Samedi 08 août 2026
Du "Dictionnaire de la pensée politique" sur l'Etat :
"L'Etat implique une lutte non seulement pour substituer l'ordre à l'anarchie mais pour promouvoir un ordre vrai, authentique et juste au lieu d'un ordre faux, flou et despotique."
C'est quoi "l'ordre vrai, authentique et juste" ? Une fiction mécaniciste idéologique. L'ordre, au sein d'un processus complexe, est une résultante, mais pas une finalité, ni un décret.
L'ordre d'un processus complexe est une émergence évolutive qui traduit des structures interactionnelles entre certains acteurs, dans certains domaines. L'Etat ne doit avoir à y voir sinon l'acter et, le cas échéant, dénoncer sa nocivité ou ses risques de nocivité. L'Etat doit être un scrutateur préventif de la société et non le moteur de son évolution ; il n'est pas là pour dire "tu dois", mais pour dire "fais attention à".
Et encore ceci :
"La société n'est plus l'union fondamentale entre les êtres humains établie par l'Etat, mais un réseau d'interactions et d'échanges, formé pas des individus qui mette nt en œuvre leur droit de rechercher à satisfaire leurs besoins particuliers, chacun à sa manière."
L'Etat n'est plus le sommet de la hiérarchie sociale qui n'existe plus ou pas ; il n'est que l'image partielle et partiale de la partie émergée et visible du processus social interactionnel qui, lui seul, est la réalité d'une collectivité humaine.
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Ce que les humains appellent le "pouvoir" de certains ou de chacun, n'est que l'expression de l'orgueil humain. La vérité est que les humains n'ont presqu'aucun pouvoir réel sur l'évolution processuelle du monde tant intérieur à soi, qu'extérieur au soi.
La vague résulte de l'océan, ... et non l'inverse.
Cela ne signifie nullement que chacun n'a pas le devoir de contribuer, selon ses moyens propres, à l'accomplissement du monde. Cette contribution, si elle est positive, constructive et créative, est toujours souhaitable et source de joie, mais jamais déterminante.
Ce que l'humain rate ou ne fait pas, sera réalisé par d'autres émergences, ailleurs, à un autre moment ... mais ces ratés sont autant de blessures ou de douleurs inutiles qu'il serait préférable d'éviter.
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Après Bergson, Teilhard de Chardin est un de ceux qui ont ressuscité la notion d'Intentionnalité (malheureusement sous la forme de "Finalité") dans le monde scientifique. Pour lui, la finalité de tout ce qui existe (l'Âme du Réel) est la "Conscience" (le "point Oméga").
Encore faudrait-il définir clairement ce que ce concept signifie ...
Pour Teilhard, cette "Conscience", est similaire à la Pensée ou à l'Esprit qui vient de la Vie qui, elle-même, vient de la Matière (la Noosphère émane de la Biosphère qui a émergé de la Lithosphère).
Mais l'Esprit pour quoi faire ? La Pensée au service de quoi ?
Pour Teilhard, l'Esprit est au service de l'Amour et de l'Unité ...
Mais l'Unité du Réel est originelle et intemporelle ... Quant à l'Amour, c'est un concept purement humain ...
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A l'origine de tout, intemporellement, il y a le Réel-Un-Divin qui est bipolaire avec un Corps (le Substantialité) et une Âme (l'Intentionnalité).
Pour se donner une cohérence, ce Corps exige, de l'Âme, un Esprit (la Logicité). Et, pour se donner des ressources, cette Âme exige, du Corps, un Cœur (l'Activité).
Des interactions entre ces quatre piliers (les deux piliers originels et les deux piliers subséquents) de la bipolarité originelle, nait le processus d'évolution du Réel-Un-Divin (la Constructivité) afin de mener à bien son propre Accomplissement vers sa propre Plénitude.
Cette vision cosmosophique est valable pour n'importe quel processus (pour n'importe quelle vague ou vaguelette à la surface de l'océan du Un) et offre une méthodologie universelle pour l'étude des processus complexes (avec l'aide du modèle hexagrammique de dissipation des tensions bipolaires).