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Jeudi 01 janvier 2026

Qu'est-ce que "penser" ?

 La pensée est un processus de dissipation des tensions entre les percepts, tant ceux qui furent accumulés dans la mémoire par le passé que ceux captés par les sens dans le présent.

Ce processus de dissipation tensionnelle est mû par une intentionnalité de cohérence c'est-à-dire d'harmonie du vécu, tant intérieur, ressenti, qu'extérieur, perçu.

Pour ce faire, l'intentionnalité engendre une logicité de mise en ordre des percepts au moyen des concepts qui sont produits par l'imagination : chaque concept est une agrégation conventionnelle de percepts, et chaque ensemble de concepts est organisé par un système imaginaire de relations codifiées.

Un ensemble particulier de concepts (un "vocabulaire") et de codes organisationnels (une "grammaire") constitue un langage particulier : celui des langues orales ou écrites, celui des algèbres, celui des géométries, celui des musiques, celui des objets, celui des gestes, etc ...

Un langage permet d'exprimer le niveau de cohérence et d'harmonie dans les différentes dimensions du vécu d'une personne ou d'une communauté.

 Mais, pour-quoi penser ? D'où vient ce besoin de cohérence qui induit, à la fois l'intentionnalité d'harmonisation du vécu et la logicité des différents langages que celle-ci engendre ?

Ce besoin naît tout simplement de l'instinct de survie qui exige de "comprendre" (prendre avec soi la réalité du Réel) ce qu'il y a lieu de faire (action) pour être le plus efficace possible dans la détection des dangers et des opportunités venant tant du monde extérieur que du monde intérieur.

 Et ce que l'on appelle "conscience" n'est rien d'autre que le constat permanent, durant l'éveil, de tensions donc de dysharmonies et d'incohérences au sein même du vécu. Ces tensions peuvent être faibles et anecdotiques ; mais elles peuvent parfois être terribles et dramatiques ... et exiger des "remises en ordre" profondes.

Une tension est toujours bipolaire et la dissipation des tensions s'inscrit toujours dans un hexagramme dissipatif dont les six voies sont : soit la destruction d'un des deux pôles, voire des deux (le suicide, par exemple) ; soit la rupture de toute relation entre les deux pôles (la schizophrénie, par exemple) ; soit le compromis d'équilibrage, souvent instable, entre les deux pôles (c'est la voie pratique la plus usitée) ; soit le dépassement de la bipolarité par passage fusionnel vers un niveau supérieur de complexité et donc d'abstraction (c'est la voie de l'intellectualité).

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 Toute existence évolue du fait de la dialectique entre sa double Réalité,  intérieure (ce que je suis pour moi) et extérieure (ce que je suis pour le monde), et sa double Intentionnalité, intérieure (ce que je devrais faire pour moi) et extérieure (ce que je devrais faire pour le monde).

Toute existence est ainsi une réponse à une quadripolarité, donc à six bipolarités (conflits potentiels), chaque bipolarité offrant six voies de dissipation tensionnelle.

Cela signifie que toute existence réelle est la résultante de trente-six voies de dissipations tensionnelles.

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