Vendredi 17 avril 2026
La souffrance selon la philosophie et la théologie juives.
Pour des religions comme le christianisme ou l'islamisme, la souffrance humaine est une punition ou une épreuve divine, voire, parfois, un tourment satanique.
Rien de tel dans le judaïsme.
Ici, toute souffrance, qu'elle soit personnelle ou collective, est une conséquence quasi mécanique des erreurs ou des méchancetés humaines.
En hébreu, la "souffrance" comme la "douleur" est rendue par le mot SBL qui signifie : "fardeau, charge, supporter, endurer, souffrir ou porter une charge".
La souffrance n'est pas infligée par le Divin ; elle n'est que la conséquences des maladresses, des faiblesses, des erreurs, de la bêtise ou de la méchanceté humaines. Cela ne signifie nullement que toute souffrance est méritée ; cela signifie, en revanche, qu'elle n'a rien de sacral.
Plusieurs cas de figure se proposent :
· je scie une branche maladroitement et je m'entaille la main ... (souffrance personnelle de ma responsabilité) ;
· mon voisin taille son arbre et une branche coupée me tombe sur la tête ... (souffrance personnelle hors de ma responsabilité) ;
· je conduis ma grosse voiture comme un fou et provoque plusieurs blessés en percutant un autobus ... (souffrance collective de ma responsabilité) ;
· mon immeuble prend feu et, comme beaucoup de mes voisins, j'en sors avec des brûlures ... (souffrance collective hors de ma responsabilité) ;
Mais la souffrance peut prendre des allures collectives bien plus terribles lorsqu'elle naît des persécutions chrétiennes, musulmanes (Hamas, Hezbollah, Iran), socialo-communistes ou, comble des combles, avec la Shoah nazie.
Tout cela est terrible et nauséabond, mais n'a rien à voir avec une quelconque malédiction ou punition divines. Ce sont les humains qui sont les seuls responsables des souffrances de ce monde.
*
Je voudrais, ci-dessous, reproduire intégralement un texte de David Bensoussan qui me semble un excellent résumé de la culture juive ...
Les bases éthiques du judaïsme
À plusieurs reprises, l’auteur a été invité à présenter le judaïsme dans différents contextes de dialogue et de réflexion. Les pages qui suivent n’ont pas la prétention d’en offrir une présentation exhaustive, mais plutôt d’en dégager quelques repères essentiels afin d’éclairer les fondements éthiques de la vision juive du monde.
Pour comprendre cette vision, il faut d’abord saisir la manière dont le judaïsme conçoit la nature humaine : ses besoins, ses aspirations et sa responsabilité morale. À partir de cette compréhension s’est développée une tradition millénaire qui accompagne l’être humain dans sa quête de sens.
Le judaïsme ne se présente pas comme une idéologie figée, mais comme un dialogue qui traverse les siècles : dialogue entre l’homme et le monde, entre l’homme et le texte, entre l’homme et Dieu. Au cœur de cette tradition se trouve une conviction fondamentale : l’existence humaine n’est jamais dépourvue de sens et chaque geste peut devenir un acte de conscience.
Tout individu possède des besoins physiques, intellectuels, émotionnels et spirituels. La vie spirituelle n’est pas dissociée de la condition humaine ; elle en constitue une dimension intrinsèque. La foi peut canaliser la part de bien présente en chacun afin de favoriser à la fois le perfectionnement personnel et l’amélioration du monde environnant.
Dans le judaïsme, Dieu n’est pas un problème théorique à résoudre. Son nom même est indicible. Il se vit dans l’expérience quotidienne. La tradition enseigne que « l’âme humaine est une étincelle divine » (Proverbes 20-27), ce qui place les relations entre les êtres humains au même niveau d’importance que la relation avec Dieu. Le respect de la vie humaine devient ainsi une valeur suprême : « Tu choisiras la vie » (Deutéronome 30-19).
La piété sans justice ne saurait suffire, pas plus que la connaissance sans l’action. La tradition rabbinique rappelle que « ce n’est pas l’étude qui est l’essentiel, mais l’action ». L’engagement personnel — notamment dans le perfectionnement moral — et l’engagement social — par exemple à travers la charité — constituent des exigences fondamentales.
Le judaïsme invite également à se préoccuper du bien commun. Le prophète Jérémie formule cette responsabilité en ces termes : « Œuvrez à la prospérité de la ville où je vous ai relégués et implorez Dieu en sa faveur, car sa prospérité est le gage de votre prospérité » (Jérémie 29-7).
Les thèmes suivants permettent d’esquisser les grandes lignes de l’éthique et de la vie juives.
Le récit des origines : le Jardin d’Éden
Le récit du Jardin d’Éden n’est pas seulement un mythe fondateur. Il pose les bases de la liberté humaine et de la responsabilité morale. Il décrit le moment où l’humanité entre véritablement dans l’histoire éthique.
