Tisserand de la compréhension du devenir
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Actualité - De l'Etre au Devenir - Octobre 2022

Le 01/10/2022

Présentation du livre intitulé : "Comme un vol d'étourneaux" de Giorgio Parisi, prix Nobel de physique 2021 pour ses contributions à la physique des systèmes complexes :

"Nous avons tous admiré les figures que dessinent les étourneaux dans le ciel sans nous interroger sur leur genèse. Comment l'ordre émerge-t-il d'un mouvement fluctuant ? Par quel mécanisme une multitude d'oiseaux en interaction locale parviennent-ils à afficher des comportements si subtils à l'échelle globale ?Ces questions, qui s'appliquent aussi aux électrons, aux spins, aux molécules, voire aux neurones, à la foule, aux actions boursières, etc., Giorgio Parisi s'est attelé à les résoudre en contribuant à forger une discipline inédite, qui porte bien au-delà de la physique : la science de la complexité. Dans ce chef-d'œuvre de vulgarisation, le prix Nobel de physique 2021 propose une introduction personnelle à ce nouveau champ tout en détaillant son aventure scientifique. Il nous conte comment, après une thèse sur le boson de Higgs, il s'est spécialisé en physique statistique, à laquelle il a apporté des contributions majeures sur les sujets les plus divers : les mouvements collectifs, dont il a percé les secrets, mais aussi les transitions de phase, le magnétisme, les propriétés de certains alliages, etc. Chemin faisant, il livre une puissante réflexion sur le sens de la science et la force de l'intuition."

Voilà un bon signe : les physiciens et le comité Nobel (et les éditeurs) s'intéressent enfin à la physique des systèmes et processus complexes.

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Ce que l'on nomme "l'Occident" est né de la rencontre, à Alexandrie, de la spiritualité juive et de la philosophie grecque. De cette rencontre est né le christianisme qui est devenu largement dominant en Europe à partir d'environ 400 de l'ère vulgaire, christianisme qui a explosé en catholicisme et en orthodoxie (grecque, puis russe) après l'an mille, catholicisme qui a lui-même explosé, à son tour, après 1450 en catholicisme latin et en protestantisme germanique.

Aujourd'hui, l'Occident, c'est quatre continents (sur huit ; les quatre autres étant l'Afroland, l'Islamiland, l'Indoland et le Sinoland) à savoir : l'Euroland (et ses trois aires : catholique, protestante et orthodoxe), l'Angloland (dont le centre est aujourd'hui aux Etats-Unis, mais qui englobe, entre autres, la Grande-Bretagne, l'Australie, la Nouvelle-Zélande), le Latinoland (l'Amérique latine, hispanophone et lusitanophone, du nord du Mexique, jusqu'au sud du Chili) et (il faut le rappeler, malgré l'anti-occidentalisme affiché par Vladimir Poutine - anti-occidentalisme qui n'est que de l'anti-libéralisme et de l'anti-démocratisme d'un petit dictateur psychotique) le Russoland (qui se réduit, en fait, à la Russie européenne, aujourd'hui en débâcle et en faillite).

La sève judéo-hellénique qui a nourrit l'Occident au travers du tronc chrétien, a engendré un ordre noétique (le scientifisme et le technologisme), un ordre pratique (l'économisme, l'industrialisme et le financiarisme), et un ordre éthique (le libéralisme, le démocratisme et le droits-de-l'hommisme).

Ces trois ordres, à la fin du 20ème siècle, furent les piliers fondateurs de la mondialisation et sont, globalement, peu ou prou, les standards de fonctionnement de tous les pays sur les huit continents (quoiqu'en disent le néo-tsarisme russe, le néo-califat turc, le néo-islamisme iranien et le néo-impérialisme chinois).

Ce début du 21ème siècle marque l'effondrement de la civilisation de la Christianité et de son troisième et dernier paradigme, celui de la Modernité.

Cela coïnciderait-il avec la fin du primat de l'occidentalisme et de ses trois ordres et huit doctrines ? Je ne le crois pas. En revanche, je crois qu'il est temps d'inventer un néo-occidentalisme qui tiennent impérativement compte des ruptures et défis que le chaos actuel souligne :

  • un nouvel ordre noétique fondé sur l'intentionnalité (centralité du projet, de la vocation, de la mission) et la complexité (dépassement radical de tous les mécanicismes, analycismes, déterminismes et réductionnismes),
  • un nouvel ordre pratique fondé sur la numéricité (robotisation, algorithmisation, réticulation, définanciarisation) et la frugalité (minimalisme en tout, circularité, décroissance),
  • un nouvel ordre éthique fondé sur l'autonomie (personnelle et collective, strictement garantie par la réciprocité) et le respect (culte de la Matière, de la Vie et de l'Esprit sous toutes leurs formes).

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Dans les discours actuels, revient sans cesse, comme une antienne, le thème de "la lutte contre les inégalités".

C'est énervant !  Et ridicule !

Il y aura toujours des inégalités, et c'est tant mieux car les différences sont un trésor où l'on peut construire des complémentarités.

Il y aura toujours des "forts" et des "faibles", quelle que soit la dimension de comparaison que l'on puisse observer. Et là encore, c'est tant mieux.

Il faut sortir du rousseauisme (la pire des doctrines, sortie d'un esprit malade).

Le problème n'est pas qu'il y ait des "forts" et des "faibles".

Le vrai problème est double :

 

  • que les "forts" respectent les "faibles",
  • que les "faibles" veuillent devenir "forts".

 

L'égalitarisme ambiant tente exactement l'inverse (avec peu de succès, heureusement) :

 

  • le nivellement par le bas pour affaiblir les "forts",
  • l'assistanat généralisé pour conforter les "faibles".

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Vivre vraiment, c'est vivre ici et maintenant en parfaite reliance et résonance avec tout le Réel, en soi et autour de soi.

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Le photovoltaïque est une "fausse bonne idée" comme le sont les éoliennes ou la voiture électrique.

Le problème posé est crucial : comment faire comprendre aux gens qui vivent dans une abondance artificielle et non durable, qu'il est essentiel de vivre autrement, dans la frugalité et le minimalisme : privilégier la joie intérieure aux plaisirs esclavagisants de l'apparence extérieure.

L'humain est-il condamné à rester infantile et médiocre ... quitte à assassiner la Vie et l'Esprit ?

Encore une fois : l'exemplarité et la viralité de nouveaux comportements qui expriment à la fois cette frugalité et cette joie de vivre, seront déterminants.

 

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L'idée de libéralisme est simple : le respect absolu, mutuel et réciproque de l'autonomie personnelle et collective de chacun, dans la totale responsabilité de soi et de son devenir.

Il n'est pas surprenant que tous les ennemis de ce principe d'autonomie, aient pris un malin plaisir, en dissimulant au mieux le démagogisme qui les anime, depuis plus de deux siècles, à pervertir ce principe et à le caricaturer en loi absolue de la concurrence, en loi absolue  du marché, en loi d'airain de la lutte pour la vie, en croissance de l'opulence et de la richesse, en profusion de la consommation, en refus de toute autorité institutionnelle, en anarchisme édulcoré, en confusion totale avec les notions de capitalisme, financiarisme, mercantilisme, affairisme, …, en domination légitime des "riches" sur les "pauvres", des "forts" sur les "faibles", etc …

 

Toutes ces caricatures sont absurdes et fausses !

Pourtant le principe est simple : chacun est personnellement responsable de construire sa propre autonomie (qui doit être stimulée, protégée et garantie par les autorités publiques) dans le strict respect de celle des autres.

Chacun a droit de construire et de vivre sa propre vie, mais dans le respect total de celle des autres, et en est seul et personnellement responsable.

Et cela n'exclut, en aucun cas, pourvu qu'elles soient libres et non imposées ou obligatoires, toutes les solidarités, fraternités et communions que l'on voudra.

 

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De Yuval Noah Harari :

 

"Il ne faut jamais sous-estimer la stupidité humaine."

Tout est dit !

Il n'y a pas de victimes, nulle part ! Il n'y a que des imbéciles.

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De Nassim Nicholas Taleb :

"(…) il faut s'appuyer sur le nucléaire. En Allemagne, les mouvements antinucléaires ont été largement financés par l'URSS. Le théorie de l'hiver nucléaire, promue entre autres par Carl Sagan, était fondée sur des articles scientifiques créés de toute pièce par le KGB ! La désinformation russe ne date pas d'hier."

Il est en effet grand temps de dénoncer les mouvances putrides du genre Greenpeace qui ont été les agents de l'affaiblissement radical de l'Europe au profit des maîtres des carburants carbonés (charbon, pétrole, méthane, propane, etc …).

Greenpeace et autres écolo-gauchistes ont inoculé des mythologies fallacieuses et suicidaires qui, aujourd'hui, se révèlent enfin comme elles sont : désastreuses.

 

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Le 02/10/2022

 

L'esprit ne "voit" pas le monde ; il le décode et l'interprète avec l'aide de son intuition (la grille générale de lecture de l'existence) et de sa mémoire (ce que l'on a déjà (re)connu par le passé), à partir de signaux partiels et partiaux envoyés par les sens.

Cette dialectique permanente entre le sujet et l'objet est bien connue depuis longtemps par les philosophes.

Mais il faut y surajouté une remarque essentielle : l'esprit humain qui décode le Réel fait partie intégrante du Réel et en émane ; l'esprit dans le Réel et ce Réel même procèdent donc de la même logicité ce qui fait des interprétations mentales non pas des faits purement subjectifs, mais des faits induits en adéquation avec le Réel qui se reflète et se pense en eux.

Il faut donc réintégrer ces deux fictions que sont le sujet et l'objet, dans l'unité cohérente du Réel.

 

Ne jamais oublier : ce n'est pas moi qui pense, c'est l'Esprit cosmique qui se pense à travers moi !

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La ternarité du Réel est un concept essentiel à placer au centre de toutes les démarches tant scientifiques que philosophiques ou spirituelles.

En termes techniques, ces trois pôles ontologiques sont :

  • le pôle topologique : la spatialité, la Matière, le corporel, le pesant, …
  • le pôle dynamique : la temporalité, la Vie, le vital, le vivant, …
  • le pôle eidétique : la logicité, l'Esprit, le mental, le pensant, …

Les interactions entre ces trois pôles font que tout ce qui existe dans le Réel, se construise, mû par une intentionnalité, une vitalité, une quête de l'optimalité et de la simplicité, pour l'accomplissement en plénitude du Tout-Un et de chacune de ses parties.

 

Comme l'a démontré le mathématicien David Ruelle, cette ternarité est la condition indispensable pour que de la complexité puisse émerger et que l'évolution du Réel puisse être une dialectique permanente de dissipation des tensions entre complexification néguentropique et uniformisation entropique.

 

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Le concept de "hasard" est bien pratique (et largement surutilisé) car il permet aux matérialistes athées d'esquiver la question cruciale de l'intentionnalité du Réel.

Convoquer le hasard pour expliquer l'inexplicable, est une astuce sophistique assez grossière, surtout lorsque l'on sait que le hasard est incapable de générer de la complexité et que si, "par hasard", il en faisait émerger, il serait incapable de la reconnaître et de l'utiliser (la complexité n'est jamais réductible à un programme analytique d'assemblage).

 

On peut construire un algorithme qui génère des poèmes avec un vocabulaire donné, des règles de rimes et de rythmes données, des métriques données, mais ce même algorithme sera définitivement incapable de faire la différence entre un bon poème et un mauvais poème, entre un poème qui aurait du sens et celui qui n'en aurait pas, entre un poème qui évoquerait ou induirait des images esthétiques ou spirituelles, et celui qui ne produirait aucun effet.

Il faut donc irréfragablement des lecteurs humains (possédant des facultés holistiques et herméneutiques) pour désigner les belles œuvres poétiques issues du hasard des constructions bêtement erratiques et mécaniquement combinatoires.

 

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Dans l'univers des mathématiques, ce sont les branches issues de l'arithmétique quantitative qui ont fait florès : algèbre, analyse fonctionnelle, statistique, probabilité, etc … Même la géométrie a été forcée, par Descartes, de rentrer dans ce moule quantitatif et équationnel.

Cette mathématique quantitative est devenue le langage central de la science classique.

 

Le hic est que rien, dans l'univers réel, ne correspond à des nombres (cfr. Frege ou Wittgenstein - dans la Nature, rien n'est dénombrable : toutes les pommes sont très différentes et on ne peut les compter que moyennant des simplifications et des réductions artificielles) ou à des figures (cfr. Mandelbrot ou Hilbert et Banach - dans la Nature, rien n'est géométrique et la fractalité est incommensurable).

 

Les systèmes et processus réels sont toujours complexes, et cette complexité est holistique, donc irréductible, analytiquement, à des modélisations mathématiques (sauf à recourir à des approximations et à des simplifications contre-nature).

 

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La vie n'est pas faite pour s'amuser ; la vie est faite pour se construire.

Il faut donc cesser de demander aux enfants et aux jeunes s'ils s'amusent bien. Là n'est pas le problème du tout.

On a trop confondu le plaisir (s'amuser) et la joie (s'accomplir).

Le stoïcisme l'avait parfaitement compris, lui qui voulait libérer l'humain des esclavages du plaisir.

 

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A lire Thierry Gaudin, on comprend que les gens de Gauche aient une vision complètement tordue et caricaturale de l'économie, réduite à l'oppression mécanique et inéluctable des "riches" ou des "puissants" ou des "capitalistes" ou des "multinationales" ou des "lobbies", sur les autres, pauvres victimes de l'insatiable cupidité des oppresseurs.

On réduit l'univers économique à un jungle sauvage où règne la "lutte pour la survie" et la "loi des marchés".

 

C'est en actant ce genre de délires paranoïdes que l'on comprend l'effet nocif et toxique de toutes les idéologies, surtout socialo-populistes, qui gangrènent le cerveau hors-sol des hauts fonctionnaires (dont Thierry Gaudin fut), complètement à côté de la plaque du Réel, obstinés à prétendre l'indispensabilité, à leurs yeux, des bureaucraties dont la mission sacrée est de défendre la veuve et l'orphelin contre les ogres sanguinaires qui hantent les marchés.

Il faut n'avoir jamais créé ou dirigé une entreprise réelle pour proférer des âneries pareilles.

 

La réalité économique est, en fait, beaucoup plus un champ de coopérations, d'associations, de collaborations, de partenariats, d'alliances et de complémentarités, qu'un champ de concurrences et de compétitions acharnées.

Et puisque l'image de la "jungle" hante ces cerveaux malades, qu'ils n'oublient pas que la forêt équatoriale est avant tout un lieu de coopération entre espèces où la lutte à mort est l'exception qui confirme la règle : celle des complémentarités, des symbioses et des commensalités.

 

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Dans l'univers de la complexité, les concepts de "reliance" et de "résonance" sont cruciaux car ce sont eux qui engendrent des conglomérats basés sur la communion ("construire ensemble") et sur la complémentarité (la conjonction des différences), conglomérats où les processus d'émergence pourront construire des entité de niveau supérieur par dissipation et encapsulation des surtensions.

Thierry Gaudin utilise deux autres mots que je trouve saugrenu du fait de leur anthropomorphisme un peu ridicule : les mots "reconnaissance" et "amour".

 

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Tout ce qui existe est un nœud de trois brins : la matière, l'évolution et la forme.

Ou, autrement dit : un corps, une âme et un esprit. Ou, aussi : une substantialité, une intentionnalité et une logicité.

Et ce nœud à trois brins est constamment nourri par des flux de matières qui renouvellent la sienne, par des flux d'intentions qui renouvellent la sienne et par des flux d'informations qui renouvellent les siennes.

 

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Une très belle phrase de Thierry Gaudin est celle-ci :

 

"Ce qui se profile maintenant, sans doute sous forme de révolution, est le tournant, la grande réconciliation avec les lois de la vie, qui suppose modération, sagesse et spiritualité."

 

 

Oublions le fantasme typique des soixante-huitards attardés : la "révolution" (toutes les révolutions ont échoué et ont instauré un ordre bien pire que celui qu'elles souhaitaient abattre). Surtout : pas de révolution !

 

En revanche, il faut retenir cette idée centrale et cruciale (vitale, même) :

 

"(…) la grande réconciliation avec les lois de la vie (…)".

 

La fin de la civilisation de la Christianité remet l'humain DANS la Nature et non au-dessus d'elle, en évoquant de fumeuses origines divines et surnaturelles.

Rappelons-nous de Spinoza :

 

"Deus sive Natura"

 

En se rappelant que natura est le participe futur du verbe latin nascor, on obtient :

 

"Dieu, autrement dit, ce qui fait naître."

 

Il s'agit du Dieu immanent du panenthéisme qui suscite toutes les émergences qui émanent de lui.

 

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Lorsqu'on se hisse au niveau des communautés et sociétés humaines, le ternaire de base (spatialité, temporalité, organicité ou, autrement dit : substantialité, intentionnalité, logicité) devient le ternaire constitué des territoires politiques (le pouvoir exécutif, la diplomatie, l'armée, la police, les infrastructures, …), des activités économiques (les entreprises, la force de travail, la puissance d'innovation technologique et commerciale, les investissements et financements, les projets entrepreneuriaux, …), et des modèles noétiques (les connaissances scientifiques, les codes éthiques et juridiques, les autorités morales et religieuses, …).

On retrouve là, bien sûr, le vieux ternaire de Georges Dumézil avec le roi, l'artisan et le sorcier ou, autrement dit : la caste guerrière, la caste productive et la caste sacerdotale.

 

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Le pouvoir noétique doit revenir aux experts reconnus par leurs pairs.

Le pouvoir économique doit revenir aux entrepreneurs exemplaires.

Le pouvoir politique, lui, pose problème depuis toujours ; plusieurs scénarii s'ouvrent :

 

  • la démocratie au suffrage universel qui vire toujours à la démagogie manipulatoire et électoraliste,
  • l'autocratie qui vire toujours à la dictature, à la tyrannie et au totalitarisme,
  • l'aristocratie vulgaire qui vire toujours à la "noblesse de sang", aux privilèges et à la transmission héréditaire.

 

Il faut donc évoluer vers une aristocratie de l'esprit (le gouvernement par les meilleurs en termes d'éthique, de compétences géopolitiques et de sens de la décision optimale) qui soit personnelle, donc non transmissible, et construite pour une durée déterminée, non renouvelable, dans le cadre d'une démocratie au mérite (le droit de vote doit se mériter par les œuvres réalisées dans l'intérêt collectif).

 

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Le 03/10/2022

 

Mon commentaire du jour dans "Le Point" :

 

"Sandrine Rousseau nuit en tout. Le rousseauisme (celui de Jean-Jacques ET celui de Sandrine) est une calamité qui pourrit l'Europe (surtout socialo-gauchiste) depuis près de trois siècles."

 

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De David Goodhart (essayiste britannique) :

 

"Un des grands problèmes de notre époque est que nous avons poussé trop d'individus à se former à des métiers intellectuels et académiques, et pas assez à entretenir et réparer tous les outils qui nous permettent de vivre dans une civilisation telle que la nôtre. Nous manquons de techniciens. Ce phénomène crée du ressentiment, à la fois chez ceux qui n'ont pas pu aller à l'université et chez ceux qui y sont allés, mais qui n'ont pas obtenu le genre d'emploi qu'ils espéraient. C'est ce que Peter Turchin appelle la 'surproduction d'élites'. Ce sont ces élites frustrées celles des travailleurs surqualifiés sans opportunités d'emploi qui alimente le populisme de gauche aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en France. D'autres problèmes, plus profonds, peuvent aussi expliquer la situation actuelle. Je pense aux réseaux sociaux, mais aussi au désenchantement qui prime dans nos sociétés. Pour paraphraser Yuval Noah Harari, la modernité implique d'échanger le sens contre le pouvoir et la richesse. La technologie nous donne un pouvoir immense sur le monde, mais nous désenchante, car le monde cesse à son tour d'avoir du sens pour la plupart d'entre nous."

 

L'analyse faite ici est fallacieuse …

D'abord, elle confond "élite" et "diplômé", et elle ne fait aucune distinction entre "élite apparente" et "aristocratie vraie" (les constructeurs d'avenir qui se mettent au service de ce qui les dépasse).

Ensuite, elle confond "intellectuels" et "scientifiques" : le problème est que les universités, par facilité, ont survendu les études et diplômes de "sciences humaines" (qui ne sont en rien des "sciences", mais un ramassis de conjectures idéologisées) qui sont de fausses études et de faux diplômes, mais qui propagent de vraies gangrènes comme le wokisme ou le socialo-populisme.

Enfin, elle met l'emphase sur l'importance des techniciens (ce qui est une bonne chose), mais sans définir ou spécifier ce qu'est un "technicien" (qui n'est pas un manuel mais le programmateur des robots qui exécuteront le travail manuel).

 

Là où il tape juste, en revanche, c'est dans sa critique des infects "réseaux sociaux", et dans l'idée qu'il faut réenchanter le monde et la vie, afin de rendre du sens à ce qui n'en a plus (via le développement d'une spiritualité du Réel).

 

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Tout le monde - du moins les plus lucides - arrive à cette conclusion simple et incontournable que les réservoirs de ressources (R) diminuent et vont s'épuisant,  d'une part, et que la population humaine consommatrice de ressources (P) ne fait qu'augmenter, d'autre part.

Il ne faut donc pas être grand clerc pour comprendre que le rapport R/P est crucial et doit rester la plus grand possible (malgré que R diminue).

Mais personne n'ose vraiment aller au bout du raisonnement et conclure, tout simplement, que P (la population humaine mondiale) doit diminuer plus vite que R jusqu'à atteindre un niveau tel que toutes les ressources consommées seront durablement renouvelables (donc auto-reconstituantes).

En 2050, les ressources durablement renouvelables couvriront 20% (rendement maximum théorique de Carnot) des besoins et la population humaine mondiale sera de dix milliards. Un calcul simple aboutit au fait que la population humaine mondiale durablement soutenable doit aussi descendre à 20% de ces dix milliards, soit sous les deux milliards et ce avant 2150.

Cette conclusion qui n'est pas considérée comme politiquement correcte, induit l'idée incontournable que le défi numéro un de ces prochaines années, c'est de faire descendre, partout dans le monde (et surtout en Afroland et en Islamiland) le taux de fécondité nette aux alentours de 1.3 enfants vivants par femme.

Voilà la vraie urgence de survie de l'humanité !

 

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Il est évident que les grandes problématiques humaines (épuisement des ressources, dérèglement climatique, pollutions, dérégulation océanique, effondrement de la biodiversité, surpopulation humaine, mouvements migratoires massifs, pandémies, épizooties, déviances numériques, terrorismes idéologiques et religieux, délinquances transnationales, trafics mafieux, etc …) sont désormais des problématiques globalisées.

Il est également évident que la mondialisation (qui n'était que des solutions simplistes imposées par une américanisation du monde) fut un échec : il n'y a pas de solutions universelles du simple fait que les personnes humaines, les cultures humaines et les modes de vie humains sont très loin d'être uniformes.

Il est enfin évident que les vieilles structures étatiques sont beaucoup trop faibles et trop locales pour résoudre ces problèmes qui dépassent, et de loin, leurs compétences techniques et leurs outils bureaucratiques inefficaces (on l'a bien vu avec la pandémie coronavirale).

La conclusion est simple : l'humanité doit devenir un réseau de continents autonomes (les huit bassins culturels historiquement cohérents : Euroland, Angloland, Latinoland, Afroland, Russoland, Islamiland, Indoland et Sinoland), interdépendants et complémentaires.

Il n'y a pas d'autre issue : l'universalisme (mondialisation) et le nationalisme (étatisation) sont deux concepts totalement dépassés.

 

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Le nouveau paradigme qui émerge de l'effondrement de la Modernité, sera le paradigme de la Noéticité, c'est-à-dire construit sur douze piliers :

 

  • la valorisation des (vraies) connaissances,
  • les technologies numériques,
  • la renaissance d'une spiritualité naturaliste,
  • la frugalité économique,
  • la précaution écologique,
  • la décroissance démographique,
  • le rejet de tous les idéalismes (idéologiques et religieux),
  • le culte des autonomies personnelles et collectives,
  • l'aristocratisation des pouvoirs,
  • la réticulation des communautés,
  • la continentalisation des institutions,
  • la définanciarisation de l'économie.

 

Comme on le comprend, il y a encore bien du travail à faire …!

 

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C'est énervant cette confusion permanente entre "capitalisme" et "financiarisme".

Le capitalisme est une méthode de financement privé ou public (cfr. en Chine) des investissements industriels sur le long terme, avec une prise de risque patrimonial demandant juste rémunération.

Le financiarisme est le règne de la spéculation financière (ouverte dans les Bourses ou fermées dans les banques d'affaire) dans le but unique de rentes et de profits purement financiers, à court terme.

Le capitalisme est une aventure constructive.

Le financiarisme est une loterie pervertie.

 

Et le comble est atteint lorsqu'on se permet de confondre le couple "capitalisme et financiarisme", avec le "libéralisme" (idiotement préfixé d'un "ultra" ou d'un "néo") qui est la doctrine de l'absolue autonomie personnelle et collective, dans le respect réciproque de celle de tous les autres, et dans le culte de l'interdépendance et de la complémentarité.

 

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Elle est curieuse cette absurde idée qui fait croire aux fonctionnaires que, parce qu'ils appartiennent au "secteur public", ils sont plus fiables, plus honnêtes, plus conscients, plus engagés, plus équitables, plus responsables, etc … que les décideurs du "secteur privé" qu'ils voient comme un ramassis de crapules cupides et mafieuses.

 

C'est en fait tout le contraire qui est vrai (il y a bien plus de scandales honteux dans la fonction publique qu'ailleurs) … et il faut débarrasser le monde de toutes les bureaucraties fonctionnaires.

 

Qu'est-ce qu'un fonctionnaire ? Un planqué couard qui, dès le départ, ne vise que trois choses : en faire le moins possible, jouir à vie d'un emploi protégé et toucher une bonne pension de retraite dès que possible.

 

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Dans le tout premier article de sa "Proposition de Déclaration universelle des droits de l('homme et de la nature", Thierry Gaudin écrit ceci :

 

"Les hommes et les femmes naissent et demeurent libres."

 

Cette phrase est fausses.

D'abord pourquoi distinguer "hommes" et "femmes" alors que le mot "humains" existe. La phrase devient alors :

 

"Les humains naissent et demeurent libres."

 

Alors commence la fausseté de cette déclaration de principe.

Aucun humain ne naît libre : un enfant n'est pas libre car il est , au contraire, totalement et profondément dépendant pour tout, tant le matériel (sa nourriture, ses vêtements, son lit, son toit, …) que l'immatériel (le langage, la culture, la morale, l'affection, la reconnaissance, …).

Donc les humains, s'ils ne naissent, d'évidence, pas libres, ils peuvent éventuellement le devenir (avant de le demeurer, peut-être).

De plus, qu'est-ce que cette liberté ? la réponse la plus courante à cette question est : "faire tout ce que je veux, quand je veux, comme je veux et avec qui je veux".

 

Eh bien, non ! Cette définition est celle du caprice infantile, pas celle de la liberté. Dans la réalité du Réel, chacun vit dans un énorme champ de contraintes constitué de lois physiques (matérielles), de lois écologiques (vitales) et de lois morales (immatérielles), et alimenté de flux de dangers, de risques et d'opportunités dont nul n'est maître.

La liberté ne peut donc être que très restreinte et très déterminée, non seulement par les contraintes externes, mais aussi - et surtout, peut-être - par les faiblesses internes.

Il est difficile et très coûteux en efforts, en moyens et en travail de se construire un peu de liberté authentique. La plupart des humains préfèrent choisir les "servitudes volontaires, décrites magistralement par Etienne de la Boétie.

 

Au-delà des caprices infantiles, le peu de liberté réelle qui est à construire, n'intéresse que peu de monde.

Il faut donc changer de braquet et ne plus parler d'une "liberté", mais bien d'une "autonomie", c'est-à-dire d'une minimisation de toutes les dépendances (de toutes les servitudes, de touts les esclavages, de toutes les contraintes artificielles que nos paresses ou nos lâchetés nous font accepter par facilité).

 

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Sortir de la Modernité moribonde, c'est enfin renoncer aux idéalismes simplistes et benêts de ce que l'on a appelé le "philosophisme" ou le "criticisme" de l'Aufklärung en Allemagne (Kant), de l'Enlightenment en Grande Bretagne (Hume, Locke) ou des "Lumières" en France (Montesquieu, Rousseau, Diderot).

 

Il faut acter le fait que l'égalitarisme, l'universalisme, le démocratisme, le mécanicisme, le causalisme, le solidarisme, le matérialisme, l'athéisme, etc … sont des vues utopiques passablement puériles, en contradiction notoire avec les lois de la vie.

 

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Le 04/10/2022

 

De Luc Baverez à propos du populisme :

 

"Les grands bonds en arrière effectués par le Brésil et le Royaume-Uni sont les derniers témoignages de l'appauvrissement engendré par le populisme, mouvement multiforme mais défini comme anti-élites et antilibéral, généralement teinté d'autoritarisme, d'identitarisme et de xénophobie. (…) Le nationalisme économique, le protectionnisme commercial, les politiques macroéconomiques insoutenables, l'érosion de la démocratie et l'affaiblissement des contre-pouvoirs entraînent un ralentissement durable de la croissance, qui n'est même pas compensé par une réduction des inégalités. Pourtant, ces expériences négatives, peut-être parce que leur impact n'est pas immédiat, ne découragent en rien les électeurs. (…) Qu'il soit de droite ou de gauche, le populisme appauvrit le peuple mais cela n'empêche pas celui-ci de voter pour celui-là, car les émotions l'emportent sur la vérité statistique. L'attrait intense exercé par les promesses des démagogues est attesté depuis l'antiquité grecque. Si les démocraties libérales veulent renverser la tendance et convaincre qu'elles sont non seulement plus ouvertes et plus pacifiques que les autocraties populistes, mais aussi plus favorables au bien-être et à l'enrichissement de leurs populations, elles devront apprendre à jouer sur d'autres registres que la seule raison rationnelle."

 

Le peuple, cela n'existe pas.

Une populace, ignare et parasitaire, massive et majoritaire : voilà ce qui existe.

Le populisme, comme le socialisme (où est la différence ? Ils pratiques tous deux l'étatisme, le dirigisme, l'illibéralisme, l'égalitarisme, etc …), est une calamité socioéconomique, uniquement fondée sur un démagogisme manipulatoire éhonté (Trump, Orban, Le Pen, Meloni, Bolsonaro, Mélenchon, Poutine, …).

Toute cette chienlit est la conséquence de cette folie absurde appelée "démocratie au suffrage universel".

Démocratie ? Oui ! Mais seulement "aux suffrages mérités".

Le droit de voter doit être réservé à ceux qui le méritent.

 

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Ma traduction de début de la Genèse :

 

Dans un commencement Il engendra des Puissances avec le Ciel et avec la Terre.

Et la Terre devint vide et chaotique, une Ténèbre sur les faces d'un Abîme et un Souffle des Puissances palpitations sur les faces de l'Eau.

 

Et Il dira : "Puissances, il adviendra une Lumière" et il adviendra une Lumière.

Et Il nommera des Puissances avec la Lumière comme ([c'est] bon et Il séparera des Puissances entre la Lumière et entre la Ténèbre.

Et Il nommera des Puissances pour la Lumière : Jour et pour la Ténèbre, Il avait nommé : Nuit et il adviendra un soir et il adviendra un matin : jour Un.

 

Et Il dira : "Puissances, il adviendra un Espace au milieu de l'Eau et il adviendra une séparation entre une Eau pour l'Eau".

Et Il façonna des Puissances avec l'Espace et il séparera entre l'Eau qui [est] dessous pour l'Espace et avec l'Eau qui [est] dessus pour l'Espace et il adviendra ainsi.

Et Il nommera des Puissances pour l'Espace du Ciel et il adviendra un soir et il adviendra un matin : jour second.

 

Et Il dira : "Puissances, l'Eau dessous le Ciel assemblera en un [seul] lieu et le Sec apparaîtra et il adviendra ainsi".

Et Il nommera des Puissances pour le Sec : Terre, et pour le lieu de l'Eau, il avait nommé Mers et Il verra des puissances comme [c'est] bon.

Et Il dira : "Puissances, la Terre verdira de verdure : herbe germant semence, arbre de fruit faisant fruit pour leur sorte qui [est] semence en lui sur la Terre et il adviendra ainsi".

Et la Terre sortira une verdure ; herbe semençant semence pour sa sorte et arbre faisant fruit qui [est] semence en lui pour sa sorte et Il verra des Puissances comme[c'est]bon.

Et il adviendra un soir et il adviendra un matin : jour troisième.

 

On remarquera qu'il n'y a aucunement "création", mais engendrement initial des Puissances du Ciel et de la Terre, puis une succession de prédictions ("Il dira"), de dénominations ("Et Il nommera") et de réalisations ("Et il adviendra").

 

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Le "désir d'entreprendre", le "besoin d'un projet" : l'intention, la vocation, la mission …

Être au service de ce qui nous dépasse.

C'est tout cela "donner sens et valeur" à l'existence qui, alors seulement, devient vie.

Car vivre sa vie, c'est beaucoup plus que seulement exister.

Le nombrilisme et le narcissisme, l'hédonisme et l'égotisme sont des impasses ennuyeuses et lassantes. Suicidaires, même, puisqu'ils démoralisent tellement le vide est immense.

 

*

 

Il faut cesser d'invoquer, à tout bout de champ, la "guerre de tous contre tous" de Hobbes, la "sélection naturelle du plus fort" de Darwin et la "lutte pour la vie" de Spencer.

Sans nier l'existence de ces "résolutions radicales de problèmes", il ne faut pas en faire la règle, mais bien l'exception : la "loi de la vie" n'est pas celle-là, mais bien plus le partenariat, la collaboration, l'association, la recherche des complémentarités dans les différences, et la communion (du latin cum munire : "construire ensemble").

 

Le noyau atomique est une association de protéus (couples de proton et électron sous forme soit hydrogénique, soit neutronique).

La molécule est une association de noyaux atomiques.

La cellule vivante est une association de molécules.

L'organisme vivant est une association de cellules.

La communauté est une association d'organismes.

 

La guerre est la méthode des imbéciles.

Et à l'issue d'une guerre, il n'y a que des perdants ; le guerre est la voie de la mort, pas de la vie.

 

*

 

Je partage cette conviction : ce sont bien plus les entreprises que les particuliers qui gagneront la bataille pour l'écologie (la vraie, pas ce brouet infect nommé écolo-gauchisme).

Cela ne signifie pas que les particuliers ne doivent pas, urgemment, adopter des règles strictes de frugalité consommatoire (notamment en termes de déplacements).

Cela signifie que ce sont les entreprises qui consomment la plus grosse part des ressources que les humains volent à la Nature et que toute l'économie doit être reconstruite autour de cette base factuelle.

