le Tout-Un, le Divin ; il est Dieu, mais un Dieu impersonnel et immanent, tout opposé à celui, personnel et extérieur, des dualismes, en général, et des monothéismes, en particulier.

Le Réel s'accomplit sous trois formes complémentaires et indissociables : la Matière (la substantialité, la spatialité, le topologique, …) qui donne l'Univers, la Vie (l'intentionnalité, la temporalité, la dynamique, …) qui donne la Nature, et l'Esprit (la logicité, l'organicité, l'eidétique, …) qui donne l'Esprit.

 

Le Réel et ses trois hypostases se reflètent dans chaque esprit humain pour façonner un monde. Un monde personnel, intime, singulier et particulier, que tissent toutes les relations que chacun construit avec le Réel (l'Univers, la Nature et le Cosmos) en général, et avec les autres "créatures" – humaines et non-humaines – en particulier.

 

On appelle "le monde", le dénominateur commun à l'ensemble de ces mondes personnels. Le "monde", alors, exprime le territoire commun à tous les humains, tel que l'esprit humain le perçoit, globalement. Ce "monde" humain contient l'humanité et l'ensemble des relations que cette humanité entretient avec la Matière (les matériaux qu'elle utilise), avec la Nature (les vivants qu'elle exploite) et l'Esprit (les dieux et les idoles qu'elle se fabrique).

 

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Le monde humain est malade.

Ou, plutôt, la planète Terre et tout ce qu'elle contient et porte, est malade, en ce compris l'humanité.

Les humains en sont la maladie, comme un cancer qui ronge tous les tissus, toutes les chairs, toutes les relations, toute l'homéostasie.

Même si ce n'est pas politiquement correct à dire, la planète Terre ne peut pas subvenir durablement aux besoins de plus de deux milliards d'humains. En 2050, nous serons donc huit milliards de trop … face à des ressources naturelles et matérielles qui s'épuisent à la vitesse d'un cheval au galop.

Le seul vrai problème n'est pas tant écologique que démographique.

 

Le problème de fond est thermodynamique. La planète est un système thermodynamique complexe qui transforme de l'énergie en matériaux (vivants ou non). Cette transformation a un rendement global lié aux caractéristiques intrinsèques de notre planète. La technologie humaine – dont c'est le seul rôle – permet et permettra encore de grapiller quelques centièmes de pourcent de rendement, mais guère plus puisque la limite est imposée par le rendement maximal théorique dit de Carnot qui est et restera bas. La technologie humaine arrive déjà au bout de ce qu'elle peut faire.

 

Donc la solution à la maladie du monde n'est pas technologique. Elle n'est pas non plus écologique puisque les mesures écologiques ne servent qu'à freiner l'inéluctable épuisement de tout et l'incontournable dérégulation de tout, et se ramènent, au fond, à une seule : consommer beaucoup moins de tout par humain. Il ne reste que la solution démographique : redescendre, au plus vite, sous la barre des deux milliards qui avait été franchie vers 1925, soit il y a seulement un peu moins d'un siècle.

 

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Au sein du Réel, il est évident que tous les phénomènes qui se manifestent, s'influencent mutuellement. Tous les processus interfèrent entre eux au sein de trois vastes champs de tensions (topologique entre expansion et concentration, dynamique entre conservation et accomplissement, et eidétique entre homogénéité et émergence).

 

Le physique classique, encore atomiste et mécaniciste, voyait l'univers comme un ensemble de "corps" s'influençant réciproquement par des "forces" soumises à des "lois".

Les "corps" symbolisaient la matérialité universelle (la substantialité spatiale) ; les "lois" symbolisaient la cohérence universelle (la logicité formelle) ; et les "forces" symbolisaient la connectivité universelle (l'intentionnalité temporelle).

 

Mais la physique d'aujourd'hui ne peut plus être ni atomiste, ni mécaniciste : le Réel est un processus holistique à l'intérieur duquel émergent, se tissent et disparaissent des processus particuliers contribuant chacun, à sa manière, à l'accomplissement du Tout-Un qu'est ce Réel.

Les concepts de "corps" (topologique), de "forces" (dynamique) et de "lois" (eidétique) sont désormais obsolètes.

 

*

 

Les influences réciproques entre processus sont de trois ordres :

 

  • les influences topologiques entre expansion et gravitation,
  • les influences dynamiques entre accomplissement et accumulation.
  • les influences eidétiques (notamment de nature électronucléaire) entre émergence et homogénéité.

 

Ces influences ne sont pas des interactions locales (via des "forces" ponctuelles à distance), mais bien des optimisations globales (via des "champs" holistiques semblables aux déformations de l'espace-temps préconisées par la relativité générale).

 

Ces influences traduisent le principe même de l'évolution cosmique : la dissipation optimale des tensions engendrées par les antagonismes bipolaires au sein des trois domaines de description (topologique, dynamique et eidétique).

 

*

 

Il est ahurissant de constater que, malgré la relativité générale et ses conséquences cosmogoniques, l'évolutionnisme ait si difficile à pénétrer les milieux cosmologistes.

Celui-ci est toujours obsédé par la quête d'invariants immuables (l'Être) derrière le foisonnement des transformations perpétuelles à tous les niveaux (le Devenir).

Ainsi le débat sur la provenance des lois et constantes universelles et l'impossibilité conceptuelle de les considérer comme de purs produits de l'évolution cosmique en chemin vers sa propre plénitude, vers son propre accomplissement.

En fait, c'est précisément là où la doctrine classique, réductionniste, causaliste, déterministe, atomiste et mécaniciste coince : contre elle, il faut affirmer qu'il ne peut y avoir d'évolution complexifiante qu'à la stricte condition que le Réel possède une Intention d'accomplissement de soi.

C'est cet intentionnalisme qui heurte la bienpensance physicienne parce qu'elle la confond (bien à tort) avec le dernier ou futur avatar d'une croyance théiste (la hantise du retour d'un Dieu créateur comme l'abbé Lemaître fut tenté de le voir avec son interprétation de cette extrapolation abusive que fut la théorie du "big-bang").

 

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C'est la notion de "corps physique" qu'il faut combattre (et plus encore celle de "point matériel"). Tout est processus au sein d'un processus plus vaste qui le contient et le conditionne, et il existe une universelle dialectique entre le tout et la partie, chacune visant son propre accomplissement au moyen de l'autre.

Le concept de cette dialectique entre chaque tout et ses parties est essentiel, sachant que chaque tout est plus que l'ensemble de ses parties en interaction, et que chaque tout n'est qu'une partie d'un tout plus vaste (c'est l'effet "poupée russe" ou "matriochka").

Il n'y a pas de "forces" entre des "corps", mais bien des influences interférentielles et réciproques entre processus intriqués.

 

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Il n'y a pas de mouvement, nulle part. Il y a des répartitions (de densités, d'activités et de formes) qui se transforment et évoluent dans l'espace des états (et pas seulement dans l'espace géométrique).

Ce passage conceptuel du "déplacement" (d'une chose) à la "transformation" (d'une répartition) est essentiel.

 

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Toute répartition est sujette à des tensions internes (engendrées par les processus qui la constituent) et externes (engendrées par le processus auquel elle appartient).

Elle va donc tenter de dissiper ces tensions de la façon le plus optimale possible (c'est la seule loi cosmique). Pour ce faire, elle a besoin soit d'absorber des ressources (venant de son extérieur qui, idéalement, devrait vouloir s'en défaire), soit d'en évacuer (vers son extérieur qui, idéalement, devrait pouvoir en demander).

Ces flux, soit d'absorption, soit d'évacuation, impliquent des transferts de densité massique, d'activité énergétique et/ou de forme entropique.

 

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Le 17/04/2022

 

Quelques préceptes managériaux …

 

  • On ne pallie jamais les incompétences des collaborateurs en multipliant les procédures, formulaires et normes ; il faut des collaborateurs qui soient capables d'être autonomes, au service du projet commun et au moindre coût.
  • Réfléchir, innover et envisager des aménagements est une chose ; décider et appliquer en est une autre. Il ne faut jamais mélanger les deux sinon gare aux coûts d'inversion des décisions.
  • Ne pas confondre "demander un avis" et "fonctionner en démocratie directe".
  • Lorsqu'un collaborateur affirme que 90% de sa mission est finie, il reste encore 50% du travail à faire.
  • Multiplier les services à la clientèle, c'est bien, mais à la condition que les coûts de main-d'œuvre additionnels, directs et indirects, soient bien inférieurs au profit engendré.

 

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L'électromagnétisme me pose souci.

 

Formellement, je comprends parfaitement les équations de la force de Lorentz et les quatre équations de champ de Maxwell. Très belle théorie, très élégante.

Mais physiquement, je ne comprends pas pourquoi une charge massique (gravitationnelle) développe une influence liée purement aux positions et aux distances, alors qu'une charge électrique développe une influence liée également à la distance (influence électrostatique), mais aussi à la vitesse relative (influence magnétique).

Pourquoi cette différence essentielle entre gravitation et électromagnétisme ?

La seule raison visible de cette différence d'influence est que la gravitation est monopolaire (toujours attractive) et que l'électromagnétisme est dipolaire (attractive et répulsive selon le signe de la charge).

Pourquoi cette bipolarité induit-elle une influence liée aussi à la vitesse ?

 

Il faut revenir aux fondamentaux : l'influence électrofaible (force électromagnétique hydrogénique et force nucléaire faible neutronique) est liée à la structure interne du protéus.

