Lundi 06 avril 2026
La vie.
La vie est un miracle. La moindre cellule vivante est miraculeuse. Elle est une merveille.. C'est une merveille de complexité. Que dire alors d'un être vivant ? Fait de milliards de cellules. Que dire d'un être humain ? Composé de milliards de cellules qui portent un esprit qui pense et une âme qui cherche encore plus de Vie. Des milliards de cellules parfaitement coordonnées les unes avec les autres. Comme une cathédrale de pierres vivantes dont chacune est totalement vivante et dont chacune participe à l'harmonie et à la grandeur du tout,
Nous, les êtres vivants, nous ne sommes plus capables de nous représenter ce que la vie signifie. Nous ne sommes plus capables de percevoir le miracle que nous sommes. Nous ne sommes plus capables de nous voir nous-mêmes. Comme étant des incroyables citadelles de vie. La vie nous est devenue tellement habituelle que nous ne nous en extasions plus. Et c'est probablement une des choses qui nous affaiblit par rapport à la réalité du monde ... Nous ne percevons plus que nous sommes miraculeusement vivants.
Le Cantique des Cantiques, on le retrouve ce sens du miraculeux de la vie. Il en ressuscite l'essence. Il resplendit de cette extase, de cet ébahissement devant ce qui vit. Devant la moindre herbe, devant la moindre fleur; Devant le moindre petit arbre. Il y a là un miracle qui s'offre à nous tous les jours, tout le temps, et que nous ne voyons plus parce que nous oublions de regarder.
L'Amante chante ...
Le "Chant" chante le végétal des jardins et des bosquets, ses fleurs et fruits, ses senteurs et fragrances, ses couleurs et brillances ... Par là, l'Amante célèbre la Vie qui s'épanouit en une arborescence lumineuse et "luminivore" ...
Et parmi ces arborescences grandioses ou modestes : l'Arbre de Vie au milieu du somptueux Jardin d'Eden et l'Arbre de la Connaissance du Bon et du Mauvais, non loin de là ...
Et l'Amante chante ...
L'Arbre de Vie(s) ...
Le volume de la loi sacrée met un accent particulier sur la vie végétale, et notamment au travers de deux arbres. Deux arbres qui sont au milieu du jardin d'Éden.
L'arbre de la vie et l'arbre de la connaissance du bon et du mauvais. Ici, c'est l'arbre de la vie qu'il faut célébrer. Cet arbre qui est magnifique, central, exceptionnel. Cette arbre qui symbolise toutes les formes de vie qui parsèment notre univers.
Le symbole de l'arbre de vie a été largement développée par la Kabbale. On dit de lui que il a dix ingrédients. Ces dix ingrédients, ce sont les dix composantes de ce regard que l'on pose sur l'ensemble de l'univers et du cosmos.
Tout en haut, il y a la couronne, la couronne divine. La couronne qui resplendit et qui va puiser au-delà, au-delà de tout, au-delà du monde, au-delà du cosmos. Et cette couronne magnifie l'ensemble. Et cet ensemble est d'abord composé de l'Intelligence, Binah, et de la Sagesse, Hokhmah. L'intelligence est à sa droite, le côté rigoureux, le côté en ordre, le côté ordonné de l'univers. Alors que Hokhmah, la Sagesse est plus le côté. Elle est le côté doux, le côté Beauté. Ce sont les deux sens du mot grec Kosmos. Cosmos est à la fois l'Ordre intelligent et l'Harmonie sage, c'est à la fois l'intelligence pure et la sagesse parfaite.
Juste en dessous de ce niveau-là viennent deux autres vertus colossales. La première, c'est la Bonté ; la bonté, pas au sens gnan-gnan, un peu bébête que lui prête la sagesse populaire pour laquelle être bon, c'est être gentil, être affable, être gentil, être mou, en somme. Non, ici, on parle de la vraie Bonté, de cette vraie Bonté qui consiste à vivre bonnement, à vivre dans l'intérêt de l'accroissement du monde, de l'accomplissement du monde, de la beauté du monde.
Et en face d'elle, en face de cette Bonté se pose Guébourah. Et Guébourah, c'est la fécondité. Le monde doit évoluer, le monde doit être travaillé dans la mesure où il doit s'accomplir, il doit aller plus loin. Il doit aller plus fort et il doit construire de la complexité, il doit construire de la magnificence.
Au niveau en dessous, la sixième étape, c'est la Beauté : Tiphérèt. Avec cette Beauté, il ne s'agit pas de joliesse, il ne s'agit pas d'être plaisant, il ne s'agit pas d'exposer des atouts, d'exposer des falbalas, d'exposés des astuces ! Non, il s'agit de la beauté intrinsèque. La vraie beauté exceptionnelle de ce qui existe dans sa plénitude. La Beauté signifie non, pas la perfection, mais le chemin vers la perfection.
Sur le niveau inférieur, juste sous la beauté. Viennent deux des idées les plus fondamentales. L première est la victoire : Nétza'h. La victoire sur soi-même, la victoire sur tout ce qui peut être négatif en soi. La victoires sur le mauvais regard que l'on porte sur le monde, sur les autres, sur la vie. C'est cette victoire là qu'il faut célébrer et en face, de la Victoire, eh bien nous trouvons la Gloire. La Gloire, qui est aussi la reconnaissance de la splendeur de l'action sur le monde, de la splendeur de la vie, de la splendeur de tout ce qui existe. Et qui contribue à faire de ce monde un trésor perpétuel.