 

*

 

Les trente bonnes règles de frugalité à appliquer d'urgence par tout un chacun :

 

  1. ne consommer que l'absolument indispensable,
  2. ne rien jeter, ne rien gaspiller,
  3. consommer le moins possible,
  4. ne plus se déplacer qu'en cas d'absolue nécessité,
  5. ne plus acheter de fleurs,
  6. manger moins de viandes,
  7. mettre un pull quand on a froid,
  8. user ses vêtements,
  9. renoncer à tous les cosmétiques,
  10. boycotter la grande distribution,
  11. préférer la qualité à la quantité,
  12. renoncer à être à la mode,
  13. ne plus regarder la télévision,
  14. faire la vaisselle à la main,
  15. prendre une douche par semaine (sinon : évier et eau froide),
  16. acheter européen exclusivement,
  17. ne plus jamais faire de voyage,
  18. vivre exclusivement "local",
  19. éradiquer toutes les piscines, saunas et autres jacuzzis,
  20. détruire tous les conditionnements d'air,
  21. téléphoner peu, seulement lorsque c'est utile,
  22. éviter tous les spectacles,
  23. préférer l'utile au joli,
  24. marcher sans courir,
  25. arrêter tout shopping et faire livrer,
  26. dénoncer tous les emballages,
  27. protéger les arbres,
  28. boycotter l'industrie agroalimentaire,
  29. cesser tous les sports et ne garder que la marche à pied,
  30. quitter les villes.

 

*

 

Non pas : "à quoi servons-nous ?", mais bien : "que servons-nous ?".

 

*

 

L'intentionnalisme, immanent au Réel, au tréfonds du Réel, constituera un des fondements du nouveau paradigme et de la nouvelle civilisation qui sont en train d'émerger, après la Christianité (qui faisait de l'au-delà le sens et la valeur de l'ici-bas) et de la Modernité (qui faisait du "progrès" l'excuse de tous les pillages).

Tout ce qui existe, est mû par une intention constitutive : l'accomplissement de soi et de l'autour de soi au service de l'accomplissement en plénitude du Réel (qui est cet océan dont chacun n'est qu'une infime vaguelette).

 

*

 

Du verbe latin augere, celui qui fait autorité (l'auctor qui détient l'auctoritas), est celui qui prend la responsabilité de faire grandir, de développer, d'augmenter, de faire croître.

L'autorité est un engagement personnel de celui qui l'accepte, de se mettre au service de la communauté qui la lui reconnaît.

Et, en retour, cette communauté lui confère et reconnaît le pouvoir nécessaire pour exercer cette autorité.

Le pouvoir que l'on détient doit toujours être une conséquence de l'autorité que l'on fait et que l'on accepte.

 

*

 

La seule façon de redevenir maître de son temps de vie, c'est d'abandonner cette abomination qu'est devenue le salariat.

Chacun doit redevenir sa propre entreprise dans un culte profond de l'autonomie personnelle et collective.

 

*

 

De Winston Churchill, cette phrase définitive et cruciale :

 

"L'un des problèmes de notre société aujourd'hui, c'est que les gens

ne veulent pas être utiles, mais importants."

 

Être vus, être "likés", être "influenceurs", poster tout et n'importe quoi sur les "réseaux sociaux" ou sur "Instagram" … autant de "trips" égotiques parfaitement débiles, minables et grotesques.

Mais se croire "important" et collectionner les "amis".

Les psychologues pleurnichards diront que ces jeunes - et moins jeunes - désespérés cherchent à se raccrocher à leur seule bouée.

Les prospectivistes lucides diront que ces esprits faibles ne sont que des lâches, fainéants et parasitaires : qu'ils se rendent utiles à un projet utile plutôt que de pleurnicher sur leur nombril. Ou alors : qu'ils se suicident (il y a une réelle surpopulation humaine sur Terre), par exemple par overdose de drogue qui doit être urgemment libéralisée.

 

*

 

Thierry Watelet a raison d'y insister : ne jamais confondre l'intention, le projet, la raison d'être avec le but, l'objectif, la destination.

La joie n'est pas au bout du chemin ; la joie est le cheminement.

D'abord le "pour quoi" et, ensuite seulement, le "comment".

Il ne s'agit pas d'un voyage vers un ailleurs, il s'agit d'un chantier de construction ici même.

 

*

 

La raison d'être d'une personne ou d'une communauté (une entreprise, par exemple) tient toujours dans la réponse à la seule question : j'œuvre au service de quoi ?

Quoique ce soit qui ne se met pas au service de ce qui le dépasse, est inutile, donc n'a ni sens, ni valeur.

Et être au service de ses actionnaires, de ses salariés, de ses clients, … ne suffit jamais car il n'y a là que des ressources, et l'on ne s'ennoblit pas en étant au service de ses ressources (même s'il est noble et juste d'utiliser ces ressources avec équité, respect et soin).

 

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La raison d'être du chantier donne sens et valeur au travail des œuvriers qui y taillent leurs pierres.

Cette raison d'être n'est pas de tailler des pierres, ni de rétribuer les tailleurs. C'est la cathédrale que l'on y construit qui donne sens et valeur à la fois aux pierres taillées et aux tailleurs de pierres.

Les rétributions ne sont que des conséquences, jamais des buts.

 

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Il n'y a pas de relation forte et harmonieuse entre une personne (quels que soient sont rôle et son statut) et une communauté de vie, s'il n'y a pas convergence claire et puissante entre la raison d'exister de cette personne et celle de cette communauté.

 

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La raison d'exister induit des priorités, donc des valeurs (voire du "sacré"), et ces valeurs induisent une éthique : est bon ce qui nourrit la raison d'exister (le projet, l'intention, la vocation, la mission) ; est mauvais ce qui lui nuit.

 

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Il ne peut y avoir une raison d'exister fiable et crédible, qu'adossée à une vision claire et lucide du monde dans lequel et pour lequel cette raison d'exister va se réaliser.

Inutile de rêver. Fuir les utopies. Abolir tous les idéalismes.

Le monde est comme qu'il est et comme il va, et n'a que faire des fantasmes humains.

Le travail des humains doit être en harmonie avec la réalité du Réel.

 

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La stratégie de vie est le fruit de la rencontre entre un projet de vie, des talents réels et une vision du monde.

Si le projet est fantasmagorique, si les talents sont imaginaires et si la vision est erronée : bonjour les dégâts.

 

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Le 05/10/2022

 

Histoire et prospective du monde musulman.

 

D'emblée, il faut souligner que le monde musulman, dès l'origine, est terriblement hétéroclite et hétérogène ; son histoire ne va rien arranger et le monde musulman d'aujourd'hui est toujours une mosaïque de "tribus" religieuses loin de s'entendre entre elles et loin de digérer leurs paradoxes et contradictions, ce qui laisse tout le loisir aux sectes extrémistes (frèrisme, wahhabisme, salafisme, djihadisme) de proliférer et de profiter des fissures et interstices pour injecter leur venin nauséabond.

 

Le cycle musulman est aujourd'hui, comme le cycle christiano-idéaliste, dans son troisième et dernier paradigme : celui de la déconstruction, mais avec un décalage de plus d'un siècle sur ce dernier (cette anti-cyclicité partielle est une des sources des heurts violents entre les deux cultures, tant en Israël, qu'en France ou ailleurs).

 

La germination …

 

Pour l'Islam, tout commence aux alentours de La Mecque, vers 600 (le début officiel du calendrier musulman a été arbitrairement fixé à 622, ,avec l'Hégire de La Mecque à Médine). On ne sait rien des débuts de Mu'hammad hors qu'il était caravanier et illettré, et que jeune, il avait épousé une riche veuve nommée Khadija. Mu'hammad est imprégné de la spiritualité ambiante : sur fond d'animisme arabique, des communautés juives et surtout chrétiennes orientales (monophysites, ébionites, syriaques, …) ont déjà, depuis longtemps, donné, au centre de la péninsule arabique, un grand bain de monothéisme. Mu'hammad, oisif, a le temps d'entendre toutes ces histoires, de les ruminer, de les méditer et, peu à peu, son esprit s'illumine ; il se dresse en prophète d'une nouvelle sur-religion inédite, prétendant englober le judaïsme arabique, le christianisme oriental et le djinisme ancien. Les habitants de La Mecque le rejette et il part pour Médine où les communautés juives et chrétiennes sont plus nombreuses. Il croit en une conversion rapide des Juifs à sa prédication ; il n'en est rien, évidemment. Il se rapproche alors des chrétiens arabisés qui vont devenir sa véritable source d'inspiration, notamment en lui faisant découvrir, avec des yeux chrétiens, la Bible et les Evangiles, et en écrivant, pour lui, les prémices de ce qui deviendra, plus tard, après sa mort, le Coran écrit par bien d'autres plumes. Ce rejet de la prédication de Mu'hammad par les communautés juives médinoises est la cause profonde de la haine que Mu'hammad et, après lui, tout le monde musulman a conçu à l'endroit des Juifs (un profond antijudaïsme séculaire dont l'antisionisme actuel n'est qu'un avatar puéril) ; d'ailleurs, dès qu'il eut les moyens militaires de le faire, Mu'hammad s'est empressé d'exterminer ces communautés juives médinoises.

 

La cycle arabique …

 

Quoiqu'il en soi, à Médine, les balbutiements mysticistes de La Mecque, aigris par les échecs mecquois et médinois des conversions que Mu'hammad espérait massives, se transforment et deviennent rapidement une idéologie politique, impérialiste et totalitaire. La "Guerre Sainte" allait bientôt pouvoir commencer. En bon populiste, Mu'hammad rassemble assez vite une bonne troupe populacière de "laissés pour compte" ; il devient alors possible de lancer une razzia sur La Mecque et d'y triompher militairement, avec force massacres. Du coup, Mu'hammad, chef de guerre - mais si peu chef religieux - se lance à l'assaut de la péninsule arabique et son triomphe de La Mecque lui apporte gloire et crédit auprès des tribus pauvres, illettrées et dépenaillées qui vivotent dans le désert.

 

L'armée musulmane grossit et atteint de l'ordre de 100.000 soldats. Il n'y en aura jamais guère beaucoup plus. L'empire romain s'est écroulé vers 400, laissant toute l'Afrique du nord à son triste sort ; parallèlement, au 7ème siècle, l'empire sassanide s'effondre en Perse. La ridicule armée musulmane profite de ces deux immenses poches de faiblesse pour conquérir tout le Moyen-Orient aryen et toute l'Afrique du nord berbère : les populations les accueillent en libérateurs et en sauveurs, presque sans coup férir (sauf en Tunisie où une cheffe de tribu juive, nommée La Kahina, va réussir une coalition judéo-berbère qui va tenir les hordes arabes des Omeyades en échec.

En Afrique du nord, les populations étaient de curieux mélanges de Berbères, de Noirs africains et de Wisigoths, sans la moindre goutte de sang arabe dans les veines. Les Maghrébins, il faut le rappeler, ne sont pas des Arabes ; ils n'en ont ni la race, ni la langue, ni la culture, ni la mentalité.

 

Sans évoquer trop les légendes de la succession de Mu'hammad et des querelles entre Ali et Abu-Bakr, le fait est que l'idéologie musulmane s'est assez vite scindée en deux courants principaux (eux-mêmes subdivisés en de nombreux courants concurrents, voire ennemis). D'un côté, 80% des musulmans se regroupent sous la bannière du sunnisme (péninsule arabique, Maghreb, Afrique saharienne et sub-saharienne, une partie occidentale du proche-Orient, une partie de l'Asie du sud-est. De l'autre côté, les 20% restant se regroupent sous la bannière du chiisme persan, devenu iranien, qui est plus un zoroastrisme islamisé qu'autre chose.

Le cycle arabique de fondation de l'idéologie musulmane dura de l'ordre de 550 ans, entre environ 600 et 1150. La fin de ce paradigme arabique marque également l'épanouissement d'un chiisme élitaire, mystique et poétique qui prend ses distances par rapport au rigorisme populaire, exotérique et puritain d'un certain islamisme sunnite.

 

Le cycle turc …

 

Un paradigme ottoman (turc) prit alors le relais du paradigme arabique de 1150 à après 1700. Il fut suivi d'un long effritement qui se termina en déroute, du fait de la radicalisation passéiste des "Jeunes Turcs" (responsable du génocide arménien en 1908), avant la grande défaite de la coalition germano-turque de 1918. Un sursaut d'occidentalisation faillit réussir grâce à Mustapha Kemal Atatürk entre 1923 et  1938. 

Ce sunnisme turc impérial prit d'abord la forme d'un empire seldjoukide limité (1077 à 1307), puis celle d'un empire ottoman très étendu (conquête progressive de tout l'espace sunnite occidental à partir de 1250). L'apogée de l'empire ottoman se place entre 16ème et 17ème siècle, notamment sous la férule de Soliman-le-Magnifique.

 

Le cycle occidental …

 

Dès le début du 18ème siècle, l'empire ottoman commence à s'affaiblir sous la poussée européenne (Maghreb, Egypte, Liban, Syrie, etc …). C'est alors que commença le paradigme de déconstruction (qui est un paradigme d'occidentalisation) de l'idéologie musulmane (comme la modernité fut le cycle de déconstruction du paradigme christiano-idéaliste, mais avec une avance préjudiciable de deux siècles environ).

L'occidentalisation du monde musulman eut de nombreuses causes :

  • bien sûr la colonisation européenne y apporta un progrès économique, technique, éducationnel et moral (surtout au bénéfice des femmes et par l'abolition des esclavages) indiscutable,
  • mais aussi la manne financière apportée par l'ère du pétrole lui permit de singer l'occident en matière de luxe, de confort, de services et d'organisation,
  • mais encore, la formation des élites musulmanes dans les universités occidentales accéléra la prise de conscience de l'archaïsme des structures et mœurs musulmanes,
  • mais enfin, les travailleurs immigrés qui vinrent prêter main forte, durant les "trente glorieuses", à la reconstruction de l'Europe, furent le noyau d'une population musulmane occidentalisée (même si leurs rejetons banlieusards actuels financent leur "radicalisation" à grands coups de trafics de drogue) qui n'a plus aucune intention de retourner vivre parmi les archaïsmes de leur passé maghrébin ou turc.

 

Asynchronisme délétère …

 

C'est l'asynchronisme entre le paradigme musulman et le paradigme chrétien qui est la cause profonde des conflits entre eux aujourd'hui.

Les christiano-idéalistes ont déjà "viré leur cuti" et savent qu'ils sont en train de bifurquer radicalement hors christianité, hors idéalisme et idéologie, et hors modernité : pour eux, une nouvelle ère de l'histoire humaine s'ouvre sur des principes et des réalités totalement différentes de celles qui prévalaient.

Au même moment, dans le même monde, mais dans des référentiels différents (car l'islam est toujours une construction essentiellement médiévale), les musulmans instruits n'ont pas encore pris conscience des processus de déconstruction qui  travaillent profondément leur culture, et n'en acceptent pas du tout les manifestations (d'où la haine de la technique, la haine de "l'occident", la haine de la science, la haine de la libération des femmes et des mœurs, la haine de l'instruction, etc …).

 

C'est cela le moteur intime de la radicalisation du frèrisme, du salafisme, du wahhabisme ou du djihadisme.

C'est cela aussi le moteur intime de la "révolution iranienne" et du rapprochement, contre nature, du chiisme et du sunnisme sous le régime dictatorial et brutal des âyatollâhs.

C'est cela le jeu de ruse de l'Arabie saoudite qui, d'une main, finance le salafisme du monde entier, et de l'autre, se dit allié de l'occident, grand consommateur de son pétrole.

C'est cela la cause de la haine profonde contre Israël, dans le contexte de la haine millénaire contre les Juifs : Israël appartient au monde et à l'histoire occidentale, christiano-idéaliste, et est perçu, au mépris total de l'histoire longue, comme un coin de fer moderniste enfoncé dans la chair d'un monde musulman archaïque.

C'est cela la souffrance du Liban, jadis le pays des cinq religions en paix (sunnisme, chiisme, druzisme, judaïsme et christianisme), jadis le pays le plus occidentalisé du proche orient, jadis la plaque financière la plus prospère de la région, et aujourd'hui déchiqueté et mis en lambeaux par les séides du Hezbollah salafiste iranien.

Voilà la cause intime et profonde des tensions entre le monde musulman et le reste du monde, comme un décalage horaire de plusieurs siècles entre les évolutions cycliques de leur histoire.

 

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Que signifie le fait qu'un système (topologique) ou un processus (dynamique) soit "complexe" ? Cela signifie qu'ils sont le sujet d'une organisation sophistiquée, d'un ordre spatiotemporel, d'une configuration élaborée, d'une forme non triviale.

 

Cette organisation sophistiquée est le fait de relations (topologiques) et d'interactions (dynamiques) repérables, stables, cohérentes, souvent récurrentes. On parle alors de propriétés eidétiques.

L'eidétique met de l'ordre dans le topologique et dans le dynamique.

 

Mais quelle est la différence fondamentale entre une entité ordonnée et une autre ?

Qu'est-ce que l'ordre, sachant qu'il existe différentes sortes d'ordre : entropique (uniformité), "chaotique" (fragile), mécanique (mathématique) ou organique (homéostatique) ?

Quelle est la différence profonde entre l'ordre et le chaos ?

 

Une autre manière de poser le problème est celle-ci : qu'est-ce qu'une "forme" ?

Quelle différence entre "forme" et "difforme" ou "informe", sachant que la "forme" exprime ce qui est "informé", c'est-à-dire ce qui contient de l'information ?

 

Est ordonné ce qui reste cohérent dans la durée, même si la forme se déforme au cours du temps. C'est la notion de "cohérence" qui est centrale.

Est cohérent ce qui reste ensemble dans la durée, distinct du reste, ce qui possède une identité propre par rapport à un milieu "externe", ce qui est "encapsulé" ou "vésiculaire".

Les différents types d'ordre se distinguent par leur manière de tolérer, ou pas, les déformations, par leur résilience, donc, c'est-à-dire leur manière de préserver, de perpétuer, de transmettre l'information qu'ils contiennent.

 

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Qu'est-ce qu'une théorie scientifique ? Le lieu de rencontre d'un désir de comprendre le Réel, d'un ensemble d'observations et de mesures empiriques, d'un ensemble d'intuitions cosmosophiques (que je préfère à "métaphysiques"), d'un ensemble de théories antérieures et d'une méthode ou langage de représentation (classiquement, les mathématiques).

 

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La physique, c'est l'étude de la Nature (de la physis, en grec), c'est-à-dire de la Vie du Réel (ce qu'il est ? d'où il vient ? où il va ? comment il y va ?).

Du latin natura, la Nature, c'est "ce qui fait naître".

Du grec physis, la Nature, c'est "ce qui apparaît".

 

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Le Réel est travaillé par trois moteurs :

 

  • la substantialité (topologique) qui engendre à la fois de la spatialité et de la matérialité,
  • la vitalité (dynamique) qui engendre à la fois de la conservativité et de l'évolutivité,
  • la logicité (eidétique) qui engendre à la fois de l'uniformité et de la complexité.

 

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La science est un vaste processus cognitif. Et comme tout processus, elle est :

 

  • un projet : le compréhension profonde et fiable du Réel,
  • une mémoire : l'ensemble des expérimentations et théories du passé,
  • une logique : l'organisation précise de la démarche,
  • une inventivité : la création d'idées, d'hypothèses et de modèles,
  • une sensibilité : l'expérimentation sur le Réel,
  • une intuitivité : la vision cosmosophique du Réel.

 

Et pour harmoniser et optimiser le tout, il faut une méthodologie rigoureuse, intellectuelle et épistémologique

 

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Le 06/10/2022

 

La cohérence systémique consiste à faire un "tout" - et non un "tas" - au milieu du reste.

 

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La connaissance, ce n'est pas posséder la vérité du Réel.

La connaissance, c'est construire une représentation véridique du Réel qui, progressivement et si on l'élabore méthodiquement et rigoureusement, se rapproche asymptotiquement de la vérité.

Et qui dit "représentation", dit "langage de représentation".

La question de l'adéquation de ce langage de représentation est donc cruciale.

On ne dit pas la même chose en latin, en hébreu, en mandarin, en sanscrit, en musique, en dessin ou en mathématique.

Aujourd'hui, la connaissance la plus véridique est exprimée en mathématique. Mais on sait aussi que le langage mathématique n'est pas adéquat pour représenter la complexité (il est trop analytique, quantitatif, syllogistique, …).

Et les langages non mathématiques, quelle que soit leur esthétique, sont trop imprécis et approximatifs pour pouvoir prétendre "dire la vérité".

Le défi du nouveau paradigme sera donc d'inventer de nouveaux langages capables d'allier systémicité, simplicité et rigueur.

 

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Le 08/10/2022

 

L'antisémitisme, c'est la haine des personnes juives, parce que juives ou d'origines juives, jusqu'à désirer leur assassinat.

L'islamophobie est le rejet radical de l'islam en tant que doctrine idéologique et religieuse, et de l'islamisme qui en est le bras armé … sans qu'il y ait là de haine des personnes.

L'Euroland est un continent fondé sur un bassin culturel judéo-helléno-chrétien ; l'islam et, encore moins, l'islamisme n'ont rien à y faire, parce que foncièrement antinomiques et incompatibles avec les valeurs européennes, notamment concernant les femmes, l'intolérance et la violence.

 

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Présentation du livre : "Voyage au centre du malaise français" de Paul Yonnet, préfacé par Marcel Gauchet :

 

"Trente ans après sa parution, la pénétrante clairvoyance de ce livre et son actualité brûlante frappent le lecteur au plus haut point. En matière d’immigration, Paul Yonnet avait identifié très tôt l’origine du déni dans laquelle la France allait être enfermée, cet "antiracisme de nouvelle génération" apparu dans les années 80, porté par l’agent idéologique mitterrandien que fut SOS Racisme. Alors que la France, et en particulier la gauche, avait depuis longtemps convenu que la "race" était une idée sans fondement, Paul Yonnet a compris et osé dire que ce néo-antiracisme allait s’installer, déclenchant avant même la parution de son livre, les premières foudres du politiquement correct. Il montre que les comparses d’Harlem Désir et de Julien Dray n’ont pour cela qu’une seule mission  : en finir avec l’assimilation républicaine en promouvant le "droit à la différence". Sans le dire, il s’agit d’adapter la France à l’arrivée d’une immigration musulmane massive dont on sait bien que sa culture religieuse inégalitaire ne lui permettra pas d’emprunter le chemin assimilationniste qu’ont respecté les autres vagues d’immigration. Pour y parvenir, toutes les culpabilisations sont bonnes, colonialisme ou pétainisme, et pour se faire pardonner, les valeurs françaises doivent être réduites aux seuls droits de l’Homme  : tout être humain doit être accueilli et pouvoir rester lui-même, avec ses coutumes et ses traditions. Dès lors, s’opposer à cette immigration devenue inconditionnelle devient un "repli" nauséabond. Médias, dirigeants économiques, responsables politiques, églises, tous avalisent cette tragique renonciation. Or c’est là un tournant majeur de l’histoire française dont les conséquences sont toujours devant nous."

 

Comment dire ? François Mitterrand est vraiment une grosse merde !

Un collabo du nazisme reconverti à la conquête cynique du pouvoir politique en s'appuyant sur un socialisme de façade (mais monarchique) et sur l'immigration musulmane.

Il suffit de visiter Château-Chinon (son "fief") qui, depuis qu'il y a autorisé une école d'immams, est une petite ville complètement islamisée : des femmes voilées, partout, mais des bourguignons et des morvandiaux, nulle part.

La période 1981 à 1995 a été la plus terrible de l'histoire de France depuis l'après-guerre.

 

 

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Présentation du livre : "La religion woke" de Jean-François Braunstein :

 

" Une vague de folie et d’intolérance submerge le monde occidental. Venue des universités américaines, la religion woke, la religion des «  éveillés  », emporte tout sur son passage  : universités, écoles et lycées, entreprises, médias et culture.

  Au nom de la lutte contre les discriminations, elle enseigne des vérités pour le moins inédites. La 'théorie du genre' professe que sexe et corps n’existent pas et que seule compte la conscience. La 'théorie critique de la race' affirme que tous les Blancs sont racistes mais qu’aucun 'racisé' ne l’est. L’'épistémologie du point de vue' soutient que tout savoir est 'situé' et qu’il n’y a pas de science objective, même pas les sciences dures. Le but des wokes : 'déconstruire' tout l’héritage culturel et scientifique d’un Occident accusé d’être 'systémiquement' sexiste, raciste et colonialiste. Ces croyances sont redoutables pour nos sociétés dirigées par des élites issues des universités et vivant dans un monde virtuel.

  L’enthousiasme qui anime les wokes évoque bien plus les 'réveils' religieux protestants américains que la philosophie française des années 70. C’est la première fois dans l’histoire qu’une religion prend naissance dans les universités. Et bon nombre d’universitaires, séduits par l’absurdité de ces croyances, récusent raison et tolérance qui étaient au cœur de leur métier et des idéaux des Lumières. Tout est réuni pour que se mette en place une dictature au nom du 'bien' et de la 'justice sociale'. Il faudra du courage pour dire non à ce monde orwellien qui nous est promis.

Comme dans  'La philosophie devenue folle', Braunstein s’appuie sur des textes, des thèses, des conférences, des essais, qu’il cite et explicite abondamment, afin de dénoncer cette religion nouvelle et destructrice pour la liberté.

Un essai choc et salutaire. "

 

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Le trajet de Michel Onfray.

D'abord anarcho-rebelle. Puis socialo-gauchiste. Puis socialo-populisme. Et maintenant national-souverainiste, anti-européen et franchouillard. Il n'a toujours pas compris que le peuple français et la nation française n'existent tout simplement pas, et ne sont que des mythes artificiels inventés ad-hoc par les démagogues parisiens de la troisième république à la fin du 19ème siècle.

Quelle décadence, ce type !

 

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Tout ce que l'on dit "national" n'est que foutaise.

Et, en particulier : histoire nationale, économie nationale, roman national, puissance nationale, souveraineté nationale, patrimoine national, etc …

Tout cela n'est qu'invention imaginaire produite par le cerveau malade des démagogues.

Il n'existe que des cultures continentales et des identités locales !

L'Europe ? Oui ! Le Morvan ? Oui ! La France ? Non !

 

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De Jean-Paul Enthoven, ce joli clin d'œil qui bastonne la politique politicienne :

 

"Le chemin le plus court entre deux point est toujours une droite.

Mais quel est le chemin le plus long ?""

 

Mais il faut aller plus loin : le chemin topologique le plus court entre deux points est la géodésique (variable selon la métrique de l'espace) et jamais la droite (car l'espace euclidien est une fiction simplificatrice et idéalisante qui ne colle pas avec la géométrie du Réel).

Et le chemin le plus long est aussi une géodésique qui vise à extrémiser un autre paramètre : la durée.

Cela dit, le clin d'œil impertinent est cependant très pertinent.

 

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Ce n'est pas la matière qui est dans l'espace ; c'est l'espace qui est engendré par la matière (ou, plus précisément, par la substance prématérielle).

 

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De Luc Barochez :

 

"Les populistes appauvrissent le peuple."

 

Une évidence qu'il est temps de souligner !

 

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Le Brexit est en train de tuer la Grande-Bretagne (qui n'existe plus que très artificiellement, l'Ecosse et l'Irlande du Nord, suivies par le pays de Galles sont prêts à faire sécession), non seulement politiquement, mais surtout économiquement.

Le populisme infect et abject de BoJo fait son œuvre sans lui.

 

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Il est navrant que des journalistes s'étonnent que les gens aisés aient une espérance de vie en bonne santé plus longue que les gens moins aisés. Et, bien sûr - on est en France - d'hurler aux inégalités qu'il faut "combattre".

C'est pourtant une évidence dès lors qu'on se demande pourquoi ils sont plus aisés : parce qu'il ont travaillé plus dur, dans un projet plus fort et plus noble, parce qu'ils sont plus intelligents et cultivés, parce qu'ils sont mieux formés et veulent être mieux informés donc plus à même de réfléchir, de comprendre ce que "santé" veut dire, de dominer leurs envies et de régler leur vie, etc …, alors que les "pauvres" mangent mal (des plats préparés agroindustriels, plus chers et de mauvaise qualité nutritive - cfr. les études d'analyse du "caddie de la ménagère"), boivent mal (soft-drinks, mauvais vin, alcool), fument trop, sont souvent obèses et inactifs, esclaves de leur télévision ou de leur ordiphone, et de leur malbouffe.

Ce n'est pas parce qu'ils sont pauvres, qu'ils vivent mal ; c'est parce qu'ils vivent mal, qu'ils sont pauvres.

 

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Le 08/10/2022

 

D'André Comte-Sponville :

 

"On est passé des lendemains qui chantent, aux générations futures qui pleurent, des utopies aux dystopies, des progressistes aux déclinistes, des révolutionnaires aux collapsologues."

 

Bref, on passe des idéalismes aux réalismes. Enfin !!!

Le seul monde idéal qui puisse exister, est un monde terrestre avec moins de deux milliards d'humains pour l'habiter et y vivre frugalement.

 

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Le wokisme est une mouvance absurde et simpliste qui entend rassembler toutes les "victimes" en désignant des boucs émissaires qui nourrissent le ressentiment de tous les médiocres (puisqu'un médiocre qui ne s'accepte pas tel - s'il s'acceptait tel, il ne le serait déjà plus autant -, est donc forcément "victime" de ceux qui sont présumés être la cause externe de sa médiocrité).

Comme son "mal-être" ou son "mal-vivre" ou son "mal-penser" ne peut pas être de la responsabilité de la "victime", il faut nécessairement désigner le "vrai" responsable qui en est coupable.

Le wokisme est donc une vaste entreprise - qui serait loufoque, si elle n'était pas dramatique - de déresponsabilisation générale : tu n'es pas responsable de ta médiocrité, donc tu es victime des "élites", des "forts", des "riches", des "intelligents", etc …

 

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Le wokisme est, au début du 21ème siècle, ce que le marxisme a été au mitan du 19ème siècle, relancé au mitan du 20ème siècle : une "doctrine" militante simpliste construite sur un dualisme faux et délirant, avec, d'un côté : le capital et le travail, et de l'autre : la victimisation et l'oppression.

Tout cela est erroné, falsifié et réducteur, mais attise le ressentiment des esprits faibles et des médiocres, des ratés et des paumés.

Le responsable de la nullité de ma vie, ce n'est pas moi, mais c'est le système (donc de ceux que, dans mon complotisme psychotique, je crois "diriger" ce système à mon détriment, moi innocente victime de tout).

 

En face, un principe simple et véridique : chacun ne vit que ce qu'il mérite.

 

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Le 09/10/2022

 

Héritier des mouvances socialo-gauchistes, elles-mêmes héritières d'un mysticisme chrétien, le wokisme est, en fait, un hyper-égalitarisme, non seulement entre tous les humains (tous sexes, genres, races, cultures, religions, confondus), mais aussi, pour certaines franges, entre les humains et les animaux.

 

Il appert une synonymie radicale et totale entre "justice sociale" et "égalitarisme absolu". Les notions d'équité, de respect des différences, de complémentarité des êtres, de tolérance mutuelle, etc … ont été radicalement détruites.

 

C'est un syndrome connu de ressentiment des médiocres que leur exigence d'être considérés comme les égaux de gens évidemment supérieurs à eux.

Cette médiocratie absurde est clairement à l'opposé de toute saine méritocratie.

 

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Le wokisme est un dogmatisme idéologique quasi-religieux. Il s'agit d'une "foi" mysticiste qui ne se discute pas, qui ne se critique pas, qui est une vérité supérieure irréfragable, une "foi" strictement réservée aux "élus" éveillés dont les croyances égalitaristes sont, par évidence, totalement et définitivement supérieures à toutes les autres opinions ou convictions.

Et bien sûr, comme pour tous les autres dogmatismes à caractère religieux, cette "foi" wokiste est dispensée de toute rationalité (puisque la rationalité est l'instrument de domination des intelligents sur les crétins).

 

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Le wokisme est une religion qui désigne la seule coupable de tout le Mal du monde depuis toujours : la culture européenne (censée être blanche, hétérosexuelle, patriarcale, raciste, colonisatrice, esclavagiste, judéo-chrétienne, islamophobe, homophobe, sexiste, etc …).

Le wokisme est une religion du non-pardon définitif et, donc, du ressentiment éternel.

Cette religion est née dans les milieux noirs américains dans la mouvance du post-protestantisme et des Great awakenings (les "grands éveils") qui ont tant inspiré, par exemple, Martin Luther King. Mais elle a vite débordé le creuset noir pour s'étendre à toutes les victimes "systémiques" de toutes les oppressions supposées relever de l'ancestrale culture européenne.

 

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On l'a compris, le wokisme est un totalitarisme comme tous les autres, aussi infect et abject que ceux que l'on nomme marxisme, communisme, socialo-gauchisme, socialo-populisme, écolo-gauchisme, néo-tsarisme, islamisme, … bref : tout ce qui s'oppose au libéralisme c'est-à-dire au droit absolu à l'autonomie, au mérite et à la valorisation de ses propres différences en complémentarité avec celles des autres.

 

Il m'apparaît qu'aujourd'hui, la binarité classique se radicalise : il y a les totalitarismes et il y a les libéralismes.

Et l'actuelle chaotisation du monde humain - comme à chaque bifurcation paradigmatique -, par les peurs souvent inconscientes qu'elle induit, nourrit un besoin de sécurisation que la démagogie totalitaire prétend pouvoir imposer (ce que les médiocres, incapables d'autonomie, sont prêts à croire).

 

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Le wokisme est prêt à compatir et à combattre avec toutes les "victimes" de la Terre … sauf avec les vraies victimes, celles de l'antisémitisme et de la Shoah, parce que les Juifs ont été d'office classés dans le camp des oppresseurs blancs.

A l'inverse, ces vrais artisans de l'esclavagisme à grande échelle, en Afrique, que furent les Africains eux-mêmes au travers de leurs guerres tribales, et, surtout, les trafiquants arabes sont, paradoxalement, classés dans le camp des opprimés.

Donc, ne pas oublier : le wokisme est au-dessus de toute rationalité et de toute historicité.

 

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Jean-François Braunstein écrit ceci :

 

"Bret Easton Ellis a très bien résumé la vision du monde woke, qui est aussi celle des réseaux sociaux : ce qu'ils veulent, c'est 'se débarrasser de l'individu'."

 

Pour le dire autrement, et comme déjà signalé et souligné : leur ennemi juré, c'est l'autonomie personnelle et l'assomption des différences.

L'illibéralisme n'est pas le monopole des Poutine, Erdogan, Xi-Jinping, Kaissi, Orban, Mélenchon ou autre Le Pen ; il est aussi infiltré, nocivement actif et rayonnant, au cœur des universités, tant américaines qu'européennes (surtout du côté des "sciences humaines").

 

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Contrôler le présent, mais sans construire d'avenir.

Une religion sans eschatologie.

Une idéologie sans "lendemains qui chantent".