Le jardin représente un état d’harmonie originelle, mais aussi la tension entre innocence et responsabilité. Le fruit défendu symbolise la possibilité du choix — et donc la capacité de transgresser. L’épisode d’Adam et Ève ne doit pas être compris comme une chute irréversible, mais plutôt comme une maturation : l’humanité quitte l’enfance pour entrer dans un monde où la liberté a un prix et où chaque décision implique une responsabilité.
Ce passage marque également la transition entre une humanité vivant de la cueillette et une humanité appelée à transformer le monde par son travail.
Abraham : naissance du monothéisme éthique
Avec Abraham commence une aventure spirituelle qui marquera profondément l’histoire religieuse. Son parcours inaugure le monothéisme éthique et rompt avec les croyances dominantes de son époque.
L’alliance conclue avec Dieu se manifeste notamment par la circoncision, pratiquée au huitième jour (Genèse 17-11), signe d’appartenance à cette alliance.
Mais Abraham n’est pas seulement le fondateur d’un peuple. Il incarne l’homme capable d’entendre un appel intérieur et d’y répondre. Il ose même interpeller Dieu lorsqu’il s’agit de justice, comme dans l’épisode de Sodome et Gomorrhe. À travers sa figure apparaît une vision de l’être humain libre, responsable et porteur d’une exigence morale.
L’Exode : la pédagogie de la liberté
La sortie d’Égypte occupe une place centrale dans la mémoire juive. Elle rappelle que la liberté n’est jamais acquise définitivement et qu’elle exige vigilance et responsabilité.
L’Égypte représente l’oppression et la réduction de l’être humain à sa seule utilité. En sortir signifie restaurer la dignité humaine. Mais la liberté n’est pas seulement une délivrance ; elle est aussi une éducation. Les quarante années passées dans le désert symbolisent l’apprentissage d’une vie libérée de la servitude.
L’Exode devient ainsi un modèle universel : la libération est possible, mais elle exige un effort moral constant.
Le Décalogue : fondement de l’éthique biblique
Les Dix Commandements constituent une synthèse des principes fondamentaux de la vie morale. Ils organisent à la fois les devoirs envers Dieu et les devoirs envers autrui. Ensemble, ils forment l’ossature de l’éthique biblique. Les Commandements placent les rapports entre les humains sous le paravent du Créateur.
Loin d’être arbitraires, ces commandements visent à préserver la dignité humaine et à structurer une société fondée sur la justice, la responsabilité et le respect de la vie.
La Bible hébraïque : une bibliothèque de sagesse
La Bible hébraïque forme une vaste bibliothèque composée de récits, de lois, de poèmes et de textes de sagesse. Elle reflète les interrogations, les espoirs et les luttes d’un peuple qui a placé l’éthique au centre de sa vocation.
Elle raconte des existences traversées par les doutes, la joie, la révolte, la fidélité et la chute. Elle ne présente jamais la vie comme un chemin rectiligne. Au contraire, elle assume la complexité du réel et invite le lecteur à devenir, lui aussi, un interprète du sens.
Elle renferme des ordonnances divines et abonde d’exemples de situations délicates qu’il faut surmonter.
Le Pentateuque comprend traditionnellement 613 commandements, parmi lesquels :
« Tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur » (Deutéronome 6-5)
« Tu aimeras ton ami comme toi-même » (Lévitique 19-18)
· « Une seule constitution doit prévaloir pour le citoyen et l’étranger » (Nombres 9-14)
« Tu ouvriras ta main à ton frère dans le besoin » (Deutéronome 15-8)
« Justice, justice tu poursuivras » (Deutéronome 16-20)
· « En justice, tu n’avantageras ni le riche ni le pauvre » (Lévitique 19-15)
Les livres prophétiques rappellent constamment la primauté de la justice sociale. Ils annoncent également une vision d’avenir marquée par la paix universelle, comme l’exprime Isaïe (2-4) : « De leurs glaives, ils forgeront des socs de charrue. »
Les livres des Hagiographes contiennent des cantiques (les Psaumes), des conseils moraux (Proverbes) et des chroniques historiques (Ruth, Esther…). Le livre des Psaumes canalise la dévotion en exprimant, dans une poésie intense, les élans de l’âme humaine vers le Créateur.
Le Talmud : la conversation du judaïsme
Le Talmud représente l’une des grandes œuvres intellectuelles de la tradition juive. Il rassemble les débats et les réflexions de générations de sages.
Plutôt qu’un système fermé, il constitue un espace de discussion où les arguments sont examinés et confrontés. Cette tradition enseigne que la vérité se construit souvent à travers la pluralité des points de vue.
