Vendredi 16 octobre 2026
De Fondapol en présentation de l'étude d'Hélène Callas intitulée : Conjugalité, sexualité, natalité. La triple récession du couple parental" :
"En 2025, la France a enregistré environ 645.000 naissances, le niveau le plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale, et la fécondité est tombée à 1,56 enfant par femme. Pourtant, le désir d’enfant n’a pas disparu : 70% des jeunes Français sans enfant déclarent encore vouloir en avoir. La dénatalité résulte donc aussi d’un écart croissant entre les aspirations et leur réalisation.
Les explications matérielles – logement, précarité, modes de garde, coût de l’enfant – sont importantes mais insuffisantes. Cette étude propose de remonter en amont et met en évidence une triple récession du couple parental : désir d’enfant fragilisé, difficulté croissante à former un couple durable et recul de l’activité sexuelle, notamment chez les jeunes. La dénatalité apparaît ainsi comme le symptôme d’une crise plus générale de la rencontre, du couple et de la projection dans le temps long.
L’affaiblissement des lieux traditionnels de sociabilité, la généralisation des applications de rencontre, l’individualisation des trajectoires, l’inflation des attentes à l’égard du partenaire et la polarisation croissante entre hommes et femmes compliquent la formation de couples stables.
À cela s’ajoute une culture de l’immédiateté et de la réversibilité qui favorise le report de l’engagement. Or le temps social s’allonge tandis que le temps biologique demeure : certains projets d’enfant sans cesse différés finissent ainsi par devenir impossibles.
Une politique de natalité ne peut donc se limiter aux aides financières. Elle doit aussi recréer les conditions du lien : favoriser les rencontres réelles, mieux réguler les applications, informer sur la fertilité féminine et masculine, compléter l’éducation au consentement par une éducation au désir et à la relation, lever les obstacles matériels à la parentalité et réhabiliter le couple durable et la transmission.
La question n’est finalement pas seulement de savoir comment relancer la natalité, mais comment rendre à nouveau possibles et désirables la rencontre, l’engagement et la transmission."
Il faut distinguer deux choses : l'évolution de la notion de "couple" et le problème de la dénatalisation (indispensable face aux pénuries : frugalité démographique).
Mais il est probable que ces deux évolutions soient assez corrélées ...