Tisserand de la compréhension du devenir
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Actualité - De l'Etre au Devenir - Septembre 2022

Le 01/09/2022

 

L'humain n'aime pas le Réel ; il lui préfère cet imaginaire simpliste et puéril qu'il nomme "idéal".

L'humain combat le Réel qui est pourtant son seul support.

L'humain se suicide en voulant tuer le Réel au nom de ce qu'il appelle l'idéal.

 

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Croire en un "idéal", c'est faire de l'idéologie et c'est devenir totalitaire.

Aucun "idéal" n'est viable et vivable dans le Réel sans violence pour l'imposer.

Tous les "idéaux" sont contre-nature.

 

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L'idéalisme et les idéologies, sous toutes leurs formes, relèvent de la pensée magique et religieuse avec incantations, litanies, martyrs, saints, sacrifices … et diables inventés.

Le marxisme, le nazisme, les socialismes, les monothéismes (dualistes), les communismes (russes, chinois, sud-américains, coréens, …), le poutinisme et tous les totalitarismes relèvent de ce genre de mascarades funestes.

 

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Vivre, ce n'est ni s'amuser, ni se faire plaisir.

Vivre, c'est construire l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Vivre, c'est construire la Vie et l'Esprit en construisant sa vie et son esprit dans le Réel.

 

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Edgar Morin donne une excellente définition :

 

"Le terme de système (…) signifie (…) l'organisation de parties différentes en un tout, établissant des contraintes sur ces parties et produisant des qualités propres ou émergences, lesquelles rétroagissent sur les parties."

 

Cette définition est parfaite pour les systèmes mécaniques, c'est-à-dire les assemblages.

Pour les systèmes organiques (les plus complexes, donc), il faudrait plutôt dire :

 

"Le terme de système signifie le fusion d'ingrédients différents en une totalité émergente dont les propriétés majeures ne sont pas celles des ingrédients initiaux. Le système résultant n'est pas une somme, mais un produit."

 

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La différence essentielle entre une société et une communauté, est celle-ci : une société est un système mécanique et fonctionnel qui est un assemblage d'individus séparés, alors qu'une authentique communauté est un système organique et fusionnel de communion interpersonnelle (cum munire : "construire ensemble").

Les sociétés ont toujours combattu et voulu éliminer les communautés au prétexte de leur particularisme "fermé", et au nom d'un égalitarisme et d'un démocratisme fantasmés.

 

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Le grand défi de notre époque est de passer du mécanique à l'organique, des assemblages aux communions, des sociétés hiérarchisées aux communautés réticulées, des institutions étatiques aux organismes continentaux.

 

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Une communauté se définit par une culture particulière, communiée (construite ensemble), partagée (pratiquée ensemble) et transmise (perpétuée ensemble) ; cette culture particulière est donc, d'abord, un langage, une histoire, une mémoire, une morale.

 

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La révolution néolithique a fondé le principe même de la civilisation.

Cela se passa autour de la Judée il y a 12.000 ans environ.

C'est là que l'on inventa l'agriculture, l'élevage, l'écriture, la ville, la spiritualité, la royauté, et les trois castes de base (les producteurs pour alimenter les personnes, les protecteurs pour protéger les personnes et les ordonnateurs pour instruire les personnes, c'est-à-dire le pouvoir économique, le pouvoir politique et le pouvoir noétique).  

 

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La valeur fondamentale de toute existence humaine dans le monde est l'autonomie dans l'interdépendance (car il ne faut jamais confondre "autonomie" et "autarcie" : chacun a besoin des apports des autres pour construire et préserver sa propre autonomie).

L'appareil éconologique doit fournir le nécessaire à toutes les autonomies.

L'appareil politologique doit garantir la protection de toutes les autonomies.

L'appareil noologique doit promouvoir l'accomplissement de toutes les autonomies.

 

Dès lors que l'autonomie de chacun est garantie, tous les appareils étatiques deviennent inutiles car plus aucun pouvoir n'est nécessaire (et toute démocratie peut disparaître).

 

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L'histoire des humains est soumise à trois dimensions temporelles différentes (le temps cyclique des éternels effondrements et émergences, le temps linéaire de la montée en complexité et le temps chaotique des événements).

 ces trois temporalités, bien sûr, interfèrent entre elles avec des périodes de progrès (prédominance du linéaire), de stabilité (prédominance du cyclique) et de dérèglement (prédominance du chaotique - comme actuellement).

Comme des poupées russes (des matriochkas), les différents cycles s'emboîtent les uns dans les autres (des cycles historico-économiques de 11 ans, de 33 ans et de 99 ans, construisant des cycles paradigmatiques de 550 ans (495 plus 55) et de 1650 ans ; et des cycles de vie personnelle de 11 ans).

Bien sûr, comme toujours, il faut prendre ces durées avec beaucoup de circonspection : la réalité ne suit jamais parfaitement l'arithmétique, mais les ordres de grandeur y sont (pour plus de détails, voir mon "Où va l'humanité ?" - Ed. Diateino - 2021).

 

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Notre époque vit un triple effondrement :

 

  • celui du paradigme de la modernité (de 1500 à 2050 avec 55 ans de chaotisation), c'est-à-dire celui du mécanicisme réductionniste ;
  • celui de la civilisation de la christianité (de 400 à 2050), c'est-à-dire celui de l'anthropocentrisme nombriliste ;
  • celui de l'ère de la scripturalité (de -9500 à 2050), c'est-à-dire celui domestication du monde.

 

Le monde en émergence sera celui de l'organicité complexe et réticulée, du cosmocentrisme spiritualisé et sacralisé, et de l'intériorisation joyeuse et numérique.

 

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La liberté est une notion (un idéal) théorique ; seule l'autonomie a une réalité pratique. On ne construit pas sa liberté, mais on construit son autonomie qui est, par elle-même, un projet de vie. Ce beau projet passe par la libération.

Car libération n'est pas liberté.

La libération consiste à briser, une à une, autant que faire se peut, toutes les chaînes des servitudes subies et, surtout, des servitudes volontaires (cfr. Etienne de la Boétie).

 

Mais les humains sont-ils capables d'autonomie ? C'est une évidence pour 15% d'entre eux. Quant 85% restants …

 

La vie se déploie dans un immense champ de contraintes qui n'abolissent pas l'autonomie, mais la stimulent ; il faut cependant rester mesurés : tout n'est pas possible, loin s'en faut. Donc la vraie autonomie, c'est d'accepter et d'assumer pleinement les contraintes du Réel et de construire, entre elles, une existence aussi libre que possible.

 

Il existe des déterminismes (tant intérieurs qu'extérieurs, tant innés qu'acquis, tant génétiques qu'intellectuels) : c'est indéniable.

Il existe aussi des indéterminisme : c'est au moins tout aussi indéniable.

Mais face à eux tous, pour construire une authentique autonomie, il faut volonté et courage. Il est tellement plus facile et paresseux de se laisser emporter par le courant.

De là, l'impérieuse sagesse du marin : il ne faut pas se battre contre les courants, mais les utiliser au mieux pour aller où l'on veut (ou presque).

 

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Les études sérieuses le démontrent à suffisance, maintenant : la voiture électrique est une calamité pire que la voiture thermique tant au niveau des performances que des pollutions et des coûts.

Cela me confirme dans l'idée que le problème n'est pas dans les réponses technologiques, mais bien dans la pratique frugale des déplacements.

La question n'est plus : "comment se déplacer ?", mais bien "pour-quoi se déplacer ?".

 

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Mouvement d'humeur …

Mais qu'a-t-on à fiche des inégalités ? Les cons n'ont aucune importance. Ce ne sont pas les cons qui construisent l'avenir. Au mieux, ils le squattent, au pis, ils le sabotent.

On ne leur demande qu'une seule chose : faire beaucoup moins d'enfants et, si possible, plus du tout.

De plus, les pauvres sont pauvres parce qu'ils sont cons.

Et les cons foutent tout en l'air … et, en plus, ils exigent des assistanats (c'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît - cfr. Michel Audiard).

 

Mais la démocratie au suffrage universel, c'est la tyrannie des cons (et des démagogues qui les manipulent). Il faut donc une autre démocratie où, pour avoir le droit de vote, il faut prouver que l'on n'est pas con.

 

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Le seul indicateur macroéconomique qui fasse sens, c'est le PIB/personne/km².

S'il y a beaucoup moins d'humains (il faut passer de 10 milliards en 2050 à moins de 2 milliards en 2150), il y aura plus de PIB/humain (même si le PIB diminue sérieusement) et il y aura plus de km²/humain (donc moins de promiscuité, donc moins d'agressivité et de violence).

 

Le seul vrai problème à résoudre est celui de la décroissance démographique ; tous les autres (dérégulation climatique et océanique, gaz à effet de serre, pollutions, surconsommation, pénurisation des ressources, etc …) n'en sont que des conséquences.

 

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L'éthique n'est pas la morale.

L'éthique, c'est l'ensemble des règles comportementales personnelles que l'on s'impose pour réaliser, au mieux, son projet de vie, son projet d'accomplissement de soi et de l'autour de soi dans la paix, le joie et le respect de la Vie et de l'Esprit.

La morale, c'est l'ensemble des prescriptions sociétales ambiantes qui règlent les mœurs collectives et qui prescrivent des comportements conformes et stéréotypés.

 

Les étymologies (le grec éthos désigne le comportement individuel alors que le latin mores désigne les mœurs collectives) consolident ma position et suggèrent à Edgar Morin d'inverser la sienne : lorsqu'il parle de morale, il s'agit d'éthique, et vice-versa.

 

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Pour reprendre le ternaire humain reliant le personnel, le culturel et l'universel, disons ceci :

 

  • l'éthique est personnelle,
  • la morale est culturelle et sociétale,
  • l'universel est foncièrement amoral : il n'a que faire des agissements humains.

 

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L'éthique est décisionnelle.

La morale est conventionnelle.

 

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La morale tient tout entière en ceci : des règles conventionnelles, au sein d'une culture donnée, pour permettre à chacun de vivre sa propre autonomie en paix avec les autres.

 

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Il n'existe aucune morale naturelle (ni, par conséquent, de "droit naturel"). La Nature est amorale : elle s'accomplit par le chemin optimal (l'océan n'a que faire des vagues à sa surface).

Il n'existe qu'un seul principe éthique : faire ce qu'il y a à faire (le devoir de mission), ici et maintenant, pour accomplir au mieux la Vie et l'Esprit, en vivant juste et en pensant juste.

 

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Il ne faut surtout pas confondre les "valeurs morales" avec les conditions indispensables à la réalisation d'un projet de vie au service de la Vie et de l'esprit, c'est-à-dire : l'autonomie, l'interdépendance, la communion, la paix, la fraternité (non pas universelle ce qui serait une billevesée, mais entre humains ayant même projet-Père et même culture-Mère).

 

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Au premier niveau, est éthique pour lui ce qui est bien pour la réalisation du projet de vie personnel de chacun : l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Mais comme tout ce qui existe, a ou devrait avoir le même projet (l'accomplissement de soi et de l'autour de soi), au second niveau, l'éthique personnelle devient une éthique universelle, au-delà de toutes les morales culturelles et sociétales, et des lois conventionnelles et artificielles qui en découlent.

Dès lors, le seul principe éthique personnel et universel se résume à ce devoir unique, à cette mission unique : l'accomplissement de soi et de l'autour de soi au service de la Vie et de l'Esprit.

 

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Le "Mal" au sens absolu, cela n'existe pas.

Le "Mal", pour les humains,  c'est ce qui fait mal, ce qui fait souffrir.

Or, la souffrance est une pure construction mentale et le mental, cela se maîtrise (notamment, pour suivre Elisabeth Kübler-Roos, en faisant son deuil des fantasmes que l'on cultive). Le seul mal réel est la douleur physiologique qui, elle, se maîtrise bien plus difficilement (mais la chimie fait des merveilles).

 

Mais, au-delà de ces considérations métaphysiques que le "Mal", il est des entreprises humaines qui sont foncièrement mauvaises car contraires à l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit. La Shoah en est l'exemple radical (mais il en est d'autres comme l'entreprise impérialiste de l'Islam asservissant tout sur son passage, ou comme la mainmise du financiarisme spéculatif sur l'économie mondiale, ou comme l'établissement du totalitarisme actuel en Russie, en Chine ou ailleurs, etc …).

 

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Toutes les douleurs réelles, dans le monde, ont une source unique : son désaccomplissement, c'est-à-dire une aggravation de son imperfection, de son incomplétude. Ces douleurs indiquent donc que, très heureusement, le monde est vivant et qu'il veut (intentionnalisme) continuer de s'accomplir.

Et, à chaque pas d'accomplissement, la joie vient briser la douleur.

L'éthique de l'accomplissement est donc une éthique de la joie !

 

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Le choix des chemins mauvais (ceux du désaccomplissement) est le propre des esprits faibles et médiocres (celui des parasites et des toxiques).

Au plan sociétal, aujourd'hui, ces chemins mauvais, plébiscités par les faibles et les médiocres, s'appellent le socialo-populisme.

 

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La Vie se nourrit de vies.

N'en déplaise au véganisme (qui n'a pas compris qu'assassiner une carotte est aussi grave qu'assassiner un lapin), ce n'est ni un bien, ni un mal ; c'est un fait.

 

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La mauvaiseté la plus grave et la plus répandue parmi les humains, c'est la médiocrité.

Il faut revivifier l'esprit aristocratique !

 

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Il est impossible de fonder une éthique, sans fonder, d'abord, une intention qui en sera, à la fois, le guide et la mesure.

Il ne peut exister d'éthique universelle, sans intentionnalité universelle.

Cette intentionnalité existe aux fondements du Réel : elle s'appelle l'intention d'accomplissement en plénitude, accomplissement du Réel comme unité, et donc accomplissements conjoints de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, au service desquels tout ce qui existe a le devoir éthique  de s'engager pleinement.

 

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L'éthique, c'est sans doute d'abord le respect du Réel dans toutes ses manifestations.

 

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Dans l'ordre de la temporalité, téléologie et généalogie se répondent.

 

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Le 02/09/2022

 

Autonomie de soi pour choisir de se mettre au service de l'Intention d'accomplissement.

Se détacher d'en bas pour tâcher de s'attacher plus haut.

 

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La conscience est un processus mental de dissipation des tensions pouvant exister soit entre les six facultés internes de l'esprit (mémoire, volonté, intelligence, imagination, sensation et intuition), soit entre l'esprit et le monde extérieur (la maîtrise du rapport à l'autre ou à l'objet, par exemple).

Dans tous les cas, il s'agit de résolution de conflit selon une des trois voies logiques : la destruction par la guerre violente, la négociation par le compromis instable, la sublimation par la synthèse unitive.

 

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L'âme et le corps, l'esprit et la matière, le sujet et l'objet, le phénoménal et le nouménal, l'intériorité et l'extériorité, le pour-soi et l'en-soi, l'existence et l'essence, etc … sont autant de versions du même dualisme artificiel dans lequel, depuis Descartes, s'est complètement enlisée et engluée toute la philosophie occidentale moderne (fondamentalement anthropocentrisme c'est-à-dire nombriliste et narcissique).

Il est temps que la philosophie oublie l'humanité et retrouve l'universalité. Il est temps qu'elle redevienne ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être : cosmocentrée.

Le Réel pris comme un Tout-Un organique, et rien d'autre.

La philosophie doit redevenir une cosmosophie (une métaphysique du Réel, donc), fondatrice de cosmologie, et rien d'autre. Tout le reste (éthique et épistémologie, noologie et sociétologie compris) en découle.

 

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Dans le Réel, il y a un Projet et il y a des Trajets autonomes interdépendants.

Autrement dit : il y a une Intention et il y a des Processus intriqués.

Chaque processus (et chaque personne humaine en est un) est animé de la même Intention globale (l'Accomplissement en plénitude) qu'il déclinera de façon spécifique (l'accomplissement de soi et de l'autour de soi). Et pour construire la réalisation de cet accomplissement spécifique, il développera une volonté, une mémoire, une logicité, une imaginativité, une sensibilité et une intuitivité qui lui révèleront les possibles et les impossibles, les opportunités et les contraintes, les potentialités et les impuissances qui forment sa propre réalité.

Muni de tout ce bagage, le processus devra alors construire son propre trajet à la rencontre de son projet, par la dissipation optimale des tensions entre tous ces pôles.

 

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La morale collective est une pure convention sociétale sans autre valeur que celle qu'elle se donne elle-même.

Quant à l'éthique, c'est-à-dire les règles de vie que chacun se choisit au mieux, il n'en est qu'une seule : est bien ce qui accomplit, est mal ce qui désaccomplit, tant pour soi qu'autour de soi.

 

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L'éthique de chacun révèle son niveau d'aristocratisme spirituel.

 

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Le wokisme est une morale d'esclaves (au sens de Nietzsche), une morale du ressentiment qui ne se définit pas par et pour elle-même, mais qui se définit contre d'autres qui, parce qu'ils ne se sentent pas "victimisés", sont désignés comme "dominants et oppresseurs".

 

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Contrairement à ce qu'affirme Nietzsche, l'opposition entre Rome et Jérusalem est une lutte inégale entre deux aristocratismes : le premier, militaire, et le second, sacerdotal.

La morale des esclaves n'est née qu'ensuite, avec le christianisme, lors de l'effondrement des Romains (vers 400) et après la dispersion des Juifs (après 70).

 

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Liberté, Egalité, Fraternité …

 

La Fraternité n'a de signification qu'au sens maçonnique : comme communion sur le même Chantier, sous la conduite du même Architecte-Père et dans la matrice de la même Tradition-Mère.

 

Quant à la Liberté, elle n'a de sens que comme travail de libération de tous les esclavages et de toutes les idolâtries, en vue de construire sa propre autonomie.

 

Mais l'Egalité (cette idée chrétienne, laïcisée par le funeste Jean-Jacques Rousseau) est la pire des maladies idéologiques. Dans le Réel, rien n'est jamais l'égal de rien, ni en fait, ni en droit. Chacun est unique et différent de tous, et toutes ces différences réelles et assumées ouvrent le champ infini des complémentarités. Quant aux droits, ils doivent se mériter en fonction des œuvres faites et des devoirs accomplis.

 

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La démocratie au suffrage universel est une aberration et conduit, immanquablement, à la tyrannie des médiocres par l'entremise de leurs démagogues.

  • La seule démocratie souhaitable est la démocratie au mérite : seuls ont voix au chapitre des décisions communes, ceux qui ont contribuer factuellement et significativement au bien public et à la richesse collective.

Le droit de voter doit se demander et se mériter.

 

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Il faut bien comprendre que l'économie de masse est moribonde.

Production de masse, distribution de masse, communication de masse, tourisme de masse, habitat de masse, loisirs de masse, le salariat de masse, l'assistanat de masse, … toutes ces calamités vont bientôt disparaître. Enfin !

Beaucoup moins, mais bien mieux … et au juste prix.

 

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Il faut taxer lourdement la finance, pas l'économie.

Des entrepreneurs : oui !

Des spéculateurs : non !

 

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"90% des Turcs, 23% des Français, 16% des Allemands croient en l'enfer."

 

Normal, ceux qui y sont, y croient. Et encore, on ne parle ni des Russes, ni des Chinois …

 

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Le déclin de la France est la suite logique du "social-gauchisme" des Mitterrand et Hollande, et du "paternalisme" des De Gaulle et Chirac, malgré les résistances pseudo-libérales des Pompidou, Giscard d'Estaing, voire des Sarkozy ou des Macron castrés par leur électoralisme putanesque.

Ce déclin s'exprime par :

 

  • le déclin des systèmes éducatifs gangrenés par l'égalitarisme,
  • le déclin de la puissance productive gangrenée par les assistanats et le "droit du travail",
  • le déclin de la puissance entrepreneuriale gangrenée par les délires taxatoires et réglementaires,
  • le déclin des services publics gangrenés par le fonctionnarisme et le bureaucratisme,
  • le déclin de la sécurité civile gangrenée par la sédition musulmane,
  • le déclin des valeurs morales gangrenées par le laïcisme,
  • le déclin de la force politique gangrenée par le socialo-populisme,
  • le déclin de la puissance économique gangrenée par le financiarisme spéculatif et par l'industrialisme délocalisé de masse.

 

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Tant que, d'un côté, la médecine, la pharmacie, la kinésithérapie, la psychologie, la psychiatrie, etc … et, de l'autre, l'économie, la politologie, la finance, la sociologie, l'ethnologie, etc … ne deviendront pas des applications scientifiques strictes de la physique des processus complexes, elles resteront charlatanesques, magico-oniriques, sans la moindre valeur crédible.

 

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La politique est devenue prégnante et centrale dans les contrées et aux époques où la culture (le noétique) et l'économie (l'économique) étaient au plus faible.

Le politique ne doit jamais être plus que de l'intendance au service des deux autres.

Il doit se limiter à garantir fermement les autonomies personnelles et collectives. Rien de plus.

L'économique, c'est la Vie. Le noétique, c'est l'Esprit. Le politique n'est que la valetaille qui suit.

 

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Chaque instant présent est lourd de tout le passé qu'il contient.

Le temps ne passe pas, il s'accumule !

 

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Lorsque Nietzsche proclame : "Dieu est mort", il proclame la mort du dualisme ontique des monothéismes. Il proclame la mort de ce Dieu superfétatoire qui serait étranger au Réel, mais créateur et ordonnateur de celui-ci.

En fait, il rend au Réel son autonomie. Et cela ne supprime en rien la sacralité et la divinité du Réel ; au contraire, cela l'exalte.

 

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L'expression nietzschéenne : 'Volonté de puissance" est incroyablement mal comprise. Il faudrait traduire Wille zur Macht par "Intention de plénitude" qui est le moteur ultime de le toute l'évolution du Réel.

 

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Nietzsche est un penseur puissant, mais inachevé, encore pétri de contradictions.

 

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Le miséreux est une victime d'un coup du sort ; il doit être aidé pour redémarrer sa vie.

Mais le "pauvre" est un mendiant professionnel, un roublard comédien, un fainéant qui pleurniche, un parasite qui profite ; il excelle à culpabiliser ceux qui ne sont pas pauvres et qui ne lui font pas assez l'aumône ; son fonds de commerce, c'est la pitié, la charité - pure créature de la christianité -, la commisération.

On est miséreux, mais on se dit pauvre.

Malheureusement, seuls les pauvres en esprit ne sont pas conscients de leur état.

 

 

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Nietzsche avait bien compris que toute la réalité humaine - comme toute réalité du Réel - était travaillée par un bipolarité profonde entre construction (qu'il appelle "volonté de puissance") et dissolution (qu'il appelle "morale des esclaves").

 

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Le nihilisme, c'est le refus du Réel (de la Matière, de la Vie et de l'Esprit) au profit de chimères idéelles, idéalistes, idéologiques ou … vides.

 

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Oui ! Le Surhumain ! Dépasser l'humain !

J'en ai marre de l'humain et de sa médiocrité.

 

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La mission des humains supérieurs, de l'aristocratie spirituelle humaine, est de faire advenir le Surhumain. Enfin !

 

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Le Surhumain n'est pas une élévation de l'humain, mais une émergence hors de l'humain.

 

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L'humain m'épuise et me dégoûte.

N'y a-t-il vraiment rien de mieux à faire que d'être humain ?

 

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Au Surhumain ne correspond aucune mutation génétique ; il s'agit d'une mutation culturelle : des humains biologiques qui pensent enfin au-delà de l'humain.

 

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Le 03/09/2022

 

On est ce qu'on devient … mais on ne devient pas ce qu'on est.

Avant de devenir, on n'est rien. Il n'y a pas d'Être en amont du Devenir.

Il faut inverser l'aphorisme nietzschéen : "Deviens ce que tu es", et dire : "Sois ce que tu deviens". Accepte ton propre devenir et assume-le.

Mais il faut garder la deuxième partie de l'aphorisme : "Fais ce que toi seul peux faire".

 

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La fin du 18ème siècle, en Europe, voit s'affronter deux mouvements philosophiques : le philosophisme anglo-français et le romantisme allemand.

Bien malheureusement, c'est le philosophisme qui a triomphé au 19ème siècle.

 

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L'Ars latin comme la Technê grecque pointent vers l'idée de mettre une ou des techniques au service d'un projet.

C'est donc la nature de ce projet qui va déterminer les différentes sortes d'art.

Il me semble que la discrimination la plus claire se situe entre les projets de divertissement (spectacles, littératures, etc …) ou de décoration (peintures, sculptures, etc …), d'une part, et les projets d'utilité pratique (arts médicaux, ingénieuriaux, architecturaux, artisanaux, etc …) ou de connaissance théorique (arts philosophiques, scientifiques, etc …), d'autre part.

Seule cette dernière catégorie de projets peut avoir un intérêt.

 

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Il faut haïr tous les divertissements.

Ce qui divertit, détourne.

 

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La tâche la plus urgente : se libérer de tous les esclavages (y compris des servitudes volontaires) et de toutes les idolâtries (y compris les plus profanes).

Alors seulement on pourra se construire une réelle autonomie.

 

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Peut-on connaître et cultiver la Joie sans être passé par la souffrance ou, à tout le moins, sans l'avoir côtoyée ?

Sans doute pas …

 

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Le monde ne subsiste et n'évolue que grâce à l'irréductibilité de ses bipolarités ontiques (expansion et accrétion, conservation et construction, régularité et fractalité). Mais ces bipolarités n'existent que "par-delà Bien et Mal" : il n'y a là rien de moral, aucun jugement ; les deux pôles doivent coexister éternellement. Il n'y a là rien à choisir.

 

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Une vie ne prend sens et valeur qu'au service de ce qui la dépasse.

 

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La Joie ne commence qu'au-delà de l'ego.

La Joie mesure la contribution à l'accomplissement de l'au-delà de soi.

 

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Le christianisme - comme l'islamisme -  est une religion sans beaucoup de spiritualité. Beaucoup trop anthropocentriste. Tellement obsédée par le Salut des humains, de chaque humain, qu'elle en oublie l'essentiel : le Réel dont l'humain n'est qu'une insignifiante manifestation.

 

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Ce n'est pas tant la religion chrétienne qui est néfaste, que ses institutions au premier rang desquels l'Eglise catholique, parangon de tous les totalitarismes.

 

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Il faut bien distinguer la religion chrétienne de la spiritualité christique qui, à l'instar de toutes les spiritualités authentiques, aspire à hisser l'humain au niveau divin.

Mais cette spiritualité part de bases fausses, tant pauliniennes qu'augustiniennes : il n'y a pas de péché originel, il n'y a rien à rédimer ou à sauver, il n'y a pas deux mondes, l'un naturel, l'autre divin, il n'y a pas de vie après la mort, il n'y a ni jugement, ni récompense, ni punition.

 

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Le christianisme (qui est d'essence européenne) a pris cinq colorations différentes (catholicisme, protestantisme, orthodoxie grecque et russe, et anglicanisme) parce que l'Europe a cinq racines culturelles bien antérieures à lui : latine, germanique, grecque, slave et britannique. Hors d'Europe, il prit encore d'autres colorations, notamment en Afrique noire, au Brésil et aux Antilles.

On peut encore affirmer que le christianisme, au travers de la formation ébionite et nazoréenne de Mahomet, a aussi donné l'islamisme.

 

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Le christianisme est le bâtard né du platonisme grec et du messianisme juif.

Il a combattu et vaincu l'aristocratisme militaire romain et l'aristocratisme sacerdotal judéen.

Le christianisme, par ses racines historiques, est plébéien : une religion populaire et non une spiritualité élitaire. Il s'adresse d'abord aux "petits", aux "pauvres", aux "malades", etc …

 

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L'Europe est en train de vivre une déchristianisation profonde (ce qui est moins la cas en Amérique latine et bien moins encore en Amérique anglophone).

 

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Un Dieu qui "aime" les humains pour que les humains s'aiment entre eux, un Dieu qui s'est fait humain pour que les humains deviennent des dieux, un tel Dieu ne peut pas être un Dieu authentique qui devrait, au contraire, être infiniment au-delà de l'humanité ; un tel Dieu est tout au plus une projection humaine née dans un esprit malade (Paul de Tarse).

 

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Jamais le Jésus juif, Jésus-le-nazir, n'aurait pu être ou devenir chrétien.

Contre-sens total !

Il fallait un citoyen romain, patricien par adoption, antisémite et misogyne, de culture et de langue latines, pour fonder le christianisme : Paul de Tarse !

 

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Le christianisme (surtout catholique … de katholikos qui, en grec, signifie "universel) est l'antithèse définitive du judaïsme.

C'est d'ailleurs pour cela que le christianisme a inventé et fondé l'antijudaïsme, devenu ensuite antisémitisme, pour aujourd'hui, surtout chez les musulmans, devenir antisionisme.

La haine du Juif n'est que ressentiment et jalousie ; c'est l'aristocratisme sacerdotal de la culture juive (le mythe absurde du "peuple élu" qui trouve sa racine dans une monolâtrie qui n'a rien ni de monothéiste, ni d'universaliste) qui exacerbe la méchanceté et la cruauté antijudaïques.

Les chrétiens, comme les musulmans, sont maladivement jaloux de cette "élection" qui, n'étant en rien universaliste mais totalement particulariste, ne les regarde pas.

Il suffit de lire la Torah pour comprendre que la relation mutuelle et le pacte d'Alliance entre le peuple juif et SON Dieu YHWH (choisi parmi tous les autres Elohim), n'ont absolument rien d'universel, et ne concernent que les Juifs.

YHWH et la Torah sont une affaire de famille qui ne regarde personne.

 

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Le nouveau paradigme en émergence sera romantique (non au sens artistique de "sentimentalisme" pleurnichard, mais au sens spiritualiste de "panenthéisme", à la Schelling) … ou il ne sera pas !

 

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Le fond essentiel de toute culture humaine est son langage. Le langage est, en soi, la grille de lecture primordiale que chacun applique aux mondes extérieur et intérieur, et à ses rapports avec ces mondes.

 

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Le totalitarisme prétend non seulement détenir la vérité sur tout, mais, surtout, l'imposer à tous.

C'est le propre de toutes les tyrannies religieuses (comme le catholicisme) et idéologiques (comme le marxisme).

Le seul antidote possible, c'est le libéralisme, c'est-à-dire le culte de l'autonomie personnelle et collective.

Mais je crains que nous n'évoluions vers toujours plus de totalitarisme car, du fait de la rapide complexification du monde humain, les masses populaires, incapables de comprendre et de maîtriser une telle complexité, exigeront de plus en plus de simplismes et d'infantilismes ; ce sera la voie royale pour les démagogues.

 

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L'humain, en voie de surhumanisation, doit croître comme un arbre : toujours plus de profondeur en racines, toujours plus de hauteur en spiritualité, toujours plus d'ampleur en reliance, toujours plus de feuilles pour capter plus de lumière, toujours plus de fleurs et de fruits pour offrir plus de fécondité.

 

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Je suis contre la démocratie au suffrage universel.

Je suis pour la démocratie au suffrage mérité.

 

Mes huit critères de mérite personnel :

 

  • avoir au moins 25 ans,
  • exercer une profession à plein temps, rémunérée, comme indépendant ou salarié,
  • ne pas être, directement ou indirectement, fonctionnaire de l'Etat,
  • être en ordre de paiement d'impôt,
  • détenir un diplôme supérieur (au moins un bac plus deux),
  • posséder la nationalité du lieu,
  • disposer de toutes ses facultés mentales,
  • ne pas avoir été condamné par la justice.

 

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Nietzsche le confirme ("Gai savoir" § 343) : quand il proclame la "mort de Dieu", c'est du Dieu chrétien, du Dieu des monothéismes, du Dieu personnel, créateur des mondes et étranger à eux, qu'il s'agit.

Ce n'est nullement l'idée mystique et moniste du Divin qui est morte.

 

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Les provocations récurrentes qui me gênent, chez Nietzsche :

 

  • le culte de la cruauté,
  • le culte de l'instinct,
  • la confusion entre surhumanité, d'une part, et supériorité et privilèges, d'autre part,
  • le mépris condescendant pour la femme,
  • le dédain de l'utilité et de l'utilitaire,
  • le culte de la hiérarchie,
  • le rejet de toute téléologie,
  • la préséance de la multiplicité sur l'unité,
  • le goût de la domination,
  • le mythe de l'éternel retour au même,
  • le mépris souverain de l'économie,
  • … et, sans doute, quelques autres.

 

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La plus fameuse et le plus vraie des déclarations du Zarathoustra de Nietzsche :

 

"L'Etat, c'est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement, et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : 'Moi, l'Etat, je suis le Peuple'."

 

Les idées de "peuple" ou de "nation" ne représentent absolument rien de réel. Ce sont des concepts artificiels créés par l'Etat pour se légitimer, après l'effondrement de ces grands usurpateurs de communautés de vie qui furent les Rois.

Ces Rois se considéraient comme les propriétaires légitimes de ces communautés de vie ; mais l'Etat, n'ayant aucune légitimité sur elles, a inventé les notions de "peuple", de "nation" et de "société" pour les subjuguer et les anéantir.

 

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Il n'y a aucune idée plus stupide que celles de patriotisme et de nationalisme.

Un tour de passe-passe des Etats du 19ème siècle pour faire croire qu'ils étaient légitimes.

 

*

 

L'Europe existe en tant que bassin culturel judéo-helléno-chrétien.

Les nations européennes sont toutes des mensonges, des puzzles artificiels que des politiciens (Bismarck, Cavour, Gambetta, …) ont inventé pour asseoir des pouvoirs centraux.

 

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L'Etat est une machine très sophistiquée dont la fonction principale est d'enclencher, de maintenir et d'alimenter de la servitude volontaire.

Faire disparaître la personne autonome au profit du citoyen dépendant.

 

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* *

 

Le 04/09/2022

 

Nietzsche aime choquer. Par exemple, il aime faire l'apologie de la guerre, mais non la guerre entre armées nationales opposées, mais bien une guerre permanente entre inertie et énergie, entre accrétion et dilution, entre entropie et néguentropie, une guerre "thermodynamiques", en somme, entre "vie" et "vide".

 

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Qu'est-ce qu'un humain supérieur ?

Il cultive une reliance globale avec tout ce qui existe.

Il cultive une activité au service de l'accomplissement global.

Il cultive une intelligence au service de la connaissance globale.

 

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Le Réel est constitué de deux univers processuels animés de la même Intention d'Accomplissement : l'océan du "Vide" et les archipels de "Vie".

Nous, les humains, appartenons à un petit îlot de Vie perdu dans l'archipel nommé "voie lactée".

La "Vie", c'est, tout ensemble, la complexité, l'émergence, la construction, l'accrétion, la néguentropie, l'activité, l'énergie, la reliance, les échanges, l'accumulation, la créativité, l'intelligence, etc …

Le "Vide", c'est l'opposé de tout cela.

 

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Dans le fond, la sagesse, c'est le contraire de la médiocrité.

 

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A quoi reconnait-on un aristocrate de l'esprit ?

A la noblesse de son projet de vie.

 

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La vulgarité consiste à croire que l'on peut vivre pour rien.

Dans les deux sens de l'expression : vivre gratuitement et vivre sans projet.

 

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Toutes les philosophies, toutes les sciences et toutes les spiritualités doivent, forcément, aboutir à la même vérité puisque le Réel est Un et que sa réalité est une.

 

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Quel doit être le projet de toute intelligence ? Comprendre la réalité du Réel, car comprendre cette réalité, c'est comprendre (intelliger) tout ce qu'elle comprend (contient).

 

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La spiritualité humaine est un long processus historique et culturel …

 

Le premier stade est animiste : c'est la croyance (la certitude) que tout ce qui existe est animé de l'intérieur par une "âme" ou un "esprit" qui le pousse à "persévérer dans son être" et à "s'accomplir en plénitude".

 

Le deuxième stade est "magique" : c'est la croyance que, moyennant certains rites adéquats, on puisse - souvent par l'entreprise d'un "inspiré" - attirer la bienveillance des esprits fastes et éloigner la malveillance des esprits néfastes.

 

Le troisième stade est mythologique et polythéiste : il s'agit de regrouper les "âmes" ou "esprits" de la Nature, par catégories et de personnifier chacune d'elle en inventant les dieux et les histoires de leurs rapports entre eux et avec les humains.

 

Le quatrième stade est monothéiste : c'est la croyance que chaque dieu n'est, en fait, qu'une manifestation particulière - aux yeux des humains - du Dieu unique qui est le maître de tout ce qui existe (parce qu'il le crée, parce qu'il l'habite, parce qu'il le sauve, etc …). Parfois, parce que le monde est imparfait, on pose, face à ce Dieu bon, un mauvais Esprit de résistance à sa bonté.

 

Le cinquième stade est moniste ou panenthéiste : c'est la simple reconnaissance que le Dieu des monothéismes n'a rien d'extérieur au Réel, mais qu'il en est l'Âme intime.

 

Alors la boucle se boucle et l'Intention d'Accomplissement qui était en germe dans l'animisme primitif, redevient le cœur de la spiritualité mature et finale, enfin débarrassée de toutes les personnifications anthropomorphiques et anthropocentriques dont on avait si longtemps affublé le Divin.

 

Comment le taoïsme et le védantisme ont-ils réussi à brûler les étapes des personnifications pour atteindre, directement, la maturité spirituelle, il y a environ 2600 ans ?

 

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Nietzsche est l'héritier du Romantisme allemand (Goethe, Schelling, Novalis, Hegel, Schopenhauer, …), donc au radical opposé du philosophisme français et de l'utilitarisme anglais qu'il déteste autant l'un que l'autre.

Moi aussi !

 

En revanche, il confond - et c'est bien dommage - le capitalisme et le mercantilisme financiaristes, avec le libéralisme philosophique (le culte de l'autonomie qui le caractérise lui-même).

 

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L'idée de "progrès" est ambigüe.

D'un côté, elle évoque le progressisme idéologique et politique qui est une doctrine totalement grotesque. De l'autre, elle évoque les incontestables avancées en matière spirituelle, scientifique et philosophique, avec leurs conséquences médicales, sociales, culturelles et économiques.

 

Comme toujours, le phagocytage d'une idée par une idéologie est épouvantablement nocive (ainsi du progressisme, du capitalisme, du libéralisme, du spiritualisme, … que les idéologies ont complètement dénaturés et falsifiés).

 

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La démocratisation de tout, c'est-à-dire la médiocrisation, la vulgarisation et la disqualification de tout, n'est pas un progrès, mais une dégénérescence.

 

L'exemple que j'en donne souvent, est celui du ski.

Issu d'un milieu pauvre incapable de m'offrir des sports d'hiver, j'ai appris à skier en travaillant bénévolement en station au titre d'aide-moniteur. C'était à la fin des années 1960. Depuis, la "démocratisation" du ski a transformé les pistes en lieux d'extrêmes promiscuités et dangerosités : ce sport noble et réglementé qu'était le ski, a été complètement dégueulassé par l'ignorance technique et éthique des pratiquants qui, très vite, ont rejeté les difficultés du ski bien pratiqué, pour les "sensations" fortes mais puériles des sports de glisse non maîtrisés (snow-boards et autres fumisteries).

 

Il en va de même pour tout le reste : lorsqu'une activité noble et difficile devient facilement accessible, elle s'avilit.

Il en va de même pour les connaissances (on y confond les connaissances scientifiques avérées et les opinions de hordes d'ignares) et les communications (regardons les dépotoirs psychotiques ce que sont devenus les "réseaux sociaux").

 

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La science est une ascèse, bien plus profonde et exigeante que toutes les autres, imposant, comme la spiritualité, une discipline de vie et de pensée implacable.

En nos temps populaciers et friands de facilité, quoi d'étonnant à ce que la jeunesse ne veuille plus entendre parler de science véritable ?

 

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Le confucianisme - dont le communisme est l'héritier -  a tué l'âme chinoise depuis longtemps. L'autonomie personnelle est devenue, là-bas, une grossièreté.

 

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Le socialisme n'est pas la critique de la propriété.

Le socialisme est la jalousie des non-propriétaires.

La seule grande aspiration d'un prolétaire, c'est de devenir bourgeois.

 

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Les "forts" cherchent à s'isoler ; les "faibles", à s'unir.

Toute l'anthropologie tient en ces quelques mots.

 

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Toutes les souffrances sont des constructions mentales … sauf une, peu partagée, il est vrai : la grande souffrance, l'unique souffrance, la suprême souffrance face au mystère profond et ultime du Réel.

La souffrance de l'inatteignable "vérité".

 

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Chez Nietzsche, l'idée centrale du Surhumain doit être comprise comme le symbole, absolu et définitif, de ce qui dépasse radicalement l'humain. Le principe au service duquel, absolument, l'humain doit se dévouer et se dédier totalement.

Comme tout symbole, libre à chacun d'interpréter le Surhumain comme il l'entend, à la condition unique et expresse que le Surhumain soit conçu au-delà de l'humain et de l'humanité.

L'humain - du moins l'humain supérieur qui a compris - est une passerelle entre le troupeau des animaux humains et le Surhumain.

La passerelle n'est pas un but en soi ; elle n'est qu'un moyen.

 

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Il est urgent d'opposer radicalement "le travail" et "l'ouvrage".

Le travail permet de gagner sa vie (comme disait Boris Vian : "Je n'ai pas besoin de gagner ma vie ; je l'ai").

L'ouvrage permet de créer une œuvre (avoir sa vie, c'est bien ; la mettre au service d'un vrai projet, c'est mieux).

La différence est immense.

 

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Par certains côtés, Nietzsche est un penseur embourbé dans le 19ème siècle, encore tout ébranlé par le philosophisme, la "révolution" à Paris et l'idéologie pataude et belliciste de Bismarck. Mais il est aussi un vrai précurseur de la mutation paradigmatique de notre début de 21ème siècle après le marasme nihiliste, qu'il avait parfaitement prévu, du 20ème siècle.

 

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Le 05/09/2022

 

Le fondement cosmosophique des présocratiques :

 

  • Thalès de Milet : l'Eau
  • Anaximène : l'Air
  • Héraclite d'Ephèse : le Feu
  • Anaximandre : l'Illimité (l'Apeiron)
  • Anaxagore : l'Esprit (le Noûs)
  • Xénophane : l'Un
  • Parménide : l'Être
  • Empédocle : les quatre Eléments
  • Leucippe : les Atomes
  • Pythagore : les Nombres

 

Ces philosophes étaient tous cosmocentrés, ils étaient des physiciens interrogeant la Nature (Physis). La philosophie grecque a dégénéré en anthropocentrisme avec Socrate.

 

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D'Edgar Morin :

 

"C’est la succession de crises que nous vivons depuis pas mal de temps qui explique aujourd’hui ce grand développement de la France réactionnaire. Il faut penser que dans le monde entier, il y a une crise des démocraties, une crise du progrès. On a cru pendant longtemps que le progrès était sûr, une loi historique, et on se rend compte que l’avenir est de plus en plus incertain et inquiétant. Il y a la crise du futur, l’angoisse, les crises qui sont arrivées : économique en 2008,

puis la pandémie. Les angoisses que ça crée provoquent une rétraction, une refermeture sur soi, une peur, une volonté de défendre une identité qui, du reste, est mythologique."

 

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Anonyme (Challenges ?) :

 

"33% [31%] de la population mondiale sont chrétiens, 22% musulmans, 14% [15%] hindous, 7% bouddhistes, 12% d'autres religions [8% dont 0,2% pour le judaïsme], 12% [14%] sont athées [ou] sans conviction religieuse."

 

Ces chiffres sont apparemment plus ou moins corroborés par d'autres statistiques (voir les []). Mais reflètent-ils des déclarations de filiation familiale, une pratique spirituelle personnelle ou une réel engagement religieux ?

