Mardi 06 janvier 2026
Pour que le Réel ne devienne pas Néant, il faut qu'il garde quelque chose (Conservativité) et qu'il fasse quelque chose (Intentionnalité).
S'il ne garde rien, il est spatialement néantisé.
S'il ne fait rien, il est temporellement néantisé.
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D'Albert Camus :
"Chaque génération se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse."
C'est à nouveau le cas aujourd'hui ... mais en bien pire encore !
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De Claude Malhuret :
"La démocratie est une promesse toujours inachevée. Au fur et à mesure que progressent les libertés, le bien-être et les conquêtes sociales, les inégalités qui subsistent, même minimes, deviennent insupportables. Si chacun est libre de s'accomplir, chacun peut se comparer, et donc être frustré. C'est donc une société qui produit de la déception et la fatigue d'être en permanence responsable de son destin. S'y ajoute désormais la formidable accélération des réseaux que j'appelle "asociaux". Alors que les sociétés humaines ont toujours eu un besoin vital de valeurs communes, et la démocratie encore plus car elle promeut l'individualisme, les créateurs de ces réseaux ont très vite compris que ce qui créait le buzz, donc le plus d'abonnés, dans le plus de pub, donc le plus de profit, était le contraire des idéaux démocratiques : l'émotion contre la raison, l'injure au lieu de la courtoisie, la menace au lieu du respect."
Cette analyse est boiteuse.
Elle prétend, par exemple, que le démocratisme repose sur l'égalitarisme et engendre l'individualisme, ce qui est une contradiction flagrante dans les termes mêmes : l'individualisme est le culte de la différence et l'égalitarisme est le culte de l'uniformité.
Elle prétend aussi que le démocratisme impose la responsabilité individuelle et la prise en charge, par chacun de son propre destin, mais elle prétend en même temps que beaucoup sont incapables (ou "fatigués") de le faire ; mais les faits, eux, démontrent que le démocratisme et le solidarisme qui s'y cache, induisent un parasitisme généralisé et le refus de la responsabilité de soi (ce qui est pourtant la thèse centrale du libéralisme qui, effectivement est incompatible avec cet égalitarisme, colonne vertébrale du socialisme et des gauchismes en général).
Quant à l'analyse des "réseaux asociaux" (j'aime beaucoup l'expression), elle est également caduque ; en fait, ces réseaux ne prospèrent que sur le terrain des médiocrités qui résultent du nivellement par le bas dû à l'égalitarisme et au démocratisme.
Mais cette analyse repose sur un constat bien réel : quel que soit la situation socio-politico-culturelle du moment, il y a et aura toujours des "petits malins" pour en tirer profit pour leur poche (ce qui prouve l'inanité de l'égalitarisme puisque tout le monde n'est pas "petit malin" !).
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La mondialisation est morte et, avec elle, l'ONU et le Droit International.
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Il y a, aujourd'hui, aujourd'hui, huit continents autonomes (mais interdépendants) dont 36 possibilités de tensions graves entre eux (deux à deux). Or, chaque tension grave, pour être dissipée, dispose de six scénarios possibles.
Donc, en tout, 216 scénarios à envisager ...
Bienvenue dans le monde tensionnel qui se met en place dès aujourd'hui !