Le protéus est bipolaire avec un pôle protonique et un pôle électronique. Ces deux pôles constituent un tout très fort et très stable qui, lorsqu'il est scindé en un proton positif d'un côté et un électron négatif de l'autre, n'ont qu'une seule hâte (c'est cette hâte qui est à l'origine de la très puissante force électromagnétique) : se réunir pour reconstituer un protéus intact (qui est la seule "brique élémentaire" de toute la matière).

Un proton (positif) va repousser un autre proton (positif) parce qu'il est, en somme, un concurrent pour sa réunification, alors qu'il va attirer un électron (négatif) qui est précisément son complémentaire protéique.

Plus le complémentaire arrive rapidement, mieux c'est pour tous deux (de même : plus le concurrent d'éloigne rapidement, mieux c'est). Autrement dit, il n'y a pas que l'éloignement qui va jouer, mais aussi la vitesse (CQFD) : non seulement, pour reconstituer très vite le protéus, il faut non seulement réduire la distance séparant les deux pôles complémentaires, mais aussi "tordre" la trajectoire pour trouver le chemin le plus direct possible (soit pour la jonction des complémentaires, soit pour l'éloignement des deux concurrents) tout en ménageant la contrainte conservatrice d'inertie inhérente à tout fait matériel.

Cette influence de la vitesse ne joue pas dans le cas gravitationnel car il n'existe aucune "unité" élémentaire à reconstituer.

 

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Le photon n'est pas une particule matérielle, mais bien un boson prématériel dont la masse au repos est nulle (mais non sa masse en mouvement qui la rend donc influençable par la gravitation ambiante) et dont la vitesse (comme celle de tous les bosons) est toujours inférieure à la célérité dans le vide c (le vide absolu n'existant pas, selon la nature du milieu traversé, un photon a toujours une vitesse légèrement inférieure à c qui est une célérité-limite inatteignable et indépassable et qui est une propriété intrinsèque de la Hylé, la substance prématérielle).

Le photon est le porteur de l'influence électromagnétique si l'on en croit le postulat de Maxwell.

 

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Il n'existe que deux modalités d'influence dans le Réel :

 

  • Une influence holistique et gigascopique (à l'échelle de l'univers) de nature topologique qui est la force gravitationnelle.
  • Une influence analytique et nanoscopique (à l'échelle du protéus) de nature eidétique qui est la force électronucléaire et qui se scinde en deux modalités :
    • l'une est interprotéique sous la forme "nucléaire forte" et tend à unir des protéus au sein d'atomes de plus en plus gros ;
    • l'autre est intraprotéique sous la forme "électrofaible" et associe solidement les deux pôles internes de chaque protéus :
      • soit sous forme neutronique (force nucléaire fiable),
      • soit sous forme hydrogénique (force électromagnétique qui est également responsable des constructions moléculaires par mutualisation des complémentarités électroniques).

 

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Toute l'histoire de la physique, depuis la Renaissance, est une oscillation entre deux points de vue (forcément complémentaires, l'univers réel étant physiquement unique, unitaire et unitif, et logiquement cohérent).

D'une part, il y a le point de vue cosmologique, holistique et topologique (gravitationnel) avec Newton, Maxwell et Einstein ; et, d'autre part, il y a le point de vue particulaire, analytique et eidétique (électronucléaire) avec Galilée, Planck et Bohr.

Ces deux points de vue, manifestement pertinents et connaissant, chacun de son côté, des succès incontestables (dans les limites de leur domaine respectif d'hypothèse) doivent, à présent, être intégré dans une vue d'ensemble unitaire.

Mais, pour restaurer l'unité de la physique, il est indispensable d'adopter un troisième point de vue qui intègre les deux premiers. Ce troisième point de vue, au-delà de la substantialité topologique et de la logicité eidétique, fait appel à une intentionnalité dynamique (fondement d'une thermodynamique généralisée, propre à la physique des systèmes et processus complexes).

 

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Le 17/04/2022

 

Kant voit dans les mathématiques le parangon de la raison pure, c'est-à-dire de cette capacité de l'esprit à créer de la vérité absolue sans connexion avec le monde matériel et physique.

Les mathématiques ne disent aucune vérité : elles échafaudent, artificiellement et conventionnellement, des systèmes logiques sur base d'axiomes choisis qui évoluent en fonction des besoins de ce qu'il y a à décrire (les mathématiques courent derrière les problèmes qu'il y a à résoudre). Ces axiomes ne tombent pas du ciel. Ils sont inspirés par certains rapports que l'esprit humain entretient avec le monde physiques (par la raison pratique, donc).

Ainsi, les mathématiques (dont il faut préserver le pluriel car l'astuce cartésienne pour réduire la géométrie à de l'algèbre par le biais de la notion de distance mesurable, n'est applicable que dans certains cas rudimentaires) envisagent deux types d'objets abstraits : le nombres (qui expriment des quantités) et les figures (qui expriment des structures). Or, ces quantités et ces structures sont directement inspirées par l'expérience physique que l'esprit idéalise en en effaçant toutes les "rugosités" réelles (dans la Nature, rien n'est un cercle, mais la coupe d'un tronc d'arbre peut être idéalisée en cercle).

Il faut donc dire clairement que les mathématiques ne disent rien du Réel, qu'elles sont des langages purement artificiels et conventionnels dont la logique interne est, elle aussi, sujette à convention (ainsi de la logique aristotélicienne et de ses quatre axiomes dont aucun n'est rigoureusement vérifié dans le Réel).

Cela n'enlève rien à l'utilité pratique des mathématiques dans un grand nombre de cas ; mais les mathématiques ne sont pas le "langage de Dieu" à la base de la création du monde. Ce point de vue relève d'un dualisme idéaliste incompatible avec le monisme réaliste qui sied à l'étude du Réel.

 

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Le Réel se développe dans trois domaines complémentaires mais irréductibles l'un à l'autre.

Dans le domaine topologique (celui de la spatialité et de la matérialité), l'influence gravitationnelle règne et applique un principe de "similarité" : toute masse (c'est-à-dire une quantité donnée d'activité encapsulée, donc d'énergie) attire toute masse.

Dans le domaine eidétique (celui de la constructivité et de la logicité), l'influence électronucléaire règne et applique un principe de "complémentarité" :les charges opposées s'attire et les charges semblables se repoussent dans le seul but de reconstituer la neutralité des protéus en les consolidant (l'influence électrofaible) et en les assemblant (les influences nucléaire et électroniques).

Dans le domaine dynamique (celui de l'intentionnalité et de l'évolutivité), l'influence coïncidentielle règne et applique un principe de "miméticité" : toute évolution s'amplifie par contagion en s'appuyant sur les évolutions connexes qui sont en congruence avec elle (tout ce qui va dans le bon sens, catalyse et nourrit ce qui se construit et se transforme dans le même sens).

 

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Toutes les théories quantiques émanent d'un constat simple : la structure interne d'un atome, quel qu'il soit, ne possède qu'un nombre limité et discret d'états possibles. Cela implique que les émissions ou absorptions d'énergie composent un spectre discontinu de raies séparées les unes des autres, les autres émissions ou absorptions étant exclues (le plus petit "saut" d'état possible étant le quantum d'action de Planck).

Cela signifie simplement que l'équation d'état global d'un atome à l'équilibre (l'équation de Schrödinger ou l'équation de Gordon-Klein, par exemple) ne possède qu'un nombre fini de solutions possibles (comme le trinôme du second degré ne possède que deux solutions à l'exclusion de toute autre).

On en a fait tout une "révolution" conceptuelle et physique, alors qu'il n'y avait franchement pas de quoi.

Rien de plus banal que de prétendre qu'un système complexe ne possède qu'un nombre fini et discret de structures distinctes d'équilibre : cela est vrai pour le protéus, pour tous les atomes, pour toutes les molécules, pour tous les cristaux (toutes les mailles élémentaires ne sont pas compatibles avec la réalité des éléments constitutifs du réseau), etc …

Même au plan humain, tous les profils, tous les comportements, toutes les opinions, etc … ne sont ni en spectre continu, ni en nombre infini, ni équiprobable.

Cela signifie donc, qu'entre systèmes complexes, les changements d'état et les échanges, de quelque nature qu'ils soient, se font toujours par "paquets" discrets, par "sauts", etc …

Les évolutions "continues", sans "sauts" quantiques, n'existent que dans le cas des équations linéaires décrivant les systèmes mécaniques rudimentaires ; dès que la non-linéarité, liée à la complexité, s'impose, la quantisation des états d'équilibre s'installe pour de bon.

 

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Ne pas confondre …

C'est parce que les structures atomiques sont quantisées (c'est-à-dire que les transition d'état se font par saut discrets avec émission ou absorption quantisée de lumière) que la lumière est quantisée (toute lumière est produite par la structure quantique des atomes, sous forme d'une émission d'un photon d'énergie précise). Il n'y a pas de lumière d'une autre source que les sauts électroniques dans les atomes. S'il n'y a pas d'atomes (c'est-à-dire de protéus hydrogénique bipolaire avec un pôle protonique et un pôle électronique reliés par liaison électromagnétique), il n'y a pas de lumière.

La lumière n'est pas une "onde électromagnétique", mais bien un flux photonique engendré par des sauts structurels quantiques du fait de la bipolarité dite électromagnétique au sein des protéus.

L'aspect ondulatoire de la lumière (cfr. Fresnel, Young, Fermat, etc …) n'est qu'une propriété statistique seconde des flux photoniques.