 

Quoiqu'il en soit, de l'ordre de 55% de la population humaine mondiale se revendiquerait du Dieu d'Abraham, du Dieu de la Genèse, du Dieu de la Bible hébraïque.

 

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L'écolo-gauchisme (dont, en France, l'idiote Sandrine Rousseau est la parfaite égérie dégénérée), c'est avant tout un gauchisme extrême qui prend l'écologie comme prétexte pour combattre ce qu'il appelle le "capitalisme" : une notion repoussoir, aussi vide que creuse, où l'on mélange tout : libéralisme, antiétatisme, antitotalitarisme, anticommunisme, antimarxisme, financiarisme, mercantilisme, antisocialisme, antiégalitarisme, élitisme, aristocratisme, droitisme, conservatisme, bourgeoisisme, réactionnarisme, … bref : tout ce qui ne relève pas du gauchisme.

Mais qu'est-ce que le "gauchisme" ? La conjonction de deux aberrations idéologiques (toutes deux complètement étrangères à l'écologie) : l'égalitarisme (tous les individus sont égaux en tout, qu'ils le soient ou pas, qu'ils le veuillent ou pas) et le collectivisme (tous les individus sont esclaves de la collectivité, de la société, de l'Etat : le collectif prime absolument sur l'individuel qui doit être annulé, anéanti, éradiqué).

 

L'écologie est la science et les techniques subséquentes qui portent sur les rapports entre le monde humain et les ressources naturelles dont il a indispensablement besoin pour vivre.

 

Une authentique attitude écologique et écologiste devrait reposer sur cinq points de base (tous impopulaires et responsabilisants, ce que les écolo-gauchistes détestent ) :

 

  • Une drastique limitation des naissances jusqu'à redescendre au-dessous de la barre fatidique des deux milliards d'humains sur Terre.
  • Une taxation forte de la consommation de tout (doubler la TVA, par exemple, mais limiter fortement les impôts sur les revenus et les bénéfices).
  • Une taxation forte sur l'achat et l'usage de tous les véhicules, et sur tous les déplacements de biens et de personnes.
  • Le doublement, voire le triplement, des prix de l'énergie (mais favoriser toutes les télé-activités).
  • Une réglementation drastique sur les procédés de fabrication industrielle, notamment sur tout ce qui touche à la chimie, à l'agro-alimentaire, aux emballages, aux gaspillages, aux déchets, aux effluents, etc.

 

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De Christophe Seltzer :

 

"La gauche radicale ou écologiste pèche par idéalisme (…), se perd dans une logique paternaliste et ne croit qu'à l'État pour dicter les comportements. Elle oppose les pauvres contre les riches, la vertu des fonctionnaires contre le vice des entrepreneurs, l'intérêt général contre les intérêts particuliers."

 

Et c'est encore peu dire …

 

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Les Francs-maçons opératifs du moyen-âge, dont les Francs-maçons spéculatifs actuels sont les héritiers directs, étaient des constructeurs d'édifices sacrés (et ne s'occupaient pas des bâtiments profanes).

 

Cette idée de construire un édifice sacré (non-profane) est centrale et cruciale !

Elle reste totalement valable pour la Franc-maçonnerie spéculative régulière qui, avec des idées plus qu'avec des pierres, a pour seule mission et seule vocation de construire un édifice sacré : celui de la spiritualité éternelle au-delà (et non contre) toutes les religions.

 

Une spiritualité qui est le Chantier d'un Temple ; un Chantier éclairé par la Lumière du Grand Architecte de l'Univers ; un Temple intérieur construit à l'instar du Temple de Jérusalem, érigé par Hiram à la demande de Salomon et décrit dans la Bible ; un Temple qui soit architecturé comme la Tente épiphanique de la Rencontre, exigée à Moïse par la voix du mont Sinaï ; une Tente épiphanique qui consacre la libération de tous les esclavages et de toutes les idolâtries.

 

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Le 18ème siècle (l'Aufklärung allemande, l'Enlightenment britannique, les Lumières françaises et la Hashkalah juive) a voulu penser l'humanité en termes profanes, sans plus aucune référence spirituelle ou sacrée, penser l'humain comme une réalité en soi plongé dans un monde qui lui serait étranger.

Totale désacralisation et déspiritualisation de l'existence humaine.

La foi en un ordre qui engloberait l'humain et lui donnerait sens et valeur, devient totalement superfétatoire.

Suite logique, mais caricaturale, de l'humanisme de la Renaissance, et source logique, mais terrible, du positivisme du 19ème siècle (malgré la résistance du Romantisme allemand) et du nihilisme du 20ème siècle.

 

Mais aujourd'hui, il devient évident que cette profanisation du monde et de l'existence, cette désacralisation de la Vie et cette déspiritualisation de l'Esprit, ont mené aux philosophies de l'absurde, à l'absence de sens et de valeurs, dont les malaises et les peurs actuelles sont le reflets.

Mais, à l'inverse, pour beaucoup, un retour à la foi du charbonnier d'antan, un retour à l'orthodoxisme religieux, un retour au rigorisme atavique sont radicalement exclus.

Une nouvelle spiritualité doit dès lors émerger qui tienne compte des immenses révolutions scientifiques du 20ème siècle, et qui dépasse le dualisme ontique des monothéismes classiques.

 

Il faut dépasser ces dualismes de deux mondes séparés, l'un divin l'autre humain, l'un surnaturel l'autre naturel, l'un de béatitudes l'autre de souffrances.

Il faut sortir des vieux mythes de la vie après la mort, de l'immortalité de l'âme, du salut des humains, des sotériologies et eschatologies superstitieuses (qui, d'ailleurs, ne sont mentionnées nulle part dans la Torah).

Les religions du Salut comme les christianismes ou les islamismes n'ont aucune racine juive. Elles relèvent d'idolâtries exogènes.

 

Les problèmes d'une vie personnelle éternelle et d'une âme personnelle immortelle, sont des faux problèmes. La mort n'est pas le contraire de la vie ; la mort n'est que l'opposé de la naissance (et tout ce qui naît, meurt).

En revanche, la Vie cosmique est éternelle et l'Âme cosmique est immortelle. Il faut donc, par la spiritualité, se fondre dans cette Vie cosmique éternelle et dans cette Âme cosmique immortelle pour atteindre l'intemporalité, et dépasser la mort personnelle.

De plus, une vie personnelle éternelle serait la pire des punitions : plus rien n'aurait de valeur sans la finitude de la durée de l'existence.

 

Une boutade : "La spiritualité, c'est l'art de poser des question. La religion, c'est l'art d'imposer des réponses".

La spiritualité est une pratique de la quête. La religion est une pratique de la norme.

La religion est l'absorption de l'Esprit en soi. La spiritualité est le dépassement de soi dans l'Esprit.

La religion relie horizontalement au sein d'une communauté. La spiritualité relie verticalement dans la solitude.

La spiritualité est la forme dicible de l'indicible mystique.

La Kabbale est une spiritualité, mais pas une religion.

 

L'intemporel n'a rien de surnaturel. Dans le Réel, l'intemporel fonde la logicité du temporel : il en est le "moteur immobile" (Aristote).

Pratiquer la dialectique le dit et l'indicible, entre l'écrit et l'indescriptible, entre le symbole et l'idée.

Pour s'envoler vers l'intemporel, il s'agit d'abord de sortir de la temporalité et de se libérer de tous les esclavages et de toutes les idolâtries (c'est l'essence même de la tradition judaïque)

La Kabbale est une méthode (notamment en remontant l'Arbre de Vie) pour atteindre cet intemporalité au départ d'une herméneutique de certains textes bibliques.

 

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Les dix points-clés de la Kabbale :

 

  1. La Kabbale est un monisme (contre les dualismes monothéistes).
  2. La Kabbale est un émanationnisme (contre le créationnisme).
  3. La Kabbale est un panenthéisme (Tout est dans le Divin - Spinoza).
  4. La Kabbale est un constructivisme (Dieu est en voie d'accomplissement).
  5. La Kabbale est un naturalisme (contre tout le surnaturel).
  6. La Kabbale est un cosmosophisme (l'humain : une vague à la surface de l'océan).
  7. La Kabbale est un symbolisme (tout est symbole, même dans la Bible).
  8. La Kabbale est un herméneutisme (tout doit être interprété).
  9. La Kabbale est un réalisme (seul le Réel existe).
  10. La Kabbale est un spiritualisme (La Matière et la Vie émanent de l'Esprit).

 

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Le 06/09/2022

 

Un agresseur a toujours tort.

Un revanchard, aussi.

Poutine est les deux !

 

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Les rapports sont très tendus, voire hostiles, entre les institutions de "pouvoir" et les centres de "savoir". C'est un combat vieux comme le monde entre le politique et le noétique.

En France, depuis longtemps, les institutions politiques ont phagocyté les centres noétiques : l'Etat gouverne les systèmes éducatifs, les nominations professorales, les universités et hautes écoles, les centres de recherche - au nom du droit égalitaire à l'instruction -, ainsi que les hôpitaux, les réseaux médicaux, pharmaceutiques et vétérinaires - au nom du droit égalitaire à la santé.

Il me paraît évident que l'urgence du nouveau paradigme doit être la désétatisation du noétique, en général, et de toutes les instances de connaissance, de technique et de pratique en matière d'enseignement, de recherche, de santé, d'économie, de technologie, etc ....

 

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Le Réel, en tant que Tout-Un se déploie selon trois modalités :

 

  • la modalité entropique qui vise la vacuité, l'uniformité, l'égalité,
  • la modalité mécanique qui vise la répétitivité, la régularité, la déterminité,
  • la modalité organique qui vise l'encapsulation, l'émergence, l'inventivité.

 

Trois logicité différentes et complémentaires, chacune pouvant être minimale ou maximale, s'affrontent pour engendrer tout ce qui existe.

 

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Image cruciale que les botanistes connaissent parfaitement : un arbre est un réseau fractal de bourgeons autonomes, aériens et souterrains, interdépendants, plongés tous dans un champ de sève commune.

Cette image peut être projetée sur bien d'autres plans du Réel : les galaxies autonomes et interdépendantes plongées dans le champ de la vacuité prématérielle, les édifices moléculaires autonomes et interdépendants plongés dans le champ des énergies quantiques, les humains autonomes et interdépendants plongés dans le champ de l'éconologie ambiante, etc …

 

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L'atomisme qui est encore le fondement d'une bonne part des sciences physiques, est né, dans la cité littorale d'Abdère, de la volonté de sortir de l'aporie parménidienne : soit l'Être est le Réel, et il doit être invariable, soit le Réel est évolutif, et il n'est pas l'Être (puisque l'Être est ce qu'il est et le reste indéfiniment).

Les atomistes abdéritains (Leucippe et Démocrite) ont trouvé une astuce : chaque atome est un être parfaitement invariable, mais tous ces êtres idéalement parfait sont jeté dans un vide immense où le hasard les fait se rencontrer, se heurter et s'associer.

 

On comprend que cette recherche éperdue d'un Être invariable, relève de l'idéalisme et de l'idéalisation (tout comme les nombres arithmétique et la figures géométriques en mathématiques) : trouver enfin l'invariable sous le variable, trouver le fondement essentiel sous les accidents de l'évolutions, trouver les briques élémentaires insécables dont tout le reste n'est que composition.

 

Cette prétention qui a bien fait rire tant Héraclite que Schelling, nous fait à nouveau bien rire aujourd'hui : il n'existe pas de briques élémentaires, il n'existe aucun "être invariable" ni analytiquement, ni holistiquement.

Le Réel est un vaste océan où rien n'est séparé de rien, où tout coule et évolue selon la même pente (que j'appelle l'Intention d'Accomplissement et qui généralise le second principe de la thermodynamique en définissant la "flèche du temps") ; tout ce qui existe est émergence superficielle (formelle mais non essentielle) comme autant de vagues à la surface de l'océan. Rien n'existe par quelque "existence en soi" que ce soit.

 

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Schelling met, tout à la base de son "système", une bipolarité essentielle : ce qui pousse et ce qui résiste, ce qui fait avancer et ce qui fait s'arrêter. Bref : un pôle positif (qui rassemble et construit) et un pôle négatif (qui disperse et nivèle).

Cette intuition est très proche de la triple bipolarité qui fonde la cosmologie émergente d'aujourd'hui.

Cette bipolarité d'aujourd'hui peut être exprimée par l'idée de diffusion et l'idée de condensation (concentration), s'exprimant chacune selon trois modalités :

 

  • modalité topologique spatiale : expansion et accrétion (encapsulation),
  • modalité dynamique temporelle : dissipation et construction (production),
  • modalité eidétique logicielle : uniformité et complexité (émergence)

 

Fidèle à sa vision bipolaire, Schelling a eu, à la fin du 18ème siècle, l'incroyable intuition de la double nature de la lumière, à la fois ondulatoire (diffusive selon Euler) et corpusculaire (concentrative selon Newton).

Mais la question de fond demeure irrésolue : comment une onde, coextensive à tout un espace, et un corpuscule, encapsulé sur lui-même, peuvent-ils constituer un seul et unique même phénomène, alors qu'ils sont topologiquement (géométriquement) et dynamiquement (temporellement) incompatibles ?

Cette incompatibilité suggère l'irréalisme du formalisme quantique qui devra être dépassé.

 

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L'hypothèse de l'existence d'un "éther" matériel remplissant tout l'univers et substrat des ondes lumineuses, a été totalement ruinée par les expériences de Michelson et Morley entre 1881 et 1887 ; expériences qui ont également prouvé la constance de la célérité de la lumière dans n'importe quel référentiel matériel.

En revanche, si l'on pose - comme je le fais - que ce que nous appelons "matière" est, en fait, une émergence d'une substance universelle prématérielle (assimilable peut-être à ce que certaines hypothèses théoriques appellent "l'énergie noire" ou "l'activité bosonique pure"), alors cet "éther prématériel" peut très bien faire l'affaire comme substrat porteur des ondes électromagnétiques, mais aussi de toutes les ondes quantiques.

Dès lors, la dualité onde-corpuscule s'évanouit puisque "l'onde" est la manifestation prématérielle (bosonique, éthérique, …) de tout ce qui existe, alors que "le corpuscule" en est la manifestation matérielle.

 

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Dans la réalité du Réel, rien ne tombe jamais juste, rien n'est parfaitement arithmétique ou géométrique.

Cette justesse-là - comme le "justice" - est un idéal, un idéalisme, une idéalisation, une idéologisation typiquement humains.

Le meilleur exemple en est le calendrier. Les humains adoreraient que la durée du mois lunaire soit un nombre entier de jours, exact diviseur de 365. Et ils adoreraient, de plus que l'année solaire soit exactement de 365 jours.

Malheureusement pour eux, le mois lunaire est (du moins, actuellement) de 29,53 jours et l'année solaire de 365,2421 jours.

D'où les mois embolismiques des calendriers lunaires, et les années bissextiles pour les calendriers solaires (sans oublier que tous les 67 ans, une année bissextile ne doit pas l'être ; pour faire cette correction, on retire une année bissextile tous les 100 ans, mais on en rajoute une tous les 400 ans).

 

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Le judaïsme est une religion, ou, plus exactement, un ensemble de traditions religieuses, spirituelles et mystiques.

Mais la judéité, c'est autre chose. C'est une culture profonde et une histoire longue dont le judaïsme fait partie, mais qui ne se réduit pas à lui.

On parle du peuple juif ; cela n'existe pas.

On parle de la nation juive ; cela n'existe pas.

On parle de la race juive ; cela existe encore moins.

La judéité est un fait culturel où la génétique ou la politique n'ont rien à faire.

Qui est juif ? demande la loi du retour (inventée par Franco pendant la seconde guerre mondiale - en se souvenant de ses origines marranes - et reprise par l'Etat d'Israël en 1948).

La tradition religieuse répond : tout qui est né de mère juive ou qui s'est converti en bonne et due forme (et l'on peut, bien sûr, épiloguer durant des siècles sur les critères de cette "bonne et due forme").

Je réponds, quant à moi : peut être juif tout qui serait prêt à assumer pleinement et à revendiquer clairement la culture et l'histoire juives, dans leur intégralité, et indépendamment de toute pratique religieuse : il s'agit d'un aristocratisme sacerdotal au service de l'Alliance entre l'humain et le divin (symbolisé par le Tétragramme biblique, mais sans que celui-ci doive nécessairement pointer vers le Dieu personnel d'un quelconque monothéisme, que le judaïsme n'était originellement pas).

 

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Le Tout est dans l'Un.

Mais l'Un est plus que le Tout … puisqu'il est ce Tout, mais unifié par une logicité.

C'est cela le panenthéisme : le Tout dans l'Un, en cohérence.

 

Des repères ? Le kabbalisme, le védantisme, le taoïsme, l'aristotélisme, le stoïcisme,  …

Des noms ? Plotin d'Alexandrie, Eckart de Hochheim, Giordano Bruno, Baroukh Spinoza, Karl Krause (l'inventeur du mot), Alfred North Whitehead et quelques autres …

 

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Le peuple est un concept récent qui désigne l'ensemble des citoyen placés sous l'autorité d'un même Etat (par exemple : le peuple français).

La populace, c'est la basse classe, la classe populaire en tout lieu et à toute époque.

La peuplade, d'après le TLF, désigne un "Groupe humain de faible ou moyenne importance dans une société primitivement organisée".

La population, c'est l'ensemble quantitatif des habitants d'un lieu ou d'une contrée.

 

Il est amusant que l'étymologie latine de tous ces termes pointe vers le mot populus qui dérive du verbe populare qui signifie : "ravager, dévaster".

Tout est dit : les peuples humains sont dévastateurs !

 

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Toute communauté humaine repose sur trois fonctions vitales : l'économique qui alimente (le matériel), le politique qui légifère (le logiciel) et le noétique qui enseigne (le spirituel).

Chacune de ces fonctions requiert, pour bien fonctionner, une autonomie réelle (dans une vraie et loyale interdépendance) assortie de vrais talents, de vraies compétences, de vraies autorités et d'une vraie éthique.

Qu'un seul de ces trois piliers accuse une faiblesse persistante ou soit vassalisé par un des deux autres (ou par les deux), et tout le système est bancal (c'est le cas de toutes les démocraties actuelles où le pilier noétique est phagocyté).

Que deux des trois piliers soient totalement inféodés au troisième (souvent le politique, mais parfois l'économique), et une forme de totalitarisme s'installe.

 

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La seule définition correcte de la "gauche" dit qu'est de "droite" tout ce qui n'est pas de "gauche" ; ça simplifie et la vie et la pensée.

La "gauche" se définit par tout ce qui n'est pas elle, sans jamais dire ce qu'elle est : elle est "contre", tant individuellement que collectivement.

Et l'extrême gauche se définit contre la "gauche" qui est contre tout le reste.

Être de "gauche", c'est être opposant, insoumis, révolté, indigné … Les adjectifs d'abjection et de rejet ne manquent pas.

 

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Disons-le franchement et simplement : la "gauche" n'a jamais été un bloc uni et cohérent, mais un ensemble de factions rivales et grandguignolesques et la "droite" n'existe que dans l'imaginaire de "gauche".

Être de "gauche", c'est prendre une posture, un peu théâtrale, bien-méprisante et bien-pensante, face aux "autres" sans bien savoir qui sont ces "autres".

 

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On trouve, à "gauche", tout un chapelet de litanies : égalitarisme, socialisme républicanisme, démocratisme, progressisme, … qui, dès qu'on tente de les définir et cerner, explosent en en mille factions toutes ennemies les unes des autres.

Et n'allez surtout pas croire que l'on puisse définir la "non-gauche" par le rejet de ces concepts ; ce serait trop simple.

Disons-le franchement, au niveau conceptuel, la "gauche", comme la "droite", cela n'existe tout simplement pas.

 

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Ce qui caractérise l'esprit de "gauche", c'est ce besoin primaire de tout dualiser, d'opposer deux blocs aussi antagoniques qu'imaginaires.

Voilà bien le fondement de l'esprit de "gauche" : les dualités imaginaires.

La réalité humaine n'est jamais duale ; elle est statistique, truffée de gaussiennes et de courbes en cloche, avec une masse moyenne qui s'atténue et se marginalise vers les deux extrêmes. Cela est vrai pour tout : pour les revenus, pour les patrimoines, pour les engagements sociétaux, pour les initiatives entrepreneuriales, pour le niveau de moralité, pour le respect des lois, pour les nostalgies du passé et pour les aspirations au futur …

Mais rien n'y fait : l'esprit de "gauche" dualise tout : les riches et les pauvres, les dominants et les victimes, les capitalistes et les exploités, les progressistes et les réactionnaires, …

Et bien sûr, sur une gaussienne quelconque, on trouvera toujours, quelque part dans les ailes de la courbe en cloche, la caricature absolue de "l'ennemi" abject qu'il faut exterminer (sinon par les armes, au moins par les mots).

 

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La "gauche" n'existe qu'en opposition avec ce qu'elle désigne elle-même comme "l'ennemi".

C'est dans la logique des blocs et de toutes les dualisations.

D'où vient donc cette incapacité à se définir par soi-même et pour soi-même, et ce besoin terrible de désigner un "bouc émissaire".

 

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Le 07/09/2022

 

L'absurde mondialisation forcée de l'impérialisme américain et les magistrales et sanglantes bévues que cela a occasionné (Corée, Vietnam, Iran, Afghanistan, Irak, ...) n'excusent en rien le tout aussi absurde et sanglant impérialisme russe de Poutine.

 

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D'Anne de Tanguy (spécialiste de l'histoire de l'URSS) :

 

"La Russie s'est montrée incapable de créer une puissance en mesure de rivaliser avec celles des États-Unis et de la Chine. Poutine a fait la même erreur que les dirigeants soviétiques en redonnant la priorité à l'outil militaire. Il ne s'est que très peu soucié de diversifier l'économie, de développer les infrastructures, d'investir dans l'innovation. Les dépenses de recherche et développement de la Russie par rapport au PIB sont plus de deux fois inférieures à celles des États-Unis, de la Chine ou de la France. Il s'accommode d'une économie de rente basée sur les énergies fossiles. Il y a, bien sûr, une raison politique : les élites puisent leurs richesses et leur pouvoir dans cette économie. La Russie est un État autoritaire, corrompu et mafieux. Les réformes mettraient en péril les privilèges de Poutine et de ses proches. De plus, ce qui est arrivé à l'URSS gorbatchévienne n'encourage guère le Kremlin à s'engager sur la voie des réformes. Du fait de la guerre et des sanctions, le fossé technologique avec l'Occident va continuer à se creuser. S'y ajoutent de fortes tensions démographiques, le recul de la part des jeunes dans la population, la fuite à l'étranger des élites éduquées, ainsi que de graves problèmes environnementaux. Poutine a conduit son pays dans une impasse."

 

Il faut espérer que l'effondrement final et définitif de la Russie néo-tsariste ne soit plus qu'une question de quelques mois … !

 

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La raréfaction de toutes les ressources et la croissance démographique humaine délirante ont deux conséquences définitives et immédiates : les prix augmenteront exponentiellement pour tout et pour tous (inflation), et la consommation et les pouvoirs d'achat d'effondreront pour tous (récession).

Les banques centrales n'y pourront rien. La seule issue : moins d'humains sur terre et moins de consommation par humain.

Tout le reste est bavardages nostalgiques des temps révolus de l'abondance innocente.

 

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Elle a bon dos, la sélection naturelle. Comme le dit le mot, elle sélectionne, mais elle n'invente rien. Et le hasard non plus n'invente rien puisque ses propres probabilités sont infimes, quasi nulles d'être génial comme l'est la Vie.

Le génie inventif de la Nature implique donc nécessairement une Intention ; une Intention intrinsèque, implicite, immanente, panenthéiste.

Pas besoin d'un Dieu personnel, extérieur et créateur. L'Intention suffit !

On ne trouve bien que si l'on cherche fort.

Si l'on ne cherche rien, on ne trouve rien (pourquoi trouverait-on quoique ce soit, d'ailleurs ?).

 

Quelle Intention ? Celle de chercher en tout, partout, toujours, l'optimalité, le plus possible ou le moins possible, dans les trois domaines du Réel :

 

  • Dans le domaine topologique (spatial, géométrique) : l'expansion/accumulation (le plus de volume possible) ou l'accrétion/encapsulation (le moins de volume possible pour une surface minimale ou maximale - fractalité).
  • Dans le domaine dynamique (temporel, processuel) : la construction/production/complexification (le plus d'activité possible - énergie) ou le repos/inertie/uniformisation/conservation (le moins d'activité possible).
  • Dans le domaine eidétique (formel, logiciel) : l'intrication/émergence/architectonique (le plus d'ordre/ordonnance/organisation possible - néguentropie) ou la régularité/conformité/égalité (le moins de désordre/sophistication possible - entropie).

 

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De Raymond Aron :

 

"L'unité de la gauche est moins le reflet

que le camouflage de la réalité française."

 

La "gauche" se définit comme la mouvance qui s'oppose à "l'ennemi du peuple". Mais si (et de façons extrêmement variables selon les époques et les modes) cet ennemi est défini comme "un", la façons de le combattre ou de s'y opposer sont toujours multiples et souvent incompatibles entre elles.

Donc cette "unité" affirmée de la "gauche" relève du pur fantasme,

La non-gauche est multiple et variée, une mosaïque, un puzzle, un ensemble hétéroclite qui n'existe que dans la cervelle des gauchistes ; mais la "gauche" n'est pas mieux du tout, quoiqu'elle en pense.

Être de "gauche" n'a rien de sacerdotal.

 

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"L'ennemi du peuple" a pris, au fil de l'histoire, bien des noms différents : la noblesse, la réaction, les contre-révolutionnaires, les catholiques, la bourgeoisie, les fascistes, les nationalistes, l'élite, les riches, les patrons, le capital, l'argent, les employeurs, l'entreprise, les libéraux, … Autant de clichés simplistes qui pointent vers des réalités extrêmement variées et disparates, qui n'ont d'unité, d'identité et de réalité que dans les yeux de ceux qui les désignent.

 

De plus, il est essentiel de se rappeler que la notion de "peuple" n'existe tout simplement pas, qu'elle est totalement artificielle. Au fond, dans la phraséologie de la "gauche", le "peuple" c'est ce qui s'oppose à "l'ennemi du peuple", c'est ce qui est opprimé par "l'ennemi du peuple".

Le "peuple" existe puisqu'il est opprimé par ceux qu'il désigne lui-même (ou, plutôt que ses idéologues ou démagogues désignent) comme "ennemi du peuple".

En français et en logique, cela s'appelle une tautologie (dont l'écologisme et le wokisme, derniers avatars en vogue du gauchisme, usent et abusent).

 

Mais la "gauche" n'est pas à un illogisme près. A un alogisme près, faudrait-il dire car la "gauche" n'a aucune rationalité réelle ; elle relève de la sentimentalité, du sentimentalisme, du "sentiment" d'inégalité, du "sentiment" d'injustice, du "sentiment" d'exclusion, du "sentiment" de perte de lien social, du "sentiment" de pauvreté (qui n'est pas la vraie misère factuelle).

Bref, pour reprendre le mot profond de Nietzsche : la jouissance du ressentiment, c'est-à-dire de l'esprit envieux de convoitise et de concupiscence, de jalousie et d'aigreur, de colère et de rancœur envers ceux censés être ou avoir ce que l'on n'est pas ou ce que l'on n'a pas.

La "gauche", c'est ce sentiment de ressentiment.

 

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Le ressentiment est alimenté, dit-on, par ce que l'on nomme le sentiment d'injustice ou d'inégalité (ces deux termes, à "gauche", sont devenus quasi synonymes).

Pourtant, ces deux notions ne sont pas du tout équivalentes.

 

Il y a injustice lorsque le jugement prononcé n'est pas conforme à l'esprit de la loi civile ou, quoique moins précisément, de la loi morale (il n'existe, nulle part, de droit, de morale ou de loi naturels - la Nature est amorale).

Il y a inégalité dès lors que l'on constate des différences et que l'on oublie que tout ce qui existe est unique et, donc, différent de tout le reste, même de ses semblables.

 

Donc, le ressentiment de la "gauche" est, en fait, alimenté par le sentiment que le loi civile ne convient pas (ce qui est totalement légitime sous des régimes autoritaires, dictatoriaux ou totalitaires dont la "gauche" a le secret depuis Robespierre) et que les différences constatées ne conviennent pas (ce qui appellent un gros travail sur soi, et n'est imputable à personne).

 

Ainsi, les "ennemis du peuple" sont, en fait, ceux qui respectent la loi et qui s'acceptent et s'assument tels qu'ils sont devenus.

 

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Le socialo-populisme (donc la grande convergence contemporaine de la "gauche" avec l'extrême-droite pour laquelle vote massivement le prolétariat ex-gauchisant) se reconnaît, dit-on, dans un anti-occidentalisme virulent.

Qu'est-ce que cet "anti-occidentalisme" veut bien dire ?

Le poutinisme, l'islamisme et le xijinpinguisme actuels professent également un anti-occidentalisme virulent.

Cette convergence n'est pas un hasard car le plus petit commun dénominateur de toutes ces idéologies se résume, en fait, à un anti-libéralisme obsessionnel, c'est-à-dire le rejet paroxystique du principe de l'autonomie, personnelle et collective, (et des responsabilités qui l'accompagne) comme principe de base de fonctionnement des sociétés humaines.

 

Pourquoi ce rejet ?

Parce qu'il est l'ennemi radical de tout étatisme ce qui induit deux réactions :

 

  • parce que le principe d'autonomie est ennemi de toute forme de totalitarisme, il provoque une allergie définitive de la part des aspirants tyranneaux démagogues, ici, et de la part des tyrans en place, ailleurs :
  • parce que le principe d'autonomie met chacun - y compris les aspirants à la paresse, à la fainéantise, à la rente, à l'assistanat, aux allocations - devant ses propres responsabilités de vie, devant la nécessité de mobiliser son courage, ses énergies et ses efforts, devant le constat de ses propres faiblesses, carences et déficiences.

 

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Le populisme (aussi appelé "fascisme") et le socialisme (aussi appelé "gauchisme"), c'est chou-vert et vert-chou : deux versions similaires (avec beaucoup de variantes, allant du totalitarisme dictatorial à l'étatisme démagogique) de l'anti-libéralisme c'est-à-dire de la haine du principe d'autonomie (personnelle et collective/associative).

 

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Si l'on regarde le niveau de prospérité moyenne des pays du monde au travers du PIB par habitant (chiffres FMI et BM), on trouve, dans l'ordre : les pays où l'on "spécule" (les paradis fiscaux), puis les pays où l'on "travaille" (Europe et Amérique du Nord), puis les pays où l'on "pompe" (pays musulmans et Russie, ou équivalents), puis les pays où l'on "vivote" (Amérique du Sud et Asie) et enfin les pays où l'on "glande" (Afrique noire).

 

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La, "gauche" a une sainte horreur de la régulation économique par les marchés, c'est-à-dire par la "main invisible" de la loi de l'offre et de la demande.

Elle lui préfère la régulation étatique, voire la planification (on se souvient des funestes et catastrophiques plans quinquennaux soviétiques et maoïstes).

 

La loi du marché est-elle parfaite ? Certes, non. L'offre peut être partiellement manipulée, sur les marchés de masse, par la spéculation, tant sur les ressources que sur les ententes de prix. Et, sur ces mêmes marchés de masse, la demande peut être aussi partiellement manipulée par les tromperies manipulatoires de la communication de masse, des publicités mensongères et du marketing de masse.

Mais ce n'est jamais - ou presque jamais - le cas sur les marchés de niches ou de proximité où il existe peu de spéculation et de tromperie (tout les acteurs connaissant bien les produits, les acheteurs et les vendeurs).

L'économie politique classique a toujours assis l'efficacité des marchés de masse sur trois hypothèses fausses : la parfaite information et la parfaite rationalité des acheteurs, et l'éthique des vendeurs ; mais sur les marchés de niches et de proximité, ces trois hypothèses prennent du poids.

 

Le problème n'est donc pas la "main invisible", mais l'économie de masse : la production de masse, la distribution de masse, la communication de masse, les médias de masse, etc … Or, cette économie de masse, parce que le prix de l'énergie et des ressources va exploser, est vouée à disparaître et à devenir une économie de niches et de proximité où les tromperies de masse ,ne pourront plus jouer.

De plus, si la loi et la justice qui l'applique, s'occupait moins de réglementer et plus de trancher des litiges pratiques entre plaignants, les institutions politiques n'auraient plus à s'occuper d'économie, mais d'éthique économique.

 

Ce n'est pas la "main invisible" qui fait problème, mais la "main prestidigitatrice" et ses tours de passe-passe, ni vu ni connu, pas vu pas pris.

 

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Il faut bien acter ceci : quels que puissent être les défauts et carences d'une économie de marché et de la "main invisible", ils sont infiniment moindres que l'incompétence, la lourdeur et l'idéologisme des bureaucraties fonctionnaires qui ne fonctionnent jamais !

L'économie réelle, c'est une infinité de bateaux voguant sur un océan tumultueux qu'il est impossible de piloter depuis un port quelconque : la complexité économique est irréductible au mécanicisme étatique et fonctionnaire.

 

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L'idéologie n'a jamais récolté une carotte, rôti un poulet, fabriqué un tournevis ou monté une machine.

 

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Ce que la "gauche" hait plus que tout, c'est que la réalité du Réel ne rentre jamais dans les canevas idéologiques de son idéalisme simpliste et capricieux.

Son moule idéologique est infiniment trop étroit pour y faire rentrer, sans une violence totalitaire toujours peu durable, les fantasmes de ses rêves puérils.

 

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Personne d'intelligent et de raisonnable ne veut d'un monde égalitariste.

Personne d'intelligent et de raisonnable ne veut d'un monde fonctionnarisé.

Personne d'intelligent et de raisonnable ne veut d'un monde totalitaire.

Personne d'intelligent et de raisonnable ne veut d'un monde étatiste.

Personne d'intelligent et de raisonnable ne veut d'un monde idéologisé.

Personne d'intelligent et de raisonnable ne veut d'un monde planifié.

Personne d'intelligent et de raisonnable ne veut d'un monde collectivisé.

 

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Il faut passer de la logique des "droits de l'homme" à celle des "mérites de la personne".

 

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Chacun doit être et rester propriétaire du fruit de son travail.

 

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Le 08/09/2022

 

On peut avoir des convictions à la condition de n'avoir jamais de certitude.

 

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La conscience est le "lieu du trouble", le siège de la confrontation des contradictions, le champ de l'incertitude, le processus de dissipation des tensions engendrées par le trouble, l'incertitude, les contradictions.

La certitude éteint la conscience.

 

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Osho affirme que :

 

"Tous les imbéciles se sentent en sécurité."

 

Parce qu'aucun doute ne les effleure.

Mais je préfère la proposition symétrique : le besoin de sécurité et de certitude est le fait des imbéciles.

 

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Pour qu'il puisse y avoir de la liberté, il doit y avoir de l'indétermination.

L'avenir n'est donc écrit nulle part. L'avenir est en construction dans une Alliance sacrée entre le divin et l'humain ou, plutôt, par une dialectique magnifique entre le Tout-Un et l'ensemble de ses ingrédients (y compris humains).

 

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Les certitudes sont une prison.

Les certitudes sont des antidotes à la peur de l'insécurité.

 

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Le seul antidote à l'incertitude et à l'insécurité, c'est la confiance.

La confiance libère.

Et la confiance se nourrit d'autonomie, personnelle et collective.

Il y a la confiance en soi-même (sans sombrer dans la fatuité).

Il y a la confiance dans la Vie.

Il y a la confiance dans le Réel.

 

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Qu'est-ce que le courage ? L'antidote à la peur.

Surmonter ses peurs. Passer autre ses incertitudes. Oser.

 

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L'aventure. Le défi de l'inconnu. Le goût du risque.

Autant de raisons de surmonter ses peurs et de prendre courage.

 

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Face à l'existence, pour la vivre vraiment, il faut prendre courage.

Certes. Mais où ? Où est le silo ? Où est le réservoir ?

En soi, bien sûr ! Mais où en soi ?

 

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La seule vraie peur n'est pas la peur de la mort ; celle-là se dompte assez bien.

La seule vraie peur serait la peur de la douleur (et non celle de la souffrance car toute souffrance n'est que construction mentale). Mais la douleur aussi se dompte avec toutes sortes d'analgésiques. Alors ?

 

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Celui qui se bat contre le courant de la vie, va se noyer.

Celui qui se laisse emporter par lui, va où il veut sans risque.

 

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La peur est un esclavage.

 

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Le contraire de la peur est le courage, toujours, mais la témérité, jamais.

Le courage, c'est connaître le danger et non pas l'ignorer ou le mépriser.

 

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Avoir du courage, étymologiquement, c'est "avoir du cœur" (comme on a du "cœur à l'ouvrage").

Or, le cœur est le siège, à la fois, de l'intelligence (dans la sagesse biblique) et de la confiance (dans la sagesse grecque - "avoir le cœur confiant").

Confiance de l'intelligence.

Intelligence de la confiance.

 

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Le courage n'est nécessaire que lorsque se présente une bifurcation, c'est-à-dire un choix à faire entre deux chemins aussi inconnus l'un que l'autre.

Face à cette bifurcation, trois possibilités s'ouvrent :

 

  • faire marche-arrière et retourner d'où l'on vient,
  • s'arrêter, s'asseoir et attendre (un signe ? un message ? un ordre ?),
  • choisir l'un des deux et renoncer à l'autre.

 

Mais, pour choisir intelligemment entre deux inconnu(e)s, il faut des règles de vie (qu'on appelle aussi, parfois, des valeurs éthiques). C'est en elles que se placent la confiance et le courage.

Ces règles ne sont ni des dogmes, ni des certitudes, ni des vérités ; ce sont des choix généraux faits au-delà et en-deçà des circonstances particulières.

Ce sont de libres préférences personnelles, en somme.

 

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Accepter et assumer ce que l'on est (devenu), tout simplement, sans hypocrisie ni mensonge, sans vanité ni orgueil, sans crainte ni reproche à qui que ce soit.

Vivre soi-même sa propre vie. Authenticité !

Ce que les autres peuvent en penser, n'a aucune espèce d'importance : suivre tranquillement son chemin, seul ou en compagnie, en harmonie avec le flux de la Vie, de l'Esprit et, donc, du Réel.

 

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Chacun n'est responsable que de lui-même, de ses pensées, de ses paroles et de ses actes … et de leurs conséquences maîtrisables.

 

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Vivre, c'est beaucoup plus que seulement exister !

 

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Il existe une logicité universelle. Il faut en suivre les préceptes (qui ne sont pas des règles fixes puisque le Réel est vivant et se construit à chaque instant).

Ces préceptes du moment, il faut donc apprendre à les capter, à les connaître, à les comprendre. Il faut donc aussi apprendre à vivre en reliance et en résonance avec le Réel, et à écouter ses messages, à interpréter ses signes.

La vérité n'est écrite nulle part, mais elle se fait entendre partout.

La vraie connaissance scientifique aide à la décrypter.

Les traditions spirituelles authentiques, aussi.

 

*

 

Le Décalogue que la Voix donna à Moïse sur le mont du désert de Sin, dit bien plus que ses propres mots. Que dit-il ?

 

Cinq préceptes spirituels :

 

  1. Combattre tous les esclavages.
  2. Combattre toutes les idolâtries,
  3. Combattre tous les sortilèges.
  4. Respecter sa propre identité.
  5. Sacraliser le temps.

 

Et cinq préceptes moraux :

 

  1. Ne pas assassiner (respecter la vie).
  2. Ne pas tromper (respecter la confiance).
  3. Ne pas mentir (respecter la vérité).
  4. Ne pas voler (respecter le travail).
  5. Ne pas convoiter (s'assumer soi-même).

 

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Il faut cesser d'opposer, en frères ennemis, la rationalité et l'intuitivité, la sensibilité et l'imaginativité.

Ces quatre facultés de la pensée ne sont pas adversaires ; elles sont complémentaires.

Dans la conscience, l'esprit associe cette pensée quadruple à la mémoire et à la volonté.

Ainsi s'harmonisent les six pôles du mental qui manifeste l'Esprit en chacun.

 

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Osho précise ceci :

 

"La vérité est une expérience,

ce n'est pas une croyance."

 

L'idée est intéressante.

La vérité ne se connaît jamais, mais elle peut se vivre à chaque instant.

Car qu'est-ce que la vérité ,

Le Réel dans la réalité.

La Matière dans le minéral.

La Vie dans le vital.

L'Esprit dans le mental.

 

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La carte n'est pas le territoire.

Mais le paysage permet la carte.

Et la carte représente le paysage.

 

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La science n'élimine nullement le Mystère du Réel.

Bien au contraire : elle le révèle, le souligne, l'encadre, le met en valeur …

 

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Il est faux de réduire la science aux seules sciences analytiques étudiant des faits et des détails de plus en plus ténus.

Cette attitude est encore enlisée dans le positivisme du 19ème siècle.

La science est aussi holistique : elle s'appelle alors "cosmologie", c'est-à-dire l'étude de l'ordre et de la cohérence de l'univers, c'est-à-dire, encore, l'étude de la logicité intrinsèque qui préside à l'évolution de tout ce qui existe dans le Réel, y compris le Réel-Un lui-même.

Toutes les sciences analytiques ne sont que des dérivées particulières de la cosmologie, science intégrale.

 

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La notion de "reliance" est capitale.

Vivre vraiment, c'est se relier au Réel et, ainsi, c'est vivre le Réel et non plus se vivre dans le Réel.

L'art de la reliance est indispensable, vital même, pour vivre vraiment.

Mais comment approcher te cultiver l'art de la reliance ?

 

Le mot "méditation" est probablement le moins mauvais, à la condition que l'on l'extraie de ce qu'en on fait les "vogues orientales" plus ou moins indianisantes.

Faire zazen pendant deux heures convient sans doute parfaitement à un méditant nippon ; comme pratiquer les postures tantriques ou yoguiques colle bien aux rives du Gange. Mais nous ne sommes pas ici ni au Japon, ni en Inde, et nous ne participons pas (et ne participerons jamais) de et à ces cultures-là (que tous les exaltés de l'exotisme spirituel se rappellent de cette parole de mon maître : "Ce n'est pas parce qu'on peint un poireau en rouge que ça devient une tomate").

 

Il nous faut donc découvrir ou redécouvrir d'autres voies réellement occidentales. Il faut aller revisiter les authentiques mystiques européens : les kabbalistes, les alchimistes, les johannistes, les béguines, les rhénans, les francs-maçons (réguliers), les moines (surtout orthodoxes grecs), etc … mais aussi les grands physiciens comme Einstein, Heisenberg, Whitehead, … ou les grands philosophes comme Spinoza, Leibniz, Hegel, Nietzsche, Bergson, Teilhard de Chardin, …

 

Méditer, en somme, c'est laisser parler son intuitivité, et l'écouter, et l'entendre.

L'intuition n'est autre que la reliance globale, intégrale et holistique avec le Tout du Réel-Un. C'est entrer en résonance avec lui.

 

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Méditer, c'est aussi faire taire l'ego et sa perpétuelle insistance à vouloir faire croire qu'il est le centre de soi, alors qu'il n'est qu'un épiphénomène qui peut être utile seulement lorsqu'il est serviteur.

 

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L'Ecclésiaste dit :

 

"Rien de nouveau sous le soleil."

 

Osho contredit :

 

"Il n'y a rien de vieux sous le soleil."

 

Reformulons : les fondements du Réel sont intemporels alors que les manifestations du Réel sont perpétuellement neuves.