Le Talmud est un code de jurisprudence qui se base sur les ordonnances et les parangons bibliques. Il constitue la loi orale. Une multitude de commentaires bibliques ont été élaborés au cours des siècles, y compris des principes moraux :
– Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Et si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Et si ce n’est pas maintenant, ce sera quand ? (Avoth 1-14)
– Ce n’est pas l’étude, mais l’action qui est l’essentiel (Avoth 1-17)
– Qui est le sage ? Celui qui apprend de toute autre personne. Qui est le héros ? Celui qui domine ses instincts. Qui est honorable ? Celui qui respecte les autres (Avoth 4-1)
– Une bonne action en génère une autre, une mauvaise action en génère une autre (Avoth 4-2)
– Tu ne te réjouiras pas si ton ennemi tombe (Avoth 4-24)
L’étude et l’interprétation
Dans la tradition juive, l’étude des textes sacrés n’est jamais passive. Les Écritures ne sont pas un monument figé mais un espace vivant où chaque génération laisse sa trace. Elles sont étudiées, discutées et interrogées. La vérité se déploie dans la recherche collective.
Un célèbre récit talmudique rapporte qu’au cours d’un débat entre sages, l’un d’eux invoqua une voix céleste pour trancher la discussion. Un autre répondit : « La Torah n’est pas au ciel. » Autrement dit, l’interprétation appartient désormais aux êtres humains.
Discipline et retenue
La tradition juive propose une discipline quotidienne destinée à cultiver la conscience morale.
Les pratiques rituelles — bénédictions, prières, règles alimentaires ou symboles religieux — servent de rappels constants de la dimension spirituelle de l’existence. Elles visent moins à imposer des contraintes qu’à transformer les gestes ordinaires en actes porteurs de sens.
– La Mezouza accrochée au linteau est un rappel de la présence divine (Deutéronome 6-9).
– Dans le même esprit, la kippa sur la tête rappelle la présence d’une puissance supérieure ;
– la discipline alimentaire (kashrout) invite à une retenue par rapport à certains aliments ;
– les relations sexuelles sont prohibées durant les périodes de menstruation (Ézéchiel 18-6).
– Il n’y a pas d’interdit sur l’alcool (Psaumes 104-15). Dans la Bible, la déchéance de ceux qui ont abusé de l’alcool (Noé, Assuérus…) incite à la modération.
Le cycle de la vie
Les grandes étapes de la vie sont marquées par des rites qui inscrivent l’individu dans une histoire collective.
La circoncision, la Bar-Mitsva ou Bat-Mitsva, le mariage et les rites de deuil jalonnent l’existence. Ces moments rituels permettent d’accompagner les transitions de la vie et de transmettre les valeurs fondamentales de la tradition.
– La Bar-mitsva à 13 ans pour les garçons et la Bat-mitsva à 12 ans pour les filles, est l’âge de maturité religieuse. L’enfant est désormais capable de discerner lui-même le bien du mal, de prendre conseil au besoin. En un mot, il devient responsable de ses actes.
– Le mariage est une situation souhaitée : « Il n’est pas bon que l’être humain reste seul (Genèse 2-18) »
– Le décès : suite à la mise en terre, la famille et les amis visitent les endeuillés durant sept jours pour apporter leur message de consolation.
– L’après-vie : la Bible hébraïque ne mentionne pas directement la vie après la mort, l’enfer ou le paradis. Toutefois, l’ère messianique sera accompagnée de la ressuscitation des morts (Daniel 12-2).
Diversité des courants
Au fil des siècles, plusieurs sensibilités religieuses se sont développées dans le judaïsme : orthodoxe, conservatrice, réformée ou traditionaliste.
Cette diversité témoigne de la capacité d’adaptation d’une tradition qui dialogue constamment avec les contextes culturels dans lesquels vivent les communautés juives.
Les orthodoxes préconisent l’observance et la pratique rigoureuse des prescriptions de la loi écrite et de la loi orale. Les hommes officiant (par tradition) et les hommes et les femmes sont séparés dans la synagogue. Les Hassidim constituent une minorité parmi les orthodoxes qui s’imposent une tenue distinctive.
Les conservateurs préconisent l’observance et la pratique rigoureuse des prescriptions de la loi écrite. Les hommes et femmes participent ensemble à la prière.
Les réformistes relativisent les prescriptions de la loi écrite à leur contexte historique, ce qui leur donne une plus grande latitude en regard de la pratique religieuse.
Les traditionalistes ont un degré de pratique religieuse qui peut varier grandement. Beaucoup de traditionalistes respectent certaines des pratiques religieuses.
Au cours de l’histoire, il s’est formé deux courants culturels dans le judaïsme : Les Sépharades sont les Juifs qui ont essentiellement vécu sous l’influence du judaïsme espagnol ou en milieu musulman. Les Ashkénazes sont essentiellement les Juifs ayant vécu en milieu chrétien et n’incluent pas les Juifs qui ont vécu sous l’influence du judaïsme espagnol
Le calendrier des fêtes
Les fêtes juives rythment l’année en associant mémoire historique et expérience spirituelle.