Une révolte dans espoir.

Une morale très relative qui doit devenir une morale absolue.

Une lutte d'autant plus "belle" qu'elle est inutile et désespérée, absurde et illégitime.

Voilà tout le wokisme.

 

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Ceux que moi j'appelle les "médiocres", chantres de tous les ressentiments, s'appellent eux-mêmes les "fragiles".

Ce que moi j'appelle la réalité du Réel, ils l'appellent, eux, "agression".

Toute la mouvance woke se bâtit alors sur l'idée de protéger les "fragiles" et les "faibles" - les "médiocres, donc - contre toutes les "agressions" - non réelles, mais "ressenties" - venant du monde extérieur - bien réel, lui.

Ces "agressions" sont aussi appelées "harcèlement", un harcèlement (scolaire, sexuel, professionnel, conjugal, familial, …) parfois réel et abject, mais le plus souvent "ressenti" lui aussi.

On y confond joyeusement les faits et leurs interprétions.

 

Et Jean-François Braunstein de commenter :

 

"Tout peut alors être considéré comme une agression puisqu'on trouvera toujours une personne suffisamment fragile pour être offensée. Il s'agit là d'une bombe atomique contre toute discussion argumentée, puisqu'il suffit qu'une seule personne se sente agressée pour qu'une parole libre soit interdite."

 

Il est temps que les "fragiles", les "faibles" et les "médiocres" apprennent à quitter leur contemplation de nombril et à assumer la réalité du Réel ; à s'endurcir, en somme, à se renforcer, à se consolider, à devenir moins crétin et plus détacher, plus capable de sens de l'humour et d'auto-dérision.

 

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Il est urgent que les personnes et les groupes qui ont choisi de vivre marginalisé ou hors norme (donc anormalement), cessent de vouloir faire de leur marginalité une norme.

La loi de Pareto est d'airain : les 80% de la population qui fonctionnent normalement, se fichent comme d'une guigne des états d'âme des 20% qui ont choisi de vivre autrement, dans le racialisme, l'homosexualisme, le genrisme, l'hyperféminisme et que sais-je encore.

Ces marginaux sont simplement ignorés (ce qui blesse leur ego narcissique) ou, lorsqu'ils sont ridicules, ridiculisés.

 

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Le principe d'antifragilité mis en évidence par Nassim Nicholas Tayeb, ne dit rien d'autre que ceci : pour qu'un processus complexe puisse développer et maîtriser les processus de dissipation des surtensions qui nourrissent sa complexité, il faut bien qu'il accepte de s'exposer à des surtensions.

Le sécuritarisme est délétère. La forfanterie imbécile et la témérité ignorante aussi.

 

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Il y a derrière le wokisme un rejet et un refus de l'anormalité par rapport à la normalité c'est-à-dire à la norme, tant biologique ou mentale, que culturelle ou sociale.

Tous les humains doivent se considérer comme tous également anormaux.

Les gens sont tous différents, donc ils sont égaux … en différence. Et évaluer et comparer ces différences de façon à établir des diagnostics ou des classements, est considéré comme agressivement discriminatoire, voire ségrégationniste.

Tout est devenu radicalement subjectif, une question d'appréciation personnelle, donc, sans le dire, de nombrilisme et de narcissisme : personne ne doit être évalué et comparé puisque chacun est unique et incomparable. Chacun est pour soi son propre chef-d'œuvre.

Plus question de progresser, plus question de se dépasser, plus question de mieux exceller puisque tout est déjà parfait.

La fragilité est la plus belle des puissances.

La susceptibilité est la plus forte des défense.

La faiblesse est la plus jolie des forces.

 

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On naît femme (ou homme) et on ne le devient pas, n'en déplaise au Castor.

En revanche, on ne naît pas homosexuel, on le devient.

Et on le devient pour dissiper des surtensions dans les relations avec les parents, avec l'entourage, avec l'école, avec les camarades, etc …

L'homosexualité est une autothérapie par la négation de sa nature.

 

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Il faut dénoncer vivement le vaste courant de psychologisation et d'émotionnalisation qui submerge des pans entiers de l'actuel monde humain. Tout y est dramatisé ; on nage dans l'angoisse et l'anxiété, dans la pleurnicherie et dans la pitié, dans la commisération et la bienveillance.

Presque plus personne ne prend rien sur soi (mais que fait donc l'Etat ?), ni n'assume ce qu'il est : chacun veut se réinventer au gré des tatoueurs, des chirurgiens, des maquilleurs, des nutritionnistes, des thérapeutes et de tous les autres charlatans qui n'ont jamais foisonné autant.

 

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A propos de cette ânerie fumeuse appelée "théorie du genre", Jean-François Braunstein écrit ceci :

 

"(…) la théorie du genre vise à s'implanter dans toutes les sociétés humaines sans exception, dans la mesure où celles-ci reconnaissent la différence des sexes, qu'il s'agit d'effacer. La théorie du genre a le mérite paradoxal de porter à l'extrême les théories wokes, en niant les faits les plus élémentaires mais aussi en s'en prenant directement à la science, la biologie en premier lieu et, à la fin, en récusant l'existence même de la réalité. Pour cette théorie, seul existe le genre , la conscience que l'on a d'être un homme ou une femme ou n'importe quoi entre les deux. Le genre est ce par quoi l'on devra se définir, et si vous avez l'audace de rappeler l'existence du corps, vous serez stigmatisé transphobe."

 

Peut-être faut-il rappeler trois évidences :

 

  • La construction de la maison précède sa décoration.
  • La Nature précède la Culture.
  • La physiologie précède la psychologie.

 

Le différenciation sexuelle a été génialement inventée par la Nature il y a des milliards d'années afin d'enrichir, à chaque génération, le patrimoine génétique global. La Nature n'a que faire de ce que l'on croit ou voudrait être ; elle n'a que faire des états d'âme humains ; on est ce que l'on est, tel que fait par elle.

Le genre, ça n'existe tout simplement pas. C'est un pur fantasme charlatanesque.

Le mâle et la femelle, l'homme et la femme, sont naturellement et profondément différents ; exiger entre eux une égalité artificielle est proprement absurde et appauvrissant car ce sont leurs différences réelles, naturelles et profondes qui permettent ces complémentarités faisant la force d'un couple hétérosexuel face au monde, face aux autres, face à la procréation, à l'éducation et à la transmission.

Tout le reste est bavardage psychotique oiseux.

 

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Le 10/10/2022

 

De Marcel Pagnol :

 

"Dès que ses professeurs commencèrent à le traiter en bon élève, il le devint véritablement : pour que les gens méritent notre confiance, il faut commencer par la leur donner."

 

Oui, bien sûr ! Mais ensuite, ils doivent continuer à la mériter et ne jamais considérer que la confiance qu'on leur fait, est un patrimoine définitivement acquis.

La confiance de quelqu'un doit se mériter chaque jour et la moindre trahison la détruit irrémédiablement.

La confiance, comme la virginité, cela ne sert qu'une fois.

 

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D'un anonyme :

 

"Coupe du monde de Football au Qatar : un seul chiffre... 6 500 morts.

C'est le nombre d'ouvriers morts pour construire les stades depuis 2010. Pour certains journalistes et politiques : "Les joueurs de l'équipe de France de foot ne sont pas des hommes politiques, ils sont là pour jouer. Élever leur niveau de conscience, ça me semble souhaitable, mais sans leur en demander trop" (Amélie Oudéa-Castéra - France Inter). Nous, citoyens, soyons aveugles, crédules et ne réfléchissons pas ! Il ne faut pas parler des 6500 morts ! Cette coupe du monde est un drame humain avant même d'avoir commencé ..."

 

Qu'attendre d'autre de ce cloaque islamiste qu'est la Qatar ? Pourquoi donc les organisateurs de cette pitrerie footballistique jouent-ils le jeu de cette infâme dictature intégriste dont la seule qualité est d'être assis sur des réserves d'hydrocarbures ?

 

De même, pourquoi les jeux olympiques d'hiver auront-ils lieu dans les désert surchauffés d'Arabie saoudite, au mépris souverain de toutes les économies d'énergie mondiale ?

 

Quand donc les autorités mondiales cesseront-elles de lécher le cul aux politiques arabes et aux intégristes musulmans ?

Le pétrole n'est pas une bonne excuse !

 

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De Christian Bobin :

 

"Je pousse dans les rues une charrette chargée d'optimisme, je crie : "espérance à tout va !". Beaucoup me répondent en me lançant par la fenêtre le contenu de leur pot de chambre mais il en faudrait bien plus pour éteindre une cargaison de soleils"

 

L'idée est poétique ( comme toujours chez Christian Bobin), mais le problème n'est pas là.

Ce n'est pas de l'espérance qu'il faut distribuer, mais de la volonté et du courage.

Il n'y a rien ni à espérer, ni à sauver ; mais il y a tout à construire !

 

Et la réponse de Guillaume Ier d'Orange-Nassau :

 

"Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre,

ni de réussir pour persévérer."

 

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De David Goodhart, essayiste britannique, inspiré par Nietzsche :

 

"Il faut se souvenir de ce que disait Nietzsche de la démocratie : il s'agit d'un système qui promet l'égalité entre les hommes, mais c'est une promesse intenable. En effet, nous ne sommes pas égaux dans les faits. Dans les sociétés libres, qui garantissent l'autonomie et la liberté, on trouve toujours la version contemporaine et séculaire de la promesse chrétienne que nous sommes tous égaux aux yeux de Dieu. La démocratie, du fait de son incapacité à tenir cette promesse centrale d'égalité, devient une machine à créer du ressentiment. Certaines cultures politiques semblent meilleures que d'autres pour le gérer. Il serait opportun de s'intéresser dans le détail à la façon dont différentes démocraties gèrent cet écart entre les promesses du système et la réalité. Cela dit, il convient aussi de garder à l'esprit que toutes ces problématiques sont propres à des sociétés riches et prospères."

 

Tout est dit … sauf que tous les systèmes non-démocratiques sont encore plus désastreux (cfr. Winston Churchill).

Le problème n'est pas tant dans le principe démocratique que dans ses modalités d'application : le suffrage universel est une calamité (la tyrannie des médiocres et des ignares) qu'il faut remplacer pour une démocratie au mérite (le droit de vote doit se mériter selon des critères clairs et objectifs, favorables au bien commun).

 

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Bêtisier des bulletins de notes...

Voici les remarques les plus drôles laissées par des profs sur de vrais bulletins de notes :

 

  • "Attentif en classe... au vol des mouches"
  • "En très nette progression vers le zéro absolu !"
  • "Participe beaucoup... à la bonne ambiance de la classe"
  • "Élève brillant... par son absence"
  • "Fait preuve d'absentéisme zélé"
  • "À touché le fond...mais creuse encore"
  • "Se retourne parfois... pour regarder le tableau ?"
  • "En forme pour les vacances"

 

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De Kamel Daoud :

 

"Le dévoilement en Iran, la mise à nu en France.

La ritournelle de l’exilé crachant sur nos démocraties occidentales après avoir fui l’islamisme de son pays d’origine est obscène."

 

C'est bien d'obscénité islamiste dont il faut parler avec d'un côté, des populations entières sous la coupe des merdeux islamistes (Iran, Afghanistan, Pakistan, Qatar, Al-Qaïda, Hamas, Turquie, Hezbollah, etc …), qui souffrent et se battent pour s'en défaire ; et de l'autre, des immigrés récents ou descendants d'immigrés qui, dans les banlieues républicaines de non-droit, jouent les caïds et font régner, attisés par des imams islamistes, une terreur intégriste sur leurs parents et sur les femmes.

Sarkozy avait raison : il faut "karcheriser" tout ça.

L'islam et l'islamisme n'ont rien à faire en Europe.

Ici, on s'européanise totalement, ou on retourne chez soi.

L'islam est définitivement incompatible avec les valeurs judéo-helléno-christiano-libérales européennes.

 

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Qu'est-ce qu'un humain ?

 

Chaque humain est un processus complexe identifiable, encapsulé dans sa peau. Comme tel, il possède une structure ternaire universelle :

 

  • Un Corps qui nourrit son existence en substantialité selon deux modalités :
    • son ressourcement dans le monde qui l'entoure, pour nourrir sa vitalité,
    • sa connectivité avec le monde qui l'entoure, pour nourrir sa sensibilité ;
  • Une Âme qui anime son existence en vitalité selon deux modalités :
    • sa conservativité qui anime ses instincts de survie par accumulation et préservation,
    • son accomplissement qui anime ses projets de vie par appétence et intention ;
  • Un Esprit qui organise son existence en logicité selon deux modalités :
    • sa rationalité qui organise son rapport au monde et à soi, selon des règles de vie cohérentes,
    • son imaginativité qui organise sa vision du monde et de soi, en y injectant de l'inventivité et de l'originalité.

 

Ce ternaire, comme tous les ternaires, engendre des contradictions, des conflits, des tensions, des surtensions qu'il faut dissiper optimalement. C'est le rôle de ce que, symboliquement, on peut appeler le Cœur (qui n'est bien sûr pas l'organe circulatoire qui pompe et fait circuler le sang).

Le Cœur est le nom donné à cette instance de vie où les trois autres instances (avec les six pôles qu'elles induisent) se confrontent les unes aux autres afin de construire une cohérence existentielle globale dont l'expression est la sérénité et la joie de vivre.

Le Cœur a mission de dissiper les surtensions intérieures dans l'Amour de Soi, du Monde et de la Vie.

 

Chaque instance du ternaire peut aussi regarder et voir cette structure globale "à sa porte".

 

Ainsi, l'Esprit aura une vision noologique de ce qu'est un humain.

Il verra donc, sur son propre écran, la projection noologique du ternaire global où apparaîtra :

 

  • ses deux propres pôles que sont l'intelligence, tant rationnelle qu'imaginative ;
  • les deux pôles corporels réduits à la sensibilité informationnelle, tant sensitive qu'intuitive ;
  • les deux pôles dynamiques réduits de la vitalité, tant par la mémoire (accumulative et préservative) que par la volonté (projective).

 

Ici encore, une instance de confrontation pour la dissipation des tensions sera nécessaire, participant du Cœur global ; ce sera la Conscience.

 

De même, l'Âme aura une vision dynamique de ce qu'est un humain.

Elle verra donc, sur son propre écran, la projection animique du ternaire global où apparaîtra :

 

  • ses deux propres pôles que sont l'accumulation sécuritaire et l'accomplissement volontaire ;
  • les deux pôles noologiques réduits de l'Esprit qu'est l'intelligence tant critique que créative ;
  • les deux pôles corporels réduits du Corps, qu'est sa constructivité tant défensive que productive ;

 

Ici encore, une instance de confrontation pour la dissipation des tensions sera nécessaire, participant du Cœur global ; ce sera le Bonheur.

 

Enfin, le Corps aura une vision physiologique de ce qu'est un humain.

Il verra donc, sur son propre écran, la projection physique du ternaire global où apparaîtra :

 

  • ses deux propres pôles que sont la Connectivité, tant matérielle qu'informationnelle ;
  • les deux pôles vitaux réduits que sont la bonne Santé, tant actuelle que future ;
  • les deux pôles psychiques réduits de la présence organique de l'Esprit, tant au niveau cellulaire qu'au niveau holistique.

 

Ici encore, une instance de confrontation pour la dissipation des tensions sera nécessaire, participant du Cœur global ; ce sera le Bien-être.

 

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Ceux qui ne font pas confiance aux autres sont, en général, ceux qui ne méritent pas la confiance des autres !

 

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Que ce soit le transhumanisme ou le transgenrisme, ainsi que l'invention des métavers, toutes ces mouvances absurdes n'expriment qu'un seul désir : se débarrasser de la réalité du corps biologique pour n'être plus que pur esprit, que pure conscience de soi pour soi.

Mais pur esprit ou pure conscience pour quoi faire ? La question reste désespérément sans réponse.

Refus de la réalité (et incapacité notoire de l'assumer) au profit d'une idéalité imaginaire et angélique, aussi vide que vaine.

 

Il y a une différence colossale entre construire une autonomie la meilleure au sein du Réel et rêver d'une libération totale hors du Réel.

Cette seconde branche de l'alternative est "gnostique" et oublie complètement qu'il ne peut exister d'Esprit sans un Corps pour le porter, le nourrir et lui donner sens et valeur.

 

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Il est temps de faire comprendre aux démangés de la zézette que la question du sexe naturel ne se pose pas et n'a aucun intérêt, et que la question du genre n'existe tout simplement pas.

Dans la vraie vie, on prend et on assume ce que l'on reçoit, et l'on offre et donne ce que l'on fait.

Ce que l'on est ou pas n'a strictement aucune importance.

Il y a mieux à faire : construire le Réel, par exemple, et en faire un Jardin !

 

Rappeler Nietzsche encore et encore :

 

"Deviens ce que tu es et fais ce que toi seul peux faire !"

 

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Ce que chacun est ou croit être, est purement illusoire ; la seule chose qui importe c'est comment chacun contribue à l'accomplissement du Réel en soi et autour de soi.

Les question d'identité sont fantasmatiques, vides et vaines, narcissique et nombriliste.

Personne n'est quelqu'un ; chacun n'est qu'un processus, insignifiant, local et éphémère, contributeur au Réel qui le dépasse infiniment.

 

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Il faut refuser la tyrannie de la l'illusion et de l'irréalité que le transgenrisme (et les autres délires nombrilistes, négateurs de réalité) tente d'imposer au nom d'une imprescriptible liberté personnelle absolue (qui n'existe évidemment pas du fait des immenses champs de contraintes imposés par la réalité du Réel).

 Surtout, on doit en protéger impérativement les enfants et les jeunes qu'il faut, tout au contraire, accompagner à la rencontre du Réel afin qu'ils s'y inscrivent et y trouvent sens et valeur, afin qu'ils l'acceptent, l'assument et le servent.

 

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Le numérique tend à agrandir le fossé entre le réel et le virtuel. Il fait perdre le contact avec certaines réalités matérielles (surtout si, comme ce le sera, 80% des activités de production matérielles et administrative seront robotisées et algorithmisées).

Mais le virtuel peut n'être pas l'irréel et l'illusion, et, bien au contraire, être bien ancré dans la réalité profonde du Réel.

C'est là un point à sérieusement interroger et réfléchir pour contrer les effets délétères et létaux des métavers et autres univers totalement imaginaires.

 

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Le refus du Réel et l'enlisement dans l'irréalité, l'illusoire et l'imaginaire, est une fuite qui, pour beaucoup de médiocres, semble être la seule issue hors d'un monde (réel) qui les rejette ou leur fait peur.

 

De là, l'expression d'un scénario prospectif plausible : la construction d'univers imaginaires et illusoires, irréels et ludiques où seront parqués tous les médiocres (85% de l'humanité) à l'instar des hikikomoris japonais (les jeunes "cloîtrés" nippons qui passent toute leur vie dans leur chambre devant un ordinateur où ils se jouent une vie virtuelle).

Ces univers imaginaires leur apporteront les plaisirs et aventures médiocres qui leur vont bien, en échange d'un retrait total du Réel.

 

La jouissance du monde réel (infiniment plus riche et passionnant que les pauvres univers imaginaires conçus par des humains débiles … ou pervers) étant dès lors réservée à une élite (15%) capables de l'assumer pleinement.

 

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L'antiracisme est raciste puisqu'il refuse d'affirmer les différences entre races.

Le racialisme est donc de rigueur : les races sont différentes et certaines (en gros, les Noirs) ont toujours été opprimées par d'autres.

Soyons donc racialistes. Pourquoi, seuls les Noirs, dans toute l'histoire de l'humanité, ont-ils accepté l'esclavage ? Par faiblesse ? Dont acte !

Il y a donc des différences irréfragables entre certaines races et il en appert que certaines sont plus fortes et courageuses que d'autres ? Dont acte !

 

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Le nouvel antiracisme racialiste repose sur deux piliers :

 

  • le "racisme systémique" qui signifie que l'universel racisme antinoir et, plus spécialement en Europe, l'islamophobie seraient des comportements inconscients liés au "système" et non aux personnes ;
  • le "privilège blanc" qui, avec d'autres mots, suppose ou confirme la supériorité des Européens dont le modèle sociétal est aujourd'hui adopté dans presque tous les pays du monde (c'est la conséquence toute simple d'un darwinisme culturel et technique).

 

On peut factualiser ces deux concepts en constatant que les Noirs n'ont presque jamais rien accompli nulle part, et en constatant la réussite de la culture européenne par rapport à toutes les autres.

Dont acte !

 

Mais on doit alors dénoncer une supercherie racialiste : le racisme n'a rien à voir avec ces deux constats, mais bien avec leur déviance délétère en termes de ségrégation, de discrimination, voire d'agression verbale ou physique, ce qui n'est que très rarement le cas en Europe (en gros, la plupart des Européens n'ont rien à fiche qu'il y ait des Noirs ou autres un peu partout, à la condition qu'ils respectent les lois et les usages). En revanche, les racisés immigrés deviennent de plus en plus vindicatifs, violents et agressifs à l'endroit des "Blancs".

 

Disons-le clairement : le problème n'est pas la couleur de la peau dont tout le monde se fiche éperdument ; les problèmes viennent des cultures ethniques et des comportements inappropriés (individuels ou collectifs) qui en découlent.

 

Pour parler de ce qui me touche de près, la judéité n'a rien de racial (l'histoire juive est truffée de conversions et de mariages mixtes, le tout sur une origine hébraïque originelle multiple dont on ne sait quasi rien) ; elle est purement culturelle. Et l'antisémitisme s'ancre dans le mépris haineux de ces caractéristiques culturelles : le goût immodéré pour l'étude et l'intelligence, la foi en l'Alliance du Ciel et de la Terre, l'importance de l'éthique comportementale, la curiosité ouverte pour tout, le sens du particularisme, la perpétuation d'une langue, de textes et de rites, l'importance de l'herméneutique personnelle, le sens de l'histoire et de la transmission, la force de persistance malgré les persécutions et les exterminations, etc …

La judéité est personnelle avant d'être collective.

 

*

 

Il faut cesser de monter en héros des George Floyd ou des Adama Traoré qui, tous deux, étaient des délinquants notoires ayant violemment refusé d'obéir aux injonctions de policiers dans des procédures de contrôle d'identité et/ou d'activité.

 

Il est peut-être temps d'ouvrir les yeux et de voir que le pourcentage de délinquants ou d'emprisonnés appartenant aux populations noires ou musulmanes est factuellement, objectivement et nettement supérieur à celui des autochtones blancs.

L'argent facile des trafics les plus infects attirent plus les caïds africains, noirs et musulmans, des banlieues qu'un travail honnête, à hauteur de leurs faibles compétences réelles.

Encore une fois, le problème n'est pas racial, mais comportemental.

 

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Il n'y a pas de "privilège blanc" ; mais il y a un "mérite blanc".

 

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A tous les wokistes, il est temps de dire, une bonne fois pour toutes, la simple et transparente vérité humaine :

 

Le respect et les droits, ça se mérite personnellement !

 

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Bien heureusement, le wokisme et la théorie de l'intersectionnalité qui prétend "étudier" le cumul, les interactions et les interférences entre divers victimismes (souvent purement imaginaires), induit une fragmentation accélérée de cette mouvance aussi absurde que ridicule, en ce sens que certaines communautés wokistes se sentent agressées et opprimées par d'autres communautés wokistes. Par exemple, des lesbiennes (des femmes n'aimant que de vraies femmes) par des transgenres (des hommes se sentant ou se prétendant femmes), certains Noirs (esclavagisés jadis par des Arabes) par certains musulmans (descendants des Arabes esclavagistes), etc ….

 

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Le problème de fond est celui de la définition de l'identité.

Du côté de l'essentialisation, il y a : "Je suis femme", ou : "Je suis Noir".

Du côté de l'individuation, il y a : "Je suis moi".

Mais la réalité est ailleurs : "Je deviens un centre de convergence et de traitement d'un ensemble de caractéristiques que l'on dit "identitaires", mais qui ne sont que des flux qui me traversent et me construisent, sans me déterminer réellement".

 

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Le 11/10/2022

 

Mon commentaire publié au "Point" concernant un article où les gesticulations de cette calamité de Sandrine Rousseau à l'Assemblée Nationale, sont comparées aux gesticulations analogues d'un Henri Brisson qui sauva le gouvernement Waldeck-Rousseau en faisant le signe maçonnique dit "de détresse" :

 

"Cette allusion répétée à la Franc-maçonnerie (vaste mouvement international, spiritualiste et initiatique, où toute discussion politique ou religieuse est formellement prohibée et dont les travaux se font la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, et à la sienne seulement) est totalement déplacée. La pseudo-maçonnerie à laquelle vous faites allusion au travers des péripéties d'un Henri Brisson et de ses copains, est celle du Grand Orient de France qui est une pseudo-obédience exclue de la Franc-maçonnerie mondiale depuis les années 1870, précisément du fait de son militantisme socialo-politique, laïcard et athée. J'insiste pour que l'auteur de cet article insultant pour la Franc-maçonnerie fasse amende honorable."

 

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Il est utile de bien lister les critères de victimisation que le wokisme utilise pour définir ses propres catégories.

 

Tout le wokisme s'est développé sur un vieux schéma, celui du marxisme, tout entier construit sur la victimisation des "travailleurs" (le prolétariat) par les "capitalistes" (la bourgeoisie) … tout en voulant ignorer, à contre-courant de l'histoire réelle, que la plupart des grandes réformes du travail (âge minimal, contrat d'emploi, durée hebdomadaire, congés payés, …) ont d'abord été le fait d'un patronat humaniste et chrétien, pour être, ensuite, récupérées par les socialistes.

 

Historiquement, le wokisme cible les Noirs américains descendants des esclaves et "discriminés" par les Blancs au nom d'une mélanophobie (le plus souvent totalement imaginaire : le nombre des agressions réelles est infime, mais tout repose sur l'idée de micro-agressions "ressenties" dans le regard inconscient de l'autre).

 

A partir de là, le wokisme s'est étendu à d'autres catégories : la race (mélanophobie), le sexe (androphobie), la sexualité (homophobie), le genre (transphobie), et dans une moindre mesure l'obésité (stéatophobie), … puis, arrivé en Europe (surtout en France), la religion (islamophobie).

D'autres catégories ont aussi été approchées, mais avec peu de succès, notamment les handicaps physiques et mentaux.

 

La judéophobie (une autre manière de parler d'antisémitisme) fut une tentative sur le critère religieux, mais elle tourna court, les Juifs ayant, dès le départ, été classés dans la catégorie "oppresseurs" (ce qui, on l'admettra, est un comble aux yeux d'une histoire multimillénaire ; mais les wokistes n'ont que faire de la vérité historique, ils préfèrent la réinventer et la réécrire à leur profit).

Ce regard sur les Juifs "oppresseurs" est né des positions des islamistes sur le problème palestinien en Israël.

 

On remarquera que le wokisme originel américain, repose sur cinq critères tous liés au corps (race, sexe, sexualité, genre, obésité).

Quant on constate l'état lamentable des corps humains aux USA (obésité, diabète, cancers, allergies, usure, baisse de l'espérance de vie, etc …), et le peu d'intérêt des Américains pour la culture, quelles que soient la discipline ou la dimension envisagées, on comprend mieux : le corps ou, plutôt, l'image du corps dans le regard de l'autre y restent l'interrogation centrale.

Il n'empêche, le problème du wokisme n'est pas de rétablir la santé ou la beauté des corps, mais de "décorporéiser" l'humain en imposant des existences imaginaires et contre-naturelles, ennemies de l'existence réelle et naturelle.

 

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La haine et le refus du Réel qui est au cœur du wokisme, induit la haine et le refus de ceux dont la mission est d'étudier, de décrire et de modéliser ce Réel : les scientifiques.

Parce qu'elle leur donne tort sur toute la ligne, la science authentique est violemment rejetée par les wokistes, au profit de pseudo-études, de pseudo-théories, de pseudo-sciences, de pseudo-thèses, toutes plus fumeuses et fausses les unes que les autres (le pire exemple en est la délirante "théorie du genre" colportée par Judith Butler et ses épigones).

 

*

 

Avec les wokistes, Lyssenko n'est pas loin … il est même en retard.

La "science" soviétique et communiste, comme la "science" wokiste, doit combattre les "mensonges" de la science scientifique qui la contredisent.

 

On lit avec effarement ce propos du "philosophe des sciences" wokiste, Thierry Hoquet qui écrit :

 

"La biologie nous biaise. Patriarcale, elle s'est vautrée dans l'androcentrisme et l'hétérosexisme, deux maladies dont il faut la guérir, faute de quoi elle se condamne à clocher quand elle parle des femmes."

 

On voit bien que ce n'est pas la biologie qui cloche et donne le hoquet.

 

*

 

Le wokisme sombrant dans la déraison et l'irrationalité les plus délirants, il développe une haine radicale contre la rationalité scientifique et, plus encore, contre la rationalité mathématique et logique.

 

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Il n'y a pas que les "sciences" humaines (sociologie, psychologie, histoire, philosophie, …) qui soient devenues le terrain de jeu du wokisme. Les sciences exactes, du fait de leurs propensions à l'objectivisme, au quantitativisme, au rigorisme, au rationalisme, sont devenues la cible de ses attaques les plus virulentes.

C'est évidemment l'objectivisme scientifique qui forme le cœur de cible puisque, pour le wokisme, toute opinion, tout regard, toute conjecture, toute considération est et doit être et rester purement subjective (le sujet est seul maître de sa réalité qui est totalement étrangère au Réel). Il faut balayer le concept même de vérité (et de réalité), tant théorique qu'expérimentale : "Oui, j'ai un vagin, un clitoris, un utérus, des trompes de Fallope et des ovaires, mais je ne suis pas une femme puisque je ne me "sens" pas femme !".

Ma vérité prime sur toute autre "vérité" qui n'est que celle d'un autre qui veut me dominer et me contraindre et m'opprimer.

 

*

 

Dès lors que les sciences exigent vérité et exactitude, elles induisent nécessairement l'usage de jugements sur le faux et l'erroné, ce qui est inacceptable et inexcusable aux yeux du wokisme, basé sur l'idée que tout jugement extérieur de la part d'une autorité (de quelqu'un qui fait autorité dans son domaine d'expertise) est une forme violente de domination, d'oppression, de discrimination et de ségrégation.

 

C'est la notion même du "faire autorité dans son domaine d'expertise" qu'il faut éradiquer. Aux yeux wokistes, la connaissance comme construction accumulée d'un édifice véridique (et de plus en plus véridique du fait des filtres de l'histoire des sciences) est proprement insupportable, puisque cette même histoire montre que cette construction est une affaire typiquement européenne et que la majorité des savants sont des hommes blancs.

L'efficacité toujours meilleure des technologies construites à partir des théories scientifiques, est la preuve quotidienne de la qualité universelle de ces théories ; mais rien n'y fait.

Un(e) Noir(e) américain(e) utilise tous les jours ses machines à laver le linge ou la vaisselle, mais reste en droit de nier violemment les lois objectives de l'électromagnétisme, de la physique des matériaux, de la thermodynamique et de la mécanique des fluides qui sous-tendent lesdites machines. Car ces sciences sont "blanches" et interdisent que chacun puisse croire en ses propres "vérités" sur la réalité de l'univers.

 

*

 

Avec la chimiste d'origine russe, Anna Krylov, il faut impérativement dénoncer :

 

"(…) le danger qu'il y a à politiser la science."

 

Elle dénonce aussi, à juste titre, la nature orwellienne et totalitaire du wokisme.

 

*

 

Pour le wokisme, il faudrait "décoloniser" la connaissance (et son enseignement) de toute origine et référence blanches (parler des lois de Newton, de Maxwell ou de Mendel, tous "Blancs", est un scandale !) … et réhabiliter les savoirs traditionnels, locaux, non blancs.

Il est indispensable de remplacer les télescopes et les accélérateurs de particules, par des tamtams et des grigris.

Là, on sent bien que l'on va faire un grand bond en avant dans la connaissance de l'univers et de sa cosmologie.

 

Il faut cesser le ridicule ! Oui, la science physique universelle est une émergence de la culture judéo-helléno-chrétienne européenne. Elle n'est peut-être pas parfaite dans ses moindres détails, mais elle est largement avérée sur tous les continents dans sa confrontation avec l'expérience empirique, quelle que soit la couleur de peau du laborantin.

D'autres cultures, non européennes, (surtout spirituelles, philosophiques, artistiques ou gastronomiques) au travers de la virtuosité de leurs facteurs, sont universellement reconnues et appréciées.

Où est le problème ?

 

*

 

Une foutaise reste une foutaise, qu'elle soit blanche ou indigène, quelque poétique ou inspirante soit-elle !

Ainsi de toutes les cosmologies mythiques à travers le monde.

 

*

 

L'efficacité technologique issue d'une culture scientifique est la meilleure preuve de sa véracité objective.

Aujourd'hui, il est évident que c'est la technologie "blanche" (issue de la science européenne) qui soit la seule technologie efficace utilisée dans toutes les contrées du monde (même les plus asprophobes - qui détestent les "Blancs").

Les éventuelles et rares technologies indigènes sont juste anecdotiques et folkloriques. Dont acte !

 

*

 

La rationalité et l'objectivité sont les deux plus grands ennemis fondamentaux déclarés pour le wokisme qui se veut irrationnel et subjectif.

Chaque sujet devrait être maître de ses propres "vérités" qu'il construit à sa guise, avec les méthodes ou non-méthodes qui lui conviennent, plus ou moins temporairement.

Cela ne va pas faciliter le dialogue et l'échange des idées …

Le wokisme prône donc l'autisme, une forme collective de schizophrénie.

 

*

 

Il ne viendrait jamais à l'esprit d'un wokiste que la difficulté d'accès à une connaissance relève simplement de la faiblesse intellectuelle du candidat.

Celui-ci, parce qu'il n'est pas et ne peut pas être simplement con et bête, serait "donc" victime d'une connaissance oppressive qui discrimine son mental.

Et ce qui est vrai pour un individu est également vrai pour une communauté, une ethnie ou une race.

Si les Noirs américains ne comprennent souvent rien à la science et aux mathématiques, c'est parce que celles-ci sont "blanches" et colonialistes ; mais jamais parce que ces Noirs pourraient avoir un QI trop faible … bien sûr.

 

*

 

Le wokisme s'insurge contre l'universalisme des Lumières.

Moi aussi, mais pas pour les mêmes raisons.

L'humain, au sens générique et universel (celui de la "Déclaration Universelle des Droits de l'Homme"), n'existe pas. Il existe des bassins culturels qui n'ont pas du tout la même valeur intrinsèque : l'histoire humaine n'a été construite que par une minorité essentiellement européenne.

En revanche, parce que l'esprit humain participe de l'Esprit cosmique, une "montée" vers l'universel en termes spirituels, philosophiques et scientifiques est possible, à condition d'en avoir les capacités intellectuelles, ce qui est loin d'être le cas pour tout le monde.