Le Réel est un processus continuellement changeant, dont l'Intention et la Logicité intrinsèques, sont intemporelles.

 

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La spiritualité consiste à se construire une foi, c'est-à-dire une confiance et une fidélité.

La religion, quant à elle, consiste à digérer des certitudes et des croyances qui doivent rassurer ceux qui ont peur.

De par le monde, il y a beaucoup d'esprits religieux, mais très peu d'authentiques spirituels.

 

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La croyance religieuse est horizontale ; elle relie tous ceux qui cherchent les mêmes rassurances.

La foi spirituelle est verticale et personnelle ; elle relie le fondement et l'intention, l'intérieur et l'extérieur.

 

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Pourquoi toujours assimiler "intellectuel" et "rationaliste" ? Vieux réductionnisme positiviste du 19ème siècle, complètement dépassé aujourd'hui.

Un rationaliste n'est pas un intellectuel, il est un infirme de l'intelligence.

Un rationaliste est quelqu'un qui restreint sa rationalité à la seule raison empirico-déductive, et qui prétend que celle-ci est le seul outil valide pour atteindre une vérité (j'ai cinq sens, mais seul le toucher est véridique).

Un intellectuel est un penseur qui utilise et harmonise toutes les facultés de son esprit (mémoire et volonté, intuition et sensitivité, intelligence et imagination) pour provoquer, d'abord, de l'étonnement et du questionnement, et pour produire, ensuite, des représentations et des modèles.

 

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Personne ne naît "innocent" c'est-à-dire vierge de tout.

Chacun, au contraire, naît avec, en lui, toute l'histoire passée du Réel.

Le temps s'accumule ; il ne passe pas.

Le présent n'est que la dernière couche, superficielle et périphérique, de tout le passé accumulé sous lui.

 

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Qu'emporte-t-on avec soi dans la mort ? Rien ! Puisque dans la mort, même le soi n'existe plus (il ne peut donc rien emporter avec lui). L'âme personnelle meurt en même temps que le corps personnel. Mais ce qui demeure de soi, éternellement, sont deux choses distinctes :

 

  • la mémoire de sa vie qui reste engrammée dans la mémoire du Réel sous le présent, et à jamais (mémoire éternelle) ;
  • les conséquences infinies des toutes les pensées, paroles et actions que l'on a produites durant son existence (vie éternelle).

 

Tout cela n'a plus rien de personnel, puisque tout est devenu anonyme.

Le processus d'accomplissement du Réel, donc de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, continuera éternellement, emportant et développant avec lui toutes les contributions que chacun lui a offertes durant son existence.

 

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La grande question à se poser tous les matins à son lever : que vas-tu apporter au monde aujourd'hui ? Comment vas-tu contribuer à son accomplissement ?

 

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Chacun construit sa propre vie éternelle chaque jour, par chacune de ses pensées, de ses paroles et de ses actions, c'est-à-dire en initiant, personnellement, dans le Réel, des processus impersonnels qui s'y développeront à l'infini.

Il n'existe ni Paradis ni Enfer, ni jugement, ni punition ni récompense ; il existe, ou pas, une perpétuation impersonnelle de ce que chacun a personnellement enclenché et que le Réel utilisera au mieux de ses accomplissements futurs

 

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L'attrait de l'inconnu n'implique nullement le rejet du connu, puisque l'inconnu n'apparaît jamais que face au connu. Sinon, comment le reconnaître ?

 

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Le 09/09/2022

 

Hier, la reine Elisabeth II d'Angleterre est décédée à 96 ans et son fils de 73 ans devient le roi Charles III. C'est le prototype du non-événement, la monarchie britannique (comme la belge et les autres) étant purement symbolique, dénuée de tout pouvoir et coûtant un fric fou aux contribuables.

A malgré tout, la presse - même très républicaine, voire gauchiste - nous en fait un marronnier monstrueux … avec des taux d'audience explosifs.

Pourquoi cette nostalgie du concept monarchique et de ses châteaux, cérémonies et spectacles grandguignolesques ?

Pourquoi l'anniversaire du décès de cette idiote déséquilibrée nommée Lady Diana, il y a quelques jours encore, a-t-il fait la une de tant de journaux et magazines alors que tout le monde sait qu'elle était moche et bête à mourir ?

 

Derrière toute popularité, il y a un populisme qui se cache !

 

Le démocratisme et le républicanisme sont des idéologies d'intellectuels ; la populace n'en veut pas. La seule chose qu'elle veuille, c'est "du pain et des jeux", c'est-à-dire des assistanats (ça, c'est la tactique des socialo-populismes) et des spectacles protocolaires (ça, c'est la tactique des régimes monarchiques et dictatoriaux) … ou un peu des deux (ça, c'est la tactique des social-démocraties avec des dosages très différents selon que l'on est Allemand, Français ou Américains).

 

Ce qui fera vraiment événement, en revanche, à propos du système britannique, dans les mois qui viennent, c'est le démantèlement radical du Commonwealth et la sécession de l'Ecosse et de l'Irlande du Nord hors de la Grande-Bretagne, pour rejoindre l'Union Européenne.

 

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Chacun peut se construire sa propre immortalité au travers des conséquences impersonnelles de ses œuvres personnelles.

 

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Tout ce qui existe est en permanence tenaillé par des tensions entre deux pôles naturels et légitimes :

 

  • celui de la stationnarité : repos, préservation, inertie, statu quo, conservatisme, sécurité, protectionnisme, méfiance, fermeture, prudence, etc …
  • celui de la constructivité : activation, développement, énergie, changement, progressisme, aventure, expansionnisme, confiance, ouverture, audace, etc …

 

On parle aussi de l'opposition entre la tradition et l'innovation.

Et comme toujours avec ces bipolarités irréductibles et naturelles, il est idiot d'encenser l'un des pôles (le "bon") et de conspuer l'autre (le "mauvais").

Tout dépend du projet de vie que l'on construit. Le problème ne se pose pas dans les mêmes termes si l'on veut valoriser un patrimoine considéré comme précieux, ou si l'on veut mettre au point une invention considérée comme révolutionnaire.

 

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Être ouvert à toutes les opportunités n'est pas être béant à toutes les sottises.

 

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Suivre la mode est la grande aventure des conformistes.

 

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Le grand secret d'une vie riche, d'une vie qui s'enrichit en s'accomplissant, est dans le rapport que chacun tisse avec l'idée d'opportunité, dans le cadre critique de ses propres potentialités.

Cette dialectique entre opportunité et potentialité est cruciale.

 

D'un côté, il n'y a jamais d'opportunité pour quelqu'un qui vit les yeux et l'esprit fermés ; il faut donc apprendre à vivre en éveil, en vigilance, en confiance curieuse et gourmande avec le Réel.

De l'autre côté, toute opportunité reste stérile pour quelqu'un qui n'a aucun talent, aucune compétence, aucun savoir-faire ; il faut donc apprendre à connaître et à développer ses potentialités intérieures

 

L'accomplissement de soi et de l'autour de soi passe nécessairement par le développement de ces deux puissances : l'éveil aux opportunités et la force de ses potentialités.

 

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Tout ce qui existe, évolue par accumulation : le neuf renouvelle, enrichit et revivifie l'ancien : le culte de la nouveauté pour la nouveauté est aussi ridicule et stérile que le culte de l'ancienneté pour l'ancienneté.

Tout édifice qui se construit, s'érige en appareillant un nouveau rang de pierres différentes et neuves par-dessus toutes les rangées de pierres déjà scellées, afin d'engendrer une forme globale toujours plus accomplie, toujours plus belle, toujours plus lumineuse.

 

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Les religieux croient que toute opportunité qui s'offre, est un cadeau de Dieu (une providence selon son caprice ou selon sa justice, comme l'on voudra), alors que l'athée invoquera le pur hasard.

Le spirituel rejette ces deux points de vue au nom, à la fois, du principe d'intention immanente (qui régit l'évolution du Réel) et du principe de raison suffisante (tout ce qui existe ou arrive, a une bonne raison d'exister et d'arriver).

Le problème n'est pas tant de comprendre pourquoi telle opportunité surgit. Le problème est de voir que le Réel est truffé, en permanence, d'opportunités que les moins clairvoyants ne voient pas passer.

 

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Les enrichissements et les accomplissements vitaux et mentaux sont toujours liés à la relation que l'o a avec le monde extérieur, soit parce que le Réel extérieur présente une opportunité externe, soit parce que le Réel intérieur reçoit un signe qui enclenche une potentialité interne (l'imagination, par exemple, qui va engendré du neuf inédit et déclencheur).

 

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Chacun est l'ensemble de ce qu'il est déjà devenu (sa mémoire) et de tout ce qu'il pourrait encore devenir (ses potentialités qui doivent être convenablement activées par des opportunités sérieuses).

Ce que l'on appelle "ego" (ou "identité" ou "moi"), ne couvre, généralement, que la part mémorielle du "ce que l'on est déjà devenu". Et cet ego, parce qu'il est pur produit du passé et se croit un être-en-soi alors qu'il n'est qu'un processus en cours, se méfie terriblement (voire se ferme) aux opportunités et aux nouveautés ; il développe un sentiment de peur : que va-t-il m'arriver, à moi, l'ego parvenu ?

 

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Le Chantier n'est pas le Temple.

Si le Chantier se prend pour le Temple, il s'arrête et meurt.

Et le Temple n'adviendra jamais.

Le monde et chacun de nous (comme tout le reste qui existe) ne sont que des chantiers et doivent impérativement le rester si l'on veut accomplir la Vie et l'Esprit.

Rien, jamais, n'est achevé !

 

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L'ego se voudrait inaltérable parce qu'il se prend pour une réalité achevée ; il a donc peur de tout ce qui advient, de tout ce qui évolue, de tout ce qui transforme ou exige transformation.

L'ego exige la sclérose du vivant et la raideur cadavérique.

 

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La pauvreté (surtout spirituelle et intellectuelle) n'est que le refus de l'enrichissement, par peur ou paresse (ce qui revient, au fond, au même).

Il n'existe jamais de fatalité … sauf si on l'accepte par lâcheté ou lassitude !

N'est pauvre que celui qui veut bien l'être.

Comme n'est esclave que celui qui veut bien l'être.

 

Osho écrit ceci qui est très vrai :

 

"Il y a bien des choses à comprendre, sinon il sera très difficile de sortir de l'ornière de la misère. La première chose : c'est que personne ne vous y retient. C'est vous qui avez décidé de rester dans cette prison de misère. Personne ne retient personne. Celui qui est prêt à en sortir, peut en sortir en cet instant même. Personne d'autre n'est responsable. Si quelqu'un est misérable, il en est responsable. Mais une personne misérable ne peut jamais en accepter la responsabilité : c'est sa façon de rester misérable."

 

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Ne jamais rechercher le plaisir, il devient esclavage.

Ne pas vouloir le bonheur, il n'est que confort extérieur.

Construire, au contraire, sa joie par l'accomplissement de soi et de l'autour de soi … et le plaisir et le bonheur viendront de surcroît, naturellement, malgré leur peu d'intérêt.

 

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Le premier courage est d'accepter et d'assumer la totale responsabilité de ce que l'on est devenu, quelles qu'aient été les contraintes externes.

Chacun a toujours le choix de décider ou non, d'agir ou non, de parler ou non.

La responsabilisation de soi, est le prix à payer pour l'autonomie de soi.

Ceux qui refusent d'assumer la responsabilité de ce qu'ils sont devenus, s'offrent comme esclaves des autres.

Chacun est totalement responsable de ce qu'il devient ou accepte de devenir.

 

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L'obscurité, le vide, la peur sont des manques, des absences. On ne peut rien faire contre eux sauf les combler avec autre chose qu'eux.

La lumière comble l'obscurité : on peut allumer ou éteindre la lumière, mais on ne peut jamais allumer ou éteindre l'obscurité.

De même, la substance peut combler du vide en l'apportant ou en la retirant ; mais il est impossible d'apporter ou de retirer du vide.

De même aussi, avec la peur qui est un manque de courage, ou d'audace, ou de puissance (au sens de Nietzsche), mais qu'est-ce qui produit ce courage, cette audace, cette puissance ?

 

Le second verset du premier chapitre de la Genèse l'exprime bien (surtout avec ma traduction littérale de l'hébreu) :

 

"Et la Terre devint vide et consternante :

une Ténèbre au-dessus des faces du Vide (…)"

 

Qu'est-ce que "la Ténèbre" sinon l'absence de Lumière ?

Qu'est-ce que "le Vide" sinon l'absence de Matière ?

Et au verset 3 : la Lumière s'allume …

Et au verset 9 : le Sec (la Matière) émerge …

 

L'absence, le manque sont "natifs" dans le Réel (autant que le Souffle des dieux, c'est-à-dire l'Intention, et l'Eau, c'est-à-dire la pure Existence - cfr. la suite du verset 2).

Ils appellent une émergence pour être comblés.

Quelle est donc l'émergence qui comblera la peur c'est-à-dire le manque de courage, d'audace et de puissance ?

Osho répond : l'Amour.

Mais "aimer" est un verbe-tiroir : on peut aimer manger du cassoulet, cajoler ses enfants, regarder un coucher de soleil, lire Héraclite, pratiquer les mathématiques, goûter des vins, faire la sieste, faire du sport, caresser sa femme, prier Dieu, cultiver son jardin …

Aimer veut tout dire et ne veut rien dire. Certains peuvent même aimer faire souffrir, faire du mal, tuer du vivant, tricher, voler, mentir, etc …

 

Non. Le mot "Amour" est trop galvauder pour être une bonne réponse. Je lui préfère le mot "confiance".

Ce qui comble et éteint la peur, c'est la confiance !

Et j'ai bien dit "confiance" et non "naïveté, crédulité, ingénuité, candeur, niaiserie, sottise, etc …".

Aimer, c'est d'abord faire totale confiance !

 

La peur de l'autre engendre la haine de l'autre (quel que soit cet autre, humain ou non).

La confiance tue la haine et, une fois la haine détruite, la différence devient une richesse, une opportunité de complémentarité (et cette complémentarité peut déboucher sur des sentiments très amoureux, très amitieux, très complices, très connivents).

La confiance peut engendrer l'Amour vrai (avec un A majuscule qui ne concerne ni le sport, ni le cassoulet). Mais la réciproque n'est pas vraie.

 

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Pour être aimé, il faut commencer par être honorable, fiable et … aimable.

L'Amour comme la confiance, comme tout le reste, doit se mériter.

L'Amour inconditionnel, comme le prêche certains mystiques chrétiens, est une absurdité.

Robespierre ou Marx ou Staline ou Hitler ou Poutine ou Xi-Jinping et tant d'autres ne sont pas aimables ; ils sont détestables, exécrables et haïssables.

 

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La confiance est bien l'antidote à la peur. Mais la confiance doit se mériter, même s'il faudrait, dans la plupart des cas, l'accorder a priori et voir venir.

Certes éradiquer la peur par la confiance est une chose importante, mais il est sain de rester lucide et critique, et de se permettre une vigilance, voire une légère inquiétude (être "in-quiet", c'est ne pas être parfaitement quiet, tranquille, apaisé, en confiance totale).

L'humanité est truffée, à 85%, de gens parasitiques ou toxiques.

 

En revanche, chacun devrait faire tous les efforts utiles et efficaces pour mériter la confiance des autres, pour être fiable, honorable et aimable : il faut se montrer digne de la confiance et de l'amour des autres.

C'est ce chemin-là que l'on peut construire de la confiance, développer de la confiance, produire de la confiance, percoler de la confiance, contaminer par la confiance.

Eradiquer, en soit, l'esprit de tromperie, l'esprit de mensonge, l'esprit de domination, l'esprit de marchandage.

La confiance doit toujours rester gratuite. Un don gratuit et généreux.

 

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L'amour des autres humains n'est aucunement le problème central (sauf, paraît-il, pour les purs chrétiens).

Le problème central de l'existence est l'Amour du Réel et la Confiance totale en lui, en la Matière qui s'incorpore en chacun, en la Vie qui vit en chacun, en l'Esprit qui pense en chacun.

Ici, le mot "Amour" prend un sens plein (loin du cassoulet ou sport).

 

Aimer le Réel et se méfier de tous ceux qui n'aiment pas le Réel (soit 85% des humains qui rêvent de leurs "idéaux", de leurs "fantasmes", de leurs "capriques" et qui conspuent le Réel au prétexte de ne pas être conforme à leurs âneries).

 

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Il faut alimenter la Confiance et l'Amour envers le Réel (que l'on peut aussi appeler "Dieu" à la condition que ce ne soit pas le Dieu personnel extérieur des monothéismes dualistes, mais bien le Dieu immanent du panenthéisme de Spinoza ou d'Einstein).

La question est immense …

 

Avoir Confiance en le Réel … Aimer (voire "adorer") le Réel …

Comment faire ?

 

Commencer par être, soi-même, impeccablement aimable et fiable vis-à-vis de son propre investissement et de ses propres contributions dans l'accomplissement de soi et de l'autour de soi, au service de l'Accomplissement en plénitude du Tout-Un.

Ensuite, prendre le temps et faire l'effort de se sentir DANS le Réel et non en face de lui, de se relier à lui et à résonner avec lui dans un processus que, sans doute, les mystiques appelleraient "adoration".

Enfin, jouir à tout moment de la beauté, de l'harmonie et de la cohérence de toutes les manifestions du Réel dans la quotidienneté d'un arbre qui frissonne, d'un nuage qui passe, d'une libellule qui virevolte, d'un enfant qui rit, d'une femme qui sourit …

 

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Le 10/09/2022

 

La grande majorité des jeunes d'aujourd'hui confondent "culture générale" et "inculture généralisée".

 

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Par son étymologie latine, "prier" signifie "demander". Il n'y a rien ni personne à "prier" de quoique ce soit. Il n'y a rien à demander.

Toute prière est superstition, vieux relent momifié d'une magie primitive où l'on demandait, avec un sacrifice à l'appui, aux esprits d'être favorables, d'accorder, donc, leur faveur ou une faveur.

La prière est une lâcheté qui rejette sur "l'Autre" la responsabilité d'être ce que l'on est devenu ou de devoir devenir ce que l'on désire devenir.

On ne devient jamais que par soi-même et chacun porte l'entière responsabilité de ce qu'il devient.

Il n'y a rien à prier.

Il ne faut jamais prier, quémander, supplier ou revendiquer.

 

En revanche, il convient de "rendre grâce" tant que l'on peut, de remercier, de dire "merci" non pas à "quelqu'un", à une personnification imaginaire du Réel.

Dire "merci" d'être devenu capable d'entrer en reliance et en résonance avec le Réel.

Dire "merci" tous les matins, à la cantonade, à la Matière, à la Vie, à l'Esprit ; dire "merci" au Réel de faire le monde et de le faire au mieux, même s'il est loin d'avoir atteint sa perfection (le monde est le mieux de ce qu'il a pu devenir jusqu'ici).

 

Ce "merci" que vous direz est, au fond, un encouragement que vous vous envoyez à vous-même. Un encouragement à persévérer dans votre travail de reliance et de résonance avec le Réel dont vous faites déjà partie intégrante, sans souvent en être conscient.

Dire "merci" de pouvoir participer et contribuer à cette incroyable aventure qui s'appelle le Réel c'est-à-dire la Matière, la Vie et l'Esprit.

 

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Au-delà des efforts ou des exercices sporadiques (comme la "méditation", par exemple, qui, comme "médecine", dérive du verbe latin medeor qui signifie "se soigner"), la reliance et la résonance avec le Réel doivent tendre à devenir un état d'esprit permanent : une réalité aussi forte, vitale et normale que la respiration ou les battements du cœur.

 

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C'est une erreur colossale de beaucoup, de limiter le monde au seul monde humain. Une maladie de sociologues ou de psychologues, de chrétiens et de musulmans, que l'on appelle l'anthropocentrisme.

Comme si les humains valaient mieux que le reste du Réel alors que, sans ce "reste du Réel", l'humanité entière ne pourrait survivre plus de quelques heures.

 

Le monde réel est infiniment plus riche que le pauvre petit monde humain qui est un monde largement dénaturé, dégénéré, psychotisé.

Les relations avec les autres humains ne sont pas les plus essentielles, d'autant que l'humanité, outre les 15% de constructeurs de Réel, est composée de 60% de parasites jouisseurs et nombrilistes, et de 25% de toxiques destructeurs et saboteurs.

 

De toutes les façons, chacun est le centre de son propre monde qui ne contient, au mieux, qu'une cinquantaine d'autres humains dont, peut-être, une quinzaine, au mieux, sont très proches. Hors de là, le reste de l'humanité n'a strictement aucun intérêt et aucune importance.

 

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L'Amour de la Vie est le seul amour authentique. L'Amour de la Vie en soi-même et autour de soi.

 

Aimer une personne, c'est aimer la Vie qui se déploie en elle, et c'est vouloir contribuer au mieux à ce déploiement. Aimer l'autre, c'est se mettre au service de son accomplissement qui induit en retour l'accomplissement de soi.

 

Et l'on ne peut pas aimer la Vie dans l'autre, si l'on n'aime pas d'abord la Vie en soi-même.

 

Il ne faut jamais se sacrifier pour l'autre, mais bien se sanctifier par l'autre en se consacrant à lui et par lui.

 

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L'Amour de la Vie n'induit nullement la peur de la mort.

Tout au contraire : la Vie est, en elle-même éternelle et immortelle : elle est un hypostase ontique du Réel.

La mort n'est jamais que le symétrique indispensable de la naissance.

 

"Mourir rassasié de jours" est sans doute la plus belle et la plus profonde sentence biblique : avoir épuisé toutes ses propres potentialités en les accomplissant au service de l'Accomplissement du Réel. Et voilà tout.

Ce sont les accomplissements qui sont immortels, pas les accomplisseurs.

 

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Chacun devient impersonnellement immortel par les conséquences, pauvres ou riches, rares ou innombrables, de ses œuvres personnelles.

La qualité et la profondeur de cette immortalité dépend, donc, de la qualité et de la profondeur de ces œuvres.

On ne gagne pas son Paradis … on le construit, chaque jour, par chaque pensée, par chaque parole, par chaque acte qui resteront engrammés, pour toujours, dans la mémoire du Réel et qui vivront, pour toujours, dans leurs conséquences.

 

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Un dicton dit : "Celui qui n'a rien à perdre, a tout à gagner".

Mais qu'avons réellement à perdre durant l'existence ?

Qu'est-ce qui est précieux et mérite d'être protégé ?

Il faut bien y réfléchir car chaque fois que l'on a quelque chose à perdre, on a peur de le perdre et cette peur va à l'encontre de la Joie de vivre, de l'Amour de la Vie.

Autrement dit : de quoi faut-il avoir peur ? De presque rien, sans doute.

Pour soi : de rien du tout.

Pour ceux que l'on aime : de la maladie, de la souffrance, de la douleur, de la mort, … oui, sans doute, mais que peut-on vraiment y faire ? De la prévention, seulement de la prévention. En contribuant, du mieux que l'on peut, à leur force de Vie, à leur accomplissement en plénitude, à leur Amour de la Vie, à leur Joie de vivre. Le reste sera de leur responsabilité personnelle : personne ne peut vivre, au prétexte d'amour, la vie de l'autre.

 

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La reliance et la résonance entre deux entités (l'un et son "autre") ne conduit pas à un assemblage sommatoire, mais à la fusion des complémentarités au sein d'une entité nouvelle, émergente, dotée de caractéristiques inédites et plus riches que celles des entités initiales.

 

C'est là, par exemple, que réside la différence essentielle entre un couple uni, d'une part, et l'ensemble, la somme, l'assemblage d'un homme et d'une femme, d'autre part.

 

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La reliance et la résonance forment le chemin de l'accomplissement.

Et le signe de l'accomplissement, c'est la Joie (cfr. Spinoza).

Si vous ressentez de plus en plus de Joie (et la Joie de vivre est tout autre chose que les plaisirs de la vie et le bonheur de vivre avec d'autres), cela indique qui vous êtes sur le bon chemin de l'accomplissement de vous et de l'autour de vous (ces deux facettes sont indissociables : il est impossible de s'accomplir soi, contre l'autour de soi ou à son détriment).

 

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La reliance et la résonance ne se limitent aucunement aux proches, à ces quelques humains qui vivent intimement dans la sphère de ce petit monde personnel dont chacun constitue le centre.

La sphère de reliance et de résonance doit, progressivement, s'épandre sur la totalité du Réel afin de réaliser l'union et la fusion entre la partie et le Tout, entre le local et le global, entre le fini et l'infini, entre le mortel et l'éternel.

 

Entrer en reliance et en résonance avec le mental, ensuite. Accomplir l'Esprit au-delà de tel ou tel esprit particulier de tel ou tel pensant.

Entrer en reliance et en résonance avec le vital, ensuite. Accomplir la Vie au-delà de telle ou telle vie particulière de tel ou tel vivant.

Entrer en reliance et en résonance avec le minéral, enfin. Accomplir la Matière au-delà de telle ou telle matière particulière de tel ou tel objet.

 

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L'existence réelle est le terrain de multiples tensions engendrées par toutes les indispensables et irréductibles bipolarités qui tenaillent le Réel et le font évoluer.

 

La conscience corporelle (que l'on appelle "l'instinct") exprime ces tensions négatives vécues par le corps (la faim, la douleur, la soif, la fatigue, etc …)

La conscience mentale (que l'on appelle "la conscience" tout court, par abus de langage) exprime ces tensions négatives vécues par l'esprit (la peur, la tristesse, la souffrance, l'angoisse, etc …).

 

La logicité du Réel impose à tout ce qu'elle a engendré dans ce Réel, une loi universelle : la dissipation optimale des tensions lorsqu'elles deviennent dangereuses ou destructrices, lorsqu'elles ne sont plus "supportables", lorsque le "Oh, ça va passer" ne fonctionne plus.

La réussite de ces dissipations (tant corporelles que mentales) induit la sensation de plaisir : le plaisir est un signal de dissipation réussie de tensions trop fortes.

 

Mais il ne faut jamais confondre le plaisir qui signe la dissipation de tensions et qui relève de la maintenance quotidienne, avec la Joie qui signe l'accomplissement de soi et qui relève du projet de vie.

 

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Dans le monde humain, il existe deux pôles (comme partout dans le Réel).

Il y a la personne, unique et différente de toutes les autres, avec sa propre identité, sa propre généalogie, son propre vécu, eux aussi totalement uniques et différents de tous les autres : cette personne est la seule à être elle-même et, donc, elle est seule au monde.

Et il y a la communauté qui est une association de personnes qui ont l'envie, le besoin ou l'obligation de partager une vie commune, soit sur la base d'un patrimoine commun (un terroir, une culture, une religion, une généalogie, etc …), soit sur la base d'un projet commun (une entreprise, une cause, une activité, une morale, etc …).

A de rares exceptions près (les ermites authentiques), toute personne appartient à une ou plusieurs communautés (ne serait-ce que sa propre famille).

La personne et la communauté s'influencent mutuellement ; et les tensions entre elles doivent être dissipées au mieux et au plus vite.

 

La vie réelle des humains s'inscrit dans cette dialectique entre le personnel et le collectif. Et toutes les idéologies politiques ont tenté et tentent toujours de définir les rapports "idéaux" entre les personnes et les communautés.

 

Avec le temps, au-delà des personnes individuelles et des communautés associatives, est venu se greffer une institution politique nommée "l'Etat" qui, pour se légitimer, a inventé des concepts artificiels et vides comme "nation" ou "peuple", et qui a décrété devoir fédérer toutes les personnes et toutes les communautés sous sa coupe, sans que personne ne lui demande rien.

Le pouvoir politique était né.

 

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On a appelé "secte" (avec une connotation souvent négative) une communauté qui, sans nécessairement s'opposer à lui, vit en marge de l'Etat (et aussi, souvent, en marge du reste du monde) dans une sorte d'autarcie tant matérielle que culturelle.

 

Il ne faut pas confondre les sectes, ni avec les groupuscules révolutionnaires qui font la guerre à l'Etat, ni avec les mafias dont les trafics et activités enfreignent systématiquement les lois de l'Etat.

 

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Deux grandes attitudes civilisationnelles se sont opposées durant trois millénaires :

 

  • l'Occident (l'Europe) s'est posé CONTRE le Réel (platonisme, christianisme)
  • l'Orient (l'Inde, la Chine) s'est posé DANS le Réel (hindouisme, taoïsme).

 

En se posant CONTRE le Réel et à force de vouloir le domestiquer, l'Occident a fini par découvrir les techniques nécessaires pour exploiter le Réel au bénéfice des humains. C'est là l'origine, à la fois, de sa puissance économique et de son hégémonie scientifique.

En conséquence, son modèle civilisationnel a fini par s'imposer au monde entier depuis le 19ème siècle. Mais ce fut au détriment des autres cultures et, surtout, de la Nature qui, de fait de la démence démographique humaine, s'est épuisée en deux siècles et connaît, aujourd'hui, une chaotisation et une pénurisation généralisées.

 

Il est donc temps d'adopter une posture plus "orientale" et de revenir à une civilisation DANS le Réel, non pas en singeant les vieilles spiritualités orientales comme c'est de mode, aujourd'hui (yogas, méditations, ayurveda, etc …), mais en faisant émerger une nouvelle civilisation humaine et mondiale basée sur un panenthéisme moniste et scientifiquement établi (ce n'est pas la science qu'il faut remettre en cause ou rejeter, mais ce sont les technologies - qui dérivent des sciences - qu'il faut maîtriser dans un esprit de stricte frugalité).

 

*

 

Plus le monde personnel (intérieur, donc) est riche et vivant, moins le monde social (extérieur, donc) a d'attrait, vu la densité de crétins au mètre carré.

Et la réciproque est aussi vraie : plus la personne est intérieurement pauvre, plus l'appartenance à des communautés grégaires est vitale.

Solitude et socialité s'opposent, mais ne concernent pas du tout les mêmes humains.

En ce sens, il faut souligner que la vie spirituelle est essentiellement solitaire alors que la vie religieuse est essentiellement grégaire.

 

*

 

La solitude est indispensable pour établir ou rétablir la reliance et la résonance avec le Réel.

La solitude n'est pas l'isolement qui, toujours, est une souffrance.

La solitude est une bénédiction puisqu'elle est ouverture sur tout et fermeture sur rien. Alors que la socialité est fermeture sur tout, sauf sur l'appartenance humaine à des groupuscules humains déconnectés du Tout.

C'est la différence à faire entre mondanité et universalité, entre anthropocentrisme et cosmocentrisme, entre humanisme et surhumanisme.

 

*

 

L'idée de socialité exige de faire une différence nette et claire entre grégarité et communauté.

 

La grégarité est un fait de foule : être ensemble, passer du temps ensemble, ne rien faire ensemble, … L'exemple le plus typique est celui de l'entassement estival de cohortes d'imbéciles sur les plages au soleil, dans l'odeur des crèmes bronzantes et de la malbouffe des fast-foods, avec les coups de soleil et les tarifs exorbitants des gadgets "made in China", dans le brouhaha des rues et le vacarme des discothèques.

 

La communauté, elle, au sens authentique, est une association de personnes autonomes, dédiée à la valorisation d'un patrimoine commun ou à la réalisation d'un projet commun (ou aux deux à la fois).

 

Il est évident que c'est l'esprit de grégarité - bien plus que l'esprit de communauté - qui anime les sociétés humaines faites, rappelons-le - à 85% de crétins qui croient que la vie est faite pour s'amuser et qui n'ont pas compris que la vie est faite pour se construire au service de l'accomplissement du Réel.

 

Il est tout aussi évident que l'esprit de grégarité est l'ennemi absolu de l'enrichissement spirituel de chacun.

 

*

 

La grégarité, la mondanité, la socialité, la société, la nationalité, la collectivité, … sont des faux-fuyants pour tous ceux - et ils sont pléthoriques - qui sont incapables d'assumer eux-mêmes leur propre autonomie (dans toutes les dimensions de cette idée, pas seulement matérielle donc).

 

*

 

L'esprit humain avance à reculons vers le Réel. S'il progresse sur son chemin, il élimine peu à peu ce qui est faux et irréel.

Il fonctionne par épurement intérieur.

Lorsqu'on a éliminé toutes les âneries (et Dieu sait s'il y en a des montagnes), il reste le plausible.

 

*

 

La socialité exige la conformité, même si la conformité est celle de l'originalité :

"Tu dois être original comme tout le monde".

 

Injonction contradictoire ?

Oui, comme l'est celle qui dit : "Être comme tout le monde, voilà qui est original".

 

*

 

Originalité et conformité.

Être à la fois semblable et différent.

Dilemme d'adolescent (et la plupart des adultes sont des adolescents attardés).

Le problème n'est pas d'être conforme ou original dans le regard des autres.

Le problème est d'être totalement soi dans on propre regard.

Mais encore faut-il être quelqu'un, être une personne, devenir un soi.

 

*

 

Dans le duel permanent entre le personnel et le collectif, c'est le personnel qui, toujours, doit avoir le dessus.

Si un seul ingrédient est pourri, c'est tout le mets qui sera infect.

 

*

 

Dieu n'est pas une personne. Il est à la fois un message et une expérience.

Dieu, c'est le nom que l'on a donné à la reliance et à la résonance avec le Réel.

Voilà la présence de Dieu. La Shékhinah, en hébreu.

 

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Être libre, ne signifie rien.

Puisque tout est interdépendant, l'idée de liberté perd tout sens. En revanche, l'idée de libération, l'idée de construire son autonomie au sein de cette universelle interdépendance ont parfaitement un sens. Et un sens magnifique.

Il ne s'agit, aucunement, de nier l'interdépendance de tout ce qui existe, mais, au contraire, de magnifier la reliance et la résonance de tout avec tout au sein d'un Réel organique qui s'incarne dans tout ce qui existe, qui se vit dans tout ce qui vit et qui se pense dans tout ce qui pense.

 

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La volonté transcende et sublime la liberté.

Vouloir devenir dépasse l'idée d'être libre de faire.

Quand on veut, on n'est plus libre.

 

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Être contre quelque chose, c'est encore conférer à ce quelque chose une importance, un intérêt, une attention.

Par exemple, le marxisme, en conspuant le bourgeoisisme, à fait de ce même bourgeoisisme l'aspiration première du prolétariat.

 

*

 

Il ne faut pas s'opposer. Il faut dépasser et sublimer.

 

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Assumer pleinement ce que l'on est déjà devenu, et désirer tout ce que l'on peut encore devenir. Voilà tout le secret de la Joie de vivre.

 

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* *

 

Le 12/09/2022

 

D'un anonyme :

 

"Aujourd’hui ce n’est plus la loi qui fait la réalité.

C’est la réalité qui fait la loi."

 

La question est pertinente : est-ce la loi qui doit façonner le mœurs donc la morale ? Ou l'inverse ?

Si la loi est première, de quelle morale doit-elle se réclamer ? Si les mœurs sont premiers, à quoi sert la loi ?

Tant que l'Europe était très majoritairement chrétienne, la question se posait peu : la morale chrétienne tenait lieu de guide général. Mais aujourd'hui, l'Europe n'est plus que très minoritairement chrétienne et ses références morales ont multiples, éclatées, voire inexistantes.

 

*

 

La "Déclaration universelle des Droits de l'homme" n'est qu'une version idéalisée et laïcisée de la morale américaine.

Elle ne pourra pas être crédible si elle n'est pas accompagnée (voire devancée) par une "Déclaration universelle des Devoirs de l'homme".

Les droits doivent se mériter au vu de l'accomplissement préalable des devoirs.

 

*

 

Il est utile, pour s'accomplir, de prendre de la distance par rapport aux conforts, surtout intérieurs.

Le confort a un effet anesthésiant. Le confort conforte.

Il bâtit, autour de chacun, une bulle lénifiante et castratrice. Il isole du Réel qui, lui, n'est jamais confortable puisqu'il évolue en permanence.

Vivre, c'est accepter l'idée d'un déséquilibre perpétuel et, donc, celle d'un inconfort vivace.

 

*

 

Il faut se méfier de l'idée de défi ; le plus souvent, c'est une question d'orgueil et de vanité, plus qu'une question de dépassement de soi et d'accomplissement de soi.

Les défis d'orgueil sont infantiles : chiche que …

L'accomplissement de soi est un constant défi, mais dont le but est le dépassement de soi, la sortie de soi (l'ex-stase, donc), et jamais la gratification du soi.

 

*

 

Accomplir ...

Le plus beau verbe qui soit.

L'axe central de toute démarche spirituelle.

Accomplir !

Accomplir, c'est amener à complétude, à plénitude, c'est réaliser toutes les potentialités intérieures grâce aux opportunités externes.

Accomplissement de soi et de l'autour de soi au service de l'Accomplissement du Réel : voilà toute la formule d'une existence réussie.

Mais l'accomplissement n'est jamais total, parfait, achevé … Il n'y a, en fait, pas de point de complétude, de perfection ou d'achèvement à atteindre.

Car pour être plus précis, une reformulation s'impose : accomplir, c'est faire tout ce qui peut être réaliser pour laisser le moins d'inaccomplissement possible.

 

*

 

Pour s'accomplir ou accomplir quoique ce soit, il faut oser sortir de sa zone de confort, oser sortir de son état d'équilibre stationnaire.

En un mot, il faut oser "entreprendre" c'est-à-dire enclencher un chantier dont on ne sait guère où il va mener. Il faut d'abord un projet à accomplir. Puis il faut ouvrir le chantier et quérir des ressources. Ensuite, il faut travailler sur un chantier où rien, jamais, ne se déroule comme prévu. Il faut improviser sans cesse, changer ses plans, démolir ce qui a été mal fait, consolider ce qui a été fait trop faiblement.

 

Sachant cela, observons les humains …

On arrive très vite à cette navrante conclusion statistiquement avérée : seuls 15% des humains sont des constructeurs, des accomplisseurs, des entrepreneurs. Ce sont eux, et eux seuls, qui construisent le monde et l'avenir.

Les autres (60%) se contentent de vivoter confortablement à leur crochet : ce sont les parasites.

Quant au 25% restant, non content de parasiter, ils critiquent, ils sabotent, il abîment, ils salissent, ils détruisent : ce sont les toxiques.

 

Ce n'est pas une règle générale (heureusement), mais la plupart des constructeurs sont des descendants d'autres constructeurs. Il y a comme une transmission tacite de la fibre constructive.

 

*

 

Oser poser une question, c'est prendre le risque de la réponse … ou de la non-réponse.

Il est bien plus confortable de surtout ne jamais poser de question et de rester douillettement coincé dans le cocon fermé de ses propres opinions que l'on déguise en certitudes.

 

*

 

La misère spirituelle est bien moins gênante que la misère matérielle.

L'accomplissement spirituelle est bien plus essentiel que la richesse matérielle.

Je crains que 85% de l'humanité ne l'ait pas compris.

 

*

 

La réalité est toujours préférable à la mondanité.

 

*

 

La stationnarité (l'aspiration au repos, à la préservation, à la conservation) et l'activité (l'aspiration à l'ouvrage, à la construction, à la production) sont les deux pôles opposés de la dynamique du Réel.

C'est de leur dialectique permanente que naît l'évolution des mondes entre quiétude et effervescence.

Mais l'humain est un animal paresseux et le pôle de la stationnarité ("du pain et des jeux") est, de loin, le pôle prédominant face aux constructeurs (15% de la population).

 

*

 

Il est essentiel de toujours bien opposer l'hédonisme (la quête des plaisirs par l'amusement) et l'eudémonisme (la quête de la joie par l'accomplissement).

L'hédonisme est méprisable : il ne construit rien, mais il parasite tout.

De plus, la quête des plaisirs étant une escalade sans issue, l'hédoniste devient très vite esclave de son besoin grandissant en plaisirs qui devraient devenir de plus en plus nombreux, de plus en plus fréquents, de plus en plus intenses.

La pire des prisons ! La prison de l'insatisfaction grandissante et persistante.

 

*

 

Vivez chaque moment de votre vie comme si ce devait être le dernier.

Vivez chaque moment de votre vie comme si vous deviez le revivre éternellement.

Ces deux regards sont plus antagoniques qu'il n'y paraît …

Ils opposent l'intensité et la qualité.

 

*

 

Apprendre à vivre dans l'indifférence de la mort.

 

Que chacun mourra, est la première certitude.

Que celui qui vit n'est pas mort, est la deuxième.

Que la peur de la mort gâche la vie, est la troisième.

Que l'important n'est pas de vivre longtemps, mais de vivre bien, est la quatrième.

Que vivre bien sa vie, c'est l'accomplir le plus pleinement possible, est la dernière.

 

*

 

Le Réel est autour de soi et au fond de soi.

C'et la grande équation des upanishads : Brahman = Atman.

Mais pour entrer en reliance et en résonance avec ce Réel, tant externe qu'interne, il faut dépasser le soi - mais non le détruire car le "soi" est un mauvais maître, mais un bon serviteur s'il est bien élevé.

 

*

 

Tout ce qui existe occupe un territoire (volume, surface, durée).

Et ce territoire est tenaillé entre deux pôles : l'intégration dans le plus vaste que lui, et l'individuation par une encapsulation sur lui-même.

Cette seconde voie est celle de l'ego qui voudrait encapsuler celui qu'il appelle "moi".

Et cet ego est utile afin d'asseoir une identité, une concentration, une centration. Mais il devient nuisible s'il se pose contre le Réel, s'il commet cette détestable erreur (commune dans la philosophie occidentale) de poser le sujet (lui) en face et à l'opposé de l'objet (le monde tant intérieur qu'extérieur).

Funeste dualisation du monde qui induit un autisme, une schizophrénie, un égocentrisme totalement sclérosants.

Si l'ego devient, au prétexte de protection contre les dangers extérieurs, une cuirasse qui isole la personne, cet ego est on ne peut plus nuisible et toxique.

En revanche, s'il sert à affirmer une différence en quête de complémentarités, il est utile puisqu'il suscite des reliances et des résonances.

La voie spirituelle est une voie étroite qui interdit autant l'hypertrophie du moi que l'abolition de ce moi.

Répétons-le : le moi est un bon serviteur, mais un exécrable maître.

Le seul maître à servir, c'est l'intention d'accomplissement.

 

*

 

Vieillir est le seul moyen de ne pas mourir jeune !

 

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Les civilisations avancées, tant en occident qu'en orient, ont toujours voulu domestiquer le Nature sauvage ("domestiquer" signifie "en faire une maison - domus - habitable").

Mais la Nature, c'est la Vie. Et la Vie n'est pas toujours domesticable.

Vivre demande donc toujours un peu d'audace car des risques persistent, malgré les précautions et les protections.

Et c'est très bien ainsi : la sécurité absolue est une prison absolue !

La Vie est et doit rester une aventure ; la plus belle des aventures.

 

*

 

Il faut se garder de confondre le "risque" et le "danger".

Le risque est positif.

Le danger est négatif.

Face au risque, il y a le courage et l'audace.

Face au danger, il n'y a que la témérité.

On prend un risque ; on brave un danger.

D'un côté la confiance et la puissance ; de l'autre l'orgueil et la fatuité.

 

*

 

Le Réel n'est pas une collection d'objets en interactions : le Réel est un tissu de flux en interférences.

Vivre, c'est se laisser traverser par ces flux qui s'appellent Matière, Vie et Esprit.

L'humain n'est pas un être ; il est un devenir. Un nœud de flux qui s'y est encapsulé, et qui s'y dénoue et s'y renoue sans cesse.

 

*

 

La mondanité appelle l'hypocrisie et le mensonge.

Il y a consanguinité entre eux.

Une vie authentiquement communautaire doit être exempte de toute mondanité, sinon elle n'est que faux-semblant.

