Expertise & Prospective dans le monde réel

Jeudi 11 décembre 2025

L’obsession du "bien-être" alimente l’isolement des jeunes adultes.

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 De Xavier Lambert :

 "Que fête-t-on à Noël ? La naissance de Jésus, a-t-on tous appris. Et pourtant, quasiment tous les experts sont formels et unanimes : le 25 décembre, ce n’est pas l’anniversaire de Jésus, le 25 décembre, c’est la fête… du soleil.

Explication : le fait de célébrer la naissance de Jésus est assez tardif. Elle date seulement du quatrième siècle… après Jésus-Christ. Comme le rappelle l’Express, de nombreux historiens admettent aujourd’hui l’existence du personnage historique de Jésus. Mais on ne sait que peu de choses sur les débuts de sa vie. Et encore moins précisément ses dates et lieux de naissance. C’est le pape Libère qui, autour de l’an 354, aurait très judicieusement décidé de fixer la date de naissance du Christ au 25 décembre.

Pourquoi cette date ? Tout simplement parce qu’elle correspondait à la fête romaine du "Sol invictus", le "soleil invaincu". Un culte païen encore bien vivace destiné à célébrer le solstice d’hiver, ce moment de l’année où les journées commencent à rallonger.

Pour l’anecdote, les historiens estiment même que Jésus serait né … en -5 ou -7 avant notre ère, soit de 5 à 7 ans avant la date de référence utilisée…"

 La seule chose dont la Noël soit l'anniversaire, c'est celui de l'antijudaïsme, racine chrétienne de l'antisémitisme laïque et de l'antisionisme politique !

La fête de la "Nativité" (l'étymologie de "noël" est "natal") n'apparaît qu'au 4ème siècle ; au moment où le christianisme devient religion d'Etat de l'empire romain avec Théodose, dernier empereur d'une Romanité unifiée, en 380, petit-fils de Constantin et son concile de Nicée visant l'unification de toutes les sectes chrétiennes sous un seul Credo. Ce Crédo est le symbole de Nicée de 325 revu en 381 ; il dit ceci :

 "Nous croyons en un seul Dieu Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles.

Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; engendré et non fait, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait ; qui pour nous hommes et pour notre salut est descendu des cieux, s’est incarné par le Saint-Esprit, de la Vierge Marie et s’est fait homme ; qui en outre a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate, a souffert, a été enseveli et est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ; qui est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père, d’où il viendra avec gloire juger les vivants et les morts ; dont le règne n’aura pas de fin.

Nous croyons au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père, doit être adoré et glorifié avec le Père et le Fils, qui a parlé par les saints prophètes.

Et l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés. Nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Ainsi-soit-il."

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 A la Renaissance, l'Euroland est devenu le centre du monde humain par l'invention de la Modernité et de tout ce qui allait en découler : scientisme, technologisme, nationalisme, idéologisme, laïcisme, égalitarisme, démocratisme, financiarisme, colonialisme, ...

A l'époque de la naissance de la Modernité, le Russoland était quasi-intégré à l'Euroland ; l'Américanoland et le Latinoland n'existaient pas encore, mais allaient devenir des lieux immenses d'expansion de cette Modernité ; l'Afroland était encore très primitif et attendait la colonisation musulmane, d'abord, et européenne, ensuite ; l'Islamiland, d'arabe, devint ottoman (turc) ; l'Indoland (qui deviendra anglais) et le Sinoland (qui deviendra marxiste) vivaient en vases clos.

Mais très clairement, pendant un demi-millénaire, tous les "progrès" venaient d'une Europe portée par le messianisme idéologique de la Modernité déjà postchrétienne.

 Aujourd'hui, cette Modernité s'effondre et l'Europe n'est plus le centre du monde humain, ce qu'elle a bien difficile à concevoir, à digérer et à assumer.

L'Américanoland, le Russoland et le Sinoland vivent désormais sous la coupe d'un populisme dont le seul moteur est la surpuissance géopolitique, respectivement, soit financière (USA), soit militaire (Russie), soit industrielle (Chine).

Et l'Europe continue de s'enfoncer dans les  utopies modernistes relevant de messianismes idéologiques, qui sont aujourd'hui dépassés.

L'Euroland refuse de voir que la Modernité est morte et enterrée et qu'en s'obstinant dans ces utopies humanistes et égalitaristes, elle est à la merci des appétits de puissance de l'Américanoland, du Russoland et du Sinoland ... et des empires narco-mafieux que sont devenus le Latinoland et l'Afroland, sans parler de l'entrisme permanent de l'islamisme musulman.

 L'Euroland doit redevenir d'urgence, une puissance autonome de haut niveau, sinon elle se fera "bouffer" ! Pour cela, elle doit devenir élitiste et méritocratique, éthique et pragmatique, et autonome ... quitte à se serrer la ceinture et à abandonner l'hédonisme lénifiant où elle se vautre aujourd'hui.

Elle doit abandonner les utopies humanistes des 18ème et 19ème siècles. Elles furent son tremplin, elles sont devenues son boulet.

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