Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Billets écrits par Marc Halévy

Oh temps suspends ton vol !

L'ère industrielle que nous quittons s'intéressait à l'espace : les effets de taille, les grandeurs d'échelle, les conquêtes de territoires et de marchés, les localisations et délocalisations, etc … L'ère noétique (la société de la connaissance et de l'information) dans laquelle nous entrons, parce qu'elle crée et fabrique des concepts et des produits dématérialisés qui circulent à la vitesse de la lumière, est bien moins liée à la problématique spatiale : le lieu importe peu, le nomade supplante le sédentaire ; mais, par contre, elle s'intéresse au temps qui devient la dimension stratégique de ses activités. Or, le temps fait problème …

Temps et mémoire

La conception classique et quasi unanime de la mémoire est celle d'un stockage, d'une manière ou d'une autre, dans le cerveau, de traces d'événements passés. L'image la plus simple - et la plus fausse -, en ce sens, est celle du disque dur d'un ordinateur qui garde des enregistrements des informations que l'on y stocke. Les psychologues et les neurobiologistes, cependant, se cassent les dents depuis toujours pour "localiser" cette mémoire : quoique l'on fasse, la mémoire semble diffuse dans l'ensemble du cerveau. En réponse à cela, après Goldscheider et Lashley, Pribram en a conçu un modèle hologrammique de la mémoire. D'autres, des modèles dynamiques d'activation de circuits neuronaux. Mais tous ces modèles ne sont que des vues de l'esprit et se heurtent au mur de l'expérience.

Le temps chaotique

Avec la complexification du monde et ses turbulences incessantes et accélérées, c'est de temps chaotique qu'il faut parler. L'imprévisibilité est patente à tous les échelons : tous les plans stratégiques se démentent, tous les budgets se révèlent irréalisables, tous les agendas explosent et plus aucune planification ne tient. Le temps est devenu chaotique : cela implique d'autres modalités existentielles et organisationnelles. Comme gérer le temps si le temps devient ingérable ?

Propos sur le Bonheur

Chaque époque, chaque civilisation se caractérisent … et périssent … par la définition qu'elle donne du Bonheur. Depuis la fin de la dernière (?) guerre mondiale, le monde dit développé a forgé et répandu partout une conception totalement hédoniste du Bonheur. Le Bonheur, c'est le plaisir et le but prédominant de la vie de la majorité de nos contemporains est d'obtenir les moyens matériels de ces plaisirs.

Entre le 'ou' et le 'et'

Outre les dualismes classiques du vrai ou faux, du bien ou mal, du beau ou laid, du sacré ou du profane, etc … la vie quotidienne est pétrie de dualismes bien plus prégnants qu'il faudrait impérativement trancher sous peine d'être voué aux gémonies : marié ou célibataire, ingénieur ou guitariste, fidèle ou volage, riche ou pauvre, renommé ou inconnu, amant ou mari, mère ou amoureuse, famille ou étranger, emploi ou loisir, salarié ou chômeur, hétéro ou homo, pudibond ou dépravé, etc …

L'oeil du marteau ne voit que les clous

La crise civilisationnelle que nous vivons est une crise profonde qui traduit l'impasse dans laquelle nous nous sommes fourvoyés depuis des siècles. Toute cette logique de la peur orgueilleuse de la mort individuelle et de la rassurance pathologique dans l'appropriation matérielle, n'est plus ni viable, ni vivable : elle est destructrice de la Terre et de l'Homme, elle est suicidaire par les effets nocifs à long terme qu'elle engendre, elle est responsable de presque toutes les dégradations terrestres et de presque toutes les misères humaines, tant physiques que morales et spirituelles. L'Occident est malade. D'une maladie mentale terriblement grave et dramatiquement contagieuse.

Inventer une nouvelle sagesse

Maintenant que la foi aveugle et naïve en l'omnipotence de la Raison et de la Science est enfin dénoncée concrètement par les impasses et les manques immenses qu'elles ont suscités, il est temps de songer à inventer une nouvelle Sagesse non pas contre la Science comme le voudraient les nostalgiques d'un "bon vieux temps" bucolique, mais au-dessus et au-delà de la Science.

Instant présent

Vivre exclusivement dans l'instant présent. Ne pas se préoccuper du passé : toutes ses traces utiles vivent encore dans l'instant présent. Ne pas se préoccuper de l'avenir : tous ses germes utiles vivent déjà dans l'instant présent.

Auto-portrait

La seule conviction que l'on puisse avoir est celle que l'on s'est laborieusement forgée soi-même pour soi. C'est le chemin qui compte, pas le résultat. Et le chemin est incommunicable. Il ne peut jamais être partagé. On peut en indiquer le point de départ, c'est tout

Amour

L'Amour tend à la fusion des parties en un Tout qui les dépasse et les transcende en les grandissant chacune. L'Amour est la synthèse dialectique entre individuation (aller au bout de soi-même) et intégration (se dépasser dans un plus grand).