 

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La colère tue la peur.

L'amour aussi.

 

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La plupart des humains ont inventé mille ruses pour détourner leur esprit du Réel et de l'essentiel du Réel ; ils s'hypnotisent dans l'effervescence de l'inutile.

Frivolités, futilités, rêveries, idéologies, fantasmes, spectacles, arts, conversations, loisirs, fêtes, … autant de fariboles pour se "distraire", c'est-à-dire se détourner de l'essentiel, de la mission fondatrice de toute existence : l'accomplissement de soi et de l'autour de soi au service de l'accomplissement du Réel.

 

*

 

De quoi faut-il avoir peur ? D'avoir peur.

De quoi faut-il avoir peur ? De braver le danger et de ne prendre aucun risque.

 

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Quand tu dis : "Je vais mourir un jour" (et cela t'effraie peut-être), qui est ce "je" qui va mourir ?

Ce "je" n'est pas un être, mais un processus qui, comme tout processus temporel, connaît une émergence dite "naissance" et une immergence dite "mort", comme toutes les vagues à la surface de l'océan.

Quant au reste, au fondamental, le Réel et ses Matière, Vie et Esprit, ils sont plus qu'éternel ou immortel ; ils sont intemporels.

Alors, dis-moi : où est le problème ?

 

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Il ne faut jamais gaspiller son temps de vie.

Il ne faut jamais rien faire pour "passer le temps".

Le temps de vie est trop précieux.

Il ne faut jamais se distraire : la vie est trop importante.

L'accomplissement de soi ne tolère aucune distraction.

Ne jamais perdre son temps !

 

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Pour l'hédoniste, l'absence de plaisirs suffisants est une souffrance.

Paradoxe ?

 

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Cette jolie phrase de Khalil Gibran :

 

"Je suis juste comme une rivière

sur le point de se jeter dans l'océan."

 

Mais qu'est-ce qu'une rivière ? Un flux d'eau qui coule ou sa trace longtemps accumulée sous forme d'un lit et de rives ?

Les deux !

ET il en va ainsi pour chacun d'entre nous.

Il faut donc prendre garde de ne pas confondre ces deux aspects : le flux et la trace.

 

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Le réincarnation, la transmigration des âmes, la métempsychose disent, à quelques nuances près, la même chose Et ce quelque chose interpelle l'idée d'une immortalité de l'âme personnelle dans un autre monde, celui de l'au-delà, qui est une clé de voûte des monothéismes occidentaux (surtout chrétiens et musulmans).

 

Dans les deux cas, il s'agit d'une superstition populaire visant l'immortalité d'une supposée âme personnelle (ce qui signifie le refus d'une mort personnelle totale et définitive) : l'une, orientale, dans ce monde-ci, par des réincarnations successives, l'autre, occidentale, dans un autre monde de béatitude éternelle.

Le problème, dans les deux cas, est l'idée d'une âme personnelle qui survivrait à la personne. Idée absurde s'il en est puisque la "personne" n'est rien d'autre qu'un processus animé (doté, donc, d'une âme) par la puissance du Réel qui, elle, est effectivement éternelle, immortelle et intemporelle.

 

Il ne faut jamais oublier l'étymologie du mot "personne" : la personne est un masque théâtral au travers duquel (per) sonne (sona) la voix de l'acteur.

Chaque personne n'est qu'un masque au travers duquel le Réel se manifeste, et ce masque n'a rien de réel ; il n'est pas un être en soi ; il n'est qu'une manifestation passagère, locale et éphémère.

La seule chose qui soit éternelle et immortelle en chacun, c'est la Matière, la Vie et l'Esprit du Réel qui n'ont absolument rien de personnel.

Il faut se rappeler toujours la métaphore de la vague et de l'océan : aucune vague n'est un être-en-soi ; seul l'océan existe ; les vagues ne font que le manifester superficiellement, localement et temporairement.

 

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Le 13/09/2022

 

La Droite, c'est le culte du passé.

La Gauche, c'est le culte de l'irréalité.

 

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Osho insiste lourdement sur un principe faux : la peur serait omniprésente et toute peur ne serait, in fine, que la peur de la mort.

Dès lors, le courage serait le fait d'accepter et d'assumer sa peur de la mort.

 

La réalité des risques de la vie ne doit pas être niée. Et il n'y a pas que des dangers de mort (extrêmement rares, en fait) ; il y a aussi des risques de maladie, de blessure, de douleur physique, de souffrance mentale, de conflit, de bagarre, d'insulte, de moquerie, etc …

Et la réponse à ces risques réels ne doit pas être la peur, mais d'abord la vigilance et la conscience, ensuite la précaution (l'anticipation, l'évitement, l'esquive) et enfin, s'il faut affronter ces risques, le faire avec intelligence, maîtrise et technique.

Mais surtout, éviter la peur qui réduit considérablement les potentialités de bonne réaction face au risque.

 

Mon Sensei japonais en arts martiaux (Budo) répétait souvent : "la seule chose dont il faut avoir peur, c'est d'avoir peur".

 

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La peur de la mort …

Depuis longtemps, j'ai fait mienne la sentence du stoïcien Epictète :

 

"La mort ne me concerne pas puisque, tant que je vis,

la mort n'est pas et que, quand la mort est, je ne suis plus."

 

C'est la mort de ceux qu'on aime qui fait peur. Pas la sienne.

 

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La culpabilité pour soi et la culpabilisation de l'autre sont aussi absurdes l'une que l'autre.

Ce qui est fait, reste fait. Ce qui est dit, reste dit. Tout, dans le Réel, est irréversible. Rien jamais ne s'y efface.

Si ce qui a été fait, a été mal fait, si ce qui a été dit, a été mal dit, il faut en gommer ou, au moins, en atténuer au maximum, les conséquences.

 

Le pardon est une niaiserie chrétienne.

Après la Shoah, ma mère répéta souvent : "Ni oubli, ni pardon !".

Il n'y a rien à oublier ; il n'y a rien à pardonner : rien ne s'efface jamais !

 

En revanche, la réparation des dommages est indispensable, et le dépassement de la blessure l'est tout autant.

La rancœur et le ressentiment sont des lèpres purulentes : ils aigrissent le mental et pourrissent la vie.

 

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L'idée même de "péché" est une absurdité. Le mal qui a été dit ou fait, reste bien réel, engrammé dans le Réel, et se perpétuera à jamais au travers de ses conséquences.

Le mal s'entache pas l'âme mais il abîme le monde.

 

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Il faut avoir confiance en le Réel et, donc, en la Matière, la Vie et l'Esprit ; mais il faut être prudent avec 60% des humains (les parasites) et méfiant envers 25% (les toxiques).

Seuls les 15% de constructeurs d'avenir sont dignes, comme le Réel, d'une vraie confiance.

Le vrai problème est que le profil des gens n'apparaît pas toujours clairement au travers de leur visage, de leurs regards, de leurs gestes ou de leurs paroles.

 

Ce n'est pas du tout de la peur ; c'est juste le désir d'avoir la paix !

 

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Ceux qui veulent faire peur, ont peur.

 

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Je crois qu'il faut méditer très sérieusement l'idée de vouloir vivre sa vie (donc construire ses accomplissements de soi et de l'autour de soi au service de celui du Réel) en paix, sans être déranger sur ce chantier ni par les parasites importuns, ni par les toxiques en tous genres.

 

Le meilleur slogan de vie est :

 

"Foutez-moi la paix !".

 

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Dans votre "bulle de vie", il y a une cinquantaine de "proches" et de l'ordre de deux centaines de "relations".

Cela signifie donc que votre sphère immédiate, il y a une petite quarantaine de constructeurs d'avenir, et de l'ordre de 150 parasites et une bonne soixantaine de toxiques.

Il est grand temps de nettoyer tout cela si vous voulez vivre en paix.

 

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Il est vital de se libérer de tous les esclavages, de toutes les idolâtries et de toutes les croyances.

Alors, et alors seulement, on peut vivre en paix et construire l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Esclavages ? Toutes les servitudes volontaires que l'on croit devoir porter.

Idolâtries ? Tous les faux dieux pour lesquels on gaspille sa vie et son temps.

Croyances ? Toutes les superstitions magico-religieuses qui déresponsabilisent.

 

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Les trois vertus cardinales :

 

  • Devenir autonome.
  • Vivre en Paix.
  • Accomplir sa vocation.

 

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Contrairement à ce qu'on nous serine, les humains ne naissent ni libres, ni égaux (et c'est très bien comme ça).

La liberté n'existe pas, mais l'on peut et doit construire de l'autonomie.

L'égalité n'existe pas, mais l'on peut et doit construire des complémentarités.

 

La fraternité, elle, existe bel et bien : elle unit les constructeurs œuvrant sur le même chantier au service du même principe architectonique (le Père) et selon la même matrice spirituelle (la Mère).

 

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Chacun possède un monde intérieur et un monde extérieur, tous deux parties intégrantes du Réel qui les englobe, les porte et les nourrit.

Une erreur courante consiste à croire qu'il faille choisir entre ces deux mondes pour ne vivre que dans un seul d'entre eux.

Ceux qui choisissent le monde extérieur sont les mondains.

Ceux qui choisissent le monde intérieur sont les ermites.

Mais ce sont tous des manchots ou des unijambistes puisque la vie réelle est précisément la dialectique entre ces deux mondes, nécessaires l'un à l'autre, afin de les dépasser tous deux et de construire une reliance et une résonnance puissantes avec le Réel.

 

Mais, pour que cette dialectique puisse être vraiment efficace, il faut que le monde extérieur soit simple, en paix et peu fréquenté (seulement par des constructeurs, idéalement) et que le monde intérieur soit, lui aussi, simple, en paix et peu fréquenté (sans distractions ni divertissements).

 

Une remarque …

L'occident est plutôt axé sur le monde extérieur (la socialité, l'idéologie, la science, l'économie, …), alors que l'orient est plutôt axé sur le monde intérieur (la méditation, la prière, le culte, l'art, …).

En occident, la personne se noie dans le trop vaste.

En orient, la personne s'anéantit dans le trop ténu.

Et, très curieusement, cette axiologie est en train de s'inverser …

 

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La solitude exagérée mène à l'isolement de soi et à l'insensibilité totale.

La mondanité idiote mène à la dissolution de soi et à la superficialité radicale.

 

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La vie réelle est un aller et retour permanent entre le sanctuaire intérieur et le jardin extérieur.

 

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Le 14/09/2022

 

Le libération de tous les esclavages (même volontaires) est le premier pas vers l'autonomie personnelle.

Je préfère l'expression "autonomie personnelle" à celle de "liberté" parce que la liberté, cela n'existe pas : la vie réelle, dans le Réel, est un processus qui se fraie un chemin dans d'immenses champs de contraintes tant naturelles que culturelles.

Etymologiquement, "être autonome" c'est choisir soi-même (autos) ses propres règles de vie (nomos), c'est définir soi-même sa propre façon de cheminer dans les champs de contraintes de la Vie.

L'autonomie de soi est à construire tous les jours, tant sur le plan corporel que sur le plan mental.

 

Souvent, je demandais à mes étudiants de ma définir ce qu'ils entendait par "liberté" et la réponse était toujours la même : "faire ce que je veux; comme je veux, quand je veux et avec qui et quoi je veux". Non ! Cela n'est pas de la "liberté", c'est seulement du "caprice" de sale enfant gâté.

 

L'autonomie implique l'interdépendance (elle n'est pas l'autarcie), mais refuse la dépendance qui est un euphémisme pour désigner l'esclavage.

 

Un salarié est un esclave.

Un croyant est un esclave.

Un militant est un esclave.

Un jouisseur est un esclave.

Un drogué est un esclave.

Un prostitué est un esclave.

 

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La plupart des esclavages ne sont même pas conscients.

Ils passent pour une normalité. Ils font partie des habitudes.

 

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Une question difficile : un esclavage conscient et librement consenti, est-il encore un esclavage ?

La réponse est double : si cet esclavage est librement consenti, mais qu'il n'y a aucun autre choix, alors il s'agit toujours d'un esclavage. En revanche, si d'autres choix sont possibles, alors il ne s'agit plus d'esclavage.

 

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Les esclavages naturels ou corporels sont assez facilement définissables : personne n'est libre d'échapper à la gravitation ou à la faim, mais tout le monde peut librement renoncer à beaucoup de possessions matérielles.

En revanche, les esclavages culturels et mentaux sont bien plus ardus à cerner.

Quand est-on mentalement dépendant ?

L'esclavage mental est question de pauvreté mentale.

Plus on maîtrise de langages intellectuels différents, plus on pratique de passerelles différentes de reliance et de résonance, plus on élaborent différentes intentions et projets de vie, plus on est riche mentalement et plus on a de choix de vie possible.

Pour le dire autrement : l'esclavage mental est une question d'ignorance et d'inculture.

Comme me le disait un ami : "Lorsqu'on n'a que 300 mots pour exprimer tout ce qu'on a sur le cœur et dans le ventre, toutes les phrases finissent par un poing final".

 

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L'autonomie est une quête, une construction que chacun peut et doit entreprendre pour vivre dans la vie concrète du monde humain.

En revanche, la liberté (au sens précis et spirituel du terme) consiste à renoncer à soi, à se dépasser, à "rejoindre l'illimité", à se fondre intégralement dans le Réel, à laisser la Matière s'incorporer à travers soi, à laisser la Vie se vivre à travers soi, à laisser l'Esprit se penser à travers soi.

L'autonomie est personnelle.

Le liberté est transcendantale et impersonnelle.

 

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La notion d'autonomie est d'abord personnelle. Mais elle peut devenir collective dès lors qu'une communauté de vie (au sens d'une association de personnes autonomes) souhaite mener à bien et ensemble un projet qui lui est propre.

Pour une telle communauté, l'idée d'autonomie prend tout son sens, au même niveau que l'autonomie personnelle.

On peut alors parler d'une âme collective, d'une intelligence collective, d'une sensibilité collective, d'une mémoire collective, d'une volonté collective, etc …

Mais il faut alors prendre garde à bien regarder le rapport entre cette autonomie collective et les autonomies personnelles de membres de cette communauté. Le plus souvent, c'est là que le bât blesse.

Une autonomie collective authentique se doit d'amplifier, de magnifier et de renforcer les autonomies personnelles ; sinon, il s'agit d'un phénomène sectaire, il s'agit d'enfermement, de coercition, d'assujettissement, volontaires ou pas.

 

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Le phénomène sectaire, qu'il soit religieux ou idéologique, est le plus grand ennemi de l'autonomie personnelle … et parfois même au nom de la liberté, ce qui est un comble !

Lorsqu'une communauté de vie se mue en secte (religieuse ou idéologique) par assujettissement (souvent volontaire) de ses membres, toute dissidence y devient interdite. Il y a les croyants, d'un côté (les bons), et les hérétiques et les incroyants, de l'autre (les mauvais, les ennemis à combattre).

Ce fut et c'est encore le cas du nazisme, des communismes, des fascismes, des islamismes, des intégrismes, du satanisme, etc …

Osho lui-même (qui disait pourtant ne pas croire aux collectivités, mais seulement aux individus) a été accusé de dérive sectaire, tant en France qu'aux Etats-Unis.

 

*

 

Le plus grand des mensonges : "Tous les humains naissent libres (…)".

C'est faux ! Tous les humains naissent totalement dépendants (de leur mère, d'abord, de leur famille, ensuite, de la société enfin) et ne s'en libèrent, éventuellement, que peu à peu, seulement s'ils choisissent de construire leur autonomie personnelle (choix que très peu d'humains font réellement, sauf en paroles).

 

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Contre Osho, c'est Etienne de la Boétie qui a raison : le plupart des humains adorent leurs "servitudes volontaires".

La construction de leur vraie autonomie leur est trop fatigante et leur liberté se limite à faire de temps en temps un caprice.

 

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Le premier des préalables à toute autonomie, c'est de s'accepter et de s'assumer soi-même tel que l'on est.

Il est impossible de devenir libre en se prenant pour quelqu'un d'autre.

 

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Tout commence par l'exercice de la lucidité.

Construire son autonomie, c'est d'abord connaître ses propres dépendances.

C'est ensuite comprendre pourquoi ces dépendances sont nocives.

C'est enfin décider quels moyens utiliser pour rompre ces dépendances-là.

 

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Lucidité et responsabilité vont de pair.

Un irresponsable n'est jamais lucide ; c'est d'ailleurs le problème majeur d'une grande majorité d'humains qui vivent dans l'illusion sur eux-mêmes et sur le monde.

Vivre dans l'illusion (l'apparence, le fantasme, l'idéal, la chimère, l'hallucination, le leurre, la fiction, …) est, en soi, une dépendance énorme et très prisée.

 

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L'autonomie de chacun ne peut être pérenne que dans le respect de l'autonomie des autres. Dès lors que l'institution juridique garantit le respect de l'autonomie de chacun par chacun, plus aucune autre loi n'est nécessaire, ni aucune autorité, ni aucun gouvernement, ni aucune institution de quelque sorte que ce soit. Donc la politique devient inutile ainsi que la démocratie.

Le problématique est évidemment exactement la même pour les autonomies associatives et collectives (comme les entreprises économiques, par exemple) : une communauté de vie autonome doit scrupuleusement respecter les autonomies personnelles de chacun et les autonomies collectives des autres communautés.

C'est au fond la seule règle utile au centre du jeu sociétal des humains.

 

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Toute société, par construction, se méfie des autonomies personnelles qui, plus elles sont profondes et vécues, plus elles deviennent difficiles à maîtriser (le totalitarisme sociétal, religieux ou idéologiques, est le parangon de cette attitude coercitive).

En revanche, les communautés de vie autonomes qui tournent le dos aux dérives sectaires, sont, tout au contraire, des amplificateurs et des stimulateurs des autonomies personnelles.

 

L'avenir humain va vers une autonomisation de plus en plus profondes des personnes et des communautés de vie ; il se détournera - le plus tôt possible - des hiérarchies pyramidales sociétales (Etats, Administrations, Ministères, …) et évoluera vers des réseaux interdépendants de communautés autonomes au service de personnes autonomes.

 

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La société atrophie les personnes (puisqu'elles gênent ses régulations).

La communauté magnifie les personnes (puisqu'elles contribuent à son projet).

 

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Une bonne compréhension du schéma triangulaire entre "personne autonome", "communauté de projet" et "société de contrôle", est essentielle.

Depuis toujours, les sociétés (les hiérarchies sociales pyramidales) tentent d'assujettir le plus possible les personnes (jusqu'au totalitarisme) et veulent subjuguer les communautés de projet qui se développent hors de son contrôle.

Voilà tout le résumé de la "guerre" atavique entre le libéralisme (le culte des autonomies personnelles et collectives) et l'étatisme (le contrôle de tout ce qui est possible, par les institutions sociétales règlementantes).

 

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Osho se trompe lourdement en prônant un individualisme radical et en rejetant comme "forcément aliénante" toute forme de collaboration collective. Il ignore sans doute que dans les systèmes complexes, le Tout peut être bien plus que la seule somme de ses parties.

Il part, lui, du principe qu'un Tout, quel qu'il soit, est toujours moins que la somme de ses parties et que le collectif est toujours une perte, au détriment des individus.

C'est évidemment faux ; il suffit d'avoir pratiqué un sport d'équipe pour le savoir.

De plus, en bon indianiste qu'il est, il affirme, d'un côté, que toute communauté est nuisible aux individus qui la composent, mais il affirme, en même temps, que l'unité cosmique transcende et sublime tout ce qu'elle contient.

Il faudrait savoir !

 

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Paradoxalement, les sentiments de colère ou de révolte sont des aliénations : haïr quelque chose, c'est en dépendre !

 

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La loi n'est là que pour protéger ceux qui n'ont pas besoin de loi, contre les exactions de ceux qui en ont besoin.

 

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Une communauté, au sens noble et authentique - donc tout à l'opposé d'une secte religieuse ou idéologique - est un lieu de "communion" (au sens étymologique : cum munire, c'est "construire ensemble").

Une société n'est jamais une communion ; une société ne construit rien, elle contrôle et régule.

Il n'y a (ni ne peut y avoir) aucun autre projet sociétal que celui de faire régner la paix "entre" les personnes (la paix intérieure de ces personnes est leur problème, sous leur responsabilité).

Cette paix interpersonnelle n'est rien de plus que le respect strict de l'autonomie de chacun : "ne te mêle pas de ma vie et fiche moi la paix ; et je ferai de même à ton égard".

 

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Les kibboutzim israéliens ont été un échec collectif et une calamité individuelle.

Cette confusion entre collectivité et collectivisme fut un désastre : collectivisation des propriétés, des outils, des engins et véhicules, des moyens de production, des décisions et, surtout, des enfants, … Juste invivable.

Il y a des liens étroits entre propriété privée, soin, maintenance, décision efficace, implication, engagement, etc …

L'expérience israélienne des moshavim (sur le principe des coopératives) est moins connue, mais infiniment plus heureuse.

 

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Osho hait la famille comme machine à déformer, à aliéner et à conformer les enfants. Il croit qu'un enfant doit se développer tout seul, tout découvrir par lui-même et faire ses propres choix en tout. C'est l'option "libres enfants de Summerhill" ou "Françoise Dolto" … avec les conséquences catastrophiques que l'on sait.

 

Voici ce qu'en relate Wikipedia :

 

"La coéducation est un concept (…) qui remet en cause la transmission traditionnelle du savoir et des valeurs par les aînés. À l’autorité, elle préfère l’expérience collective, l'autonomie et l’émulation par le groupe pour arriver au même résultat.

 

Ainsi il n’y a plus de maîtres qui encadrent des jeunes et enseignent un savoir mais au contraire une dynamique de groupe qui permet à chacun de faire l’apprentissage de la société par auto-gestion et la redécouverte des savoirs en fonction des projets qui émergent de ce groupe.

 

La coéducation valorise la spontanéité, la créativité, l’autonomie, l’individualisme. Elle rejette l’autorité, les normes, qui sont apparentées au dressage ou à la notion de violence symbolique institutionnelle. Elle ne valorise pas non plus outre mesure la performance, et donc le principe de classement et de notation, puisque l’important n’est pas de réussir mais de se réaliser. Elle promeut donc l’égalitarisme et l’individualisme.

 

Le succès du livre « Libres enfants de Summerhill » fut un des signes de la diffusion et de la popularité de cette pensée dans les années 1960-70.

 

La coéducation a profondément influencé la pédagogie en France et marque encore considérablement aujourd’hui les organismes et associations s’occupant d’enfants (comme le Ministère de l'Éducation nationale, les organisations de scoutisme ou les mouvements d'éducation populaire)."

 

Une pédagogie pour fabriquer des nombrilistes ignares et incultes, capricieux et indisciplinés (au sens d'être incapable de de plier à une discipline intérieure, à une ascèse vers le dépassement de ses instincts).

Une pédagogie qui produit des "malins" … mais très stupides.

 

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Un enfant naît sauvage et doit apprendre à devenir civilisé.

Cela n'empêche nullement, tout au contraire, à ce qu'il faille veiller à développer au mieux toutes ses potentialités, tous ses talents, toutes ses curiosités.

Mais si l'on ne dresse pas le chiot, toute sa vie, il pissera partout, bouffera les meubles et les coussins, et mordra la main qui le nourrit.

 

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Personne ne naît pur, vierge et innocent. Chacun naît porteur de toute l'histoire de sa lignée et, derrière elle, de tout l'univers.

C'est cela que l'on appelle l'hérédité, la mémoire impersonnelle.

C'est un mythe imbécile que celui de l'innocence pure de l'enfant qui naît ; aussi imbécile que celui du péché originel.

 

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Le fait de "faire autorité" n'a rien à voir avec l'autoritarisme.

Faire autorité, c'est être reconnu par ses pairs et par les autres comme détenteur d'une connaissance ou d'un savoir-faire de haut niveau, de haute qualité, de haute véridicité.

Sans chercher le paradoxe, on pourrait, sans doute, affirmer que les autoritaristes le sont devenus parce que, précisément, ils ne faisaient pas autorité naturellement.

Faire autorité n'est pas être autoritaire.

 

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Le 15/09/2022

 

Le discours sur l'Etat de l'Union d'Ursula von der Leyen, hier, à Strasbourg, met en évidence cinq problématiques majeures :

 

  • L'indispensable continentalisation forte de l'Euroland (incluant l'Ukraine, l'Ecosse et l'Irlande du Nord, et … Israël et l'Arménie), au-delà et au-dessus des étatismes et des souverainismes d'un autre âge.
  • L'indispensable mise au pas du financiarisme qui fait des profits indécents en spéculant sur les pénuries et les misères qu'elles induiront.
  • L'indispensable développement des technologies énergétiques et numériques loin de toute dépendance envers les autres continents.
  • L'indispensable soutien aux PME virtuoses, fers de lance de l'économie européenne, contre les dinosaures obèses de l'économie de masse.
  • L'indispensable lutte contre l'immigration et l'influence musulmanes dont la culture et les valeurs sont incompatibles avec celles de l'Europe.

 

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L'avenir de l'Angloland …

Démantèlement du Commonwealth.

Délitement des USA.

Sécession de l'Ecosse et de l'Irlande du Nord, et leur réinsertion dans l'UE.

Effondrement économique de l'Angleterre.

Et tout ça avant 2025.

 

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Osho oppose catégoriquement le Dieu personnel et créateur des monothéismes, et la liberté des humains. Ils sont incompatibles selon lui. C'est théologiquement faux et les monothéismes ont férocement bataillé entre eux sur ce point (cfr. par exemple Augustin d'Hippone ou Calvin, etc …).

Lorsque Nietzsche écrit : "Dieu est mort  !" (et non, comme le prétend Osho : "Dieu est mort et l'homme est libre", ce qui serait absurde dans la pensée nietzschéenne), c'est du Dieu personnel et créateur des monothéismes (spécialement celui du christianisme) qui est visé, et pas du tout l'idée du Divin immanent et fondateur de l'unité et de la logicité du Réel (que Nietzsche appelle le Surhumain, ce qui dépasse l'humain).

 

Il n'existe aucun rapport entre l'idée de Dieu/Divin et l'idée de Liberté.

Un Dieu personnel peut très bien - ou pas - être conçu comme "donnant" la Liberté à ses créatures (avec ou sans l'aide de sa grâce ou de sa providence). Tout comme un athéisme matérialiste radical peut très bien nier, avec autant de force, l'existence de Dieu et la réalité de la Liberté dans un monde parfaitement mécaniste et déterministe.

 

Il faut tout poser autrement : que le Réel ait ou pas un fondement "divin" (le Divin immanent étant alors assimilé, comme dit, aux principes d'Unité et de Logicité qui fondent la réalité du Réel), le poids des déterminations naturelles et culturelles sur chaque humain est-il total et absolu, ou partiel et relatif ?

S'il est total et absolu, alors avec ou sans Dieu/Divin, la Liberté n'existe pas du tout.

S'il est partiel et relatif, avec ou sans Dieu/Divin, des chemins de libération dans le champs des contraintes sont possibles, et une autonomie (partielle et relative) peut être construite.

 

Les avancées récentes de la cosmologie de la complexité indiquent clairement que le Réel n'est ni mécanique, ni déterministe et, qu'en montant l'échelle des complexités, on rencontre des systèmes et des processus qui développent des autonomies relatives grandissantes. Osho a donc tort (comme souvent lorsqu'il parle de métaphysique, de cosmologie, de science … ou de pédagogie).

 

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Osho a raison d'opposer les monothéismes occidentaux (les christianismes et les islamismes) et les monismes orientaux (les hindouismes, les bouddhismes, le jaïnisme et le Taoïsme qui inclut le zen japonais qui pratique le dhyâna - méditation - bouddhique, mais vit une philosophie taoïste).

Il oppose, à raison, le Dieu personnel et créateur, et le Divin impersonnel et immanent.

 

Et il me semble que nous sommes en train de vivre la mort de tous ces monothéismes, de l'idée même d'un Dieu personnel qui fut le fondement du cycle civilisationnel occidental (de 400 à 2050).

 

Quant à mon judaïsme (que je n'ai pas cité dans le paragraphe ci-dessus), il est d'une tout autre nature.

Historiquement, le judaïsme était une monolâtrie dans un univers polythéiste (la Bible hébraïque, sauf dans ses livres les plus récents, n'est aucunement un monothéisme, … ni un monisme, d'ailleurs ; elle ne fait pas de métaphysique ni de théologie ; elle parle seulement de la relation entre les Hébreux - étymologiquement : "ceux qui sont passés de l'autre côté" - et ce qui vit autour d'eux, et au-delà d'eux).

Philosophiquement, pour moi, le judaïsme n'est d'ailleurs pas une religion, mais une culture, une éthique, une tradition culturelle et spirituelle, incroyablement multiple (il y a autant de judaïsme que de Juifs, le Talmud ne dit-il pas : "Dès que deux Juifs se rencontrent, il y a déjà trois opinions").

Le judaïsme a été mis à toutes les sauces, selon les lieux et les époques, selon les langues, selon les milieux d'accueil, selon le niveau de persécution ou de tolérance, selon les versions ésotériques et mystiques, ou exotériques et cultuelles, etc …

 

Il demeure néanmoins un tronc unique à cet arbre aux si nombreuses branches et ce tronc, au fond, peut se résumer très simplement : le sens de la vie est de réaliser l'Alliance entre le Ciel (le Divin) et la Terre (l'humain) au moyen de l'étude de la Torat Moshéh. Tout le reste n'est que commentaires.

 

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Osho a aussi raison d'écrire : "(…) nous devons créer une nouvelle spiritualité, sans Dieu et sans religion (…)".

C'est le grand défi de notre 21ème siècle de sortir des religions monothéistes qui, au 20ème siècle, ont accouché d'un nihilisme débilitant (ce nihilisme n'étant, en fait, qu'une révolte rationnelle contre les irrationalités magico-mythologiques de ces religions).

 

Mais le rejet du "religieux" ne peut, en aucun cas, devenir un rejet du "spirituel". Bien au contraire ! L'humain, pour construire un bel avenir, a besoin de donner sens et valeur à la Matière, à la Vie et à l'Esprit, bref : au Réel. Et c'est bien à cela que mène toute ascèse spirituelle : donner sens et valeur au Réel et à l'Âme divine qui l'anime.

 

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Là où Osho a tort, c'est de vouloir bannir toute forme de rituel.

La spiritualité a besoin de rituels pour s'en nourrir, non au titre de dogmes imposés par des clergés autoritaires, mais au titre de symboles proposés par des officiants lumineux.

Il faut des Temples, il faut des Rites, il faut des Symboles visuels, gestuels, musicaux, objectaux, lumineux et verbaux.

Pour méditer autrement qu'à vide, tout seul, dans son coin, accroupi sur son coussin ou son tapis (c'est l'option indianiste d'Osho), il faut nourrir la spiritualité qui, alors seulement, pourra opérer sa manducation.

Méditer, ce n'est pas cultiver la vacuité ; méditer, c'est construire une vraie reliance et une vraie résonance avec le Réel tel qu'il est et tel qu'il va.

Et pour construire, il faut des matériaux, surtout symboliques.

 

C'est la vertu et la raison d'être d'une tradition spirituelle authentique de fournir de tels matériaux qui ont fait leur preuve durant de nombreuses générations.

Une tradition n'impose rien ; elle donne.

 

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La religion permet de se sauver.

La spiritualité permet de s'accomplir.

Mais … il y a tout à accomplir et il n'y a rien à sauver.

 

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Il n'existe ni destin, ni sort (et encore moins de sortilèges) ; en revanche, chacun vit avec une vocation (que l'on peut aussi appeler "destinée" à la condition de bien la distinguer d'un "destin" qui serait imposé, écrit quelque part par une main extérieure), une vocation qui lui est propre et qui "l'appelle" (en latin, "appeler", c'est vocare).

 

S'accomplir, c'est réaliser pleinement sa vocation, c'est-à-dire réaliser pleinement toutes ses potentialités intérieures (dont une bonne part, est héréditaire).

Une graine de tilleul ne donne pas un châtaignier. Mais tous les tilleuls sont différents et uniques.

L'hérédité ne nie nullement la personnalité car un même patrimoine peut être valoriser de mille manières très différentes.

Mais nier les hérédités est proprement absurde.

 

En revanche, il faut se méfier de la réduction de toute personne à ses seuls héritages ; ce faisant, on remplace le "tu peux" par un "tu dois".

Chacun est libre et responsable de ce qu'il fait des héritages et patrimoines (naturels et culturels) qui lui sont confier. Inutile de chercher des excuses ou des boucs émissaires : chacun est seul responsable de ce qu'il pense, dit et fait, chacun est seul responsable de ce qu'il devient.

Il n'y a ni maîtres ni esclaves, il n'y a ni exploiteurs ni exploités, il n'y a ni dominateurs ni soumis ; tout cela ne sont que des excuses pour ne pas assumer ses propres responsabilités intrinsèques.

Chacun est seul maître de sa vie s'il le décide et s'il l'assume.

Seuls des esprits faibles, médiocres et minables peuvent dire : c'est la faute aux autres, c'est la faute aux parents, c'est la faute à la société, c'est la faute aux riches, c'est la faute à Dieu, … c'est la faute au Diable.

 

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Le principe divin, c'est-à-dire le principe immanent d'unité et de logicité du Réel, n'a que faire des humains, de leurs prières ou de leur salut. Pour lui, ces humains ne sont que des ustensiles périphériques au service de son propre accomplissement.

Si ces humains le comprennent et œuvrent dans ce sens, ils s'accompliront eux-mêmes et connaîtront la Joie profonde de vivre.

S'ils ne le comprennent pas et ne le font pas, qu'importe ; qu'ils crèvent !

 

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Parce qu'il a atteint, sur cette planète, le plus haut niveau de développement actuel de l'esprit, l'humain est responsable de l'accomplissement de la Terre (c'est le rôle du premier de classe). C'est sa mission. C'est ce que le Principe divin attend de lui. Et la seule "récompense" à en attendre, c'est la Joie de l'œuvre accomplie ; et la seule punition, c'est la souffrance de l'appauvrissement de la Terre, de son épuisement, de son usure.

La Matière, la Vie et l'Esprit, donc le Réel, s'accompliront de toutes les façons, avec ou sans l'humanité, ailleurs, à un autre moment. Peu importe.

Dieu a le temps …

 

Les chrétiens parlent de l'Amour de Dieu ; mais Dieu n'a aucun sens de ce sentiment humain nommé "amour".

Les musulmans parlent de la Soumission à Dieu ; mais Dieu n'a aucun sens de ce sentiment humain nommé "soumission".

Dieu s'en fout des sentiments humains.

Le Principe divin, immanent au Réel, est amoral : les morales sont des inventions artificielles, purement humaines, pour prévenir et maîtriser le mal que les humains sont capables de se faire entre eux. Dieu n'a rien à voir là-dedans.

 

Le Décalogue donné par la Voix sur le mont Sinaï contient cinq préceptes spirituels qui concernent le Divin et cinq préceptes moraux qui ne concernent que les humains.

 

Les cinq préceptes spirituels qui concernent le "Ciel" :

 

  1. Rejet des esclavages.
  2. Rejet des idolâtries.
  3. Rejet des superstitions.
  4. Respect des patrimoines.
  5. Culte du sacré.

 

Et les cinq préceptes moraux qui concernent la "Terre" :

 

  1. Ne pas assassiner.
  2. Ne pas tromper.
  3. Ne pas mentir.
  4. Ne pas voler.
  5. Ne pas convoiter.

 

Ces cinq derniers préceptes ne concernent pas le Principe divin. Ce sont des affaires humaines, trop humaines.

L'ensemble des dix préceptes constitue la colonne vertébrale de l'Alliance qui vise à unir le Ciel et la Terre.

 

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Parmi les humains, la dépendance est exécrable, et l'indépendance est sclérosante.

La dépendance implique la relation domination-soumission qui est destructive (cfr. Hegel) ; et l'indépendance implique le rejet de l'autre quel qu'il soit, vu comme ennemi importun.

Mais entre ces deux extrêmes, il existe une interdépendance salutaire et enrichissante, construite sur la complémentarité des différences et la communion des efforts.

Cette interdépendance est la condition sine-qua-non de la possibilité d'une autonomie personnelle (comment disposer de mon temps pour écrire, si je ne peux pas compter sur le travail du boulanger ou de l'épicier ?).

 

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* *

 

Le 16/09/2022

 

Tout ce qui est utile est beau.

Tout ce qui est inutile est de trop.

C'est l'utilité qui fait la beauté.

L'esthétisme est un luxe impudent.

 

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Ce n'est parce que la cage est en or rutilant, qu'elle n'est pas une prison, même si la porte est ouverte.

 

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Que faire de la vérité ?

La savourer.

L'appliquer.

 

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Si l'on se sent trop petit et que l'on veut devenir le plus grand, il n'existe que deux méthodes : grandir (c'est la voie aristocratique), détruire tout ce qui est plus grand (c'est la voie populiste).

Mais il existe d'autres issues :

 

  • ne pas se sentir trop petit,
  • ne pas vouloir de venir le plus grand.

 

Assumer joyeusement ce que l'on est.

"Deviens ce que tu es et fais ce que toi seul peux faire" (Nietzsche)

 

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Se battre pour ou contre quelque chose, c'est être esclave de ce quelque chose.

 

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Osho écrit très justement :

 

"Un rebelle est celui qui ne réagit pas contre la société. Il observe et comprend tout le manège et il décide simplement de ne pas en faire partie."

 

Le rebelle est au-dessus de toute idéologie.

Le révolutionnaire est esclave de son idéologie.

 

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Face aux autres, il n'y a que quatre attitudes possibles : l'isolement (le retrait, la fuite - l'érémitisme), la compétition (le combat, le conflit - le droit), la coopération (le compromis, le contrat - la morale) et la communion (construire un projet commun selon les complémentarités - la fraternité).

Ces quatre possibilités ne sont jamais mutuellement exclusives. On peut adopter l'une ou l'autre, selon les circonstances du milieu ou selon les connivences des gens.

 

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Être autonome (donc relativement et partiellement libre), c'est avoir dénoué toutes les dépendances qui font obstacle à la réalisation de son projet de vie, à l'accomplissement de sa vocation, à la construction de son propre Temple intérieur et de ses propres œuvres extérieures, éventuellement en communion et fraternité avec d'autres personnes, si le projet est commun.

 

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Je n'appartiens pas à la société des humains.

Je me moque de toute nationalité.

Mais j'appartiens bien à quelques rares et discrètes communautés de constructeurs d'avenir qui œuvrent en communion et fraternité.

 

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L'humain n'est pas un être en soi. Il est un processus évolutif traversé par des flux de Matière, par des flux de Vie et par des flux d'Esprit.

 

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Il est symptomatique de l'orgueil et du narcissisme humains, de constater l'obstination avec laquelle, depuis des millénaires, les humains font tout ce qu'ils peuvent pour nier leur animalité ou pour dénier, aux autres animaux, certaines caractéristiques qu'ils prétendent être le propre de l'homme, la nature humaine.

 

Or, il est un fait patent : les différences entre les humains et les autres animaux mammifères sont de degré et non de nature, de modalité et non de réalité, existentielles et non essentielles.

L'humain n'est devenu tel que parce que physiologiquement inapte à survivre dans un monde sauvage pour lequel il n'est en rien armé.

Pour survivre, malgré ses faiblesses constitutives, il a dû développer certains talents particuliers, restés plus ou moins en friches chez les autres animaux.

 

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Longtemps, il a été prétendu que seuls les humains possédaient une âme et que les autres animaux n'en possédaient aucun. Faux !

Qu'est-ce que l'âme ? Ce qui "anime" (du latin anima) l'existence de l'intérieur ; c'est l'intention de vie.

Cette intention est le moteur de l'existence. Et les animaux possèdent une telle intention (et les végétaux aussi), ne serait-ce que celle de survivre au mieux et de souffrir le moins.

Âme primitive, peut-être, mais âme tout de même.

En revanche, je connais beaucoup d'humains qui n'ont aucune âme !

 

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L'ascèse spirituelle consiste à faire monter son âme dans l'échelle des intentions, des plus viles au plus nobles, des plus nombriliques au plus universelles.

Faire grandir son âme … et l'accomplir par ses œuvres.

Réaliser son intention de vie, sa vocation de vie, son projet de vie.

Construire le Temple …

 

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Ne jamais confondre "l'autonomie de" (par rapport à une dépendance extérieure) et "l'autonomie pour" (en vue de l'accomplissement d'une intention).

 

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Tout parcours initiatique ou spirituel, se structure en quatre stades et en trois passages.

Premier stade : celui de l'esclave, celui de la dépendance, celui de l'assujettissement.

Premier passage : la libération, la sortie d'esclavage, la construction d'une autonomie.

Deuxième stade : la personne autonome, membre ou pas d'une communauté autonome.

Deuxième passage : l'autonomie pour quoi faire ? au service de quoi ? c'est le passage par la révélation de l'intention.

Troisième stade : la personne autonome au service d'une intention, d'un projet, d'une vocation.

Troisième passage : la purification de la vocation et du projet, la montée dans l'échelle des intentions vers plus de noblesse.

Dernier stade : la réalisation de la promesse et l'entrée dans la Joie de l'accomplissement.

 

Un exemple : la Genèse de l'humain …

 

Premier stade : Adam est prisonnier de l'innocence dans le jardin d'Eden.

Premier passage : Adam sort du jardin d'Eden.

Deuxième stade : Adam devient conscient de la réalité.

Deuxième passage : Abraham quitte la maison de son père vers Canaan.

Troisième stade : Abraham conclut d'Alliance du sans par la circoncision.

Troisième passage : Moïse tue le gardien des esclavages.

Dernier stade : Moïse reçoit la Torah.

 

 

*

 

Le drame de l'humanité est que la grande majorité des humains se complait dans le premier stade, celui de la dépendance et de l'assujettissement, dans des prisons plus ou moins dorées, plus ou moins accueillantes, plus ou moins agréables.

Etienne de la Boétie, le meilleur ami de Michel Eyquem de Montaigne, parlait des "servitudes volontaires". Et ces humains-là sont prêts à s'entretuer à qui mieux-mieux, pour préserver leurs cachots bariolés où on leur jette "du pain et des jeux".

 

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La magie de la croyance est le véritable "opium du peuple", la véritable drogue du commun des humains.

Pour rameuter du monde dans leurs chapelles, les démagogues offrent des croyances religieuses ou idéologiques surtout axée sur deux principes :

 

  • une espérance messianique en un "autre monde", ailleurs ou plus tard, où tout sera idéal faute d'être réel,
  • un blanc seing en irresponsabilité puisque tous les malheurs de ce monde ont pour bouc émissaire un "ennemi du peuple élu", clairement désigné.

 

Pour les chrétiens, l'espérance est le Paradis céleste et le bouc émissaire est le Diable, source de tous les péchés.

Pour les marxistes, l'espérance est le Communisme terrestre et le bouc émissaire est le Capital, source de toutes les misères et de toutes les exploitations.

Et tout à l'avenant, pour toutes les autres religions et toutes les autres idéologies.

 

Vieilles rengaines de la pensée magique qui, à longueur de siècles, mais sur des tons variables allant du martyr sacrifié au révolutionnaire trucidé, distille l'espérance et la déresponsabilisation.

A ces croyances absurdes, il faut opposer les deux grands principes de toutes ascèses spirituelles :

 

  • Il n'y a, ni n'y aura d'autre monde que celui-ci (principe de réalisme), qui n'a que faire des "idéaux" humains de béatitude sainte ou de désaliénation prolétaire, et qui possède sa propre logicité au travers de laquelle chaque humain doit apprendre à construire son propre cheminement vers son accomplissement et sa joie ;
  • Chacun est totalement responsable de ce qu'il est devenu et devient, et il n'existe aucun bouc émissaire (ni de "peuple élu", sauf à s'élire soi-même).