 

*

 

L'équité, ce n'est pas combattre les inégalités, mais, tout au contraire, les reconnaître afin qu'elles deviennent des sources de complémentarité, mais jamais des prétextes d'oppression.

S'il en a le courage et la volonté, il est équitable de permettre à chacun de marcher sur le chemin pour lequel il est fait ; ce n'est pas une raison pour croire ou dire que tous ces chemins se valent.

 

Un crétin stupide ne comprendra jamais rien ni à la relativité générale, ni à la mécanique quantique ; mais s'il y travaille vraiment, il réussira peut-être à cuisiner un repas qui réjouira pleinement le physicien (ce qui ne signifie nullement que ledit physicien ne peut pas aussi être un cuisinier hors pair).

 

*

 

L'idée la plus répugnante pour un wokiste est celle qui dit que chaque personne est unique et différente de toutes les autres, et qu'elle doit s'accomplir elle-même, en pleine autonomie et responsabilité.

Pour le wokiste, la personne n'existe qu'en tant que membre d'une communauté, définitivement aliéné à elle.

Vouloir échapper à son destin autoproclamé et imaginaire de "victime" est une trahison impardonnable et passible des pires représailles.

 

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Le wokisme a au moins une vertu : celle d'avoir souligné et démontré la complète déliquescence des systèmes universitaires, surtout du côté des "sciences humaines" complètement gangrenées, de l'intérieur, par le socialo-gauchisme et par le déconstructivisme.

Il souligne aussi, mais sans y jouer le moindre rôle, la zone de fragilité due à la bifurcation paradigmatique que vivent les sciences exactes en train de passer des cosmologies mécanicistes aux cosmologies complexes liées à la thermodynamique dissipative et néguentropique.

 

Voilà qui souligne l'idée que les universités doivent redevenir ce qu'elles n'auraient jamais dû cesser d'être : des établissements d'enseignement et de recherche destinés à l'élite scientifique, et financés par les élites (financières ou morales) … et non des usines à diplômes bradés et faciles, dans des disciplines qui n'en sont pas.

 

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La vague wokiste en Amérique du Nord, surtout, et en Europe, a fourni un argument substantiel aux tenants de l'illibéralisme (surtout en Russie, en Chine, au Qatar et en Turquie) pour "démontrer" la déliquescence profonde et délétère du modèle occidental et libéral qu'il disent vouloir éradiquer au plus vite !

 

*

 

Mais, par ses inepties et ses mensonges, le wokisme a tout de même l'avantage de remettre certaines pendules bien à l'heure :

 

  • la foncière et irréfragable inégalité entre les humains,
  • la fondamentale supériorité de la notion d'équité sur celle de justice,
  • la différence profonde de nature entre la femme et l'homme, ainsi que leur extraordinaire complémentarité,
  • la ridicule illusion de croire que l'on peut échapper à la réalité naturelle, pour s'enfermer dans une idéalité imaginaire,
  • l'impérieuse nécessité de tendre, le plus possible, vers plus de rationalité et plus d'objectivité, même si elles ne seront jamais parfaites,
  • la véridicité des sciences exactes qui sont universelles et qui évoluent chaque jour asymptotiquement vers la vérité naturelle,
  • la profonde bêtise de 85% des humains,
  • l'absurdité de vouloir réécrire l'histoire humaine à des fins idéologiques,
  • l'impasse que constitue le subjectivisme absolu où chacun vit sa propre "vérité ressentie" dans un autisme schizophrène et solipsiste,
  • l'importance capitale de l'autonomie personnelle et du refus radical de toute essentialisation communautaire,
  • l'irréfragable affirmation que chacun est seul responsable de soi et du chemin qu'il choisit de suivre pour son propre accomplissement,
  • l'inanité de tous les dualismes idéologiques comme celui de "victime" et de "bourreau",
  • l'importance essentielle du principe qui veut que le sens et la valeur de l'humain ne sont pas en lui, mais bien au-delà de lui.

 

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Il, faut, avec courage et détermination, dire NON à la religion woke qui n'est qu'une illusion délétère portée par une démagogie victimaire !

 

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A la différence de l'humain, la Nature est parfois violente, par nécessité seulement, mais elle n'est jamais cruelle.

De plus, contrairement à ce qu'en ont dit Hobbes, Darwin ou Spencer, la loi de la Nature est moins celle de l'antagonisme que celle de la complémentarité, moins celle de la compétition que celle de l'association, moins celle de la concurrence que celle de la coopération.

 

Pour vivre, la Vie doit manger de la Vie ; elle est autophage pour alimenter son métabolisme global.

La sensibilité humaine - la sensiblerie, devrait-on dire - y voir du sang ou de la sève qui coulent, de la mort qui rôde, du meurtre à tous les étages. Mais il n'en est rien dès lors que l'on considère la biosphère comme le seul et unique être vivant sur la Terre.

Cette même sensibilité ou sensiblerie s'apitoient-t-elles aussi lorsque les cellules ou les lymphocytes de notre propre corps se livrent à des guerres impitoyables contre les cellules vieillissantes ou contre les microbes intrusifs ?

 

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Le 13/10/2022

 

Il y a équivalence totale entre "échanger des informations " et "être soumis à des forces".

La relativité générale ne dit rien d'autre lorsqu'elle dit que le champ gravitationnel est la métrique de l'espace (sa "forme", donc) sont une seule et même chose.

 

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Un problème crucial est posé autour des comportements collectifs "fragiles" ou "instables" ou "transitoires" induits par des interactions "faibles".

Le cas des forces de van der Waals est emblématique de cette problématique puisque centrale dans les phénomènes de transition de phase (viscosité liquide, évaporation gazeuse ou cristallisation solide).

Il en va de même pour les comportements humains plutôt "individuants" ou plutôt "agglomérants" selon la "température" sociale ou affective ambiante.

 

Regardons les mécanismes de changement de phase (l'eau qui gèle ou qui s'évapore) : les molécules d'eau interagissent entre elle par des forces dites de van der Waals (théorie exprimée en 1873) :

 

  • si l'énergie cinétique des molécule devient plus intense (température haute) que l'énergie de liaison imposées par ces forces, les molécules ne sont plus liées entre elles et c'est l'évaporation (passage du liquide au gazeux),
  • mais si cette énergie cinétique devient trop faible (température basse), ces forces obligent les molécules à s'agglomérer et à cristalliser, et c'est la solidification (passage du liquide au solide).

 

A une pression donnée, les températures d'évaporation et de solidification spécifiques sont déterminées par l'intensité des forces de van der Waals entre ces molécules-là (différentes pour les molécules d'eau et les molécules d'alcool, par exemple).

Si la pression augmente ou diminue, ces températures spécifiques augmentent ou diminuent aussi (évidemment : si la pression augment, il faut plus d'énergie cinétique pour vaincre les énergies de liaison).

 

Les comportements humains des foules compactes (les supporters d'un même club lors d'un match de football) ou des paniques anarchiques (le sauve-qui-peut dans un bâtiment en feu) n'échappent pas à ces logiques.

Il s'agit alors d'une problème d'énergie mentale globale qui engendre ou pas des comportements collectifs ou des comportements individués.

 

De manière beaucoup plus générale, le problème posé est celui de l'organisation collective d'un ensemble d'entités individuées mais faiblement interagissantes, en fonction de l'agitation moyenne (la "température" du milieu).

Selon la nature des liaisons qui existent entre ces entités, une "transition de phase" (passage d'un type d'organisation à un autre, plus "individuant" ou plus "agglomérant") pourra s'opérer soit de façon abrupte (transition de phase du premier ordre comme le gel de l'eau), soit de façon plus progressive (transition de phase du second ordre comme la désaimantation d'un aimant chauffé où l'alignement des spins atomiques perd progressivement de sa cohérence).

 

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Le 14/10/2022

 

Le racialisme veut promouvoir les identités ethniques et culturelles que le racisme veut abolir.

Contre l'assimilationnisme à la française, il y a le communautarisme à l'américaine.

Aucune de ces deux méthodes ne fonctionnent plus aujourd'hui puisque l'assimilationnisme républicain aboutit à des frustrations et des victimisations (souvent imaginaires) des minorités, et que le communautarisme aboutit à des ghettoïsations haineuses et agressives proches, parfois, de l'apartheid sud-africaine.

La mixité raciale est donc dans l'impasse.

 

Le fond du problème me paraît être l'inadéquation des deux piliers sur lesquels ces philosophies se construisent, à savoir l'égalitarisme et l'universalisme.

L'égalité, cela n'existe pas.

L'universalité, cela n'existe pas non plus.

Les personnes, les communautés, les ethnies, les races, les cultures, les habitudes, les religions, les valeurs, les modalités de vie, les attitudes, les conduites, les sensibilités, les susceptibilités, … ne sont pas égales entre elles.

Partout, il n'y a que des différences plus ou moins complémentaires, dans le meilleurs des cas, ou plus ou moins incompatibles, dans le pire.

Et ce ne sont pas les différences d'aspect (couleur de peau, goûts vestimentaires, propensions aux grimages divers) qui importent, mais les différences culturelles qui induisent de réelles divergences comportementales.

 

Qu'est-ce qu'un comportement socialement admissible au sein d'une culture dominante donnée ? En Europe, la culture largement dominante est la culture judéo-helléno-christiano-libérale ; c'est elle la référence de base à l'aune de laquelle les comportements individuels ou collectifs seront juger acceptables, ou non.

Elle fait la norme sociétale, que cela plaise ou non aux immigrés de tous poils qui, s'ils veulent y être admis, doivent s'y conformer.

Le principe est simple : tout ce qui n'est pas rédhibitoire, est permis.

Comme l'on dit : ici, comme partout ailleurs, il y a des choses qui ne se font pas ! Et cela doit être non négociable, quelles que soient l'ethnie, la culture ou la religion concernées.

 

Mais ces principes ainsi posés, il faut encore que soit écrite la "charte" du "socialement correct" : quels sont les comportements inadmissibles, ici, sur notre continent européen (les autres font ce qu'ils veulent chez eux) ? Ou, pour le dire autrement : qu'est-ce que l'européanisme ? Quel est notre code comportemental minimal de base ? Qu'est-ce qui n'est pas admissible du tout aux yeux des Européens ?

 

Au fond, cette "charte comportementale" européenne de base est sans doute tout entière incluse dans le décalogue, mais revu au-delà de toute foi religieuse. Ces dix principes reviennent à ceci :

 

  1. L'autonomie personnelle.
  2. Le devoir de rationalité.
  3. Le devoir de lucidité.
  4. La responsabilité personnelle.
  5. La transmission des patrimoines.
  6. Le droit à la vie.
  7. Le droit à l'équité.
  8. Le droit à la vérité.
  9. Le droit à la propriété.
  10. Le refus de toute convoitise.

 

*

 

De Luc de Barochez :

 

"Pour asseoir son pouvoir, le tyran contemporain [et il y en a de plus en plus] utilise les outils de notre époque :

 

  • les médias sociaux,
  • la société du spectacle,
  • le "storytelling",
  • le culte narcissique de la personnalité.

 

Il ne néglige pas pour autant des moyens plus anciens :

 

  • la police secrète,
  • la torture,
  • l'emprisonnement de masse (…),
  • voire le massacre de son propre peuple (…)."

 

Voilà le portrait clair et lucide des Poutine, Erdogan, Raïssi, Xi-Jinping, el-Assad,  Bolsonaro, et tant d'autres, après les Lénine, Staline, Mussolini, Hitler, Mao, Castro, Nasser, Boumediene, Arafat, Mobutu, Chavez et tant d'autres qu'on a envie d'oublier, mais qu'il faut, au contraire, marteler.

 

La guerre contre l'illibéralisme devient, plus que jamais, une priorité impérieuse pour l'humanité.

Il faut abattre ces tyrannies et ces tyrans au plus vite !

 

*

 

Le point commun entre les Palestiniens et les cégétistes ? Ces gens n'existent que dans et par le conflit. Ils n'ont aucun intérêt à la paix puisque la guerre est leur seul faire-valoir et leur seul gagne-pain (au travers de tous les assistanats extorqués).

 

*

 

CGT …

Comment un syndicat communiste (le communisme a fait au moins vingt fois plus de victimes dans le monde que le nazisme qui, lui, est, à bon droit, hors-la-loi et voué aux gémonies), à la solde de Poutine et de tous les illibéralismes, peut-il encore avoir droit de cité et voix au chapitre dans la société française ?

Il faut, purement et simplement, dissoudre et interdire la CGT et tout ce qui pourrait y ressembler (FO, Sud et autres), et ce, définitivement !

Le syndicalisme sain et pragmatique ? Oui !

Le syndicalisme idéologique et totalitaire ? Non !

 

Mais soyons optimistes : le salariat est en voie de disparition et chacun va (re)devenir sa propre entreprise sous sa propre responsabilité. Donc, le syndicalisme va disparaître bientôt : l'industrialisme et le financiarisme qui alimentaient le syndicalisme, sont moribonds puisque le paradigme moderniste qui les sous-tend est déjà mort.

 

*

 

Chacun est en charge de lui-même.

 

*

 

Equité : tu reçois en proportion de ce que tu donnes.

 

*

* *

 

Le 15/10/2022

 

Le premier chapitre du livre biblique de la Genèse trace, à partir de l'engendrement primordial, toute la généalogie cosmogonique qui procède non par "création", mais par émergence ou émanation à partie de l'Engendreur anonyme ("Il" de "Il engendra", "Il nommera" et "Il dira").

L'Engendreur prédit ce qui va émaner (et ce qui émane n'est pas toujours parfaitement conforme avec ce qu'il prédit, ce qui confirme une certaine indétermination dans l'univers).

Voici donc cette généalogie cosmogonique :

 

L'Engendreur engendre des Puissances avec :

  • le Ciel
  • la Terre divisée entre :
    • ce qui manque (Tohou)
      • Ténèbre
        • Lumière
      • Abîme
    • ce qui consterne (Bohou)
      • Souffle palpitant
      • Eau
        • Eau d'en haut
        • Espace
          • Astres
            • Soleil
            • Lune
            • Etoiles
          • Eau d'en bas
            • Mers
              • Animaux nageants
                • Crocodiles
                • Animaux aquatiques
              • Sol sec
                • Végétaux
                  • Herbes
                  • Arbres
                • Animaux volants
                • Animaux courants
                  • Bétail
                  • Reptiles
                  • Fauves
                  • Humains

 

Il est consternant de remarquer que cette généalogie est grosso modo conforme à ce que l'on sait de l'évolution depuis Lamarck, Darwin et les autres.

 

*

 

Il faut définitivement faire une différence irréfragable entre les "spirituels" ou "mystiques" ou "initiés", d'une part, et les "croyants", d'autre part.

Les premiers, relevant ou non d'une mouvance religieuse, sont des "cherchants" qui savent pertinemment bien que toutes les traditions spirituelles transmettent le même message : que l'humain et tout ce qui existe, évoluent dans le Divin dont ils émanent et qui est l'Un absolu, et que la spiritualité consiste à (r)établir la reliance et la résonance entre ce Tout vivant et évoluant vers son complet accomplissement, et l'âme (la vie qui anime l'action)  et l'esprit (la pensée qui construit la véridicité) des humains.

Les seconds croient, c'est-à-dire acceptent des réponses toutes faites qui leur sont inculquées par des institutions religieuses, souvent dualistes, opposant le monde de la Nature et le monde d'un Dieu ou d'un Panthéon distant et étranger.

Les spirituels ont une Foi profonde, mais ne croient en rien !

 

*

 

L'intelligence humaine s'est hypertrophiée par rapport à celle des autres mammifères supérieurs, tout simplement du fait de son incroyable faiblesse physiologique, inadaptée au monde "sauvage", et, donc, de l'impérieuse nécessité vitale de "comprendre" pour anticiper tant les dangers que les opportunités.

 

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Le mot "âme" doit impérativement être désenglué de toutes les connotations religieuses qui la polluent depuis, surtout, le christianisme (sans oublier les concepts de samsara, de karma et de dharma propres à l'hindouisme et au bouddhisme).

L'âme, c'est ce qui anime (anima en latin) ; elle est le souffle qui pousse les voiles de la nef existentielle (psyché en grec, néfèsh en hébreu, âtmâ en sanscrit, ming en mandarin).

L'idée de l'immortalité de l'âme personnelle est simplement absurde.

D'ailleurs, en hébreu, le mot "âme" s'exprime de trois manières différentes :

 

  • Roua'h Elohim est l'Âme cosmique éternelle qui est le moteur de l'évolution globale du Tout-Un divin,
  • Néfèsh est l'Âme vitale éternelle - une manifestation particulière de Roua'h - qui distingue le minéral de l'ensemble des vivants,
  • Nishamah est l'âme personnelle - la personnalité - qui meurt en même temps que la personne qu'elle habite.

 

L'âme personnelle de tout un chacun n'est rien de plus que sa vocation intime qui sera le moteur de son évolution durant toute son existence. Mais rien de plus.

La vocation de chacun naît et meurt avec lui.

De là, un conclusion évidente, mais "mécréante" : le "Salut de l'âme" est une fumisterie.

Rien de personnel n'est immortel.

Mais, en revanche, la seule chose qui soit éternelle et en rapport avec chaque personne, c'est l'infinitude des conséquences de ses œuvres, accomplies durant son existence.

 

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La réalité du Réel est la Mère divine de tout ce qui existe ; elle donne Corps à la Matière, elle donne Âme à la Vie, elle donne Esprit à l'Ordre.

Après dix millénaires de Patriarcat industrieux (le règne des techniques), il est urgent de (re)construire un Matriarcat harmonieux (le règne des éthiques).

 

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Le nomadisme (des chasseurs-cueilleurs) avait engendré un sédentarisme (des agriculteurs-éleveurs), d'abord villageois, puis urbain … qui est en train de redevenir un nouveau nomadisme, mais immatériel et numérique, cette fois.

 

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Je ne suis pas athée ou athéiste puisque le Divin, cœur du Réel, est au centre de ma pensée.

Je suis antithéiste puisque je récuse toute croyance en l'existence d'un Dieu personnel, extérieur et étranger au monde naturel.

Je ne suis pas agnostique puisque je progresse dans la Connaissance.

Mais je suis apistique puisque je me refuse à quelque croyance que ce soit (toute croyance est superstition et contraire à la Foi en l'unité absolue, en l'intention éternelle et en l'ordonnance cohérente du Réel).

 

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Le mot "politisé" est l'exact synonyme grec du latin "urbanisé".

Les étymologies convergent : la et le politique ne concernent que les villes et ne concernent en rien ni le monde naturel, ni le monde rural, ni le monde spirituel, ni le monde immatériel.

Que le politique reste donc dans les villes - ces cloaques immondes et infects de l'humanité - et que, surtout, il n'en sorte plus jamais.

 

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L'humanité a construit une artificialité (technique, industrielle, urbaine, politique, idéologique, etc …) entre la naturalité originelle et la spiritualité surhumaine.

Il est urgent de fermer cette parenthèse de l'artificiel qui devient létale.

 

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Le zoroastrisme professerait une idée intéressante (à vérifier car la source est douteuse) : "L'univers est imparfait et le but de chaque être humain est de l'améliorer. (…) Dans le Zoroastrisme, l'humain est acteur du changement et participe à l'œuvre divine en essayant de l'améliorer".

On retrouve là ce qui deviendra, dans le Zarathoustra de Nietzsche, l'idée de l'humain comme passerelle vers le Surhumain.

La mission de l'humain comme contributeur à l'accomplissement du Réel.

 

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Le messianisme (la promesse de la venue d'un personnage ou d'un processus qui "sauvera" l'humanité de ses difficultés et souffrances) s'oppose radicalement au constructivisme (il n'y a rien à attendre, rien à espérer et rien à sauver, mais tout à construire).

Le messianisme, totalement absent et inconnu de la Torah, est une invention pharisienne mise en exergue par le prophète Isaïe et reprise dans la Talmud.

 

Très prosaïquement, l'idée de "messie" n'est pas du tout ni religieuse, ni spirituelle, mais politique ; elle s'est développée en Judée sous le joug des occupations grecques et romaines : cette idée était celle de l'espérance de la montée en puissance d'un homme providentiel, politiquement et militairement capable de chasser l'occupant et de rétablir l'indépendance du Royaume de Judée. Cette idée est typiquement issue de l'épisode des frères Macchabées.

 

Tout le développement du judaïsme (et de la Kabbale) a été ainsi binarisée avec d'un côté la foi constructiviste (l'Alliance sadducéenne, la Kabbale zoharique) et de l'autre la croyance messianiste (le Salut pharisien, la Kabbale lourianique).

 

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Il est intéressant de constater que l'arianisme (Jésus n'est pas Dieu) a été condamné par le paulinisme romain, mais est resté vivace dans les contrées germaniques … justement celle dont émergera le protestantisme !

 

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A l'époque de la naissance de Mu'hammad (570-632), l'Arabie est le terrain d'affrontement entre des chrétiens byzantins (nestoriens, monophysites, ébionites, nazoréens) et des zoroastriens persans, de 502 à 628.

Quelques communautés juives (plutôt d'obédience persane, ayant fui la Judée après le destruction de Jérusalem par les légions romaines en 70) y vivaient, notamment à Médine.

De naissance et d'éducation, Mu'hammad (un analphabète notoire) est nourri de christianisme. Ses mariages avec Khadîdja et avec sa très jeune cousine sont célébrés par des prêtres byzantins (Bahira, pour le premier, et Waraqa pour le second).

En bref : l'islam est bien une hérésie chrétienne, d'essence populaire et idéologique (impérialiste et totalitaire), dérivée des branches arabiques, dissidentes ou exotiques, de l'Eglise byzantine.

 

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Le 16/10/2022

 

Le géocentrisme ne fut qu'une conséquence d'un anthropocentrisme, lui-même corrélat d'un égocentrisme typiquement humain.

La révolution copernicienne l'a remplacé par un héliocentrisme déjà supposé dès l'Antiquité par Aristarque de Samos.

La révolution einsteinienne a installé un salutaire acentrisme (déjà pressenti au 16ème siècle par Giordano Bruno) : tout mouvement est relatif à un référentiel choisi de manière à avoir la description la plus simple, mathématiquement parlant, des trajectoires étudiées (les ellipses képlériennes remplace les épicycloïdes ptolémaïques).

 

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La causalité quadruple selon Aristote : cette maison-là existe telle qu'elle est parce que : elle a été construite (cause dynamique ou efficiente) avec les matériaux disponibles (cause matérielle) selon le plan d'architecte (cause logique ou formelle) correspondant au projet de vie des propriétaire (cause finale).

 

La science mécaniciste, de ces quatre causalités, n'a voulu retenir que la cause efficiente (ou dynamique) et c'est une erreur dramatique : qu'il faille un chantier pour qu'existe la maison est une évidence, mais le chantier seul n'explique rien du tout puisqu'il ne pourrait être qu'agitation désordonnée. La cause n'est efficiente que si les trois autres catégories existent en même temps.

 

Si l'on applique cela à l'univers pris comme un tout, il vient que : l'univers est une dynamique (cause efficiente) soumise à une logicité (cause formelle) s'appliquant à une substance (cause matérielle) en vue de l'accomplissement d'un intention (cause finale).

On retrouve là les quatre fondement de la cosmologie complexe : au commencement était l'intention (la cause téléologique) qui, pour s'accomplir, a besoin d'une dimension topologique (la cause matérielle), d'une dimension dynamique (cause efficiente) et d'une dimension eidétique (la cause formelle).

 

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La cause téléologique (intentionnalité) engendre :

 

  • le terrain topologique par spatialité (accumulation) et matérialité (accrétion)
  • le terrain dynamique par conservativité (préservation) et constructivité (production)
  • Le terrain eidétique par logicité (cohérence) et optimalité (dissipation)

 

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C'est la substantialité qui engendre la spatialité, et non l'inverse.

C'est l'évolutivité qui engendre la temporalité, et non l'inverse.

C'est la logicité qui engendre l'optimalité, et non l'inverse.

 

 

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L'Intention primordiale engendre :

 

  • la Substance, le Travail et l'Ordre ;
  • le Corps, l'Âme et l'Esprit ;
  • la Matière, la Vie et la Loi ;
  • la Voiture, le Voyage et la Technique.

 

Donc, l'intention engendre une logicité, une dynamicité et une substantialité.

Autant les deux premiers piliers ne posent pas de problème conceptuel majeur, autant le troisième (la substantialité) reste mystérieux : quelle est donc la nature de cette substance prématérielle à l'origine, à la fois, de l'expansion spatiale et de l'accrétion matérielle ?

 

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Les mathématiques ne sont pas une science, mais bien un langage (conventionnel et artificiel) destiné à décrire soit des formes (figures, géométrie, topologie, …), soit des quantités (nombres, arithmétique, algèbre, analyse, …).

Pour que les mathématiques soient utilisables en physique (au sens général d'étude de tous les phénomènes naturels, donc de tout ce qui existe dans l'univers), il faudrait que la Nature soit réductible soit à des formes, soit à des quantités.

Or, ces formes et ces quantités impliquent des idéalisations simplifiantes qui trahissent la réalité du Réel : rien dans la Nature n'est réellement dénombrable ou géométrisable.

 

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L'univers est une forme (substantialité) qui se transforme (dynamicité) et s'informe (logicité).

 

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Les lois (acceptablement mathématisables) de la physique exprime les modalités particulières d'une principe général d'évolution intentionnelle, beaucoup plus fondamental (non mathématisable).

 

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La substance, c'est ce qui "se tient sous" (sub stare) une propriété et qui la "supporte" (sub portare).

Quelle est la propriété que possède tout ce qui existe ? L'existence.

La substance primordiale est donc ce qui permet l'existence.

 

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Nicholas Copernic, Tycho Brahé, Giordano Bruno, Johannes Kepler, Galileo Galilei sont contemporains, à cheval sur les 16ème et 17ème siècle.

Les René Descartes, Blaise Pascal, Baroukh Spinoza, Gottfried Wilhelm Leibniz, Isaac Newton, Pierre de Fermat ou Christian Huygens formeront la génération suivante, celle 17ème siècle.

 

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Toute l'évolution des sciences est le fruit d'une perpétuelle dialectique entre l'univers-image qui cumule toutes les observations, expérimentations, mesures, etc …, et l'univers-modèle qui construit des théories, plus ou moins abstraites, plus ou moins mathématiques, pour rendre compte de tous les faits empiriques.

Le but commun est de s'approcher, aussi près que possible, asymptotiquement, d'une description véridique de l'univers-réel.

Mais il est évident que cette dialectique induit des biais (temporaire et rarement persistant) du fait que la théorie ambiante fait pression sur l'empirie qui la conforte et que l'empirie ambiante influence les "inspirations" théoriques.

 

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Le 17/10/2022

 

Mon commentaire du jour dans "Le Point" suite à la manifestation d'hier, à Paris, de la Nupes "contre la vie chère" :

 

Toutes les ressources matérielles sont en voie de pénurisation et coûteront toujours plus cher. Donc les pouvoirs d'achat ne feront que diminuer et le taux de chômage qu'augmenter. Inflation et récession mondiales, donc. Même les socialo-gauchistes devraient être capables de comprendre cela qui relève de la macroéconomie mondiale et non de la politique politicienne nationale. Macron ni personne n'y peuvent rien. Nous vivons la fin de l'abondance sur Terre. Vive la Frugalité pour tous !

 

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De Jean Rostand :

 

"Tant qu'il y aura des dictatures, je n'aurai pas le cœur à critiquer une démocratie”

 

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Très joli texte anonyme :

 

"Les mots ont un sens …

"Fin de l'abondance" pour dire ... l'entrée dans une consommation mesurée.

"Fin de l'insouciance" pour dire ... que le retour de la guerre a un coût qu'il faudra bien payer.

"Fin des évidences" pour dire ... que la démocratie est en danger.

Au delà de la jolie rime des trois mots, ce discours indique que les valeurs ont un prix et la liberté aussi."

 

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D'un anonyme :

 

"Quand tu penses qu'il n'y a plus d'espoir, pense aux homards

qui étaient dans l'aquarium du restaurant du Titanic"

 

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Les quatre tares ambiantes, toutes nées après 1985, sont celles-ci :

 

  • le nombrilisme (la promotion du caprice individuel),
  • le financiarisme (la promotion de la spéculation boursière),
  • le numéricisme (la promotion de sa propre mise en scène sur la Toile),
  • le mondialisme (la promotion du "tout se vaut" et du "rien ne vaut").

 

Ces quatre déliquescences sont le fruit pourri de la zone chaotique (sans régulations globales, ni repères solides) que la bifurcation paradigmatique actuelle engendre.

Elles indiquent, indirectement, les quatre chemins de reconstruction du monde humain dans le nouveau paradigme :

 

  • le noéticisme (la promotion de la connaissance universelle),
  • le libéralisme (la promotion de l'économie entrepreneuriale),
  • le technologisme (la promotion des techniques utiles de bon escient),
  • le continentalisme (la promotion des bassins culturels historiques).

 

Auxquels on peut encore ajouter six autres chemins de reconstruction comme :

 

  • l'écosystémisme qui dépasse l'humanisme et met l'humain au service de la Vie et de l'Esprit sous toutes leurs formes,
  • le frugalisme qui oppose le minimalisme au consumérisme et qui enjoint de ne consommer que le strict nécessaire,
  • le réticularisme qui répond au saut de complexité par des organisations en réseaux électifs et sélectifs, transnationaux.
  • l'eudémonisme qui promeut la construction quotidienne d'une belle joie de vivre liée à l'accomplissement de soi et de l'autour de soi,
  • le réalisme qui combat toutes les formes d'idéalité, d'idéalisme et d'idéologie afin de promouvoir la réalité du Réel,
  • le panenthéisme qui, au-delà des religions, vise la communion spirituelle avec le Divin qui est l'Âme, le Cœur et l'Esprit du Réel.

 

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Aujourd'hui encore, les idéologues, sociologues et politologues de tous poils ne veulent pas voir que l'Etat-Nation, esquissé au 17ème siècle (traité de Westphalie en 1648) et imposé artificiellement de la fin du 19ème siècle (en conséquence des guerres absurdes de l'infâme Napoléon Ier : Napoléon III et la 3ème république, Bismarck, Garibaldi, Cavour, etc …), est en passe de disparaître.

La réalité de demain sera un réseau mondial de bassins culturels continentaux dont chacun sera un complexe réseau de communautés de vie, autonomes et interdépendantes, soumises à une éthique commune (de niveau continental).

 

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Aujourd'hui, très malheureusement, par déficit d'intelligence et de connaissance, sans doute, on confond deux notions essentielles : celle de "valeur" et celle de "norme".

Cette confusion induit une contractualisation de tout et de n'importe quoi. Il n'y a plus de place ni pour l'interprétation personnelle, ni pour l'éthique personnelle. Notamment, ce wokisme que Jean-François Braunstein a appelé la "religion woke", mais aussi le social-national-populisme, n'ont de cesse que de vouloir tout normaliser, de tout légiférer, de tout judiciariser, de tout diaboliser, de tout anathémiser, de tout ostraciser.

Nous voilà en pleine restauration des tribunaux populaires, des comités de salut public et des commissaires du peuple.

 

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Il y a aujourd'hui une obsession de l'identité : toute personne n'est plus un humain unique et différent, autonome et responsable de soi et de sa vie, mais elle est censée n'être plus que l'expression d'une identité essentialisée.

Le problème est que, la personne étant beaucoup plus que toutes les identités qu'on pourrait lui assigner, les identités "s'éparpillent façon puzzle" (cfr. la célèbre réplique de Bernard Blier, signée Michel Audiard, dans "Les tontons flingueurs") d'où la "théorie" fumeuse de l'intersectionnalité.

 

Il n'empêche, cette actuelle obsession de l'identité traduit un effondrement traumatisant des individualismes et une recherche de sécurisation dans des lieux communautaires, largement imaginaires et artificiels, où un certain "entre-soi" fait semblant de mettre les fragiles à l'abri de la méchanceté des "méchants" (les autres).

 

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Olivier Roy note ceci :

 

"(…) la culture est petit à petit supplantée par une série de codes simplistes. Je cite par exemple dans mon livre le manuel à destination des immigrés publié par le gouvernement de la Flandre en Belgique : « Les Flamands aiment le calme. Après 10 heures du soir, on ne peut plus faire de bruit. Les Flamands mangent du poulet, du poisson et du porc. Certains Flamands choisissent d'être végétariens. Les Flamands mangent aussi des fruits et des légumes, des pommes de terre, des pâtes et du riz. » Cela peut prêter à sourire, là aussi, mais c'est très révélateur de cet « aplatissement du monde » que je décris : le mode de vie est le degré zéro de la culture. Il est ce qui reste de la culture lorsque le contrat social ne fait plus de social et qu'on ne s'intéresse finalement plus qu'aux individus."

 

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Notre monde humain, surtout européen et français, pratique avec acharnement le "déni de réalité".

On subit, mais on ne veut pas savoir : politique de l'autruche à tous les étages.

On préfère écouter les démagogues qui postulent et postillonnent que lorsqu'ils auront le pouvoir, tous les problèmes seront résolus.

Tout le monde sait que c'est ridicule et absurde, mais ça fait tellement de bien de faire semblant de croire leurs "y a qu'à" et leurs "faut qu'on".

 

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Voici quelques extraits édifiants de l'article "zoroastrisme" de Wikipédia" :

 

"Ayant reçu la révélation, il [Zoroastre] n'a jamais prétendu être un prophète, il s'est contenté de donner des directions de recherche spirituelle. Les zoroastriens considèrent que leur dieu n'a besoin ni d'adoration, ni d'intermédiaires.

 

Dans la doctrine de Zoroastre, chaque personne répond de ses actes en vertu de la nature de son 'Fravahr', l'équivalent du karma hindouiste. La doctrine se résume en une maxime : « bonne pensée, bonne parole, bonne action ». « Au lieu d'exalter le sentiment de culpabilité, le martyre et l'ascétisme, il est recommandé de travailler fort, de gagner de l'argent, de jouir de la vie et de donner généreusement »

 

Il y a en tout homme deux tendances: l'une qui le porte au bien, l'autre qui le porte au mal ; ce que propose Zoroastre, c'est de toujours choisir le côté du bien, et cela se fait par une constante dialectique. Il est bien dit que c'est l'homme qui choisit, sans obligation, et que celui qui remplit sa responsabilité pleine et entière envers les autres est un Saoshyant ; mais aussi que le monde ne comporte qu'une voie, celle de la « droiture ».

 

Tout homme est l'ouvrier du dieu pour faire évoluer le monde.

 

[L]es Immortels ne sont pas dissociables les uns des autres dans les Gāthās et ne sont pas personnifiés ; on peut les considérer presque comme des concepts philosophiques. Il ne s'agit pas de polythéisme.