 

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Il est évident que le modèle "planétaire" de l'atome tel que conçu par Rutherford et repris par Bohr, avec des électrons infimes tournant autour d'un petit noyau dense, est faux. Un atome n'est pas un assemblage mécanique de "pièces" protoniques, neutroniques et électroniques, mais une entité nouvelle réorganisant complètement les énergies contenues dans les ingrédients originels.

 

Dans un atome à l'équilibre, il n'y a plus ni électrons, ni protons, ni neutrons ; il n'y a plus qu'une structure unique, électriquement neutre, sans rien qui tourne autour de quoique ce soit ; il y a cette structure globale qui répartit l'énergie matérielle sur des couches concentriques entières : d'abord, des couches "hadroniques" denses autour et tout près du centre, et, ensuite, bien plus loin et tout autour, des enveloppes "électroniques" incroyablement légères et continues (ne rayonnant donc pas) à des distances et avec des formes précisément définies par l'équation d'état définissant l'équilibre du nouvel ensemble.

Si l'on transforme un goutte d'eau savonneuse en bulle, la goutte n'existe plus. Si l'on crève la bulle, la goutte réapparait. Il en va de même de la relation entre un électron et une couche électronique dans l'atome.

A l'intérieur de l'atome, il n'y a plus ni charges électriques (les protéus sont reconstitués), ni mouvements, ni quoique ce soit : l'ensemble des éléments constitutifs de l'atome se sont fondus en une entité globale unique et indifférenciée. L'atome n'est pas un assemblage, mais une entité unique, unitaire et unitive à part entière. Les "particules" ne se reconstituent qu'en cas de brisure de cette entité organique intégrée qu'est l'atome.

 

De même, une molécule n'est pas un assemblage mécanique d'atomes, mais un "objet" unique et intégré ayant des propriétés émergentes nouvelles qui ne sont pas celles des atomes originels.

 

Afin de garder l'idée de la conservation des particules, les théoriciens ont été amenés à parler d'une dualité onde-corpuscule ; en réalité, une telle dualité n'existe pas. Elle n'a été inventée que pour préserver l'idée d'une identité particulaire immuable dans un ensemble de nature "fluide", "fondue" et intégrée où, en fait, ces "particules" n'existent plus.

 

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Le formalisme quantique a permis de souligner une évidence pourtant négligée jusque là : toute mesure sur un système est une interaction avec lui qui en perturbe l'évolution.

Mesurer une caractéristique de quelque chose, a deux conséquences : ce "quelque chose" n'évoluera plus selon sa trajectoire d'état antérieure et cette mesure rendra impossible la mesure d'autres caractéristiques corrélées avec la première (c'est là le fondement des relations d'incertitude ou d'imprédictibilité ou d'indétermination d'Heisenberg : si on mesure précisément la position ou l'énergie, on ne peut plus mesurer la vitesse ou la durée : le produit des erreurs de mesure sur deux caractéristiques complémentaires, est toujours supérieur à une constante, donc si l'on veut une erreur nulle sur une des mesures, l'erreur sur l'autre doit être infinie – encore une fois, cette indétermination n'est pas propre aux systèmes quantiques, mais bien universelle … quoique passant quasi inaperçue pour les systèmes macroscopiques).

 

Mais il faut prendre garde à ne pas tomber dans un piège où bon nombre de quanticiens se sont enlisés : confondre la réalité et sa mesure.

Tant que l'on ne mesure rien, l'état d'une entité est parfaitement défini dans l'espace des états. En revanche, l'indétermination apparaît dès que l'on pratique une mesure quelconque du fait de la perturbation impliquée par ladite mesure.

Il n'y a pas d'indétermination en-soi, mais bien pour-soi.

 

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Plus la densité d'activité (que mesure l'énergie) est élevée, plus croît la probabilité d'apparition d'un grumeau d'activité encapsulée (ce grumeau est appelé à tort une "particule élémentaire" à haute énergie ; il n'a rien ni d'une particule, ni d'un élémentaire) … mais plus la durée de vie de ce grumeau totalement instable est incroyablement courte et, souvent, tellement courte qu'il devient inobservable du fait de la relation d'incertitude d'Heisenberg sur la mesure des énergies et des durées.

La physique dite des "particules élémentaires" étudie ces grumeaux évanescents et en tire des modélisations mathématiques aussi absconses qu'artificielles, sans la moindre fiabilité, ni utilité. De pures conjectures mathématiques et idéalisantes, sans doute prémices d'une future physique de la Hylé c'est-à-dire de la substance prématérielle qui seule existait avant l'émergence de la matière protéique (émergence fallacieusement appelée "big-bang).

En réalité, il n'existe que deux "grumeaux" stables : ce sont le neutrino et le protéus hydrogénique électromagnétique (donc bipolaire).

 

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L'idée de spin permet de donner une "explication" au fait mesuré que chaque enveloppe "électronique" dans un atome est double (l'un pour un "électron" de spin +1/2 et l'autre pour un "électron" de spin -1/2 – cfr Dirac et Pauli). En fait, la notion de "spin" est une conjecture purement mathématique et n'explique rien. Mais le fait demeure que des effets relativistes dédoublent les enveloppes "électroniques" (cela est connu comme la "structure fine" du spectre des atomes). Pourquoi ? Qu'est-ce que cache, en réalité physique, cette bizarre notion mathématique de "spin" que l'on interprète, à tort selon moi, comme un moment magnétique étrange d'un "électron" qui, en fait, n'existe plus à l'intérieur de l'atome ?

Ce dédoublement implique, selon le principe d'exclusion de Pauli, que chaque couche "électronique" dans l'atome puisse accueillir deux – et seulement deux -  "électrons" de spins antagoniques. L'existence de ces paires est essentiel pour comprendre les relations chimiques entre atomes dans les molécules

Mais quelle est la raison profonde d'exister de ce dédoublement ?

 

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Le 19/04/2022

 

Les analyses statistiques des votes au premier tour des présidentielles françaises, sont particulièrement instructives.

Il y a trois attitudes "antisystèmes" : l'attitude populiste (extrême-droite, nationalisme, antieuropéisme, xénophobie, …), l'attitude gauchiste (extrême-gauche, marxisme, égalitarisme, wokisme, écologisme, …) et l'attitude abstentionniste (repli sur soi, ludisme, fatalisme, cynisme, …).

Qui adopte ces attitudes ? Surtout les gens peu instruits, aux revenus modestes, métropolitains, sans qualifications, à tendance parasitaire … et surtout les tranches d'âge de 18 à 25 ans (qui découvrent que le monde exige d'eux de gros efforts d'insertion) et de 35 à 50 ans (ceux qui ont compris leur insuffisance et leur insignifiance, mais qui en imputent la responsabilité au monde extérieur).

 

Ces votes "antisystème" représentent de l'ordre de 65% de la population en droit de voter, … mais la haine qui les oppose entre eux permet des reports de voix salvateurs. Cela rend le pays globalement ingouvernable car quel que soit le projet collectif, quelles que soient les propositions ou les décisions, 65% des gens seront contre et manifesteront, d'une manière ou d'une autre, leur mécontentement (aggravant ainsi leur situation ce qui les rendra encore plus agressifs et négatifs).

Que disent ces gens ? "Je suis nul, mais c'est la faute des institutions". Ils n'ont donc aucune intention d'assumer la responsabilité de leur propre médiocrité.

 

Le paradoxe tient en ceci : ceux qui votent pour le système (en gros les plus libéraux) sont ceux qui en dépendent le moins, alors que ceux qui votent contre lui, sont ceux qui ont le plus besoin de ses assistanats.

Cela témoigne d'une culture franchement parasitaire où ceux qui veulent encore plus d'assistanats, votent pour ceux qui les leur en promettent d'avantage mais qui n'ont pas du tout les moyens de les financer.

S'ils sont élus, ou bien ils oublient leurs promesses et instaurent une coercition de soumission, ou bien ils mènent le pays à la faillite. Dans les deux cas, la misère de ceux qui votent pour eux est assurée.

 

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De Winston Churchill :

 

"Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre"

 

"La différence entre dictature et démocratie ? En démocratie, lorsque l'on frappe à votre porte à 6 heures du matin, c'est le laitier."

 

 

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Via mon ami François Introvigne :

 

"Les pratiques avilissantes actuelles constituent un fléau dans notre société. Le manque de considération augmente au travail, sur les réseaux sociaux, mais aussi à l'intérieur de certaines institutions comme l'école, les Ehpads, les hôpitaux où des personnes utilisent leur pouvoir de manière humiliante. Sur les réseaux sociaux - modernes autoroutes de l'humiliation - l'avilissement est monnaie courante. On peut y être harcelé ou montré malgré soi. Il faut beaucoup de distanciation pour rester imperturbable au cyberharcèlement. À force de se blinder contre la calomnie, on peut devenir insensible à sa propre douleur et réagir à son tour de manière humiliante, c'est alors un cercle vicieux."

 

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De Simone Weil :

 

[Dans notre fantasmagorie intérieure …]

"Les hommes nous doivent ce que nous imaginons qu'ils nous donneront."

 

"Moi aussi, je suis autre que je m'imagine être."

 

"Le Dieu des chrétiens (…) est un Dieu surnaturel

au lieu que Jéhovah [sic] est un Dieu naturel."

 

"L'attachement est fabricateur d'illusions,

et quiconque veut le réel doit être détaché."

 

Simone Veil ou l'apologie de la délectation morose et de la haine de soi.

 

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Les dieux sont le propre de l'homme.