 

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Il faut toujours ne considérer les autres, en général, et les institutions sociétales, en particulier, que comme des champs humains de contraintes ou d'opportunités faisant partie intégrante du Réel.

Il y a opportunité s'il existe une complémentarité entre eux et nos propres potentialités.

Il y a contrainte s'il existe une opposition entre eux,.

Il y a indifférence dans tous les autres cas, neutres.

Mais cette notion de complémentarité ou d'opposition doit toujours être jaugée en regard avec le projet que l'on porte, et avec rien d'autre.

L'autre ou l'institution sociétale n'est jamais bonne ou mauvaise en soi ; ils ne sont que bénéfiques ou maléfiques pour l'accomplissement autonome, personnel ou collectif, du projet que l'on porte.

Opportunisme généralisé, donc, mais sans une once de cynisme !

 

Le problème vient de ceux - et ils sont largement majoritaires - qui n'ont pas de projet de vie, d'intention d'accomplissement, de vocation à réaliser, et qui ne jauge pas pragmatiquement et opportunistement les choses, mais qui les jugent idéologiquement ou moralement. Ceux-là fulminent ou exaltent les autres et/ou les institutions en fonction de ce qu'ils croient être des "valeurs" ou des "idéaux", tous absolus et définitifs.

C'est toute l'opposition qui existe entre idéalisme et réalisme, entre dogmatisme et pragmatisme, entre finalisme et constructivisme.

 

*

 

Méfie-toi de ceux qui, plutôt que d'aimer quelqu'un ou quelque chose, n'aime que l'amour. Ce sont toujours des monstres pour qui rien ne compte.

 

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Ne jamais rien faire "contre". Toujours agir "pour" !

 

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Construire !

Construire ; toujours, partout, en tout.

 

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Agir, c'est devancer.

Réagir, c'est suivre.

Pour agir sans réagir : comprendre et anticiper.

 

*

 

Tous les apprentissages de la vie peuvent déboucher soit sur la constitution d'un patrimoine où l'on peut puiser en cas de besoin, soit sur une collection de conditionnements qui engendrent des réflexes pavloviens.

Le patrimoine est une ressource disponible.

Le conditionnement est une prison stérile.

Mais il ne faut jamais négliger la transmission des patrimoines au prétexte du risque des conditionnements.

 

*

 

La plupart des conditionnements que chacun porte en lui, sont totalement inconscients. On ne se sait pas conditionné ; on croit seulement que ce chemin-là est le seul et on n'en cherchera aucun autre.

 

*

 

En termes politiques, la notion de liberté individuelle (disons plutôt d'autonomie personnelle) a fait couler beaucoup d'encre et de larmes.

Au fond, trois pôles se détachent :

 

  • le totalitarisme qui, par idéologie, veut imposer un "ordre sociétal" mécanique, défini totalement et imposé à tous ( ce type de systèmes ne marche jamais très longtemps car il consomme énormément de ressources pour forcer les gens à vivre contre-nature … sans compter les millions de morts et les milliards de souffrances infligées) ;
  • l'anarchisme qui, toujours par idéologie, rejette toute forme de contrainte et toute forme d'autorité dans les deux sens de ce mot : l'autorité de ceux qui font autorité et celle de ceux qui sont autoritaires (ni dieu, ni maître) ;
  • la libéralisme qui, hors toute idéologie, ne demande qu'une seule chose aux institutions sociétales : garantir l'autonomie personnelle et collective, de chacun et de tous, dans le respect strict de l'autonomie, personnelle et collective, de chacun et de tous les autres.

 

Tout le reste n'est que bavardages, commentaires, nuances ou combinaisons.

 

*

 

Par l'éthique du strict respect de l'autonomie personnelle et collective de chacun et de tous, plus aucun contrôle n'est nécessaire.

L'autodiscipline fonctionne à plein, et ne nécessite aucun autre dispositif.

Le hic est que la grande majorité des humains sont incapables de respecter l'autonomie des autres (ils n'en veulent déjà pas pour eux-mêmes) et qu'ils sont incapables de la moindre autodiscipline.

 

*

 

L'éthique de l'autonomie élimine, de facto, le contrôle et le désordre.

 

*

 

Tant que la bêtise règnera parmi les humains, la loi et le contrôle resteront malheureusement indispensables.

Et la question demeure saignante : élever le niveau de conscience, de responsabilité, d'autonomie et d'éthique de tous les humains peut-il être un projet réaliste et pragmatique, ou n'est-il qu'une rêverie idéaliste et utopique ?

Je penche pour la deuxième branche de l'alternative.

L'accès au Surhumain n'est réservé qu'à une aristocratie spirituelle ; le reste de l'humanité restera et croupira dans sa médiocrité.

 

*

 

Osho écrit avec un certain relent de politiquement incorrect, mais d'historiquement vrai :

 

"Certains pays se sont libérés de l'empire britannique, d'autres de l'empire espagnol ou portugais, mais souvent, leur situation est encore bien pire que lorsqu'ils étaient des colonies."

 

Il est infiniment plus difficile d'être autonome que d'être esclave.

L'autonomie est une ascèse ; elle doit se construire ; elle doit se mériter par des efforts conséquents.

L'autonomie n'est pas un état naturel, mais un état construit, au-dessus de l'état naturel qui est de totale dépendance (cela est vrai pour les personnes comme pour les pays).

L'état d'autonomie n'est accessible que par "les meilleurs", elle est réservée à une aristocratie spirituelle qui ose investir son énergie dans l'abandon des "servitudes volontaires" et de leur confort.

 

*

 

Il ne faut ni se soumettre au monde humain, ni le combattre ; seulement le dépasser et passer au-delà.

 

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La Joie est contagieuse, mais elle se mérite !

 

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La France n'existe pas.

La France ne doit plus exister.

Entre l'Union Européenne et la Région Morvan, il ne doit rien exister d'intermédiaire.

 

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Être Juif, c'est pratiquer une ascèse spirituelle visant l'Alliance du Ciel et de la Terre, dans la tradition de la Torah.

 

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Le 17/09/2022

 

Tout ce qui existe, tout ce qui est un tant soit peu complexe -et tout l'est -, donc tout ce qui est intéressant est ternaire.

Bien sûr le Réel avec ses trois domaines topologique (la spatialité matérielle), dynamique (la temporalité processuelle) et eidétique (la logicité

 

Un bel exemple en est la musique qui allie la mélodie (eidétique), l'harmonie (topologique) et le rythme (dynamique).

 

*

 

La grande majorité des économistes font de la macroéconomie, c'est dire qu'ils jouent avec des indicateurs artificiels et conventionnels macroscopiques (comme le PIB, par exemple, ou la balance des paiements) qui se posent surtout à l'échelon national.

C'est dire combien toutes les doctrines économiques sont imprégnées d'étatisme et se sont elles-mêmes désignées sous le nom d'économie politique (la conjonction de ces deux mots, pour banale qu'elle soit, ne lasse pas d'être oxymorique ; l'économique et le politique sont - et doivent être - totalement étrangers l'un à l'autre : le politique doit garantir les autonomies et l'économique doit fournir les produits et services nécessaires et demandés).

 

Or l'économie réelle est transnationale et se moque éperdument des nations que l'histoire humaine a fictivement enfermées dans des frontières artificielles.

Un exemple : le PIB d'un pays ne tient compte que de l'économie monétarisée légale et donc ignore complètement les économies auto-productrices (tout ce qui est fait "maison" et tous les trocs en nature) ou illégales (tous les trafics mafieux et tout le travail "au noir") qui, dans certains pays, dominent tout le reste.

Autre exemple : le PIB d'un lieu intègre les profits des entreprises dont le siège social est administrativement situé en ce lieu, mais dont les activités réelles, financières ou commerciales, sont totalement étrangères à ce lieu.

Dernier exemple : le PIB ne tient compte que des montants effectivement déclarés par les entreprises et ces déclarations ne tiennent compte que des montants qui "collent" avec les contraintes fiscales locales, le reste étant - ou pas - déclaré ailleurs.

 

L'économie politique joue avec des notions abstraites et conventionnelles : le marché, l'offre, la demande, le taux de chômage, la croissance, la valeur ajoutée, la productivité, le temps de travail, le pouvoir d'achat, etc … qui toutes, sans exception, sont factices et fictives.

La réalité économique ne se réduit pas à ces bobards statistiques et artificiels. La seule économie réelle qui soit, est celle des entreprises réelles et des ménages réels.

 

*

 

La question de base n'est pas : "A quoi sert … ?", mais bien : "Que sert … ?", autrement dit : "Au service de quoi … ?"

 

*

 

YHWH n'est pas Dieu ou un dieu ; YHWH est la Voix du Divin lorsqu'il parle aux Hébreux ("ceux qui sont passés de l'autre côté").

Et ce Divin, c'est Eyn-Sof, le "Sans-Limite".

YHWH-Elohim est la Voix des dieux qui sont les manifestations du Divin.

 

YHWH devrait s'écrire en triangle équilatéral :

 

Y

H

W      H

 

Le Y est la "main", ce qui agit, la Vie cosmique, l'Intention.

Le W est le "crochet", ce qui relie, l'Ordre cosmique, l'Unité.

Le H d'en bas est le "ça", ce qui porte, le Corps cosmique, le Réel.

Et le H central symbolise le quinaire, que sont les cinq livres de la Torah.

 

*

 

Les "Maximes des Pères" (PiRQeY ABWT) dit ceci (1;2) :

 

"Sur trois paroles, le monde [est] debout :

sur la Torah, et sur le Service et sur  la maturité des Bienfaits."

 

On pourrait reformuler ces trois piliers du monde : la Loi d'Ordre, le Processus d'Accomplissement et la multitude des Emergences.

 

Et la misnah 1;18 surenchérit :

 

"Sur trois paroles, le monde [est] debout :

sur la Justice, sur la Vérité et sur la Paix."

 

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Et la mishnah 1;6 dit ceci :

 

"Fais pour toi un Maître (Rav), acquiers pour toi un Compagnon, et un jugement advient avec tout l'humain pour un cap droit."

 

Il faut se donner un Maître et mériter des Compagnons pour atteindre un jugement correct.

 

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De Jean-Luc Godard :

 

"- Quelle est votre ambition dans le vie ?

- Devenir immortel … et puis mourir !"

 

Hier, j'ai regardé "A bout de souffle" … Un navet ! Une apologie de l'addiction à la cigarette et au sexe. De la grossièreté. Aucune histoire. Aucune intrigue. De la branlette anarcho-gauchiste. Rien !

Je comprends que même son complice initial, François Truffaut, ait largué ce pitre minable.

 

*

 

Il est essentiel de bien faire la différence entre l'aristocratie du mérite (les meilleurs dans leur discipline) et les nobliaux héréditaires (des titres nobiliaires sans aucune signification).

Quel dommage qu'en français, on ait pu faire l'amalgame entre ces deux notions tellement contradictoires.

 

*

 

Actualité …

Toutes ces simagrées faites autour du décès de cette potiche absurde et insignifiante que fut la "reine" Elisabeth II d'Angleterre, montrent que le "peuple" a besoin, à la fois, d'un symbole d'espérance (la pérennité d'un "monde" artificiel et cérémoniel aussi archaïque que vide) et d'un symbole de déresponsabilisation (la "mère" protectrice qui veille sur la populace).

Il est urgent de se débarrasser de ces "monarchies" symboliques (Angleterre, Belgique, Luxembourg, Suède, Danemark, Pays-Bas, Norvège, Espagne, etc …) qui n'expriment plus rien d'autre que la nostalgie puérile d'une "union" (par exemple, le Royaume-Uni, le Commonwealth ou la "Belgique" qui amalgame deux ou trois ou quatre populations qui n'ont rien à se dire) et d'une "protection" tutélaires purement fictives.

Ces symboles de nationalisme et de souverainisme national sont, sans doute, un réel obstacle ou frein à la continentalisation de l'Europe.

A bannir définitivement.

 

Mais mon allergie à ces monarchismes désuets et stupides, n'est en rien le signe d'une adhésion ni au républicanisme, ni au démocratisme au suffrage universel.

Ma conviction me porte à un continentalisme principiel et constitutionnel, et à un localisme autonomique et décisionnel, dans le cadre d'un démocratisme au mérite personnel (n'ont le droit de voter que ceux qui prouvent qu'ils le méritent, et ne sont éligibles que ceux qui prouvent qu'ils le méritent).

 

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* *

 

Le 18/09/2022

 

Le chaos qui s'est installé dans le monde humain vers 1975, durera une cinquantaine d'années. Nous devrions en sortir entre 2025 et 2030.

Ce chaos signe le fait que les modèles de régulation du passé ne fonctionnent plus (l'étatisme, le démocratisme, le mercantilisme, le financiarisme, le mécanicisme, le pédagogisme, l'égalitarisme, l'universalisme, …) et qu'un nouveau paradigme doit émerger, sur d'autres bases et sur d'autres principes (voir, en ce sens, ma bibliographie en fin de cet ouvrage).

 

De plus, non seulement nous sortons du paradigme de la Modernité né à la Renaissance (durée de 1500 à 2050), mais nous sortons aussi d'un cycle civilisationnel : celui des idéalismes messianiques né lors de la chute de l'empire romain (durée de 400 à 2050) et porté par des idéologies comme le christianisme, l'islamisme, le socialisme, le populisme, etc …

Double bifurcation, donc.

 

Face à ces fins de cycle, trois attitudes sont possibles :

 

  • L'aveuglement et la croyance que tout va reprendre sa place et continuer comme avant. C'est, selon ma terminologie, la "courbe rouge".
  • Le régression et le passéisme qui visent à restaurer la "gloire" d'antan (le néo-confucianisme de Xi Jinping, le néo-tsarisme de Poutine, le néo-califat d'Erdogan, le néo-islamisme des Frères musulmans, etc …). C'est la "courbe noire".
  • Le deuil du passé et l'accouchement d'un futur à inventer. C'est la "courbe verte".

 

Bien sûr, seule cette troisième attitude a un avenir, les deux autres conduisant, tout simplement, à l'effondrement du monde humain.

Il faut donc assumer pleinement le saut de complexité auquel le monde humain est confronté du fait de sa démographie délirante, du fait des pénurisations de toutes les ressources, du fait des dérégulations fortes de tout l'écosystème, du fait de l'irréversible montée du numérique, du fait de l'échec tant des nationalismes que du mondialisme, du fin de l'exténuation du modèle industriel, etc …

Il faut donc faire son deuil de tout cela. Et, selon le modèle d'Elisabeth Kübler-Ross, l'initiatrice, aux USA, des soins palliatifs, faire son deuil passe par cinq étapes successives :

 

  1. Le déni : non, rien ne meurt, les experts sont des menteurs et des ignares.
  2. La culpabilisation : qui est le responsable du problème ? Où est le bouc émissaire ?
  3. La négociation : comment différer l'inévitable ?
  4. L'effondrement : il n'y a plus rien à faire d'autre qu'à se laisser mourir.
  5. La sublimation : bon, qu'est-ce qu'on fait pour s'en sortir ?

 

Il suffit de lire les journaux ou d'écouter les discours pour comprendre que plus le temps passe et plus l'on progresse dans ce processus. Il semble que la phase de déni soit derrière nous. Mais depuis dix ans, on s'enlise dans les phases intermédiaires.

L'anti-occidentalisme débile en Islamie, en Russie ou en Chine est typique de la culpabilisation.

L'absurde obstination à implanter partout des éoliennes aussi thermodynamiquement absurdes que financièrement non-rentables, relève de la phase de négociation pour différer l'inéluctable (le frugalité généralisée).

Le découragement de plus en plus profond des jeunes générations (notamment en termes d'études, de travail et de couple) est typique de la phase d'effondrement.

Quant à la phase de sublimation et de passage du cap difficile, on en est encore assez loin … alors qu'il y a urgence.

 

*

 

La prospective est une approche globale qui fournit des modèles globaux qui, ensuite, peuvent être appliqués à des secteurs plus spécialisés, à la double conditions de ne rien isoler (tout secteur évolue avec tous les autres) et de bien comprendre que l'avenir n'est pas écrit et qu'il reste à construire … mais pas n'importe comment car tout n'est pas possible, bien loin de là !

Quand on a éliminé tous les impossibles (et il y en a beaucoup), ce qui reste, ce sont les possibles, plus ou moins probables.

 

*

 

Il est terrible de constater que, le plus souvent, les humains refusent d'entendre qu'il existe beaucoup de chemins ou de scénarii impossibles.

C'est l'illustration du funeste et ancestral combat entre "idéalisme" et "réalisme".

Les humains sont d'indécrottables idéalistes qui croient que le Réel va se plier à leurs caprices ou à leurs fantasmes (même lorsque ces caprices et fantasmes sont appelés des "idéaux" : le Réel n'a que faire des idéaux humains).

Les humains préfèrent leurs mythologies (religieuses ou idéologiques) à la cosmologie.

"Eppur si mueve !", aurait dit Galileo Galilei dans le dos des Inquisiteurs.

 

*

 

La technologie n'est pas un but en soi. Elle doit rester un moyen, conçu et utilisé à bonne escient au service d'un projet qui la dépasse.

 

*

 

Il y a eu les "Trente glorieuses" de 1945 à 1975.

Il y eut ensuite les "Trente piteuses" de 1975 à 2005.

Et puis, c'est le tour des "Trente calamiteuses" de 2005 à 2035 (guerre d'Irak de 2003 à 2011, crise des subprimes en 2007 et 2008, guerre en Libye en 2011, attentats islamistes à Paris en 2015, à Nice et à Bruxelles en 2016, présidence US de Donald Trump de 2017 à 2021, Brexit en 2020, pandémie Covid en 2020 et 2021, guerre en Ukraine en 2022, crise énergétique à partir de 2022, …).

Ensuite : soit l'échec dans l'effondrement (collapse), soit la réussite dans l'émergence.

 

*

 

Chaque monde humain se construit sur sept piliers :

 

  • sa spiritualité qui définit son projet global et ses valeurs éthiques,
  • sa culture qui englobe ses connaissances et les modes de sa transmission,
  • son organisation qui intègre ses outils juridiques et technologiques,
  • son imagination qui induit sa capacité d'innovation et de créativité,
  • son économie qui règle la satisfaction de ses besoins,
  • son écologie qui traduit ses rapports à son écosystème.
  • sa politique qui exprime sa manière d'harmoniser les six autres.

 

Ces sept piliers définissent un modèle civilisationnel (durée de 1650 ans en moyenne) qui se déclinera en trois paradigmes successifs de 550 ans chacun, environ :

 

  • le premier construit,
  • le deuxième exploite,
  • le troisième critique.

 

*

 

La pensée de Thierry Gaudin s'est élaborée surtout dans les années 1980 et sa croyance est forte en une mondialisation triomphante au-delà des différences culturelles : triomphe attendu, donc, de ce que l'on appelle aujourd'hui l'occidentalisme ou le modèle occidental (démocratisme, financiarisme, mercantilisme, technologisme, universalisme, etc …) qui avait également été chanté par Francis Fukuyama après la chute du mur de Berlin en 1989 sous le titre de : "La fin de l'histoire".

 

Les trente années qui ont suivi leur ont largement donné tort. La mondialisation est moribonde et le monde humain se transforme en un réseau d'interdépendances entre des continentalisations rapides (huit continents culturels distincts que j'ai appelés : Euroland, Angloland, Latinoland, Afroland, Islamiland, Russoland, Indoland et Sinoland),

 

On constate d'ailleurs facilement que les zones de guerre, aujourd'hui, correspondent parfaitement aux zones de frictions tectoniques entre continent.

Ukraine, Pologne et pays baltes entre Euroland et Russoland.

Israël et Arménie entre Euroland et Islamiland.

Taïwan entre Sinoland et Angloland.

Mali entre Islamiland et Afroland.

Mur mexicain entre Latinoland et Angloland.

Tibet entre Sinoland et Indoland.

Pakistan et Afghanistan entre Indoland et Islamiland.

Mongolie entre Sinoland et Russoland.

Ecosse entre Euroland et Angloland.

 

Ce sont ces "frictions tectoniques" qui seront les foyers des conflits de demain, conflits plus économiques, technologiques et politiques que réellement militaires. Tout le monde - à peu près - sait, aujourd'hui, qu'à l'issue d'une guerre militaire, il n'y a que des perdants.

 

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* *

 

Le 19/09/2022

 

Un proverbe militaire ...

 

"Donne du pouvoir à un imbécile, et il en abuse."

 

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Tout est flux.

Tout est processus.

Il n'existe pas d'objet matériel.

Ce l'on appelle "objet" n'est que processus encapsulés sur eux-mêmes.

Le Devenir d'Héraclite d'Ephèse a triomphé définitivement de l'Être de Parménide d'Elée.

La physique quantique ne dit rien d'autre et triomphe définitivement du mécanicisme qui décrivait l'univers comme un assemblage de briques élémentaires interagissant par des forces élémentaires, selon des lois élémentaires. L'univers est un vaste organisme vivant où tout n'est que flux et interférences.

 

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Le contrat de travail est un contrat privé entre l'entreprise et l'employé. Ce n'est pas à l'Etat de fixer l'âge de la retraite ou la durée hebdomadaire du travail, ni la teneur des contrats privés d'assurance concernant la retraite, le chômage ou la maladie.

Il faut que l'Etat cesse de s'occuper de l'économie en général et de ce qui est doit rester de l'ordre privé en particulier. Il est temps que chaque citoyen redevienne totalement responsable de ses propres autonomies et de ses propres interdépendances.

 

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Notre monde est beaucoup trop bruyant.

 

Même dans nos chemins des collines morvandelles, pas un jour sans croiser des imbéciles de cyclistes ou joggers dopés par des "musiques" tonitruantes (et qui se plaignent de ne plus rencontrer d'animaux …).

Et ces saletés de "sports" à moteur (quads et motos dans nos bois, jet-sky et hors-bords sur nos lacs).

Quand ce ne sont pas des voitures "sport" décapotables (rouges, de préférence) avec radio à fond.

 

Quand donc réapprendrons-nous les vertus du silence ?

Le bruit, quoiqu'en pensent les crétins, ne comble en rien leur grand vide intérieur.

 

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D'Edgar Morin :

 

"Mais vous savez, on ne peut penser l’avenir que si on a conscience du passé et de ce qui se passe dans le présent. On ne peut pas penser à l’avenir tout seul. Et aujourd’hui, l’avenir dépend de ces grands courants qui traversent l’humanité et qui sont menaçants et régressifs. Donc, je pense qu’il est urgent de penser l’avenir. Pourquoi ? Parce que jusqu’à présent, on croyait que l’avenir, c’était une sorte de ligne droite qui allait continuer. Il faut imaginer les différents scénarios. Il faut être vigilant. Il faut s’attendre à l’inattendu pour savoir naviguer dans l’incertitude. Il y a toute une série de réformes, la façon de penser, de se comporter, qui sont nécessaires aujourd’hui."

 

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De Rita Levi-Montalcini (prix Nobel de médecine) :

 

"Donne de la vie à tes jours plutôt que des jours à ta vie."

 

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Expression québecquoise :

 

"Une manière infaillible d'identifier les bons nageurs,

c'est d'organiser un naufrage."

 

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Le hacking positif ...

 

"Dans la guerre qui oppose la Russie à l'Ukraine, le célèbre réseau de hackers Anonymous a clairement choisi le camp de Kiev. Après avoir pris le contrôle de nombreuses caméras de surveillance dans diverses villes russes, ainsi que de plusieurs sites Internet lui permettant de diffuser des messages dénonçant l'invasion russe. Dernièrement, il s'est attaqué au réseau de taxis moscovites. En piratant l'application Yandex Taxi, qui permet d'appeler un véhicule, il a provoqué un embouteillage montre au cœur de Moscou ! Les hackers ont simplement commandé tous les taxis disponibles au même endroit, c'est-à-dire au niveau de Kutuzovsky Prospekt, l'avenue principale de la capitale russe. Une forme de manifestation sans risque d'arrestations ..."

 

Voilà qui est réjopuissant !

 

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Un cycle paradigmatique dure, en moyenne, 550 ans (Hellénité de -700 à -150, Romanité de -150 à 400, Christianité de 400 à 950, Féodalité de 950 à 1500, Modernité de 1500 à 2050).

Mais chaque cycle connaît une structure interne en trois phases (illustrées pour la Modernité) :

 

  • Construction : 200 ans (philosophie humaniste et rationaliste).
  • Apogée : 150 ans (délires royaux, révolutionnaires et impériaux).
  • Dépassement : 200 ans (hystérie industrielle et idéologique).

 

Ainsi, la Modernité, à partir de 1850 environ, lance d'immenses projets d'investissement en Europe et de colonisation hors Europe, qui vont entraîner, à la fois, un vaste essor économique et social, trois grandes guerres (1870-1871, 1914-1918, 1939-1945) et une explosion idéologique et totalitaire (communismes, fascismes, nazisme, socialisme, populisme, illibéralisme).

 

A partir de là, après les "Trente glorieuses" qui instaurèrent une paix politique "froide", une décolonisation générale et une prospérité économique globale, le constat est clair : le dépassement des institutions modernistes est consommé, le monde est face à un saut énorme de complexité que ces institutions ne sont plus capables de (di)gérer. On entre dans la zone chaotique des "Trente piteuses", suivies par les "Trente calamiteuses" où le nouveau paradigme (celui de la Noéticité) germe et se développe sur d'autres bases, d'autres principes et d'autres valeurs.

Ce nouveau paradigme devrait supplanter la Modernité entre 2035 et 2050.

 

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Thierry Gaudin divise ce qui était pour lui "l'avenir proche" en trois périodes successives de quarante années :

 

  • 1980 à 2020 ou les sociétés du spectacle : virtualité numérique et logicielle (déconnexion d'avec le Réel) ; manipulation politique (gangrène médiatique) ; financiarisme spéculatif (l'économie entrepreneuriale subvertie par l'économie financière) ; montée des inégalités (culturelles plus que matérielles).
  • 2020 à 2060 ou les sociétés de l'éducation : cohabitation de deux mondes, à l'intérieur de chaque ville : les quartiers chics et éduqués, et les banlieues incultes et violentes, lieux de tous les trafics ; montée de toutes les intolérances, de tous les contrôles et de tous les hallucinogènes tant chimiques que médiatiques ; reprise en main des systèmes éducatifs au sens de la conformation et d'une normalisation des esprits ; colonisation de grands espaces marins et sous-marins ; tendance écologique lourde de réhabilitation des campagnes et de la Nature (reforestation, purification et enrichissement des sols et des cours d'eau).
  • 2060 à 2100 ou les sociétés de la créativité : réaction forte contre les conformismes débilitants ; célébration de toutes les autonomies et de toutes les créativités ; Mosaïcisation des sociétés en petites communautés ou tribus ; généralisation de toutes les frugalités.

 

A l'heure où j'écris, en fin de 2022, trois remarques se proposent :

 

  • Les choses se passent plus vite que prévu.
  • Les grands thèmes annoncés sont visibles (sauf, sans doute, la reprise en main des systèmes éducatifs en vue d'une renormalisation des esprits … et tant mieux).
  • Une bipolarisation beaucoup plus marquée des sociétés entre une masse de plus en plus inculte et une élite (non-économique) de plus en plus orientée vers la vie spirituelle et intérieure.

 

Une dernière remarque, Thierry croit en une démocratie croissante mais ralentie avec 10.5 milliards en 2060 et 12 milliards en 2100.

Les démographes d'aujourd'hui tablent sur un maximum maximorum de 10 milliards vers 2050, mais une décrue, ensuite, avec un retour aux alentours de 7 milliards vers 2100.

C'est une bonne nouvelle, mais cette décrue est beaucoup trop lente. Il faut que l'on soit redescendu sous la barre des deux milliards un peu après 2150.

 

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Je ne crois absolument pas à ce métissage généralisé, censé être engendré par la mondialisation et la démocratisation des transports au long cours.

Cette vision était celle du sursaut humaniste et universaliste des années 1970, période post-soixante-huitarde où sévissait encore le tiers-mondialisme (un gauchisme planétaire et benoitement égalitariste).

 

Aujourd'hui, ces contes pour enfants sont morts. Aujourd'hui, tout le monde lutte contre les flux migratoires illégaux et tente de sauver ces villes pourrissant dans le lèpre des banlieues immigrées.

 

La continentalisation est en route, faisant de l'humanité un réseau interdépendant de huit bassins culturels autonomes et incompatibles entre eux.

De plus, la raréfaction de tous les carburants rendra les transports au long cours totalement prohibitifs. Nous entrons dans une ère du "chacun chez soi" (et non du "chacun pour soi") ou, plutôt, du "chacun dans son bassin culturel" (ce qui n'empêche nullement, tout au contraire, de vastes flux commerciaux pacifiques entre ces nouveaux continents).

 

Quant au métissage interracial et interculturel, il suffit d'observer les choses pour voir que, sauf de rares exceptions qui, la plupart du temps, tournent mal, l'homme et la femme du couple appartiennent au même bassin ethnoculturel (ce qui est la conséquence d'un simple bon sens génétique, esthétique, linguistique, artistique et éthologique).

Un rossignol n'épouse pas une fauvette !

 

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Il était de bon ton, dans les années 1970, d'affirmer que la "civilisation" musulmane des califats de Bagdad ou de Cordoue, entre le 10ème et le 12ème siècle, était largement supérieure à celle d'une Europe médiévale, féodale, ignare et arriérée. C'est faux !

La "civilisation" musulmane est une civilisation du pillage systématique des cultures envahies en Inde, en Perse, au Maghreb, au Proche-orient, en Ibérie, en Grande-Grèce, etc …

Au 10ème siècle, par exemple, l'art roman bâtissait des monastères magnifiques où les œuvres philosophiques antiques, conservées et transmises par l'empire byzantin, était connues et étudiées, mais considérées comme inférieures à la pensée chrétienne (foisonnante entre 400 et 1048 et éblouissante à l'âge gothique).

Les hordes musulmanes n'ont jamais rien créé, jamais rien inventé, jamais rien conçu ; elles ont pillé, amassé et exploité. C'est tout.

 

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L'histoire réelle est celle des connaissances et des techniques, pas celle des princes et de leurs batailles.

Le politique a toujours été inféodé au noétique et à l'économique et ne l'a jamais accepté.

 

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Ce sont les techniques qui forgent les paradigmes et les civilisations ; et non l'inverse.

Le principe de Gabor s'applique depuis toujours : "Tout ce que la technique permet, l'humain le fera".

Le monde de demain germe déjà sur fond de numéricité.

 

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Un paradigme, quel qu'il soit, est constitué des réponses aux sept questions générales qui circonscrivent la logicité d'un processus complexe :

 

  1. Quelle est la finalité recherchée ? Quelle est l'intention ?
  2. Quels sont les patrimoines qui peuvent être valorisés ?
  3. Quelle est la vision globale du monde ?
  4. Quelles sont les relations et échanges privilégiés avec l'extérieur ?
  5. Quel est le modèle fondamental d'organisation ?
  6. Quels sont les domaines d'innovation prioritaire ?
  7. Comment optimiser et harmoniser ces six pôles ?

 

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Le 20/09/2022

 

Il est vraiment essentiel de réviser de fond en comble notre vision de l'histoire humaine, non pas comme une progression linéaire ponctuée par des personnages ou batailles spectaculaires, mais bien comme une concaténation de cycles intriqués, sur différents niveaux de durée, qui connaissent, chacun, un phase de construction, une phase d'apogée et une phase de dépassement suivie d'une phase chaotique qui aboutit soit sur un effondrement cataclysmique, soit sur l'émergence du cycle suivant.

 

Cette histoire humaine possède sa logicité propre, mais globale. Les gesticulations politiques, économiques et sociales n'y jouent qu'un rôle mineur, seulement sur le court terme.

Le seul moment d'indétermination profonde est celui de l'émergence à partir du fond chaotique ; là, plusieurs scénarii sont possibles (comme on le sait depuis que la théorie du chaos a mis "l'effet papillon" en évidence).

Une fois émergé du chaos initiateur, chaque cycle paradigmatique a sa logique propre qui se déroulera jusqu'à son effondrement final, quoique les humains fassent.

 

En guise de métaphore, on peut voir la chose comme la construction et l'occupation d'une maison :

 

  1. L'effondrement du cycle précédent et la période chaotique qui l'a suivi, a fait place nette ; le terrain est prêt.
  2. Alors débute la vraie phase créative : les plans d'architecte.
  3. Phase de construction : le chantier démarre avec ses aléas, ses adaptations, ses heurs et malheurs, mais fondamentalement, le chantier suit cahin-caha le déroulement prévu.
  4. Phase d'apogée : une fois la maison construite - plus ou moins bien … -, on l'habite et on la décore de mille manières, plus ou moins imaginatives ; mais sans que la maison soit transformée ; elle reste identique à elle-même, dans la logique de son plan.
  5. Phase de dépassement : puis la maison commence à ne plus être adaptée au nombre et aux vœux de ses habitants et l'on commence des travaux d'agrandissement, de réaménagement, de réparations, etc … Les matériaux de la maison commence à vieillir et vont arriver en fin de vie ; les travaux d'aménagement ont, de plus, ébranlé les structures : des fissures et des crevasses apparaissent, le bâtiment se délabre, doucement mais sûrement, irréversiblement, et de plus en plus vite jusqu'à l'effondrement.
  6. Et le cycle, alors, peut recommencer par une phase chaotique où l'on s'abrite comme l'on peut dans les ruines encore debout, mais où les architectes doivent dare-dare repenser de nouveaux plans pour la nouvelle demeure qui devra correspondre aux nouveaux cahiers des charge.

 

Nous vivons une telle époque d'effondrement du paradigme d'avant, de fond chaotique et d'émergence du paradigme d'après. Mais qui sont les "architectes" qui vont établir les plans pour le chantier qui commence ?

Qui que soient ces           architectes, il faudra répondre au sept questions de fond qui définiront la logicité du nouveau paradigme :

 

  1. Quelle est la finalité recherchée ? Quelle est l'intention ?
  2. Quels sont les patrimoines qui peuvent être valorisés ?
  3. Quelle est la vision globale du monde ?
  4. Quelles sont les relations et échanges privilégiés avec l'extérieur ?
  5. Quel est le modèle fondamental d'organisation ?
  6. Quels sont les domaines d'innovation prioritaire ?
  7. Comment optimiser et harmoniser ces six pôles ?

 

Qui donc va y répondre ?

Certainement ni les politiciens (qui s'occupent, plus ou moins correctement, du présent), ni les historiens (qui se débattent avec le passé).

Encore moins les idéologues qui n'ont qu'une seule idée : imposer leurs fantasmes archaïques.

Qui, alors ?

Les entrepreneurs qui lancent des projets innovants. Les technologues qui inventent des outils nouveaux. Les prospectivistes qui indiquent des chemins possibles et soulignent les options impossibles. Certains intellectuels plus lucides que ces autres figés dans le court terme de la notoriété.

 

Ce travail architectonique est donc très dispersé, très fragmentaire, très hétéroclite, laissant au chantier une large marge d'improvisation, d'essais et erreurs.

 

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Avec la dématérialisation numérique de (presque) tout, est-on en passe de clore l'ère scripturale (l'écriture a été inventée autour de la Judée il y a un peu plus de 5500 ans, environ), et d'entrer dans une nouvelle ère de communication audio-visuelle et numérique ?

 

L'illettrisme et l'innumérisme ne font qu'augmenter dans les pays développés occidentaux, depuis 50 ans. Ils s'accélèrent avec la démocratisation des outils numériques.

Un bachelier en 1970 pouvait utiliser 2000 mots à bon escient : aujourd'hui, on est tombé à 800 mots, voire 300 mots dans les banlieues difficiles.

Peut-on parler de victoire du numérique ou de victoire de l'ignorance et de la crétinisation ?

 

La réalité du Réel peut être captée, transmise et observée en temps réel grâce à l'audiovisuel numérisé. C'est un fait. Mais la culture se limite-t-elle à la seule observation de la réalité du Réel.

Il y a une différence radicale entre "voir", " savoir" et "connaître".

Il faut voir pour savoir et savoir pour connaître. Mais le savoir (la description de ce qui a été vu) et la connaissance (la compréhension structurée de ce qui est su) nécessitent un langage sophistiqué pour être formulés, validés, communiqués et enseignés.

 

Un langage, quel qu'il soit, c'est un vocabulaire (lexique), une grammaire (syntaxe) et un support technique (papier et encre, écran et spot lumineux, …).

C'est la richesse des vocabulaires et la logicité des grammaires qui fondent l'efficacité d'un langage. Le support amplifie cette efficacité, mais ne la remplace jamais.

Que de nouveaux langages et de nouveaux supports soient en émergence, c'est indéniable. Mais il ne faut pas croire que ces innovations puissent remplacer l'immense effort qui est indispensable pour acquérir et maîtriser un langage, quel qu'il soit.

Un esprit faible aura un langage faible quelle que soit la technologie utilisée.

Un crétin numérisé reste un crétin !

 

Une remarque : le calendrier juif nous fait entrer dans quelques jours en l'année 5783. La tradition fait remonter l'origine de ce comput au début de l'histoire de l'humain sur Terre ; or l'histoire ne peut démarrer qu'avec l'écriture née dans la première moitié du 4ème millénaire avant l'ère vulgaire. Ce comput est donc étonnamment pertinent.

 

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Malgré les travaux de Dennis Meadow et de son équipe ("The limit of growth"), malgré les crises pétrolières de 1973 et de 1979, Thierry Gaudin, dans les années 1980, adhère à cette funeste mythologie qui voudrait que les progrès technologiques pallient "sans problème" les pénurisations des ressources matérielles.

C'était effectivement la grande foi du charbonnier des "Trente piteuses" (de 1975 à 2005) ; une foi orgueilleuse en l'omnipotence du génie humain.

Depuis, On a bigrement déchanté …

Cette mythologie de l'anti-décroissance a, entre autres, promu, jusqu'au délire, les technologies dites "douces" ou "renouvelables" du genre "éoliennes" ou "panneaux photovoltaïques ou "voitures électriques" … alors qu'elles engendrent de vastes et profonds dégâts écologiques, tout en surconsommant de grandes quantités de matériaux rares, non renouvelables.

 

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L'idée même de "métavers", d'un univers parallèle et fictif, d'un univers virtuel, est vieux comme le monde ; toutes les religions et toutes les idéologies sont des métavers.

Ici, le numérique permet seulement de les représenter visuellement grâce à des technologies venues des jeux vidéos.

Mais qu'est-ce qu'un métavers sinon un jeu vidéo artificiel et onirique, sans la moindre importance, sans le moindre lien avec le Réel ?

Un métavers est un lieu virtuel de fuite pour les handicapés du Réel.

 

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Les années 1980 étaient encore bercées par l'illusion technologique.

Dernier stade messianiste de notre civilisation finissante qui commença à la chute de l'empire romain vers 400 de l'ère vulgaire.

Messianisme chrétien, d'abord, puis catholique, puis moderniste avec les humanistes (16ème s.), les rationalistes (17ème s.), les "Lumières" (18ème s.), les scientistes (19ème s.), puis, au 20ème s. : les nationalistes, les socialistes, les populistes, les communistes, les industrialistes, les gauchistes, les tiers-mondistes, … et les technologistes.

 

Au cœur de ce messianisme, bat toujours le même cœur puéril : il faut sauver l'humanité et l'amener, enfin, vers la béatitude éternelle. En finir avec les labeurs et les souffrances. En finir avec les misères et les maladies. En finir aussi avec la mort, selon les transhumanistes récents.

 

Il est temps de comprendre que ce qui fait la richesse et la valeur de la vie, ce sont sa finitude et ses épreuves, ses aléas et ses embuches.

Une révolution spirituelle est en marche qui jettera enfin tous les messianismes par-dessus bord.

Il n'y a rien à sauver.

Il y a tout à vivre.

Il y a tout à construire.

Il n'y a aucun autre monde, ni ailleurs, ni plus tard.

Il n'y a que ce monde-ci qui fait son propre chemin vers son propre accomplissement.

 

La béatitude éternelle serait la pire des punitions, la pire des tortures, le pire des ennuis.

Aujourd'hui, le problème de l'humanité tient en peu de mots : il y a beaucoup trop d'humains sur une planète trop petite dont les ressources fondent à vue d'œil.

La solution tient en deux sentences : la décroissance démographique pour redescendre sous la barre des deux milliards d'habitants et la décroissance consommatoire pour descendre sous la barre de la consommation moyenne d'un Européen en 1925.

 

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Quel serait le profil parfait du nouveau paradigme en émergence ?

Pour répondre à cette question, tentons de répondre aux sept questions paradigmatiques et pragmatiques énoncées plus haut …

 

  1. Quelle est la finalité recherchée ? Quelle est l'intention ? Construire, renforcer et garantir l'autonomie personnelle et collective à tous les niveaux, dans l'interdépendance de tous, dans le respect radical des autonomies des autres, dans la paix et dans le respect des différences qui sont autant de chances de complémentarité.
  2. Quels sont les patrimoines qui peuvent être valorisés ? Les patrimoines immatériels constitués par la Sagesse (spirituelle) et la Connaissance (scientifique) dans les acceptions les plus larges de ces deux notions.
  3. Quelle est la vision globale du monde ? L'humanité, comme tout ce qui existe, n'est qu'un processus comme les autres qui n'existe que comme moyen d'accomplissement du Réel pris comme un Tout organique et vivant ; la mission humaine, dans le Réel, est de contribuer à faire émerger l'Esprit, à partir de la Matière et de la Vie, sur cette planète.
  4. Quelles sont les relations et échanges privilégiés avec l'extérieur ? Pour chaque humain, l'éthique de vie consiste à chercher l'accomplissement de soi et de l'autour de soi au service de l'accomplissement du Réel ; cela signifie la plus grande frugalité dans l'usage des ressources naturelles, et le plus grand respect de la Matière, de la Vie et de l'Esprit sous toutes leurs formes.
  5. Quel est le modèle fondamental d'organisation ? Le vieux modèle hiérarchique pyramidal est mort ; il est trop pauvre en relations et interactions pour relever les défis de la complexification du monde ; toutes les organisations humaines doivent migrer vers un modèle de fonctionnement en réseau de petites entités autonomes, en interactions réciproques fortes et fédérées par un projet commun, fort et noble.
  6. Quels sont les domaines d'innovation prioritaire ? Ceux de l'immatériel ; ceux de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi ; ceux de la respiritualisation de la Vie ; ceux de la robotisation intégrale de toutes les tâches matérielles ; ceux de la décroissance démographique ; ceux de l'amplification de la joie de vivre dans le Réel, par le Réel, avec le Réel, pour le Réel ; ceux de l'apprentissage de l'autonomie, du vivre en paix et de la réalisation de sa propre vocation.
  7. Comment optimiser et harmoniser ces six pôles ? Par le développement profond, au niveau de chaque personne, d'une autonomie de vie et d'une éthique de vie ; par la mise en place de systèmes efficaces de lutte drastique contre les crimes de lèse-autonomie et de lèse-éthique.

 

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Plus les humains se préoccupent de leurs affaires personnelles (et la révolution numérique va bien dans ce sens en reliant tout le monde à tout le monde), moins ils ont de temps pour le soi-disant "intérêt général".