 

Dans la doctrine de Zoroastre, toute personne doit répondre de ses actes par la bonne pensée, or la bonne pensée est directement liée à la culture, les adeptes de cette doctrine ne doivent donc pas mettre en œuvre une parole quelconque de Zoroastre qui ne correspondrait pas à la science moderne. Les préceptes de Zoroastre sur la morale collective et les liens qui attachent les hommes restent encore aujourd'hui d'actualité, alors que la plupart des religions ne leur ont pas accordé d'importance. Par exemple :

 

  • l'égalité des hommes et des femmes a été soulignée à maintes reprises dans les Gāthās et réalisée dans l'histoire de la Perse antique par l'avènement au pouvoir de femmes telle que Pourandokht. Des femmes prêtres ont récemment été ordonnées en Iran ;
  • préserver la pureté de l'eau, de la terre, de l'air et du feu est un autre précepte des adeptes de cette religion. Cependant, comme l'air, l'eau et la terre sont les éléments divins qui existent sans le concours de l'être humain alors que le feu est l'élément divin qui a besoin du concours de l'homme pour être entretenu, pour continuer d'exister, les Zoroastriens vénèrent plus que tout le feu sacré car il exprime mieux que tout le véhicule de communication entre Ahura Mazda et les hommes ;
  • l'esclavage et la soumission de l'être humain sont complètement rejetés dans la doctrine de Zoroastre ;
  • cette doctrine met l'accent sur l'importance de la récolte et rejette toute idée de paresse, de vivre au crochet d'autrui, de voler le bien d'autrui. Chacun doit vivre de ses efforts et pouvoir bénéficier de sa propre récolte ;
  • l'idolâtrie, l'adoration de la pierre ou tout autre lieu construit, sont prohibées dans la pensée de Zoroastre. La maison de Dieu n'est pas celle construite par l'homme, mais le cœur et l'esprit de ce dernier, ce qui rappelle l'idée chrétienne du corps comme temple de l'esprit;
  • aucune oppression ne peut être admise à l'égard des hommes, et si nécessaire, il faut se soulever pour l'éliminer ;
  • aucun mal ne doit être commis à l'égard des animaux et leur sacrifice doit être considéré comme un crime des hommes à leur égard.

 

Il n'y a pas d'organisation centrale du zoroastrisme au plan dogmatique."

 

Ah ! Si l'Iran actuel pouvait rejeter l'infect islamisme qui le mine et retrouver ses racines persanes zoroastriennes … Quel bonheur ce serait !

 

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Il me paraît clair que l'univers réel (à l'instant t) est la surface tridimensionnelle d'un patatoïde à quatre dimensions, en expansion (hérissé de fractales galactiques), rempli d'une substance mémorielle prématérielle qui s'y accumule (d'où l'expansion).

Il me parait aussi de plus en plus intuitivement évident que ce patatoïde est en rotation sur lui-même et que cette rotation holistique entraîne la rotation de tout ce qui a émergé à la surface du patatoïde ; ceci expliquerait pourquoi tout, du proton à la galaxie, en passant par tous les systèmes stellaires et toutes les étoiles et planètes, tourne sur soi et pourquoi la notion d'autorotation soit universelle.

 

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Il est assommant de voir deux doctrines historicistes perpétuellement en opposition, l'une affirmant une évolution continue du processus humain et l'autre affirmant ses discontinuités foncières (ruptures, sauts et paliers, etc …).

Alors qu'il est évident que la durée historique est à la fois une évolution linéaire et progressive (sur certains aspects) ET une concaténation de cycles en rupture les uns avec les autres (sur certains autres).

 

Il en va de même pour chaque personne humaine qui connaît, à la fois, un développement, puis une maturité, puis un vieillissement progressifs, scandés par des cycles de vie réguliers de onze années chacun, en moyenne.

 

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Le 18/10/2022

 

Présentation du livre de Chantal Delsol intitulé : "Le crépuscule de l'universel" :

 

"Nous avons cru que les droits de l'homme valaient partout et pour tous. Ils sont désormais dénoncés à l'extérieur par les autres civilisations et à l'intérieur même de nos démocraties. Comment penser cette crise ? Comment y répondre ? Comment maintenir l'idée de l'Universel ? Par l'une des grandes philosophes d'aujourd'hui.

 

Après la Seconde Guerre mondiale et la chute du mur de Berlin, nous avons cru à la victoire définitive de notre vision du monde, caractérisée par l'individualisme libéral, le cosmopolitisme et la démocratie des droits de l'homme. Mais depuis le tournant du siècle, plusieurs cultures mondiales s'opposent clairement et fermement aux principes occidentaux considérés jusque-là comme universels. La démocratie est décriée ou dégradée, et l'autocratie nommément défendue, en Chine et à Singapour, dans certains pays musulmans, en Russie. En outre, apparaissent au sein même de l'Occident des gouvernements dits populistes ou illibéraux, opposés au libéralisme et à l'individualisme postmodernes. Ce débat conflictuel déployé tant sur le plan occidental que sur le plan mondial traduit un nouvel assaut de la vision du monde traditionnelle, holiste, face à la vision progressiste et individualiste.

Des deux côtés fleurissent les excès. En Occident, l'humanisme classique transformé en humanitarisme. En face, des cultures parfois devenues des idéologisations de leurs traditions. C'est un énième épisode, mondialisé, de la discorde entre les modernes et les antimodernes : ce qu'on a appelé au 20ème siècle la " guerre des dieux ". "

 

Et celle d'un autre de ses livres : "Les idées politiques au 20ème siècle" :

 

"Le 19ème siècle a théorisé le politique. Le 20ème siècle a concrétisé ces théories. Le 19ème siècle a forgé des utopies. Le 20ème siècle a organisé la terreur. Le 19ème siècle a été positiviste. Le 20ème siècle a été totalitaire et césariste. Avec le rationalisme hérité des Lumières, les religions disparues ont été remplacées par des mythes régénérateurs. La politique a occupé le lieu du sacré. Elle a entretenu son catéchisme, ses rites et ses prêtres. Elle a logiquement engendré le fanatisme, pour avoir rendu impatients les paradis qu'elle avait inscrits dans le temps et dans l'histoire. Communisme, nazisme, fascisme, socialisme : toutes les conceptions politiques dominantes du 20ème siècle se sont voulues révolutionnaires, sauf la pensée de l'État de droit. Mais toutes ont échoué dans leur entreprise de renaturation sociale. Finalement, la pensée de l'État de droit aura été la seule vraie révolution."

 

Quant à "La haine du monde", voici ce qu'il en est dit :

 

"Le 20ème siècle a été dévasté par les totalitarismes qui, espérant transfigurer le monde, n'ont abouti qu'à le défigurer. Et si ces illusions ne nous avaient pas quittés ? En effet, tout en rejetant avec force le totalitarisme comme terreur, il semble que nous ayons poursuivi les tentatives de transfiguration.

Ceux qui veulent encore remplacer ce monde s'opposent aujourd'hui à ceux qui veulent le défendre et le protéger ; les démiurges s'opposent aux jardiniers. Dans cet essai cinglant et sans compromis, Chantal Delsol définit ainsi le projet de la modernité tardive : une émancipation totale de la réalité et un désamour du passé."

 

Et "La fin de la chrétienté" avait été présenté comme suit :

 

"N'en déplaise aux déclinistes, la fin de la civilisation chrétienne n'est pas la fin du monde. Ce qui se joue à travers l'inversion normative et la transformation radicale des mœurs, c'est le retour du monde païen. Un livre fondamental pour comprendre cette mutation. Un grand livre de Chantal Delsol.

 

Seize siècles de Chrétienté s'achèvent. Le temps présent connaît une inversion normative et philosophique qui nous engage dans une ère nouvelle.

La transition est brutale. Elle est difficile à accepter pour les défenseurs de l'âge qui s'efface.

De même que le vieillard tend à colorer le monde de sa propre décrépitude et à le voir décadent, de même il est des chrétiens qui, aujourd'hui, se plaisent à contempler le déclin du monde dans leur propre déclin.

Nous assistons en fait à une métamorphose. Le temps païen qui s'ouvre restaure les anciennes sagesses en même temps que les anciennes sauvageries. Le grand Pan est de retour.

L'ère chrétienne qui s'achève avait vécu sur le mode de la domination. Le christianisme doit inventer un autre mode d'existence. Celui du simple témoin. De l'agent secret de Dieu."

 

Je suis étonné de tant de parallélisme entre l'œuvre de Chantal Delsol et mon propre travail.

 

Oui, nous vivons la fin d'un cycle civilisationnel de 1650 années, la fin du cycle que j'ai appelé "messianique", dominé, au moins en Occident par le christianisme, mais ailleurs par l'islamisme, le confucianisme, le bouddhisme, …

 

Oui, nous vivons la fin d'un cycle paradigmatique de 550 années appelé "Modernité", troisième et dernier paradigme (maintenant mondialisé) de la civilisation messianique, mais paradigme progressivement déspiritualisé au travers des utopies humanistes, universalistes, égalitaristes, mécanicistes, positivistes, socialistes, marxistes, communistes, fascistes, tiers-mondistes, droit-de-l'hommistes, etc ….

 

*

 

De Richard Malka dans sa plaidoirie contre les terroristes islamistes du Charlie Hebdo :

 

"Quelle est cette cause qui a tué ceux dont on parle depuis plusieurs semaines, les 130 victimes du 13 novembre, les 86 victimes de Nice et des millions d'autres êtres humains depuis des siècles ? C'est l'accusé qui ne comparaîtra jamais, celui qui transforme des hommes ordinaires en criminels monstrueux. Il faut le désigner et le regarder en face : il s'appelle Religion, c'est mon accusé . (…) Mon rôle, comme partie civile, est d'instruire le procès de celles qui ne seront jamais jugées : les idéologies fanatiques qui arment les bras et les cœurs. (…)

Alors quelle est cette cause qui a tué tous ceux dont on a parlé depuis six semaines, ainsi que 130 personnes [à Paris] le 13 novembre, 86 à Nice et des dizaines de millions d'autres depuis des siècles ? Elle a un nom : c'est l'accusé qui ne comparaîtra jamais alors que c'est celui qui transforme des humains ordinaires en auteurs de crimes plus monstrueux les uns que les autres, jusqu'à abattre un petit garçon de 3 ans avec une tétine dans la bouche, à bout portant, et une petite fille de 8 ans en l'attrapant par les cheveux – je parle évidemment de Mohamed Merah ; jusqu'à couper la tête d'un professeur en toute bonne conscience. Cet accusé tue indistinctement chrétiens, juifs, musulmans et athées, et pourtant il faudrait ne jamais prononcer son nom. C'est lui qui a conditionné les Kouachi à commettre leurs crimes, le 7 janvier 2015. Dans cette salle, il faut bien finir par le désigner, par le regarder en face : il s'appelle Religion. C'est mon accusé (...).  "

 

Oui, l'ennemi c'est la Religion qu'il ne faut surtout pas confondre avec la Spiritualité !

Ne jamais oublier ceci :

 

La Spiritualité, c'est l'art de poser des questions essentielles.

La Religion, c'est l'art d'imposer des réponses dogmatiques.

 

Une Religion s'inscrit, le plus souvent, dans une tradition spirituelle (biblique, évangélique, coranique, vedantine, védique, …). Mais cette tradition n'est jamais réductible à la Religion qui l'a, en somme, phagocytée.

La Religion est un peu comme le lierre qui s'enroule autour de l'arbre de la Spiritualité et qui l'étouffe peu à peu. La Religion parasite la Spiritualité.

La Spiritualité est une cheminement à la découverte progressive d'un monde inconnu, alors que la Religion est la carte imaginaire d'un territoire fantasmé.

 

Toute Religion est une idéologie, c'est-à-dire une vision du monde "idéal" dont elle rêve, qu'elle édicte en vérité absolue et qu'elle souhaite imposer au monde entier.

Les pires Religions sont, en ce sens, le catholicisme et l'islamisme.

 

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Le 19/10/2022

 

Le Volume de la Loi Sacrée nous dit qu'il s'écoula 40 années entre la révélation du la Loi sur le mont Sinaï et l'arrivée devant les portes de la Terre de la Promesse.

 

Comme le processus initiatique maçonnique et comme n'importe quel processus initiatique, le parcours du peuple hébreu sous la conduite de Moïse s'est déroulé en trois temps.

 

Premier temps : la libération de l'esclavage, la sortie de la profanité, le passage de la mer des joncs qui est le franchissement de la limite entre le profane et le sacré.

C'est d'ailleurs, dans la langue hébraïque, le sens du mot "hébreu" : "celui qui est passé de l'autre côté" …

C'est, aussi, le sens de la réception au grade d'Apprenti qui fait sortir l'impétrant de l'épreuve de la Terre et le fait entrer dans le Sacré de la Lumière par les épreuves de l'Eau, de l'Air et du Feu.

 

Deuxième temps : la révélation de la Loi, sur le mont Sinaï. Le "don de la Torah", disent les Juifs. Et, à l'intérieur de ce don sacré et divin, les plans précieux de la Tente de la Rencontre, du lieu d'épiphanie, du lieu de l'Alliance entre Ciel et Terre, du lieu où l'initié entre en contact avec le Divin.

Ce plan du Tabernacle sera aussi celui de cet édifice théophanique de pierre et de bronze que sera le Temple de Jérusalem, voulu par le roi David, commandité par le roi Salomon et construit par le Maître Hiram ; ce Temple mythique et mystérieux sur le chantier duquel tous les Francs-maçons travaillent d'arrache-pied depuis mille ans.

C'est le passage au grade de Compagnon à qui sont révélés les secrets du métiers et l'art royal du Trait et de la Géométrie sacrée.

 

Mais c'est le troisième temps de ce périple qui se révèle le plus difficile : le temps de la purification ou, autrement dit, de la sacralisation, pendant quarante années de pérégrination dans le désert. Ce temps correspond à l'élévation au grade Maître.

Pendant quarante années, le peuple hébreu cheminera entre le mont Sinaï, lieu de la Révélation, et l'entrée dans la Terre de la Promesse qui symbolise la parfaite réalisation de l'initiation complète et accomplie.

Même Moïse n'arrivera pas à ce stade suprême. Il mourra en vue de la Terre de la Promesse, en haut du mont Nébo ; la légende raconte qu'il ne mourut pas vraiment, mais qu'il fut enlevé de Terre par des Anges qui le firent entrer dans le Royaume du Ciel, devant le Trône de la Lumière du Sans-Limite. On dit aussi que : "jusqu'à aujourd'hui, nul n'a pu trouver trace de son tombeau" …

 

Quarante années, donc …

Quarante années de pérégrination, accompagnées par la Tente de la Rencontre, lieu d'épiphanie, lieu de manifestation du Divin, lieu de contact entre Terre et Ciel, entre humain et Divin.

Quarante années nécessaires pour effacer toutes les traces de l'esclavage d'antan, toutes les scories du monde profane qui était celui des apparences, celui des illusions, celui des futilités et des frivolités, de la superficialité et de l'insignifiante, le monde de ces idoles puériles que sont la fortune, la gloire ou le pouvoir.

Quarante années nécessaires pour reconstruire intacte la vraie liberté intérieure et spirituelle, loin de toutes les croyances, loin de toutes les superstitions, loin de toutes les idolâtries.

Quarante années nécessaires pour réapprendre à sacraliser totalement la Vie et l'Esprit, c'est-à-dire sacraliser la Vie du Réel qui se construit et se transforme et s'accomplit en chacun et autour de chacun, et sacraliser l'Esprit du Réel qui fonde l'Ordre cosmique dont l'Ordre maçonnique n'est que le reflet parmi les hommes.

 

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La numérologie regarde le nombre 40 et y contemple deux pistes immédiates.

 

Le nombre 40 est formé d'un 4 et d'un 0 dont la somme donne le chiffre 4 qui est le symbole de la Mère, de cette Matrice où la Vie prend forme et se développe. Le chiffre 4 est un carré parfait : celui du 2 qui symbolise toutes les bipolarités qui forgent la vie réelle : le Sacré et le profane, bien sûr, mais aussi la Force et la faiblesse, la Sagesse et la stupidité, la Beauté et abjection.

 

Le nombre 40 est aussi le produit d'un 8 et d'un 5.

Le 5 symbolise la Vérité, le Secret enfin dévoilé, la Révélation aussi des cinq livres de Moïse sur le mont Sinaï. Le 5 est un nombre premier, ce qui suggère que la Vérité est source et racine d'elle-même.

Quant au 8, il symbolise l'Alliance, l'Amour, la Fraternité, la Communion. Il est le cube de 2 et le cube est la pierre parfaitement taillée, chef-d'œuvre d'un Apprenti accompli.

Derrière le 2 on retrouve, bien sûr, les bipolarités existentielles déjà mentionnées, mais le 8, parce qu'il est le cube de 2, insiste aussi sur le ternaire, sur le chiffre 3 qui y est implicite. Donc, derrière ce 8, se cache un 2 et un 3 dont la somme donne le 5 de la Vérité.

Le message est clair, derrière la Fraternité, pour la nourrir, il faut de la Vérité, elle-même forgée par la binaire du 2, moteur de la Vie, et le ternaire du 3, moteur de l'Esprit.

Être Frères, c'est avoir même mère et même père ; cette Mère, c'est le 2 qui donne le carré 4 de la Matrice qui est la Loge, et le cube 8 qui est l'Amour ; et ce Père, c'est le 3 de l'Initiation en trois grades qui, avec le 2, mène au 5 de la Vérité.

Et le 5 de la Vérité multiplié par le 8 de l'Amour, donne le 40 qui nous réunit tous aujourd'hui.

 

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En opposition avec les wokistes et autres comiques actuels, rappelons que l'anormalité n'est pas normale, même si la normalité naturelle et vitale n'est pas nécessairement le norme conventionnelle et artificielle des moralistes idéologues.

Être obèse ou homosexuel (avec toutes les autres dérives "genristes") ou drogués ou religieusement fanatisés ou sexuellement pervers ou violemment cruel  ou autres (et il y a beaucoup d'autres addictions maladives et délétères dans notre monde de perte de contact avec la réalité du Réel) n'est pas normal, c'est-à-dire pas conforme aux lois surhumaines de la Vie et de l'Esprit.

Je n'ai rien contre les "anormaux" qui ont le droit de faire ce qu'ils veulent de leur existence (sauf de violenter ou d'emmerder les autres), mais je récuse formellement la tendance actuelle à vouloir normaliser l'anormalité en contradiction flagrante avec les lois de la Nature.

Être homosexuel est contre-naturel et constitue donc une anormalité, heureusement très marginale, mais qu'il convient de continuer à regarder comme anormale.

Normaliser l'anormalité revient à rejeter les lois universelles de la Vie et à considérer les fantasmes humains comme supérieurs à elles.

 

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Sept pistes pour comprendre la Franc-maçonnerie authentique …

 

Le sens de la régularité.

La Franc-maçonnerie est un Ordre et l'Ordre suppose une Règle que la Tradition nous donne, vieille de mille ans et consignée dans les "anciens devoirs" au travers des manuscrits Regius, Cook , Kilwinning et autres. Les utopies londoniennes des Desaguliers et Anderson, les récupérations politiques de Napoléon, les délires pseudo-maçonniques du 19ème siècle, n'y changeront rien : il n'y a de maçonnique que les Grandes Loges maçonniques régulières, c'est-à-dire celles qui placent le Sacré au-dessus du profane, et les Rituels initiatiques au-dessus des discussions de café du commerce ou de cours du soir.

 

Le sens de la Fraternité.

La Fraternité n'a rien de sentimental, mais n'empêche nullement les sentiments d'amitié profonde. Au contraire. La Fraternité, c'est savoir que l'on partage un même Père : le Grand Architecte de l'Univers, et un même Mère : la Tradition initiatique. Être Frères, c'est agir en communion c'est-à-dire, selon l'étymologie latine cum munire : "construire ensemble".

 

Le sens de l'Ordre initiatique.

La Franc-maçonnerie est un Ordre initiatique c'est-à-dire une méthode spirituelle et un outil rituélique pour dépasser l'humain et rejoindre le Divin, c'est-à-dire l'Intemporel. C'est répondre à ces terribles questions : quel est, profondément, le sens et la valeur de ta vie ? au service de quoi vis-tu ? quelle est ta vraie raison d'être ?

 

Le sens de la Fidélité.

La Franc-maçonnerie n'est pas une occupation parmi d'autres ; elle est une engagement durable ! Être "fidèle", étymologiquement, c'est perpétuer, dans la durée, une même et unique Foi. Mais la Foi n'a rien à voir avec des croyances. La Foi, ce n'est pas "croire", mais c'est "savoir" au plus profond de soi, pourquoi on est là, pourquoi on prononce telle parole, pourquoi l'on pose tel geste, pourquoi on donne valeur à tel rituel ou à tel symbole.

Dans le monde profane, on essaie de passer son temps de la façon le plus agréable possible.

Dans le monde sacré on veut utiliser son temps à se construire, soi et le monde, de la manière la plus accomplissante possible.

 

Le sens de la Tradition.

La Tradition n'est ni du folklore ni du psittacisme, ce n'est donc pas perpétuer des rites sans chercher leur source et leur signification, et ce n'est donc pas répéter comme un perroquet les mêmes gestes ou paroles parce que c'est obligatoire.

La Tradition , c'est de la mémoire vivante, c'est un patrimoine précieux, c'est savoir d'où l'on vient pour mieux décider où l'on veut aller.

IL ne peut y avoir de construction d'un édifice sacré sans accumulation de travail sur les mur, rangée de pierres après rangée de pierres. L'évolution du monde réel est faite d'accumulations. La Tradition est un tel processus d'accumulation patrimoniale, un trésor où chacun puise selon ses besoins du moment.

 

Le sens de la Transmission.

Mais un patrimoine, quel qu'il soit, doit être transmis, pieusement, si l'on veut que ce que l'on a reçu gratuitement de si précieux, puisse aussi servir à ceux qui nous suivent.

Chaque initié est une passerelle entre ceux qui l'ont initié et ceux qu'il initiera.

Il faut veiller à transmettre intégralement le trésor traditionnel reçu, y compris ce qui ne nous a pas été utile, à nous, car il pourra être vital pour ceux qui nous suivent.

 

Le sens de la Responsabilité.

Accepter l'initiation n'est pas neutre. En acceptant de devenir formellement Franc-maçon, on prend la responsabilité, indéfectible et ineffaçable, d'assumer sa part et sa contribution sur le chantier de la construction du Temple où viendra habiter la Grand Architecte de l'Univers.

 

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Le 20/10/2022

 

Le mot hébreu Qabalah signifie "Réception" (du verbe Qibèl : "recevoir"). Et qu'y reçoit-on ? Une "caisse à outils" (qu'Abraham Aboulafia, au 13ème siècle, appela Tsérouf - ce qui "épure") pour décrypter, pour soi, le texte biblique.

La Kabbale est une voie mystique. Elle est une ascèse. Elle est une vaste discipline intellectuelle et spirituelle dont l'intention est de réaliser, pour "celui qui étudie", l'unification radicale entre le Soi et le Tout-Un.

Le texte biblique est le moyen, pour lui, d'entrer en reliance et en résonance avec l'Un (en hébreu, le Eyn-Sof, c'est-à-dire le "Sans-limite" dont le tétragramme YHWH ("Ce qui advient en devenant") n'est que la voix).

Car le kabbalisme est essentiellement un monisme ésotérique qui dépasse, mais sans s'y opposer nécessairement, le dualisme des religions exotériques et populaires qui considèrent l'opposition entre le monde naturel où les humains vivent, et le monde divin qui serait d'une autre nature.

La Kabbale ne parle pas de deux mondes, mais d'un seul : le Réel, mais dont la perception par les humains est très étagée allant de l'illusion des apparences fragmentées à la réalité profonde et unitaire.

 

L'herméneutique des lettres hébraïques ou le symbolisme de l'Arbre de Vie (et de ses dix "figures" - séphirot en hébreu), ne sont que deux des très multiples méthodes utilisées par les kabbalistes pour atteindre leur but.

Quel est ce but, depuis près de deux mille ans ? Réaliser l'Alliance entre le Ciel et la Terre, entre le Divin et l'humain. Accomplir l'épiphanie radicale.

La Kabbale est la tradition mystique et ésotérique propre à la culture juive. Son principe est de partir du texte biblique (les quatre premiers chapitres de la Genèse, le Buisson Ardent, le Décalogue, la Tente de la Rencontre, le Cantique des cantiques, la vision du Char d'Ezéchiel, etc …) afin d'en découvrir le "sens profond" pour soi ; le but n'est pas de comprendre ce que ces textes disent en vérité absolue, mais bien d'entendre ce qu'ils me disent à moi sur mon chemin de spiritualisation, de sacralisation, de sanctification et de divinisation.

Il s'agit d'atteindre la transcendance c'est-à-dire la vision du Tout-Un qui est au-delà de toutes les lettres, de tous les mots, de tous les concepts humains.

Pour reprendre un mot de Nietzsche, le but du kabbaliste est d'atteindre le Surhumain, tout au-delà de l'humain somme toute assez insignifiant et anecdotique.

 

Quant à l'intérêt que portent certains philosophes et scientifiques à la Kabbale, il vient du fait que l'intention kabbalistique est de comprendre la logicité (la "Loi") qui gouverne le Réel dans sa totalité, Réel qui est totalement dans le Divin, lui-même présent en tout, à la fois fondement du Tout et enveloppe du Tout. La Kabbale est un panenthéisme où se retrouvent, totalement, à la fois, la philosophie de Spinoza et la cosmologie d'Einstein.

Que dit cette logicité cosmique et divine (le Divin, le Réel, l'Univers, la Nature, le Cosmos, c'est tout un) ?

  1. Que tout ce qui existe, émane du Réel-Divin comme les vagues à la surface de l'océan.
  2. Que rien n'est séparé de rien puisque tout manifeste l'Unité absolue du Réel-Divin.
  3. Que le Réel-Divin est cohérent c'est-à-dire rationnel.
  4. Que cette rationalité est celle que souhaitent découvrir les métaphysiciens et les physiciens.
  5. Qu'il n'y a donc jamais de "miracles" sauf dans l'imagination humaine.
  6. Que le Réel-Divin est tout entier soumis à l'intention de s'accomplir en plénitude et que tout ce qui existe, n'existe que pour contribuer à cet accomplissement.
  7. Que les notions d'immortalité de l'âme ou de vie après la mort n'ont aucun sens.
  8. Qu'en revanche, le kabbaliste, en fusionnant avec le Réel-Divin, peut atteindre l'intemporalité dans sa propre vie.
  9. Que le Réel Divin se révèle à l'humain sous trois hypostases complémentaires : la Matière, la Vie et l'Esprit.
  10. Que ce n'est pas moi qui existe, vis et pense, mais que c'est la Matière qui s'incorpore à travers moi, que c'est la Vie qui se vit à travers moi, et que c'est l'Esprit qui se pense à travers moi.

 

La Kabbale est suprahumaine et ne se préoccupe guère des démangeaisons humaines, par exemple de l'opposition supposée entre les hommes et les femmes. Son problème, c'est le Divin et non l'humain. L'humain y est anecdotique.

En revanche, la Kabbale perçoit clairement les bipolarités qui sont le moteur de la Vie (et, s'il le faut, on pourrait alors parler, entre autres, d'un pôle féminin et d'un pôle masculin, comme on parle d'un pôle de "miséricorde" et d'un pôle de "rigueur", d'un pôle divin global et d'un pôle humain local, etc …).

Mais ces bipolarités doivent être dépassées par un travail dialectique (au sens de Hegel).

Toute bipolarité pose des différences entre ses pôles. Et ces différences doivent être vues comme une immense richesse, comme la source de belles complémentarités. Parce qu'elle uniformise tout, l'égalité tue les différences qui sont le moteur de la Vie.

La Kabbale veut bien considérer le pôle masculin et le pôle féminin, mais à la condition qu'ils se transcendent dans une fusion unitive supérieur : le couple. C'est le couple qui est porteur de Vie nouvelle, de Vie renouvelée, de Vie transmise, de Vie continuée.

 

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De Béatrice Parrino ("Le Point" de ce jour) :

 

"À l'occasion de la Journée internationale des paresseux (eh oui, cela existe !), les Makers ont commandé très sérieusement une étude à l'IFOP pour en savoir plus sur notre implication professionnelle et la perception de la valeur travail. L'enquête, publiée le jeudi 20 octobre, a été menée auprès d'un échantillon de 2 015 personnes, dont 1 109 actifs occupés, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Résultat des courses, « le manque d'entrain au travail reste une attitude très minoritaire (20 % des sondés), mais elle s'avère nettement plus répandue dans les rangs des travailleurs de gauche – 36 % des sympathisants d'EELV – que ceux de droite – 11 % des sympathisants – de LR. » En revanche, les deux bords se rejoignent pour défendre le droit à la paresse. Certes, à nouveau, cette tendance est plus forte à gauche, et d'ailleurs, 85 % des sondés se déclarant très « à gauche » sont emballés par cette idée.

 

Un autre concept, qui fait les gros titres des journaux depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid-19, a été soumis à l'occasion de ce sondage : le "quiet quitting", c'est-à-dire le désengagement des salariés dans leur travail. 37 % des Français interrogés ne cachent pas le fait qu'ils se limitent à exécuter les seules tâches figurant sur leur fiche de poste, et rien de plus. Dans les rangs des sympathisants LFI, 45 % reconnaissent agir ainsi. De manière plus globale, 48 % des personnes interrogées estiment se sentir perdantes au regard de leur investissement dans leur activité professionnelle. En 1993, ils étaient 25 %. Questionnés sur les chômeurs, ils sont deux tiers à penser qu'ils "pourraient trouver du travail s'ils le voulaient vraiment". En 2016, ils étaient 51 %.

 

Quant à savoir si Fabien Roussel a touché juste, en lançant que la gauche devait être une "gauche du travail" et non "des allocations et des minima sociaux", le sondage souligne qu'il est suivi par une large majorité des Français.

Trois sondés sur quatre approuvent cette position. Même ses sympathisants pensent de même : 64 %. Sans parler des écologistes : 72 %."

 

Les sondages, comme tous les autres indicateurs ou signaux, montrent que le principe même du travail salarié est à bout de souffle. Ce n'est pas le travail (le fait de faire de l'ouvrage) qui est en cause, mais bien le salariat qui doit disparaître et dont les plus jeunes générations ne veulent déjà plus.

Le regard émergeant - qui sera celui du nouveau paradigme - considère que l'existence humaine est un ensemble d'activités dont certaines sont rémunératrices et d'autres pas. A chacun de répartir sa vie comme il l'entend, selon son âge, ses passions, ses talents, ses besoins, ses opportunités, ses potentialités, etc …

Il est crucial de décontractualiser et de délégaliser tout ce qui touche aux activités de chacun. Le nombre d'années, de jours hebdomadaires ou d'heures journalières consacré à une activité, rémunérée ou pas, ne regarde ni l'Etat, ni la Loi ; c'est affaire strictement personnelle et privée.

Il est urgent que chacun se considère comme sa propre entreprise, responsable de lui-même et de ses activités.

 

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L'organisation du monde humain au 20ème siècle a été bâtie sur trois piliers : l'étatisme, l'idéologisme et la nationalisme. Trois plaies purulentes.

Au centre, trois fantasmes absurdes et délétères, trois idéalités fantasmagoriques :

 

  • l'homme idéal, donc supérieur (l'aryen, le prolétaire),
  • le pouvoir idéal, donc supérieur (le parti, la bureaucratie),
  • le système idéal donc supérieur (le démocratisme, le populisme).

 

Ce sont ces trois fantasmes abjects qui ont forgé tous les totalitarismes qui ont ravagé la planète jusqu'à aujourd'hui : le marxisme, le nazisme et les communismes ont des dizaines de millions de morts sur la conscience.

Mais une idéologie n'a pas de conscience !

 

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Le 20ème siècle a été la dernière phase, laïcisée, et le chant du cygne du messianisme propre à la civilisation christianisée (inaugurée vers 400 et finissante sous nos yeux).

Une foi aveugle et meurtrière en une "idée providentielle", parfois portée par un l'homme supposé providentiel.

 

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L'idéologisme est une forme pernicieuse de maladie mentale qui consiste à prendre ses propres fantasmes ou caprices ou ressentiments, pour la solution idéale et définitive à tous les problèmes humains.

 

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L'idéologisme, source de tous les totalitarismes, est l'antonyme absolu du libéralisme qui est le culte de l'autonomie personnelle et collective.

La seule institution tolérable est celle dont la seule mission est de garantir l'autonomie de tous dans le respect de l'autonomie de chacun.

Tout le reste ne regarde personne.

 

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L'idéologie donne au "système" l'hégémonie sur la "personne".

Mais ce "système" qui, par essence, veut devenir totalitaire, n'est que pure abstraction, issue du cerveau malade de démiurges diaboliques qui n'ont plus rien d'humain, obsédés qu'ils sont par leurs fantasmagories idéelles.

 

Dans toute idéologie, il y a un fond de messianisme sotériologique (le salut individuel du militant) et eschatologique (le salut collectif de l'humanité).

Quand donc comprendront-ils n'y a rien à sauver ?

 

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Le très moralisateur concept chrétien de "charité" a été laïcisé sous la forme d'un solidarisme étatisé devenu, au fil du temps, surtout depuis les années 1980, une explosion des assistanats et, par conséquent, des parasitismes les plus éhontés.

Que l'on puisse vanter la vertu de l'entraide, est une chose, que cette entraide puisse cesser d'être personnelle, librement consentie, généreuse et gratuite, élective et sélective, en est une autre.

L'étatisation forcée et obligatoire de l'entraide sociale est une honte indigne.

Il est honteux, par exemple, d'extorquer de l'argent aux contribuables pour financer des communautés terroristes immigrées.

 

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De Michel Winock :

 

"Le populisme, comme l'abstentionnisme, est la plaie de la démocratie représentative, le germe de la pire de la régression."

 

A moins que ces cancers que sont le populisme et l'abstentionnisme (et le socialisme et tous les gauchismes ou nationalismes) ne soient la preuve que la démocratie au suffrage universel (et la dictature de l'électorat populaire) ne fonctionne pas et qu'il faille se diriger vers une démocratie au mérite.

Il faut en finir avec la tyrannie des crétins et des médiocres.

 

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Le 21/10/2022

 

Dans la Torah, quelques passages mal compris ont permis à certains de déceler une violence terrible dans l'exécution de certaines mitzwot …

Ainsi, ce verset du Lévitique (24:16) :

 

"Celui qui blasphémera le nom de l'Éternel sera puni de mort."

 

Dont la traduction littérale donne :

 

"Et maudire un nom de YHWH, de mort il mourra,

de lapidation, toute la communauté lapidera en lui (…)"

Celui qui maudit l'idée divine est incapable de vivre la Vie ; il est donc déjà mort, d'une mort intérieure et spirituelle. Quant à la lapidation (contraire au décalogue qui stipule clairement : "Tu n'assassineras pas"), il faut la comprendre au sens symbolique d'un ensevelissement intérieur et spirituel ("en lui") sous un énorme poids de "pierres" comme un tombeau : le blasphémateur est mort à la Vie et son esprit est enterré sous les pierres de l'absurdité.