 

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Malgré que je le sois devenu géographiquement, linguistiquement, culturellement, … politiquement parlant, je ne serai jamais français !

 

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La vie réelle et quotidienne est un exercice périlleux d'harmonisation entre :

 

  • Ce que sont vos vrais talents et compétences acquises,
  • Ce que vous pouvez mettre en œuvre,
  • Ce que le monde attend de vous,
  • Ce que vous aimeriez devenir.

 

Les Japonais appelle cette harmonisation opérationnelle l'Ikigaï

 

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Le 20/04/2022

 

Selon l'astrologie chinoise, mon signe est "Serpent d'eau" (qui s'exprime en 1953, et qui revient tous les 60 ans : 5 éléments et 12 signes).

D'après ce zodiaque, le Serpent signifierait un être "cérébral, intuitif, réfléchi, tenace et possessif".

Comme le Serpent est aussi le mystagogue biblique, cela me plait assez …

De plus, il est Yin (sous le signe de la Terre face au Ciel, et de la Lune face au Soleil, donc) et placé sous l'élément Eau (noir, tortue noire, Mercure, sagesse, hiver, nord, peur, porc, châtaigne, haricot) ; l'Eau est l'élément qui nourrit le Bois (qui s'en abreuve) et qui est nourri par le Métal (qui lui donne forme), qui détruit le Feu (qu'elle éteint) et qui est détruit par la Terre (qui l'absorbe).

 

Il faut rappeler que l'astrologie chinoise n'est pas prédictive (l'avenir n'est écrit nulle part, mais se construit), mais seulement descriptive (le signe traduit une manière de vivre, de se comporter et de résoudre les problèmes).

Ici, le "serpent d'eau" suggère une progression ondoyante et fluide, dans un flux cosmique qui suit la plus grande pente vers le plus profond, vers la vallée et son "esprit" (cfr. Tao-té-king). Ce qui intéresse le serpent et l'eau, ce sont les profondeurs de la Terre et non les idéaux éthérés du Ciel.

 

En hébreu, "serpent d'eau" s'écrit : נחש מים

 

Le mot "Na'hash" signifie "serpent" et "devin" (ce qui n'est pas neutre pour un prospectiviste …). Il est composé de trois lettres : le Noun qui symbolise graphiquement un … "serpent" (décidément …) et qui signifie "se perpétuer, durer", le 'Hèyt qui désigne la "peur" ou la "brisure", et le Shin qui désigne la "dent". Sa valeur numérale est 50+8+300=358 (avec 3+5=8) qui rappelle ma date de naissance : 3/5/53 … et qui se décompose en 2x179 soit ב qui signifie "dans" et קטע qui signifie "fragment", donc : "dans un fragment" (bon augure de modestie et de juste place) … De plus, 358 donne successivement, en guématrie : 3+5+8=16=4²=24 et 1+6=7 chiffre pour "Sacré" et pour "processus cosmique".

 

Le mot "Maym" signifie "eau". Il est composé de deux lettres : le Mèm qui signifie … "eau" (décidément …) et le Yod qui désigne la "main" : une main qui émerge entre deux eaux (comme la Vie qui surgit entre les eaux d'en-haut et les eaux d'en-bas – Gen.:1;7-12). Sa valeur numérale est 90  … qui se décompose en 2x5x9 (combinaison de bipolarité, de vérité et d'accomplissement) … De plus, 90 donne, en guématrie : 9+0=9 chiffre pour "Accomplissement" et pour "intention cosmique".

 

Tout ensemble, les deux mots conjugués "serpent" et "eau" donnent, en guématrie, 448 (avec 4+4=8 donc 2²+2²=23) qui donne 16=4²=24, c'est-à-dire, une fois encore : 1+6=7 le chiffre du "Sacré".

Ensemble les deux mots indiquent le "processus d'accomplissement cosmique" du fait des bipolarités cosmologiques (les puissances du chiffre 2 apparaissent partout).

 

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La cosmologie actuelle est en train de redécouvrir ce qu'Hésiode avait perçu dès le 8ème siècle avant l'ère vulgaire : pour exister et évoluer, le Réel doit s'appuyer sur trois puissances fondatrices : Gaïa (la matrice topologique et la substantialité : la Matière), Chaos (la promesse eidétique et la logicité : l'Esprit) et Eros (la vitalité dynamique et l'intentionnalité : la Vie)

 

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De Patrick Buisson :

 

"Penser que l'électeur est si peu habité par l'idée du bien commun et de l'intérêt général qu'il faille renoncer à s'adresser à ce qui tire les individus au-delà d'eux-mêmes revient à réduire le vote à une simple transaction d'intérêts, dépourvue de la moindre transcendance collective. À croire que l'homme ne se nourrit que de pain, qu'il est incapable de subsumer sa condition. Le choix du thème du pouvoir d'achat illustre parfaitement ce processus. Il est le produit à la fois d'une dégradation et d'une désagrégation du politique, au terme desquelles nos dirigeants ont cessé de nous représenter et de nous défendre en tant que peuple pour ne plus se préoccuper que d'une collection d'individus désaffiliés. De ce point de vue, Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont, chacun à leur manière et à des niveaux différents, les candidats de la sortie du politique, qui n'est finalement qu'une modalité de ce désenchantement du monde décrit par Max Weber sous la forme d'un recul général des croyances et de la fin des grands messianismes. Or jamais la panne de sens n'a été ressentie de façon aussi accablante qu'avec la pandémie. Jamais, non plus, on n'aura autant cherché à faire oublier que le besoin irrépressible des hommes ne tient ni à la demande de justice ni à la demande d'ordre, mais à la demande de signification. Ils veulent qu'on les ravitaille en espérance et même en utopie."

 

 

Cette fin du politique qui semble chagriner nostalgiquement Patrick Buisson, est la meilleure nouvelle qui soit et impose trois constats :

 

  • Le constat (enfin) que la seule chose qui intéresse les 85% d'une population, c'est leur pain et leurs jeux (et l'argent pour se les payer) ; et rien d'autres.
  • Le constat que toutes les idéologies – ces bâtards navrants des fadaises idéalistes – sont enfin mortes.
  • Le constat que les institutions ne doivent être qu'une intendance logistique et que, surtout, elles ne doivent pas se mêler de vouloir construire l'avenir ; il y a, pour cela, des scientifiques, des entreprises et des initiatives privées.

 

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Le 21/04/2022

 

De Gabriel Bouchaud :

 

"(…) le constat est clair : les effets des débats télévisés sur les intentions de vote sont négligeables, les électeurs n'étant pas influençables par un seul moment de télévision, mais s'intéressant au contraire aux programmes et suivant l'actualité politique dans les mois précédant l'élection."

 

Il est temps de comprendre que, comme le dit Peter Sloterdijk, "les Français ne votent pas avec leur cerveau", mais selon de vagues rages idéologiques et de vieux ressentiments ruminés sans fin.

Leur accoutumance démentielle aux assistanats étatiques, a rendu les Français obsédés de "politique de comptoir", mais totalement ignare de politologie.

 

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Le grand principe premier, scandé à toute les sauces par les diverses factions populistes (en France, en Pologne, en Hongrie, en Russie, etc …) est la "Souveraineté du Peuple", vieille rengaine inventée, sans doute, par les Jacobins de 1789.

 

On peut lire (anonyme), en référence avec le Constitution de la Vème république en France :

 

"La Constitution dispose que “la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum” (art. 3). Elle pose le principe de la République comme étant le “gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple” (art. 2).

 

La Constitution rappelle par ailleurs que la souveraineté est une et indivisible, puisque “aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice” (art. 3).

 

Cette conception de la souveraineté fondée sur l’unité et l’indivisibilité s’oppose à une organisation fédérale de l’État, qui fait coexister en son sein plusieurs entités souveraines."

 

Et Marine Le Pen de marteler, pour "étayer" sa stupide et suicidaire conviction anti-européaniste, que : "le peuple français existe, mais le peuple européen n'existe pas !".

 

Encore faudrait-il définir ce concept flou et artificiel qu'est le "peuple".

Concrètement, cela se réduit à l'ensemble des personnes auxquelles l'Etat a imposé ou octroyé sa "carte d'identité nationale".

Il n'y a rien d'autre derrière cette étiquette de "peuple" : ni histoire commune, ni langue originelle commune, ni religion traditionnelle commune, ni culture commune, ni coutumes communes, ni gastronomie commune, ni, surtout, projet collectif commun.

 

S'il n'y a pas de "peuple européen" (de racines communes indo-européennes et chrétiennes), il y a encore moins de "peuple français" : un Breton, un Alsacien, un Basque, un Bourguignon, un Provençal, etc … sont d'abord, et de très loin, cela qui se réfère à leurs racines profondes, non françaises ; il n'y a que les déracinés dénaturés franciliens qui peuvent se dire "français" (c'est la seule appartenance – bien artificielle - qui leur reste, les pauvres …).

La France est toujours sous la coupe de l'idéologie jacobine (centralisatrice, parisianiste, étatiste, …) et, bien malheureusement, est passée à côté de ce qui aurait pu être sa grande chance : le girondisme, le fédéralisme.

C'est cette chance-là que l'Union Européenne d'aujourd'hui, ne peut pas laisser passer : devenir une vraie et profonde fédération intégrée de régions autonomes, au-delà – tout au-delà – des Etats nationaux aussi artificiels que désuets et contre-productifs.