Alors, de deux choses l'une :

 

  • ou bien, ce soi-disant "intérêt général" n'est que la résultante globale de tous les intérêts particuliers et il n'est nul besoin de s'en occuper : c'est la thèse libertarienne ;
  • ou bien, l'intérêt général est une réalité indépendante de la somme des intérêts particuliers, et il faut s'en occuper :
    • au titre d'une logistique infrastructurelle et d'une garantie des autonomies, personnelles et collectives, c'est la thèse libérale ;
    • au titre d'un centre de pouvoir idéologique chargé de prescrire le "plan" à respecter pour la vie à société : c'est la thèse autoritaire, voire totalitaire.

 

Quoiqu'il en soit, le fait que l'immense majorité des humains n'ait plus ni l'envie, ni le temps de s'occuper de "l'intérêt général" ouvre en grand les portes à tous les autoritarismes et à tous les totalitarismes où pourront s'engouffrer tous les apprentis-dictateurs, pourvu qu'ils soient bien démagogues (ce qui n'est guère difficile avec les actuels médias numérisés et omniprésents)

 

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L'actuelle mutation paradigmatique implique la dissolution de tous les pouvoirs traditionnels.

La Modernité avait remplacé le pouvoir de l'Eglise féodale par celui de l'Etat, comme la Christianité avec remplacé le pouvoir de l'Empire par celui des Monastères, alors que la Romanité avait balayé le pouvoir des Cités.

 

Aujourd'hui, le pouvoir des Etats est totalement obsolète : les institutions étatiques sont à la fois trop spatialement restreintes pour embrasser des problématiques globalisées et globalisantes, et trop structurellement pauvres (elles sont quasi toutes des pyramides hiérarchiques, bureaucratiques et fonctionnaires) pour assumer la complexité croissante du monde réel.

 

La réticularisation généralisée des mondes politiques, économiques et noétiques fait émerger des réseau denses et vastes de petites entités autonomes qui se reconnaîtront de moins en moins dans les institutions centralisées de pouvoir.

La faune des grands patrons, des hauts fonctionnaires et des éminents professeurs va disparaître.

 

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L'interconnexion de tous avec tous et tout, dilue radicalement toutes les formes de pouvoir centralisé et normatif.

Un message sur la Toile circule beaucoup plus vite (100.000 km/sec) qu'un car de CRS sur la route (100 km/h). Le rapport est de 1 pour 3,6 millions.

 

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Les vieilles frontières étatiques et douanières n'arrêtent ni les pollutions aériennes ou phréatiques, ni les dérèglements climatiques, ni les pandémies, ni les messages numériques.

Les communautés transnationales prennent de plus en plus d'ampleur et d'importance.

 

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J'adore cette phrase de Thierry Gaudin, tellement vraie :

 

"Les valeurs du professionnalisme montent : être compétent, tenir ses engagements, connaître ses limites, livrer à temps un service de qualité, payer dans les délais … Combien de nouveaux venus croient que la cupidité est la seule valeur commune de l'économie de marché, enseignée par des griots incompétents, qui psalmodient leur hymne au profit.""

 

La rupture est en train d'être consommée entre l'économisme entrepreneurial et le financiarisme spéculateur.

Il faut n'avoir jamais fréquenté les fondateurs et patrons de PME pour croire que leur profit personnel est leur moteur ; ce moteur c'est bien plutôt la passion d'un métier et d'une aventure humaine.

Il faut tourner la page des invectives gauchistes contre le "capitalisme" (un mot qui ne veut rien dire - le financiarisme est haïssable, le libéralisme est vital) ; le monde qui vient sera le fait des entrepreneurs. Et leur leitmotiv tiendra en un seul mot : virtuosité !

 

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Il faut impérativement en finir avec les étatismes.

L'avenir est aux continents (les huit bassins culturels cités plus haut) comme réseaux denses de régions économiquement et socialement autonomes.

Les institutions continentales (comme la Commission européenne, n'existant que pour garantir strictement les autonomies personnelles et collectives.

 

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Une connaissance, un savoir, une information ne valent que par ce qu'on en fait. Ils n'ont aucune valeur intrinsèque.

 

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Les algorithmes (faussement appelés "intelligence artificielle") sont des outils de simulation. Rien de plus et rien de moins.

Mais simuler n'est pas reproduire à l'identique ; c'est seulement faire grossièrement et simplistement "semblant", c'est imiter en apparence, c'est leurrer.

Un algorithme ne fait que combiner, de façons plus ou moins sophistiquées, des comportements programmatiques en les combinant parfois au moyen d'autres algorithmes où l'on peut glisser un peu d'aléatoire de façon à donner l'illusion d'une créativité ou d'une originalité apparentes.

Mais l'algorithme n'a aucune conscience (et n'aura jamais aucune conscience) de ce qu'il produit : il est une machine sans âme qui exécute des programmes tout ce qu'il y a de plus artificiels.

 

Le numérique amplifie les talents et capacités humains, mais il ne s'y substitue jamais, puisqu'il dépend exclusivement d'eux.

 

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Selon Alvin Toffler, lorsque le choix devient si pléthorique que les esprits faibles s'y perdent, ceux-ci ont deux issues :

 

  • l'intégrisme ou le tribalisme qui refusent le choix et promeuvent la doctrine,
  • le laxisme, l'attentisme ou la fatalisme qui refusent de choisir et laissent aller.

 

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Le 21/09/2022

 

La Matière (la substantialité), la Vie (la vitalité) et l'Esprit (la logicité) sont des hypostases inhérentes eu Réel qui lui sont intrinsèques et immanentes.

Ces hypostases se manifestent ensemble dans les organismes c'est-à-dire dans des encapsulations autonomes, affirmant une identité reconnaissable, avec une frontière perméable entre le "dedans" et le "dehors".

Cela est vrai pour la moindre cellule vivante, comme cela est vrai pour chaque communauté humaine où l'on peut parler d'un corps collectif, d'une vie collective et d'un esprit collectif.

 

Mais il faut se garder de tomber dans les pièges du réductionnisme et du mécanicisme propres à la Modernité.

La Matière n'est jamais réductible à des assemblages de particules élémentaires.

La Vie n'est jamais réductible à une biochimie cellulaire.

L'Esprit n'est jamais réductible à une électrobiologie neuronale.

Matière, Vie et Esprit sont des modalités cosmiques bien antérieures à toutes leurs manifestations.

 

Il faudrait abroger la notion d'individu (nettement isolable et radicalement indivisible - ce qui n'est jamais le cas) et la remplacer par la notion de "personne" (ce masque théâtral au travers duquel sonne la voix de l'acteur invisible qui se cache derrière).

On pourrait alors, à la rigueur, dans le monde humain, parler d'une personne individuelle (un "ego") à la condition, alors, de pouvoir parler d'une personne collective (un couple, une entreprise, une association, une communauté spirituelle, etc …).

Alors, une personne devient une manifestation particulière, locale et temporaire de Matière incorporée, de Vie existentielle et d'Esprit pensant.

 

Le grand leitmotiv du nouveau paradigme sera, dans la stricte réciprocité, le respect et l'autonomie des personnes qu'elles soient "individuelles" ou "collectives".

Nous passons d'un monde institutionnel normatif à un monde personnel autonomique.

 

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La technologie humaine peut aider la Nature à mieux renouveler les ressources indispensables qu'elle nous procure, mais il faut cesser de croire aux miracles.

La technologie ne peut que contribuer à améliorer marginalement les rendements naturels. Rien de plus.

 

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Même si les démographes prévoient un maximum de population humaine vers 2050 à hauteur de dix milliards d'humains sur Terre, et prédisent ensuite une courbe infléchie pour revenir à environ sept milliards vers 2100, la démographie humaine reste très préoccupante.

Tous les calculs convergent : notre planète dont le stock de ressources s'épuisent à grande vitesse, ne peut porter durablement qu'au maximum deux milliards d'humains (c'était la population mondiale vers 1925) consommant frugalement.

Ce chiffre est tout simplement lié aux vitesses naturelles de renouvellement des ressources consommées.

 

Si l'on veut atteindre ce plafond de deux milliards en 2100 (à espérance de vie constante, ce qui ne sera pas le cas puisque celle-ci diminue déjà légèrement depuis des années), il faut appliquer un taux de fécondité nette de 1,3 enfants vivants par femme (comme c'est le cas, aujourd'hui déjà, au Japon, à Singapour, à Hong-Kong, en Pologne, en Grèce, en Espagne, au Portugal …).

De vastes campagnes de contraception, stérilisation et planning familial sont donc indispensables, surtout en Afroland et, dans une moindre mesure, en Islamiland.

 

Une fois le plafond de deux milliards d'humains atteint, la fécondité nette peut remonter (sans le dépasser) au niveau de 2.1 enfants vivants par femme pour stabiliser la population humaine à deux milliards.

 

Ce sont donc les femmes qui tiennent l'avenir de l'humanité entre leurs … cuisses.

 

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Thierry Gaudin a raison d'y insister : cet indispensable et vital effort pour limiter drastiquement les naissances va induire une féminisation des valeurs dominantes :

 

"Dans une société où l'on fait moins d'enfants, le soin apporté à la vie est plus intense, la qualité est préférée à la quantité. L'amour devient un enjeu de survie. On peut alors parler, non seulement d'un pouvoir féminin, du poids des valeurs féminines : la qualité des relations, l'affectivité, la protection de la vie, l'harmonie avec la nature et le respects des rythmes biologiques."

 

Puisse-t-il avoir raison !

J'avais, il y a vingt ans, parler d'un passage des valeurs du "guerrier" (la conquête des espaces) aux valeurs du "jardinier" (le soin dans le temps).

 

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Les grandes villes - les mégalopoles - n'ont aucune chance de survie, de plus en plus gangrénée par les trafics mafieux et les communautés transplantées ou immigrées (ces deux tendances étant corrélées), et de plus en plus désertées (au profit des campagnes (un peu) mais surtout des petites villes dites "de province") par les gens ayant un bon niveau de formation, capables de fonctionner en télétravail.

Il n'y a plus aucune raison de rester encaqué dans les cloaques urbains dès lors que le travail se dématérialise et se décentralise, et que l'information culturelle et les réseaux de distribution sont accessibles partout, immédiatement.

 

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L'urbanisation de l'humanité est un fait, navrant mais patent.

Plus d'un humain sur deux (60%) vit dans une grande ville, complètement hors-sol, coupé de la Nature, donc de la Vie, chacun dans son angoissante et anxiogène bulle d'anonymat et d'indifférence, dans son environnement totalement artificiel, superficiel et fictif.

 

L'observation des citadins (Parisiens, Lyonnais, Marseillais, Strasbourgeois, …) qui se "ressourcent" dans ma ruralité morvandelle et bourguignonne, me font pitié : ils veulent un autre décor, mais surtout pas une autre vie (à commencer par leurs jeunes enfants, complètement névrosés).

D'ailleurs, pourraient-ils encore s'accoutumer, s'acclimater et s'acculturer à la vie rurale ?

 

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Les grandes villes sont de plus en plus gangrénées par les zones de non-droits, par des groupes maffieux, sectaires ou crapuleux, par des cancers d'incultures, de violences, d'analphabétismes ou d'illettrismes …

Il y a là un "contre-monde" coupé, de plus en plus, du vrai monde ; un contre-monde que plus personne de civilisé (ni policier, ni pompier, ni ambulancier, ni médecin, ni artisan, etc …) n'ose pénétrer tant les dangers y sont graves.

 

Une des priorités des décennies qui viennent, sera d'assainir ces dépotoirs humains urbains et d'y réinstaurer de l'ordre civilisé.

 

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L'heure est venue de la multiappartenance transnationale au travers des réseaux. A la hiérarchie figée des appartenances claniques (famille, village, patrie), se substituent des appartenances fluentes, vivantes, mouvantes complètement déracinées du local, du matériel et du génétique (les familles se recomposent au gré des amours et des missions, et beaucoup de couples jeunes ne vivent même pas ensemble).

L'individualisme (qui n'est pas le personnalisme, on l'a vu plus haut) triomphe très temporairement, mais n'est pas viable sur le long terme.

Contrairement à l'usage sémantique, un réseau de relations n'est pas du tout une communauté : seulement un ensemble d'individus faisant des échanges sans le moindre projet durable commun, donc sans aucune communion.

L'éphémère est la règle.

Une partie de pétanque n'est pas un chantier de cathédrale …

 

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Il faut que cesse d'urgence le pillage et la saccage systématiques de la Nature par les humains.

Il faut que l'humanité se mette au service de la Vie et de la Nature, et non l'inverse.

Il en va de la survie de la Vie sur Terre à long terme.

Il faut donc que la population humaine terrestre redescende sous la barre des deux milliards avant 2150 et que le taux de fécondité nette passe sous la barre de 1,5 pendant au moins quatre ou cinq générations (et que, en conséquence, l'âge de la retraite, du fait de l'allongement de l'espérance de vie, soit porté à 70 ans minimum).

Il faut cesser de donner démagogiquement raison aux parasites humains, profiteurs et jouisseurs.

Travailler beaucoup plus et consommer beaucoup moins, et ne plus faire d'enfants.

 

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La vraie notion de communauté humaine doit être reconstruite d'urgence. Il ne s'agit ni de communautarisme (cultivant la haine de l'autre parce que différent), ni de sectarisme (pratiquant l'ostracisme agressif au nom d'une vérité absolue que l'on croit posséder).

Il s'agit de "communion" au sens étymologique ("construire ensemble").

Les sociétés institutionnalisées et étatisées ont briser, sciemment, tous les liens communautaires au profit d'appartenances artificielles (la nation, le peuple, la patrie, …).

Ce processus doit être déconstruit : la personne autonome est le centre et la communauté le moteur.

 

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François Caron, contre Martin Heidegger, écrit :

 

"Le futile précède l'utile."

 

On pourrait aussi dire : le ludique précède le stratégique.

Aujourd'hui, l'usage de la Toile numérique est majoritairement ludique. FaceBook, Instagram, TikTok, Netflix, les jeux vidéos, les médias sociaux, … tout cela ne sert strictement à rien et n'apporte aucune survaleur économique ou culturelle : du pur divertissement médiocre et populacier.

 

La majorité des humains est fascinée, comme hypnotisée, par la futilité et la ludicité, preuve de son infantilisme attardé. S'amuser, voilà l'important. Au mépris de l'essentiel qui est de s'accomplir et d'accomplir.

 

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La contemplation est infiniment supérieure à l'action.

L'action n'est qu'utilitaire, la contemplation est joyeuse.

 

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Dans la vraie vie, il faut choisir entre être "constructeur" et être "militant".

 

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La philosophie repose sur trois piliers : la métaphysique, l'éthique et l'épistémologie (le reste n'est que broderies, commentaires ou délires verbaux).

Il ne peut exister d'éthique sans une métaphysique préalable : il faut agir en harmonie avec la logicité du Réel.

L'épistémologie est la réflexion sur le valeur de la connaissance et toute connaissance procède d'un regard c'est-à-dire d'un choix métaphysique.

Donc, la métaphysique est première.

 

Qu'est-ce que la métaphysique (qui précède la physique et ne la suit pas) ? Une intuition sur les principes premiers qui forgent le Réel dans toutes ses dimensions.

Une métaphysique n'est donc pas une connaissance (les connaissances s'en déduisent selon des voies épistémologiquement validées). Elle est une "révélation initiatique".

 

*

 

En gros, on peut dire qu'il existe deux grandes catégories de traditions spirituelles.

Il y a les traditions messianiques (surtout européennes) qui visent le Salut dans un autre monde (ailleurs ou plus tard).

Il y a les traditions extatiques (surtout asiatiques) qui visent la Libération sur un autre niveau (intérieur et supérieur).

 

En Occident - mais aussi ailleurs -, les 18ème, 19ème et 20ème siècles ont rejeté toute métaphysique parce que ces trois siècles misérables et scélérats ont été ceux du nihilisme, c'est-à-dire ceux du rejet radical de toute spiritualité, donc de toute spiritualisation et de toute sacralisation du Réel.

 

Or, aujourd'hui, une grande soif de "rendre à l'existence sens et valeur" étreint ce monde déspiritualisé. Une nouvelle appétence spirituelle germe partout. Mais elle tourne le dos aux traditions messianiques (on ne croit plus guère à une "autre monde" de béatitude éternelle), et elle regarde plutôt de côté des traditions extatiques.

 

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Thierry Gaudin écrit :

 

"Il faut donc s'attendre à un 21ème siècle non pas religieux (les religions répètent les rituels anciens) mais bien de spiritualité, c'est-à-dire d'exploration des possibilités de l'esprit."

 

Bien que je ne puisse être accord ni avec la définition de "religion", ni avec celle de "spiritualité", j'adhère complètement à la thèse.

 

Une boutade : "La spiritualité, c'est l'art de poser des questions. La religion, c'est l'art d'imposer des réponses".

La spiritualité est une pratique de la quête. La religion est une pratique de la norme.

La religion est l'absorption de l'Esprit en soi. La spiritualité est le dépassement de soi dans l'Esprit.

La religion relie horizontalement au sein d'une communauté. La spiritualité relie verticalement dans la solitude.

 

La spiritualité est l'art de développer l'intuition.

La spiritualité cultive la rationalité.

La spiritualité est la forme dicible de l'indicible mystique.

 

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Etymologiquement, un programme, c'est "décrire à l'avance ce qui va se passer si on l'active". Une écriture (gramme) avant (pro). Une mémoire du futur, en somme.

C'est vrai pour un programme de télévision ou de spectacle, comme c'est vrai pour un programme informatique ou pour une séquence d'ADN.

Dès qu'on active le programme, il réalise ce qui est prévu en lui.

 

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Le 22/09/2022

 

Le monde numérique aujourd'hui : les GAFAM … en fait des mondes différents :

 

  • Google et Apple : deux impérialismes mégalomaniaques qui veulent tout conquérir, tout contrôler, tout imposer : à boycotter !
  • FaceBook (et TikTok) : des réseaux sociaux et du ludique sans le moindre intérêt : des outils de crétinisation humaine !
  • Amazon : la grande voie du commerce de demain qui va éliminer ces infections que sont la grande distribution de masse, la publicité de masse et le marketing de masse : une plate-forme logistique que les producteurs industriels devraient imiter pour eux !
  • Microsoft : de vrais informaticiens qui produisent de vrais logiciels utiles

 

Il est urgent que l'Europe se réveille, fonde ses propres "géants" du numérique et cesse de dépendre des GAFAM ou des Chinois.

 

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La reliance consiste à sortir de la relation entre un sujet et un objet, et à se vivre comme partie intégrante d'un Tout organique et vivant.

La résonance, c'est, au-delà de la reliance, entrer en sympathie, en synergie et en symbiose avec l'au-delà de soi.

 

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L'industrialisme marque la phase de dépassement, donc de déclin du paradigme moderniste.

 

  1. Il a induit une cristallisation du discours politique dans une bipolarité inepte : la Gauche (le camp des "prolétaires") et la Droite (le camp des "patrons").
  2. Il a induit une logique de surconsommation suicidaire (tant pour les personnes que pour la planète) à grands coups de publicité et de marketing de masse.
  3. Il a induit une financiarisation de l'économie qui, aujourd'hui, se scinde en deux "camps" opposés : l'économie entrepreneuriale et l'économie spéculative.
  4. Il a induit un gigantisme démesuré et un impérialisme commercial rendus indispensables par les économies d'échelle qu'ils permettent.
  5. Il a induit une créativité au service de la baisse des prix de revient ou de l'augmentation des ventes.
  6. Il a induit un management "guerrier" de conquête et de puissance.
  7. Il a induit une exacerbation du quantitativisme (du culte de la quantité et du quantitatif).
  8. Il a induit une obsession du prix qui doit être toujours plus bas (quitte à laminer les marges vitales des fournisseurs)

 

Mais aujourd'hui, la mutation paradigmatique est en cours, induit l'effondrement de l'industrialisme et change complètement les règles du jeu. Reprenons point par point …

 

  1. Il n'y aura plus ni de prolétaires (remplacés par des robots), ni de salariés (chacun sera sa propre entreprise).
  2. La pénurisation de toutes les ressources impose une frugalité généralisée.
  3. Les entreprises de demain participeront de l'économie de la connaissance et de l'immatériel, qui ne demande que peu de capitaux financiers.
  4. La complexification induit des réseaux de petites entités autonomes (le triomphe du "small is beautiful" de Schumacher : souplesse, agilité, rapidité).
  5. La créativité revient au service de l'innovation et du long terme.
  6. Le management devient "jardinier" au service de la pérennité de l'entreprise, du service, de la relation et de la confiance.
  7. La quantité cède la place à la qualité et à la durabilité.
  8. Le prix passe après la valeur d'utilité, d'usage et d'utilisation.

 

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La débat entre capitalisme et socialisme, entre le "capital" et le "travail", entre la "rente" et la "sueur", entre "patrimoine" et "revenu" est complètement suranné. Ces deux approches idéologiques sont des purs produits de l'industrialisme qui, lui-même, est en voie de déliquescence (cfr. ci-dessus).

 

Le grand débat naissant (quoique déjà bien posé depuis longtemps) oppose le libéralisme et le totalitarisme (sous diverses formes qui vont de l'étatisme à l'autoritarisme dictatorial).

Ce débat oppose :

 

  • le libéralisme qui est la lutte acharnée pour le développement et la protection de toutes les autonomies, tant personnelles que collectives,
  • et le totalitarisme qui est la croyance en la nécessité d'appliquer à tous, et pour tout, des normes et des règles édictées par un pouvoir central qui assujettit chacun à un rôle ou un statut précis, imposés et prédéterminés.

 

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Chacun doit apprendre à devenir l'entrepreneur de sa propre vie, le constructeur de son propre accomplissement, le promoteur de sa propre vocation et le réalisateur de sa propre histoire.

C'est cela l'autonomie. Non pas contre les autres ou le monde, mais avec certains autres et pour le monde.

 

Des aides ponctuelles, temporaires, limitées et spécifiques : oui !

L'assistanat : non !

Les rentes sécuritaires : non !

L'affalement durable dans la dépendance sociale et sociétale : non !

 

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La robotisation et l'algorithmisation, de plus en plus vastes et rapides, déplacent considérablement le centre de gravité des activités spécifiquement humaines qui, de matérielles, deviennent immatérielles, qui, d'inintelligentes et répétitives, deviennent talentueuses et imaginatives, qui, de programmatiques, deviennent relationnelles, qui, de logiques, deviennent intuitives, etc …

 

La conséquence majeure de ce déplacement de centre de gravité est triple :

 

  • Il faut revoir de fond en comble les systèmes éducatifs tant pour développer les talents autres que les seules mémoire et rationalité (mais sans négliger celles-ci, bien au contraire), que pour apprendre l'autonomie et l'interdépendance.
  • Il faut sortir des logiques de contrat d'emploi salarié et faire de chacun son propre entrepreneur de vie, sa propre entreprise ; les statuts professionnels de demain seront "indépendant", "partenaire", "free-lance", "artisan" ou "associé".
  • Il faut développer les règles, compétences et outils de travail en réseau, en distanciel autant que faire se peut.

 

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Une croyance est toujours un conformisme qui démontre une absence de réflexion.

 

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Le paradigme moderniste a surligné la question du "comment ?" et éliminer la question du "pour quoi ?".

Le nouveau paradigme inversera l'ordre de ces questions : d'abord et avant tout, le "pour quoi ?", c'est-à-dire l'intention, la motivation, la finalité, le but, la raison d'être ou de faire … et, ensuite seulement, la question beaucoup plus facile du "comment ?", c'est-à-dire de la méthode, des ressources et des outils du processus de réalisation.

 

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Pour terminer son livre, Thierry Gaudin propose "douze programmes pour le siècle prochain" (ce siècle prochain, en 1990 est donc le 21ème, le nôtre). Examinons-les … Mais avant : précisons :

 

L'idée centrale de ce polytechnicien-ingénieur qu'est Thierry Gaudin, est que c'est l'innovation technique qui induit les mutations sociétales.

Ou, autrement dit, que c'est le technologique qui transforme l'économique qui, ensuite, transforme le politique.

Ce n'est évidemment pas faux, mais ce n'est pas suffisant.

 

A la racine des transformations sociétales, tant économiques que politiques, il y a une autre force : celle de l'écologique.

L'innovation technique ne sert plus à rien dès lors que n'existent plus les ressources nécessaires à sa mise en œuvre.

 

La schéma complet me semble être celui-ci :

 

                            Technique

                                                          à Economique à Social à Politique

                            Ecologique

 

Voyons donc, les douze programmes …

 

1- Culture technique.

 

L'idée est démocratiser l'accès à la culture technique de façon à familiariser chacun avec l'usage des outils matériels et immatériels nécessaires pour vivre une vie normale et simple. Il s'agit aussi de décloisonner la connaissance et d'en briser les élites.

 

En gros, c'est ce qui a été fait ces trente dernières années avec, pour conséquence, une médiocrisation terrible de la culture générale et technique (cfr. les études PISA).

De plus, les systèmes éducatifs, totalement inféodés à des idéologies gauchisantes, ont poussé l'égalitarisme jusqu'au plus pénible nivellement par le bas : les taux d'illettrisme et d'innumérisme ne font que croître et les universités sont phagocytées par les "sciences" humaines gauchistes qui confondent science avec conjecture et idéologie..

 

2- Métrologie au quotidien.

 

L'idée est que chaque particulier, mais aussi chaque région ou pays ou continent, peuvent et doivent mesurer au quotidien l'état de leur santé, de leur environnement et de leurs consommations, "chacun étant le gardien de son jardin et de lui-même".

 

Culte de la transparence et de la surveillance. Le tout n'est pas de prendre des mesures (quantitatives, donc) de tout, mais aussi de posséder les méthodes adéquates et fiables pour en déduire les vrais diagnostics et de faire suivre, ceux-ci, de plans d'actions efficaces.

Or, depuis l'invasion du numérique partout, on sait parfaitement bien que la collecte de l'information est une chose, son traitement et son exploitation (plus ou moins manipulatoire) en sont deux autres.

Le biais cognitif est devenu un sport très pratiqué !

 

3- Industrialiser l'espace.

 

L'idée est, grâce à l'utilisation intensives de navettes spatiales, d'aller habiter dans l'espace à l'intérieur de vastes stations orbitales conçues à l'image des "bulles écologiques" semblables aux expériences "biosphères" dans les Etats-Unis des années 1980.

 

Le projet est, en fait, une colonisation de l'espace, plus ou moins lointain, au moyens de stations spatiales autosuffisantes en tout et capables de se réapprovisionner en nécessaires, sur les planètes rencontrées.

On est dans "2001, odyssée de l'espace" (film auquel le titre du livre fait clairement allusion). Aujourd'hui, hors ce pitre d'Elon Musk, plus personne ne voit d'intérêt à coloniser l'espace, alors qu'il y a tant (et mieux) à faire sur la Terre. Et une question demeure obstinément sans réponse : coloniser l'espace pour y faire quoi ? Sans parler de ce que cette colonisation représenterait comme gabegie démentielle de matériaux et de carburants dont on aurait bien mieux à faire ici.

 

4- Habiter les mers.

 

L'idée est de développer des cités flottantes et/ou sous-marines afin de délester les sols trop habités.

 

En 1980, on ne savait probablement pas combien les océans sont pollués, dérégulés, assassinés. Ils sont les plus grands "décarboneurs" de la planète et l'on voudrait les couvrir de villes flottantes …

Le problème n'est pas de fabriquer de nouveaux habitats là où n'y a pas encore (ou si peu) ; le problème est d'enrayer drastiquement la croissance de la démographie humaine … et de sauver les océans qui sont une des facteurs clés de la continuation de la vie sur Terre.

 

5- Maîtriser l'énergie.

 

L'idée est de taxer fortement l'usage de l'énergie pour financer le développement de circuits alternatifs plus "soutenables". La filière "hydrogène" est clairement en ligne de mire, en plus des filières "solaires" (éoliennes, photovoltaïques).

 

Il est étonnant qu'une polytechnicien-ingénieur (ce que je suis comme lui) oublie les réalités thermodynamiques : pour obtenir de l'hydrogène il faut briser des molécules d'eau qui sont parmi les plus stables et solides. Les rendements thermodynamique des filières "hydrogène" (la pile à combustible et le réacteur à fusion) ont des rendement globaux absolument ridicules (moins de 3% pour un réacteur à fusion nucléaire).

Le problème n'est pas de produire de l'énergie autrement, mais bien d'en utiliser beaucoup moins par la décroissance rapide et conjointe de la démographie humaine et des consommations (notamment pour les déplacements physiques dont l'éradication implique une logique générale de grande proximité).

 

6- Transformer la planète en jardin.

 

L'idée est de cesser de considérer les sols, les nappes phréatiques, les espèces végétales et animales, et les paysages comme des ressources exploitables et surexploitées, mais, au contraire, d'en prendre soin à long terme en ayant bien conscience qu'il y va de la survie des nos descendants. Une place importante est faite à la construction de barrages et à l'hydro-électricité qui est la seule énergie durable (tant que le soleil fera évaporer l'eau), propre (pas de pollution) et adaptable aux demandes (pas d'intermittences).

 

Il est indispensable de désindustrialiser toutes les filières agro-alimentaires et de sérieusement réglementer, voire interdire, le recours aux produits chimiques (engrais, pesticides, …) et le développement anarchique d'OGM qui, aujourd'hui, sont dans les mains d'apprentis-sorciers irresponsables.

En ce sens, quelques réflexions peuvent être utiles :

 

  • Ne plus confondre "écologie" authentique et "écologisme" idéologique.
  • Arrêter le culte idolâtre de la "Nature" vierge et sauvage qui n'existe plus nulle part, depuis longtemps.
  • Comprendre enfin que l'humain doit se mettre au service de la Vie, sous toutes ses formes, mais que la Vie évolue vers autre chose que le retour en force des dinosaures.
  • Vouloir aussi restreindre l'empreinte humaine sur la Vie terrestre en cultivant une vraie frugalité (une décroissance rapide, tant matérielle que démographique) et en faisant tout ce qu'il faut pour que la Nature devienne un vrai Jardin – c'est-à-dire tout le contraire d'une poubelle, d'un désert, d'un conservatoire ou d'un musée.
  • La Vie doit vivre et l'humain doit être au service de cette Vie vivante ; c'est le prix de sa propre survie.

 

Gilles Clément développe un concept incroyablement vrai et perspicace : la Nature sauvage n'existe pratiquement plus nulle part et tenter ou vouloir y revenir est absurde tant la vie et l'histoire, comme la thermodynamique, sont irréversibles.

En revanche, il part du principe que l'empreinte de l'humain sur Terre peut et doit être positive, c'est-à-dire au service de la Vie sous toutes ses formes, non pour que la Terre redevienne un jungle primaire, mais pour qu'elle devienne un jardin de plus en plus beau et riche.

Voilà, en une phrase, l'écologie de demain, loin des écologismes idéologiques et gauchistes qui se fichent, comme d'une guigne, de la Vie et de son accomplissement, mais qui, au fond et en fait, mènent leur guerre imbécile contre ce qu'ils croient être, dans leur jargon boiteux, le capitalisme ou le libéralisme (décrété "ultra" ou "néo").

En somme : faire de la Terre, partout, un "jardin terrestre" que l'humain doit "garder et servir " (Gen.:2;15).

 

7- Communication : un réseau pour tous.

 

L'idée est de créer la Toile et le téléphone portable.

 

C'est fait !

Mais c'est mal fait … L'infrastructure est en place et fonctionne bien, presque partout dans le monde. Les téléphones portables sont utilisés quotidiennement par des milliards de personnes. Les logiciels qu'ils contiennent, permettent des millions de fonctions. Donc, tout est bien … sauf l'usage que les humains en font. C'est là que le bât blesse. Le téléphone portable est typiquement l'illustration exécrable du principe : "Le futile précède l'utile".

A 87%, l'usage du téléphone portable est ludique ou grotesque ou malveillant.

 

8- Structurer les villes

 

L'idée est que les grandes villes sont devenues des cloaques humains, des poches de malfaisances, de sectarismes, de communautarismes, de trafics mafieux et de non-droit, des espaces surpeuplés et sur-embouteillés, des monstres de gabegies énergétiques et pollutoires, des zoos de névrosés et de psychopathes. L'idée est donc de structurer complètement les grandes villes à grands coups de bulldozers architecturaux et de karchers sociaux, de banlieues salubres et de transports périurbains et intra-urbains en commun, efficaces, sécurisés et rapides.

 

Aujourd'hui, près de 60% des humains habitent dans les grandes villes du monde. Pourquoi ? Parce qu'on y trouve du travail ? Ce n'est plus vrai. Parce qu'on y trouve compagnie et sécurité ? Ce n'est pas vrai. Parce que l'on y trouve plus de denrées , Ce n'est plus vrai. Parce qu'on y trouve plus de culture ou de distractions ? Ce n'est plus vrai du fait du numérique qui rend tout cela disponible n'importe où.

Soyons clairs : il n'y a, aujourd'hui, plus aucune bonne raison d'aller vivre entassés dans les cloaques urbains, banlieues purulentes ou quartiers chics inclus.

Une "dératisation" radicale s'impose.

D'ailleurs de très nombreux citadins (plutôt jeunes, diplômés, autonomes et entrepreneurs) le prouvent avec leurs pieds : ils partent et vont vivre et (télé)travailler "en province".

 

9- Humanisme industriel.

 

L'idée est que l'économie de la production matérielle (l'industrialisme) va être remplacée par l'économie de l'invention immatérielle.

Non plus des entreprises par et pour l'argent, mais des entreprises par et pour le talent. Garantir l'autonomie des entreprises dans le respect de l'autonomie réciproques des autres entreprises. Favoriser les réseaux de petites entreprises. Définir un cadre comptable et fiscal international.

 

La question centrale est ; qu'est-ce qui fait (fera) valeur ? Jusqu'il y a peu, c'était la quantité et le prix. Aujourd'hui, c'est plus la qualité et l'utilité.

On l'a vu, l'industrialisme (son financiarisme, son gigantisme, son amoralisme) est moribond. L'avenir est dans les mains des réseaux de petites entreprises autonomes et éthiques, sans salariés (mais avec des associés et des partenaires).

Le management, de hiérarchique et normatifs qu'il était, devient un management par le projet collectif et l'encouragement individuel.

 

10- Solidarité et partage

 

L'idée est de développer une solidarité et des réseaux de partage à l'échelle mondiale.

 

Cette idée, typique du solidarisme gauchisant, n'a aucun intérêt, ni aucun réalisme.

Chacun vit au centre d'un monde très restreint, incluant, au mieux, une cinquantaine de personnes et à laquelle tous les autres sont clairement étrangers.

La solidarité rendue obligatoire par les instances étatiques, impose à chacun de cotiser pour le financement économique d'une ribambelle de gens sans intérêt et qui peuvent disparaître de la carte ! Il est temps d'acter que la majorité des humains sont des parasites et des toxiques qui pillent et saccagent tout, et qu'il ne faut surtout pas aider à survivre.

Je suis totalement solidaire avec mes proches (une petite centaine, au grand maximum), mais je me fiche royalement des huit milliards restant : je n'ai nul besoin d'eux et je les prie de n'avoir nul besoin de moi.

Le concept de "la grande famille humaine" où "tous les hommes sont frères" (cfr. Gandhi) est un pur mythe burlesque.

L'idéalisme est une psychose qu'il faut éradiquer.

Le seul principe qui vaille est la protection des autonomies personnelles et collectives (celles de communautés librement choisies qui respectent les autres).

 

11- Système judiciaire mondial.

 

L'idée est que la globalisation des problématiques (commerciales, maffieuses, écologiques, humanitaires, financières, idéologiques, etc …) Appellent une juridiction mondiale capable d'arbitrer, légitimement, en dernier appel, des différends jugés à des échelons inférieurs, mais inadéquats).

 

On pense, bien sûr, à une court internationale dans le cadre de l'ONU. Elle existe en droit. La court internationale des "Droits de l'homme" émet des jugements, mais les pays ou organisations incriminées s'en fichent comme d'une guigne.

Par exemple, la pays totalitaire, désignés et condamnés comme tel, continuent, sans souci, de profiter des flux énormes du commerce international et ne sont pas boycottés, alors qu'ils le devraient.

L'argent est plus fort que la morale. C'est éminemment regrettable, mais les pouvoirs étatiques n'ont que faire de la morale !

 

12- Fiscalité incitative.

 

L'idée est, au nom de l'égalitarisme, de fonder une fiscalité mondiale (vers un fonds mondial du genre FMI, sans doute) afin de financer la lutte contre les "dégâts humains" globaux  et la promotion des "mieux communs".

 

Deux questions de fond se posent :

 

  • Que taxer ?
  • Que financer ?

 

Que taxer ? Les deux fléaux majeurs : la consommation (une TVA mondiale forte sur tous les produits mis sur le marché, payée en amont par les producteurs) et la démographie (un impôt fort sur le nombre d'enfants).

Que financer ? La reforestation, les énergies hydroélectriques et nucléaire, l'économie de proximité, la création de petites entreprises locales, les infrastructures communicationnelles, la chasse aux mafias, l'éradication de toutes les idéologies, les systèmes éducatifs qui enseignent (et non ceux qui amusent), etc …

 

Et le treizième programme …

 

La question est : comment financer ces douze programmes ?

 

La réponse de Thierry, à laquelle j'adhère pleinement : une seule et unique monnaie mondiale. Il n'y a plus, alors, de spéculation monétaire, ni de frein à l'émission d'argent par la planche à billet : l'argent redevient ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : un simple "symbole" de valeur, et non une valeur en soi.

Imaginez un monde où, chacun, chaque matin, pourrait aller retirer la quantité d'argent qu'il veut, gratuitement …

La demande économique explose, les vols et les cambriolages deviennent absurdes, la pauvreté est éradiquée, les trafics mafieux s'effondrent, tous les services deviennent gratuits, etc …

Où est le hic ? Qui travaillera (gratuitement) pour produire ce que la demande exigera ? Ceux qui ont une passion, ceux qui ne veulent plus s'ennuyer dans la vie, ceux qui veulent avoir une communion de projet, etc …

Un autre monde !

 

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Thierry Gaudin appartient encore, quoiqu'il en dise, au grand cycle messianique qui s'étend de 400 à 2050

Au sein de cette ère civilisationnelle, il y a eu le moment eschatologique (la fin des temps, le jugement dernier - la christianité), puis il y a eu le moment sotériologique (le salut personnel, l'immortalité de l'âme - la féodalité), ensuite le moment idéologique (le socialisme, le communisme, le fascisme, le populisme - la modernité) qui s'effiloche, avant de périr, avec le moment technologique de Thierry Gaudin : la technique va sauver l'humanité des affres de ses propres conneries.

 

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Il y a mes proches : ma famille, mes frères, mes amis (ma communauté de vie) … et il y a les autres.

La seule chose que j'attends des autres, c'est qu'ils me fichent la paix (une saine indifférence), et qu'ils me rendent les services pour lesquels je les rétribue (une saine interdépendance).

 

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Le 23/09/2022

 

Tout le pronostic économique pour les décennies qui viennent, tient en une seule phrase : la pénurisation de toutes les ressources induit la hausse de tous les prix (inflation), donc la baisse des pouvoirs d'achats, donc la décroissance économique (stagflation), donc le chômage (des salariés) , etc ...

Tout le reste n'est que commentaires ou bavardages.

 

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L'évolution de nos sociétés est tirée par les "constructeurs d'avenir" (15%) contre les "parasites jouisseurs" (60%) et contre les "toxiques saboteurs" (25%). Maus comment les reconnaître ?

 

Il n'y a malheureusement pas de critère infaillible pour les reconnaître, mais :

 

  • Le constructeur (15% de la population) voit le monde au-delà de lui, plus grand que lui ; il est au service de l'avenir.
  • Le parasite est nombriliste et égotique, soucieux seulement de son plaisir présent, obsédé par tout ce qui pourrait nuire à ses jouissances.
  • Le toxique déteste le Réel et il se réfugie soit dans la réinvention du passé, soit dans un monde imaginaire, religieux ou idéologique.

 

Face aux 15% de constructeurs d'avenir, il y a 85% de "no future" : les parasites ne s'intéressent qu'à la jouissance présente et se fichent de l'avenir, et les toxiques ne sont pas dans le Réel. Il faut donc jouer sur la paresse des parasites (tu verras, ce sera plus jouissif et moins compliqué) et sur les idéaux religieux ou idéologiques des toxiques (tu verras, on retrouvera les "vraies valeurs").

 

Les parasites s'adapteront et les toxiques saboteront, comme d'habitude.

L'essentiel est d'empêcher les toxiques (RN et LFI) d'attirer les indécis parasites vers eux et de faire basculer le centre de gravité hors du Réel constructif.

 

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Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas.

Phrase faussement attribuée à André Malraux, mais grande vérité néanmoins.

Le positivisme du 19ème siècle et le nihilisme du 20ème (et le matérialisme qui les a accompagnés) se sont révélés être des impasses notoires et calamiteuses.

Un renouveau spirituel est indispensable (et exigé par les générations montantes) pour rendre sens et valeur au Réel, c'est-à-dire à la Matière, à la Vie et à l'Esprit.

Cependant l'ère messianique, commencée vers 400, se terminera bientôt, vers 2050 : finie l'eschatologie christique, la sotériologie féodale, les idéologies modernistes (marxisme, socialisme, technologisme, industrialisme, financiarisme, bourgeoisisme, tiers-mondisme, universalisme, égalitarisme, …).

 

Oui, le 21ème siècle sera spirituel !

Mais de quelle spiritualité parle-t-on ?

C'est cela qu'il nous faut explorer avec Thierry Gaudin …

 

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La première bifurcation spirituelle en cours (du moins en occident car cette approche est pratiquée en Asie depuis toujours) est que l'humain n'est plus considéré comme un être "céleste" jeté dans un monde "terrestre" qui lui serait étranger ; l'humain est enfin reconsidéré comme partie intégrante de la Nature qui est la Vie du Réel.

 

La théologie devient cosmologie ou, plutôt, cosmosophie et panenthéisme.

Le dualisme ontique s'écroule dans un monisme radical : le Réel est un Tout qui est Un et qui est Dieu ou le Divin, dont tout émane comme les vagues à la surface de l'océan.

 

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Une religion est un ensemble de croyances, de rites, de tradition, d'élans et de références qui relient (du latin religare) les membres d'une communauté, avec ses dogmes, ses saints, ses héros, ses martyrs, ses "diables" et ses renégats.

 

Il est des religions laïques comme le marxisme, le patriotisme ou le communisme, voire les fanatismes footballistiques ou cyclistes. Et il est des religions "religieuses" comme le catholicisme, l'islamisme, etc … avec leurs mysticismes, leurs intégrismes, leurs fondamentalismes et leurs fanatismes.

 

*

 

Il faut impérativement se garder de confondre "spiritualité" (qui est une reliance verticale entre soi, ce qui nous dépasse et ce qui nous fonde) et "religion" (qui est un lien horizontal avec d'autres membres d'une même communauté de croyances).

 

Et bien sûr, spiritualité et religion ne s'excluent pas mutuellement : il existe des spiritualités pures (le taoïsme, le védantisme, le zen, la Franc-maçonnerie, etc …), il existe des religions pures (les religions laïques) et il existe des mixtes plus religieux (le catholicisme ou l'islamisme) ou plus spirituels (l'orthodoxie grecque ou le soufisme).

 

Pour reprendre des termes issus du pythagorisme antique, on peut dire qu'une religion est plus exotérique et populaire, alors qu'une spiritualité est bien plus ésotérique et élitaire.

 

*

 

Le mot "Dieu" que l'on trouve à tous les coins de rue, surtout dans les religions, mais aussi (avec un autre sens, on le verra) dans certaines spiritualités, est un mot-tiroir, un mot-vide, un mot-symbole.