 

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Le Déluge dura quarante jours et quarante nuits, d'après la Bible.

Il fallut une telle durée pour purifier la Terre de ses iniquités et permettre à Noé, "l'homme tranquille", de sauver la Vie grâce à son Arche.

Comme il fallut quarante années d'errance dans le désert, entre le mont Sinaï et la Terre de la promesse, pour purifier le peuple hébreu de ses esclavages anciens.

Dans la Bible, quarante est le nombre qui symbolise la purification.

 

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Tout esclavage est idolâtrie.

Toute idolâtrie est esclavage.

 

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Pour rejoindre un propos d'André comte-Sponville dans "Challenges" …

 

Le "pour quoi ?" et le "comment ?" se tiennent la main.

Connaître un "comment ?" sans savoir "pour quoi ?", c'est avoir des moyens au service de rien.

Déterminer un "pour quoi ?" sans maîtriser le "comment ?", c'est savoir où aller, mais n'avoir aucun chemin pour l'atteindre.

Un "pour quoi ?" sans "comment ?", c'est un idéalisme stérile.

Un "comment ?" sans "pour quoi ?", c'est un technocratisme vain.

Il vaut mieux oublier un "pour quoi ?" qui n'a pas de "comment ?".

Il vaut mieux remiser un "comment ?" qui n'a pas de "pour quoi ?".

 

Autrement dit : l'intentionnalité et la logicité sont indispensables l'un à l'autre ; l'un sans l'autre est vide.

Sans oublier la troisième pointe du triangle : les ressources, la "territorialité" ou la "substantialité".

Car, en plus du "pour quoi ?" et du "comment ?", il faut aussi un "avec quoi ?".

 

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Et du même André Comte-Sponville :

 

"A viser la justice par la redistribution, sans se donner les moyens de la rendre possible par la production, la gauche française, depuis un demi siècle, se voue à l'impuissance."

 

De toutes les façons, la "gauche", c'est l'impuissance puisque son égalitarisme châtre toute forme de puissance et encourage tous les parasitismes.

Tous égaux à patauger dans la même merde où plus personne ne fait plus rien d'autre que pleurnicher (comprenez : "crier à l'injustice sociale") et quémander (comprenez ; "exiger des aides et subventions pour tout et n'importe quoi").

 

La société française a quelques très graves maladies, mais la pire est que plus rien ne s'y gagne "au mérite".

Tout est dû à tout le monde ; et tout le monde attend tout de l'Etat.

On a donc briser le principe simple qui veut que chacun est responsable de soi.

 

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Tout ce que quelqu'un possède (un droit, un revenu, un patrimoine, un savoir, …), doit être mérité.

Le simple fait d'exister ne suffit pas du tout.

 

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La démocratie doit être remplacée radicalement par la méritocratie.

Le pouvoir à ceux qui le mérite !

 

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Paradoxe de notre époque et de nos contrées : plus on est pauvre, plus on souffre de diabète et de troubles psychiatriques (sources : EDP-Santé et DREES).

 

Cela me rappelle cette remarque que mon ami Edgar Morin m'avait faite lorsque nous marchions, je ne sais plus ni quand ni où, pour intervenir à je ne sais plus quel congrès :

 

"A quoi reconnait-on un pauvre en ville ? A son obésité."

 

Et ce n'est certainement pas Edgar qu'il faudrait d'accuser d'être de droite !

 

Je me souviens aussi d'une étude faite au cours de ma carrière académique, sur le contenu du "panier de la ménagère" à la sortie de grandes surfaces : ce sont les plus pauvres qui achètent le plus de plats cuisinés industriels (pourtant beaucoup plus chers et malsains) et le moins de produits frais (pourtant moins chers et sains) … alors que les chômeurs n'ont rien d'autre à faire qu'à cuisiner pour leur famille.

 

La haute densité de troubles psychiatriques chez les plus pauvres me paraît très corrélée à leur manque total de courage et de volonté, à leur ennui de vie, au vide abyssal de leur existence de fainéant et de traine-savate, à leur déresponsabilisation face à leur état (dont la cause serait, chacun le sait, les autres, la société, l'Etat, le capitalisme, les patrons, etc …).

Quand on travaille 70 heures par semaine à accomplir un projet de vie, à construire un petit monde, à s'investir à fond dans une œuvre, on n'a pas le temps d'avoir des "troubles psychiatriques".

 

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Le problème n'est pas l'immigration.

Le problème est certains immigrés.

François Cheng ? Plus que bienvenu !

Mohamed Merah ou les frères Kouachi, et tous ceux qui leurs ressemblent ? A foutre dehors au plus vite ou à abattre sur place !

Le problème n'est pas l'étranger ; le problème est certains musulmans.

 

*

 

Chantal Delsol cible cinq idéologies comme marquant le 20ème siècle, à savoir :

 

  1. le marxisme-léninisme (et tous les communismes qui en découlent),
  2. le national-socialisme (le nazisme, donc),
  3. le fascisme-corporatisme,
  4. le socialisme (soit, en gros, l'égalitarisme),
  5. l'étatisme (le bureaucratisme national sur fond de mascarade démocratique).

 

Ces cinq idéologies néfastes ont un point commun : leur haine du libéralisme (à ne confondre ni avec le capitalisme pour qui tout se réduit à l'argent, ni avec le mercantilisme pour qui tout est marchandise, ni avec le financiarisme pour qui tout est spéculation) et, donc, de l'autonomie personnelle et collective (la liberté d'accomplissement d'un projet personnel ou collectif, dans le respect réciproque de l'autonomie de tous les autres acteurs).

 

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Par définition, toute idéologie, parce qu'elle promeut un "idéal" qui n'existe pas, est forcément utopique, irréaliste et fantasmagorique.

Et tout "idéal" n'est qu'un choix arbitraire et "esthétique" parmi des milliers d'idéaux possibles, tous aussi irréalistes les uns que les autres.

 

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Toute idéologie est, en soi, prométhéenne en ce sens qu'elle se fiche éperdument de la réalité cosmologique, biologique et noologique de l'univers, en général, et de l'humain, en particulier.

L'impossible n'existe plus vu qu'il est tout simplement nié.

C'est pourquoi, toute idéologie est, par nature, contre-naturelle et, donc, vouée à l'échec.

 

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Au 20ème siècle, pour la première fois, la puissance technologique humaine a pu laisser croire que, pendant quelques années (5 ans pour le nazisme, 72 ans pour le soviétisme, 28 ans pour le maoïsme), l'humain était devenu capable d'imposer ses fantasmes idéologiques dans la réalité du Réel.

Toujours par la violence. Mais la violence coûte toujours beaucoup trop cher, et viole les lois de la thermodynamique.

 

*

 

La réalité du Réel, la réalité de tout processus complexe - l'humanité comprise - est d'être sans cesse travaillée par trois bipolarités universelles : celle, temporelle, entre conservation et construction (la préservation de l'acquis et l'accomplissement du projet), celle, spatiale, entre intégration et individuation (les rapports entre la personne et la communauté), et celle, logicielle, entre rationalisation et imagination (le dilemme entre rationalité et créativité).

 

Le propre de toute idéologie est de vouloir transformer ces bipolarités indissociables et vitales, en dualités dont l'un des pôles (le "mauvais") doit, nécessairement, économiquement, moralement ou politiquement être détruit par l'autre (le "bon").

Ce faisant, l'idéologie détruit les moteurs bipolaires de la Vie (qui, comme les aimants, ne peut exister sans ses dipôles), et instaure un nivellement létal des différences (une désaimantation par surchauffe violente) au profit d'une uniformité entropique délétère (un égalitarisme froid et impossible, puisque contre-nature : la Vie ne vit que des différences et de leurs complémentarités).

 

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A propos du marxisme, Bakounine, en visionnaire, prédit que le système communiste débouchera nécessairement sur l'aliénation de tous eu profit d'une nomenklatura auto-proclamée … et Proudhon ironise : "Sa théorie se réduit à une proposition contradictoire : asservir l'individu, afin de rendre la masse libre".

 

Tout le marxisme et toutes les idéologies qui s'en réclamaient et s'en réclament encore, sont fondés sur l'idée cruciale de la "lutte des classes".

Le hic majeur est que ces "classes sociales", cela n'existe pas ; il n'existe que des statistiques et des gaussiennes continues ; autant de statistiques et de gaussiennes continues que l'on peut inventer de critères ou de paramètres pour mesurer la réalité sociétale (patrimoine, revenu, intelligence, culture, courage, volonté, sociabilité, identité, honnêteté, fainéantise, santé, etc …).

 

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Le marxisme est une théorie binaire, simpliste, biaisée et radicalement fausse que Lénine, puis Staline jusqu'à Brejnev, a transformé en une pratique monstrueuse et sanguinaire, perpétuée, aujourd'hui, par Poutine au nom du populisme russe.

Le tsarisme despotique de Pierre le Grand a peut-être changé de couleur (blanc, puis rouge, puis brun), mais il est resté lui-même depuis deux siècles.

 

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Le 22/10/2022

 

Quelques notes de lecture de la pièce de théâtre de Voltaire intitulée : "La Fanatisme ou Mahomet le prophète" … écrite en 1739, représentée à Lille en 1741 puis à Paris en 1742, et ensuite … interdite.

Aujourd'hui, cette pièce ne peut plus être jouée … Bienpensance wokiste oblige !

 

"D'emblée, Mahomet est présenté comme un autocrate porteur d'une idéologie impérialiste, sans doute inspirée de quelque révélation religieuse, mais surtout orientée vers la conquête des territoires et la soumission des peuples.

 

Le mot-clé, partout, contre l'islam est "fanatisme".

 

Le mot-clé de l'islam est un seul : "soumission".

 

L'islam est tout entier né sous le signe de la haine et de la violence.

 

L'islam, c'est la barbarie !

 

L'islam est une religion d'esclaves.

Allah n'est qu'une promesse ou un rêve de liberté, après la mort.

Idée chrétienne : pourrissez dans la vie, vous jubilerez dans la mort.

 

Thèse de Omar, envoyé de Mahomet :

"Les mortels sont égaux ; ce n'est point la naissance, c'est la seule vertu qui fait leur différence." (voilà du voltairisme totalement étranger à l'islamisme).

 

Le terreau de l'islam, ce sont les médiocres (comme Mahomet lui-même, analphabète, gigolo, suborneur, …). L'islam, c'est la vengeance violente et haineuse des médiocres (que feraient la Arabes dans leurs déserts, s'il n'y avait pas la manne providentielle du pétrole ?), c'est leur ressentiment..

 

L'islam est une tyrannie, un totalitarisme par essence.

 

Ce qui a fait la force de l'islam, ce n'est guère la puissance de sa religion qui n'est qu'un ersatz populaire et primaire d'ébionisme, de nazôréisme et monophysisme. Mais bien plutôt les incroyables victoires militaire de cette troupe de gueux dans un monde en pleine déliquescence (effondrement des mondes romains et du monde persan).

 

Voltaire met ces mots dans la bouche de Mahomet, dès sa première réplique :

 

"Retournez vers ce peuple, instruisez-le en mon nom ;

promettez, menacez ; que la vérité règne."

 

Tout est dit !

 

L'islam s'est tout entier bâti sur les décombres de l'effondrement des mondes aux 7ème et 8ème siècles. L'islam n'a été qu'un assaut de charognards, alliant violence et ruse pour capturer des peuples entiers perdus dans un monde sans plus de repères. Hors Europe, les vieux empires étaient à bout de souffle et se sont laissé subjuguer sans coup férir. Le seul bastion contre cette marée de médiocrité fut l'Europe. Il faut qu'elle le redevienne aujourd'hui : l'islam, dehors !

 

Dans ce monde malade de l'après-fin de l'Antiquité, de la fin de l'empire romain, de l'empire perse, de l'empire égyptien, de la fin des puissances maghrébines wisigothes et berbères, des balbutiements d'une chrétienté bientôt schismatique qui ne sait pas encore qui elle est, dans ce grand corps malade et faible qu'était le monde méditerranéen, nord-africain et moyen-oriental, l'islam fut une pandémie virulente, alliant médiocrité spirituelle et férocité impérialiste : une religion puérile et vindicative, alliée à une idéologie brutale et simpliste.

Une armée ridicule de cent mille microbes a soumis un corps de dix millions d'âmes.

 

Cette réplique de Mahomet :

 

"La persécution fit toujours ma grandeur."

 

Et cette autre réplique :

 

"Ton esprit, fasciné par les lois d'un tyran,

pense que tout est crime hors d'être musulman. (…)

Mais peux-tu croire un dieu qui commande la haine ?"

 

Et celle-ci :

 

"(…) le faible est bientôt traître.

 

Tout ce texte transpire cette idée juste et néfaste : que la force des armes est supérieure à la force des convictions, que le meurtre est plus efficace que la conversion.

 

La populace se moque des meurtres des rois et des affres de la religion, tant qu'elle a la panse pleine et l'esprit amusé. "Du pain et des jeux", et rien d'autre.

 

"Islam" signifie "soumission, c'est-à-dire "obéissance". Tout l'islam se réduit à cette simple et verticale relation de domination : les musulmans sont esclaves de leur dieu, les musulmanes sont esclaves des musulmans, les infidèles sont esclaves du peuple mahométan et tout le reste est bon à seulement mourir pour le bon plaisir des croyants.

 

Et cette réplique, presque finale, de Palmire mourante :

 

"Tu dois régner ; le monde est fait pour les tyrans."

 

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Le 23/10/2022

 

A quoi les humains passent-ils la majorité de leur temps de vie ? A produire, à communiquer, à jouer et à penser.

Et le numérique a tendance à s'immiscer, pour les conquérir, dans chacune de ces activités. Mais, sur chacun de ces terrains, des bastions vastes demeurent qui ne seront jamais numérisables et la question qui se pose est celle du combat entre la force de la paresse qui les abandonne pour sa facilité, et la puissance de la volonté qui les défend pour sa joie.

Le choix à faire est celui entre la prison dorée où l'on s'abandonne à l'esclavage de la facilité programmée par d'autres, et l'autonomie de vie où le numérique ne joue qu'un rôle subsidiaire de servante soumise.

Au travers du numérique, l'humanité se casse à nouveau en deux : une majorité d'esclaves de la paresse et un minorité de maîtres de la joie.

 

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Mon ami Daniel Cohen parle, en la déplorant, de la désinstitutionalisation de la vie collective. Je m'en réjouis, quant à moi : la montée des autonomies personnelles et collectives, la décontractualisation des relations au profit d'associations libres et volontaires, souples et agiles, la désétatisation des territoires et des collectivités, …

 

En revanche, il tape juste lorsqu'il dit :

 

"Dans la société numérique, l'information devient un bien de consommation. On n'y cherche pas des 'informations' au sens habituel du terme, à savoir des données objectives qui permettent de se repérer dans le monde, mais des croyances qui construisent un monde selon votre désir. On fabrique des idées comme on compose un dessin, avec des couleurs de son choix, sans cohérence par rapport à la réalité."

 

Le numérique est effectivement une immense usine à fabriquer des croyances ; des croyances de toutes sortes : fantasmatiques, idéologiques, complotistes, victimistes, ostracisantes, gloriolesques, grand-guignolesques, …

 

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Daniel Cohen prétend que la vague numérique  "grand public" qui submerge le monde, est l'héritière de la contre-culture des années 1960 et vise à établir une civilisation de l'horizontalité (donc débarrassée de toutes les verticalités hiérarchiques tant académiques que patriarcales, religieuses ou managériales) et de la laïcité (donc débarrassée de toute référence spirituelle, divine et méta-humaine).

Quant à moi, je parlerais plus volontiers de trois piliers : l'autonomisation réticulée, la respiritualisation areligieuse et la continentalisation culturelle, le tout dans un contexte de grande frugalité (décroissance démographique et consommatoire vers le strict nécessaire utile) et de vaste numéricité (robotisation et algorithmisation des activités négatives : dangereuses, éreintantes, inintelligentes, routinières, procédurières, etc …).

 

Ou, pour être plus complet et plus précis :

 

  • territorialité :
    • continentalité (appartenance culturelle et historique)
    • associativité (chaque personne s'associe à d'autres pour accomplir ses projets)
  • activité :
    • santé (préservation de soi, dans toutes les dimensions)
    • spiritualité (ne rien faire qui n'ait sens et valeur)
  • logicité :
    • autonomicité (principe fondamental d'autonomie et de responsabilité)
    • frugalité (minimalisme en tout)
  • optimalité :
    • sérénité (dissipation des tensions en pleine conscience)

 

Chacune de ces notions devrait être explicitée et approfondie (notamment celles d'activité négative, de spiritualité active, d'associativité projective, …).

 

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Le 24/10/2022

 

Question posée :

 

"J'ai fini il n'y a pas longtemps le livre "A tort ou à raison" de Henri Atlan (que j'ai trouvé passionnant d'ailleurs) et je me suis arrêté sur cette idée de dire si tous les discours ont leurs propres rationalités dans un cadre conceptuel donné, alors effectivement, si l'on veut étudier de manière objective les visions de la réalité, on devrait être d'abord a-rationnel face aux événements, avant de choisir une vision qui nous avantage le plus dans la vie."

 

Ma réponse :

 

"Tout dépend de ce que l'on appelle "rationalité" ...

Si la rationalité correspond à la logique aristotélicienne, Atlan et toi avez raison.

Si "rationalité" signifie "logicité" c'est-à-dire soumis à un "logiciel" en vue de réaliser une "raison" d'exister, d'advenir ou de devenir, alors vous avez tort parce que le Réel est rationnel, en ce sens.

Mais la rationalité du Réel n'entre pas  (sauf dans les configurations les plus élémentaires) dans les catégories de la "raison raisonnante " cartésienne."

 

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Les révolutions "populaires" n'ont jamais été le fait du peuple, ni en Angleterre, ni aux Etats-Unis, ni en France, ni en Russie, ni en Chine, ni à Cuba, ni nulle part.

Toutes les révolutions sont le fait de démagogues (Cromwell, Jefferson, Robespierre, Lénine, Mao, Castro, …) issus de la bourgeoisie ou de l'intelligentsia, bourrés de ressentiment à l'égard du système dont ils sont issus et qui, en général, profitent d'un malaise social (une famine, par exemple) pour mettre le feu aux poudres avec des promesses eschatologiques et messianiques.

Le peuple ne demande jamais ni la liberté (dont il n'a cure), ni le pouvoir (dont il ne saurait que faire), mais seulement "du pain et des jeux".

Le bonheur du peuple, aujourd'hui, c'est : chacun son hamburger ou sa pizza, et chacun son ordiphone.

 

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Le seul vrai souhait du prolétaire, c'est de quitter le prolétariat et de devenir un bourgeois. C'est d'ailleurs exactement ce qui s'est passé à la fin du 20ème siècle.

Aujourd'hui, ce qui reste du prolétariat vote à l'extrême-droite, il vote populiste, contre l'immigration de "voleurs de travail".

 

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Le propre d'un révolutionnaire est de croire, dur comme fer, qu'il parle et agit au nom d'une catégorie sociale décrétée "défavorisée" mais qui, en fait, n'a que faire de lui et n'aspire qu'à profiter du système autant que les autres.

Le révolutionnaire parle et agit "pour le bien" de cette catégorie sociale (et malgré elle) pour laquelle ce "bien" se réduit à "du pain et des jeux".

 

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Le mythe révolutionnaire est en fait parfaitement risible. Aucune révolution n'a réussi à mettre en place un "système" meilleur et, tout au contraire, toutes les révolutions ont mis en place un "système" bien pire que celui qu'elles voulaient détruire (Robespierre a accouché de Napoléon Ier, Lénine de Staline, Tchang Kaï-chek de Mao Tsé-toung, …).

 

Les seules vraies "révolutions" sont les périodiques bifurcations paradigmatiques qui ne sont le fait de personne (même si certains idéologues tentent d'en profiter et de récupérer quelques miettes au passage, comme autant de parasites opportunistes), mais bien l'effondrement naturel d'un paradigme devenu inopérant et obsolète : des révolutions sans révolutionnaires, en somme.

 

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Toutes les idéologie et, plus généralement, tous les idéalismes ne peuvent s'imposer dans la réalité que par et dans la violence, donc dans et par un totalitarisme despotique.

Par essence, "l'idéal" est contre-nature.

 

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Dès qu'elle prend le pouvoir, l'idéologie devient totalitaire ; c'est inéluctable.

Elle se condamne donc à disparaître dès que le carburant de sa violence devient pénurique.

 

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La raison s'effondre dès lors que le seul but devient celui d'avoir raison.

 

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La violence épuise même le pire des despotismes.

 

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Il ne peut pas y avoir d'économie florissante sans entreprises privées.

Il ne peut pas y avoir d'entreprises privées sans liberté d'entreprendre.

Il ne peut pas y avoir de liberté d'entreprendre sans autonomie associative.

Il ne peut pas y avoir cette autonomie sans le libéralisme qui la garantit.

Il ne peut pas y avoir de libéralisme sans détruire toutes les idéologies.

 

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Toute idéologie est une religion (y compris le socialisme).

Toute religion est une idéologie (y compris l'athéisme).

Le libéralisme s'oppose à toutes les idéologies.

La spiritualité s'oppose à toutes les religions.

 

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La seule éthique qui vaille, est celle-ci : l'autonomie responsable pour tous et le respect scrupuleux de l'autonomie de chacun.

 

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Le danger est infini lorsqu'on en vient à confondre une "intention" avec une "finalité", une "véridicité" avec une "vérité", une "réalité" avec une "idéalité", une "foi" avec une "croyance" avec, une liberté" avec un "caprice", une "espérance" avec une "certitude" ; bref : un "cheminement" avec une "doctrine".

 

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Comme le socialisme, le communisme nie les différences, mais, de plus, il interdit toute privance.

 

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Jamais une personne humaine n'investit le meilleur d'elle-même au profit d'une idéalité anonyme.

Le moteur intime et ultime de l'action, de l'engagement et de la volonté de chacun est l'accomplissement de soi et de l'autour de soi, et n'est jamais dans une abstraction, fut-elle messianique et eschatologique.

 

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L'étatisme tend toujours à devenir totalitaire.

L'Etat est toujours inutile et nuisible.

Quant à la Loi, elle ne sert qu'à une seule chose : garantir strictement et faire respecter réciproquement toutes les autonomies personnelles et associatives.

Pierre-Joseph Proudhon, malgré son antisémitisme pénible, avait souvent raison … et Marx, tout aussi antisémite quoique renégat, avait toujours tort et l'histoire du 20ème siècle l'a amplement et profondément démontré.

 

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Ce qui fut le plus navrant dans l'histoire du totalitarisme sanguinaire communiste, c'est la fascination morbide qu'il a su exercer sur toute une intelligentsia occidentale entre 1917 et 1985.

Comment n'a-t-on pas jeté aux oubliettes de l'histoire des "penseurs" débiles comme Sartre, de Beauvoir, Althusser, Derrida, Foucault, Merleau-Ponty et toutes leurs cliques infâmes.

Il a fallu tout ce temps pour que nos "intellectuels" comprennent enfin que le marxisme est une doctrine absurde et fausse, que le marxisme-léninisme est une idéologie totalitaire ne vivant que de violence, et que le communisme a coûté la vie à plusieurs centaines de millions de gens sur tous les continents.

 

Je ne comprends personnellement pas pourquoi des suppôts du communisme comme le journal "L'Humanité", comme le PCF, comme la CGT, comme LFI, comme ce crétin d'Alain Badiou et quelques autres, ne sont pas condamnés et mis hors la loi, comme le sont, à bon droit et juste titre, les thuriféraires du nazisme.

Le communisme doit être proscrit et interdit pour crimes contre l'humanité !

 

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Lorsqu'elle veut passer de l'imaginaire au réel, toute utopie doit devenir idéologie, et toute idéologie est totalitaire, et tout totalitarisme ne survit que dans et par la violence.

 

Il est urgent que cette vérité absolue soit inscrite partout et marque la fin de la civilisation messianique née vers 400 et bientôt enterrée vers 2050.

 

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A graver dans tous les livres d'histoire humaine : le Communisme est aussi abject et infect que le Nazisme !

Et il a fait beaucoup plus de victimes humaines que lui.

Staline - et la plupart des dirigeants soviétiques, même les renégats comme Trotski ou Zinoviev - était aussi antisémite que Hitler.

Nazisme et Communisme, c'est chou-vert et vert-chou.

 

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Le Nazisme a pu apparaître et triompher en Allemagne par la conjonction de trois éléments :

 

  • le Nationalisme, cette folie inventée à la fin du 19ème siècle pour asseoir cette débilité artificielle nommée l'Etat-Nation,
  • le Revanchisme produit par l'ignoble et infâmante conclusion, au traité de Versailles en 1919, de la première guerre mondiale (première guerre mondiale elle-même conséquence de la guerre franco-allemande de 1870, elle-même conséquence du pusillanisme napoléonien)
  • le Financiarisme qui provoqua le crash immonde de 1929 et toutes ses conséquences économiques meurtrières en Occident et ailleurs, par ricochet.

 

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Quitte à faire grincer des dents, rappelons que le nazisme c'est-à-dire le national-socialisme, est d'abord un socialisme, c'est-à-dire une doctrine opposée au libéralisme (l'autonomie personnelle et collective) et au capitalisme (le financement privé des investissements entrepreneuriaux).

Le nazisme a d'abord été un socialisme, assorti d'un étatisme totalitaire, d'un nationalisme étroit et d'un populisme vulgaire ; la haine antisémite n'y a été que la désignation d'un bouc émissaire expiateur des ressentiments de la populace germanique.

 

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Alors que le communisme était une doctrine visant la construction (imposée et violente) d'une futur reposant sur un homme idéal et sur une société idéale, le nazisme ne veut rien construire, mais seulement combattre et anéantir le complot de dégénérescence qu'il perçoit dans le présent et qu'il attribue, entre autres, aux Juifs.

Le communisme fut une utopie meurtrière.

Le nazisme fut une paranoïa assassine.

 

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L'idée de lutte contre une supposée dégénérescence en cours et d'extermination nécessaire des facteurs supposés dégénérants (les Juifs, les Tsiganes, les Slaves, les Noirs, les Francs-maçons, … mais aussi les handicapés, les homosexuels, les aliénés, …) trahit un sentiment profond de persécution, bien sûr totalement imaginaire, qui ne repose sur rien, mais qui exprime un terrible (res)sentiment de frustration, de non-reconnaissance, de non-considération, alors que le même imaginaire fait de la "race aryenne" le moteur intime et séculaire du processus civilisationnel.

Cocktail explosif de paranoïa et de mégalomanie.

Sentiment intime de supériorité partagé par la plupart des pays colonisateurs européens du 19ème siècle, tous investis de la sacro-sainte "mission civilisatrice".

 

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Le romantisme allemand a eu raison de s'insurger contre la dégénérescence rationaliste, criticiste et matérialisme du philosophisme au 18ème siècle ; mais de là à prôner des exterminations massives, il y a un pas à ne surtout pas franchir.

 

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La germanité, païenne et naturaliste, s'oppose à la latinité, chrétienne et surnaturaliste.

C'est un fait millénaire à la source tant du protestantisme que du romantisme.

Quoique toutes deux nourries d'hellénité philosophique et de judéité spirituelle, la germanité est essentiellement métaphysique et scientifique, alors que la latinité est essentiellement esthétique et juridique.

Mais différence ne fait pas antagonisme, mais appelle complémentarité !

 

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L'égalitarisme est un aveuglement : les humains sont tous différents par leur gènes, leurs talents, leur race, leur ethnie, leur culture, leur religion, leur science, leur connaissance, etc …

Et, l'histoire humaine le démontre, certaines cultures (critère qui me paraît plus pertinent que celui, discutable, de race) sont bien plus fertiles et créatives que d'autres bien plus stériles et stagnantes.

Mais ce différentialisme effectif et réel a été détourné par le nazisme : une supériorité quelconque, avérée ou postulée, ne donne absolument aucun droit de domination ; tout au contraire, une telle supériorité supposée implique un réel devoir d'exemplarité et d'élévation.

 

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Le démocratisme n'est pas l'antidote au despotisme ; il n'en est que le refus.

Mais le refus du poison n'est pas pour autant le nectar délectable que l'on peut espérer.

 

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Le 25/10/2022

 

De Philippe d'Iribane, directeur de Recherche au CNRS :

 

"De nombreux travailleurs, qui se lèvent tôt, ont le sentiment que ceux qu'ils appellent "les assistés" sont mieux traités et s'en indignent. Cela se reflète actuellement à gauche dans l'opposition entre, d'un côté, Fabien Roussel, qui affirme que la gauche est attachée à la valeur du travail, et, de l'autre, Jean-Luc Mélenchon ou, plus encore, Sandrine Rousseau, avec son "droit à la paresse". L'argent dépensé à profusion au temps du Covid a pu donner le sentiment qu'il était légitime d'avoir des revenus sans travailler, mais il est douteux que cela subsiste. La vision de la mondialisation de l'économie comme une menace, avec la précarisation des emplois qu'elle entraîne, n'est pas près de disparaître, alimentant un rejet du "système". Nombre des anciens, partisans de la "mondialisation heureuse" ont aujourd'hui des regrets."

 

Les assistanats sont une maladie grave de nos sociétés (surtout française), une conséquence des démagogies ambiantes, mais évidemment non durables puisqu'ils sont financés par un endettement étatique abyssal.

Ils induisent, bien sûr, une terrible dévalorisation du travail qui n'est plus vu comme une valeur humaine ou un accomplissement de soi, mais comme une corvée dont il faudrait se libérer … tout en gardant, cela va de soi, son pouvoir d'achat intact.

 

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D'un anonyme … sagace :

 

"Un congrès qui sent le pétrole...

Cette grève dans les raffineries a une toile de fond : le congrès de la CGT, qui se tiendra au début du printemps prochain. Un congrès qui s'annonce difficile.

La fédération de la chimie, qui mène la danse dans les raffineries, est en effet l'une des plus dures et des plus hostiles à Martinez et à son éventuelle dauphine, Marie Buisson.

Originalité : alors que la CGT elle-même a quitté depuis longtemps la Fédération syndicale mondiale (FSM) pour la plus modérée Confédération européenne des syndicats, la CGT-Chimie continue, comme si de rien n'était, de faire partie de cette FSM. Elle peut ainsi côtoyer les très démocratiques syndicats du Nicaragua, du Venezuela et de la Corée du Nord

Si au moins elle pouvait faire venir un peu de pétrole du Venezuela ..."

 

Bien vu !

 

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Quelques réflexions à partir du livre du mathématicien Jean-Paul Delahaye intitulé : "Complexité aléatoire et complexité organisée".

 

Ce lumineux petit livre (en fait le texte mis en forme d'une conférence) tourne autour de l'indice de Kolmogorov (la longueur du programme informatique nécessaire pour décrire parfaitement un objet ou le temps de calcul nécessaire pour exécuter un tel programme) et autour de la profondeur logique de Bennett (qui approfondit la notion d'indice de Kolmogorov).

 

Le problème majeur de cet exposé est qu'il confond "complexité" et "complication".

Les étymologies de ces deux termes aident à comprendre.

La comPLICation (qui existe avec des "plis" - du verbe latin Plicare qui signifie "plier") est le contraire de la simPLICité (qui est sans pli).

Alors que la comPLEXité (qui existe avec des "nœuds" - du verbe latin Plectere qui signifie "nouer, tramer") est le contraire de la simPLEXité (qui est sans nœud).

 

L'exemple le plus évident concernant la complication et la simplicité est une belle feuille de papier.

Lorsqu'elle est bien plate et unie (sans pli, donc), la feuille de papier correspond à l'indice de Kolmogorov le plus petit (la description d'une telle feuille unie et plate requiert très peu d'information).

En revanche, lorsqu'elle est aléatoirement chiffonnée et froissée, l'indice de Kolmogorov devient extrêmement grand puisque les plis qu'elle contient, ne suivent aucune logique et chacun devra être précisément décrit indépendamment de tous les autres.

Entre ces deux extrêmes, un origami est une feuille de papier savamment pliée en suivant une logique scrupuleuse et le programme de sa description ne sera ni maximal (la feuille chiffonnée) ni minimal (la feuille unie et plate).

 

Mais tout cela n'a rien à voir avec la complexité c'est-à-dire avec l'existence de "nœuds" qui assemblent des objets différents pour construire une objet d'une complexité supérieure.

Le façonnage de cet ensemble noué peut aussi être le fruit d'un processus aléatoire ou celui d'un processus logique ; mais nouage et pliage n'appellent pas du tout le même type de description puisque le pliage ne concerne qu'un seul objet (la feuille de papier) alors que le nouage implique un grand nombre d'objets différents dans le but de former un ensemble solidaire qui est plus qu'un assemblage, qui est plus que la somme de ses parties (le nœud n'est réductible à aucun des brins qu'il réunit, alors que la feuille de papier pliée reste elle-même).

 

C'est dans ce "plus que" du nouage que se cache la notion de complexité. Le pli est une notion analytique (on peut déplier la feuille de papier sans perdre la trace de chacun des pli), donc mathématisable, alors que le nœud est une notion holistique (si on dénoue le nœud, on le perd totalement), donc non mathématisable (puisque le tout est plus que la somme de ses parties)

 

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Tout le nazisme procède d'une dialectique nauséabonde entre "dégénérescence" et "purification" au bénéfice exclusif du peuple germanique, au-dessus des peuples dégénérés (les Latins, les Slaves, les Noirs) et contre le peuple diabolique (les Juifs).

Cette diabolisation funeste de la culture juive (car la judéité n'a rien de racial, et n'est que purement culturelle, spirituelle et historique) s'ancre, bien sûr, dans le vieil antijudaïsme chrétien et dans son successeur, l'antisémitisme moderne.

Mais cet ancrage n'explique pas, à lui seul, le délire obsessionnel qui hante Hitler et ses sbires.

Il y a autre chose ; la logique du bouc émissaire, l'affirmation du paganisme, la "limpieza del sangre" de l'Espagne du 15ème siècle, .. et sans doute, certains l'ont supposé, des blessures personnelles du petit Adolf. Mais laissons cette discussion aux psychiatres.

 

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L'idée de la décadence civilisationnelle est très présente en Europe dès la fin du 19ème siècle (ce qui surprend lorsqu'on constate les immenses progrès de l'époque en matière scientifique, technologique, économique et sociale) et est exacerbée par le traumatisme profond de la première guerre mondiale (une boucherie immonde et absurde, une barbarie hallucinante).

A cette idée générale d'une fatalité globale et d'une fin des temps (une eschatologie, donc), le nazisme ajoutera un messianisme de la race germanique qui sauvera l'humanité, au travers d'un homme nouveau et d'un ordre nouveau promus par la supériorité du génie allemand.

Déclinisme et racisme, donc.

 

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Hitler était un très mauvais intellectuel, mais un très bon orateur ; un vrai démagogue (étymologiquement : un "conducteur de populace") donc, … un spécialiste du manichéisme simpliste et de la dialectique rudimentaire entre dégénérescence eschatologique et purification messianique.