 

De plus le mythe de la "souveraineté du peuple" induit celui de la "démocratie au suffrage universel" qui est une calamité au moins aussi désastreuse que tous les totalitarismes, toutes les tyrannies et toutes les dictatures dont l'histoire humaine a démontré l'horreur. Le suffrage universel est une calamité parce qu'il établit la tyrannie des crétins et des médiocres qui donnent toujours le pouvoir aux démagogues les plus animés de ressentiment.

Il faut, au contraire, établir la souveraineté des élites c'est-à-dire de ceux qui, par leurs œuvres, ont prouvé qu'ils méritent, par leur vote, le droit d'influer sur le cours de l'histoire, au service de la Vie et de l'Esprit.

 

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De Peter Sloterdijk :

 

"Une véritable confusion politique s'est emparée des pays européens après l'effondrement de l'Union soviétique : la disparition du spectre communiste a en effet fait perdre aux social-démocraties européennes l'argument selon lequel elles incarnaient le moindre mal face aux dictatures de l'Est. Ensuite, après la dissolution de ce grand adversaire, la gestion des inégalités par la croissance économique et la politique de l'État social ont montré leurs limites, et l'inégalité produite par l'économie financière, notamment, a éclaté au grand jour. Les populations laissées de côté par les espoirs d'amélioration que leur promettait la social-démocratie se sont senties condamnées à regarder leur situation d'un œil plus froid. Après la désillusion est venue la rage contre ce qu'ils appellent « le système ». On l'a vu après la crise bancaire de 2008 : de nombreux mouvements politiques associaient des raisonnements d'extrême droite à des motifs plutôt de gauche, comme l'appel aux gens simples qui travaillent dur et se retrouvent souvent les mains vides après une vie de labeur. On a pu déceler des phénomènes comparables dans les années 1930. La différence, c'est que les gens simples d'alors n'avaient pas bénéficié du généreux « quoi qu'il en coûte » d'Emmanuel Macron. Sur ce point précis, il n'est pas exagéré de dire que les gens qui viennent de profiter financièrement du soutien de l'Élysée pendant cette crise du Covid-19, un soutien dont nul Européen n'a bénéficié à ce point, manquent un peu de reconnaissance … (…) la France est encore un pays « philosophique », dans le sens où les Français n'ont pas complètement perdu leur goût des débats autour des idées abstraites. Mais la France est aussi ce pays où le premier tour de la présidentielle donne lieu à un phénomène que je ne cesse de constater avec un souci croissant. Une sorte de terrible carnaval un peu rabelaisien s'y déroule, où les Français se donnent le plaisir de se déboutonner. Tous les cinq ans, c'est comme s'ils profitaient de l'occasion pour laisser tomber tout tact politique, toute réflexion stratégique, en se vouant à un « expressionnisme » sans limites. Il ne s'agit plus alors de voter avec son cerveau, en vue d'un résultat dont on peut assumer la responsabilité, mais de voter, dans une forme d'hystérie abstraite, avec ses entrailles. Un carnaval accéléré par la pression des réseaux sociaux qui organisent et amplifient la désinhibition. Freud n'est pas le seul auteur à nous rappeler que ce que l'on appelle la civilisation n'est au fond qu'un mince vernis de conventions sur des énergies primitives latentes, toujours prêtes à entrer en éruption. (…) il n'y a rien de plus cohérent qu'une folie. Son « esprit de système » est la première de ses qualités. Comme le cœur, la folie a des raisons que la raison ne connaît pas. On nie d'abord le réel. À partir de là on fabrique un raisonnement. Ce qui me semble accablant, c'est que le pays des Lumières choisisse l'illusion face à la réalité. En Allemagne, on contrôle un peu mieux ce que j'appelle les « réflexes primitifs » mais en France, l'irrationnel est en train de franchir un seuil. La fureur des populismes a toujours pu être domestiquée lors du deuxième tour, mais cette fois-ci le jeu n'est pas joué d'avance. Car pour la première fois, cet irrationnel est alimenté par un ressentiment incendiaire qui pourrait l'aider à s'imposer. Qui se sent exclu de « l'élite » n'a pas besoin d'une explication rationnelle au fait qu'il ne considère pas « leur » système comme le sien. N'oublions pas que dans le vocabulaire du nazisme, le terme « système » désignait la totalité de ce que les enragés des années 1930 détestaient. (…)La France, vue de l'extérieur, est un eldorado pour le mythe du sauveur. Il y trouve un terreau particulièrement fécond. Le dernier grand moment où il a fallu sauver la nation a été celui du général de Gaulle. Un général pleinement lucide quand il avouait que son adversaire était le maréchal Pétain mais que c'était aussi la France. D'ailleurs, de Gaulle n'a pu sauver l'honneur de la France que grâce à la générosité condescendante des Alliés, qui lui ont permis de rouler dans Paris avant les troupes américaines (et avec des chars qu'ils lui avaient prêtés !) afin d'offrir à la nation humiliée le spectacle de la Libération. C'est une sorte d'imposture primordiale : le leurre originel qui a fondé la France de l'après-guerre. Eh oui, bien sûr, l'ombre de ces événements se porte encore sur les débats politiques d'aujourd'hui. La haine contre Macron reproduit la haine de soi de ceux qui ont bénéficié en enfants gâtés d'une victoire gratuite. D'où l'antiaméricanisme français et la haine des libéraux. (…) Qu'est-ce qu'un parti politique ? Issus des tensions qui se sont fait jour à l'intérieur des nations modernes au cours du XIXe siècle, les grands partis, qu'ils soient socialistes, libéraux ou conservateurs-catholiques, ont substitué à la guerre civile une compétition entre différents capitaux psychopolitiques : un parti, en effet, c'était une banque qui se nourrissait de la collecte des émotions politiques. À gauche, c'était surtout une banque de colère, d'indignation et d'espoir. À droite, une banque d'angoisse, de demandes de stabilité. En milieu libéral, une banque des expansions et des conquêtes progressives. Aujourd'hui, le mécanisme de la collecte s'est grippé parce que le capital principal du processus démocratique, l'espoir, l'attente d'améliorations modestes, est en train de se dissoudre dans le spectre d'une inflation accélérée. L'insatisfaction s'accroît de plus en plus, sans vraiment savoir où s'investir. On ne se sent plus représenté par un parti, alors il ne reste que la fuite dans une adhésion spéculative. « L'insoumission » de Jean-Luc Mélenchon, par exemple, ne propose qu'un cocktail d'illusions parapolitiques prêtes à se dissoudre en quelques semaines au cas où le chef prendrait sa retraite. À l'heure actuelle, elle permet juste à ses sympathisants l'expression de leur colère par un mélange bizarre de « national-révoltisme » et de socialisme des frustrés à l'échelle de l'Hexagone. Le Rassemblement national se définit, lui, par l'opposition au « système » tout court, et une simple adhésion à la volonté de renverser la table. Jacques Julliard expliquait déjà en 2014 que Marine Le Pen voulait transformer son pays en une Argentine européenne : c'est la banqueroute sous les drapeaux hissés !"

 

Que dire de plus ?

Dimanche prochain, il est plus que probable qu'Emmanuel Macron sera réélu à la présidence de la France, face à 65% de gens qui ne veulent pas de lui, mais qui veulent encore moins des autres …

Il est considéré, comme beaucoup, comme un "moindre mal" ; mais ces mêmes "beaucoup" ne se reconnaissent pas ni dans son libéralisme, ni dans son européanisme. Les Français restent, fondamentalement, étatistes et nationalistes. C'est malheureusement ainsi … !

 

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La "dualité onde-corpuscule" ne dit rien de plus que ceci : la possibilité universelle de se manifester soit sous l'aspect compact (la modalité "particulaire" lorsque l'entité considérée est seule et libre) et soit sous l'aspect "fondu" (la modalité "ondulatoire" lorsque l'entité considérée a été absorbée dans une structure plus complexe, a perdu son "identité" apparente de lorsqu'elle était seule et libre, et s'est diluée au sein de cette structure plus complexe pour y jouer le rôle qui li est dévolu).

 

Ainsi, par exemple, l'électron seul et libre, particulaire, arraché hors de son protéus originel, peut être absorbé par un atome au sein duquel il se développera et diluera en une sphère électronique en rotation autour du noyau.

En cas d'explosion (totale ou partielle) de cette structure atomique, l'électron, à nouveau seul et libre, reprendra sa forme particulaire antérieure.

 

Il en va de même pour le photon qui n'est que la compaction particulaire, en interaction avec la matière, d'une sphère concentrique ondulatoire qui était en propagation dans l'espace vide.

 

Ainsi, la "dualité onde-corpuscule" ne dit pas que tout est, à la fois, onde ET particule, mais bien que, selon l'environnement, chaque entité peut se manifester comme particule seule et libre OU comme sphère ondulatoire se développant autour d'une source (émettrice ou captatrice).

 

Peut-être peut-on oser une intuition : un fermion naît particule (libre et locale comme le protéus) mais peut se transformer en onde (comme l'électron dans la structure atomique), alors que le boson est une entité qui naît ondulatoire (comme la lumière) mais qui peut se transformer en particule (comme le photon qui compacte la lumière lorsqu'elle interagit avec un atome).

 

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Le 22/04/2022

 

Partout, à Stockholm, à Jérusalem, à Paris, à Marseille, à Bruxelles, … sévit la même équation vénéneuse : des jeunes musulmans des "quartiers" , fraîchement immigrés ou enfants d'immigrés, sèment la pagaille, la violence et la terreur.

La cause de cette agressivité nauséabonde n'est pas leur "misère" (matérielle, sociale ou culturelle) comme le rabâchent les gauchistes (les trafics en tous genres, surtout de drogues, brassent beaucoup d'argent, et le communautarisme tient lieu de société et de culture).

