Historicisme ...
La sociologie n'est que le constat descriptif d'une évolution historique humaine que les humains bricolent pas à pas pour faire face à des évolutions globales qui lui échappent largement.
Les idéologies, révolutions, religions, régimes politiques et juridiques, États (plus ou moins démocratiques) et Empires (plus ou moins autoritaristes), élites (ceux qui s'adaptent et profitent) et masses (ceux qui subissent et peinent), classes et castes (communautés ayant leurs propres stratégies de survie), guerres (affaiblir l'autre) et alliances (se renforcer ensemble), etc ..., ne sont que des émergences entropiques ou néguentropiques et des bifurcations systémiques du processus humain, aujourd'hui presque totalement mondialisé ; émergences liées aux évolutions ou ruptures technologiques (successivement agricoles, industrielles et noétiques), elles-mêmes réponses aux rapports entre besoins et ressources, et aux évolutions (aujourd'hui dramatiques) de l'écosystème.
Il faut cesser de croire en une logique interne propre aux évolutions sociologiques et/ou technologiques (des coups de génie venant de nulle part). Celles-ci sont des réponses, et non pas des évènements sui generis.
Des réponses aux crises ou aux déclins de paradigmes humains reflétant les interactions et interrelations des collectivités humaines avec le monde extérieur.
Toute rupture paradigmatique implique une période chaotique dont l'issue est souvent et globalement imprévisible.
Par exemple, l'immense rupture paradigmatique que nous vivons depuis quelques décennies implique le renouvellement radical des rapports entre travail manuel et travail intellectuel (du fait de la révolution numérique et algorithmique qui implique une nouvelle élite cognitive compétente et efficace), le passage d'une dialectique entre États et mondialisation vers une dialectique entre huit continents culturels indépendants (Euroland, Américanoland, Latinoland, Afroland, Islamiland; Indoland, Russoland et Sinoland) et les collectivités régionales autonomes qui les composent, la fin de l'abondance et du consumérisme la pratique généralisée de la frugalité et d'un spiritualisme (intériorisation de l'existence personnelle), la mort des messianismes religieux et idéologiques (l'attente d'un futur salvateur) au profit d'un eudémonisme intériorisé (la jouissance d'un présent tel qu'il est), etc ...