 

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C'est le désespoir de la nation allemande (et ses trois causes : déclin national, humiliation revancharde, effondrement financier) qui fut le terreau de l'improbable succès du nazisme hitlérien au début des années 1930.

Le désespoir assassine l'intelligence.

 

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La mentalité allemande (germanique ?) préfère l'autorité à l'autonomie, le sentiment à la raison, et la communauté à l'individualité, mais elle promeut plus le mérite que l'égalité.

Elle rejette donc bien plus le libéralisme que le socialisme.

 

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Il est curieux de constater que les doctrines eschatologiques et messianiques qui alimentent toutes les idéologies ayant sévi au 20ème siècle (marxisme, nazisme, socialisme), sont totalement étrangères à la Torah juive (les cinq livres dits de Moïse ou pentateuque) et qu'ils ne se sont infiltrés subrepticement dans le judaïsme que tardivement, au travers de la dissidence pharisienne (berceau, à la fois, du rabbinisme et du christianisme).

 

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La relation entre nazisme et christianisme est ambigüe. Dans Mein Kampf, Hitler fait de la race aryenne le peuple élu, créé à l'image de Dieu et totalement exempt du péché originel, apanage des seuls Juifs.

 

Une parodie délirante …

Le nazisme est une rédemption dont Hitler est la prophète !

 

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Extermination, euthanasie et eugénisme : les trois outils de la purification et de la régénérescence aryennes.

Prémices du transhumanisme américain actuel ?

 

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Comme tous les totalitarismes, le nazisme s'est construit sur une doctrine dogmatique affirmée comme vérité absolue à laquelle, quelque absurde soit-elle, la réalité doit se plier et obéir.

Cette doctrine dogmatique et absolue est un moule irréformable et indéformable.

Le délire nazi ne dura guère plus qu'une petite dizaine d'années, mais ses dégâts furent immenses et persistent encore aujourd'hui, presque 80 ans plus tard.

 

Quelle leçon en tirer ?

Elle est triple … :

 

  • Dès qu'une idée devient dogme, plus l'inévitable violence arrive vite.
  • Plus un dogme est faux et absolu, plus sa violence est sanguinaire.
  • Plus un dogme devient intangible, plus sa violence est destructrice.

 

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Le fascisme est une autre forme de totalitarisme, comme le communisme et comme ne nazisme. Comme ses deux "collègues", il se construit sur une haine radicale du libéralisme (le culte de l'autonomie personnelle et associative) et son étatisme anticapitaliste le place, comme le national-socialisme et le communisme socialiste, sous la bannière du socialisme.

 

Le fascisme italien de Mussolini est né en 1919, lui aussi comme conséquence du grand traumatisme de 14-18. Il participe d'une nébuleuse antilibérale qui s'est développée, sous divers noms et avec diverses nuances, dans presque tous les pays européens après la première guerre mondiale (et de laquelle participe ce qui deviendra, peu après, le nazisme allemand).

Cette guerre marque une rupture forte et signe le début de l'effondrement et de l'agonie du paradigme de la Modernité, né à la Renaissance et finissant sous nos yeux d'aujourd'hui.

 

Cette nébuleuse fasciste se révolte contre les excès du modernisme, contre l'idolâtrie du "progrès", contre le mécanicisme, le rationalisme, le démocratisme, l'universalisme, contre le philosophisme des "Lumières" ; elle est tenaillée par une forte nostalgie du monde paysan, du monde religieux, du monde préindustriel.

C'est peut-être là l'essentiel : tous les fascismes sont des "nostalgismes".

 

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Outre son nostalgisme fondateur, toute la nébuleuse fasciste d'après la première guerre mondiale partage les mêmes mots-clés :

 

  • antimodernisme,
  • antilibéralisme,
  • messianisme,
  • moralisme,
  •  

 

Les populismes d'aujourd'hui, tant de "gauche" que de "droite", sont fait du même bois pourri. Il disparaîtront lorsque l'effondrement du paradigme moderne sera consommé et que le nouveau paradigme sera installé (vers 2050).

 

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Le 20ème siècle commence effectivement en 1918 !

 

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Politiquement parlant, ce que Chantal Delsol appelle le "corporatisme" (celui d'un René de La Tour du Pin, par exemple) a peu à voir avec les corporations artisanales anciennes.

Il pointe un organicisme sociétal constitué d'une vaste réseau de communautés de vie (dont l'exemple-type est la famille traditionnelle), soumises à une morale naturelle et profonde, et fédérées par un "prince" bienveillant et paternel qui favorise l'épanouissement de toutes ces communautés, mais qui rejette les autonomies personnelles individualisantes : la personne n'existe qu'en tant que membre d'une communauté (on dirait les prémices de l'essentialisation wokiste actuelle).

 

Ce "corporatisme" semble avoir été le terreau de la nébuleuse fasciste (d'où le symbole des faisceaux).

 

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Comme pour le socialisme et le nazisme, pour les fascismes, la communauté solidaire, compacte et hiérarchisée passe de loin avant la personne autonome.

Antilibéralisme radical !

 

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Le nébuleuse fasciste (Mussolini, Salazar, Maurras, puis Hitler et Franco) pressent un effondrement du "monde d'avant" (celui des empires coloniaux, de la "mission civilisatrice", de la religion triomphante, de la morale des valeurs, …) sur le modèle de la chute de l'empire romain.

Le grand déclencheur de ce sentiment a été la première guerre mondiale qui, effectivement, signe la rupture d'avec le paradigme triomphaliste de la Modernité et d'avec la civilisation messianique de la Christianité, née vers 400.

 

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Le libéralisme veut mettre la communauté au service de l'autonomisation de la personne. La nébuleuse socialo-fasciste veut l'inverse. Leur antilibéralisme est aussi simple que cela : chaque personne n'a de sens et de droit qu'en tant que membre de sa communauté de vie. Seule, elle est une psychopathe asociale, anarchiste et amorale : la seule vie admissible est la vie extérieure, celle d'un organe au sein d'un organisme plus grand, plus essentiel, plus vivant.

 

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Ni les fascismes, ni les socialismes ne veulent ni ne peuvent comprendre et admettre l'idée de la libre association de personnes autonomes en vue de la construction d'une œuvre commune, de la réalisation d'un projet commun, ce qui est pourtant le socle des notions de fraternité (même élan paternel, même œuvre matricielle) et de la communion (cum munire : "construire ensemble"). Ils ne veulent et ne peuvent comprendre que les notions de solidarité obligatoire et d'obédience soumise.

 

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Ni les fascismes, ni les socialismes ne veulent ni ne peuvent comprendre et admettre l'idée que l'Etat doit être minimum et au service exclusif de l'accomplissement des autonomies personnelles et associatives.

L'Etat, c'est de l'intendance infrastructurelle et de la garantie réciproque du respect des autonomies personnelles et associatives.

 

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C'est une erreur de croire que l'antifascisme (nécessaire et salutaire) se confond avec le démocratisme au suffrage universel qui, au fond, n'est rien d'autre que la tyrannie de la majorité, c'est-à-dire des crétins.

Pas besoin d'élections. Il suffit d'instaurer des institutions techniques pour gérer les infrastructures collectives et des institution juridiques pour garantir le strict respect réciproque des autonomies personnelles et associatives.

Tout le reste est superfétatoire.

 

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Les fascismes, comme les socialismes ou le nazisme, sont des idéalismes c'est-à-dire des rêveries oiseuses et stériles (mais violentes et dominatrices) sur ce que devraient être l'homme idéal et la société idéale.

Idéal pour qui ? Par rapport à quels critères ? Selon quelles méthodes ? Selon quelles principes et quelles lois ?

Il y a, derrière toutes ces utopies assassines, un refus infantile de la réalité du Réel, de l'humain et du monde tels qu'ils sont et vont par nature.

 

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Les fascismes d'un Mussolini ou d'un Salazar visent, au plus profond, un retour aux "vraies valeurs morales" qui fondent la vraie civilisation de la vraie humanité.

Vieux fond chrétien (que l'on retrouvera chez Pétain et son "Travail, famille, patrie") !

 

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L'organicisme fasciste vise la paix sociale et refuse l'idée d'une lutte des classes (c'est en fait la seule divergence entre marxisme et fascisme) : vivre ensemble heureux, unis sous le même pouvoir étatique et par les mêmes valeurs morales.

Bonheur fantasmé. Bonheur prédéterminé. Bonheur préfabriqué. Bonheur imposé.

 

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Le 26/10/2022

 

La profondeur logique de Bennett.

 

La définition donnée par Jean-Paul Delahaye est celle-ci : "le temps de calcul du plus court programme qui produit l'objet numérique fini auquel on s'intéresse".

 

Dans les deux cas de l'indice de Kolmogorov et de la "profondeur logique" de Charles Bennett, on voudrait réduire la notion de complexité au calcul d'un nombre qui la caractériserait univoquement.

Mais ce type de calcul ne mesure que la "complication" de l'objet (le nombre des éléments, le nombre des relations, le nombre des combinaisons, le nombre des alternatives, etc …).

 

La thermodynamique avait tenté, avec la notion d'entropie, d'arriver au même résultat (cfr. le formule de l'entropie selon la célèbre formule de Ludwig Boltzmann). Le problème est que l'entropie n'est que la mesure de l'uniformité ou de l'homogénéité d'un système, mais la complexité dudit processus ou système (sa néguentropie) n'est pas, comme on l'a longtemps cru, simplement l'inverse ou le contraire de l'entropie. L'entropie est une variable d'état alors que la néguentropie est une fonction d'état dépendant d'une flopée de paramètres de description de forme et d'organisation.

La complexité n'est jamais réductible à l'inverse d'une entropie. Qui est le plus complexe : le chêne ou le hêtre, la pâquerette ou la rose, le chien ou le chat ? Chacun de ces couples est probablement du même niveau de complexité, mais ces complexités sont incroyablement différentes entre elles, et ne sont jamais ni calculables, ni mathématisables.

 

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Jean-Paul Delahaye (cfr. le début de son article "Le tout est-il plus que la somme de ses parties" dans "Pour la science" n°477 de juillet 2017) a raison de s'insurger contre la phrase désormais classique qui dit que "le tout est plus que la somme de ses parties". En fait, dans le cas des systèmes et des processus complexes, le tout n'est tout simplement jamais la somme de ses parties.

Le Réel n'est pas, comme le voudrait l'ancienne vision mécaniciste de la physique, un assemblage de briques élémentaires interagissant par des forces élémentaires régies par des lois élémentaires.

Depuis l'avènement de la théorie quantique, il faut passer à une vision organiciste du Réel qui repose sur les principes suivants :

 

  • il n'existe pas de "briques élémentaires" identifiables, existant par elles-mêmes (des "atomes" au sens abdéritain) ; il n'existe que des encapsulages d'activité qui interfèrent entre eux ;
  • il n'y a jamais d'assemblage, mais bien des accrétions qui, au moyen de plusieurs entités actives, engendrent une entité nouvelle de complexité différente, possédant des propriétés émergentes irréductibles aux propriétés des entités constituantes.

 

C'est la différence fondamentale entre un "tout" et un "tas".

 

Ainsi :

 

  • une molécule de sel de cuisine (NaCl) est un tout résultant de l'accrétion d'un atome de sodium et d'un atone de chlore, mais qui n'est en rien réductible à eux ; cette nouvelle entité fusionnée possède des propriétés émergentes inédites (par exemple d'exhausteur de goût) et a perdu (heureusement) les propriétés explosives du sodium et biocides du chlore ;
  • le cassoulet convenablement mijoté possède des saveurs et des arômes totalement étrangers à ceux de ses ingrédients ;
  • un poème possède des propriétés holistiques (un sens, une émotion, une musicalité) étrangères à la simples juxtaposition des lettres qui le composent.

 

Le conclusion est évidente : le tout n'est pas la somme (le simple assemblage) de ses parties. De plus, un tel tout est irréversible (deuxième principe de la thermodynamique) c'est-à-dire qu'il n'est pas démontable et remontable à souhait. Un organisme vivant peut être découpé en petits morceaux, mais la réunion de ces morceaux ne reconstitueront jamais l'être vivant initial. La vie est une propriété holistique.

 

 

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Les mathématiques sont un langage de représentation dont les axiomes et la logique ne sont pas ceux du Réel, même s'ils s'en rapprochent dans certains cas.

 

Quant au langage informatique utilisé dans les approches algorithmiques de simulation, il est analytique, linéaire et programmatique alors que le Réel est holistique, non-linéaire et pragmatique (opportuniste et constructiviste).

 

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Nous vivons une colossale bifurcation (révolution) épistémologique. Nous sortons de la science mathématico-mécaniciste fondée par les Galilée, Kepler, Copernic ou Descartes (où 1+1=2) et nous fondons une science où les mots-clés seront holisme, émergence, complexité, organicisme, intentionnalité, dissipation, optimalité, tensions, etc … (et où :    1][ 1'à UN  c'est-à-dire où une entité (1)  agrégée ( ][  ) à une autre entité compatible avec elle (1'), donne un autre entité (UN) avec des propriétés émergentes différentes de celles de entités initiales).

 

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Le sacro-saint principe au sein de tous les socialismes, est le principe de l'égalité entre les humain, tant en nature qu'un droit ou en dignité, autrement dit l'égalitarisme.

Face à ce principe d'égalitarisme, on comprend très vite que le marxisme, le marxisme-léninisme, la national-socialisme et les fascismes relèvent tous de la même matrice socialiste égalitaire.

Cette funeste matrice égalitariste est d'ailleurs d'origine chrétienne dont les dogmes affirment que devant Dieu tous les humains sont égaux en dignité (idée reprise par Kant, puis par Rousseau (Jean-Jacques, pas la folle Sandrine), puis par la Déclaration Universelle des Droits de l'homme à l'ONU en 1948.

 

Ce principe égalitariste est un déni de réalité évident : dans le Réel, rien, jamais, n'est égal à rien : tout ce qui existe est unique et différent.

ET ce sont précisément des différences qui font l'incroyable richesse de l'ensemble, que l'égalitarisme veut éradiquer.

L'égalitarisme conduit à l'uniformité qui exprime la victoire de l'entropie, donc de la mort.

 

Principe utopique et irréaliste d'égalité entre les humains, donc.

Voilà tout le socle doctrinal de tous les socialismes. Quelle ineptie !

 

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Le monde des socialismes est n'est pas monolithique du tout puisqu'il cultive, en son sein, selon diverses méthodes, diverses nostalgies et diverses utopies.

 

Les socialismes sont tous des messianismes (plus ou moins personnalisés) qui annoncent une eschatologie (la fin du règne de l'argent, la fin de l'exploitation de l'homme par l'homme, la fin des inégalités et des injustices, …)

 

C'est d'ailleurs une anomalie linguistique et logique du socialisme d'imposer une totale synonymie entre "inégalité" et "injustice" qui dénote son total irréalisme : si, sur un terrain de sport, on oppose un gringalet souffreteux de 50 kg  à un athlète chevronné de 96 kg de muscle (et 21 gr de graisse), et que l'on veuille respecter le principe d'égalité entre eux, il faudra trouver une astuce totalement injuste pour rabaisser l'athlète au niveau du gringalet.

 

Cet exemple puéril montre seulement que l'égalité entre les humains n'existe jamais et qu'elle n'a rien d'intrinsèquement injuste ; cette inégalité deviendrait source d'injustice si l'athlète profitait de sa supériorité pour esclavagiser le gringalet … ou, en sens inverse, si le gringalet harcelait méchamment l'athlète en le culpabilisant de sa puissance.

 

Le problème n'est pas l'objective supériorité de l'athlète, mais le subjectif ressentiment de gringalet. Un faible est un médiocre paresseux qui ne fait rien pour devenir fort.

 

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Quelque soit le critère utilisé (intrinsèque ou extrinsèque, biologique ou culturel, personnel ou social), la comparaison entre deux humains déterminera toujours que l'un est supérieur à l'autre selon ce critère-là.

Et une analyse multicritère prouvera sons trop de problèmes qu'un ensemble d'humains possèdera toujours des clusters de globalement mieux doués et des clusters de médiocres en tout.

 

Les humains ne sont donc jamais égaux entre eux. Mais est-ce un problème ? Oui, si la supériorité devient l'arme d'oppression des médiocres. Mais si le constat des différences permet de spécifier des complémentarités favorables à toutes les parties, alors les inégalités deviennent des trésors collaboratifs.

 

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Il faut partir du principe que seule les différences entre les humains sont factuelles ; les notions d'égalité et de justice ne sont que des fantasme issus de tous les ressentiments des médiocres (cfr. Friedrich Nietzsche).

Mais se constat, pour négatif qu'il puisse paraître de prime abord, peut devenir positif.

On peut décider de pratiquer le paradigme socialiste comme dans la forêt de Sherwood où Robin des Bois vole aux riches pour donner aux pauvres, ou comme au Ruanda, où les Hutus ont coupé les jambes des grands Tutsis nilotiques pour les rabaisser à la même hauteur qu'eux.

On peut aussi utiliser positivement les différences entre les humains, sans du tout agiter les sornettes des "inégalités" et des "injustices".

 

Être unique et différents (et tous les humains le sont) sont autant de piste pour découvrir des complémentarité inédite et communier dans des projets communs

 

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Mais, dira-t-on, on ne traite, jusqu'ici que les différences (les inégalités, donc) naturelles liées aux personne elles-mêmes, à leur corps, à leur esprit, à leurs biens, etc …. Soit.

Mais qu'en est-il des principe d'égalité des droits, d'égalité de chances et d'égalité des dignités.

 

Avec l'égalités de droits s'ouvrent une polémiques anciennes mais qui prendra d'énorme proportions dans les décennies qui viennent ;

 

  • du côté socialisme, l'égalitarisme est absolu et le principe de l'égalité des droits est universel et absolu : chaque humain possède tous les droits de manière absolument identique ;
  • du côté libéral (le mien), les droits se méritent et sont liés aux devoirs qui sont effectivement remplis ; le droit de vote en est un bel exemple car, pour la vulgate socialiste il est "évident que le suffrage est universel, alors que dans une démocratie au mérite, seuls auront le droit de vote les citoyens pouvant objectiver et prouver une contribution substantielle et avérée au bien commun, selon des critères et des évaluations objectives et sérieuses faites par des agents assermentés, compétents et incorruptibles.

 

Il est absolument anormal d'une personne qui ne vit que du parasitage des systèmes d'aide, des assistanats, des protections sociales, des allocations de chômage ou familiales, des certificats médicaux de complaisance; des congés de grosses, etc … puisse avoir quoique ce soit à dire sur la gestion et l'évolution de la Cité.

 

Quant à l'égalité des chances : de quoi parle-t-on ? Il est évident qu'un enfant ayant hérité d'un bon QI et bien éduqué dans une famille cultivée, aura, en tout, beaucoup plus de chance de construire une vie intéressante et productive, qu'un enfant débile issu du quart-monde. Est-ce une raison pour priver la société globale des talents du premier, alors que, quoiqu'on fasse, le second ne donnera jamais rien.

En revanche (et c'est ainsi que j'entends l'égalité des chance), les milieux de grande médiocrité culturelle et intellectuelle, technique ou artistique, recèle souvent des pépites qui trainent dans la boue et qu'il faut sortir de là pour leur permettre d'aller au bout de leurs vrais talents avérés.

 

Enfin, tous les humains sont-ils intrinsèquement et définitivement égaux en dignité comme le proclame Immanuel Kant ?

Je ne le pense pas du tout. Cette vieille idée vient du christianisme où l'on parle que chaque humain est parfaitement égal en dignité aux yeux de Dieu.

J'insiste sur le "aux yeux de Dieu" car mon propos ne concerne pas les "yeux de Dieu" (que je n'ai jamais vus), mais bien les "yeux des humains et des juges humains".

Un Lénine, un Staline, un Hitler, un Mao, un Pol-Pot, un Castro, un Salazar, un Bolsonaro, un Mélenchon, un Poutine, un Erdogan, un Xi-Jinping, un Kim Jong-un et tant d'autres ne peuvent se targuer de la moindre dignité humaine. Ce sont des ordures qui ne méritent qu'une seule chose : un balle de 9 mm entre les deux yeux.

 

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Loin des visions "bisounours" sur la "grande égalité" parmi les humains, il convient de remettre les pendules à l'heure moyennant quelques chiffres avérés .

L'humanité, c'est :

 

  • 15% de constructeurs d'avenir qui lancent et portent des projets (ambitieux ou modestes) dans le but de remplir une intention, d'accomplir une mission ou de réaliser un projet, en association et communion avec ceux qui veulent s'engager et collaborer dans ce projet ;
  • 65% de parasites jouisseurs qui donnent un peu d'eux-mêmes dans l'espoir de recevoir beaucoup plus en échange : parmi ces 65%, seuls 20% s'amusent, les 45% restant en font le minimum possible pour garder leurs avantages.
  • 25% de toxiques malveillants qui cultivent toutes les rancœurs, toutes les aigreurs, tous les ressentiments ; ce sont eux qui sabotent, qui trichent, qui revendiquent, qui tirent au flanc, qui sapent le moral, qui colportent les ragots et les complots.

 

Cette simple photo de la réalité humaine fait s'effondrer toutes les utopies socialistes d'égalité et de justice dans le monde humain réel.

 

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Une évidence …

Il ne peut exister d'idée sans un langage pour l'exprimer.

Et il ne peut exister de langage sans idées à exprimer.

Une dialectique s'impose, donc, entre l'idée et le langage.

Mais, depuis toujours, deux clans s'affrontent entre ceux qui affirment qu'une idée qui n'entre pas dans le langage reconnu, est une idée fausse ou absconse ou incongrue … et ceux qui affirme qu'un langage incapable d'exprimer valablement une idée inédite ou nouvelle, doit être considéré comme périmé et obsolète.

 

 Le monde des sciences vit cette dialectique très tendue actuellement entre le langage mathématico-informatique et la cosmologie complexe.

D'un côté, certains mathématiciens rejettent comme fumisteries les notions centrales de holisme, d'émergence, de néguentropie, d'accrétion non additive, d'intentionnalité, d'abolition de l'objet localisable, du dépassement indispensable du mécanicisme, du quantitativisme, de l'analycisme, du causalisme, du réductionnisme, du déterminisme, etc …

Et de l'autre, les cosmologistes de la complexité posent ces notions nouvelles comme centrales et concluent que le langage mathématique, au contraire des croyances de Galilée ou Descartes, n'est pas le langage adéquat pour représenter le Réel (le "langage de Dieu" disaient-ils ...) et que d'autres langages restent à inventer … d'urgence.

 

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Le 28/10/2022

 

De la nébuleuse socialiste du 19ème siècle, truffée d'utopismes en tous genres, sortiront finalement trois branches aussi nébuleuses l'une que l'autre : le socialisme communiste et révolutionnaire, le socialisme populiste et nationaliste, et le socialisme étatiste et réformateur.

Ce qui allie ces trois mouvances, c'est la haine du libéralisme politique (le culte de l'autonomie personnelle et associative) et du capitalisme économique (l'hégémonie de la valeur financière).

L'histoire du 20ème siècle a totalement disqualifié les socialismes communistes (Marx, Jaurès, Lénine, Staline, Mao, Pol-Pot, Castro, …) et la forme militaro-dictatoriale du socialisme populiste (Mussolini, Hitler, Salazar, Franco, …).

Ne subsistent encore aujourd'hui que le socialisme étatiste et réformateur (PS) (souvent qualifié de social-démocratie, soutenu par les mouvements syndicalistes nettement en perte de vitesse) et que le socialisme populiste et nationaliste (RN), mais sous une forme apparemment pacifiste et démocratisante.

Mais, par une sorte de romantisme désuet, la nostalgie révolutionnaire n'est pas encore tout-à-fait morte et trainasse encore, de-ci de-là, tant à l'extrême-gauche (LFI) qu'à l'extrême-droite qui ne forment au fond qu'une seule extrême antitout.

 

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Il est intéressant de constater qu'aujourd'hui, les grands "empires socialo-communistes" de naguère ont totalement oublié leurs racines socialo-populistes pour se contenter de n'être plus que des empires totalitaires (Poutine, Xi Jinping, Erdogan, Raïssi, Bolsonaro, Modi, etc …) dont la seule idéologie est un anti-occidentalisme affirmé, c'est-à-dire un antilibéralisme et un anticapitalisme forcenés.

 

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Le socialisme, sous toutes ses formes, des plus communistes aux plus populistes, a toujours cultivé un antisémitisme plus ou moins virulent, et assimilé d'image du Juifs soit à celle du banquier usurier et spéculateur, du commerçant bonimenteur ou de l'artisan roublard, soit à celle du communautarisme fermé, élitaire et particulariste.

Dans ses formes actuelles, le socialisme a troqué son antisémitisme pour un antisionisme moins difficile à porter après la Shoah.

 

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Un des grands mythes des socialismes est l'affirmation, sur tous les tons, de la négativité de la propriété privée (vieil héritage de ce pitre de Jean-Jacques Rousseau, lointain ancêtre, sans doute, de l'actuelle infâme Sandrine Rousseau).

C'est en fait l'idée d'appropriation personnelle de quoique ce soit qui répugne tant à tous les socialismes, de gauche comme de droite. Vieux relent d'un christianisme primitif basé sur la charité et le partage.

Méconnaissance radicale de la nature humaine qui ne se préoccupe réellement que de soi et de l'immédiat autour de soi.

 

Chaque humain est au centre de son monde qui ne contient, au mieux qu'une cinquantaine d'autres humains plus ou moins proches ; le reste de l'humanité ne compte pas (ou, alors, de fort loin, statistiquement, plus comme danger potentiel qu'autre chose).

Cela n'exclut pas la générosité, tout au contraire, mais celle-ci, très naturellement, est élective et sélective.

 

L'expérience des kibboutzim israéliens, en ce sens, fut un laboratoire pertinent : les kibboutzim actuels ne sont plus que des attractions touristiques ou des "expériences" temporaires où l'on veut bien passer quelques semaines de vacances, mais où plus personne ne veut vivre à long terme.

Ce qui n'appartient pas à quelqu'un, n'appartient à personne, et personne ne perd son temps à en prendre soin. La nature humaine est ainsi faite.

 

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La grande erreur des socialismes est de vouloir croire que l'humanité constitue un vaste organisme unitaire et solidaire, formé de milliards de cellules individuelles formant corps, comme le font les cellules d'un animal vivant.

Et cette analogie animale permet d'aller plus loin et de comprendre l'obsession socialiste de vouloir organiser ce grand corps social au moyen de puissants mécanismes homéostatiques, toujours plus ou moins autoritaires.

 

La réalité humaine ne fonctionne pas ainsi.

L'humanité est un vaste réseau d'entités plus ou moins autonomes (tant personnelles qu'associatives) tissant entre elles  des interrelations et des interactions qui toutes visent à maintenir, voire à enrichir ces autonomies, tout en faisant circuler, optimalement, tous les flux nécessaires au bien-être de chacun.

 

La réalité humaine naturelle est l'optimisation du rapport entre autonomie et flux.

Au sein d'un organisme vivant intégré, la réalité biologique est que chaque cellule se met en situation de dépendance volontaire pour profiter, au mieux, de tous les flux collectifs ; il n'y a plus aucune autonomie cellulaire puisqu'une cellule détachée du corps, meurt quasi immédiatement.

 

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Le socialisme est une utopie romantique qui se voudrait scientifique et rationaliste.

Que de cadavres ce rationalisme laisse-t-il derrière-lui ?

En matière de "science" socialiste, on ne se souviendra que de Lyssenko et de Mengele !

 

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Le socialisme est une eschatologie (une annonce de la fin cataclysmique des temps de souffrances assimilées au libéralisme et au capitalisme) et un messianisme (l'annonce du Salut et de l'établissement, sur Terre, d'un homme nouveau et d'un paradis nouveau, conformes aux "idéaux" de justice par l'égalité radicale de chacun avec tous).

Le socialisme est bien une religion avec ses prophètes, ses saints et ses martyrs, ses textes sacrés et ses rites, son clergé et ses ouailles, ses chapelles et ses basiliques.

Et comme toutes les religions, le socialisme connaît ses schismes et ses anathèmes, ses excommunications et ses dissidences. Une religion laïque, sans Dieu transcendant, mais une religion tout de même, largement héritière du christianisme sous ses trois formes germanique (populisme), latine (syndicalisme) et slave (communisme).

 

Il est urgent de se débarrasser de toutes les religions, de tous les utopismes, de toutes les idéologies, de tous les idéalités et de revenir à, a vraie réalité du Réel et, donc, de l'humain.

Il n'y aura jamais un "homme nouveau idéal", ni une "société nouvelle idéale".

Il n'y aura jamais que des humains imparfaits tentant de vivre, au mieux, au sein de communautés et de collectivités tout aussi imparfaites que lui ; de vivre en paix, c'est-à-dire avec un alentour qui lui fiche la paix !

 

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Au fond, à ce stade, on voit se dresser, face au libéralisme qui est leur grand ennemi, trois "tentations totalitaires" (pour reprendre le titre fameux du livre de Jean-François Revel) : le socialisme et ses deux rejetons, l'un, à gauche, nommé "communisme" et l'autre, à droite, nommé, selon les époques et les lieux : "fascisme" ou "nazisme" ou "populisme".

 

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Le socialisme se veut une "morale" qui, étrangement, ne fait aucune référence aux mœurs réelles des gens réels, mais qui se pose comme une morale idéale, comme révélée à quelques esprits illuminés par on ne sait quel dieu laïc caché.

Cette morale rêvée porte un nom : "justice sociale", l'autre nom de l'égalitarisme.

Cette équation "justice = égalité", pour absurde et inepte qu'elle soit, ne veut pas comprendre que ce qui fait la vraie richesse de l'humanité, ce sont les différences et les complémentarités qu'elles permettent.

Et, par définition, "égalité" et "différence" sont incompatibles.

 

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Malgré les centaines de millions de cadavres qu'il traine derrière elle, qu'est-ce qui fait encore, pour certains, l'attrait de cette utopie sanglante qu'est le socialisme, quelle qu'en soit la forme ?

L'attrait ? L'égalitarisme qui fait croire aux médiocres (donc, de loin les plus nombreux sur Terre)  qu'ils ont mêmes droits et même valeur que les gens de qualité.

Le socialisme, par l'entremise de son égalitarisme, est une psychothérapie de groupe censée combattre les complexes d'infériorité.

 

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Chantal Delsol a parfaitement raison : la seule fonction de l'Etat est d'être le "garant". C'est cette mission de "garant" qui lui permet de détenir le monopole de la force, comme l'affirmait déjà Max Weber.

Mais à la condition expresse que l'Etat n'utilise pas cette force de garantie à son profit (comme le dénonce, avec tant de justesse, Michel Crozier dans "Le phénomène bureaucratique").

La question centrale est : de quoi un Etat légitime est-il (doit-il être, peut-il être) le "garant" ?

 

De l'autonomie personnelle et associative (et le respect réciproque de l'autonomie de tous les autres), répondra le libéral que je suis.

De la justice sociale (donc de l'égalité), répondra le socialiste.

De la pureté de la race, répondra le xénophobe.

De la morale, répondra le croyant.

De la liberté de culte répondra le religieux.

Etc …

Les réponses possibles foisonnent … comme de bien entendu ; mais elles ne sont pas toutes aussi nobles, ni aussi porteuses d'avenir, de joie, d'accomplissement, de paix, les unes que les autres. Tant s'en faut.

 

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Aucune des idéologies du 20ème siècle, qu'elles aient été des centralisme "doux" (socialisme, étatisme) ou des totalitarismes "durs" (communisme, fascisme, nazisme), n'ont réussi à établir et maintenir ce qu'elle croyaient devoir être "l'homme idéal nouveau" ou "la nouvelle société idéale".

Toutes ont tété de cuisants échecs, plus ou moins sanglants, plus ou moins meurtriers.

Il est donc temps d'en tirer, pour le nouveau paradigme en émergence la leçon : toutes les idéologies sont absurdes et létales car il n'existe ni "homme idéal", ni "société idéale".

La seule solution est un anti-idéologisme affirmé : celui du libéralisme - à ne confondre ni avec le capitalisme, ni avec le mercantilisme, ni, surtout, avec le financiarisme.

Chaque humain sait, mieux que quiconque, ce qui est le mieux pour lui et pour son entourage : la vie est d'abord "privée". Il faut combattre toutes les formes d'Etat-pouvoir et ne tolérer que l'Etat-garant (la politique se limitant à définir ce dont l'Etat doit être le garant légitime et à mettre en place les moyens et le contrôle de ces garanties).

Ce n'est pas à la politique qu'incombe la mission de construire le monde de demain ; sa seule mission est de garantir l'autonomie respectueuse et respectée de chacun afin que chacun puisse construire son propre avenir et l'accomplissement serein et pacifique de soi et de l'autour de soi.

Ce que chacun fait de sa vie, pourvu que ce soit dans le respect de celle des autres, ne regarde personne, et surtout pas l'Etat.

 

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L'Etat-garant doit-il être démocratique ? La réponse est oui, s'il veut être légitime.

Cette démocratie doit-elle être au suffrage universel ? La réponse est non, si cet Etat veut rester légitime et ne pas sombrer dans la funeste démagogie électoraliste au service des plus médiocres et des plus parasitaires.

Quelle démocratie, alors ? Une démocratie au mérite : le droit de vote, comme tous les droits, doit se mériter au vu des œuvres et de leur impact sur le mieux-vivre des autres (et un "contre-Etat doit alors être le garant de la qualité et du respect des critères d'évaluation de ce mérite).

Mais cette démocratie au mérite doit se limiter strictement à définir ce dont l'Etat doit être le garant pour tous, et ne peut en aucun cas dériver vers le choix d'un Etat ayant le pouvoir de régenter la vie au nom d'une idéologie quelconque.

 

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L'Etat-garant est tout à l'opposé de l'étatisme qui est une forme insidieuse de restauration de l'idéologie et de la bureaucratie "au-dessus" de la société civile et des autonomies personnelles et associatives.

L'Etat n'est ni socialiste, ni conservateur, ni quoique ce soit : il est le garant des autonomies et rien d'autre. Il est, au sens vrai et profond du terme, un Etat de droit c'est-à-dire un Etat garant, pour chacun (pourvu que celle des autres soit respectée) de vivre en toute autonomie.

Chacun a le droit imprescriptible de vivre sa vie comme il l'entend, sans moule, ni prescription, ni idéal, et en toute médiocrité si tel est son vœu.

 

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Il n'y a qu'une seule limite à l'autonomie, qu'elle soit personnelle ou associative : celle du respect de l'autonomie de l'autre, quel que soit cet autre, pourvu qu'il respecte scrupuleusement la même règle du respect réciproque.

Chacun peut vivre sa vie comme il l'entend tant qu'il ne limite pas l'autonomie des autres qui respecte la sienne.

 

Tout ce qui ne respecte pas cette règle doit être immédiatement considéré comme hors-la-loi.

 

Ainsi des islamistes qui entendent inféoder les femmes et les non-croyants.

Ainsi des idéologies qui entendent instaurer un régime autoritaire ou totalitaire.

Ainsi des institutions financières qui achètent les autonomies à prix d'argent.

Ainsi des mafias qui entendent annihiler les autonomies à coup de drogues.

Ainsi des gourous qui entendent imposer obéissance à leurs fantasmagories.

Etc …

 

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L'Etat-Providence est une des formes d'Etat-pouvoir antithétique de l'Etat-garant.

L'Etat n'a pas mission de forcer une solidarité collective, mais bien celle de faciliter les solidarités spontanées, électives et sélectives, expressions des autonomies civiques.

 

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Tout pouvoir institutionnalisé tend ,naturellement, à devenir envahissant, à déborder de ses limites, à s'arroger de nouveaux territoires, à grossir pour grossir (cfr. "le phénomène bureaucratique de Michel Crozier déjà cité).

C'est la raison pour laquelle, l'Etat-garant ne peut jamais devenir un Etat-pouvoir, un lieu ou une instance de pouvoir(s).

 

Rappelons cet adage de John Emerich Edward Dalberg-Acton (1834-1902) :

 

"Le pouvoir corrompt.

Le pouvoir absolu corrompt absolument."

 

On doit à ce même Lord Acton, deux belles pensées :

 

"La meilleure chance de bonheur que le monde ait jamais entrevue, a été gâchée parce que la passion de l'égalité a détruit l'espoir de la liberté."

 

"La liberté n'est pas le pouvoir de faire ce que l'on veut,

mais le droit de faire ce que l'on doit."

 

L'Etat-garant doit avoir la puissance d'imposer le respect des autonomies, mais ne peut avoir aucun pouvoir d'imposer autre chose que ce respect.

 

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L'Etat-garant n'a pas à gouverner la nation, mais à administrer les autonomies, personnelles ou associatives.

Et surtout rien d'autre.

 

*

 

Il n'y a pas et il ne peut y avoir de projet unitaire collectif (hors celui de proclamer et de défendre sa propre autonomie collective) ; en revanche, il y a autant de projets en interdépendances réciproques, qu'il existe de projets personnels et/ou associatifs au sein de la collectivité.

Encore une fois : la société n'est pas un organisme unitaire, mais un réseaux d'autonomies interdépendantes.

 

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Au terme du voyage, se pose la question de la "dignité" de l'humain.

En quoi chaque humain est-il digne de sa propre autonomie ? En quoi est-il digne de ce que cette autonomie soit garantie collectivement ?

 

Kant, en son temps, avait postulé que la dignité était une qualité absolue, intrinsèque et native de tout être humain.

Je ne le crois pas.

Des gens comme Lénine, Staline, Hitler, Mao, Pol-Pot ou Poutine, Erdogan, Xi-Jinping, Raïssi, et tant d'autres, ne sont pas dignes d'être traités en êtres humains ; ce sont des monstres immondes !

 

Je crois que, comme tout le reste, la dignité doit se mériter, même si, a priori, chacun doit faire l'objet, dès sa naissance, d'une présomption de dignité.

 

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"Les idées politiques au 20ème siècle" de Chantal Delsol ont été publiées en 1991, dans l'enthousiasme de l'effondrement de l'URSS, monstre parmi les monstres. Et Chantal Delsol d'y voir une recul des idéologies et des totalitarismes au profit d'une remontée des principes liés à la notion d'Etat de Droit.

 

Aujourd'hui, en novembre 2022 (soit trente ans plus tard), force est de déchanter : jamais l'anti-occidentalisme populiste, totalitaire, militariste, antilibéral et antidémocratique n'a gagné autant de terrain, tant autour de l'Europe (Russie, Chine, Inde, Brésil, Turquie, Congo, Iran, Algérie, Qatar, Arabie saoudite, Irak, Vénézuela, etc …) qu'au cœur même de l'Europe où la tentation populiste monte (Hongrie, Pologne, Italie, Suède, France, …).

 

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Le 29/10/2022

 

Cinq phénomènes de fond m'inquiètent résolument :

 

  • la montée des socialo-populismes de plus en plus totalitaires,
  • la non-décroissance démographique et consommatoire, et l'accélération des pénurisations que cela entraîne,
  • le recul du niveau intellectuel et culturel humain,
  • la dégradation des régulations bio-géoplanétaires,
  • la croissance de la nocivité numérique.

 

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La Vie se maintient et se perpétue en alliant complémentairement des activités de mort/destruction et des activité de vie/construction.

La séparation entre ces deux types d'activités correspond bien, ataviquement, à la séparation des tâches entre l'homme et la femme dans le couple humain ..

 

Homme

Femme

Mort et destruction

Vie et construction

§  guerre

§  chasse

§  feu

§  inhumation

§  sorcellerie (les esprits extérieurs)

§  armes

§  équarrissage

§  gestion des travaux

§  organisation tribale

§  connaissance de la nature (science des dangers et des opportunités extérieurs)

§  …

§  grossesse

§  naissance

§  allaitement

§  éducation

§  magie  (les maladies intérieures)

§  vêtements

§  cuisson

§  gestion des réserves

§  organisation domestique

§  connaissance de l'humain (science des rapports et des sentiments intérieurs)

§  …

 

De ce petit essai de tableau, il ressort que la complémentarité entre l'homme et la femme est cruciale dès l'aube des temps et que ceci mène à la conclusion fondamentale suivante : ce n'est pas l'individu qui est la brique élémentaire de la communauté humaine, mais bien le couple. Et que, donc, la solidité durable du couple est un élément stratégique de la stabilité de la communauté, d'où l'institutionnalisation et la sacralisation du mariage.

La société humaine n'est pas un organisme vivant global fait d'individus interchangeables, comme le voudraient les idéologies socialo-populistes, mais bien des réseaux de couples dont l'essentiel de la vie est et restera privée.

 

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L'histoire de la Modernité depuis sa naissance à la Renaissance italienne, est, somme toute, d'une logique très banale.

 

Premier temps (16ème siècle) l'humain veut s'affirmer en tant que lui-même, non pas contre, mais à côté ou ailleurs que le divin qui, depuis la chute de l'Empire romain (vers 400) avait nourrit et monopolisé, d'abord le paradigme chrétien (au sens d'une chrétienté encore unitaire, avant le grand schisme entre orthodoxie et catholicisme), puis le paradigme de la féodalité (et ses croisades et son morcellement politique, et sa grande peste).

A la fin du 15ème siècle, les choses se précipitent : l'Espagne, alors grande puissance, découvre l'Amérique et son or (1492), rejette les musulmans hors de ses terres et interdit les Juifs (1492) … pendant qu'à Mayence, Gutenberg réinvente l'imprimerie à caractères mobiles (vers 1454) et permet la diffusion massive de la Bible, à l'origine du "libre examen" et des protestantismes.

L'homme peut alors commencer à réaffirmer son autonomie, notamment spirituelle, non contre le Dieu chrétien, mais face à lui.

Ce sera le siècle de l'humanisme avec les Pic de la Mirandole, les Marsile Ficin, les Michel Eyquem de Montaigne, les Giordano Bruno, les Etienne de la Boétie, et tant d'autres, notamment chez les poètes.

 

Deuxième temps (17ème sicle), l'humain s'étant libérer de la chape chrétienne, ne se prive pas de commencer à penser par lui-même, pour lui-même. Ce sera le siècle du rationalisme avec Galileo Galilei, René Descartes, Blaise Pascal, Baroukh Spinoza, Gottfried Wilhelm Leibniz, … L'univers n'est plus vraiment une création de Dieu, mais une mécanique fonctionnant selon une logique mathématique et quantitative exprimée dans des lois.

 

Troisième temps (le 18ème siècle), le pouvoir religieux et le pouvoir divin ayant été commodément marginalisés, il restait encore à libérer les humains des pouvoirs despotiques. Ce sera l'affaire du philosophisme aussi appelé "criticisme" connu comme Aufklärung en Allemagne avec Immanuel Kant, comme Enlightenment en Grande-Bretagne avec John Locke, avec David Hume, et comme les Lumières en France avec Montesquieu, Diderot ou d'Alembert (je ne citerai pas ce polémistes pitoyable de Voltaire, ni ce menteur psychopathe de Rousseau).

 

Le quatrième temps (le 19ème siècle) commence après la furie dévastatrice et pusillanime de ce mégalomane abruti de Napoléon Ier qui va mettre l'Europe à feu et à sang pendant vingt ans. Les pouvoirs monarchiques de droit divin s'effondre partout, l'impérialisme napoléonien est jugulé et détruit au Traité de Vienne en 1815. Le siècle du positivisme et du scientisme, nourris d'humanisme, de rationalisme et de criticisme, peut commencer et voir naître cette explosion scientifique et technologique qui induira l'industrialisation de l'économie, l'idéologisation des classes ouvrières et l'éruption des nationalismes.

Ce siècle se termina en tragédie : la première guerre mondiale.

 

Je dernier du paradigme de la Modernité sera le 20ème siècle qui meurt sous nos yeux. Un siècle de destruction massive des valeurs (immoralisme), des croyances (athéisme), des modes de vie (idéologisme), de la qualité de vie (productivisme), de la famille (sexualisme), de la frugalité (consumérisme), de la modestie (gigantisme), de la paix (militarisme), de la dignité (totalitarisme), etc … ; bref un siècle de total nihilisme sous ces deux formes de l'indifférencialisme ("rien ne vaut") et de l'indifférentisme ("tout se vaut").

Ce siècle funeste devrait s'achever, définitivement, entre 2030 et 2050 par l'émergence d'un nouveau cycle civilisationnel (qui prendre la relai de la civilisation messianique, tant religieuse qu'idéologique) et qui débutera par une premier paradigme que j'ai appelé le paradigme de la noéticité. (connaissance, immatérialité, numéricité, réseaux, continentalisation, fractalité, frugalité, virtuosité, proximité, etc …).

 

Ainsi se clora la civilisation messianique (appelée "christianité" en Occident et "impérialité" en Orient) qui fut celle de la mondialisation par la christianité, par l'idéologisation socialo-populisme, par la colonisation intégrale, par la mécanicisation et par la financiarisation.

 

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La question que pose le livre "L'âge du renoncement" de Chantal Delsol est simple à formuler (mais moins simple à répondre) : "Comment reconstruire un Tout quand il ne reste Rien ?"

Que sera, donc, l'après-nihilisme dont nous sortons à petits pas apeurés ?

 

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Le cœur de la thèse de Chantal Delsol semble être celui-ci : l'émergence du monothéisme chrétien et de l'élan civilisationnel qu'il a nourri, est en cours d'effondrement et fait retomber le monde entier dans le marais des mythes fondateurs antérieurs.

 

Le débat-combat qui s'ouvre là est, au fond, celui entre les dualismes transcendantaux "occidentaux" (ceux du christianisme et, par suite, de l'islamisme) et les monismes immanentistes "orientaux".

Bref, le combat titanesque entre les milésiens et les abdéritains, ou celui entre Platon et Plotin, ou celui entre le rabbinisme et le kabbalisme, ou celui entre Augustin d'Hippone et Eckart de Hochheim : bref, celui entre le UN et le DEUX.

 

Le UN affirme que le Réel est Tout, qu'il est un, unitaire et unitif, cohérent et rationnel, et que la seule spiritualité possible est le panenthéisme (celui de Spinoza, ou du Vedanta, ou du Tao, ou de Maître Eckart, ou d'Einstein, …)

 

Le DEUX affirme qu'il existe deux mondes parallèles, de natures différentes, l'un, purement spirituel et spécifiquement divin, l'autre, purement matériel et spécifiquement naturel (celui où les humains passent leur existence) … ce qui implique l'épineuse question des passerelles entre ces deux mondes car, sans de telles passerelles, cette dualité est totalement inepte et inutile.

 

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Les changements d'heure d'été et d'hiver sont un excellent prétexte pour remettre les pendules à l'heure : c'est à l'humain de s'adapter au cosmique, et non au cosmique d'être bricolé en fonction des caprices humains.

 

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Chantal Delsol pose à sa façon le problème de différenciation entre monisme et dualisme en évoquant la question de la mort. Elle écrit :

 

"(…) il s'agit peut-être, en réponse aux questions essentielles qui se posent à l'humanité, du contraste le plus éclatant, entre la réponse qui consiste à espérer l'au-delà de la mort et celle qui consiste à présenter la mort comme une illusion."

 

Mais cette façon de poser le problème au travers de l'angoisse supposée de la mort de soi, n'est pas la bonne ; elle est même totalement dérisoire. Le problème n'est pas sa propre immortalité (qui n'est, somme toute que l'absurde promesse d'un ennui éternel où plus rien n'a de valeur puisque tout peut être sempiternellement recommencé).

Le seul problème sérieux est celui-ci : comment de du sens et de la valeur à cette existence qui est la mienne et qui, au fond, est mon seul bien, si je ne la gaspille pas en vaines illusions.

 

Selon ce que l'on a lu, le dualisme, en scindant le Réel en deux mondes distincts, l'un de l'éphémère et l'autre de l'éternité, serait la panacée. Il ne l'est pas du tout : le seule monde réel, réellement vécu ici et maintenant, est celui-ci et il n'est nul besoin de s'inventer un autre monde parallèle pour construire, ici et maintenant, une vie dont les conséquences pour l'avenir sont infinies et éternelles, en bien comme en mal.

 

Ce n'est pas la mort le problème ; c'est la vie ! Que vais-je en faire de bien, de beau, de bon, de sacré ?

La mort est un bienfait ; l'immortalité serait la pire de punition.

Vivre éternellement, ce serait vivre sempiternellement le même néant.

 

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Pour Chantal Delsol, l'heureuse tendance actuelle à ramener l'humain dans la Nature du Réel et à briser définitivement l'orgueilleuse fiction d'un humain qui, grâce à Dieu (?), appartiendrait à un monde supérieur, surnaturel et étranger à cette Nature vulgaire, serait le signe patent d'une déchéance, d'un "renoncement" (pour reprendre le titre de son ouvrage).

C'est exactement le contraire qui se passe !

En retrouvant sa juste place dans le Réel, c'est-à-dire dans la Matière, dans la Vie et dans l'Esprit qui sont tout-Un et que l'on peut appeler le Divin (au sens panenthéiste), l'humain, enfin, peut sortir des illusions, des caprices et des orgueils de l'enfance et comprendre que s'il existe dans le Réel, comme des vagues à la surface de l'océan, c'est qu'il a une mission à remplir au service de ce Réel qui l'a fait émaner afin qu'il lui serve à s'accomplir.

 

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Le gros problème de Chantal Delsol est de croire que l'effondrement des dualismes monothéistes (chrétiens et, ne l'oublions pas, musulmans) n'est en rien une régression spirituelle, mais, tout au contraire, un dépassement d'un stade encore infantile de la spiritualité qui cherchait dans des rêves, des illusions et des légendes (des contes à dormir debout, parfois) les trésors qui sont déjà ici, dans le Réel, depuis toujours, mais que l'aveuglement hystérique des humains empêche de contempler et d'intégrer.

 

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Le 30/10/2022

 

Les Anciens disaient qu'un humain est fait d'un Corps qui incorpore la Matière, d'une Âme (ce qui "anime", en latin) qui vit la Vie et d'un Esprit qui pense l'Ordre ; le tout bien accordé par le Cœur (cor, cordis en latin), là où tout s'équilibre et s'harmonise.

 

La physique des processus complexes (et l'humain en est bien un) ne dit pas autre chose, même si elle utilise un vocabulaire bien à elle.

Elle dit qu'un processus, c'est d'abord une territorialité, c'est-à-dire un volume encapsulé ou individué, en relation d'intégration et d'échange permanent avec un milieu extérieur.

C'est ensuite une intentionnalité, c'est-à-dire un besoin fort d'accomplir sa profonde raison d'exister, d'une part, mais en préservant et en perpétuant sa propre identité, sa propre nature, sa propre réalité.

C'est enfin une logicité, c'est-à-dire un besoin d'ordonnancement, de cohérence, de règles de vie, mais aussi, à la fois, un besoin de créativité, d'imagination, d'innovation, de surprise.

 

Mais, on le sent immédiatement et on le sait bien dans la vie quotidienne, ces trois pôles sont souvent en contradiction les uns avec les autres. Par exemple, avoir un projet fort, mais n'avoir pas les moyens physiques ou mentaux de le réaliser. Par exemple, avoir besoin de solitude tranquille, mais être incapable de ne pas avoir d'échanges avec le monde. Par exemple, être rassuré par une vie bien ordonnée, bien rigoureuse, mais vivre dans un milieu complètement perturbé et perturbant.

 

Une quatrième instance est donc indispensable pour dissiper au mieux ces tensions contradictoires et revenir au plus près d'un équilibre confortable.

Appelons cette instance - que les Anciens appelaient le "Cœur" - le processus interne de régulation, dont la mission, rappelons-le, est de dissiper optimalement les tensions induites par les contradictions permanentes entre les différents pôles du processus concerné.

 

Si l'on applique tout ceci au fonctionnement de l'esprit humain, il vient assez naturellement que les trois pôles fondamentaux s'expriment de la façon suivante :

 

  • la territorialité s'y manifeste par la sensibilité aux mondes tant intérieur qu'extérieur, sensibilité qui s'exprime de deux manières : la sensitivité analytique des cinq sens physiques, et l'intuitivité holistique qui perçoit globalement la configuration dans laquelle l'esprit se trouve ;
  • l'intentionnalité se manifeste par un sens de la temporalité dans le monde c'est-à-dire par l'accumulativité du passé dans la mémoire, d'une part, et par la volonté d'accomplissement dans le futur, d'autre part ;
  • la logicité, quant à elle, se manifeste par les actes de la pensée, par la réflexivité qui, elle aussi, est tenaillée par deux tendances : la première s'appelle la rationalité qui tend à être la plus logique et cohérente possible, et la seconde s'appelle l'imaginativité qui tend à pallier les manques et les "trous" de l'image mentale que l'on se fait, en inventant tous les fragments utiles.

 

Il reste alors à équilibrer, à harmoniser, à réguler tout cela et à dissiper, optimalement, toutes les tensions dues aux immanquables contradictions qui surgiront entre mémoire et volonté, entre rationalité et imaginativité, entre sensitivité et intuitivité.

Cette instance de régulation s'appelle la conscience qui n'est ni un "lieu", ni un "organe", mais bien un processus de dissipation des tensions mentales.

S'il n'y a pas de tensions, la conscience "s'endort" et tout se passe inconsciemment ; mais que survienne une "souffrance", même ténue, et la conscience s'éveille immédiatement pour y réagir et dissiper la tension causant de ce mal-être.

 

A ce stade, un sérieux paradoxe doit être éclairé : le meilleur moyen d'éviter toute forme de souffrance, c'est-à-dire de tensions contradictoires entre les facultés de l'esprit, c'est de "fermer toutes les écoutilles" : ne rien sentir (apathie), ne rien ressentir (amorphie), ne rien mémoriser (amnésie), ne rien vouloir (atonie), ne rien penser (aphasie), ne rien imaginer (asthénie).

L'esprit alors se ferme et engendre toutes les formes de l'autisme, du plus partiel ou plus total.

C'est ce que l'on appelle la stratégie sphéroïdale du fait que, de tous les volumes géométriques, c'est la sphère qui enferme le plus gros volume dans la plus petite surface de contact avec le monde extérieur. Un processus sphéroïdal vise donc à avoir le moins d'interaction possible avec son milieu ; il est fermé sur lui-même et répugne à tout échange, à toute relation, à tout contact.

Le paradoxe apparent tient donc en ce curieux constat que plus on vit "hors du monde", moins on est sujet à tensions, donc à souffrances. N'est-ce pas la manière de vivre la plus courante dans les grandes villes, totalement "hors-sol" ?

 

Heureusement, il existe une autre stratégie de vie ! Techniquement, on l'appelle la stratégie fractale (vs. sphéroïdale) qui consiste, tout au contraire, à déployer la plus grande surface possible d'interrelation pour un volume donné.

Pratiquement, cette stratégie revient à :

 

  • développer sa sensitivité en cultivant son attention, sa vigilance, son acuité sensorielle,
  • développer son intuitivité en écoutant ses intuitions, en leur faisant confiance,
  • développer sa mémoire comme un patrimoine précieux patiemment accumulée,
  • développer sa volonté en se lançant des défis, en multipliant ses projets,
  • développer sa rationalité en ne tolérant aucun illogisme, aucune incohérence,
  • développer son imaginativité en lâchant la bride à sa créativité, hors cadre.

 

On pourrait croire qu'en développant au maximum toutes ces facultés mentales, on risque fort de multiplier les contradictions, donc les tensions, donc les "souffrances".

Il n'en est heureusement rien pour une raison très simple : le recrudescence des tensions du fait de la multiplication des activités mentales, fait que, statistiquement, elles en viennent à s'annuler les unes les autres, ce qui procure une joie intérieure intense et une "paix du cœur" : la conscience devient beaucoup plus vive tout en restant apaisée et joyeuse.

 

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Suite aux baisses de la fécondité nette de ces toutes dernières années, la population humaine totale en 2100 se positionnerait entre 8.9 et 12.4 milliards d'individus ; c'est évidemment bien mieux que les 15 ou 20 milliards antérieurement prévus, mais cela fait tout de même encore 7 milliards de trop.

 

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L'agroécologie pointe vers une agriculture beaucoup moins consommatrice de mécanique (donc de carburant) et de chimie (engrais, pesticides, …), mais plus utilisatrice de main-d'œuvre humaine.

L'idée est intéressante à beaucoup de points de vue, mais est-elle réaliste ?

 

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Le mot hébreu Mitzwah est le plus souvent traduit par "commandement" (conformément au sens du verbe TzWH qui signifie "ordonner"), comme dans "les dix commandements".

Je n'aime pas cette traduction. Je lui préfère celle de "devoir".

On obéit à un commandement, mais on remplit un devoir.

L'obéissance est servile ; le sens du devoir, surtout s'il est spirituel, est noble.

 

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En gros, il est pertinent de dire que l'entropie mesure la continuité d'une évolution alors que la néguentropie en mesure la discontinuité, en général, et la fractalité, en particulier.

 

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Le 31/10/2022

 

De Vaclav Havel :

 

"L'élément tragique pour l'homme moderne, ce n'est pas qu'il ignore le sens de sa vie mais que ça le dérange de moins en moins."

 

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D'après le New-York Times (août 2022) :

 

"Ce qu’on appelle l’intelligence artificielle n’est pas à proprement parler de l’intelligence, mais la capacité d’extraire des données statistiquement pertinentes d’un énorme corpus de données. Le plus modeste des vers de terre a plus d’autonomie et d’affects que la plus sophistiquée des machines. En fait, le programme semble éprouver de la sensibilité seulement parce qu’il imite les êtres sensibles, pas parce qu’il en est un."

 

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D'Albert Einstein :

 

"Plus il y a de connaissance, moins il y a d'ego,

Moins il a de connaissance, plus il y a d'ego"

 

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D'un anonyme :

 

"La Chine se radicalise et va continuer à convaincre les chinois de la supériorité du système de gouvernance chinois sur les démocraties libérales. (…) C'est le règne de l'autoritarisme patriarcal du parti. Le taux de chômage des jeunes en milieu urbain atteint presque 20 %, la réponse nationaliste veut compenser les difficultés économiques nombreuses (…)."

 

La Chine (comme la Russie, et l'Iran, et la Turquie) va s'effondrer, c'est une évidence. Mais quand ? Et avec combien de dégâts collatéraux ?

L'autoritarisme ne se maintient que par la violence, et les violences consomment trop de ressources en nos temps de pénurisation.

Ces régimes ne sont donc ni viables, ni durables.

Mais ils peuvent, comme le nazisme ou le stalinisme ou la maoïsme, faire encore énormément de dégâts.

 

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Cette légende (ou ce "mystère") des dix tribus perdues d'Israël a déjà fait couler énormément d'encre ... Sauf chez les historiens, notamment israéliens, qui ont clos le dossier. Pour eux, ces dix tribus qui ne représentaient, en fait, que quelques centaines de personnes, ont été déportées en Assyrie et s'y sont totalement assimilées.

N'oublions jamais que le judaïsme, en tant que "religion" basée sur des "textes écrits" (le livre de Josias qui est devenu le Deutéronome), a germé - mieux : a été fondée - lors de la réforme du roi Josias (-639 à -609), donc bien après la destruction ou la déportation des dix tribus du Nord (-722). Celles-ci étaient encore fortement polythéistes, voire animistes, tout comme ceux qui les ont envahis et déportés ; l'assimilation dut être aisée.

Je pense plutôt à une origine zodiacale pour la légende mosaïque des douze tribus descendant des fils de Jacob-Israël (qui étaient treize, en fait, puisque la tribu de Joseph a éclaté pour donner celle d'Ephraïm et celle de Manassé).

Ces treize tribus sont redevenues douze dès lors que la tribu des Lévy a été consacrée comme tribu sacerdotale d'une autre nature et dotée d'une autre loi ("Lévitique") que les douze tribus "profanes" qui travaillaient la terre et partageaient le patrimoine matériel.

En réalité, depuis le retour de l'exil à Babylone (-538), sous la Loi du Roi Josias (l'embryon de la Torah actuelle), il n'y avait plus que trois tribus : celle de Yéhoudah et celle de Benjamin qui ont rapidement fusionné, à côté de celle des Lévy, tribu sacerdotale dont est issue la famille des Cohen (Kohanim, au pluriel) parmi lesquels était choisi le Grand Prêtre du Temple de Jérusalem.

 

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L'aventure religieuse et spirituelle de l'humanité me semble se structurer en trois époques successives bien distinctes :

 

  • Les religions animistes et polythéistes (primitives) qui se résument à ceci : "facilitez-nous la survie !" grâce aux puissances divines qui vont écarter les dangers et favoriser les opportunités, en échange de sacrifices, de prières et de rites accomplis.
  • Puis les religions sotériologiques et messianiques (intermédiaires) qui se résument à ceci : "sauvez-nous de la mort !" grâce à l'autre monde qui est celui de la béatitude éternelle et de la vie éternelle, à la condition de triompher du mal, du péché et des épreuves de l'existence ici-bas.
  • Et enfin, surgissant sous nos yeux, les naissantes spiritualités panenthéistes et mystiques qui se résument à ceci : "donnons sens et valeur à nos vies !", en les consacrant à l'accomplissement de ce qui nous dépasse.

 

On remarquera que les deux premiers cycles s'adressent à un "autre", tout-puissant, que l'on pourrait nommer "les dieux" ou "Dieu" (c'est le cas pour les monothéismes chrétiens et musulmans).

Le troisième cycle qui s'ouvre, ne fait plus du Divin le moyen de l'exhaussement de la prière, mais en fait la cible et la destination.

Ce n'est plus un hypothétique Dieu extérieur et Tout-Puissant qui est censé donner du sens et de la valeur à nos existences ; mais, tout au contraire, c'est en sacralisant et en consacrant nos vies à l'accomplissement du Divin dans le Réel, qu'elles prendront sens et valeur.

 

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Ce n'est plus le néant de la mort qui fait le plus peur, aujourd'hui.

C'est le néant de la vie, d'une vie mal vécue dans le vide abyssal du nombril.

 

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Il est faux de prétendre que la vérité de la foi s'oppose à l'efficience de la sagesse.

Il est vrai, en revanche, d'affirmer que les croyances religieuses empêchent, le plus souvent, la conquête des sommets de la sagesse spirituelle : la croyance est l'ennemie de la quête.

Celui qui croit détenir la vérité, ne la cherche plus !

Le vrai poison est le dogme, c'est-à-dire la transformation d'une croyance personnelle (légitime, même si elle est fausse) en une vérité absolue et obligatoire pour tous.

 

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La grande question que pose Chantal Delsol, oppose deux voies : celle de l'Union avec le Réel qui est la voie de la Sagesse, et celle du Salut hors du Réel qui est la voie de la Religion.

La question est excellement posée, mais Chantal Delsol et moi prenons les voies les plus opposées : moi, la voie moniste et panenthéiste de l'Union pour la Vie avec le Réel, et elle, la voie dualiste et monothéiste du Salut contre la Mort hors du Réel.

Deux voies inconciliables : ou bien Tout est Un, ou bien Tout est Deux !

 

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La sagesse est non seulement l'art d'habiter le monde tel qu'il est, mais elle est surtout l'art de construire le monde tel qu'il doit l'être.

La religion, elle, subit le monde et s'en détourne dès qu'elle le peut.

 

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La sagesse spirituelle tend vers une connaissance du Réel de plus en plus adéquate et avérée, une connaissance de plus en plus fine des voies de la reliance et de la résonance entre le Corps et la Matière du Réel, entre l'Âme et la Vie du Réel, entre l'Esprit et l'Ordre du Réel.

Cette tension est un parcours asymptotique jamais achevé.

 

Face à cela, la religion dogmatisée n'est qu'un ramassis de croyances que, selon les traditions concernées, le croyant pourra plus ou moins interpréter à son gré pour se forger sa propre conviction, sans être trop inquiété et traité d'hérétique.

 

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Trois questions se posent à la connaissance :

 

  • Connaître le Quoi (la Substantialité) …
  • Connaître le Pour Quoi (l'Intentionnalité) …
  • Connaître le Comment (la Logicité) …

 

et dans cet ordre là :

 

  • Qu'est-ce qui existe ? Quelle est la nature de la Nature ? La Physique …
  • Pour quoi cela existe ? Quel est l'esprit de l'Esprit ? La Métaphysique …
  • Comment cela existe ? Quelle est la vie de la Vie ? L'Ethique …

 

Il restera alors à harmoniser les réponses qui seront données à ces trois questions primordiales

 

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C'est une épouvantable erreur de réduire le sage ou le philosophe à un stoïcien ou un bouddhiste détaché de tout et insensible à tout.

Comme le bouddhisme, le stoïcisme est une philosophie (qui a eu un énorme impact sur le christianisme, d'ailleurs), mais il n'est nullement toute la philosophie et toute la sagesse.

Tout à l'opposé du stoïcien, il existe de nombreux philosophes et sages qui s'engagent et qui construisent, qui n'obéissent pas et qui ne se soumettent pas, qui vivent intensément sans rien subir.

Les présocratiques et les aristotéliciens sont plutôt, en général, de ce bord-là !

 

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La mathématisation ou l'algorithmisation d'une réalité physique ne font que réduire cette réalité à un langage quantitatif construit sur des concepts et des logiques qui n'ont absolument rien de naturel (des langages humains parfaitement artificiels, mais très performants dans certains cas).

Il est évident que ces langages ont connu et connaissent de merveilleux succès dans les domaines élémentaires où ces langages s'appliquent approximativement bien, voire très bien.

 

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La confusion entre la morale et l'éthique est malheureusement très répandue.

La morale est l'expression générique des règles qui président aux mœurs (mores) d'un groupe culturel, ethnique ou national, en un lieu donné et à une époque donnée ; la morale est une forme de règle du jeu social ou sociétal.

L'éthique est un choix personnel de règles de vie visant le meilleur accomplissement de soi et de l'autour de soi.

La morale n'est rien ; l'éthique est tout.

La morale est un déguisement collectif ; l'éthique est un choix personnel et/ou communautaire, indépendant des habitudes comportementales.

La morale, c'est de l'éthique vulgarisée, aseptisée, dévitalisée, de nature totalement statistique, qui réclame sinon un conformisme, du moins une conformité artificielle.

 

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La morale est devenue un pur produit de la religion ; dogmatique comme elle : "voici ce qui est le Bien, voici ce qui est le Mal". Et si vous pratiquer le Bien, vous serez sauvé, sinon vous serez damné.

Comme si le Divin avait quoique ce soit à fiche des frasques humaines dans un coin perdu et infime de l'univers.

C'est à l'humain à se construire une éthique volontaire et librement décidée pour construire une humanité digne du Divin et capable de contribuer efficacement à Son accomplissement dans l'histoire, ici, sur Terre.

 

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Dieu n'a rien à foutre des humains.

C'est aux humains à construire une humanité qui serve l'accomplissement divin, car cette résonance avec l'accomplissement du Divin dans le Réel, est la seule voie pour permettre l'accomplissement humain et donc la seule voie pour vivre la Joie.

L'humain est un détail cosmique, totalement insignifiant, sauf pour lui-même.

 

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Le mot grec Aléthéia que l'on traduit en général par "vérité", est beaucoup plus profond que cela ; il pointe "ce qu'il ne faut pas oublier" (Léthé signifie "oubli").

Ni la science, ni la religion ne disent la vraie vérité qu'ils ignorent tous deux.

La différence ?

La science cherche la vérité et s'en approche, peu à peu.

La religion invente une vérité et l'assène avec violence.

 

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Est vrai ce qui est utile pour construire une vie en harmonie avec le Réel.

Tout le reste est bavardage !

 

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En hébreu, le pragmatisme triomphe : ce qui est "vrai" (Emèt), c'est ce qui a été vérifié (originellement, suite à une vérification de l'exactitude des poids et mesures utilisés sur les marchés ou chez les artisans).

C'est toujours le cas en science et en philosophie ; ce ne l'est jamais dans les religions.

 

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La croyance n'est jamais une vérité ; c'est juste une conjecture imaginaire non vérifiable !

L'exemple d'une "vie éternelle et céleste après la mort terrestre" en est l'illustration parfaite.

Si l'on veut vivre pleinement et joyeusement sa vraie vie, il faut éliminer toutes les croyances. Cette élimination ferme la porte à toutes les religions, mais les ouvre toutes grandes à la spiritualité la plus sublime.

 

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Surtout, ne rien espérer, mais vouloir et construire !

 

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Les chrétiens, depuis près de deux mille ans, ont usé et abusé d'un art consommé de réinventer la Torah et le Judaïsme originel à leur service.

Mettons les chose au clair :

 

  • le judaïsme toraïque n'est pas un monothéisme mais une monolâtrie ;
  • le judaïsme toraïque ne connait ni l'immortalité de l'âme personnelle, ni la promesse d'une vie après la mort, ni une quelconque espérance messianique eschatologique (mais bien l'espoir de la survenance d'un leader politique capable de délivrer les Juifs des jougs grecs, puis romains) ;
  • le judaïsme toraïque énumère 613 devoirs à accomplir pour mener une existence pieuse et accomplie menant à la Joie ;
  • le judaïsme toraïque est un monisme qui, par la Shékhinah (la présence divine), inscrit le Divin en immanence dans ce monde ;
  • le judaïsme toraïque affirme un émanationnisme progressif du monde contre tout créationnisme.

 

Ce judaïsme toraïque (lévitique) a malheureusement pris fin avec le rabbinisme et le talmudisme comme conséquences de la destruction de Jérusalem par les légions romaines en 70, et de l'expulsion de tous les Juifs hors de leur terre.

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DISPONIBLE EN LIGNE / TOME 30 Du journal philosophique de Marc Halévy.   Et tous les tomes précédent !

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