La cause profonde de cette violence est le refus, par ces gens issus de l'immigration, des règles de base de leur société d'accueil (intellectualité, légalité, laïcité, individualité, rationalité, mixité, liberté, citoyenneté, productivité, …).

Les politiques d'intégration ont tenté, depuis 50 ans, d'éradiquer pédagogiquement ce refus et d'intégrer ces gens au sein de leur société d'accueil. Depuis 10 ans, les islamistes font tout (dans les prêches comme sur les réseaux sociaux) pour bloquer ce processus d'intégration et pour mettre en avant la prétendue supériorité de l'Islam sur tout le reste.

 

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Chez les ignares et les imbéciles, la croyance triomphe toujours de la raison.

 

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Les treize grandes questions politiques d'aujourd'hui  …

 

  1. Pour une globalisation des problématiques ? OUI.
  2. Pour une continentalisation des méthodes ? OUI.
  3. Pour une Europe fédérée et souveraine ? OUI.
  4. Pour une limitation de l'immigration africaine et musulmane ? OUI.
  5. Pour une éradication de l'islamisme en Europe ? OUI.
  6. Pour un retrait de l'étatisme pour plus de libéralisme ? OUI.
  7. Pour la frugalité et une lutte contre le consumérisme suicidaire ? OUI.
  8. Pour l'énergie nucléaire et contre les éoliennes ? OUI.
  9. Pour faire de l'autonomie personnelle et collective un principe ? OUI.
  10. Pour une autonomie numérique européenne ? OUI.
  11. Pour une autonomie diplomatique et militaire européenne ? OUI.
  12. Pour un passage à une démocratie élitaire et méritoire ? OUI.
  13. Pour limiter tous les déplacements physiques (choses et gens) ? OUI.

 

De façon générale, il s'agit de dépasser les "idéaux" des "Lumières" qui, visiblement, ne fonctionnent plus (même s'ils ont été le parangon utile de cette Modernité née à la Renaissance et en effondrement aujourd'hui).

Il faut donc faire le deuil (parfois douloureux) des principes d'humanisme (anthropocentrisme), d'universalisme, d'étatisme, de hiérarchisme, d'égalitarisme et de démocratisme.

 

Le monde humain est en train de devenir un ensemble de réseaux de communautés de vie, à la fois et contradictoirement territoriales (géographiques) et dématérialisées (numériques).

Contre l'égalité, il s'agit d'affirmer et de valoriser les différences et les complémentarités qu'elles permettent.

 

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Ce wokisme que, pudiquement, on appelle maintenant du doux nom absurde de "néo-progressisme", est une régression majeure qui signe le triomphe de l'égalitarisme entropique, donc de la mort de l'Esprit.

L'essentialisation est une réduction de la personne à des phantasmes catégoriels aussi artificiels que morbides.

Non, je ne suis pas d'abord "blanc", "juif", "mâle", "hétérosexuel", etc … ; je suis d'abord "moi" !

 

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De FOG :

 

"On ne se refait pas. L'ultra-gauche rêvera toujours du chaos social qui, à ses yeux, préfigure le grand soir."

 

Le soir n'est que le début de la nuit … La nuit totalitaire !

 

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De George Bernard Shaw :

 

"Quelle belle chose que la jeunesse !

Quel crime de la laisser gâcher par les jeunes?"

 

La vieillesse comme le jeunesse, n'est pas une question d'âge, mais bien d'état d'esprit. Et bien des jeunes d'aujourd'hui sont de vrais vieillards.

 

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De Xavier Groce (et son humour de "manchots sur la banquise") :

 

"Faire barrage au fascisme centriste néolibéral

de la droite néocommuniste étatiste."

 

On en est là – surtout chez les jeunes manifestants qui manifestent contre tout (sauf contre l'essentiel porteur d'avenir), sans rien connaître (sauf son nombril et les absurdités venues des campus américains) …

La confusion idéologique est à son comble … sans parler de l'imbroglio écolo-gauchiste qui n'a l'écolo que l'étiquette (étiquette : "très petite éthique").

 

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Le 23/04/2022

 

Premier pas : le soi (connais-tu toi-même ; l'Apprenti).

Deuxième pas : l'autour de soi (connais tes rapports au monde : le Compagnon).

Dernier pas : l'Un (la voie spirituelle et initiatique de la synthèse et de la dissipation des tensions contradictoires vers la sérénité : le Maître).

 

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L'inflation ? Trop d'endettement (des personnes, des communautés et des institutions qui seront de moins en moins capables de rembourser) et pas assez de travail productif (35 heures, retraite à 60 ans, assistanats et parasitismes, incompétence par faillite éducative, salaires artificiellement trop hauts, …).

La valeur des monnaies faiblit et leur pouvoir d'achat s'effondre durablement (rappel : une monnaie symbolise du travail accumulé). Cela induit une envolée des prix des biens et services à la consommation.

 

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De Nicolas Baverez :

 

"Les démocraties (…) reposent sur la poursuite de la prospérité et de la paix (…)"

 

C'est un bonne définition, non pas seulement de la démocratie, mais, plus généralement de la fonction politique.

 

Et du même :

 

"La monarchie républicaine a dérivé vers une extrême centralisation et un affaiblissement des contre-pouvoirs (…). La fusion de la classe politique avec la haute administration a accouché d'un Etat obèse et impuissant, coupé de l'économie, de la société civile et du monde extérieur. La communication a pris le pas sur l(action, et la démagogie sur le courage, et le modèle (…) montre des signes d'obsolescence."

 

Ce constat clair et évident n'est qu'une des composantes du changement paradigmatique en cours et qu'une des causes (ou symptômes) de la zone chaotique que nous traversons.

Bien sûr, le modèle républicain et démocratique est obsolète dans un monde en proie à un saut de complexité tel que la grande majorité n'y comprend plus rien et, très légitimement, vote en fonction de ce qu'elle croit être (ou de ce qu'on lui fait croire être) ses intérêts pécuniaires immédiats.

Dans les années qui arrivent, la norme sera la "crise", de tout et de tous. Et l'urgence est la disparition de l'Etat et de tous les étatisme au profit d'une réticulation continentale et d'une autonomie locale (des personnes et des communautés de vie).

 

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Le 24/04/2022

 

D'Antoine de Saint-Exupéry :

 

"Concernant l'avenir, il ne suffit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

On ne prévoit pas l'avenir, mais on peut discerner des scénarii possibles. Ensuite, et là Saint-Ex a raison, la volonté doit jouer son rôle pour favoriser l'un d'eux.

 

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De Pierre-Henri Tavoillot :

 

"Le progressisme, c'"est la conviction d'un sens de l'histoire mondiale vers plus de prospérité, plus de droits, plus de liberté, et donc plus de bonheur."

 

Il faut être sacrément socialo-gauchiste pour croire en de telles balivernes et ne pas répondre à l'essentiel :

 

  • "plus de …" ou "mieux de …" ? quantitatif ou qualitatif ?
  • "plus de" pour qui ? pour tous, même les salauds ?
  • quelle prospérité ?
  • quels droits supplémentaires ?
  • "liberté" ou "autonomie" ?
  • confusion entre "bonheur" et "joie de vivre" ?
  • "donc" … : le bonheur n'est-il que la résultante de la prospérité, de la liberté, des droits ? ou n'est-il pas plutôt un état d'esprit intérieur, indépendant des contextes extérieurs ?

 

On le voit, le "progressisme" ainsi défini est une momie héritée du 19ème siècle qui fait l'impasse sur les vrais problèmes actuels (et définitifs) de la pénurisation des ressources, du démocratisme et de la tyrannie des crétins, de la confusion entre "caprice" et "autonomie", et surtout du manque de spiritualité.

 

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Emmanuel Macron a parlé d'un "début de changement d'ère" à propos des impacts énormes de deux années de pandémie et de la guerre d'invasion de l'Ukraine par la Russie.

L'histoire est donc au rendez-vous que je lui ai fixé pour 2025 : le basculement paradigmatique est à nos portes.

 

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Le monde d'aujourd'hui est un champ de bataille entre trois puissances continentales tournées vers le passé (la nostalgie d'un "ancien âge d'or") : l'Angloland (la nostalgie de l'hégémonie américaine), le Russoland (la nostalgie du tsarisme) et le Sinoland (la nostalgie de l'Empire confucéen).

Ce type de nostalgie est aussi à l'œuvre dans l'Euroland : le populisme – (d'extrême-droite ou d'extrême gauche) en France (Le Pen, Mélenchon, Zemmour, Dupont-Aignan), en Hongrie, en Pologne, en Italie, etc ….

Ces nostalgies sont le chant du cygne d'une Modernité désormais moribonde.

 

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Le 25/04/2022

 

De Luc de Barochez :

 

"Les deux chocs, sanitaire puis militaire, ont révélé et accentué des tendances à l'œuvre depuis plusieurs années. Les puissances autoritaires et révisionnistes, Chine et Russie en tête, cherchent à démanteler l'hégémonie américaine. Le droit du plus fort prospère sur l'affaissement de la légitimité internationale. Le repli nationaliste gagne du terrain, les passions identitaires nourrissent la haine de l'autre, la mondialisation s'essouffle. L'Occident, sur la défensive, doute de ses valeurs libérales. Les Européens ont de plus en plus de mal à protéger leur modèle de démocratie contre les assauts internes et externes et à financer leur État providence."

