Mercredi 15 avril 2026
Genèse 1;1-10
Le mot hébreu Elohim est systématiquement traduit (dans la tradition monothéiste réinventée par le pharisaïsme rabbinique et reprise par le christianisme et l'islamisme, alors que le judaïsme originel lévitique est un monisme panenthéistique) par "Dieu", ce qui est une aberration sémantique.
D'abord, le mot Elohim est un pluriel ; un masculin pluriel.
Au premier niveau, il est le pluriel de Elohéh (ELH) qui désigne la "déité" (tant masculine que féminine).
Au second niveau, Elohéh dérive de El (EL) qui indique un "dieu" généralement quelconque, mais qui est aussi une proposition très riche qui signifie "vers" ou "pour", indiquant une "destination", un "sens", une "intention".
Au troisième niveau, Elohim dérive du Alah (ELH) qui signifie "serment".
Mais qu'est-ce qu'un "serment" sinon une "intention" que l'on rend publique et solennelle ?
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"Dans un commencement, Il engendra des Intentions avec le Ciel et avec la Terre". (Gen.:1;1)
La préposition "avec" ne signifie nullement "pour", mais bien "en concertation avec".
Il existait donc trois piliers préexistant au commencement : "Il" qui est l'Un absolu, cette Unité essentielle dont tout procède, la "Terre" (l'Eau universelle informe mais consistante et bien réelle) qui est sa "Réalité" effective (sa Conservativité existentielle) et le "Ciel" qui est son "Intentionnalité" (sa Potentialité évolutionnelle).
Il ne s'agit nullement d'une Trinité au sens chrétien, mais d'une Unité ternaire ou triadique, d'une Unité habitée par une Âme bipolaire, sans dualité.
Ensuite, "Il" mit "le feu aux poudre" : la Lumière ... l'énergie évolutive qui met tout en branle et rend la Terre (la Réalité existentielle) chaotique et chamboulée.
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L'humain ne connaîtra jamais "qui" est ce "Il" initial et unitaire (qui est le sujet unique de tout le premier chapitre du livre de la Genèse).
Il en connaîtra la bipolarité intérieure sous la forme d'une dialectique infatigable entre la Réalité de la "Terre" et l'intentionnalité du "Ciel" ; il en connaîtra l'Energie évolutionnelle sous le nom de "Lumière".
Plus tard, par l'initiation, il en connaîtra aussi sa manifestation à son niveau humain sous le nom mystérieux de YHWH ("Il sera devenant") qui exprime le concept humanisé de la dialectique évolutive entre la Conservativité de la "Terre" et l'Intentionnalité du "Ciel".
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La Lumière enclenche le Chaos dans cette Réalité conservative qu'est la Terre-Eau initiale. Elle sépare les Eaux-d'en-haut (qui restent mystérieuses, mais pourraient symboliser les possibilités d'expansion de l'univers) des Eaux-d'en-bas ; puis, elle sépare, ces Eaux-d'en-bas en Terre pesante et en Eau impalpable ; elle invente la Substance néguentropique et la Substance entropique.
Entre ces Eaux d'en haut et celles d'en bas, le Ciel intentionnel engendre le Jour (symbolisé par le Soleil) et la Nuit (symbolisé par la Lune et les Etoiles) et invente ainsi le Temps.
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L'espace et le temps ne sont pas des réalités physiques. Comme l'exprime très bien la langue française, ils forment un référentiels ,c c’est-à-dire un système de représentation permettant de distinguer des éléments ou événements jugés distincts.
L'espace et le temps sont donc relatif à la catégories des phénomènes que l'on étudie et du point de vue duquel on les étudie.
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La relativité galiléenne (les phénomènes ne dépendent pas de la vitesse de leur contenant si celle-ci est uniforme donc s'il n'y a pas d'accélération) indique la cohérence et l'unité du Réel. La vitesse de ce contenant n'est qu'un concept purement humain qui ne concerne pas les phénomènes.
La relativité restreinte d'Einstein complète le tableau en montrant que, pour les ondes électromagnétiques, leur vitesse est une constante absolue, quels que soient les mouvements de l'observateur ... comme si les transformations spatiales compensaient les transformations temporelles pour faire de la vitesse de la lumière une absolu universel. Lévy-Leblond a bien montré que cette "vitesse de la lumière" n'a rien d'un phénomène réel, mais n'est qu'un pur effet de la mathématisation humaine dans la formulation des observations.
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De Patrick Chamoiseau :
"La ville de jour n'aime pas la ville de nuit."
Ainsi des humains ...