Sous la victoire et sous la splendeur vient un nœud important de l'arbre de vie. C'est celui du Fondement, Yéssod. Quel est le fondement de tout cela ? Pourquoi tout cela existe-t-il ? Pourquoi tout cela émerge-t-il ? De ce point fondamental et crucial qu'est le fondement ? Quel est le fondement de toute chose ? Et bien le fondement de toute chose, c'est ce besoin fondamental, cette intention fondamentale de s'accomplir, de s'accomplir en plénitude. Voilà le fondement de la vie, voilà le fondement de l'existence, voilà le fondement de ce qui fait notre quotidien.
Et notre merveilleux Arbre de Vie plante se profondément ses racines son racines dans quelque chose qui en hébreu s'appelle Malkhout, c'est-à-dire le Royaume. Ce terrain fertile dans lequel tout est possible et dont tout peut sortir sous la direction du roi qui est de l'autre côté, et ce roi, c'est le divin qui porte la couronne de tout en haut. Nous sommes là, issu de Malkhout, du royaume d'un Roi lointain, inaccessible. Dans le monde de l'apparence, le monde phénoménologique, le monde des phénomènes donc. On est là au tout début de notre exploration, à la racine de cet arbre de vie qui fait notre vie, qui fait notre progression dans la vie.
L'Arbre de la Connaissance ...
Et en face de l'arbre de vie, il y a l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Alors ne confondons pas. Il ne s'agit pas de faire de la morale et encore moins, comme disait Nietzsche, de la Moraline. Il s'agit de bien comprendre que dans la réalité de la vie qui se déploie dans l'arbre de Vie, il y a des essais, il y a des erreurs, il y a des réussites, il y a des échecs. Il y a des résultats magnifiques et des résultats désastreux, il y a des victoires et il y a des insuccès et cela, c'est la vie même. Il ne faut pas larmoyer, il ne faut pas regretter la vie car elle fonctionne par Essai-Erreur. La vie n'est pas une mécanique, la vie n'est pas quelque chose qui est très déterminé. La vie se déploie quand elle peut ou elle peut, comment elle peut. Et il est important de bien comprendre cela. Il est important de bien vivre la vie dans ce qu'elle est, c'est-à-dire dans cette expérimentation perpétuelle en vue de son accomplissement, en vue de sa plénitude, en vue de réaliser son intention qui est d'aller encore plus loin, d'aller toujours plus loin. Et cela, l'Amante l'a parfaitement bien compris. Que la vie n'est pas un fleuve tranquille, que la vie est un combat perpétuel, un combat de tous les jours, un combat magnifique, un combat qui peut faire souffrir, c'est vrai; Mais aussi un combat qui peut offrir les plus merveilleuses joies que l'on puisse ressentir.
Célébration de la Vie ...
Le cantique des cantiques célèbre la vie, mais la vie telle qu'elle est, non pas une vie rêvée ou édulcorée, la vie réelle, celle qui se bat pour vivre, celle qui se bat pour être. Ce qu'il y a de plus merveilleux, mais aussi de plus fragile dans ce monde. Le Cantique chante la vie. Le Cantique est évidemment au service de la vie. Il veut dire l'indicible, il veut magnifier. Il parle des arbres, il parle des fleurs, il parle de la végétation et il parle de la vie végétale et cette vie végétale l'éblouis ; elle lui montre les couleurs, les fruits, les éblouissements, les odeurs qui font que le monde est ce qu'il est, c'est à dire merveilleux. Bien sûr, il n'est pas parfait. Mais ces imperfections qu'il ne faut pas nier, sont des imperfections qui soulignent ce qui a déjà été fait, qui souligne ce qui a déjà été construit.
Et voilà peut être ce qu'il y a de plus merveilleux dans le Cantique des Cantiques. C'est cette rage de se réancrer dans la réalité du monde vivant, de cet encrage dans le concret. Parce que beaucoup de textes sacrés s'envolent. Et partent dans des concepts, partent dans le céleste et oublie complètement le terrestre. Le Cantique des Cantiques lui revient sur terre. Il revient là où la boue, là où la graine germe, là où la beauté commence à germer et à s'épanouir. Ce retour est essentiel. Et je pense qu'il n'est pas possible de vivre un amour aussi fou que celui de l'Amante et de l'Aimé. Un amour qui, à ce niveau, puisse d'épanouir sans être pénétré d'une extase. Il est alimenté pour et par la Vie avec un grand V. Une extase où ce qui vit, devient. par essence, une merveille. C'est là. C'est juste devant toi, ouvre les yeux, regarde : cette fleur s'épanouit. Ce brin d'herbe pousse. Cet arbre fleurit. Ce fruit est en train de mûrir.
Voilà la merveille, voilà le cœur du cœur, et si tu ne comprends pas ça, comment veux-tu aimer ce que tu aimes ? Comment veux-tu les aimer réellement ?