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Vendredi 15 mai 2026

Rapport FED sur le problème des stratégies énergétiques ...

 "À force de suivre aveuglément le dogme allemand de sortie du nucléaire, et son remplacement par des éoliennes et des panneaux solaires, l’Europe s’est enfermée dans une impasse énergétique ruineuse, instable et destructrice. Pendant que certains pays font marche arrière, la France persiste — au prix de son économie, de sa souveraineté et de son avenir.

 L’histoire jugera sévèrement ces deux dernières décennies. Rarement une erreur stratégique aura été aussi longue, aussi coûteuse et aussi obstinément poursuivie. Sous l’influence de l’idéologie allemande issue de l’Energiewende, relayée par les partis socialistes et les Verts, l’Europe a méthodiquement saboté l’un de ses plus grands atouts : une électricité nucléaire pilotable, abondante et décarbonée.

 À la place, elle a choisi l’intermittence. Elle a choisi la dépendance. Elle a choisi le renoncement.

 Car il faut appeler les choses par leur nom :

Substituer des éoliennes et des panneaux solaires dépendants du vent et du soleil à une production stable n'est pas une transition énergétique, c’est une régression industrielle. Un système électrique ne se pilote pas avec des aléas météorologiques.

 Le résultat est désormais sous nos yeux : explosion des coûts, fragilisation des réseaux, dépendance accrue aux importations fossiles — notamment du gaz, et même du charbon pour l’Allemagne — et désindustrialisation accélérée. L’Europe a perdu plus de vingt ans dans une fuite en avant technocratique dont elle commence à peine à mesurer les conséquences.

 Et voici que le réel revient frapper à la porte.

 La Belgique, longtemps engagée dans la sortie du nucléaire, vient d’opérer un spectaculaire revirement à 180°:

Le gouvernement dirigé par Bart De Wever a décidé non seulement de suspendre immédiatement le démantèlement des réacteurs, mais aussi d’envisager la reprise complète du parc nucléaire exploité par Engie. Les centrales nucléaires de Doel et de Tihange redeviennent ainsi des actifs stratégiques. (1)

 Ce retournement n’est pas idéologique. Il est pragmatique. Il repose sur une évidence : aucune économie moderne ne peut fonctionner durablement avec une énergie intermittente comme socle.

 Mais il y a plus grave encore — et largement passé sous silence.

 Cette fuite vers les énergies intermittentes impose un bouleversement colossal du réseau électrique lui-même. Pour compenser une production dispersée, instable et imprévisible, il faut reconstruire un maillage gigantesque de lignes, de postes et d’infrastructures.

 RTE vient d’en donner une illustration saisissante : 85 000 pylônes à remplacer d’ici 2040, pour un coût de 24 milliards d’euros. Et ce n’est qu’un début. Le plan global de transformation du réseau approche les 100 milliards d’euros. (2)

Pour tenter d’adapter un système électrique conçu pour une production pilotable à une production chaotique.

 Autrement dit : on paie deux fois. Une première fois pour financer l’intermittence. Une seconde fois pour tenter d’en corriger les effets.

  

Pendant que nos voisins rectifient leurs erreurs, que fait la France ? Elle persiste.

 La Programmation pluriannuelle de l’énergie — la PPE 3 — en est le symbole le plus inquiétant. Combattue par la Fédération Environnement Durable et de nombreuses associations, elle organise méthodiquement la marginalisation du nucléaire au profit d’un modèle instable et ruineux. Elle entérine une vision où la France, deviendrait dépendante et vulnérable.

 C’est une faute historique.

 Car la France n’avait pas seulement une avance. Elle avait un modèle. Un système électrique parmi les plus performants au monde, capable de produire massivement une électricité décarbonée, pilotable et compétitive. En l’abandonnant, elle ne se contente pas de se tirer une balle dans le pied : elle compromet durablement sa souveraineté énergétique et sa compétitivité économique.

 Et pour quoi ?

Pour suivre une stratégie allemande qui, elle-même, croule sous le poids de ses contradictions.

 L’heure n’est plus aux demi-mesures, au “ni oui ni non”, au “quoi qu’il en coûte”, ni à la politique de l’autruche. L’heure n’est plus aux ajustements technocratiques.

 Persister dans cette impasse n’est plus une politique, mais relève désormais de l’absurde. Sans sursaut immédiat et suspension de la PPE3  la France choisit elle-même son déclin."

 Rien à redire ! Rien à ajouter !

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