A propos du mal

On dit qu'un homme va mal, fait mal, fait du mal. On dit qu'une économie, qu'une entreprise, qu'une société vont mal. On parle de mal nécessaire et de l'arbre de la connaissance du bien et du mal au jardin d'Eden. Comme si le Mal existait par lui-même. Comme s'il s'agissait d'un absolu, d'une chose en soi : il n'en est rien.

Le temps de la communication

Communiquer, c’est naturellement utiliser du temps. De notre temps pour préparer le message, du temps des récepteurs pour le traiter. La communication est consommatrice de cette ressource, estimée précieuse, qu’est le temps. Il faut par conséquent penser notre métier en pensant le temps. Un article écrit par Dominique Annet pour le magazine "Rédactuel" (ABCI)

Informatique: je t'aime ... moi non plus

L’avènement des technologies de l’information et de la communication (TIC) a changé notre métier. L’internet et son application la plus populaire, le web, ont transformés nos pratiques. Nos rapports avec nos collègues informaticiens sont en train de changer. Un article paru dans Rédacteur (trimestriel de l'ABPE), décembre 2007.

Assumer la complexité

La complexité est tout le contraire de la complication. La mayonnaise est complexe : irréversible, faite d'interactions vivantes, fortes, dynamiques, globales, mais elle est si simple : de l'œuf, de la moutarde et de l'huile. Un Airbus, lui, est compliqué mais il n'est pas complexe : il n'est que mécanique, démontable et remontable, sans interactions organiques entre ses composants.

Ascétisme médiatique

Avez-vous déjà tenté l’expérience de l’ascétisme médiatique ? Plus de média du tout. Pour un communicateur, cet exercice est une leçon de vie. Deux ans sans télévision, sans ouvrir un journal, sans magazine parcouru et sans côtoyer de journalistes, voilà mon expérience. Après quinze années de rédaction en chef, de communication d’entreprise et service de presse, le contraste est violent.

Les deux échelles

Echelle des complexités. Echelle des grandeurs. Ne pas confondre ces deux échelles. La physique classique n'a pas reconnu l'échelle des complexités (l'espace des états) parce qu'elle s'est embourbée dans la seule échelle des grandeurs (l'espace des formes)

La communication des non-communicateurs

Parmi les stratégies et politiques RH, nous pouvons soupçonner que les gestionnaires des ressources humaines sont concernés par la communication. Naturellement, nous pensons communication interne, mais nous savons aussi que la communication externe les concerne tout autant. Le recrutement et l'image de marque de l'entreprise (à laquelle la première est de plus en plus intimement liée), par exemple, nécessitent une telle démarche. Le DRH est donc un communicateur, même s'il reconnaît à d'autres la compétence, et laisse à d'autres le pilotage : la communication est une discipline, est enseignée à différents niveaux scolaires, elle est un métier en soi. N'empêche, la communication concerne grand nombre d'acteurs stratégiques de l'entreprise, concerne aussi beaucoup de membres de l'entreprise, pas toujours conscients d'ailleurs de leur implication et donc de leur rôle dans ce grand carrousel.

Métaphore et complexité

Comment dès lors communiquer la complexité ? Comment transmettre et partager, d'un bloc, ces aperceptions globales qui sont rétives à se laisser décortiquer par notre cerveau gauche ?

Méditation sur la socialité

Altermondialistes et consorts : aspiration à une société plus juste et plus humaine. Plus juste : donc égalitaire, nivelée, uniformisée, médiocrisée. Plus humaine : donc populaire, anthropocentrique, sociale, guimauvisée. Mais l'égalitarisme est injuste et le populisme est inhumain.

Vivre ensemble

Une réflexion proposée par Marc Halévy : "D'après certains, la construction des sociétés humaines s'est fondée sur trois principes successifs : l'Amour, puis la Morale, puis la Loi. Cette vision idéaliste et romantique, implicitement nostalgique d'un âge d'or où l'Amour aurait été roi, me semble à mille lieues de la réalité".

Le dernier homme

"Je leur parlerai de ce qu'il y a de plus méprisable au monde, je veux dire du "Dernier Homme". Et Zarathoustra parla au peuple en ces termes : "Il est temps que l'homme se fixe un but. Il est temps que l'homme plante le germe de son espérance suprême (...)".

Collectivité, communauté, société

Le processus de transformation des collectivités mécaniques et sociétaires en collectivités organiques et communautaires, est un passage de l'uniforme au multiforme, du rigide au labile, de la mono-appartenance à la multi-appartenance, de la solidarité universelle à la fraternité sélective, du citoyen par naissance au membre par choix. Ce saut, ce passage seront la tâche essentielle du XXIème siècle. Le sort de l'humain sur Terre en dépend.

L'arrivée des mutants

Nos sociétés sont moribondes. Une mutation se prépare. Un nouveau paradigme est en émergence. Nous allons vivre la fin d'un monde. Nous la vivons déjà.