 

Ces deux "chocs" qui ont enclenché si abruptement la transformation du monde humain, en général, et du monde européen, en particulier, me semblent pouvoir être vu comme le déclencheur du processus final de sortie de la zone chaotique et de l'émergence du nouveau paradigme.

 

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De Pollinis (un groupe de protection des abeilles et autres pollinisateurs) :

 

"La situation est peut-être encore plus grave que ce que l’on pensait :

 

Alors que la liste rouge européenne de l'UICN montre que 37 % des espèces d’abeilles (1) et 31 % des espèces de papillons de jour (2) sont en déclin…

 

… que la plupart de ces insectes indispensables sont endémiques à l’Europe, c'est-à-dire que s’ils venaient à disparaître sur notre continent, ils disparaîtraient définitivement de la surface du globe… (3)

 

… des analyses menées en Allemagne suggèrent que ce déclin a également lieu dans les régions protégées, comme les parcs nationaux et régionaux (4) conçus spécialement comme des refuges pour la biodiversité menacée principalement par l’intensification de l’agriculture industrielle !

 

En d’autres termes : le bien mince filet de sécurité que nos civilisations ont mis en place, pour garantir un réservoir de biodiversité préservée au cas où elle serait massacrée par l’emballement de nos modes de vies, est peut-être déjà caduque…

 

… et rien ne pourra plus rattraper l’extinction des pollinisateurs, et l'effondrement en cascade des chaînes alimentaires qui en découlera !

 

Déjà, la diversité des plantes à fleurs est en rapide déclin faute de pollinisation sur plus de 80 % des sites étudiés au Royaume-Uni et aux Pays-Bas (5) ; et au niveau international, une plante sur cinq est désormais menacée d’extinction (6).

 

Dans certains endroits du monde, les scientifiques mesurent déjà les conséquences de la perte de pollinisation sur l'appauvrissement des agriculteurs et de leurs familles (7)...

 

… et tirent la sonnette d’alarme sur les carences alimentaires et les décès qui surviendraient partout sur Terre, y compris dans les pays les plus aisés, en cas de disparition de ces précieux butineurs (8), responsables de la reproduction de plus de 80 % des fruits, légumes et plantes aromatiques dont nous avons besoin pour nous nourrir convenablement (9)."

 

Références :

  1. Sur 407 espèces d’abeilles documentées, 150 étaient en déclin, soit 36,8 %
    Nieto, A., Roberts, S.P.M., Kemp, J.,
    Rasmont, P., Kuhlmann, M., García Criado, M., Biesmeijer, J.C., Bogusch, P., Dathe, H.H., De la Rúa, P., De Meulemeester, T., Dehon, M., Dewulf, A., Ortiz-Sánchez, F.J., Lhomme, P., Pauly, A., Potts, S.G., Praz, C., Quaranta, M., Radchenko, V.G., Scheuchl, E., Smit, J., Straka, J., Terzo, M., Tomozii, B., Window, J. and Michez, D. 2014. European Red List of bees. Luxembourg: Publication Office of the European Union.
  2. Van Swaay, C., Cuttelod, A., Collins, S., Maes, D., López Munguira, M., Šašić, M., Settele, J., Verovnik, R., Verstrael, T., Warren, M., Wiemers, M. and Wynhof, I. 2010. European Red List of Butterflies Luxembourg: Publications Office of the European Union.
  3. Almost 30% of all the species threatened (Critically Endangered, Endangered, or Vulnerable) at the European level are endemic to Europe (e.g., found nowhere else in the world). Nieto et al. ibid.
  4. Hallmann CA, Sorg M, Jongejans E, Siepel H, Hofland N, et al. (2017) More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas. PLOS ONE 12(10): e0185809.
  5. Biesmeijer, Jacobus & Roberts, Stuart & Reemer, M. & Ohlemüller, Ralf & Edwards, Mike & Peeters, Theo & Schaffers, A.P. & Potts, Simon & Kleukers, Roy & Thomas, Chris & Settele, Josef & Kunin, William. (2006). Parallel Declines in Pollinators and Insect-Pollinated Plants in Britain and the Netherlands. Science (New York, N.Y.). 313. 351-4. 10.1126/science.1127863.
  6. Willis, K.J. (ed.) 2017. State of the World’s Plants 2017. Report. Royal Botanic Gardens, Kew.
  7. Stenchly K, Hansen M, Stein K, Buerkert A, Loewenstein W : Income vulnerability of west african farming households to losses in pollination services: a case study from Ouagadougou, Burkina Faso. Sustainability 2018, 10:4253. Christmann S : Do we realize the full impact of pollinator loss on other ecosystem services and the challenges for any restoration in terrestrial areas? Restor Ecol 2019, 27:720-725.
  8. Smith, Matthew R; Singh, Gitanjali M; Mozaffarian, Dariush; Myers, Samuel S. Effects of decreases of animal pollinators on human nutrition and global health: a modelling analysis. The Lancet VOLUME 386, ISSUE 10007, P1964-1972, NOVEMBER 14, 2015 Potts, S., Imperatriz-Fonseca, V., Ngo, H. et al. Safeguarding pollinators and their values to human well-being. Nature 540, 220–229 (2016).
  9. Ollerton, Jeff & Winfree, Rachael & Tarrant, Sam. (2011). How many flowering plants are pollinated by animals? Oikos. Oikos. 120. 321 - 326.

Il est temps de prendre tout cela très au sérieux et de combattre le lobbying des industries chimiques et agroalimentaires qui fabriquent et commercialisent tous ces infects pesticides …

 

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De Simone Weil :

 

"Ecarter les croyances combleuses de vides, adoucisseuses des amertumes."

 

Par exemple, l'immortalité de l'âme ou les miracles, la providence ou la grâce divines.

Ne jamais, donc, confondre la Foi en la fabuleuse cohérence du Réel (dans toutes ses dimensions y compris temporelle où la notion d'Intention est primordiale) et les croyances toujours un peu "magiques" et "superstitieuses", qui relèvent du "surnaturel", c'est-à-dire de l'irréel, de l'imagination humaine, de ces constructions mentales sans fondement qui ne visent qu'à lever des angoisses ou à combler des vides ou à satisfaire des caprices.

 

Et d'ajouter :

 

"Continuellement suspendre en soi-même

le travail de l'imagination combleuse de vides."

 

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Le passé, c'est tout ce qui est déjà construit.

L'avenir, c'est tout ce qui reste à construire.

Le présent, c'est tout le chantier : matériaux et outils, métier et géométrie.

 

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De Simone Weil, encore :

 

"Si l'on descend en soi-même,

on trouve que l'on possède exactement ce qu'on désire."

 

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Joie, félicité, béatitude ou, mieux, alacrité … Mais non pas plaisir ou bonheur.

 

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Le 26/04/2022

 

De l'économiste libéral Jean-Marc Daniel  :

 

"Emmanuel Macron constate que le pays ne travaille pas assez. Il tient un discours sur la revalorisation du travail. Je suis d'accord sur l'intérêt d'augmenter le volume de travail dans l'économie, mais il faudrait surtout le faire sur la période de la vie où on est le plus efficace, de 25 à 50 ans. Cela suppose d'augmenter la durée annuelle de travail en supprimant, par exemple, des jours fériés. Il faudrait aussi encore plus de souplesse pour le statut d'autoentrepreneur. (…)

En 2017, Emmanuel Macron affichait des velléités d'inscrire son programme dans la droite ligne de la loi Macron pour la croissance. Mais il a très vite affirmé se heurter à l'inertie de l'administration française. C'est son discours sur l'État profond, selon lequel ce dernier ferait de la résistance. C'est absurde. Un programme véritablement libéral devrait afficher un plan de baisse du déficit budgétaire structurel appuyé sur une diminution des dépenses publiques à l'horizon de cinq ans. Il faudrait lancer un plan de privatisations. L'État doit sortir progressivement d'Engie, de Renault, d'EDF, de la SNCF et de la RATP. Il faut enfin organiser la mise en concurrence sur les dépenses de santé, en gardant une sécurité sociale d'ordre public. En termes de fiscalité, il faudrait passer à une flat tax – à taux unique, donc – rassemblant la CSG et l'impôt sur le revenu. (…)

Il faut expliquer aux Français que, lorsque l'État tire des chèques, il ne distribue pas de pouvoir d'achat. Cela revient à prendre du pouvoir d'achat aux uns pour le donner aux autres. Soit il finance ses largesses par des hausses d'impôt, soit il creuse la dette et prend du pouvoir d'achat aux générations futures. Le Premier ministre devra donc tenir un discours de vérité : oui, il y a un problème de pouvoir d'achat, mais cela suppose, pour le régler, de remettre le pays au travail. (…) le chômage a beaucoup baissé grâce au subventionnement massif de l'apprentissage. C'est de l'emploi public déguisé. C'est l'équivalent de travaux d'utilité collective. Heureusement, ils sont tournés vers l'avenir car ils permettent une véritable insertion sur le marché du travail. Exiger des personnes qui n'ont pas d'emploi comme les titulaires du RSA ou les chômeurs qu'ils se forment vers des métiers d'avenir me semble plutôt positif. Il faut orienter les titulaires du RSA vers les métiers en tension et non pas les obliger à distribuer des cafés 15 heures par semaine."

 

En période de crise (et nous en vivons une colossale pour sortir enfin de la zone chaotique et entrer enfin dans le nouveau paradigme d'après 2025), il faut cesser de laisser croire que l'on continue d'être riche et que l'étatisme ambiant va pouvoir continuer un assistanat démentiel.