 

Dieu peut être vu comme totalement personnel et transcendant, étranger au monde naturel, par le catholicisme ou l'islamisme, par exemple, mais il peut aussi être vu comme totalement impersonnel et immanent, cœur et âme du monde naturel, par le taoïsme (qui n'utilise jamais le mot "Dieu" et lui préfère le mot "Tao"), le kabbalisme (qui parle de l'Eyn-Sof : le "Sans-Limite") ou le védantisme (qui parle du Brahman), par exemple.

 

Le plus souvent, les traditions spirituelles préfèrent, au mot "Dieu", l'expression "le Divin" pour signifier la Réalité ultime, fondatrice et intentionnelle du Réel.

 

*

 

Dieu peut être Un ou multiple, aimant ou indifférent, actif ou passif, parfait ou inaccompli, extérieur ou intérieur, transcendant ou immanent, accessible ou inaccessible, connaissable ou inconnaissable, … ou tout cela à la fois.

De là, bien sûr, le foisonnement des traditions spirituelles et religieuses qui, parfois, se tolèrent mutuellement ou, parfois, s'entretuent cruellement (le catholicisme et l'islamisme en sont deux champions historiques).

 

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De Stanislas Dehaene :

 

"Le mental n'arrête pas de ressasser le passé pour mieux anticiper le futur."

 

C'est l'essence même de tout travail prospectif (économique, culturel, scientifique, politique, social, religieux ou spirituel).

Il ne s'agit pas de juger ou de condamner le passé, mais de préparer l'émergence et la construction du futur par combinaison de fractures et de continuités.

 

En termes spirituels, le grande rupture en cours est celle d'avec les dualismes et les monothéismes qui en découlent ; la grande continuité - enfin restaurée - est le besoin humain de donner du sens et de la valeur au monde et à l'existence, et à ne pas se contenter de mots creux comme "hasard" ou "destin" ou "loi".

 

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Un objet ne se reconnaît pas lui-même, il est inerte, posé là, passif et, par conséquent, soumis à l'inexorable dégradation entropique.

Un vivant, même monocellulaire procaryote, se reconnaît lui-même comme un monde à soi, plongé dans le monde hors soi, en reliance et en résonance avec lui ; c'est là le secret de la Vie pour maintenir le bon niveau de néguentropie qui lui permet d'exister, de durer et de se transmettre.

 

La spiritualité participe de cette reliance et de cette résonance entre monde intérieur et monde extérieur qui est typique du Vivant.

 

*

 

La reliance et la résonance entre le monde intérieur et le monde extérieur, dans l'unité du Réel-Un sont vitales, non seulement parce que les échanges de nutriments sont vitaux faute de quoi le corps meurt, mais aussi parce que les échanges de sensations sont vitaux faute de quoi l'esprit meurt (ou se suicide).

 

Parce qu'elles stimulent et mettent en exergue cette reliance et cette résonance, les spiritualités sont des facteurs essentiels de bonne santé mentale et, par conséquent, de longévité de la vie.

 

*

 

Le préalable indispensable à la profondeur et à la pertinence de la reliance et de la résonance spirituelles, est le sentiment clair de la cohérence fondamentale du Réel-Un.

Tout ce qui existe et advient a une bonne raison d'exister et d'advenir.

Et cette bonne raison peut être autant la logicité cosmique que ma propre volonté si elle est en cohérence avec cette logicité, avec l'ordre du monde (vouloir ce qui est possible - vouloir l'impossible est une imbécillité aussi puérile que meurtrière).

 

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La Vie et l'Esprit ne se construisent et ne se maintiennent que dans et par la reliance et la résonance.

Ce sont des processus holistiques (c'est là l'origine de leur capacité à générer spontanément de la néguentropie), alors que la Matière est un processus mécaniste (donc forcément soumis à la dégradation entropique).

 

La spiritualité, parce qu'elle est la grande quête intuitive de l'Unité du Tout, est fatalement un processus holistique et devient ainsi un puissant moteur pour la construction de l'Esprit.

 

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La reliance et la résonance sont aussi de puissants moteurs de quête de complémentarité, de connivence et de coopération (contre le fallacieux mythe de la compétition, de la guerre de tous contre tous, de l'homme loup pour l'homme, cher à Hobbes et Darwin).

La coopération est un facteur de survie bien meilleur que la compétition.

C'est pour cette raison majeure que presque toutes les spiritualités authentiques mettent en avant la notion et la pratique de la "fraternité" (être "frères", c'est avoir même Père-Semence-Dieu et même Mère-Matrice-Tradition).

 

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C'est une erreur grave de réduire l'esprit (la pensée) au cerveau, de réduire, ensuite, celui-ci à des interactions neuronales pour, enfin, fonder une similitude forte entre l'esprit et l'ordinateur.

L'ordinateur simule certaines fonctions de l'esprit, mais selon une logicité totalement différente, programmatique et séquentielle.

 

L'esprit est, en réalité, tout autre chose ; il est la manifestation locale et éphémère, au travers de tout le corps d'un vivant, de l'Esprit cosmique c'est-à-dire des processus de cohérence, de reliance et de résonance qui animent la totalité du Réel et dont les cellules, les tissus, les organes (dont le cerveau) et le corps entier d'un humain se font les échos.

Le cerveau et les interactions neuronales n'y servent que d'organe de coordination de certaines informations, surtout sensorielles.

 

Le neuroscientisme n'est que la dernière tentative, en date, de cette manie de la réduction matérialiste et mécaniste qui a hanté toute la Modernité.

Il faut le répéter : l'esprit - et la pensée et la conscience qu'il produit - est une propriété holistique générale et universelle, propre au Réel pris comme un tout organique.

 

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Les rites et rituels simulent et stimulent, par des mises en interactions de symboles, des mises en reliance et en résonance entre l'initié et le Réel organique et vivant, ou entre initiés au sein de la leur communauté fraternelle.

 

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Pour le dire en une phrase, la spiritualité vise à établir une reliance et une résonance, occasionnelles, d'abord, permanentes, ensuite, entre l'esprit de l'initié et l'Esprit cosmique du Réel.

Une fois cette résonance établie, l'initié est Dieu.

 

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La spiritualité rétablit les bipolarités que le mécanicisme scientiste avait tenté d'anéantir : entre holisticité et analycité, entre cyclicité et linéarité, entre intuitivité et intellectualité, entre globalité et localité, entre généralité et élémentarité, entre complexité et uniformité, etc …

 

C'est ce rétablissement de toutes ces bipolarités que vit notre époque après la terrible tentative réductrice du rationalisme moderniste.

 

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La culture agraire est paysanne, la culture urbaine est commerçante (une ville, c'est d'abord une place de marché).

Les "esprits" agraires et les "dieux" urbains ne sont pas les mêmes.

Les deux spiritualités (animique et mythologique) non plus.

 

Le polythéisme est une invention citadine, en rupture avec la Nature et la Déesse-Mère nourricière.

La ville invente le pouvoir, l'écriture, la loi et le tribunal à l'encontre du consensus, du mythe, de la coutume et de la délibération des ruralités.

 

La domestication avait commencé il y a douze mille ans ; l'urbanisation, il y a six mille ans. Une nouvelle aire, à la fois post-rurale et post-urbaine s'ouvre devant nous. Les "esprits" et les dieux" sont en passe d'être dépasser vers une nouvelle spiritualité, ni animiste (ou chamanique), ni théiste (ou religieuse).

 

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Depuis des temps immémoriaux, les communautés humaines ont reproduit, pour perdurer, le ternaire cosmique : le territoire, l'activité et l'ordre (la Matière, la Vie et l'Esprit, - la substantialité, la vitalité et la logicité).

Et cela donna, à l'échelle humaine, la tripartition mise en évidence par Georges Dumézil (1898-1986) : le guerrier, l'artisan et le prêtre (le politique, l'économique et le noétique - la civilité, la prospérité et la spiritualité).

 

Si, comme on peut le penser, chaque civilisation (l'ère antique, d'abord, et l'ère messianique, ensuite) est composée de trois paradigmes qui, dans l'ordre, se révèlent d'abord noétique (Chaldéité, Christianité), puis politique (Hellénité, Féodalité) et enfin économique (Romanité, Modernité), il y a fort à parier que le paradigme qui est en train d'émerger sera noétique, c'est-à-dire fortement imprégné de spiritualité, d'intériorité, de religiosité …

 

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L'histoire de l'humanité s'égrène autour de trois types de lieux successifs : la Nature, la Campagne et la Ville, et a développé, pour chacun d'eux, des spiritualités idoines d'abord chamanistes (les "puissances mystérieuses et occultes"), puis animistes (les "âmes singulières de chaque être") et, ensuite, théistes (les "dieux qui surplombent les humains et décident de leur sort").

Ces théologies théistes urbaines ont finalement convergé, à partir d'il y a deux mille ans, vers des monothéismes que nous connaissons encore.

 

Aujourd'hui, un quatrième type de lieu s'ouvre avec un nouveau champ d'interrogations et d'invocations : ce lieu est l'espace numérique de la connaissance et de l'immatériel, qui induira de nouvelles formes de spiritualité.

Lesquelles ?

 

Après les "puissances", les "âmes" et les "dieux", il me semble que le mot-clé sera les "intentions" ,; ce qui donnera sens et valeur, ce qui suscitera questionnement, ce qui constituera le Sacré, ce sera l'Intention cosmique première, ultime et fondatrice de toutes les évolutions (n'oublions pas que l'évolutionnisme fut la grande révolution philosophique et intellectuelle de la Modernité finissante) et, ensuite, les multiples déclinaisons de cette Intention première en une multitude d'intentions singulières et particulières qui animent tout ce qui cherche l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Dis-moi quelle est ton intention et ton chemin d'accomplissement, et je te dirai ce qui est sacré pour toi …

 

L'intention - ou in-tension pour "tension intérieure" - exprime cette bipolarité cruciale (constructive ou destructive) entre ce que l'on est déjà devenu et ce que l'on peut encore devenir. Elle indique la vocation profonde de son porteur.

 

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Le pire qu'il puisse arriver à une communauté, c'est de briser la ternarité essentielle de tout et de la réduire à une dualité (Bien et Mal).

Cette réduction duale est typique du christianisme (qui a oublier son trinitarisme originel pour opposer Dieu et le Diable, le monde céleste, divin et surnaturel et le monde terrestre, humain et naturel) et de l'islamisme (héritier en cela, comme en presque tout du christianisme ébionite et nazôréen).

 

La nouvelle spiritualité en émergence devra rétablir, en urgence (après la pauvreté de la dualité monothéiste), la ternarité cosmique : Matière, Vie et Esprit.

 

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Le 24/09/2022

 

Tout cycle historique se développe en cinq phases :

 

  1. La phase "création" avec enthousiasme naïf.
  2. La phase "développement" avec construction effrénée.
  3. La phase "apothéose" avec saturation hautaine.
  4. La phase "déclin" avec exacerbation délirante.
  5. la phase "effondrement" avec dislocation conflictuelle.

 

Pour un cycle paradigmatique, chacune de ces phases dure environ un siècle, les deux premières constituant la construction du paradigme, la troisième constituant l'apogée du paradigme et les deux dernières constituant le dépassement du paradigme (cfr. plus haut).

 

Pour le paradigme de la Modernité, on reconnaît :

 

  1. La phase humaniste (Montaigne, Pic de la Mirandole, Marsile Ficin, …) de 1500 à 1600.
  2. La phase rationaliste (Galilée, Descartes, Leibniz, Spinoza, …) de 1600 à 1700.
  3. La phase criticiste (Hume, Locke, Kant, Montesquieu, Marx, …) de 1700 à 1850.
  4. La phase positiviste (Nietzsche, Comte, Husserl, Russell, …) de 1850 à 1950.
  5. La phase nihiliste (Heidegger, Sartre, Foucault, Derrida, Althusser, …) de 1950 à 2050.

 

Nous vivons, aujourd'hui, la dernière phase de la Modernité (la fin de la phase de nihilisme, d'industrialisme, de socialisme, de consumérisme, de mécanicisme, de réductionnisme, d'idéologisme, d'égalitarisme, de réductionnisme, de monothéisme, de dualisme, etc …).

Les prémisses du nouveau paradigme sont déjà en cours d'émergence (continentalisation, écologisation, robotisation-algorithmisation, réticulation, respiritualisation (intentionnalisation), patrimonialisation et conscientisation),

 

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Les trois phases de tout cycle historique (tant civilisationnel que paradigmatique) sont, d'abord, sous dominante noétique, puis, politique, et enfin économique.

On fait d'abord de la foi, puis de la loi, puis de l'argent.

 

Le paradigme de la Modernité fut le dernier de la civilisation messianique et, depuis la Renaissance, tend à assurer la suprématie du socioéconomique sur le noétique christique (de 400 à 950) et sur le politique féodal (de 950 à 1500).

 

De même, l'industrialisme (accompagné par le socialisme, le consumérisme et le financiarisme, de 1850 à 2050) est la dernière phase, à dominance socioéconomique, du paradigme moderniste qui se meurt aujourd'hui.

 

Il convient alors d'acter que l'émergence du nouveau paradigme et de la nouvelle civilisation, se construira sur un socle à large prédominance noétique, donc aussi spirituelle.

 

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Chacune des trois composantes de toute société humaine (noétique, politique, économique) pulse au fil du temps :

 

  • la dimension économique oscille entre abondance et pénurie.
  • la dimension politique oscille entre libéralisme et autoritarisme.
  • la dimension noétique oscille entre quête et certitude.

 

Notre époque qui voit l'émergence, à la fois, d'un nouveau cycle civilisationnel (l'après-messianisme) et d'un nouveau cycle paradigmatique (l'après-modernisme), doit se définir face aux pénurisations économiques, face aux étatismes socialo-populistes et face aux nihilismes déspiritualisés.

 

Ces nouveaux cycles devront se définir :

 

  • une nouvelle abondance, mais immatérielle,
  • un nouveau libéralisme, mais éthique,
  • une nouvelle quête spirituelle et scientifique, mais adogmatique.

 

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On peut constater que le processus de déclin (de dépassement, donc) d'un paradigme (soit 350 ans, environ, après sa naissance) est toujours enclenché par d'importantes innovations techniques, par exemple :

 

  • vers -350 pour l'Hellénité : les machines de guerre (prémices de la professionnalisation),
  • vers +200 pour la Romanité : les moulins (prémices de la maîtrise des énergies),
  • vers +750 pour la Chrétienté : les ateliers métallurgiques (prémices de la maîtrise des métaux),
  • vers +1300 pour la Féodalité : l'assolement triennal (prémices de la production de masse et de la marchandisation),
  • vers +1850 pour la Modernité : l'automatisation des machines-outils (prémices de la numéricité).

 

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Un fragment d'Héraclite d'Ephèse (6ème s. avant l'ère vulgaire) résume tout le fondement du grand défi spirituel de notre époque de bifurcation :

 

"En écoutant non pas moi, mais le Logos,

il faut savoir dire en accord toute chose une."

 

Ce monisme présocratique a été brisé, notamment par Platon qui, plus que ce pauvre juif assassiné que fut Jésus, est le fondateur, avec Paul de Tarse (renégat juif et citoyen romain, adopté par une famille patricienne), du christianisme dualiste et monothéiste.

 

Parménide et, à sa suite, Zénon d'Elée, avait séparer radicalement l'Être et le Devenir. Il est temps de les réunir.

 

D'Héraclite, il faut encore citer ceci :

 

"Tout coule."

"La contrariété est avantageuse."

"La plus belle harmonie naît des différences."

"Toutes choses naissent de la discorde."

 

Héraclite pourrait devenir le grand inspirateur du nouveau paradigme et de la nouvelle spiritualité.

 

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La violence - des paroles, des actes - est toujours la preuve de la bêtise et de l'ignorance.

 

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En situation de bifurcation, telle que nous en vivons une colossale, actuellement, le raisonnement éthologique que rappelle Thierry Gaudin, s'impose :

 

"(…) si un comportement est utile à la survie de l'espèce, il se maintiendra."

 

Voilà qui est nécessaire, mais pas suffisant. La disparition des comportements inutiles à la survie est de bonne logique … sauf si cette logique est pathologiquement suicidaire, ce qui a déjà été le cas lors de l'effondrement volontaire des cultures pascuane, maya, toltèque, égyptienne, aztèque, inca et quelque autres … De tels antécédents fondent la croyance des actuels collapsologues.

 

Mais même si l'on opte pour le scénario de la volonté de survie et de l'élimination des comportements inutiles ou nocifs, cela n'implique pas, automatiquement, l'émergence et le développement des comportements utiles, fiables et constructifs : ne plus faire le "mauvais" ne signifie nullement que le "bon" se fera.

 

Ne plus faire la guerre n'implique pas que la paix réelle s'instaure : 44 ans de guerre froide et de surarmement nucléaire entre 1945 et 1989 le prouvent à suffisance.

Ne plus faire le mal ne signifie pas "faire le bien".

 

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Il faut impérativement distinguer trois niveaux dans l'évolution de l'humain :

 

  • l'énergie et la pollution corporelle : bien se nourrir et éviter les molécules toxiques ;
  • l'énergie et la pollution vitale : bien se relier et éviter les relations toxiques ;
  • l'énergie et la pollution mentale : bien s'accomplir et éviter les fantasmes toxiques.

 

Voilà, donc, trois pistes concrètes pour la spiritualité de demain !

 

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Il ne faut pas suivre Thierry Gaudin que sa haine anti-économique de gauchisant et son adoration technologique de polytechnicien aveuglent.

La Modernité s'effondre parce que ses trois dimensions essentielles sont totalement pourries :

 

  • sa dimension économique est pourrie par son financiarisme, son quantitativisme, son industrialisme, son productivisme, son hyper-consumérisme et son matraquage publicitaire (là, Thierry a raison) ;
  • sa dimension politique est pourrie par son idéologisme, son dualisme, son démagogisme, son égalitarisme, son démocratisme, son socialo-populisme, son étatisme et son matraquage médiatique ;
  • sa dimension noétique est pourrie par son laïcisme, son antispiritualisme, son académisme, son mécanicisme, son philosophisme, son wokisme, son moralisme, son technicisme et son matraquage vulgarisateur.

 

Il n'y a là rien à garder. Il y a là tout à renouveler, à revivifier, à assainir.

 

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Le nouveau paradigme tient en sept mots-clés :

 

  1. Frugalité (décroissance consommatoire et démographique).
  2. Naturalité (écologie concrète au service de la Vie).
  3. Réticularité (autonomie des personnes et des communautés).
  4. Dématérialité (priorité à l'accomplissement de soi et de l'autour de soi).
  5. Intentionnalité (se mettre au service d'un projet qui nous dépasse).
  6. Patrimonialité (gaspiller moins et préserver plus).
  7. Spiritualité (reliance et résonance avec le Réel organique et vivant).

 

Ces sept guerres doivent être menées de front par chacun sans rien attendre des institutions de pouvoir. C'est une question de responsabilité personnelle par rapport à la Vie et à la survie des humains (dont nos descendants).

 

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Il est une évidence qu'il faut souligner avec vigueur : l'audiovisuel appauvrit la culture que le textuel enrichit.

Supprimez la télévision et distribuez des livres !!!

 

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La grande inversion spirituelle à faire tient en peu de mot : ce n'est pas la Nature qui est au service de la vie ou de la pensée humaines, mais c'est la vie et la pensée humaines qui doivent être au service de la Nature.

Le Sacré de demain, c'est la Vie cosmique sous toutes ses formes et l'Esprit cosmique sous toutes ses formes.

 

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Sortir de la logique spatiale de conquête du "guerrier" et entrer dans la logique temporelle du soin du "jardinier".

 

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Le 25/09/2022

 

Si l'on veut expurger l'Euroland de l'actuelle gangrène national-populiste (Autriche, France, Italie, Hongrie, Pologne, …), deux mesures fortes s'imposent d'urgence :

 

  • déclarer l'Union Européenne souveraine en tout et proclamer le rôle subsidiaire et exécutant des Etats nationaux,
  • déclarer l'Islamiland "ennemi culturel" définitif et interdire la religion musulmane sur tout son territoire.

 

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Thierry Gaudin affirme, come un leitmotiv que l'esprit de cupidité qui préside à cette fin imminente de la Modernité moribonde, est incompatible avec l'esprit de frugalité qui doit s'instaurer profondément et définitivement dans toutes les dimensions du monde humain.

IL a évidemment raison.

 

Mais là où il se trompe, c'est sur l'origine de cet esprit de cupidité qu'il impute, en bon gauchisant qu'il est, aux entreprises et, plus généralement, au monde économique. C'est faux ! Les entreprises, parce qu'elles ont des salaires et des impôts de plus en plus lourds et rigides (essayez donc d'adapter souplement vos effectifs à votre production et vous verrez la réaction des prud'hommes) à payer, sont bien obligées de produire l'offre correspondant à la demande de la masse des consommateurs.

L'offre ne fait que suivre la demande (malgré les mythes liés à cette publicité ridicule qui est censée "créer" la demande).

 

Le problème de la cupidité ambiante n'est pas ou peu le fait des entrepreneurs (qui sont bien plus attirés par la passion du métier et par la construction d'une œuvre commune, que par l'appât du gain), mais bien le fait des consommateurs dont les caprices et la goinfrerie mettent l'avenir de monde en danger.

Deux mesures doivent être prises si l'on veut briser ce cercle vicieux :

 

  • Eduquer profondément les masses à la frugalité (et ce n'est pas le plus simple vu le niveau de crétinerie moyen),
  • Assouplir drastiquement les leviers d'ajustement des effectifs des entreprises (il faut sortir d'urgence de la logique du salariat, en général, et du "contrat d'emploi à plein temps à durée indéterminée", en particulier).

 

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Pourquoi, surtout à Gauche, faut-il toujours caricaturer l'histoire humaine comme une vaste tragédie qui opposerait des dominants tyranniques et des victimes sacrificielles ?

C'est proprement ridicule et lassant.

 

L'histoire humaine n'est jamais duale, n'est jamais dichotomique ; ce genre de dichotomisation est le fait de démagogues qui fabriquent des simplismes pour détourner, vers eux, des suffrages.

Marx en est un abject exemple : travail et capital, prolétaires et bourgeois, sueur et rente, etc … (il n'y a dans ce schéma ridiculement simpliste, plus aucune place pour les enfants, les femmes au foyer, les artisans,, les paysans, les indépendants, les étudiants, les retraités, les fonctionnaires et tous ces gens qui n'appartiennent ni au monde du prolétariat, ni au monde de l'entrepreneuriat).

 

La réalité humaine est incroyablement multipolaire et l'histoire humaine, comme tout processus complexe, ne connaît qu'une seule loi : la dissipation optimale des tensions.

La réalité humaine - comme tout processus complexe - possède sept pôles contradictoires qui forment les moteurs de son évolution vers son accomplissement :

 

  1. un patrimoine stratégique (une mémoire collective),
  2. une projet global (une intention collective),
  3. une économie nourricière (des ressources, des flux et des territoires),
  4. une écologie durable (des échanges avec l'écosystème),
  5. une organisation sociétale (des institutions et des lois),
  6. une créativité utile (des sciences, des techniques, des recherches),
  7. une spiritualité englobante (une éthique d'harmonisation).

 

Ces sept pôles posent chacun une question claire (quel patrimoine stratégique ? quel projet ? quelle économie ? quelle écologie ? quelle organisation ? quelle créativité ? quelle spiritualité ?).

Ces sept questions sont éternelles.

Ce sont les réponses qui varient d'un paradigme au suivant … et toute bifurcation paradigmatique (et la période chaotique qui la caractérise) dit simplement ceci : les réponses données à ces sept questions, jusqu'ici, ne fonctionnent plus : quelles devraient alors être les nouvelles réponses adéquates ?

 

Chaque époque a eu ses points forts et ses points faibles, ses conflits et ses pacifications, ses régressions et ses avancées, etc …

Il faut cesser de caricaturer, de simplifier, de dualiser ; laissons cela aux idéologues à quatre-sous qui, un peu partout dans le monde actuel, promeuvent cette abjection qu'est le socialo-populisme.

 

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La haine de l'entrepreneur est le ressentiment des couards.

 

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Il n'existe pas de classes sociales.

 

Il n'existe que des myriades de personnes, des myriades de critères de comparaison et des myriades de gaussiennes.

Quel que soit le critère de comparaison envisagé (la force musculaire, la beauté physique, l'intelligence conceptuelle, la créativité imaginative, la sensibilité intuitive, la mémoire profonde, le courage audacieux, la force de travail, la persévérance opiniâtre, … et mille autres), il existe toujours une élite (l'aile droite de la gaussienne), un rebut (l'aile gauche de la gaussienne) et une masse (le centre de la gaussienne).

 

Et l'évidence est là : l'élite selon un certain critère (p. ex. l'intelligence conceptuelle) n'est pas nécessairement la même selon un autre (p. ex. la beauté physique) : on peut être, en même temps, très beau et très con, très riche (en connaissance) et très pauvre (en argent), etc …

Tout le reste n'est qu'idéologies simplificatrices et caricaturales.

 

Oui, tous les humains sont uniques et différents. L'égalité n'existe nulle part et l'égalitarisme est une uniformisation létale. Les différences sont des richesses dès lors qu'on les perçoit comme des chances de complémentarité.

 

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Il faut la rappeler ici avec force : l'humanité, face à sa propre destinée et aux engagements qu'elle appelle, c'est une gaussienne :

 

  • 15% de "constructeurs d'avenir",
  • 60% de "parasites jouisseurs",
  • 25% de "toxiques saboteurs".

 

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Si l'on part de l'idée qu'un "système est un ensemble organisé qui forme un tout", il est évident que la biosphère terrestre est un système et que la planète Terre en est un aussi.

 

En revanche, l'humanité est-elle un système unique ou plusieurs systèmes interdépendants ?

Je penche pour la seconde branche de l'alternative, je penche pour huit systèmes continentaux connectés, pour huit bassins culturels interreliés : quatre continents d'origine judéo-helléno-chrétienne : l'Euroland, l'Angloland, le Latinoland et le Russoland, trois autres continents plus "distants" : Afroland, Indoland et Sinoland, et un continent "bâtard", intermédiaire, à cheval entre occident et orient : l'Islamiland.

 

La majorité de vrais conflits géopolitiques d'aujourd'hui sont des zones de frictions à la jointure de deux "plaques tectoniques culturelles" ; en Ukraine entre Russoland et Euroland, en Israël entre Euroland et Islamiland, au Mali entre Afroland et Islamiland, au Tibet entre Indoland et Sinoland, à Taïwan entre Sinoland et Angloland, en Mongolie entre Russoland et Sinoland, etc …

 

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Les trois gros moteurs de l'évolution humaine sont :

 

  • le moteur écologique (les territoires, la topologie, la substantialité) : l'évolution des climats, des ressources, des terres,
  • le moteur technologique (les activités, la dynamique, la vitalité) : l'évolution des sciences et des techniques,
  • le moteur programmatique (les organisations, l'eidétique, la logicité) : l'évolution des institutions et des régulations.

 

Chacun de ces moteurs connaît des pannes, des obsolescences, des ruptures, des bifurcations.

Nous vivons, aujourd'hui, un triple saut de complexité :

 

  • passage d'une écologie de l'abondance à une écologie de la frugalité,
  • passage d'une technologie mécanique à une technologie numérique,
  • passage d'un ordre étatique mondial à un ordre réticulé continental.

 

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Le secret de la survie, surtout pour les plus faibles ou les moins bien adaptés, c'est l'anticipation qui implique la reliance (attention, vigilance) et la résonance (intelligence, collogicité) avec le monde extérieur et tout ce qui s'y passe.

 

C'est grâce à son extraordinaire faculté d'anticipation (tant des dangers que des opportunités), que cet animal si mal adapté à la vie sauvage qu'est l'humain, a pu survivre, proliférer et transformer le monde pour le domestiquer et le rendre compatible avec sa propre nature.

 

Mais il existe toute une échelle de profondeur d'anticipation dans le temps, selon le niveau de compréhension de la logicité du monde dans lequel on vit.

Plus on veut anticiper à long terme (c'est le cas de la prospective), plus il est nécessaire de comprendre profondément la logicité du "grand" monde alentour.

Le monde n'est pas prévisible (surtout à long terme), mais sa logicité est connaissable plus ou moins profondément.

 

La sélection naturelle, un des moteurs de l'évolution avec la coopération, n'est ni la sélection du plus fort, ni la sélection du plus apte (même si la force et l'aptitude aident), mais bien la sélection du plus anticipatif.

 

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Celui qui est capable d'une bonne anticipation (tant des dangers que des opportunités) a devant lui deux grandes stratégies qui ne sont pas mutuellement exclusives :

 

  • la sélection ou la construction de la niche optimale, faite "sur mesure" pour lui (un lieu de ressources, inaccessible aux prédateurs),
  • la recherche ou la construction d'alliances et de complémentarités (symbiose, commensalités, entraides, etc …).

 

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La Vie est "communion" (la Vie se "construit ensemble") ; les espèces, humaines ou non, n'en sont que les manifestations superficielles, toutes de même nature (du coquelicot à l'humain en passant par la mésange, le châtaignier et le chien), mais avec des modalités et des degrés divers selon les aptitudes et dimensions envisagées.

 

L'humanisme qui s'obstine à poser une différence de nature entre l'humain et les autres espèces, est un nombrilisme et un narcissisme inacceptables (cfr. l'anti-naturalité de l'humain selon ce pitre de Luc Ferry à la suite du funeste Jean-Jacques Rousseau).

Il y a continuité du vivant et l'humain en fait intégralement partie, par toutes ses fibres, sous tous ses modes !

 

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L'humain est au service de la Vie … et non l'inverse !

 

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Le pire ennemi de l'évolution constructive, c'est la facilité.

La facilité corrompt tout puisqu'elle encourage la paresse, la faiblesse, la négligence.

Ce qui est facile, ne vaut rien.

L'abondance nuit.

 

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Le 26/09/2022

 

La philosophie repose sur trois piliers :

 

  • La métaphysique qui explore, par la faculté d'intuition et le principe de cohérence, les fondements du Réel dans l'espace (la substantialité - le "quoi ?"), dans le temps (l'intentionnalité - le "pour quoi ?") et dans la forme (la logicité - le "comment ?").
  • L'éthique qui déduit, de la métaphysique, les règles de vie qui permettent à l'humain de vivre en harmonie avec le Réel dont il est partie intégrante.
  • L'épistémologie qui raisonne sur les méthodes efficaces (le "rasoir d'Occam, par exemple) pour construire des idées véridiques (qui "disent une vérité").

 

A partir de la philosophie peut se construire une science qui exprime une description, la plus cohérente, la plus efficace et la plus véridique possible du fonctionnement du Réel dans ses diverses modalités ; la métaphysique lui fournit les principes cosmologiques de base, et l'épistémologie lui fournit les méthodes et règles de véridicité.

Hors de ces strictes méthodes et règles épistémologiques, il n'y a pas de science mais seulement des conjectures ou des idéologies, toutes fantasmagoriques (un bel exemple en est fourni par les "sciences" dites humaines comme la psychologie, la sociologie, la politologie, la théologie ou l'économie).

 

Les sciences (et les fausses sciences, aussi, malheureusement), à leur tour, débouchent sur l'engendrement de techniques qui permettent aux humains de résoudre certains de leurs problèmes pratiques. Ces techniques peuvent être fastes ou néfastes selon l'usage que l'on en fait et selon leur conformité aux règles de l'éthique.

 

Cette fusée à trois étages (philosophie, science et technique) s'appelle la "connaissance".

 

*

 

L'esprit de la prospective est un thème crucial, tant pour Thierry Gaudin que pour moi.

Comment la parole à propos d'un futur qui n'existe pas encore, peut-elle être crédible (c'est-à-dire suffisamment logique et cohérente pour pouvoir être entendue en confiance) et fiable (c'est-à-dire suffisamment étayée par des faits vérifiables et construite avec des modèles sûrs, pour être véridique) ?

 

Trois ingrédients sont indispensables, en ce sens :

 

  • une modélisation scientifique éprouvée,
  • une déontologie sérieuse,
  • une interdisciplinarité riche, surtout avec des historiens (les spécialistes du passé qui n'est que du futur réalisé).

 

La question des modélisations scientifiques est donc cruciale et constitue le grand point faible de la grande majorité des futurologues, pseudo-prospectivistes et autres "devins" plus ou moins charlatanesques que l'on rencontre dans la littérature spécialisée, même récente.

Les seuls modèles utilisables et fiables sont fournis par la physique des processus complexes (Whitehead, Wiener, von Neumann, von Bertalanffy, Prigogine, Nicolis, Varela, Maturana, Le Moigne, etc …).

 

Ces modèles ne sont  ni déterministes (ni causalistes, ni finalistes), ni mécanicistes, ni réductionnistes, ni analycistes, etc …

Au contraire, ces modèles organicistes sont hantés par une quintuple esprit :

 

  • constructivistes (c'est-à-dire imprégnés d'un esprit qui veut que la réalité du processus se construise, comme elle peut, avec ce dont elle dispose),
  • intentionnalistes (c'est-à-dire imprégnés d'un esprit qui veut que la réalité du processus soit animée d'un moteur d'accomplissement),
  • optimalistes (c'est-à-dire imprégnés d'un esprit qui veut que la réalité du processus évolue afin de dissiper optimalement les surtensions qui l'habitent),
  • logicialistes (c'est-à-dire imprégnés d'un esprit qui veut que la réalité du processus se plie à une logicité fondée sur le principe de simplicité),
  • holistiques (c'est-à-dire imprégnés d'un esprit qui veut que la réalité du processus en reliance et résonance avec les contraintes de son écosystème),

 

Ce vaste processus qu'est l'histoire humaine, n'échappe évidemment pas à cette méthodologie générale.

 

*

 

L'esprit de la prospective vise la description des futurs possibles et s'inscrit donc dans la durée, dans la temporalité.

Or, le temps a une triple nature :

 

  • il y a le temps linéaire qui est le plus fondamental ; il mesure l'évolution de tout ce qui existe vers son accomplissement en plénitude ; c'est le temps de l'irréversibilité thermodynamique ; c'est le temps de l'océan ;
  • il y a le temps chaotique qui est celui des événements aléatoires, de l'actualité ; c'est le temps de l'imprévisibilité ; c'est le temps de l'écume ;
  • il y a le temps cyclique qui est celui de la succession spiralée des ères, des civilisations et des paradigmes ; c'est le temps des vagues.

 

L'esprit de la prospective assume et intègre, bien entendu, le temps linéaire de l'accomplissement universel, mais méprise le temps chaotique de l'écume événementielle ; il s'investit, au contraire, totalement dans l'étude approfondie et précise des cycles de l'histoire sur les différents échelons de durée (les âges de vie de 11 ans, les générations de 22 ans, les sécularités de 110 ans, les paradigmes de 550 ans, les civilisations de 1650 ans, les ères de 4950 ans, …[1]).

 

*

 

Le concept "esprit" peut prendre deux sens forts : celui de la pensée personnelle intérieure et celui de l'Esprit cosmique (qui symbolise la logicité profonde, unique et ultime à l'œuvre partout dans le Réel).

Ces deux sens ne sont pas du tout disjoints puisque l'esprit humain n'est jamais qu'une manifestation locale et temporaire de l'Esprit cosmique (comme le corps humain n'est qu'une manifestation locale et temporaire de la Matière cosmique et comme la vie humaine n'est que la manifestation locale et temporaire de la Vie cosmique).

 

*

 

Tout ce qui existe n'est que vagues à la surface de l'océan cosmique nommé "Réel".

Il y a d'immenses vagues comme l'humanité, il y a de grandes vagues comme les civilisations et des vagues moyennes comme les paradigmes historiques, et il y a de minuscules vaguelettes comme chaque personne humaine. Et toutes ces vagues sont intriquées les unes dans les autres, comme des poupées russes.

 

*

 

L'esprit a différentes facultés.

Il y en a sept, en fait ; le reliance (ou sensibilité) et la résonance (ou intuitivité), l'intelligence (ou rationalité) et l'imagination (ou créativité), la mémoire (ou accumulativité) et l'intention (ou volonté), un tout dont les contradictions sont confrontées dans la conscience et harmonisées optimalement par elle.

 

Ces sept facultés sont aussi vraies pour l'amibe que pour une personne, une communauté, une civilisation ou le Réel pris comme un tout.

Ces différentes strates de manifestation de l'Esprit cosmique (aux niveaux cellulaires, personnels, collectif ou culturel) sont, elles aussi, en contradiction les unes avec les autres. Cela induit aussi des tensions et surtensions qu'il faudra dissiper d'une façon ou d'une autre (la dissipation optimale des surtensions est la grande loi d'évolution de tout ce qui existe).

 

Cette dissipation peut se réaliser soit par une dilution externe (pouvant aller jusqu'à l'effondrement), soit par un équilibre (toujours instable et momentané), soit par une émergence interne (vers un niveau supérieur de complexité).

Autrement dit : écraser, négocier ou transcender.

 

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A propos de l'esprit et de l'étude de l'esprit, il est grand temps de reléguer les fumisteries charlatanesques appelées psychologies, psychiatries, psychanalyses et autres psycho-quelques-choses, aux oubliettes de l'histoire des cultures. Il est grand temps de fonder une noologie scientifique sérieuse comme application, à l'esprit, de la physique des processus complexes.

Passage nécessaire et urgent du Mythos ou Logos !

 

*

 

La prospective n'est - et ne peut être - ni divinatoire, ni oraculaire, ni prophétique.

Elle doit être scientifique ou elle n'est pas.

Obtenir un vaste ensemble de faits avérés et vérifiés, maîtriser les modèles fiables de la physique des processus complexes, appliquer ceux-ci à ceux-là, en déduire des scénarii prévisionnels, évaluer, si possible (et c'est rarement possible), au regard de l'histoire et de la situation, les "probabilités" d'occurrence de chaque scénario et en proposer une vision panoramique des avenirs possibles (mais dont aucun, sauf dans de rares cas extrêmes, n'est certain).

Ensuite, réactualiser régulièrement ce panorama "futurible" (selon le mot de Bertrand de Jouvenel) en fonction des évolutions constatées et avérées.

 

*

 

La prospective n'est pas là pour construire ou instruire ou nourrir des opinions et, encore moins, des idéologies - comme Thierry Gaudin, parfois - ; elle a pour mission d'éliminer les impossibles et de construire des possibles plausibles (et non pour faire, sans le dire, de la science-fiction comme beaucoup le font parfois).

 

*

 

D'Alexis de Tocqueville, cette description prémonitoire de la tyrannie des masses, dont de celle de la bêtise et de la médiocrité :

 

"Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme ; chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres …"

 

Voilà bien la description précise de la fin de Modernité que nous vivons !

C'est une impasse. Une bifurcation paradigmatique est donc urgente et indispensable. Fin de la démocratie au suffrage universel. Démocratie : oui, mais démocratie au mérite : le droit de vote doit se mériter au vu des œuvres accomplies au service de l'humanité.

 

*

 

Une grande révolution de l'esprit est en cours : le passage d'un paradigme mécaniciste (que TG appelle "scientiste") à un paradigme organiciste (qu'il appelle, curieusement, "cognitif").

 

Le paradigme mécaniciste considère tout ce qui existe comme un assemblage de briques élémentaires, interagissant par des forces élémentaires, selon des lois élémentaires (c'était bien la vision cartésianiste du 17ème siècle et scientiste du 19ème siècle).

 

La paradigme organiciste considère tout ce qui existe comme un organisme processuel vivant, de haute complexité, en lutte constante pour diminuer son entropie et augmenter sa néguentropie, en dialectique permanente avec un écosystème, organique comme lui, selon une logicité de dissipation optimale des surtensions.

 

Le saut intellectuel et culturel de l'un à l'autre est immense et difficile : passage de l'élémentarité à la complexité, de l'analytique à l'holistique, du déterminisme au constructivisme, etc …

 

*

 

L'esprit du monde humain de demain tient en six mots-clés disposés en trois paires :

 

  • reliance et résonance (connexion et communion) : spatialité,
  • autonomie et réseau (différence et complémentarité) : modalité,
  • intention et projet (accomplissement et contribution) : temporalité.

 

Dans le monde d'avant :

 

  • la spatialité était liée au lieu physique,
  • la modalité était liée à l'appartenance hiérarchique,
  • la temporalité était liée à la causalité venant du passé.

 

*

 

La finalité de la technique est de rendre service aux humains.

Ce n'est ni celle de la science, ni celle de la spiritualité qui, toutes deux, sont au service de l'Esprit cosmique.

 

*

 

La complexité induit la perplexité.

Qu'est-ce que cela veut dire ?

Que lorsque tout est dans tout, que lorsque tout est relié à tout, que lorsque tout interfère avec tout, que lorsque tout est cause et effet de tout le reste, le simplisme des dualités coutumières s'effondre : il n'est plus question de choisir son camp, mais de décider son chemin, il n'est plus question d'être membre d'un clan, mais d'être responsable d'un accomplissement.

 

*

 

L'esprit  général de l'humanité est en train de migrer de la sphère de la matérialité (l'économie des matières, des matériaux et des matériels) à la sphère de l'immatérialité (l'économie de la connaissance, de l'information, des talents et de la virtuosité).

 

*

 

Il est paradoxal - mais rien n'est paradoxal pour un socialo-gauchiste - d'être un fiévreux partisan de l'innovation, de l'imagination et de la créativité  et d'être, en même temps, un contempteur du libéralisme, de l'autonomie et de l'indépendance.

Pourtant, l'un ne va jamais sans l'autre.

L'autoritarisme dessèche et assassine le talent.

 

*

 

Ce qu'Adam Smith avait naïvement appelé "la main invisible" n'est en fait que le surnom des processus d'auto-organisation, d'auto-régulation et d'auto-poïèse qui sont propres aux systèmes complexes.

La "main invisible" peut-elle tout réguler naturellement ? Tout ? Non. Beaucoup ? Oui ! Mais cela déplaît souverainement aux thuriféraires de l'étatisme, de l'autoritarisme, du bureaucratisme, du fonctionnarisme et du totalitarisme.

La "main invisible", c'est l'autre nom de la "sélection naturelle", de la dissipation optimale des surtensions, du principe de moindre action, de la loi de la plus grande pente, de la maximisation de l'entropie, etc … Bref, l'autre nom de la régulation naturelle des systèmes et des processus.

L'humain peut-il s'y soustraire ? Non.

L'humain peut-il s'y opposer ? Oui, pour son malheur, en imposant des règles artificielles qui faussent le jeu naturel des autorégulations et qui induisent des comportements faussaires, mafieux, manipulatoires, lobbyistes, tricheurs, etc …

Dès lors que l'institution politique garantit sérieusement et strictement les autonomies personnelles et collectives, la "main invisible" est le meilleur des gouvernements.

 

Mais il serait terriblement réducteur de ramener les processus d'autorégulation des marchés (la fameuse "main invisible") à la seule loi de l'offre et de la demande.

Tous les modèles binaires sont simplistes et doivent être écartés.

Les marchés (et ce mot mériterait d'être mieux défini que simplement réduit aux actes commerciaux entre une acheteur et un vendeur) sont des processus complexes comme les autres, dont la régulation d'ensemble ("la main invisible") doit dissiper les surtensions entre six autres pôles (et non deux seulement : l'offre et la demande), à savoir : des patrimoines (matériels et immatériels), des finalités (à court ou long terme, au service du profit au du bien-vivre), des organisations (de masse, de proximité, de ciblage, de prix, …), des innovations (utilité, utilisabilité, utilisation, durabilité, qualité, …), des ressources (humaines, matérielles, informationnelles ; des besoins, des modes, des envies, ...) et des territoires (physiques ou dématérialisés, des niches, des segments, des concurrences, …).