– Le sabbat (Chabbat) est réservé à la vie en famille, à la détente et idéalement à l’élévation spirituelle (étude des Écritures par exemple)
– La Pâque juive (Pessah) en début de printemps célèbre la sortie d’Égypte
– La Pentecôte (Shavouoth) célèbre l’octroi des Dix Commandements aux Hébreux au mont Sinaï
– Pourim célèbre le fait qu’un massacre des Juifs a été évité il y a près de 2500 ans en Perse. C’est une fête joyeuse où tout un chacun se déguise.
– Rosh Hashana est le Nouvel An. Il annonce dix jours de recueillement et de bilan moral qui culminent par la fête du Grand Pardon (Kippour)
– Tich’a béav est une fête austère qui commémore la destruction du Temple de Salomon
– La fête des Tabernacles (Soukot) au début de l’automne rappelle l’errance des Hébreux dans le désert et les haltes dans les cabanes
– Hanouka commémore la reconquête de la liberté de culte au temps de l’occupation de la Judée par les Grecs il y a près de 2250 ans
Une histoire millénaire
L’histoire du peuple juif s’étend sur plusieurs millénaires et traverse de nombreuses civilisations. Elle est faite d’exils, de renaissances et de fidélités.
– Les Patriarches s’installent à Canaan (la Terre promise ou la Terre sainte, dénommée Palestine depuis l’époque romaine). La famine pousse leurs descendants en Égypte. L’esclavage des Hébreux en Égypte dure plusieurs siècles.
– Moïse conduit les Hébreux hors d’Égypte. Les dix commandements sont promulgués et les Hébreux arrivent en Terre promise après 40 ans d’errance (XIIe siècle av EC).
– Les Juges puis les Rois dirigent le peuple d’Israël
– À la mort du roi Salomon (Xe siècle av EC), le royaume est divisé en deux : Royaume de Juda et Royaume d’Israël
– Les dix tribus du Royaume d’Israël sont exilées par les Assyriens (VIIIe siècle av EC).
– La Judée est occupée par les Babyloniens qui en exilent les Judéens (VIe siècle av EC).
– Le retour à Sion des Juifs se fait à l’époque des Perses. Suivent les occupations grecque (IIIe siècle av EC) et romaine (Ier siècle av EC). Les Romains exilent les Juifs de Judée dès la fin du Ier siècle.
– La Terre promise est occupée par les Byzantins (4e siècle et milieu du 7e siècle), les Perses (début du 7e siècle), les Arabes (VIIe siècle) les Ottomans (XVIe siècle) puis les Anglais (XXe siècle). Les Croisés occupèrent la Terre sainte au XIIe siècle.
– Second retour à Sion des Juifs et création de l’État d’Israël en 1948.
Malgré les épreuves et les dispersions, une continuité remarquable s’est maintenue : celle d’un peuple attaché à ses textes, à sa mémoire et à son idéal moral.
La condition juive
L’enseignement du mépris du juif institué par l’Église chrétienne envers les Juifs et l’humiliation institutionnalisée des Juifs et des Chrétiens (statut de dhimmis) en pays islamiques ont donné lieu à des persécutions et des massacres. Ces attitudes et les opinions préconçues qui les accompagnent ont laissé des séquelles jusqu’à ce jour. En 1965, la déclaration Nostra Aetate du Vatican a corrigé les rites et les préjugés relatifs aux juifs.
Conclusion
Une tradition rapporte qu’un jour quelqu’un demanda au sage Hillel de résumer le judaïsme pendant qu’il se tenait sur un seul pied. Ses paroles résument l’esprit d’une tradition qui place l’éthique au cœur de la vie humaine :
« Tu aimeras ton ami comme toi-même.
Le reste n’est que commentaire.
Maintenant, va étudier. »
Les réflexions présentées ici ne constituent qu’une introduction à cette vision du monde, dont la richesse continue d’inspirer la réflexion morale depuis des millénaires.
*
La charité : non. La générosité : oui.
L'égalité : non. La complémentarité : oui.
La pitié : non. La fraternité : oui.
La société : non. La communauté : oui.
La morale : non. L'éthique : oui.
La religion : non. La spiritualité : oui.
Les croyances : non. La foi : oui.
La vie après la mort : non. La vie pour la Vie : oui.
Le parasitisme : non. Le mérite : oui.
L'opulence : non. La joie : oui.
L'abondance : non. La frugalité : oui.
Le pouvoir : non. La virtuosité : oui.
L'érudition : non. La connaissance : oui.
*
Il n'y a aucune différence de fond entre une "religion" et une "idéologie" : les deux ne sont que des tissus de croyances phantasmatiques, certaines avec un Dieu et certaines sans.