La frugalité s'impose et s'imposera tous azimuts. Les pénurisations vont continuer de s'amplifier, induisant une hausse généralisée des prix, une baisse générale des pouvoirs d'achat et une inflation générale galopante.

Le seul remède : travailler beaucoup plus pour moins de rémunération.

 

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Le 27/04/2022

 

Avoir pitié d'un con le renforce !

 

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D'après "Challenge(s)" :

 

"77% du fret dans l'Union Européenne sont transportés par route,

17% par rail et 6% par voie fluviale.""

 

C'est bien sûr exactement l'inverse qu'il faudrait : 60% par voie fluviale, 30% par rail et les 10% restants par route, pour les acheminement de proximité.

Pour rappel, à la tonne transportée, la voie fluviale est de loin la moins chère. Et tant pis pour les capricieux du délai court. Il n'y a urgence que pour les crétins incapables d'anticiper !

 

Et des mêmes :

 

"En 2021, la France a recensé 657.000 décès, soit 12.000 de moins qu'en 2020, mais 44.000 de plus qu'en 2019."

 

Une preuve, s'il en était encore nécessaire, que la pandémie n'a été réelle qu'en début de 2020 (de février à mai). En 2021, le nombre excédentaire de décès fut surtout dû aux effets néfastes des vaccinations et aux manques de soin des autres malades privés de lits hospitaliers par la névroses "covidienne".

 

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L'économie mondiale est un processus complexe qui, bien entendu, n'échappe en rien à la physique des processus.

Elle est travaillée, comme tous les autres, par trois bipolarités permanentes :

 

  • Au niveau topologique, le dipôle se place entre contrée riches (en ressources naturelles et humaines) et les contrées pauvres en ressources (soit parce qu'elles sont des "déserts" géographiques, soit parce qu'elles sont peuplées de fainéants et/ou d'ignorants et/ou de médiocres).
  • Au niveau dynamique, le dipôle se place entre mentalités entrepreneuriales et/ou productives (le culte de l'autonomie et du travail) et mentalités parasitaires et/ou pillardes (l'exploitation éhontée et court-termiste des ressources tant naturelles qu'humaines).
  • Au niveau eidétique, le dipôle se place entre intelligences créatives et/ou technologiques (le culte de l'innovation et de la virtuosité) et intelligences spéculatives et/ou maffieuses (l'argent facile ou sale).

 

A l'échelle mondiale, l'économie est donc déterminée, à la fois,

 

  • par une conjoncture globale (démographie humaine, pénurisation des ressources, dérèglements écologiques, taux de pollution, etc …
  • par six pôles d'évolution.

 

Le poids de chacun de ces six pôles est, par continent, aussi essentiel que disparate.

En gros, aujourd'hui, du fait de l'appauvrissement général des stocks de ressources naturelles et des processus de formation des compétences, le monde économique est coupé en deux.

D'un côté, les économies ayant des mentalités entrepreneuriales et des intelligences créatives (Euroland, en désarroi, et Angloland, en ).

De l'autre, des économies pillardes, plutôt localisées en Sinoland (exploitation humaine), en Russoland (pillages des gisements) et en Islamiland (pillage des nappes pétrolifères).

Le reste (Afroland, Latinoland, Indoland) est à la traîne et suit une locomotive venue d'un des autres bords.

 

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De Jean Cocteau :

 

"Notre époque est scolaire et inculte, chacun est un professeur

qui ne sait rien et qui veut l'apprendre aux autres."

 

Et c'est encore plus vrai dans les pays latins ou slaves que partout ailleurs.

 

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Progressisme …

De quel progrès parle-t-on ? Par rapport à quoi ? Au service de quoi ? Ou de qui ?

Je ne sais pas ce que "progrès" veut dire ; en revanche, je sais ce qu'évolution est.

Il faut opposer la réalité de l'évolutionnisme aux mythologies et idéologies du progressisme qui n'est que l'autre nom de ce "socialo-gauchisme" qu'il faut abattre.

Si "progrès" il doit y avoir, c'est celui de la Vie et de l'Esprit (au sens cosmique) qui n'a rien à voir avec le "progrès social" qui est l'autre nom du démagogisme.

 

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Il ne peut exister de spiritualité sans référence forte et principielle au Divin, c'est-à-dire à ce qui dépasse radicalement l'humain.

Le spiritualisme est incompatible avec l'humanisme et, a fortiori, avec toutes les formes d'anthropocentrisme.

 

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Toute la lourde problématique qui empoisonne le monde maçonnique depuis 1878 (année du vote renégat du Grand Orient de France) et qui induit les notions de "régularité" spirituelle et de "reconnaissance" administrative des Grandes Loges du monde, revient, essentiellement, en l'affirmation, claire et sans détour, d'un Grand Architecte de l'Univers comme source et principe de l'Ordre réel, tant cosmique que maçonnique.

La négation de ce Grand Architecte de l'Univers exclut, immédiatement, tant spirituellement qu'administrativement, toute entité maçonnique, de quelque niveau qu'elle soit, de la Régularité maçonnique et, donc, de toute possibilité de reconnaissance mutuelle.

Ceux qui nient ce principe essentiel du Grand Architecte de l'Univers ne sont simplement pas et ne peuvent définitivement pas être, des Francs-maçons.

La seule et unique source écrite permettant cette exclusion, claire et sans détour, se trouve dans les "Constitutions" et/ou "Règlements" de l'entité concernée ; si le principe du "Grand Architecte de l'Univers" n'y est pas clairement et explicitement affirmé, l'entité en question sera déclarée non-maçonnique et rejetée, comme telle, du monde maçonnique.

 

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Le 29/04/2022

 

De Kévin Badeau au sujet du rachat, par Elon Musk, de Twitter :

 

"Les plus ardents défenseurs de la liberté d'expression rêvent d'une plateforme débarrassée de la censure. Au contraire, les partisans de la modération des contenus en ligne s'inquiètent : Twitter est déjà un lieu d'une extrême violence, contaminé par les fausses informations et l'apologie des idées les plus sombres. C'est aussi sur Twitter que les militants les plus radicaux (de tous bords politiques ou idéologiques) se livrent des « guerres picrocholines »."

,

 

Et de Gérard Bonner à propos de Twitter :

 

"Le libertarianisme est une idéologie qui défend l'idée que l'expression de la liberté est toujours bonne. Selon ses partisans, une totale liberté d'expression aboutirait même à une société de concorde. Or ce n'est pas du tout ce que l'on observe… L'expression de la liberté sans aucun encadrement devient liberticide. Ceci est un vieux thème de la philosophie politique que Thomas Hobbes, dans Le Léviathan, avait bien souligné. Les règles, les normes et les lois sont là pour encadrer la liberté d'autrui afin de préserver la mienne. (…) Twitter France dénombre 11 millions d'utilisateurs actifs. On y retrouve de nombreux militants, souvent radicaux, et beaucoup de journalistes. Voilà le danger : les journalistes, quoi qu'ils en disent, peuvent être impressionnés par le faux échantillonnage de réalité qu'offre Twitter avec sa conflictualité, ses emportements et sa radicalité. Peut-être que cet échantillonnage déforme une partie de la réalité dans le traitement de l'information. Twitter, ce n'est pas le pouls de l'opinion.

C'est le pouls des plus radicaux qui se livrent des guerres picrocholines. Je le vois moi-même dans ma discipline, la sociologie. Les sociologues qui s'expriment sur Twitter ne sont pas nécessairement représentatifs de la sociologie française. Je ne systématise pas, mais il faut reconnaître qu'ils défendent généralement des points de vue radicaux. Ils sont beaucoup plus enragés que dans les cénacles académiques. De la même façon, le wokisme est beaucoup plus présent sur Twitter que dans la vraie vie. Twitter est un miroir déformant et grimaçant qui peut tromper l'éditorialisation des journalistes."

 

Quand donc comprendra-t-on que les "réseaux sociaux" (indûment appelés tels) sont d'immenses machines anonymes de manipulation de masse ? Ce sont des continents sous-culturels complètement déconnectés de la réalité. Toute rationalité en est bannie et la "vérité" s'y mesure à la démesure du sensationnalisme et du conformisme, de la violence et de la démence, de l'agressivité et de la nocivité, des superstitions et des affabulations, du magique et du tragique.

Odieux mélange de complotisme et de suivisme, ces réseaux véhiculent et, surtout, amplifient non seulement des opinions dégénérées, mais avant tout des croyances reptiliennes.

 

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Le 30/04/2022

 

Florilège de sir Winston Churchill :

 

"Christophe Colomb fut le premier socialiste : il ne savait pas où il allait, il ignorait où il se trouvait... et il faisait tout ça aux frais du contribuable."

 

"On considère le chef d'entreprise comme un homme à abattre, ou une vache à traire. Peu voient en lui le cheval qui tire le char."

 

"Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses. La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère."

 

"Construire peut être le fruit d'un travail long et acharné.

Détruire peut être l'œuvre d'une seule journée."

 

"Le socialisme est une philosophie de l'échec, un principe de l'ignorance et l'évangile de la jalousie."

 

"Sous le capitalisme, les gens ont davantage de voitures.

Sous le communisme, ils ont davantage de parkings."

 

"Un bon politicien est celui qui est capable de prédire l'avenir et qui, par la suite, est également capable d'expliquer pourquoi les choses ne se sont pas passées comme il l'avait prédit."

 

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Nouveau : depuis ce 1/04/2022 : Le Tome 28 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement).