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Lundi 11 mai 2026

Kakistocratie : le pouvoir des pires...

Isabelle Barth, professeur de management, décrypte ce phénomène qui conduit administration, entreprises et diverses instances à promouvoir les plus médiocres.

Les organisations politiques accordent une prime à la loyauté aveugle et à l'allégeance qui confortent des systèmes au fonctionnement classique.

On ne recherche pas l'efficacité et la performance, mieux la compétence est souvent perçue comme une menace. Les conséquences sont désastreuses : fuite des talents, erreurs stratégiques, image très dégradée...

Si le diagnostic est facile à faire, le traitement est plus que complexe et dans certaines structures, insoluble.

Développer des petites structures plus souples, laisser une place plus grande aux initiatives... Comme les équipes autonomes sont des pistes à suivre. 

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 Circoncision : Rabbins en Israël et en Europe condamnent le jugement d’un tribunal belge

Le ministre belge des Affaires étrangères propose de se rendre en Israël pour discuter de l’arrestation des trois mohalim ; "Les Juifs doivent se préparer à quitter la Belgique suite aux poursuites engagées contre les mohalim," a écrit Menachem Margolin

Par Times of Israel Staff 7 mai 2026, 12:38

 Le Grand Rabbin ashkénaze Kalman Ber dans son bureau, à Jérusalem le 22 juillet 2025. (Crédit : Rossella Tercatin/Times of Israel)

Les représentants de la communauté juive ont affirmé mercredi que les perquisitions menées l’an dernier contre les trois mohalim (hommes juifs exécutant la circoncision) s’inscrivaient dans le cadre d’une vaste campagne d’intimidation visant les personnalités religieuses juives en Belgique.

Le Grand Rabbin ashkénaze d’Israël, Kalman Ber, président du Conseil du Grand Rabbinat, a également critiqué les autorités belges pour cette décision, se disant « choqué » par cette nouvelle.

« Il est profondément regrettable que ce pays rejoigne la liste peu flatteuse de ceux qui brandissent l’étendard d’une guerre contre le judaïsme, ce qui est globalement défini comme de l’antisémitisme », a écrit Ber dans une lettre ouverte relayée par un porte-parole du Grand Rabbinat.

Ber a appelé les autorités belges à reconsidérer cette décision.

Le porte-parole du Grand Rabbinat a déclaré au Times of Israel qu’une copie de la lettre serait envoyée à l’ambassade de Belgique en Israël.

« Les Juifs doivent se préparer à quitter la Belgique suite aux poursuites engagées contre les mohalim »

Le président de l’Association juive européenne (EJA), le rabbin Menachem Margolin, a pour sa part déclaré dans un communiqué :

« Une nouvelle ligne rouge a été franchie. Ces poursuites sont de nature antisémite. Pas à la limite, pas ambiguës, mais antisémites. Il s’agit d’une tentative évidente d’abuser de dispositions constitutionnelles non pertinentes afin d’interdire de fait la circoncision, d’une manière qui rappelle les mesures prises en Europe contre les pratiques juives avant la Seconde Guerre mondiale. Pas similaire. Pas comparable. Identique dans sa logique de restriction.

Le même parquet qui, trop souvent, classe sans suite les affaires d’antisémitisme choisit aujourd’hui d’agir contre la vie juive elle-même. Cela franchit une ligne rouge.

Aujourd’hui, nous savons exactement à quoi nous sommes confrontés.

Toutes les ‘belles paroles’ des politiciens sur l’importance de la vie juive en Europe ne signifient rien s’ils n’agissent pas immédiatement pour mettre fin à cette injustice.

Des décennies de recherche médicale ont démontré que la circoncision n’est pas nocive pour les bébés garçons. Au contraire, elle présente des avantages médicaux, ce qui explique pourquoi tant de personnes choisissent de faire circoncire leurs enfants pour des raisons autres que religieuses. Attaquer la circoncision de cette manière – uniquement lorsqu’elle concerne des bébés juifs – constitue une attaque contre la vie juive en Europe.

La liberté de religion est un droit fondamental en Belgique, et cette décision est en contradiction directe avec celui-ci.

Le message est clair : les Juifs ne sont plus les bienvenus en Belgique. Et les Juifs belges sont désormais des citoyens de seconde zone dont les droits sont limités. Nous organiserons une conférence sur ce sujet, y compris sur l’émigration hors du pays.

Que l’on en soit arrivé là marque un moment profondément honteux pour la Belgique. »

Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar prenant la parole lors d’une réunion de la sous-commission de la Politique étrangère et de la Diplomatie publique, au ministère des Affaires étrangères, à Jérusalem, le 23 mars 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Après que le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a accusé mercredi la Belgique d’utiliser le droit pénal « pour poursuivre des Juifs pour avoir pratiqué le judaïsme » en engageant des poursuites contre trois mohalim, le chef de la diplomatie belge a déclaré que cette accusation était diffamatoire et qu’il serait heureux de se rendre en Israël pour discuter de la question.

« Assez de ces caricatures », a écrit le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prevot, sur le réseau social X.

« En Belgique, le pouvoir judiciaire est indépendant et rend ses décisions – que l’on soit d’accord avec elles ou non – sans aucune influence politique », a-t-il poursuivi.

« Je rappelle que la procédure en question a été engagée par des représentants de la communauté juive eux-mêmes. Présenter cela comme une volonté de la part d’un pays de porter atteinte à la liberté religieuse des Juifs est diffamatoire. Cette liberté n’a jamais été remise en cause et ne le sera jamais dans notre pays. Notre Constitution la protège. »

« Puisque vous-même avez récemment déconseillé d’engager des actions diplomatiques sur Twitter, je suggère que nous discutions de toutes ces questions lors d’une rencontre en Israël, à la date qui vous conviendra le mieux, afin de mettre fin à toute interprétation erronée », a proposé Prevot.

Les trois mohalim ont été arrêtés l’été dernier lors d’une descente de police.

Saar a répondu que les observations de Prevot « passaient complètement à côté de l’essentiel ».

« Une telle enquête n’aurait jamais dû avoir lieu si la question de la Brit Mila avait été réglementée comme dans d’autres pays européens qui respectent la liberté religieuse juive », a-t-il écrit sur X.

« Surtout dans un pays qui abrite l’une des plus anciennes communautés juives d’Europe. »

« Si la Belgique avait eu un plan stratégique pour lutter contre l’antisémitisme et promouvoir la vie juive, vous l’auriez peut-être su. Hélas, ce n’est pas le cas », a-t-il conclu. 

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 L'antisionisme, dérivé de l'antisémitisme, lui-même dérivé de l'antijudaïsme oppose le droit absolu de poser des questions face à ceux qui veulent imposer des réponses fermées comme le firent les Romains puis les Chrétiens au début du premier millénaire.

Le judaïsme cultive l'art de poser des questions comme en témoigne toute la tradition talmudique. Cela s'appelle le droit imprescriptible au "libre examen". C'est-à-dire le refus obstiné de toute forme d'idéologie dogmatique (expression pléonastique).

Le judaïsme est l'art du questionnement perpétuel et du dépassement essentiel et fondamental de toute réponse toute faite.

La vérité divine est définitivement hors de portée de la pensés humaine.

La réalité du Réel reste et restera un énigme que l'on peut approcher sans jamais l'atteindre. 

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 Selon Wikipédia ...

 Libre examen

 Le libre examen est un principe qui prône le rejet de l'argument d'autorité en matière de savoir et la liberté de jugement, cette expression est le calque français de liberum examen qui fut par exemple la devise de l'université de Leyde : ad liberum examen. Cette notion est en particulier présente en Belgique.

Dans le mouvement humaniste le « liberum examen » est une expression qui se trouve déjà dans les écrits d'Ange Politien : « libero examine, libera veritate fronte rem gessimus ».

 Dans le protestantisme

 Le « liberum examen » fut par la suite principalement revendiqué par la pensée protestante et surtout par les Rémonstrants qui admettaient le libre examen en cas de doute, du moment qu'il ne s'opposait pas à l'ensemble de cette confession religieuse.

 D'ailleurs, encore au XIXe siècle, les apologètes catholiques reprochaient au protestantisme cette notion de libre examen comme une de leurs vanités qui faisait que, dans l'interprétation des Écritures, ils n'écoutaient qu'eux-mêmes.

 Dans les anciennes universités

 Le libre examen fut dès l'origine la base de l'enseignement et de la recherche dans la vieille Europe.

 Certaines universités comme l'ancienne université de Louvain proposaient comme concours d'entrée le libre examen (« liberum examen ») d'une question donnée départageant les candidats selon leur intelligence et leur savoir.

 Dès ses origines, l'université de Leyde s'est glorifiée du principe du libre examen, basée sur le message de Jésus qui demandait de juger non pas d'après le visage, mais d'après la vérité : « Vers le libre examen ! Nous glorifiant de cette devise qui nous est propre, nous réclamant du droit à la critique, nous avançons vers la libre recherche et la libre investigation ».

Le libre examen selon l'université libre de Bruxelles

 Cette notion donnée au libre examen dépassant le cadre traditionnel de la recherche scientifique se transforme ici en une conduite sociale se voulant combattante, impliquant même la destruction des idées d'autrui : « La tolérance n'est ni l'hésitation, ni la transaction sur les principes, ni la pusillanimité, ou l'équivoque dans leur expression, car à ce compte, elle consisterait à n'en point avoir ou à ne pas oser les dire… Elle n'impose pas à proprement parler le respect des opinions d'autrui : comment respecter ce qui est jugé faux, ce que l'on condamne, ce que l'on s'efforce de détruire ? Elle est le respect de la personne et de la liberté d'autrui. Elle consiste à affirmer ce que l'on tient pour vérité, en même temps que l'on reconnaît, à d'autres, le droit d'affirmer leurs erreurs, en même temps qu'en les combattant, on se refuse à recourir pour les vaincre à l'injure, à la violence, ou à la proscription. ».

 Historique

 L’histoire du principe du libre examen à l’université libre de Bruxelles entre 1834 et 1970 a été déterminée par des considérations religieuses, philosophiques, administratives et politiques. Elle a connu, entre 1834 et 1914, la fondation de l’université catholique de Louvain et la mobilisation de la franc-maçonnerie afin d’ériger un « contrepoids » universitaire, l’affaire Dwelshauvers (1890) et son différend méthodologique en psychologie, l’incident Reclus (1894) et l’ajournement du cours du géographe français et la mise en cause de l’administration de l’université à cette occasion, ainsi que le rôle de la franc-maçonnerie dans l’adoption officielle du principe du libre examen par l’université en 1894. La formulation officielle de l’article premier des statuts organiques de l’université libre de Bruxelles (10 juillet 1894) stipulait alors que : « L’enseignement de l’université a pour base le libre examen ».

 Quant à l’article second, il stipulait que : « L’université fonde son organisation sur la démocratie interne, l’indépendance et l’autonomie. La démocratie interne postule la garantie de l’exercice des libertés fondamentales à l’intérieur de l’université et la vocation des corps constitutifs de la communauté universitaire de participer, avec pouvoir délibératif, à la gestion de l’université et au contrôle de cette gestion. ».

 Ainsi, de nos jours, le libre examen à l’ULB postule donc officiellement, en toute matière, le « rejet de l’argument d’autorité et l’indépendance de jugement ». Et comme le souligna dès 1955 l’historien Jean Stengers (1922-2002) à propos des différentes tentatives de définir le libre examen, « nulle autorité académique n'a jamais essayé d'empêcher que le problème […] ne soit abordé en pleine lumière. Pareille attitude serait proprement impensable. L'université a inscrit à l’article premier de ses statuts que son enseignement « a pour principe le libre examen ». Il est clair – et elle s'en est toujours parfaitement rendu compte - qu'elle se renierait elle-même en n’autorisant pas ceux qui se réclament d'elle à examiner librement en premier lieu ce qu'est ce principe même. »[ 

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 L'antimaçonnisme comme l'antisémitisme  n'ont qu'une seule et même origine : le refus du dogme et de l'idéologie, et l'exigence, en tout, du "libre-examinisme".

 

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