 

Un bel exemple de la perversion de la "main invisible" par les règlementations étatiques est celui des marchés mondiaux de la drogue.

C'est précisément parce que la consommation de drogue a été interdite par les institutions politiques et juridiques, que tous ces trafics mafieux et ces flux d'argent sale sont non seulement possibles, mais en croissances, très prolifiques et très juteux.

Une fois pour toutes, il suffit de libéraliser les usages des drogues pour que toute cette "merde" disparaisse.

Les prix s'effondrent, plus besoin de voler ou de rançonner pour sniffer. Les pharmacies vendent de "bons" produits et non des saletés frelatées (et peuvent "aider" les consommateurs). Les mafias s'effondrent. Les banlieues s'assainissent.

Il y aura des victimes d'overdose ? Oui, et alors ? Chacun a le droit imprescriptible de se suicider comme il l'entend.

On pourrait évoquer aussi les marchés du sexe. Même tambouille !

 

On pourrait parler aussi du marché du travail complètement faussé par les législations "sociales" étatiques. De quoi se mêlent-elles ?

Le contrat de travail est un contrat privé entre l'entreprise et l'employé. Ce n'est pas à l'Etat de fixer l'âge de la retraite ou la durée hebdomadaire du travail, ni la teneur des contrats privés d'assurance concernant la retraite, le chômage ou la maladie.

Il faut que l'Etat cesse de s'occuper de l'économie en général et de ce qui doit rester de l'ordre privé en particulier. Il est temps que chaque citoyen redevienne totalement responsable de ses propres autonomies et de ses propres interdépendances.

 

*

 

Il est peut-être temps de sortir des angélismes et des idéalismes idéologiques.

La réalité est celle-ci : 85% des humains ne demandent que "du pain et des jeux", et ne demandent qu'à accepter toutes les "servitudes volontaires" pour les obtenir. Sauf en paroles, parce que c'est un jeu, ils ne veulent pas de cette liberté (qu'ils confondent avec leurs caprices) dont ils ne sauraient que faire.

Ils ne veulent que se goinfrer de bouffe, d'alcool, de baise et de télévision, en en faisant le moins possible.

Face à eux, il y a les 15% de "constructeurs d'avenir" qui assument la mission de façonner un futur vivable que les parasites parasiteront et que les toxiques saboteront.

 

*

 

L'avenir émerge au présent des graines et terreaux du passé.

Mais l'émergence n'est ni mécanique, ni déterministe.

Quelles sont les conditions nécessaires (mais sans doute jamais suffisantes) d'une émergence quelconque ?

 

Tout processus d'émergence possède les caractéristiques suivantes :

 

  • il procède à un saut de complexité, donc à la naissance de nouvelles dimensions eidétiques locales dans l'espace des états ;
  • il dissipe des surtensions locales antérieures en les encapsulant dans une organisation structurée nouvelle plus sophistiquée que la précédente ;
  • il nécessite donc un état de fortes surtensions locales que les autres voies (leur dilution, leur neutralisation, leur équilibrage) ne parviennent pas à dissiper.

 

Mais il faut aller plus loin pour comprendre ce processus d'émergence si fondamental dans le genèse de tout ce qui existe et pourtant passé tellement inaperçu dans la physique classique (son concept est vraiment né dans le giron de la si récente physique des processus complexes).

 

Un processus d'émergence est un processus complexe qui bourgeonne au départ d'un processus-souche ; il possède donc les sept caractéristiques fondamentales de tout processus :

 

  1. Sa mission (utilité) : dissiper des surtensions indissipables autrement pour ramener le processus-souche dans un état d'homéostasie durable.
  2. Son modèle (mémoire) : les patterns de processus d'émergence semblables ou analogues, ayant déjà réussi.
  3. Ses ressources (réservoirs) : le foisonnement néguentropique, la suractivité énergétique et la surcroissance volumique qui provoquent les surtensions dans le processus-souche.
  4. Son territoire (matériaux) : l'ensemble des ingrédients disponibles dans et autour du processus-souche
  5. Son inventivité (innovation) : la création, par essais et erreurs, d'un germe sur-complexe par encapsulation des trop-pleins (cfr. point 3).
  6. Sa logicité (logiciel) : un développement et une prolifération fractals, par duplication et itération, à partir du germe (cfr. point 5).
  7. Son intention (optimisation) : l'absorption la plus rapide possible d'un maximum de surtensions qui mettent le processus-souche en danger.

 

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Le 27/09/2022

 

De Charles Baudelaire :

 

"Qu'est-ce que le cerveau humain, sinon un palimpseste immense et naturel?

Mon cerveau est un palimpseste et le vôtre aussi, lecteur.

Des couches innombrables d'idées, d'images, de sentiments sont tombées successivement sur votre cerveau, aussi doucement que la lumière.

Il a semblé que chacune ensevelissait la précédente.

Mais aucune en réalité n'a péri."

 

Le temps s'accumule et la mémoire n'est rien de plus que du temps accumulé. L'image du palimpseste est lumineuse …

 

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Comme l'a démontré David Ruelle, pour qu'il puisse y avoir de la complexité, il faut qu'existe une ternarité.

Puisque le Réel est complexe, il est ternaire.

 

La Matière (la substantialité) donne à chaque entité son corps qui remplit la spatialité ; elle est topologique.

La Vie (la vitalité) donne à chaque entité son âme qui anime l'activité : elle est dynamique.

L'Esprit (la logicité) donne à chaque entité son esprit qui ordonne la réalité ; il est eidétique.

 

Cette tripolarité principielle doit sous-tendre toute démarche de pensée puisque, tout étant processus complexe, tout est forcément tripolaire.

En ce compris la démarche prospective : l'histoire humaine (et donc l'histoire future des humaines) est et doit être ternaire (chaque pôle étant, lui-même, bipolaire) : une affaire de territoires et de ressources, une affaire d'activités et de conservativités, une affaire de constructivité et d'ordre.

 

D'ailleurs, toutes les grandes traditions spirituelles ne s'y sont pas trompées : la Trinité chrétienne (Père, Fils et Esprit), la Trimurti védique (Brahma, Shiva et Vishnou), la Triade taoïste (Tao, Yin et Yang), la Triskèle celtique (Taranis, Esus et Toutatis), …

 

Le développement complet du ternaire en trois dipôles coordonnés par un centre d'harmonisation donne un septénaire, très présent dans la Judaïsme sous la forme du sceau de Salomon (l'étoile de David complétée d'un point central).

 

Et le septénaire débouche sur le décennaire : le centre harmonisateur, entouré des trois pôles fondateurs, muni chacun d'un dipôle tensionnel (1 + 3 + 2x3 = 10).

 

*

 

L'existence humaine, tant personnelle que collective, tant historique qu'actuelle, se déroule sur trois plans disjoints, mais fortement interagissants : le plan corporel, le plan vital et le plan mental.

Il faudrait compléter la maxime latine : "mens sana in vita sana in corpore sano".

 

Le corps matériel se construit pour transmettre, et appelle des ressources nutritionnelles.

L'âme vitale se construit pour agir, et appelle des ressources sensorielles.

L'esprit mental se construit pour penser, et appelle des ressources informationnelles.

 

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Chaque humain n'est qu'un "tube" traversé par des flux de diverses natures.

Il faut le répéter, encore et encore :

 

Ce n'est pas moi qui existe, c'est la Matière qui s'incorpore à travers moi.

Ce n'est pas moi qui vis, c'est la Vie qui se vit à travers moi.

Ce n'est pas moi qui pense, c'est l'Esprit qui se pense à travers moi.

 

Et tous ces flux circulent et se transforment réciproquement en vue de l'accomplissement du Réel.

Chaque humain n'est qu'un "tube" d'accomplissement ; un "tube à essai" d'accomplissement.

 

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Les traditions spirituelles véhiculent des techniques de décryptage du Réel, des techniques symboliques et herméneutiques, des techniques intuitives et holistiques, des techniques de reliance et de résonance.

Et il faut prendre le mot "technique" dans son sens grec de Technê, c'est-à-dire d'un "Art".

 

La spiritualité accouche de techniques mystériques, comme la science accouche de techniques utilitaires.

La spiritualité et la science forment deux chemins complémentaires vers la même réalité du Réel : la première par l'intuitivité et la seconde par la rationalité.

Ces deux voies sont complémentaires en ceci que la rationalité ne peut s'exercer qu'à partir d'intuitions mystiques et que l'intuitivité n'a de sens que validée par une cohérence rationnelle.

Tous les grands génies scientifiques ont d'abord été des capteurs quasi-mystiques d'intuitions cosmiques.

 

Les religions, elles, ne transmettent pas de techniques spirituelles ; elles s'en méfient plutôt, voire les combattent. Une religion n'est pas un quête, comme la spiritualité ; elle est un ensemble de croyances dogmatiques, d'institutions cléricales et de cérémonies protocolaires.

Une religion a un corps institutionnel et un esprit théologique, mais elle n'a aucune âme initiatique.

De son côté, une spiritualité authentique se déploie, en même temps, sur les trois niveaux :

 

  • elle a un corps (une chair) communautaire,
  • elle a une âme (une activité) initiatique,
  • elle a un esprit (un ordre) rituélique.

 

*

 

Evidemment, l'histoire humaine a une intentionnalité : celle de l'accomplissement, sur Terre, de la Vie et de l'Esprit.

Evidemment, l'histoire humaine a une logicité : celle de tous les processus complexes portée par la structure multipolaire déjà évoquée.

Evidemment, l'histoire humaine a une substantialité : celle de l'écosystème terrestre global.

 

Le processus humain est une émergence dont le processus-souche est la biosphère terrestre.

Ce processus est travaillé par les trois paires de tension (expansion minimale ou maximale, activité minimale ou maximale, organisation minimale ou maximale) qui la font évoluer par dissipation des surtensions (par dilution, équilibrage ou émergence).

 

L'histoire humaine est une succession de cycles concaténés, intriqués sur différents niveaux, le tout étant porté par une logique de complexification croissante.

 

Bref : l'histoire humaine est un processus semblable à tous les autres.

Il est temps que les humains sortent de leur égotisme, de leur autisme, de leur narcissisme et de leur nombrilisme.

Il est temps que les humains sachent qu'ils ne sont ni le centre, ni le sommet, ni le but du Réel, mais seulement des ustensiles locaux et temporaires à son service.

 

*

 

L'histoire humaine - comme l'évolution de n'importe quel processus - n'est pas déterminée, mais elle est contrainte et conditionnée : tout n'est pas possible et les impossibles sont très nombreux, cependant, parmi les quelques possibles restants, l'autonomie est totale.

 

En revanche, lorsque l'on parle de "l'histoire humaine", on parle d'une logicité commune, mais aussi de "colorations" locales très différentes selon les cultures, les sous-cultures, les ethnies, les communautés, etc …

L'histoire humaine est monologique, mais elle n'est pas monolithique : la même logicité scande les mêmes modèles et les mêmes rythmes, mais ouvre grande la palette des détails spécifiques et particularistes.

 

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Il est utile de reprendre la grande distinction d'Henri Bergson entre le temps artificiel, conventionnel et mécanique des horloges, d'une part, et le temps émotionnel, existentiel et vécu des esprits, d'autre part.

Ce temps vécu est le seul temps réel. Et ce temps réel s'accélère sous la pression (positive ou négative) et se ralentit dans l'ennui.

 

Cela est vrai pour chaque humain, mais cela est aussi vrai pour le temps vécu collectivement : le temps ne passe pas à la même vitesse sur les gradins d'un grand match que dans une réunion soporifique.

Cela est sans doute vrai, aussi, dans les périodes effervescentes de l'histoire humaine, et dans ses périodes de calme plat.

L'excitation est essentielle, mais cette excitation n'est un facteur de progression que si elle est positive, dans les périodes où l'espoir est plus fort que la peur.

 

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Le quantitatif qui mesure tout au nom de l'objectivité du chiffre, est souvent un leurre car on omet d'y traiter les problématiques de la pertinence des paramètres mesurés et de l'efficience des instruments de mesure.

 

Ceci est typique de la macroéconomie qui passe son temps à mesurer et à comparer des nombres liés à des paramètres artificiels et insignifiants (le PIB par exemple) et issus des statistiques fonctionnaires (qui ne connaissent, par exemple, pas les activités non déclarées).

 

Le nombre n'est en rien un gage d'objectivité.

Même en physique expérimentale (par exemple dans les grosses expériences du CERN à Genève) où l'on conçoit une expérience et les instruments qu'on y utilise, en se basant sur les théories que cette expérience est censée valider (le boson de Higgs en est un excellent exemple).

 

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Les technologies prolongent et amplifient l'humain.

Mais s'il n'y a rien à prolonger ou à amplifier, les technologies détruisent de l'humain.

Tout le défi des futurs systèmes éducatifs dans l'univers numérique est là : faire des technologies des esclaves et non des maîtres, des amplificateurs et non des usurpateurs.

Et c'est très mal parti … Le sens critique, la quête de sources fiables, la comparaison des informations, etc ... fondent comme neige au soleil.

C'est sur FaceBook ou Wikipédia, donc c'est vrai !

 

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L'idée de faiblesse est essentielle.

Il existe trois faiblesses fondamentales mais, malheureusement, complémentaires : la faiblesse corporelle, la faiblesse vitale et la faiblesse mentale.

 

Avant de les expliciter, posons ce principe : dès lors qu'il existe des faiblesses, il y a toujours des prédateurs pour les exploiter et en abuser, licitement ou illicitement.

 

Le faiblesse corporelle : il s'agit moins de la capacité de ne pouvoir soulever plus de 12 kg que de la bonne santé du corps, de sa résilience, de sa souplesse, de son agilité, …. Aujourd'hui, notre monde - surtout urbain - rend malade par ce que l'on y mange, boit, ingurgite, inocule, fume ou respire. Le niveau de santé et d'immunité recule, l'espérance de vie aussi. Il n'y a plus que des crevards ou des rouleurs de mécanique.

 

La faiblesse vitale : c'est l'apathie, la paresse, la fainéantise, l'avachissement, la mollesse, la négligence, le je-m'en-foutisme, l'oisiveté, l'indolence, la langueur, l'inertie, … Regardez donc ces jeunes, vautrés n'importe où, n'importe comment, obèses ou squelettiques, confits de selfies, de vêtements snobinardement déchirés, de tatouages et de piercings, voulant réinventer un corps qu'ils n'ont déjà plus.

 

La faiblesse mentale : c'est là, aujourd'hui, que le bât blesse le plus dramatiquement : illettrisme voire analphabétisme, innumérisme, inculture générale, absence totale de sens critique, indifférentisme (tout se vaut) et indifférencialisme (rien ne vaut) ; les esprits sont totalement inféodés aux "réseaux sociaux" et le temps mental fait l'objet des toutes les transactions : capter l'attention le plus possible et maximiser le nombre de clics ; être connectés le plus possible, donc être dépendants, esclaves, intoxiqués

 

Face aux faiblesses, il y a heureusement la force (qu'il ne faut jamais confondre avec la violence qui, toujours, est une preuve de faiblesse). La Force, c'est la capacité de résister et de construire, en Sagesse et Beauté.

 

Il est urgent de rependre des forces, de reprendre la Force : la Force corporelle, bien sûr, en réempoignant sa propre santé en mains, mais surtout la Force vitale avec des projets audacieux et courageux, avec des défis, avec des passions et des engagements, avec du travail et de la sueur, et, plus encore, la Force mentale en rejetant toutes les facilités, toutes les modes, tous les mimétismes, et en construisant, opiniâtrement, sa propre autonomie dans des réseaux d'interdépendance.

 

La Force requiert impérativement trois piliers permanents essentiels : le courage, la discipline et l'effort.

Les trois plus grands déficits du monde d'aujourd'hui …

 

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Le mot "reconnaissance", si souvent usité par Thierry Gaudin, est un mot terriblement ambigu car il connaît au moins trois sens non convergents :

 

  • il y a "reconnaître" comme fait de manifester de la gratitude suite à un don (avoir de la reconnaissance),
  • il y a "reconnaître" comme fait d'admettre, d'avouer ou d'admirer (reconnaissance d'un fait ou d'un talent),
  • il y a "reconnaître" au sens militaire d'explorer un terrain inconnu (aller en reconnaissance).

 

C'est ce troisième sens qui est le plus fort et le plus profond … et qui englobe, d'ailleurs, les deux autres.

Reconnaître : "naître à nouveau avec" … avec soi, avec un autre ou des autres, avec un site, avec un monde.

 

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Le grand point faible de notre époque est la médiocrité de tous nos systèmes éducatifs (familiaux, scolaires, professionnels et universitaires).

La démission des parents, l'incompétence de enseignants, la sclérose des professeurs, tout converge pour établir la plus grande usine à ignorance, à bêtise, à inculture et à infécondité jamais vue au monde.

 

D'un côté : obtenir, à moindre coût et à moindre effort, un diplôme qui ne vaut rien, voilà la grande affaire.

De l'autre : respecter les programmes et obtempérer aux absurdités bureaucratiques, voilà l'autre grande affaire.

Et ces deux grandes affaires convergent magnifiquement : fabriquer des cancres parce qu'on est un cancre et que l'on exige de fabriquer des cancres, quoi de plus tranquille ?

 

Le hic est que l'on quitte l'économie de l'argent et du diplôme, et que l'on entre dans l'économie du talent et de la virtuosité. Pas de chance pour les médiocres ! Et plus de place pour les médiocres ! Ni du côté des enseignants, ni du côté des enseignés.

Et surtout, ne comptez pas du tout sur la Toile pour pallier ces déficits car la Toile communique des savoirs ( des faits mémorisables passifs) mais ne fabrique aucune connaissance (de l'intelligence efficace active).

 

Il est temps de jeter Piaget, Dolto et les "libres enfants de Summerhill" dans les poubelles de l'histoire, et de réapprendre à dresser (donc à mettre debout face à la connaissance) ces animaux stupides et joueurs que sont les enfants, les adolescents et beaucoup de jeunes (et tant d'adultes).

La connaissance, le talent et la virtuosité sont des ascèses qu'il faut apprendre dès le plus jeune âge. Sinon : la médiocrité, la bêtise et l'ignorance seront létales.

 

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On s'obstine à fabriquer des "salariés" alors que le monde de demain sera le monde des "entrepreneurs".

Chacun doit devenir sa propre entreprise !

Le salariat est mort et ne concernera que moins de 15% des gens qui travaillent (j'évite soigneusement le mot "travailleurs" qui désignait les parasites sociaux, protégés d'Arlette Laguiller et consorts, au nom d'une "lutte ouvrière" qui n'a jamais existé).

 

Bientôt, les institutions comprendront que le pire des fléaux sociétaux, ce sont ces hordes de fonctionnaires, ignares et inefficaces, qui hantent des bureaux sans rien produire. Lorsqu'elles le comprendront, ces institutions comprendront illico qu'elle doivent tout sous-traiter à des entreprises privées qui feront vraiment le travail, plus efficacement et pour moins cher.

Il est urgent que le genre "fonctionnaire" et le genre "bureaucrate" disparaissent comme ont disparu les dinosaures au crétacé.

Et cela est également vrai pour les grosses entreprises financiarisées qui sont des bureaucraties de la même eau.

 

Un diplôme, c'est une carte de visite que l'on annexe à un CV de demandeur d'emploi.

Il ne faut JAMAIS demander un emploi ; il faut se le créer !

 

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Cette manie des bavards gauchisants de vouloir faire de la science la servante docile des financiers et des marchands, est proprement absurde.

D'abord, la science n'est ni morale, ni immorale puisque la quête de la connaissance vraie est par essence amorale (le Réel est ce qu'il est, ni bien, ni mal).

 

En revanche, les techniques qui dérivent des sciences ou des pseudo-sciences, peuvent, elles, être morales ou immorales.

Mais faisons le bilan : la bombe atomique a fait quelques centaines de milliers de morts au Japon (ce qui est inacceptable), alors que d'autres techniques ont sauvé des centaines de millions de vie grâce aux médicaments, à l'agronomie, aux hélicoptères, aux bateaux, aux "bons" produits chimiques, aux outillages et engins performants, aux digues, aux moteurs, à la maîtrise des énergies, etc …

Il faut cesser de crier haro sur le baudet !

 

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Philosophiquement, la grande révolution récente de l'évolutionnisme cosmique et du processualisme généralisé, éteint définitivement la querelle vide et oiseuse entre "existence" et "essence", puisque le verbe "être" est banni, dans toutes ses acceptions, au profit des verbes "advenir" et "devenir".

 

Je ne suis pas.

Rien n'est.

Tout est processus, évolution, transformation.

Héraclite triomphe enfin, définitivement de Parménide.

 

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Le 28/09/2022

 

A propos des Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni qui ont gagné les très récentes élections italiennes et que les socialo-gauchistes français ont immédiatement traités de "fascistes", Christophe Bouillaud, professeur de politologie à Grenoble, écrit ceci :

 

"Leur programme actuel est celui d'un parti nationaliste, conservateur et libéral. Le fascisme historique est mort après les deux guerres mondiales. Il n'existe plus électoralement"

 

Et Charles Sapin d'ajouter :

 

"Le fascisme se caractérise (…) par un étatisme tout puissant, totalitaire et une politique économique dirigiste. Là encore, rien de commun avec ce que porte le mouvement de Giorgia Meloni, qui se dépeint volontiers comme libérale, faisant de la baisse des charges et des taxes pour les entreprises la clé de voûte de son programme en matière économique."

 

Et encore, sous la plume d'Hanna Corsini :

 

"Qualifier Fratelli d'Italia comme post-fasciste réduit cette formation à une nostalgie, à un héritage antidémocratique qui n'a plus de réalité. Cela n'exprime en rien sa pensée dans sa totalité."

 

Giorgia Meloni veut refaire de la famille le socle irréfragable de la vie sociale ; elle s'oppose à la PMA et à la GPA (et elle a raison), mais non à l'avortement ; elle insiste sur les racines judéo-chrétiennes de l'Europe (et elle a aussi raison ; la culture musulmane n'a rien à faire en Europe) ; elle se dit euro-critique, mais non eurosceptique (et elle a encore raison puisque c'est la Gauche - universaliste, immigrationniste, anti-libérale, dirigiste, fonctionnariste, islamophile, … - qui a suscité le Brexit et qui met l'Union Européenne systématiquement en danger). Dont acte !

 

Une fois de plus, sauf quelques rares exceptions, les médias français quasi tous gauchisants, cherchent à discréditer, comme toujours depuis des décennies, un mouvement au prétexte qu'il ne partage aucun des mythes et fantasmes gauchistes.

Selon ces médias, n'être pas gauchisant ou gauchiste, c'est fatalement être d'extrême-droite, fascisant ou néonazi (tout en oubliant volontairement que le fascisme de Mussolini et le nazisme d'Hitler étaient tous deux des socialismes, étatistes et illibéraux, comme tous les autres).

Quand donc verra-t-on et dira-t-on clairement que c'est le socialo-gauchisme qui pourrit la vie en Europe depuis 1848.

 

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De Géraldine Woessner :

 

"Le fait est documenté par tous les classements internationaux : les Français ont une connaissance médiocre des sciences et leur niveau n'en finit plus de s'effondrer. Publiés fin 2020, les résultats 2019 de l'étude TIMSS (l'évaluation internationale de référence en maths et en sciences) avaient de quoi affoler : les collégiens français de quatrième ont obtenu, en moyenne, le plus mauvais score des pays de l'Union Européenne et de l'OCDE (hormis le Chili), un effondrement confirmé par toutes les enquêtes nationales depuis 2008, et qui frappe toutes les strates de la société, élèves 'favorisés' compris…"

 

Confondre "mix énergétique" (la part de toutes les consommations d'énergie pour tous les usages) et le "mix électrique" (la part des différentes ressources naturelles pour produire de l'électricité) …

Prétendre que les centrale nucléaire sont la cause majeure de l'effet de serre et du changement climatique …

Prétendre que les déchets des centrales nucléaires ne sont pas gérés et polluent directement la biosphère …

Prétendre que l'hydrogène sera le carburant salvateur pour demain et oublier que l'hydrogène est produit soit en craquant du méthane CH4 (bonjour la colossale pollution carbonée), soit en électrolysant de l'eau H2O (avec des rendements incroyablement bas et en consommant des masses énormes d'électricité … produites comment ?) …

Prétendre que les éoliennes sont renouvelables (seul le vent l'est, par intermittence, les éoliennes-machines sont tout sauf renouvelables et consomment énormément d'énergie, de matières et de ressources rares et non renouvelables pour être construites, installées, entretenues, dépannées, démantelées et évacuées) …

 

Toutes ces âneries ne font que confirmer le niveau extrêmement bas des connaissances scientifiques et technologiques en France.

Ce ne serait guère ennuyeux si ces ignares incultes n'avaient pas le droit de vote et n'étaient pas consultés pour construire une politique énergétique.

 

Dès lors que l'on confond science et idéologie, on peut être sûr d'aller à la catastrophe !

 

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"Qu'est-ce que la Vie ?" … telle est la question liminaire à toute réflexion sur le vivant et son avenir.

C'est aussi la question cruciale que posa, en titre, Erwin Schrödinger dans un livre célèbre …

 

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Dès lors que la matière n'est qu'une illusion et qu'elle n'est, en fait, que de l'activité encapsulée (cfr. la physique quantique) en interaction permanente avec tout le reste du Réel, toute entité localisable est autopoïétique ; là, tout est Vitalité (au sens ontologique) … là, tout n'est que Vitalité.

 

Tout ce qui existe, est soit de l'activité ondulatoire, soit de l'activité vésiculaire (encapsulée, donc).

L'activité ondulatoire est purement dissipative, entropique (comme la lumière, par exemple).

La Vitalité ne concerne que l'activité vésiculaire ou encapsulée qui se présente comme une "bulle" (un système à trois dimensions géométriques) ou un "tube" (un processus à quatre dimensions géométriques) tous deux néguentropiques, enfermant de l'activité "confinée" et traversés par des flux énergétiques et informationnels.

 

Il y a interaction permanente entre l'ondulatoire et le vésiculaire, tant en émission qu'en absorption, tant énergétique qu'informationnelle.

Il y a aussi interaction permanente entre vésicules, tant en vue d'une accrétion que d'une répulsion.

 

Ce qui distingue les diverses catégories de vésicules, c'est le niveau de complexité.

Au plus bas de l'échelle, il y a le protéus dont toutes les entités matérielles sont constituées et qui est un dipôle proton-électron se présentant soit sous forme neutronique, soit sous forme hydrogénique.

A partir de là, le processus de complexification peut s'enclencher : noyaux atomiques, molécules, cristaux, … vésicules lipidiques, cellules procaryotes, cellules eucaryotes, colonies, organismes, groupes symbiotiques (monospécifiques ou plurispécifiques) … communautés sociales, communautés langagières, communautés culturelles, communautés noétiques …

 

Matière cosmique incarnée dans chaque minéral singulier.

Vie (au sens biologique plus restreint que le Vitalité ontologique) cosmique incarnée dans chaque vivant spécifique.

Esprit cosmique incarné dans chaque mental singulier.

 

Le monde vésiculaire est le monde de la vitalité néguentropique.

Le monde ondulatoire est le monde de la dissipativité entropique.

Ces deux mondes, quoiqu'animés par des logicités opposées, sont en interaction permanente. Ils se nourrissent mutuellement.

 

La question liminaire devient, dès lors : qu'est-ce que la Vitalité (toujours au sens ontologique) ?

Pourquoi y a--t-il évolutivité universelle ? Pourquoi le Réel n'est-il pas achevé, statique, complet ? Précisément parce qu'il n'est pas achevé ; il est en voie d'accomplissement (de devenir "complet").

Mais pourquoi donc ne se contente-t-il pas de ce qu'il est, de comment il est ? Qu'est-ce qui le pousse à s'accomplir et de tout accomplir en lui ? Pour quoi (en deux mots) évolue-t-il ? Pour réaliser - rendre réel - quoi ?

La réponse à ce double pour-quoi tient en un mot (que beaucoup de mes collègues scientifiques ont bien du mal à digérer, mais qui est incontournable) : Intention.

Une Intention cosmique immanente, qui est une in-tension c'est-à-dire une tension intérieure fondatrice du Réel (le Réel est d'abord "Intention").

Et cette Intention n'a rien de mystique, de divin, de religieux, de mystérieux (pour faire un clin d'œil à mon ami Edgar Morin qui aime parler du "Mystère ontique") ; elle est simplement celle-ci …

 

Accomplir harmonieusement et optimalement tous les possibles !

Réaliser harmonieusement et optimalement toutes les potentialités !

 

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Les déferlantes chaotiques de notre époque forment comme un Déluge d'effondrements. Il faut envisager une Arche pour permettre à la Vie de passer outre ce déluge, outre cet ensevelissement mortel et dramatique.

Le clan de Noé (Noa'h : le "tranquille", le "calme") sera le seul survivant ; tout le reste de l'humanité périra.

Mais la Vie et l'Esprit seront sauvés !

 

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Reliance et résonance avec le Réel : voilà la seule quête spirituelle !

 

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Tous ces pitres (majoritairement des écolo-gauchistes) qui parlent sans savoir - et sans la moindre notion de thermodynamique - de "transition énergétique" sont dangereux.

Ils croient aux miracles anti-scientifiques et bernent les décideurs et les citoyens.

 

Il n'y a que quatre sources d'énergie :

 

  • les énergies "fossiles" accumulées depuis des millions d'années dans l'écorce terrestre, qui sont définitivement non renouvelables et qui sont en voie d'épuisement rapide (très rapide pour les carburants chimiques et un peu moins rapide pour les carburants nucléaires),
  • les énergies "passantes" (essentiellement d'origine solaire) qui sont, à la fois, très entropiques (très diluées et inutilisables comme telles) et intermittentes ; leur transformation en électricité (qui est leur seule voie d'utilisabilité) implique des rendements globalement mauvais (du fait de leur haute entropie) et engendre, du fait de leur intermittence, des problématiques de stockage écologiquement nocives. La seule exception est les centrales hydroélectriques ; aujourd'hui, presque tous les sites utilisables, sont utilisés et le parc est à son quasi-maximum,
  • les énergies "fabriquées" (essentiellement à partir d'hydrogène) qui sont propres et efficaces en aval, mais sales et de rendement très faible en amont (l'hydrogène doit être fabriqué par craquage de méthane avec émissions énormes de gaz carbonique ou par électrolyse de l'eau qui consomme des quantités pharaoniques d'électricité),
  • les énergies "biotiques" (essentiellement à partir de méthanisation de végétaux cultivés ou de coupes de bois) ; la déforestation est, aujourd'hui déjà, catastrophique et les coupes de bois (pour le brûler !) doivent être interdites au plus vite ; la méthanisation des végétaux de culture est anecdotique et sacrifie d'énorme quantité de terres arables destinées, normalement, à nourrir l'humanité.

 

Allons à la conclusion : il n'y aura jamais de transition énergétique. Les sources accessibles et de qualité seront bientôt épuisées, et les autres - hors les centrales hydroélectriques - sont des fumisteries non rentables, non efficaces et non écologiques.

 

Conclusion de la conclusion : donc il faudra apprendre à consommer BEAUCOUP moins d'énergie en activant deux leviers SIMULTANEMENT (c'est donc un "et" et non pas un "ou" :

 

  • la décroissance démographique pour redescendre sous la barre de deux milliards d'humains sur Terre avant 2200,
  • la décroissance consommatoire pour que chacun consomme le moins possible d'énergie, notamment en s'interdisant tous les déplacements non vitaux, en s'habituant à vivre aux températures ambiantes (moyennant des vêtements adéquats), en prenant d'autres habitudes alimentaires (moins de viandes, plus de cru), en boycottant la majorité des produits industriels, etc …

 

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De Moshé Edri :

 

"L’Iran est le principal facteur d’instabilité au Moyen-Orient.

Les troubles actuels au Moyen-Orient constituent une menace pour la paix et la sécurité dans le monde entier."

 

Les Ayatollahs d'Iran, le Calife Erdogan, le Tsar Poutine et l'Empereur Xi-Jinping : voilà les salopards à abattre au plus vite !

Puis, il y en quelques autres, plus secondaires …

 

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Le 29/09/2022

 

La seule question essentielle que les monothéismes n'aborde quasiment pas, est : pour-quoi Dieu qui devrait être parfait, aurait-il eu le besoin de créer le monde et d'y jeter des créatures qui y souffrent ?

La question possède, en elle-même, sa propre réponse tant elle relève de l'aporie oxymorique : si Dieu a un "besoin", il n'est pas parfait, et si le monde est souffrant, c'est que ce Dieu est mauvais et/ou incompétent.

Un Dieu qui serait imparfait, mauvais et incompétent ne peut pas être un Dieu.

Donc le Dieu des monothéismes n'existe pas.

Mais cela n'exclut nullement l'idée du Divin immanent au Réel tel que le conçoit le panenthéisme.

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D'Henri Bergson :

 

"L'élan de la vie dont nous parlons consiste en somme dans une exigence de création. Il se saisit de la matière [qui lui résiste] et tend à y introduire la plus grande somme possible d'indétermination et de liberté. (…) La vie tout entière, animale et végétale, dans ce qu'elle a d'essentiel, apparaît comme un effort pour accumuler de l'énergie et pour la lâcher ensuite dans des canaux flexibles, déformables, à l'extrémité desquels elle accomplira des travaux infiniment variés. (…) la vie apparaît globalement comme une onde immense qui se propage à partir d'un centre et qui sur la presque totalité de sa circonférence, s'arrête et se convertit en oscillations sur place ; en un seul point, l'obstacle a été forcé, l'impulsion a passé librement. (…) Notre durée n'est pas un instant qui remplace un instant; il n'y aurait alors que du présent, pas de prolongement du passé qui ronge l'avenir et qui gonfle en avançant. (…) Comme des tourbillons de poussière soulevés par le vent qui passe, les vivants tournent sur eux-mêmes, suspendus au grand souffle de la vie. Ils sont donc relativement stables et contrefont si bien l'immobilité que nous les traitons comme des choses plutôt que comme des progrès, oubliant que la permanence même de leur forme n'est que le dessin d'un

mouvement Parfois cependant se matérialise à nos yeux, dans une fugitive apparition, le souffle invisible qui les porte. Il nous laisse entrevoir que l'être vivant est surtout un lieu de passage et que, l'essentiel de la vie tient dans le mouvement qui la transmet"

 

La notion d'élan vital est, bien sûr, centrale chez Bergson. C'est sans toute cela que moi j'appelle la "Vitalité ontique" qui engendre la Matière, la Vie et l'Esprit dans le Réel.

On retrouve chez Bergson cette idée d'un vivant comme "bulle" ou "tube" traversé par des flux divers.

 

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L'idée de "la lutte pour la vie" ou de "la guerre de chacun contre tous", typique de Hobbes ou de Darwin, est une fumisterie.

Dans la Nature, deux "forces" opposées travaillent : l'accrétion et la répulsion. La destruction de l'autre, donc la violence, est très rare parce qu'inutile - sauf le fait de tuer pour manger puisque la Vie se nourrit de la Vie.

 

L'individuation qui "fabrique", par émergence, des vésicules autonomes d'activités confinées, est confrontée à un dilemme permanent : préserver cette autonomie essentielle tout en s'agrégeant à d'autres vésicules, par accrétion, pour construire des formes organisationnelles plus complexes, plus sophistiquées, plus efficientes, plus accomplies.

Ce dilemme induit, donc, très logiquement, les deux "mouvements" contradictoires d'accrétion (interdépendance) et de répulsion (autonomie).

 

Ces deux mouvements sont aussi à l'œuvre au sein de l'humanité : l'autonomie des personnes avec et par l'interdépendance des réseaux (ou "communautés").

 

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Un paradigme sociétal dans l'histoire humaine, se définit par six systèmes :

 

  • dans l'ordre topologique de la spatialité :
    • le système écosystémique (ressources, régénération, ...)
    • le système territorial (propriété, frontières, coopétitions, …)
  • dans l'ordre dynamique de la temporalité :
    • le système économique (flux des valeurs et utilités, travail, …)
    • le système téléologique (spiritualité, éthique, projet, …)
  • dans l'ordre eidétique de la logicité :
    • le système technologique (production, énergies, machines, …)
    • le système juridique (régulation, normes, procédures, …)

 

Ces six systèmes ayant des fonctions et des exigences contradictoires, un septième système d'arbitrage, d'harmonisation et d'optimisation est nécessaire pour éviter la chaotisation de l'ensemble : c'est le système politique (au sens grec et non idéologique du terme).

 

La bifurcation paradigmatique que nous vivons correspond à une transformation radicale de ces sept systèmes.

  • Au plan écosystémique, nous passons d'une logique d'exploitation à une logique de frugalité,
  • Au plan territorial, nous passons d'une dialectique Etats/Monde à une dialectique Continent/Régions,
  • Au plan économique, nous passons d'un industrialisme de la productivité à un entrepreneuriat de la virtuosité,
  • Au plan téléologique, nous passons de l'obsession des plaisirs primaires et profanes, à la construction d'un accomplissement joyeux et spirituel,
  • Au plan technologique, nous passons des technologies mécaniques aux technologies numériques.
  • Au plan juridique, nous passons d'une logique normative d'obéissances générales à une logique constructive d'autonomies interdépendantes.
  • Au plan politique, nous passons d'une démagogie basée sur une démocratie au suffrage universel à une aristocratie basée sur une démocratie du mérite.

 

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Le 30/09/2022

 

Le courage est une des réponses possibles à un danger et un danger, c'est une situation où l'on a quelque chose de plus ou moins précieux à perdre.

S'il n'y a rien à perdre, il n'y a aucun danger et tout courage est inutile.

C'est ce que l'on croit pouvoir y perdre qui qualifie le danger ; il s'agit donc d'une appréciation toute personnelle et subjective.

Plus on a d'expérience de vie, plus on sait à quoi l'on pourra faire face, donc moins il faut mobiliser de courage car la situation est connue, a déjà été vécue et le danger surmonté.

La question est : quel est l'enjeu pour moi ? Si l'enjeu est nul, la question du courage ne se pose pas.

En revanche, le courage, lui, peut être personnel, mais aussi collectif : le courage de chacun est dopé par le courage des autres et s'en nourrit.

Le courage est un exercice de lucidité entre témérité ("je suis invincible") et inconscience ("danger ? quel danger ?") ou déni ("il n'y a pas de danger").

Il existe une différence colossale entre "courage" et "audace". Le courage fait face à un danger actuel alors que l'audace implique une aventure où des dangers pourraient se présenter dans la futur.

Moins on est audacieux, moins il est nécessaire d'être courageux : le parfait sécuritaire peut passer sa vie en couardise. Mais l'accomplissement de soi implique de l'audace et convoque du courage : c'est cela la vraie vie.

Comme le courage, l'audace est personnelle, mais aussi collective : le groupe, l'équipe, la communauté stimulent l'audace et le courage de chacun.

 

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Thierry Gaudin a le chic, parfois, de proférer des âneries … comme celle-ci :

 

"(…) ce qui mène à une énergique réfutation du struggle for life

promue par l'idéologie ultralibérale."

 

D'abord, l'expression "ultralibérale" n'a aucun sens, il y a le libéralisme et il y a, en face, toutes les formes de totalitarisme (entre étatisme, autoritarisme et dictature). Le préfixe "ultra" n'apporte qu'une exacerbation du dégout de l'auteur (socialo-gaucho-nationaliste comme son mentor Jean-Pierre Chevènement) pour le libéralisme.

 

Ensuite, le libéralisme n'est pas une idéologie mais, tout au contraire une anti-idéologie radicale puisque le libéralisme refuse catégoriquement de définir ce que pourrait être une "société idéale" ou un "homme idéal" : le libéralisme refuse catégoriquement tous les idéalismes, toutes les utopies et toutes les rêveries idéalisantes. Il s'inscrit totalement et radicalement dans le Réel tel qu'il est tel qu'il va.

 

Enfin la "lutte pour la vie" chère à Hobbes et à Darwin, n'a rien à faire dans le champ du libéralisme qui ne repose que sur une seule lutte : celle pour le respect absolu et réciproque des autonomies personnelles et collectives.

 

Thierry Gaudin confond malencontreusement le libéralisme avec le financiarisme, l'affairisme, l'industrialisme et le mercantilisme.

 

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Il ne faut pas confondre :

 

  • l'individuation qui est le processus d'encapsulation d'une activité confinée au sein d'une vésicule fermée mais sélectivement poreuse,
  • et l'autopoïèse qui est le processus de développement interne et complexifiant de cette vésicule depuis le germe initial jusqu'à sa complétude.

 

L'individuation et l'autopoïèse sont les deux moteurs du développement de la Vie, sous toutes ses formes, tant individuelles que collectives.

 

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C'est une erreur (relevant des vieilles mentalités matérialistes et mécanicistes) de croire que l'ADN est un programme du type informatique qui contient toutes les instructions pour fabriquer un être vivant complet.

L'ADN n'est rien de plus qu'un "moule" pour fabriquer des protéines bien définies et rien d'autre.

Le "plan" de construction de l'être vivant complet (le plan d'autopoïèse, donc) est ailleurs, dans la mémoire phylétique qui conditionne l'utérus de la mère.

Ne jamais oublier que le temps s'accumule en strates successives et que toute la mémoire de tout le passé (comme le bois de l'arbre sous le cambium) reste intacte "sous" cette mince couche active appelée "présent".

 

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Ce n'est pas le cerveau qui pense, mais l'esprit.

Le cerveau n'est qu'un des organes au service de l'esprit, une sorte de central téléphonique vers lequel convergent certains types de signaux.

Il faut abandonner le neuroscientisme, dernier avatar d'un matérialisme mécaniciste.

 

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La conscience n'est pas l'esprit.

La conscience n'est que le lieu de confrontation, lorsqu'il y a contradiction entre elles, des six facultés de l'esprit :

 

  • la mémoire (l'accumulation des représentations du vécu),
  • la volonté (l'intention projective),
  • la rationalité (l'intelligence logique, le sens de la cohérence),
  • l'imagination (la fabrication d'informations manquantes),
  • la sensibilité (le perception analytique des signaux internes et externes),
  • l'intuition (la perception holistique des configurations globales).

 

La mode des pseudo-spiritualités exotiques a perverti le concept de conscience avec des fumisteries comme "pleine conscience", "éveil de la conscience", "conscience pure dans la méditation", etc …

Il y a là une totale confusion entre la conscience comme lieu d'harmonisation de l'esprit, et la reliance et la résonance comme techniques de dépassement de l'ego et de fusion avec le Réel.

 

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De Jean-François Revel à qui l'on demandait pourquoi, dans nos sociétés démocratiques, de plus en plus d'individus aspirent à une société autoritaire :

 

"Il n'est pas certain que l'homme ait le goût de la liberté et de la vérité,

même si c'est contre son intérêt. Parfois, l'homme est très désintéressé !"

 

Derrière cette ironie presque cynique, se cache une vérité essentielle : les humains réclament la liberté (l'autonomie), mais n'en veulent surtout pas : ils préfèrent, pour beaucoup d'entre eux, la "servitude volontaire", la dépendance et l'assistanat, la déresponsabilisation, le sécuritarisme, le confort, le fonctionnarisme, la rente même modeste, etc …

C'est affligeant, mais c'est ainsi !

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[1] Toutes ces durées sont évidemment des moyennes approximatives : l'histoire humaine, tant personnelle que collective, n'est jamais une mécanique arithmétique.

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DISPONIBLE EN LIGNE / TOME 30 Du journal philosophique de Marc Halévy.   Et tous les tomes précédent !

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